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Elle la regardait, ses yeux intenses, son regard inaltérable, la vision d’un être imprévisible s’était posée sur la ridicule Rosalinde. L’œillade avait duré un temps très bref, bref mais profond ; elle semblait vouloir inspecter quelque chose, jauger dans l’attitude de sa « suivante » une quelconque capacité à endurer le plus gros du travail, à avaler ce qu’il y a de terrible hors de ce monastère et, oserions-nous dire : la réalité. Il y avait un peu de tout cela dans les deux yeux de la petite, Liz ne cachait pas cela, elle ne l’avait jamais caché et si elle ne percevait même pas un instant que Rosalinde ne pouvait plus subir cela, elle l’abandonnera sans hésiter ; tout ça, l’ancienne sœur de le Sororité y croyait fermement, tout ça, elle ne voulait pas que cela arrive sinon sa mort était assurée. Le verdict fut tout aussi rapide que la vue que Liz eut pour la fugitive : un hochement de tête aux airs positifs suivi d’une main l’indiquant de venir afin de continuer le périple. Ajoutons à cela sa petite main assassine ou plutôt un de ses doigts sur sa bouche informant clairement que Rosalinde ne devait ouvrir la sienne ; ainsi, Liz passa la première la grande porte et avança avec la plus grande des sécurités devenant encore plus alerte qu’au début. Dehors il semblait que la zone était vraiment dangereuse, un peu comme si on avait laissé le menu fretin dans le monastère et que ce qu’il y avait en dehors se relevait bien plus périlleux, même pour Liz ! Rosalinde dénota de son extrême focalisation sur l’instant présent et, pensa-t-elle qu’elle projeta même sur le futur, qu’elle visualisa un plan de sortie pratique. Tout ça, elle l’espérait, la jeune semi-elfe car elle non-plus, ne voulait pas croiser des gentilles petites dames de la Sororité ! Dès lors qu’elle observait cela chez Liz qu’elle, aussi silencieuse qu’un félin et aussi furtive qu’une voleuse était déjà assez long ; la vitesse et le silence de la petite fille semblait d’un terrible rude pour la demi-elfe, comparait à elle, tous ses pas ressemblaient plus à ceux d’un mammouth… et pourtant, elle avait une prémisse de furtivité, la Rosalinde. Il fallait longer l’enceinte du monastère, longer pour ainsi éviter les nombreuses fenêtres et danger venant d’en haut qui ne les vit point en « faisant le mur ». L’attitude légère et sérieuse de Liz, la direction qu’elle engageait apparaissait comme juste à la vertu de la fugitive ; le positionnement des pas, l’inclinaison du mouvement, la rigueur du mouvement, l’intelligence dans la direction… et bien d’autres critères étaient présent pour éviter qu’on les entende ou voit pendant cette fuite. Rosalinde ne faisait qu’imiter avec très grande maladresse ce que la plus petite usait avec habilité, quand Liz plaçait un pied devant l’autre pour se maintenir en équilibre, elle le faisait, quand Liz se plaquait avec harmonie contre le mur en pierre grise du monastère, Rosalinde mimait le geste avec souvent beaucoup d’erreur où juste « l’intention » restait, intention qui suffit à l’ex-sœur pour le moment. Ce n’était qu’après avoir longer le mur d’enceinte est que les deux jeunes personnes arrivèrent vers une vaste étendue de verdure, alliant avec un secret bien connu de la Sororité, petit bosquet et plaine verte, en voyant cela, Rosalinde avait directement cette pensée en tête :
( Des plaines à pertes de vue ainsi que des petits bosquet très peu couvert, j’avais entendu parlé de cette « technique » pour pas que les sœurs ne s’échappent… normalement les bosquets sont tracés de manière à joindre les plaines, ce qui fait qu’il n’y a qu’une unique sortie en empruntant la couverture verte ce qui laisse à la garde le temps de venir vous chercher ! Cependant, là, elles sont assez occupés pour ne pas faire attention à cela…espérons-le.)
Si la supposition de Rosalinde était bonne, il n’avait plus qu’à suivre un sentier « unique » vers une sortie douteuse… mais bon, quoiqu’il en soit, elles devaient se rendre dans le premier bosquet et c’était ce que Liz fit sans dire un mot, sans faire un bruit ; elle foula avec rapidité la terre brunâtre, l’herbe légèrement jaune vers cette futaie. Celui-ci n’était pas grand mais richement garni en diverses plantes et feuillages car beaucoup d’arbustes séjournaient là avec une grâce et singularité simple et courtoise, les sœurs de la Sororité sont-elles de très bonne jardinière ? C’était à croire, oui avec le magnifique travail qu’elles avaient offert aux arbres et aux fourrés. Liz se cachait dans un petit buisson en boule plein de feuilles descendantes ressemblant plus à une tortue sans tête qu’à une végétation, Rosalinde, elle, quand vint son tour d’aller et de se cacher dans la masse de verdure, prit la peine de se mettre à genou en se recouvrant de manière à ne pas rompre l’équilibre de la nature puis attendit sagement les instructions de la pour bienveillante Liz.
Bienveillante, c’était le cas de le dire car Liz ne cessait d’inspecter et de jeter à mainte reprise ses yeux sur la fugitive, s’assurant certainement du bon déroulement de la fuite ; comme elle n’émettait aucun commentaire, il était fort possible que Rosalinde se débrouillait à peu près convenablement dans cette tâche dangereuse. Le passage au second bosquet qui lui, était beaucoup moins bien entretenue mais bien plus grand, se fit sans problème aussi bien que Liz s’y attela d’un trait en levant la main vers Rosalinde pour lui demander de continuer la course. La fillette, elle ne faisait aucun bruit au contact des feuillages tandis que l’ancienne sœur laissait toujours un petit son, similaire a un coup de vent contre les feuilles ; elle en faisait souvent tomber aussi, signalons-le. La jeune semi-elfe pensait que Liz allait emprunter les nombreux petit bois, filant de plus en plus vite et donc laissant des traces derrières eux. Elle pensait qu’elle allait continuer dans un chemin linéaire et aussi sûr que potentiellement risqué ; cependant, l’étrange petite semblait avoir analysé le terrain et avait une autre idée en tête, un plan de sortie plus audacieux, plus tangible même, plus résolu. En effet, Liz repéra de nombreuses anomalies sur le terrain, usant des reliefs, des zones d’ombres, des rochers et parfois des grandes herbes pour s’abaisser. Les deux sortirent donc du plan a grand buisson pour se réfugier vers une sorte de cache qui profitait du relief obtus incliné de manière à ce que les sœurs du monastère ne voit rien, la respiration de la jeune demi-taurion augmentait avec la fatigue qui augmentait doucement mais ô combien sûrement. La fuite se passait bien pour l’instant et continuait ainsi pendant dix bonne minutes, où la seconde usait du talent de la première pour se camoufler, attendre, dissiper, repartir, attendre, récupérer. Elle étudiait chacun de ses mouvements et appréciait avec jalousie les incroyables aptitudes de la toute petite gamine, ce n’était pas une jalousie banale, elle aspirait vers une certaine et avouée admiration envers Liz tout en se demandant si elle pourrait être capable de ça seule un jour, s’il n’était pas trop tard pour elle. Elle n’eût point le temps de prendre racine sur cette idée que la première patrouille de sœur pointait son nez alors que Liz et Rosalinde avançaient avec les grandes aptitudes que l’ont donne volontiers aux félins dans une charmille au parfum de rose dont seule les sœurs de la Sororité ont le secret. La patrouille marchait lentement dans leur direction et, Liz, aussi calme que droite, se tourna vers la fugitive en faisant des signes avec ces mains, des signes assez clair qui disaient de s’abaisser vers le renforcement floral de droite ; ainsi, Rosalinde s’exécuta toujours sans le moindre mot, redoublant d’application sans voir où la gamine était cachée. Son cœur ne battait pas très fort, elle se concentrait pour se fondre avec la nature quelques mots résonnaient en elle :
(C’est une sentinelle, je le vois au signe sur son armure, une croix avec une flèche… il ne faut pas croire que… qu’elle n’est pas très habile ou plutôt devrais-je dire que Liz est bien plus forte que celle-ci. Les deux derrières ne sont que des sœurs-soldats, cependant… quelque chose cloche. Leurs habits, les robes ne sont pas de cette couleur et puis cette épaulette sur la gauche. Cessons cela, le silence doit être aussi dans mon esprit.)
Elle ferma les yeux, attendant le passage des trois sœurs, espérant de pas être vue et, dès qu’elle les ouvrit à nouveau elle vit Liz devant elle, faisant de gros yeux puis se remit à avancer encore plus rapidement. La sécurité était bien plus grande ici, même si le monastère n’était plus à vue, les sœurs étaient en nombres ici, tous virevoltaient çà et là dans la campagne du domaine de la Sororité cherchant ou ne cherchant pas quelque chose car il y avait les patrouilles classiques qui se contentaient de rentrer tout en regardant s’il n’y avait plus rien dans les environs et les patrouilles dites « de recherche » qui elles, scrutaient, ratissaient le terrain en cherchant tout et n’importe quoi servant à identifier l’ennemi. Les première patrouilles n’étaient pas ou peu attentive et quand Liz préférait reculer vers un point où les deux étaient déjà passé pour marcher sur les pas de ces patrouilles-ci, Rosalinde ne le comprit que plus tard quand elle vit de ces propre yeux le second type de patrouille qui touchait et fouillait dans tout les feuillages de dans leur périmètre ; heureusement pour elle que les deux étaient assez loin pour ne pas tomber dans nez à nez avec eux. Les talents de la petite fille n’étaient plus à démontrer, elle était d’un génie fou et aussi d’un calme incroyable et d’une force de volonté hors du commun pour une fillette. Quand elle toucha la terre et regarda une feuille au branchage subtilement différent des autres qu’elles avaient pu voir jusque là, elle savait qu’elles étaient plus très loin de la route allant à Tulorim et donc, aux frontières du domaine de la Sororité. Après un certain temps, elles débarquèrent à proximité d’une grande étendue d’eau et sans être experte, Rosalinde supposait apercevoir un lac. Rosalinde sentait la différence entre les feuilles sauvages de ce bosquet et les feuilles des arbres que la Sororité entretenaient, elle ne savait comment ni pourquoi mais elle captait la nette différence entre les plantes et usait de cette aptitude inconsciemment durant toute la fuite. Il y avait moult plantes empoisonnées, feuillages aux propriétés désagréable et Rosalinde sans conseil les avait évité sans prendre conscience de cela alors que Liz, elle, veillait en regardant bien si la jeune dame touchera à cette plante ou à une autre mais rien n’y fit de ce côté : chance ou connaissance, nous ne le savons pas. Dans tout les cas, l’ancienne sœur ressentait la différence et se réjouissait de cela, elle sentait la liberté mais ne se hâtait pas de la rejoindre car le danger était encore partout. Même si elle voyait le sentier, elle se disait que si les deux étaient encore camouflées ce n’était pas pour rien. De la réjouissance, c’était ce que les deux pouvaient ressentir, plus la demi-elfe que l’enfant mais en tout cas, Liz avait soit relâché son attention, soit faisait affaire à bien plus forte qu’elle car la petite sursauta soudainement à l’entente de bruissement. Cela ne l’abattit pas pour autant car aussi douée pouvait elle être dans des arts de calcul, aussi douée elle était dans l’improvisation ; tout se passa à une vitesse terrible et Rosalinde n’eut conscience de cela qu’une ou deux secondes après la jeune fille. Cette jeune fille qui s’était plaqué, collé à Rosalinde en lui passant finement une de ses dagues magnifiquement ouvragée dans la main, la semi-elfe n’avait pas le temps de grand que Liz continua son action en levant ladite dague contre sa gorge ! Avec une rapide concentration et une sorte d’excitation et de crispation bizarre elle sortit un unique mot à Rosalinde, un seul après tout ce temps de silence, un :
« Mens ! »
Ce ‘mens’ presque sourd parut presque pas anormal aux yeux de l’ancienne sœur qui n’était pas si dupe que cela ; elle avait flairé d’une quelconque manière et sans être vraiment habile que cette machination était du au fait que des personnes approchaient. Mais là, elles n’approchaient plus, elles étaient là ! Quatre sœurs firent leur apparition autour des deux ; Liz était plus rapide que tout car son plan était vraiment réalisé à la dernière minute et surtout, joué à la fraction de seconde près.
(Quatre… formant une sorte de carré, quoi de plus logique. Je peux même dire qu’il y a deux sœurs-soldat vu les épées de fonction qu’elle possède. La troisième, celle avec le fléau… certainement plus enclin à la guerre, conditionnée pour même, ce n’est pas une sœur-soldat mais une sœur de bataille… tandis que la dernière… La dernière je l’ai déjà vu quelque part… Oh, hum… non ! Pas de doute, c’est…)
Elle ne finit pas sa pensée, légèrement sous le choc de la situation, tentant de garder un contrôle sur elle. Mais ces quatre sœurs qui pointaient leurs armes sur elles n’aidaient en rien. Rosalinde tenait le poignet gauche de Liz d’une manière à faire croire qu’elle était contrôlée et ne présentant aucun danger, la lame sur sa gorge était si proche qu’à moins d’un centimètre, elle couperait le petit cou de la jolie fillette. La dernière des sœurs avait reconnu Rosalinde et ne se priva pas de lui demander :
« Rosalinde ? Mais que fais-tu ici ? Tu n’es pas rentrée avec les autres ? Et qui est cette gamine ? »
Les yeux de la petite Liz étaient devenue tout autre chose : plein de peur, remplie d’angoisse. La jeune fille prenait une attitude normale face à la situation et même pire, avait des airs d’enfant ; Rosalinde voyant se visage ne put vraiment garder son calme face à un si grand talent d’acteur, mais cependant, elle se redressa tout de suite tout en gardant bien de ne pas changer de position et d’être toujours en état de veiller sur la lame et sur Liz, puis elle dit :
« Ô vénérable Sœur-Lieutenant ! Sœur-disciple Rosalinde, c’est cela ! C’est un honneur de savoir que mon visage et mon nom soient connus de votre personne ! Pardonnez-moi de ne pas vous saluez mais comme vous le voyez, j’ai attrapé une belle prise et je soupçonne cet enfant d’être la cause de nombreux troubles dans l’enceinte du monastère. »
Elle s’arrêta un instant, ayant un sourire tout à fait satisfait devant la sœur-lieutenant qui avait toujours la rapière en direction d’elle. Elle continua avec encore plus de ferveur son discours :
« Vénérable, j’ai vu cette petite enfant tuer une de mes sœurs sous mes yeux… ce fut une chose horrible mais cependant, elle ne m’avait pas vu. Non, elle ne m’avait pas vu, elle. Alors j’ai suivi cette truande avec le plus de précaution, elle se faufilait dans le monastère avec une grande dextérité, cherchant peut-être quelque chose. Mais elle partit et commettant de nouveau un crime. Je ne pouvais rien contre elle à ce moment car j’étais venue trop tard. La fuite était son but maintenant et je me mis donc à la tracer de nouveau, ce fut un travail de longue haleine mais j’ai réussie à l’approcher uniquement quand elle voulut s’abreuver au lac certainement et puis vous voilà, vous vénérable sœur. Maintenant, j’attends vos ordres mais croyez-moi… cette fillette est bizarre, elle avait l’air si différente quand je l’ai vu mais là, elle ressemble à une banale jeune fille… je me demande si je ne me suis pas trompée de cible maintenant… je ne l’avais jamais vraiment vu son visage… Que dois-je faire, ô vénérable ? Quels sont vos instructions ? »
Rosalinde passait de la ferveur au doute, elle regardait la petite Liz avec une certaine complicité inexplicable puis remettait son regard à nouveau vers la sœur-lieutenant avec une rigidité terrible la pensée toute ailleurs.
(Le pire des mensonges Liz, c’est la vérité car on lui fait dire ce que l'on veut… et même c’est assez extrême pour ne pas être cru. Maintenant, croisons les doigts, encore une fois… j’espère avoir fait le bon choix mais la situation ne me permettait pas de dire autre chose, l’accumulation d’émulation certainement. Je n’ai pas d’excuse.)
Les yeux se retournèrent vers Liz se plongeant vers elle, cherchant sa future réaction, des yeux à la fois sérieux et concentré tout comme le reste du corps de Rosalinde mais avec une lueur de tristesse et de désolation qui n’arrivait pas à se déloger de son regard. Le destin nous pousse à choix bizarre non ?
_________________ Rosalinde Von Anhalten, voleuse Semi-elfe qui n'est pas à votre service.
Mon mépris me sauvera.
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