L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Dim 3 Nov 2013 17:59 
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>>> Entretien avec une faera II

Fiat Lux


Me voici de retour aux chutes du Ramnen presque vingt-quatre heures après ma dernière visite. Mon souhait de revenir à cet endroit empreint de calme et de beauté a été exaucé plus tôt que ce que je n’avais prévu au départ. Je repère, du premier coup d’œil cette fois, l’arbre blanc qui trône toujours aussi majestueux près du cours d’eau issu de la cascade. Le soleil caresse les longues branches et fait jouer les couleurs alternant entre le blanc le plus pur et l’or massif. Je trouve cet endroit toujours aussi merveilleux et admirable à contempler.

(Bon, maintenant que tu as fini d’observer ce que tu as déjà vu auparavant, on va peut-être pouvoir commencer, qu’est-ce que tu en penses ?)
(Tu es vraiment insensible au monde qui t’entoure !)
(Non, je n’y suis pas insensible. C’est juste que j’ai parcouru plus d’endroits du monde que toi, et que j’ai connu de plus beaux lieux que celui-ci. Mais je reconnais que ces chutes ne sont pas désagréables à regarder.)
(Tu m’emmèneras en ces lieux ?)
(On verra, si t’es sage…)
(Je ne suis plus un gamin !)
(Parfois, je me demande… Aller, au boulot !)


Sans faire attention à ce qu’Eilistraée me dit, je m’approche de l’arbre et effleure son écorce, toujours aussi douce au toucher. Puis je commence mon ascension dans les branches, qui est beaucoup moins laborieuse que la veille. Je ne suis toujours pas d’une rapidité fulgurante, mais je sens que je m’améliore. Encore quelques jours d’entrainements et j’arriverai à retrouver ma souplesse perdue.

(Tu fais quoi ?)
(Je monte. Ça se voit pas ?)
(Très drôle…)


Je la voie qui volette autour de moi comme un gros papillon ou un petit oiseau, un peu agacée. Arrivé en haut de l’arbre, je m’assois sur une branche, le plus confortablement possible. Je retire ma sacoche et commence à récolter de longues branches de Cheveux de Gaïa que je place dedans au fur et à mesure. On ne sait jamais, ça pourra toujours être utile. Et puis peut-être que la prochaine, je n’aurais pas le temps d’aller en chercher, ou je n’aurais pas ce genre d’arbre à proximité.

(Bonne initiative ! Tu me surprends sur ce coup-là ! Bravo !)
(Merci…)


Je suis assez concentré sur mon travail. J’évite au maximum d’abimer les branches, on ne sait jamais quelles pourrait en être les conséquences. Une fois mon travail fini, je plonge la main dans le fond de ma besace et en retire la petite pochette acquise très récemment.

(C’est bon !)

Je me ravise rapidement.

(En fait, non, attend !)
(Qu’est-ce qu’il y a ? Je croyais que tu étais pressé de le faire ? Ne me dis pas que tu te dégonfles…)
(Non, je viens juste de me rendre compte que je n’ai pas assisté aux prières adressées à Gaïa ce matin… Je pense qu’il serait mieux que je le fasse maintenant…)
(Ok. C’est toi qui vois.)


Je me retourne tant bien que mal sur mon perchoir pour me placer face au soleil. Je ferme les yeux, et essaie de réciter de mon mieux, une prière que je destine à la déesse de la lumière.

« Tes rayons solaires dansent dans mes cheveux,
Qui se parent de tes lumières d’or, éblouissants éclats,
Portant mon cœur à l’extase de ce moment de douceur,
Plénitude de l’heure au cœur de la nature, qui s’illumine
De ton sourire éclatant. Divine Déesse, Messagère du Soleil,
Les mèches blondes encadrant ton doux visage,
Ton regard lumineux submerge mon âme,
Dans la chaleur de cette aube renaissante.
Ta grandeur, Déesse Lumineuse à la robe d’or,
Exalte ma vie à te vénérer, Gaïa, Princesse de la Connaissance.
J’irai chanter ton nom, emporter tes dons partout où je chemine,
Et garder au creux de mon être, ton aurore exaltante. »


Mes mots se perdent dans le calme ambiant. Même Eilistraée est curieusement silencieuse, cette fois. Je rouvre les yeux et me laisse bercer par les rayons du soleil qui percent entre les branches de l’arbre blanc.

(Belle prière !)
(Merci. Toi aussi, tu vénères Gaïa ?)
(C’est fou ce que ta prière montre à quel point tu as été élevé dans la capitale elfique de l’Anorfain.)
(C’est-à-dire ?)
(Gaïa pourrait bien te surprendre Elrath. Tu as fait ressortir ici le côté lumineux et purificateur de la déesse. Mais sache que ça n’est pas son unique aspect.)
(Je ne comprends pas…)
(Gaïa peut se montrer une véritable combattante s’il le faut. Il ne faut pas croire qu’elle reste les bras croisés en permanence, et dans ce genre de situation, il vaut mieux éviter de subir son courroux. Crois-moi !)
(Tu parles d’elle comme si tu l’avais déjà rencontrée… Mais je croyais que Gaïa était la déesse de la lumière, de la connaissance et du bien…)
(Il ne faut pas tout mélanger. Il est vrai que Gaïa présider aux fluides de lumière et à la connaissance sous toutes ses formes. En revanche, les notions de bien et de mal sont plus subjectives. Ce qui pourrait te sembler mal, peut-être fait au nom de bien pour une autre personne. Garde ceci en mémoire, cela pourra te servir un jour…)
(Oui, mais certaines actions sont mauvaises par nature. Voler, tuer…)
(Si tu le prends comme ça… Tuer pour le plaisir est mal, certes. Mais tuer pour se défendre ou pour protéger quelqu’un ? De même pour voler. Si tu voles aux riches pour donner aux pauvres, dans quelle situation te places-tu ? Tu verras que Gaïa présente de nombreux visages qui sont parfois édulcorés dans les cultes de certaines régions… Bon, on y va ?)


Je sens qu’une fois de plus aujourd’hui, je n’en apprendrai pas plus. Encore trop de questions à mettre de côté et à reposer par la suite. Tant pis. Je me focalise à nouveau sur l’objet que je tiens en main. J’ouvre la petite pochette de velours pourpre et en sors une sorte de petite sphère de cristal décorée de fins entrelacements dorés qui dessinent des motifs inconnus. Je ne m’attendais pas à ça.

(J’en fais quoi ?)
(Il faut que tu absorbes les fluides qui ont été magiquement enfermés dans cette orbe.)
(Et plus précisément ?)
(Serre l’objet dans tes mains et laisse toi guider…)


Je m’exécute. Je place la sphère entre mes deux mains, ferme les yeux et attends. Rien. Puis, intuitivement je concentre mes fluides au niveau de mes mains, pour voir s’il se passe quelque chose. Au contact de la magie, je sens l’objet vibrer légèrement, puis un léger clic s’en échappe et je me sens envahir par une vague de chaleur rayonnante qui passe par mes mains, mes bras et finalement l’ensemble de mon corps. Les fluides parcourent mon corps comme des rayons lumineux réfléchis par des milliers de miroirs. Je me sens empli d’une énergie nouvelle. Je rouvre les yeux et les mains.

(Tu as senti ? Le conteneur est vide maintenant, tu n’en as plus besoin.)
(C’est hallucinant ! C’est comme si j’avais absorbé un petit soleil ! J’ai l’impression d’émettre des rayons lumineux par tous les pores de ma peau !)
(C’est normal, tu as absorbé une assez grosse quantité de fluides par rapport à tes réserves naturelles. Ne t’inquiète pas, l’impression va bientôt disparaître. Et puis de toute façon, tu vas avoir besoin de beaucoup de réserves magiques. On commence l’entrainement, et je te préviens qu’avec moi, ça ne va pas être partie de rigolade !)


>>> Illusion d'optique

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Dernière édition par Elrath le Dim 3 Nov 2013 23:43, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Dim 3 Nov 2013 19:11 
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Illusion d’optique


Je redescends de l’arbre toujours aussi maladroitement que la première fois. Une fois au sol, je sens que les premiers effets de mon absorption de fluides commencent à disparaître. L’énergie magique nouvellement acquise s’est mélangée à mes fluides naturels et j’ai déjà moins l’impression d’être une torche sur pattes. Je me sens juste plus puissant. Mais au vu les dernières paroles d’Eilistraée, je sens que cette force récemment gagnée ne sera pas de trop. Je la vois se planter face à mon visage, le regard dur.

(C’est parti !)
(Ok… Tu vas m’enseigner quoi ?)
(Plus ou moins ce que je viens de te résumer concernant les différents aspects de Gaïa. Les sorts associés au domaine de la lumière, peuvent certes soigner, mais ils peuvent aussi permettre de te défendre ou d’attaquer avec.)
(Euh, ok…)


Je ne suis vraiment pas rassuré.

(Ne t’inquiète pas. On verra pour une application pratique plus tard. Tu as appris à soigner avec tes fluides au temple, et hier à purger le corps d’un poison, ce qui est finalement presque pareil. Aujourd’hui, on va sortir de ton domaine de prédilection, et s’attaquer à quelque chose que tu n’as encore jamais abordé.)
(Et ça va consister en quoi ?)
(Un peu de patience, laisse-moi t’expliquer ! On dit souvent que la meilleure défense, c’est l’attaque, mais au vu de tes compétences naturelles, je vais commencer par t’apprendre un sort de défense. Simple, mais néanmoins efficace.)
(Ok…)


La voix d’Eilistraée est vraiment froide et sérieuse. Je sens que l’apprentissage ne sera pas facile, et qu’elle n’hésitera pas à me faire des réflexions en permanence. Je croise les bras en attendant la suite des explications.

(Pour l’instant, tu as toujours utilisé tes fluides à l’intérieur d’un objet concret. Maintenant, je veux que tu les projettes dans l’air. Fais attention à ne pas tout expulser, sinon ils risquent d’échapper à ton contrôle et tu auras gâché tes ressources magiques pour rien.)
(D’accord. Et j’en fais quoi après ?)
(On verra. Essaie déjà de mettre en application ce que je viens de t’expliquer, pour voir si tu es aussi doué que tu le prétends.)


Bon, je n’ai pas le choix, c’est parti ! Après tout, c’est moi qui lui ai demandé d’être mon mentor. Je ferme les yeux et commence à convoquer ma magie. Les vagues de chaleur auxquelles je commence à être habitué se font ressentir rapidement. Seulement cette fois, mes réserves sont plus importantes qu’auparavant et j’ai un peu de mal à contenir cette énergie débordante. Au bout de quelques minutes, j’ai réussi à prendre le contrôle de tous mes fluides magiques. Je respire un bon coup.

(Il faudra essayer d’être plus rapide la prochaine fois. Si tu te retrouves face à un adversaire, tu ne peux pas te permettre de passer autant de temps à te concentrer, car tu seras mort avant d’avoir fait quoique ce soit.)

C’est noté… Etape suivante, extérioriser mes fluides. Ce qui est finalement plus facile que ce à quoi je me serais attendu. Mes fluides quittent petit à petit mon corps et se retrouvent dans l’air ambiant. J’essaie de garder en tout instant un contrôle intégral sur ceux-ci pour éviter de les perdre dans la nature. Je sens l’air qui se charge de magie. J’ai l’impression que cette étape est plutôt bien réussie, mais je sens Eilistraée prête à me faire un commentaire.

(Ouvre tes yeux, bon sang ! Comment veux-tu te battre correctement si tu ne vois pas ce que tu fais.)

C’est vrai que je n’y avais jamais réellement songé. Les seules fois où je faisais usage de magie, c’était pour soigner, donc je n’avais absolument pas besoin de voir ce que je faisais, seulement de le ressentir. Et puis j’ai toujours été plus ou moins complexé par mes yeux changeant de couleur lors de mon utilisation des fluides… Je m’exécute et ouvre les yeux. Malheureusement, vu que je réfléchissais à autre chose au même moment, je perds complètement ma concentration sur mes fluides et les laisse s’échapper de mon contrôle difficilement acquis. Je les vois s’évaporer dans l’air comme de petites étincelles.

« Et merde ! »
(Il fallait plus ou moins s’y attendre ! Quand tu apprends un nouveau sort, il faut que tu restes extrêmement concentré sur ce que tu fais ! Tu ne peux pas te permettre de papillonner ! Quand tu auras maitrisé ce sort et que cela sera presque instinctif pour toi, alors oui, tu pourras penser à autre chose en parallèle. Mais pour l’instant, on est loin de ça ! Recommence en faisant attention à tout ce que je t’ai dit !)


L’échec est cuisant. Je mobilise une fois de plus ma magie en gardant les yeux ouverts. Cette fois-ci, je le fais de manière presque instantanée. Puis, je projette une fois de plus mes fluides dans l’air ambiant, tout en faisant attention à garder un contrôle complet dessus. L’atmosphère est à nouveau saturée de magie et, en regardant bien, on peut noter quelques lueurs autour de moi.

(C’est mieux ! Maintenant, il faut que tu arrives à comprimer l’air avec tes fluides pour créer une illusion. Un peu comme lorsque l'ai chaud crée un mirage. Tu vois ce que je veux dire ?)

On va le savoir assez rapidement. J’essaie de répondre aux attentes d’Eilistraée et commencer à faire jouer mes fluides dans l’atmosphère de la clairière. Je commencer à voir l’air se troubler, comme lors de la formation d'un mirage. Je suis sur la bonne voie ! Ma vision autour de moi commence à devenir de plus en plus floue et imprécise. Je comprends mieux, maintenant pourquoi il fallait que je garde les yeux ouverts. L’exercice me demande beaucoup de concentration et je relâche la pression, affaibli par l’utilisation de la magie. L’effet se dissipe instantanément. J’interroge ma faera du regard.

(C’est beaucoup mieux ! Tu as plus ou moins vu l’effet escompté cette fois. Le but de ce sort et de rendre ta silhouette floue en créant une illusion. Ainsi, les ennemis auront plus de mal à te toucher et inversement, tu pourras les attaquer plus facilement vu qu’ils ne verront pas d’où proviennent tes attaques. Recommence encore une fois. Une fois que tu as réussi à créer l’illusion, crée un verrou magique avec ton esprit pour laisser l’effet du sort en place jusqu’à ce que les fluides s’évaporent dans l’air. C’est parti !)

Je m’exécute une fois de plus. Mais cette fois, mes actions sont beaucoup plus rapides et précises. Je crée en quelques secondes seulement une illusion autour de moi, rendant l’air quasiment trouble. Eilistraée m’envoie une image mentale de ce qu’elle aperçoit. Je vois ma silhouette vague et imprécise, imprégnée de magie. L’effet est assez étonnant et me donnerait presque la nausée...

(Bravo ! Tu es un élève assez doué finalement !)

Je suis assez fier de moi quand j’entends un grognement sourd provenir de derrière mon dos. C’est mauvais signe…


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Dernière édition par Elrath le Lun 4 Nov 2013 01:22, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 4 Nov 2013 01:21 
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Je me retourne brusquement et me trouve face à un quadrupède de la taille d’un gros mouton qui me regarde d’un air mauvais. Ses poils sont blancs, tout comme sa peau, mais ils ressemblent plus à une multitude d’épines qu’à un pelage soyeux et doux au toucher. D’autant plus que sa tête est protégée par un os formant un casque et prolongé par trois longues cornes, couleur ivoire. J’ai un frisson…

(Qu’est-ce que c’est que ce truc ?)
(Ce « truc », comme tu dis, est un sarinsa. Ce sont de paisibles herbivores qui habitent une bonne partie des forêts du monde de Yuimen.)
(Et du coup, c’est bon, non ?)
(J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par laquelle ?)
(La bonne ! Je suis optimiste !)
(Il ne te mangera pas ! La mauvaise, c’est que ces animaux sont bêtes comme un garzok lobotomisé, mais doublé d’une paranoïa à toute épreuve. Et vu son air, il ne nous laissera pas partir facilement…)
(Génial…)
(Moi qui voulais attendre pour te voir à l’action, je serai finalement servie plus vite que je ne le pensais au départ…)


Et je l’entends ricaner dans ma tête. Cette faera a vraiment un comportement étrange… Je regarde à nouveau la bête. Elle commence à frotter le sol avec ses sabots. Cela ne me dit rien qui vaille… J’ai dû l’apeurer en apprenant mon sort alors qu’elle était en train de boire. Génial ! La prochaine fois, je choisirai un endroit loin de toute présence indésirable.

(Alors là, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même !)
(Merci pour tes commentaires ! Je me sens vraiment aidé tout de suite…)
(Tout le plaisir est pour moi !)
(Et du coup, je fais quoi, moi ?)
(Tu peux essayer de partir en courant. Mais je pense que tu risques d’avoir du mal à t’asseoir pendant quelque temps si le sarinsa te rattrape. Sinon, tu l’affrontes, ou, au moins, tu essaies de le mettre hors d’état de te nuire…)


Moi qui croyais que j’allais passer une journée de repos tranquille…

(Concentre-toi ! Attention ! Il te charge !)

Une fois de plus, j’étais perdu dans mes pensées, à discuter avec Eilistraée et je n’ai pas vu la bête foncer vers moi. Je suis pris au dépourvu. Et merde ! Je ferme les yeux et attends que ça passe. Mais rien. Je rouvre les yeux, ne vois pas mon attaquant. Ça y est, je suis mort ?

(Mais non abruti ! Regarde derrière toi !)

Je m’exécute et aperçois l’herbivore qui semble quelque peu surpris de ne pas m’avoir embroché du premier coup.

(Comment ça se fait ?)
(Les sarinsas sont naturellement myopes. Et je te rappelle que tu es toujours sous l’emprise du sort d’illusion que tu viens de lancer. De ce fait, il a visé à côté… Tu as eu énormément de chance sur ce coup-là !)
(C’est pas faux…)


Mon cœur bat la chamade… J’ai cru que s’en était fini de moi… La poussée d’adrénaline commence enfin à agir…

(C’était quoi ce réflexe stupide de fermer les yeux ! Tu croyais qu’il allait s’évaporer comme par magie ?!)
(Je ne suis pas un bon combattant et tu le sais !)
(Enfin bon, quand même ! C’est quand même pas un dragon que tu affrontes là ! C’est un herbivore de 40cm de haut, myope et stupide ! En plus, je suis sûr que celui-ci est malade et à la fin de sa courte vie ! Même moi, je peux m’en débarrasser en claquant des doigts !)
(Merci pour tes encouragements !)
(Bon, concentre-toi ! Garde les yeux ouverts et bats toi comme un homme !)
(C’est ça !)


Je ne m’attendais vraiment pas à ça… Je regarde à ma ceinture et ne vois que ma baguette en bois blanc, qui ne me sera d’aucunes utilités face à mon adversaire. Porter une arme me semble finalement utile, malgré mes réticences antérieures. Et je doute que j’arrive à éliminer cette bête comme j’ai purgé le poison hier soir. Il va falloir improviser, et avec pas grand-chose, qui plus est.

La bête se retourne et semble quelque peu surprise de me voir encore debout. Je la vois recommencer à frapper le sol, tête baissée. C’est mauvais signe, ça. J’écarte les pieds, les jambes souples, prêt à sauter pour l’esquiver. Ile me charge, mais cette fois arrive à me toucher. Je me suis fait avoir… Je roule lourdement sur le sol, une douleur montant au niveau de mon flanc. Je passe ma main au point où se concentre de la douleur et du sang s’y dépose. Il a réussi à me blesser. La blessure est superficielle, je me soignerai après m’être débarrassé par un moyen ou autre de mon agresseur.

Je tourne la tête et vois le sarinsa à quelques mètres de moi. Je lis un mélange de peur et de frénésie dans ses yeux. J’imagine que ressembler à une silhouette fantomatique nimbée de fluides de lumières ne doit pas arranger la situation, mais au moins le sort m’apporte une certaine protection. Je n’ai absolument aucune envie de finir empalé par ses cornes qui me semblent très pointues.

Pas de branche ou de caillou à proximité pouvant faire office d’arme improvisée à proximité. Super ! Bon, il ne me reste plus que la magie alors. Et au vu de mes connaissances acquises, il va falloir inventer quelque chose, et vite. La bête reprend son souffle. Elle a effectivement l’air assez vieille et j’imagine que toute cette action doit la fatiguer plus que nécessaire. Les animaux sont vraiment étonnants…

Arrête de divaguer et réfléchis ! Eilistraée m’a dit que les sarinsas sont myopes naturellement. Peut-être qu’en générant une lumière suffisamment forte, j’arriverai à le désorienter et à prendre la fuite. Ça me paraît logique, du moins en théorie. Il ne reste plus qu’à mettre la théorie en pratique, ce que je préfère. Ma faera m’a appris à projeter mes fluides hors de mon corps il y a à peine une heure. Peut-être que si j’arrive à concentrer tous mes fluides au niveau de mes mains, je pourrais envoyer un faisceau lumineux en direction de mon attaquant. Qui ne tente rien, n’a rien !

Je commence à mobiliser les fluides le plus rapidement possible. Mon utilisation récente et répétitive de ces derniers fait qu’ils me sont bien plus faciles à manipuler. Je commence à concentrer les volutes lumineuses de mon corps au niveau de mes mains comme lorsque je lance un sort de soin. Des étincelles commencent à crépiter au niveau de mes paumes. Parfait !

(Elrath ! Regarde autour de toi, bordel !)

Quel crétin ! Je suis, une fois de plus, tellement absorbé par ce que je fais que j’en ai oublié mon principal intérêt en ce moment-même : survivre ! J’ai tout juste le temps de rouler sur le côté que je vois la bête me frôler une fois de plus et une fois de trop. Mon action me fait relâcher mon attention sur mes fluides qui s’évapore dans l’air. Raté ! Il n’y a plus qu’à recommencer.

(T’as vraiment que ça à faire ?!)
(T’as une meilleure solution ?!)


Pas de réponse. Au moins, Eilistraée me laisse tranquille et ça fait une chose de moins à penser en ce moment, ce qui n’est pas plus mal, vu la situation. Je me redresse péniblement, focalise encore une fois mes fluides vers mes paumes, attends que le sarinsa se retourne vers moi et essaie de concentrer un faisceau de lumière vive dans sa direction. Une très faible lueur s’échappe de mes mains et se mêle à la luminosité ambiante. J’entends Eilistraée ricaner à nouveau.

Ça n’était vraiment pas l’effet escompté, je dois dire. Je pense qu’il faut que j’y aille à pleine puissance. Pas comme lorsque je soigne ou lorsque j’ai lancé l’illusion, où mes fluides doivent se faire caressants et extrêmement subtils. Là, il faut que j’aie envie de blesser mon adversaire, pas de panser ses blessures ou de le protéger. La bête s’approche lentement de moi, prête à en découdre. Malheureusement pour elle, je ne suis pas du même avis. Je tends mes bras et place mes paumes face au sarinsa. Je concentre tous mes fluides et les propulse en direction de ce dernier. Un très vif flash lumineux s’échappe de mes mains, m’éblouissant au passage.

Le sarinsa a l’air décontenancé. Il titube en clignant des paupières, les yeux perdus dans le vide. Il me remarque finalement, émet un grognement rauque et commence à charger… un arbre situé à un mètre sur ma droite, sur lequel il s’écrase lourdement. Son corps s’affale sur le sol dans un bruit sourd. Aïe, je suis bien content de ne pas m’être retrouvé à la place de l’arbre ! Je m’approche de la bête. Sa respiration est lente, mais il est toujours en vie. Plus de peur que de mal, finalement. Je place mes mains sur mes hanches et souris, fier de moi.

(Tu es où, peureuse ?)
(Pas mal, je dois dire ! C’est pas forcement le combat le plus épique auquel j’ai assisté, mais c’est pas trop trop mal, pour un débutant…)
(Mouais, l’important c’est que je sois en vie, non ?)


Je repasse ma main au niveau de la blessure. Le sang coule toujours. Il vaudrait mieux que je soigne ça avant de retourner en ville, histoire d’éviter des questions auxquelles je n’aurai pas envie de répondre. J’essaie de mobiliser le peu de fluides qu’il pourrait me rester pour refermer, mais rien à faire, je n’y arrive pas. Ma tête commence à tourner.

(Arrête de forcer ! Tu es à sec, ça ne sert d’essayer d’utiliser ta magie tout de suite. Il faut que tu te reposes avant.)

Le retour en ville devra donc attendre. Je décide de retourner sur mon perchoir préféré. L’escalade est rendue d’autant plus difficile avec la blessure qui me lance à chaque mouvement et la fatigue qui me gagne. J’arrive finalement à me hisser au sommet de l’arbre et je me cale le plus confortablement possible, à califourchon sur une branche, le dos appuyé contre le tronc. Le soleil commence à se coucher, mais je suis bien trop épuisé pour m’en inquiéter. D’ici deux heures, je pourrais me soigner et retourner à Cuilnen. En attendant, je ferme les yeux, me laissant emporter par mes rêves.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Dim 10 Nov 2013 19:51 
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Seul, de nuit


Je rouvre les yeux et constate que la nuit est déjà tombée depuis que je me suis endormi. Le ciel s’est couvert d’étoiles et la lune, en forme de croissant, éclaire faiblement la clairière, me permettant de distinguer plus facilement les formes dissimulées dans les ténèbres de la nuit. Une fois ma vision habituée à l’obscurité, je regarde autour de moi. Apparemment, le sarinsa que j’ai affronté quelques heures auparavant s’est réveillé après avoir été lourdement assommé par sa charge contre un arbre et a quitté les chutes. Tant mieux, je n’avais aucune envie de le ré-affronter. Je quitte mon perchoir et entame la descente de l’arbre. Mes mouvements sont beaucoup plus fluides que la veille et j’ai beaucoup moins de mal à trouver des prises pour y placer mes mains ou mes pieds, malgré l’écorce lisse et difficile à agripper. A force de grimper dans cet arbre au cours des derniers jours, j’ai plus ou moins retrouvé ma souplesse d’antan. Bientôt, je pense que je pourrai escalader à nouveau la demeure familiale, voire le temple de Gaïa, pour m’échapper de mes nombreuses corvées. Et j’ai hâte !

Arrivé à bonne hauteur, je saute de l’arbre et atterrit légèrement sur le sol. Aïe ! Je suis parcouru de courbatures et mes membres sont complètement ankylosés. Je m’étire progressivement ; d’abord les bras, puis le dos et enfin les jambes. Je ne suis pas habitué à autant d’activités physiques. Entre l’escalade et mon combat hier, mon corps a du mal à suivre la cadence que je lui impose. Sans compter que faire une pause dans un arbre n’est pas des plus confortable. Au moins, je ne suis pas tombé durant mon sommeil. Une douleur me surprend sur mon flanc gauche. J’avais oublié que cette saloperie m’avait blessé ! Ma tunique est déchirée est une fine plaie, laissée par les cornes de l’animal, se trouve à ce niveau. Ma blessure a eu le temps de commencer à cicatriser pendant mon repos et le sang ne coule plus. Tant mieux ! Je place ma main dessus et commence à me soigner. Mes fluides sont à nouveau à leur maximum et je n’ai aucune difficulté à les mobiliser. Ma paume s’illumine pendant la guérison et je sens ma chair qui se referme sous l’effet de la magie. Une douce chaleur s’installe et supplante la douleur précédente. Je coupe l’usage de mes fluides et retire ma main. La blessure est disparue et ne laissera aucune cicatrice disgracieuse. Parfait !

(C’est bon tu as fini de contempler ton physique sans défauts ?)

Je l’avais presque oubliée celle-là… Eilistraée émerge des ténèbres et vient voleter à la hauteur de mon visage, son sourire narquois toujours affiché fièrement sur ses lèvres. Elle est entourée une légère aura lumineuse assez faible, surement due à sa nature fluidique.

(Et non ! Je suis toujours là !)
(Et je vois que tu n’as pas changé…)

Il ne me reste plus qu’à rentrer en ville et retourner au temple, en espérant que personne n’ait remarqué mon absence ce soir. Sinon, bonjour les remontrances d’Holïmion demain matin ! En espérant aussi surtout que je ne fasse pas de mauvaises rencontres cette fois. J’ai beau avoir réussi à me débarrasser du sarinsa en improvisant avec ma magie, mais je doute que cela marche sur des bandits bien plus persévérants. De toute façon je n’ai pas le choix, il faut que je rentre, je préfère éviter de passer ma nuit seul dans les bois, de nuit…

(Alors ça, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même !)
(Je n’avais pas besoin de ton commentaire sur ce point…)
(Tout le plaisir est pour moi !)
(Et puis tu vas voir que je peux très bien me débrouiller seul !)
(J’ai hâte !)


Je vois ma faera se poser sur mon épaule, un large sourire affiché sur les lèvres. Sourire qui me fait froid dans le dos. Je frissonne. Cette faera a vraiment un côté psychopathe que je n’aime pas du tout… Bon, de toute façon, elle a raison, je n’ai pas le choix, je ne peux m’en prendre qu’à moi, et du coup, ne compter que sur moi. Je soupire et commence à m’approcher de la lisière de la forêt. Une fois de plus, l’atmosphère est calme, bien trop calme. Autant, j’aimais cette sensation de jour, autant, je commence à trouver cela beaucoup moins agréable de nuit. Seul le bruit de l’eau qui tombe occupe l’espace sonore, tous les autres bruits étant étouffés par les arbres ou la mousse du sol.

D’autant plus que je ne vois quasiment rien. Malgré le ciel dégagé, la lune éclaire assez peu et même ma bonne vision ne permet pas de voir très loin dans la clairière. Je n’imagine même pas ce que cela va donner une fois dans la forêt. Je ne verrai rien et je n’entendrai rien. Ça risque d’être vraiment amusant ! Moi qui voulais de l’action, je vais être servi ! Même si je n’imaginais pas devoir me retrouver dans ce genre de situations aussi rapidement… J’ouvre mon sac et constate que je n’ai pas eu la bonne idée de quoi m’éclairer…

(Dis… Tu ne connaitrais pas un sort pour éclairer ?)
(Tu m’as prise pour une torche ?! Et puis, je croyais que tu pouvais te débrouiller tout seul.)
(Je pouvais toujours essayer… Merci pour ta précieuse aide…)
(De rien !)


Je m’engage dans la forêt, partagé entre deux sentiments opposés. Je suis absolument excité par ce qui va s’ensuivre, n’ayant jamais eu d’occasion auparavant de me retrouver seul dans les bois de nuit. Et j’imagine qu’il doit se passer plein de choses bien plus amusantes que rester étudier au temple de Gaïa. En revanche, ma récente rencontre avec le sarinsa m’a démontré que mes talents guerriers n’était pas au plus au point. Du coup, je ne suis pas non plus très rassuré à l’idée de savoir ce qui sort de nuit dans la forêt…

(Peureux !)
(Si tu le prends comme ça, tu auras ma mort sur ta conscience !)

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Dim 10 Nov 2013 22:15 
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>>visite au temple - partie II (Océma) - Seul, de nuit (Elrath)

Seul? Vraiment?


La poursuite dura longtemps. Si Océma ne s'était pas faite remarquée bêtement dès le départ c'eut été plus simple. Dès le moment où l'enfant avait prit conscience d'être suivi sa façon de se déplacer avait changé. Il s'arrêtait régulièrement, écoutait et modifiait sa direction au moindre bruit suspect. Ainsi il avait entraîné la magicienne dans une série de cercles une bonne partie de la journée.
Elle n'avait pourtant pas abandonné, décrétant « qu'on ne la lui ferait pas, à elle », parfois elle avait su être discrète et sa cible s'était alors mise son chemin : elle avait acquis la conviction qu'il allait bien quelque part. Durant l'après-midi elle pensa bien retourner en ville une fois ou deux mais elle s'était toujours accordée « un peu plus de temps ». Puis, comme le jour déclinait, elle avait finalement décidé que ses efforts ne devaient pas rester vain. Elle suivait donc encore la trace lorsque la nuit s'installa. La pénombre fut une aubaine elle ne se fit pas remarqué durant une bonne demi-heure. Les pas du garnement avaient changé : ils étaient devenus moins vifs, plus déterminés. Ils approchaient.


Les ombres entre les arbres devenaient menaçantes. Il était difficile d'être silencieux et de ne pas tomber. Les bruits nocturnes, peu familiers, rendaient l'atmosphère mystérieuse et incertaine. De grosses lucioles s'allumaient et s'éteignaient régulièrement sur les arbres. Des insectes non-identifiables volaient en émettant des bourdonnements démesurées. C'était en tout cas l'impression d'Océma. Elle venait de perdre la trace et passer la nuit ici ne l'enchantait guère mais elle s'avoua être perdue. Son bras blessé l'empêchait de grimper à un arbre pour être en sécurité, et cela valut peut-être mieux :c'était une sécurité relative. Elle en était à se demander si céder à la panique et hurler à l'aide n'était pas la meilleure solution quand la lueur d'une torche éclaira les arbres non loin.
Elle se jeta au sol et se mit à écouter tout en tentant d'ignorer les bestioles inconnues qui se déplaçaient près de sa tête et lui chatouillaient le visage. Elle rampa pour s'approcher des voix qui lui parvenaient.

Tu l'as s'mé?

Ben... J'crois...

Vont pas êt'e long à v'nir dans ce coin. Faudrait pas qu'ça r'commence comme l'aut' fois avec l'elfe. On doit pas avoir plus que la nuit pour f'nir l'travail et décamper. Ramène-toi, on a b'soin de bras.

La magicienne attendit que le silence retombe et se leva. Commença alors une marche pénible à suivre la lueur fantomatique. A propos de fantômes : elle avait l'impression de voir des formes dans les zones d'ombre... Imagination. Elle avançait en faisant son possible pour ne pas faire craquer les branches mortes. Bientôt il n'y eut plus rien à suivre, et la seule lumière visible venait des grosses lucioles. La jeune femme continua dans la même direction en espérant qu'aucune bifurcation ne fut nécessaire. Elle ressassait une ritournelle pour s'occuper l'esprit, sans oser chanter pour ne pas se faire repérer. Une chanson idiote parlant de forêt, de loups et d'angoisses, elle avait bien cherché plus rassurant mais par rapport à ce qui devait vivre ici les loups était très bien. D'ailleurs si elle avait exactement su ce qui vivait dans le coin où elle se trouvait elle serait restée à Cuilnen.

Un craquement derrière elle, à droite, la fit se jeter une nouvelle fois au sol. Quelqu'un venait dans sa direction. Un pas maladroit, pas de lumière, seul... La forêt était censée être calme la nuit, ce ne pouvait donc être qu'un de ceux qu'elle cherchait, loin de ses amis : une occasion en or. Elle amplifia la ritournelle dans sa tête ne laissant place à aucune autre pensée que celle du loup déchiquetant sa proie en éclaboussant de sang les alentours et elle tâtonna à la recherche d'une arme. Sa main trouva une pierre qu'elle serra contre sa poitrine. Et si lui était armé ? Il fallait qu'elle vise juste et qu'elle ne se montre pas, au cas où sa première attaque manquerait.
À quelques distances un groupe de lucioles ignorantes du drame qui se jouait paressait au sol, d'autres sur les arbres. Il suffirait d'une petite secousse, comme celle du prêtre sur le parvis du temple pour que toutes s'envolent et accorde à la magicienne la lumière nécessaire à l’exécution de son geste. Elle se remémora les paroles du prêtre et se concentra. Elle expira tout l'air de ses poumons et s'obligea à sentir l'environnement autour d'elle. La circulation du fluide dans le sol lui apparue, ou plutôt une image très flou et déformée de ce réseau, mais ça elle ne pouvait pas encore le savoir. Comparé à la puissance que dégageait Ilmirendir _la seule énergie qu'elle ait jamais ressenti dans sa vie_ les lignes qu'elle tentait de percevoir semblaient être du fil à soie. Elle devait trouver un nœud d'énergie ; quelque chose contre lequel envoyer une décharge de fluide pour faire trembler la terre. Elle arpentait une toile ténu, par endroit un peu moins, semblait-il ; elle décida de tenter sa chance par là. Quant à la façon de diriger du fluide hors de son corps, elle n'en avait aucune idée. Elle se contenta donc de se concentrer sur le point choisi et d'y penser comme étant l'extrémité d'un de ses membres. Elle libéra ce qu'elle espérait être une charge de fluide assez importante. Le tout partit dans la bonne direction, se déplaçant selon les lignes qu'elle avait identifié mais au premier embranchement il se dispersa dans tous les sens.

Par chance ce ne fut pas du goût des insectes : sensible aux petites variations ils s'envolèrent. La magicienne se redressa ; une clarté blafarde éclairait l'endroit et elle crut voir une silhouette debout. Elle lança son projectile en rassemblant toutes ses faibles forces tout en s'en remettant à Yuimen.

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Dernière édition par Ocema le Mer 26 Mar 2014 10:52, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 11 Nov 2013 13:51 
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J’ai à peine eu le temps de faire quelques pas parmi les arbres de la forêt qu’une douleur insoutenable s’empare de ma tête. Je viens d’être touché par un objet non identifié en plein front et la violence du coup m’arrache un cri.

« RAAAAAAAAAAHHH !!! »

Pour la discrétion, c’est raté ! Je tombe à quatre pattes et me prends la tête entre les deux mains. Je sens un liquide épais couler entre mes doigts. La blessure est peu profonde, mais a touché une des veines superficielles et je commence à pisser du sang. C’est pas possible ! Ça commence à faire trop de fois que je me fais attaquer en très peu de temps !

(T’as vraiment un don pour attirer les ennuis toi !)

Je n’écoute pas ce qu’Eilistraée me dit, bien trop concentré sur ma blessure. Quelqu’un m’a attaqué volontairement. Un coup de cette force n’est pas anodin. Pas le temps de me soigner cette fois. Il faut que je garde un maximum de magie en vue du combat qui risque d’arriver plus tôt que prévu. J’essuie maladroitement le sang qui coule de ma tête avec ma manche. Génial ! Le tissu d’un blanc immaculé revêt presque instantanément une couleur pourpre bel et bien visible malgré le peu de lumière. Ça risque d’être dur de justifier ça auprès du temple à mon retour. Si j’y arrive en un seul morceau…

Je tâtonne autour de moi, à la recherche de l’objet qui aurait pu causer ce choc. Le sol étant uniquement recouvert de mousse, ma recherche est assez rapide. Je sens sous mes doigts une pierre de bonne taille qui semble vibrer, comme habitée par une force inconnue. Des fluides ? Si mon adversaire est magicien, je suis dans de beaux draps. Ce n’est pas avec les quelques sorts que j’ai pu apprendre récemment que je vais pouvoir le contrer. D’autant plus qu’il semble avoir un bon tir. De toute façon, je n’ai pas le choix, je ne compte pas mourir aujourd’hui. Ou en tout cas, pas sans m’être battu pour survivre avant. La fuite ne me semble de toute façon pas des plus indiquées. Si mon agresseur a réussi à me viser en pleine forêt de nuit, j’imagine qu’il arrivera facilement à me retrouver.

Je me relève. La douleur commence à s’estomper, mais est bel et bien encore présente. Mon cœur bat à une vitesse phénoménale. Le sang cogne dans mes oreilles comme un tambour. Je ne réfléchis plus sous le fait de la poussée d’adrénaline qui s’écoule dans mes veines. Je n’ai qu’un but unique et primordial : survivre. Du moins, le mieux que je peux… J’avance le plus discrètement possible, aidé par le sol qui absorbe mes bruits de pas, et me plaque derrière un arbre.

La pierre m’a percuté en plein front. Mon adversaire doit donc se trouver quelque part en face de moi. Je n’ai pas mille et une solutions. Je me rapproche peu à peu vers l’endroit ou je soupçonne mon adversaire de se tenir, me cachant du mieux possible derrière les arbres. Les formes sombres de ceux-ci me permettent une bonne protection, mais œuvrent de la même façon pour mon opposant. Je m’arrête en pleine progression. Je ne peux définitivement pas compter sur ma vision pour m’aider dans cette situation. Je ferme les yeux et essaie de me concentrer sur un autre sens.

Difficile de me calmer. Mes oreilles étant remplies des sons provenant de mon propre organisme et de ma douleur. Mon cœur tape. Mon front tire. Je respire mal. Mes oreilles résonnent. J’essaie de prendre un peu de temps pour me calmer. Je respire doucement avec le ventre et essaie de focaliser mon attention sur autre chose. Sur une pensée plus agréable. Je me revois, quelques heures auparavant, perché sur l’arbre dans la clairière, mon regard perdu dans la beauté du coucher de soleil. Ce sentiment reposant m’envahit petit à petit. Mon cœur commence à décélérer. Je peux presque entendre ce qu’il se passe autour de moi. Soudain, un bruit. Certes ténu, mais qui ressemble à une respiration qui n’est pas la mienne.

Je tends l’oreille. Le souffle est court. L’individu doit être dans le même état de vigilance que moi. Mon agresseur ? Je ne vais pas tarder à le savoir. De toute façon, je pense que toute personne se promenant de nuit dans la forêt ne doit pas être là pour me venir en aide. Je n’ai pas le choix. Il faut que je le prenne pas surprise.

Je concentre mes fluides au niveau de mes mains, et je ne lésine pas sur la quantité. Ma survie en dépend. Je sens la magie crépiter au niveau de mes paumes et une légère lueur commence à se faire deviner. Je compte jusqu’à trois et jaillis de derrière mon tronc, mes mains pointant dans la direction d’où provenait la respiration. Je distingue vaguement une silhouette humaine dans la pénombre. Je ne réfléchis pas à qui cela pourrait être et libère d’un seul coup ma magie. Un vif flash lumineux se manifeste au bout des mes doigts, m’éblouissant aussi au passage, mes yeux s’étant habitué au noir. On repassera une fois de plus sur la discrétion. Je n’ai que le temps d’apercevoir une tache rousse flamboyante sur ce qui semble être la tête de l’individu.

Une fois le flash disparu, je me tiens prêt à combattre face à l’inconnu qui se dresse devant moi.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 11 Nov 2013 16:25 
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La pierre avait atteint son but. Tandis que le hurlement résonnait dans la forêt Océma commença à paniquer. Elle n'avait pas tout à fait réfléchi à la suite et elle replongea le nez dans la mousse pour commencer à le faire. Tout était redevenu calme, les insectes lumineux s'étaient définitivement envolés et un noir d'encre régnait maintenant entre les arbres. Des bruits de pas se firent entendre et ils vinrent dans sa direction. Les idées habituels dans ce genre de situation lui traversèrent l'esprit : peut-être qu'elle n'avait pas encore été vu, peut être qu'il changerait de direction... Puis l'individu vint résolument beaucoup trop proche. Elle se redressa pour fuir et remarqua du coin de l'œil les mains lumineuses du magicien juste avant que le sort ne lui éclate à la figure et ne l'aveugle. Elle ferma ses yeux douloureux et tendit son bras valide pour chercher un appui.
Les hommes qu'elle poursuivait ne pouvaient pas utiliser la magie de Gaïa : elle avait à faire à un allier. D'un côté ce fait était rassurant. De l'autre elle lui avait jeté un projectile en pleine figure, ce qui ne rendait généralement pas les gens ouverts au dialogue et les rendaient moins enclins à être sympathique à votre encontre. Le plus inquiétant se trouvait encore ailleurs : il y avait eu du bruit et la lumière. Son intuition lui disait que l'endroit n'allait pas rester calme longtemps. Elle s'arrêta et se frotta les yeux, dès qu'un semblant de visibilité revint elle avisa la silhouette de l'elfe à quelques mètres : sûrement un envoyé de Torië. Le temple de Gaïa était donc aussi impliqué.
Gaïa et Yuimen travaillaient ensemble de temps à autres, leurs fidèles aussi.

Écoutez! Je viens du temple de Yuimen, je suis Océma: j'ai le même but que vous. Pardonnez ma méprise mais nous sommes en danger : ils sont proches.

Le mensonge n'était pas très grand, elle venait bien du temple de Yuimen, tout dépendait du sens donné aux mots. Et par chance elle était bien habillée, portant sa robe encore à peu près neuve taillée dans une belle étoffe.
Cela la rassurait de savoir qu'un allié allait la seconder dans ses recherches. Même s'il paraissait maladroit... Ce bruit, cette lumière... Le but était d'espionner et récupérer des informations, on pouvait se passer de feu d'artifice! Étant elle-même fautive elle ne fit aucune remarque ; sa belle-sœur, la sachant blessée, avait eu l'attention d'envoyer un guérisseur, c'était déjà bien de sa part. Toutes ces réflexions lui firent reprendre courage et elle ne douta plus qu'ils puissent découvrir ce que tramaient des hommes dans la forêt.

Des craquements se firent entendre. Ils n'avaient pas mis longtemps à venir, leur camp devaient juste à côté. Océma s'avança vers celui qu'elle considérait comme son compagnon et sans lui laisser le temps d'ouvrir la bouche elle le tira vivement dans la direction d'un gros rocher.

Nous n'avons pas le temps. Venez vite !

Derrière eux la lueur vacillante d'une torche se devinait déjà sur les troncs.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 11 Nov 2013 18:06 
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Une fois la lumière dispersée et ma vision réhabituée aux ténèbres, je recommence à distinguer la forme vaguement humanoïde qui se tient face à moi. La personne est petite, bien trop petite pour être un elfe…

(Un humain ?! J’aime pas trop ça… Il y en a assez peu du côté de Cuilnen, et ceux qui trainent dans le coin ont rarement de bonnes intentions…)

Ses formes me laissent penser qu’il s’agit d’une femme. Elle semble vêtue de ce qui ressemble à une belle robe, de confection elfique. Bon, si elle la porte, j’aurais plutôt tendance à croire qu’elle vient de Cuilnen, ce qui est plutôt bon signe pour moi. Ses cheveux roux, qui brillent sous la faible lueur de la lune sont la seule couleur que je peux distinguer dans ce noir. Je la vois lever un bras en signe de paix. L’autre semble collé contre son corps ou tout simplement absent. Dans l’ensemble, la silhouette ne dégage pas une impression de menace, mais je sens mes muscles complètement raidis, prêt à combattre ou fuir en fonction de la réaction de l’inconnue qui se trouve face à moi.

(Elle a l’air d’avoir besoin d’aide…)
(En tout cas, c’est elle qui est la responsable de ta blessure au front. Elle transpire les fluides de terre.)
(Elle a sûrement dû avoir peur comme moi. Et puis, la blessure n’est pas profonde, je peux la soigner sans problème.)
(Je te préviens juste. Tu peux t’attendre au pire. Et évite de gâcher tes fluides inutilement, tu en as déjà gaspillé une bonne partie pour lancer ton sort d’aveuglement, et tu ne sais pas encore ce qu’il va se passer derrière…)


Je n’écoute déjà plus Eilistraée, concentré à nouveau sur l’humaine. J’ai rencontré peu d’humains jusqu’à présent et je suis curieux de voir ce qui amène celle-ci dans la forêt proche de Cuilnen. Malgré mon extrême curiosité, je reste un peu sur mes gardes. Je me détends un peu, adoptant une position moins agressive. Elle m’annonce d’une voix sure et posée qu’elle est envoyée par le temple de Yuimen. Elle a sûrement fait un rapprochement entre moi et le temple de Gaïa. C’est une bonne chose. Fluide de terre et temple de Yuimen sont plutôt cohérents et je la crois.

Son prénom est Océma, ça ne sonne pas très elfe, mais bon… Elle enchaine très rapidement sur le fait que nous avons un but commun et que nous sommes menacés. Et là, je la suis beaucoup moins. Je fronce mes sourcils, assez peu conquis par ses paroles. Autant être danger, cela me paraît quasi compréhensible au vu de notre situation. Mais qui sont « ils » ? Et quel est ce « but commun » ? Trop de questions sans réponses et ça ne me plait vraiment pas.

Des craquements se font entendre. Mon flash lumineux n’est indubitablement pas passé inaperçu et les ennuis se rapprochent. Je la vois me tirer rapidement en direction d’un énorme rocher, probablement pour s’abriter derrière.

(Tu vas la suivre ?!)
(Je n’ai pas trop le choix, je pense… Et puis en cas d’altercation, on sera mieux à deux.)
(Cette fille a l’air d’attirer encore plus les ennuis que toi... Je me méfierai si j’étais toi…)


Une fois derrière la pierre, je distingue dans les ombres plusieurs formes qui se détachent des arbres et se placent à l’endroit où nous nous trouvions quelques minutes auparavant. Apparemment, ils nous cherchent, ou plutôt, ils LA cherchent… Et je me retrouve mêlé à cette affaire, sans avoir demandé quoique ce soit. Je les entends parler à voix basse, mais je n’écoute pas vraiment ce qu’ils se disent, étant davantage concentré sur mon nouveau compagnon de fortune. Je retourne la dénommée Océma vers moi et la fixe droit dans les yeux. Je lui demande à voix basse et le plus discrètement possible.

« Qui es-tu ? Que fais-tu là ? Qui sont ces gens qui te cherchent ? Quel est ce but commun ? »

Je l’ai un peu noyée sous mes questions, mais je déteste ne pas être au courant de ce qu’il se passe. D’autant plus lorsque j’y suis mêlé contre mon gré. Je jette un rapide coup d’œil vers l’endroit où se trouvaient les ombres mouvantes. Apparemment, n’ayant pas trouvé ce qu’ils cherchaient, ils se sont dispersés pour le trouver. Pour NOUS trouver. Le temps des réponses devra attendre. Je me remets debout et tire l’humaine, notant au passage son bras en écharpe.

« Il faut trouver un endroit plus tranquille. Partons d’ici ! »

Je commence à m’enfoncer plus profondément dans la forêt, en tirant ma nouvelle rencontre par le bras.


>>> La fin de la piste

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Mer 15 Jan 2014 21:27 
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Chapitre I: Tout ce qui est doux

Autour de la ville de Cuilnen, siège des elfes, créatures empruntes d'élégance et de beauté, s'étendait leur forêt. Ce seul bois était un moyen de dissimulation exceptionnel, tant leur capitale attisait leur fierté, déjà grande par nature. Mais surtout, cette forêt avait quelque chose de magique. C'était un havre de paix pour ceux qui y vivaient, autant qu'un puits de ressources naturelles. Et pourtant, jamais l'on aura vu de chemins plus difficiles à pratiquer, tant la pousse des arbres n'était même pas régulée. A voir l'immensité des végétaux, la largeur gargantuesque des troncs et les à quel point les feuillages étaient fournis, il semblait que des géants devaient avoir élu domicile ici.

Et tout ce gigantisme était soutenu par la présence d'un trésor naturel magnifique. Une cascade gigantesque, constituée de chutes par dizaines, trônait quelque part, au plus profond de la forêt. L'eau s'écoulait dans un torrent infernal, donnant presque l'impression qu'elle bouillait. Mais un peu plus loin, légèrement en périphérie, une petite étendue d'eau reposait à côté des courants. De minuscules failles entre la pierre et la mousse avait permis à l'eau de s'écouler lentement ici. Et autour, à la surface, la large écume blanche s'était formée.
Mais d'un coup, un visage boursouflé, déformé par l'effort, traversa les bulles blanches pour aller expirer un grand jet d'air au plus profond de la flaque. Les bulles tremblèrent alors que l'eau gargouillait bruyamment, et puis la tête en sortit. Le colosse respira lourdement. Et sans attendre, il se mit à laper l'eau, ingérant au passage l'écume blanche. Derrière lui, un homme plus jeune le rejoignait en courant.

"Jôs ! Foutre con ! Bois pas ça !"

Le colosse s'arrêta alors et ouvrit enfin les yeux. Deux grandes boules rouges roulèrent vers le ciel avant de s'attarder sur l'autre jeune homme à la peau blanche. Un instant, il parut ennuyé, mais très vite, il sembla oublier le reproche de son compère. Il plongea alors sa grosse patte dans l'eau, la remua, et magiquement, l'écume s'écarta pour aller former un tas de bulles isolées sur le coin du point d'eau.

"Regarde Ren ! Regarde ce que j'ai fait !" disait le colosse avec engouement.

Le garçon ralentit sa course avant de poser sa main sur l'épaule de la montagne, accroupie à côté de l'étang. Ses yeux aussi étaient rouges, mais s'ils paraissaient moins innocents que son compagnon, ils n'étaient pas dénués d'une certaine bienveillance, doublée d'une lassitude ostensible.

"Faut pas boire ce genre d'eau, Jôs. Tu as toute une cascade autour, et toi, tu bois celle-là."

"Elle avait des bulles, se justifia l'homme. Comme la crème qu'on faisait bouillir, mais pas pareil. Mais l'eau est pas mauvaise, j'ai goûté."

Ren s'accroupit à son tour, plongea la main en y faisant un creux et prit un peu d'eau. D'un air suspect, il donna deux coups de langue avant de se raviser.

"Faut pas boire une eau stagnante comme ça. C'est pas bon, même pour toi. Et par Fenris, calme toi. T'es comme un chien : tu pourrais te crever à jouer et à courir sans même t'en rendre compte."

"Comme un chien", répéta Jôs après avoir longtemps contemplé son ami.

Dans un air de plaisanterie, Ren attrapa le chapeau que le géant avait laissé tomber par terre avant de se jeter dans l'eau. C'était un énorme chapeau de mage comme l'on en voyait en tant que caricature. Des bords immensément longs, ainsi qu'une qu'une grande pointe constituaient ce couvre-chef. Son cuir brun lui donnait une qualité qui n'était toutefois pas négligeable, tout comme ses petites broderies dorées autour des bords. C'était bien là le seul vêtement de qualité que portait le géant. Car si son chapeau avait quelque chose d'exceptionnel, il n'avait rien de plus. Pas même de fourrure. Seulement une robe en haillons d'où pendait, à sa taille, une masse de bois grossière. Ren, quant à lui, n'avait rien de plus. Il était torse nu, avec seulement un pantalon de lin et une ceinture de fourrure ornant ce vêtement. Il avait aussi un petit couteau de chasse, fabriqué à partir d'un os d'orignal qui lui pendait à la ceinture. Mais il avait pourtant l'air plus soigné. A l'inverse Jôs qui était coiffé d'une longue tresse blanche maladroitement nouée, il avait décidé de se couper les cheveux et de les porter courts. Il s'était rasé les côtés de la tête, même la barbe, et avait décidé de coiffer en brosse. Il trouvait que cela lui donnait l'air plus vif. Ce qu'il était.

"Il fait chaud, fit Jôs avec plainte. Pourquoi qu'il fait si chaud ici ?"

"On est plus bas, fit Ren, de manière bien brève. Mais voyant que son ami le regardait encore, buvant presque ses quelques paroles, il rajouta quelques précisions. On a vécu en montagne. On est des phalanges de Fenris et on est naturellement...."

"Plus froids, termina le géant. On est plus froid parce qu'on est constitué comme ça, alors qu'en bas, les gens sont plus chauds, et qu'il y fait plus chaud. Alors pour nous c'est plus dur, mais en haut, c'est plus dur pour les gens d'en bas, parce qu'ils sont plus chauds mais qu'ils connaissent pas le froid."

Jôs prit un air victorieux, alors que Ren le grondait. Il se leva, l'air mécontent, dominant l'homme de par sa posture et son intellect. L'homme au chapeau, lui, restait devant l'eau à contempler son reflet. Des yeux, il suivait les minuscules courants qu'il avait réussi à créer lui-même, pas magie, un peu plus tôt. Ren, lui, s'éloignait lentement pour s’asseoir sur la mousse d'un petit rocher qui donnait sur la cascade.

"Pourquoi tu me forces à répéter si tu sais déjà tout ça ?"

"J'avais oublié le début... Et puis c'est pas pareil quand c'est moi qui le fait. Je préfère quand c'est toi."

Comme son ami s'était éloigné et qu'il ne le remarqua que plus tard, Jôs bondit du bord de la flaque pour aller le rejoindre. Il glissa sur les grosses mousses humides avant de réussir à atteindre Ren. Après trois chutes, il put enfin s'accroupir devant lui. Ses grands yeux innocents transperçaient l'obscurité que marquait son chapeau. Il semblait que cent questions lui passaient par la tête. Mais il n'en posa qu'une seule.

"Où c'est-il qu'on y va, Ren?"

"J'en sais rien, Jôs. J'en sais rien." Admit-il en détournant le regard.

"T'es fâché ?" fit le doux colosse avec des yeux larmoyant. Sa voix de stentor contrastait avec le ton enfantin qu'il employait. "T'es fâché ?" répéta-t-il, voyant que son ami se complaisait dans le silence.

"Tout aurait été tellement plus simple si tu avais été intelligent." Jôs le contemplait encore, suivant le mouvement de ses lèvres. Attentif, il opinait du chef en écoutant ses paroles. "J'aurais chassé, j'aurais combattu avec mes loups. Je serais resté dans le clan et j'aurais pu manger à ma faim, comme je suis bon chasseur. J'aurais construit mon propre tipi et rien à foutre du monde, j'aurais pu y rester comme je veux. Si je voulais quelqu'un avec moi, j'aurais pu lui dire de venir coucher et de partager une bouffe. Et si je voulais être seul, j'aurais dit juste "casse-toi" et Fenris soit témoin, l'autre se serait barré. Au lieu de ça, je suis mille pieds plus bas, je crève de chaud et..."

"J'me coltine un gars con comme la lune !" conclua Jôs, fièrement.

En entendant ces mots, le jeune homme explosa.

"C'est pas possible ! Tu comprends rien de ce qu'y se passe, mais tu retiens tout ce que je dis ! Ren avait pris un regard sévère. Et même si Jôs le surplombait de vingt centimètres, même accroupi, il ne put s'empêcher de baisser les yeux de honte. Alors retiens ça : On reviendra pas au clan ! Et c'est ta faute ! Tout ça parce que t'es pas fichu de te repérer tout seul, ni même de manger ce qu'il faut ! On est seul et on sait même pas où aller, tellement qu'on sait pas ce qui pourrait vouloir de nous deux ! Ce qui pourrait vouloir de toi !"

Jôs avait commencé à écouter, écarquillant ses yeux rouges qui traduisaient à quel point il faisait l'effort de comprendre. Mais quand il comprit, ses yeux devinrent troubles et de grosses gouttes ruisselèrent sur ses joues, allant se mêler à sa barbe. Avec sincérité, il répondit, peiné :

"Si tu veux pas de moi, je peux partir."

"Et où tu irais, foutre con ?"

"Dans les montagnes... Mais comprenant sa bêtise, Jôs se reprit étonnamment vite. Mais plus bas ! Je me trouverais bien une grotte, comme un ours."

"Et comment tu mangerais ?"

"Comme un ours, répondit-il, triomphal. Je chasserais et puis voilà."

"Tu ne sais même pas allumer un feu."

"Comme un ours." conclut-il, toujours aussi fier.

Exaspéré, Ren se colla la paume de la main contre le front. Cela suffit à vexer le géant qui, timidement, s'éloigna en prenant le sens inverse du chemin qu'ils avaient entrepris jusque là. Au bout de dix mètres, il commença à regarder par dessus son épaule, recherchant la réaction de son compagnon. Mais il ne cessa pas de s'éloigner pour autant. Après quinze mètres, ses grosses épaules se secouèrent et il sembla que sa stature gigantesque s'effondra pour le transformer en une grosse boule coiffée d'un chapeau de mage. Seuls quelques couinements plaintifs transparurent de cette drôle de transformation.

"Allons... Et voilà que tu pleures ! Un grand gars comme toi !" fit la jeune phalange, d'un air supérieur.

Mais pourtant, il n'en fallut pas plus pour qu'il se lève de son rocher et le rejoigne en quelques bonds sur la mousse moelleuse. Son ton paternaliste disparut alors qu'il reprenait la parole, aux côtés de Jôs.

"Écoute Jôs, je suis désolé. J'aurais pas dû parler comme ça. C'est pas tant ta faute, Jôs."

"Tu me laisseras pas, hein Ren ? Parce que si tu me laisses, je peux pas faire tout ça tout seul."

"Mais non, Jôs. Je te laisse pas."

Une petite main rassurante empoigna la grand épaule du géant, le poussa d'un coup à se lever. Le petit homme fit alors un signe de tête vers le chemin que prenait la cascade. Comme ils n'avaient pas de parcours à suivre, il lui sembla que suivre le courant les mènerait quelque part.
Ils n'eurent à marcher seulement une vingtaine de minutes pour qu'une voix retentisse dans le profond de la forêt, s'adressant directement à eux.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Sam 25 Jan 2014 19:25 
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Naora était si loin. Sa terre natale n'était à présent devenu qu'un lointain souvenir. La petite fille l'avait quitté il y a maintenant plus de dix ans et parcourait à présent une contrée bien différente : Nartim. Sa présence en ce continent n'avait rien d'un hasard, l'immense océan qui séparait les deux terres ne pouvait pas permettre une telle chose. Toujours à la recherche de son géniteur, Na'E n'avait comme piste que ces nombreuses lettres qu'il avait échangé avec un certain « Levos  » de Cuilnen avant son départ. Après un long voyage, la poupée animée se rapprochait enfin de ladite ville, mais la forêt qui la séparait encore de sa destination était vaste.

Lors de sa traversé, Na'E entendit deux voix non loin d'elle. Curieuse de nature, elle se rapprocha un peu. Il s'agissait vraisemblablement de simples voyageurs, un homme immense et un jeune garçon, d'apparence bien plus âgé qu'elle. Amusée par leur conversation, l'enfant continua de les observer d'un air amusé, presque envieux. Quelque chose de très fort semblait lier ces deux individus malgré leurs différences. Sans qu'ils s'en rendent compte, la petite Aniathy continua de les suivre à distance. Plus elle les observait, plus éprouvait de sympathie à leur égard. Mais elle était également intrigué par leur relation. Bien que le plus costaud semble plus âgé, c'était le plus jeune qui semblait remplir le rôle de l'aîné. C'était la première fois que Na'E assistait à quelque chose de semblable.

Les deux comparses s'étaient arrêtés près d'une cascade et elle fut interpellé par la voix du plus jeune qui semblait réprimander le colosse. Ces deux-là semblaient visiblement se chamailler souvent. Toujours aussi ouïe, la petite fille se rapprocha un peu plus et écouta leur dispute d'un air amusé, manquant parfois de glousser un peu trop fort.
Lorsqu'ils quittèrent l'endroit de leur petite escale, le plus grand laissa tomber quelque chose par terre. Aucuns des deux ne semblant s'en rendre compte, Na'E enjamba le buissons derrière lequel elle était caché. Se rapprochant doucement, comme si elle s'apprêtait à découvrir un objet d'une grande valeur, la petite fille constata qu'il s'agissait d'une bourse qui contenant certainement de l'argent. Sa bouche béate exprima l'inquiétude qu'imposait la situation à son égard.

«  S'ils perdent tout cet argent, ils vont avoir des problèmes. Et le grand monsieur va encore se faire disputé ...  »

La petite fille se saisit aussitôt de la bourse qui valait quand même son pesant d'or et se lança dans une course effrénée à la poursuite du tandem, mais ils étaient de toute évidence déjà loin. Na'E ne perdit pas courage et poursuivit sa course. Une vingtaine de minutes plus tard, elle aperçu la silhouette des deux jeunes hommes et les interpella de sa voix presque sanglotante.

« Atteeeeeeendeeeeeez ! Paaaaaaartez paaaaaaas ! Atteeeeeendeeeeeez !  »

Na'E poursuivit sa course effrénée, au point qu'elle n'en remarqua pas le petit talus de terres sur sa route. Son pied trébucha dessus et son petit corps chétif fit un vol plané de plusieurs mètres avant d'atterrir par terre, glissant ensuite sur le sol jusqu'à arriver à la hauteur des deux voyageurs. L'enfant desserra l'emprise de sa main sur la bourse d'argent qui roula à son tour jusqu'à leurs pieds. Après quelques secondes d'immobilités, Na'E releva son visage larmoyant plein de terre et s'adressa plus directement à eux.

«  Bous abez oubliés ça ... A la cascade. »

Na'E termina par un gras reniflement d'enfant morveux et un air presque désolé.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Dim 26 Jan 2014 18:12 
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Quand la voix fit écho dans la forêt, couverte malgré tout par les chutes qui ne semblaient jamais s'arrêter pour donner place à une rivière, Ren eut pour réflexe de mettre la main sur son couteau de chasse. Jôs, quant à lui, s'était machinalement posté derrière son ami. Ils mirent un petit moment avant de discerner la minuscule forme humanoïde qui s'avançait vers eux. Mais finalement, elle était tellement colorée qu'il ne fut pas difficile de voir la silhouette violette qui courait maladroitement, faisant de petites enjambées entre les rochers, la mousse, l'herbe mouillée et les petits filets d'eau qui passaient entre les galets. Inévitablement, elle finit par se prendre les pieds dans un petit talus de terre qui la fit chuter de manière presque spectaculaire. En la voyant presque voler, le géant poussa un cri d'effroi tandis que son compère, lui, regardait la scène en sourcillant, à la fois amusé et méfiant.

Quand elle arriva à leur hauteur, devenant d'un coup un peu plus identifiable, elle lâcha une petite bourse qui roula jusqu'aux pieds de Ren, tout en expliquant les larmes aux yeux qu'ils avaient apparemment oublié cela en descendant la cascade. A ces paroles, Jôs fit rouler sa tête regarda fixement le sol, couvrant entièrement son visage des bords de son énorme chapeau de mage.
Le jeune garçon ne prêta même pas attention à la petite fille, mais remarqua qu'elle avait quelque chose de bien spécial. Il ne connaissait pas beaucoup les autres races, mais une peau grise et les cheveux violets, c'était quelque chose d'étrange. Aussi, il ne quitta pas son couteau de la main. De l'autre, il se contenta de s'accroupir et de ramasser la bourse, gardant toujours un regard méfiant sur la petite fille. Dès qu'il eut pris l'objet au creux de sa main, Jôs tira les bords de son chapeau jusqu'à enfoncer entièrement sa grosse tête dedans.

"Qu'est-ce que c'est que ça, Jôs ?"

Après un très long silence, Jôs répondit d'une voix grave, pleine de culpabilité.

"Rien que ma bourse, Ren."

"Je sais bien que c'est ta bourse. Mais pourquoi elle est aussi lourde?"

"Mon argent, Ren..."

A ces mots, Ren donna un coup sévère sur le bord du chapeau de son ami, le faisant voler et dévoilant son visage de menteur. Comme un enfant, Jôs mit ses grosses pattes sur son visage afin d'en cacher le manque de sincérité.

"Je l'ai ton argent ! Tu te figures quand même pas que je vais te laisser transporter cinquante yus tout seul ? Alors ? Y'a quoi dedans ta bourse ?"

Encore une fois, un grand silence passa avant que le colosse ne se décide à répondre, la voix tremblante.

"C'rien qu'un p'tit écureuil, Ren..."

"Par Fenris, qu'est-ce que tu fous avec un écureuil dans ta bourse ?"

"Je l'ai trouvé, je l'ai pas tué, juré ! J'pouvais le caresser pendant qu'on marchait..."

Ren défit le fil qui serrait le cuir de la bourse. Une petite queue rousse en sortit. Pendant un moment, le jeune homme afficha une mine déconfite, mais d'un coup, la petite créature se mit à bouger. Une adorable petite tête en sortit puis, d'un coup, elle bondit de la bourse pour aller sautiller autour des trois protagonistes. Elle sembla un instant s'approcher de Jôs, mais cela ne dura que quelques secondes. Un instant après, elle fonça vers un arbre pour aller s'accrocher à son écorce et le gravir dans une vive spirale. Le géant se mit à courir vers l'arbre pour aller en gratter le tronc. Il semblait tenter pendant un moment de s'y accrocher, mais il comprit bien vite qu'il n'y arriverait pas. Puis il s'accroupit alors, plaquant les mains contre la tête.

"Il est parti ! fit-il dans un air plaintif. Je faisais rien de mal que de le caresser ! Je comprends pas pourquoi j'avais pas droit !"

Le jeune homme regarda un instant la jeune fille, toujours aussi méfiant. On pouvait voir dans son regard qu'il y avait un certain dédain, sans pouvoir comprendre ce qu'il jugeait véritablement chez elle. Il se contenta de répondre à Jôs, assez froid mais compréhensif.

"Je me suis fâché parce que tu fais que les tuer, ces bêtes là. Au moins, là, il était en vie. C'est une première. Mais un peu plus et je suis sûr que tu lui aurais brisé le cou."

Jôs se mit à pleurer tout en enserrant le tronc de l'arbre auquel avait grimpé la petite boule de poil. A cela, Ren ne répondit pas cette fois-ci. Il s'autorisa enfin à s'adresser à la jeune fille.

"C'est bien beau de nous avoir ramené une bourse, mais j'aimerais bien savoir pourquoi, au juste, tu nous as suivi depuis le haut de la cascade pendant autant de temps. Et puis que fait une gamine dans la forêt, toute seule ? Tu devrais pas avoir des parents ?"

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 27 Jan 2014 19:09 
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Pendant que le plus jeune réprimandait le grand colosse, la petite fille toussota quelques instants pour récolter le petit caillou qui s'était malicieusement glissé dans le fond de sa bouche. Elle s'essuya le visage avec un pan de sa manche avant de jeter sa trouvaille. Grâce à leur échange, la petite Na'E entendit plus distinctement les prénoms des deux voyageurs. Bien qu'elle enviait quelque peu leur relation, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine crainte envers celui qui se prénommait Ren. Bien qu'ayant l'apparence d'une enfant, Na'E avait une connaissance du monde et du relationnel d'un adulte, mais ne pouvait s'empêcher de réagir comme une enfant. Elle comprenait alors que le regard méfiant du cadet était justifié, après tout elle n'était qu'une étrangère à leurs yeux. Ce regard, renforcé par le ton qu'il prit en s'adressant à elle intimida davantage la demoiselle dont les joues commençait à rosir de plus en plus.

"C'est bien beau de nous avoir ramené une bourse, mais j'aimerais bien savoir pourquoi, au juste, tu nous as suivi depuis le haut de la cascade pendant autant de temps. Et puis que fait une gamine dans la forêt, toute seule ? Tu devrais pas avoir des parents ?"

Ah. Pourquoi les avait-elle suivit ? Cette question fit de toute évidence mouche et la voix de l'enfant perdit son engouement pour quelque chose de plus timide et coupable. Son regard lui, était rivé sur ses pieds, tandis qu'elle tripotait ses doigts.

«  Ben en fait … Euh … Ça fait quelques jours que je me suis perdue dans la forêt ; j'ai perdu ma boussole dans une grotte habitée par un ours … Puis j'ai marché … Et tout à l'heure quand j'ai entendu vos voix je me suis sentie rassurée … Je me suis dit que si je vous suivait je finirai par arriver quelque part … Même si ce n'était pas à Cuilnen … »

Effectivement, la petite Aniathy avait séjourné quelques jours dans la forêt à son grand désarroi. A vrai dire, elle avait beaucoup de difficulté à s'orienter et ce genre de mésaventures étaient foison lors de ses voyages. Cependant, elle parvenait toujours à se défaire des situations les plus embarrassantes, à croire que la chance était souvent de son côté.

Puis elle leva la tête, les yeux humides et poursuivit avec un ton plus affirmé ;

«  Si j'ai un Papa ! C'est pour ça que je vais à Cuilnen, quelqu'un pourra peut-être m'aider à le retrouver ! Dites, vous allez à Cuilnen ? Si vous y aller je peux vous accompagner ? Promit, je ne serai pas une gêne, ça sera tout comme si je n'étais pas là ! »

Bien que vrai, le discours de la demoiselle était des plus déconcertants. Mais pour elle, elle ne faisait que répondre honnêtement à la question qui lui était posé. La vérité étant qu'elle ne mesurait pas toujours qu'elle n'était pas une enfant comme les autres et que les explications qu'elle donnait ne pouvaient soulever que davantage de suspicion et de questions.

Na'E implora les deux voyageurs du regard quelques instants avant de farfouiller dans son sac, tout en s'écriant.

«  Je peux vous payer s'il le faut, attendez ! »

Ne trouvant pas du premier coup la demoiselle se mit à vider son contenant de cuir un à un pour offrir à ses interlocuteurs, ou plutôt son interlocuteur, un défilé d'objet tout aussi loufoque les uns que les autres. Un livre, une fourchette tordue, de la ficelle, un caillou rouge-sang, diverses fioles contenant des liquides de couleurs différentes et d'autres babioles sans intérêts apparentes. Sa mine jusque là contrariée s'illumina tout à coup.

«  Ah ! »

La Sindel ôta finalement son grand chapeau pour récupérer l'objet convoité posé sur le sommet de sa tête et adressa un sourire plein de fierté aux deux comparses.

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Ven 31 Jan 2014 19:20 
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Le récit de la petite fille eut de quoi faire sourciller Ren. Quand elle parla d'un ours, il n'y vit qu'un fantasme enfantin, voire même un gentil mensonge. Mais c'était étrange de se dire qu'une enfant de son âge pouvait être perdue dans la forêt en étant affublée d'une telle tenue. C'était une véritable poupée. Pourquoi s'était-elle retrouvée aussi loin de chez elle (en tout cas, il supposait qu'ils étaient effectivement loin de chez elle) sans même avoir d'autres affaires que des babioles pour enfant et une robe couleur fuchsia ?
La jeune phalange de Fenris restait bien méfiante, mais elle se ravisa bien vite quand elle vit l'enfant vider le contenu de sa sacoche dans l'idée de les payer. Le garçon avait beau avoir vécu dans un clan hostile, il avait connu le monde bien plus que n'importe quel autre représentant de leur montagne. Et il avait ainsi bien trop d'empathie pour se permettre d'accepter un tel don venant d'une petite fille. D'autant qu'elle semblait avoir perdu son père. Aussi, il fit un geste de la main, signifiant qu'il ne voulait rien.

"Ça va, ça va, gamine, fit-il avec un ton dédaigneux. Pas besoin de nous payer, on est aussi perdu que toi."

Ren se retourna dans la direction de son ami. Mais à sa grande surprise, un énorme visage semblait s'être posé sur son épaule. Jôs avait même quitté son chapeau, dévoilant ses grands yeux impressionnables. Sa bouche était grande ouverte et il semblait dévorer la petite fille des yeux. Il tremblait presque. Il y avait même une furie qui semblait naître en lui. Il s'accrochait aux épaules de son compagnon, semblant presque incapable de se contenir. Puis d'un coup, il se jeta sur la petite fille, l'attrapant par ses toutes petites épaules. Ses grosses pattes semblaient presque couvrir tout le haut de son buste, tandis que ses gros pouces caressaient maladroitement les joues roses de la jolie poupée. C'est alors que sa voix de stentor retentit à travers toute la forêt, dans un écho presque bestial.

"Un OURS ! hurla-t-il de joie. T'as vu un ours ! Où c'était-il ? L'était comment ? Moi, j'suis fort comme un ours !"

Mais l'euphorie de Jôs s'arrêta bien vite quand Ren lui attrapa sa longue tresse, tirant sa tête en arrière.

"Lâche-la, tu vas lui faire mal, bougre de con !"

Le géant obéit immédiatement et laissa ses grosses mains puissantes glisser le long des bras de la petite fille. Suite à quoi, Ren prit une décision, reprenant la conversation initiale.

"Bon, écoute, on est aussi perdu que toi. En fait, on savait même pas que Cuilnen était dans le coin. Tout ce qu'on fait, c'est suivre cette cascade. On finira bien par déboucher sur une simple rivière et les rivières passent souvent près des villes. Sinon, on croisera peut-être un pêcheur, je sais pas, on verra."

Jôs essayait tant bien que mal de suivre les paroles de son "mentor". Sur son visage, on pouvait voir qu'il faisait des efforts intenses pour pouvoir se souvenir de la méthode préconisée par son ami. Un instant, il sembla vouloir intervenir pour poser une question, mais très vite, il rattrapa son geste. Dans tous les cas, quand il comprit que la petite fille les accompagnerait, un sourire béat se dessina sur son visage.

"T'as qu'à venir avec nous, mais pas de bêtises, sinon, je te fous dedans la rivière, c'est d'accord ?"

Ren avait volontairement pris le ton de la menace, mais il s'adressa de la même manière à Jôs.

"Et toi non plus !"

"Ben non, Ren. Je serai sage, Ren..."

"Être sage, c'est une chose. Mais ne va pas casser cette gamine, je te connais."

Sans plus attendre, Ren ouvrit alors la marche. Jôs, quant à lui, laissa le temps à la petite fille de ranger ses affaires avant de suivre son ami. Aucun n'avait vraiment idée de vers où ils se dirigeaient. Et il semblait aussi clair qu'aucun d'entre ne savait qu'en vérité, cette cascade était protégée par les gardes de Cuilnen, et qu'ils n'avaient aucun droit de s'en approcher...

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Lun 18 Aoû 2014 18:47 
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[ Sept mois plus tard. Je crois que j'aurais battu tous les records ! Encore désolée T_T ]


Quelle surprise put-on lire sur le visage de la petite Sindel lorsque le grand colosse se jeta sur elle, frémissant d'excitation suite à son Récit. Il semblait fasciné par sa rencontre avec l'ours qu'elle avait vu tantôt. Ce contact inattendu, réveilla une certaine joie chez Na'E, qui se manifesta par des joues rosies. Ou peut-être était-ce simplement du au fait que le dénommé Jôs lui tirait les joues …

«  Oui ! Il était encore plus gros que toi et bien plus fort ! Et il était très gentil ! … Mais c'est peut-être parce qu'il ne peut pas manger des gens comme moi ! »

A peine eût-elle le temps de poursuivre, que l'autre jeune homme rappela à l'ordre le colosse.

"Bon, écoute, on est aussi perdu que toi. En fait, on savait même pas que Cuilnen était dans le coin. Tout ce qu'on fait, c'est suivre cette cascade. On finira bien par déboucher sur une simple rivière et les rivières passent souvent près des villes. Sinon, on croisera peut-être un pêcheur, je sais pas, on verra."

"T'as qu'à venir avec nous, mais pas de bêtises, sinon, je te fous dedans la rivière, c'est d'accord ?"

A ces paroles, les yeux de la petite Sindel s'illuminèrent et son sourire s'élargit. Elle se mit à sautiller allègrement tout en joignant ses mains.

«  Oh c'est vrai ? C'est vraiiiiiiii ? Promis je serais sage ! Je prends pas de place ! Je ne fais pas de bêtises et je suis sûre que je pourrais vous être utile ! Je peux grimper très haut dans les arbres sans avoir peur ! Ah au fait ! Toi tu es Ren et toi Jôs si j'ai bien compris ! Moi c'est Na'E ! Juste Na'E ! Vous avez un nom en plus de votre prénom ?? Souvent les gens ont un nom de famille ! Vous êtes frères ? Vous venez d'oû ?? Tu as déjà vu des loups Jôs ? Moi oui ! Ils ont un pelage maaaaaaagnifique ! »

La petite poupée n'avait décidément pas la langue dans sa poche et commençait à palabrer à une vitesse impressionnante qu'il était difficile de suivre. A se demander comment les informations coulaient aussi vites dans son esprit. Elle semblait si excitée à l'idée de faire un bout de chemin avec ce duo atypique, que cela devait sans doute paraître bizarre vue de l'extérieur. Mais Na'E n'avait pas encore conscience que son comportement pouvait être parfois hors norme …

Quelques minutes de marche plus tard, le trio finit par arriver près d'un cours d'eau. La poupée à la chevelure indigo s'y précipita – entre deux chutes – et s'y pencha par dessus avant de s'exclamer.

«  Oh regardez y'a des gros poissons !! »

Comme il fallait malheureusement s'y attendre de la part de la maladroite Sindel, son pied perdit ses appuis lorsque le morceau de terre se déroba sous son poids, pourtant léger. Ni une, ni deux, elle bascula en avant dans l'étendue d'eau. Le courant n'était pourtant pas très fort, mais son poids plume se fit rapidement happé. Elle se rattrapa difficilement sur un rocher qui l'empêcha de s'éloigner de trop. A peine paniquée, la petite riait aux éclats.

«  Wouaahahahaaaaaaa ! Je me fais emporté par la rivière !!! Haaaaaaahahaaaaaa ! »


Pas de bêtises, hein ?

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 Sujet du message: Re: Les Chutes du Ramnen
MessagePosté: Sam 6 Sep 2014 20:21 
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Jôs était encore complètement ébahi en entendant une telle histoire. Des ours, il n'en avait rencontré que pour les chasser pour leur fourrure et leur viande, pour son clan. Jamais il n'avait pu être ami avec un tel animal. Alors tout en étant émerveillé, il se sentait pourtant un peu jaloux. Il aurait aimé, d'une part, en voir un et réussir à être son ami, même pour l'histoire de quelques minutes. Mais en plus, il aurait aimé savoir qu'il était fort comme un ours, vraiment, comme on lui répétait depuis toujours. Savoir que finalement, ces créatures étaient plus grandes et fortes que lui avait formé une petite moue boudeuse sur son visage.

"Normalement, je suis fort comme eux..."

Mais sa moue ne dura finalement pas très longtemps. Quand Ren accepta de laisser l'enfant se joindre à leur groupe, un grand sourire enchanté se dessina sur la grosse face de la gigantesque Phalange. S'en suivit alors une vague impressionnante de questions dont Jôs ne put se rappeler que de quelques unes. C'est à dire, seulement celles qui l'intéressaient. Quant à son ami Ren, il se contenta de rester dans le silence et emboîta le pas sans répondre à l'enfant. Il ne jura que doucement.

"Je sens qu'ça va être long..."

Comme il avait commencé à marcher, Jôs l'avait suivi maladroitement en marchant sur les rochers les plus plats et les moins humides, longeant toujours la cascade. Na'E, quant à elle, ne semblait toujours pas avoir assimilé sa première erreur qui fut de courir vers eux pour mieux chuter. Elle courait encore partout, sans s'arrêter, ce qui laissait encore le jeune Ren pantois. Le géant, lui, n'avait qu'une envie en revanche : la suivre et courir comme elle, pour lui montrer comme il était fort. Mais à chaque fois qu'il regardait son mentor, il sentait un air désapprobateur.
Il y eut juste un moment où la pente était moins raide et où il réussit à rattraper la jeune fille.

"Moi j'ai vu plein de loups ! Mon copain Ren, il les élevait quand on était dans les montagnes !"

Ils marchèrent encore un moment, puis Jôs, dans un éclair de génie, se rappela une autre question que la petite fille avait posé.

"Et on est pas frère, mais c'est tout comme ! Y me laisse pas Ren ! Et moi non plus, j'le laisse pas !"

Et comme si son cerveau s'était mis à fonctionner de manière normale, comme les autres personnes, il se rappela encore un tout petit détail. Cela ne l'avait pas marqué au départ, mais en repensant à ce grand ours qu'elle avait croisé, elle avait dit autre chose. Qu'il ne pouvait pas mangé des gens comme elle. Jôs, en se rappelant cela, imagina alors des tas de choses. Peut-être avait-elle des pouvoirs magiques qui lui permettaient de comprendre les animaux ? Elle était si petite que peut-être, comme son grand-père lui avait raconté, elle était un lutin !

"T'es une lutine, Nana ? C'pour qu'y t'a pas mangée ?"

Mais avant même qu'il ne puisse avoir de réponse, voilà que l'enfant s'était déjà trop avancée. Aussi curieuse que le géant, elle était allée voir des poissons que même Jôs n'avait jamais pu voir, dans ses hautes montagnes. Ce tout nouveau spectacle le fit passer totalement à côté de l'accident qui était en train d'arriver juste à côté de lui : la petite bute de terre s'était effondrée sous les pieds de Na'E, la faisant chuter quelques mètres plus bas, dans la rivière. Les poissons fuirent tout azimut alors que Ren arrivait en trombe.

"Jôs qu'est-ce que tu fous ? Va la récupérer !"

Ni une, ni deux, le géant descendit en sautant dans l'eau, créant éclaboussant tout autour de lui sous son énorme poids. Mais la petite était déjà emportée et il courait maladroitement dans la rivière alors que son ami était descendu plus prudemment, toujours sur les rochers en longeant le courant. Il était si lent et il emportant de si grands torrents sous les déplacements que c'est finalement une de ses propres giboulées qui se ramassa sur la face de l'enfant et la fit se détacher du petit rocher auquel elle se tenait déjà avec peine.

"Jôs, t'es vraiment trop con !"

Le grand homme au chapeau n'entendit rien de toute façon. Il était trop occupé à avancer sans se rendre compte de l'ampleur de ses propres dégâts et Ren dût se résoudre à avancer seul pour être sûr de retrouver la petite poupée. Mais trop légère, elle les distançait beaucoup trop vite et bientôt, ils purent la repérer qu'à partir de ses cris qui étaient davantage semblables à des rires. Puis à un moment, elle réussit enfin à se raccrocher aux racines d'un arbre qui avait poussé près du bord de la rivière.
Jôs était encore loin derrière, mais Ren avançait rapidement. D'ici quelques mètres, il allait pouvoir la récupérer.

"T'as intérêt à tenir bon, que je t'en flanque une !"

Mais heureusement pour l'enfant, un élément tout à fait différent vint perturber la progression du jeune homme. Une flèche avait sifflé tout près de lui et était venue se planter dans le tronc de l'arbre sur lequel il s'était un instant appuyé. Ren se figea se peur et leva les mains, alors qu'une voix retentissait au-dessus de lui.

"Cela ira comme ça."

La voix était douce et calme. Il eut juste l'occasion d'apercevoir une silhouette fine, élancée, en contraste avec les rayons du soleil qui filtraient à travers les feuilles. Puis elle descendit de la branche où elle était posée d'une facilité déconcertante. Un elfe vert à l'apparence bien jeune se tenait devant lui. Celui-ci était vêtu d'une légère armure en tissu et en cuir, découvrant tout de même un peu son plexus. Très vite, d'autres elfes vêtus de manière similaire descendirent d'autres arbres annexes, dont un qui eut atterri juste dans la rivière. Celui-ci attrapa la jeune fille par le col de ses vêtements et la balança sur la rive. En tout, il n'y avait finalement que trois elfes. Mais leurs arcs et leurs armes étaient d'une facture somme toute impressionnante par rapport à ce que possédait Ren.

"Vous savez que vous n'avez pas le droit d'être ici ?" demanda l'elfe qui venait de l'interpeler.

"Allons bon ! C'te rivière est à vous ?"

L'elfe resta silencieux, imposant immédiatement son autorité. Ren se calma bien vite, puisqu'il connaissait davantage cette notion. Il avait plus voyagé que son ami Jôs, encore loin derrière eux.

"Nan... On savait pas."

"Que faites-vous ici alors ?"

"On est à la recherche d'une ville. La gamine m'a dit que Cuilnen, c'était dans l'coin. Je connais pas, mais j'pensais que suivre la rivière, c'tait une bonne idée."

Un sourire se dessina doucement sur les lèvres de l'elfe. Il semblait plus bienveillant qu'il ne l'avait laissé penser au premier abord. Il retira simplement la flèche qui s'était plantée près du garçon et répondit le plus simplement du monde.

"Vous êtes sur la bonne voie alors. On va vous y emmener. Tâchez juste de ne pas revenir ici, c'est dangereux."

Mais l'elfe n'eut pas le temps de se montrer plus serviable. Au loin, Jôs était apparu dans la rivière. Ses giboulées étaient de plus en plus fortes et il avait même sorti sa masse de bois pour frapper les quelques rondins et rochers qui se mettaient dans son chemin. Ce qui était visible de son visage était complètement rougi par ses efforts et la frustration de ne pas réussir à approcher correctement l'enfant.
Immédiatement, en voyant le géant arriver de la sorte, l'elfe s'écarta de Ren.

"Qu'est-ce que c'est ça ?" fit-il, interloqué.

Et les trois elfes bandèrent immédiatement leurs arcs en directement du pauvre Jôs, trop concentré sur sa propre progression pour voir le danger. Ren, quant à lui, ne voyait plus comment faire pour les empêcher d'agir. Il tenta de les arrêter par la parole, puis n'ayant pas de réponse, il posa sa main sur sa dague en os d'orignal pour s'apprêter à agir. Mais l'un des potentiels adversaires le vit et dirigea son arme directement vers lui, ne laissant plus que deux de ses compères sur leur cible initiale.

"Faites pas ça ! C'est un ami !"

"Ce que je vois maintenant, ce sont deux hommes poursuivant une petite fille."

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Dernière édition par Jôs le Mer 25 Fév 2015 17:27, édité 2 fois.

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