L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Sam 20 Fév 2016 11:42 
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*19*



La suite des événements fut une confusion et une incroyable sensation de danger. Sous ce dôme, la glace avait grandement fondu, créant presque un puits d'eau glacée, accessible par une échelle. Des vivres flottaient à la surface. Mercurio avait sans doute finalement retrouvé la raison, car lui et Leyna' vinrent également s'abriter. Il y eu un grand calme, étrange et déplaisant, puis un souffle brûlant s'engouffra par la porte. Il n'en fallut pas plus pour que la Prêtresse ordonne à tous les présents de plonger dans l'eau glaciale.

Quelque chose, ma part animale peut-être, m'incita aussi à le faire. Au fond de moi, j'avais la sensation que la Bête de chaos ne comptait rien laisser sur son passage. Pas même un pan de mur. Immédiatement, je me rendis auprès du guérisseur, assis et se balançant lentement, et le saisis. S'il ne bougeait pas de lui-même, je comptais user de ma puissance physique pour le jeter moi-même dans le puits.

L'espace d'un instant, Samrik regarda l'eau avec un air effaré, mais la puissante poigne d'Eliwin ne lui laissa pas d'autre choix que de sauter dedans aussi. L'eau glaciale mordit férocement mes fibres végétales à découvert, puis tout mon corps quand je décidai de reprendre ma forme d'hippocampe.

Puis ce fut le chaos. L'eau fit quelque peu barrage aux sons, mais je devinai des rugissements, des chocs, la luminosité de flammes se répercutant sur les parois... Avant que lesdites parois n'éclatent à leur tour. Des pierres churent dans le puits, certaines lentement, d'autres avec la force de carreaux d'arbalète. Je serrai la mâchoire en percevant un choc contre mon épaule, priant pour le salut de mes hommes aussi bien ici que sur la Rascasse.

Le carnage sembla durer une éternité, puis avec la soudaineté de son arrivée, il prit fin. Mes yeux clairs m'apportèrent une vision simple : le dôme recouvrant le puits n'était plus que ruines. Je repris ma forme végétale, émergeant de l'eau glacée et avisai les miens. Eliwin toussait lourdement. Il avait du attendre le dernier moment pour plonger, son absence de mâchoire l'obligeant à plaquer la main sur la béance. Il avait du avaler de l'eau accidentellement. Samrik bondit presque hors du puits dès un instant de calme, mais Snori... Je nageai jusqu'à lui, soulevant sa tête hors de l'eau. Un long filet de sang parcourait son crâne et il ne réagissait pas à mes appels. Je le tirai jusqu'à l'échelle et avisai le guérisseur.

"On a un blessé ! Mercurio, j'ai besoin d'aide !"

L'angoisse me gagnait quand je constatai aussi des plaies et des coupures sur les visages ou les formes de mes hommes. J'avais grandement usé de ma magie de lumière plus tôt. Je doutais avoir les ressources suffisantes pour les aider. Mercurio devait se reprendre, et vite !


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Dernière édition par Mythanorië le Jeu 25 Fév 2016 11:53, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Lun 22 Fév 2016 22:35 
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Coquillages et macchabées - Chapitre VI



Coquillages et macchabées

Chapitre VII




L'humoran restait catatonique alors que dehors, le bruit des ailes du dragon se faisait entendre. Il était si proche du sol et ses ailes, si puissantes, que rien que le fait qu'il vole si près créait des bourrasques qui s'infiltrait à l'intérieur du bâtiment. Non. Ce n'était pas possible. Il n'était pas là. Il n'était pas là. Les cris, ordres et autres paroles ou bruits que faisaient ces compagnons, ce fut comme s'il ne les entendaient plus. Comme un enfant, il fermait les yeux et se bouchait les oreilles en espérant, vainement, que le danger cesse alors d'exister.

Ce fut alors qu'il fut entraîné en arrière, dans le puits. Il était dans un état tel que cela lui fut égal. Il n'eût pas l'occasion de regarder qui l'avait ainsi agrippé. Le froid glacial de l'eau le cristallisa sur place. Le pire fut certainement ses yeux. Cette sensation de glaciation lui semblait partir violemment de son iris jusqu'à l'arrière de son crâne. Puis, soudainement, une sensation de chaleur. Il se sentait plus calme, plus serein... Une sensation de somnolence apaisante...

Hypothermie. Ce mot lui vint à l'esprit. Ce mot, ce simple mot évoquait un danger plus direct que le dragon lui-même et lui fit ressurgir sa nature de guérisseur. Il ne pouvait pas mourir comme ça. Il devait cesser d'être ainsi inactif. Bouger pour ne pas sombrer dans l'inconscience. Il regarda autour de lui. Ces camarades étaient là. En haut, le souffle de feu du dragon était tel que le puits s'éclairait d'une lumière jaune et qu'ils se retrouvaient là dans une minuscule et fragile bulle de sécurité dans un monde inondé par le feu de Meno.

Le bâtiment au-dessus d'eux céda, mais son effondrement était à peine audible dans la tempête de feu. Les pierres brûlantes tombaient sur eux avec fracas et l'on sentait dans leurs sillages leur chaleur au sein même de cette eau gelée. Mercurio se plaqua comme il le pouvait contre les parois du puits, échappant ainsi à ce danger. La scène sembla durer une éternité et l'apnée devenait dure à tenir.

Puis, plus rien. En haut, seule la lumière naturelle semblait percer. Plus aucun rocher qui tombe. Plus aucun bruit. S'en était-il allé ? L'humoran ne savait. Mais, rapidement, les autres revinrent à la surface et il suivit machinalement.

Il n'aurait jamais cru que le retour à la surface puisse être plus terrible encore que d'avoir été entraîné dans ces eaux. Mais le moindre mouvement d'air paraissait polaire. Il tremblait comme jamais ce ne lui était arrivé, ses crocs claquant, ses gestes incertains. Le dragon n'était plus là. Du moins, on ne l'entendait ni le voyait. Les avait-il cru morts ? A en admirer le paysage désolé qu'il avait laissé derrière lui, c'était fort possible. Le calme après la tempête n'étaient que cendres noires. Les galets de la plage eux-même semblaient avoir en parti fondu, ce qu'il restait de la base des bâtiments avait fusionné avec le sol. La force de ces flammes était inimaginable.

Du côté de l'équipage, personne n'était en grande forme. Ce pauvre Eliwin rompait le silence contemplateur de l'équipage par une vive toux. Dans son état, c'était déjà un miracle qu'il ait pu survivre à ça. Leyna s'éloignait, marchant dans les braises des créatures qui les attaquaient plus tôt, comme en état de choc. L'eau glacial avait dû tellement refroidir ses extrémités qu'elle ne ressentait pas la chaleur ardente du sol. Il voulait la prévenir, mais il était lui-même en incapacité de réussir à sortir un son. On aurait dit que le froid lui avait figé ses cordes vocales, et sa mâchoire tremblait tellement que n'importe quelle parole aurait alors été inaudible.

Les deux plus épargnées par cet évènement semblait être Samrik et la capitaine. Simples raisons biologiques... Les orques avaient une peau plus épaisses et résistaient mieux aux températures basses. Quant à l'oudio... Il ne connaissait pas assez bien cette espèce pour être sûr de quoi que ce soit, mais avoir de la sève à la place d'un sang chaud dans les veines devait beaucoup aider.

Tous arboraient quelques blessures. Des brûlures de gel ou des égratignures qui ne demandaient pas son attention immédiate... Mais la priorité n'était pas là. Ils ne s'en étaient pas encore totalement sortis, tous. S'ils restaient là, au vent, dans des vêtements mouillés...

Il interpella Samrik qui marchait non loin, balbutiant comme il le pouvait :
"F... Faut qu... qu'on... qu'on enlève les vê.... vê... les vêtements ! Les... sé... les sécher. Fai... Faire un f... un feu !"

Le semi-orque le regarda un instant avec suspicion. Lui, il en avait eu sa dose, de feu. Mais l'heure n'était pas aux contradictions, pas même pour le fier garzok qu'il se défendait être.

Puis, la capitaine l'appela à l'aide. Snori était inerte, au bord du bassin, du sang coulant de son crâne... Mercurio peinait rien qu'à marcher, alors utiliser sa magie ?

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Mar 23 Fév 2016 11:44 
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Mythanorië fut la première à réagir, sortant le sang-pourpre de l'eau et demandant l'aide du guérisseur, mais celui-ci était manifestement en état de choc. Il se reprit finalement, demandant péniblement à faire un feu et retirer les vêtements pour que tous se réchauffent. La prêtresse ne craignait pas pour cet aspect de sa personne : l'eau glissait sur sa robe d'écaille et elle était déjà presque sèche. Ses cheveux, en revanche, étaient toujours glacés tandis que ses pieds se réchauffaient bien vite sur le sol surchauffé.

Samrik finit par obéir au bosco et commencer à rassembler des brindilles en flamme. Pas sûr qu'il y arrive tant le dragon avait tout carbonisé... mais il trouva finalement une matière combustible inattendue dans les cadavres des villageois, qui avaient surtout brûlé en surface. Leyna les inspecta, voyant avec dégoût les crânes éclatés dévoiler des cerveaux rongés par de petites excroissances dures... ces gens avaient dû manger des larves de carcinos qui s'étaient glissé dans le sang pour remonter jusqu'au cerveau et finir leur croissance, tout en en prenant le contrôle. Ces gens étaient en réalité morts depuis un certain temps. À terme, leurs cadavres auraient pourri, mais entre-temps, ils s'en servaient de manière basique, tentant d'assouvir leurs pulsions de multiplication en forçant tous ceux qui se présentaient à consommer leurs congénères.

Mais maintenant, ils étaient tous morts, brûlés par le feu du dragon. Au loin, la Rascasse semblait s'en être à peu près bien tirée. Elle avait manifestement tiré sur son ancre et elle devinait d'ici que quelques cordages avaient lâché, mais rien de grave. Heureusement que la capitaine avait fait rabattre les voiles !

Comme Samrik allumait un petit feu avec ce qu'il pouvait, Leyna s'approcha, essorant ses cheveux. Malgré la sensation de chaleur ambiante, elle claquait violemment des dents. Si elle ne s'en tirait qu'avec un rhume, elle aurait de la chance ! Impuissante, elle regarda Snori, toujours inconscient. Elle n'arrivait pas à se concentrer assez sur sa mémoire earionne pour trouver les souvenirs d'un guérisseur qui lui dirait si la blessure était grave ou non. De toute façon, n'étant pas guérisseuse, elle comprenait rarement les souvenirs de ces gens là, mais elle aurait voulu se rassurer. Elle ne put s'empêcher de murmurer :

« Le dragon n'a pas attaqué la Rascasse... il venait pour nous... mais pourquoi ? »

suite

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Dernière édition par Leyna'sëraya le Dim 20 Mar 2016 16:26, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Jeu 25 Fév 2016 11:53 
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Je pus rapidement sentir mes fibres se resserrer. Mercurio, comme la plupart de ceux ayant plongé dans cette eau glacée, était frigorifié. Le froid de ce liquide avait fait un peu noircir et choir quelques-unes de mes feuilles, mais j'y avais bien résisté. Les sang-rouges moins. Beaucoup moins. Le guérisseur avait même du mal à articuler convenablement, en envoyant Samrik préparer un feu. Le matériau qu'il choisit fut... typiquement garzok. Les corps à moitié calcinés des habitants.

Le spectacle était macabre. Certains crânes avaient éclatés sous des impacts ou la chaleur, et dévoilaient des cervelles incrustées d'étranges choses. Je finis cependant par comprendre qu'il s'agissait de parasites, brûlés également. Les mêmes qui jonchaient, grillés, la plage que nous foulions. Étrange comme la vue de ces corps de femmes, de vieillards et d'enfants me laissait à peine perplexe. Peut-être était-ce parce que je voulais me préoccuper des vivants d'abord. De mes hommes. Ou parce que je ne réalisais pas encore l'ampleur de ce que je venais de vivre.

J'avisai Snori qui avait été pris à parti par les habitants, puis mes autres hommes qui se frictionnaient et éternuaient déjà.

"Si quelqu'un a avalé quelque chose d'ici, videz vos boyaux immédiatement."

L'ynorien se tourna vers moi, essuyant sa bouche du revers. Avec un sourire malade, il m'assura que c'était déjà fait. Si même le comique de service faisait une tête pareille...

Mais Snori avant tout ! De la botte, je raclai le sol rendu brûlant par les flammes du dragon, écartant les surfaces l'étant encore. Le terrain en-dessous était chaud, assez en tous cas pour aider le sang-pourpre à retrouver une température normale. Sa poitrine se soulevait, mais un mince filet d'eau coulait tout de même de sa bouche. Un genou à terre, je le maintins de côté, pour éviter qu'il se noie dans ce qu'il pourrait rendre. Sa plaie à la tête était de plus en plus inquiétante, et je déroulai mes longs doigts pour palper très prudemment autour. J'avais toutefois du mal à déterminer si c'était une simple bosse sous mes serpentins, ou si le crâne était fendillé.

Mes yeux clairs se tournèrent vers la Prêtresse, qui murmurait sans que je puisse l'entendre. Toutefois, la voir regarder en direction de la Rascasse causa un frisson sous mon écorce. Mais non, à mon grand soulagement, le navire n'avait pas été pris pour cible. S'il avait été rudement balloté par les rafales et semblait positionné différemment, il était vraisemblablement intact. D'ailleurs, provenant du navire, deux chaloupes faisaient route dans notre direction. L'équipage devait avoir estimé que s'enquérir de notre sort prenait le pas sur obéir à mes ordres.

"Faites place nette de ces crustacés. Le sol en-dessous vous réchauffera... Snori, je ne sais pas si vous m'entendez, mais accrochez-vous."

Mon regard s'égara sur le village dont il ne restait plus que des cendres fumantes, sur les chaloupes, puis vers l'horizon. Un élan de sympathie, si ce n'est de peine, enserra mon torse. Je me posais une question bête, pour détourner mon attention de l'inquiétude croissante que je ressentais.

Comment les sang-pourpres originaires d'ici, et sans doute encore en mer, allaient-ils faire à présent ?



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Dernière édition par Mythanorië le Lun 21 Mar 2016 17:00, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Sam 27 Fév 2016 20:37 
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Coquillages et macchabées - Chapitre VII



Coquillages et macchabées

Chapitre VIII




Mercurio, ralentit par sa sensation de froid, mit un temps avant d'arriver jusqu'à Snori. La capitaine l'avait sorti de là, le posant de côté sur la terre ferme, lui permettant d'évacuer le surplus d'eau qu'il avait avalé. L'humoran, qui traînait derrière chacun de ses pas de véritables flaques d'eau froides, s'assit à côté du semi-elfe en tentant de garder les idées claires.

Il garda tout de même un instant de silence et d'inactivité, son esprit ne pouvant se détacher de l'idée que le dragon puisse revenir, regardant en l'air avant de se soucier de son patient. Il se reprit tout de même. Mais alors qu'il avait l'habitude de marmonner à plus ou moins voix haute tout ce qu'il faisait et repérer, son état le contraignit à une histoire sans paroles. Tout juste pouvait-on voir ce qu'il faisait, mais il n'était pas aux explications.

Sa blessure à la tête n'était pas sa première préoccupation. Un coup sur le crâne était toujours impressionnant, beaucoup de petits vaisseaux passaient par là, mais c'était insuffisant pour s'en inquiéter. On était encore loin d'une hémorragie.
Il vit l'abdomen se lever. Au moins, il n'avait pas noyé ses poumons, c'était déjà ça. Il respirait. Doucement. Trop doucement. Deux doigts à la carotide. Son pouls était lent. Trop lent. Il lui leva les paupières. Ses pupilles étaient dilatées. Ça commençait à puer cette histoire. A schlinguer le coma hypothermique. Il fallait en avoir le cœur net. Toujours sans un mot, il fit signe à Mythanorië de s'écarter. Il se posa à califourchon au niveau du buste de Snori et lui empoigna la tête. D'un geste assez brut sur sa mâchoire, on put entendre un claquement distinct. Mais rien, aucune réaction.

Mercurio se sentait impuissant. Pour une hypothermie, il n'y avait pas de magie de soin particulière. La magie de soin ne pouvait pas réchauffer son corps, ce n'était pas dans ses capacités. Il fallait juste... qu'il soit réchauffé. Et espérer.

Non. Pauvre con. Évidemment qu'il y avait une autre solution.
Il fallait voir sa blessure au crâne. Il avait reçu un mauvais coup. Le sang épaissi par le froid rendait la vision du point de choc difficile sous ses cheveux et ce n'était pas avec ses pattes poilues qu'il pouvait arranger les choses. Il déchira la tunique du semi-elfe brusquement, énervé, avant de s'en servir pour nettoyer.

Soudain, il lança à Mythanorië, ses paroles déformées toujours pas le froid mais aussi par sa joie soudaine aussi qu'inattendu :
"Il... Le cr... crâne est fendu ! J'v... J'vais pouvoir tenter qu... Que'que'chose !"

Sans doute que la capitaine ne comprendrait pas en quoi c'était pour lui une bonne nouvelle mais le fait était là pour l'humoran. En l'état, le coma du semi-elfe était à deux doigts de le conduire à la mort et ils n'avaient rien pour pouvoir vraiment le réchauffer rapidement. Même en supposant qu'ils aient pu le trimballer jusque sur la Rascasse, il aurait eu le temps de mourir dix fois en attendant et toute sa magie n'aurait rien pu y faire. La magie de soin ne faisait jamais qu'accélérer certains processus naturels du corps, mais le corps est un équilibre, on ne peut pas faire n'importe quoi avec. La magie de soin, même avec les meilleures intentions, si elle était mal utilisé, pouvait aggraver des cas, voir les tuer. Le crâne fendu offrait là une opportunité incroyable, qui n'aurait pas été réalisable sans. Les dommages sous-jacents aurait été gravissimes dans d'autres conditions, mais la providence voulait qu'il soit en hypothermie, que son sang se soit épaissit. Le sang n'avait pas pu s'infiltrer là où il n'avait pas sa place. Le liquide cérébro-spinal, idem. Bref, il n'avait qu'à booster la régénération générale des tissus cérébraux sans avoir à se prendre la tête. Et puis bon, aussi le crâne en lui-même, mais ça c'était une broutille en comparaison. Ça semblait peut-être même un peu trop facile. Peut-être oubliait-il quelque chose. Mais il fallait agir, et vite !



Coquillages et macchabées - Chapitre IX

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Dernière édition par Mercurio le Mer 2 Mar 2016 00:06, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 15:26 
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Le froid, le traumatisme, la fatigue du corps et de l'esprit, le sentiment d'impuissance face à cette blessure, quelque chose ou tout cela à la fois rend la tâche plus ardue à Mercurio, qui malgré ses compétences de guérisseur échoue à lancer un premier sort de soin.

_________________
Une question sur mes corrections ? Sur autre chose ? Un problème ? Une remarque ? N'hésitez pas à m'envoyer un MP.


Pour une demande de correction, c'est par ici.
Pour une intervention de GM dans vos RPs (validation d'achat ou autre), c'est par là.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à venir nous les poser.


Bon jeu à vous !


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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Mar 1 Mar 2016 23:55 
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Coquillages et macchabées - Chapitre VIII



Coquillages et macchabées

Chapitre IX




Lorsqu'il apposa sa patte contre la blessure, le sort de guérison fut comme... bloqué. Une faible luminescence en sortit. Il... Il n'y arrivait pas. C'était incompréhensible. Non. Si. En fait c'était très compréhensible. Le guérisseur n'était pas à sa tâche. Ses pensées étaient dirigés ailleurs. Vers le dragon, qu'il n'arrivait à faire sortir de son esprit, vers la confusion et l'intensité des derniers moments qu'il venait de vivre, vers la sensation du vent sur sa fourrure mouillée qui le congelait toujours plus, le faisait trembler. Snori n'était pas un mauvais gars, mais il était loin d'avoir assez d'impact sur lui pour que son probable trépas l'obnubile. Difficile de soigner un patient lorsque l'on pense à autre chose. Mercurio s'en voulait presque. Il s'était toujours dit qu'il était lui-même un connard, mais n'y avait jamais vraiment cru. Mais le fait était là. Il ne pouvait le soigner car il était incapable d'empathie pour lui. Il avait beau essayer de se forcer d'y croire, et le contexte n'aidant pas, il était incapable de pouvoir tenir un soin aussi fatiguant.

Mais il n'était pas guérisseur pour rien.
Il fallait réessayer, autrement. Quelles possibilités lui restait-il ?
Il n'avait pas ici le matériel nécessaire pour s'en occuper manuellement, le cas était trop grave et le temps passait. Un temps décisif pour la survie du Sang-Pourpre.
Il devait à nouveau essayer de faire appel à la magie. Brusquement, il retenta le coup, fermant les yeux. Ce fichu froid lui empêchait toute concentration et son sort refit chou blanc. Il s'énervait. Il se leva d'un bond, marchant nerveusement autour d'un Snori mourant, faisant des gestes désarticulés, aspergeant les alentours des gouttes d'eaux gelées relâchés de l'épaisseur de ses poils, prenant sa propre tête dans ses pattes, se frappant le crâne comme pour engueuler son cerveau.

Il chercha un instant la capitaine du regard. Elle était en meilleure forme que lui. Et s'il lui passait la main ?
Non. Le soin était trop complexe, lui expliquer la marche à suivre prendrait trop de temps, elle n'avait peut-être pas les ressources nécessaires pour effectuer un sort aussi fatiguant et, même si c'était le cas, l'équipage aurait besoin d'elle en pleine forme après les derniers événements.
Non. C'était lui le guérisseur. C'était lui, maintenant, le Maître d'équipage. Il avait la responsabilité de tous ces marins d'eau douce.
Il se frotta les mains, lâcha un juron et s'agenouilla à côté de l'inconscient.

Comment pouvait-il s'y prendre ?
Bon, déjà, dans l'ordre.
Le problème, c'était de ne pas pouvoir lancer son sort pour les graves blessures.
D'accord. Peut-être en essayant avec un sort basique ?
Non, c'était idiot, ça ne reconstruirait pas le réseau neural efficacement. Ça lui restaurerait l'os du crâne et pourrait, si Zewen le permettait, lui sauver la vie. Mais même s'il avait cette chance, il y aurait de fortes chances de séquelles irréversibles. Et allez savoir lesquelles en plus. Les lésions neurologiques, c'était de vraies saloperies.
Bon, ça serait toujours une solution de secours si rien d'autre ne marchait, mais il fallait trouver autre chose. Il y avait forcément une autre solution.

Il se releva une nouvelle fois, énervé, agité, bondissant sur place.
Son regard se détourna vers le soleil, qui brillait en transparence derrière des nuages grisâtres. Gaïa l'avait sauvé, à sa dernière rencontre avec le dragon, il en était certain. Peut-être était-il temps qu'elle agisse à nouveau, cette pauvre conne !

Ses pensées se firent hurlement contre le soleil, tout le monde pouvant l'entendre gueuler "Pauvre conne !" contre l'astre, à croire qu'il avait définitivement tourné la carte.

Non, putain, il se dispersait, là.
Il s'éloignait de l'inconscient, remettant à nouveau son spectacle confus de bonds, de mouvements désarticulés, de pas nerveux, de coups contre lui-même... On aurait dit la parade nuptiale d'un gorille débile profond qui veut se faire passer pour un mâle alpha.
Que pouvait-il faire ? Comment soigner un cerveau sans pouvoir utiliser son sort à la puissance adéquat ? Il n'allait pas se soigner tout seul ! Ah mais... Si en fait. S'il activait les bonnes glandes, les stimulait pour qu'elles produisent plus rapidement... Le cerveau pourrait se reconstruire tout seul. Plus lentement certes, et il faudra lui administrer quelques produits... Mais c'était possiblement faisable.

Il se rua à nouveau vers Snori.

"Ok... Ok !", dit-il nerveusement, en serrant les dents.

Il apposa à nouveau sa patte contre la blessure. Il fallait être un guérisseur averti pour savoir quoi enclencher et, ça tombait bien, il en était un. Pas besoin de s'épuiser. Se concentrer sur le cerveau et uniquement le cerveau. Le crâne et le cuir chevelu viendraient après, ça, la capitaine pourrait le faire...



[Tentative d'apprentissage de "Lumière régénératrice : Sort de soin ajoutant +1PV/lvl à [lvl/4] cibles, arrondis à l'inférieur, instantanément, guérissant ses blessures et refermant ses plaies."]



Coquillages et macchabées - Chapitre X

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Dernière édition par Mercurio le Lun 28 Mar 2016 14:40, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Mar 15 Mar 2016 00:02 
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Coquillages et macchabées - Chapitre IX



Coquillages et macchabées

Chapitre X




La lumière jaillit. Un instant, il crut s'être planté. Ça ne semblait avoir eu aucun effet. Pourtant, il s'était bien concentré, cette fois. Il y prêta l'œil une seconde fois, car il fallait réussir à se libérer la vue aux travers des cheveux et de leurs ombres. Il fallait le voir, mais il y avait bien du mouvement. Très doucement, il put voir des capillaires se former en traçant leurs chemins et les tissus cérébraux frémir en se reconstruisant en petites zones.

C'était très encourageant, mais il lui faudrait surveiller ça. Espérer que la reconstruction se fasse jusqu'au bout et qu'il ne développe pas de carences liées à toute cette matière qui pompait les éléments nécessaires à sa reconstruction.

Il interpella alors la capitaine :
"Il... La blessure était grave m... mais j'me... J'me suis démerdé. J... J'suis à sec. F... L'crâne... L'os... F... Faut lui f... Fermer !"



Coquillages et macchabées - Chapitre XI

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Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Mar 15 Mar 2016 12:22 
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Snori était salement blessé. La capitaine l'avait ramené mais son crâne était terriblement amoché. Leyna sentit la peur monter en elle. Non ! Il n'avait pas mérité ça ! Mercurio fut aussitôt à son chevet. Malgré ses mains tremblantes de froid, il luttait pour user de ses pouvoirs. C'était extraordinaire ! Malgré son état, et l'état de son patient, il semblait pouvoir faire quelque chose !

Il avait cependant des difficultés manifestes. La prêtresse se tordait les mains.

(Pas Snori, pas Snori...)

Le brave garçon était un peu rustre, mais il était fort et méritait, comme tout sang-pourpre, de mourir au combat. Et au-delà... c'était un ami. Réconfortant avec son sang chaud et ses colères qui restaient l'expression d'une profonde sincérité. Elle s'installa à côté de lui et murmura. Elle savait peu de choses de la médecine, mais cela elle le savait : on pouvait aider les gens inconscients par la parole :

« Tient bon, Snori, nous sommes là... on va te soigner, tu n'as rien à craindre... »

Des paroles qui visaient autant à la convaincre elle-même qu'à le convaincre lui...

La première tentative du guérisseur sembla ne faire presque aucun effet. Il était perturbé mais ne se laissa pas démonter. À force de tentatives, une lueur dorée finit par se manifester, et la blessure sembla enfin se refermer partiellement. Mercurio n'avait plus assez de forces pour finir le travail, cependant. Aussitôt, la prêtresse chercha frénétiquement autour d'elle. Sa robe d'écaille ne pouvait servir à faire un bandage. Elle vit Mythanorië et se précipita vers elle pour demander de quoi faire un bandage. La capitaine accepta sans peine et s’exécuta, récupérant des restes de bandes et de vieilles capes dans son sac. Elle avait également préparé un crâne dont elle avait extrait des fragments pour les coller à la place des morceaux manquants. L'idée était particulièrement sinistre, mais avait le mérite d'être efficace. Sans doute savait-elle ce qu'elle faisait... Dès qu'elle eut confectionné quelque chose, Leyna s'empressa d'appliquer le résultat, serrant doucement mais fermement pour maintenir la blessure. Elle entoura de tant de bandes que le garçon ressemblait à un homme du désert ! Mais il fallait bien au moins ça pour arrêter l’hémorragie.

Quand ce fut fait elle se releva, épuisée... puis elle se jeta contre Mercurio pour le serrer impulsivement dans ses bras, le corps parcouru de quelques sanglots où se mêlaient terreur et soulagement. Elle se fichait que ce soit un ivrogne, elle se fichait que ses poiles soient encore glacés... elle était juste content qu'il soit là.

suite

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Mar 15 Mar 2016 14:35 
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Mercurio, même si le froid semblait jouer sur ses capacités, faisait de son mieux pour soigner le sang-pourpre. De leur côté, Samrik et Eliwin demeuraient à l'écart, observant en silence. Leur attitude pouvait sembler distante et indifférente, mais les voir rester fidèles à eux-mêmes malgré l'épreuve était quelque chose de réconfortant. Savoir aussi que les chaloupes seraient là d'ici une poignée de minutes m'apaisait également. Partiellement. Je sentais une inquiétude croissante pour la vie de Snori, attentive aux gestes du guérisseur, mais évitant de me trouver sur son chemin. Leyna' n'eut pas autant de scrupules et prit place aux côtés du sang-pourpre, pour lui parler.

Le guérisseur fit jouer sa lumière magique, mais afficha un air perplexe. Était-ce plus compliqué que prévu ? Finalement, il m'interpella, bégayant à cause de son état frigorifié. Sans prendre de pincettes, comme d'habitude, il m'apprit la gravité de la blessure, mais avoir su se démerder. Par contre, son fluide était maintenant trop faible pour refermer l'os. J'acquiesçai, consciente d'être la seule capable de finir cette tâche. Mais jamais je n'avais soigné de créatures à sang rouge, ni ne savais comment était constitué un crâne. La Prêtresse mit temporairement fin à mes réflexions en me demandant de quoi faire un bandage. J'acquiesçai et lui cédait la bande de tissu dont je me vêtais autrefois, ainsi que ma cape verte.

Pendant qu'elle s'affairait à fabriquer des bandages avec, mes yeux clairs balayèrent la scène cataclysmique, finissant par m'apporter ce que je cherchais. Un cadavre calciné, mais grandement intact. Quelque part, mes pensées m'effrayèrent, mais elles furent balayées par la nécessité. Pour protéger mon équipage, je me sentais prête à tout, y compris tuer cette fibre innocente encore présente en moi.

Dégainant mon épée, je franchis la distance qui m'en séparait et tranchai la tête du cadavre. Brûlé comme il l'était, difficile de dire si cela avait été celui d'un homme ou d'une femme, mais je n'en avais cure. Ce n'était plus au final qu'un peu de viande sur un bout d'os, et être oudio m'aidait à me distancer davantage de ce morceau humain.

Je m'agenouillai près de Snori et raclai la peau calcinée de mon trophée pour mettre à nu le crâne humain, là où parallèlement le sang-pourpre en avait besoin. La magie de Mercurio opérait en ce moment. Je devais me montrer prudente dans le maniement de la mienne, pour qu'elle n’entrât pas en conflit avec l'active. La tête dans une main, l'autre au-dessus du sang-pourpre, je concentrai mes fluides, alternant regard sur mon modèle et perception de ce que j'avais sous les serpentins. Lentement, je sondai avec ma magie, comme le guérisseur m'avait appris à le faire, et dénichai les bord de l'os brisé. Tout ce sang qui perlait encore, comme de l'eau visqueuse et épaisse... Curieux et incompréhensible spectacle pensais-je.

Ce fut avec un calme étrange que déployai mon fluide, successivement, en vaguelettes émises depuis les bords. Lentement mais sûrement, le souffle de la déesse de Lumière reconstitua l'os. Je ne saurais dire combien de temps je restai concentrée sur le blessé, mais quand j'achevai ma tâche, les chaloupes avaient atteint la berge. Leyna' s'était empressée d'entourer la tête de Snori des bandages, chose qui aiderait la blessure à se maintenir.

La jeune femme se releva, visiblement épuisée. Entre sa rixe avec Mercurio, sa nage rapide dans cette eau salée, et les émois actuels, je ne pouvais que comprendre. Moi-même, je me sentais affaiblie. Mais je ne devais pas l'afficher. Nul ne saurait respecter un Capitaine qui aurait ployé si aisément. Mes yeux clairs observèrent un spectacle inattendu. La Prêtresse se jeta au cou du félin, l'étreignant à la manière d'une enfant cherchant réconfort auprès des siens.

Dans mon dos, les voix de Nahöriel et de Lydia dominaient celles de leurs camarades débarqués, convoyant de l'inquiétude mais aussi le soulagement de nous savoir en vie.

Toujours tournée vers le sang-pourpre, je fis entendre une voix sévère.

"Je croyais vous avoir ordonné de rester à bord."

Je pivotai pour embrasser la troupe d'arrivants, un peu tendue maintenant, du regard. Pus je tempérai mes propos d'un sourire.

"Que vais-je pouvoir faire d'un équipage aussi uni ?"

D'autres auraient peut-être jugés que nous étions fichus, auraient réquisitionné la Rascasse sans se fouler davantage, et auraient abandonné nos restes sur cette plage carbonisée. Mais non. Pas mes hommes. Pas cette famille bancale et pourtant plus soudée qu'une véritable fratrie. Ils avaient même apporté un tonnelet d'alcool et des tissus épais, pensant surtout à la Prêtresse et à moi, après notre traversée à la nage.

Je laissai rouler la tête découpée au sol et me relevai, rendant son regard à Nahöriel. Je le vis pâlir alors que ses yeux descendaient vers Snori. Il m'interrogea sans un mot, mais je préférai me tourner vers Mercurio. Lui seul savait si le sang-pourpre aurait des chances de s'en remettre. J'avais foi en ce garçon, et décidai de tout faire pour que les autres ne la perdent pas.

Je posai ma cape au sol, à côté du sang-pourpre.

"Ne perdons pas de temps. Des volontaires pour ramener Snori à bord. D'autres pour réchauffer notre guérisseur."

J'avisai mes compagnons, Eliwin en particulier, puis le village détruit. Constituer des sépultures pour autant de corps risquait de demander du temps. Beaucoup trop. Et si les sang-pourpres originaires d'ici se méprenaient sur les responsables de ce carnage, mon équipage courait un grand danger.

"Nous partons !"



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Dernière édition par Mythanorië le Lun 21 Mar 2016 17:05, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Dim 20 Mar 2016 14:53 
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Coquillages et macchabées - Chapitre X



Coquillages et macchabées

Chapitre XI




L'oudio pris le relai. Mercurio aurait aimé lui en dire plus, mais il était congelé et il n'y avait pas de temps à perdre. Au pire, elle aurait demandé.

Il se leva, laissant le blessé à la capitaine pour aller trouver de quoi se sécher et se rapprocher du feu. L'humoran s'était enfermé dans sa bulle depuis l'arrivée du dragon. Revivre ce traumatisme le laissait dans un état de choc et il lui semblait être spectateur de ses propres pensées, de ses propres actes. Comme s'étant enfermé dans son propre esprit, et son corps agissant à son propre gré. Un automate

Soigner Snori... Un miracle qu'il soit arrivé à ça dans cet état.
Peut-être était-ce, une nouvelle fois, l'acte de Gaïa plus que le sien. Comment savoir ?

Et dans cette bulle, il ne faisait pas cas des autres.
Il les voyait, mais ne les regardait pas.
Il les entendait, mais ne les écoutait pas.
Il les devinait aussi perdus et choqués que lui, mais ne compatissait pas.

Soudain, le surprenant dans sa torpeur, vient se ficher la petite peau-bleue contre son torse, le serrer en sanglotant. L'humoran bloqua un instant, ne comprenant pas pourquoi elle venait se coller contre sa fourrure en pleurant.

Il n'était pas habitué à ce genre d'élan d'affection et c'était d'autant plus perturbant que, il y a moins d'une heure, ils étaient en train de se taper dessus et c'était pas vraiment de la baston amicale. Il était assez gêné. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire. Il n'était pas sûr d'aimer ça. Sans réfléchir, il se mit à lui tapoter doucement le dos, en silence. C'était ce qu'il fallait faire, dans ces cas-là ? Aucune idée. Jiro passait devant et le regarda avec un sourire en coin. Est-ce qu'il se foutait de sa gueule ?

Cette embarrassante étreinte se termina alors que Nahorïel et Lydia s'étaient pointés, inquiets. Il fallait dire que voir la scène depuis la Rascasse devait aussi avoir eu l'air horrifique. C'était bien qu'ils soient venus. Il était content de voir des visages amicaux qui n'avaient pas eu à souffrir de tout ce bordel.

Le semi-elfe fut surpris par la vision de Snori inconscient et chercha du regard la capitaine, qui elle-même tourna ses yeux vers le guérisseur.

"Il... Il vi... Il vivra...", dit-il sans aller plus dans les détails. C'était tout ce qu'ils avaient besoin d'entendre pour le moment. Il expliquerait davantage une fois réchauffé et remis de ces événements.

La capitaine ordonna alors le retour de l'équipage au navire.
Ouais. C'était aussi bien qu'ils ne s'éternisent pas ici. Le dragon pouvait revenir à tout moment.



Dragon Fantôme - Chapitre I

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
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Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Dernière édition par Mercurio le Dim 1 Mai 2016 21:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les côtes autour de Lebher
MessagePosté: Dim 20 Mar 2016 16:21 
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Après quelques instants, elle se reprit et se décrocha de la fourrure trempée. Elle éternua un grand coup puis, voyant les autres se rassembler, elle chercha quoi faire. Deux matelots étaient occupés à se faire vomir. Apparemment, ils avaient consommé des coquillages. C'était une bonne décision de la capitaine, et la prêtresse s'en voulu de ne pas y avoir pensé plus tôt. Elle devait à tout prix être plus forte ! Elle déclara d'une voix plus maîtrisée :

« Faisons un brancard pour Snori et ramenons-le. Il est temps d'embarquer et de partir. Cette maudite bête pourrait revenir. »

Elle aida le reste du groupe à rassembler ce qu'ils pouvaient comme matériaux. Il ne restait guère de branchage à ne pas être carbonisé, mais ils parvinrent à construire quelque chose de correcte. Heureusement que le sang-pourpre n'était pas très grand ! Puis, ils prirent le chemin des barques.

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