Le train que Frank et Fenouil empruntèrent les mena vers le centre de la ville, revenant peu à peu vers des quartiers plus beaux et propres, changeant de temps à autre de wagon pour se trouver, finalement, dans des rames que seules la rouille et l'usure venaient entâcher. Quand ils arrivèrent finalement à destination, ils trouvèrent une station en bien meilleur état que celles du Quartier Orange.
(((Architecture des bâtiments et agencement des lieux semblables, oublie les tags et la pluie, et il fait jour)))Fenouil n'eut à faire que quelques pas pour sortir de la station et se retrouver nez à nez avec un bâtiment plus grand que les autres, affublé d'une gigantesque enseigne le désignant comme le « Siège Kartage » au-dessus de sa large et haute porte d'entrée. Le quartier semblait encore assez riche, mais là encore c'était sans commune mesure avec ce qu'il avait pu observer devant le palais. A commencer par la garde, totalement absente de cette avenue là. En dehors, évidemment, des
deux hommes intégralement armurés postés devant la porte d'entrée du bâtiment gigantesque des Kartage.
Car, selon les normes Yuiméniennes, le bâtiment était gargantuesque, faisant passer les plus grandes structures de Kendra Kâr pour des chalets. Pour autant, il ne semblait pas vraiment jurer avec l'architecture locale, remplie exclusivement de bâtisses complètement démesurées pour les normes de n'importe quelle cité de Yuimen.
Frank mena le gobelin devant les portes, saluant les gardes avant d'entrer sans plus attendre, les menant dans un hall très bien entretenu et à la décoration, bien que plus impersonnelle que sur le monde natale de l'aventurier, bien plus agréable et chaleureuse que ce qu'il avait pu voir jusqu'à présent.
Une jeune femme était présente dans la pièce, derrière le bureau étrange qui semblait être l'accueil, mais en dehors de cela la pièce était presque vide. Frank s'approcha immédiatement de la réceptionniste, visiblement nerveux.
«
Heu, salut Nyleïm, » fit-il, n'attirant qu'un regard tout à fait neutre de son interlocutrice. «
Est-ce que je pourrais voir la patronne ? »
«
A cette heure-ci ? » répondit l'autre sans changer d'expression faciale.
«
C'est que c'est très important, » continua-t-il en désignant Fenouil du menton.
La réceptionniste fronça les sourcils en regardant le gobelin, avant de porter de nouveau son regard sur Frank.
«
Je vois. Très bien. »
Et sur ces paroles, elle fit le tour du comptoir pour les mener directement. Ils traversèrent un couloir et arrivèrent bien vite devant deux lourdes portes métalliques, qui s'ouvrirent immédiatement lorsqu'elle appuya sur un bouton en forme de flèche. Elle pénétra dans la petite pièce exiguë et visiblement sans issue qui s'offrit à eux et appuya sur un interrupteur marqué du chiffre « 30 ». S'ensuivit une courte ascension mécanique du bâtiment, pendant laquelle Nyleïm resta irrémédiablement silencieuse. Lorsque les portes se rouvrirent, ils étaient face à deux énormes portes battantes en bois finement sculptées et gravées de dorures, gardées par des soldats à la même allure que ceux protégeant l'entrée du bâtiment.
La réceptionniste les ignora royalement et guida Fenouil et Frank dans la pièce qui leur faisait face, ouvrant les portes sans s'encombrer du moindre protocole. C'était une grand salon luxueux, pourvu de larges fauteuils en tissu et de meubles d'excellente facture. Le tout était presque entièrement blanc et noir, y compris la robe de la femme assise sur l'un des larges sièges. Elle observait une énorme vitre qui faisait la largeur de la salle et à travers laquelle on pouvait voir un énorme jardin privé éclairé par quelques lumières artificielles. Des arbres, des fleurs... Des choses qui semblaient pourtant rares sur Izurith. Lorsqu'elle entendit la porte s'ouvrir, la femme se redressa et fit face aux nouveaux venus.
(((Cliquer pour la HD)))«
Frank a ramené un nouveau personnage intéressant, » commenta la dénommée Nyleïm en guise de préambule.
La femme se para d'un sourire bienveillant avant de s'adresser directement à Fenouil.
«
Elysha Kartage, » se présenta-t-elle. «
Laissez-moi deviner : vous venez de Yuimen. »