L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mar 15 Mai 2012 11:17 
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Route entre Nessima et Raynna


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Entrez, entrez dans le Dragomélyn, si vous l'osez...


Description du trajet:

En partant de Nessima, vous traverserez d'abord les plaines fertiles. Cette zone de l'île, baignée le plus souvent par un vent d'ouest apportant la chaleur du désert, mais aussi par le vent du sud, apportant la pluie, a toujours eu un climat idyllique, même avant l'intervention des mages climatiques. C'est une zone de cultures et vous verrez souvent, à quelques kilomètres de la route, une tour de garde entourée de quelques fermes. Trois de ces tours gardent cette partie de l'île.

Puis, au bout d'environ cinq journées de marche, le sol commencera à s'assécher, la route à tourner vers le sud et à devenir de plus en plus délabrée. Vous quitterez la plaine de Nessima pour vous rendre dans le Dragomélyn, le désert des batailles. Plus vous avancerez, plus la terre sera sèche et plus le risque d'attaque augmentera.

Il n'est en effet pas rare que la troisième tour et ses fermes soient victimes de raids de Shaakts primitifs vivants dans le désert. Mais au-delà des deux bornes géantes en pierre, là où l'herbe se fane, vous êtes dans leur territoire, bien que les Sindeldi n'aient jamais renoncé à conquérir cette zone libre. Les bornes indiquent juste qu'au-delà, l'armée décline toute responsabilité en cas d'attaque, de pillage, de meurtre, de viol ou autres.

Au loin, dès que la route tourne au sud, vous apercevrez une chaîne de montagne d'où s'échappe parfois de la fumée : la chaîne volcanique. Il vous faudra alors encore un peu plus de dix jours de marche, protégé de la chaleur du désert par les montagnes, pour atteindre Raynna. La terre ici alterne entre des zones fertiles, laissées en friche, et d'autres zones couvertes d'une herbe jaune, sèche, haute d'un bon mètre d'où dépassent aléatoirement et sporadiquement des arbres. Ne croyez pas que les Shaakts soient ici vos seuls adversaires car nombreux sont les prédateurs cachés qui ne rêvent que d'une proie à se mettre sous la dent.

Enfin, au terme de votre voyage, vous verrez de hautes tours et un haut mur: l'enceinte de Raynna. La chose la plus surprenante ici c'est que les gardes regardent des deux côtés, craignant les attaques du désert autant que des bagnards. Il vous faudra montrer patte blanche ou être vous-même un prisonnier pour franchir ces murs. Une fois la porte franchie, après un peu moins d'une heure de marche, vous arriverez à une palissade, celle-ci marque l'entrée de Raynna !

Durée des voyages terrestres au Naora

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ImageImageImage

Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
Pour les services d'un GM: Demande de service


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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mar 15 Mai 2012 16:47 
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Je chevauche toute la soirée à travers la plaine de Nessima. Les montagnes, à la fois si hautes, si proche et si lointaine toujours à ma droite, la mer, calme, turquoise à ma gauche. Une tour au loin, fière, droite, éclairée, elle promet la sécurité aux fermes réparties à son pied. Contrairement à Cyniar où j'ai grandi, les fermes ici sont toutes proches et tous y retournent dormir toutes les nuits, à l'abri de la nuit, des étoiles et surtout des raids Shaakts, fréquent en ces terres. Pour ma part, fière aventurière déterminée, je chevauche, ne craignant rien, en apparence. Peu de paroles sont échangés durant ce premier morceau de voyage, que ça soit vocalement ou télépathiquement.

Puis vient la fatigue, trop oppressante pour me donner envie de résister. Harniän pourrait encore avancer quelques heures, mais les heures d'entraînement durant l'après-midi se rappelle à mes muscles encore épuisés par le combat dans le palais, à peine deux jours auparavant. J'ai dépassé la première tour depuis déjà quelques kilomètres, à peine doublée la deuxième et la troisième est déjà en vue. Après, il y a la frontière puis le désert. J'hésite durant quelques secondes à aller quémander un lit douillet et un peu de nourriture dans les fermes proches, mais Anouar me convint qu'outre le détour, ça serait la meilleure façon de me faire flécher par les tours, il est déjà tard.

Je décide donc de planter ma tente nouvellement acquise dans un bosquet et de grignoter un peu de viande séchée et des baies récoltées à la lueur vacillante de ma faera. Je réalise d'ailleurs pour la première fois qu'elle brille dans le noir, y compris sous sa forme animalière.

(On fait ce qu'on peut, n'est-ce pas ? S'il le faut, je saurais me cacher.)

Durant quelques secondes, je reste figée, certaine d'avoir entendu un soupçon de doute dans sa voix et à vrai dire, le simple fait qu'elle ne me réponde pas pour m'affirmer le contraire ne fait qu'auto-alimenter cette simple supposition. Je rentre à la tente, allume ma lampe et me fait un petit feu. Sans que je puisse savoir pourquoi, je sens comme une tension dans l'air, peut-être l'arrivée d'un orage, à moins que les paroles d'Anouar avant de quitter la ville continuent à me travailler.

(Eteins le feu tout de suite !)
(Que se passe-t-il ?)
(Ne discutes pas !)

Pour la connaître assez, quand ma faera me parle ainsi, j'ai intérêt pour ma vie autant que pour mon esprit d'obéir et sans tarder. Je m'exécute donc, me privant de la douce chaleur en cette nuit fraîche.

(La lampe aussi ! Avec un peu de chance, elle ne nous verra pas !)
(Qui ça, elle ?)
(Arrête de penser, obéis et fais-moi une place !)

Anouar me fonce littéralement dessus, s'infiltrant dans l'immense collier en or trouvé sur Sor-Tini. L'inquiétude dans la voix de ma faera est telle que je ne peux qu'obtempérer, sentant un froid n'ayant rien à voir avec la température m'envahir le corps et l'esprit. Plus rien ne bouge autour de nous, pas même Harniän qui semble dormir à point fermé. Je ferme les yeux pour tenter de capter un son, n'importe quoi qui pourrait m'aider, Anouar étant manifestement incapable de m'aider dans l'immédiat, ne cessant de marmonner :

(Pas elle, pas déjà... Pourvu qu'elle ne nous voie pas...)

Bientôt mon audition parvient à repérer un son, sans doute celui qui affole ainsi ma faera. Un bruit de pas, feutré. Un elfe sans doute, qui se dirige droit dans notre direction. Mon odorat prend le pas, et je retiens de justesse un cri. L'odeur qui me parvient de cette direction n'a rien d'animale : c'est une plante. Une plante vivante qui bouge. Mon esprit panique alors, la seule fois où j'ai déjà eu ce cas, c'était un golem de fleur. Mais c'est impossible, Siril n'a pas pu me suivre jusqu'ici, elle est d'ailleurs sans doute morte dans les décombres du château.

Il ne fait aucun doute que nous avons été repéré, car la trajectoire est linéaire vers nous. Prenant alors mon courage à deux mains, curieuse de découvrir ce qui a pu ainsi effrayer ma faera, j'attrape mon épée et rampe hors de ma tente...

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mar 15 Mai 2012 18:06 
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"Je commençais à me dire que les gardiens de Yuimen étaient devenus des lâches !"

(Non, pas elle !)

La créature qui s'approche est presque nue ou vêtue d'une tenue moulante, je ne parviens pas à distinguer les détails dans cette nuit sans lune dont les étoiles sont cachées par les altiers feuillages du bosquet. Elle est gracieuse, et son parler bien qu'utilisant des mots anciens est du parfait Sindel.

"Pas un geste de menace ? Pas une attaque ? Je me serais pourtant attendue à ce que Yuimen t'ordonne de me tuer, c'est son genre."

Quelques pas encore dans ma direction. La créature est simplement vêtue d'une armure ressemblant à de l'écorce, à moins que ça soit sa propre peau, qui n'a rien de Yuiménienne. Ses cheveux roux flottent dans un vent inexistant, il se dégage une force d'elle qui, cumulé à la terreur de ma faera, me fait reculer d'un pas.

"Allons ma fillotte, il ne faut pas avoir peur, nous sommes du même sang toi et moi."

A ces mots, et comme si elle venait de percevoir ma rage, Astinor grogne.

"Leona !" craché-je.

Il n'y a plus de peur en moi, elle s'est envolée dès que j'ai compris qui me fait face. Je suis à la croisée des chemins, tuer ou être tuée, le moment est arrivé où je dois me dresser face à mon destin. Nos regards se croisent alors et un sourire déterminé prend place sur le visage de ma rivale. J'ignore si je suis prête, ni même si cela a une quelconque importance. Son visage me renvoie le mien tel un miroir. Nous sommes toutes les deux parvenues à un moment décisif de notre vie et nous en sommes conscientes. Son sourire montre une soumission à son destin, mais il est mâtiné par une détermination qui font briller ces yeux dans la nuit. Mon esprit ne cesse de se rappeler la discussion avec ma faera, sans parvenir à revenir sur les termes précis. Mes muscles sont tendus, je suis prête à bondir sur ma proie.

Alors que j'essaye d'invoquer la force de la nature qui m'a tant de fois permis de gagner mon combat, un doute s'instille en moi, je ne parviens pas ni à en retrouver la formule, ni même comment je le manifestais.

"Alors, tu attends quoi ? Je suis prête !"

(Fonce, tues-la qu'on en finisse ! Si elle veut mourir, qu'elle crève !)

Suivant l'ordre intimé par ma faera, je me lance à l'assaut. Leona ne fait pas un geste, ne cherchant pas à esquiver ma frappe ou à la parer d'une quelconque manière. Mon attaque vient lui trancher dans le vif du bras. Elle ne dit rien, ne bouge pas, le visage toujours aussi déterminée, malgré les larmes qui pointent dans ces yeux.

"Si jeune et déjà corrompue par une faera. Comme cela est dommage."

Ce n'est pas de la moquerie, mais bien de la tristesse qui pointe dans le ton employé. Durant l'attaque, Anouar s'est extirpé du collier pour s'installer sur mon épaule gauche.

"Que veux-tu dire ?"
"Regarde-toi. Tu viens de m'attaquer parce que cette peste d'envoyée de Yuimen t'as convaincu qu'il fallait me tuer, n'est-ce pas ?"
"Non, ce n'est pas vrai !"

Mais à peine ai-je prononcé ces paroles, que le doute s'instille en moi. Aurais-je agi ainsi si Anouar ne m'avait pas poussé à l'attaque ?

(Bien sûr, quelle question, Yuimen t'a ordonné de la tuer. Tu ne vas quand même pas la laisser en vie.)

Le seul nom de Yuimen me rappelle ma mission et le globe de communication sorti dans l'armurerie. Je me rue à nouveau à l'attaque, ajoutant quelques plantes à mon effet de manière la faire chuter. Mon stratagème réussit à merveille, Leona n'ayant pas chercher à contrecarrer mes plan(te)s, se couchant quasiment d'elle-même sur le dos. Je me retrouve au-dessus d'elle, ma lame en travers de sa gorge.

"Tuée par ma propre épée et par mon arrière-arrière-petite-nièce. Voilà qui est ironique en un certain sens."

(Tue-la ! Pourquoi juste un sort pour la mettre à terre et pas pour la tuer ? )

La question est intelligente. Pourquoi n'ai-je pas utilisé mon sort de colère verte, mais simplement fait sortir des racines du sol ? Pourquoi ne git-elle pas au sol, entrain de se vider de son sang ? Pourquoi Astinor ne chasse-t-elle pas ? Pourquoi ne grogne-t-elle pas d'ailleurs ?

"Vas-y, tues-moi, si tu le peux, puisque c'est ce que Yuimen veut ! Peu m'importe une mort de plus."

De longues minutes passent ainsi, moi, accroupie sur le ventre d'une ennemi désarmée, vulnérable, à terre, pouvant prendre sa vie à n'importe quel instant et en toute justice puisque ce sont les ordres de Yuimen. Mes mains tremblent, ni la force ni la colère ne parviennent à monter en moi. A plusieurs reprises, je me ressaisis et vais pour la tuer et lui trancher la gorge, mais à chaque fois, je renonce. Anouar autant que Leona me réclame cette mort, mais ni Astinor ni moi ne nous sentons le droit de la donner.

Il est impossible que je fasse ce geste comme ça, parce que quelqu'un a décidé que cette personne devait mourir. Seul Phaïtos a le droit de prendre les âmes, je sers Yuimen, pas Phaïtos. L'image de Cromax dans les Enfers me revient alors à l'esprit, me sauvant la vie. Je ne demandais rien, mais il m'a sauvé.

(Tu sers Yuimen et Yuimen veut que tu la tues, tues-la !)
"Je sers la vie ! Pas la mort !"

D'un geste rageur, j'expulse mon épée au loin, l'envoyant se planter dans un arbre.

"Que Yuimen la tue, s'il veut la faire mourir ! Je sers la vie ! Je ne sers pas Phaïtos, Cromax avait raison dans les Enfers et tu le sais. C'est pour ça que toi et Yuimen m'avez fait haïr Leona. C'était pour que je puisse au moment venue la tuer, n'est-ce pas ! Mais elle ne m'a rien fait à moi. Je ne tue que pour vivre moi-même ou pour protéger d'autres."
"En la tuant..."

Mais Anouar s'arrête en plein milieu de sa phrase, ne pouvant pas aller plus loin.

"Tu le sais, Artima. Ma mort ne changera rien. Yuimen t'a menti, autant qu'il a menti à Lothindil. Tu ne sais pas dire des choses fausses, il t'est impossible de prononcer cet argument, car telle est la limite d'une faera."

Je tombe littéralement sur les fesses. Cette mort n'aurait servi à rien, quoiqu'il arrive. Les larmes retenues s'échappent brutalement tandis que je tremble de tout mon être. Oh, elle est loin l'image d'une gardienne forte, plus résistante que la pierre pouvant protéger ceux qu'elle aime. Je redeviens l'adolescente, qui à force de porter un poids trop lourd, cède sous celui-ci. Je n'ai plus qu'une seule envie, retrouver mon père et sa force tranquille protectrice. Je ne veux plus rien savoir des guerres, du monde... Je ne suis pas Naémin, je ne suis qu'une gardienne de forêt, qu'une simple fille voulant découvrir le monde, pas le sauver...

"Je ne veux pas tuer. Je ne peux pas tuer, pas pour rien. Je n'ai jamais tué juste pour tuer. J'ai tué pour manger, j'ai tué pour me protéger, j'ai tué pour protéger des amis et des compagnons. Même pour me venger, je ne veux pas tuer."
"Calme-toi, ne pleure plus... Personne ne peut te forcer à tuer si tu ne le souhaites pas. Ni Yuimen, ni ta faera, ni personne d'autre. Aller, viens, allons faire un feu pour te réchauffer et boire quelque chose."
"Sarya ?"

Mes yeux embués, mon esprit troublé, cette voix me fait tellement penser à ma soeur laissée à Nessima. Elle est si calme, si paisible, si rassurante.

"C'est juste ton aïeul. D'ailleurs, si tu as à manger, j'ai faim."

J'ignore à quel moment elle s'est libérée et cela m'importe peu, vu que je lui ai laissé la vie sauve. Je me redresse, difficilement, encore secouée par ce tremblement de terre qui a brisé toutes mes certitudes, n'en laissant qu'une seule debout : celle que Cromax avait su faire briller au fond du désespoir dans les enfers. Un sourire se dessine sur mes lèvres tandis que j'accompagne ma meilleure ennemie jusqu'à mon campement. Arrachant au passage mon épée de cristal à un tronc dans un ronronnement rassurant.

(Par Zewen, je ne m'attendais pas à ce que tu prennes ce chemin-là...)

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mer 30 Mai 2012 12:02 
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Très vite, nous nous retrouvons assises toutes les trois autour d'un feu rassurant, chassant les ombres du bosquet, un thé entrain de chauffer dans la casserole, tout en mangeant quelques-unes de mes réserves.

"Jolie monture, tu l'as récupérée où ?"
"C'est un cadeau des Kel Attamara, la famille qui gouverne le désert de l'Est de l'Imiftil."
"Nirtim, Nyr, Verloa, Naora, les Enfers... Tu as déjà pas mal voyagé à ce que je vois."
"Comment connais-tu mes voyages ?"
"J'ai demandé un service à Aerq, il te surveille depuis quelques temps déjà."
"Aerq ?"
"Un autre des capitaines. L'espionnage c'est son domaine, il est très bon pour ça, autant que pour le camouflage..."

Le camouflage... Le souvenir d'un être ayant pris mon apparence revient naturellement. Ainsi, ce nécromancien était sans doute un être au service d'Aerq, ce n'est pas bon signe pour la suite et pour mon désir de me soustraire aux affaires du monde. Le thé m'éclaircit les idées et me permet de mieux réfléchir à la situation, sans avoir les larmes aux yeux de honte, de haine ou tout autre chose...

"Que fais-tu là, au fait ?"
"Je suis venue te demander de l'aide. Toi seule peut m'aider !"

Deuxième grande nouvelle de la journée, celle qui se devait d'être ma pire ennemie se déplace en personne pour me supplier de l'aider. Quelques minutes plus tôt, j'aurais pu la tuer, mais non, elle m'annonce ça tout de go.

"Que sais-tu des Enfers et des âmes ?"
"Pas grand chose, à part ce que j'en ai visité, je préfère éviter de m'intéresser à la vie après la mort."
"C'est bien ce qu'il me semblait... En fait, il existe deux sortes d'âmes. Les âmes simples et les âmes héroïques. Les âmes héroïques sont rares, mais se reconnaissent vite, les corps qui en possèdent une deviennent des êtres avec souvent des destins particuliers, parfois même de grandes destinées. Nos deux âmes sont des âmes héroïques, sans le moindre doute. A l'inverse, les âmes simples vivent des vies paisibles, dans la misère ou la richesse, dans la maladie ou la santé. La majorité des travailleurs, paysans, militaires, sont des âmes simples."
"J'en avais déjà vaguement entendu parler. Le rapport avec toi ?"
"Une fois leur corps mort, les âmes partent dans les Enfers. Les âmes simples échouent dans une partie qui leur est propre et vivent une éternité paisible; Les âmes héroïques en revanche sont séparées en deux groupes : les âmes bénies qui vivent dans un endroit paisible et agréable paraît-il et reviennent sur terre quand ils en ont envie, s'incarnant dans un nouveau corps pour vivre de nouvelles aventures. L'autre groupe sont des âmes damnées qui vivent dans des lieux peuplés de monstres, hantés par leurs propres tourments. La différence entre ces deux groupes est simple : le second groupe est mort dans la haine, la remord et les regrets, ce qui nous empêchent de trouver le repos."
"Nous ? Tu veux dire que tu es une âme damnée ?"
"En effet, comme tous les autres capitaines d'Oaxaca, à l'exception de Gadory qui est vivant."

Bavarde l'aïeule, les informations qu'elle me transmet sont capitales, si je désirais bien sûr sauver le monde... Mais plus elle avance, moins je vois ce qu'elle veut de moi.

"Tu veux dire que vous êtes tous des morts ? Tu as l'air bien vivante pourtant."
"Nos âmes ont toutes connues une mort pleine de remords, de haine ou de regrets, en effet."
"Mais tu as dit que seules les âmes bénies pouvaient revenir, pourtant."
"Seules les âmes bénies peuvent choisir quand elles veulent revenir. Les âmes damnées en revanche n'ont pas le choix, ils sont et doivent être appelés pour revenir."
"Comme les squelettes ou les liches des nécromanciens ?"
"Pas "comme". Les squelettes et autres liches de nécromanciens sont des âmes maudites rappelés à la vie. J'ai vécu des centaines voire des milliers de vies comme ça. Consciente de n'être qu'une imitation de vie, mais n'ayant pas le choix, forcée à obéir, car telle est la place des âmes maudites."
"Et donc vous n'êtes que des liches c'est ça ? Avec juste un corps en meilleur état ?"
"Pas tout à fait... Mais c'est l'idée. Gadory a appelé nos âmes pour délivrer Oaxaca... Et Oaxaca nous a redonné vie, avec des corps adultes, vivants, en tuant l'ancienne âme."
"Ce qui fait que vous êtes aux ordres de qui ? De Gadory, ou d'Oaxaca ?"
"D'Oaxaca, malheureusement. Nous ne pouvons pas refuser ses ordres, que nous désirions faire ce qu'elle nous force à faire ou non."
"Des esclaves... Ses capitaines ne sont que des marionnettes... Mais pourtant tu es là !"
"Nous obéissons à ses ordres, mais nous ne sommes pas juste des marionnettes. J'ignore comment elle a pu faire ça, mais nous sommes libres de nos mouvements hors de ses ordres."
"Et qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas un piège ? Et que là tu ne lui obéis pas ?"
"Je n'en ai aucune preuve... Tu peux juste me croire."
"Mouais..."

J'avoue n'être qu'à moitié convaincue par ses affirmations de plus en plus douteuses. Ses histoires d'âmes maudites et d'âmes bénies paraissent trop simples, ne correspondant pas forcément avec mon souvenir du royaume de Phaïtos.

"Je veux que tu me libères !"
"Que je quoi ?"

Sa phrase m'a surprise, me tirant de mes pensées et de mes sombres souvenirs.

"Que tu me libères du joug d'Oaxaca. Rends la liberté à mon âme..."
"Et je fais ça comment ?"
"Je l'ignore... Je suppose qu'il faut que j'arrive à me libérer des remords, des regrets et de la haine que j'ai..."
"C'est à toi de le faire ça, pas à moi... Je sais même pas qu'est-ce que tu peux avoir comme remords, comme regrets ou comme haine..."
"Moi aussi je l'ignore... C'est pour ça que j'ai besoin de toi..."
"Tu veux que je retrouve ce que tu détestes ? Et je fais ça comment."
"Le livre de Leona... Celui que t'as confié Yuimen !"

Je file dans ma tente pour en sortir le précieux ouvrage presque vide pour l'instant.

"Yuimen m'a extirpé mes souvenirs sur Leona pour les remettre dans l'ordre en les plaçant dans le livre."
"Tu pourrais pas nous dire ce qui ne va pas ?"
"J'ai exploré trop de passé et de futur pour savoir lequel est le bon, mais Yuimen y a vu clair, lui..."
"Nous aurions mal compris les ordres de Yuimen ? Quand il parlait de nous débarrasser de Leona, il aurait voulu qu'on la libère ?"
"Ca correspondrait, vu que la tuer ne sert à rien."

"Yuimen... aurait voulu me délivrer ? C'est impossible, Yuimen veut simplement tuer et régner sur le monde !"
"Yuimen a changé en 7000 ans, l'immortalité ça fait réfléchir..."

Soudain énorme cri de Leona, elle se prend les mains dans la tête, se roulant quasiment en boule, tétanisée.

"Je dois y aller... Fais comme tu peux, ou comme tu veux, mais sauve-moi de cet Enfer... Elle veut que je consolide ma souveraineté à Tahelta... avant d'attaquer Cyniar. Je ne veux pas prendre ma ville, je ne veux pas attaquer le berceau de notre famille... Trouves une solution, je peux repousser l'assaut de dix jours, grand maximum... Après, je n'aurais plus le choix... Notre cible finale, c'est Balsinh et les aynores... Elle veut les plans des machines volantes et de leurs armes... Je t'en prie, empêche-la ! Empêche-moi de raser Cyniar..."

Sans attendre ma réponse, mon aïeule s'enfuit dans la nuit noire avant de disparaître totalement.

(Va prévenir Naémin, il faut qu'il se hâte... Moi je vais dormir...)

Sous le choc de trop de révélation, mon corps et mon esprit réclament le repos, que je me presse de leur offrir, me roulant en boule sous une couverture légère dans ma tente toute neuve...

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mer 13 Juin 2012 09:38 
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Mes deux heures de repos s'avèrent éprouvantes, mêlés de cauchemars, de flammes et de combats. Pour la première fois depuis longtemps, moi qui pourtant parviendrait à se reposer sur un caillou pointu, je m'éveille épuisée, le sommeil n'ayant pas été réparateur, me fixant une humeur morose. J'en viens à souhaiter une rencontre me forçant à combattre sur la journée, juste pour défouler cette haine et cette frustration suite à la rencontre avec mon aïeule hier soir.

(Anouar ? T'es rentré ?)

Je ne la vois nulle part, elle doit encore être en mission, manifestement. Cette absence ne fait qu'ajouter une couche à ma mauvaise humeur.

(Je suis là, j'arrive.)

Je ranime mon feu et me cuisine un petit déjeuner tout à fait respectable, profitant des brioches achetées à Nessima avant qu'elles sèchent. Mais même une bonne chaire ne parvient pas à m'ôter tous les doutes de la nuit. Ma boule de fluides arrive à toute vitesse avant de venir se frotter contre mes jambes à la manière d'un vrai chat.

(Qu'est-ce qui t'arrive ?)
(C'est toi qui m'a collé autant de cauchemar durant la nuit ? Je sais que t'en es capable...)
(Ton cerveau a pas besoin de moi pour ça...)
(Dis-le que c'est pas toi...)
"Ce n'est pas moi, Lothi, j'étais trop loin et trop occupée."
(Que dois-je faire ?)
(Ce que Yuimen veut que tu fasses.)
(J'ai vu Cyniar en flammes cette nuit. Je ne peux pas laisser ma ville brûlée quand même. Je suis une guerrière aguerrie, faite pour combattre.)
(Si tu veux combattre, va combattre, je ne pourrais pas te retenir de toute façon.)
(Je ne veux plus combattre. Je voudrais être encore une simple gardienne de forêt faisant son travail tous les matins.)
(Ce chemin-là, tu l'as quitté y a trop longtemps pour le reprendre maintenant. Tu pourras peut-être y revenir, plus tard...)
(Conduis-y moi alors !)
(Je ne peux pas, tu le sais... Puis trop loin et trop incertain à vrai dire. Une chose à la fois, tu veux rentrer à Cyniar tout de suite ?)
(Tu crois que je peux y être dans 10 jours pour la bataille en passant au sanctuaire entre temps ?)
(2 jours pour aller à Raynna, 2 jours de marche entre Raynna et le sanctuaire, 3 jours pour revenir du sanctuaire à Nessima.)
(Et si on allait directement au sanctuaire ?)
(Va à Raynna, tu pourrais y apprendre plus qu'au sanctuaire ! Il vaut mieux sauter l'étape du sanctuaire que celle de Raynna si tu es vraiment pressée.)
(Tu crois ?)
(J'en suis certaine !)
(On y va alors, je te fais confiance.)

J'ignore pourquoi elle tient tellement à ce que j'aille à Raynna, mais pour qu'elle trouve cette étape plus importante que mon passage au sanctuaire du désert, ça doit être vraiment capital pour moi. Je range ma tente, éteint mon feu, remplis mes gourdes au ruisseau non loin avant de reprendre mon cheval. Nous continuons notre route à bon rythme, suivant la route en direction du désert.

Plus la journée avance, plus la terre s'assèche, devenant plus une steppe comme à la fin du désert de l'Est vers Yarthiss. Au loin, un immense brasier avec une fumée visible à des kilomètres à la ronde. Sans doute la ferme dont m'avait parlé le garde à la sortie de Nessima. J'hésite à m'y rendre, sentant que je pourrais être utile sur place, mais dans ma tête Anouar me martèle que je serais bien plus utile encore à Cyniar et à Tahelta et que le délai ne me permet aucun écart... Pourtant j'ai bien compté trois jours de marge.

(Crois-moi, tu n'auras pas une journée de trop, ça risque même d'être beaucoup plus court que prévu.)
(Pourquoi ?)
(Tu te souviens d'Altea dont t'avais parlé le chancelier royal dans l'aynore ?)
(Oui.)

L'intérêt commence à poindre dans ma pensée, pour la première fois de la journée.

(Le nom me disait quelque chose vaguement. J'en ai parlé à Yuimen durant mon voyage nocturne.)
(Et ?)

Anouar a le don de me maintenir en éveil en gardant le suspens durant ce genre d'annonce.

(C'est un maître de la magie de terre !)
(Comme le vieux maître de la tour élémentaire ?)
(Exactement comme lui ! Il en existe trois de cette trempe. Garhëon à la tour élémentaire que tu as rencontré, Aelta qui est au bagne de Raynna et Xaï To qui est près de Gwadh sur Nosvéris.)
(Et pourquoi faut-il que je le rencontre, ils vont bien mes sorts !)
(Ca m'étonnerait assez qu'ils aillent bien depuis le débarquement de Brytä. Je suppose que c'est à cause d'elle que t'as pas pu mobiliser ton sort de force... Mais ce n'est pas pour ça que tu vas chez lui...)
(Bah pourquoi alors ?)
(Tu te rappelles le sort surpuissant de Bogast dans l'aynore ?)
(Tu veux parler du sort qui a tout fait voler ?)
(Exactement. C'était un sort d'arcane ultime. Ils sont extrêmement rares, il faut une pleine et entière dévotion à son élément pour y parvenir.)
(Et laisse-moi deviner... C'est pas le genre de sort qu'on peut apprendre seul dans une grotte ou sur un parchemin ?)
(Exactement, c'est pourquoi tu dois le voir. Un ultime bien employé peut faire basculer une bataille, tant qu'à te battre, autant le faire avec panache.)

L'idée d'apprendre un nouveau pouvoir, d'autant plus hyper-puissant me plait. Mon humeur oscille entre la morosité la plus profonde et l'intérêt, ne sachant plus trop si je veux réellement retourner à une petite vie simple ou continuer à mener des aventures toutes plus folles les unes que les autres.

C'est sur ce sentiment mitigé que s'achève la journée de voyage, laissant les pierres géantes qui marquent l'entrée du désert loin derrière moi. Je plante ma tente dans un rempli du terrain, la camouflant du mieux que je peux avec des herbes sèches. Je crains à vrai dire plus pour ma monture qu'autre chose, mais Anouar m'assure qu'elle veillera dessus tandis que je m'endors, éreintée par la journée de voyage et la mauvaise nuit.

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 Sujet du message: Dévoreurs des sables
MessagePosté: Jeu 5 Juil 2012 12:51 
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La nuit n'est pas plus reposante que la précédente, au milieu de mon repos, Anouar m'avertit d'un grand danger autant pour moi que pour ma monture. Je m'éveille donc en sursaut sous le signal d'alarme :

(Dévoreurs ! Une meute complète !)

Des dévoreurs de sable ? Nous sommes pourtant loin de leur territoire habituel, beaucoup plus à l'Ouest. Je me redresse, enfile mes affaires et sors. La lune brille haut, éclairant péniblement le désert multicolore de sa lueur blafarde. Encore empotée par le réveil brutal, je me hisse hors de mon repli protecteur. La réalité me rattrape alors, quatre dévoreurs des sables se dirigent droit vers moi, alléchés sans doute par l'odeur de viande fraîche de mon compagnon équin.

(Te battre ou fuir ! C'est maintenant que tu dois choisir ta destinée, Lothindil !)
(Question idiote, est-ce que j'ai l'air de quelqu'un prêt à fuir ?)

Mon instinct de guerrière a repris le dessus sur ma mélancolie de la veille. Non, je ne pourrais pas revenir à mon ancienne vie morne et répétitive. J'ai vécu trop d'aventures et fait trop de rencontres pour balayer ces trois dernières années de vie d'un simple revers de la main. Quelque soit mon futur, je suis une guerrière et une aventurière et si je suis promis à un destin fabuleux, soit, autant foncer dessus et le provoquer. Je tire mon épée de cristal qui luit faiblement dans la pâleur de la nuit et rugit, répondant aux cris lointains des dévoreurs.

"Chasse, Astinor, Chasse !"

J'attends mes cibles, guettant leurs mouvements dans la nuit. Très vite, ils fondent sur moi, je les esquive d'une simple roulade au sol avant de me relever derrière eux. Ils sont rapides, agiles et ont une meilleure vision que la mienne, le combat promet d'être vraiment intéressant. Je vais pour porter mon premier coup, aisément évité par le monstre tandis que j'en repousse un autre d'un bon coup de jambières dans le museau. Les deux autres ont disparus de ma vision, se fondant dans les ombres du sable. Anouar ne peut guère m'apporter sa lumière, veillant qu'il n'arrive rien à ma monture.

Je décide de me concentrer sur les deux monstres les plus proches de moi dans un premier temps. Ils me tournent autour, diamétralement opposés, de manière à ce que je sois obligée de les garder sur mes cotés pour éviter d'en avoir un dans mon dos. Ils guettent, ils attendent avant de se lancer à l'assaut. Pour ma part, je bande mes muscles, gardant ma concentration.

Grave erreur, je n'aurais jamais dû négliger les deux autres. Soudain, je me retrouve à terre, du sable dans la bouche et une douleur fulgurante dans mes épaules. Les deux n'ont pas bougé, sans doute un autre vient-il de me sauter sur le dos, profitant de son poids et de la faible stabilité du sable pour un bipède comme moi pour me neutraliser. C'est sans compter mes pouvoirs. Je mobilise ma magie dans mes cheveux et envoie valser l'adversaire d'un puissant coup végétal lui faisant lâcher un glapissement de douleur, me permettant de retrouver ma liberté, juste à temps pour me rouler et esquiver ainsi une attaque des deux autres monstres.

Je me redresse d'un bond, à nouveau ils ne sont plus que deux. Il faut que je trouve une manière de les repérer pour prévoir leurs déplacements et leurs attaques.

(Tes sens ! Ferme les yeux et sers-toi des autres sens !)

Suivant les ordres de ma faera, je ferme les yeux, m'isolant momentanément du combat pour me concentrer sur l'audition. Mais très vite, la technique montre ces deux points faibles : les monstres, malgré leur poids, ne font que très peu de bruits sur le sable et il m'est difficile de les suivre; ensuite, à la première approche, j'ouvre instinctivement les yeux, perdant ainsi le contact avec mon sens amélioré.

(Un foulard! Il me faut un foulard !)
(Dans la sacoche de ton cheval !)
(Je ne veux pas les approcher d'Harniän !)

J'ignore à quel moment j'ai pensé si fort ce dont j'avais besoin, mais ce sont mes cheveux qui réagissent pour me bander les yeux, me rendant totalement aveugle. Plongée dans le noir, il me faut un temps d'adaptation, pour m'accoutumer à ce monde totalement obscur. Les dévoreurs ne se gênent que moyennement pour m'attaquer durant ce délai et il me faut éviter leurs frappes tant bien que mal, rivalisant d'équilibre sur ce décor instable. Ce n'est que quand je retrouve avec la gueule d'un adversaire à quelques centimètres de moi que je décide de me fixer sur leur haleine ! Si les sons ne sont pas précis, ils ne peuvent mentir sur les vapeurs nauséabondes qui émanent de leurs gosiers.

Je repère alors quasiment immédiatement les deux gros qui me tournaient autour. Il ne me faut que quelques secondes pour repérer une odeur plus suave, plus douce : une femelle ! La dernière odeur dégage un relent d'impétuosité et une certaine excitation, un jeune. Tout en esquivant les attaques avec une facilité déconcertante, je prends le temps de différencier les deux gros : ce ne sont pas les mêmes que quand je me suis retrouvée à terre. L'un sent le dominateur, les phéromones mâles à crever, il doit être le reproducteur, le mâle dominant; tandis que l'autre sent la vieillesse, son haleine est encore plus odorante que les autres, mais son odeur est mélangée à celle du sang et des plantes. C'est donc lui qui a pris le coup tout à l'heure.

Un esquive à droite puis je me baisse, laissant derrière qui voulait me sauter dessus passer et mordre la poussière sous l'élan. Je plante alors mon épée dans le sol, elle s'enfonce jusqu'à la garde sans la moindre difficulté. Elle va me servir de transmetteur à magie. Il ne faut guère de temps pour que mes fluides s'échappent de ma peau et glissent le long du pommeau dans le sable. A l'instant où je la sors, une odeur froide et sèche envahi mes narines, ainsi que celle du sang. Je me sais désormais protéger par une barrière de pics de pierre, forçant mes adversaires à réfléchir à deux fois avant de s'approcher de moi.

Il me faut trouver le mâle dominateur, nul besoin de tuer toute la meute, réduire à néant le chef devrait suffire à les calmer amplement. Pas devant, il n'y a que la femelle et le jeune par là-bas. Je me retourne alors, cherchant l'odeur forte et musquée du mâle alpha. Elle s'éloigne de moi ! En fait tous s'éloignent de moi ! Les deux qui étaient devant moi quelques minutes auparavant viennent de me doubler pour le suivre. Il a trouvé une proie autre, j'en suis certaine, une proie plus grosse et plus simple !

(Ramène Harniän vers moi !)

Mon cheval, je suis certaine que c'est cette proie-là qu'ils ont sentis. Très vite, Anouar revient, aucune trace des monstres, je les sais proches pourtant ! Puis une autre odeur vient envahir mes narines : celle de la peur ! La peur intense et très elfique !

(D'autres elfes ?)
(Un campement, à moins de dix minutes de cheval ! )

Abandonnant là mes affaires et ma fatigue par la même occasion, je lance mon cheval au galop, bien décidée à rattraper les monstres avant qu'ils ne fassent ripaille. Mais plus j'avance, plus le doute m'envahit, ça ne colle pas...

(De quoi ?)
(L'odeur ! Ce ne sont pas des Sindels... C'est une odeur plus sauvage, plus sèche aussi... Puis ça sent le sang et la fatigue !)
(Des Shaakt ? Ici ?)
(Je serais prête à le parier !)
(Tu vas faire quoi ?)
(Je vais les aider !)

Je redouble la vitesse de ma monture, l'épée à la main hurlant d'impatience.

(Ce sont peut-être ceux qui ont brûlé la ferme...)
(J'en doute, ça sent le mâle et l'enfant, surtout l'enfant à vrai dire. Et pour autant que je le sache, ce sont les femmes qui dirigent !)

J'arrive quelques secondes après les monstres et foncent dessus, mon cheval lancé à son plus beau galop. Je détache mon bandeau pour me faire une idée rapide de la situation. Je repère sans trop de difficulté ma proie, le mâle dominant et lui saute dessus, mon épée à deux mains visant la nuque de l'animal. Mon atterrissage se fait dans un craquement monstrueux, celui d'une colonne vertébrale tranchée et broyée par ma lame. Je m'extrais du dévoreur dans un déchirement supplémentaire causé par les dents d'Astinor. L'animal quant à lui s'arrête net, vacille quelques secondes avant de s'effondrer au pied d'une jeune fille à la peau noire qui se cache le visage avec ses mains, la gueule encore ouverte, sans avoir pu crier sa douleur.

Comme prévu, la mort de leur chef dissuade le reste de la meute qui s'enfuit sans demander son reste, me laissant seule avec un campement effrayé et plusieurs arcs et lances braqués dans ma direction. L'adrénaline coule toujours dans mes veines et j'analyse rapidement la situation. A la manière dont ils tiennent leurs armes, ce sont des novices au combat, je pourrais les désarmer sans la moindre difficulté.

"Baissez vos armes !"

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Jeu 5 Juil 2012 13:19 
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L'aide vient souvent de là où on ne l'attend pas et là elle vient de la petite fille devant moi qui a ôté ses mains de son visage.

"Mais, Nelyslury, c'est une Sindel !"
"Baisse cette arme, Chaszmyr, tout de suite."
"Tu n'es qu'une enfant, je ne vois pas pourquoi j'obéirais !"
"Parce que je suis Nelyslury de la maison des Insstar et que je suis ta matriarche !"

Ce à quoi j'assiste est pour le moins rare : un mâle shaak se rebellant contre un ordre direct d'une femelle. Mais la sanction tombe, immédiatement... La jeune fille tend une main gantée de soie noire brodée de motifs d'argent vers son compagnon qui se tort de douleur au sol. Au moment où elle replie son bras, tous les autres obéissent alors et baissent leurs armes, me laissant respirer.

"Je me nomme Nelyslury, de la maison des Insstar."

N'ayant aucune envie de me frotter à la magie obscure employée par la demoiselle, je ploie genou à terre, d'autant qu'une alliée parmi les Shaakt du désert peut être précieux, aussi jeune soit-elle.

"Je me nomme Lisha Lirelan et vous remercie de m'avoir épargnée."
"Tu m'as sauvée la vie, c'est le minimum. D'autant que ces incapables n'auraient pas levé le petit doigt pour protéger ma personne !"
"Mais..."
"Taisez-vous !"

Courtoisement, elle m'invite à prendre un thé dans leur campement de fortune. Il ne me faut guère de temps pour repérer un groupe d'une dizaine de guerriers dont dégagent une certaine force attachés dans un coin du campement.

"Ce sont des traîtres. Ils ont fui en abandonnant ma mère au combat. Ils seront châtiés comme ils le méritent."

Je n'apprends guère de choses intéressantes dans la suite de la soirée, à part qu'ils font partis d'un village non loin de la grande oasis, partis pour un lot de pillage en territoire Sindel. Le début de la campagne s'est passé très bien, jusqu'à ce qu'ils se fassent surprendre par une escouade de l'armée sindel. La mère de la jeune fille a alors été abandonnée par ses soldats qui ont préféré fuir en sauvant le campement. Loin de ses gardes, la demoiselle redevient vite une petite fille qui vient de perdre sa mère dans des circonstances tragiques. Elle finit par m'offrir une bague sans pouvoir, mais portant des symboles bizarres qu'Anouar m'apprend être un sceau de matriarche.

"Avec ça, tu pourras venir dans nos terres sans crainte. J'ai une dette envers toi et si nous sommes cruels, nous avons un honneur chez les Insstar, pas comme d'autres maisons."

C'est sur ces mots qu'elle me fait comprendre qu'il est temps de la laisser et de retourner chacun à nos affaires. Ce que je fais sans me faire prier, récupérant ma monture et retournant à mon campement. L'aube n'est pas prêt d'arriver, Anouar me prévient qu'il vaut mieux éviter d'approcher de Raynna de nuit et que j'en ai pour quelques heures à peine. Baillant, je décide d'aller me recoucher, espérant de tout coeur pouvoir achever ma nuit sans soucis...

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Sam 14 Juil 2012 20:26 
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La fin de ma nuit se termine paisiblement pour changer, exténuée par cet affrontement nocturne. Les cauchemars s'éloignent de moi et me laisse récupérer toute la fatigue accumulée ces deux dernières nuits. Je m'éveille un peu avant l'aube, dans la fraîcheur matinale du désert. Je prends le temps de serrer ma cape autour de mon cou avant de sortir pour m'offrir un petit-déjeuner réconfortant. Au menu : thé, brioche et miel.

Cela fait, je replie mon campement et récupère ma monture. L'aube se lève alors et je prends le temps d'observer l'état général d'Harniän avant de poursuivre ma route. Sa galopade nocturne ne lui a laissé aucune marque notable, tout au plus quelques griffes. Je constate cependant qu'il a perdu un fer. Je râle et peste, espérant pouvoir régler ce problème assez rapidement au service de garde à l'entrée du bagne...

(Y a loin à pied ?)
(Moins d'une journée de marche. Tu pourrais y être à pied si rien ne se passe.)

"T'en penses quoi, toi ?" demandé-je en me tournant vers ma monture.

La réponse se limite à un hénissement d'Harniän qui vient fouiller mes cheveux de ses nasaux. Je soupire, incertaine de sa réponse, et me surprend à penser que le comprendre serait un véritable plus pour mes aventures puis finit par accrocher les sacs et ma besace à la selle avant de repartir, à pied pour une fois.

La journée s'avère longue, terriblement longue et monotone. Mes yeux ne quittent que peu la montagne qui se dessine au Sud, tandis que, sur les plus hautes dunes, je peux deviner la mer que je longe au Nord. J'ai la désagréable impression de ne pas avancer et que le territoire reste le même, du sable aux reflets changeants tout autour de moi, au loin, les montagnes... Ce n'est que passé la moitié de l'après-midi que se dessine un changement notable dans le paysage, les premiers signes d'activités humaines. Des tours de gardes, visibles au loin, il s'en faut encore d'une petite heure de marche avant d'y arriver.

Je continue ma route, gardant le regard sur les tours, ne fixant plus qu'elles, qui au moins semblent se rapprocher à chaque pas. C'est étrange, elles me semblent même se rapprocher beaucoup plus vite que ce que je marche.

(Et alors ? T'arrives plus à contrôler ton pouvoir ?)

Sans m'en rendre compte, la fatigue de la marche ayant émoussé mon attention, ma concentration s'est muée, me forçant à pousser mes regards. Sous l'impulsion de ma faera, je reviens à une vue plus classique, en baillant de fatigue.

Je finis bientôt par arriver aux premiers remparts, ou plutôt à être arrêtée tandis que je m'approche. Dix soldats me rejoignent en effet au galop sur des montures fringantes. Ils ne prennent manifestement aucun risque. Au moins ici, ils sont sur le pied de guerre, pas comme à Tahelta. Dommage que leur énergie soit gaspillée pour garder des prisonniers.

Rapidement, je leur explique la situation, je n'ai aucune envie de m'appesantir sur les circonstances qui m'emmène à Raynna. Epuisée, et lasse de leurs questions, je finis par sortir mon laisser-passer, celui au sceau royal. Ils se regardent alors, sans trop savoir quoi faire, n'ayant pas l'habitude de recevoir une personnalité dans cet endroit trop reculé du monde civilisé. Finalement le gradé décide de me mener jusqu'à la ville, ou plutôt jusqu'au poste de garde qui borde la ville. Il m'explique qu'il me laissera aller à pied jusqu'à Raynna même, le séjour dans le bagne étant déconseillé à ma précieuse monture...

Moins de dix minutes plus tard, nous arrivons aux portes du poste de garde.

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Dim 25 Aoû 2013 22:43 
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Bien assise sur mon cheval, je salue la capitaine et lance Harniän. Ce cheval est dans son élément, le désert et ça se voit. Il file dans le matin déjà tiède. Cet animal est une pure merveille de douceur et de symbiose, sa douce cavalcade me berce tendrement. Je sais qu'il y a des risques, tant qu’on n’est pas sur le territoire de Nessima, mais la fatigue est trop présente. Je m'endors sur l'encolure de mon animal, laissant Anouar guider la monture jusqu'à sa destination.

***


"Dépêche-toi, tente de voir si on peut avoir un passage par la droite !"

Je me retrouve plongée dans une maison obscure, avec de grands escaliers au fond et la certitude d'une centaine de marches encore à parcourir plus tard. Des hommes nous barrent la route, à mon compagnon et moi. Nous devons livrer cette arme et rapidement. Suivant les ordres de mon frère d'arme occasionnel, je cours sur la droite, effectue une roulade pour éviter une flèche suivi d'un saut qui me fait éviter de justesse un shuriken dans la rotule !

"Par Yuimen ! Occupe-toi de ces maudits archers, ou je vais finir par y rester !"

D'un coup du manche de l'arme géante qu'il nous faut convoyer, je démonte le mur de bois trop fin et léger pour cette double puissance. Dans l'autre pièce, des hommes m'attendent, armés de katana et de naginata. Un sourire carnassier se dessine sur mon visage tandis que je brandis la lame maudite qui nous a été confié. Son sombre pouvoir m'envahit avec un délice rare, je lève mes deux bras au ciel et fait tourner le manche gigantesque en bois faisant danser la lame de près d'un mètre de long au bout de sa chaîne. Je ressens le poids, la colère, la haine de l'arme qui gémit sous mes mains, appelant au sang.
Hurlant, comme jamais, j'abats l'arme. La lame d'obsidienne pure balaye les rangs ennemis, les êtres face à moi sont littéralement coupés en deux, y compris leurs armures. Cette puissance est enivrante et une folie s'empare de moi. Une pulsion destructrice de mort, je hurle, je crie, je fais tourner et retourner l'arme qui découpe, tranche net toute personne s'approchant de moi et de ce que je tiens. Ils la veulent, ils ne veulent pas que j'atteigne mon objectif et ils savent surtout que c'est leur dernière chance. Si cette arme atteint le sommet, c'est la fin pour eux et leur résistance stupide.

Je traverse la pièce en courant, suivie par mon compagnon et son armure mauve tellement envoûtante. Le sang que nous portons sur nos corps et nos visages dissimulent sans doute nos traits. Je parviens au premier escalier, précédé ce coup-ci par mon frère d'armes et son épée draconique tellement bien accordée à son armure. Je saute, je cours là où lui semble voler. D'une frappe de son épée, il coupe un corps. J'entends crier et hurler au-dessus de nous, des femmes et des enfants.

A peine parvenue sur le plancher que je me fais attaquer par trois humains surgit de derrière moi. Mon compagnon est trop occupé avec d'autres de ces misérables humains qui croient que leur seule volonté peut arrêter le pouvoir en marche. Je me sers du manche en bois pour contrer les épées qui n'y laisse même pas une entaille. Je souris et fais chanter l'arme, une fois, deux fois, ça suffit largement pour faire trois morts, tranchant en deux les individus impudents qui ont voulu contrer le destin et la fureur. Totalement en deux d'ailleurs, y compris l'armure de plates du deuxième des combattants. Le métal vole d'ailleurs et vient m'entailler la joue. Je prends le temps de récupérer le sang avec les doigts et de le lécher avec volupté.

Derrière moi, j'entends une corde d'arc se relâcher tandis que le calme vient à peine de se poser. Dans un réflexe, je saute et agrippe une poutre apparente et distincte du plafond. Je pose l'arme mythique en travers des poutres et me hisse dessus. Ce que j'y découvre dépasse l'entendement et mes rêves. Là-haut, il y a une fausse pièce, dissimulée avec un faux plafond qui s'avère être un vrai plancher, accessible uniquement par un bond exceptionnel ou l'échelle qui a été remontée... par la bande d'enfants qui me regarde l'air effaré, ainsi que par une trappe vers le haut à l'autre bout.

"Viens par ici, y a que des sales mioches !"
"J'arrive, mais tu me laisses un peu l'arme. Moi aussi je veux jouer avec !"

Tout en disant ça, il décapite l'archer avant de sauter me rejoindre. Avec un sourire dément, il saisit l'arme à la main droite et passe son autre sabre sur la main gauche. Il me laisse passer devant, pour faire le repérage de la salle suivante. Je dois avancer accroupie, cet endroit est prévu pour des enfants, pas pour une elfe de ma taille. Je traverse en bousculant les gamins sans le moindre ménagement avant de grimper par la trappe. A peine passée, j'entends des hurlements. Je me couche pour repasser juste la tête et vois mon compagnon entrain de couper les mômes soit avec sa lame, soit avec notre colis légendaire. La vision m'obnubile, cette vue du sang qui gicle, du regard effaré des gamins...

Mon frère d'arme débarque avec la raison de notre présence tandis que je détaille le décor. La salle est vide, longue d’une quinzaine de mètres. Il y a une mezzanine géante au-dessus de nos têtes, soutenue par des piliers de la taille de ceux des temples de Yuimen. Un escalier y mène et une lueur inquiétante en émerge, tellement proche et différente de la bougie, comme de l'ombre faite lumière, ou de la lumière corrompue par l'ombre.

La porte s'ouvre tandis que nous avançons, nous attendant à chaque instant à une attaque venant de cette plateforme sous laquelle nous devons passer. Trois êtres en sortent. Le mot commun serait humain, mais rien n'est moins certain, on croirait les démons des vieilles légendes Sindels. Le premier est grand, aux cheveux noirs et regard dément, rouge vif comme injecté de sang. Son sourire est carnassier, d'autant plus effrayant à vrai dire qu'il est souligné par un menton pointu. Il est vêtu d'un grand manteau rouge et d'une tenue de cuir et de tissus noirs et rouges.
Le second est beau, d'une beauté effrayante et tellement attirante. Il semble être Ynorien avec ses traits aussi fins que ceux de mon compagnon et avec ses yeux bridés. Mais sa peau est pâle, quasiment blanche, comme ses lèvres qui se devinent à peine.
Le troisième est effrayant, même si c'est un magnifique elfe blanc. Ses cheveux sont blancs, longs, secs et fourchus, son regard est gris et ses habits semblent couverts de sang frais.
Je recule d'un pas en les voyant et le rire moqueur d'un quatrième individu au-dessus de nos têtes ne nous rassure pas. Voir descendre cette créature faussement humaine au regard fou et aux attitudes proches des bouffons royaux m'effraye plus encore que tous les autres. Il est chétif, se tient à quatre pattes, il doit faire la moitié du poids du second pas déjà bien gros.

"Ezak... Lothindil... Quel plaisir de vous rencontrer..."

C'est pas réciproque ai-je envie de cracher, mais je ne dis rien et laisse à mon compagnon l'initiative. De toute façon, c'est lui qui m'a entraîné ici.

"Voilà l'arme, comme promis !"

Je le vois donner notre puissance à ces individus, je le regarde, lui savait que c'était eux nos commanditaires, enfin ses commanditaires.

"Mais... elle est à toi si tu veux... Rejoins-nous, deviens un des treize et gagne le pouvoir que tu désires !"
"Ohhh, en voilà un projet intéressant !"

Il n'a pris aucun temps de réflexion et il disparaît derrière le quatuor, me laissant seule sans échappatoire. Mais le pire approche, mes poils se hérissent, il y a bien plus terrible encore que ces quatre êtres. Il y a "Elle", la "Dame Sombre", "Oaxaca" en personne. Elle pénètre dans la pièce, les Ténèbres m'enveloppent et la terreur me paralyse. Mon tatouage brûle dans mon cou et pour la première fois, je regrette vraiment de ne pas avoir ma faera.

"Lothindil... Deviens toi aussi une des treize et sers-moi !"

Je suis là, tétanisée, hurlant intérieurement. Je prends mon courage à deux mains et me redresse pour lui crier à la face que c'est hors de question, mais aucun bruit ne sort de ma bouche et de ma gorge.

"Allons, écoute ma proposition et réponds après..."

Son pouvoir ne me laisse aucune chance de faire autrement, tandis que le quatre parmi les treize m'encerclent, comme pour m'empêcher toute fuite. Cette possibilité est d'ailleurs définitivement neutralisée par plusieurs êtres de chairs, liches à moitié mortes, qui viennent compléter l'anneau autour de moi, devenant oppressant. Je ferme les yeux pour les oublier, tant qu'à écouter autant le faire le cœur le plus calme possible. La mort sera inéluctable en cas de refus et elle ne m'inquiète pas plus que ça.

"Leona me lasse. Je la libère, définitivement si tu veux. Son âme pourra enfin trouver le repos, elle a assez payé sa trahison. Mais il me faut un autre treize... Accepte de me servir et je libère Leona. Que choisis-tu ?"


***


"Ahhhh !!!"

Le réveil est aussi brutal que ce véritable cauchemar. Je manque de chuter de mon cheval sous le choc et mets plusieurs minutes à réaliser ce qui se passe tout en regardant autour de moi, les yeux brûlés par le soleil.

"Que s'est-il passé ?"
"Où étais-tu ? Pourquoi n'étais-tu pas là ?"
"Explique-toi !"

Je lui narre rapidement mon rêve, insistant surtout sur la scène finale, passée la trappe.

"Et quel était ta réponse ?"
"J'allais répondre oui... Je le sais, j'en suis certaine ! C'est impossible, Anouar... C'est impossible, je peux pas faire ça !"
"C'est un avertissement... Les treize que tu as vus sont Crean le dément, Aerq le bouffon fou, Herle Krishok le nécromant elfe blanc et Vallel."
"Et Ezak... Le nouveau à l'armure d'écailles noires et au sabre mauve aux améthystes."

Le reste de la journée passe inquiète, mélangée entre l’appréhension du rêve et la fatigue qui ne cesse de m’embrumer le cerveau. Il n'est pas bon de venir stressée à une bataille ou à un combat et ce rêve s'avère traumatisant sur plus d'un aspect. Le paysage reste quant à lui d'un monotone et ne m'offre aucune véritable occasion de défouler mon esprit qui en aurait pourtant le plus grand besoin. C'est le soir, avant la nuit, que nous arrivons au port de pêche repéré par Anouar la veille...

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Ven 30 Mar 2018 23:27 
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J'avançais vers Nessima (j'avais réussi à obtenir une carte du Naora), en quête de je ne sais quoi, lorsque je sentis qu'une personne chassait. NOUS chassait.Ou plutôt pistait... Je pensai (quelqu'un dois sûrement nous pister,). J'entendis un arc se bander, et siffler la flèche, que j'esquivai facilement. Il en décocha deux autres, j'en esquivai une et réduisais l'autre en charpie. J'ai crié Qui es-tu ?! il me répondit Tu t'approche de mon camp armé, hors de question que je te laisse le détruire ! Ton camp ? J'en connaissais même pas l'existence ! Ah bon ? Vraiment ?Oui ! Mais ça ne répond pas à ma question !. Il sortit de derrière une dune, il avait un masque en forme de crâne, qu'il enleva. Je suis Ladlide Bonjour Ladlide. Veux-tu me tuer ? dis-je en écartant les bras, paumes vers le haut. Il me répondit ça dépend... Si tu fais un quelconque geste d'agression envers mon camp, je, n'hésiterai pas.


Dernière édition par Balak Goulok le Jeu 5 Avr 2018 13:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Mer 4 Avr 2018 03:56 
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Localisation: Raynna, Naora
Quelques heures plus tard, quatre vétérans de la Garde Militaire viennent me chercher, des Sindeldi aussi durs que les rochers de l'Akuynra et à peine plus bavards qu'eux. A leur demande, je me défais de mon équipement et l'emballe soigneusement dans une toile cirée qu'ils me fournissent avant de revêtir les hardes misérables qui conviennent à un prisonnier. Ils me font ensuite grimper dans un chariot, totalement clos à l’exception d'une minuscule fenêtre munie de barreaux et tiré par deux lourds chevaux de trait, puis nous quittons Nessima sans plus attendre.

Les jours s'écoulent, interminables, au rythme des cahots et des repas frugaux que les gardes me fournissent matin et soir: du pain, de plus en plus rassis, un peu de viande séchée, quelques fruits et de l'eau tiédie par l'ardeur du soleil. Je ne m'en plains pas, je sais que dans quelques jours je rêverais de pareil festin. Peu à peu, la chaleur augmente et l'air devient plus sec, signe que nous approchons du redoutable Dragomélyn, le désert des batailles. Je fais de mon mieux pour ne pas penser à ce qui m'attend, mais une question lancinante me taraude sans répit: quelle folie suis-je en train de commettre? Raynna... aucun lieu sur ce monde n'a plus sinistre réputation, du moins pour les Sindeldi. Je l'ai craint toute ma vie et voilà que je suis en route pour m'y rendre, de mon plein gré qui plus est. Et tout ça pour tenter d'en extraire un capitaine de la milice de Tahelta avec qui je n'ai, somme toute, aucun lien sérieux. Ce Sindel vaut-il les risques mortels que je vais prendre? Vaut-il que je mette en péril toute ma Danse, l'avenir des Danseurs d'Opale, de ma lignée, tous ces plans que j'ai si soigneusement échafaudés au fil des ans? Je l'ignore, mais je sais aussi qu'il est trop tard pour faire marche arrière. Alors je me rallonge et me replonge dans les bons moments de mon passé pour ne pas songer à l'avenir, m'y efforce du moins.

Au soir du quatorzième jour -à moins que ce ne soit le quinzième?- nous faisons halte comme de coutume, à cette différence près que cette fois les gardes me font sortir de ma prison roulante. L'un d'eux me désigne de la main les volcans, désormais tout proches, qui rougeoient dans le crépuscule et répandent leurs panaches cotonneux dans les cieux:

"Mémorisez bien cet endroit, nous vous laisserons le nécessaire dans une petite grotte située au pied du contrefort le plus proche. Il vous faudra deux jours pour revenir ici depuis Raynna, c'est beaucoup, mais il serait trop risqué de dissimuler le matériel plus près."

J'observe les lieux avec attention et prends les points de repère qui me permettront de retrouver l'endroit, pour autant que je parvienne à m'échapper, évidemment. Comme l'a implicitement souligné le soldat, franchir l'enceinte du bagne ne fera pas de Brëanal et moi des Elfes libres. Il nous faudra encore survivre deux jours dans le désert, probablement démunis de tout et affaiblis par les conditions de vie qui règnent à Raynna. Or j'ai entendu assez d'histoires sur le Dragomélyn pour savoir qu'il peut tuer un Sindel bien portant en quelques heures, et ce ne sera pas notre seul ennemi. Nous aurons les troupes d'élite aux basques, de dangereux combattants parfaitement habitués au désert. Ces deux jours...oui, ce sera beaucoup, trop peut-être. Quelle ironie, je n'ai jamais fait confiance qu'à moi-même et voilà que j'ai remis ma vie entre les mains d'une inconnue qui a toutes les raisons de vouloir que je ne revienne pas. Une femme que je vais épouser, si je survis, bien qu'elle n'éprouve rien pour moi et que je n'en éprouve pas davantage pour elle. J'ai été banni pour avoir refusé un tel mariage, et voici que je me retrouve face à la même situation, comme si la vie n'était jamais qu'un foutu cercle étriqué ramenant implacablement au point de départ. Et tout cela pour quoi? Parce qu'une crevure de prêtre dégénéré n'avait jamais assez de pouvoir, de richesses et qu'il était, est toujours, prêt au pire pour satisfaire son avidité sans bornes. Averenn...

Je contiens de justesse un hurlement de rage derrière mes dents, serrées à les briser. Oh oui, je vais survivre à ce putain de bagne et éventrer cette ordure! Je vais anéantir ce maudit clergé, exterminer tous ces Ithilausters qui se gargarisent d'une foi factice pour assouvir leurs plus bas instincts et tenir mon peuple sous le joug!

(Tanaëth! Calme-toi!)

Me calmer? Elle en a de bonnes ma Faëra! C'est à cause de ces maudits que tous les êtres que j'aimais sont morts, à cause d'eux que j'ai été contraint d'errer comme le dernier des misérables pendant des décennies, loin de ma terre! A cause d'eux encore que j'ai été contraint de demander la main d'une femme qui m'indiffère, à cause d'eux encore que mes frères et soeurs de Tahelta crèvent dans des taudis sordides faute d'avoir seulement de quoi se nourrir! Et pendant ce temps, ces enfoirés de prêtres s'empiffrent de mets précieux à s'en faire éclater la panse, se pavanent tels des paons vaniteux et parfumés dans leurs soieries! Cela ne suffit pas? C'est encore à cause d'eux que je suis en chemin pour le bagne, un lieu dont le seul nom suffit à terroriser les plus vaillants Enfants de Sithi!

(C'est ça le problème, mon Bien-Aimé.)

(Évidemment que c'est ça le problème! Cesse de m'asséner des évidences par Sithi!)

(Non, je parle de ta peur. Tu es terrorisé, à tel point que tu t'en prends à moi.)

(Je ne suis pas terrorisé! Je redoute le bagne, c'est vrai, et tu le redouterais aussi si tu savais de quoi il s'agit! Mais...)

(Imbécile! Trois de mes maîtres sont morts là-bas, trois! Et tu oses me dire que je ne connais pas Raynna? Reprends-toi et arrête de proférer des stupidités sans nom, tu me blesses!)

Les paroles de ma Faëra, les émotions qu'elles contiennent, me font l'effet d'une douche glaciale, qui me laisse tremblant, hébété. Lentement, comme dans un rêve, mes genoux heurtent le sable.

(Ô Mère, comment un être peut-il exprimer tant de colère, de tristesse, au travers d'une simple pensée? Pourquoi as-tu permis qu'elle subisse cela, elle qui n'est que bonté et dévouement, elle qui sert ta cause depuis tant de millénaires? Réponds-moi! Je veux des réponses, Sithi! J'ai besoin de réponses, tu comprends? Je...je ne sais plus...je ne sais plus ce qui est juste...est-ce cela ta Voie? Des doutes, de la souffrance et du désespoir? Que sommes-nous pour toi? Des insectes insignifiants? Des moutons que tu conduits à l'abattoir pour faire advenir tes desseins? Est-ce Isil qui avait raison, au final?)

(Arrête ça! Tu sais que c'est faux! Tu le sais, mieux que quiconque en ce monde! Tu n'as pas le droit de douter, pas toi!)

(C'est ce que tu as dit à tes trois maîtres, ceux qui sont morts à Raynna?)

(Oui! Et tu sais pourquoi ils ont échoué? Je vais te le dire: parce qu'ils n'ont pas eu la force de surpasser leur peur! Cette même peur qui te ronge actuellement! Je t'en supplie Bien-Aimé, ne fais pas la même erreur, je...je ne veux pas te perdre...)

(Il y a bien des gens que je n'avais pas envie de perdre... mes parents, Jaëlle, Moraen, Isil... mais nous sommes mortels, Sindalywë. Mortels et faillibles. Je voudrais bien chasser mes peurs, mes doutes, être toujours solide comme un roc, mais...)

"Tout va bien, messire?"

La voix du Garde me fait sursauter et je tourne instinctivement le visage vers lui, avant de me détourner vivement en marmonnant:

"Je prie..."

Mais le mal est fait, j'ai aperçu la surprise sur son visage, je sais qu'il les a vues ces discrètes perles translucides qui roulent sur mes joues. Le vétéran n'est pas dupe, mais il se méprend sur les raisons de ces larmes et répond avec une certaine gêne:

"Ne perdez pas espoir, certains parviennent à s'échapper de Raynna, vous savez. On dit que des fugitifs ont trouvé refuge parmi les Eruïons... vous êtes un rude guerrier, j'ai bien vu que vous avez lâché votre arme pour ne pas mutiler notre commandante, vous vous en sortirez."

J'essuie mes yeux d'un geste las et me relève lentement pour lui faire face et poser une main sur son épaule:

"Vous êtes un être bon, soldat. Mais ce n'est pas sur mon sort que je pleure. C'est sur ce qu'est devenu notre peuple."

Il ne comprend pas, bien sûr, ou pas entièrement du moins. Et puis, ce n'est pas tout à fait vrai, je ne l'admettrai jamais mais je sais pertinemment que je me suis bel et bien apitoyé sur mon sort comme le dernier des faibles. Je ne peux pas lui parler de ce que je ressens, pourtant, j'aurais déjà du mal avec quelqu'un de très proche alors un inconnu... Allons, il est temps de remettre le masque qui convient à la Lame de Sithi, et de remonter dans mon chariot.

_________________

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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 Sujet du message: Re: Route entre Nessima et Raynna
MessagePosté: Dim 8 Avr 2018 18:57 
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Localisation: Entre Raynna et Nessima
Ladlide était un Hinion, un elfe blanc. Son village était composé de toutes les sortes d'elfes, des shaakts, des Hinions, des Eruïons... Je me sentais très surveillé par l'elfe que j'avais croisé, et je n'étais pas très a l'aise dans cet endroit. Ladlide m'amenai dans une tente (la sienne j'imagine) et regardai mes blessures. En les voyant je me rappela de ma fuite, des gardes, et mes blessures avait un petit peu noircit, ce que je considéra comme mauvais signe. En plus, elles me faisaient terriblement mal. Je me demandais comment je n'avais pas remarqué ça plus tôt. En tout cas, je tomba dans les pommes, mais avant je vis le visage de l'elfe blanchir (si, si, si, c'est possible ! un peu difficile mais possible !). A mon réveil, j'étais couvert de bandages sur mes blessures, et j'avais moins mal qu'avant. Il faisait déjà nuit, je demanda -combien de temps suis-je restai inconscient ?
-Un jour et cinq heures. Pourquoi ? Tu a rendez-vous ?
-Non, non, juste que je suis curieux. J'observai la pièce où j'étais, je vis des elfes avec un bol au centre de la pièce, un tapis et des peaux pour recouvrir la tente. J'entendis les elfes parlaient de tout et de rien. Ladlide avait les cheveux blancs, la peau aussi (mais pas trop, sinon il peux pas blanchir) les yeux bleutés avec du vert et avait quelques cicatrices. Un autre avait la peau grise avec du noir, les cheveux gris clair et les yeux noir. Un dernier elfe avait la peau grise, les cheveux noirs, les yeux bleutés et avait plus de cicatrices que Ladlide. Je me rendis compte que j'étais dans un sac de couchage une fois que les autres allèrent se coucher. Je me leva au milieu de la nuit car j'avais entendu un bruit de pas se faisant le plus discret possible. Je vis depuis l'entrée une personne accroupie, habillé tout en noir. J’essayai de voir s'il y en avait d'autres et n'en vit pas. Je sorti avec le ventre a terre, mais la personne me vit et dégaina un petit couteau. Je dégaina mon épée et tomba a terre à cause de mes blessures. Les elfes que j'avais vu dans la tente sortirent en m'entendant tomber. Le shaakt (enfin, j'imagine, puisqu'il à la peau noir) me remis dans la tente en disant
-Toi, tu bouge pas de là !
(Ok ! Pas de problème !) pensai-je en grimaçant de douleur. J'entendis les lames parait et attaquer ainsi que les membres du village se réveillant au son du bruit. Bientôt rentrèrent les elfes chez eux.

Le lendemain fut une journée de chasse et de récolte pour les rares herbes étant ici. Pour le shaakt, en tout cas, ce fut une journée de soin et pour moi de repos. Le lendemain (encore une fois) Je fus en état de chasser. Je pris ma lance et chassa avec les autres.

_________________
Je ne sais plus trop si seul les Eruïons méritent de vivre sur Naora... Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la première personne a se mettre sur mon chemin, je la massacre.

Multi de Garnatosh, voleur lvl 1.


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