L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 23 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Dim 22 Juin 2014 22:27 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 3 Jan 2014 20:54
Messages: 9
Localisation: Oranan
La bibliothèque du temple de Gaïa d'Oranan inspire le calme et la sérénité. Le silence qui règne dans cette grande pièce, bien éclairé, n'est que sporadiquement interrompu par le chant d'un oiseau. La lumière du jour éclaire les nombreuses étagères qui regorgent de livres. La bibliothèque comporte également quelques des bancs et des pupitres sur lesquels des moines recopient des livres. Les manuscrits qu'ils recopient ont pour thème le culte de Gaïa et la pratique de la médecine.

Tharöm fait partie de ces moines. Il a passé de nombreuses années de sa vie assis sur ces bancs à recopier des manuscrits. Son écriture n'a pas perdu de sa régularité malgré les années. Bien au contraire. Il est considéré avec respect par les autres moines tant pour ses qualités de copiste que pour son vaste savoir. En effet, les nombreux livres qu'il a recopié lui ont permis de s'instruire et d'acquérir de nombreuses connaissances. Celles-ci restent assez théoriques puisqu'il ne sort que rarement du temple de Gaïa.

Le travail qu'effectue Tharöm dans cette bibliothèque n'est pas facile. Le moine passe des journées entières penché sur son pupitre tenant d'une main le manuscrit à recopier et de l'autre une plume. Cette plume danse sur le parchemin et donné vie à des lettres qui formaient des mots isolés puis des phrases entières. Ce travail est néfaste pour sa vision. Les longues heures de travail lui brouillent la vue malgré la petite lampe à huile qui est posé au dessus de son pupitre. Le moine souffre aussi de douleurs dans le dos à cause de la posture inconfortable qu'impose le pupitre. Mais Tharöm continue à recopier les textes religieux et médicinales avec autant de zèle et de minutie qu'à ses premiers jours en tant que copiste.

Le moine ne signe jamais les livres qu'il recopie, au contraire de certains de ses pairs. Pour lui le plus important est d'acquérir de nouvelles connaissances grâce aux nombreux livres qu'il recopie. Chacun des livres qu'il écrit est une pièce d'art issue de nombreuses heures de travail. Il aime à penser que son travail permet la propagation du savoir. Notamment des connaissances en médecine qui pourraient servir à soigner.

Alors qu'il achève avec soin d'écrire une phrase, un moine entre dans la bibliothèque. Il s'approche en silence de Tharöm et vient lui parler à voix basse.

« Frère Tharöm, excusez moi de vous déranger durant votre travail mais le père supérieur aimerait vous parler. »

Le moine copiste referma son encrier, rangea un peu son pupitre. Puis sortie de la bibliothèque accompagné d'une moine qui venait juste d'y rentrer. Le moine repartit vaquer à ses occupations tandis que Tharöm se dirigea vers le bureau du père supérieur.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Mer 16 Juil 2014 22:22 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 3 Jan 2014 20:54
Messages: 9
Localisation: Oranan
Tharöm rentre dans la cellule du père supérieur. La pièce est dépouillée de tout objet superflu. Cela permet de favoriser le recueillement. La cellule du père supérieur ne se différencie de celle des simples moines que par la présence de peintures à l'effigie de Yuimen. Le reste du mobilier est similaire : que ce soit le lit ou la petite table de travail.

Le père supérieur est entrain de lire un livre de prière consacré à Yuimen. Le moine copiste attend, en silence, que le père supérieur finisse sa lecture. Le père supérieur ne remarque la présence du moine qu'après un certain temps. Il pose le livre sur un pupitre puis s'adresse à Tharöm.

« Vous-êtes enfin là. Je viens de recevoir un courrier du temple de Yuimen de Lúinwë. Un incendie c'est déclaré dans le temple, il y a un mois.

- Rien de grave, j'espère ? » S'enquit le moine copiste.

« Non, rassurez-vous. D'après le courrier, que j'ai reçu, les dommages n'ont pas endommagé la structure. Mais la bibliothèque et une grande partie des ouvrages qu'elle contenait ont disparus. Vous êtes l'un des meilleur moine copiste de notre temple. J'ai décidé de vous envoyer à Lúinwë pour les aider à restaurer les livres qui ne sont que partiellement brûles. Vous partirez aussi avec quelques manuscrit que vous recopierai sur place.

-Je vous remercie de votre confiance. Mais je ne pense pas être la personne la plus adaptée pour ce travail. Je n'ai jamais quitté la ville d'Oranan. Alors traverser tout le continent de Nirtim ...

-Votre nom m'a été spécialement recommandé. Vous me semblez en effet tout à fait compétent pour ce travail. » Répondit le père supérieur.

Cette annonce un peu brutale laissa le vieux moine perplexe. Devoir quitter le temple d'Oranan l'inquiétait. Il s'était toujours sentis en sécurité dans l'enceinte de ce temple. L'envie de voyager ne l'avais que rarement effleurer. Mais il n'avait jamais osez faire le grand pas et partir explorer le vaste monde. Il se sentait trop vieux pour ça maintenant. Mais il ne peut pas refuser l'ordre du père supérieur. De plus, il a le sentiment qu'il pourra se rendre utile à Lúinwë. Le moine copiste acquiesça et répondit qu'il partirai pour Lúinwë.

« Bien, le voyage se fera en bateau. Vous n'aurez pas besoin de marcher des journées entières. Je vous laisse choisir quelques moines qui vous accompagneront. Ce serait bien que vous partiez le plus tôt possible. Ne faisant pas attendre nos frères de Lúinwë. »

Tharöm sortit de la cellule du père supérieur. Tout en se dirigeant vers la bibliothèque, il réfléchit au voyage qui s’annonçait. Il devra amener du matériel d'écriture avec lui ne sachant pas ce qui a pur être sauvé de l'incendie. Il trouva un grand coffre en bois dans une réserve qu'il remplit de couteaux, de plumes, de sachets de pigments, de mortiers, de grattoirs ainsi que de parchemins. Les livres sont des biens trop précieux pour être transportés de façon inconsciente. Il s'agit de véritable œuvre d'art qui ont nécessité une somme de travail importante. Le moine copiste n'emporte donc pas avec lui de livre mais des manuscrits moins précieux. Ceux-ci contiennent le même texte que les livres richement décorés qui ornent la bibliothèque du temple. Mais ils ne possèdent pas de décorations, d’enluminure ou de lettrine. Ils contiennent juste le texte à recopier. Ces manuscrits serviront à reproduire des livres dans la bibliothèque de Lúinwë.

Dans les jours qui suivirent, Tharöm parla du voyage à plusieurs autre moines. Plusieurs d'entre eux acceptèrent de l'accompagner. Il s'agit de deux moines qui travaillent dans la bibliothèque et de deux apprentis. L'un des moines qui travaille dans la bibliothèque est spécialisé dans l’enluminure tandis que l'autre possède un savoir faire en reliure. Les deux apprentis ont peu d'expériences mais beaucoup de bonne volonté. Bien qu'ils soient peu minutieux, ils pourront aider à différentes taches telles que le nettoyage ou la réglure.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Lun 22 Déc 2014 16:01 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
.

((( [:attention:] Message pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes lecteurs. [:attention:])))



Le temple dédié à Gaïa est un temple simple. En gravissant les marches du monument, le regard du voleur survole les guérisseurs qui se tiennent sur les marches de l’esplanade. Certains parlent entre eux, d’autres s’occupent de pèlerins que l’on reconnaît au bâton de marche que la plupart arborent. Vohl se hâte vers la porte d’entrée coulissante, dont le revêtement d’un jaune pâle, doté d'une fresque simple quoique de bonne facture, fait montre d’une sobriété à la hauteur de la réputation du temple de Gaïa d’Oranan. La hâte du jeune homme n’est pas due à un manque de considération vis-à-vis des guérisseurs, ni à un irrespect envers le dieu dont il s’apprête à visiter le lieu de culte. Les aiguillons qui le harcèlent ont des noms que chacun a maudit au moins un jour dans son existence : froid et fatigue. L’attention de Vohl est fixée sur un seul point. Le monde qui s’agite autour de ce point n’a quasiment plus aucune importance. La vision d’un abri galvanise l’ancien combattant, qui bondit presque au travers du vantail de la porte. En pénétrant dans le sanctuaire, les yeux du voleur se décillent d’un coup devant la merveilleuse et élégante sobriété des décorations qui parsèment la pièce dans laquelle il se trouve.

Lumineuse, la salle n’est pas pour autant aveuglante. Il y règne une de ces odeurs qui caractérise si bien les temples : l’encens. En s’engageant dans le couloir qui mène aux salles de prières, Vohl en a la confirmation quand une fidèle du temple le croise au sortir d’une de ces pièces. La femme est vêtue d’une robe de soie sublime et superbement taillée. C’est la seule chose que saura le voleur sur cette gracieuse représentante du genre féminin. Les courbes avantageuses, le maquillage discret, qui met en valeur le fin profil du visage, l’auraient plus ému s’il avait été une taupe ayant regardé le soleil en face. Ce n’est pas par mépris pour le bel échantillon de la gente de ces dames qu’il ne montre aucune réaction à ses charmes, mais bien parce qu’il a ramené ses yeux sur le sol, préoccupé et exténué, et continué sa progression. Dans le sillage de l’inconnue, une odeur subsiste : l’odeur entêtante des bâtonnets de prière brulés. Une seule inhalation, et les yeux de Vohl commencent à le piquer.

Il finit par trouver une salle de prière qui n’est pas bondée au détour des couloirs de parquet, patinés par le dévot piétinement de milliers de pèlerins et individus de tout poil. La pièce dans laquelle il entre ne compte que trois occupants, chose rare si l’on considère la fréquentation du temple, et tout particulièrement à ce moment de la journée. Vohl s’approche d’un des coussins de prière, régulièrement disposés dans toute la pièce. Bien que sobres, ces derniers sont généreusement rembourrés : c’est un confort appréciable pour le voleur, qui se sent glisser dans une douce torpeur. A genoux sur un coussin, au fond de la pièce, Vohl commence une prière mentale adressée à Rana. Que le temple soit dédié à Gaïa ne le gêne en aucune façon.

(L'endroit importe peu… la foi est l’unique lieu indispensable pour prier. Rana, comprends moi et soutiens moi. Je suis prêt à changer le cours des choses. Je suis prêt à faire tourner la Roue des Destins. Permets-moi de réaliser ma vengeance. Permets-moi de devenir un vent silencieux. Un agent du changement. L’ordre qui régit le monde martial est envahi par la moisissure et les parasites. Si je peux en éliminer ne serait-ce que l’un d’entre eux…)

Les pensées de Vohl commencent à vagabonder, ballotées entre son idéal et sa haine envers le meurtrier de son père. Dans un murmure, il commence à psalmodier une prière, bref extrait d’un chant rituel célébrant l’intelligence et la sagesse infinie de la déesse des vents. La litanie se fait plus lente et le ton plus bas à mesure que la tête poursuit son chemin involontaire vers le buste de l’homme agenouillé, assis sur ses talons. La voix ténue finit par s’endormir, en même temps que son propriétaire, le livrant aux bons soins d’un sommeil paisible.
C’est dans une pièce déserte que Vohl reprend ses esprits. Il ne saurait estimer pendant combien de temps il est resté assoupi, mais le sentiment de fatigue persistant semble lui dire qu’il a encore besoin des tendres étreintes du monde des rêves. Il lutte toutefois. S’il n’est pas complètement remis de sa nuit mouvementée, le meurtrier a néanmoins récupéré une partie de ses facultés de réflexion.

(Ce n’est pas seulement pour me reposer que je suis venu en cette place ! Il me reste encore à déterminer la conduite à tenir si je veux survivre. Je ne peux pas me permettre de grossières erreurs. En premier lieu, je dois trouver un endroit où je serai protégé du froid. Ce sera mon invisible ennemi, le plus fourbe de tous.)

A cette pensée, des souvenirs lui reviennent en mémoire: lors de son bref service dans l’armée oranienne, le soldat a parfois entendu des histoires de vétérans, racontées en des termes épiques et remplis d’emphase. Des histoires de guerriers, sur les montagnes du Nord, partie importante du front contre les Garzoks. Les effets insidieux du froid mordant, qui causaient engelures et hypothermie, pouvaient être responsables des plus grandes débâcles face à leurs ennemis ancestraux.

(Il me faut des vêtements plus chauds qu’un simple kimono, également. Je vais devoir me fournir dans un magasin. Pour la nourriture…eh bien ! Je me fournirai comme je l’ai déjà fait, ce ne devrait pas être plus compliqué que la dernière fois ! Au besoin, je me fournirai dans des maisons nobles… Ils ont plus de bien qu’il n’est sage d’en posséder. Les soulager d’un bien auquel ils ne prêtent plus attention n’est qu’une façon d’en faire meilleur usage.)

(J’ai besoin de tant de choses pour atteindre mon but ! Je ne peux pas me contenter de survivre ! Je dois faire plus ! Je dois devenir puissant. Et la puissance passe aussi par la richesse. Il me faut des fonds pour me renseigner, pour corrompre,… Je serai sans doute contraint à voler… à tuer, de nouveau. Tuer des innocents…)


Les traits de Vohl se sont tendus. La dureté revient dans ses yeux, et la ligne de sa mâchoire semble devenir plus sévère.

(S’il faut en passer par là …je le ferai. Quelques morts innocents pour en sauver un millier d’un système pourrissant, ce n’est pas cher payé ! Si ? Mais serai-je assez fort ? Cette tâche me paraît si… hors de portée. Un homme peut-il se mesurer à un ordre établi ? Et comment ? Rana…je t’en prie…aide moi ! )

Ses réflexions le mènent à des idées qui le perturbent. Ainsi, sa quête ne finira pas avec la mort d’un seul homme... Le fardeau qui s’abat sur ses épaules le dépasse. Quand soudain, une idée germe dans son esprit ! La raison initiale pour laquelle il se bat, c’est la famille ! Et pas la société !

(N’est-elle pas assez grande pour se débrouiller ? Ne sont-ils pas assez nombreux pour changer les choses ? S’ils acceptent enfin de voir la réalité en face…de voir que la gangrène atteint nos ordres…ils agiront. Mais ce n’est pas à moi de mener cela. Mon action les fera peut-être prendre conscience de cet état de fait. C’est pour cela ! C’est pour cela que je dois être prêt à ma salir les mains ! Cela sert ma famille ET mon peuple ! Les deux choses que j’ai juré de protéger, lorsque j’ai fait mes classes martiales !)

La conclusion du meurtrier allège la croix qui pèse sur son âme. Le soulagement le détend, et Vohl s’autorise à replonger dans un état de somnolence. Il ne lui faut que quelques instants pour repartir au royaume des songes. Après ce qui lui semble n’avoir été qu’une petite heure, un bruit tire en sursaut Vohl de son sommeil. Le bruit en question est un raclement sourd, émis par la porte coulissante de la pièce lors de son ouverture par une main visiblement empressée. Le flot d’adrénaline qu’a causé son brutal réveil le galvanise. D’un coup d’œil, il remarque les braseros allumés dans les coins de la salle de prière, encadrant l’autel.

(La nuit est donc tombée, cette fois.)

Cette pensée n’occupe son esprit qu’une courte fraction de seconde, et il note dans le même temps que les ombres dansantes le laissent la plupart du temps plongé dans la pénombre. Deux hommes entrent dans la pièce. Le premier, à la silhouette plutôt enrobée, tourne le dos au voleur. Il est tenu par les épaules par un individu plus petit, mais qui semble de constitution plus robuste, du peu qu’en aperçoit l’ancien soldat. Les deux hommes paraissent d’humeur peu sémillante, et c’est en trébuchant que le premier passe devant un des deux feux. Ses habits indiquent une condition de riche marchand. L’oreille de Vohl, quoiqu’attentive, ne distingue que quelques mots parmi ceux adressés à l’individu massif. Elle perçoit davantage les bégaiements de ce dernier, et les castagnettes que jouent ses genoux, que les murmures susurrants et menaçants de l’autre personnage.

« Car vous allez me les céder, n’est-ce pas ? »
« Bi…bien sûr, je…euh…. »
« Vous savez ce qui vous attends dans le cas contraire, bien sûr ? »
« Evid… »
« Bien, bien, je vais quand même vous le rappeler…je m’en voudrais de vous laisser dans l’ignorance ! »

Les individus progressent de quelques pas vers l’endroit où Vohl fait semblant de dormir, fermant les yeux pour se concentrer sur la discussion, qui a la méchante manie de se dissiper dans le sifflement des flammes.

« Ce n’est guère mon métier que de professer…mais laissez-moi m’essayer à l’exercice, je vous prie. »

Le marchand semble hésiter entre fondre en larme et se jeter par terre pour implorer la clémence de son bourreau. Pendant un moment, on n'entend plus que le crépitement des cendres qui explosent dans le brasero, et le froissement des étoffes du marchand, qui lutte pour se libérer. En vain. L'inconnu reprend enfin la parole.

« Je vois…une maison bruler…Une femme tenter de se réfugier dans le camp d’entrainement, éclairé par les lueurs de l’incendie…Je vois du sang…le sang d’un enfant. Une gorge ouverte tendrement d’un second sourire. Les flots pourpres ruisselants dans sa gorge. L’asphyxie achevant ses souffrances. Une lame miséricordieuse plongée dans le cerveau de son frère. La description vous sied-elle, ou dois-je persévérer dans mon ouvrage ? »
« Non…non, je vous en pr… »
« Oh, s’il le faut…peut-être encore quelque mots ? Un autre mort. Lentement. Les entrailles débordant de son énorme panse… Maintenu cloué au mur par des dagues traversant ses articulations, déchirant chair et tendons. Une quelconque part inutile de son anatomie reposant à quelques pas de là…arrachée, brisée…Vous avez peur ?... Bien. J’attends votre réponse. Dans deux heures maximum. Devant chez vous. Et si un seul garde vous accompagne…eh bien, vous savez vous-même que cela ne fait pas partie des solutions envisageables. Pour vous, du moins.»

Vohl, duquel se sont rapprochés les deux protagonistes, a réussi à comprendre l’intégralité de cette partie de la discussion. C’est un miracle qu’il n’ait pas été vu. Il remercie silencieusement Rana… et le kimono noir qu’il porte ! L’homme met fin à sa tirade d'une voix guillerette.

« Ah, et aussi, très cher ! N’oubliez pas de vous changer…vous n’êtes pas présentable ! »

Et tandis que les bruits de pas s’éloignent et que la porte coulisse, une odeur nauséabonde se répand dans la pièce, étouffant presque entièrement l’atmosphère d’encens. L’homme gras s’effondre sur le parquet ciré en un tas informe de chiffons, secoué de sanglots.

(Il a fait dans ses frusques. Il vient de ruiner deux fois plus de richesses que ce qu’il m’aurait fallu. Ce n’est qu’un faible. Un lâche.)

Mû par on ne sait quelle intuition, l’homme se retourne, pour voir Vohl se relever silencieusement. Ombre éclairée par le rougeoiement des flammes. Le marchand rampe à reculons, les pupilles dilatées par la terreur en voyant le feu faire luire le tranchant des griffes du meurtrier.

« Vous…vous ne pouvez…j’ai deux heures !... »

La peur et une certaine indignation précieuse se mélangent dans la voix aigrelette du bonhomme. De toute évidence, il croit trouver en Vohl un complice de l'individu qui le menaçait il y a encore quelques instants.

(Qui que soit celui qui cherchait à l'intimider, on peut être sûr de deux choses. D'une, il a fichtrement bien réussi son coup. De deux, il doit être sacrément dangereux et peu fréquentable.)

Le regard de Vohl se fait méprisant. Il enjambe la créature misérable, laissant ses lames glisser sur la poitrine de l’opulent marchand, par pure satisfaction qu’un lâche tremble ainsi devant lui. Le voleur n’a jamais eu la moindre envie de condamner l’homme. Pas pour lui-même. Non.

(Pour sauver deux enfants…et préserver mon âme. Un lâche pareil n’est d’aucune utilité à la nation, mais il n’est pas une menace. Ni pour sa famille, ni pour la République d’Ynorie.)

Ça ! Une menace ! Cette loque ! Un sourire narquois naît sur les lèvres du voleur tandis qu’il secoue la tête en sortant de la pièce. Un des servants du temple, surpris qu’il y ait encore quelqu’un à cet heure tardive dans le lieu de prière, laisse choir l’encens qu’il transporte en voyant un homme passer en hâte devant lui sans même daigner lui accorder un regard. Vohl le dépasse, tandis que le brave homme, les yeux rivés au sol, s’est jeté à terre pour éviter que la ressource ne s’éparpille en tous sens, et s’efforce de récupérer le plus de grains de romarin possible. C’est seulement lorsqu’il quitte le temple que vient une idée au voleur.

Une Ombre en plein jour

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 13:44 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 26 Nov 2016 22:48
Messages: 66
Localisation: Aliaénon
Une vieille femme aux yeux bridés, penchée sur elle. La fraîcheur de l'eau sur ses lèvres, dans sa bouche. La douleur, écarlate, qui tenaille et qui fouaille, consumant le corps et l'esprit d'un même feu ardent. Des cahots douloureux la secouent, elle ne comprend pas, n'a pas la force de songer à comprendre. Les ténèbres, à nouveau.

Un homme au visage doux et rond qui se penche sur elle. Il a les yeux bridés, cela rappelle vaguement quelque chose à l'Elfe mais elle referme les yeux et se contracte alors qu'un spasme de souffrance la secoue. Son ventre est en flammes, son dos et ses jambes la brûlent, sa poitrine est désagréablement comprimée et elle peine à respirer. Elle déglutit péniblement une pâte dépourvue de goût, la vomit quelques secondes plus tard. L'homme secoue tristement la tête, lui nettoie le visage avec douceur et disparaît. Plus tard, ils sont trois à discuter autour d'elle, elle aimerait qu'ils cessent car le bruit de leurs voix lui donne mal à la tête. "Elle va mourir", disent-ils. Idiots, je suis déjà morte, laissez-moi, voudrait-elle répondre. Ils n'entendent pas évidemment, ils lui redressent la tête et lui font boire quelque chose, puis la reposent délicatement sur sa couche. Une petite voix agaçante lui serine que ce n'est pas une raison pour recommencer, qu'elle doit s'accrocher. Elle soupire, ferme les yeux et sombre.

Le temps passe, alternance de sommeils comateux et de brève périodes d'éveil, de jours et de nuits qui s'enchevêtrent jusqu'à ne plus former qu'une masse absconse et dépourvue de sens dans l'esprit fiévreux de l'Elfe. Mais elle ne meurt pas et il vient un jour où elle a enfin la force de poser une question à l'homme au visage doux:

"Mon bâton...où est-il?"

L'humain s'éclaire d'un sourire radieux qui lui fend le visage puis, pour une incompréhensible raison, s'incline cérémonieusement devant elle en répondant:

"Je suis heureux de vous voir assez forte pour pouvoir parler. Très honoré, je me nomme Tenzin, je suis guérisseur au temple de Gaïa. Votre bâton est appuyé contre le mur juste derrière vous. Vous le serriez si fort que nous avons dû nous mettre à trois pour vous l'enlever, il fallait vous soigner", acheva-t'il sur un ton d'excuse.

Elle s'efforce de le remercier d'un sourire, mais sans doute est-il bien pâle car l'homme bienveillant lui enjoint de se reposer, lui expliquant qu'elle revient de très loin et qu'elle est encore bien faible. Plus tard, elle apprend de lui qu'elle a été sévèrement empoisonnée et que, lorsque elle a été amenée au temple, ses plaies étaient si nombreuses et si enflammées que plusieurs guérisseurs avaient déclaré son état désespéré. De plus, ajoute-t'il, elle a souffert d'une sérieuse malnutrition et de multiples coups à la tête, le temps est le meilleur remède et il lui en faudra pour se remettre. Difficilement Laewllyn se résigne, elle a tant de questions à poser et si peu de force pour le faire. Au fil des jours, elle apprend encore que c'était une caravane marchande qui l'a amenée là. Ils l'avaient tout d'abord crue morte, mais ils avaient parmi eux une herboriste qui tenait lieu de guérisseuse dans leur village, cette dernière avait su voir que la vie n'avait pas déserté le corps de l'Elfe et décidé d'essayer de la soigner. Ses moyens rudimentaires lui avaient permis de la maintenir en vie durant le long voyage en roulotte qui les avait amenés à Oranan, mais son existence vacillait comme une chandelle moribonde lorsqu'ils l'avaient déposée au temple.

Les jours passent, Laewllyn bavarde de plus en plus souvent avec Tenzin, mais aussi avec certains de ses collègues, prêtres ou guérisseurs. Alors qu'elle se remet lentement, elle s'efforce d'en apprendre le plus possible sur ce nouveau monde, sur ses dieux, ses peuples et ses légendes. Les prêtres de Gaïa sont, pour certains du moins, de véritables puits de connaissance. Peu à peu elle recommence à marcher, puis s'efforce de remodeler son corps affaibli et amaigri, se contraignant chaque jour à des exercices de plus en plus pénibles. Les prêtres lui ont fourni une robe simple et assez grossière mais confortable, bien que peu adaptée à la pratique de l'escrime ou, plus exactement, au maniement du bâton. Moyennant quelques pièces issues de la bourse dérobée au sorcier, ils finissent par consentir à lui faire confectionner une nouvelle tenue selon ses indications et c'est avec une joie sauvage qu'elle retrouve la liberté de mouvement offerte par un pantalon.

Un soir, elle tombe sur un miroir, ils sont peu nombreux dans le temple et sans doute a-t'il été oublié par un acolyte ou un fidèle et, pour la première fois de sa nouvelle vie, l'Elfe contemple son visage. Elle est tout d'abord consternée, horrifiée même en découvrant que, non contents de lui avoir incrusté d'étranges bijoux dans la chair, les gardiens de Serpent lui ont aussi atrocement tatoué le visage. Elle ne se reconnaît plus. "Tu n'es plus celle que tu étais", lui rappelle sa Faëra. "J'avais remarqué, Aube", répond amèrement Laewllyn.

Pourtant, au fil des semaines, elle s'habitue à son nouveau visage et finit même par décider que ces ornements lui vont plutôt bien, ce qu'elle ne reconnaît qu'avec une extrême mauvaise grâce. Elle s'est habituée également à la présence d'Aube, un lien plus intime s'est forgé entre elles bien que l'Elfe maintienne soigneusement relevé un mur de formalisme. L'Elfe tient à préserver l'illusion qu'elle est seule à connaître ses propres pensées et tance sèchement sa Faëra lorsque celle-ci lui rappelle indirectement que ce n'est pas le cas. Mais la bienveillance et la présence constante d'Aube finissent par avoir raison des dernières réticences de Laewllyn, les réprimandes deviennent peu à peu moins fréquentes, jusqu'à disparaître presque totalement.

Lentement, la guerrière réalise que son corps et son esprit ont retrouvé leur santé, elle se sent encore faible et incapable mais chaque jour qui passe atténue un peu plus le souvenir de celle qu'elle était avant d'arriver sur Yuimen. Un matin, elle admet que sa guérison est achevée et que, quel que soit le temps qu'elle passera encore en ces lieux, elle ne retrouvera pas ses anciennes capacités. Il est temps pour elle de s'en aller, de laisser la place à d'autres qui en ont besoin. Elle va voir Tenzin, le remercie pour ses bons soins et lui demande par quel moyen elle peut rembourser la dette qu'elle a contracté envers lui.

"Vis, respecte les préceptes de Gaïa que je t'ai enseigné. Et reviens me voir à l'occasion", répond le prêtre au doux visage rond.

L'Elfe s'incline gravement, dévisage son bienfaiteur une dernière fois pour graver ses traits dans sa mémoire puis quitte le temple sans un regard en arrière, rythmant sa marche des légers chocs que fait son bâton en se posant sur les pavés. L'heure est venue d'aller découvrir ce monde d'Aliaénon dont sa Faëra n'a cessé de lui parler, sans pour autant préciser ce qu'elle y trouverait. Tout ce que la Faëra a accepté de lui révéler c'est que, sur cet autre monde, il serait plus aisé à Laewllyn de renouer avec la magie, si différente ici de ce qu'elle a connu. Songeuse, l'Elfe se dit qu'elle a subi sa première Initiation sur Yuimen, elle a symboliquement survécu à l'épreuve de la terre et de la renaissance, un premier pas crucial pour s'enraciner dans cette nouvelle vie qui lui a été offerte. Son amertume des premiers temps s'est largement estompée, elle découvre avec surprise qu'elle se réjouit maintenant d'explorer ce monde, ces mondes même, si cet Aliaénon existe bien. Son pas se fait plus léger, plus insouciant et décidé à la fois. Elle ne possède que les vêtements qu'elle a sur le dos, un petit sac vide, quelques pièces et un excellent bâton de marche mais qu'importe? Elle se sent enfin libre de son destin et, surtout, incroyablement vivante!

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Lun 4 Juin 2018 22:28 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 5 Jan 2017 20:58
Messages: 73
Localisation: Aliaénon
<<< Aux portes d'Oranan

Messager d’Ynorie


Nous nous engouffrons rapidement dans les rues de la ville avant que le garde ne revienne sur sa décision. Tout ce que je peux contempler autour de moi m’impressionne. Rien ne ressemble à ce que j’ai pu connaitre à Bouhen. Les rues et les habitations sont blanches et propres. Les gens sont souriants malgré l’état de guerre dans lequel la ville est plongée, rappelé par les nombreuses patrouilles militaires qui arpentent les rues, armées jusqu’aux dents. Certains individus eux aussi armés mais tranchant avec la population locale, que ce soit par leur physique ou leur accoutrement, indiquent que la ville doit aussi être un nid de mercenaires venus ici pour alourdir leur bourse.

Les dalles chauffées par le soleil méridien sont agréables sous le pied et m’arrachent un sourire de contentement. J’en finis presque par oublier mon bras en écharpe. Les habitations sont basses et font rarement plus d’un étage. L’architecture est identique à celle que j’avais déjà pu observer à la porte mais de manière nettement plus modeste. Je peux observer des vieillards fumer la pipe sur les marches devant la maison pendant que le reste de la famille doit être en train de travailler. De petits jardins parfaitement entretenus parsèment la ville et il n’est pas rare d’entendre des cris d’enfants s’en échapper. Les patrouilles militaires bien que présentes, restent relativement discrètes. Les quelques habitants que nous croisons dans la rue nous dévisagent et détournent poliment le regard quand nous approchons. Il faut dire que nous ne passons pas inaperçu, surtout ma coéquipière, malgré la présence des autres mercenaires. Cette dernière est d’ailleurs toujours posée sur mon épaule, les jambes recroquevillées contre la poitrine, en train de bouder. Je tente de l’aborder, quitte à me faire mordre par l’aldryde de mauvaise humeur.

« Je te propose de commencer par le temple de Gaïa. Le garde à la porte nous a dit que c’était tout droit. Nous pourrons chercher une auberge pour que tu te reposes par la suite. Je continuerai le reste de ma visite de la visite seul si tu préfères. »
« Comme tu veux. C’est toi qui marche pour deux de toute façon. »

Pour une fois que je ne me prends par une remarque en pleine face, je me considère comme chanceux. Je poursuis alors mon chemin dans la direction indiquée par la sentinelle de la ville. Après une quinzaine de minutes de promenade dans une rue qui me semble être une des artères principales de la ville nous débouchons sur une place dégagée au centre de laquelle s’élève une bâtisse à l’allure proche, si ce n’est par sa taille, de toutes les habitations auprès desquelles nous venons de passer. De nombreux Ynoriens vêtus de longues robes blanches sont installés sur les marches menant au bâtiment, s’adressant avec calme et placidité aux passants. La porte flanquée d’un grand œil ouvert cerclé d’un soleil d’or me permet de confirmer cet endroit comme le temple que nous cherchons, bien que la représentation du symbole de la déesse de la lumière diffère quelque peu avec les représentations plus sobres de Bouhen. Je gravis la volée de marches qui me séparent de l’entrée du bâtiment sous le regard des prêtres blancs, fais coulisser la porte d’entrée et entre dans le temple.

L’intérieur du temple contraste avec la sobriété de son extérieur. Bien qu’il soit relativement simple et dénué d’effets exubérants, une beauté majestueuse se dégage de la pièce d’entrée. Des gravures sur bois décorent les murs d’élégantes arabesques et motifs naturels. Des paravents de toiles rehaussés de fils de soie permettent de séparer le temple en ce qui semble être différentes pièces de culte. Un jeu de fenêtres et miroirs permet d’envelopper l’ensemble de la pièce dans une douce lumière, l’ombre ne semblant pas avoir sa place dans ce temple dédié à la dame de lumière. De grands réceptacles métalliques indiquent que le temple doit être éclairé à la bougie le soir venu. Le sol est recouvert de lattes d’un bois clair et lisse qui est agréable sous mes pieds. Je vois des rangées de chaussures déposées à l’entrée du temple indiquant que les croyants préfèrent entrer dans ce temple pieds nus. Je me réjouis d’avoir à sauter cette étape. Je me sens gagné par une certaine quiétude et me sens presque aussitôt reposé de ces dernières semaines d’aventure.

Une petite femme d’âge mûr à la peau parcheminée et vêtue de robes de soie d’un blanc immaculé assorti à l’ivoire de ses cheveux se précipite à notre rencontre. Je la salue d’un mouvement de la tête et prend la parole.

« Bien le bonjour ! Nous venons transmettre le message d’une de vos prêtresses. Le village dans lequel elle officie a subi très récemment l’attaque d’un raid orque. De nombreux villageois ont été tués et les attaques sont, d’après ses dires, de plus en plus rapprochés. Voici un parchemin écrit de sa main. Veuillez nous excuser, la sentinelle à la porte l’a déjà décacheté. »

La femme me prend délicatement le parchemin des mains, en jetant un rapide coup d’œil à l’aldryde toujours perchée sur mon épaule à laquelle elle décoche un grand sourire. Elle déplie le papier et lit et relit les quelques lignes inscrites. Elle relève la tête vers moi, son visage se fendant à nouveau d’un sourire chaleureux et me fais signe de la suivre en s’engouffrant plus loin dans le temple. Je la suis sans me poser de questions.

Elle me fait parvenir dans un petit recoin séparé du reste du temple par deux paravents recouverts de nombreux détails brodés. Un homme qui ne semble guère plus jeune que la femme que nous avons suivie se trouve là, assis sur une chaise, accoudé à une table recouverte de parchemins. Il porte lui aussi une robe de soie blanche, dont les coutures sont cette fois décorées de fils d’ors. Sa tête est coiffée d’une sorte de petit bonnet blanc, signifiant sûrement qu’il est mieux gradé que la première personne à laquelle nous nous sommes adressés. La femme lui tend la lettre et s’efface alors du recoin en reculant, nous jetant un dernier sourire au passage. Le prêtre déplie le parchemin, et lit avec intérêt les mots qui y sont inscrits. Il tourne alors la tête vers nous et nous dévisage de la tête au pied, le regard grave.

« Veuillez excuser mon amie, elle est muette. Les nouvelles que vous m’apportez sont graves. Mais malheureusement, ce village n’est pas unique. Les raids orques sont permanents et nous sommes dépassés ici. Temps de guerre obligeant. »
« Je comprends. Mais ces pauvres villageois ont juste besoin d’un peu de soutien. Qu’on leur fasse comprendre qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils sont écoutés et connus par la capitale. Nous étions tous deux présents lors de la dernière attaque et les pertes sont nombreuses. Nous n’étions pas trop de deux pour soigner les nombreux blessés. »
« Mmmm… Je vais voir ce que je peux faire. Mais je crains que je ne pourrais que détacher pendant quelques jours un acolyte du temple pour aider à la reconstruction et aux premiers soins. La majorité des soldats et des prêtres de combat sont sur le font au nord. Veuillez m’excuser de mon impuissance. Merci en tout cas d’avoir fait le déplacement pour ces gens. »
« De rien… »

Je me retourne vivement, en serrant le poing droit et prends la direction de la porte. Je chuchote à demi-mot à Sarenrae.

« Cela m’énerve de ne rien pouvoir faire de plus… Et de devoir observer toutes ces morts de manière impuissante… A quoi bon être guérisseur dans ce cas ? »
« C’est la guerre… Tu t’attendais à quoi ? Je trouve que tu as déjà beaucoup fait à ton échelle… »

Je ne peux répondre à sa question et je sais malheureusement au fond de quoi qu’elle a raison. Mais cela m’énerve encore plus.

« Attendez ! »

La voix du prêtre retentit derrière nous. Je me retourne et vois l’ecclésiaste qui nous fixe du regard en se frottant le menton.

« Vous m’avez dit être guérisseur, est-ce vraiment le cas ? »
« Oui, cela fait partie de mes compétences... »
« Avez vous pensé à rejoindre le culte de Gaïa ? Le temple aurait besoin de personnes comme vous. »

Je m’arrête et le regarde intensément et répond plus sèchement que je ne l’aurais pensé.

« Je pense devoir décliner. Je viens de quitter mon pays pour justement éviter de rentrer au temple. Je préfère vivre ma vie telle que je le veux et aider qui je souhaite. »
« Mmmm… Je peux comprendre. C’est bien dommage, le culte de Gaïa est toujours à la recherche de personnes au cœur pur et généreux tel que le votre. Et avez vous au moins pensé à rejoindre la milice de la ville. Une fois de plus, des gens comme vous y ferait des merveilles. »
« Merci bien, mais ce sera encore non. Tout ce que nous cherchons pour le moment, c’est une auberge et un lit pour nous reposer. Si vous voulez bien nous excuser. »

Je salue rapidement et presse le pas vers la sortie mais la voix de l’homme reprend à nouveau. Je me tourne vers lui.

« Je peux vous conseiller l’Auberge des hommes libres, vous y serez bien accueillis. Quant à votre blessure… »

Il désigne mon bras gauche cassé.

« Allez donc la montrer à Mizuki à l’entrée. C’est une merveilleuse guérisseuse. Elle saura quoi faire. Ce sera notre façon de vous remercier pour ce que vous avez fait pour la République. Bon vent, aventuriers ! »

Je me radoucis. Cet homme avait presque faillit me faire regretter d’être venu à Oranan. Je le salue d’un mouvement de tête plus respectueux cette fois et me dirige vers la femme qui nous avait accueillis dans le temple. Cette dernière a toujours le visage illuminé par un grand sourire. Je défais l’écharpe qui me maintiens le bras en place et lui montre en essayant de lui faire comprendre que ce dernier est cassé. Elle me regarde calmement et pose ses mains avec légèreté dessus, comme pour attraper un papillon sans lui briser les ailes. Je sens alors une douce chaleur me parcourir le bras en profondeur. J’ai l’impression de ressentir des fluides semblables aux miens parcourir la cassure mais sans avoir le moindre effort à fournir. La sensation est extrêmement agréable. L’opération dure plusieurs minutes. Le sourire a fait place à une tête concentrée qui est focalisée toute entière sur son action. Puis, je sens ses fluides quitter mon bras avec délicatesse.

La prêtresse me renvoie un grand sourire et me fais signe de bouger le bras et la main. Je m’y essaie alors, tout en faisant attention. Mes doigts engourdis par l’inactivité mettent quelques secondes à se réveiller. Je parviens à serrer le poing avec difficulté. Mais sans aucune douleur ! Je regarde avec curiosité cette petite vieille qui cache bien son jeu et continue de me fixer de ses yeux mi-clos et de son sourire presque béat. Son niveau de magie doit être impressionnant pour guérir une fracture en quelques minutes. Je m’incline respectueusement devant elle et lui souris à mon tour, les expressions faciales étant notre seul moyen de communication commun.

Je quitte cette fois pour de bon le temple de Gaïa tout en jouant avec mon bras pour vérifier son bon fonctionnement, le sourire contagieux de la petite vieille sur les lèvres.



_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Lun 13 Aoû 2018 00:55 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 23 Fév 2010 16:11
Messages: 6816
Localisation: Quête 30 - Aliaénon
Un dragon. Mauve. Alistair le connaît ; c'est Naral Shaam. Le véritable héros d'Aliaénon. Seul réel acteur de la victoire de Fan-Ming sur les troupes d'Omyre plusieurs mois plus tôt. Le trouver ? Il est là, devant lui, il n'y a pas à le trouver. Juste à le tuer. Le tuer comme Alistair a tué Darion. Ses sourcils se froncent. Les siens. Les leurs. Alistair, Naral, Darion. Darion tombe dans un rire dément. Et il prend son armure. Alistair prend son armure. Mais il reste Naral. C'est un dragon sans en être un ; Alistair a un dragon face à lui, aux écailles mauves, il le sait. Pourtant, face à lui, ce n'est qu'un elfe. Alistair attaque, utilisant la même technique que sur Darion, une série de coups rapide avec ses dagues. Mais Naral Shaam disparaît dans un hurlement draconique, sa silhouette se tordant comme de la fumée au passage de la lame. Trouver Naral.

Loona dormait sur son épaule lorsqu'Alistair ouvrit les yeux. Combien de temps cela faisait-il qu'il était dans cet état léthargique, oscillant entre rêves tumultueux et semi-conscience douloureuse ? Son corps le faisait atrocement souffrir. Ou du moins, c'était l'impression que cela lui faisait. Pourtant, dès qu'il tentait d'identifier la source de ses maux, il se heurtait à un mur. Qu'était-ce ? Quelle partie de son corps lui procurait donc ces sensations ? Il avait chaud. Ca c'était un symptôme qu'il pouvait aisément identifier. Ou bien... Etait-ce plutôt le froid ? Après tout, il tremblait. Mais des sueurs lui parcouraient tout le corps, le rendant moite et inconfortable. Alors avait-il chaud ou avait-il froid ? Il aurait été incapable de le dire. La fièvre rendait ces concepts obsolètes.

Les mycellium. Soudain, une révélation. Ce n'était pas la première fois qu'il se rendait compte de la source de ses maux, mais la lucidité disparaissait toujours au prochain cauchemar. Les mycellium, voilà ce dont il avait envie. Voilà ce qui pourrait soigner son mal. Il en avait tellement pris que son corps tout entier en réclamait pour fonctionner correctement. Son quotidien se rappela à lui. Il était dans ce temple depuis plusieurs semaines. Quel temple ? Il n'aurait su le dire. A Oranan, c'était sa seule certitude. La logique aurait voulu Gaïa, mais y avait-il seulement un temple de Gaïa à Oranan ? Alistair avait passé plusieurs mois de sa vie dans cette cité, mais il était soudainement incapable de le dire. Peu importait, au final. Sa mémoire recouvrée, il connaissait le déroulement des prochaines semaines : on le ferait manger, il irait mieux quelques heures, pourrait peut-être même prendre son bain seul, puis sombrerait de nouveau dans un long et profond sommeil qui raviverait ses angoisses les plus ancrées et rallumerait la flamme de sa dépendance. Puis une nouvelle journée se lèverait sur la ville de l'Ouest et le rituel recommencerait, inlassablement.

Un dragon. Mauve. Alistair le connaît ; c'est Naral Shaam. Son tourmenteur. Alistair a juré de le tuer. Et c'est ce qu'il fera. Mais Naral Shaam a disparu. Aliaénon. Le Conseil d'Or. Il faut le retrouver. Le retrouver et le tuer.

Loona était fermement accrochée à Alistair lorsqu'il ouvrit les yeux, les bras autour du cou du convalescent et les jambes enroulées autour de sa cuisse. Il ne suait plus. Il n'avait plus si chaud non plus. Quelques nausées. Quelques douleurs. Son corps était faible. Mais il avait subi pire convalescence. Au moins n'avait-il pas eu le temps de perdre de sa forme physique.

_________________
Image


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Lun 13 Aoû 2018 02:42 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 23 Fév 2010 16:11
Messages: 6816
Localisation: Quête 30 - Aliaénon
Naral Shaam. Pourquoi avait-il tant rêvé de Naral Shaam ces derniers jours ?

Alistair coinça un morceau de viande entre deux baguettes avant de le porter à sa bouche, le mâchonnant pensivement. C'était une tranche de bœuf mijotée dans un bouillon, et par la même occasion le premier plat que l'assassin pouvait apprécier à sa juste valeur. Il ressortait tout juste de la léthargie induite par le manque et avait l'impression de redécouvrir les aliments. Si les prêtres du Temple de Gaïa menait une existence frugale, on ne pouvait pas dire que leur cuisine n'avait pas de saveur. Les produits n'étaient pas très chers et provenaient en bonne partie de dons mais ils pouvaient se permettre le luxe d'ajouter une quantité non négligeable de viande à leur menu ; c'était cependant avant tout leur savoir faire qui sublimait les plats les plus simples. Ayant vécu dans la cité un certain temps, Alistair avait depuis longtemps appris à apprécier la cuisine Ynorienne et ce plat n'avait pas grand chose à envier à certaines très bonnes tables de la région, si ce n'était du bon vin Kendran pour l'accompagner.

« J'ai rêvé de Naral Shaam récemment, » prononça-t-il finalement.

Loona leva la tête pour le regarder dans les yeux. Une certaine inquiétude transparaissait dans son regard.

« Tu sais pourquoi ? » demanda-t-il en apercevant ses yeux.
« J'en ai parlé avec un prêtre, » répondit-elle, baissant les yeux.

Alistair s'arrêta de manger, observant son interlocutrice fixement.

« Pourquoi ? » questionna-t-il simplement.

La jeune femme s'agita sur sa couche à même le sol. Quelque chose n'allait pas, l'assassin le sentait.

« Quand nous aidions le Roi de Kendra Kâr... Aliaénon a de nouveau demandé à l'aide. Il s'est passé plusieurs mois depuis, mais récemment ils ont relancé une campagne de recrutement ici. Il y avait des affiches clamant que le Conseil d'Or recherchait des gens pour retrouver Naral Shaam. »

Elle fit une petite pause, s'agitant de nouveau, avant de conclure.

« Un prêtre savait que tu es... Enfin que tu étais à Aliaénon, alors il est venu me le dire. »

Alistair détourna le regard, se reconcentrant sur son plat. Elle allait dire qu'il était un Héros d'Aliaénon. Mais elle savait qu'il n'aimait pas qu'on le lui rappelle. Aliaénon, son échec le plus cuisant. Son humiliation. La situation était complexe pour Loona : elle s'inquiétait pour son monde, il le sentait, mais elle savait le traumatisme qu'avait subi son compagnon là-bas et à quel point il fuyait cette part de son passé. Souvent, il se demandait lui-même si ce n'était pas la raison de la distance entre eux. Elle lui rappelait ces terres dans lesquelles il avait tout abandonné. Mais était le dernier salut qu'il pouvait en tirer.

« Tu veux y retourner, » déclara simplement Alistair.

Ce n'était pas une question, juste une énonciations des faits. Comment pourrait-elle ne pas vouloir revoir les siens après ce qu'il s'était passé, alors qu'elle venait d'apprendre qu'ils étaient potentiellement en danger.

« Je m'inquiète, » répondit-elle en détournant à son tour le regard. « J'ai entendu des choses...  »

L'assassin attrapa un dernier morceau de bœuf qu'il ingurgita en une bouchée avant de porter le bol à ses lèvres pour en boire le contenu. Le récipient vide, il le reposa sur la table avant de hausser les épaules.

« Nous partons demain, » lâcha-t-il pour seule réponse.

Loona releva les yeux vers lui, les sourcils écarquillés.

« Pour... Aliaénon ? » demanda-t-elle.
« Il faut que tu t'assures que ton monde va bien, n'est-ce pas ? Et moi, je dois retrouver Naral Shaam. Alors nous répondrons à leur appel demain. Ca ne devrait pas poser de problèmes pour nous. »

L'Essérothéenne le fixa quelques secondes, muette, le visage impassible. Avant de hocher la tête dans un souffle.

« Merci. »

Alistair haussa de nouveau les épaules, balayant ces remerciements pour se concentrer sur la brochette de poulet devant lui.

Ces derniers rêves lui en avaient donné la certitude de toute manière. Il devait retrouver Naral Shaam. Pour le confronter, au moins. Lui sauver la vie, au mieux. Lui qui les avait toisé de haut, les excluant de son plan pour mieux les humilier lors de sa victoire, allait devoir sa vie à Alistair. Et, s'il n'était pas en danger, alors l'assassin le tuerait. Mais ce n'était de toute façon qu'en affrontant de nouveau Aliaénon qu'il pourrait s'en guérir. Il fallait soigner le mal fait à son ego par un exploit au moins aussi conséquent que sa défaite.

Un bruit se fit entendre de l'autre côté de la porte. Quelqu'un frappait, prêt à entrer. Après un bref assentiment d'Alistair, un prêtre Ynorien se dévoila.

« Bonjour, » salua-t-il poliment en langage commun. « Comme vous semblez aller mieux, je vais devoir vous demander de partir cette semaine. C'est que nous avons d'autres patients qui arrivent presque tous les jours, nous allons avoir besoin de la place. »

L'assassin hocha la tête en signe de consentement.

« J'avais prévu de partir dès demain de toute façon. Je me passerai de votre hospitalité avant midi. »
« Très bien, » rétorqua le prêtre en s'inclinant en signe de gratitude.

Il s'apprêta à repartir mais le diplomate fit un signe de la main pour le faire attendre. Il se redressa pour se diriger vers son sac et y fouilla quelques secondes. Une bourse pleine en ressortit, au creux de sa main. D'un geste vif, il l'envoya au dévot, qui la réceptionna prestement.

« Un paiement pour vos soins, » commenta-t-il.
« Nous n'acceptons pas les paiements pour nos services, mais je peux enregistrer cette généreuse donation au nom du Héros d'Aliaénon, » corrigea le prêtre.

Une lueur d'inquiétude passa sur le visage de Loona. Il détestait ce titre qu'on lui donnait. Il détestait qu'on lui rappelle ce qu'il considérait comme une mascarade. Mais il n'eut pas la réaction qu'elle redoutait. Il haussa simplement les épaules, désinvolte.

« Enregistrez-le comme vous le désirez, c'est à vous maintenant. »

Son interlocuteur se révéra une nouvelle fois en guise de remerciement avant de quitter la pièce. Alistair se tourna vers Loona et... sourit. D'un sourire qu'il n'avait pas arboré depuis bien longtemps. Un sourire franc, innocent presque, vide de la moindre malice, exempt du plus petit ressentiment. Parce qu'il avait gagné sa dernière bataille. Pas indemne, loin de là, et pas sans accroc, mais il avait gagné. Et il avait maintenant un magnifique plastron pour se souvenir à jamais de sa victoire.

Loona sourit à son tour, presque compulsivement. C'était la première fois qu'elle le voyait arborer un tel visage. Une telle expression. Un tel apaisement. Alistair se libérait de son passé, enfin. Il abattait le mur. Le mur qu'il avait mis toutes ces années à construire, pour se protéger du monde, se protéger de la vie. Il fit un pas en avant et se laissa tomber sur ses genoux, toisant Loona à quelques centimètres seulement d'elle, mais la surplombant de presque deux têtes. Le sourire de la jeune femme se fit plus timide alors qu'il s'approchait d'elle. Elle qui avait tiré son imposante carcasse jusqu'à Oranan et avait veillé sur lui presque deux mois dans ses nombreux délires fiévreux. Jamais il n'avait mis autant de temps à mettre une femme dans son lit, mais jamais il n'en avait eu tant l'envie. Il se pencha plus en avant alors qu'elle fermait les yeux et leurs lèvres se rencontrèrent. Puis ce fut le tour de leurs corps.

_________________
Image


Haut
 

 Sujet du message: Re: Temple de Gaïa
MessagePosté: Jeu 16 Aoû 2018 22:15 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 23 Fév 2010 16:11
Messages: 6816
Localisation: Quête 30 - Aliaénon
((( [:attention:] Attention, certains passages de ce RP peuvent être légèrement choquants [:attention:] )))


Un vautour tourne en cercle au-dessus de lui. Prêt à prendre son repas. Dans ces landes désolées, il est la seule forme de vie. Ces landes. Fan-Ming. Il regarde autour de lui. La cité est en vue. Mais en ruine. Et le blanc de la neige a laissé place à un désert de sécheresse. C'est le lieu de la dernière bataille d'Aliaénon. Le vautour lâche un cri presque humain avant de descendre en pique. Ses serres se plantent dans le cadavre. Coup de bec. Un globe oculaire est arraché. Il le regarde, sans bouger, alors que le vautour continue son repas. Coup de bec. Le nez s'arrache comme un simple morceau de poulet. Loona n'est plus si belle, ainsi défigurée.

Alistair se réveilla en sueur. Voilà qui était nouveau. Le sommeil agité de sa convalescence avait laissé place à ce que l'assassin redoutait : la peur pour la vie d'une autre personne. Elle était là, le visage paisible, dormant sur l'un de ses bras. Il se défit doucement de son étreinte pour se relever ; il y avait une mare propre derrière le temple, et il avait besoin de se rafraîchir. Il enfila un pantalon pour cacher sa nudité et sortit sans bruit de sa chambre, traversant silencieusement toute la bâtisse vers la sortie menant sur la cour. C'était un lieu idéal de relaxation : à l'abri des regards et de bien des bruits, il y avait un jardin pourvu de quelques fleurs et un cerisier fournissant une ombre importante, ainsi qu'un petit étang artificiel où l'on pouvait se baigner jusqu'au bassin. Alistair s'agenouilla devant la source pour s'asperger le visage, balayant les gouttes de sueur maintenant froides. Il se frictionna ensuite tout le buste, lavant sommairement son corps, avant de se relever. Il avait encore perdu de ses forces, avec cette nouvelle convalescence. Mais cette fois, il ne prendrait que quelques jours à pleinement s'en remettre. Pourtant, un autre genre d'entrave venait de faire surface. Ou plutôt venait-il de se rendre compte de sa présence. Car désormais Loona était son point faible. Désormais... Il craignait pour une autre vie que la sienne.

L'aube pointait le bout de son nez. Il était l'heure de partir. Partir vers des terres hostiles, au cœur de la mêlée. Il rejoignit rapidement sa chambre, aussi silencieusement qu'il l'avait quittée, et se replaça à côté de Loona, la tirant contre lui. Elle sembla s'éveiller l'espace d'une seconde mais ses yeux se refermèrent aussitôt et ils restèrent ainsi près d'une heure supplémentaire. Puis elle releva péniblement une paupière. Puis l'autre.

La matinée était presque terminée lorsqu'ils quittèrent finalement le temple de Gaïa. Loona avait tenu à dire au revoir à chacun des prêtres après leur déjeuner, après quoi ils avaient dû remballer leurs trop nombreuses affaires. En fait, c'était Alistair qui était surchargé : il troquait une nouvelle fois son armure et se retrouvait avec des nouveaux équipements inutiles à empaqueter. Ils s'étaient donc répartis les affaires pour se diriger vers le marchand le plus proche. Alistair enfilait l'armure de Darion pour la première fois. Ou, plutôt, l'armure d'Alem.

_________________
Image


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 23 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016