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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 24 Mar 2017 18:17 
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Le garde ne semblait pas s'attendre à ça. Surpris, il nous salue aussitôt et nous invite à le suivre au milieu des bâtisses plus aisées. Je l'écoute répondre à Charis tout en observant le quartier bien diffèrent de celui d'en bas. Jess, Guigne et Sable sont les dirigeantes d'Arothiir et forment la Noble Trinité. Thrag, lui, grommelle dans sa barbe, ce qui m'arrache un sourire amusé. D'autant plus que le garde fait semblant de ne pas entendre et Charis entreprend de le gronder d'un ton ferme. Elle avait raison, nous n'allions pas rester très longtemps et il aurait ensuite tout le loisir de maugréer ce qu'il pense sur cette cité. Je lui adresse un sourire entendu qui, j'espère, l'apaisera le temps de notre séjour ici.

Je descends de monture quand nous arrivons au palais et évidemment je ne perds pas l'occasion de montrer mes qualités de cavalier. Mon pied reste coincé dans l'étrier, je manque de me ramasser la face sur les dalles de marbres provoquant chez Gaika ce rire si moqueur. Heureusement je me rattrape à la bride et parviens à dégager mon pied. Je salue ensuite les gardes devant le palais, l’air de rien, avant d'y pénétrer. Je commençais à croire que le marbre était une ressource abondante sur Aliaénon. Une salle immense, toute faite de cette pierre brillante, vide comme la salle du fluide de Fan-Ming à l'époque. J'étais abasourdi par tant de beauté mais également par un tel étalage de richesse. Je ne pouvais m'empêcher de penser aux maisons délabrées des quartiers plus pauvres. Plus jeune, je trouvais injuste une telle différence de vie mais avec le temps je m'y étais habitué, je m'étais même fais une raison. J'avais compris que les richesses étaient faites pour être étalés aux yeux de tous pas pour être partagées. C'est tout. Ça ne m'empêchait pas d'admirer le palais des trois dirigeantes qui se tenaient au fond de la pièce, installées sur des majestueux trônes. Des femmes avec des cornes. Mon regard est d'abord attiré par celle à gauche, peu vêtue, la peau pâle, des yeux flamboyants. Je décolle mes yeux de sa peau nue pour observer ses deux semblables. A droite, une qui semblait plus jeune, au visage ingénu, aux cheveux roux, courts et à la peau dorée. Celle au centre, vêtu de noir et de blanc se tenait fièrement sur son trône, dardant sur nous un regard noir qui me met mal à l'aise.

Le garde nous présente avant d'être congédié par la dirigeante peu vêtue. Celle du centre nous accueille ensuite d'une voix impérieuse pour nous souhaiter la bienvenue et nous demander la raison de notre présence ici. Elle semblait s'adresser uniquement à Charis, nous prenant pour des gardes du corps. Réaction qui eut pour effet de déclencher un soupir chez Thrag et un léger rire chez moi. Charis prend la parole comme elle sait si bien le faire. Je fais un signe chaleureux de la main quand elle me présente et incline poliment la tête quand elle précise que c'est un honneur d'être ici. Elle poursuit ensuite, donnant les raisons de notre voyage. Je garde le silence, curieux de connaitre l'avis de ces drôles de dames sur le sans visage et le conseil d'or.


((572 mots ))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 25 Mar 2017 13:16 
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Arothiir – Mine Za’lahak. (8h45).

    Les mineurs se jaugèrent l’un l’autres aux paroles de la petites, puis l’un d’eux s’exclama :

    « Bon allez, jette donc un œil le temps que sa tombe soit creusée. Mais fais vite. »

    Visiblement, l’argument inversé de l’intérêt d’une Ombre d’Arothiir enquêtant dans leur mine avait fonctionné. Yurlungur put donc observer le corps du mineur. En plus de la blessure (décrite dans la màj précédente) et la non-présence de résistance dans le meurtre, elle découvrit, en observant plus précisément la blessure, quelques veinules noirâtres autour de celle-ci. Du poison avait été utilisé. Un poison mortel, qui avait tué l’être sur le coup.

    En observant un peu le corps, elle put également découvrir un étrange tatouage à l’encre pourpre, sur l’intérieur de son poignet.

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    Elle en ignorait bien sûr la signification. À part ça, l’homme n’avait aucun signe distinctif particulier.


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (tromperie) + 1 (bonus longueur).]


Arothiir – Palais (18h50).

    Les Dames d’Arothiir réagirent différemment aux paroles de Charis. Si la centrale, Jess, demeura inflexible, visage neutre, de marbre, sa voisine alanguie se para d’un sourire amusé, presque malveillant. La plus jeune, Sable, fronça quant à elle les sourcils, visiblement un peu nerveuse. Ce fut une fois encore Dame Jessaccilo qui répondit à la question de la femme du désert.

    « Votre courtoisie vous honore, Dame. Nous serions heureuses de vous accueillir en notre cité aussi longtemps que vous le souhaiterez. Des appartements peuvent même vous être apprêtés au sein du Palais, afin de vous éviter les désagréments d’une auberge du peuple. »

    Elle ne voilait pas son mépris du peuple. Sans doute encore davantage du bas peuple.

    « Le Conseil d’Or. Depuis longtemps ces politiciens ont failli à leur tâche d’unification. Ne leur prêtez aucun crédit, ils ne sont que des marionnettes incapables de défendre les intérêts de leurs peuples. Voilà de longs mois que nous n’avons plus aucun contact avec eux, aussi ignorions-nous leurs desseins de faire appel aux valeureux Sauveurs d’Aliaénon. Ne vous leurrez pas : ils sont responsables des tensions qu’ils prêtent à l’Unique, envoyant leurs sbires, chevaliers sans identité, ni foi, ni loi, troubler la paix des peuples au nom d’une purge irraisonnée. Le Sans-Visage, lui, représente le Conseil tel qu’il aurait dû être : unificateur, profondément ancré dans ce monde et enraciné dans les cultures de chaque peuple. Le progressisme aveugle du Conseil d’Or leur empêche de voir la vérité en face : au nom d’une rancœur puérile, ils mettent en danger la paix sur ces terres. »

    Un discours pour le moins engagé, prononcé avec calme néanmoins. Au moins ne cachaient-elles pas leur préférence officielle pour le Sans-Visage. Mais cela cachait-il autre chose ?

[Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 1 (bonus longueur)
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mar 28 Mar 2017 13:53 
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Neutre, amusée, nerveuse. Voilà les différentes réactions que nous offrent les dirigeantes d'Arothiir. Je devine déjà à ces réactions les paroles qui ne tardent pas à sortir de la bouche de la dame du milieu. Elle annonce d'abord qu'elles seront heureuses de nous accueillir et qu'elles sont même disposées à nous apprêtés des appartements pour éviter les désagréments d'une auberge du peuple. Je fronce un sourcil un instant face à son mépris. Elle poursuit en donnant son avis sur le conseil d'or. Un avis que je peux comprendre, que dans certaines mesures, je pourrais presque partager. En envoyant des chevaliers qui n'ont aucune limite aux quatre coins du monde, ils ne peuvent que troubler la paix. Pour autant je ne peux pas dire, comme elle, si le sans visage ne représente pas un danger.

Je m'avance d'un pas, devançant Charis pour m'adresser aux dirigeantes, certainement avec moins de formule et de tenue que la princesse du désert mais néanmoins avec un ton courtois et sincère.

"Nous vous remercions pour votre accueil. Surtout que le voyage n'a pas été facile. Nous ne souhaitons pas abuser de votre hospitalité très longtemps, nous désirons juste passer la nuit avant de repartir. Un appartement pour nous tous suffirait sauf si Charis souhaite en avoir un à part pour son intimité. J'espère ne pas exagérer en demandant où nous pourrions nous laver et où nous pourrions nous fournir en vivres pour la suite du voyage ?"

Un palais comme celui-ci contenait sans doute assez de chambres pour nous tous mais j'étais plus tranquille à l'idée que nous soyons tous dans la même pièce. J'ajoute avec une certaine curiosité mêlé d'inquiétude:

"Je suis tout de même curieux de savoir de quels désagréments d'une auberge du peuple vous parlez. Y a-t-il un risque à passer la nuit hors du palais ?"

Elle ne parlait certainement que de l'odeur ou du bruit des ouvriers qui célèbrent la fin d'une dure journée de labeur mais dans l'inquiétude que les étrangers ne soient pas les bienvenus dans la cité je préférais poser la question. Karz était resté là-bas et il n'était pas du genre à passer inaperçu. Je voulais m'assurer qu'il ne risquait rien. J’ajoute avec une profonde sincérité :

" J’aimerais vous précisez que bien que ce soit le Conseil d’Or et plus précisément le dragon rose qui souhaite en finir avec le sans visage, nous cherchons avant tout à éviter tout conflit et préserver la paix. Je ne voudrais pas que vous pensiez que nous venons ici pour semer le trouble. C'est très important. J'imagine que avis ne nous sont pas tous favorables. Notre dernier passage sur ce monde à tout de même causer quelques dégâts. Nous avons réveiller les titans et maintenant ce monde est à la limite d'un conflit. Pensez vous que nous sommes responsables ? Ou que certains peuvent le penser ?"

Je ne pouvais cacher une certaine culpabilité par rapport au réveil que nous avons provoqué. Même si le Sans-Visage est un usurpateur, il maintenait une paix entre les peuples. Paix qui était devenu fragile. Je garde la tête levé, sans ciller, en attendant une réponse.

((Environ 540 mots))

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Dernière édition par Xël le Sam 1 Avr 2017 03:30, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 29 Mar 2017 20:30 
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...

L'un de ses arguments, sans doute le dernier au vu du changement d'expression faciale des mineurs, semblait avoir fait mouche. Elle guettait leur malaise du coin de l'œil, faisant semblant de s'écarter sans réellement bouger - elle s'attendait à ce qu'ils la rappellent. Et, effectivement, après s'être concertés un moment du regard, ils flanchèrent et lui indiquèrent qu'ils lui laissaient un moment le corps à disposition. Un sourire sincère et retenu dans sa largeur apparut sur son visage et elle s'inclina devant eux pour les remercier dûment, ajoutant un brin de surprise dans sa réponse :

« Oh, merci beaucoup. Je vous assure que je ferai ce qui est dans mes cordes pour vous aider. »

Puis, sans attendre davantage qu'ils ne lui répondent, elle reporta son attention sur le cadavre et s'accroupit à côté de lui en prenant garde à ne pas se tâcher. Si tôt, ce serait tout de même navrant, et elle avait déjà eu du mal à laver de sa jupe le sang de sa mère et de Calua. Son visage s'assombrit à cette pensée - ce qui n'était pas plus mal puisque les mineurs étaient encore juste à côté - puis elle se concentra réellement sur la plaie. Avec précaution, elle saisit le haut du crâne avec ses doigts délicats et le fit pivoter doucement pour voir la plaie plus en détail. S'il n'y avait ces imbéciles à côté, elle aurait bien plongé ses doigts à l'intérieur même de la chair ouverte, mais elle craignait que cela ne les effraie ou qu'elle manque ensuite d'eau pour continuer à pouvoir jouer son rôle d'ingénuité.

Alors que la plaie s'ouvrait légèrement, sans pour autant laisser trop de sang couler - une partie avait déjà coagulé, ce qui semblait être une réaction indépendante de la mort de l'homme -, elle remarqua sur les bords des veinules violettes. Plissant les yeux, leur couleur était plutôt proche du noir, mais la coloration était suffisamment légère pour qu'elle n'ait rien remarqué d'emblée. Elle lança un rapide regard à d'autres endroits aléatoires du corps de l'Arothiirien : il n'y avait rien de semblable autre part. C'était nécessairement lié à la blessure, sans doute un poison. Mais l'assassin avait-il réellement besoin de cela pour réussir à le tuer ? Il avait tout de même réussi un coup presque parfait, qui avait déjà dû achevé l'homme. S'il avait eu à rajouter du poison sur son arme, c'était nécessairement qu'il ne pouvait tolérer d'échouer à sa mission et qu'il savait s'en procurer. Tout cela devenait diablement intéressant.

Elle n'avait jamais été une experte ès poisons. Il serait de toute façon difficile d'en extraire à présent, d'autant plus si elle souhaitait ne pas attirer l'attention de Speeh et compagnie. Elle décrirait cela à Dorika, mais devant les autres, elle n'aurait rien remarqué de semblable, ou ne se serait pas attardée dessus. Car que pouvait-elle bien y comprendre, elle, une simple petite fille ? Mais il ne fallait pas qu'elle sourie, pas maintenant.

Malgré la difficulté de la chose, elle évalua à l'œil la profondeur de la plaie, faisant pivoter au fur et à mesure la tête pour le faire à différents endroits. Il était évident que la profondeur était maximale juste au-dessus de la pomme d'Adam et elle imaginait, au vu de la trajectoire qu'avait empruntée l'arme, que l'assassin avait dû attaquer par derrière. Cela serait le plus cohérent, conformément à l'absence de résistance qu'il avait eu en opposition à son crime. Quant à l'arme, elle croyait bien reconnaître là une dague courbe, du type de celle qui se trouvait au fond à droite de l'armurerie de Dahràm. Elle releva la tête, surprise. Connaissait-elle donc si bien ces lieux, qu'elle avait décidé d'abandonner à jamais ? Mais le risque était trop grand que, là-bas, elle retrouve Asmodée...

Elle s'était prise dans une réflexion un peu trop lointaine pour l'occasion. Remarquant les regards interrogatifs des mineurs à son encontre alors qu'elle restait là, songeuse, elle se pencha encore une fois sur le corps pour continuer à l'examiner, comme si cette réflexion n'était pas encore tout à fait terminée et qu'elle avait besoin de vérifier quelques petites choses sur la dépouille.

Mais à vrai dire, elle ne voyait rien de plus. Même si un corps était souvent porteur d'informations utiles à propos du tueur, elle doutait pouvoir en tirer davantage que ce qu'elle avait déjà pu apprendre. Elle reposa délicatement la tête, avec tout l'égard qu'on doit aux morts. Elle sentait sur son dos les regards des mineurs et, sans trembler, elle lui ferma les yeux du plat de la main avant de rabattre en croix ses bras sur le corps, comme pour signifier qu'elle en avait fini. C'est alors que, par hasard, elle remarqua sur le poignet un signe curieux. Un tatouage, apparemment, coloré de pourpre, était parfaitement visible juste à cet endroit et suffisamment original pour qu'elle le fixe un moment, histoire de l'inscrire dans sa mémoire du mieux qu'elle le pouvait. Lorsqu'elle reposa le bras - c'était le droit, et elle savait qu'il n'y avait pas ce signe au poignet gauche -, restant un moment à réfléchir en silence, elle était certaine de pouvoir le reconnaître si elle le voyait, à peu de choses près.

En temps normal, elle n'aurait pas fait attention au reste du corps - elle ne l'aurait même pas manipulé avec autant de soin. Elle aurait dû, une fois sa tâche terminée et tous les renseignements obtenus, le laisser là sans se soucier outre mesure de ce qu'il adviendrait de lui. Étrangement, c'était donc son rôle de composition qui lui avait donc permis de remarquer ce détail. Même si elle gardait la tête légèrement penchée en avant, ses yeux passaient rapidement sur les poignets de tous les Arothiiriens assemblés autour d'elle. Aucun ne possédait ce signe.

Coïncidence pure ? Peut-être. Il fallait donc déterminer si ce tatouage était une cause, un effet, ou tout à fait indépendant de ce meurtre. L'assassin n'avait pas dû prendre le temps de marquer sa victime après coup, mais peut-être l'avait-il fait auparavant, avant de passer à l'action, quoiqu'elle ne voyait pas réellement de sens derrière cela. Quant à la possibilité que le tatouage soit apparu suite à l'utilisation d'une magie mortelle par le tueur, elle en doutait fortement - d'après tous ceux qu'elle avait rencontrés, les Arothiiriens étaient incapables de magie. Mais pourquoi avoir tenu à désigner sa victime avant l'heure ? À moins qu'un autre n'ait marqué la cible, puis que l'assassin ne se soit chargé que du meurtre sans plus de considérations... Une ultime possibilité serait d'imaginer le tatouage comme un signe distinctif de certains mineurs, appartenant peut-être à une organisation cachée que le criminel cherchait à faire disparaître, mais cela lui semblait tiré par les cheveux.

Elle se releva, lentement, relevant ses grands yeux bleus vers Speeh qui se tenait en face d'elle. Son visage, loin d'exprimer d'émotion claire, semblant pourtant plus grave qu'auparavant. Devait-elle révéler à ces gens ce tatouage ? Peut-être pourraient-ils l'aider, en effet, mais elle redoutait qu'ils ne la gênent, ou qu'ils ne la fassent remarquer par un potentiel espion dans la mine. Elle était quasiment sûre que le tueur n'agissait pas seul, ce qui mettait déjà quelques bâtons dans les roues à la théorie de l'Ombre. Ce serait peut-être suffisant pour réussir à gagner l'appui des mineurs, mais Arsok pourrait sans doute s'enfuir sans problème. Ce n'étaient que des mineurs, Dorika et elle-même connaissaient trop mal les alentours et la mine pour le poursuivre efficacement sans risquer de tomber dans un piège. D'autant qu'elle n'avait pas encore décidé si Arsok pouvait devenir un potentiel allié ou un futur décédé.

Non, la solution la plus prudente serait de n'en faire part qu'à Dorika. L'Ombre resterait à la mine pour enquêter, elles pourraient l'observer plus aisément et accumuler des preuves contre lui. Et puis, dans le pire des cas, il suffirait d'attendre le prochain meurtre pour vérifier sa théorie en inspectant discrètement les poignets des mineurs et celui de la future victime. Pourquoi devrait-elle avoir la moindre compassion pour ces types ?

« Je ne suis pas certaine mais... je crois qu'il s'agit d'un genre de dague. Je sais, je n'apporte sans doute pas grand-chose, mais la plaie est tout de même très nette. La lame devait être très aiguisée, ce qui semble conforter la théorie d'Arsok de la présence d'une autre Ombre, n'est-ce pas ? »

Elle leva un regard presque suppliant vers Speeh, essayant de jouer elle-même l'apeurée. Cela marcherait d'autant mieux qu'elle restait une enfant à leurs yeux. Une gamine aux capacités étranges, oui, mais sans plus.

« Je vous en prie, faites attention à vous, d'accord ? Je ne veux pas vous voir morte, s'il vous plaît... »

Elle avait donné à sa voix des tons désespérés - de ceux qu'adoptent les enfants lorsqu'ils pensent à un souvenir triste. Il lui avait suffi de se remémorer le cadavre de sa mère, ses propres mains ensanglantées et souillées par son crime, pour réussir à sortir malgré elle une résonance plus vraie que nature. Mais, sentant bien que cela exagérait peut-être et faisant semblant de paraître forte devant les mineurs, elle secoua encore une fois la tête, se chassant de la tête ces pensées tristes, pour réciter les yeux fermés :

« Courage, je dois prendre courage... fit-elle à mi-voix avant d'imiter grossièrement la voix de Dorika. Courage, petite sœur. Fais un vœu chaque fois que tu pleures. Redresse-toi au lieu d’avoir peur, quelqu'un t’attend là-bas. Souris, petite sœur, même quand tu as envie d’avoir peur. Le bonheur est tout près, il existe. Quelqu'un t’attend là-bas. Et nous y serons, ensemble... »

Elle releva la tête et sourit aux mineurs.

« Merci beaucoup pour votre patience. Je dois aller retrouver ma sœur, mais je vous offre mes plus sincères souhaits de survie. »

Elle se retourna là-dessus et se mit à marcher calmement vers les baraques où s'était dirigée sa “sœur”. Elle croyait avoir bien réussi sa comédie : elle avait montré à ces balourds qu'elle savait éprouver des sentiments de peur, de tristesse et de désespoir, complétant auprès de Speeh son masque de jeune enfant encore trop sensible. Quant à Dorika, elle pensait l'avoir défendue également, lui prêtant des paroles d'encouragement à son égard. Au moins penseraient-ils que la grande sœur, bien que très peu bavarde, pouvait être elle aussi aimante en privé. Autrement dit, elles étaient toutes les deux humaines et proches l'une de l'autre. Même si l'action sur les mineurs n'avait que peu d'importance, elle espérait que Speeh lui resterait acquise jusqu'au bout. C'était l'une de leurs seules alliées fiables ici et elle ne devait pas laisser s'échapper l'ouverture qu'elle leur avait laissée.

Elle avait des tas de choses à raconter à Dorika. Sans doute des tas à apprendre aussi.


(((1500 mots, citation de Les Aventures de Bernard et Bianca – Quelqu’un viendra)))

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Dernière édition par Yurlungur le Lun 3 Avr 2017 10:50, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 31 Mar 2017 15:27 
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Les trois femmes ne réagissent pas de la même manière. Si la plus bavarde demeure inflexible, l’une semble s’amuser de la situation et l’autre ne se sent pas à l’aise avec. Bien, au moins cela ne les laisse pas indifférentes, c’est indéniable, reste à voir le pourquoi du comment.

Jessacilo répond cependant à notre présence ici en se présentant ravie de nous recevoir en leurs murs. Elle nous propose également des appartements dans le palais afin d’éviter les désagréments apportés par la plèbe. M’étant attendue à ce genre de remarque, je ne peine en rien à garder le visage neutre. Je peux comprendre que quelqu’un puisse avoir peur de ce qu’il ne connaisse pas. Reste à savoir une chose : savent-elles de quoi elles parlent ?

Elle reprend sur ce qui m’intéresse plus : leur vision du Sans-Visage qui nous apporte un regard neuf sur la situation. Elle nous met en garde contre le Conseil d’Or, soulignant l’échec de leur tentative d’unification. Un recoin de mon esprit oppose l’argument que pour avoir une tentative d’unification réussie… il faut que tout le monde y mette du sien et j’ai le sentiment que cette cité n’a pas prêté une oreille attentive à leurs demandes. Reste à savoir pourquoi. La dirigeante me confirme qu’ils n’ont eu aucun lien les uns avec les autres. Elle souligne les excès des Chevaliers, dont nous avons déjà entendu parler. Même au sein du conseil, ils ne font pas l’unanimité. Ce qui m’étonne plus dans ses propos est le soutien qu’elle semble donner sans concession au Sans-Visage, qu’elle qualifie d’unificateur là où le Conseil a échoué.

Ses paroles me laissent songeuse et c’est avec plaisir que je laisse Xël prendre la parole en premier pour les remercier de leur hospitalité, ce à quoi je hoche la tête pour me joindre à ses propos. Il demande cependant un appartement pour nous trois, précisant que je peux choisir d’en prendre un pour moi. Je serre les lèvres. J’aimerais en avoir un pour moi, je ne parviens pas à me faire à l’idée de dormir dans la même chambre que des hommes, en étant seule de surcroît, pour quoi me prendraient-ils ? Mais… je n’ai pas vraiment de choix, nous ne sommes pas maîtres en ces lieux et nous ignorons comment ces femmes nous considèrent. Il serait plus prudent que j’accepte, mais… je ne me sens pas très à l’aise. Xël s’enquiert des risques à passer du temps dans la ville, bien que je me doute de la réponse méprisante qui risque de sortir de ces belles lèvres. Il conclue en précisant que le Conseil d’Or souhaite en finir avec le conseil d’Or tandis que nous cherchons une issue pacifiste. C’est vrai, jusqu’à un certain point. Chacun d’entre nous aura bientôt sa propre vision de la situation et oeuvrera dans ce sens. Sa précision est néanmoins nécessaire et j’espère qu’en effet, ces femmes ont compris que nous ne sommes pas partis pris dans cette situation, mais que nous cherchons à la comprendre.

Je prends à mon tour la parole :

- Je vous remercie également de votre hospitalité, mes Dames, et en suis honorée. Je ne souhaiterai cependant pas en abuser, aussi, s’il est possible d’avoir un appartement avec mes compagnons, cela me conviendrait.

Je fais une pause, revenant sur le cœur de la discussion :

- Profondément ancré dans le monde et enraciné dans les cultures de chaque peuple, dites-vous, Dame ? Qu’entendez-vous par là ? Pardonnez ma curiosité, je tente d’en apprendre plus et votre vision est bien différente de celle que le Conseil nous a exposée. Comment le Conseil met-il en danger la paix de ces terres ? De quelle façon la situation se présente-t-elle, selon vous ?


~600 mots

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 1 Avr 2017 17:23 
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Arothiir – Palais (18h55).

    Les trois dames écoutèrent une fois de plus les deux aventuriers parler, et lorgnèrent Thrag qui ne parlait pas. Dame Jess se fit encore le porte-parole de la Trinité pour répondre aux propositions des deux héros d’Aliaénon, inflexible.

    « Nous ne permettrons pas la moindre gêne entre vous en forçant une mixité de votre logement. Nous avons bien suffisamment de place pour vous avoir des logements séparés. Ce serait un honneur que de vous y accueillir. Vous aurez accès à tous les vivres dont vous pourriez avoir besoin pour votre départ. Nous serions honorées que vous restiez plus d’une nuit en ces murs, sachez-le. Si votre volonté est de préserver la paix, un séjour prolongé ici saurait être pertinent. »

    Elle avisa Xël un instant, avant de rétorquer, plus mordante dans son ton :

    « Nous ne pourrions vous laisser traîner dans la fange et les puces des habitants des bas-quartiers. Les lois de l’hospitalité sont sacrées, ici. Et n’ayez crainte : si l’Eveil des Titans a ses côtés néfastes, vous autres, Sauveurs d’Aliaénon, avez eu un rôle plus que positif sur ce monde. Vous nous avez montré nos forces, et appris à nous servir de nos faiblesses. Il n’y a que les moins intelligents qui pourraient vous reprocher vos actes. »

    Sa voisine, Guigne, se fendit d’un commentaire acerbe :

    « Comme cet abruti de Seok d’Andel’Ys, par exemple, si vous voulez un nom. »

    Jess lui lança un regard noir, qui ne trouva de réponse que par un sourire provocateur supplémentaire, qui n’eut d’autre conséquence que l’attention de Jessaccilo à nouveau portée sur les aventuriers, alors qu’elle s’apprêtait à répondre aux questions de Charis.

    « Le Sans-Visage fait partie des cultures des peuples d’Aliaénon bien plus que les Titans, eussent-ils été les premiers. L’Unique fait partie des peuples d’Aliaénon, il est enraciné dans leur histoire, là où les Titans ne sont que des inconnus lointains, inaccessibles. L’Unique connait tous les habitants de ce monde, toutes les traditions. Il n’y a d’être mieux placé pour nous assembler, n’en déplaise au Conseil d’Or et à son Dragon Violet. »

    Une fois encore, Guinirgy intervint, légère dans le ton.

    « Mais fi de cette rencontre par trop officielle. Vous devez être affamé et envieux de vous relaxer. Permettez que l’on vous mène à vos appartements. Vous y trouverez tout ce que vous pourriez avoir besoin pour vous mettre à l’aise : bain, habits plus confortables, et quelque collation pour vous remplir l’estomac. Nous serions toutes trois ravies, mes sœurs et moi, de vous accueillir en des salons plus privés, plus intimes, lorsque nous aurons respectivement pris nos repas. Je doute que vous puissiez apprécier le nôtre. »

    Une lueur inquiétante passa dans son regard alors qu’elle souriait de plus belle. Jess n’avait pas cillé, cette fois, et se remettait à la conclusion de sa consœur. Sable, la troisième, regarda Guigne en entrouvrant les lèvres, comme si elle venait intervenir à son tour… Mais elle se retint, et très vite, deux gardes en, livrée noire, semblable à celle du soldat les ayant amenés ici, arrivèrent pour mener les aventuriers vers leurs quartiers, laissant ceux-ci répondre une dernière fois au trio avant d’être emmené parmi le dédale de couloirs du fastueux palais d’Arothiir.

    Les appartements qui leur furent confiés étaient au combe de leurs attentes : une petite aile entière du palais leur était confiée, contenant une grande salle commune aux décorations diverses et élégantes, autour d’une fontaine intérieure, au centre d’un bassin de mosaïques. Des sièges noyés de coussins, des livres, des tables basses se disputaient l’espace.

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    Plusieurs portes donnaient sur cet endroit, dont trois furent ouvertes, donnant sur des espaces privés. Des chambres luxueuses aux lits confortables, spacieuses et meublées pour le confort des occupants. Chacune contenait un bassin d’eau fumante et parfumée. Xël, dans sa chambrée, fit la rencontre d’une créature pour le moins surprenante. La peau hâlée, les cheveux lâchés, elle ouvrit sur le jeune mage de grands yeux noisette en battant voluptueusement des cils. Une tenue pour le moins échancrée qui laissait entrevoir ses formes généreuses sur une taille de guêpe. D’une voix chaleureuse, suave, elle accueillit Xël, souriante.

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    « Bonsoir, maître. Je suis là pour vous servir. Comment puis-je vous être agréable ? Puis-je vous proposer un bain ? Une collation ? »

    De son côté, Charis n’était pas en reste, avec la version masculine de la délicieuse apparition du mage aérien. Un torse nu et musclé seulement vêtu d’un médaillon, une peau halée, des cheveux sombres et en bataille, une barbe naissante et un regard clair, céruléen, barré par une marque noire maquillée sur son visage. Il accueillit la jeune enchanteresse avec un sourire enjôleur sur les lèvres.

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    « Ma Dame, laissez-moi être vôtre, ce soir : demandez-moi ce que vous voulez, et je vous le donnerai. »


[HJ : Je vous laisse commenter les dernières interventions des trois dirigeantes, et rejoindre vos quartiers et vos… occupations. Gérez tout ça en libre : ces chers hôtes répondront à la moindre de vos demandes (si vous avez un doute, demandez.). Vous avez également le droit de RP en aparté, entre vous, si vous le souhaitez. Lorsque vous serez prêts à rejoindre la Trinité, cessez votre RP sur votre départ de vos appartements.]

[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (prudence) + 0,5 (bonus longueur).
Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).]



Arothiir – Mine Za’lahak.

    Les mineurs reprirent leur tâche d’enlèvement du corps alors que la petite se rendait vers les bureaux, sous le regard inquiet de Speeh, qui la laissa aller sans mot dire. Arrivée à portée de la salle où le directeur de la mine les avait accueillies la veille au soir, elle put entendre quelques éclats de voix, dont elle ne comprit que les mots « suspecte », « pas seule » et, lorsqu’elle s’approcha de la porte pour mieux entendre, sans voir la moindre trace de Dorika, la voix d’Arsok préciser :

    « L’autre est là. »

    Et celle du directeur lui répondre d’aller la chercher séant. Sans qu’elle ait le temps de réagir, la porte s’ouvrit à la volée sur l’Ombre aux cheveux blancs, et l’homme au regard acéré vint saisir son bras pour l’emmener dans l’office, où Dorika était déjà là, maintenue pareillement par le directeur Deunog, grimaçant de douleur, et le regard affligé. Le dénommé Deunog apostropha la petite de manière impersonnelle.

    « Occupée à fureter, bien évidemment, comme la grande. Ah j’aurais dû me méfier après ce qui est arrivé aux autres mines, et ne pas laisser n’importe qui entrer ici. Surtout armées de la sorte ! »

    Il indiqua sur son bureau les armes, dépouillées, de Dorika : sa longue miséricorde, presque une rapière, et ses dagues de jet. Il regarda la petite, la soupçonnant sans doute d’en avoir tout autant, mais Asork intervint.

    « Elles n’ont sûrement pas commis ce crime, qui qu’elles soient. Celui auquel je pense travaille en solo, mais elles auraient pu l’aider à entrer dans la mine en détournant l’attention. Des complices probables. »

    Et le directeur d'embrayer, en reluquant Yurlungur :

    « Allez, avoue, toi, la vérité sur votre présence ici, si tu veux pas qu’on fasse de mal à ta grande sœur. »

    Il tordit partiellement le bras de Dorika, qui grimaça et envoya un regard insistant vers Yurlungur, tout en secouant la tête subrepticement.


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (rôle de composition) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Lun 3 Avr 2017 10:50 
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...

Tout en s'éloignant, Yurlungur avait pu lancer quelques regards rapides en arrière. Les mineurs, eux, s'étaient remis à transporter le corps plus loin, tandis que Speeh l'avait observée un moment. Était-ce une forme d'inquiétude qu'elle avait lue dans ce regard ? Elle haussa les épaules. Cela n'avait aucune importance. Mais il fallait avouer qu'elle était plutôt fière de ce qu'elle était arrivée à faire gober à la mineuse, si bien qu'une forme de sympathie perverse s'était établie à son égard chez la gamine. En même temps, ce n'était qu'une travailleuse du peuple : qu'y connaissait-elle en tromperie et en subterfuges ? En y réfléchissant, la petite fille parvenait maintenant à expliquer certaines de ses compétences qui impressionnaient les adultes et autrefois le Gros Néral ou Liniel : c'était son sang noble qui s'exprimait. Toute pétrie de cette fierté méprisante, elle arriva enfin devant le bureau du directeur pour saisir des voix qui échangeaient, apparemment assez animées.

Qui donc était “suspecte” ? Et “pas seule” ? Soudain elle comprit - les mineurs ne l'avaient-ils pas déjà accusée, et avec Dorika ? - mais elle n'eut pas le temps d'arrêter son mouvement ou de commencer à s'enfuir que la voix de l'Ombre indiqua qu'il savait qu'elle était là. Elle eut un instant l'envie de s'enfuir, mais sut que ce serait imbécile. S'il avait su la repérer aussi rapidement et s'il était à la hauteur de la réputation des Ombres, il devait sans mal pouvoir la rattraper d'une part, et le fait qu'elle montre toute son agilité lors de cette poursuite perdue d'avance pour elle ne les rendrait que plus “suspectes”.

De toute façon, l'Ombre semblait avoir traversé la salle d'un coup puisqu'il ouvrit la porte presque instantanément et la saisit par le bras pour l'emmener brutalement à l'intérieur. Aussi proche de ce regard si dur, potentiellement en contact avec le véritable assassin, elle ne put retenir un frisson : mais pour son regard effrayé, sa posture affaissée et son état contracté, c'était elle qui s'y était forcée. Son calme, elle le gardait en songeant que tout n'était pas perdu d'avance : de toute façon, n'avait-elle pas déjà résisté à la torture par le passé ? À priori, ces deux types n'iraient même pas jusque là - ou du moins pas avec elle - si elle en croyait ce qu'elle avait cru comprendre de leur chef, le contremaître. Ce n'étaient que des suppositions, mais il était probable qu'il garde une part d'humanité dans son cœur de pierre. (L'idiot.)

Dans le bureau se trouvait déjà Dorika, que le directeur Deunog tenait d'une ferme poigne. Celui-ci accusa la petite de fureter, tout comme la grande lorsqu'ils l'avaient trouvé. Intérieurement, elle écoutait attentivement, calculant minutieusement tout ce qui leur arrivait, mais elle jouait extérieurement le rôle d'une petite fille apeurée (cela ne lui demandait pas tellement de concentration, à vrai dire). Il les accusa à mots couverts du meurtre qui était arrivé ce matin, se reprochant de ne pas avoir fait suffisamment attention, mais semblant certains qu'elles étaient dangereuses en désignant les armes de Dorika étendues sur la table. Cela signifiait-il qu'elle s'était fait battre aussi rapidement, puis désarmée aussi facilement ? Yurlungur y ressentit une pointe de déception. Tant pis.

L'Ombre, Arsok, intervint pour expliquer qu'il ne les croyait pas capables du meurtre. Il semblait persuadé qu'une autre Ombre était à l'origine de tout cela, mais qu'elles deux avaient pu l'aider à rentrer. En somme, au lieu de leur diagnostiquer la peste de la culpabilité du meurtre, il leur donnait le choléra de la complicité. Brillant. Le directeur se retourna vers elle, la seule enfant dans la pièce, pour lui intimer d'avouer tout ce qu'elles avaient fait en menaçant sa grande sœur. D'ailleurs, comme pour se donner de la contenance, il tordit le bras de Dorika qui grimaça de douleur : mais la petite fille perçut bien qu'elle avait secoué la tête. Elle-même, pour parfaire son rôle, se crispa à cet instant, secouant à son tour la tête dans une expression de dégoût. Non, le plan restait clair : elles étaient innocentes et avouer quelque chose pour quoi elles n'avaient aucune responsabilité serait illusoire. Restait à imaginer une manière de se sortir de ce traquenard...

« Je... Je c-crois que... »

Elle s'efforçait à bégayer légèrement en fixant Dorika. À ce moment, elle ne parvenait pas à faire venir de larmes à ses yeux, mais elle avait déjà une parade à ce manque : un léger tremblement, qu'on remarquait aisément chez elle quoiqu'il fût artificiel, lui donnait l'air effrayée, affolée, surpassée par tout ce qui lui arrivait.

« Oh, m-monsieur, je suis d-désolée... Je ne sais pas ce q-que Dorika a encore fait, mais nous voulions juste aller à A-Arothiir... Et puis cette histoire effrayante... Maintenant, j'ai - j'ai peur... de mourir... »

Elle leva un regard angoissé vers Arsok, qui la tenait encore fermement.

« S'il vous plaît, il faut que vous retrouviez le tueur, d'accord ? J'ai vu les mineurs, tout à l'heure, et nous avons tous peur... Je vous en prie ! »

Elle se retourna à nouveau vers Dorika, maintenant avec une expression de reproche. Pendant un instant, elle ne dit rien - sa “sœur” comprendrait bien assez vite d'où venait ce mécontentement - puis elle reprit, la voix tremblante :

« Mais pourquoi sommes-nous parties si rapidement d'Esseroth ? »

Elle leva son regard vers le contremaître et embraya sans laisser le temps à quiconque de la couper :

« Nous avons pris des armes parce que nous avions peur d'être attaquées sur la route. Surtout que nous n'étions que deux, et deux femmes... Mais là, nous voulions simplement vous aider, pour trouver le tueur, parce que peut-être que nous pouvions être utiles... Mais nous n'avons fait qu'empirer la situation... »

Elle baissait ses yeux au sol, penaude, tout en continuant à parler de la manière avec laquelle on fait des aveux.

« Nous avions besoin d'eau tout à l'heure, car nous n'en avions plus, donc j'ai proposé à Speeh de vous aider, de récolter des indices pour vous les donner, monsieur, en échange d'un peu d'eau pour poursuivre notre route... »

Elle relevait déjà la tête vers Arsok, essayant de trouver dans son regard une émotion quelconque pour pouvoir l'interpréter. De l'admiration s'il voyait clair dans son jeu ? Du mépris ou de la méfiance s'il s'y laissait prendre ? Mais à nouveau, son regard revint vers Dorika et elle fit comme si elle oubliait les deux autres autour pour recommencer à se plaindre :

« Tu vois, finalement, cette nouvelle vie n'est pas mieux que la précédente ! Nous arrivons ici avec presque rien, comme si on devait tout recommencer de zéro avec quelqu'un qui nous disait ironiquement : “Vous ne possédez rien, en-dehors des quelques centimètres cubes de votre crâne” ! Et puis moi, j'ai jamais été une pointure, continua-t-elle avec plus de colère dans la voix, je ne comprends sans doute rien à ce qu'il se passe ici et je ne sais même pas ce qu'il va m'arriver. Alors tu sais, entre mourir ici de leur main ou sous celle des Chevaliers ! »

Tout cela, jusqu'à la révélation finale, était parfaitement orchestrée : aussi leva-t-elle aussi sec une main à sa bouche, comme si elle en avait un peu trop dit, ses deux yeux rondissant tout aussi promptement avant de se baisser, elle-même se donnant l'air du coupable n'osant plus regarder sa sœur en face.


(((1000 mots, citation de 1984)))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Jeu 13 Avr 2017 23:38, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 14:09 
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Thrag reste muet alors que Charis et moi avons tant de questions à poser. Les dirigeantes, par la voix de celle qui se fait nommer Jess nous invitent à rester plus qu'une nuit, un séjour plus long étant d'après elle pertinent pour conserver la paix. Elles donnent également accès aux vivres dont nous aurions besoin pour la suite du voyage. J'incline la tête pour la remercier alors qu'elle me scrute l'espace d'un instant avant d'insulter purement et simplement les ouvriers qui apportent toute la richesse dans laquelle elles se vautrent. Je ne peux m'empêcher de sourire avec un certain cynisme devant un tel comportement. Elle me rassure ensuite, seul les moins intelligents pourraient nous reprocher nos actes d'il y a cinq ans. La dirigeante peu vêtu s'empresse de donner l'exemple de l'abruti de Seok d'Andel'ys. Un nom qui me parle. Je crois même l'avoir rencontré. J'ignore le passif qu'ont les deux cités mais la remarque avait claqué comme un fouet, s'attirant un regard sombre de la part de sa consœur qui réponds ensuite aux questions de Charis. Elle lui répond que le Sans-Visage fait partie des cultures des peuples d'Aliaénon, il connait les habitants, les traditions. Il fait partie de l'histoire de ce monde alors que les Titans, aux yeux des peuples, ne viennent que d'apparaître. Guigne intervient d'un ton léger et propose de s'arrêter là dans la conversation pour rejoindre nos appartements et nous y détendre un moment avant de les retrouver plus tard dans des salons plus intimes. J'hausse un sourcil quand elle fait un commentaire sur le repas qui les attend. Que pouvait-elle manger ?

Des gardes s'approchent pour nous mener vers nos chambres. Je remercie les dirigeantes avant de suivre nos guides dans le labyrinthe formés par les couloirs du palais jusqu'à atteindre l'appartement qui a la taille d'une grande maison. Une grande salle commune transpirant l'opulence. Une fontaine, un bassin, des bibliothèques, des sièges couverts de coussins devant des tables basses. Cet espace aurait largement suffit pour héberger tous les sauveurs d'Aliaénon. Mais ça ne s'arrête pas là, plusieurs portes donnaient sur la salle dont trois étaient ouvertes. J'en prends une qui me conduit dans une autre pièce débordant de luxe. Je ne savais pas comment me sentir, baigné dans cette richesse. Un lit confortable qui remplace la paillasse, des meubles regorgeants d'habits propres là où avant je n'avais que des haillons, des tables garnis de bières, de vins, de fruits, de viandes alors qu’avant mon alimentation ne contenait que du pain dur et de la soupe. Un bassin d'eau chaude à la place d’une vasque d'eau froide. Le contraste avec ma vie d'avant fait remonter en moi un souffle de nostalgie et de culpabilité en repensant à Méli.

Mais cette pensée s'efface vite. Dans la chambre, je suis attendue par une femme à la peau hâlée, aux cheveux longs et aux yeux noisette. Je m'attarde sur ses formes que sa tenue mettait en valeur. D'une voix suave, elle m'accueille et me demande comment elle peut m'être agréable, elle me propose un bain, une collation. Je souris, l'air curieux en lui répondant:

"Bonjour. Tu peux m'appeler Xël, discutons un peu. Quel est ton nom ? D'où viens-tu ?"

Elle répond que son nom importe peu et qu'elle vient d'Arothiir. Elle me demande à nouveau ce qu'elle peut faire pour moi.

"Un nom est plus pratique, je préférerais le connaître. Il mettrait entre nous une certaine intimité."

Je souris en me dirigeant vers une table pour me servir à boire avant de poursuivre. Observant d'un air envieux le bassin d'eau chaude dans la chambre.

"Si je te disais que la dernière fois que j'ai pris un bain avec de la compagnie le sans visage m'est apparu. Tu me croirais ?"

La question semble l'amuser. Elle s'appelle Dakha et dit me croire. Joueuse, elle me demande si je suis prêt à prendre le risque de le voir ici. Ça m'arrangerait pour être honnête. Elle s'approche de moi et défait sa robe, se montrant nue devant mes yeux. Magnifique, elle continue de s'approcher pour me murmurer que la température de l'eau est à point. Je l'invite à y descendre avant de boire une gorgée et retirer mes vêtements sales.

"Mes compagnons ont le droit au même genre de compagnie ?"

Je la rejoins dans l'eau et sans aucune gêne, elle se glisse vers moi pour coller sa peau nue contre la mienne tout en répondant que l'hospitalité est reine à Arothiir. J'ai l'impression oui. Je me laisse faire, laissant Dahka faire ce qu'elle doit surement avoir l'habitude d'entreprendre. Je l'interroge sur cette cité plus que curieuse. Elle me répond que c'est une belle ville pour saisir sa chance et quand j'insiste elle me dépose un baiser dans le cou en me disant que le sujet est trop sérieux pour se détendre. Je continue de lui parler, la laissant faire ses caresses, je voulais en apprendre plus sur la cité et les dirigeantes mais elle secoue la tête, ce n'est pas à elle de répondre à ces questions. Je n'apprendrais rien d'elle, j'abandonne la conversation pour entreprendre des activités plus charnelles et après deux minutes intenses je termine de me nettoyer, boit, mange en invitant Dakha à y participer, échangeant avec elle des sujets plus léger. Je l'écoute rire, la regarde danser et passe d'autres bons moments avec elle qui me font oublier pendant un instant l'accident de notre voyage et les questions inquiétantes de notre venue sur Aliaénon.

Bien plus tard, je sors enfin de ma chambre, ravi et détendu. Propre, habillé de vêtements neufs. Les cheveux encore humides tombant sur mes épaules. Charis est présente, elle aussi lavée et parée de nouveaux vêtements. Manifestement plus détendue mais toujours aussi sérieuse, elle décroche les yeux de son livre pour lever la tête vers moi. Je lui souris, je ne me lasse pas de sa beauté mais j'évite tout de même de trop la dévisager pour ne pas la mettre mal à l'aise.

"Tu as eu le droit au même accueil que moi ?" Demandais-je en plaisantant pour ouvrir la conversation.

Elle s'agite légèrement dans son fauteuil, provoquant chez moi un léger rire alors qu'elle me répond avec un léger sourire que oui avant de rapidement changer pour me demander ce que je pensais de nos hôtes. Je me sers une autre chope de bière avant de m'installer dans un fauteuil près d'elle.

"Elles ne plaisantent pas avec l'hospitalité en tout cas. Je ne partage pas leur avis sur la plèbe mais je comprends leur avis sur le sans visage."

Elle hoche la tête avant de me dire ce qu'elle en pense. La Trinité, le Conseil d'Or, deux façons de voir les choses mais elle ne comprend pas comment l'un ou l'autre se permet d'être aussi catégorique surtout que, elle comme moi, nous n'avons encore vu aucune manifestation du sans visage. Elle conclue en me disant qu'elle n'aime pas l'idée de se faire un avis sur de simples avis justement. Le problème que j'ai avec mon sous éducation est mon manque de vocabulaire. A plusieurs reprises, Charis use de mots qui me sont inconnus, je dois d'ailleurs lui demander de me définir le sophisme. Elle s'excuse avant de m'expliquer que c'est une sorte de combat où celui qui parle le mieux gagne. En tout cas, c'est comme ça que je le comprends. Je la remercie d'un sourire qui se défait peu à peu. La définition qu'elle vient de me donner me fait penser à Naral, un beau parleur qui n'hésite pas à se servir des mots. J'ai un mauvais pressentiment à son sujet, je le soupçonne même clairement de nous mentir et de nous manipuler une fois de plus.

"Un exemple me vient immédiatement en tête, le dragon rose. En tout cas, avant le passage de Vallel, les cités dans lesquelles j'ai combattu étaient totalement étrangères au concept même de guerre. Maintenant Aliaénon m'a l'air d'être une cruche d'eau prête à déborder. Je me demande encore si avoir libérer les titans soit vraiment bénéfique."

La princesse du désert me demande si nous devons rester plus longtemps comme le suggère Jess ou partir dès le lendemain. Je me gratte la tête, pensif, avant de répondre simplement.

"Est-ce qu'on ne risque pas de froisser nos nouvelles copines si on refuse ? Je me demande simplement ce qu'un séjour prolongé ici, dans un palais loin du peuple, peut nous apporter..."

Rester plus longtemps pourrait nous apporter des réponses mais également tout un lot d’autres questions. Trouver une excuse comme le propose ma compagnonne de route ne me paraît pas très correcte même si en effet nous pourrions repasser plus tard, généralement d’autres problèmes nous amène ailleurs. Je suis cependant d’accord avec elle sur le fait qu’Arothiir est une citée intriguant, ses dirigeantes encore plus.

"Ces trois femmes sont intrigante, c'est vrai. Qu'est-ce que tu crois qu'elles mangent, elles ? Je pense quand même qu'on devrait accepter leur proposition. J'ai le sentiment que ce serait très mal pris si nous refusions. Même si ce n'est qu'un jour. Elles ont surement des choses à nous dire..."

Elle incline la tête et sursaute d’un coup. Je lève les yeux, demandant d’un regard quel est le problème. Elle m’explique que Sirat vient de la contacter, qu’ils n’ont pas réussi à entrer dans Nagorin et qu’un avatar du Sans-Visage y est enfermé. Je tique à cette information. Un avatar du Sans-Visage y était déjà avant, était-il déjà prisonnier ou les Ouessiens avaient-ils réussi à le piéger après l’éveil des Titans. Le poilu nous mettait également en garde contre Naral et la destruction physique de ce dieu si, sois disant, problématique. Charis lui répond que nous restons plus longtemps à Arothiir et que les dirigeantes sont favorables au Sans-Visage.

L’air inquiet, je baisse les yeux vers le fond de ma chope, tourmenté, je libère ce qui me trottine dans le crâne depuis le début de notre voyage.

"Je me demande si Naral ne cherche pas à nous manipuler, encore. J'aimerais savoir ce que nos trois copines pensent de ce trou du cul de lézarda, restons un jour de plus."

Naral, les Ouessiens. Ils pouvaient très bien préparer quelque chose. Nous nous entendons sur le fait de rester plus longtemps à Arothiir pour en apprendre plus. Ce sera aussi l’occasion de soulager mon derrière douloureux. Je vide ma bière et me lève pour m’approcher de la chambre de Thrag sans y pénétrer, je l’interpelle à voix haute.

" Thrag ! T’en a encore pour longtemps ? On voudrait aller voir les dirigeantes de la cité. Tu viens avec nous ? "

Il n’y avait plus qu’à attendre sa réponse avant de quitter notre appartement pour rejoindre les trois sœurs.

((environ 1700 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 7 Avr 2017 15:55 
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Jessaccilo insiste pour que nous ayons chacun notre propre chambre et que ce sera un honneur de nous y accueillir, nous pourvoyant également les vivres qui nous seront nécessaires pour la suite. Elle insiste ensuite pour que nous restions un peu plus longtemps à Arothiir. Il nous faudra décider de la suite.

A Xël, elle répond d’un ton mordant que nous n’avons pas à traîner avec la fange du bas peuple, mais qu’elle al e plus grand respect pour nous autres Sauveurs d’Aliaénon. Guigne prend par parole pour nous dire que Seok d’Andel’Ys nous reprocherait nos actes. J’ai le vague souvenir d’une brute gigantesque, lors de la bataille, mais mes souvenirs ne sont guère plus précis.

Jessaccilo poursuit en expliquant que le Sans-Visage a beaucoup plus sa place dans la culture d’Aliaénon tandis que les Titans sont lointains et oubliés. Elle brosse du Sans-Visage, de l’Unique, un bien élogieux portrait. Guigne intervient alors pour nous proposer de nous retirer nous rafraîchir avant de les rejoindre plus tard. Elle mentionna notamment un repas qu’elles prendraient et qui ne nous siérait pas. A voir l’expression de leur visage, je frisonne à l’idée d’imaginer ce dont il s’agit.

Durant tout cet échange, le silence de Sable m’a des plus intrigué. Elle ne semblait pas forcément d’accord avec ses consoeurs, ou du moins avait un avis à prononcer qu’elle n’osait pas énoncer à voix haute. Je serais très curieuse de discuter seule à seule avec elle.

Des soldats nous mènent vers le décor somptueux de nos appartements, contrastant plus cruellement encore avec la misère et le mépris du peuple. Pourtant, ici, cet appartement est semblable à un écrin de paradis, une perle de sérénité et de calme. Un calme qui menace de voler en éclat alors que je pénètre dans ma chambre et sursaute en apercevant un homme au torse nu, à la peau hâlée et au regard d’un bleu presque aussi vif que le mien. Il est indubitablement beau et je sens une chaleur me monter aux joues. Son sourire est lascif et je détourne rapidement le regard de son torse, observant la salle, avant de reporter mon attention sur lui. Qui est-il ? Je l’observe, un peu gênée par son regard... intense, dirai-je, faute de meilleur mot. Il ne ressemble pas exactement à l'image que j'ai des serviteurs habituels.

- Bonsoir, je me nomme Charis Kel Asheara, à qui ai-je l'honneur ?

Il s'approche de moi, l'air confiant, en me disant que son nom importe peu et qu'il est mon serviteur, là pour combler mes souhaits. Je me force à ne pas bouger et à me tenir droite devant lui, sans reculer, bien que l'envie m'étreigne. Combler mes souhaits ? Je crois comprendre et... oh dieux !

- Et s'il est de mes souhaits de connaître votre nom ? De savoir qui se trouve en face de moi ?

Loin de se laisser démonter par mes questions, cela ne semble que renforcer son amusement alors qu'il me répond s'appeler Ramar, mais que je peux lui donner le nom que je souhaite. Oh dieux, mais qu'est-il exactement ? Serviteur ou non, comment peut-il suggérer que je le traite comme moins que ce qu'il est en lui donnant n'importe quel nom ?

- Que faites-vous exactement ici ? Êtes-vous d'Arothiir ?

Ramar acquiesce en se recoiffant, m'expliquant qu'il est ici et qu'il sert la Trinité depuis trois ans à présent avant de s'approcher de nouveau pour dévoiler un tatouage sur sa peau. De couleur pourpre, il semble représenter trois pointes que je peux deviner être celles de la Trinité. Je relève les yeux vers lui, craignant de comprendre ce qu'il dévoile à mes yeux.

- Comment... comment servez-vous exactement la Trinité ? Que signifie ce tatouage ?

Il m'explique qu'il signifie qu'il ne s'agit pas d'un imposteur, ajoutant un "joli" devant mon prénom qui, cette fois, fait sortir de mes lèvres un : "Oh Dieux", audible. Il poursuit en expliquant que son rôle est de permettre aux invités de la Trinité de se sentir au mieux. Je me sens toujours aussi peu à l'aise et de plus en plus gênée. J'espère que le rosissement de mes joues ne se voit pas. Me voilà regrettant de ne pas avoir levé le masque de mon armure sur mon visage pour me cacher derrière sa protection.

- Qu'est-ce qui vous a poussé à servir la Trinité, Ramar ?

L'homme ne semble pas comprendre mon flot de questions, je dois avouer le comprendre. Elles me servent autant à en apprendre plus sur lui qu'à permettre à mon cerveau de trouver une façon de me sortir de cette mauvaise passe. Il me demande encore une fois ce que je désire, qu'il s'agisse d'une collation, d'un bain ou me mettre à l'aise. Avant même de me laisser le temps de répondre, il s'approche de nouveau pour placer une main dans mon dos et m'attirer à lui. Surprise, je recule brusquement, m'arrachant à sa prise et mettant mes mains devant moi.

- Je... euh...

(Fichtre, Charis ! Cesse de bredouiller et agit comme doit le faire la cheikha que tu es !), me rabrouai-je interieurement. (Que penserait ton père ou ton frère de tout ceci ? ... Oh Dieux, je n'aurais pas dû penser à ça.) Rougissant de plus belle, j'inspire profondément avant de me forcer à dire :

- Mon... Le peuple d'où je viens ne partage pas les mêmes coutumes que le vôtre. Chez les miens le... contact physique entre un homme et une femme est quelque chose de rare et de significatif, nous ne nous... offrons pas ainsi.

A mon grand soulagement, il ne tente pas de s'approcher de nouveau, mais le sourire qu'il conserve m'invite à plisser les yeux de méfiance. Il réitère le fait d'être à mon entière disposition et me propose le plaisir des yeux au lieu du contact. Qu'est-ce que... Oh, oh, non, non, non ! Il se met à défaire le noeud qui enserre sa taille. Je sens mes joues chauffer, de même que certaines autres parties de mon corps. Respire, Charis, respire. Il reprend la prole pour me proposer... de faire appel à une de ses collègues qui pourrait le remplacer.

- Non, non, non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire... Je... pas de contacts physiques, ni même visuel. Pas avec une femme non plus, bredouillé-je avec un indéniable affolement.

Dieux ! Je ne sais même pas ce à quoi ressemble exactement un homme et... oh dieux...

Il finit par refaire son nœud avant de me demander en quoi il pourrait m'être agréable. Je reprends un semblant de souffle devant ce semblant de normalité.

- Je souhaiterais un bain, simplement, et de quoi manger pour après, nous avons eu un rude voyage. Merci Ramar.

Ce dernier, non sans un dernier sourire, acquiesce avant d’effectuer les derniers préparatifs afin que je puisse prendre mon bain. Est-ce un éclat de regret que je vois poindre dans ses yeux ? Je l’ignore. Néanmoins, il se retourne vers moi en disant :

- Je devrai effectuer quelques allées et retour dans votre appartement afin de préparer votre repas, jolie Charis, si cela vous sied, je peux ouvrir un paravent devant la baignoire.

J’acquiesce, toujours rougissante, et le laisse ouvrir un large paravent qui masque tout. Un peu hésitante, je me mets derrière alors qu’il tourne ostensiblement les pieds vers la porte et sort de la chambre pour me laisser un peu d’intimité. Ce n’est qu’alors que je laisse la tension se relâcher dans mes membres et reprends ma respiration, le cœur battant à la chamade. Irritée de ma propre réaction, je me déshabille pour m’immerger dans l’eau fumante, sentant avec plaisir son contact sur ma peau. Je suis loin, très loin d’avoir l’habitude de ce genre de luxe et la rencontre avec Ramar a été si… mouvementée pour mon petit cœur que je n’ai pas saisi la grandeur de ce qu’il y avait autour de moi, la beauté des lieux et la chance que j’ai de pouvoir me prélasser ainsi dans ce bain. Une chance que je ne doute pas grappillée sur le dos du bas peuple de cette cité. Je tente de chasser cette pensée pour laisser mon corps se détendre.

Mes yeux se posent sur plusieurs bouteilles pourvues de sels que j’ouvre et porte à mon nez afin d’en sentir la douce odeur. Je sélectionne celle que je préfère et en verse quelques grains dans le bain, le parfumant d’une senteur chaude et épicée qui me rappelle mon désert.

J’entends Ramar entrer de nouveau dans la pièce et, fidèle à ses paroles, ne tente pas de s’approcher de la baignoire, me laissant mon intimité, ce dont je lui suis reconnaissante.

Je reste quelques dizaines de minutes dans le bain, méditant sur les derniers évènements avant de m’en extirper alors que l’eau commence à refroidir. Je m’enrobe dans une lourde serviette et me sèche avant de sortir des habits propres de mon sac. Lorsque je sors de derrière le paravent, je découvre que Ramar a préparé un repas digne d’une reine qui m’attends sur une table. Le jeune homme est à côté et m’invite à m’asseoir, ce que je fais, par trop consciente du fait que nous sommes tous deux seuls dans cette pièce.

- Ramar, pensez-vous qu’il soit possible que l’on lave mes vêtements afin qu’ils soient prêts pour plus tard ? dis-je en indiquant la pile de vêtements.

Le jeune homme répond à l’affirmative et je commence à manger. Je me nourris à ma faim, profitant des mets au goût si bon tout en gardant une conscience aigüe de la présence de Ramar non loin. Mon repas terminé, je finis par me tourner vers lui.

- Pardonnez mon comportement, tout à l’heure. Mais vous m’avez prise par surprise. Il s’agit d’une chose dont les membres de mon peuple ne sont pas à l’aise avec.

Ramar incline la tête, son sourire irrévérencieux revenant rapidement sur ses lèvres.

- Il ne m’appartient pas de juger de vos actions, gente Dame, réplique-t-il.

J’acquiesce, me doutant que sa réponse serait celle-ci, mais mes paroles me semblaient nécessaire. Je laisse un silence s’installer avant de poursuivre sur ma lancée :

- Vous… Semblez à l’aise avec…

Je fais un vague geste en l’air, peinant à trouver mes mots, mais il semble comprendre le sens général, car son regard se fait légèrement plus sérieux, même s’il ne quitte pas son sourire.

- Oui. Il n’y pas de mal à faire plaisir aux gens, et à se faire plaisir.

Je reste quelques secondes sans parler, un peu surprise par ses propos.

- Mais… vous ne souhaitez pas vous préserver pour votre conjointe ?

Ramar hausse les épaules.

- Pour quoi faire ? Je pourrais aussi bien ne pas la trouver, alors je serais passé à côté de pas mal de plaisirs, et ce serait bien dommage. Sauf votre respect, ma Dame, je préfère profiter des opportunités qui me sont offertes, plutôt que de me préserver pour un idéal qui n’existe pas. Encore une fois, il n’y a aucun mal à ça, ce n’est pas pour rien que nos corps en sont capables.

Si ses derniers mots sont douteux, il n’en reste pas moins que ses paroles me laissent pensive. On m’a toujours inculqué la nécessité de rester pure jusqu’à mon mariage, jour où je laisserais pour la première fois un homme me toucher, fût-il un parfait inconnu jusqu’à ce jour. C’est bien ce que j’étais prête à faire au moment où tout a basculé pour mon clan. Me donner à un homme que je ne connaissais pas et n’aimait pas, alors que lui n’avait sans doute pas eu ce respect de rester chaste pour moi. Les attentes ne sont pas les mêmes pour les hommes, et leurs manquements moins vérifiables.

A présent, qu’est-ce qui me retient ? Plus rien des dernières attaches de mon peuple, si ce ne sont toutes les croyances qui font partie de moi. Pourtant, je ne parviens pas à trouver naturel de s’offrir ainsi à un parfait inconnu, fut-il si agréable à l’œil que Ramar. Non pas que je ne sois pas curieuse de sentir la texture de sa peau musclée sous mes doigts, mais il s’agit d’une pensée trop… neuve pour moi. Je ne me sens pas à l’aise avec le chemin que suivent mes pensées et je dois laisser du temps au temps pour assimiler tout ceci et comprendre ce qu’il en est exactement.

J’incline la tête.

- Merci, Ramar.

- A votre service, Ma Dame.

Je termine de me préparer avant de me rendre dans le salon pour y attendre Xël, assise sur un fauteuil, feuilletant un des livres trouvés ici. Xël sors à son tour de sa chambre, les cheveux encore humides, manifestement plus frais et dispos qu'à notre arrivée. Il me demande en souriant si j'ai eu droit au même accueil que lui. Je m'agite légèrement dans mon fauteuil, troublée et ayant encore en tête la scène catastrophique qui s'y est passée. Et la discussion qui en a suivi. Je suppose que Xël aussi a fait le même genre de rencontre, a le voir, j'ai l'impression qu'elle s'est mieux déroulée que la mienne. Je me force au calme et lui adresse un léger sourire, un peu feint.

- J'imagine que oui, réponds-je, avant de rapidement changer de sujet, non sans avoir vérifié que personne ne pouvait écouter notre conversation. Qu'as-tu pensé de nos hôtes ?

Il s'installe dans un fauteuil, une bière à la main, me répondant que la Trinité est des plus sérieuse avec l'hospitalité, ce que je ne puis que convenir. Il poursuit en disant que leur vision du bas peuple n'est pas la sienne et j'acquiesce, rejoignant ses propos, avant de me dire qu'il comprend leur avis sur le Sans Visage.

Je hoche la tête, pensive.

- Leur vision semble fondée, d'un certain point de vue, mais je me demande ce qui leur permet exactement d'être si catégoriques. La Trinité comme le Conseil d'Or. Pour le moment je n'ai vu aucune manifestation flagrante de l'influence du Sans Visage, dans un sens comme dans l'autre. Je n'aime pas l'idée de me faire un avis sur de simples avis, sur la faction qui sera la plus sophiste.

Xël s'interroge sur mon usage du mot sophiste. Prise que j'étais dans mes pensées, je n'ai pas songé à utiliser un autre mot.

- Pardon. Il s'agit d'un courant de pensées mis en place quelques siècles plus tôt qui se repose sur l'art de parler en public et de retourner un débat à son avantage par l'usage des mots. En somme, celui qui sait le mieux manier les mots gagne, quelle que soient les arguments, aussi fumeux soient-ils.

Il réplique par un demi-sourire, se souvenant du dragon violet (qu'il nomme dragon rose, ce que je trouve amusant) et ajoutant qu'avant Vallel, les cités pour lesquelles il avait combattu n'avaient jamais connu la guerre, mais qu'à présent Aliaénon était au bord du gouffre, se questionnant sur la pertinence de la libération des titans. Ses questions en amènent d'autres à mon esprit, et je reste méditative quelques instants. Je n'ai connu d'Aliaénon que Methbe-el, aussi je n'ai rien de son vécu, mais je peux comprendre son point de vue. Je hoche la tête, marquant mon accord. Néanmoins, nous devons aborder un autre point :

- Penses-tu que nous dussions rester quelques jours de plus, comme l'a suggéré Dame Jessaccilo ? Ou nous rendre comme prévu dès demain à Methbe-el ?

Xël me répond, pensif, qu'il est envisageable qu'un refus de notre part soit mal interprété, mais qu'il craint qu'un séjour ici ne nous apporte pas grand-chose. Je ne réponds pas tout de suite, réfléchissant à ce qu'il m'a dit.

- Nous pouvons prendre congé en leur disant que nous sommes appelés ailleurs, mais qu'à la première occasion, nous nous ferions un plaisir de revenir en ces lieux discuter plus amplement avec elles. Ce qui, en soit, est vrai pour ma part. Je suis intriguée par leur peuple.

Xël propos s'accepter leur proposition de rester un peu, de peur qu'elles prennent très mal un refus de notre part, pour ne rester ne serait-ce que qu'un jour. J'incline la tête, étant d'accord avec ce qu'il lorsque tout à coup je sursaute en entendant la voix de Sirat dans mon esprit. J'écoute attentivement ses mots avant de dire à Xël :

- Sirat vient de me contacter en expliquant avoir échoué à entrer dans Nagorin où un des avatars du Sans-Visage serait prisonnier. Il nous met en garde contre Naral Shaam et la destruction physique de Vakkar Ti. Je lui réponds que la Trinité est plus que favorable au Sans-Visage et que nous allons rester un jour de plus ici avant de partir pour Arothiir.

Xël s'inquiète de manipulations possibles de la part de Naral et insiste pour rester quelques jours de plus.

- Je doute que cet personne sache vivre sans manipuler son entourage. Entendu, restons ici un jour de plus.

Je prends la pierre de vision offerte par le Seigneur Al’Sabbar et visualise l’homme-chat.

« Message transmis à Xël également. Nous sommes à Arothiir où les trois dirigeantes sont plus que favorables au Sans-Visage. Nous prévoyons de rester une journée avant de repartir pour Methbe-el. A Ouesseort, Belliand pourrait peut-être vous venir en aide, mais j’ignore ce qu’il est devenu en cinq ans. Que le vent vous guide et le soleil brille sur vos pas. »

Sur ce, Xël s’enquiert du nain et nous nous apprêtons à rejoindre les dirigeantes d’Arothiir.


[~3000 mots
Message pour Sirat : Message transmis à Xël également. Nous sommes à Arothiir où les trois dirigeantes sont plus que favorables au Sans-Visage. Nous prévoyons de rester une journée avant de repartir pour Methbe-el. A Ouesseort, Belliand pourrait peut-être vous venir en aide, mais j’ignore ce qu’il est devenu en cinq ans. Que le vent vous guide et le soleil brille sur vos pas.]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 8 Avr 2017 11:06 
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Arothiir – Mine Za’lahak. (9h)

    Dans le regard d’Arsok, la petite Yurlungur ne vit rien. Des yeux immobiles, comme s’il était mort, s’ils n’avaient pas eu cette pure étincelle sombre de vie dédiée à la mort. Il analysait le phrasé de la petite, sans aucun doute. Ce qui ne fut pas le cas du directeur de la mine, qui se racla bruyamment la gorge avant d’exprimer sa colère en reluquant Yurlungur tout en tordant le bras de sa « sœur ».

    « Ça suffit ! J’en ai assez entendu ! Toutes les deux, vous allez vous barrer d’ici fissa, chacune avec une gourde d’eau offerte par la maison, et si je vous vois encore traîner dans le coin, ça sera vous les prochaines victimes dans cette mine ! C’est bien clair ?! »

    Sans ménagement, Dorika fut traînée dehors par le sieur Deunog, maintenue fermement par le bras tortionné jusqu’à ce qu’il l’expulse littéralement avec force en dehors de la mine, sur le roc poussiéreux de la région, où elle chut douloureusement. Arsok, lui, délaissa la petite pour saisir les armes de la jeune femme et lui balancer à côté, sans un mot, avec deux gourdes remplies d’eau. Yurlungur, elle, fut laissée libre d’agir par elle-même, mais foncièrement invitée à agir comme la raison l’indiquait, fermant cette porte de manière plus ou moins définitive à leur petit duo, malgré l’intérêt probant de Dorika pour la mine de Thiir.

[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (jeu d’acteur) +1 (bonus longueur)]




Arothiir – Palais, Salons. (20h30)

    Xël ne se vit pas ouvrir la porte du nain, qui se contenta de répondre à travers cette dernière d’une voix embarrassée.

    « Hem… Non. Non, non, allez-y sans moi ! »

    Ramar et Dakha attendaient tous deux bien sagement à la sortie des appartements des invités du Palais d’Arothiir, et conduisirent les deux aventuriers lavés et habillés de frais à travers les couloirs du palais jusqu’à une pièce bien plus chaleureuse et accueillante que l’était la salle des trônes.

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    Plafond plus bas, murs dorés et couverts de tentures, coussins dans les tons rouges et ocres pour tout mobilier, en sus de plusieurs narguilés et tapis aux motifs complexes. Les trois dirigeantes étaient assises là avec décontraction. Guigne était la plus lascive, bien sûr, étendue sur un coussin en savourant dans un calice d’argent un vin sombre. Jess se tenait plus droite, mais exhalait lentement de ses lèvres pâles une épaisse fumée qu’elle tenait de la pipe à eau qu’elle avait posée à côté d’elle. Sable, elle, était plus détendue que dans la salle des trônes, posant sur les arrivants un regard accueillant. C’est elle, d’ailleurs, qui prit la parole pour les inviter à les rejoindre.

    « Installez-vous, venez à notre côtés, Héros de ce monde. Êtes-vous détendus ? Avez-vous profité sereinement de vos… collations ? »

    Un sourire entendu irradiait sur ses lèvres juvéniles. Ses yeux rouges avisèrent un instant Xël avec… appétit, puis se posèrent sur Charis.

    « Mettez-vous à l’aise, buvez, fumez si cela vous sied. Nous sommes entre nous, désormais, débarrassés de toute étiquette. Sentez-vous libre de nous parler aussi librement que vous le souhaiteriez. »


[Xël : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 1,5 longueur.
Charis : 1 (introspection) + 1 (apartés) + 0,5 (message à Sirat) + 2,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 12 Avr 2017 09:55 
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Thrag me répond d’une voix embarrassé à travers la porte close de ne pas l’attendre. Je ris avant de lui souhaiter de bien s’amuser et d’accompagner Charis vers la sortie des appartements. Dahka et un homme à fier allure que je devine être le cadeau de la princesse du désert nous y attendent. Je lui serre chaleureusement la main pour le saluer et faire une rapide présentation avant de glisser un clin d’œil vers Charis. A nouveau, nous nous laissons guider à travers les couloirs pour atteindre une pièce plus intime, toujours noyé dans la richesse. Murs d’or, couverts de décorations excessives. Coussins confortables en guise de mobiliers. Tapis, narguilés, fontaine, tout était fait pour mettre à l’aise les invités les plus aisés alors que je sentais toujours cette étrange sensation admirative mêlée de culpabilité. Les trois dirigeantes sont présentes. Guigne, allongée lascivement sur un coussin en dégustant une boisson dans un calice d’argent. Jess, toujours droite, expirait lentement d’entre ses lèvres un nuage de fumée ocre et parfumée. La dernière, Sable, qui était restée silencieuse dans la salle des trônes, semblait plus détendue qu’avant. C’est elle qui nous adresse la parole pour nous inviter à nous asseoir. Un sourire éclaire son visage quand elle demande si nous avons bien profiter de nos collations tout en me regardant un instant avec un certain appétit. Je lui souris, tout en me raclant la gorge. Je m’approche pour m’installer sur un coussin près d’elle tout en prenant la parole d’un air enjoué.

" Nous vous remercions pour cet accueil, c’est sûr que vous ne plaisantez pas avec l’hospitalité. Je crois que Thrag, notre ami nain, n’a pas encore fini d’en profiter. "

Dis-je en riant avant de poursuivre.

" Nous sommes très curieux d’en apprendre plus sur votre cité et sur vous, nous avons donc acceptés de rester plus longtemps ici comme vous l’aviez demandé. Comment notre présence ici peut préserver la paix ? "

J’étais peut-être un peu trop franc avec les reines d’une cité à l’aspect si étrange mais j’étais sincère, enjoué. Je me sers une chope de bière avant de me laisser m’enfoncer dans le coussin confortable.

((350 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Jeu 13 Avr 2017 23:38 
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...

Une fois sa “révélation” faite, elle lança un regard rapide vers Arsok. Rien ne semblait émaner de ses yeux impassibles, et à cause de la nécessité de porter un foulard ou un masque pour se protéger les voies respiratoires dans ce pays, elle ne pouvait pas plus utiliser l'expression de son visage - qui devait être tout aussi immobile, mais bon. Le directeur de la mine s'embrasa : il se racla bruyamment la gorge avant de tordre le bras à Dorika, Yurlungur laissant s'échapper un petit cri de surprise pour l'occasion ; puis il leur intima de déguerpir, ni plus ni moins. Leur histoire ne l'intéressait pas réellement : d'ailleurs, pour se débarrasser d'elles, il leur offrait même des gourdes gratuitement, suivies d'une menace de mort si elles restaient. Yurlungur reconnaissait là la bien connue technique de la carotte et du bâton - un instant, elle faillit partir dans un souvenir agréable mais elles furent prestement jetées dehors avant qu'elle n'en ait eu l'occasion.

Dorika fut jetée au sol sans ménagement, alors que la petite fille était laissée libre de sortir, puisqu'Arsok prenait les armes de la jeune femme pour les envoyer au-dehors sans plus de considération, ainsi que les deux gourdes d'eau. Elle sortit en bafouillant quelques excuses et remerciements pour l'eau à l'adresse de Deunog : la porte claqua derrière elle. Elle aurait bien voulu lui répliquer que, puisqu'il les laissait partir ainsi, c'était qu'il reconnaissait qu'elles n'étaient nullement impliquées dans ces crimes, mais sa fureur semblait trop grande pour écouter la voix de la raison (c'est-à-dire la sienne). Elle se baissa et ramassa sa gourde, qu'elle fourra dans son sac ; quant à sa “sœur” dont la douleur semblait pourtant être réelle, la gamine attendait simplement sans un mot qu'elle se relève et qu'elle récupère ses affaires. Après tout, n'était-ce pas un peu de sa faute si tout cela se terminait ainsi ? C'était fâcheux, mais après tout, leur but était bien plus Arothiir que cette mine. D'ailleurs, elle ne savait même pas si le culte du Sans-Visage était pratiqué ici.

Leurs chevaux arrivèrent rapidement, peu après, amenés par un Homme Pâle qui repartit aussi sec. Commençant à s'éloigner lentement de la mine, Yurlungur vérifia qu'elles n'étaient pas suivies et indiqua à Dorika, ayant pris conscience de son intérêt pour cette mine :

« Je crois que nous ferions mieux de partir, quitte à revenir sur les lieux plus tard. Deunog est dangereux. »

Elle ne parlait pas d'Arsok, car ce n'était pas nécessaire : comme il était aux ordres de l'autre brute, c'était principalement lui qui rendait le directeur dangereux. En fait, elle ne savait pas vraiment dans quel camp il était, ni même s'il avait bien compris l'allusion qu'elle avait fait tout à l'heure. En tout cas, il semblait certain que Deunog, lui, n'en avait rien à faire. La “dame mystère mais piètre espionne” répondit par un regard déçu et tenta de se justifier, évoquant les circonstances de leur arrivée et les sens surhumains d'Arsok, mais loin de démordre de sa volonté de sauver la mine, elle semblait certaine qu'il ne serait en revanche pas capable de résoudre ce meurtre et que la mine fermerait, appuyant sur le fait que c'était la dernière mine de Thiir.

(Serais-tu en train de dévoiler l'origine de ton intérêt pour cet endroit, ma jolie ?)

Mais il fallait la jouer finement. Quitte à l'enfoncer un peu plus, elle répondit :

« Mais s'il n'en est pas capable, comment le pourrions-nous ? »

Elle était habituée à l'humilité à l'oral depuis son arrivée sur ce monde et, plus largement, depuis qu'elle avait à travailler avec des adultes qui ne connaissaient pas la réelle nature de ses capacités. Cette fois, elle entraînait Dorika avec elle. Dorika, qui avait lamentablement échoué à récolter la moindre information, sans doute, contrairement à elle. (Alors que je ne suis qu'une petite fille, n'est-ce pas ?) Il était quelque peu orgueilleux de sa part de se réduire à cela, sachant que ce n'était qu'un masque, mais elle tentait de garder son ressentiment à l'intérieur. Après avoir observé la réaction de l'Exechienne, elle laissa tomber, presque indifféremment :

« À moins que ce ne soit lui, le tueur. »

Cette hypothèse était crédible. Il avait réussi à repérer Dorika bien rapidement, tout de même, or le meurtre avait été réalisé avec une habileté peu commune. Elle attendit un temps, histoire que la jeune femme fasse tourner un peu ses méninges sur cette possibilité.

« À ton avis, que peut-il penser de ce que je viens de dire sur les Chevaliers ? »

Avec un peu de chance, sa “sœur” serait assez intelligente pour se mettre mentalement à la place de l'Ombre et essayer de deviner à quoi il pouvait penser. Mais elle haussa simplement les épaules en répliquant qu'elle n'en savait rien. En revanche, elle pointa le fait que les Ombres d'Arothiir se gênent les unes les autres selon Arsok, ce qui n'était pas très logique. Elle émit la possibilité d'aider Arsok et d'en apprendre plus sur les Ombres, même s'ils ne pouvaient rester à la mine à cause de Deunog. Un instant, Yurlungur resta pensive, ne sachant vraiment que répondre. Arsok ne sortirait probablement pas de cette mine avant un moment et il y avait le risque qu'il soit l'assassin ; mais d'un autre côté, cela le desservirait de s'être proposé pour élucider les meurtres s'il n'en était pas capable : les soupçons se tourneraient naturellement vers lui. À moins qu'il compte trouver un bouc émissaire pour porter la culpabilité à sa place ? Elle répondit enfin à Dorika :

« Oui. »

Quelque peu laconique (à cause de la déception d'avoir échoué ?), elle reprit toutefois après avoir rapidement vérifié que personne ne les épiait :

« J'ai découvert quelques petites choses sur le meurtrier, d'ailleurs. La blessure a été faite avec une dague courbe. De ce que j'ai vu, la blessure était tout à fait nette, un travail d'expert comme on en voit peu. En plus, il y avait du poison sur la plaie. À priori, la victime a dû être prise par derrière et elle n'a pas pu se battre. »

Tous ces faits, énoncés ainsi, devaient donner l'impression pour un observateur lointain qu'elles n'avaient qu'une discussion banale. Pour parfaire l'illusion, la gamine continuait de marcher doucement en s'éloignant de la mine. Mais ses pas étaient courts, comme si elle était encore attachée à cet endroit. Elle ferma les yeux quelques instants, cherchant dans sa mémoire.

« Ah, et il avait au poignet droit une marque étrange. Je ne crois pas l'avoir vue sur quelqu'un d'autre que lui... ce qui me fait penser que c'est lié, de près ou de loin, à ces assassinats. Tu n'as rien pu découvrir de ton côté, j'imagine ? »

Elle avait laissé tomber cette dernière question comme une question rhétorique. Quelque part, elle voulait aussi démontrer qu'elle était utile, elle, alors que Dorika l'avait si mal considérée au début de leur voyage. Remarque, elle aurait sans doute réagi de la même manière si elle avait été à sa place.

Dorika indiqua que Deunog, du peu qu'elle avait pu entendre, était bien plus amical avec Arsok que devant ses employés. Ce qui était logique, lorsqu'on entendait ces derniers parler des Ombres et lorsqu'on connaissait la réputation qu'ils avaient auprès des mineurs. Essayant toutefois de rattraper son erreur, la jeune femme expliqua qu'il devait avoir une ouïe extraordinaire pour l'avoir repérée si rapidement, évoquant ensuite la possibilité d'un sixième sens. Elle dut remarquer le regard dubitatif de la fillette puisqu'elle reprit aussitôt sur les découvertes à propos de la plaie. Sur sa demande, Yurlungur sortit sa dague, s'accroupit et traça grossièrement dans le sol le dessin de la marque. Il n'était pas compliqué, sans être banal : c'était, à y repenser, la combinaison d'un cercle avec un nœud de trèfle aux bouts piquants.

« Ça avait l'air d'être un tatouage, de couleur rouge, précisa-t-elle une fois son croquis terminé. »

Un plan germait doucement dans son esprit pour leur éviter de renoncer complètement à cette mine, mais c'était compliqué. Il y avait beaucoup d'aléatoire... enfin, pour que Dorika lui soit entièrement acquise, elle pouvait bien se permettre ce genre de prise de risque.

« Tu peux te préparer à partir ? demanda-t-elle. Je vais essayer de rentrer à nouveau dans la mine en prétextant avoir perdu quelque chose : si j'ai un peu de chance, je croiserai Arsok. Attends... »

Elle retira son collier, récupérant simplement la tige de métal qui lui servait pour le crochetage, tige qu'elle glissa dans sa poche, puis confia le collier à Dorika avec beaucoup d'attentions. Ce n'était qu'un bout de bois taillé, certes, mais il avait dans son cœur une valeur affective suffisante pour qu'elle répugne à s'en défaire.

« Cache-le sur toi. Je vais leur dire que je l'ai perdu, comme Deunog, Arsok et Speeh m'ont vu avec. D'ailleurs, ça nous permettra de voir si cette Ombre est si attentive que ça, ou si c'est plutôt un sens supplémentaire... Je reviens. »

Dorika indiqua que c'était probablement risqué, appuyant le fait qu'elle ne pourrait pas agir pour la protéger si les choses dégénéraient, avant de finalement accepter avec un soupir. Mais dans l'esprit de la petite fille, c'était parfaitement clair : les mineurs et le directeur devaient la voir comme une gamine incapable du moindre mal, contrairement à sa “sœur” qui les avaient tout de même espionnés, qui était en possession d'armes létales (elle-même ayant pris garde à ne pas montrer sa dague pendant l'entretien), et qui ne profitait pas de l'avantage de l'âge. Si elle rencontrait quelqu'un, son discours était prêt pour l'apitoyer, mais elle espérait surtout tomber sur Arsok.

Oh, c'était bien là la plus grande faille, quoiqu'elle pourrait sans doute continuer la recherche de son collier perdu si elle tombait sur quelqu'un d'autre que Deunog. Dans tous les cas, il fallait paraître la moins suspecte et la plus anxieuse possible, surtout rester bien visible et garder son rôle intact. Elle effaça du pied le dessin au sol et, son masque parachevé, elle commença son retour vers la mine.


(((1500 mots)))

...

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 15 Avr 2017 10:17 
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- Charis suit le mouvement et remercie les dirigeantes d’un signe de tête lorsqu’elles les invitent à s’installer.
- A la question de Guigne, elle rougit un peu et bredouille « Votre sens de l’hospitalité vous honore ».
- Elle prend place, laisse Xël parler, avant de demander : « pardonnez cette question si elle vous paraît impolie, aussi ignorez là si elle s’avère trop intrusive, cependant elle me brûle les lèvres depuis que je vous ai vu voler dans les cieux à Andel’Ys : êtes-vous humaines ? Ou êtes-vous autre chose ? Je vous ai vu sous trois formes différentes et j’avoue que cela m’intrigue. »

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 15 Avr 2017 11:24 
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Arothiir – Palais, Salons. (20h35).

    Installés dans les confortables salons, les deux aventuriers sentirent un bien-être certain qui les poussaient à l’intimisme avec les trois dirigeantes de la cité. Jess répondit à Xël.

    « Que votre ami en profite tant qu’il veuille. Comme nous vous l’indiquions plus tôt, vous pourrez ici vous rendre compte des bienfaits du Sans-Visage en tant que la divinité unique d’Aliaénon. Une divinité rassembleuse et ouverte au partage entre peuples. Le Conseil d’Or, en reniant son existence divine, crée des tensions belliqueuses et séparatrices entre les peuples de ce monde. Puissiez-vous être les chantres de cette parole auprès du Conseil lorsque nous vous aurons convaincu de cela. Ainsi, et seulement ainsi, la paix pourra s’étendre à nouveau sur ce monde. »

    Ce fut Sable qui répondit à Charis.

    « N’ayez crainte, nous sommes ici entre nous, et nulle question ne sera parue comme trop intrusive. Nous paraissions humaines, autrefois. Mais nous n’en avions que l’apparence. Les femmes du Peuple pâle sont bien plus que de simples humaines. Dotées d’une vie éternelle, nous perdurons dans le temps malgré un taux très faible de natalité féminine parmi notre peuple. Nous tirons dans le sang de nos mâles le pouvoir de nous changer en harpies, forme sous laquelle vous nous avez vues à Andel’Ys, voici cinq ans. Depuis, nous n’avons plus eu à cœur de montrer un visage humain, et avons transcendé cette nature pour offrir au monde notre véritable identité, celle que vous voyez devant vous aujourd’hui. »

    Sa réponse était aussi mystérieuse que surprenamment franche. Guigne, la troisième, prit la parole pour poser une question aux deux invités.

    « Mais vous, dites-moi, quelle raison personnelle vous a fait revenir ici ? Vous ne faites pas qu’obéir aveuglément au Conseil d’Or et à son Dragon Mauve, n’est-ce pas ? »

    Elle ouvrit une petite boite devant elle, contenant ce qui semblait être des confiseries, des dragées dorées, dont elle se saisit d’une pour la croquer avec délice, avant de proposer la boite ouverte à Charis et Xël.

[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (question).
Charis : -0,5 (retard) – post noté quand complété.]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 15 Avr 2017 11:36 
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Arothiir – Mine Za’lahak (9h10).

    À peine la jeune Yurlungur passa les portes de la mine qu’elle fut attirée dans un recoin sombre sans pouvoir s’y soustraire. Collée contre un mur de roche, elle se retrouva coincée entre ce dernier et Asork, la dominant de sa taille, et barrant tout passage vers la sortie. L’homme masqué aux cheveux blancs regarda la petite dans les yeux intensément, avant de prendre la parole d’un ton grave :

    « Vous me cherchez, n’est-ce pas ? Quelle autre raison vous pousserait à revenir ici… Et bien vous m’avez devant vous. Quel marché souhaitiez-vous passer, pour recueillir mon soutien et vous permettre de fouiller dans les affaires de Deunog ? »

    Avait-il si aisément mis à jour leur plan ? Était-ce simplement du bluff ? Rien dans son attitude ne permit à Yurlungur de le déceler. Le regard de l’ombre était impénétrable.


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (plan pour retourner dans la mine) + 1,5 (bonus longueur).]

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