L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 16 Avr 2017 16:47 
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...

Alors qu'elle se dirigeait vers la mine, soudainement, une main l'agrippa et l'emmena de force avec rapidité dans un coin sombre. Un instant, elle saisit le manche de sa dague pour s'apprêter à affronter un adversaire dans l'ombre - le potentiel meurtrier de ce matin, Arsok, Deunog lui-même ? Mais elle se retrouva en position de faiblesse, coincée entre l'Ombre d'Arothiir qu'elle reconnut au premier coup d'œil et un mur qui restreignait diablement ses mouvements. Elle observa et remarqua qu'il ne semblait pas prêt au combat : dans un espace aussi exigu, il était aussi aisé pour lui d'éviter les coups de la gamine que pour un éléphant de marcher sur des œufs.

Aussitôt, Arsok, qui bloquait le passage et l'empêchait de fuir, lui demanda ce qu'elle souhaitait. Convaincu qu'elle le cherchait lui - ce qui n'était pas faux, mais elle n'avait aucune envie de trop donner raison à un adversaire dans ce qui s'annonçait être une joute verbale pour des négociations -, il lui demanda d'expliquer quel marché elle comptait passer avec lui. Elle faillit hausser un sourcil : comment pouvait-il deviner tout cela ? Il n'était pas idiot, certes, mais elle pouvait quant à elle partir du principe que ce n'étaient que suppositions reposant sur certains éléments. Avant de tout lui révéler, il fallait qu'elle teste l'étendue de sa pénétration.

Prenant donc un air faussement étonné, elle s'exclama à voix basse, ayant conscience que cela la desservirait que d'être vue avec l'Ombre :

« Oh, c'est vous ! C'est vrai que je n'aurais pas dit non à vous rencontrer, mais je cherchais surtout mon collier. Je pense qu'il a dû rester dans notre chambre, je n'ai malheureusement pas fait attention... »

Cela devrait suffire à vérifier les dires de Dorika concernant les sens surnaturels d'Arsok. Mais elle ne devait pas le laisser prendre les devants : sans lui laisser le temps de répondre, elle soupira et reprit :

« Mais puisque vous êtes là, je dois bien dire que Dorika était tout à fait trépignante à l'idée de vous aider à élucider ce meurtre. Voilà sa “sœur” servie, il restait à voir la réaction d'Arsok ; maintenant, à elle de dévoiler certaines des cartes de son jeu. Est-ce que vous avez pu inspecter le corps ? demanda-t-elle d'un ton candide. Je suis allé le voir tout à l'heure. Mais je ne pense pas que fouiller les affaires de Deunog soit réellement intéressant, si ? »

Comme si Dorika avait tenté de les espionner pour Deunog et non pour l'Ombre qu'il était... Les affaires du directeur n'avaient aucun intérêt : il n'était certainement pas de mèche avec l'assassin puisque ces affaires menaçaient directement son poste et sa réputation. Même s'il se dressait contre elles, ses intentions étaient louables, quoique cela fût fort relatif... Alors qu'il reprenait la parole, elle le regarda sans laisser transparaître d'émotion claire sur son visage, un peu à sa manière à lui.

Répondant sur le même ton et avec la même expression, il continua à lui bloquer toute retraite et répondit qu'il savait que le collier n'était qu'un leurre. Quant au corps, il n'avait selon ses dires eu besoin que d'un regard pour découvrir tout ce que la fillette avait trouvé grâce à une inspection plus poussée. Révélant un peu ses motivations, il continua en indiquant que cette mine n'avait aucun intérêt pour lui et que son but était seulement d'arrêter celui qui en était à l'origine - somme toute, il s'agissait de l'exact opposé de Dorika. Mais là-dedans, elle-même était un peu en trop : d'ailleurs, il finit par demander sèchement ce qu'elles pourraient lui apporter s'il s'alliait à elles.

Il ne fallait pas qu'elle se laisse mener par son adversaire. Reprenant point par point ce qu'il avait énoncé une fois qu'il se tut, elle détourna le regard en laissant s'échapper un claquement de langue, comme d'irritation :

« J'avais parié que vous ne remarqueriez pas ce détail à propos du collier, mais tant pis pour moi. Vous avez sans doute une explication pour le tatouage, aussi... »

S'il l'avait vu aussi sans s'approcher davantage du corps, c'était que sa vision était réellement exceptionnelle : voilà ce qui permettrait sans doute de certifier les hypothèses qu'elle tenait déjà de Dorika. Sans lui laisser toutefois le temps de commenter cette dernière phrase, son regard revint vers lui sans laisser d'autre trace de sentiments dans son regard :

« Même si la mine est visée, il est peu probable que le coupable soit encore à l'intérieur. S'il vous échappe encore, nous serions bien mieux à trois pour l'empêcher de fuir. »

Tout de même, le tueur agissait librement depuis un certain temps, si elle avait bien tout saisi. Qu'Arsok, malgré ses compétences assez extraordinaires, mette autant de temps à l'attraper était déjà inquiétant, surtout qu'il avait dû se montrer au grand jour, peut-être pour récolter l'appui de tous. À y repenser, il semblait maintenant évident à la petite fille que, s'il avait pu se limiter à ça, l'Ombre aurait attrapé l'assassin sans se montrer aux yeux du monde. Autrement dit, il était dans une impasse et avait besoin de soutien : l'offre des deux “sœurs” devait l'arranger, surtout que Yurlungur montrait, en révélant par petits bouts ce qu'elle avait découvert, qu'elle n'était pas des plus idiotes, rattrapant sans doute un petit peu la maladresse de tantôt de Dorika.

Toutefois, si elle lui laissait trop de temps pour réfléchir à cette proposition, il aurait plus de chances de refuser. Alors, tout naturellement, elle haussa les épaules en faisant mine de n'être pas elle-même convaincue par sa propre offre et laissa déjà tomber un verdict :

« Mais si vous pensez que nous ne serions de toute façon pas utile, nous vous laisserons vous débrouiller seul. »

Elle avait insensiblement appuyé sur le “seul” : aussitôt, comme pour enfoncer encore davantage le clou, elle fit mine de repartir malgré le corps d'Arsok qui bloquait le passage : n'allait-il pas la laisser partir, maintenant que l'entretien semblait clos ?

Comme par magie, il réagit : la saisissant par le col avec une certaine brutalité qui démontrait qu'il commençait à perdre le contrôle de soi (bien que sa voix continuât à être toujours aussi neutre), il répliqua qu'elles étaient ignorante sur tout : lui, cette affaire, celui qu'il pourchassait. Il la lâcha presque aussitôt : elle devait s'empêcher de sourire maintenant qu'elle l'avait fait sortir de ses gonds en le poussant à bout, ce qui n'avait pas été si difficile que ça. Et là, tirant sa manche, il dévoila sur son avant-bras le même tatouage que celui qu'elle avait vu sur le corps tout à l'heure : mais le sien était d'encre noir.

« Le signe de la Trinité unie, symbole de soumission volontaire au trio de dirigeantes d'Arothiir et à leurs idéaux. Outre cette mine, c'est le système entier d'Arothiir qui est attaqué par cet être, cette Ombre revenue d'entre les morts, qui ne porte pas ce symbole. »

Elle haussa un sourcil. Ce qu'il révélait là était peut-être les informations les plus précises et les plus précieuses qu'elle obtenait depuis son arrivée dans la région d'Arothiir : il ne fallait pas en perdre la moindre miette. Il semblait avoir compris qu'il s'était énervé, aussi souffla-t-il longuement avant de reprendre en expliquant que sa cible n'était plus dans la mine, que sa poursuite était presque impossible compte tenu de l'expertise des Ombres dans le domaine de l'assassinat.

Et ensuite, il en vint à elles deux, acceptant tacitement l'alliance avec les deux sœurs. Comme elles se rendaient à Arothiir, elles pourraient enquêter depuis là-bas sur lui. C'était sensé : les lieux où un homme pouvait survivre dans ces terres arides devaient être peu nombreux, peut-être seulement Arothiir et cette mine même, aussi avaient-il déjà de grandes chances de s'approcher de lui s'ils agissaient parallèlement ici et là.

« S'il se défend des miens, il ne se méfiera pas d'étrangères comme vous, expliqua Arsok. Quand vous serez face à lui, vous le reconnaîtrez sans peine à son regard d'ambre... N'essayez pas de me contacter, je saurai vous retrouver. »

Alors qu'elle réfléchissait encore à tout ce qu'il lui révélait, essayant de tout garder dans sa mémoire d'enfant, il tendit une main vers elle, sûr de lui, comme pour passer un marché. Un marché officieux, dans l'ombre de la mine rougie par le sang.

« Alors, cela vous sied-il ? »

Un instant, elle eut l'envie de refuser par vanité, rien que pour faire les pieds à Dorika et pour qu'il ne comprenne pas lui-même comment elle réfléchissait. Mais c'était absurde : et quoique cela ne la gênât pas plus que ça, c'était trop tôt pour montrer à tous à quel point elle pouvait se révéler chaotique. Pour le moment, il fallait continuer à avoir l'air innocent et laisser la doucereuse sensation de la tromperie en marche lui caresser le cœur.

Elle lui sourit donc gentiment, comme le ferait une simple fillette, et plaça doucement sa main dans la sienne en serrant à peine :

« Oh, cela me va tout à fait. Nous ferons notre possible pour le retrouver alors. »

À vrai dire, elle trouvait que l'échange s'était bien mieux passé que ce qu'elle aurait pu attendre. Non seulement elle était tombée sur Arsok, mais elle avait en plus réussi à s'en faire un allié. Pas un allié fiable, certes - il faudrait d'ailleurs peut-être se méfier de lui lorsque cette affaire serait finie, au cas où il tenterait de les faire disparaître pour qu'aucun témoin ne subsiste - mais c'était toujours ça de gagné.

Elle s'inclina légèrement devant lui et reprit avec une ingénuité trop poussée pour être crédible, le même sourire doux et aimable sur les lèvres :

« Puisque mon collier doit être dans nos affaires et non pas ici, je ne vois pas ce qui me retient. Au revoir, monsieur Arsok. »

Elle lui fit un petit signe de la main et repartit pour de bon hors de cette cachette : cette fois, il la laissa filer, sans un mot. Elle quittait donc la mine, peut-être définitivement si elles s'installaient à Arothiir durablement. “Durablement” ! Était-elle donc si obnubilée par son propre rôle ? “Durablement” jusqu'à l'annihilation d'un des deux camps qui s'affrontaient, dira-t-on, ou jusqu'à ce que tout ceci la lasse. Mais pour les divertissements qu'elle recherchait, elle était servie : Asmodée lui était entièrement sortie de la tête. Au sens figuré, sans doute, car il n'était pas facile de savoir ce qui était vrai au sens propre - l'imaginaire et les métaphores sont toujours plus limpides pour les enfants que la dure réalité.

Elle ressortit sans encombre de la mine dans laquelle elle s'était à peine avancée et retrouva Dorika, déjà en selle à l'attendre.

« J'ai retrouvé notre grand ami, dit-elle en lui tendant son bras pour qu'elle l'aide à monter en croupe. Allons-y, que je te raconte. »

Elles se mirent donc en chemin, partant vers Arothiir. Elles devraient y arriver avant ce soir : cela laissait le temps à Yurlungur d'expliquer tout à sa chère “sœur”.

« Arsok a finalement passé un marché avec moi. Comme tu le soupçonnais, ses sens sont très affûtés : il a tout de suite compris quelle était ma manœuvre avec le collier et m'a affirmé qu'un seul regard sur le cadavre lui avait suffi pour tout comprendre. »

Elle regardait l'horizon en souriant sous le ruban qu'elle avait replacé sur son visage pour éviter les vapeurs toxiques du désert.

« Il souhaite que nous trouvions l'assassin en enquêtant à Arothiir. Selon lui, notre statut d'étrangère devrait nous aider à apparaître moins suspectes auprès de lui, puisqu'il est en opposition avec tout le système... Elle tourna sa tête vers sa sœur sans réussir ni même chercher à croiser son regard. Tu te souviens du symbole que j'ai dessiné tout à l'heure ? Il avait le même au poignet, à l'encre noire. Il m'a expliqué que ceux qui le portaient étaient dévoués à la Trinité et à Arothiir... Oui, tandis que l'assassin ne le portait pas. Ah, d'ailleurs, il m'a dit que l'Ombre renégate avait les yeux d'ambre et il a parlé d'elle comme étant morte puis ressuscitée. »

Elle haussa les épaules.

« Je ne sais pas trop s'il exagérait à ce moment-là. En tout cas, il avait l'air parfaitement sérieux tout au long de notre entretien. Je ne pense pas que quelqu'un nous ait vus ensemble. Oh, et sinon, il a ajouté que nous n'avions qu'à attendre qu'il nous contacte. Est-ce que j'oublie quelque chose... Ah oui ! Tout à l'heure, j'ai prétendu que notre mère avait servi en tant que chirurgienne il y a cinq ans, et que je l'avais aidée. C'est ce qui m'a permis, entre autres, d'avoir accès au corps. »

Elle eut un petit rire discret et s'exclama d'un air ironique :

« Il semblait y tenir, à l'Ombre qu'il cherchait ! C'en serait presque une histoire d'amour, à voir à quel point il tenait à la trouver... Dire qu'il allait jusqu'à connaître la couleur des yeux de son amant mortel ! Tss, tu aurais dû l'entendre, tu aurais ri. »

Elle se mit à imiter avec excès l'air sobre et impassible d'Arsok, tout en le faisant dégénérer petit à petit pour laisser d'autres expressions apparaître sur son visage :

« “Je le suis depuis l'éternité, il ne m'échappera pas ! Il se traîne, mais quand même on le suivrait au bout de la vie. On le traque : il s’échappe. C’est un rôdeur, un tocard. Mais je craque pour ce zouave, même s’il se traîne un air de chien bâtard. On ne sait jamais quand on le voit vers quelle galère il s’trimballe. Il vous emmène et on y va, il vous prend dans sa cavale. Mais bientôt, nous serons réunis, lui et moi...” Haha ! Les meilleurs histoires d'amour semblent condamnées à se terminer dans le sang. »

Elle laissa ensuite le silence s'installer, n'ayant plus rien à dire. Lorsqu'elle avait lâché cette dernière phrase, elle ne pensait même pas à elle et au meurtre de Calua, qui avait perdu la vie de la propre main de Yurlungur : et même maintenant, bien que l'idée lui effleurât l'esprit, elle ne voulait pas y songer. Se moquer d'Arsok lui avait permis de faire tomber la tension, de même que son long monologue : à présent, elle se sentait bien mieux et il était inutile de se prendre la tête sur tout le mal qu'elle avait pu faire autrefois.

Il leur restait tant de choses à accomplir : la découverte d'Arothiir, l'enquête, l'intégration à un nouveau milieu - et il lui semblait qu'elles perdaient de vue le Sans-Visage, mais cela n'était rien. Si elles arrivaient à stopper celui qui terrorisait la ville et ses mines, elles seraient bien plus estimées et auraient bien plus facilement accès à tous les réseaux d'information : il leur suffirait alors d'infiltrer les suivants de ce Dieu mauvais perdant. Enfin, elles n'y étaient pas encore : mais qu'est-ce que cela l'excitait !



(((2000 mots (sans les passages d'Arsok), citation de La Belle et le Clochard – Il se traîne.)))

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Dernière édition par Yurlungur le Ven 28 Avr 2017 17:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mar 18 Avr 2017 16:28 
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Les dirigeantes répondent à nos questions. Charis à l’étrange questio de demander si elles sont humaines. Il est vrai que leurs apparences est des plus bizarre. Jess prend d'abord la parole, nous proposant de raconter au conseil d'or la vision du sans visage tel qu'elle est à Arothiir et ainsi ramener la paix. Sable ensuite, après avoir rassuré Charis qui craignait d'être impolie, nous apprends qu'elles sont toutes les trois plus que de simples humaines. Immortelles, elles tirent du sang de leurs mâles, le pouvoir de se transformer en harpies. Je cherche une image de ce qu'est une harpie à travers les histoires entendues à Kendra Kar. Une vision d'une femme ailée effrayante me vient en tête, semblable à des sirènes mais hantant les airs. Pourtant, je regarde maintenant depuis un moment ces trois femmes qui nous ont accueillies dans leurs palais et aucune ne m'effraie. Elles sont même très agréables à regarder.

Enfin, Guigne nous pose une question, nous demandant les raisons personnelles qui nous amènent ici. Soulevant que nous n’étions sûrement pas en train d’obéir aveuglement au conseil d’or et à son dragon de compagnie. Je regarde d'abord Charis avant de répondre en observant les trois dames d'Arothiir.

"Je pense qu'aucun aventurier venant de Yuimen n'apprécie le dragon violet. Il a manipulé et trompé. Moi et beaucoup d'autres. Je pense même qu'il est entrain de recommencer. Pour ma part, je veux entrer en contact avec le sans visage. Connaitre son point de vue et peut être même établir un dialogue avec le conseil d'Or pour apporter une paix durable. Déclencher un conflit entre les peuples ou entre les entités serait terrible. Je veux tout tenter pour éviter ça."

Je termine en vidant ma chope et en me servant une dragée dorée dans la boite que Guigne me tend tout en la remerciant d'un sourire.


((300 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 21 Avr 2017 14:06 
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La plus sombre des dirigeante se fait de nouveau porte-parole du Sans Visage tandis que la plus jeune se tourne vers moi pour répondre à ma question. Elle explique qu’il en est ainsi pour toutes les femmes de ce peuple et qu’elles sont immortelles, ou presque. Ce qui m’inquiète est sa mention du fait qu’elles tirent dans le sang des mâles ce pouvoir. La dernière nous demande pourquoi nous sommes venus en ce monde et si nous suivons aveuglément le conseil.

Après la réponse de Xël, je secoue la tête.

- Non, depuis que j’ai posé le pied sur Aliaénon, je n’ai fait que suivre mon opinion et j’ai tenté de me le forger de la façon la plus objective possible. Comme mon compagnon, je n’ai nulle confiance en le Dragon Mauve et je ne connais pas assez bien les membres du Conseil pour juger de leur probité. J’aimerais comprendre cette situation au mieux, de chaque côté, et, si possible, tenter à terme d’allier vos deux visions pour n’en faire qu’une. Trop de guerres ont sali le sol de ce monde et je ne désire pas en voir une autre éclater.

Je fais une pause avant de décider de répondre à leur question avec la même franchise dont elles ont fait preuve à mon égard.

- Quant à la raison de ma venue, et bien… Par bien des aspects, je connais mieux Aliaénon que mon propre monde, il se trouve ici plus de personnes que j’aime et que j’apprécie. J’ai plus vécu en quelques semaines sur ces terres que durant toute mon existence dans le désert. Ici, je suis libre de mes choix et de mes pensées car là d’où je viens, toute fille de chef que j’étais, j’étais surtout destinée à être un bon parti pour faire un bon mariage.

Je me saisis d’une des dragées proposées et la regarde.

- Qu’est-ce donc ? Je n’ai jamais vu cela, dis-je avant de poursuivre sur ma question initiale : le sang des hommes de votre peuple vous permet de revêtir ces formes ? Au sens figuré ou littéral ?

Si la franchise a toujours été un maître mot chez moi, j’ai rarement été aussi directe.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 22 Avr 2017 15:09 
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Arothiir – Voyage de la mine vers la cité (9h20–19h)

    Au rapport qui lui fut fait, Dorika ne sembla pas réagir outre mesure. Pas ostensiblement, en tout cas. Elle se contenta d’une exclamation qui ne put, cette fois, dissimuler sa déception :

    « Ainsi, nous quittons la mine pour la ville. Soit. Allons trouver cet assassin. Cet Asork est un être étrange. Peut-être devrait-on lui faire confiance, finalement. Il semble être un allié de poids pour apprendre ce qui se trame dans Arothiir et ses alentours. »

    Et encore, c’était beaucoup parler, pour la taiseuse qu’elle était. Sans tarder, elles se mirent en route dans le paysage des plaines d’Arothiir, aux herbes séchées et au sol ocre et poussiéreux, rocheux. À mesure que les heures passaient, Yurlungur put sentir s’accroitre dans sa paume, celle avec laquelle elle avait conclu le marché avec Arsok, des chatouillements désagréables. Si elle y jetait un œil, elle y verrait une marque sombre, informe et mordorée, pétrir sa chair à travers sa peau. L’avait-il maudite ? Marquée ?

    Aucune autre péripétie ne marqua le voyage, et elles arrivèrent à proximité de la ville d’Arothiir alors que la soirée commençait doucement à tomber.

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    Dorika, lorsqu’elles passèrent les portes de la ville, se pencha vers sa « cadette ».

    « Et maintenant, où va-t-on ? »

    Elles étaient tout en bas de la bute supportant le palais d’Arothiir, dans les bas quartiers ouvriers aux masures modestes et petites. Une auberge était proche des portes, peu surveillées. Elle ne payait pas de mine, et la faune locale ne serait peut-être pas la plus recommandable. Ils pouvaient choisir de passer la nuit-là ou d’en chercher une autre, plus enfoncée dans la cité.


[Un aparté est possible avec Dorika pendant la journée de trajet.]


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (informations acquises) + 0,5 (rapport à Dorika) + 2 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 22 Avr 2017 15:28 
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Arothiir – Palais, Salons. (20h40)

    Cette fois, Sable répondit à Xël en plongeant son regard carmin dans le sien, se penchant vers lui comme s’il s’agissait d’une messe basse, bien que toutes les personnes présentes fussent capables de l’entendre.

    « Contacter le Sans-Visage directement ? Voilà chose possible, ici-même en ce palais, et dès ce soir, si vous le souhaitez. Venez avec moi, lorsque nous aurons terminé cette agréable conversation. »

    Guigne, aux questions de Charis, eut un sourire… carnassier. Ce fut non sans abandonner sa pure franchise qu’elle répondit à la princesse du désert.

    « Les deux, ma jolie. Ce sont les hommes pâles qui portent en eux le pouvoir de transmettre aux femmes dans leur progéniture le pouvoir de se changer en harpies. Mais pour ce faire, elles doivent régulièrement consommer le sang de ceux-ci, essence de notre pouvoir. Les mâles de notre ethnie sont un peu… notre garde-manger. »

    Jess fronça un instant les sourcils devant les paroles de sa sœur, et précisa de suite :

    « C’est un don qu’ils nous font de leur plein gré depuis la nuit des temps, cette opération n’étant en rien mortelle. »

    Et Guigne, de renchérir, prédatrice :

    « Pas toujours, en tout cas. Quant à ces dragées, ce sont des sucreries couvertes d’une fine pellicule de thiir. »

    Xël et Charis avaient tous deux une dragée en main. Jess se fit à nouveau explicative, se servant à son tour dans la boite de dragée pour en déguster une.

    « Ne vous fiez pas à ce que vous pourriez connaître du thiir. La dose est ici bien moindre que ce que n’absorbaient les guerriers de notre peuple pour entrer dans une transe guerrière. Depuis quelques mois, c’est devenu une denrée aussi rare que précieuse, car de nombreuses mines ont dû être fermées. Nous avons le monopole de la dernière en activité, mais c’est bien insuffisant pour pouvoir satisfaire toutes nos commandes. »

    Ce constat parut l’affliger légèrement, par un subtil mouvement de sourcil, première réaction presque humaine qu’elle avait depuis la rencontre.

[Xël : 0,5 (introspection)
Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Jeu 27 Avr 2017 14:58 
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Sable, mutine, se penche vers Xël pour avouer qu’il est possible de contacter le Sans-Visage directement et lui propose de le rencontrer le soir même, avec elle. J’avoue ignorer comment réagir. J’aimerai également en apprendre un peu plus et, s’il est possible d’obtenir une entrevue avec le Sans-Visage, j’aimerai également en être, cependant… il me semble évident que cette offre ne s’adresse pas à moi, mais simplement à mon compagnon, aussi je décide garder le silence. Je me sens en trop et résiste avec peine à l'envie de m'agiter sur mon siège.

Guigne, quant à elle, se tourne vers moi pour confirmer mes craintes en expliquant que les femmes de son peuple ont besoin de consommer le sang des mâles afin qu’elles conservent leur pouvoir.

A ses paroles, je ne parviens pas à masquer un frisson, qui ne s’atténue qu’à peine lorsque Jessaccilo précise que ce don est fait de leur plein gré. Cette méthode me paraît si… barbare, si intime, si… J’en frémis de nouveau, d’autant plus lorsqu’elles ajoutent que l’opération est parfois mortelle. Comment les hommes acceptent-ils de sacrifier leur sang ainsi ?

Une voix, lointaine, me murmure que les femmes de mon peuple sacrifient bien leur existence au profit d’un homme qu’elles ne connaissent pas pour le bien de leur clan, mais… non, c’est différent. Cela n’a rien à voir, notre culture, elle, n’est pas violente, n’est pas brutale, ne repose pas sur le sang des autres.

En suis-je si certaine ? Je secoue la tête, chassant ces pensées pour me forcer à revenir à l’instant présent et à la petite dragée jaune doré que j’ai entre les mains, l’observant avec des yeux écarquillés alors que le jour est fait sur sa nature. Il s’agit de dragées de thiir, cette drogue si prisée, celle dont j’ai vu les effets du manque chez Kerem. Cette qui a tué notre compagnon de route. Les mines sont fermée et la denrée est devenue luxueuse, mais… elle me semble pourtant pervertie, après tout le mal que je l’ai vu faire.

Je prends une respiration pour me calmer, chassant toutes ces pensées qui m’assaillent. Je me sens mal à l'aise. Ce repas ne se passe clairement pas comme je l’avais espéré. Je m’attendais à ce qu’on nous accuse d’être à la botte du Dragon Mauve, je m’attendais à ce que l’on cherche à nous acheter, à nous convaincre par la force. Je m'attendais à un échange d'arguments, à devoir user de diplomatie pour parvenir à notre but : la compréhension. Mais je ne m’attendais pas à cette culture différente à ce point, à leurs mœurs barbares qui ne font que me renvoyer face aux mœurs de mon propre peuple. Qui me renvoient face à la mort d’un des nôtres.

Finalement, je repose la dragée et, reluctante, je me force à relever les yeux vers les trois dirigeantes.

- Pardonnez-moi, Dames, et pardonnez mon geste des plus impolis. Cependant… l’un des nôtres a donné aujourd’hui la mort à l’un de nos compagnons. Il a été rendu fou par le thiir, par ses fumées et a donné la mort sous nos yeux impuissants. J’ai le sentiment que ce serait… bafouer la mémoire de notre compagnon mort et renier les remords que ressent celui qui s’est abandonné à la folie qu’accepter d’en consommer à mon tour de manière récréative.

Je penche légèrement la tête, indiquant mon regret.

- J’espère que vous comprenez qu’il ne s’agit en rien d’un refus de votre générosité.

~ 500 mots.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Jeu 27 Avr 2017 15:20 
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Je retiens mon souffle quand Sable plonge son regard dans le mien et se penche vers moi. Elle me propose de contacter le sans visage, ici, ce soir. J'en serai ravi mais c'est soudainement une toute autre envie qui traverse mon corps. Son regard, son attitude, ses messes basses. Difficile de dire si elle était sincère ou si c'était des avances. Je laisse un sourire joueur apparaître sur mon visage avant de lui répondre.

"Je vous accompagnerai alors."

Guigne répond à Charis, un sourire carnassier sur le visage, qu'elles ont besoin de boire régulièrement le sang des mâles, les définissants comme garde-manger, rafraichissant du même coup mes pulsions lubriques. Jess tente de nous rassurer en précisant que le procédé n'est pas mortelle et guigne renchérit en ajoutant un "pas toujours". Elle explique ensuite que les petites dragées sont couvertes d'une fine pellicule de Thiir. Je regarde la sucrerie d'un air méfiant tandis qu'on nous précise qu'il ne faut pas se fier à ce que l'on connait du Thiir. La dose ne suffirait pas à nous mettre dans le même état que Thrag. Elle ajoute que le Thiir se raréfie en raison de la fermeture des mines et que la dernière en activité leur appartient. Je hausse un sourcil avant de demander.

"J'ignorais qu'on trouvait du Thiir dans les mines. Je pensais que c'était simplement un gaz. Est-ce que vos mines s'épuisent ? Vous ne pouvez pas récupérer le Thiir qui survole vos plaines ?"

Je m’apprête à porter la sucrerie en bouche mais j’aperçois Charis qui repose la dragée en se justifiant qu’elle aurait l’impression de bafouer la mémoire de Fin’ et renier les remords du nain en consommant cette substance. J’observe à nouveau la friandise, repassant dans ma tête les images du plastron qui s’écrase sous le coup de la masse, me coupant tout appétit. Je la repose dans sa boite avec un air à la fois triste et navré de ne pas avoir goûté. La princesse du désert précise son regret auquel j’ajoute avec un léger sourire et un ton de plaisanterie.

" Ca en fera plus pour vous. "

((350 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 28 Avr 2017 09:37 
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Arothiir – Palais, Salons. (20h45)

    Guigne, si elle ne commenta pas verbalement le refus de ses deux invités, fit une moue mécontente pas dissimulée pour un sou, rangeant sa boite de dragées dorées alors que Jess reprenait la parole.

    « C’est compréhensible, effectivement. »

    Puis, en regardant Xël :

    « La confusion n’est pas rare : les gaz de la Plaine d’Arothiir ne sont que toxicité, et s’ils sont issu de la même source que le Thiir, ce n’est en rien du Thiir. Ce dernier est une matière minérale que l’on extrait pour la raffiner. C’est sa formation qui crée ce gaz de thiir, mais en aucun cas ces deux produits ne sauraient être associés autrement. Aussi, la récupération du gaz de Thiir, sans parler de la complexité d’un tel projet, ne servirait à rien. »

    Guigne l’interrompit scandaleusement, comme à son habitude.

    « Ou presque… »

    Jess, pinçant les lèvres, poursuivit néanmoins.

    « Les mines, quant à elles, ne s’épuisent pas : le sous-sol de cette région est riche en roche de thiir, et sa création est continue. Le problème est ailleurs : une vague d’assassinats a déferlé sur les mines de Thiir, les forçant à fermer une par une. »

    Guigne se fit une fois encore mordante :

    « Ces ouvrier peureux ne voulaient plus descendre dans les boyaux pour extraire cette précieuse ressource, de peur de se faire tuer à leur tour. Ridicule. »

    Jess inclina la tête, et conclut :

    « Voilà pourquoi telle substance est devenue si rare et précieuse. Et pourquoi les anciens fanatiques au thiir souffrent tant aujourd’hui de son manque. »

[Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (refus) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (refus).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 28 Avr 2017 17:31 
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...

Son rapport terminé, Dorika, comme à son habitude, ne s'étendit pas en longues paroles. Pas étonnée le moins du monde, Yurlungur crut cependant comprendre, avec une certaine satisfaction, que sa “sœur” décidait de faire confiance à Arsok, le considérant ouvertement comme un “allié”. Au moins, elle ne semblait pas trop rancunière vis-à-vis de lui, alors qu'il l'avait plus ou moins ridiculisée en la découvrant presque immédiatement. Il était vrai que cela impressionnait surtout la petite fille car elle était elle-même loin d'être aussi humble. Mais elle avait bien senti, dans le ton de la voix et dans ses dires, que Dorika était - encore et toujours - déçue de quitter cette mine. Elle s'était retenue un moment, parce qu'elle imaginait bien que sa coéquipière ne lui ferait pas confiance immédiatement au point de révéler ses objectifs secrets par rapport à cette mission, mais il était désormais évident que cela risquait d'interférer. Bon, certes, Yurlungur s'en fichait un peu du Sans-Visage et de toutes ces affaires, mais elle constatait que la “dame mystère” ne faisait rien pour s'en cacher.

« Ho, ça va, rétorqua-t-elle. On avance, déjà, et de toute façon, on ne pouvait pas rester là-bas parce que tu t'es fait surprendre. Qu'est-ce qui te pousse à t'intéresser autant à cette mine, en fait ? »

Elle posait cette question de façon presque désintéressée, mais ce n'était qu'un jeu. L'Exechienne devait l'avoir compris, maintenant, et ne devait plus vraiment se fier aux apparences ni à l'intonation de la voix de la petite. Si elle entendait cette question, elle se méfierait, mais peut-être qu'elle songerait que la gamine constituait une force amicale suffisamment adroite pour être mise dans le secret. D'ailleurs, elle sentit une hésitation chez Dorika, avant que celle-ci ne laisse tomber sans même chercher à cacher qu'il s'agissait d'un pur mensonge :

« Rien. »

Yurlungur attendit un instant, pensive. Devait-elle éclater de rire pour montrer à quel point elle trouvait cette réponse ridicule et hautement insatisfaisante ? Se taire pour essayer d'en apprendre plus plus tard ? Ou simplement insister, gentiment ? Aucune des deux dernières solutions ne lui allaient tout à fait, mais plutôt que rire, elle décida de miser sur l'ironie mordante. Il était inutile de ne pas montrer à Dorika qu'elle était capable de comprendre le sens derrière ses mots.

« Rien ? Tu t'intéresserais donc à ces gens par pure bonté de cœur ? insista-t-elle, le ton presque amusé. »

Elle ricana un instant, avant d'ajouter :

« Quelle gentille sœur j'ai. »

Avec un peu de chance, sa “sœur” sortirait un moment de ses gonds et s'expliquerait, face à cette provocation ostensible. Ils étaient seuls dans le désert : allait-elle donc attendre d'être à Arothiir, entourées d'Hommes Pâles auprès de qui ils jouaient une comédie aussi drôle que mortelle, pour révéler ce qu'elle avait caché devant les conseillers ? Elle, elle s'en fichait, que Dorika ait mieux à faire que sauver un autre monde. Après tout, si ces gens-là étaient capables de se débrouiller par eux-mêmes, tout irait mieux. Elle profitait de l'occasion pour voir du pays, mais le Sans-Visage ne lui semblait en rien une priorité. Mais la “dame mystère”, loin de se dévoiler, lui lança simplement un regard noir qui en disait long, avant de lui reprocher d'avoir elle aussi ses secrets, pointant le fait que la fillette n'avait pas eu le moindre problème à examiner le corps.

Yurlungur lui aurait bien répliqué qu'elle n'était pas là lorsqu'elle avait fait cela et qu'elle avait très bien joué la comédie d'une assurance peu à la hauteur à ce moment-là, mais tout cela avait un fond de vérité. Un corps, du sang et un peu de chair à l'air libre, il n'y avait pas de quoi l'alarmer elle-même - fût-ce le sien ? D'autant que Dorika souhaitait ostensiblement garder ses secrets pour elle, refusant implicitement un échange d'informations l'une sur l'autre. L'idéal serait de savoir si elle faisait cela pour elle-même ou pour un tiers qui l'aurait employé... en soi, connaître ses motivations. On est toujours bien plus apte à abandonner un autre pour sauver sa peau, alors que l'on peine souvent à dominer ses propres ardeurs. (Ce n'est pas si mal dit,) intervint Papillon. (Je ne crois pas t'avoir demandé ton avis, monsieur l'abstentionniste,) répliqua-t-elle sèchement. Elle appréciait sa compagnie, mais il se devait d'être caché sur ce monde et même devant sa “sœur” : inutile qu'il le dérange en plus avec des commentaires vides.

Par principe, elle avait souri devant le regard de haine de Dorika, mais elle songeait qu'il serait profitable pour elle d'abonder un moment dans son sens, histoire de l'amadouer un peu. Mais en laissant une porte ouverte...

« C'est vrai que c'est beau, les secrets, finit-elle par répondre. Je serais ravie de pouvoir en dire plus sur moi, tellement je suis bavarde - certaines mauvaises langues diraient vaniteuse. Mais puisque tu préfères le silence, soit. Je me tais. »

Comme pour entériner ses intuitions, Dorika affirma qu'elle n'avait pas intérêt à révéler quoi que ce soit sur elle, ni à chercher à en apprendre plus sur la petite fille. Très bien.

Une partie du voyage se déroula sans heurts à travers le désert brûlant. Les deux portaient des protèges-visages improvisés qui leur permettaient, lorsqu'elles n'arrivaient pas à éviter les vapeurs toxiques, à n'être pas gênées outre mesure. Dorika s'était calmée, même si la petite sentait bien que, si elle s'y mettait, elle parlerait sans doute. Peut-être n'étaient-elles pas des partenaires aussi confiantes l'unes envers l'autre, mais une partie de la carapace de silence de sa “sœur” était ébréchée depuis qu'elle acceptait de lui parler et d'échanger avec elle. Il était hors de question, toutefois, de lui laisser l'occasion de combler cette fissure en abordant des sujets frivoles et sans intérêt.

Mais alors qu'elles continuaient leur route, Yurlungur sentit des chatouillements dans sa main naître et devenir de plus en plus urgents, croyant à un insecte ou à une manifestation secondaire du thiir, elle se la frotta un moment contre le poil du cheval, mais cela ne partait. Finalement, jetant un œil pour vérifier qu'elle n'était ni blessée ni piquée, elle constata, non sans stupeur, la présence d'une marque sombre. La forme n'était pas encore claire, comme si elle continuait à se développer et à s'étendre. Elle la montra à Dorika et indiqua, d'un ton bien plus sérieux que lors de leur précédente dispute :

« Regarde. Ça s'est développé depuis que nous sommes partis de la mine... Une idée de ce que ça pourrait être ? »

Elle-même avait bien quelques suppositions, mais elle comptait vérifier auprès de l'autre Yuiménienne pour entendre ses réflexions sur le sujet. Elle savait bien n'avoir vécu que peu par rapport à tant d'autres aventuriers aux voyages si fréquents et si féconds. Elle s'était restreinte à Dahràm toute sa vie et n'en sortait qu'avec impatience et excitation, mais l'expérience de l'extérieur lui manquait indéniablement. Peut-être le cas de Dorika était-il sensiblement différent.

Celle-ci observa un moment la marque, silencieuse. Puis, le ton tout aussi grave que celui de l'enfant, elle conclut qu'il s'agissait probablement de magie, mais qu'elle n'y connaissait rien, ouvrant l'hypothèse d'une malédiction. Elle donna ensuite l'exemple d'un marin d'Exech qui, affublé d'une marque semblable à la paume, attirait à lui un monstre marin gigantesque et muni de tentacules, ce qui fit hausser un sourcil à la gamine. Dorika conclut en expliquant qu'ici, au moins, au milieu du désert, elle ne risquait rien. Son ton semblait... léger. Presque indifférent. Cela ne lui ressemblait guère... Essayait-elle de détendre l'atmosphère ?

Yurlungur referma sa main en la reposant contre leur monture et sourit, incertaine face à la marche à suivre. Était-ce réellement une tentative de... blague ? De la part de Dorika ? Cela lui semblait étrange, mais en même temps, ça rendait leur relation bien moins tendue que ce qu'elle avait pu penser après leur confrontation de tout à l'heure. Comme quoi...

« Oui. Sans doute. Je garderai un œil dessus. Tiens, vérifie quand même que toi tu n'as rien... »

Elle ne pouvait camoufler l'appréhension qu'elle avait face à cette marque. Elle non plus n'avait aucune connaissance en magie, malheureusement. Ses phrases devenaient donc naturellement, sans qu'elle puisse s'en empêcher, courtes et rudes. Dorika n'avait rien, après vérification, et demanda à son tour à Yurlungur si celle-ci savait d'où cela pouvait provenir.

« Peut-être du cadavre, mais ça m'étonnerait beaucoup. Sinon, pourquoi ce bras en particulier ? Autrement, le seul contact que j'ai eu et pas toi était avec Arsok... Oui, si je me souviens bien, c'était avec ce bras que j'ai passé l'accord avec Arsok. »

À vrai dire, c'était l'hypothèse qu'elle pensait la plus probable. La marque qu'il avait au poignet, l'histoire de cette Trinité, l'allégeance qu'il leur portait... Il n'était pas impossible que tout cela soit lié. Prenant conscience que son discours n'était pas forcément très clair, elle précisa en secouant la tête, comme gênée.

« Tu sais, quand tu dois serrer la main de l'autre partie pour bien sceller un contrat. C'était peut-être là. »

Elle soupira. Elle avait toujours trouvé ce genre de procédés presque rituels quelque peu absurdes, c'étaient des trucs de grandes personnes, en somme.

« C'est fâcheux, si Arsok sait faire aussi de la magie. Mais ce serait surprenant, tout de même. »

Le Chevalier ne leur avait-il pas dit que les Hommes Pâles étaient en principes incapables de maîtriser quoi que ce soit d'arcanique ? C'est justement ce sur quoi rebondit Dorika. Elle proposa que ce n'était pas Arsok qui avait fait cela, ou qu'il ne s'agissait pas de magie.

« Oui, c'est ce que j'avais retenu aussi, répondit-elle finalement. Enfin, tant pis. Tant que ça ne me gêne pas plus que ça... On verra bien. »

Elle doutait fortement que cela soit lié à autre chose que les Ombres d'Arothiir. Mais bon... L'intuition n'était que rarement acceptée comme preuve. Leur route continua donc, silencieuse comme d'ordinaire. Sous le soleil de plomb et parmi ces vapeurs, Yurlungur ne faisait que peu confiance à son esprit de déduction et préférait éviter de trop réfléchir sur tout ça. Elle le ferait plutôt à Arothiir, à l'ombre et à l'abri... Bon, “abri” était peut-être un bien grand mot. Il fallait déjà voir à quoi cela ressemblait.

Au détour d'une dune, la cité se dévoila à leurs yeux. Un palais semblait se dresser en haut d'une butte, doré et brillant, tandis que le reste de la cité, composé de bâtisses qui devenaient taudis à mesure que l'on s'éloignait du centre, était bien moins admirable. En soi, c'était une cité qui acceptait en grand ses inégalités. N'était-ce pas formidable ? Yurlungur sourit en voyant tout cela sous le Soleil qui descendait. La soirée ne faisait que commencer, mais elle était bien contente d'être arrivée à destination. Elle eut une pensée pour Charis et le reste du groupe qu'elles avaient abandonnés la veille. Allaient-ils finalement passer par Arothiir ? Étaient-ils déjà arrivés ? Peut-être qu'eux-mêmes avaient perdu du temps à la mine et qu'ils s'étaient fait rattraper... Ils verraient bien. De toute façon, Yurlungur ne comptait pas partir à leur recherche.

Elle fut flatté lorsque Dorika s'adressa à elle pour déterminer où est-ce qu'ils devaient se rendre. C'était donc toujours à elle de choisir... Tant mieux. Elle semblait bel et bien s'être imposée comme la tête pensante, depuis qu'elle avait dévoilé son plan. Alors qu'une auberge un peu miteuse se dressait à l'entrée de la cité, en plein milieu des quartiers ouvriers peu recommandables, il suffirait d'aller plus loin pour trouver un endroit plus calme. Elle lança un rapide coup d'œil à sa coéquipière. Oui, elle savait sans doute se défendre.

Elle désigna du doigt l'auberge la plus proche, se demandant combien de temps son masque d'innocence tiendrait face à des brutes sauvages... Comme cela serait délectable. Quoique... N'y avait-il pas le risque qu'elles se fassent un peu trop remarquer ? Que leur couverture soit fichue un peu trop tôt ? Mais après tout, si elles avaient fait tout le voyage, c'était bien qu'elles n'étaient pas les dames les plus précieuses du monde... On ne gagnait rien si l'on ne risquait rien. Cela aurait peut-être le mérite d'attirer sur elles les yeux du meurtrier, qui sait. Et au moins, il y avait matière à bien s'amuser...

« Essayons là, d'accord ? »

Dire qu'elle avait encore ce ton candide. Oh, vraiment, elle espérait que la soirée se révélerait... épanouissante.


(((2000 mots)))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 12:53 
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Arothiir – Ville basse. (19h15)

    Le duo de « sœurs » pénétra dans la taverne des bas-quartiers, ne présentant même pas de nom ostensible au visiteur. La salle était bondée de monde, qui se serrait sur des tables, assis sur des tabourets peu confortables. Le sol manquait clairement d’un coup de serpillière, portant encore les stigmates de ce qui fut sans doute une bataille passée. Les gens ici étaient bruyants. Des hommes, pour la plupart, vêtus pauvrement. Des ouvriers, des pauvres, qui riaient grassement en pelotant les miches de quelque serveuse généreuse. L’endroit était simple et ne payait pas de mine. Le confort n’en était que tout relatif.

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    À peine furent-ils entrés, cependant, qu’un homme s’approcha du duo, pauvrement vêtu lui aussi, d’habits bruns élimés, à la barbe hirsute. Pourtant, son regard brillait d’une intelligence qui manquait dans les yeux de beaucoup, ici.

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    D’une voix cassée par la fumée qui bleuissait l’endroit, il s’adressa à elles.

    « Etrangères ? Il ne me semble jamais vous avoir vues ici. Que cherchez-vous en ces murs ? »


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (décision) + 1,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Lun 1 Mai 2017 15:12 
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...

Dorika n'émit aucune objection et elles s'approchèrent, ensemble, de l'auberge miteuse. Yurlungur était satisfaite. Elle ne rencontrait aucune difficulté à imposer sa volonté à leur groupe depuis qu'elles commençaient à prendre contact avec le monde des Hommes Pâles. Sa coéquipière l'avait certes mal considérée au début de leur périple, alors qu'elles quittaient seulement la Tour d'Or, mais elle semblait à présent sombrer dans l'exact contraire : elle laissait simplement sa “sœur” prendre toutes les décisions, sans manifester aucun signe de mécontentement. Évidemment, elle se montrerait peut-être récalcitrante à l'avenir, selon ce que la gamine déciderait, mais celle-ci savait d'expérience qu'on pouvait fréquemment amener les choses de telle manière que plus personne ne songeât ensuite à s'y opposer. Elles étaient déjà devant la porte branlante.

Avait-elle bien l'air d'une petite fille ? Les yeux grands ouverts, comme si elle était réellement curieuse de tout ce qu'elle pourrait trouver ici, la bouche entrouverte à la façon des êtres surpris, un léger sourire délicat sur le bout des lèvres. Sa “sœur” poussa la porte et elles entrèrent dans une salle bondée. Il y avait là des crapules de la pire espèce, sans doute - il suffisait de voir leur relation avec ces serveuses aux formes attrayantes pour savoir où est-ce qu'elles avaient atterri. Mais, bizarrement, retrouver un environnement comme celui-ci faisait chaud au cœur de la gosse qui regardait ces gens avec un soupçon de nostalgie. Oh, certes, ce n'étaient pas des pirates, mais ils restaient des soiffards de la même trempe que ceux de Dahràm. Cette atmosphère, c'était celle de sa véritable famille, celle qui l'avait toujours chaperonnée avant de la recueillir une fois son père décédé.

Son cœur se serra. Tout cela lui rappelait aussi Asmodée. Elle secoua la tête et prit une expression plus inquiète, les sourcils froncés. Hors de question de penser à cette garce. Hors de question de se laisser aller à regretter ces instants passés en sa compagnie... Elle crut entendre un murmure venu du fin fond de sa tête. Ce n'était pas le moment, clairement, de se laisser aller : elle réprima vivement toute tentative de cette Autre de venir la gêner davantage. Elle n'était plus là. Comment aurait-elle pu ? C'était un autre monde, c'était Aliaénon, c'était une autre vie qu'elle allait mener ici, pour un temps ou pour toujours. Bon, probablement seulement pour un temps, car elle risquait de se faire découvrir finalement. Mais il était impossible qu'on l'ait suivie jusqu'ici, et quoique sa paranoïa fût suffisamment développée pour l'empêcher de mettre tout à fait de côté cette hypothèse, elle savait ne pas pouvoir faire non plus totalement confiance à ce qu'on appelait d'ordinaire sa “raison”. De toute façon, depuis quand avait-on besoin de ce truc autrement que pour manipuler les gens ? C'était bien ce qu'elle essayait de faire, de contrôler son entourage - parfois sans grand succès. Il fallait qu'elle reste lucide pour continuer à contrôler Dorika du mieux qu'elle le pourrait... Ainsi que tous ceux qui tenteraient de se placer en travers de son chemin.

Elle était restée en retrait derrière Dorika alors que celle-ci s'était avancée lentement au milieu des discussions qui bourdonnaient aux oreilles des deux voyageuses. Mais elle n'avait pas eu le temps d'essayer de reconnaître s'il se trouvait, quelque part dans cette foule, un comptoir ou analogue pour demander une chambre, qu'un homme s'approcha d'elles. Yurlungur haussa un sourcil. Il était pauvre, de toute évidence, mais ne semblait pas réellement agressif. De toute façon, il semblait bien trop faible physiquement pour essayer de les vaincre toutes les deux, que ce soit dans l'espoir d'obtenir leurs possessions ou quelques plaisirs charnels. Dans ce cas, au milieu de la faune sauvage qu'abritait cette jungle, il souhaitait probablement les mettre dans sa poche. Sans perdre un instant, la fillette prit les devants et, en fixant les yeux de l'inconnu, elle prit la parole, non sans voir dans ceux-ci une étincelle de malice qu'il vaudrait mieux ne pas négliger.

« Enchantée, monsieur. Nous sommes en effet étrangères et avons fait le trajet depuis la cité d'Esseroth pour nous installer à Arothiir. »

Tout cela, ce n'était que le plan. Il n'y avait aucun trémolo dans la voix de l'enfant qui eût pu indiquer le moindre doute à ce sujet. Elle regardait maintenant l'encapuchonné avec un sourire discret et reprit :

« Nous cherchons un toit pour la nuit, si cela est possible. Seriez-vous par hasard en mesure de nous procurer un lit ? Oh ! J'en oublie les plus simples politesses. Nous sommes Yurlungur, fit-elle en se désignant sobrement de la main, et Dorika Knerses, cette fois en la pointant elle. Son regard s'était figé sur elle et elle reprit, à moitié sérieuse et à moitié moqueuse : Allons, Dorika ! Je sais que la journée de voyage a été longue, mais tu pourrais au moins saluer monsieur, n'est-ce pas ? »

Elle se retourna vers l'homme et inclina légèrement la tête, comme pour s'excuser, avant de reprendre :

« Je suis navrée. La chevauchée a été longue et seuls un dîner et un bon somme sauraient maintenant nous remettre sur le bon pied. Vous êtes d'ici, vous ? »

Elle le regardait sans le moindre air de méchanceté, mais il était indubitable que cet homme connaissait Arothiir. La question en devenait presque rhétorique, toutefois, elle avait besoin de son assentiment pour pouvoir récolter auprès de lui encore quelques faveurs concernant leur intégration dans la cité. Et puis, au moins, elles ne tombaient pas sur une brute épaisse sans la moindre jugeote. Celui-ci semblait au contraire parfait pour tester leur couverture. Faisant l'esquisse d'un pas vers lui en lançant un coup d'œil vers les autres clients de l'auberge, elle ajouta :

« Serait-il possible de vous demander votre nom ? Comprenez que nous ne connaissons personne ici. »

Elle lui adressa un sourire doux, comme elle savait les faire. Elle avait encore à déterminer quelle était l'importance de cet individu au sein de cette auberge et dans Arothiir. Elle l'imaginait déjà n'être qu'un pion d'un dirigeant de la pègre, qui aurait pour objectif d'intercepter les nouveaux venus. Compte tenu de ce qu'elle avait observé jusqu'ici, et à supposer qu'il existât une pègre dans Arothiir - ce qui n'aurait pas étonné le moins du monde Yurlungur -, cette situation lui semblait l'option la plus vraisemblable. Mais il ne s'agissait que d'une supposition.


(((1000 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Sam 13 Mai 2017 09:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Jeu 4 Mai 2017 09:49 
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Guigne, même si elle ne dit rien, se pare d'une moue mécontente face à notre refus alors que Jess concède que c'est compréhensible avant de m'expliquer que les gaz que nous avons évités sur la route sont rejetés par un minéral qui est extrait des mines puis raffiné. Récupérer le gaz, en plus d'être difficile, ne servirait à rien, ce qui ne semble pas être l'avis de la dirigeante peu vêtue. Jess se pince les lèvres avant de poursuivre. Les mines ne s'épuisent pas, le problème vient d'une vague d'assassinat qui prend pour cible les mineurs. J'écoute avec intérêt tandis que Guigne les traites d'ouvriers peureux qui ne veulent plus descendre dans les mines de peur de se faire tuer. Elle qualifie même cela de ridicule, ce qui manque de me faire avaler ma bière de travers. J'étouffe ma toux dans mon poing tandis que Jess conclue que les conséquences sont que le Thiir est devenue une substance rare et que ses anciens fanatiques souffrent de son manque.

Je me racle la gorge avant de prendre la parole d'un ton un peu cynique.

"Je ne voudrais pas me mêler de vos affaires mais moi non plus je ne serais pas très motivé pour aller descendre travailler dans une mine en prenant le risque de me faire tuer, tout ça pour enrichir quelqu'un d'autre. "

Je me permets un petit sourire pour ne pas paraitre trop impoli mais pour être honnête, le mépris envers le peuple qu'elles dirigent commence à être très désagréable.

"Vous avez, a vue de nez, largement les moyens d'apporter un peu de sécurité dans ces mines. Vous savez pour nous, les gens du peuple, Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire. Un peu d’eau fraîche et de verdure que nous prodigue la nature. Quelques rayons de miel et de soleil. Les mineurs seraient sans aucun doute contents de retourner travailler sans risquer de se faire égorger. Vous retrouveriez votre précieux minerai. Eux, le travail pour nourrir leurs familles et en plus ils vous seraient reconnaissant d'avoir veillé à leur sécurité."

Je vide ma chope avant de me resservir et d'ajouter en riant.

"Mais ce n'est qu'un avis, je n'ai aucune compétence en tant que dirigeant. Je ne veux pas passer pour un gros con donneur de leçon."


(((390 mots. Citation du Livre de la jungle.)))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 5 Mai 2017 11:16 
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La moins retenue de nos hôtes fait une moue mécontente à notre refus de prendre cette drogue. A vrai dire je n’en ai que faire, il est du devoir de l’hôte de respecter les convictions de l’invité, et celui de l’invité de le remercier avec politesse et respect, ce que je n’ai cessé de faire. La plus volubile, cependant, nous dit comprendre notre choix, bien que son visage ne dévoile rien de ses pensées profondes.

Elle explique qu’en effet les gaz que nous avons rencontrés proviennent de la même source que le thiir, mais que leur effet diffère dans les faits de ce qu’elles consomment. Guigne semble cependant sous-entendre que récupérer le gaz de thiir pourrait servir à quelque chose, contrairement à Jess. Je ne me demande pas longtemps à quoi cela pourrait servir : à combattre des ennemis, quels qu’ils soient. S’il était possible de récupérer ce gaz pour l’utiliser comme arme… Cela pourrait faire des ravages dans les camps ennemis. Je me demande presque pourquoi est-ce qu’ils ne le font pas. Pour autant que nous en sachions.

Jess poursuit sans tenir compte de la remarque de sa collègue pour expliquer que la récolte du thiir est ralentie par la fermeture de nombreuses mines en raison d’assassinats. Guigne interrompt de nouveau pour souligner le ridicule, selon elle, du fait que les ouvriers ne souhaitaient pas risquer leur vie dans les mines pour leur loisir personnel. Je retiens un froncement de sourcil. Dieux, elle mériterait d’y être envoyée.

Xël intervient alors pour souligner que s’il était à la place des ouvriers qui refusent de descendre dans les mines, il aurait la même réaction. Cette fois-ci, je fronce légèrement les sourcils. J’ai vu comportement plus diplomate que celui-ci. Je comprends ce qu’il pense, évidemment, et partage son point de vue, mais… je doute que nous puissions changer les mœurs d’une ville en une discussion. Nous opposer directement à elles ne nous apportera rien de bon. Il se permet ensuite de leur donner des conseils afin qu’elles prennent des mesures pour faire cesser ces assassinats. Encore une fois, je suis d’accord avec lui, mais je serre les lèvres à la manière de Jess lors des interruptions de Guigne. Ce n’est peut-être pas le moment de donner des leçons.

- Mais nous connaissons en effet fort peu la situation d’Arothiir et nous serions bien malvenus de juger des mesures prises, dis-je avec un regard légèrement appuyé à Xël avant de reprendre le ton de conversation. Avez-vous une idée de qui se cache derrière ces assassinats et quels sont leurs motivations en forçant Arothiir à fermer ses mines.

Plusieurs raisons me semblent d’ores et déjà plausibles, comme un ressentiment face aux effets du thiir et une volonté que cesse son exploitation, cependant, s’en prendre aux ouvriers pour une telle raison me semble un peu extrême. Il y aurait également la possibilité de vouloir que le commerce d’Arothiir en pâtisse. Ou au contraire, la volonté de faire du thiir une denrée de luxe et d’en faire monter les prix au profit de son possesseur.

- Avez-vous des intermédiaires dans la gestion de la dernière mine en activité ? Ou la gérez-vous directement ?

~ 500 mots.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 5 Mai 2017 11:38 
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Arothiir – Ville basse. (19h20)

    L’homme entre deux âges, ni vieux ni plus tout jeune, écouta les paroles de la jeune fille attentivement, et attendit la fin de celles-ci pour les inviter à prendre place à une table, à laquelle il s’assit lui-même. Il commenta brièvement avant de répondre plus sérieusement :

    « Il y a des destinations plus agréables qu’Arothiir, quand on n’a pas de contact en la haute cité. »

    Il guetta Dorika, qui avait brièvement répondu à l’appel de sa « petite sœur » en saluant d’un signe de tête l’inconnu, non sans jeter un regard noir à Yurlungur par la même occasion. Puis, il consentit à répondre plus précisément aux questions de la jeune fille.

    « Je suis Evanith Lorhell, chef des syndicats ouvriers de la cité. Soyez, quelles que soient les raisons de votre présence ici, les bienvenues dans les bas-quartiers. Vous trouverez en cette auberge un repas chaud et une chambre pour passer la nuit sans aucune peine. C’est spartiate, mais propre, et le tenancier est honnête. On ne peut pas en dire autant des hôtels des beaux quartiers. »

    Il héla une serveuse de l’endroit, qui arriva pour prendre la commande des deux demoiselles. Evanith Lorhell précisa :

    « Commandez ce que bon vous semble, vous êtes mes invitées. Les lois de l’hospitalité sont sacrées, ici, et la visite d’étrangères venues de si loin est trop rare. »

    Il se tut alors pour les laisser commander.

[HJ : une fois la commande passée, discussion en aparté possible avec le PNJ. Pas avant dimanche, ceci dit.]


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 5 Mai 2017 11:57 
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Arothiir – Palais, salons. (20h50)

    À la suite des commentaires des deux Sauveurs d’Aliaénon, ce fut Sable qui prit la parole en premier.

    « N’ayez crainte de parler librement : nous vous l’avons précisé, nous sommes ici entre nous, individus, et non pas visiteurs face à des dirigeantes. Parlez sans filtre, rien ne sera retenu contre vous. »

    Jess prit la suite pour préciser les détails plus pragmatiques :

    « La sécurité dans les mines est loin d’être une affaire de moyens. Nous pourrions y placer tous les gardes que nous pourrions, que ça ne changerait rien aux assassinats, sinon la quantité de suspects. Ces meurtres sont hélas de l’ordre du surnaturel, et quelques-uns de nos plus précieux éléments étudient et enquêtent sur la question. Les coupables de ces crimes sont des mystères. »

    Et Guigne de la couper, une fois de plus :

    « De vraies Ombres, oui. »

    Le regard noir de sa consœur ne put échapper aux deux invités, alors qu’elle reprenait le flambeau de la parole.

    « Nous n’avons aucune piste sur le ou les assassins. Car il pourrait très bien s’agir d’une personne isolée. Quant au mobile de ces crimes, il est clair qu’il vise à nous déstabiliser personnellement, à nous provoquer. Outre l’aspect terrorisant immobilisant la production de thiir, notre unique denrée permettant l’échange commercial avec les autres peuples d’Aliaénon, les victimes faisaient toutes parties d’une caste, d’un groupe nous étant particulièrement fidèles, qui s’est construite en opposition aux groupements syndicalistes complotistes de la ville basse. »

    Sable reprit la parole à ce moment.

    « Mais nous ne voudrions pas vous ennuyer avec ces faits d’une politique interne : vos buts sont bien plus larges. Souhaitez-vous que nous invitions le Sans-Visage ici-même, pour vous ? »

    Une manière de changer de sujet ? Ou une prise de conscience de leurs vrais intérêts ?


[Xël : 0,5 (avis mordant).
Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (rattrapage diplomatique) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).]

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