L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Lun 29 Mai 2017 11:41 
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Ce qu'avait indiqué Evanith était vrai : tout le monde le connaissait. La serveuse lui donna l'itinéraire à suivre pour arriver jusqu'à chez lui. Ce n'était pas bien compliqué : il suffisait de rester au même niveau et, au milieu de toutes ces masures en fort mauvais état - elle n'arrivait pas à estimer si les bas-fonds de Dahràm étaient mieux ou moins bien entretenus -, une maison en bonne et due forme fit son apparition. Elle n'était pas particulièrement belle ni attrayante, dans l'absolu : Yurlungur avait déjà vu beaucoup mieux, surtout à Oranan où elle était passée pour se rendre sur Aliaénon et où tout était si propret, si agaçant de netteté. Mais comparée aux demeures qui l'entouraient et la jouxtaient, c'était presque un palace. Cet homme était donc bel et bien important par ici : en même temps, pourquoi leur aurait-il menti ?

Devant la maison s'étendait une petite place sur laquelle jouaient quelques garçons. Elle se demanda un moment s'ils n'auraient pas mieux fait d'aller travailler, eux aussi, avant de se reprendre. Ce n'étaient pas ses affaires et, qui sait, peut-être leurs parents gagnaient-ils suffisamment bien leur vie pour ne pas les y envoyer. Enfin... Cela lui semblait quelque peu idéaliste. En passant, elle croisa le regard de certains d'entre eux et, essayant de faire bonne figure quoiqu'elle n'eût ni la couleur de peau, ni l'apparence conforme à une femme Pâle, elle sourit en leur adressant un petit coucou de la main. Rien de bien méchant : simplement pour leur montrer qu'elle était là. Ils la regardèrent comme si elle venait d'un autre monde à ce geste avant de se remettre à leur jeu sans s'intéresser davantage à elle et, surprise, son sourire disparut alors qu'elle se retournait pour toquer à la porte des Lorhell. Dans son dos, quelques rires discrets éclatèrent.

Evanith apparut dans l'embrasure de la porte et la salua d'un simple signe de la tête auquel elle répondit par un sourire amical malgré son agacement vis-à-vis de la réaction des garçons. Il semblait chercher quelqu'un à ses côtés et ses paroles furent plus rapides que son esprit : il ne voyait pas Dorika et cela lui semblait étrange. Oui, il faudrait qu'elle brode quelque chose là-dessus...

Il la fit entrer avant qu'elle ne puisse répondre et la guida jusqu'à sa nouvelle chambre à Arothiir, où elle put constater le confort relatif qui y régnait. Quelques meubles, ici et là, rien de chic ni d'ostensible mais déjà plus qu'à l'auberge. Même les paillasses où elle devrait coucher avaient déjà plus d'allure que celles de la nuit dernière. Il lui indiqua sobrement que c'était là la chambre de Speeh, autrefois. (Serait-il possible que sa gentillesse à notre égard vienne de là... ?) Après tout, ce n'était pas impossible. Il avait dû prendre soin de sa fille pendant un moment et, maintenant qu'elle était partie, il retrouvait peut-être le rôle de père dans la protection des deux sœurs d'Esseroth. Si tel était le cas, c'était un hasard à ne pas négliger : il serait plus facilement de leur côté si elles se débrouillaient bien. Inutile d'en parler à Dorika : elle ne parlait guère et, de toute façon, les relations humaines en essayant de jouer sur la psychologie des gens (en un mot : la manipulation) n'était pas son fort.

« Je vous remercie du fond du cœur pour ce que vous faites pour nous, monsieur, c'est très gentil... »

Il fallait montrer de l'attachement à lui, lui faire comprendre qu'il était essentiel à leur survie - ou en tout cas à la sienne, pour un temps -, afin qu'il ne lui vienne pas l'idée de les lâcher au moindre problème. S'il avait la même empathie qu'elle avait ressentie chez Speeh, ce qui était probable puisqu'il avait dû se charger de l'éduquer sur les questions morales au moins, elle savait qu'elle pourrait compter sur lui le moment opportun. Elle ne savait pas encore quand, ni comment, ni pourquoi, mais elle savait que, si elle en avait l'occasion, elle pourrait tout à fait utiliser Evanith à condition de se montrer suffisamment habile. Elle soupira. Pour Dorika, mieux valait encore jouer la carte de la sincérité enrobée de leur mielleuse couverture. Et puis, avec un peu de drame...

« Dorika n'est pas là parce qu'elle comptait se préparer afin de partir dès aujourd'hui pour la mine. En fait, il lui a semblé plus pratique de dormir là-bas et de ne revenir qu'occasionnellement, pour qu'on se voie un peu. »

Elle détourna le regard, comme gêné. Elle allait lui avouer leur dispute de la veille pour expliquer le froid entre elles, mais remplacer les causes réelles par celles imaginaires, plus touchantes pour cet homme.

« Nous nous sommes un peu brouillées, hier soir. C'est... l'arrivée dans une telle ville. Nous avions toutes deux peur pour l'autre, voyez-vous, étant donné les endroits où nous allons travailler à présent, expliqua-t-elle avec emphase, quoique “peur” fût un bien grand mot. Mais vous avez pu constater que nos caractères sont un peu... divergents. »

Elle ne faisait que dire l'évidence. C'était donc le destin qui avait choisi de mettre ensemble elle, qui jouait si bien l'innocence et l'optimisme, et cette femme, laconique et fermée au possible ? En quelque sorte, c'était agréable. Celui qui mène la parole est celui qui mène le jeu. Et puis, elle adorait donner de faux renseignements : c'était un plaisir indicible de tromper tout le monde. Même Dorika avec des excuses bricolées.

Son regard revint vers lui et elle sourit tristement en déposant ses affaires sur le sol sans rien dépaqueter. Celui-ci, trop poli pour essayer d'en savoir plus, espérait que cela ne durerait pas en ajoutant qu'il était tout à fait normal pour lui de les accueillir, invoquant encore une fois les “lois de l'hospitalité d'Arothiir”. (Qui sont surtout respectées par ceux qui en ont les moyens, j'imagine.) Elle le fixa un moment, apparemment rassurée par sa réponse.

« Je pense que je vais laisser ça là, fit-elle en désignant ses affaires, et que je m'installerai pour de bon ce soir. Je compte bien me mettre au travail le plus vite possible, afin de mériter cette hospitalité. »

Elle avait affirmé la veille qu'elle était travailleuse et il valait mieux ne pas se dédire aussi rapidement. S'il était à cette position, c'était probablement qu'il n'était pas inactif pour deux sous : le meilleur moyen d'impressionner ce genre d'hommes, c'était d'appuyer sur la volonté de réaliser du travail bien fait - peu importât qu'il fût ardu. Et le fait qu'elle ne fût encore qu'une petite fille allait sans doute l'y aider. Avec détermination, elle lui demanda donc :

« Est-ce que je peux commencer dès aujourd'hui ? »

Celui-ci répondit par l'affirmative, souhaitant néanmoins encore une fois préciser qu'elle n'avait pas à lui être redevable. C'était charmant. Il avait presque le cœur sur la main, mais elle saurait montrer plus de bonté que lui, ne serait-ce que pour acquérir son respect. Simplement, il faudrait la jouer fine : il serait absurde de jouter sur cette question. Il ne fallait pas lutter, au contraire : il fallait accompagner le mouvement et mimer sa générosité pour mieux la révéler.

« Très bien, je ne vous dois rien. Mais si les lois de l'hospitalité sont sacrées à Arothiir, il en va de même pour celles de l'amitié à Esseroth : et vous avez acquis la mienne et celle de ma sœur, à n'en pas douter. »

Oh, elle venait simplement de lui indiquer qu'il pouvait lui demander un service sans lui être redevable, à son tour. Sans doute, cela lui plairait à lui aussi : rien ne plaisait davantage un homme bon, par choix ou par nature, que de voir que ses actes incitaient d'autres à agir de même.

« Est-ce que vous me guiderez personnellement au Palais ? Mais je comprendrais que vous n'ayez pas le temps : sinon, donnez-moi simplement des indications pour m'y rendre. »

(La débrouillardise, bon sang. Il ne faut pas que j'oublie ça et que je lui demande sans cesse de m'aider.)

Il ne la reprit pas sur sa déclaration d'amitié, mais secoua la tête, plus grave. Apparemment, il n'était pas apprécié dans la ville haute où elle devait se rendre et elle devrait s'y présenter seule. En revanche, le chemin serait aisé : le Palais se situait tout en haut, après le mur d'enceinte qui entourait les quartiers aisés. Il indiqua également que, plus que de trouver l'immense bâtiment qui abritait la Trinité, ce serait y entrer qui serait ardu. Mais, chose inattendue, il lui expliqua qu'il ne lui serait d'aucune aide pour y pénétrer. Elle parut surprise et, pour une fois, ce n'était qu'à moitié joué. N'avait-il pas dit, la veille, qu'il pourrait leur obtenir un métier où qu'elles aillent ?

« Oh... Je vois. J'imagine qu'il est donc préférable, si je souhaite me faire engager, que je ne mentionne pas votre nom, n'est-ce pas ? »

C'était une confirmation à obtenir. Le risque était qu'il croie qu'elle le rejetait, quoique cela semblait bien improbable si l'on considérait qu'il la logeait, tout de même. Mais c'était correct et il confirma, expliquant qu'il avait pour rôle de les combattre, là-haut, afin d'obtenir plus d'égalité, ce qui faisait qu'il n'y était pas le bienvenu. Si elle l'évoquait, elle risquait plus de se fermer des portes qu'autre chose. Et si ses futurs employeurs apprenaient qu'elle logeait chez lui... Il y avait un risque non-négligeable de conflit d'intérêt. Elle ne savait pas si Evanith était capable d'essayer de lui soutirer des informations les soirs, lorsqu'elle serait de retour. Elle ne pourrait pas refuser facilement, à moins de briser l'image d'ingénuité qu'elle essayait de garder intacte autour d'elle. Et, de même, ce serait peut-être l'occasion pour ces hautes sphères de tenter de l'utiliser elle contre lui... Il faudrait qu'elle avise en temps voulu. Et puis, rien ne l'empêcherait de détourner la conversation, ou de mentir un peu. Ou mieux : de ne parler que de faits inintéressants au possible. Les possibilités émergeaient déjà : elle s'en sortirait.

« Je comprends. Dans ce cas, je vous dis à ce soir, monsieur Lorhell... »

Elle lui fit un petit signe de la main et il la salua également, l'appelant étrangement “jeunesse”. C'était étrange : comme s'il l'associait à la classe d'âge à laquelle elle appartenait. Oh, il y avait des tas d'explications potentielles à un tel mot, mais elle savait que trop peu seraient réellement correctes.

Repassant devant les garçons qui jouaient, elle ne leur adressa cette fois-ci aucun regard, concentrée sur la tâche qui l'attendait, et elle se mit à monter vers là-haut, vers le Palais qu'elle visait.


(((1500 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Mer 7 Juin 2017 15:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 31 Mai 2017 15:41 
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Quand il nous tourne le dos, j'ai un instant de crainte. Peur qu'il s'en aille, vexé ou lassé par nos questions et nos remarques incessantes. Mais ce n'est pas le cas. Il avoue juste ressentir notre attachement sincère à Aliaénon et fait remarquer la crédulité que nous avons vis â vis des membres du conseil d'Or. Il refuse de discuter avec eux tant qu'ils seront alliés au dragon rose. J'hoche la tête, comprenant son choix au vu des arguments qu'il nous donne. Il se retourne pour répondre à Charis sur la destruction de Messaliah avant de clairement annoncer qu'il n'a rien à nous justifier. Il poursuit en nous démontrant que la présence des Titans menace le monde. Il rappelle le sang versé pour les réveiller et le nombre de mort que cela a provoqué. L'image de cette créature dépassant l'imagination qui sort du sol me fait frémir. Difficile de ne pas précisément m'en souvenir tant elle était énorme. Il fait office des perturbations dans les flux magiques et mon cœur se serre quand il évoque les accidents que déplore Esseroth chaque jour ainsi que les plaines d'Arothiir, où ma magie m'a fait faux bond. Il souligne également le fait que d'immenses territoires leurs sont réservés avec interdiction d'y pénétrer sous peine de mort. Sur tout ça, il ne fait que marquer des points. Dès le départ, je me sentais plus proche de ce Sans Visage que de ces Titans.

Il pivote vers moi, avouant qu'une guerre serait destructrice mais que la situation actuelle n'est pas plus enviable. Que nous ne pouvons pas retourner dans le passé mais qu'il fallait préparer l'avenir en faisant disparaitre les titans. Voilà donc où nous en étions, à choisir un camp ou l'autre. Je me mords l'intérieur de la joue pendant qu'il parle de Naral Shaam qui s'oppose à lui sans qu'il en connaisse la raison et des chevaliers sans bannières, bras armé du dragon qui s'en prend à ceux qui ont foi en lui. Il conclue en étant très clair, son but et de faire disparaitre les Titans définitivement.

Je m'avance d'un pas, levant mes yeux vers son visage, lui montrant ma sincérité malgré ma voix tremblante d'émotion.

"Si on me demandait de choisir entre vous et les Titans, je vous choisirais surement vous. Pour l'aide que vous nous avez apporté mais aussi pour le libre arbitre que vous avez laissé à Aliaénon avec la magie. Pourtant, ne ressentiez-vous pas que la guerre réveillait les Titans ? Pourquoi n'avez-vous pas agit ?"

Je marque une courte pause pour serrer les poings, cherchant à contenir les tremblements de peur au souvenir de la guerre passée et de celle à venir.

"Je suis prêt à vous venir en aide si vous pouvez me promettre d'apporter un monde meilleur aux gens de ce monde. Mais je refuse de le faire si ma seule option et de choisir un camp dans un conflit à venir. Je souhaite vous aider, mais j'ignore encore comment."

Je croise les bras avant de poser une autre question avant de garder le silence.

"Les Ouessiens, a Nagorin, ont un temple où je les ai vu prier avec ferveur votre avatar. Ne vous sont-ils plus fidèles ? Je me le demande car pendant la bataille de Fan-Ming ils obéissaient à Naral Shaam et je souhaite en apprendre plus sur lui pour montrer qu'il guide le conseil dans le mauvais chemin."

((560 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 2 Juin 2017 12:45 
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Le Sans-Visage exprime très clairement son refus de négocier avec le Conseil tant qu’il sera en contact avec le Dragon Mauve. Je réfrène un froncement de sourcils, il est clair qu’une absence de discussion n’aidera pas à améliorer la situation. Il remet en cause notre loyauté envers ses membres, leur portant une foi aveugle. Je pense la tête sur le côté, notre présence devant lui n’est-elle pas justement la preuve que nous ne leur portons pas une foi aveugle ? Il est vrai que j’ai énormément de respect pour le Seigneur Al’Sabbar, mais il est pour le moment celui que je connais le mieux ici et celui qui m’a prouvé que je pouvais avoir confiance en lui, contrairement au Sans-Visage. Malgré ses propos, il avoue ne pas connaître les intentions du Conseil à son adresse.

Il dit n’avoir pas détruit Messaliah mais avoir simplement accédé à la requête d’un « obsessionnel déviant » pour lui permettre d’atteindre la sagesse. Je ne puis empêcher mon incrédulité et ma surprise de se montrer sur mon visage. Qu’est-ce qui l’empêchait de refuser d’accéder à sa requête ? Et n’a-t-il pas interpréter comme bon lui semblait les volontés d’Ibn ? Il poursuit, semble parfaitement content d’avoir détruit la cité sous prétexte qu’elle appartenait à un peuple « décadent et imbu de lui-même ». Je… suis sans voix face à ses paroles, littéralement sidérée. Quand bien même ce serait vrai, en quoi la destruction de toute la cité a apporté la moindre stabilité, combien d’innocents sont morts de ses mains ? Son prétexte est qu’il aurait appris au peuple à connaître les défauts et les avantages de leur pouvoir. Je retiens un reniflement, si c’est ainsi qu’il compte diriger Aliaénon, par le sang et les flammes dans le but d’ « apprendre » des choses à des civilisations, ce sera sans moi.

Il se tourne vers Xël pour lui dire que si le combat contre les Titans serait destructeur et désastreux, la situation actuelle n’est pas plus enviable. Encore une fois, je me dois de protester, si la situation est ainsi, c’est bien parce qu’il refuse de communiquer avec le Conseil. Il dit que leur présence est synonyme de chaos, mais, s’il les avait laissé faire, le chaos ne serait pas là, justement.

Il dit également ignorer le pourquoi de l’opposition du Dragon Mauve à sa personne. Il s’attaque ensuite aux Chevaliers sans Bannière qui saigneraient gratuitement ses fidèles. En ceci je ne puis le contredire, cependant tout le Conseil ne semble pas favorable à l’existence de ces Chevaliers, alors qu’il les met tous dans le même sac. Cette entité semble manquer de subtilité.

Xël me surprend alors, prenant le parti de l’entité en lui expliquant être de son côté, malgré une légère réserve, semble-t-il. Je me tourne à mon tour vers le Sans-Visage.

- Seigneur, vous mentionnez les Chevaliers sans Bannière comme appartenant au Conseil, pourtant, plusieurs de leurs membres ne leurs sont pas favorables et ils auraient pris leur indépendance. Le Conseil n’a plus de pouvoir sur eux. Simaya Sombreroc est un exemple, elle remet en cause leurs agissements.

Je marque un temps de pause avant de poursuivre, une lueur de défis dans les yeux, une lueur qui m’étonne moi-même, jamais je n’aurais cru la voir s’allumer de la sorte.

- Pardonnez-moi, Seigneur, mais vous avez détruit Messaliah, vous avez interprété à votre façon les volontés de cet homme et ne semblez pas vous repentir de la mort de ce peuple que vous jugez décadent et imbu de lui-même. Après tout, la destruction pure et simple vaut mieux que le dialogue, c’est bien ce que vous semblez prêcher dans vos propos.

Je hausse un sourcil, alors qu’une pensée me vient :

- Il est dit que les sorciers de Neo-Messaliah vous sont fidèles, est-ce vrai, partagez-vous leurs idées, leur mépris des femmes ? lui dis-je avant d’embrasser du regard la cité d’Arothiir, et acceptez-vous les idées de la cité dans laquelle nous nous trouvons, qui exploite son peuple, négligeant, méprisant les pauvres au bonheur des riches ? Est-ce ainsi que vous voyez le futur d’Aliaénon ?

Je secoue la tête, repensant aux paroles de Xël :

- Dans l’état actuel des choses, vous n’avez pas ma loyauté, pas plus que les Titans ou le Conseil d’Or ne l’a. J’attendrais pour cela de voir des actions concrètes et non de simples paroles.

De la franchise, encore. Entité supérieure ou non, il semblerait que je me sente obligée de faire part de mes intentions clairement, quoi qu’il arrive. Mais tout de même, plus le temps passe, plus j’ai le sentiment d’avoir affaire à un enfant capricieux en mal d’attention.

~ 500 mots.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 3 Juin 2017 11:13 
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Arothiir – Enceinte de la cité haute. (9h30)

    Yurlungur, en marche vers le palais, rencontra sa première difficulté à la frontière marquée entre la cité basse et la cité haute de la ville d’Arothiir. Effectivement, cette dernière était cernée d’une enceinte impénétrable, identique à celle qui cernait la cité elle-même. Comme un bastion à l’intérieur d’une ville fortifiée. Après avoir traversé des quartiers miséreux à la pauvreté frappante, elle se retrouva donc aux portes de la ville haute, gardées par des soldats en uniforme singulier : une protection matelassée et de plaques d’une couleur unie et sombre : du noir. Leurs casques possédaient des petites ailes, tout comme le symbole d’argent sur leur poitrail.

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    Lorsqu’elle arriva à leur portée, l’un d’eux s’adressa à elle d’un ton sévère.

    « Que fais-tu là, toi ? Va jouer ailleurs, la cité haute, c’est pour les grandes personnes. »

    Reléguée au rang d’enfant des bas quartiers, donc…


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 3 Juin 2017 11:39 
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Arothiir – Balcon (21h15)

    Une fois encore, le seigneur sans visage écouta sans réagir les dires des deux sauveurs d’Aliaénon. Lorsqu’ils eurent terminé, il laissa même filtrer un silence réflexif, touché peut-être par les paroles de l’un ou de l’autre. Il se tourna vers Xël, d’abord.

    « J’ai agi. J’ai agi à la mesure de ce que je me suis permis de faire. Je vous ai confié de puissants artefacts de transport pour vous aider dans votre tâche sur Aliaénon. J’ai agi en tentant de vous prévenir des dangers des Titans endormis, et de la possibilité de leur éveil si une guerre vive éclatait. J’ai agi de la sorte, et guère plus, car je ne suis personne pour me dresser à l’encontre de la décision de tout le peuple d’un monde. Je n’ai guère plus agi, car je suis de ceux qui croient qu’on apprend de ses erreurs, et qu’il est vain de tenter d’empêcher lesdites erreurs. Ceux qui me suivent à présent l’ont compris. Ils ont reconnu leurs torts et souhaitent faire machine arrière. Eux, je les soutiendrai dans leur démarche. »

    Il se tourna, une fois encore, vers Charis.

    « C’est la même logique qui m’a amené à réaliser le souhait d’Ibn Al’Sabbar, autrefois. Car c’est le désert, et non mes propres pouvoirs, qui a détruit Messaliah. J’aurais pu simplement détruire Al Sabbar en le menant aux confins du Désert de Feu, mais à quoi cela aurait-il servi ? C’était, et c’est encore, un être à la puissante destinée. Je ne pouvais le détruire. Si je n’avais pas agi du tout, il serait le tyran fanatique qu’il devenait alors. Il aurait lui-même détruit ce peuple, cette cité que vous pensez connaître. Aujourd’hui, comme hier, le Conseil des Cadi Yangin suit mes enseignements. Mais ne me confondez pas avec eux : des peuples qui m’adorent, je n’ai construit ni la culture, ni les mœurs. Vous sentez-vous, vous-même, apte à les juger en les connaissant si peu ? En observant les premiers aspects d’une civilisation sans en connaître l’histoire ? Une fois encore, je ne suis personne pour dicter une conduite culturelle unique. La richesse d’Aliaénon et de ses peuples va par leur diversité. C’est cette diversité que je veux, pour ce monde. »

    Puis, vers Xël une fois encore.

    « Je ne peux rien promettre, car l’avenir ne dépend pas que de moi. Je ne force pas la fidélité, chacun la trouve, ou non, là où il veut. Les Ouessiens de Nagorin se sont montré les pires traitres de ce monde. Oui, ils m’adulaient alors, ou feignaient en tout cas de le faire, jusqu’à ce que le poison du serpent mauve achève de les consumer. Aujourd’hui, ils se dressent comme des ennemis de ma personne, et ce Temple est devenu une prison, enfermant sans que je puisse en sortir une part de moi-même, de ma puissance. Oui, sans doute en apprendriez-vous plus sur Naral Shaam en vous rendant chez eux, si tant est qu’ils veuillent partager avec vous ce savoir. Mais sachez alors que leur fanatisme les aveugle sur l’identité de celui qu’ils suivent. C’est un peuple qui vénère le pouvoir, la puissance. Et ils ont vu en lui un messie de ces valeurs. »


[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).
Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 7 Juin 2017 15:30 
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Localisation: Aliaénon
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Pour monter, ça montait dur. Exactement comme elles l'avaient aperçu en arrivant, la cité semblait construite sur une petite montagne, ou au moins une grosse colline. Tandis qu'en bas s'étalaient des quartiers pauvres et mal famés où elle évitait au mieux toute rencontre - d'autant qu'elle n'avait pas l'air du tout d'être d'ici -, elle montait vers ces quartiers riches, certaine et assurée qu'elle arriverait à y pénétrer, quel qu'en soit le prix. De toute façon, qui l'arrêterait ? Elle venait pour se présenter pour les servir, la refuser eût été idiot. N'attendaient-ils pas, au contraire, plus de main d'œuvre à leurs ordres ?

Elle ne savait pas trop si elle serait payée ni comment, puisqu'il n'y avait aucune monnaie par ici, apparemment. Elle avait sur elle quelques yus, même si le plus gros de la fortune qu'elle avait accumulée au cours de rapines et d'aventures fatales pour ceux qui l'entouraient était resté dans son sac, souvenir cliquetant de la soyeuse cité de Dahràm. Cela ne lui servirait à rien ici, de toute façon... Étrangement, même si ces piécettes n'avaient aucune valeur sur ce monde, elle refusait encore de les y perdre. C'était à elle, un point c'est tout, et plus que leur valeur intrinsèque, elle les estimait pour les efforts qu'elle avait dû fournir afin de les obtenir.

Elle rangea précipitamment le yu qu'elle observait dans sa poche alors qu'elle croisait un Homme Pâle. Continuant à monter, finalement, elle parvint jusqu'à un grand mur qui séparait le haut du bas et le sale du propre. Quelque part, une telle séparation lui semblait intolérable : mais d'un autre côté, dès qu'elle aurait franchi cette séparation de pierre, elle savait qu'elle ne ferait rien pour lutter contre. Elle haussa les épaules. Après tout, le monde était fait ainsi : qu'importait que certains souffrissent sous le joug des puissants, s'ils n'étaient pas suffisamment forts pour lutter ? Oui, c'était l'évidence même que tout cela était la vérité vraie.

Là, devant elle et unique passage pour entrer, il y avait une porte. Mais malheureusement, tout le monde ne passait pas : en bons gardiens, quelques soldats étaient présents pour menacer quiconque oserait outrepasser cette séparation si juste entre le bien et le mal, ou plutôt, entre ceux qui payaient pour être considérés comme justes et bon et ceux qui ne pouvaient pas. Mais ces soldats étaient noirs sous un soleil de plomb, ne craignant sans doute pas la chaleur autant qu'ils le devraient. À moins que leurs armures, joliment décorées de plumes et d'ailes incapable de s'envoler, ne fussent fabriquées dans un matériau n'absorbant pas la chaleur du soleil ? Elle les enviait. Il lui fallait une de ces armures : mais les leurs étaient bien trop grandes pour elle. Un instant, ce fut une moue boudeuse qui apparut sur ses lèvres : mais elle s'avançait déjà, un petit sourire d'agrément remplaçant toute émotion visible.

Et à peine eût-elle fait trois pas que l'un d'entre eux la héla pour lui demander de s'en aller, la prenant visiblement pour une simple gamine. Elle s'arrêta aussitôt, fixant de ses grands yeux bleus. Jusqu'ici, elle n'avait pas réellement prévu de plan d'attaque, ignorant à vrai dire qu'une telle muraille existait entre elle et son objectif, d'autant plus qu'elle avait prévu d'improviser le moment venu, aussi paradoxale l'idée fût-elle. Fallait-il essayer d'attirer la pitié du garde, ou attiser sa curiosité sur les capacités de l'enfant ? À moins que faire profil bas et simplement expliquer pourquoi elle était venue fût une meilleure option...

Elle fit une courte révérence devant le garde, prenant soin de ne pas trop s'exposer au soleil et de rester dans l'ombre d'une petite masure délabrée, pile à l'endroit où il l'avait arrêté d'une seule parole. Puis, croisant les mains devant elle avec une expression inquiète, elle demanda d'une voix sans doute un peu trop forte pour une fillette apparemment aussi frêle qu'elle :

« Messire, je viens afin de proposer mes services aux saigneurs de la cité haute. »

Heureusement, son petit jeu de mot ne se remarquait pas à l'oral.

« Je saurai les servir avec efficacité et discrétion : qu'il faille faire la cuisine, le repassage ou le ménage, tout ce dont on aurait besoin, tout ce qui pourrait ne pas leur faire regretter l'emploi d'une jeune domestique, qu'importe la difficulté de la tâche, je l'accepterai. Pourriez-vous me laisser passer, ou me dire si quelqu'un là-haut aurait besoin de moi ? »

Les mains toujours croisées, elle caressait la bague que lui avait offerte Aethelin. Lui - ou elle ? - et Armont savaient-ils où elle se trouvait à présent, et ce qu'elle y faisait ? Au moins la bague serait-elle utile à son aventure, espérait-elle. Peu nombreux devaient être les postulants armés de tels arguments et d'une telle aura. Quant à savoir si cela suffirait au garde, rien n'était moins sûr... Dans tous les cas, elle n'allait pas se laisser faire, quitte à insister ensuite pour passer quand même.


(((500 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 11 Juin 2017 15:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 7 Juin 2017 17:56 
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Je hoche la tête quand Charis donne des précisions sur l'affiliation des Chevaliers. En effet, Simaya s'était montrée plutôt opposé aux méthodes qu'ils employaient. Comment réagirait-elle si elle apprenait que Fin' était l'un d'eux. Est-ce que c'est pour ça qu'il m'avait demandé de ne rien dire ?

Elle revient ensuite sur les événements liées à Messaliah avant de prendre comme exemple le mépris des sorciers contre les femmes et des dirigeantes d'Arothiir contre son peuple, demandant si c'est ainsi qu'il voit le futur d'Aliaénon. J'hausse un sourcil, il ne pouvait pas être responsable de ce mépris, pas plus qu'il ne pouvait agir pour changer la façon de penser de tout le monde.

La princesse conclue en avouant qu'elle ne lui ait pas plus loyale à lui qu'aux Titans ou au Conseil d'Or. Pour qu'elle puisse choisir qui croire, elle avait besoin de preuves de bonne volonté.

Je lui souris alors que le Sans Visage reste silencieux quelques instants avant de se tourner vers moi et de déclarer qu'il a agi pendant la grande guerre et de quel façon, les sifflets, les mises en garde mais qu'il n'a pas agi plus car il ne voulait pas se dresser contre la volonté des habitants de ce monde. Je fronce les sourcils. Quelle volonté ? Celle de se battre pour sauver sa famille et sa maison ? Je le laisse terminer avant de lui répondre, le laissant répondre à Charis avant de se tourner à nouveau vers moi pour me dire qu'il ne forçait pas la fidélité. Il me parle ensuite des Ouessiens, les qualifiants des pires traîtres de ce monde. Il m'explique qu'avant ils l'adulaient mais qu'à présent ils se dressent contre lui et enferment dans ce temple une part de lui-même. Il me dit que je pourrais sans aucun doute en savoir plus sur Naral Shaam à Nagorin, du moins s'ils acceptent de le partager, précisant qu'ils étaient des fanatiques de ce personnage qui incarnait le pouvoir et la puissance que ce peuple vénère.

Je me gratte la barbe, dubitatif. Ravalant mes paroles acides concernant son action durant la grande guerre avant de sourire à lui puis à Charis.

"C'est amusant de voir qu'à priori nous souhaitons tous les trois la même chose mais que nous ne sommes tout de même pas d'accord sur quoi faire pour y parvenir. J'ai encore de nombreuses questions sur vous, sur ce monde et sur pourquoi nous sommes ici. Cela pourrait durer des heures et j'imagine que votre temps est précieux. Et le nôtre l'est aussi, je crois. Je vais essayer de me limiter. "

Je ris avant de poursuivre.

"Est-ce que vous acceptez que je parle de cette rencontre avec le Conseil d'Or ? Comme on vous l'a dit, il n'y a que Naral qui se montre si expéditif. Bien sûr, je ne dirais pas que cela s'est produit à Arothiir, je ne veux pas attirer d'ennui à cette cité. "

Je croise les bras, prenant une posture plus sérieuse que moi debout, les mains dans les poches, avant de continuer.

"Charis et moi avons beaucoup de tâches à accomplir pour venir en aide à ce monde. Nous possédons tous les deux des dons pour la magie. Le problème c'est que comme vous l'avez dit, les Titans ont un peu déstabilisé tout ça. Pouvez-vous nous aider à en reprendre un certain contrôle ? A l'aide d'un objet magique ou juste d'un conseil peut être ?"

Sans magie j'étais inutile et j'avais du mal à l'accepter. Apprendre à me battre prendrait des mois, des années même et jamais je ne serais aussi efficace qu’avec un bon sort bien placé. Je venais à peine de découvrir ma magie et j’en étais déjà dépendant. J’essaie de dissimuler le gêne de devoir poser une question si égoïste afin de poursuivre.

"Je vous invite à entrer en contact avec les autres aventuriers qui nous accompagnent. Ceux qui étaient présent il y a cinq ans en tout cas. Il est vrai que nous ne connaissons pas grand-chose de ce monde mais je suis certain qu'aucun de nous n'apprécie le lézard violet qui veut vous voir disparaître. "

Je me gratte la tête, cherchant les questions qui importent vraiment mais au final n'en trouve qu'une qui me parait utile.

"Si nous souhaitons communiquer avec vous à nouveau, est-ce que vous seriez d'accord ? Comment pourrions-nous nous y prendre ?"

Je tourne ensuite la tête vers Charis, m'excusant d'un regard de parler autant et l'invitant à prendre la parole.


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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 9 Juin 2017 15:39 
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Le Sans-Visage reste silencieux après nos paroles, comme s’il y réfléchissait et j’attends patiemment, avide de sa réponse. Il nous dit avoir agis dans la guerre de Fan-Ming dans la mesure à laquelle il s’était permis de le faire en nous confiant de puissants artéfacts et en nous prévenant des dangers. J’ignorai exactement quel avait été son rôle dans cet histoire, n’en ayant eu que des échos de seconde main. Il n’a cependant pas plus agit car il pense que l’on apprend de ses erreurs et qu’il est vain de tenter de les empêcher. Je peux comprendre cette volonté, c’est la même qui a poussé mon père à me laisser mettre la main dans le feu pour apprendre qu’il brûlait, mais il n’en demeure pas moins qu’il m’a empêché de me jeter sur le chemin d’un cheval affolé sans quoi je serai morte. Il y a deux poids et deux mesures à l’apprentissage et le prix de milliers de vies pour un seul être me semble beaucoup trop.

Il m’explique que c’est la même logique, que je trouve tordue, qui l’a amené à réaliser le souhait d’Al’Sabbar, affirmant que c’est le désert et non ses pouvoirs qui ont détruit Messaliah. Ils joue sur les mots, il a bien interprété comme il le souhaitait les paroles d’Al’Sabbar et ne pouvait que savoir ce qui allait se passer ensuite. Jamais le Seigneur du Feu n’avait souhaité la mort de sa cité et de la femme qu’il aimait. Il m’explique qu’il aurait pu simplement détruire le Seigneur en le menant aux confins du désert, mais il souhaitait conserver sa puissance, du moins c’est ce que je comprends de ses mots. J’estime pour ma part que la mort d’un homme vaut mieux que celle d’une cité entière. Il expliquer néanmoins que s’il n’avait pas agis de la sorte, le Seigneur Al’Sabbar serait devenu un tyran fanatique, probablement pire encore que ceux qui demeurent encore à Neo-Messaliah. Je… peux le comprendre. Peut-être. Mais conserver le Seigneur Al’Sabbar en vie valait-il réellement le prix qu’ont payé les habitants du désert ? N’aurait-il mieux pas valu qu’il mourut plutôt que de souffler tant de vies ? Peut-être la valeur du Seigneur était plus importante encore que je n’avais osé l’imaginer.

Il se dédouane ensuite des actions des autres peuples, me mettant au défi de les juger alors que je les connais si peu. J’ai cependant eu l’occasion de voir ce que les sorciers de feu ont fait à Zaria, la façon dont ils m’ont traitée, leur mépris pour les habitants de Methbe-el. Il ne veut pas dicter de conduite culturelle unique, mais ne peut-il pas y avoir plusieurs cultures différentes vivant ensemble dans le respect d’autrui ?

Ses paroles suivantes, bien qu’adressées à Xël, sont intéressante, car il dit que les Ouessiens de Nagorin, anciens fervents croyants de sa personne, ont enfermé une part de son être dans un Temple. Ses paroles m’indiquent qu’il ne les porte pas en son cœur. Belliand n’est-il pas ouessien lui aussi ? Pourtant il ne m’a pas semblé si fanatique, mais plutôt sage et dévoué. Ensuite… peut-il être considéré comme un ouessien lambda lui qui pendant si longtemps n’a pas vécu avec les siens ? Il m’a dit lui-même s’en être considérablement éloigné.

Je laisse Xël prendre la parole pour une longue tirade alors que je décide de m’éloigner de quelques pas. J’ai besoin de ressentir de l’air frais sur mon visage, de respirer. Mon cœur bat fort alors que mon cerveau tente d’assimiler toutes ces informations qu’il a reçues, depuis mon arrivée à Arothiir. Que ce soit la rencontre de cet homme dans ma chambre, puis l’entretien avec les trois dirigeantes et enfin, la clôture de cette soirée avec la rencontre d’un être aussi puissant que le Sans-Visage. J’ai besoin de rassembler mes pensées. J’inspire profondément l’air d’Arothiir, agréable en cette soirée. L’air effleure le peu de peau dévoilée par la tunique de Methbe-el et pour une fois je me prends à envier les tenues plus légères des dirigeantes. L’air du soir doit leur être bien plus agréable dans leur appareil qu’il n’est l’est dans mes vêtements. J’esquisse un reniflement de dérision, quelle pensée idiote à avoir alors qu’un Dieu est à côté de moi. Je reporte mon attention sur la discussion en cours.

Le jeune homme insiste pour une rencontre entre le Sans-Visage. Il met ensuite le doigt sur le très important problème de la magie en lui demandant s’il serait possible d’en reprendre un certain contrôle. J’écouterai avec avidité sa réponse, car elle m’intéresse au plus haut point. Il lui demande également un moyen de communiquer avec lui. Je suis mitigée quant à cette dernière demande. Je ne lui ai pas donné ma loyauté, alors sans doute ne mérité-je pas de pouvoir entrer n’importe comment en contact avec lui. Mais si jamais le besoin s’en faisait urgemment sentir… Cela pourrait sauver des vies ou s’avérer crucial dans cette quête.

Xël se tourne vers moi, s’excusant du regard d’avoir tant parlé et je lui adresse un doux sourire, ce n’est pas grave. Au contraire, même, cela m’a laissé le temps de recomposer un peu mes pensées. Je me tourne vers le Seigneur Sans-Visage.

- Seigneur, vous avez jugé bon de laisser le Seigneur Al’Sabbar en vie malgré le prix à payer, vous semblez estimer que cela lui a apporté une sagesse qu’il n’avait pas alors. Ibn fait partie du Conseil, si vous n’acceptez pas de leur parler à tous, acceptez de le rencontrer, lui.

Ce n’était pas un ordre, mais une supplique. Je fais une légère pause avant de poursuivre :

- Je souhaite me rendre à Messaliah, une amie qui m’est chère, Zaria, tente de pénétrer à l’intérieur, mais un sombre pouvoir l’enchâsse. Savez-vous d’où il provient ? S’il est possible de contrecarrer ce sort ? Les Cadi Yangin de Neo-Messaliah en sont-ils la source ?

Le Seigneur Al’Sabbar a dit que le pouvoir de la Pierre de Vision demeurait encore fort, malgré tout ce temps, mais j’ignore son pouvoir réel et si je pourrais réellement agir dessus. En attendant, toutes les informations sont bonnes à prendre sur ce qu’il se passe dans la cité enfouie de Messaliah.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 10 Juin 2017 11:35 
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Arothiir – Enceinte de la Cité Haute. (9h35)

    Le garde à qui elle s’était adressée la reluqua quelques secondes avec une mine fermée avant d’opiner du chef non moins sérieusement.

    « Hmm. Et qu’est-ce qui te dit qu’ils ont besoin de tes services ? Tout ce que je sais, moi, c’est que mes ordres sont de ne laisser passer personne de la ville basse sans une recommandation de quelqu’un de la ville haute. Alors débrouille-toi pour l’obtenir et tu pourras aller quémander un travail chez ces « seigneurs ». »

    Bien qu’il semblait entrer dans son jeu, il semblait ferme dans son intention de ne pas la laisser passer. Elle se retrouvait face à un obstacle de taille, si elle voulait vraiment atteindre la cité-haute. Quelle stratégie adopter, désormais ?


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (persuasion) + 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 10 Juin 2017 12:12 
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Arothiir – Balcon (21h20)

    La discussion semblait arriver à sa fin, petit à petit. Une fois de plus, le Sans-Visage sembla les écouter sans ciller, et lorsqu’ils eurent fini de parler, reprit à son tour la parole pour leur répondre.

    « Je n’ai aucune raison de vous refuser de parler au Conseil d’Or, ni aucune légitimité pour vous interdire quoique ce soit. Faites ce qui vous semble être juste, même si vous devez savoir que pour toute action que vous commettrez, vous serez jugés par l’un ou l’autre en ce monde. Je n’irai pas parler au Conseil tant qu’il sera associé à ce Dragon Mauve, comme je le disais. Mais je suis ouvert à la discussion avec n’importe lequel de ses membres qui voudrait me rencontrer en privé, comme vous le faites vous-même séant. Si Ibn Al’Sabbar veut me parler, il peut le faire. Semblablement, je n’entrerai pas moi-même en contact avec les aventuriers parcourant ce monde. Mais s’ils le souhaitent, qu’ils essaient de me contacter, et peut-être entendrai-je leur supplique et me dévoilerai-je à eux. J’ai en permanence une oreille et un œil partout sur ce monde, vous savez. »

    Il marqua une courte pause, avant d’incliner légèrement la tête sur le côté.

    « Presque partout, du moins. Aussi, si vous voulez me recontacter plus tard, au cours de vos aventures, appelez-moi, et si j’entends votre appel, je viendrai. Ceci dit… je sais que vous avez en votre possession des pierres de vision spécialement enchantées par Al’Sabbar. Si vous m’en prêtez une, j’en copierai le pouvoir, et vous pourrez ainsi, vous comme quiconque en possède une, me contacter grâce à celle-ci. Une manière de me quérir plus sûre, si telle est votre volonté. »

    Il changea aussitôt de sujet pour évoquer la magie de ce monde.

    « Tant que les Titans seront en vie et libres dans leurs landes, la magie de ce monde sera perturbée, incontrôlable. Aucun artefact ne saurait y pallier, et il faut être au moins aussi puissant qu’eux pour être certain que vos sortilèges marcheront. Aussi, le seul conseil que je puis vous donner à ce niveau est, et je souffre de l’admettre, de faire preuve de prudence lorsque vous employez la magie. Plus vous tenterez de lancer des sorts puissants, plus ils risquent d’avoir des effets dévastateurs. Ou totalement bénéfiques selon votre intention. Ce monde est magie, et à cause des Titans, désormais, cette magie est menacée. Comprenez que ne leur souhaite pas que du bien. »

    Il se tourna enfin vers Charis pour lui répondre aux questions concernant Messaliah.

    « Les Cadi-Yangin défendent actuellement leur cité ancestrale en cours d’excavation contre leurs ennemis. Pour ce faire, ils ont dressé un mur de magie impénétrable autour de la cité, lié à leurs pouvoirs. Un puissant sortilège qui serait habituellement incontrable. Mais leur magie est autant affectée que la vôtre par la présence des Titans. Même puissance, leur protection n’est guère infaillible. Si vous voulez, puisque je suis présentement à vos côtés, je pourrais instantanément vous y mener, tous deux. Mais vous devriez partir maintenant, dans l’heure, vous soustrayant à l’hospitalité de vos hôtes. Prenez le temps de la réflexion, et donnez-moi votre réponse. »

    Une aide précieuse qu’il proposait là, qui souffrirait sans doute du moindre marchandage. Mais était-ce ce qu’ils voulaient ?


[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).
Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 11 Juin 2017 12:18 
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Le Sans-Visage nous met en garde face à nos choix qui seront nécessairement jugés par l’un ou l’autre camp en présence. Je n’en ai que trop conscience et c’est justement de cet étaux que j’aurais souhaité me défaire en discutant avec cette entité. Comment trouver le juste du faux, dévoiler les masques et trouver les torts si le moindre de nos gestes est épié ?

Il nous dit ensuite que si l’on souhaite le contacter, nous n’avons qu’à… prier, en somme, et qu’il viendra s’il entend notre supplique. Bien. Ce n’est pas vraiment quelque chose que je souhaite utiliser, mais au moins je peux en avoir l’opportunité si besoin. Il nous propose ensuite de copier le pouvoir d’une des pierres, qui nous permettront d’entrer en contact avec lui, si le besoin s’en faisait sentir. Je suis plus que frileuse à cette idée, d’autant plus que je ne suis fait pas confiance et qu’Al’Sabbar m’a mise en garde contre le fait d’en donner à n’importe qui.

Concernant la magie, cependant, il n’y a nulle aide à attendre de sa part, si ce n’est son conseil de grande prudence qui est justement celui qui a retenu mes pouvoirs jusqu’à présent. Je peux sentir la déconvenue de mon compagnon aéromancien, je crains que l’entraînement au bâton doive se poursuivre quelques temps encore. Il conclue ces propos en disant qu’Aliaénon est magie et qu’à cause des Titans, la magie est menacée. Est-ce seulement vrai ? Dois-je prendre sa parole pour argent comptant ? Maintenant plus que jamais je l’ignore.

Il me répondit que les Cadi Yangin défendaient actuellement leur cité ancestrale en cours d’excavation contre leurs ennemis. Je manque de m’étouffer en entendant ses propos. Il précise qu’ils ont dressé un grand mur de magie impénétrable autour de la cité, un puissant sortilège d’ordinaire infaillible, si ce n’était en raison des défaillances actuelles de la magie. A ma grande surprise, il propose de nous y emmener séant.

J’ignore que faire de cette proposition, d’une part je cours le risque de me mettre en son pouvoir, mais… je n’aurais pas la prétention de penser que j’ai le moindre pouvoir contre lui. Par ma simple présence face à lui, je pense qu’il pourrait faire de moi à peu près ce qu’il voudrait. Et mon désir de retrouver rapidement Messaliah et Zaria est grand.

- Seigneur, pardonnez une nouvelle fois ma franchise, mais je crains qu’il soit préférable que nous gardions pour le moment les pierres entre aventuriers, qu’elles restent sur un terrain neutre nous permettant de faire notre travail d’enquête en toute quiétude. Ainsi, ni les Titans, ni le Dragon Mauve n’y ont non plus accès. Nous pouvons cependant transmettre à nos compagnons que vous êtes ouvert à la discussion avec eux s’ils le désirent.

Je lance un regard à Xël lui indiquant que, si c’est ainsi que je pense, rien ne l’empêche, lui, de prendre sa propre décision, fût-elle à l’encontre de la mienne. Nous sommes ici chacun libres de nos choix. J'espère néanmoins de tout coeur qu'il ne commettras pas l'erreur de lui en donner une et de compromettre leur fiabilité arrachée à la sueur du front du Seigneur Al'Sabbar. Je reporte mon attention sur le Sans-Visage.

- Je vous remercie de votre offre, Seigneur, et l’accepte avec gratitude, je souhaiterai me rendre là-bas au plus vite. Nous sommes cependant accompagnés d'un compagnon, un nain, accepteriez-vous de l'emmener également ? Je me dois seulement de préciser que Messaliah n’est pas plus la cité des Sorciers de Feu qu’elle n’est celle de Methbe-el et que la personne qui tente d’y pénétrer est elle aussi une Sorcière de Feu. Ce sont les Cadi Yangin de Neo-Messaliah qui ont choisi la voie de l’opposition et non l’inverse, même lorsque le choix de l’ouverture leur a été proposé. Je me demande, que pensez-vous d’eux, Seigneur ?

Quoi qu’il en soit, s’il accepte de m’emmener là-bas, je suis prête à aller récupérer mes affaires et mon cheval s’il est possible de l’emmener, me vêtir de mon armure et de saluer nos charmantes hôtes en les remerciant de leur accueil et avec la promesse de revenir les voir. J'espère que Xël et Thrag viendront également.

~500 mots

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 11 Juin 2017 15:16 
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...

Le garde était sérieux, peut-être un peu trop. Il continuait à la regarder comme une simple enfant, loin de toutes les préoccupations qu'un adulte pourrait avoir. Et il ne s'écartait pas, surtout, l'empêchant de passer à son gré. Dire qu'Evanith ne lui avait pas parlé de cela ! La veille, elle avait cru que tout irait comme sur des roulettes : il semblait alors dire qu'elle trouverait sans mal un emploi dans la ville haute si elle s'y rendait, potentiellement avec son aide. Et puis, après lui avoir appris qu'il valait mieux ne pas le citer finalement, voilà qu'un mur physique s'opposait à son ascension. N'aurait-il pas pu la prévenir, lui dire comment se passait le recrutement des individus de la cité basse ? Elle fulminait intérieurement, sans rien montrer. Le pire, c'était qu'elle ne pouvait même pas lui reprocher quoi que ce soit comme il les avait fort courtoisement invitées sous son toit, ou c'eût été une marque d'indécence. Ça devait être dans la nature de la vie elle-même de dresser des obstacles entre elle et ses objectifs.

Mais le garde lui répondit toutefois, doutant des capacités de la gamine à se faire désirer là-haut. Elle le regarda sans laisser d'émotion paraître, mais encore une fois, elle en voulut à son hôte. Ce dernier avait pourtant eu l'air certain qu'elle n'aurait aucun souci à s'en sortir... Et, bêtement, le soldat souhaitait suivre les ordres qu'on lui avait donnés et refusait de la laisser passer sans une recommandation de la ville haute. Ça lui semblait absurde : comment obtenir un tel laisser-passer de quelqu'un qui se trouvait justement déjà là-bas ? Mais au moins y avait-il une porte d'entrée, fermée à double tour, mais la clé existait. Simplement, celle-ci était de l'autre côté, enfermée à l'intérieur.

Essayer de défoncer la porte lui semblait un peu trop barbare et pas assez subtil, même si l'image était plaisante et la mise en place simpliste dans les grandes lignes. Non, il fallait agir plus finement, dans l'idéal : essayer de convaincre cet abruti qu'il avait intérêt à la laisser passer... Elle songea un instant à essayer de l'embrouiller avec des flatteries et de belles paroles : mais réflexion faite, il serait alors plus confus qu'enclin à lui céder le passage et voudrait prendre un peu de temps pour réfléchir. En plus, il y avait des chances pour qu'il ne se laissât pas prendre et ensuite, tous ses espoirs seraient envolés. Et puis, après tout, il restait une solution toute simple : lui montrer gentiment que ce qu'il disait n'avait aucun sens et que tous deux étaient suffisamment gentils pour se tolérer.

« Je ne comprends pas. Comment je peux obtenir une autorisation si l'on ne me laisse pas passer pour en rencontrer un ? »

Elle jouait la perplexité à merveille : les yeux ronds, une moue interrogative, la tête légèrement penchée sur le côté. Laissant l'autre idiot méditer sur ces belles paroles, une idée lui vint en tête. Mais c'était fort risqué et peut-être même complètement faux... Charis et les autres avaient indiqué qu'ils se dirigeraient vers cette ville-ci, oui, mais si elle avait été à leur place, Yurlungur aurait caché sa véritable identité afin d'éviter d'être reconnue comme une ennemie du Sans-Visage. À moins qu'ils ne se soient simplement pas rendus à Arothiir et qu'ils soient directement partis vers l'Ouest. Et puis, parler d'eux risquait de griller sa couverture... Comment expliquer qu'ils se connaissaient ?

Non, sans même savoir s'ils étaient là ou s'ils étaient passés par là, il était inutile de les évoquer, sauf en dernier recours. Et encore... Yurlungur doutait du bien-fondé d'une telle action. Ce serait purement désespéré. Après cette réflexion silencieuse, qui avait sans doute permis au garde de remettre ses propres ordres en question - à moins qu'il ne fût vraiment aussi imbécile que ce qu'il paraissait -, la gamine reprit :

« Est-ce que vous pensez que je pourrais en rencontrer un en attendant ici, s'ils passent par là ? Ou est-ce que vous pourriez au moins faire passer le mot chez eux, que je pourrais les servir ? Ce serait vraiment gentil. »

Soudain, son visage s'illumina et elle proposa :

« Je n'ai pas l'intention de partir parce que je n'ai rien d'autre à faire et que j'ai vraiment besoin que quelqu'un m'emploie. Mais si vous voulez, je vous propose ce marché : si vous me laissez rencontrer le recruteur le plus sévère de la cité haute, ça me suffira. Et puis, si j'échoue, tant pis : je ne reviendrai plus vous embêter. »

Ça, c'était un mensonge. En revanche, ça ne la gênait pas plus que ça. Il fallait bien vivre.

« Mais il faut au moins que j'essaie... S'il vous plaît ! En vous est mon espoir, mon bien, ma quiétude, de vous dépend ma peine ou ma béatitude. Et je vais être enfin, par votre seul arrêt, heureux, si vous voulez, malheureux, s'il vous plaît. »

Ça lui rappelait une pièce de théâtre qu'elle avait vu une fois, jouée par une troupe itinérante en passage à Dahràm. Ils n'avaient pas eu grand succès, mais elle avait bien aimé et ces quelques vers lui étaient revenus en mémoire : elle n'avait même pas songé à adapter le genre, ne serait-ce que pour garder le bon nombre de pieds.

Alors qu'elle récitait, elle s'était rapprochée imperceptiblement, faisant les yeux doux à cet homme qui la dépassait de deux bonnes têtes, suppliante et innocente. Sur son visage, son sourire avait disparu pour laisser place à une expression plus inquiète : elle se mettait à la merci du garde afin qu'il en retirât responsabilités s'il la laissait, culpabilité s'il la refusait. Et puis, surtout, elle mettait en exergue la différence de taille pour appuyer qu'elle n'était qu'une petite fille, une petite fille qui commençait à grandir, qui n'était plus une sale gosse irrécupérable, à mi-chemin entre la maturité et la candeur. Elle était inoffensive, après tout : ce n'était qu'une enfant. Que risquait-il, lui, à la laisser passer seulement pour essayer de travailler là-haut ? Les mains derrière le dos, elle croisait les doigts, légèrement crispée, en attendant la réponse de l'homme.


(((1000 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 18 Juin 2017 11:07, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mar 13 Juin 2017 15:02 
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Charis m'adresse un sourire pour me rassurer avant de proposer au Sans Visage de discuter au moins avec le sorcier de feu si ce n'est pas avec les autres membres du Conseil. Je guette une réaction du sans visage avant de me souvenir qu'il reste constamment stoïque pendant que l'on parle. Respectant ainsi ce qu'on peut définir comme notre temps de parole. Après une courte pause, Charis pose des questions sur Messaliah. Préparant notre futur périple sans doute, j'attends avec attention la réponse de la divinité.

Il commence par me répondre, il n'a aucune raison de m'empêcher de parler au conseil d'Or pas plus que de m'interdire quoique ce soit avant de préciser qu'il n'est pas complètement fermé à la conversation et que si quelqu'un d'autre souhaite lui parler ils n'ont qu'à entrer en contact avec lui. Que ce soit un membre du conseil ou un aventurier. Il parle alors de nos pierres de vision et qu'il peut en copier le pouvoir pour entrer en contact avec lui plus facilement et de façon plus sûre. Il change ensuite de sujet pour parler de la magie instable de ce monde. Hélas, la réponse fait naître une crainte en moi. Il n'a aucun objet capable de nous aider et il admet souffrir de n'avoir que pour seul conseil de rester prudent avec nos sorts. Je déglutis, je me retrouvais donc bien nu au milieu d'un monde dangereux. Simplement armé d'un bâton que je ne savais pas utilisé.

Le Sans Visage se tourne ensuite vers Charis pour lui donner des renseignements sur Messaliah. Les Cadi-Yangin sont entrain de défendre la cité contre leurs ennemis. La protégeant d'un mur de magie qui est autant affecté que la nôtre. Une chance donc. Il me surprend alors en proposant de nous y emmener dès maintenant.

Je me tourne vers Charis, lui laissant le soin de prendre cette décision. Partir dès maintenant retrouver son amie Zaria. Laissant ainsi Arothiir et ses dirigeantes. Ou faire le reste du voyage à cheval, nous donnant le temps de nous préparer. Je lui laisse également le soin de décider si nous devons lui permettre de copier le pouvoir des pierres de vision car c'est à elle qu'Ibbn les a confiés.

Elle ne tarde pas à répondre qu'elle préfère garder les pierres entre aventuriers, les laissant ainsi sur un terrain neutre. Hors d'accès des Titans, de Naral et de lui. Je me soumets à cette décision et laisse la pierre dans ma poche. Je lui indique d'un hochement de tête lorsqu'elle me lance un regard.

Elle remercie ensuite le dieu de son offre et l'accepte avant de lui demander ce qu'il pense des sorciers de feu qui sont là-bas.

Je m'approche alors de Charis, remettant les mains dans mes poches pour en cacher les tremblements dû à la crainte de me retrouver dans une cité défendue par de puissants sorciers mais également à l'excitation d'être sur le point de vivre une folle aventure.

"Je l'accompagnerai. Laissez-nous le temps de récupérer nos affaires, notre compagnon et de prévenir les dirigeantes d'Arothiir de notre départ. "

Je suis certain qu'elles comprendront un départ si hâtif et j'espère qu'elles parviendront à résoudre le problème qu'elles ont dans les mines.

((environ 500 mots))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 17 Juin 2017 11:04 
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Arothiir – Balcon (21h25)

    Le Sans-Visage répond du tac au tac à Charis :

    « N’ayez crainte, votre prudence vous honore. Même si un excès de celle-ci pourra, si vous n’y faites attention, vous faire passer à côté de puissantes alliances en ce monde. Soyez-y attentive. Revenez donc avec votre compagnon, mais ne tardez guère : je n’attendrai pas toute la nuit. Quant à la possession de Messaliah, c’est les Cadi Yangin que vous devrez convaincre. Et vous savez déjà que ça ne sera chose aisée. »

    Ils se rendirent alors tous deux jusqu’à leurs appartements, où ils surprirent Thrag, qui sursauta à leur arrivée. La porte de la chambre de ce dernier était ouverte et dévoilait la raison vraisemblable de son indisponibilité d’alors : il était assis, confus, dans un coin de la pièce. Une charmante humaine, désirable à souhait dans un déshabillé aguicheur gisait au sol, la nuque croquée dans une étrange position. Morte, sans aucun doute. Le nain tenta de s’expliquer.

    « Je… Je ne voulais pas. Elle était accueillante, elle m’a proposé de fumer une pipe aux aromes locaux. Vous savez peut-être qu’un bon Thorkin ne résiste pas à l’appel d’une bonne pipe. Je n’ai compris que trop tard qu’elle était fourrée de thiir. Lorsque… lorsque j’ai repris connaissance, elle était comme ça. »

    Il regarda les deux aventuriers d’un air ennuyé.

    « Je crains qu’il ne nous faille fuir. »


[Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 17 Juin 2017 11:25 
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Arothiir – Enceinte de la Cité Haute. (9h40)


    Si elle jouait la perplexité à la perfection, le garde feignit non sans défaut l’indifférence à ses propos. Sans doute avait-il l’habitude de pauvres gosses de la cité basse venant quémander son laissez-passer pour pénétrer dans l’inaccessible cité haute. Il semblait fier d’être le parangon inaltérable de la justice de cette cité, de la puissance de la trinité. À toutes les questions insatiables de la petites, il répondit sèchement, sans la moindre amabilité.

    « Attendez si vous le voulez, mais ne vous faites pas trop d’espoirs. Et surtout, n’attendez rien de plus de ma part : vous supporter non loin de ce poste de garde sera déjà un effort bien suffisant. »

    Elle ne dut heureusement pas tant attendre. Aussitôt eut-elle joué son rôle de composition que derrière une voix retentit. Une voix qui ne lui était pas inconnue.

    « De recommandation, elle a la mienne. Laissez-là accéder à la Cité Haute. »

    Ni plus, ni moins. Le garde blêmit néanmoins en ploya le genou devant l’être sombre qui n’était autre qu’Asork, chevelure blanche et armure sombre.

    « Seigneur, j’ignorais qu’elle puisse être votre apprentie ou une de vos futures recrues. Bien entendu, que je la laisse passer, sous ces conditions. »

    Il se releva et se tourna vers la petite avec un air ennuyé, mais lui céda le passage sans plus la bloquer. Yurlungur et Asork pénétrèrent ensemble la cité haute. L’humain aux cheveux de neige l’apostropha après quelques pas.

    « Alors, comme s’est donc passée ta nuit dans les souks de cette cité ? À peine un soir, et te voilà déjà à côtoyer les plus viles canailles. Influentes canailles. Est-ce bien là du pur hasard, que de se retrouver sous le toit de celui qui a pu être à l’origine de ces meurtres ? »

    Une lueur taquine, quoique froide, brillait dans son regard.


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative d’attitude insupportable) + 1 (bonus longueur)]

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