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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 18 Juin 2017 11:06 
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Toutes ses caresses, toutes ses tentatives pour passer outre ses défenses, tout semblait vain, si bien qu'elle se demandait si s'énerver ne serait pas une stratégie utile. Le ton sec qu'il employait, sa fierté insupportable, tout cela éveillait en elle un besoin profond de faire couler le sang. Car, après tout, qu'y avait-il de plus soulageant et de plus direct pour faire comprendre ses intentions ? Le garde en lui-même ne paraissait pas extrêmement fort, surtout qu'ils ne l'auraient pas placé là le cas échéant : considérant qu'il ne la verrait pas comme un adversaire à prendre au sérieux dans un premier temps, elle imaginait pouvoir utiliser cela pour se débarrasser de lui facilement. Ce serait ensuite que les choses deviendraient plus délicates, surtout s'il avait le temps d'appeler à l'aide...

Après s'être mentalement imaginé la scène, elle prit une grande inspiration et sourit au garde, d'un sourire pourtant crispé et contrit. Oh, elle ne le cachait guère : ce qu'il lui disait l'agaçait, mais elle essayait de se calmer. Visualiser son cadavre au sol, les fils de marionnette qui le dirigeaient cassés et tout son orgueil brisé, ça l'avait un peu aidée. Il fallait croire qu'elle se contentait de bien peu. Elle s'apprêta à lui lancer une réplique cinglante - il était fini, le temps d'être courtois et aimable -, à le faire enrager de sa présence autant qu'elle le pouvait jusqu'à ce qu'il cédât - à ce moment-là, elle serait bien obligée de se défendre, non ? - mais quelqu'un d'autre prit la parole à sa place. La bouche ouverte, elle reconnut cette intonation et la referma, se redressant sensiblement en fermant les yeux un instant pour reprendre contenance.
Arsok.

Elle se retourna vers son bienfaiteur qui venait tout de même d'écarter le garde de ses préoccupations d'un seul mot, un léger souris sur le visage. Enfin, il était comme elle, au fond, et elle savait qu'il n'y verrait là qu'un masque et en aucun cas le signe d'une quelconque amitié à son égard. Elle n'aimait pas beaucoup être redevable à d'autres pour les services qu'ils lui avaient rendus : d'autant plus lorsque lesdits autres étaient bien plus forts et dangereux qu'elle. Au moins put-elle avoir la satisfaction de voir ce garde perdre toute sa fougue et tout son entrain à la simple vue de l'Ombre d'Arothiir, ce qui lui procurait un bien fou. Et en même temps, plus elle en voyait, plus elle appréhendait le moment où elle aurait à rendre des comptes à cet homme.

Elle lança un regard derrière lui et aperçut quelques badauds qui passaient par là. Pas grand-monde, certes, mais c'était suffisant pour lancer une rumeur dans la cité, peut-être même avec l'appui des gardes : et elle savait que si un tel bruit remontait aux oreilles d'Evanith, elle aurait quelques petites choses à lui expliquer. Prenant donc sur elle, elle effaça le semblant de sourire qui y était apparu et, devenant soudainement plus froide et plus distante, elle s'inclina à son tour devant Arsok.

À ce moment, le garde tenta de s'expliquer, croyant qu'elle était en fait l'apprentie présente ou future de l'Ombre. Elle se mordilla la lèvre. Même si l'intervention d'Arsok tenait du miracle pour la faire entrer dans la cité haute, ça devenait un cauchemar dès lors qu'on s'intéressait à ce qu'en penserait Evanith. Il s'était relevé entre temps et la regardait à présent, incertain de l'attitude qu'il devait adopter vis-à-vis d'elle. Mais il la laissait passer. Elle prit donc un air craintif, méfiant : ce n'était pas très difficile car c'était précisément le sentiment qu'elle ressentait à proximité de l'Ombre. Ce fut donc les yeux froncés et les poings serrés, dans une posture prête à la fuite qu'elle lui répondit en le regardant de travers.

« Merci, sieur. J'espère simplement que cette faveur ne me coûtera pas trop... Je ne veux rien avoir à faire avec vous, énonça-t-elle très clairement à son encontre, même si le véritable destinataire était le garde à leurs côtés. »

Et, comme ils avaient tous deux à avancer et qu'elle ne pouvait laisser passer cette opportunité d'entrer dans la cité haute, elle entra à sa suite. À l'intérieur, entre des bâtisses mille fois plus luxueuses que celles d'en bas, il n'y avait personne dans les rues. Et tout ce faste ne l'intéressait guère : elle se détendait à mesure qu'ils s'éloignaient de la porte et sur son visage juvénile revenait le sourire de confiance amusée qu'elle appréciait tant. Alors qu'Arsok s'adressait enfin à elle, elle lança un regard en arrière et vérifia que, d'ici, personne de la cité basse ne pouvait les voir, encore moins épier ce qu'ils échangeaient. Inconsciemment, il lui offrait plus de renseignements qu'elle n'en avait, mais il était inutile de lui révéler qu'elle ne savait pas tout cela. Elle tourna donc son visage vers lui, mettant sans crainte ses yeux dans les siens.

« Allons. L'occasion était trop belle, ne trouvez-vous pas ? Il aurait été absurde de refuser l'offre d'un si galant homme. Et puis, il a dû voir en nous certaines capacités intéressantes... J'imagine que vous nous avez suivies, puisque vous savez tout cela. Je ne vous apprendrai rien en vous informant que Dorika s'est rendue à la mine de thiir. L'avez-vous revue, elle aussi ? »

Elle haussa les épaules.

« En fait, la réponse importe peu, reprit-elle sans lui laisser le temps de répondre. Ce qui est certain, c'est que mon hôte voit d'un bon œil que je puisse me faire embaucher au Palais. Vous ne devriez pas avoir de mal à comprendre pourquoi. »

Elle prenait pour preuve le fait qu'il n'ait pas tenté une seule seconde de la dissuader d'un tel dessein, alors qu'il devait pertinemment savoir qu'elle aurait toutes les peines du monde à y entrer et qu'il y était craint et refusé. Tout cela créait un enchevêtrements d'intérêts personnels le plus plaisant au monde. Elle ne savait pas trop de quel côté elle devait se placer, ni sur l'échiquier des puissances arothiiriennes, ni même sur celui des puissances d'Aliaénon. Car, tout compte fait, entre le Sans-Visage et ce dragon mauve, elle ne savait pas bien qui apprécier le plus.

« Je suppose que je n'ai pas de temps à perdre si je veux effectivement avoir ma place là-bas. Il sera aisé, alors, de me jouer de lui en fonction des informations que je lui donnerai de ce que j'y ai vu, n'est-ce pas ? »

Elle avait un semblant de plan en tête, qui lui permettrait de plus d'être gagnante quoi qu'il arrive, si elle jouait bien. C'était plus ou moins l'avantage d'un agent double, en fait : elle pourrait toujours prétendre avoir fait semblant de pactiser avec l'ennemi seulement. Oh, c'était dangereux, mais après tout, elle n'aurait pas su vivre sans danger. Et puis, plus joueuse, elle indiqua :

« À moins que vous ne souhaitiez effectivement me prendre en apprentissage, comme l'a pensé au premier abord le garde tout à l'heure. Car il est évident qu'on finira par se poser des questions sur l'intérêt que vous portez à ma personne, très cher. J'ai dû ménager un peu ce soldat à l'instant, faute de quoi j'aurais pu être compromise dans ma relation avec le sieur Lorhell. »

Soudainement, elle saisit sa manche droite et la retira, exhibant la marque noire qui y était apparue et la montrant à Arsok.

« D'ailleurs, ceci vient de vous, n'est-ce pas ? »

Tout d'un coup, son ton s'était fait un peu plus froid et mordant. Elle recouvrit sa chair juste après et indiqua, l'air de rien :

« J'ignorais que les Arothiiriens savaient user de magie et je vois mal comment vous auriez pu arriver à un tel résultat autrement. Mais je suis certaine que vous avez une explication à la hauteur de mes attentes. »

Elle avait répondu à sa question, c'était donc à elle d'en poser une. Et puis, tout de même, il avait été bien importun de sa part de poser une telle marque sur sa belle peau sans son consentement total. Elle ignorait qu'une telle chose arriverait après leur poignée de main de la veille. Bien sûr, ça pouvait signifier tout et n'importe quoi - peut-être arrivait-il même à la localiser avec précision avec cela, ou à l'obliger à remplir sa part du marché, qui sait... Dans tous les cas, il valait mieux ne rien oublier et, même si la marque ne lui faisait pas mal - elle ne la sentait même pas -, cela ne signifiait en aucun cas qu'elle n'était pas inoffensive.

Jouer avec des adversaires de la trempe et de de la carrure d'Arsok était diablement excitant. Ils se rapprochaient, tous deux, sur certains points : mais lui était bien plus mâle qu'elle, et aussi plus adulte : plus direct et plus froid. Contrairement à elle, il n'avait pas eu toute sa vie durant à tromper ses interlocuteurs, à faire croire qu'il était inoffensif pour mieux attaquer ensuite. Et s'il arrivait à camoufler ses émotions, il semblait ignorer comment les simuler. Mais Yurlungur, malgré toute la crainte incertaine qu'elle avait pour lui, ne pouvait s'empêcher de l'apprécier. Il en fallait peu pour s'attirer la reconnaissance d'une enfant.


(((1500 mots)))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 18 Juin 2017 18:57 
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Le Sans Visage félicite Charis de sa prudence même s'il nous met en garde. Un excès de celle-ci pourrait nous faire passer à coter d'alliances importantes. Il nous autorise ensuite à chercher nos affaires et Thrag mais que nous devions faire vite. Il n'attendrait pas toute la nuit.

Nous retournons alors dans nos appartements. Dans les couloirs, j'observe Charis, je la sais très proche de ce qui concerne Messaliah. J'espere que nous parviendrons à regler les problèmes là-bas.

"Tu t'occupes de prévenir le sorcier de feu de la Tour d'Or avant de partir. Peut être que nous aurons des problèmes pour le faire à Messaliah avec la barrière des Cadi-Yangin."

Hélas des problèmes nous en avons déjà ici. Arrivé dans les appartements, nous surprenons Thrag. Assis, confus, dans un coin de la pièce alors qu'une femme morte gisait dans sa chambre, la nuque ouverte. J'écarquille les yeux et couvre ma boucheavec ma main, choqué.

Le nain explique qu'une pipe fourrée au Thiir est responsable de ça. Il nous regarde ensuite d'un air ennuyé en déclarant que nous devions fuir.

J'explose intérieurement, retenant de ne pas me jeter sur lui pour lui mettre une patate d'agriculteur en plein dans le nez.

Je me tourne vers lui, les sourcils froncés. C'etait la deuxième personne qu'il tuait sous les effets du Thiir. Dire que les dirigeantes nous avaient proposées des surcreries enduites de cette substance, qu'aurait-il pu se passer ?

"Récupérons nos affaires."

Dis-je à Charis avant de me diriger vers ma chambre pour recuperer mes affaires, me retournant régulierement pour m'assurer que le nain ne tente pas de s'échapper. Une fois de retour je m'adresse à lui d'un ton sévère.

"Nous ne pouvons pas fuir cette cité en laissant un cadavre dans nos appartements alors que nous avons été accueillis sans aucune contrepartie. Nous ne sommes pas des criminels. "

Je pousse un long soupir. Navré, je lui déclare.

"Tu dois te rendre chez les dirigeantes et avouer ton crime. Ce seront à elles de prendre une décision te concernant. Elles méritent que l'ont se comporte de manière honnête et cette jeune femme mérite justice."

Dis-je en pointant du doigt le cadavre dans la chambre, la voix étranglé par l'émotion et la colère.

"Peut être te laisseront elles partir au vu de la raison de l'accident. Mais il est certain que je ne fuirais pas comme un criminel. Ce n'est pas comme si nous volions juste un bibelot. Une femme est morte."

Je préférais le préciser car il m'était déjà arriver de fuir une maison en emportant un objet de valeur.

Je me tourne alors vers Charis, attendant son avis. J’espère qu'elle sera d'accord, ainsi nous pourrons mener Thrag aux dirigeantes pour leur expliquer la situation et annoncer notre départ pour Messaliah en compagnie du sans visage. Peut-être que le meurtre d'une domestique ne représente rien pour elles quand on voit comment elles méprisent la peuple et qu'elles le laisseront nous accompagner ou peut être qu'il pourra les aider avec cette histoire de meurtres dans les mines. Une sorte de travail d’intérêt général. Ou peut être qu'il sera emprisonné. Une vague d'amertume me remonte dans la bouche, me disant que c'est ce qu'il mérite. Ce sentiment venait de la mort de Fin', je le sais. Mais malgré ça, penser de la sorte me dégouttais. J’espère simplement que ce ne sera pas une peine de mort, dans ce cas là, je m'y opposerai, proposant une solution alternative. Quitte à revenir les aider après avoir aidé Charis à Messaliah.


((Environ 580 mots. ))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 11:35 
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Arothiir – Cité Haute (10h)

    Asork resta muet pendant un temps à toutes les paroles de la jeune fille. Ce ne fut que lorsque Yurlungur évoquas la marque qu’il daigna baisser les yeux vers elle.

    « Les Arothiiriens ne maîtrisent pas la magie, effectivement. Mais certains sont capables de certaines capacités hors normes. Cette marque, je te l’ai apposée, oui. Plus simple pour te retrouver toi et ta sœur. Ainsi, je n’ai pas eu à vous suivre. Et les informations que j’ai eues de vous, je les tiens de contacts que j’ai en ville. Je n’allais pas m’abaisser à concentrer toute mon énergie sur vous deux alors que je suis en pleine recherche d’assassin. »

    Il marqua une pause dans son discours, comme pour souligner l’importance de sa dernière phrase. Puis, il reprit.

    « N’ais crainte pour Lorhell. Notre petit numéro ne fera pas d’émule : les gens d’ici préfèrent largement ne pas se mêler des affaires d’une Ombre d’Arothiir. Si tu penses en revanche que j’ai le loisir de me trainer une apprentie de ton acabit pour l’instant, tu te trompes lourdement. Tu veux bosser au palais ? Bien. Tu seras donc ravie d’apprendre la disparition d’une hôtesse d’accueil aux ordres de la Trinité. C’est l’occasion rêvée de la remplacer au pied levé, sans quoi tu peux toujours rêver pour travailler là-bas. Enfin, si la tâche ne te rebute pas… »

    Même si on ne voyait pas son visage, il sembla à Yurlungur qu’il souriait. Mais d’un sourire sans aucune sympathie.

[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (planification) + 0,5 (questions) + 1,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 11:45 
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Arothiir – Palais (21h30)

    Les affaires récupérées, Xël et Charis étaient prêts à retrouver le Sans-Visage, après avoir annoncé leur départ aux dirigeantes. Il leur restait le problème du cadavre à gérer, et la proposition de Xël fit blêmir Thrag, qui baissa la tête en opinant du chef.

    « Oui. Oui… Vous avez sans doute raison. Je dois avouer mon crime et en payer les conséquences. »

    Ils partirent donc tous trois vers le trio de dirigeantes, toujours dans les salons en train de savourer quelque alcool doré, sans doute parsemé de paillettes de Thiir. Thrag, les voyant, n’osa s’en approcher, et ne parvint qu’à baisser la tête une fois de plus. Il chercha Xël du regard, comme s’il attendait à ce que le mage cite lui-même la liste de ses méfaits. Il en répondrait ensuite. La trinité observait le trio avec circonspection, mais sans se douter sans doute de ce qu’ils allaient leur annoncer : leur départ séant et la mort d’une de leurs servantes…


[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (raisonner le nain) + 0,5 (bonus longueur).
Charis : absence excusée]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 14:08 
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Thrag accepte de coopérer et d'avouer son crime. Nous prenons donc tous les trois le couloir qui nous mène au salon où sont les dirigeantes qui savourent une boisson dorée. Elles nous observent avec circonspection alors que le nain cherche mon regard comme un enfant qui n'ose pas avouer une bêtise. Je fronce les sourcils comme je le ferais pour disputer un gamin impoli. On m'avait souvent décrit les Thorkins comme des gens braves. Or celui-ci se montrait plutôt lâche.

Je lève les yeux vers les dirigeantes pour prendre la parole. Nous avons peu de temps, le sans visage attend.

"Nous avons pu discuter avec le Sans Visage et il nous propose de nous mener à notre prochaine destination. Nous avons accepter son invitation. Nous regrettons de partir si précipitamment mais soyez sûre que nous vous sommes reconnaissant. "

Je fais ensuite signe au nain d'approcher avant de continuer.

"Comme vous avez étés plus que généreuses avec nous, nous nous devons d'être honnêtes . Il y a eu un accident avec la femme qui accompagnait Thrag. Il l'a tué sous les effets d'une pipe aux arômes de Thiir. J'ignore comment la justice fonctionne ici mais il est hors de question qu'il nous accompagne si vous désirez le juger. C'est pour cela qu'il vient se rendre pour avouer son crime et en assumer les conséquences. Je vous demanderais simplement de ne pas le condamner à mort, il vous serait bien plus utile vivant. Il peut sans doute vous apporter son aide pour votre problème dans les mines. Je vous prie d'accepter nos excuses pour cette accident et la vitesse à laquelle il est annoncé mais le Sans Visage nous a prié de faire vite. "

Je recule alors d'un pas, laissant Trag faire front seul aux trois femmes cornues. Attendant qu'elles s'expriment ou laissant à Charis ajouter quelque chose avant de retourner sur le balcon.


(( 300 mots. ))

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 25 Juin 2017 18:08 
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Une fois les questions posées et la discussion établie, une fois qu'elle s'était tue surtout, Yurlungur dressa l'oreille, son regard négligemment tourné vers Arsok. Comme d'ordinaire, il couvrait son visage, ce qui rendait ardu la tâche de deviner ce qu'il pensait. Quoique, même s'il enlevait ce masque, il était probable que la fillette ne voie rien du tout dans son expression qui puisse l'aider réellement... L'Ombre était suffisamment douée pour savoir cacher ses sentiments profonds. Tout comme elle.

Elle fit mine de n'être pas si intéressée que ça par ce qu'il lui révélait, mais elle écoutait avec avidité, captant toutes les paroles pour les analyser, les décortiquer, les mémoriser. Sous-entendait-il que, grâce à cette marque, il pouvait la localiser où qu'elle fût ? C'était quelque peu fâcheux, dans un sens : mais dans l'autre, elle songeait que la simple existence de l'Ombre était fâcheuse. Pas de magie en lui : simplement des habiletés hors du commun, du genre de ses sens surhumains qui lui permettaient de déceler Dorika lorsqu'elle avait tenté de l'écouter. La question qu'il fallait se poser, c'était surtout de savoir si toutes les Ombres avaient les mêmes capacités et, surtout, combien il y en avait autour de la Cité, si la réponse était positive.

Arsok admit qu'il avait des contacts en ville, ce qui n'était guère étonnant. En revanche, la jeune fille aurait été surprise s'il avait eu ces renseignements plus grâce à une amitié qu'il aurait avec ces gens-là que via la crainte qu'il leur inspirait. Personne n'aimait les Ombres d'Arothiir ici, c'était évident : et pourtant, elle se sentait curieusement attirée par lui, elle-même, tel un papillon qui souhaitait tourner de plus en plus près de la flamme au cœur de la nuit, au risque de se brûler les ailes... Sa raison lui soufflait de se tenir éloignée de cet individu mortel, son instinct voulait et espérait qu'il lui enseignât ce qu'il savait, ces formidables compétences qu'il possédait.

Son espoir fut de courte durée. Naturellement, il la considérait comme moins que rien, même s'il lui confiait assurément quelques responsabilités. Après tout, pourquoi serait-il venu la voir en ce jour, autrement ? Il savait qu'elle était là, à l'entrée de la Cité haute - il avait reconnu que cette marque lui permettait de la retrouver -, il était donc peu probable que sa présence ici tînt du hasard. Il souhaitait l'intimider, sûrement, lui montrer qu'elle ne pouvait pas le fuir et qu'elle ferait mieux de l'aider et de plier devant lui, faute de quoi il l'écraserait comme un vulgaire insecte.

Seule la proposition qui suivit semblait aller dans le sens de ses volontés propres et c'en était presque curieux. Elle haussa un sourcil. Si encore il lui révélait certaines de ses capacités, c'était probablement parce qu'il s'imaginait qu'elle ne serait jamais suffisamment forte pour essayer d'utiliser sa connaissance de celles-ci contre lui, ou du moins dans l'immédiat. À vrai dire, il était sûrement dans le vrai sur ce point-là. Mais concernant cette offre d'emploi au palais, presque sur un plateau, elle ne savait qu'en penser. Était-il impliqué ? Avait-il lui-même deviné quelles étaient ses intentions, pour ensuite assassiner l'hôtesse ? À moins que ce ne fût qu'un simple concours de circonstances et que la nouvelle lui soit parvenue aussi rapidement qu'elle devait arriver aux oreilles d'une Ombre ?

Il ne lisait pas dans ses pensées, c'était certain, faute de quoi il aurait compris depuis longtemps qu'elle mentait en affirmant provenir d'Egeroth, qu'elle mentait en considérant Dorika comme sa sœur, qu'elle mentait en expliquant vouloir l'aider à trouver le coupable et à le punir. Elle était venue ici pour se laisser entraîner par ces événements et pour tirer son épingle du jeu, accessoirement pour chercher une piste à propos du Sans-Visage. Les meurtres à la mine, ça n'intéressait que sa compagnonne de route.

Mais c'était donc qu'il souhaitait la voir là-bas et qu'il sautait sur l'occasion... Elle sourit tendrement à Arsok, ouvrant lentement la bouche pour répondre en préparant une réponse adaptée.

« Je ne vois pas pourquoi je refuserais une telle opportunité, finit-elle par répondre. Je vous remercie de m'en avoir informé, très cher. »

Elle fit un semblant de révérence devant l'Ombre, mais il devait être évident à lui autant qu'à elle qu'il s'agissait plus d'une marque ironique de courtoisie qu'un réel remerciement. On la sentait méfiante, surtout en cet instant : les yeux légèrement plissés, elle essayait de sonder le sourire qu'Arsok semblait porter sur les lèvres sans parvenir à déterminer ce qu'un tel manque de sympathie pouvait signifier. Simplement, elle ajouta :

« J'espère simplement que, si vous ne souhaitez pas d'apprentie, c'est plus parce que vous êtes accaparé par votre recherche que parce que je suis une femme. Enfin, une femme... une très jeune femme, dirons-nous, se corrigea-t-elle en lui souriant, comme malicieuse. Enfin, cela m'étonnerait beaucoup, n'est-ce pas ? »

Elle attendit quelques instants avant de reprendre, évitant de le regarder en face :

« Toutefois, si un jour vous trouviez quelque part le temps et la motivation pour vous traîner quelqu'un comme moi, j'imagine que je serais volontiers partante. »

Son regard revint vers lui et son sourire disparut. Elle se sentait vulnérable d'avoir ainsi dévoilé une de ses envies à un être qui pouvait tout aussi bien lui permettre de l'assouvir en un instant ou la lui retirer à tout jamais. Aussitôt, son sourire revint et elle reprit son expression habituelle : celle toute innocente, toute ingénue, toute puérile. Toute factice.

« Eh ben, m'sieur, merci encore de m'avoir permis de passer. Mais maintenant, je risque d'être en r'tard si je continue de bavarder - à moins que je ne le sois déjà ? En r'tard, en r'tard, j'ai rendez-vous que'que part, fit-elle en s'amusant à imiter le ton d'un simple enfant à la diction fort approximative. Je n'ai pas l'temps de dire au revoir, j'suis en r'tard, en r'tard. »

Et à l'instant, elle tourna les talons et se dirigea à pas rapides vers le palais, essayant de mettre le maximum de distance entre elle et Arsok. Elle ne lui adressa même pas un petit signe de la main : elle se demandait encore pourquoi elle avait exposé aussi clairement sa volonté de devenir une Ombre. C'était un caprice, elle le savait fort bien : ça ne l'arrangerait que le temps que ça lui semblerait admirable et puissant sans avoir trop d'efforts à faire. Et, tout en songeant à son idiotie, elle se rapprochait de l'imposant édifice qui siégeait en plein milieu de la cité d'Arothiir, son regard se raffermissant à mesure qu'elle montait la pente.


(((1000 mots, citation de Alice au pays des merveilles - Je suis en retard)))

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Dernière édition par Yurlungur le Mer 28 Juin 2017 18:11, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 28 Juin 2017 11:33 
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Arothiir – Palais (21h35)

    Thrag parait débarquer de nulle part lorsque Xël affirme avoir pu discuter avec le Sans-Visage, mais lorsque ce dernier évoque à la Trinité son crime, et les possibles conséquences de celui-ci, il s’avance en avant et clame :

    « Ayez pitié, Dames, ce n’était qu’un accident, je n’étais plus moi-même ! Comprenez ceci, vous qui usez quotidiennement du Thiir et connaissez ses effets retors ! »

    C’est Guigne qui répond aux deux mâles ayant dénoncé la culpabilité du second, un sourire carnassier sur les lèvres, avant même que Xël ait pu s’en aller vers le balcon.

    « Nous n’allons certainement pas juger ou punir celui qui a tué par plaisir. Nous nous adonnons nous-mêmes souvent à ce genre de jeu. Cela faisait partie des attributions de la défunte, d’ailleurs. Elle agissait en toute connaissance de cause, dévouée servante de la Trinité. Nous espérons que ses services vous ont plu, maître barbu. »

    Le nain ne sait que répondre, décontenancé devant la légèreté de la réaction de Guinirgy. Comme passant un voile sur cette affaire, c’est Jess qui prend alors la parole.

    « Votre compagnon est libre de vous accompagner, si tant est que vous vouliez encore de lui. Quant à nous, nous ne pouvons-nous opposer à votre départ, bien que nous le regrettions. La vie est faite de choix, et s’il vous semble qu’il est plus urgent de vous rendre à Messaliah, nous ne sommes personne pour juger de votre décision. »

    Surprenamment, ses paroles sonnent assez faux avec sa mine fermée. Mais son visage de marbre, inflexible, reste illisible.

[Xël : 0,5 (aveu à la trinité).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 28 Juin 2017 11:38 
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Arothiir – parvis du palais. (10h15)

    Fuyant sans laisser répondre son vis-à-vis mystérieux, Yurlungur n’eut aucune réponse à ses questions, filant telle une gazelle parmi la foule éparse de la ville haute. Elle ne tarda pas à arriver, après quelques minutes, sur la place devant le palais. Cernée de boutiques et d’habitations luxueuses, l’édifice le plus imposant restait le palais, visible depuis le bas de la cité. Évidemment, elle pouvait s’en douter, il était fortement gardé, des mêmes soldats à la livrée noire.

    S’était-elle débarrassée trop tôt de celui qui l’avait aidée à passer le premier poste de garde ? Avait-elle désormais en main les clés qui lui permettraient d’entrer dans ce fameux édifice ? Ou mieux, irait-elle là-bas par des moyens conventionnels ?


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (se débarrasser d’un gêneur éventuel) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mer 28 Juin 2017 18:11 
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Elle réussit à le fuir et à le perdre sans qu'il ne dise un mot de plus. Évidemment, il était difficile de deviner les pensées d'un homme, encore plus lorsqu'il était masqué, encore plus lorsque c'était Arsok. Mais de toute façon, la seule chose qui l'obnubilait à présent, c'était la folie de lui avoir révélé une chose qu'elle aimerait posséder, à savoir son enseignement, la puissance d'une Ombre. Et encore, “aimerait” ! C'était un bien grand mot. Jusqu'à où était-elle prête à aller pour récupérer ce pouvoir ? Asmodée eût su, elle, mais Yurlungur était bien pantoise et beaucoup moins sûre d'elle. Elle avançait à travers la foule de riches gens de la ville haute sans leur prêter attention. Ils n'étaient pas sa cible et, de plus, l'Ynorienne de la Tour d'Or avait dit qu'ils ne possédaient aucune monnaie.

Elle s'avança donc, évitant les badauds autant pour ne pas se faire emporter que pour arriver à destination. Le palais, en tant que tel, était difficile à rater : grand, énorme et en hauteur, il surplombait l'ensemble de la cité haute et même l'ensemble d'Arothiir. C'était le symbole de la Trinité, trois dirigeantes qui avaient au moins eu le mérite de mâter leur peuple. Enfin, plus ou moins, au vu des assassinats dans les mines. Elles attisaient sans doute la haine des plus miséreux, mais là était la vie : et il faut bien s'emparer de ce qu'on peut tant qu'on n'en a l'occasion, ou l'on n'arrive jamais à vivre. Du moins, Yurlungur pensait ainsi et, pour cela, elle avait une certaine admiration envers cette fameuse Trinité pour laquelle elle allait travailler.

Il y avait naturellement encore des gardes à cet endroit, empêchant quiconque n'y étant pas autorisé à pénétrer à l'intérieur du palais. C'était le même modèle que ceux plus bas mais peut-être étaient-ils au courant, eux, que le palais avait perdu une servante depuis peu et, si ce n'était pas le cas, elle comptait bien le leur rappeler. Dans tous les cas, évoquer Arsok n'était pas forcément pratique : malgré tout ce qu'il pouvait en dire, on se poserait des questions sur elle et sur lui - on pourrait même en venir à se demander s'il n'était pas possible de faire pression sur lui en mettant la main sur elle. Lui s'en fichait, évidemment, donc il n'y aurait qu'elle pour en souffrir.

Elle s'approcha d'un des gardes à l'entrée du palais et s'inclina bien bas avant de demander :

« Bonjour, sieur : je viens en ce jour proposer mes services à la Trinité. J'ai ouï qu'une de leurs servantes avait malheureusement disparue et, si vous le voulez bien, je saurai assurer son remplacement aussi dignement qu'il le faudra. »

C'était une demande simple et concise : elle osa relever son regard vers le garde, y ajoutant un petit souris, pour la forme. Bizarrement, ça lui faisait un peu peur de s'approcher de l'édifice central. C'était le centre de la toile, là où logeaient trois araignées capables de dévorer le minuscule insecte qu'elle était. Mais si elle s'en sortait bien et qu'elle ne faisait pas trop vibrer leurs fils, peut-être que ce serait elle qui s'en sortirait bien ? Après tout, elle se sentait l'âme d'une araignée peut-être encore plus vorace qu'elles.


(((500 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Mar 4 Juil 2017 21:32, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Ven 30 Juin 2017 12:31 
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A notre arrivée dans les appartements, nous tombons sur un spectacle des plus désolants, celui d’un nouveau cadavre causé par le nain. Une nouvelle âme prise par la force et la folie de cet être. Mon regard passe du nain au cadavre dans sa chambre, puis de nouveau au nain. Je le sais aussi froid que brûlant, un bien étrange mélange que le désert m’a appris.

Je n’écoute ses complaintes que d’une oreille, entendant ses excuses, la faute encore du thiir et de son incapacité à se contrôler. Ses dernières paroles, cependant, causent en moi une violente colère. Il demande de fuir. Après tout ce qu’il a fait, la suite serait sa seule solution ?

Mon poing se serre alors que j’entends Xël dire de récupérer nos affaires. Je reste un instant le regard fixé sur le nain, incapable de bouger, avant qu’enfin mes membres ne s’animent pour aller récupérer mes affaires sans un mot. Pour moi il est évident que je ne fuirais pas avec le nain pour l’empêcher d’affronter un crime qu’il a causé. C’est sa responsabilité, sa faute, et il l’affrontera.

Alors que je prépare mes affaires, je me saisis de la pierre d’Al’Sabbar et la porte à mes lèvres pour lui murmurer un message. Je sais que mon ton est grave, mais je ne puis faire autrement.

« Avons rencontré le Sans-Visage qui nous amène à Messaliah. Refuse de discuter avec le Dragon Mauve mais pas avec le Conseil si celui-ci le renie. Aucune confiance en lui, même s’il dit vouloir la paix. Arothiir est sous son autorité. Ai refusé de lui donner une pierre. Toujours vôtre. Charis. »

J’entends Xël, ses affaires en main, abonder dans mon sens alors qu’il explique au nain que l’on va affronter les dirigeantes de la cité. Alors que nous quittons la pièce, je passe à côté du nain en lui disant, les yeux dans les yeux :

- Thrag, vous n’êtes qu’un imbécile.

Et de la pire espèce, de ceux qui n’apprennent pas de leurs erreurs. Xël prend les choses en main et explique les choses à la Trinité. Si cela avait été de mon ressort, j’aurais laissé le nain assumer lui-même ses fautes et je ne me serais pas faite l’avocate de ce meurtrier. Il n’a jamais obtenu ma loyauté ni ma compassion.

Les réponses de la Trinité est des plus déconcertantes. Pour elles, il s’agit de quelque chose de normal que de tuer par plaisir, que c’est un jeu qu’elles aiment et apprécient allègrement. Elle souligne que cela fait partie des attributions de cette pauvre femmes, qu’elle avait pleine connaissance des choses et l’acceptais. Le feu qui réchauffe habituellement mon cœur se transforme en givre alors qu’une vague glacée parcourt mes veines. Je sens des frissons monter alors que je contiens avec peine ma colère. Je n’ai pas la moindre envie de rester une minute de plus ici où la vie a si peu d’importance, où elle est traitée avec tant de mépris.

Celle que je suis venue à considérer comme la porte-parole de ces femmes nous dit qu’il est libre de nous accompagner si nous souhaitons encore de sa présence mais dit regretter notre départ, bien que ses paroles laissent clairement sous-entendre qu’elle considère notre départ comme un affront.

Moi qui suis restée silencieuse aussi longtemps, je réponds :

- Ce nain peut bien faire ce qu’il désire, son devenir n’est plus de mon ressort. Je vous remercie une nouvelle fois de votre hospitalité, cependant nous ne pouvons refuser une offre si généreuse du Sans-Visage.

Voilà tout ce que mon sens de la diplomatie peut rassembler. C’est déjà ça, c’est mieux que rien, si l’on considère l’état dans lequel je suis actuellement. Cette fois il n’y aura pas de phrases longues et alambiquées, simplement une demi-vérité de plus. Je suis prête à partir et à retourner dans mon désert.



Citation:
~500 mots
Message de Pierre de vision :
Destinataire : Ibn Al Sabbar
Message : « Avons rencontré le Sans-Visage qui nous amène à Messaliah. Refuse de discuter avec le Dragon Mauve mais pas avec le Conseil si celui-ci le renie. Aucune confiance en lui, même s’il dit vouloir la paix. Arothiir est sous son autorité. Ai refusé de lui donner une pierre. Toujours vôtre. Charis. » 50 mots

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Sam 1 Juil 2017 12:23 
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Arothiir – Parvis du Palais (10h20)

    Le garde regarda sévèrement dans la direction de la petite. Pourtant, sa réponse fut moins catégorique que celle de l’entrée dans la partie haute de la cité. Comme si le fait d’y accéder lui donnait un laissez-passer général.

    « Ah oui ? Vraiment ? J’ignore comment tu en es venue à savoir ça si vite, petite, mais si c’est ce que tu veux, suis-moi. »

    Il la mena dans les couloirs du palais, jusqu’à arriver dans une petite aile entière du palais contenant une grande salle commune aux décorations diverses et élégantes, autour d’une fontaine intérieure, au centre d’un bassin de mosaïques. Des sièges noyés de coussins, des livres, des tables basses se disputaient l’espace.

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    Le garde la conduisit jusqu’à un homme torse nu et musclé seulement vêtu d’un médaillon, une peau halée, des cheveux sombres et en bataille, une barbe naissante et un regard clair, céruléen, barré par une marque noire maquillée sur son visage.

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    Curieux, il regarda la jeune fille sans mot dire. Le garde les laissa en face à face, et il sembla attendre qu’elle se manifeste. Qui était-il ? Personne ne le lui avait dit. Certainement pas la Trinité, en tout cas, bien qu’il en arbore le symbole, ostensible, sur l’épaule dénudée.

[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (entrée dans le Palais) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Dim 2 Juil 2017 11:43 
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Arothiir – Palais (21h40)

    Silencieuses, les trois dirigeantes laissent partir le trio vers le balcon où le Sans-Visage les attend toujours. À l’instant où ils arrivent sur celui-ci, la pierre de Charis entonne la réponse, audible de tous, de Ibn Al’Sabbar :

    « Prenez garde à un départ précipité à Messaliah, sans vous y être préparés. C’est un endroit dangereux. Prenez garde, aussi, aux ruses de Vâkkar-Ti. Que les feux du désert soient avec vous. »

    Témoin de la réponse, le Sans-Visage, s’il n’a pas de bouche pour le montrer, semble presque sourire, et rétorque, amusé :

    « N’ayez crainte, je ne conçois pas ses mots comme une injure. Ibn Al’Sabbar est un meneur éclairé, de bon conseil. Il n’y en a pas de meilleur que de vous méfier de tous, même de ceux qui se disent amis, Charis Kel Asheara. Sommes-nous prêts à partir, néanmoins ? »

    Thrag, ostensiblement mal à l’aise, état contrastant curieusement avec son statut de puissant guerrier nain haut-gradé de l’armée de Mertar, s’approche de Charis et Xël pour demander, implorant :

    « Daignez-vous toujours accepter ma présence à vos côté, Dame, Sieur ? Je vous assure pouvoir vous être d’une aide réelle dans ce que vous entreprenez. Loin de ce thiir, que je ne veux plus jamais voir. »

    Il semble blessé, torturé intérieurement, repentissant sur ses crimes incontrôlés, mais néanmoins réels.


[Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (message à Al’Sabbar) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Lun 3 Juil 2017 14:48 
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Nous repartons vers les trois dirigeantes et arrivons sur les balcons au moment où ma pierre retentit avec la voix d’Al’Sabbar qui me répond de prendre garde à ne pas me précipiter vers Messaliah sans y être préparée et de prendre garde aux ruses de Vâkkar-Ti. Evidemment, tout le monde a pu entendre ces mots, mais je garde le visage neutre, dépourvu de honte puisque moi-même je n’en ressens aucune. Le Sans-Visage sait déjà où résident mes loyautés ou mes méfiances, je ne m’en suis cachée à aucun moment.

Ce dernier semble cependant amusé par la réponse en précisant qu’il ne prend pas ces mots mal et loue les capacités de meneur d’Al’Sabbar. Et bien, dans la mesure où il a détruit la cité d’origine de mon seigneur, j’espère bien qu’il peut concevoir ses réticences à nous laisser entre ses mains. Non mais. Il poursuit cependant en m’enjoignant à me méfier de tout le monde, même de mes amis. Je lui adresse alors un sourire que mes yeux ne reflètent qu’avec peine.

- J’entends bien vos propos, Seigneur Sans-Visage, et vous remercie de vos conseils.

Le nain, lui, nous a suivi et se tords devant nous. S’il était mal à la mort du chevalier, il ne semble guère être dans un meilleur état. Envolé est son statut de guerrier, sa fierté naine alors qu’il donne l’impression de ramper à nos pieds pour nous demander de faire de nouveau partie de ce groupe. De continuer à être des nôtres. Il nous assure de sa capacité à nous aider, loin du thiir. Si la drogue s’envole, ses actions elles demeurent, autant sur sa conscience que sur la notre. Les dirigeantes à l’esprit si…perverti, sans scrupules l’ont peut-être absous de son crime, il n’en demeure pas qu’il l’a commis et que je ne vois que ça en le regardant. Le corps de cette femme, exsangue, aux côté du Chevalier, ami de Xël.

Je baisse les yeux sur lui. Comment aurions-nous réagi si nous avions avalé cette dragée que nous ont proposé les dirigeantes d’Arothiir ? Aurions-nous également cédé à la folie ? Et elles, lui sont-elles particulièrement résistante ou est-ce le nain qui y est particulièrement fragile ? Je l’ignore, et en vérité, je ne veux pas le savoir. Je repense aux paroles d’Al’Sabbar, Messaliah est un lieu dangereux et un guerrier fort en plus nous sera sans doute des plus utiles. Je pousse un soupir.

- Vous pouvez, en ce qui me concerne, rester avec nous. Sachez cependant que je ne pardonne pas vos crimes et qu’au moindre comportement douteux, vous quitterez ce groupe avec pour seul bagage que les frusques que vous portez. Le choix définitif reste celui de Xël.

Je me tourne alors vers le Sans-Visage, les paroles du Seigneur Al’Sabbar résonnant toujours dans un coin de mon esprit.

- Seigneur Sans-Visage, à moins de pouvoir nous faire passer sans danger les défenses qui entourent Messaliah, il serait peut-être judicieux de suivre les conseils du Seigneur Al’Sabbar et nous rendre d’abord à Methbe-el afin de nous préparer à cette mission. Si vous acceptez cependant de nous y emmener, j’ai conscience qu’il s’agit là d’un léger changement de programme.

Je lance néanmoins un regard à Xël afin de voir s’il est d’accord avec cette décision de dernière minute.

(555 mots)

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Mar 4 Juil 2017 16:04 
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Étonnamment, le garde ne manifesta aucune suspicion à l'égard de Yurlungur. Il se demandait évidemment comment elle avait fait pour apprendre la nouvelle, qui datait de la veille au soir, mais ne le lui demandait pas explicitement - et elle n'avait aucune envie de lui révéler sa source. Attirer les regards sur elle, en cet instant, c'était aussi judicieux que de gigoter lorsqu'on était pris dans la toile de l'araignée. Elle en avait observé, à Dahràm, lorsqu'elle s'ennuyait : elle avait rapidement compris que l'araignée écoutait et suivait ses fils pour retrouver ses proies. Moins on faisait de vague, plus on était en sécurité : de même, elle allait entrer tout en douceur, sans douleur. Et ensuite, seulement, elle écouterait pour savoir quand agir.

Elle le suivit donc, petite silhouette dans le dos du garde à l'armure solide, traversant les couloirs du Palais. Elle était donc à l'intérieur : en quelque sorte, ça faisait monter en elle une pointe d'orgueil. Elle avait réussi. Certes, ce n'était pas fini, mais elle était du genre à se montrer heureuse de l'avancée de ses projets avant que ceux-ci n'aient encore abouti. Une fois les premiers succès obtenus, son intelligence naïve et puérile lui faisait croire, innocemment, que tout allait naturellement réussir, qu'elle aurait sous peu tout ce qu'elle voudrait. Au fond de son crâne, il y avait comme l'écho d'un ricanement, mais elle n'y prêtait pas attention.

Enfin, ils arrivèrent à une salle richement ornée et meublée. Il y avait là une fontaine en son centre, comme si l'eau était une ressource aussi abondante que le sable au milieu du désert : l'ensemble semblait comme neuf, nettoyé et lustré. Les mosaïques brillaient sous les rayons du Soleil qui se levait paresseusement dans le ciel, et partout la richesse de la Trinité se voyait : tout était fait en sorte pour que ceux qui habitaient là soient comblés, entre les livres pour l'esprit et les coussins pour le cul. L'ensemble respirait d'un charme oriental encore trop exotique pour la petite, qui croyait rêver : même à la Tour d'Or, pourtant grande et accueillante, elle n'avait pas vu ce luxe pour les dirigeants d'Aliaénon. Non, ici, c'était indubitablement un autre niveau.

Et le gardien des lieux s'approcha d'eux, comme pour les accueillir. Sauf qu'il ne dit aucun mot, la fixant simplement de ses deux yeux bleus, presque surpris de la présence de Yurlungur aux côtés du garde qui ne désirait pas bouger ni expliquer quoi que ce soit, apparemment. Elle passa sur le fait qu'il était torse nu, dévoilant une musculature finement dessinée à ses yeux, elle passa sur le fait qu'il avait une peau hâlée et sur l'intensité du regard de ces deux yeux dont la couleur lui rappelait indubitablement ceux de Calua. Elle passa sur le fait qu'il devait être beau, attirant même, pour n'importe quelle femme qui ne soit pas promise à un Dieu. Elle n'était pas encore une femme et ce fut avec distance qu'elle s'apprêtait à lui parler. Il lui rappelait son... ami ? amant ? aimé ? Elle ne savait pas quel terme était le plus exact, mais Calua était mort.

« Mon sieur, merci beaucoup de m'avoir conduit jusqu'ici, fit-elle en se tournant vers le garde tout en retrouvant son sourire. Lui n'avait rien de particulier. Je ne souhaite pas vous retenir davantage : je pense pouvoir m'en sortir seule, à présent. »

Elle le regardait donc, son sourire caractéristique de malice aux lèvres, le fixant avec un sourcil haussé qui semblait attendre explicitement qu'il s'en aille, comme pour lui dire qu'il n'avait plus rien à faire ici et qu'il les gênait, en cet instant. Évidemment, grands Dieux, elle ne disait rien de tout cela à haute voix, mais elle le laissait à l'imagination du soldat qui, bien que ceux de sa profession ne fussent point réputés pour leur intellect, allait sans doute aisément deviner ce qu'elle attendait de lui.

Et ce dernier, effectivement, finit par s'en aller. Satisfaite, la petite replongea ses yeux dans ceux du bel inconnu avec un sourire qui, à nouveau, s'éteint progressivement tandis que son visage, qui aimait à exprimer une forme d'assurance amusée, revenait à une froideur moins commune, une impassibilité distante.

« Enchantée de vous rencontrer, Sieur. Mon nom est Yurlungur et j'ai appris depuis peu la perte d'une des domestiques de la Trinité : aussi me présenté-je céans pour la remplacer du mieux que je peux. »

Elle s'efforça de lui adresser un sourire, mais même celui-ci sonnait faux. Elle le fixait donc, effrontément, son regard souhaitant lui augurer une mort aussi lente que douloureuse - si tant est qu'on croie une gamine capable de torturer un homme comme lui. Et, imperceptiblement, ses muscles s'étaient tendus, ses poings s'étaient serrés et sa mâchoire s'était crispée : mais ce n'était pas pour bondir, c'était pour contenir la douleur qui venait du passé, cette drôle de sensation qu'on appelle le regret, la honte, ou encore le deuil. Sauf qu'en l'occasion, elle était à la fois victime et responsable.

« Puis-je vous demander quelles seront les tâches que j'aurai à effectuer ? »

Elle avait parlé d'un ton dur et, d'ailleurs, sa respiration semblait plus rapide que tantôt. Il y avait un peu de colère en elle, de voir ces deux yeux qui semblaient la narguer d'être encore en vie, une colère idiote car fondée sur rien d'autre qu'un souvenir perdu. Mais si elle perdait cette colère, cette petite flamme brûlante et douloureuse qui subsistait encore, alimentée par son ego, il ne resterait que la tristesse. Le froid de la souffrance et de l'apitoiement. Et, en ces circonstances, elle ne pouvait absolument pas se permettre une telle faiblesse : elle souhaitait garder sa dignité, éloigner les fantômes de son passé et rester seule, seule avec ce nouveau monde qui lui servait de terrain de jeu car il était si loin de Yuimen et de Dahràm. Loin des morts et de leurs cris affreux qui résonnaient au fin fond de la Zone Damnée des Enfers, où les âmes perdues cherchaient en vain un chemin vers la lumière qui les avait quittés.


(((1000 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Lun 17 Juil 2017 23:06, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Arothiir
MessagePosté: Jeu 6 Juil 2017 14:25 
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La réaction de la Trinité est inattendue. Inattendue est très énervante. Pas du fait que Thrag ne soit pas inquiété par le meurtre qu'il a commis mais par la légèreté avec laquelle les trois frangines réagissent. Considérant qu'ici, le meurtre est un jeu. Je sais que certains tuent par plaisir mais je ne pensais pas un jour mettre le pied dans une cité où se serait un genre de coutume.

La justice Arothienne a parlé, Thrag peut partir en nain libre. Je reste silencieux, me retenant de faire une quelconque morale déplacée entre des murs qui ne m'appartiennent pas. Mais merde, quand même, une jeune femme était morte ! Je ne pouvais pas partir sans rien dire ! Comme si nous avions juste cassé une chaise ! Je sens ma colère monter, mes poings se serrer, ma mâchoire se crisper.

Charis ouvre finalement la bouche pour expédier des remerciements. Je crois savoir ce qu'elle en pense, nous ne sommes pas si différents elle et moi. Elle est sans doute plus éduquée, plus cultivée, plus intelligente, plus sage mais nous avons la même compassion et colère face à un tel mépris de la vie. Comme elle, Je ne voulais pas rester une seconde de plus ici et après un hochement de tête poli, je l'accompagne dans les couloirs.

En arrivant sur le balcon, Al'sabbar nous met en garde, par l'intermédiaire de la pierre, contre le désert et le sans visage. Celui-ci ne parait pas offensé et le précise même avant de nous demander si nous sommes prêts à partir.

Thrag plus mal à l'aise que jamais nous demande encore l'autorisation pour nous accompagner. Je ne doute pas qu'il soit un puissant combattant. Le coup de masse qui écrase la poitrine de Fin' me suffit pour le savoir. Il sera d'une grande aide comme il l'assure dans un endroit dangereux. Charis pousse un soupir avant d'accepter son aide. Elle le met tout de même en garde, un pet de travers et il sera prié de partir avec ce qu'il a sur lui. Je hoche la tête, en accord avec sa décision.

Nous nous tournons alors vers le sans visage et ma compagne de route propose un changement de trajet. Elle propose de partir pour Methbe-el afin de nous préparer si le sans visage n'est pas capable de nous faire passer les défenses de Messaliah sans danger.

Un changement de dernière minute qui me fait hausser un sourcil d'incompréhension. Nous avions encore des vivres, nous étions reposés et nous gagnerions du temps à nous rendre directement là-bas. De plus, nous partons sans nos montures et il faudrait en trouver de nouvelles avant de traverser le désert. Néanmoins, Charis connait mieux le désert que moi, elle sait sans doute ce qui nous y attends. Quand elle me lance un regard, je lui souris.

"Si tu penses que c'est mieux, je te fais confiance. "

C’est le cas, je me plierais à ses décisions. J’espère qu'un allongement du trajet nous permettra de mieux nous connaitre et de m’exercer avec elle au maniement d'une arme.

(( 500 mots))

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