Analyse de texte n°1 :Ce que la sève a scellé
Si vieux, le monde l'a voilé
De par des dais trifoliés
A tous demeure dérobé.La "sève" semble être une métaphore, mais plusieurs interprétations sont possibles. Elle peut simplement faire allusion, par extension, à la nature. A moins que ce ne soit sa nature -un liquide de forte densité- qui fasse écho, par exemple, au sang versé, à de la lave, qui pourrait condamner un lieu ou un passé révolu.
On retrouve d'ailleurs cette notion de temps dans la seconde ligne "Si vieux". "le monde l'a voilé" ne semble être qu'une confirmation que le "trésor" reste pour autant accessible. "voilé" entends qu'il reste visible et perceptible mais le dernier vers, paradoxalement "A tous demeure dérobé", marque qu'il est malgré tout toujours passé inaperçu. Mais il ne faut pas pour autant perdre de vue que "dérobé" ne signifie pas forcément "caché", mais peut aussi vouloir dire "volé". Si tel est le cas, par qui ou par quoi ?
Le terme "dais trifoliés" quant à lui peut faire encore écho à une idée de nature ; le dais trifolié n'étant autre qu'un trèfle ou une plante de même sorte. Mais il peut aussi s'agir d'un indice concernant un élément de décor, naturel ou pas, derrière lequel le "trésor" se cacherait.
De mille promesses empesé
Mille souffles en sont engendrés
Une richesse fort convoitée
Nul n'a su en triompher.Semblant un peu moins obscure, ce paragraphe fait écho au premier avec la mention "Nul n'a su en triompher", qui détermine bien que nul n'a réussi à atteindre ou à reconnaitre le "trésor". Il y a cependant une notion de défi non négligeable dans le mot "triompher" dont ressort le fait qu'il ne suffit pas de "chercher" le trésor comme une entité palpable à la portée du premier venu, mais qui nécessiterait un défi physique à passer ou une certaine clairvoyance.
Les deux premiers vers semblent quant à eux évoquer une certaine frénésie avec le paradoxe de "mille promesse empesé" qui deviennent "mille souffles", termes dans lequel on perds l'idée d'hésitation et de gène.
Ce paragraphe peut aussi bien exprimer la mise en route de la quête du trésor, d'abord soigneusement pensé et élaboré, puis tombé dans l'oreille des plus vulgaires qui arrivent en masse à sa recherche... Une sorte de "ruée vers l'or" qui n'aurait pas abouti, en somme.
Ils peuvent aussi invoquer une sorte de transformation que le "trésor" serait capable d'exercer, transformant les promesses (élément abstrait, impalpable) en souffle (élément concret et palpable) ; ces souffles devenant quant à eux la richesse post-mentionnée et qui donnerait à son acquéreur un attribut qui le rendrait triomphant. Cela pourrait aussi bien concerner une arme de n'importe quelle sorte, un pouvoir ou une connaissance particulière.
On peut aussi noter que l'adjectif "empesé" peut aussi faire écho aux séculaires.
L'or, le chant de la vesprée
Tous en sont riches et bercés
Mais pas le moins éclairés
Ô futile velléité.Ici, le paragraphe entier semble s'accorder à exprimer que le "trésor" ou du moins un élément particulier de celui-ci peuvent se trouver en abondance au point de passer inaperçu et paraître sans intérêt. Peut-être s'agit-il d'un élément qui ne demande qu'à être exploité à sa juste valeur et qui ne le pourrait qu'à la condition d'être "éclairé" ; si l'idée de lumière n'est pas forcément à exclure, il pourrait aussi s'agir de révélation ou, encore une fois, de transformation. Sans cette condition, il ne pourrait rester qu'en état de "futile velléité".
Il faut cependant s'attarder sur ce qui pourrait coïncider entre les termes "or" et "chant de la vesprée" qui ont ici un lien. L'or peut signifier toute sorte de richesse mais aussi élargir ces significations avec ces propriétés. Le soleil, pour son aspect doré et brillant par exemple, qui a son office durant la vesprée et dont il serait futile de vouloir arrêter la course. Une idée de temporalité se dégagerait alors.
S'en éprirent douze guerriers
Par le fer des rois forgés
Lors pas tant d'impunité
De même que le temps, brisé.Ici encore, les "douze guerriers" peuvent être bien plus que quelques combattants et représenter quelques forces agressives qui ont été façonné "Par le fer des rois forgés", de manière voulue, l’œuvre d'une force plus puissante encore. Leur nombre, douze, ne doit pas être le fruit du hasard mais doit avoir une importance particulière. Un lien peut être fait avec le temps, cité dans le même paragraphe.
Les douze mois de l'année ? Midi, la douzième heure ?
Mais cette force qui l'était peut-être trop (D'où l'impunité), fini par se désagréger d'elle-même, "brisé".
Imaginaire tourmenté
Comme par la rouille dévoré
Que grand bien en soit tiré
Car ces vers sont avisés.Ce paragraphe là, par contre, me semble clairement élaboré pour se foutre de la poire de ceux qui essayeraient de comprendre les paragraphe précédents.
On peut donc deviner la jouissance sadique que les auteurs de ses vers, aux âmes emplies d'une perversité narcissique et malsaine, ont ressenti en concluant ces vers dont l'hermétisme les rendraient seuls garants d'un pouvoir : Celui d'intéresser et d'avoir le pouvoir de réfuter ou accorder les versions de leurs victimes.
Conclusion n°1 :Bref, je pense que ce que la chanson exprime évidemment la nature de l’objet tant convoité et pourtant si ignoré par les humains. Je pense que celle-ci a un rapport avec la longévité des séculaires, qui, par leur esprit logique, géraient des problèmes avant qu'ils ne se produisent. Je pense que ceux-ci étaient en réalité immortels grâce à une sorte de technologie, mais loin d'être invulnérables et devaient certainement mettre fin à leurs jours passé un certain temps pour ne pas être en surnombre. Il y avait peut-être une relation de dépendance qui voudrait que celle-ci ne soit valable qu'en restant à une certaine distance ou en ayant des "doses" régulières à portée.
Entre les mains des humains, créatures loin d'être raisonnables qui refusent la mort, cette technologie deviendrait une malédiction, une source de conflit et vite de surpopulation et c'est pour cela qu'ils gardaient jalousement son secret, par bienveillance.
Mais les humains, stupides, n'ont rien compris et, guidés par l'avidité et la plus infecte des curiosités, ont voulu accéder à ce trésor dont ils ne savaient rien.
Logiquement, les séculaires préférèrent abandonner ces ingrats et la cause de leur souci. Pour eux, l'immortalité était un outil et non pas une fin en soit.
L'équipe envoyée trouva bien cette technologie, la comprit et l'usa mais ils en devinrent si dépendants qu'ils ne pouvaient se résoudre à la partager. Je pense que ceux-ci doivent être encore en vie.
...Y a du bon ou j'ai faux sur toute la ligne ?
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