L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 25 Oct 2017 00:59 
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Le pendant me transporte sans mal jusque dans les environs d'Illyria, près du bosquet dont je me souvenais. J'aperçois des files de gens qui quittent la ville, lourdement chargés de tout ce qu'ils ont pu emporter, une scène à laquelle je n'assiste pas pour la première fois. Les visages sont sombres et la plupart appartiennent à des femmes, des enfants ou encore des vieillards, sans doute tous les hommes valides ont-ils été réquisitionnés pour la défense de la cité. Dans le sens inverse, c'est toute une foule d'hommes en âge de se battre qui rejoignent la ville, pas plus gais, armés de bric et de broc. Les plus chanceux ont une épée, voire même une ou deux pièces d'armures, les autres ne possèdent que des outils et leurs vêtements habituels, ce qui me fait serrer légèrement les dents. Ceux-là seront les premiers à mourir, par centaines, incapables qu'ils seront de résister aux guerriers confirmés de Sihle ou de Valmarin, ils fuiront et, si d'aventure Illyria est victorieuse, ils seront condamnés pour désertion.

Mais je ne peux rien pour eux, cette guerre n'est pas la mienne et je chasse mes souvenirs macabres d'un soupir avant de sortir ma boussole et de me concentrer une nouvelle fois dessus. Les mouvements de l'aiguille sont mois aléatoires et vagues que lorsque j'étais à Niyx, cette fois elle m'indique de manière claire le nord-ouest, une direction vers laquelle je tourne lentement le regard en me maudissant une fois de plus d'avoir échoué quelques jours plus tôt. Il n'y a qu'un lieu dans cette direction: Valmarin, et je n'ai jamais vu cette cité, impossible donc de m'y rendre avec le pendant. Quant à trouver un bateau pour m'y rendre, outre le fait que je vais encore perdre des jours précieux dans ce voyage, des jours qui pourraient aussi bien signifier la mort de Kahena, je sais déjà qu'en trouver un dans ce chaos sera une gageure. Quoi qu'il en soit je n'ai pas le choix, il me faut un navire et pas plus tard que maintenant.

Je me dirige donc vers le port d'un pas pressé, le visage sombrement figé en un masque indiquant sans détour que le premier abruti qui commettrait l'erreur de se mettre en travers de son chemin le paiera de sa vie. Ma stature, mon équipement militaire ainsi que mon air de tueur en puissance me dégagent aisément un chemin dans la presse des rues et je ne tarde guère à parvenir au port, envahit d'une activité aussi fébrile que je le supposais. Entre ceux qui cherchent à quitter la ville par la mer et les marchands qui profitent des troubles pour s'enrichir en l'approvisionnant, c'est à peine s'il est encore possible d'y circuler. J'use sans la moindre douceur de mon gabarit et de l'acier qui me recouvre pour me dégager un chemin jusqu'aux quais, laissant derrière moi quelques dents brisées et autres contusions, je n'ai cure des soucis existentiels de ces humains, une seule m'importe et ils se trouvent entre elle et moi, bien contre leur gré évidemment, mais de cela je me fiche comme de mes premiers haillons.

Je croise soudain un Illyrien dont le visage m'est étrangement familier, ce qui me fait stopper net ma marche vers les quais. Il me faut un instant pour me souvenir de l'endroit où je l'ai croisé: le désert de Sihle, cet homme faisait partie des gardes de la caravane de Samaan. Il porte actuellement un gros sac, ce qui me fait supposer qu'il pourrait encore accompagner mon ami marchand, si bien que je le hèle et me rapproche prestement de lui:

"Hey, l'ami! Dis-moi, Samaan serait-il par hasard dans les parages?"

"Oui, Samaan est par là, il fait profil bas comme il est de Sihle. Il a un petit voilier qu'il a acquis. Par contre, aller à Valmarin dans une telle situation..."

Nous nous frayons une nouvelle fois passage dans la cohue et arrivons quelques minutes plus tard en vue du bateau de Samaan, un petit voilier d'une dizaine de mètres de long. Je réalise bien avant d'y parvenir qu'il y a un sérieux souci, ma taille et ma vue affûtée me donnant en cela un avantage conséquent sur le garde qui m'accompagne: le marchand et ses trois gardes sont cernés par une foule en délire qui l'insulte et le maudit, le traitant de traître, de Sihléen et le menaçant de mort. Pour l'heure les gardes de Samaan parviennent à tenir la foule en respect, mais cela ne durera pas, les gueux en fureur sont visiblement prêts à lui tomber dessus d'une seconde à l'autre. Mon guide finit par réaliser lui aussi ce qui se passe et lâche alors son ballot en poussant un juron bien senti, mais je l'empêche de se précipiter vers son employeur d'une main ferme posée sur son épaule et accroche son regard de mes prunelles d'ambre, glaciales:

"Ramasse ce ballot, il appartient à mon ami. Toi et moi allons le rejoindre et sortir de ce traquenard, tu me laisse faire et tu me colles au train quand je te le dis, compris?"

Je me concentre aussitôt sur mes fluides de lumière, les tissant mentalement un peu comme je le ferais pour créer une protection solaire, mais en m'efforçant de les modeler de manière à ce qu'ils produisent une aura violente et aveuglante susceptible de tétaniser la foule assez longtemps pour que je puisse atteindre Samaan. Je sens les étincelles de mon muutos se relier les unes aux autres alors que je tisse mentalement des liens entre elles comme je le fais pour m'en constituer une armure contre la magie sombre, mais je sens aussi que cela ne suffira pas. Lentement, d'un effort de volonté soutenu, je les rassemble au coeur de mon être et attise leur éclat jusqu'à ce qu'il me devienne mentalement presque insupportable, contrastant si totalement avec mes fluides obscurs que j'en viens à redouter qu'ils ne se retournent contre moi. Je les libère aussitôt en tentant d'en faire la violente aura de lumière que j'ai en tête, mais je ne parviens qu'à créer une sorte de crépitement d'étincelles autour de moi, ridiculement insuffisant pour ce que j'entends en faire. Je jure intérieurement et recommence immédiatement, conscient que chaque seconde compte pour la survie de mon ami marchand.

Je prends garde cette fois d'entourer cette sphère lumineuse que je tente de créer dans mon esprit d'une chape d'ombres afin de pouvoir la renforcer sans qu'elle ne puisse échapper à mon contrôle. Peu à peu mes fluides forment une boule de lumière puissante, que je modèle patiemment en une silhouette semblable à la mienne de manière à ce qu'elle puisse irradier uniformément autour de mon corps le moment venu. Lorsque je suis raisonnablement convaincu de la forme donnée à mon sortilège, j'utilise la chape d'ombre entourant cette petite silhouette lumineuse de fluides concentrés pour provoquer un brutal rejet et l'évacuer de mon être afin de former le halo aveuglant souhaité. Peut-être mon sort ne sera-t-il pas parfait, mais j'espère néanmoins qu'il sera suffisant pour tétaniser les badauds houleux et me permettre de rejoindre Samaan. Quoi qu'il en soit, j'entame sans attendre le mouvement vers lui en grondant au garde qui m'accompagne de me suivre. Que ce soit grâce à ma magie ou à coups de poings je vais rejoindre le marchand et le faire remonter fissa sur son navire, puis je le convaincrai de m'emmener toutes voiles dehors vers Valmarin. Un lieu qui sera plus sûr pour lui qu'Illyria, vu les alliances en cours, et puis, sa présence me facilitera aussi peut-être un peu l'entrée dans ce nid de serpents, qui sait?

*****


Tentative d'apprentissage et de lancement du sort de combat de lumière:

Lumière vive : crée un halo de lumière stupéfiant autour du lanceur : initiative-0,5/lvl pour tous les ennemis quelque peu hébétés, minimum 1, arrondis à l'inférieur. L'effet dure [lvl/4]tours, arrondis à l'inférieur.

renforcé par la capa rp de repenti:

Projection magique : Le Repenti appelle à lui une manifestation de l'élément contraire à celui qu'il veut utiliser de manière à provoquer un brusque rejet de celui-ci et ainsi acroitre la puisance des effets de son sort. Il peut dépenser le double des PMs requis pour augmenter l'efficacité de moitié à ce même sort (Ex : Un sort à 4PM coûtera 8PM mais bénéficiera de 'Bonus de magie apporté par le sort'*1,5).

(Env. 1300 mots)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 25 Oct 2017 04:27 
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Hrist avançait jusqu'au cabinet de la Reine, elle terminait d'essuyer ses mains et ses cheveux dans le tissus si ensanglanté qu'on n'en distinguait déjà plus la couleur originelle. Elle laissait dans son sillage quelques clameurs étonnées et deux trois mouvements de reculs à peine dissimulés. Sur le chemin, la tueuse réfléchissait, elle cherchait un petit quelque chose pour l'aider. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce que la garde lui ramène le Grave immédiatement, l'homme avait certainement quitté les lieux à la première occasion, bien qu'ils eut tous été retenus un temps, il avait très probablement prévu un moyen de quitter la ville malgré la fermeture des portes.

" Tu vois, il aurait fallu les garder, tous. Je commence à croire que tu te ramollis ma chère sœur. "

Hrist jeta le torchon ensanglanté dans les mains du premier venu et ouvrit la porte du Cabinet de la Reine sans ménagement malgré la présence des nombreux gardes présents depuis la récente tentative de meurtre. La Reine posa un regard trahissant une certaine gêne, un profond malaise. Elle n'était pas dupe, elle savait parfaitement ce qui s'était passé sous terre, sous ses airs impérieux et stoïques, elle devait savoir qu'il s'agissait là d'un mal nécessaire, du moins c'est ce que Hrist espérait.


Elle fit une petite révérence, s'inclinant doucement vers l'avant, les bras écartés mais ne baissait pas les yeux, elle maintenait son regard dans celui de la Reine et ajouta d'une petite voix amusée :

" Il a parlé, ma petite Reine, ils finissent toujours par parler entre mes mains. "

Elle se redressa et dit un peu plus sérieuse : " Le bourreau est venu en premier clamer la nouvelle, le Grave d'Hyst est un traître et son serment genou ployé devant toi n'était rien qu'un odieux mensonge. Te voilà Reine depuis déjà deux heures que tu es déjà victime de haute trahison, complot, tentative de meurtre et maintenant Cheffe de Guerre. " Elle croisa les bras et dit avec un rictus sournois

" Vivement demain, j'ai déjà hâte de voir ce que la suite réser... "

Mais le bruit de porte provoqué par Hascan camoufla son dernier mot. L'homme en armure fit une pause le temps de quelques secondes, reprenant son souffle. Il vit sa soeur, il vit Hrist et commença à indiquer que ses hommes partaient pour arrêter le Grave d'Hyst et sa fille. Mais que les accusations étaient trop graves et la situation délicate pour faire quoique ce soit maintenant, qu'il faudrait attendre après la guerre. Hrist leva les yeux au ciel une fois. Puis, il demanda, après une courte hésitation qui marquait bien qu'il soupçonnait la réponse à la question. Avait-il vu le chiffon ensanglanté ? Hrist leva les yeux au ciel une seconde fois et dit avec un petit rire étouffé :

" En vie.. Allons. " Elle fit quelques pas, un doigt sur la tempe, la mine réfléchie.
" Faisons un bref bilan de la situation avec les informations que je détiens. Un peu moins de dix-mille Elémentaires marchent en notre direction pour vous prêter main forte. Cependant, vous avez dans vos rangs des traitres et ce n'est plus à prouver. Un homme aussi influent que le Grave a des contacts, des amis, des gens qu'il soudoyé ou auprès de qui il a fait naître l'espoir d'un joli poste et de terre ou d'argent une fois ses petites fesses posées sur le trône d'Illyria. "

Elle avança vers Hascan et ajouta un air déjà plus sombre :
" Et toi, tu veux le laisser sagement en vie pendant ce conflit ? Je crois au contraire qu'il est temps pour vous deux. Mes jolis petits oiseaux d'amour, de retirer vos gants blancs. "

Hrist les observa tour à tour, elle ne riait plus, d'ailleurs la situation n'avait plus rien de drôle pour elle, Silmeria ajoutait à cette triste scène une dose de fiel supplémentaire. (" Si on avait été du côté de Valmarin, ça aurait été plus amusant, je dis ça hein... ")

Hrist tira doucement sa Tueuse de Mage et avança vers la Reine, observant Hascan du coin de l'oeil.

" Et si... Je tuais la Reine moi même, quel sort est-ce que tu me réserverais ? Si je plantais ma lame dans son petit coeur brûlant d'amour ? Si je tranchais cette jolie gorge... Est-ce que tu me réserverai aussi une place dans les geôles pour me juger ensuite ? Je crois que tu sortirai ton épée et fondrait sur moi pour m'arrêter et me tuer. " La lame était complètement sortie. Le fil argenté de la Tueuse de Mage brillait à la lueur des bougies de la pièce.

" Le Grave doit mourir dès qu'on mettra la main dessus. Je peux procéder à une exécution publique... Calmer les agitateurs, réduire la conspiration en cendres... " Elle murmurait ces mots plus qu'elle ne les parlait, juste à côté de la Reine, la lame qu'elle rangeait doucement dans son fourreau chuintait en un petit bruit agaçant.

" Ensuite, je devrai prendre la mer avec votre flotte, gardez vos capitaines, vos généraux et vos officiers ici pour organiser les défenses. Vous aurez largement de quoi faire... "

Elle marqua une pause, les yeux dans les yeux avec la Reine. Hrist ne cillait pas une seule fois. La tueuse ajouta, l'air presque compatissant :

" Tes prochaines décisions vont être difficiles. Tu dois traiter de la Haute trahison du Grave, l'éliminer serait la meilleure chose à faire. Confisquer ses terres, sa fortune et faire interdire jusqu'à son nom pour avoir osé s'opposer à toi de cette façon. Quant à ta ville, Cromax, mon soit disant époux me faisait savoir que les navires n'atteindraient pas les côtes, qu'il s'en occupait lui même mais je préfère avoir une solution de secours. Etre en quelque sorte votre rempart contre l'envahisseur pendant qu'ici vous consolidez vos défenses et organisez vos troupes. "


Hrist marqua une petite pause et claqua des mains, de nouveau ravie de la situation.
" J'espère que tes hommes vont trouver le Grave s'il est assez stupide pour ne pas avoir quitté cette planète. Mais bon, parlons aussi affaire... Jusqu'à présent j'ai pu assurer la couronne sur ta tête, trouver ton assassin et apprendre de lui qui était coupable de Haute Trahison. C'est déjà un peu plus qu'un contrat classique. Qu'as-tu de beau à me proposer pour remercier mes services ? Est-ce que je peux compter sur une amie afin d'établir des liens commerciaux entre ton monde et le mien ? "

Elle termina par une autre révérence, toute sourire qu'elle était, une fois encore ne quittait pas le regard de la Reine.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 20 Nov 2017 15:46 
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Illyria – Cabinet de la Reine

Evidemment, aux menaces de Hrist, les deux royaux se tendirent, Hascan prêt à bondir à l'aide de sa soeur. Ils écoutèrent la suite des paroles de Hrist et hochèrent la tête. Les ordres avaient été donnés, à présent, il ne restait plus qu'à retrouver le Grave. Hascan, cependant, prit la parole avec que sa soeur ne le puisse.

- J'ai de mauvaises nouvelles. Les navires de Valmarin vont... beaucoup trop vite. Ils seront là demain, au plus tard. J'ai reçu la nouvelle par pigeon, ils ont attaqué un bateau entre ici et Arden qui n'a eu que le temps d'envoyer ce message avant d'être attaqué par la flotte.

La Reine, elle, répondit calmement à Hrist :

- [b][color=#6A5ACD]Illyria établira des liens commerciaux privilégiés entre ton monde et le mien, si notre cité survit à la tourmente prête à s'abattre. Cela te convient-il ?


[b]Illyria – Les quais


    La lumière de Kerenn eut l'effet escompté, les badauds reculèrent soudain, aveuglés et ne comprenant pas ce qu'il se passait sous leurs yeux, d'où venait cette soudaine aura autour du sindel. Dans un monde où la magie a disparu, une telle vision a de quoi surprendre et rendre les gens stupéfait et ébahis. Si certains poussèrent un cri de surprise, de terreurs, d'autres murmurèrent des mots comme "miracle", "magie ressuscitée", "envoyés des Dieux". D'autres encore, qui notèrent son apparence inhabituelle, elfique, se mirent à accabler les habitants d'Aetelrhyt, les accusant d'avoir volé toute la magie pour les garder. Les racontards iront sans nulle doute bon train, et seul l'avenir dira ce qu'Illyria retiendra de cet évènement.

    Toujours est-il que cela permit à Kerenn d'atteindre Samaan et de l'entraîner vers le navire. L'homme, ayant déjà assisté aux étrangetés du sindel et sentant où se situe sa chance de survie, le suit, leur pas emboîté par les hommes du marchands qui, à peine le pied posé sur le bateau, larguent les amarre sans attendre que la foule reprenne ses esprits. Samaan se tourne alors vers Kerenn :

    - [color=#FFD700]Je crois, mon ami, que je vous dois une fière chandelle.


[Kerenn – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (apprentissage), 0,5 (sort), 1 (longueur)
Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (paroles), 1 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Dim 26 Nov 2017 02:03 
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A mesure qu'Hascan parlait, Hrist sentait l'agitation et la fièvre planer. Si ce qu'il disait se confirmait au lendemain, alors ils n'auraient peut-être pas le temps d'arrêter les troupes une fois en mer. Et Cromax n'avait toujours donné aucune nouvelle, chose surprenante d'autant plus qu'il aurait très certainement prévenu son contact au Palais, Hrist ne voyait pas comment il aurait pu en être autrement.

(" Oh, tu sais, il a très certainement changé d'avis, ça lui arrive tout le temps.")
(" C'est vrai, tu sais. S'il était à la tête des forces ennemies ça ne me surprendrait même pas. ")

Hrist poussa quant à elle un petit soupire. Elle dit à Hascan d'une voix basse, presque comme si elle n'avait parlé que pour elle.
" Et donc... Qu'est ce que tu comptes faire pour les empêcher de franchir les défenses ? Qu'as-tu à disposition ? Combien d'hommes ont pu répondre à l'appel ? "

Hrist sentait doucement un léger malaise l'envahir et faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître. D'ordinaire, elle aurait trouvé un moyen de localiser le général ennemi et de le tuer pour mettre un terme temporairement au conflit. Elle n'avait que rarement assisté à une attaque, peut-être une fois à Oranan lorsque Silmeria protégeait la ville d'un assaut Orque ou encore lorsque elle même avait engagé un siège contre un petit village de mineurs fortifié. Elle se souvint d'avoir fait projeter des morceaux de cadavres putréfiés de la peste de d'horribles maladies dans le village pour contaminer les assiégés et les observer mourir à petit feu tandis qu'elle faisait bloquer toutes les sorties.

Hrist observait les alentours, la Reine, Hascan... Allaient-ils prendre les bonnes décisions dans les épreuves à venir ? Hrist savait qu'à tout moment elle pouvait disparaître et se mettre en sécurité quelque part, mais elle sentait un certain attachement pour la Reine, elle préférait que les choses se terminent bien pour cette femme.

Cette dernière lui annonça d'ailleurs qu'elle acceptait les relations commerciales entre leurs mondes si tout finissait par rentrer dans l'ordre.

Hrist leva doucement la tête et observa le plafond, distraite et porta de nouveau son regard sur la Reine.
" Non. " Sentenca-t-elle. Sa voix avait pourtant été douce, elle n'en trahissait pas moins une certaine fermeté.
" N'importe quel souverain l'aurait accepté, quelque part, vous avez tout à gagner d'ouvrir un accès commercial avec un monde étranger. Il me faudra bien plus que ce que j'ai déjà acquis."

Elle porta son index à ses lèvres et se rongea un morceau de peau, il y avait encore un peu du sang que l'assassin avait fait couler et sa bouche ne tarda pas à être pleine d'un goût métallique.

" Je m'absente un instant... J'ai besoin de penser à quelque chose. Seule. Viens me voir d'ici quelques minutes ma petite Reine. Seule toi aussi. "

Hrist quitta la pièce sans même leur porter un regard. Le doute quant au succès de cette mission pesait de plus en plus lourd et bientôt elle serait confrontée à une réalité que ces deux dirigeants semblaient ne pas envisager. C'était comme s'ils ne croyaient pas vraiment en cette attaque, comme si demain tout serait rentré en ordre. De plus en plus d'information annonçait une discorde à venir, si les navires arrivaient plus tôt que prévu, les troupes d'Ilmatar seraient peut-être trop en retard, il fallait absolument les retenir et empêcher les soldats de percer les défenses.

Fallait-il négocier ? Une telle armée nait de la coalition entre deux puissances ne disposerait pas que d'un seul général pour les conduire mais de tout un état major.

(" A ta place, ma jolie fleur, j'attendrai l'assaut et je me trouverai un officier à capturer. J'utiliserai le pendentif pour apparaître dans le navire de commandement, il y a fort à parier qu'on puisse inviter aimablement le captif de se plier à notre petite demande. Ensuite, je crois savoir que tu as dans la poche de quoi réduire le navire de commandement en cendres... ")
(" Le pendant ne peut pas me déplacer plusieurs fois par jour. Ca signerait ma mort et c'est pas ce que j'ai prévu...")
(" De te sacrifier ? ")

Hrist entra dans ses appartements, le palais était en pleine effervescence, de plus en plus de gardes en armure étaient présents, difficile de savoir s'il s'agissait d'une conséquence du récent putsch ou de la guerre.

Hrist voulait essayer quelque chose bien que ses chance de réussite étaient faibles, elle préférait en avoir le coeur net. Dans cette pièce vide, elle s'agenouilla et tira ses armes pour les déposer devant elle, parfaitement alignées. La femme prit une profonde inspiration et ferma les yeux.
(" Ca va faire mal... ") Se dit elle tandis qu'elle absorba la magie de l'ombre de ses bracelets.

Une vive douleur frappa son crâne comme une flèche d'acier qui lui percerait l'orbite. Tout devint noir, éthéré et abstrait. Elle sentait n'avoir que peu de contrôle mais savait une chose, c'est que la Créature magique qu'elle avait rencontré à Ilmatar était très proche de ce qu'on pouvait considérer comme un Dieu. Et qu'un Dieu ne meurt pas, il s'oublie. Ou il ne se voit pas. Peut-être que ceux qui croyaient que les Dieux étaient morts ne savaient-ils pas simplement où regarder ?

Hrist plongea dans un monde de ténèbres et de discorde grâce à la magie noire et s'y laissa bercer en écoutant les chants ancestraux des fluides qui alimentaient la magie de ses bracelets. Bien que tout soit sombre et indicible, elle articula dans l'éther :

" Et bien petit Esprit... Est-ce là que tu te caches ? "


------------------

Suite à la disparition des Elementaires, Hrist active la magie des Bracelets de l'Ombre pour chercher leur trace sous forme magique.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Jeu 30 Nov 2017 01:00 
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La foule subit mon sortilège de plein fouet, brutale, si éclatante qu'elle en est insoutenable, une lueur solaire se déploie autour de moi et tétanise brièvement les badauds en colère. Je ne perds pas une seconde et me fraye rudement un passage dans la cohue pour rejoindre Samaan avant que quelques teigneux ne reprennent leurs esprits et ne me tombent dessus. Déjà des exclamations ébahies fusent, évoquant miracles et autres fadaises du même style mais, bien entendu, certains ont perçu mon apparence Elfique et ressassent leurs vieilles rancoeurs, accusant Aetelrhyt de leur avoir dérobé la magie afin d'en être les seuls dépositaires. Je ne sais ce qui ressortira de cet acte magique au sein d'un peuple qui ne la possède plus, mais qu'importe, j'ai des préoccupations autrement urgentes que les états d'âme de quelques gueux en mal de pendaison.

J'entraîne vivement Samaan sur son navire, une chance que je lui aie déjà révélé que je possédais de la magie car il ne résiste pas, comprenant aussitôt que je lui offre là une opportunité de se sortir vivant de ce traquenard. Ses hommes ne perdent pas le nord et réagissent fort heureusement en larguant les amarres dès que nous avons posé le pied sur le navire, quelques secondes encore et je pousse un imperceptible soupir de soulagement, nous sommes désormais hors d'atteinte des furieux et j'ai une maigre chance d'arriver à Valmarin en un seul morceau. Le marchand de Sihle se tourne alors vers moi pour déclarer:

"Je crois, mon ami, que je vous dois une fière chandelle."

Je chasse la question d'un petit geste de la main en remarquant simplement:

"Nous avons partagé l'eau et le sel, mon ami, et j'avais une dette envers toi. Tu ne me dois rien."

Je laisse filer une seconde de silence et poursuis en le dévisageant gravement:

"L'Oeil de Shill m'a trouvé, Samaan. Je te raconterai cette histoire mais, avant, j'ai un service à te demander: il faut que je me rende de toute urgence à Valmarin, c'est une question de vie ou de mort, acceptes-tu de m'y conduire?"

Masquant mon anxiété derrière un masque d’impassibilité, j'attends la réponse de mon ami à cette demande pour moi si cruciale. Je n'ai pas la moindre idée de ce qui m'attendra dans ce nid de serpents, pas la moindre idée de la façon dont je pourrai rejoindre ma compagne et massacrer cette maudite goule ailée mais qu'importe: je passerai sur les cadavres de tous les soldats de Valmarin s'il le faut, la fureur qui m'anime est devenue aussi froide que le royaume de Nosveria et je passerai sur les cadavres de tous les soldats de cette cité maudite si nécessaire.

Une fois que nous ferons voile vers cette destination, j'entreprendrai de conter à Samaan ce qui s'est passé depuis que nous nous sommes vus la dernière fois. C'est lui qui m'a remis la clé et la boussole qui m'ont permis de rencontrer Kahena et de faire revenir Shill, j'estime qu'il a le droit de savoir et je risque fort d'avoir encore besoin de son aide pour quitter Valmarin une fois que j'aurai fait ce que j'ai à y faire.

(env. 500 mots)

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Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 4 Déc 2017 16:26 
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Illyria – Palais

    Hascan répondit :

    - Nous disposerons peut-être de cinquante milles hommes, si nous avons de la chance car beaucoup ne pourront nous rejoindre à temps. Toutes les défenses d’Illyria sont en branles, les tours qui parsèment le port regorgent d’hommes et la ville dispose de deux séries de murailles. Le port tombera, c’est indéniable, mais le coeur de la ville pourrait tenir. Nous mettrons le feu à certains quartiers entre les deux murailles lorsque les ennemis s’y trouveront. Je vais m’entretenir avec mes capitaines.

    La reine acquiesça à la demande de Hrist tandis que Hascan partait de son côté.

    Hrist, un peu plus tard, se retrouva dans un monde plus opaque encore que celui qu’elle avait déjà vu, comme si cette réalité-là, différente de celle qui contenait son corps, s’apprêtait à se déliter. Elle voyait le monde comme au travers d’un voile d’eau, trouble, indistinct, en nuances de gris. Elle voyait des ombres qui n’existaient pas se déplacer, la traverser comme des âmes en peine sans tenir compte d’elle un seul instant. Elles étaient nombreuses, se déplaçaient vite, tel un torrent.

    La sindel n’avait jamais rien vu de pareil par le biais de ses bracelets. Si elle tendit son esprit vers l’Esprit, c’est pourtant une toute autre voix qui lui répondit, une voix froide, glacée, mais indéniablement féminine.

    - Par-delà le Voile, j’ai rencontré ta récente victime. Le Monde change et, dis-moi, Ombre de la Mort, que vas-tu faire ?

    Au travers de sa vision trouble, elle pouvait voir une silhouette devant elle, éthérée, mais elle était celle d’une femme qui semblait posséder une grande coiffe arachnéenne et quatre bras.

[Hrist – xp : 0,5 (introspection), 1 (usage des bracelets), 0,5 (longueur)


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 5 Déc 2017 22:01 
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Localisation: Derrière Cromax
La Murène n'aimait pas vraiment la magie. Elle aimait les choses stables, un certain ordre et son esprit de tueuse ne se sentait vraiment à l'aise que lorsque tout était calme, lorsque la magie fait son apparition, les choses deviennent toujours plus délicates. Elle avait vu des hommes capable de produire des gerbes de flammes si ardentes que le métal fondait à leur contact. Des mages capable de faire jaillir du sol des geysers d'eau qu'ils transformaient ensuite en glace si prenante qu'elle en gelait le coeur des pierres. La femme n'aimait pas ce chaos, ce manque de logique. Elle préférait à ça le choc qu'elle ressentait dans le poignet lorsque son arme perçait le coeur de quelqu'un ou encore adorait l'idée de voir sa victime avaler sa coupe de vin au fond de laquelle reposait sournoisement une boulette d'essence de coquelicot. En clair, elle aimait le concret mais avait appris, certes à contre coeur, que la magie était parfois drôlement confortable.

Elle avait quitté ce monde. Sans trop le savoir d'ailleurs, se trouvait ici et là, dans un monde nouveau mais pourtant qui s'avérait être le même. Comment pouvait-elle l'expliquer ? Est-ce que ce monde dans lequel son esprit et son ombre se trouvaient faisait partie d'Elysian ? Est-ce que ces ombres hurlante qui peuplaient ce rêve étrange étaient des fantômes, vestiges du passé des anciens visiteurs de ce gigantesque palais de noir et de blanc ?

Les ombres étaient partout. Certaines marchaient doucement, dodelinant de la tête comme des soldats blessés qui, en proie à d'horribles hallucinations faisaient désespérément leurs derniers pas ? D'autres partaient comme des flèches et la traversaient mais elle ne sentait ni choc, ni chaleur ni même la sensation d'avoir touché quelque chose.

Dans ce monde où toutes les créatures éthérées semblaient hurler de concert, une voix se démarqua. Celle-ci ne criait pas, elle ne semblait pas souffrir. Elle lui annonça quelques mots d'une voix posée et féminine. Empreinte d'une neutralité très singulière, comme si l'ombre qui se tenait devant elle savait tout de Hrist.

La jeune femme peinait à contrôler ce qui devait être son corps, car lorsque Hrist se sentait quelque peu provoquée, elle avait cette manie de pencher la tête sur le côté, d'offrir à la personne en face d'elle une petite moue amusée et faire des gestes élégants de la main. Elle se rendit compte qu'elle était incapable de voir si son ombre bougeait ou non. Cependant, elle pouvait encore parler.

" Ma dernière victime... Une homme tout à fait charmant. Nous avons passé quelques heures très agréables mais malheureusement je crois que nous ne nous reverrons jamais. Je crains de ne pas être omnisciente, alors qui es-tu ? Tu ne ressembles pas à l'Esprit du Vent que j'ai rencontré. "

(Cet endroit est incroyable. Je n'ai jamais rien vu de tel.)
(" Attendez ! Attendez je viens de... Je crois qu'il faut mettre deux trois choses au clair. Hristounette, écoute moi bien. Qui sont les Esprits ? ")
(" Et bien... ")
(" Des Esprits ? ")
(" Très drôle. Il y a bien eu un moment dans ce monde où il y avait des Dieux ? Et ces Dieux... Et bien ils sont sensés être disparus non ? Mais un Dieu, arrêtez-moi si je me trompe mais ça ne meurt pas, ça s'oublie. ")

(" Mais si personne ne se souvient du Dieu en question, reste-il un Dieu ? ")
(" Ecoute... ") Dit Cèles la voix empreinte d'une grande lassitude. " On a déjà vu des vieux temples abandonnés où il y avait des statues horrible de monstre au torse humain, jambes de bouc et virilité d'âne ? Et bien c'était d'anciens Dieux devenus des monstres. Si les nouvelles divinités ne peuvent pas cohabiter avec des Dieux plus anciens, ils en font volontiers des Monstres auprès de leurs fidèles ! Et maintenant, mets toi à ma place, image que je suis une Déesse, et que tous m'oublie et que je peux montrer à ce monde que ma volonté est toute puissante... Et que je suis omnisciente, que je vis dans un monde intouchable, invisible et peuplé de créatures torturées... "

(" ... Les élémentaires seraient les anciens Dieux ? C'est... ")
(" Comme sur notre monde, certains tirent leur magie et leur force des Dieux directement, si ce monde ne contient pas de fluides, il est donc normal que la magie vienne des Dieux, et c'est aussi pour ça que les Sylphes sont inquiétées, sans l'Esprit du Vent, elles aussi vont dépérir puisqu'elles sont magiques. ")

Hrist s'approcha autant que possible de l'ombre qui lui évoquait les Matriarches Shaakt et leurs coiffes ridicules aux symboles Arachnéens.
" Mais plus sérieusement... Je suis venue en ton monde pour trouver des réponses. Toi qui sais qui je suis, peux-tu me dire ce qui se passe en ce monde ? Je... Ma Faera pense que toi ainsi que les autres Esprits êtes les Anciens Dieux qui formaient autrefois le panthéon d'Elysian ? Alors si tel est le cas, sache que je viens humblement t'offrir mon soutien si tu détiens une quelconque information qui m'aiderait, moi et les miens, à trouver ce qui dévaste ce monde, je porterai ta marque si tu le désire. "

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 19 Déc 2017 11:34 
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Illyria – Les airs

    L’annonce de Cromax déguisé en Bahia fut comme un coup de poing donné dans les tripes du Roi-Guerrier qui laissa le sindel repartir sans un mot, les poings fermés et les dents serrées.

    Taleb et la princesse acceptent les paroles de Cromax et si la princesse semble sur le point de protester lorsqu’il lui est annoncé qu’elle servira d’otage, la vue du changement de forme du Sindel fait mourir toute protestation sur ses lèvres. Après un premier moment de panique à l’idée de ce qu’il vient de faire et de lui monter dessus à l’issue duquel Taleb l’emmène à l’écart pour lui murmurer quelques mots rassurants et elle finit par prendre place sur le dos de Cromax.

    - Prenez soin d’elle, Cromax. Pour ma part, je tâcherai de faire revivre la Sihle d’antan, dit-il en guise d’adieux.

    Un peu plus tard, alors que Cromax survolait la flotte de Valmarin en faisant jaillir les flammes de sa gorge, enflammant les navires ennemis et provoquant la panique à bord, il put sentir les jambes et les poings de la princesse se serrer, comme si elle se retenait de manifester une émotion quelconque. Laquelle ? Impossible pour Cromax de le savoir, puisqu’elle était dans son dos.

    Lysis et Cromax, à eux deux, mirent à mal plusieurs des nombreux navires qui faisaient voile vers Illyria, constatant ainsi que la flotte n’était à guère plus d’une journée de navigation d’Illyria.

    Plusieurs heures plus tard, lorsque Cromax parvint à la cité humaine, il put constater qu’elle était indéniablement sur le pied de guerre et au courant de l’arrivée de la flotte qui s’apprêtait à l’attaquer. Les différents ports étaient fermés, plus aucun navire ne sortait et les vaisseaux de guerre en bloquaient le passage. Les portes de la cité étaient elles-aussi fermées, ne laissant entrer que quelques troupes de soldats venus de l’extérieur.

    Il restait à Cromax de décider ce qu’il comptait faire à son arrivée.


Illyria – Palais

    L’ombre sembla amusée par les paroles de Hrist. Cela ne se manifestait pas par quelque chose de physique (après tout, elle ne parvenait pas à distinguer ses traits), mais par un léger changement dans l’atmosphère.

    - Je ne suis pas une déesse. Les Esprits et celle qui préside les peuples qu’ils gardent sont peut-être ce qui se rapproche le plus de Dieux à l’heure actuelle, mais il ne sont pas ceux d’Antan, ce qui s’endormirent dans leur long sommeil lors du Crépuscule. Je suis… je suis quelque chose qui n’a jamais existé auparavant.

    Elle marqua un temps de pause, comme si elle réfléchissait, avant de poursuivre.

    - Le monde est drainé par un artefact de pouvoir qui ne peut être contrecarré que par celui utilisé par Caelès lors du Crépuscule des Dieux. C’est là l’unique moyen pour en parvenir à bout. Mais un catalyseur doit être utilisé, un être à la puissance égalant ou s’approchant de celle des dieux, un être qui donnera son essence vitale pour que l’artefact de Caeles puisse restituer celui que l’autre aura aspiré. Il n’existerait que trois êtres capables d’une telle prouesse sur Elysian. Et même alors, le catalyseur devra être aidé par des êtres ayant une affinité avec la magie, comme vous, êtres venus de Yuimen, un monde baigné de fluides. Comme ces êtres sur Elysian, le corps aujourd’hui atrophié, mutilé par des fluides qu’ils auraient dû posséder si Ankh Onaka, Dieux de la Magie, n’avait failli à tous ses devoirs.

    Elle marqua un nouveau temps de pause.

    - L’un des vôtres a percé le Voile, rejoignant ce que vous appelleriez le Monde des Morts et en a déchiré la toile, répandant toutes les âmes damnées qui y étaient enfermées sur Elysian.

    Elle esquissa un geste autour d’elle, montrant les ombres qui se glissaient dans cette réalité-là.

    - Ce sont eux que tu vois autour de toi.


[Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (paroles), 0,5 (longueur) ;
Cromax - xp : 0,5 (introspection), 1 (destruction de quelques vaisseaux), 0,5 (emmener la princesse), 0,5 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Dim 24 Déc 2017 02:12 
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La jeune Elfe écoutait non sans un certain frisson les propos de cette entité, cette créature inconnue et indicible qui pourtant se tenait devant elle. Elle lui évoquait vaguement la Déesse des Shaakts de ce qu'elle en avait vu lors de son court séjour à Caix. Elle commençait à comprendre que le temps qu'ils perdaient à se battre dans d'interminables querelles de succession et de pouvoir allait bientôt être ce pourquoi ils risquaient d'échouer. Il lui fallait mettre la main sur un artefact issu du Crépuscule des Dieux pour contrer celui qui, présentement, en créait un second. Mais il ne suffisait donc pas d'avoir mis la griffe sur ce précieux objet, il fallait aussi quelqu'un pour se sacrifier et donner à la magie assez de force pour inverser le cours des choses.

" On pourrait inciter Cromax à se sacrifier pour la bonne cause ? "
" Non. Non certainement pas. C'est leur monde, pas le sien, il est donc normal que ce soit l'un des habitants de ce monde qui devra y passer. "
" Tiens donc... Et qui vois-tu endosser ce rôle ingrat ? La Reine des Sylphes, peut-être ? "

Hrist senti un second frisson parcourir son être, la provocation de sa Jumelle n'aidait en rien sa réflexion. La tueuse observait autour d'elle ces allées et venues incessantes d'ombres affolées qui arpentaient la pièce comme des âmes en peine. Le voile des morts a été déchiré selon les dires de cet Être. Hrist reconnaitrait sans mal avoir été un peu égarée devant tant de mystères.

" Peut-être que tu n'existes que depuis peu, mais j'ai bien l'impression que tu en sais long sur ces histoires. D'où te viens ce savoir, j'ai peur que mon temps sous cette forme ne soit compté. "

Hrist commençait déjà à sentir ses bracelets s'agiter et la magie lui échapper à tout contrôle. Sa tête commençait à devenir migraineuse et une sensation singulière de picotement se fit sentir.
" Tu sais... Avec la guerre qui arrive, j'ai bien peur que tu aies de plus en plus de compagnie. Qui sait, peut-être que lorsque nous nous reverrons, je serais moi aussi une ombre."

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 25 Déc 2017 13:00 
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Par chance, tout se passe comme je l’ai prévu, sans détours supplémentaires. Une bonne chose, en vérité, car l’urgence de la situation, et je m’en rends d’autant plus compte en œuvrant tel que je l’ai prévu, le nécessite. Si je ne veux pas abandonner au chaos, à la guerre et aux flammes ceux que j’apprécie en ce monde, j’ai tout intérêt à rejoindre Illyria au plus vite, avant qu’elle ne sombre dans la violence la plus abrupte. Alors que je plane, en compagnie de la princesse du désert, au-dessus des flots marins, je revois distinctement la mine outrée de son paternel, ce foutu roi-guerrier de Sihle. Et tout dragon que je sois, en cet instant, je me prends à sourire. Mine de rien, j’espère avoir bien semé le doute et la colère en son cœur. Et par là causé des retards considérables dans sa politique expansionniste. Il n’y a rien de pire, en pleine conquête, que la trahison des siens. Et Taleb m’a assuré rester sur place pour poursuivre ce combat-là, et faire revivre la Sihle d’autrefois, glorieuse et éthique. Taleb. Un allié confortable, en vérité. Il a pu trouver les mots, en aparté, qui ont convaincus la princesse de me suivre sans plus rechigner, chose qu’elle allait faire. Ça, et mon apparence draconique, qui semble particulièrement la surprendre. Et à raison, je ne suis pas des moins impressionnants, sous cette forme. Un nouvel atout dans cette guerre : la peur que je vais leur inspirer.

Lorsque ma route croise celle des navires de Sihle, et que je laisse ma fureur flamboyante se déchaîner sur eux, en envoyant plus d’un par le fond, dans un cocktail de cris paniqués, de corps carbonisés et d’ordres confus n’ayant d’autre conséquence que la terreur et la désorganisation des survivants, qui ne peuvent que me laisser filer sans pouvoir m’atteindre, je la sens se crisper sur mes épaules écailleuses. Je sais qu’elle n’approuve pas mon geste. Qu’elle le craint, ou qu’elle le déteste. Mais au moins ai-je tenu parole : je n’ai pas enflammé toute la flotte, comme j’aurais pu le faire. Et elle a pu constater de mon pouvoir me permettant de le faire. Qu’elle me reprenne sur mon acte, et je lui lancerai ceux de son paternel à la figure : la guerre, c’est ça. La mort, la violence, l’injustice. Et c’est le Roi de Sihle et son allié de Valmarin qui en sont les uniques responsables.

Mais, laissant les flammes sur les flots derrière moi, dans la nuit noire, je pressai mes coups d’ailes vers la grande cité des hommes de ce monde. Illyria. Ces navires n’en sont plus si loin, à quelques heures à peine. Une journée, tout au plus. La situation est vraiment urgente, et je dois me faire le messager de ces terribles nouvelles. Bien que déjà prévenue, la ville ayant déjà dû mettre en place des défenses, sans doute n’a-t-elle pas prévu qu’ils y parviennent si vite, comme s’ils avaient été poussés par les fouets de leurs maîtres, mus par quelque enchantement.

Je constate d’ailleurs le branlebas de combat, lorsque je survole le port et les murs de la cité-cible. Elle est sur le pied de guerre, c’est indéniable. Ports fermés et renforcés d’un blocus de navires immobilisés. Les grandes portes de la ville sont également fermées, gardées de nombreux soldats, dont des cohortes passent l’enceinte de la cité, fiers défenseurs encore incapable de savoir ce qui va leur tomber dessus. Mais je n’ai guère le temps de galvaniser ces troupes par de pompeux discours, bien que l’envie ne m’en manque pas. De voir un dragon survoler leur cité, créature mythique ne faisant peut-être même pas partie de leur folklore, les guidera vers des auspices agréables : un dragon pacifique, dans leur camp. Qui fait route vers le palais, à tire d’ailes, pour leur porter secours. Car c’est bien la route que je prends, par les airs : celle du palais. Me changeant dans les airs en canasson volant, aux ailes immaculées, je pénètre par cette fenêtre qui m’avait déjà accueillie auparavant, donnant sur les appartements de feu le roi. Une fois entré, m’assurant que la princesse se porte bien, je cherche à me faire connaître. À la première personne que je croiserai, sous mes atours d’elfe retrouvés, j’indiquerai disctinctement :

« Dites à la Reine que Cromasth d’Amarthan est de retour, et qu’il doit la voir au plus vite. »

L’urgence doit être palpable, dans mes mots. Et l’autorité inébranlable. Je dois m’entretenir avec Insilbêth au plus vite. J’ai tant de choses à lui dire… Et tant de choses à apprendre sur ce qui s’est passé ici pendant mon absence. Je me tourne vers la princesse Leyla, la prenant par le bras en aparté pour la rassurer sur mes intentions.

« Je tâcherai de faire en sorte qu’il ne vous arrive rien, si vous restez coopérative. Songez que désormais, le sort de beaucoup est entre vos mains. La mort ou la vie de votre peuple, de celui de Valmarin et de cette cité. Tout ça dépendra de votre attitude, désormais. »

Ashmane ignore encore qu’elle se trouve ici. Je ne dois pas étaler ce joker trop rapidement. Ce serait une erreur. Mais Insilbêth, elle, doit savoir. Qui sait si, d’aventures, une solution diplomatique n’est pas encore possible ? Dans le dos du déplorable et borné Ashmane, Roi de Sihle, pour contrecarrer ses plans et faire entendre également raison à la succession de Valmarin, ce prince promis à cette princesse. Une otage de choix, en vérité. Et au meilleur endroit où elle puisse se trouver.

Accompagné, de gré ou de force, par la princesse, je presse le pas vers là où l’on me dirige, afin de rencontrer la désormais Reine d’Illyria. Mille questions se pressent pourtant dans mon esprit : les élémentaires sont-ils parvenus à rejoindre la cité humaine ? Y ont-ils été bien accueillis ? Quelle est la situation, là-bas, à Ilmatar ? Et surtout, surtout, est-ce qu’Ixtli va bien ? Et Aaria’Weïla ? Le serre les mâchoires. La pression est à son comble, ici. Et bientôt, tout ça se rompra. Dans la joie et la liesse d’une paix retrouvée, ou dans les pleurs et les cris d’une guerre meurtrière.

[1032 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 8 Jan 2018 12:39 
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Illyria – Cabinet de la Reine

    La princesse, qui n'a de toute manière guère d'autre choix et elle s'en rend bien compte, suit Cromax sans poser de soucis. Le garde à qui il demanda d'aller prévenir la Reine de son arrivée s'exécuta. Pendant ce temps, Cromax put voir le palais sans dessus dessous, les serviteurs agités, les gardes s'en allant à droite et à gauche exécuter diverses tâches.

    Le même garde ne tarda pas à revenir les chercher pour les emmener vers le cabinet de la Reine. A peine allaient-ils rentrer qu'une nuée de conseillers, probablement mis à la porte par l'annonce de l'arrivée du Sindel, sortaient du cabinet. A l'intérieur, il trouva la Reine assise derrière son bureau. Sans se lever, elle leur fit signe de s'approcher.

    Celle-ci ouvrit la bouche, manifestement pour dire quelque chose ou faire part de la situation d'Illyria lorsque ses yeux tombèrent sur la princesse. Sa bouche se referma un bref instant avant qu'elle ne dise plus prudemment, comme si elle ne souhaitait divulguer trop de détails en présence d'une étrangère :

    - Le couronnement a bien eu lieu, mais j'ai essuyé une tentative d'assassinat contrecarrée par votre femme. Les navires de Valmarin sont en approche d'Illyria, ils seront ici sous peu.

    Le regard qu'elle lui lança attendait qu'il s'explique sur la présence de la femme à ses côtés.


Illyria – Palais

    La femme sembla amusée une nouvelle fois lorsqu'elle répondit à Hrist.

    - Je suis vieille d'un millénaire, je suis... j'étais une Ishtar. Je suis la Tisseuse de Vie. Ce savoir me vient des élémentaires et de ce que le Monde de l'autre côté du Voile peut apprendre à qui sait écouter.

    Elle marqua un temps de pause.

    - Ton corps s'étiole de cette réalité, peut-être nous reverrons-nous. Adieu.

    Sur ces paroles, Hrist eut l'impression de tomber dans les pommes pour se réveiller allongée avec un vif mal de tête.


[Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (rencontre) ;
Cromax - xp : 0,5 (introspection), 0,5 (retour à Illyria), 1 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 9 Jan 2018 23:49 
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Sitôt ma demande formulée au premier servant du palais passant par-là, sitôt celui-ci s’exécute. Un garde, en l’occurrence, qui semble m’avoir reconnu, et parait ne pas accorder trop d’importance à la présence d’une princesse aussi typée que la fille d’Ashmane, Leyla. Et j’en comprends bien vite la raison : le palais est sans dessus-dessous, et tous semblent s’affairer à des préparatifs paniqués. Ils ont été mis au jus de l’attaque prochaine, et tout se prépare en mode panique. Ce qui est à la fois rassurant et effrayant : ne savent-ils pas comment gérer un assaut contre leur grande cité ? Le nouveau pouvoir en place leur met-il des bâtons dans les roues ? J’ai vu Insilbêth suffisamment ferme et rigide pour accomplir les doléances et tenir tête aux nobles locaux, mais une guerre, c’est tout autre chose. A-t-elle les reins assez solides ? C’est en tout cas le branle-bas de combat.

Le garde précédemment parti pour prévenir de notre arrivée ne tarde pas à revenir vers nous, et nous escorte jusqu’au cabinet de la nouvelle reine d’Illyria. Alors que nous approchons des portes, et que je m’apprête à expliciter la présence de la jeune femme qui me suit sans trop avoir le choix de ses mouvements, (je suis sa caution, sa seule chance de vivre, ici) une horde de conseillers s’occupe de les ouvrir pour nous laisser le champ libre. Viens-je d’interrompre une importante réunion ? Je ne peux réprimer un petit sourire en coin, sardonique. Passer en priorité par rapport à des nobles et érudits, officiels conseillers à la grande sagesse, ne manque pas d’ironie, pour un libertaire sans attache comme moi. Mais je goutte la faveur, et n’attends guère plus pour pénétrer l’antre d’Insilbêth, qui depuis son siège nous fait signe d’approcher. Je la vois aller pour s’exprimer, alors que les portes sont fermées derrière nous, mais elle se retient subitement en posant le regard sur Leyla, et évoque tout de même son couronnement, une tentative d’assassinat avortée et l’attaque proche des navires de Valmarin. Rien dont je ne sois pas déjà au courant, en somme. Je m’incline respectueusement.


« Ravi que mon épouse ait pu vous éviter le pire, majesté. Pour le reste, je suis déjà au courant, et c’est ce qui m’amène justement. Je viens en ligne directe d’Arden, d’où cette flotte qui vous assaille est partie, et où les troupes conjointes de Sihle et de Valmarin stagnaient sur les ruines sanglantes de leur victoire félonne sur la Reine autochtone. J’ai, sur le trajet, bouté le feu à quelques navires de Valmarin. Cela ne fera que les retarder, je le crains. »


Je dis ça avec un naturel certain, comme s’il était habituel qu’un être seul puisse dépasser en vitesse une flotte de navires et les incendier dans le même temps. Je poursuis néanmoins sans attendre :


« La jeune femme qui m’accompagne n’est autre que Leyla, fille d’Ashmane, princesse de Sihle et promise au prince héritier Valérian de Valmarin. Je l’ai enlevée à la protection de son paternel, contre leur bon gré, car je pense qu’elle peut être un élément clé dans l’avenir de cette guerre. Elle a elle-même admis vouloir éviter le plus de morts possible. Et maintenant, elle sait que si bataille il y a, celle-ci sera rude, car Illyria compte de puissants alliés. »

Je prononce ces mots tant pour cadrer un peu Leyla, la tester sur ses réactions, que pour informer Insilbêth à demi-mot des possibilités offertes par la présence d’un tel otage au sein de son palais. Tout en m’appropriant, bien entendu, sa garde et sa sauvegarde : elle est trop précieuse pour la laisser entre des mains inappropriées. Et puis, j’ai quand même hâte de voir la tronche de Valérian quand il me verra aux côtés de sa promise, lui qui m’a envoyé paître quand j’ai voulu lui tendre la main.


J’en profite également pour poser une question intéressée à la souveraine.


« Parmi ces alliés, les élémentaires des Monts d’Ilmatar sont en route pour Illyria, s’ils ne sont déjà arrivés ? J’ai songé qu’une alliance serait plus qu’opportune, désormais. »

Lorsque je présente Leyla, je sens l’intérêt d’Insilbët profond pour sa présence ici à nos côtés. C’est une bonne chose : elle prend la mesure du poids qu’elle peut avoir dans les événements qui vont suivre. Qu’elle devra avoir, selon moi. Car tel est mon espoir, telle est ma croyance. Une paix restaurée, et les têtes des responsables livrées à la vengeance, leur sang formant le ciment d’une entente qui ne pâtira plus d’aucune trahison. La Reine indique ensuite la présence d’un autre héritier en son royaume, en la personne de Mastriani d’Arden, fils de la reine assassinée. Je soupire d’aise : ainsi n’a-t-il pas abandonné le combat, n’a-t-il pas abandonné l’idée de libérer son peuple de l’oppression. J’imagine, en tout cas, que telle est la raison de sa présence ici, et non calfeutré dans un coin à chercher vainement la rédemption pour son impuissance. C’est à Earnar, ce serpent sournois, qu’on doit sa présence là. Comme quoi, la plus vile créature peut amener du bon. Il n’y a qu’à voir Hrist, après tout. Même si je reste curieux de la manière dont elle s’y est prise pour déjouer l’attentat contre la couronne d’Illyria. Sanglante, certainement.

« Le prince d’Arden ? Ainsi il est sauf. Le peuple de sa défunte mère croit en lui avec ferveur. Et en son retour pour contrer l'oppresseur. »

Les informations qui suivent ne sont guère réjouissantes, pourtant, et barrent mon front d’une ridule préoccupée : ils ont été mis au courant de l’arrivée des troupes élémentaires, mais n’en ont aucune nouvelles pour l’instant, pas même leur position. Voilà qui est inquiétant, quand on sait dans quelle situation Ilmatar était, menacée par les sombres créatures des Crocs du Monde. Leyla, elle, reste profondément silencieuse, en retrait par rapport à la discussion. Ce qui, je dois bien l’avouer, ne m’arrange guère. J’espérais titiller sa fibre patriotique par mon discours. Je poursuis, introduisant Leyla directement dans mon discours :

« Pensez-vous, ma Reine, que la présence de la princesse, si nous la révélons à ces ennemis marins, pourra éviter la bataille qui se prépare ? Le sort de nos alliés élémentaires me préoccupe lui aussi. Pensez-vous pouvoir m'octroyer le temps nécessaire pour que je m'enquiers de leurs positions, avant que la guerre ne déchaîne sa fureur ? »

Puis, me tournant vers la princesse :

« Pensez-vous toujours votre peuple, cette alliance entre la mer et les sables, légitime pour régner sur ce monde par la peur et la mort ? Pensez-vous pouvoir le représenter dans une discussion de paix ne laissant aucune place aux accords arbitraires fixés par votre père ? »

La Reine d’Illyria semble peu confiante. Elle affirme que la guerre suivra son cours sans qu’elle ni Leyla puissent rien y faire. Elle me donne jusqu’à demain pour m’enquérir du sort des élémentaires. Suite à quoi, les navires de Valmarin mouilleront dans le port de la cité humaine. Leyla, elle, rabattue un peu par la situation, dépassée par tout ça, finit par admettre que les desseins de son père ne sont plus légitimes, et affirme pouvoir s’engager dans une autre voie. À ces paroles, Insilbêth va venir faire face à la princesse, dans un tête à tête d’anthologie entre deux puissantes femmes. Deux fortes personnalités, toutes en nuances pourtant. Et en différences. La Reine promet à la princesse les égards dus à son rang, ce qui la place également officiellement en position d’otage. L’hypocrisie n’est pas de mise, de toute façon, et Leyla connait son statut à mon côté sans qu’il ait été nécessaire de le nommer. Une otage, oui. Mais plus que ça aussi. L’espoir d’un revirement. Je m’oppose ceci dit à la fatalité de la Reine à l’égard de la pugnacité du Roi de Valmarin.

« Bellangern, peut-être, mais Valérian pourrait amener son père à revoir ses positions. Il aime la princesse Leyla d'un amour pur. »

Je me tourne vers la principale intéressée.

« Pensez-vous que votre présence à nos côtés pourrait l'amener à se dresser contre la tyrannie de son père, si vous lui disiez vous-même notre volonté à tous de retrouver une paix nécessaire ? »

Si la reine semble peu convaincue par ces paroles un poil romantiques, ça semble toucher la princesse, qui affirme que son promis l’écoutera, pourra même changer d’avis pour elle, même si ça n’influencera que peu la vindicte de son paternel. C’est là que je voulais arriver. À ce constat d’une nécessité de rayer le passé pour laisser place à l’avenir. Je la regarde intensément.

« Vous évoquiez les sacrifices nécessaires, lors de guerres. L'entêtement n'est-il pas la meilleure raison pour rendre quelqu'un sacrifiable au nom de la paix commune ? S'il ne cède pas, il mourra. Comme votre père, s'il continue sur cette voie belliciste. Et ils seront ainsi les responsables de leur propre perte. Ce serait regrettable, j'en conviens. Mais qu'est-ce que la mort de deux hommes pour la paix et la liberté d'un monde ? »

Je laisse un instant se poser, pour que se posent mes paroles.

« C'est d'avenir, dont j'ai envie de parler. D'un avenir où toutes les puissances de ce monde, Illyria, Valmarin, Sihle, Arden, et même Ilmatar et les autres régions que je ne connais que peu, en un seul front commun contre ce qui serait néfaste pour ce monde. Vous, Insilbêth. Vous, Leyla, ainsi que Valérian, Mastriani et Aaria'Weïla, êtes les personnes ayant les clés de cet avenir. Et pour ça, il vous faut vous démarquer de la folie de vos pères. »

Je leur ai bouché le caquet, pour le coup. Entre le regard approbateur de la Reine et celui, moins assuré, et rudement plus sombre, de la Princesse, elles restent toutes deux muettes comme des carpes. J’espère pouvoir partir sur cette base commune à une future relation fructueuse, quand tout ceci sera fini. Car plus que de mettre fin à la guerre, c’est déjà à la paix qu’il faut penser, et à son organisation. Les graines semées germeront alors : Valérian et Leyla, Insilbêt à la tête d’Illyria, le peuple d’Arden soudé dans la victoire autour de leur prince, Camiran diplomate pour les élémentaires, et représentant d’Elysian… Autant de pousses que j’espère voir fleurir. Je me découvre, surprenamment, un certain plaisir à m’immiscer sans en être vraiment dans toute cette politique. Mais l’heure n’est guère à la passivité. J’opine du chef pour marquer la fin de ce rapport, plus bref que je n’ai pu l’imaginer, et reprends la parole pour passer à la suite.

« Le devoir m'appelle, je vais devoir déjà me séparer de votre compagnie : les élémentaires ont peut-être besoin de moi. Je serai de retour d'ici demain pour défendre cette cité. »

Je me tourne vers Leyla.

« Princesse, sauf si vous souhaitez m'accompagnez, vous serez ici en sécurité. »

Puis, vers la Reine, sur un ton ne souffrant d’aucune équivoque :

« Qu'il soit dit que quiconque daigne lui causer du tort mourra de ma main à mon retour. »

Leyla semble hésiter un instant, mais doit conclure qu’elle ne m’accompagnera pas, puisqu’elle ne se manifeste pas plus. Saluant donc ces deux grandes Dames d’Elysian, je prends congé et, sitôt sorti de la pièce, effleure mon Pendant d’Uraj en pensant à Ixtli, pour lui adresser un message mental.

(Ixtli ? Je suis à Illyria. Les navires de Valmarin arriveront demain. Où es-tu ? Où puis-je rejoindre les élémentaires envoyés ici par Aaria'Weïla ?)

Elle ne tarde pas à répondre, et l’entente de sa voix me remplit d’allégresse. Elle vit, et semble bien se porter. C’est plus que ce à quoi je pouvais espérer. Elle dit être à la tête des troupes élémentaires, en compagnie de Jillian. Ensemble, ils ont passé les frontières des terres d’Illyria. Ils ne sont plus bien loin, et c’est une bonne chose. Le temps presse, cependant, et je veux me rendre utile. Je rétorque mentalement :

(Avez-vous besoin d'aide pour rallier la cité ?)

Elle semble amusée par ma question, et répond non sans humour qu’un sauf-conduit serait bienvenu, les gardes n’ayant pas l’air tout à fait disposés à les laisser passer. Je lâche un soupir malgré moi. Les préjugés ont la dent dure, même lorsqu’il s’agit d’accueillir une aide plus que nécessaire. Je souris néanmoins pour répondre :

(Oh. Bien. J’arrive tout de suite avec ça.)

Et alors que je fais volte-face pour retourner, sans gêne ni déférence, auprès des deux nobles au sang royal, j’entends Ixtli me répondre qu’elle n’en attendait pas moins de la part d’un preux chevalier. Je pouffe pour moi, mais ne lui rétorque rien. Preux chevalier… Je suis à des lieues de mériter une telle appellation… Mais dans sa bouche, ça sonne plutôt bien. Quand je vois les têtes surprises de Leyla et Insilbêth me voyant revenir vers elle, interrompant sans doute un grand blanc gênant, je ne les laisse pas s’exprimer, et questionne :

« Hmm. Majesté ? Puis-je avoir de votre main un laisser-passer pour les élémentaires ? Ils semblent avoir quelques difficultés à entrer sur votre territoire. Vos hommes semblent... méfiants. »

L’ambiance semble se détendre tout à coup, et la Reine me répond, amusée, que le contraire l’aurait étonnée. Elle dit me le faire dans l’instant, et me demande si je peux leur porter plus rapidement qu’un homme à cheval. Je lève un sourcil à mon tour, accentuant encore mon sourire, et rétorque, non sans jeter un coup d’œil entendu à Leyla :

« Me posez-vous vraiment la question, ma Dame ? »

Insilbêth, détendue, comprend qu’elle n’en a pas besoin et rédige sur l’instant le laisser-passer convoité. Je m'en empare quand elle me la tend, la remerciant, et saluant les deux une nouvelle fois, je sors de la salle pour me diriger vers une aire de décollage appropriée. Car c’est sous la forme d’un saurien ailé, celle qui a fini par me devenir chère, que je vais prendre mon envol pour rejoindre les élémentaires et Ixtli. Preux chevalier… Non. Décidément non. Plutôt Dragon. Je prends mon envol et prends la voie des airs pour les trouver. Je planifie déjà un atterrissage en grandes pompes, remuant des ailes pour soulever la poussière et profiter de sa retombée pour reprendre mon apparence elfique… Effet garanti !



    [2383 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 15 Jan 2018 05:44 
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La jeune femme sentait peu à peu qu'elle perdait le contrôle. Ce monde autrefois rassurant et protecteur était désormais instable et dangereux, les ombres qui jadis l'embrassaient et lui offraient refuge, un exil à la réalité étaient aujourd'hui torturées et néfastes. La Tisseuse de vie car tel était son nom étouffait des rires aussi indicibles que des murmures et parlait en énigmes.

Hrist luttait contre les frelons blancs de l'évanouissement et peu à peu, perdit le combat. Elle se réveilla comme d'un mauvais rêve, étendue sur le sol où elle méditait plus tôt. Avait-elle passé dans ce monde onirique plus de quelques secondes ? Des minutes ? Voire des heures ?

Au dehors, le soleil était toujours haut dans le ciel et rien n'indiquait que son songe n'eut été trop long. Hrist rassemblait ses idées tout en se massant les tempes pour mieux ignorer la douleur. Sa tête était lourde et chargée de mauvais rêves.

" Bon bon bon... Dressons un rapide bilan de la situation. "

Sa Faera et Silmeria restèrent silencieuse. La colère de Hrist grimpait de façon alarmante et la tueuse perdait peu à peu la patience qui l'aidait à se contenir elle et ses folies meurtrières.
" Donc on rencontre une créature qui déjà ressemble à une Shaakt... Bon ça encore, passons. Elle nous explique qu'elle n'a jamais existé auparavant. Bon, admettons que ça aussi ça passe. "

Elle s'approcha de la table basse où se trouvait un panier de fruits ainsi qu'une jolie coupelle destinée à recevoir le vin doux que contenait la carafe d'argent et de verre à côté d'elle.

" Et puis finalement elle répond qu'elle est millénaire. Un petit oubli ? Un millénaire c'est pourtant compliqué à oublier. Mais ça aussi, passons !"

Elle saisit doucement l'anse de la carafe et la laissa couler un peu de vin dans le verre.
" Mais par contre, elle voit qu'il y a des morts partout, que le voile et déchiré mais ne me donne aucune indication. Non voir des cadavres ambulants c'est pas si grave. Tisseuse de vie qui est là, qui regarde qui voit des anomalies à chaque coin et se dit pas "tiens, mais je comprends pas, les morts se promènent, j'sers à rien en fait ? " Non, non ça visiblement ça ne l'intéresse vraiment pas. "

Le vin ne tarda pas à déborder et ses doigts serraient maintenant l'anse si fort que ses jointures devenaient exsangues. Hrist continuait à maudire la Tisseuse, le Grave, les Rois, les Reines, leurs filles. Dans l'ordre.

Lorsque le vin coulait par terre, éclaboussant ses bottes, elle bu une longue gorgé de vin et jeta le verre contre le mur, éclatant le contenant et maculant la peinture de vin rouge apparaissant comme une tache de sang.

" Et maintenant il faut que je retrouve un artefact ancien et que je trouve quelqu'un qui veuille se sacrifier pour sauver ce monde. Et pendant ce temps, que font les habitants de ce MONDE ! Ils se font la guerre. Il y a quand même des choses assez impressionnantes dans ce monde, je crois que je ne suis pas prête de comprendre comment les gens fonctionnent. C'est risible."

Elle jeta la carafe au sol et mutila les fruits, ensuite les coussins et les teintures avec une rage égale.

Lorsque la femme fut calmée et qu'elle était assise dans un cimetière de plumes et de lambeaux, elle rangea ses armes et médita quelques instants comme pour retrouver son calme, chassant les démons noirs de la colère et les fantômes moqueurs de sa hargne, elle ravala son fiel et sorti de la chambre comme si de rien n'était. Après tout, si le palais était assiégé, personne ne ferait attention au désastre mobilier qu'elle venait de faire.

Hrist se dirigeait vers le cabinet de la Reine dans l'espoir d'y trouver le Général afin de prendre part à la défense de la ville, avec un peu de chance, ils avaient pu mettre la main sur Hascan et elle pourrait étancher le début d'une soif de sang...

(" Je pourrais aussi avoir besoin d'une armure... Je ne pense pas que la tenue de courtisane ou de servante soit aussi efficace pour tromper une armée qu'elle l'était pour tromper un assassin... ")

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Cherche Hascan
Ira demander une armure légère aux blasons de la ville pour défendre à Hascan ou au premier responsable militaire qu'elle croisera

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Jeu 18 Jan 2018 17:13 
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Illyria – Cabinet de la Reine

    Cromax et Hrist purent se croiser dans le cabinet de la Reine et discuter avant que le premier ne s’envole vers d’autre cieux.

[Aparté possible, donc, avant que Cromax poursuive. A vous de voir si vous la faites ou non, quoi qu’il en soit, à l’issue de l’aparté, Cromax devra partir. Cro, ta màj est dans les Crocs.]

    Hrist parvint à mettre la main sur Hascan qui se rendait en même temps qu’elle vers le cabinet de la reine pour lui demander une armure. Il lui répondit ceci :

    - Mmh, je peux vous trouver une armure, mais… elle ne sera pas exactement à votre taille. Ici, nous n’avons pas de guerrières et les armures sont toutes taillées pour des hommes. Je peux peut-être demander à ce qu’on vous en donne une petite et qu’on essaie de l’ajuster, ou vous risquez d’avoir du mal à vous déplacer correctement.

    Elle reçut également ce message de la part de Yuralria :

    (Hrist, Kerenn vient de m’informer que la Déesse Shill réincarnée ainsi que le second artéfact se trouvent à Valmarin, quelque part au sein des terres. Il s’y trouve actuellement en train d’accoster.)


[Faites-moi part de votre discussion ou non, parce que du coup la suite de ce que dira Inzilbêth dépendra de si vous avez discuté ou non. Autrement, tu peux me dire ce que dit Hrist et je poursuivrai la màj.]

[Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (armure), 0,5 (longueur) ;
Cromax - xp : 0,5 (introspection), 0,5 (aparté), 0,5 (plan), 0,5 (message), 0,5 (frontière), 2 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 31 Jan 2018 04:14 
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Localisation: Derrière Cromax
En approchant du bureau de la Régente, Hrist vit à sa grande surprise quelqu'un en sortir. Quelqu'un de familier qu'elle n'avait pas vu depuis déjà quelques temps. Cromax, souffla la femme la bouche accompagnée d'un petit sourire. Elle s'approcha de lui qui la remarqua sans mal. Penchant la tête, tel un oiseau curieux, elle l'observait, sachant parfaitement qu'il devinerait les nombreuses questions qu'elle voulait lui poser.

Il y répondit d'un clin d'oeil amusé, l'appelant son épouse comme il aimait le faire à chaque rencontre. Hrist eut la sensation qu'il n'était pas mécontent de la revoir et il fallait admettre que c'était plutôt réciproque. La jeune femme écoutait les aventures passées, comment il avait pu capturer la fille du Roi et promise du Prince Valérian auquel ils avaient sauvé la vie plus tôt. Il devrait débarquer en même temps que les troupes, lui et son garde du corps roux, sa donzelle en armure et ce preux chevalier aux belles paroles. Comment est-ce que tout ça allait se terminer ? Si Cromax n'avait pas le temps de revenir avec son armée d'Élémentaires, elle prendrait les devants et n'hésiterait pas à les tuer si elle en avait l'occasion. Mais l'heure n'était pas encore au bain de sang mais plutôt à la réflexion, ils avaient grâce à Cromax un atout majeur, la fille du Roi captive qui pourrait engager de nouveaux pourparler avec les attaquants, surtout quand Valérian apprendra sa présence ici.

Visiblement, la Régente avait déjà tenu Cromax informé de la tentative d'assassinat avortée, Hrist y ajouta quelques détails :
" C'est vrai... Le Capitaine de la garde a été blessé lors de l'attaque, en plein couronnement. J'allais justement rassembler les hommes et voir ce que je pouvais faire pour aider les défenses. Oh, j'ai capturé l'assassin et nous avons eu le temps de discuter, il m'a avoué que le Grave d'Hyst était à la tête du contrat sur la Reine. Je crains qu'il ne soit plus là pour en parler, le pauvre, mais j'ai demandé à Hascan de faire arrêter le Grave et sa famille. Je laisserai le Grave vivant mais je ne peux rien promettre pour sa femme et sa fille. Il y a toujours un prix à payer pour la trahison. "

Hrist savait que Cromax n'aimait pas ses décisions et encore moins lorsqu'elles touchaient quelqu'un de plus ou moins neutre, il n'approuverait jamais sa décision, Hrist le savait mais elle aimait à le provoquer. Elle s'approcha de lui, touchant du bout du doigt le pendentif des Treize et dit plus bas :

" J'ai rencontré... La Mort je crois. Elle se fait appeler la Tisseuse de vie. Lorsque Aaria nous a annoncé que les Esprits avaient disparus, j'ai compris où ils étaient. Ils ne peuvent pas échapper à mon regard. J'ai donc employé ma magie pour les retrouver, j'ai glissé sous le voile de l'Ether pour y voir des légions de morts désorienté et la Tisseuse de Vie qui m'a expliqué deux trois petites choses... L'artefact employé pour draîner ce monde, en réalité il y en a deux, un qui prend, l'autre qui donne. Mais pour contrer le drainage, il faut de la force, ou plutôt de la magie. Un sacrifice devra être fait pour donner à l'artefact assez de puissance pour inverser le sort. Une personne assez puissante tel que la Reine d'Ilmatar... Ou l'un de nous deux peut-être. "

Elle savait aussi que Cromax n'apprécierait moyennement de sacrifier une telle personne, mais il s'agissait plutôt d'imager son propos plutôt que de déjà désigner qui sera employé pour un tel acte.

Hrist poussa un petit soupir. Elle ajouta en haussant les épaules : " Je te laisse aller chercher les renforts.. Quant à moi, je veillerai sur la jeune femme que tu as jugé bon de me ramener, je pense que tu as fait là une bonne décision qui aura un impact sur les choses à venir... Ah, elle sera en sécurité avec moi, mais on ne pourra pas en dire autant de ceux qui voudront s'en approcher."

Elle lui adressa un sourire tout à fait sincère et inclina doucement la tête, presque respectueusement comme elle l'aurait fait à la Reine.


Après s'être glissée dans le bureau Royal, Hrist échangea brièvement avec le Général au sujet de l'armure, il lui annonça que malheureusement ils n'avaient pas de femmes soldat et que par conséquent, ils n'avaient pas d'armure adaptées. Il proposa toutefois une armure de petite taille à ajuster, sans avoir l'air de trop y croire. Hrist fit un petit signe de tête, disant que non. Elle devrait probablement se contenter de la Robe des Sylphes, certes très confortable pour les assassinats mais probablement pas confectionnée pour un champ de bataille.

Une voix elle aussi familière la rendit distraite le temps d'un instant, la conseillère d'Ilmatar lui indiqua qu'un artefact avait été trouvé à Valmarin et qu'un certain Kerenn y accostait en ce moment même. Ce devait être important pour avoir mérité un message en cet instant précis où la guerre allait éclater. Hrist fut rassurée de savoir qu'elle n'était pas la seule inquiète du destin de ce monde tandis que tous étaient distraits par les guerres, les tentative de meurtre et les complots en quête de pouvoir d'argent ou de terre.

Elle ajouta :
" J'ai croisé mon époux... Il m'a dit de veiller sur une certaine jeune femme, comme j'ai pu le faire sur votre soeur. Vous me la présentez ? "

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