L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 19:36 
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Localisation: Quête 32 : Elysian | À la recherche des Hypogriffes perdus
La belle et accueillante Aaria’Weïla répond tour à tour à chacun de nous, dans l'ordre où nous nous sommes présenté. À moi, elle me déclare qu'il me faut me servir moi-même uniquement mais qu'elle accepte mon aide avec plaisir. Les réponses à mes compagnons sont toutes plus ou moins banales. Je remarque cependant que la reine tutoie Kerenn, comme lui l'as tutoyé un instant plus tôt.

Nous suivons tranquillement notre guide à l'intérieure de son palais. Pour ma part, je n'ai jamais vu autant de richesse, d'élégance, et de noblesse en un seul lieu. À vrai dire, je n'ai pratiquement jamais quitté Tulorim. Le palais semble être constitué comme le reste de la cité, c'est-à-dire en pierre blanche. Je remarque qu'il y a peu de décorations. Juste quelques statues qui traînent çà et là et de larges tentures colorées.
Quelques minutes passent et nous voilà enfin arrivés à destination. La salle est grande et haute. Des tapisseries décorent les murs et donnent un peu de couleur dans ce monde tout blanc et dénué de sentiment. Il n'y a que deux meubles, deux tables pour être plus précis. Sur la première, au centre de la pièce, est déroulée la carte d'Elysian. Carte que j'ai déjà pu voir à Tulorim avant de venir sur ce monde. La seconde table est nettement plus intéressante. Je ne saurais dire si c'est le voyage où toutes ces nouvelles découvertes à propos de ce monde, mais je commençais à avoir un peu faim. Débordante de plats, mets et victuailles, cette table a le mérite d'exister.

Mais ce n'est peut-être pas l'heure de manger. Du moins, la Reine nous présente les personnes présentes. Au nombre de quatre, elles nous regardent entrer avec plus ou moins d’intérêt.

Les deux premières se ressemblent un peu. Ce sont des Ekhii, des élémentaires de feu pour parler plus simplement. L'homme avait la peau rouge et des cheveux et une petite barbe noire charbon. La jeune femme, elle, avait la peau noire parfois tâchée de grandes traces rouges. Ils avaient tous les deux une paire de cornes leur donnant une apparence de démon.

J'essaye du mieux que je peux de retenir les noms, plutôt compliqués et longs de ces deux individus.

La troisième personne contraste beaucoup avec les deux précédentes. Toute blanche et frêle, son corps est dissimulé sous une large cape couleur terre. Droite, fière, sans émotion, elle me rappelle certains Sindel que j'ai pu croiser à Tulorim. Décrite comme une Ishtar, elle semble être le côté lumineux de cette race.
Le quatrième personnage est un peu plus drôle. Déjà, il se cache un peu lorsque la reine le présente. Une sorte d’arbuste vivant d'à peine un mètre de haut. Il fait un petit pas et ses gros yeux orangés nous regardent tandis qu'une sorte de sourire se forme sur ses lèvres de bois.
Se tournant enfin vers nous, la reine nous invite à nous servir. Les présentations sont faites, du moins d'un côté.

Le lampadaire se dirige très vite vers l'Ishtar. Ce qui est plutôt logique vu qu'il a développé des pouvoirs liés à cette race d'élémentaire.

Kalas, lui, s'approche de l'arbuste. En fait, je me rends bien vite compte que chaque aventurier va aller vers l'élémentaire qui l'intéresse le plus. Corail se la joue ambassadeur et fait un petit discours que j'écoute en souriant légèrement.

Cromax se présente simplement mais avec une élégance sûrement propre à ceux de sa race. Décidément, il fait preuve d'un charisme étonnant, en tout temps. Un véritable meneur d'hommes et ... de femme. Ainsi, il lève son verre à toutes ces nouvelles rencontres, souhaitant qu'elles soit purs, sincères, franches et chaleureuses. Sur ce dernier point, je suis pratiquement sûr qu'elles le seront. Il semble bien s'entendre avec les femmes, et les demoiselles présentes en ces lieux sont toutes ravissantes.
Pour finir, Kerenn reste fidèle à lui-même. Il se contente de rester en retrait et d'observer la suite des événements.

Je n'arrive pas du tout à contrôler mes pouvoirs, j'espère qu'un des Sylphes me prendra bientôt sous son aile. Mes jambes, mes bras, et tout mon corps se fonde alors en volutes lorsque je m'approche de la reine.

Souriant très légèrement pour paraître un peu plus gentil et agréable, je déclare simplement :

« Je serais véritablement enchanté de partager quelques instants avec vous, si cela ne vous dérange pas. Il semblerait en effet que je sois plus proche de vous et de votre peuple que des autres élémentaires. Cela ne me dérange pas, bien au contraire, vu la beauté et l'élégance de vous et vos confrères. »

_________________


Multi de :
Hawke de la maison Zear'ël', Sindel, Chevalier du Chaos
Eva d'Arkheval, Semi-elfe, Enchanteresse


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 20:24 
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Ilmatar - Salle du Conseil

    Ixtli écouta les paroles de Cromax en haussant un sourcil, un petit sourire amusé sur les lèvres.

    - Vous semblez avoir vécu des choses passionnantes… Je suis restée à Ilmatar car j’aime cette cité et les gens qui l’habitent, j’ai passé plus de temps dans cette cité que dans la ville qui m’a vu naître. Mes parents m’ont envoyée auprès d’Aaria très tôt et jeune pour que j’y apprenne de nombreuses choses que je n’aurais pas connues là bas... C’est devenu mon foyer.

    Un peu plus tard, après les présentatios, Yuralria observa Faëlis en penchant la tête sur le côté, comme si elle ne comprenait pas tout des paroles de l’hinïon. Finalement elle acquiesça, sans quitter son visage impassible.

    - Bonjour, Faëlis Nyr’Kassilian. J’espère également que vous sauverez ce monde.

    Elle avait cependant l’air de ne pas bien saisir ses propos, dans la mesure où il n’y avait guère de sièges où s’asseoir, si ce n’est le long des murs. Lorsque Kerenn lui prit la parole, un éclat de compréhension apparu et un fugace sourire flotta sur ses lèvres avant de disparaître tout aussi vite.

    Birhûvaya se recroquevilla à l’approche de Kalas, mais finit par répondre à ses paroles d’un.

    - Birûvaya. Mais vous ne pouvez pas prononcer mon vrai nom…

    Cependant Kalas s’en était déjà allé et Birhu capta alors le regard de Kerenn et son sourire. Il lui répondit de même, quoi qu’avec une légère hésitation. Il finit par se rapprocher en clopinant maladroitement de Guasina et lui adresse un semblant de sourire.

    Marikani toisa Corail de haut en bas et le sourire de Malakbêl, observant la scène, s’accentua. Finalement, elle lâcha, d’un ton aussi froid que son teint est sombre :

    - Vous pouvez toujours rester à côté, oui.

    A sa présentation, elle ajouta :

    - Un noble, hein... ?

    La reine d’Ilmatar acquiesça lorsque Baratume lui présenta sa requête.

    - Vous allez en effet rester au moins quelques jours à Ilmatar, Cromax et vous. Nous aurons le temps de discuter.

    Elle lui adressa un dernier signe de tête et s’avança lorsque le Sergent leva son toast. Elle
    s’approcha de la table et versa dans une coupe cristalline du même liquide aérien dont Cromax s’était servi un verre. Elle leva la coupe vers l’assemblée, acquiesçant aux paroles du Sindel.

    - Puissiez-vous trouver en ces terres plus que vous n’étiez venu chercher, dit-elle en réponse.

    Elle s’appuya sur la table contenant la carte et croisa son bras libre sur sa poitrine tandis que son autre main tenait encore le verre. Elle sembla pensive quelques temps, comme si elle réfléchissait à la façon dont elle allait agencer ses propos. Finalement, elle releva les yeux sur eux. Toute trace d’amusement les avait désertés pour laisser place au sérieux, bien que la douceur inhérente à sa personne subsistât.

    - Jillian vous a déjà fait part de ce troublant drainage dont sont victimes les fluides d’Elysian, emportant avec eux notre maîtrise et une partie de notre essence. Nous craignons qu’à terme, nous ne puissions plus protéger ces terres de ravages qu’un tel drainage entraînerait, comme ce fut le cas 1800 ans plus tôt. A ceci s’ajoute des considérations plus personnelles, car il est possible que notre être, à nous, élémentaires constitués de fluides, s’en trouve lui aussi drainé jusqu’à ce que nous n’existions plus.

    Le visage de chacun des élémentaires présents ainsi que celui de Jillian étaient graves.

    - Nous souhaiterions que vous vous rendiez dans les cités d’Elysian afin de découvrir qui est à l’origine de ce drainage, et ainsi l’arrêter. Comme vous pouvez le constater, dit-elle en écartant ses bras qui s’étiolèrent dans les airs pour retrouver un semblant de matérialité l’instant d’après, les élémentaires ne sont guère des êtres discrets lorsqu’il s’agit de se fondre dans la masse, aussi nous ne pourrions obtenir aucune informations en nous rendant personnellement sur place. Pourquoi vous en particulier ?

    Ses lèvres s’étirèrent dans un léger sourire et ses yeux turquoise reprirent une touche de malice à ses premiers mots avant de disparaître de nouveau en raison de la gravité du sujet.

    - C’est un pari. Jillian m’a expliqué une partie de vos coutumes, qui sont parfois assez proches de ce que nous pouvons constater sur Elysian et si nous avions demandé une aide officielle, elle serait revenue avec un bataillon d’hommes et de femmes stéréotypés, assurément compétents, mais répondant à des ordres et possédant une vision unique véhiculée par leur institution. Hors, ce que nous souhaitons, c’est une diversité d’opinions et de points de vue que ne peuvent offrir que des personnes sans lien les unes avec les autres et qui permettront peut-être de trouver le dessein de se drainage.

    « Cependant, et vous l’aurez remarqué, votre corps s’est retrouvé modifié par les fluides sauvages d’Elysian, ce que nous appelons le muutos. Il vous sera possible d’apprendre à le maîtriser, et c’est un préalable pour que vous vous rendiez sur le reste d’Elysian. Pour ce faire, vous devrez rencontrer l’esprit en charge de votre élément, un être lui aussi constitué de fluides et dont la maîtrise diverge de la nôtre. Il en existe un par élément et ils résident avec les élémentaires de leur fluide. Ainsi, Baratume et Cromax pourrez rester ici afin de rencontrer Terhenetar, l’esprit du vent, tandis que vous serez dispersés entre Barkhane, Niyx et Elivagar. Les ambassadeurs vous accompagneront.

    - Personne pour Erta’Ale, lâcha Malakbêl.

    - Un représentant du feu viendra peut-être, Malak, le rasséréna Jillian, ce à quoi l’Ekhi répondit par un haussement d’épaule.

    Ignorant l’intervention, Aaria’Weïla but une gorgée de sa coupe et se redressa pour s’approcher de la carte qui se trouvait sur la seconde table et montra les villes au fur et à mesure qu’elle poursuivait.

    - La situation politique est délicate. Les élémentaires n’ont de lien qu’avec une seule cité humaine, via les accords commerciaux qu’elle possède avec Ilmatar : Illyria. C’est, économiquement, la ville la plus puissante d’Elysian, car il s’agit d’un carrefour commercial de premier choix, mais elle est balayée par des troubles politiques, car le roi avec lequel les accords ont été conclus est mourant et refuse de nommer un successeur. Elle attise la convoitise des autres Cités-Etats. Quant à celles-ci, soit elles sont trop lointaines pour que nous fassions du commerce avec elles, soit elles voient nos fluides comme une menace, une inconnue sur laquelle ils n’ont aucune maîtrise et refusent de traiter avec nous, ou encore préfèrent rester en autarcie. Je vous propose qu’une fois le muutos maîtrisé, vous traitiez le cas d’Illyria en premier, il pourra peut-être vous ouvrir des portes vers les autres villes, car c’est la seule dans laquelle nous ayons les moyens de vous faire entrer avec un certain statut sans paraître suspects.

    Alors que la reine d'Ilmatar exposait la situation, ceux qui observaient les ambassadeurs purent voir petit à petit la peau de Yuralria se foncer, se modifier en l'espace de quelques minutes jusqu'à présenter un aspect assombrit, ses tatouages s'étant mués de bleu à noir, ses cheveux devenus anthracite et sa peau gris foncé. Dehors, la nuit était tombée.

    Image


[Baratume - xp : 1 (post)
Kerenn - xp : 3,5 (post)
Cromax - xp : 3,5 (post)
Guasina - xp : 2,5 (post)
Earnar - xp : 1 (post)
Kalas - xp : 1,5 (post)
Faëlis - xp : 0,5 (post)]

_________________
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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 21:30 
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Les autres se présentèrent, bien sûr, avec plus ou moins d'emphase. Kerenn alla jusqu'à se proposer de faire de l'ombre si la lumière importunait la belle Yuralria. Celle-ci, cependant, semblait légèrement déphasée et se contenta de dire à l'hinïon qu'elle espérait aussi qu'il sauverait ce monde, sans prendre la peine de s'asseoir.

Visiblement, tout le monde avait déjà ses favoris, Guasina et Kalas s'approchant du petit être de terre noueux, sans surprise. Ils formaient ensemble un groupe curieux, mais qui rappelait agréablement l'Anorfain et ses cercles druidiques. De là, la pensée du jeune elfe s'envola bien sûr vers sa mère, et il frémit. Que faisait-elle en ce moment ? Se doutait-elle que son fils était parti pour un autre monde ? Elle le saurait probablement, tôt ou tard. Mais il était hors de question qu'il rentre avant d'avoir prouvé sa valeur ! Il s'efforça de ramener son esprit à la conversation.

Aaria était en train de donner des précisions, les conviant autour de la carte. Elle racontait les craintes des élémentaires d'un nouveau cataclysme comme par le passé, sans parler de la possible disparition de leurs peuples. Hélas, les élémentaires, trop voyants, ne pouvaient enquêter, d'où la proposition de Jillian de faire appel à des aventuriers. La reine espérait que leur ouverture d'esprit leur permettrait de découvrir le mystère. Mais d'abord, il faudrait se rendre dans les cités de leurs éléments respectifs, pour apprendre à contrôler leur nouveau pouvoir d'élémentaire.

A ce moment là, Malakbêl, l'élémentaire du feu sembla déplorer l'absence d'envoyé de son élément. Faëlis haussa un sourcil :

« Y aurait-il un honneur particulier à voir un émissaire rejoindre votre peuple ? N'ayez crainte, nous aurons aussi à cœur la survit des vôtres. Et pour tout dire, j'espère avoir un jour l'occasion de visiter votre cité ! »

En tant qu'elfe, il n'aimait pas beaucoup le feu, qui était une menace pour la forêt, mais en tant qu'admirateur des belles choses, il devait reconnaître qu'une cité de feu devait être aussi belle qu'impressionnante.

Cependant, la reine des sylphes continuait son exposé. Illyrian. Tel serait ensuite leur destination, car il s'agissait de l'unique cité avec laquelle les élémentaires avaient des accords commerciaux. Hélas, cette cité était en proie au chaos depuis que le roi était mourant. En l’absence de successeur, de nombreuses autres cités cherchaient à y prendre le pouvoir, et certaines n'aimaient guère les élémentaires.

« Je comprends... votre plan semble mûrement réfléchi et bien pensé. Cependant, nous allons donc voyager vers d'autres villes d'abord... afin d'apprendre à contrôler ce que nous sommes devenu. Cela risque de prendre du temps. Combien pensez-vous qu'il reste avant que vous ne soyez vraiment affectés par la perte des fluides ? »

À ce moment-là, le soleil disparu par les fenêtres, et avec lui, Yuralria s'assombrit. Voilà donc l'ombre après la lumière ? Quel prodige ! Le jour et la nuit unis en un seul être. Décidémment, quelle peuple énigmatique. Il brûlait d'en apprendre plus sur elle... enfin sur eux. Il ramassa deux fruits et en tendit un galamment.

« Ma dame, me ferez-vous l'honneur ? Il semble que nous soyons appelé à voyager ensemble un certain temps ! »

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L'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes
Lampadaire officiel de la quête 32

Le thème de Faëlis


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 23:55 
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Alors qu’à mon toast, la délicate Reine répond en levant son propre verre de ce spiritueux aérien stagnant fluidement dans le mien, les propos de la douce Ixtli me reviennent à l’esprit, alors que mes yeux n’ont de cesse que de vouloir capter son regard d’ocre vif. Oui, telle m’a-t-elle conté, toute pleine de grâce, les bribes éhontées de son histoire. Un exil scolaire visant à parfaire ses connaissances des Sylphes et de leurs mœurs, soldés par un amour indéfectible pour cette cité qu’elle a faite sienne. Et c’est pourtant sourire aux lèvres et yeux brillants qu’elle a envié, ne fut-ce qu’un peu, mon propre parcours sans attache, et aux nombreux paysages hauts en couleurs et en aventures.

Mais les brefs conciliabules de mes pairs et semblables envers leur cible de choix s’effacent vite au profit du discours de la Reine, qui attire en quelques mots l’attention de tous sur ses traits fins et volubiles. Volubiles, oui, car c’est un long discours qu’elle nous sert en guise d’entrée, alors que je grignote nonchalamment les baies gouteuses dont j’ai garni ma tranche de pain. Une à une, elles éclatent sous mes dents, répandant en ma bouche leur jus savoureux. Un à un, les mots d’Aaria frappent mes tympans, explosant dans mon esprit leur sens inquiétant. Car oui, si la bectance est bonne, les nouvelles le sont moins. Quoiqu’enchanteresses à bien des égards, les paroles de la royale présence n’ont guère de légèreté que leur destinateur. Ainsi, elle précise à notre petit groupe, et sous le témoignage des élémentaires présents, les aspects généralistes de notre mission. Son but, dans un premier temps : trouver ce qui est responsable du drainage des fluides d’Elysian, et confronter les responsables pour apprendre leurs buts et obtenir justice et réparation. Un but qu’évidemment je compte mettre en œuvre en priorité, même si je gage qu’une enquête minutieuse et pointilleuse sera de rigueur pour n’omettre aucune piste, ne louper aucun détail d’importance majeure. Et pour cela, du temps nous sera nécessaire, malgré l’urgence que prône la situation.

Car après le but viennent les conséquences probables d’un échec éventuel : la disparition pure et dure des élémentaires, voire de toute la magie de ce monde. Aaria n’hésite pas une seconde à comparer les événements qui frappent Elysian à ceux qui ont causé la mort des dieux, voici presque deux millénaires, et la disparition des sindeldi de la surface de la planète, et de sans doute d’autres espèces en plein essor ou âge d’or. Une conséquence terrible, dont le couperet pesant menace chacun des êtres ici présents. La logique voudrait que l’on exclue de ce complot sordide, de cette histoire tragique, de cette catastrophe naturelle incontrôlable, toute implication d’une des cinq races élémentaires. Et pourtant… Et pourtant je préfère, moi, sans mot leur dire, ne pas mettre trop vite cette hypothèse de côté. Le profit, la soif de vengeance ou de pouvoir, les promesses gênantes de loyaux abrutis, il peut exister maintes raisons pour qu’une trahison ait pu avoir lieu. De nombreux être retors ont pu faire péricliter leur civilisation riche et puissante pour des raisons qui leur paraissaient valables sans jamais l’être vraiment. Peut-être est-ce le cas ici. Je me refuse d’éloigner trop hâtivement la moindre piste, par excès de confiance envers ceux qui nous accueillent de bon cœur. N’est-ce pas pour cela qu’ils ont fait appel à nous, après tout.

D’ailleurs, après le but et les conséquences viennent le tour des raisons de leur appel à nous. Pourquoi des Yuimeniens, ne connaissant rien des mœurs d’Elysian, et si lointains des préoccupations des élémentaires ? C’est justement ce point précis qu’Aaria la sagace met en avant pour exprimer ses motivations de nous avoir embauchés. Un pari. Un pari sur notre vision des choses, et notre esprit d’initiative pour résoudre ce problème. Avec un regard totalement neuf sur le monde, nous ne serons pas pris de préjugés profondément ancrés pour juger la situation. Pourquoi des aventuriers de tous horizons ? Pour notre pluralité, justement. Pour nos différents angles d’approches, non réformés par une quelconque discipline militaire aveuglante et dogmatique, ou pour nos différences culturelles visant à un plus large panel de pistes de réflexion possibles. C’est malin : plus diversifiés nous serons en cultures et personnalités, plus nombreux seront les angles d’approche du problème. Et s’ils ont choisi de nous prendre sur Yuimen, c’est à la fois pour nos similitudes de mentalité et pour notre aspect originel banal et associé aux espèces classiques non-élémentaires peuplant Elysian. Originel, seulement, puisque nous voilà tarés de pouvoirs incontrôlables nous associant trop aisément, sans maîtrises dessus, aux élémentaires ayant fait appel à nous.

Mais ça aussi, le conseil des éléments y a pensé, et une solution est directement envisagée par la céleste souveraine : en apprendre le contrôle. Par le biais de maîtres du feu, de l’air, de la lumière et de l’ombre, de la terre, nous apprendrons tous à maîtriser notre nouveau corps. Si d’autres voyageront loin, dans des villes spécialisées et reculées, Baratume et moi-même aurons l’extrême privilège de perdurer ici, à Ilmatar, pour en apprendre plus auprès du dénommé Terhenetar, l’esprit du vent, et dernier maître de l’air. Et instinctivement, sans savoir pourquoi, j’imagine en lui un jeune homme chauve au crâne garni d’une grosse flèche bleue. Non. Peu probable. Je me contente d’effacer cette pensée d’un revers de neurone. Antique, et non en toc, il doit être un vénérable ancien à la maîtrise rendue parfaite par le temps et l’expérience. De longues heures d’amusement en perspective, j’adore les vieillards. Mais cela dit, cela nous donne, à l’humain et moi, un avantage sur nos semblables : nous ne perdrons pas de temps sur les routes, et pourront œuvrer avec plus de liberté à nos premières visites d’Elysian, une fois cette maîtrise acquise. Ou prendre du bon temps avec les habitants de cette cité riche en surprises. Et encore, mon regard cherche, sans qu’elle puisse en saisir le sens, celui de la tendre Ixtli, une pointe d’amusement l’étreignant en l’éclairant d’une lueur nouvelle.

La visite d’Elysian. Voilà l’introduction au dernier point du discours d’Aaria’Weïla. Car elle évoque désormais notre premier objectif pour résoudre cette énigme d’apparence insolvable, cette mission impossible. Cet objectif a un nom : Illyria. Un nom prometteur, qui évoque richesses et grandeur. Et je ne suis pas loin de la vérité, puisqu’elle est décrite comme la cité la plus importante d’Elysian en termes d’économie et de pluralité ethnique. Carrefour commercial important, tant dans l’import que l’export, apparemment, elle occupe une place stratégique géographique de choix, bordant de part et d’autre d’un détroit les deux mers de la région. Seule cité humaine ayant des relations avec les élémentaires, ces relations sont hélas actuellement mises en danger par le décès proche du vieillissant monarque ayant conclu les accords entre peuple. Sa disparition proche, doublée d’une absence de successeur, ne fait pas nos affaires, et des rumeurs montent sur l’occurrence d’une guerre de succession en préparation. Une guerre intestine à la cité, mais pas uniquement, puisque les villes voisines y verraient probablement une opportunité de s’octroyer les rênes de ce petit bijou d’ingéniosité commerciale. Dans cette ambiance pesante d’incertitude, il est malvenu pour les élémentaires de s’y balader, aussi serons-nous les plus indiqués pour nous y rendre, et nous ouvrir les portes des autres cités, apparemment plus récalcitrantes à dévoiler leurs secrets à de vils étrangers.

Sirotant une gorgée de ce liquide sirupeux au goût divin, je me mure dans une réflexion prostrée. Je note mentalement le moindre détail de ce qui vient de nous être annoncé, afin de n’en oublier goutte. Mais une idée, une interrogation, a pointé dans mon esprit quand j’ai posé les yeux sur la carte, voyant plus précisément que jamais la disposition des villes. Les cinq villes élémentaires, Ilmatar, mais aussi Elivagar, Erta’ale, Niyx et Barkhane sont toutes sur la même rive du continent, quasiment alignées si l’on excepte la cité sylphe. Mais toutes proches l’une de l’autre. Et en moi, je ne peux nier le doute qui m’étreint, depuis cette vision de la ruine sindel dans laquelle nous sommes arrivés. Pressé, plus que de rigueur, de connaître l’explication à tout ceci, je m’approche de la Reine et lui expose mes songes, alors que les regards sont attirés vers l’ambassadrice de Niyx, qui semble soudain prendre ombrage de la nuit fraîchement tombée. D’ombre et de lumière. Sur le ton de la conversation, et plus celui de l’annonce publique, je m’adresse à la Reine d’une voix qu’entendront ceux qui voudront bien l’entendre.

« Jillian nous a parlé brièvement des… événements survenus il y a 1800 ans. Il a évoqué une guerre entre des dieux, ayant provoqué la destruction de peuplades entières, dont mon ethnie. Vous l’évoquiez plus tôt en comparaison avec le drainage magique que vous subissez actuellement. Ces dieux dont votre général parlait, pourraient-ils être responsables de ceci ? Sont-ils bien morts, tels que Jillian nous l’a annoncé ? Et vous parliez également de l’ère des élémentaires… existiez-vous, élémentaires, avant ce ravage antique ? Vos cités actuelles étaient-elles déjà debout ? Et si oui, comment ont-elles survécu à ce choc ? »

Mon hypothèse : le ravage ancien aurait pu non pas détruire les anciennes civilisations, mais les changer, les modifier… En faire des élémentaires, par le contact du sang et des fluides de vie des dieux mourants. Et s’ils existaient déjà, pourquoi ont-ils été les seuls survivants de cette région apparemment fortement touchée par la guerre déicide ? Je ne pourrai partir le cœur serein sans connaître les tenants et aboutissants de ce pan de l’histoire d’Elysian, auquel nous avons été confronté malgré nous, de pleine face.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 06:05 
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But véritable de la mission


Toujours debout sur la table centrale, prenant soin de regarder où je mettais les pieds afin de ne pas piétiner la carte du monde d’Elyisian qui s’y trouvait étalée, je regardais l’assemblée plutôt hétéroclite qui s’y était réunie. Certains tout comme moi demeuraient muets se contentant d’observer, d’autres, moins timides, créaient immédiatement des liens et entamaient des conversations.

Ce fut le sergent Cromax qui d’une voix forte et agréable à entendre se présenta le premier à toute l’assemblée. Il profita ensuite de l’attention qui lui était à présent accordée pour demander précisément ce que la reine et ses élémentaires attendaient de nous. Il termina en levant son verre et prononçant des vœux d’amitié et de liens créés.
Alors que j’admirais le charisme du milicien, l’homme de Naora s’approcha doucement de la table où j’étais juchée. De sa haute stature, il se pencha légèrement vers moi et à mi-voix, tout en désignant la table des victuailles, il me proposa son aide afin de m’aider à me déplacer plus facilement, s’excusant au préalable de son ignorance de la coutume des lutins et ne voulant surtout pas m’offenser. Tout en le fixant de mes yeux espiègles, je lui souris sincèrement et lui répondit de ma voix enjouée :

« N’ayez crainte, vous ne m’offensez pas, au contraire je vous trouve très aimable. Mais je vous en prie, appelez-moi Guasina ! Je grignoterais bien quelques petits fruits plus tard et j’accepterai alors volontiers votre proposition de me déplacer. Mais pour le moment, je préfère demeurer ici afin d’avoir une meilleure vue sur les gens et sur la carte. »

Il s’écarta ensuite légèrement retournant à ses observations. À ma grande satisfaction, je vis Birûvaya s’approcher maladroitement de moi, tout en me souriant. Je répondis à son sourire et l’encouragea à s’approcher davantage d’un geste de la main. J’allais ouvrir la bouche pour me présenter à lui lorsque la reine prit de nouveau la parole. Je me tournai donc vers celle-ci qui brandissant sa coupe, nous souhaita de trouver sur ses terres plus que ce nous étions venus chercher. Puis, elle s’appuya contre la table, à quelques pas de lutins de moi. Je fus bien tentée de m’approcher d’elle pour lui parler, mais je me retins. La main gauche sur sa poitrine, l’autre tenant son verre, elle semblait pensive, je n’osai donc pas la déconcentrer. Quelques secondes semblèrent lui suffire pour remettre ses idées en place, puisqu’elle leva les yeux sur nous, affichant à présent un air sérieux. Répondant à la requête de Cromax, elle entreprit de nous expliquer plus précisément les raisons de notre recrutement. Tout comme Jillian nous l’avait expliqué, Elysian était victime d’un troublant drainage de ses fluides et ils craignaient un ravage comme il y avait eu 1 800 ans plus tôt. Ils craignaient également que ce drainage emporte également les fluides dont ils étaient constitués et les fasse disparaître à jamais. Le but de notre mission était donc de découvrir l’origine de ce drainage et de tenter de l’arrêter.
Je fronçai alors les sourcils.

(Oui, mais tout ça, on le sait déjà !)

Elle expliqua ensuite pourquoi, ils avaient besoin de nous au lieu de faire eux-mêmes l’enquête. Tout d’abord leur nature même d’élémentaire leur empêchait toute discrétion, et toute possibilité de se mêler à la foule. La seconde raison énoncée était plutôt particulière, mais démontrait une certaine intelligence et stratégie. Ils avaient décidé d’avoir recours à des aventuriers de toutes races et de métiers différents, afin de pouvoir jouir d’une plus grande diversité d’opinion et d’idées.

(La différence… la complicité entre gens.)

Je rejoignais tout à fait ce point de vue. Soit sur l’ile flottante ou dans le bagne maudit, notre différence nous avait bien servie et notre complicité nous avait évité bien des ennuis.

Elle poursuivit ses explications, nous précisant que nous devions apprendre à maîtriser les fluides sauvages qui modifient notre corps. Cela était vraiment nécessaire afin de pouvoir nous mêler parmi les non élémentaires d’Elysian. Mais pour arriver à cela, nous devions nous rendre dans la cité où habite l’esprit de notre élément. C’est cet être qui nous apprendra à maîtriser nos modifications corporelles. Ainsi Baratume et Cromax resteront à Ilmatar, tandis que le reste devra se déplacer vers les cités nommées accompagnés de nos ambassadeurs respectifs.

(Je partirai donc avec Kalas et Birûvaya ! )

La reine se retourna vers la carte et pointa du doigt les villes importantes. Discrètement, je me déplaçai quelque peu afin de ne pas nuire à la visibilité des autres invités. Elle indiqua tout d’bord Illiria, la ville économiquement la plus puissante de tout Elysian et la seule avec qui Elysian entretient des liens commerciaux. Elle nous proposa donc de commencer à enquêter dans cette ville, une fois que nous aurions appris à contrôler le muutos.

Beaucoup de nouvelles informations en peu de temps, je sentais mon cerveau en ébullition. Heureusement, la reine avait terminé ses explications.

Ce fut le sergent Faëlis qui prit la relève questionnant sur le temps que durerait l’apprentissage du contrôle de nos modifications et combien disposions-nous de temps avant qu’Elysian soit perdue?

Crômax poursuivit ensuite en demandant si la guerre des dieux avait pu avoir un lien avec le drainage soudain. Il questionna sur la réelle mort des dieux, sur l’existence des élémentaires avant le ravage antique. Et quelles étaient les cités en place avant l’événement survenu 1 800 plus tôt.

J’écoutais les questions fortes pertinentes de mes compagnons, mais quelques autres me trottaient dans la tête depuis un petit moment.

Me décidant enfin à les poser, je levai la voix et la main pour attirer l’attention sur moi.

« Je vais peut-être vous paraître sotte, mais plusieurs aspects des fluides m’échappent, et même sur Yuimen, je n’en possède aucun. Ainsi, comme me le disait ma grand-mère, si l’on ne veut pas demeurer ignorant, il faut avoir le courage d’avouer son incompréhension et de poser les bonnes questions. Et bien. À plusieurs reprises, j’ai entendu le général Jillian affirmer que les fluides des mages de Yuimen proviennent de leur propre corps, mais qu’en est-il alors de ceux d’Elysian ? Vous connaissez leur origine ? Et puis, nos transformations à nous proviennent de fluides sauvages… Les vôtres sont domestiqués ? Qu’est-ce qui détermine l’appartenance à élément en particulier ? Les parents, où l’endroit d’où il est né ? Vous parlez de drainage de fluide… mais concrètement comment le devinez-vous ? Comment le ressentez-vous ? Vous le voyez ? Vous l’entendez ? »

Cela dit, j'attendis les réponses en espérant de pas avoir choqué par mon ignorance.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 14:44 
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Localisation: Quête 32 : Elysian | À la recherche des Hypogriffes perdus
Face à ma demande, la reine m'annonce que Cromax et moi allons rester quelque temps ici. J'acquiesce en entendant ces mots. De toute façon c'est ce que je compter faire, rester ici. Au moins le temps d'en apprendre un peu plus sur ce monde, nos nouveaux pouvoirs, les liens unissant les différents peuples et pleins d'autres détails qui pourraient m'être utile dans ma mission.

Elle me laisse en plan pour s’avancer un peu et se servir d'un étrange breuvage dans une fine coupe en cristal. D'un blanc pur et éclatant, il semble voler dans le récipient. Décidément, je crois que je n'ai pas fini de découvrir de nouvelle chose. Je me perds quelques instants dans mes pensées. Je repense en effet à mon idée un peu saugrenue de monter un cirque itinérant à notre retour sur Yuimen. Finalement ce n'est pas totalement débile. En fait, ce qui serait agréable ce serait de rester tous ensemble et de former une compagnie d'aventurier. Moi qui, pour l'instant, est un peu seul, je ne dis pas non.

La Reine s'approche de la carte et s'appuie sur la table. Le fait qu'elle croise son bras sur sa poitrine, attirant ainsi les yeux à cet endroit, finit de me ramener à la réalité. Le fait qu'elle prenne la parole m'oblige à me concentrer. Elle énonce le problème du drainage qui entraînera petit à petit la destruction de ces terres et des élémentaires.
Aaria’Weïla nous explique clairement notre mission, si toutefois nous l'acceptons. Mais je n'ai aucun doute sur ce point, du moins de mon côté. Je suis ici pour servir, et je servirai. Nous, les aventuriers, devrons-nous rendre dans les cités humaines afin d'enquêter sur le drainage. Elle souligne ensuite le fait que les élémentaires souhaitent une diversité de points de vue. Ainsi, ils ont fait appel à de simples aventuriers, et non à une armée de métier.
La mission expliquée dans les grandes lignes, la reine nous déclare que chaque aventurier va devoir rencontrer l'esprit de notre élément. Nous allons ainsi pouvoir apprendre à contrôler le muutos, c'est comme cela qu'ils appellent les pouvoirs liés aux fluides sauvages de ce monde.

Je m'approche alors de la carte, à ses côtés, afin de profiter de ses indications. Elle nous en dit alors plus sur la situation politique actuelle d'Elysian. La plus puissante des cités, et aussi la seule avec laquelle les élémentaires ont des liens, est actuellement plongée dans l'agitation. Son roi est sur le point de mourir et il n'y a pour l'instant aucun successeur. Ainsi la reine nous conseille de commencer par aller là-bas, une fois nos muutos maîtrisés.
Je m'apprête à prendre la parole lorsque Yuralria change petit à petit de couleur de peau. Phénomène étrange et inquiétant, je m'aperçois alors qu'il fait nuit et que c'est sûrement à cause de ça.

Cromax soulève alors le fait que Jillian nous a déjà un peu parlé de ce qui s'était passé il y a plusieurs siècles. Il pose donc quelques questions pour en savoir plus sur l'origine des élémentaires, leurs cités, les dieux, et tout ce qui va avec. C'est justement sur ces points que je souhaitais en savoir plus. Tant mieux, je n'aurais pas à parler devant tout le monde.
La petite lutine se lance et pose aussi ses questions. Elle s'intéresse au drainage et aux fluides de ce monde. Je ne doute pas une seule seconde que les réponses qui vont suivre nous aiderons énormément.

Pour ma part, je me contente de rester là, près de la carte. Je préfère écouter, analyser, et réfléchir, que de poser tout un tas de questions. Et puis, j'aurais tout mon temps une fois que les autres aventuriers seront partis pour leurs cités.

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Hawke de la maison Zear'ël', Sindel, Chevalier du Chaos
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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 03:17 
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Localisation: Elysian : Forêt d'Aetelrhyt (Quête 32)
En se rapprochant de la table, Kalas remarqua qu'il manquait déjà une occasion de dialogue avec les différentes personnes présentes dans la salle. Mais la faim du voyage entre la forêt de Dehant et Ilmatar n'avait été sustentée que par quelques morceaux de viande séchée et des fruits trop mûrs. Heureux d'enfin pouvoir se nourrir correctement, le Shaman dégusta les différents mets qu'il reconnaissait le plus, trop inquiet pour tenter de diversifier son alimentation.

Les paroles de la Reine attirèrent rapidement l'attention de tous, coupant les vagues discussions déjà entamées dans la salle. De sa voix de velours, elle expliqua les lourdes conséquences de la disparition des fluides sur Elysian, remémorant les incidents survenus 1800 années auparavant.

(Je n'avais pas vu les choses sous cet angle... Si les élémentaires sont effectivement composés de fluides, leur corps peut être amené à disparaître pendant cet étrange processus de drainage. L'heure est plus grave que je ne le pensais...)

L'idée soutenue par les dirigeants des cités était d'appeler des êtres d'un autre monde, ici Yuimen, pour récupérer des informations sur ce drainage en restant discret. La somptueuse Reine rappela également pourquoi il leur était impossible d'y arriver pour eux. Les conditions et le contexte de l'expédition étaient déjà connus de tous avant même la traversée du fluide, mais les entendre de la bouche même de "l'employeur" ne fit pas le même effet à Kalas.

(Pourquoi une mission qui à la base demande investigation et recherche se transforme t'elle autant en mission diplomatique ? Nous aurions pu arriver sur ce monde avec les informations déjà à notre disposition et nous infiltrer dans les différentes cités tour à tour pour nous renseigner tout en passant inaperçus comme ils le demandent.)

Kalas se tourna vers ses collègues, disposé à leur faire part de son inquiétude. Mais les jugeant trop absorbés par le discours de la Reine, il retint ses questions pour les dévoiler plus tard.

(Et puis, je ne pense pas qu'il soit utile d'en parler à tous. Il est préférable d'en discuter avec des personnes plus proches et concernés.)

Le Shaman pensa notamment à Guasina, qui était dotée des même capacités de fluides que lui ainsi que d'un esprit curieux, réceptif à ce genre de remarque.

(Je l'aime bien, cette lutine. J'espère pouvoir passer davantage de temps avec elle, histoire de faire connaissance.)

La Reine repris le fil de son discours, expliquant le choix d'humains et non d'élémentaires pour cette mission. Ainsi, les Yuiméniens disposeraient d'une vision qui leur est propre. En effet, chacun d'entre eux disposent d'un avis qui diffère et c'est ce que la Sylphe recherche.

(Néanmoins, après les tournures diplomatiques que prennent les événements, j'espère que les avis de chacun iront dans le bon sens, celui de réussir cette mission, et pas de monter les élémentaires les uns contres les autres. Je m'y opposerais en tout cas.)

Les explications sur la nature des changements corporels surgirent enfin, thème qu'attendait l'expédition avec une grande impatience. Ainsi, ce phénomène portait le nom de "muutos" et nécessitait un processus particulier pour être maîtriser. Cela amenait à rencontrer des êtres dotés de certaines capacités capable d'insuffler les méthodes d'adaptation aux fluides. La Reine procéda également à une répartition selon l'élément correspondant à chacun des membres. Aussi Baratume et Cromax resteront à Ilmatar, Faëlis et Kerenn partiront pour Niyx, Corail rejoindra Elivagar et Kalas et Guasina voyageront jusqu'à Barkhane.

(Parfait ! Voilà une occasion que j'attendais !)

Le Shaman chercha la lutine du regard et lui adressa un clin d'oeil afin d'attirer son attention. La contemplant quelques instants, il remarqua sa belle chevelure rousse peu commune se marier parfaitement à sa tunique verte, comme une touche d'appartenance à son peuple des bois. Lui aussi avait vécu dans le sein de la nature et Kalas avait hâte de partager avec elle ses expériences et son enseignement dans la Meute.

(J'espère ne pas lui faire peur si je suis amené à me transformer en sa présence...)

Malakbêl s'agaça de l'absence de fluides de feu dans la compagnie. Jillian tenta de le rassurer, mais l'Ekhi ignora ses paroles par un haussement d'épaule.

La Reine des Sylphes termina sa coupe, heureuse de s'abreuver après toutes ces explications. Elle s'approcha ensuite de la carte sur la table au centre de la pièce, obligeant chacun d'entres nous à s'intéresser et venir observer ses indications. Kalas s'approcha d'elle, sentant la douce odeur de brise matinale qu'elle dégageait.

Si les récents événements concernant les fluides plongeaient les élémentaires dans un état d'inquiétude permanent, la situation politique amenait aussi à la crainte. En effet, chaque cité élémentaire ne devait ses liens avec les autres qu'à la plus influente ville d'Elysian : Illyria. Il s'agissait d'une cité humaine au centre de la carte, obligeant les voyageurs à la traverser pour rejoindre l'un ou l'autre côté de la Mer de Saphir. Véritable coeur commercial d'Elysian, Illyria apportait beaucoup aux autres cités et amenait chacunes d'entres elles à réagir en ces temps difficiles. Car aujourd'hui, le roi de la cité humaine était en proie à la maladie. Refusant de nommer un héritier au trône, les élémentaires furent forcés de réagir aux conséquences que cela pouvait apporter.

(L'économie d'Elysian pourrait grandement en souffrir. Si les cités alentours gardent un oeil averti sur Illyria, cela provoquerait une guerre sans merci avec ses voisins pour s'asseoir sur le trône... Haaaaaa...Comme quoi, tous les mondes semblent avoir le même problême : la cupidité.)

Les raisons diplomatiques de la mission furent bien plus éclairés pour le jeune homme, qui n'y connaissait pas grand chose en politique. Malgré tout, il s'efforça de penser que sa présence pourrait influencer positivement les événements cités grâce à son atout : sa naïveté. En soit, nombre de personne jugerait le jeune Shaman comme inexpérimenté voir incapable de comprendre. Mais Kalas n'en pensait pas autant.

(Si les fluides disparaissent, les élémentaires sont amenés à disparaître avec eux et c'est précisément ce qu'attendent leurs ennemis. L'idée d'Earnar Corail de "représenter" a fait sourire l'audience, mais elle n'était pas mauvaise. Diplomatiquement, les élémentaires auraient beaucoup à gagner à rallier un être humain à leur cause grâce à la mixité que cela amenait. Les humains verraient ainsi une occasion de parlementer et cela résoudrait beaucoup de problèmes.)

Malgré tout, la situation était urgente car la mort du roi engendrerait des conséquences insolvables. Il fallait donc agir avec sagesse, rapidité et parcimonie. Des qualités qui n'étaient pas inconnues pour le Shaman.

(Reste à savoir si mes capacités à me transformer en animal ne risquent par de décrédibiliser mes propos lors de réunions diplomatiques... Je peux toujours les cacher, arrivera tôt ou tard un moment où je vais avoir besoin de libérer un peu la pression et de courir comme un animal. Ça passera difficilement inaperçu...)

Kalas profita de s'être déplacé pour se rapprocher de Guasina afin de faire un point sur ce qui avait été raconté et pensé.

"La situation parait complexe... Je veux dire, je n'ai jamais trempé les mains dans quoi que ce soit de politique, mais j'aime penser que mon inexpérience peut-être un atout. En effet, une vision trop primaire peut conduire à des choix simples et pour le bien commun. Mais j'espère en sortir plus endurci, voyez-vous."

D'un haussement de sourcils, le Shaman se passa la main dans le cou en se redressant, le dos usé à force de se baisser pour s'adresser à l'adorable lutine, la questionnant le sourire au coin des lèvres.

"Et vous, Guasina ? Êtes-vous à l'aise avec ce genre de mission ?"

Attendant la réponse de la lutine aux cheveux soleil, Kalas observa l'assemblée en glissant le regard sur chacun jusqu'à observer l'étrange phénomène qui habitait Yuralria, l'ambassadrice des Ishtars. Sa peau s'assombrit légèrement, la teintant d'un gris foncé aux couleurs du charbon. Seuls les aventuriers furent surpris d'un tel changement, apparemment normal en Elysian de part l'ignorance de ses collègues ambassadeurs. Le petit spectacle amena Kalas à regarder par la fenêtre pour se rendre compte que la nuit tombait déjà.

Un léger mal de crâne habita le jeune esprit du Shaman encore trop vierge de ce genre de conférence, l'amenant à s'appuyer sur la table, près de la lutine. Fatigué par la vitesse à laquelle les événements s'étaient déroulés, ses pensées rejoignirent son maître et les défunts membres de la Meute. Seul rescapé du massacre, il ne comprit toujours pas pourquoi il était encore en vie et ne put retenir des larmes silencieuses en plongeant lentement la tête dans ses mains, prit d'un moment de faiblesse.

Kalas était encore un enfant qui avait vu sa famille mourir trop tôt.

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Multi d'Ellyan Crow, Boucher des Murènes et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Kenra le Ven 3 Juil 2015 09:50, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 06:29 
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Earnar ne put que sourire lorsqu'il entendit les mots de l'Ekhi l'invitant à s'installer près d'elle à ses risques et périls de sa voix froide. Tout dans son attitude montrait un ennui mortel pour cette soirée et il pouvait la comprendre, lui préférait aussi le combat à la diplomatie. Elle le reluqua de bas en haut cherchant sans doute ce qu'elle devait penser de lui, puis elle s'intéressa à sa noblesse.

-Oui, ma famille dirigeait une cité près des eaux, tout allait bien jusqu'à l'arrivée d'une demi-déesse mais c'était y'a trop longtemps pour que je m'en souviens, je n'ai que 325 ans. Vous savez votre ton froid et détaché contraste avec la chaleur qui doit couver en vous, lui fit-il remarquer avec un petit sourire.

- Certaines personnes pensent que l'eau et le feu ne s'accordent pas, qu'ils sont contraires et pourtant la lave en fusion est la preuve du contraire et elle peut tout balayer sur elle, ajouta-t-il d'un ton mystérieux et beaucoup plus bas pour éviter que d'autres que les deux Ekhi puissent entendre.

Bien vite, il dut se concentrer sur ce que disait la reine sylphe qui leur donna des informations très intéressantes en buvant ce liquide aussi aérien que la coupe. Evidemment chaque aventurier allait devoir maitriser le muutos, leur transformation due aux fluides sauvages sur Elysian et partiraient vers les cités élémentaires respectifs. Cromax allait s'attrister du départ de l'Aigail avec lui, il en était presque chagriné, presque... La reine leur rappela l'histoire de la décadence des dieux et apprit que ce phénomène actuel s'était produit aussi à cette époque, une idée commença alors à germer dans son esprit qu'il laissareposer lorsque la reine reprit son discours leur parlant d'une cité humaine faisant passerelle entre les deux continents puis de la situation politique engendrée par l'indécision d'un roi. Tellement préoccupé par les considérations politiques, il ne remarqua pas le changement opéré sur la peau de l'Ihstar.

- Chère reine, permettez-moi de vous remercier encore de l'accueil qui nous est réservé, j'aimerai seulement que vous n'annoncez pas mon arrivée, je suis doué pour l'infiltration et si vous avez quelques espions à Illyria, je pourrais au besoin les aider ou les exfiltrer en cas de risque de découverte. Au risque de choquer le sergent Cromax, avez-vous un prétendant que vous aimeriez placer à Illyria, je préfère un ami de nos commanditaires qu'un roi anti-élémentaire, impliqué potentiellement dans ce phénomène.

Earnar observa la reine, c'était risqué d'avancer ses pions ainsi surtout que Cromax lui flanquait une peur bleue, blague à part.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 12:34 
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L'Ishtar sourit très fugacement à mon propos ironique, un petit éclat dans ses prunelles d'ambre me laisse supposer qu'elle a compris ma plaisanterie, mais presque immédiatement elle retrouve sa rigoureuse impassibilité silencieuse. Je me demandais si elle était capable de manifester certaines émotions, à la voir là aussi stoïque face à l'arrivée d'un groupe d'êtres venus d'un autre monde et fort disparate au niveau des races, me voilà donc renseigné, bien que le signe manifesté soit des plus minces. Me dirigeant ensuite vers Guasina pour lui proposer de la véhiculer si besoin, je songe que cette retenue témoignée par Yuralria n'est pas pour me déplaire dans le fond, j'ai toujours eu horreur des excités incapables de dominer leurs émotions. La lutine me répond avec enjouement, un sourire qui me semble sincère sur les lèvres, mais le qualificatif qu'elle m'attribue me fait sourire intérieurement. Aimable. Je crois bien que c'est la première fois en un peu plus de quatre siècles qu'un être use de ce mot pour me décrire.

J'entends d'une oreille la glaciale réponse de l'Ekhii femelle à la sardine écervelée, qui tentait de se rapprocher d'elle, et du coin de l'oeil je discerne le sourire ouvertement sardonique de son mâle. Encore une tentative bien maladroite, d'autant plus qu'il n'y a pas la moindre chaise dans la salle...

Songeur, je me dis qu'il me sera difficile de considérer notre groupe comme une vraie équipe de confiance. A part Cromax et peut-être la Lutine, je ne parviens pas à me convaincre que les autres seront d'une quelconque efficacité, et encore moins que je puisse en venir à avoir assez foi en eux pour leur confier ma vie en cas de coup dur. L'Earion a la cervelle d'une moule, l'Hinïon ne pense qu'à flagorner et se débinera sans doute au moindre danger, le jeune Humain...moui, lui peut-être, pour autant qu'il apprenne que la gentillesse peut être une faiblesse mortelle. Reste le dernier venu, celui qui faisait des messes basses avec l'Earion, mais en ce qui le concerne, je réserve mon jugement, n'ayant pas assez d'éléments sur sa personne pour me faire un avis. Reste que ce n'est qu'un Humain également, et que cette race inférieure n'a jamais été bonne à grand chose.

La Reine d'Ilmatar prend à ce moment la parole, interrompant le cours de mes pensées, et lève une coupe en direction de l'assemblée à la suite du toast proposé par Cromax, nous adressant à tous cette même phrase qu'elle m'avait dite lors de notre rencontre. Sans doute une expression de courtoisie locale, bien que je la trouve légèrement étrange dans le contexte qui nous a amené ici. Enfin, autre peuple, autres mœurs. Pour la première fois, je la vois perdre son expression souriante, devinant alors qu'elle s'apprête à nous expliquer plus concrètement la raison de notre présence sur Elysian, et donc le problème qui les préoccupe. Un bref regard circulaire m'apprend que tous les élémentaires sont devenus graves et sérieux, voici donc venu le moment que nous attendions tous avec impatience depuis que nous avons franchi la porte de la milice de Tulorim...

J'écoute avec la plus vive attention, observant discrètement les réactions de tout un chacun aux propos pour le moins inquiétants, du moins pour les élémentaires, d'Aaria'Weïla. Lorsqu'elle parle de la menace de disparition pure et simple de leurs peuples, je ne peux m'empêcher de repenser aux légendes d'Eden, et mon regard se pose un peu plus longtemps que ne le voudrait la courtoisie sur l'Ishtar, qui représente pour moi ce passé Sindel de manière presque surréaliste. Je me demande si la dualité qui la compose ne la rendrait pas plus fragile que les autres, son équilibre pouvant éventuellement être plus facilement rompu. Et les Sindeldi sont placés pour connaître les conséquences effroyables de la rupture d'un fluide unique mêlant ceux de lumière et d'obscurité. Yuimen a déjà servi de refuge à notre peuple, devra-t'elle servir une nouvelle fois de terre d'asile si nous échouons à trouver la cause de ce drainage, puis à le faire cesser? Serait-ce seulement possible, si nécessaire? Pas avec la méthode du sceptre que nous avons employée, en tous les cas, d'après ce qui se raconte au Naora, si les Sindeldi ont pu quitter leur monde natal, ils ne l'ont dû qu'à la bienveillance de Sithi. Or ce monde n'a plus de divinités, selon ce que Jillian nous en a dit. Non que je prenne tous ses dires pour argent comptant, mais en tant que proche d'une reine dirigeant vraisemblablement un royaume important sur ce monde, il doit être plutôt bien informé.

La reine nous explique alors les raisons l'ayant poussée à faire appel à une bande aussi décousue plutôt qu'aux troupes régulières de Tulorim, arguant en outre de leur propre incapacité à passer inaperçus du fait de leurs fluides apparents. Un pari...hum. Elle nous présente cela comme une action presque évidente, banale, mais pour moi cela ressemble bien davantage à une tentative de la dernière chance. Je me retiens de justesse de lui couper la parole d'une question, parvenant à la garder par devers moi pour l'instant. Il serait quelque peu malvenu de ma part d'interrompre aussi cavalièrement une reine, m'indique mon vague sens des convenances. Je fais bien de me taire, d'ailleurs, car Aaria'Weïla poursuit aussitôt en nous révélant la manière dont nous pourrons parvenir à maîtriser ce qu'elle appelle "Muutos".

Ainsi il y a des esprits sur Elysian, à défaut de divinités, voilà une information d'importance! La suite de son discours en revanche me plonge dans une réflexion allant s'assombrissant, mon visage se modelant en un ténébreux masque de pierre rigoureusement impénétrable destiné à dissimuler ce que m'inspire l'idée de me coltiner en petit comité notre frivole loupiote lubrique pendant des jours et des jours...Mon regard se pose sur l'Hinïon avec toute la chaleur d'une banquise millénaire, brièvement, puis s'adoucit en une expression plus neutre en déviant lentement sur Yuralria qui se trouve juste à côté de l'elfe de boudoir. Je plisse les yeux en réalisant qu'elle s'est littéralement assombrie durant les quelques minutes qu'a duré l'exposé de la reine, surpris et perplexe à ce changement profond qui la rend plus mystérieuse encore. Un bref regard par l'une des fenêtres m'apprend que la nuit est tombée, elle est donc "physiquement" directement liée au rythme des jours et des nuits? Voilà qui est absolument fascinant!

Je la contemple sans penser le moins du monde à m'en dissimuler, plongé que je suis dans un profond étonnement. Elle parait sentir mon regard, car ses prunelles d'ambre, couleur si semblable à celle de mes propres yeux, viennent se river aux miennes, magnétiques, ensorcelantes dans leur absolue neutralité. Équilibre plutôt que neutralité en réalité, car dans l'immédiat je n'ai pas l'impression qu'elle me dévisage de manière neutre, bien au contraire, même si je n'arrive pas à définir l'exacte nature de ce qui transparaît dans son regard. Je réalise subitement que je la fixe avec une insistance qui pourrait lui sembler grossière, mais je ne parviens pas à me détacher des puits ambrés de l'Ishtar, par Meno m'a-t'elle envoûté?! Mes sourcils se froncent à cette idée, ma puissante musculature se crispe imperceptiblement, durcissant encore mes traits rudes d'un relief prononcé, mes doigts se ploient et se déploient, comme lorsque je m'apprête à démolir un adversaire! Je prends une ample respiration pour me détendre, pas question de cogner sur quelqu'un ici, envoûtement ou pas!

La légère détente que me permet cette résolution ferme change subtilement ma pensée, ou plus exactement me fait prendre conscience que je n'ai absolument pas la moindre envie de fracasser qui ou quoi que ce soit, et elle moins que quiconque encore. Je remarque alors l'infime sourire qui ourle ses lèvres, et l'éclat imperceptiblement amusé, voire doucement moqueur, qui luit dans ses yeux. Je sens à cet instant mon visage se modeler en un sourire incroyablement...chaleureux?! Dieux! Que m'arrive-t'il?! Je suis certain de ne jamais avoir regardé un être ainsi de mon existence, alors par les vents maudits de Sarnissa qu'est-ce qui me prend?! Je m'efforce de toute ma volonté d'effacer ce sourire de mon visage et de reprendre mon masque d'austérité coutumier, mais que Meno me consume, je n'y parviens pas! Pas plus que je ne parviens à détacher mon regard du sien! J'ai l'atroce sensation de rougir fortement, lorsque je réalise que j'ai perdu toute notion du temps écoulé depuis que je la fixe comme le dernier des rustres, et que j'imagine toutes les autres personnes présentes me dévisager de regards lourdement réprobateurs devant ce manque de tact absolu. Mais d'une oreille quelque peu distraite j'entends que la reine poursuit son discours, que je laisse s'inscrire dans ma mémoire pour l'examiner plus tard, peu de chances donc que je sois le centre de l'attention générale, à mon plus grand soulagement. Le sourire de l'Ishtar s'élargit discrètement, et d'un petit signe du menton elle me fait signe de diriger mon regard sur...moi-même? Profondément perturbé, je baisse enfin les yeux et observe mon corps, ouvrant des prunelles aussi vastes que des assiettes en découvrant de fugaces étincelles parcourant les volutes d'ombre qui s'échappent de moi, comme de petites étoiles filantes qui traceraient leurs arabesques au hasard des contorsions de mon fluide d'obscurité!

(Bordel! Cette fois je l'étripe cette foutue loupiote! C'est contagieux sa saleté de lumière! Non, attends un peu...c'est impossible, il n'y peut rien. Il a l'air plutôt gentil, sous ses dehors de courtisan de bas étage, pourquoi lui en vouloir? Mais si ce n'est pas lui...alors quoi?! Ce foutu bon sang de monde? Mais pourquoi maintenant, et pas à notre arrivée?! Je ferais bien de ficher le camp d'ici fissa et...hum, non. Je...je veux...quoi? Les aider? L'aider elle? Hey, Kerenn! Reprends-toi bons dieux! Qu'est-ce que j'en ai à fiche de ces peuples? Et de cette petite Ishtar fluette à plus forte raison?! Rien du tout! J'ai une dette à payer et c'est la seule raison de ma présence ici! Une fois que j'aurais ce que je suis venu chercher, je me casse! Et...merde! Merde merde merde! Je ne vais pas commencer maintenant à me mentir à moi-même, hors de question! Mais par les enfers, POURQUOI ai-je la furieuse envie d'aider cette Ishtar, cette reine et même...l'autre tête à claques de cornu?!)

C'est à peine si j'entends les questions de Faëlis, de Cromax puis de Guasina. J'ai envie de hurler. A pleins poumons, jusqu'à ce que ce foutu palais s'écroule sur la tête de tous ces êtres. J'ai envie d'aller droit vers cette Yuralria et de la prendre dans mes bras pour la réconforter, non comme un amant pourrait le faire, mais plutôt comme un frère. J'ai envie d'écraser comme un cloporte la loupiote qui la drague avec la finesse d'un troll. J'ai envie de lui administrer une tape amicale sur l'épaule et de lui piquer facétieusement le fruit qu'il tend précisément à l'Ishtar en ce moment même avant de rire avec lui de cette farce. J'ai envie d'un gros carnage sanglant, et en même temps d'une atmosphère paisible, envie de meurtre, de haine, envie d'amitié, d'amour, et...

(Holà! ça va pas la tête?! Je ne vais pas me mettre à me comporter comme la loupiote ou Cromax, quand même! Faut pas pousser Sithi dans les orties! Je pensais que cette foutue amnésie était une conséquence suffisante du coup que je me suis pris dans le museau, mais apparemment ce n'était qu'un début! Je fais quoi, là?!)

Comme une zombie décérébré, j'avance sans en avoir vraiment conscience vers l'Ishtar, droit sur elle, sans la quitter des yeux. Par chance il n'y a personne sur mon chemin car le malheureux aurait été rudement bousculé. Je ne m'arrête que lorsque je suis face à elle, assez proche pour la toucher, juste assez loin pour préserver les règles de la bienséance. Je réalise que je n'ai pas même prêté attention à l'Hinïon ce qui, pour une raison qui m'échappe totalement, me met légèrement mal à l'aise. Je m'adresse donc à Yuralria, mais aussi à lui, en m'inclinant avec une courtoisie que j'ignorais posséder devant l'Ishtar:

"Permettrez-vous, Dame, Sieur, que je me joigne à vous quelques instants?"

Yuralria acquiesce à ma demande d'un infime signe de tête, un mince sourire toujours présent sur ses lèvres. Je n'ai pas besoin de plus pour lui dire à mi-voix, d'un ton si doux que je me demande aussi fugacement qu'idiotement qui est en train de parler:

"Mes hommage, Dame Yuralria. Je me nomme Kerenn. Je crois...que d'une certaine façon...nous partageons quelque chose, bien que...je ne comprenne pas. Peut-être pourrez-vous m'apporter certaines explications en temps opportun, puisque il parait que je vais avoir le privilège de voyager quelques temps à vos côtés?"

Une bribe de lucidité me revient, en entendant les nouvelles élucubrations ahurissantes de l'elfe poiscaille, et je songe que je ferais peut-être mieux, dans l'immédiat, de poser à la reine les nombreuses questions qui se sont formées dans mon esprit malgré mon trouble. Mais...je remets cela à plus tard, captivé et fasciné par cette élémentaire duale aux yeux d'ambre, qui parait avoir engendré en moi un phénomène que je suis totalement incapable de comprendre.

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 13:22 
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Ilmatar - Salle du Conseil

- Vraiment ? Et seriez-vous aussi aqueux à l’extérieur qu’à l’intérieur ? rétorqua Marikani à Earnar, faisant d’avantage encore sourire Malakbêl. Vous savez ce que provoque le contact de la lave en fusion avec l’eau ? Une explosion. Particulièrement violente et destructrice.

Ixtli répondit au regard de Cromax par une œillade faussement timide, un sourire flottant sur ses lèvres. Aaria’Weïla répondit à la question de Faëlis pendant que Yuralria prenait le fruit proposé par lui en levant très légèrement un sourcil intrigué.

- Nous ignorons combien de temps il nous reste, mais assurément plusieurs semaines ou mois, à moins que le drainage ne s’accélère considérablement. Il semble avoir été constant depuis que nous l’avons noté.

La reine esquissa un doux sourire à l’égard de Guasina.

- Il n’y a guère de questions idiotes et les paroles de votre grand-mère me semblent sages. Sur Elysian les fluides sont bien plus sauvages et ont été arrachés aux corps qui les maîtrisaient avant. Notre maîtrise à nous élémentaires est différente, car nous sommes une sorte de manifestation physiques et nous somme constitués en grande partie d’eux. Quant au drainage, nous le ressentons et nous le mesurons, du moins les tisseurs d’ombre et de lumière Ishtars parviennent à le mesurer. Ce qui détermine l’appartenance d’un élémentaire sont ses parents, ce qui détermine votre appartenance à vous… Nous n’avons que des suppositions, mais c’est probablement lié à votre nature profonde.

Birhûvaya, qui était à côté de Guasina, se pencha pour lui chuchoter :

- Je ne sais pas si tu le sais, mais tu as des yeux de choucas, il semblait en éprouver une certaine joie.

Elle tourna cependant un regard grave vers Earnar.

- Il ne s’agit pas de créer un incident diplomatique, qui serait catastrophique aussi bien pour nous que pour Elysian toute entière. Je préfèrerai également voir une personne favorable au commerce avec les élémentaires monter sur le trône, mais notre pouvoir là bas est faible et il ne suffit pas d’un claquement de doigt pour faire monter la personne de notre choix, si tant est qu’il y en ait une, sur le trône. Si vous ne désirez pas être annoncé à Illyria, vous ne le serez pas.

C’est alors que survint le changement chez Kerenn. Aaria’Weïla ainsi que les autres représentant l’observèrent non sans une certaine curiosité, voir surprise. L'ombre qui émanait de lui semblait par endroit craquelée d'éphémères éclairs, comme s'ils cherchaient à se libérer de l'obscurité pour être tout aussi soudainement ravalés.

Yuralria, cependant, semblait clairement s’amuser de la situation. Bien que sa bouche ne soit étirée qu’en un très léger sourire, ses yeux s’étaient mis à briller d’amusement.

- Il est en mon pouvoir de vous aider à comprendre. Je le ferai, répondit-elle aux paroles de Kerenn.

Aaria acquiesça d’un signe approbateur et un nouveau demi-sourire apparu sur ses lèvres.

- Yura, pourrais-tu en profiter pour leur donner les pendants d’Uraj ?

Cette dernière sorti de l’intérieur de sa cape, laissant entrevoir un corps fin et gracile que recouvrait une robe écru, plusieurs pendentifs rattachés à des chaînettes ou à des lacets de cuir. Ils étaient tous semblables, faits d’un métal étrange légèrement ciselé et orné au centre d’une pierre bleue. Elle en distribua un à chacun, en donnant une version miniature à Guasina avant de reprendre la place qu’elle occupait, lançant un nouveau regard amusé à Kerenn.

Image


- Les pendants d’Uraj sont des objets magiques. Ils vous permettront de vous transporter presque instantanément une fois par jour dans un lieu sur Elysian que vous avez déjà visité. Une fois que vous aurez maîtrisé le muutos, je vous invite à les utiliser pour revenir ici et ainsi pouvoir repartir plus vite vers Illyria ou une toute autre destination.

Finalement, Aaria répondit à la question de Cromax, qui nécessitait un plus grand approfondissement.

- Les dieux sont bel et bien mort, et ils n’y sont pour rien dans cette situation, du moins directement. En vérité, pour que vous entendiez la situation, vous devez comprendre ce qu’il c’est passé voilà près de 1900 ans. Les dieux, pour une raison qui s’est perdue dans les affres de la guerre, ont commencé à se quereller, emportant dans leurs croisades leurs priants et les races qui se trouvaient sur leur chemin. A cette époque, hommes, elfes, orques, et toutes ces races que vous connaissez sur Yuimen possédaient des fluides, à l’image de votre monde natal.

« Cette magie était un don d’Ankh Onaka, le dieu de la magie, l’un des rares à ne pas avoir prit parti durant cette guerre. Il fut cependant l’un des premiers à mourir et à sa mort les fluides, devenus incontrôlables, se déchaînèrent, s’arrachant de ces races qui s’en trouvèrent alors dépourvues. Ankh Onaka avait pour épouse, dit-on, Caelès, déesse mère de la terre d’Elysian, aussi les fluides lui étaient intimement liés. A la mort du dieu, l’équilibre des fluides se trouva rompu, entraînant dans ses rais une déstabilisation d’Elysian. Séismes, raz-de-marée, éruptions volcaniques se succédèrent.

« Caelès, pendant ce temps, pleurait son époux et négligeait ses devoirs, laissant la terre ravagée et les races dépérir. Quelques rares personnes osèrent l’approcher et parvinrent à la convaincre d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Pendant ce temps, la folie des dieux se poursuivait et un à un ils tombaient, durant un siècle. Caelès parvint, dit-on, à créer un artéfact qui canalisa les fluides en lui et, couplé à ses propres pouvoirs, elle l’utilisa pour nous créer nous, élémentaires, afin que nous fassions ce qu’elle ne pouvait plus faire : sauver Elysian. Nous parvînmes à canaliser les éléments de sorte à ramener le calme dans ces contrées et depuis nous veillons sur cet équilibre.

« Mais les humains nous jugèrent responsables de la perte de leurs fluides et refusèrent, jusqu’à il y a peu, d’avoir le moindre contact avec nous. Nous nous installâmes alors dans les Crocs du Monde, dans les ruines de ce qu’étaient autrefois d’anciennes civilisations, rebâtissant les merveilles qu’ils avaient pu construire et qui avaient été détruites.

- Depuis, les Ekhii vivent dans le volcan qui a ravagé les Crocs et détruit les Sindels, veillant à ce qu’il ne s’éveille pas, dit Malakbêl, que tout amusement avec déserté.

Jillian prit alors la parole.

- Il est possible que cet artéfact, que nous croyions perdu, soit utilisé pour drainer les fluides, mais, une fois encore, il ne s’agit là que d’une supposition.

Ixtli acquiesça.

- Nous ignorons tout de lui, de sa forme, de ce sa nature, ni même s’il ne s’agit pas simplement d’une légende.

Aaria'Weïla approuva leurs paroles et poursuivit.

- Nous vous avons donné beaucoup d'informations en fort peu de temps, je comprendrais que souhaitiez vous retirer pour y réfléchir. Si d'aventure vous souhaitiez rejoindre vos appartements, il vous suffirait de le demander à un sylphe. Vous pouvez vous balader dans ce palais, ou discuter avec nous, nous restons à votre disposition. Si cela vous convient, demain les ambassadeurs vous mèneront jusqu'à leurs cités.


[Baratume - xp : 1 (post)
Kerenn - xp : 3,5 (post ; 0,5 (questions)
Cromax - xp : 3 (post) ; 1 (questions)
Guasina - xp : 2 (post) ; 0,5 (questions)
Earnar - xp : 0,5 (post) ; 0,5 (propositions)
Kalas - xp : 2,5 (post)
Faëlis - xp : 1 (post) ; 0,5 (question)]

_________________
Image


Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 16:28 
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À ma suite, mes pairs et semblables s’attèlent à rivaliser d’imagination pour harceler de nouvelles questions la douce maîtresse des lieux. La lutine rouquine, par exemple, tente de faire croire à l’assemblée qu’en elle n’est aucun fluide, habituellement. Ô douce caresse du mensonge éhonté qui, sous des airs innocents, insulte savamment ses victimes éplorées et naïves. Mais à moi, on ne me la fait pas à l’envers, on ne me gruge pas de la sorte, on ne me berne pas si aisément. Le mensonge donne des fleurs, mais de lui ne nait aucun fruit. Car de fluides, si elle n’est faite de bois – et là encore la sève courant ses veines aurait raison de tout argumentaire – elle en possède bien. Le sang, la bile ou la pisse chaude coulant entre ses jambes d’avoir trop bu. Je ne les connais que trop, ces fluides visqueux s’échappant des corps percés par des lames acérées, exhalant les relents parfumés et écœurants des humeurs infectées parcourant tout son corps. Aussi sûr qu’elle a l’œil monstrueusement dépourvu de sympathie d’un piaf rappelant par trop la mort, elle nous leurre, la garce !

(Cromax…)

Ah, quelle honte, quelle infamie, quelle ignominie pleine de bassesse, elle qui me semblait si pure et gentille, la voilà qui montre son vrai visage monstrueux, celui qui nous mènera tous à notre perte inexorable. Rhaa, la rage me gagne, la haine m’emporte, et mon courroux : coucou !

(Cromax. Elle parlait de fluides magiques.)

Qu’importe ! Cette traînée paiera ses affronts effron…

(Des fluides ma… mince.)

J’me sens con, du coup, et la laisse poser ses questions sans plus l’écouter, me cachant dans ma tartine pour en dévorer un coin garni de fromage blanc. L’alcool brumeux serait-il donc si fort, pour m’abuser à ce point d’une seule gorgée ? Où est-ce mon inanition du jour qui me victimise de la sorte… Diantre je dois me calmer, et vite. D’autant que je vois, du coin de l’œil, un Kerenn autrefois sombre, qui se zèbre de lacis lumineux, d’éclairs immaculés et éphémères dans l’ombre de son iench, hé hé. Heu. Dans l’ombre dont il est partiellement constitué. Je note seulement maintenant cet aspect ténébreux, synonyme d’une part sombre en lui. Détenteur de fluides d’ombre, ou ombre lui-même, spirituellement vicié et enclin à la tromperie, la trahison et le vice morbide. Mais de nouveau, je sais que je délire, n’étant pas moi-même perclus de vent, habituellement. Ces changements, comme l’explique Aaria peu après, sont probablement dus à notre nature profonde. Ce qui en fait étaye un peu mes pensées sur le sombre géant, mais bon. Les stries lumineuses en lui ne sont-elles pas augures d’un espoir pour ce côté sombre à tous révélé.

Je n’aime guère ces pensées paranoïaques qui faiblissent mon esprit, et catégorisent mes pensées dans un carcan misérable d’où elles ne peuvent plus s’échapper, m’aveuglant à la beauté, à la vie, à la liberté, ces choses que j’aime tant. Ah quelle plaie, que je me sente ainsi engoncé dans ces horribles travers, que le goût de la pitance ni les mots de mes pairs ne rassurent. Puis, soudain, j’entends mon nom, prononcé par Earnar le Bleu, Earnar le fourbe, qui me cite en exemple de pudibonderie pour expliquer son plan détourné été sournois, visant à s’introduire à Ilmatar sans qu’il soit annoncé, afin de mieux s’intégrer, à coup d’infiltrations discrètes, dans les milieux de la cité humaine. Je lève un sourcil réprobateur : son plan est excellent, son initiative pertinente, et sa volonté d’agir notable. Pourquoi pense-t-il que je ne pourrais pas être d’accord avec ses propos ? L’incident de la milice, sans doute. Mais il est fort différent, en comparaison, de proposer un plan d’infiltration discrète dans une cité inconnue que d’annoncer à tout va vouloir commettre un délit dans une pièce de la milice et devant des officiels de celle-ci. Et son idée de placer à la tête de la cité un être élémentaire n’est pas stupide non plus. Hélas, comme l’annonce la Reine, la chose est peu probable, et même si elle partage cet avis, leur influence à Illyria est trop faible pour pouvoir compter dessus.

Au moins l’intervention, et l’énonciation de mon nom, m’ont fait revenir dans la réalité, et un peu perdu, je cherche une fois de plus le regard d’Ixtli dans la petite assemblée. Cette fois, par chance, l’onyx croise l’ambre. Une œillade discrète et intimidée m’est renvoyée, alors qu’un délicieux sourire orne ses lèvres entrouvertes. Je fonds. Je fonds, et toute pensée dénaturée m’abandonne. Quel plaisir, quelle légèreté. Que demander de plus, finalement, à la vie que je chéris tant, qu’un être ainsi capable d’un sourire, d’un regard, de me faire oublier tous mes soucis et tracas. Je rends son sourire à l’ondine d’Elivagar, ne sachant plus détacher mon regard d’elle sous peine d’être changé en statue de sel.

Le sort m’y contraint toutefois, lorsque l’ambassadrice aux deux visages, d’ombre et de lumière, nous remet à chacun, sous le conseil avisé de la monarque sage, des pendentifs étranges. Je me saisis du mien sans le mettre, dans un premier temps. Ma dernière expérience avec un collier m’a laissé dubitatif à l’idée d’en essayer sans préalablement me renseigner sur ses effets. JE passe une main légère sur mon cou, marqué toujours de ce collier maudit, ancré en ma peau comme un tatouage, et dont je ne pourrai jamais me débarrasser. Celui qui a failli me faire perdre toute ma liberté, physique et de penser. Et si je crois pouvoir faire confiance à la matriarche Sylphe, je n’en attends pas moins la fin de ses explications pour le passer autour de mon cou. Un objet magique visant à nous téléporter dans un endroit connu. Magnifique ! Voilà qui peut s’avérer drôlement utile. Je remercie la frêle Yuralria d’un sourire et d’une inclinaison de la tête avant de me plonger dans les yeux et les paroles d’Aaria’Weïla, qui nous narre tragiquement l’histoire de la guerre des dieux et de la chute de nombreux des peuples qui les suivaient.

Ainsi, j’apprends qu’avant cette guerre, tous les peuples possédaient des fluides, don d’un divin de la magie au nom que je ne parviens pas à me répéter mentalement. Il fut le premier à mourir, laissant derrière lui des fluides instables et sauvages, qui menacèrent l’intégrité de nombre de leurs porteurs, et d’Elysian tout court, déclenchants séismes et raz-de-marée. Son épouse éplorée, déesse mère du monde, n’œuvrait plus, de par sa peine, pour la sauvegarde du monde. Aussi de courageux mortels vinrent se présenter à elle pour lui crier l’urgence de la situation. Elle les écouta, et créa un artefact sensé maîtriser les fluides et les canaliser. Elle usa de cet objet légendaire pour créer les élémentaires sous leur forme actuelle, avec comme mission la sauvegarde d’Elysian. Ils parvinrent à restaurer l’ordre, mais leur avènement fit naître chez les humains des jalousies et des rancœurs, et au lieu d’être accueillis en héros, ils furent stigmatisés et refoulés vers les Crocs du monde, où ils demeurèrent, créant les villes élémentaires sur les ruines de celles des peuples anciens. Ça concorde pas mal avec ce que j’ai suspecté. J’ai l’impression de ne pas être aussi à l’ouest, finalement. Jillian précise ensuite, un peu inutilement en ce qui me concerne, que l’utilisation de l’artefact perdu est peut-être à l’origine du drainage des fluides. Ça me semble assez clair, même s’il nous reste à trouver les responsables, et à vérifier l’information.

Et avant que la Reine ne s’exprime pour dire que nous sommes libres de parcourir le palais à notre bon vouloir, nous proposant suites et appartements pour la nuit, Ixtli précise que cet artefact, nul n’en connait la forme ou la nature… Pas même s’il existe vraiment. Un esprit critique notable, qui ne fait que lui ajouter plus de charme. Profitant de notre quartier libre, je termine ma tranche de pain avant de m’approcher de l’aigail doucement, arborant un sourire de connivence. Toutes ces informations amèneront des questions… une fois la nuit passée. Des réponses, Aaria pourra alors m’en donner, quand elles auront muri en mon esprit. D’ici là, je compte bien profiter de la soirée, d’autant que, et mon cœur s’est étreint à cette pensée, Ixtli est censée partir demain pour sa ville natale, accompagnant Earnar vers le peuple de l’eau.

« Alors, demoiselle. Que ressentez-vous à l’idée de revoir Elivagar ? Les hautes tours d’Ilmatar ne vous manqueront pas trop ? »

Puis, après un soupir d’aise mêlé d’embarras, je poursuis :

« Je vous y aurais bien suivie, si je n’étais tenu de rester ici pour apprendre à contrôler ce nouveau pouvoir. Vous m’intriguez, Ixtli. J’ignore pourquoi, mais j’aime à percer les intrigues qui s’offrent à moi. »

Je lui indique la table aux boissons.

« Cela vous tenterait-il que nous fassions plus ample connaissance autour d’un verre ? »

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 19:59 
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Les diverses questions, et leurs réponses, entrent dans mon esprit sans que j'y prête vraiment attention, mais je sais que je pourrais retrouver les mots exacts prononcés, plus tard, lorsque j'aurai dompté le profond trouble qui m'a saisi à la vue de ces bribes lumineuses qui tentent, vainement pour l'heure, de contrebalancer l'obscurité qui émane de moi. Yuralria s'amuse visiblement fort de ma situation, et ses yeux d'ambre scintillent littéralement comme deux étoiles dans son fin visage assombri. Elle me répond avec assurance et simplicité, disant qu'elle a le pouvoir de m'aider à comprendre, et qu'elle le fera. Je m'apprête à lui répondre mais la reine, usant d'un diminutif de son prénom après avoir approuvé d'un hochement de tête que j'aperçois du coin de l'oeil les paroles de mon interlocutrice, lui demande alors de nous donner un mystérieux pendentif. Je tourne plus directement le regard vers elle, surpris qu'elle ait remarqué mon état et entendu la réponse de l'Ishtar à mon interrogation alors qu'elle était passablement accaparée par le flux de questions de mes compagnons. Je remarque alors que les différents élémentaires me scrutent avec curiosité, voire surprise pour certains, je fixe brièvement chacun et chacune dans les yeux, un infime sourire au coin des lèvres. Ainsi je ne suis pas le seul à trouver cela étrange et surprenant, je dois bien avouer que cela me rassure un peu, presque autant que les paroles de l'Ishtar qui sont pour moi un véritable baume au coeur.

Yuralria donne à chacun l'un des colliers, puis revient prendre place vers Faëlis et moi en me jetant un nouveau regard amusé, auquel je réponds d'un petit haussement d'épaules assorti d'une petite moue d'auto-dérision. Aaria'Weïla nous explique alors les propriétés des pendentifs, et par Meno, là je dois admettre que je tombe des nues! Jamais je n'ai entendu parler d'un tel pouvoir, se transporter presque instantanément d'un point à un autre...cela ouvre des perspectives fort attrayantes! C'est aussi le premier objet magique d'Elysian que nous avons la chance d'observer, mis à part le sceptre servant à passer le fluide, ce qui en soit est aussi une information intéressante car rien n'assurait qu'il en existe ici. J'écoute ensuite le récit historique que nous conte la reine, puis hausse un sourcil légèrement incrédule à l'ajout de l'Ekhii, ainsi mon peuple aurait succombé suite à une éruption?! Il ne me semble pas avoir remarqué de traces de ce type de cataclysme dans les ruines que nous avons traversées, mais deux millénaires auront sans doute suffit à effacer les cicatrices du désastre. En revanche, qu'il n'y ait eu aucun survivant...ne possédaient-ils donc pas la technologie des Aynores, ou Cynores? Ni objets magiques du genre de celui qui vient de nous être remis? Étrange. Je suis très curieux de rencontrer quelqu'un ayant vécu cette époque, vraiment.

Instinctivement, je jette un coup d'oeil par les fenêtres, et découvre alors les deux lunes, l'une pleine et l'autre gibbeuse, dont m'a parlé Aaria. Sa taquinerie me revient à l'esprit, et me tire un nouveau sourire franchement amusé cette fois. Je suis bel et bien troublé, mais les lunes n'en sont pas vraiment la cause. Je plisse légèrement les paupières, pensif, aux évocations très incertaines d'un mystérieux artefact, mais je n'ai pas le temps de creuser la question que la reine nous propose, si nous le souhaitons, d'aller nous reposer. Je n'ai pas dormi la nuit passée, qui fut plutôt agitée puisque il m'a fallu souffler cinq vies, mais pour l'heure je n'ai pas sommeil et préfère me tourner à nouveau vers Yuralria pour lui adresser un franc sourire et quelques mots prononcés de manière à ce qu'elle seule entende:

"Je vous sais gré, Yuralria, d'accepter de m'aider à comprendre ce qui m'arrive. J'ignore encore quelle aide je pourrai vous apporter pour ma part, mais sachez qu'elle vous est acquise sans réserve. Je ne vous laisserai pas dépérir, Dame, ni vous ni les vôtres.*

Mon sourire, à ces derniers mots, laisse place à une expression déterminée, dure et inflexible, celle-là même que les Shaakts du Naora en sont venus à craindre comme la peste, celle-là même qui redonnait courage à mes frères d'armes lorsque la mort étendait son voile macabre sur nous. Je sais que je ne suis plus le même Sindel qu'autrefois, j'ai servi la mort durant des siècles, pensant indistinctement protéger les miens des Shaakts par ce moyen extrême, sans le moindre doute, sans la moindre hésitation, jamais. Je ne sais si je serai meilleur, ni dans quelle mesure j'aurai le pouvoir de mes ambitions, mais j'éprouve une profonde envie de changer de voie. Je veux servir la vie, les yeux grands ouverts pour ne dispenser la mort qu'avec parcimonie, lorsque cela me semblera absolument nécessaire. Je frémis imperceptiblement, une ombre voilant mon regard, en repensant aux femmes, aux enfants, que j'ai exterminés. Rares sont les visages dont je me souviens, parmi mes proies, et je doute que cela soit seulement dû à ma mémoire défaillante. Je n'en avais cure, j'étais rigoureusement indifférent à leurs existences, et de même à leurs morts.

Est-ce la magicienne du Naora qui a éveillé cette subite conscience en moi? Le passage sur ce nouveau monde? Les rencontres que j'y ai faites? Je n'en sais rien. Je sais en revanche que je pourrais aisément redevenir le tueur impitoyable que j'étais, il suffirait d'une étincelle, d'une raison. Mon équilibre n'est plus, je me sens comme un funambule sur sa corde raide, susceptible de choir au moindre mouvement, sauf que ma corde est une lame redoutablement affutée. Qu'un doute m'étreigne lors d'un combat, et ce sera ma fin. Je parcours la salle d'un regard songeur, ne parvenant pas encore vraiment à réaliser que je suis là, dans une cité du nom d'Ilmatar, sur un autre monde que Yuimen. Mes yeux se posent à nouveau sur les lunes, et soudain une nécessité s'impose à moi, puissante, impérative. Mes prunelles se rivent une nouvelle fois à celles de Yuralria, et avec une imperceptible gêne fort peu coutumière chez moi, je lui demande d'un murmure:

"J'aimerais prendre l'air quelques instants, contempler ces deux lunes inconnues et voir votre monde à leurs lueurs. Me feriez-vous le plaisir de m'accompagner? Nous pourrions bavarder un peu. Je...ne suis guère habitué à ce genre de...réunion."

Un sourire discrètement ironique, un rapide regard de biais vers l'elfe de boudoir, et je rajoute sur le même ton:

"Et puis, la lumière est un peu trop tape à l'oeil à mon goût, en cette heure vouée à l'obscurité."

J'esquisse le geste de lui présenter mon bras, au cas où elle accepterait, tout en lui laissant latitude de considérer cela comme un anodin mouvement qu'elle n'a pas même besoin de refuser si elle préfère rester dans la salle.

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 3 Juil 2015 21:32 
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Le dénommé Kerenn s'invita à la fête, promettant son aide à la belle, mais Faëlis était trop occupé à écouter pour y accorder grande attention sur le moment, apprenant que les Ishtar pouvaient mesurer le drainage. Néanmoins, une part de son esprit réalisait que les ombres entourant ce sinistre sir témoignaient du temps qu'ils allaient passer ensemble. Voilà qui promettait...

Cependant, alors qu'il parlait à la belle, ce dernier sembla un instant briller d'une étrange lueur, et l'hinïon ne put retenir un sourire :

« Voilà que vous vous éclairez à votre tour... serait-ce un coup de foudre ? »

Mais alors, à la demande de la reine, Yura offrit une série de pendentifs « Uraj ». Rien de très original pour un nom de cristal, il faut bien l'avouer, mais fort précieux sans nul doute. Ceux-ci étaient destinés, semblait-il à voyager vers un lien déjà connu plus vite que le vent. Don précieux s'il en est étant donné qu'il ne restait que quelques mois, et surtout en entendant la suite de l'histoire. Ou tout du moins son prequel. Aaria leur raconta comment les dieux s'étaient déclaré la guerre, conduisant à la mort du dieu de la magie. Alors, les fluides hors de contrôle balayèrent le monde, et d'aucuns disent qu'il fallut le pouvoir d'une déesse pour forger un artefact qui créa les élémentaires, dès l’or garant de l'équilibre de ce monde. S'ils disparaissent, un nouveau cataclysme pourrait bien se déchainer, et cette fois-ci, rien ne pourrait l'arrêter.

Hélas, les humains ne virent que le fait qu'ils avaient perdu leurs pouvoirs, et que les élémentaires en étaient maintenant les seuls détenteurs. Mais visiblement, le temps était compté, et la situation plus critique qu'il ne semblait...

« Je vois... déclara l'elfe. Je comprends les craintes que la menace puisse venir des humains. Ils pourraient bien chercher à récupérer ce qu'ils considèrent comme leur bien. Néanmoins, il ne faut se détourner d'aucune piste. »

Sur ce, ils furent inviter à prendre un peu de temps pour se reposer. Faëlis hocha la tête, ravi à l'idée de passer un peu plus de temps avec l'Ishtar. Mais voilà que Kerenn se précipita encore comme un loup affamé, pour affirmer qu'il souhaiterait voir en sa compagnie les deux lunes de ce monde. Avec un petit sourire, Faëlis ne put s'empêcher de penser qu'il ne devait pas faire ici allusion aux astres célestes, mais à d'autres astres plus à porté de main. Mais comme ce dernier lançait une petite pique sur la lumière de l'hinïon, ce dernier se sentit obligé de prendre les devants :

« Allons, ne faite pas grise mine, messire sindel ! Si vous avez peur de rester dans l'ombre, je serais ravi de vous faire bénéficier de mes lumières. Mais en attendant, nous allons sans doute passer un certain temps ensemble, alors ne nous perdons pas en querelles puériles, surtout en des heures si graves. En outre j'ai fort envie moi aussi de voir ces fameuses lunes, ainsi que toutes les merveilles de ce monde. »

Il tendit un bras :

« Me ferez-vous l'honneur de me conduire à l'un des superbes balcons de ce palais, noble dame ? »

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L'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes
Lampadaire officiel de la quête 32

Le thème de Faëlis


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 4 Juil 2015 12:37 
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Une bien triste histoire, tout un défi à relever


Cette grande salle bien décorée, ces invités et ces hôtes tous différents et combien intéressants à fréquenter, sans oublier la table adossée au mur qui regorgeait de bonnes choses à boire et à manger. Tout appelait à la festivité, mais mon estomac demeurait noué et je ne pouvais avaler une seule bouchée, même si le banquet s'était trouvé à proximité.

Bien que conservant mon sourire, je me sentais devenir inquiète pour l'avenir de tout ce peuple. Nous devions trouver un moyen d'arrêter le drainage de ce fluide, tout reposait entre nos mains, je commençais à trouver qu'il en pesait lourd sur mes petites épaules de lutine. Pour ajouter à mon stress grandissant, ma peur de l'échec, la reine précisa qu'il ne leur restait probablement que quelques mois du sursis, si le rythme de drainage n'augmentait pas. Une éventualité qu'il ne fallait certes pas négligée.

Balayant des yeux la salle, je vis Kalas cherchant à attirer mon regard pour ensuite venir me retrouver et demander mon opinion sur la situation d'Elysian.

Je ne pouvais lui transmettre mon inquiétude, je devais me faire forte afin d'apporter ma contribution, même minime au sauvetage de ces êtres élémentaires.

Je relevai donc ma tête pour mieux voir Kalas et tout en lui souriant aimablement, je lui répondis:

"Une situation paraît toujours complexe lorsqu'on la regarde dans son ensemble. Mais si patiemment, on décortique le tout, qu'on y va morceau par morceau, je crois qu'on va y arriver. "

Je m'arrêtai un moment le regardant se redresser tout en réfléchissant à sa dernière question

(Ce genre de mission... )

"J'avoue que j'ai cru au départ que cette mission n'était pas pour moi. J'ai même failli quitter la salle de la milice avant même de traverser le fluide... Mais, j'ai décidé de ne pas me concentrer sur le type de mission, mais plutôt sur ma motivation de leur venir en aide, et de la persévérance je n'en manque pas... c'en est pratiquement de l'entêtement !
"

Ces paroles encourageantes, je savais fort bien que je devrai me les répéter à moi-même tout au long de l'enquête afin de ne pas perdre courage.

(Oh Yuimen, même si tu ne peux m'entendre dans ce monde, donne-moi le courage, la ténacité afin de mener à bien la mission qui m'est confiée. )

Sur ces mots, je laissai Kalas pour me concentrer sur la reine qui avait reprit la parole.

Telle une reine digne de ce nom, sachant conserver un calme surprenant, c'est avec une voix douce qu'elle répondit à mes questions. Les fluides plus sauvages sur Elysian aurait été arrachés aux corps qui les maîtrisaient avant. Quant à eux les élémentaires, c'était différent, ils avaient une certaine manifestation physique, mais ils étaient constitués essentiellement de fluides. Au fil de ses explications, je commençais à comprendre les grandes lignes de ce concept de fluide. Je lui fis un sourire reconnaissant et elle poursuivit en précisant qu'effectivement, ils ressentaient en eux le drainage et étaient à même de le mesurer. Au moins, certains d'entres eux en avaient la capacité. La provenance de leur fluide leur était léguée par leurs parents, pour ce qui est de la nôtre, les yuimenniens, elle supposait qu'elle provenait de la nature profonde de notre être.

Puis, le golem aux yeux orange dont la timidité le rendait charmant se pencha au-dessus de moi pour me murmurer gaiement que mes yeux s'apparentaient à ceux du choucas ?

"Ah ! c'est donc ça. Je savais bien que mes yeux étaient différents mais je ne savais pas quel aspect ils avaient pris."

Cette remarque me fit sourire. J'admirais ces petits oiseaux noirs qui bénéficiaient non seulement d'une vue perçante, mais aussi d'un caractère heureux doublé d'une vivacité d'esprit, d'une bonne adaptation et surtout d'une certaine espièglerie. Donc posséder un de leur attribut me flattait grandement.

Perdue dans mes pensées, je perdis une partie de la discussion en cours. Mon attention revint par contre à temps pour voir l'élémentaire d'ombre sortir de petits pendentifs de sous sa cape. Pendant qu'elle en distribuait à tous les invités, la reine nous expliqua les pouvoirs de l'objet. Ce dernier nous permettrait de voyager d'un lieu à l'autre instantanément, une fois par jour pour peu que nous l'ayons visité auparavant. Tout en l'écoutant, je regardai l'objet qu'on venait tout juste de me remettre. D'une forme particulière, le métal inconnu d'un gris pâle portait en son centre une pierre ovale et bleutée. Je passai le mien autour de mon cou, tout en remerciant la reine d'une petite révérence pour ce cadeau qui sera fort utile.

Puis notre reine répondit enfin à la question du sergent Cromax. En résumé, les dieux étaient vraiment morts, il n'y avaient aucun doute là-dessus. La cause de leur querelle demeurait toutefois nébuleuse. Le dieu de la magie Ankh Onaka n'avait pas participé aux querelles de ses comparses et ironie de l'histoire, il fut l'un des premiers à mourir. A sa mort, les fluides devenus incontrôlables se déchainèrent et quittèrent les corps qu'ils habitaient. Sa conjointe, rongée par la douleur, ne s'occupa guère d'Elysian qui était victime d'une dévastation terrible. Certaines personnes l'approchèrent et réussirent à la convaincre de se ressaisir et de reprendre les choses en main. Elle fabriqua alors un artéfact qui canalisa les fluides en lui. C'est à ce moment là que les élémentaires furent créér. Mais les humains, dénués de tout pouvoir portaient rancunes aux élémentaires les rendant responsables de leur perte.

Une bien triste histoire qui renforça mon désir de venir au secours de ce peuple. Mais pour le moment, une fatigue m'assaillit. Je m'assied donc sur la table en position du tailleur. Les coudes appuyés sur mes genoux, le menton dans le creux de ma main droite. Je sentais ma tête pesante, mes paupières lourdes. C'est ainsi que je m'assoupis.

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Dernière édition par Guasina le Sam 18 Juil 2015 10:52, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 4 Juil 2015 19:00 
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Marikani semblait décidément bien s'amuser, elle le cherchait un peu, il se demanda si c'était juste pour se moquer de lui ou si son caractère bouillonnant prenait le dessus sur son apparente froideur.

- Il n'y qu'une manière de le savoir cela mais ce n'est pas votre explosion brutale et votre lave s'échappant en de minces filets qui auront raison de l'eau, lui affirma-t-il avec un demi-sourire.

La reine se tourna ensuite vers lui, sévère et grave.

- Je ne cherche pas l'incident diplomatique, juste à vous aider chère reine, je vous ai dit je donnerai mon corps et mon esprit à cette mission et je compte bien honorer ma promesse et je sais comment créer des espions et comment mettre quelqu'un au sommet de la pyramide du pouvoir...

Sans qu'il put rajouter quelque chose, Yura leur donna ce qu'ils appelaient des amulettes d'Uraj permettant de se transporter immédiatement une fois par jour dans un lieu déjà visité et elle leur conseilla de l'utiliser pour revenir ici une fois maitrisé le muutos mais il pensait à partir seul pour Illyria. Elle leur parla d'un ancien artéfact qui avait permis de les créer au temps de la décadence des dieux et la reine avait tout l'air de penser qu'il existait et était utilisé pour leur retirer leur pouvoir. Diificile de le retrouver donc en ne sachant ni sa forme ni sa nature mais en infiltrant les arcanes du pouvoir des autres races, cette mission périlleuse pouvait s'accomplir sans accrocs. La reine, à la suite de l'Agail, leur proposa de se reposer, l'Eàrion savait qu'il ne pourrait dormir longtemps.

- L'ambassadrice Ixtil aura sans doute l'envie de me parler d'Elivagar et de ses frères et soeurs, dans le cas contraire chère reine, permettez que je m'entretienne avec vous seul à seul. Dans tous les cas, je ne dors presque pas donc autant que je m'occupe.

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