L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 29 Nov 2017 14:10 
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Quelle ne fut pas ma surprise quand un inconnu s'assit brusquement, et fort peu poliment, en face de moi sans même m'avoir demandé la permission.

C'était le genre de personne qui aurait eu du mal à exercer une profession de cambrioleur. Je n'avais pu m'empêcher de dévisager avec stupeur ce véritable hommage à la pratique guerrière lorsqu'il était entré dans l'établissement, comme tous les clients de l'auberge qui s'étaient arrêté de manger dès qu'il eut passé la porte. L'inconnu avait l'air de bien connaître l'aubergiste avec qui il avait discuté avant de venir vers moi, visiblement sur ses conseils.

De taille anormalement haute, j'avais du mal à distinguer son visage, caché par de longs cheveux blonds et une barbe hirsute. Une fine et longue cicatrice décorait sa joue, vestige d'un combat qui lui était apparemment resté en mémoire car il ne semblait pas pouvoir s'empêcher de passer régulièrement son doigt dessus, comme pour s'assurer qu'elle était toujours en place. Habillé d'une armure sombre, légère et élégante, on l'aurait cru sorti tout droit d'une de ces anciennes légendes régionales décrivant les premiers Hommes comme façonnés directement à partir de la roche de la montagne. Pourtant, sa voix douce tranchait avec son physique, lui conférant une sorte d'autorité naturelle. C'était le genre de personne capable de recruter sans mal une équipe de trente personnes si l'envie lui prenait d'aller terrasser une bête fabuleuse, en supposant qu'il ne puisse pas le faire tout seul.

"Effectivement, c'est ma destination. Lui répondis-je. Si vous m'en disiez un peu plus sur le service que je peux vous rendre, je le ferai avec plaisir"

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Dernière édition par Krema le Jeu 30 Nov 2017 19:39, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Jeu 30 Nov 2017 02:04 
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L'homme regarda Silmarion dans les yeux quelques minutes supplémentaires avant de rajouter:

"C'est simple, je te donne un colis d'une trentaine de kilos. Tu t'assures qu'il ne s'abîme pas pendant le voyage et arrivé au port, une dame prénommée Raida sera là pour prendre le colis... J'ai été payé à l'avance, si tu acceptes ce service, tu recevras 500 yus que je te donnerai avec le colis."

Après ces quelques mots, l'homme se recula sur son dossier, et attendit patiemment la réponse de Silmarion.





Guasina

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 4 Déc 2017 17:50 
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L'inconnu n'en finissait pas d'aiguiser ma curiosité. Il ne semblait pas vouloir me dire exactement ce que je devais transporter, préférant m'informer de son poids -Trente kilos, rien que ça !- et en n'oubliant pas de me dire que je serais très bien payé. En somme, il fallait que je fasse la mule. Un boulot de sous-fifre ayant quand même l'avantage de me faire gagner 500 yus. Ça n'était pas rien.

Cependant, il m'était peut être possible de grappiller quelques informations en la jouant finement. Je décidai de prendre le risque de fâcher mon commanditaire en lui demandant la nature de ce colis. Après tout, peut être qu'un peu de hardiesse serait un bon point pour moi si l'homme était à la recherche d'un compagnon régulier.

En respirant calmement, je fis un sourire naturel avant de lui répondre.

"500 yus ! Dites donc, on peut dire que vous savez parler aux inconnus. Une telle somme me serait utile et la tâche me semble aisée. Je vous avoue tout de même que réaliser ce genre de quête est un peu nouveau pour moi et j'ai plutôt l'habitude de conduire des projets que de réaliser les tâches purement opérationnelles. Peut être vous serais-je aussi utile, voire plus, si vous m'informiez du contenu de ce colis ?"

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 5 Déc 2017 00:38 
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L'homme sourit à ta question, puis tout en faisant un signe de négation de la tête il te répondit:

" Je ne connais jamais le contenu des colis. D'ordinaire, ils sont enveloppés d'un gros papier brun et bien ficelé. Madame Rayda ne paie pas si le colis a été ouvert. C'est la première fois qu'elle paie une si grosse somme. D'habitude, c'est moi qui livre tous ses colis, mais je ne voyage toujours par la voie des airs et jamais en mer. Mais elle était intransigeante sur ce fait cette fois, il faillait passer par la mer."

A ce moment, un curieux à moitié ivre, qui a écouté indiscrètement la conversation, eut la mauvaise idée d'y faire pas.

" Et pourquoi un voyyyage en mer ? C'ce s'rait-tu parce que le guerrier bourrin aurait le mal de mer comme un fillette ? " Dit-il tout en ondulant lui-même sous les effets de l'alcool.

Le guerrier ne répondit point. Par contre, il allongea sa jambe et heurta violemment l'arrière de la jambe du curieux impoli et ce dernier atterrit brutalement sur le dos. Ce qui fit éclater de rire les autres clients témoins de la scène.


Guasina

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 6 Déc 2017 14:04 
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L'homme m'informa alors qu'il ne savait pas non plus ce qu'il y avait dans le colis et qu'il se contentait d'ordinaire de faire office de passeur. Il avait besoin de moi car le voyage devait se faire cette fois-ci par bateau et qu'il officiait toujours par la voie des airs.

Cette explication était pour le moins originale. L'inconnu à l'allure si vigoureuse avait-il peur de l'eau ? Ou n'était-ce qu'un caprice de la part d'un avantagé capable de se déplacer par des moyens que peu de mortels seraient capables de s'offrir ? Dans tous les cas, son activité de transporteur avait l'air régulière. Je ne pensais pas courir de risque en le remplaçant pour cette fois. Et puis, ne voulais-je pas voir du pays ? À Tulorim comme ailleurs, les occasions ne manquaient pas et elles étaient sans doute plus faciles à saisir lorsque l'on avait 500 yus en poche...

J'étais sur le point de répondre à mon commanditaire lorsque nous fûmes dérangés par un bruyant personnage. Surgissant de la table derrière nous, ce client devait passer le plus clair de son temps à s'enfiler des cornets de mauvais vin et à jouer aux dés avec les quelques pochetrons que l'on trouve dans toute taverne qui se respecte. L'œil humide et rougi, le type n'avait pas l'air d'en être à sa première consommation. Son nez violacé et son teint cireux trahissaient même un alcoolisme notoire. Il se tenait devant nous en s'accrochant à une chaise pour ne pas vaciller, et ne semblait pas être totalement sûr de comprendre la raison pour laquelle il s'était levé. De ses habits tâchés de gras et de sueur s'echappait une odeur peu ragoûtante, comme s'ils avaient trempé dans les grands bacs d'urine servant au traitement du cuir.

En général les personnes de son espèce ne sont pas dangereuses et, pour peu qu'elles viennent vous parler, il suffit de subir un monologue tout en acquiesçant et en évitant des postillons pour qu'elles vous laissent tranquille. Mais celui-ci avait visiblement entendu notre conversation et se mettait à insulter mon compagnon de table. Ça ne sentait pas bon. Bien que le bougre aurait sans doute tout oublié le lendemain, je n'étais pas sûr que mon commanditaire prenne le risque de laisser n'importe qui être au courant des transactions dont il s'occupait. Pour peu qu'il soit prudent, l'ivrogne risquait d'avoir bu son dernier verre. Espérant sans doutes le faire taire, mon inconnu fit un croche patte bien exécuté au curieux qui attira tous les regards de la salle. Il ne semblait pas bon pour moi que tout le monde fusse au courant de ce qui se tramait ici.

Je décidai de prendre les devant.

"Messieurs, il serait sans doute plus courtois de discuter ensemble de cette histoire dans un endroit plus tranquille. Sachez cher pourfendeur des airs que votre offre m'intéresse grandement."

Je m'adressai ensuite à l'ivrogne.

"Quand à vous, que diriez vous de profiter d'une bonne pipe à l'extérieur avant de revenir finir votre verre. J'avoue avoir hésité à commander un pichet mais si vous m'accompagnez je le partagerai avec plaisir avec vous".

C'était tout ce que j'avais trouvé pour éloigner le bruyant personnage de la foule. Je me levai alors en jetant un regard complice à mon bienfaiteur, espérant qu'il ait compris le message.

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Dernière édition par Krema le Ven 22 Déc 2017 09:22, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Jeu 7 Déc 2017 01:26 
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Aussitôt que tu témoignas ton intérêt pour la mission qu'il voulait te confier, il rétorqua:

" À la bonne heure... c'est tout ce que je voulais savoir. Demain au lever du soleil, le colis sera livré ici. L'aubergiste l'apportera à votre porte. "

Et sans attendre ta réponse, il se leva. Se dirigea vers l'aubergiste sans accorder le moindre regard à l'homme qu'il avait renversé. Après un échange de quelques mots avec le propriétaire des lieux, il ramassa un paquet brun ficelé qu'il mit dans son sac puis il sortit

Le reste de la soirée se passa sans incident majeur.

******


Au petit matin, tu entendis quelques petits coups discrets à ta porte... des coups discrets mais insistant si tu tardais à répondre.

Une fois ta porte de chambre ouverte, tu devras baisser ton regard pour voir une petite fillette habillée simplement mais de vêtements de qualité et non usés.

Elle te regarda d'un air timide :

" Je viens vous livrer le colis, monsieur."

Mais ses mains sont vides... et nerveuse elle baisse le regard, hésite quelques minutes avant de rajouter.

"... le colis... c'est moi. "


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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 12 Déc 2017 21:58 
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En me réveillant le lendemain, je repensai à ma soirée, la tête encore à moitié brumeuse. Mon commanditaire, une fois que je lui avais fait part de mon intérêt pour livrer son colis, avait disparu dans la nature après m'avoir informé que le paquet m'attendrait devant ma porte au matin.


L'énergumène qui nous avait dérangé s'étant presque cassé le nez, et ayant visiblement compris que je ne voulais pas l'attirer dans un coin sombre pour parler de tricot, avait fait un barouf monumental avant de se faire jeter dehors par l'aubergiste. Il avait fallu que je consomme plus que de raison et que je demande la chambre la plus chère pour que le tenancier me parlât à nouveau sans me dévisager tel un chien galeux ayant pissé sur ses chaussures. Résultat : la pièce tournait encore un peu autour de moi lorsque je me levai pour reprendre mes esprits.

Alors que je grommelais dans ma barbe en maudissant l'inventeur de la boisson fermentée, on toqua à la porte.

"Ah ! J'ai bien fait de me lever de bonne heure, m'exclamai-je, autant en finir avec cette quête le plus vite possible"

Je me repeignai vaguement en passant ma main dans mes cheveux puis me rinçai le visage dans le broc d'eau à côté du lit avant d'aller ouvrir, histoire d'être présentable.

En découvrant la personne qui se tenait alors devant moi, je ne pus retenir un levé de sourcil interrogateur.

Une petite fille me dévisageait derrière la porte, toute sourire.

(Tiens, encore un gamin qui a égaré ses parents), pensai-je alors.

Au vu de son allure, la petite faisait penser en effet à une enfant d'un de ces bourgeois que j'avais pu croiser à mon étage avant d'aller me coucher. Blonde comme les blés des Noireterre, ses cheveux étaient retenus par un coquet ruban noir noué avec élégance au sommet de son crâne. Elle était habillée d'une jolie robe crème et d'une cape bleu nuit attachée autour de sa taille. Ses yeux sombres, rêveurs, avaient l'air de cacher un esprit mature pour son âge. En fait, elle avait étonnamment un regard de femme mûre qui faisait se questionner sur la manière de lui parler.

Pris d'un doute, je lui demandai si c'était elle qui était en charge de me remettre mon colis.

"Le colis, c'est moi", me répondit-elle alors.

(Oh super... Dans quoi je me suis fourré ?)

Je comprenais soudain l'envie de mon commanditaire de faire faire son travail par quelqu'un d'autre et la somme qu'il avait été prêt à payer pour cela. Moi qui m'imaginais une course à l'objet peu légal nécessitant de la discrétion, je me retrouvais mêlé à du trafic d'enfant.

"Écoutez Monsieur, dit la petite d'une voix calme, je comprends votre surprise de voir en face de vous une personne comme moi. Vous vous attendiez sans doutes à un paquet plus transportable"

Oui, de 30 kilos... L'inconnu s'était bien foutu de moi...

"-Je dois me rendre de toute urgence chez ma tante Rayda à Yarthiss, continua t-elle.
Je ne peux pas vous donner tous les détails mais vous êtes mon seul espoir d'arriver à bon port.

- Mais, lui répondis-je, ta tante ne pouvait-elle pas venir te chercher pour que tu n'aies pas à voyager avec des inconnus ?

-C'est plus compliqué que ça... Ma tante ne pouvait pas quitter la ville. Mais je ne peux vraiment pas vous en parler. Je peux en revanche vous donner ceci pour vous prouver ma bonne foi."

Elle sortit alors de sa poche une grosse bourse qu'elle me tendit. En l'ouvrant, je découvris que j'avais gagné 500 yus. Ça faisait au moins une bonne nouvelle.

La petite m'intriguait. Son histoire était louche et la conduire à sa destination pouvait être dangereux. Cependant je me disais que si la mission nécessitait spécifiquement un garde du corps, on n'aurait pas choisi un jeune voyageur comme moi pour la faire. Et puis de toutes façons j'avais déjà accepté et gagné une belle somme. Je n'avais pas envie qu'il m'arrivat des problèmes en faillissant à ma parole.

"-Eh bien soit
, m'exclamai-je. Puisque tu as l'air pressée, partons sans attendre au port. Allons te ramener à ta tatie. Au fait, comment t'appelles-tu, petite ?

-Escherichia, Monsieur. Ravie de vous rencontrer.

-Et moi Silmarion, ravi aussi."

Sur ces mots, j'allai boire une bonne rasade d'eau claire avant de me diriger à grand pas vers la sortie.

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Dim 17 Juin 2018 11:51 
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En définitive, et cela me surprend tant que j’adresse à l’elfe un regard circonspect, elle semble décliner la proposition de poursuivre le malandrin l’ayant molestée, prétextant que s’il raconte ce qu’il a vu, ça sera toujours plus enviable que les soupçons qui perceront s’il ne revient pas. Une logique certaine, dont je ne suis pas sûr de partager les conclusions. Mais qu’importe, en vérité. Qu’il aille baver près de ses maîtres ou qu’on nous soupçonne d’avoir mis fin à ses jours, rien n’indique que nous n’étions pas dans notre bon droit. Cela accentuera sans doute le clivage entre les différentes ententes au sein des Treize, mais c’est tout. Et ce n’est guère un problème. Diviser pour mieux régner. Enfin, même si régner sur quoique ce soit n’est ni ne sera jamais mon but. Je respecte donc le choix, libre, de la sindel qui me révèle la manière dont tous l’appellent : Hrist. Elle ajoute même avoir plusieurs surnoms, comme celui de la Murène d’Omyre, lui venant apparemment d’une fascination enfantine sur les mondes marins. Je la relance en la taquinant un brin :

« Murène, hein ? Et pourquoi pas quelque chose de plus inoffensif, comme… une sole ? »

Question rhétorique, en soi. Son caractère revêche et son envie quasi-permanente de sang ont dû lui apporter une sacrée réputation, au sein de la capitale noire. Et pourtant elle me surprend encore, en laissant filer l’affront de ce serpent de mauvais augure et de sa soi-disant Maison Noire. Il argumente sa fuite, non nécessairement, en précisant qu’il n’a pas autorité pour s’en prendre à moi. Lorsqu’elle annonce ça, je hausse les épaules d’un air nonchalant. Je n’ai cure de l’image qu’il pourrait me forger, avec sa langue empoisonnée et sournoise. Mais je ne lui indique pas oralement, car elle me donne plusieurs indices sur sa vie et ses pratiques, à Omyre. Une assassine. Ça, je l’avais bien imaginé, mais qu’on veut répréhender pour n’avoir pas correctement mené sa mission à bien. Et là, je la découvre presque empathique et philanthrope, alors qu’elle assure sortir des êtres de leur condition peu enviable pour les former et les protéger du monde violent de la Capitale Noire. Un caractère qu’elle n’a aucunement mis en exergue jusqu’ici. Sans filtre, je m’exclame, rieur.

« Hé bien ! Toi, œuvrer dans le social. Je n’aurais jamais cru ça. »

Elle confirme alors que lorsqu’elle rentrera, elle dira qu’elle a ma confiance à son maître des oiseaux. Elle s’en écarte, même, affirmant que même s’il ne prend pas parti spécifiquement pour moi, elle le ferait. Et elle me complimente, m’octroyant dans ses mots plus de valeur que la plupart des autres. Je suis réellement surpris de son discours. Moi qui la prenais jusque-là pour une cinglée assoiffée de sang… Elle est sans doute plus en nuances que ça. Et je m’en veux presque de l’avoir trop vite jugée. Alors oui, c’est une tueuse… mais pas que. Et lorsqu’elle annonce qu’elle a soif et poursuivrait bien la discussion ailleurs qu’autour de ce cadavre au front explosé, autour d’un pichet d’hydromel, par exemple, je saisis l’opportunité de ma connaissance des lieux pour rétorquer.

« Oh ! Je connais l’endroit parfait, pour ça. »

Pas le plus malfamé de la cité, loin de là, mais une adresse de cœur qui a su par le passé me montrer ses nombreuses qualités. Et puis, Talic me manque… Voilà trop longtemps que je n’ai pas siroté ses vins et goûté ses plats. C’est ainsi que j’emmène sans plus tarder Hrist dans un établissement que je ne connais que trop bien : l’Auberge du Pied Levé.

« Alors viens. Suis-moi, j’ai exactement ce qu’il nous faut. »

Après quelques minutes de marche, nous parvenons aux alentours de l’établissement. Je remarque avec nostalgie que presque rien n’a changé depuis mon dernier passage. Je me revois encore, lors de ma découverte de l’endroit, complètement perdu dans les ruelles sombres de Tulorim, sous une pluie diluvienne, sans savoir que faire ni où aller. Perdu devant ce trop-plein de civilisation, enfant sauvage que j’étais à l’époque. Sans hésiter un instant, je pénètre dans l’auberge, toujours dotée d’une fréquentation certaine, et apostrophe aussitôt l’aubergiste derrière son comptoir, sans chichi ni pompeuse politesse.

« Talic ! Ça me fait plaisir de te voir ! Donne-nous une table, de quoi nous restaurer et ton meilleur hydromel. Ce soir, nous avons quelque chose à fêter ! »

Le tenancier, me voyant ainsi débarquer, rutilant et vainqueur, blêmit.

« Me… messire Cromax ? Que… êtes-vous certain d’être à la bonne adresse ? Mon humble auberge n’est pas équipée pour recevoir une personnalité si… si… connue. »

Je fronce les sourcils. Depuis quand se soucie-t-il de la provenance de sa clientèle ? Je m’approche de lui, léger malgré tout.

« Allons. Ne dis pas de bêtise : le Pied Levé est mon point d’accroche le plus sûr à Tulorim, et rien n’y changera. Alors pas de « messire » entre nous. Allez, sers-nous maintenant ! »

Il hésite un instant, mais semble presque rassuré. Et jetant un œil à Hrist, il finit par répondre :

« Oui, mes… oui, Cromax. Suivez-moi. »

Il nous installe à une tablée un peu en retrait de la salle, donnant un point de vue sur la plupart des tables. En jetant un œil autour de moi, j’aperçois de nombreux regards nous fixant. Ceux que mon entrée n’a pas attiré l’ont été quand il a ouvertement prononcé mon nom. Les murmures se font, les apartés secrets. Je toussote alors que Talic nous apporte de quoi boire, et patienter pour le repas. Je décide de ne pas tenir compte de cette nouvelle popularité me mettant un peu mal à l’aise si j’y prête attention, et me tourne vers Hrist pour lever mon godet.

« A la vie ! Et à nos réussites. »

Je bois une gorgée, puis poursuis, moins expansif.

« Hrist, donc. Et combien de noms secrets possèdes-tu encore ? »

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 19 Juin 2018 01:47 
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Cromax se révélait être bien plus complexe qu'elle ne le pensait. Et pour cause, elle se doutait déjà d'avoir à faire à un personnage à l'envergure difficile à cerner pour qui n'est pas habitué aux hommes de sa trempe. Doux rêveur, téméraire, un peu trop avenant à son goût, le tout avec une subtile touche d'égo laquelle jonglait avec autant de nuances que certains jugeraient de humble.

Ils se conduisirent jusqu'à un lieu qu'elle n'avait pas oublié. Le lieu ou tout avait commencé, l'auberge du Pied Levé. Le début de ses grandes aventures sur Yuimen et à en écouter Cromax, débordant d'enthousiasme face à cet aubergiste qui semblait se liquéfier de honte face à lui; il en valait de même pour son compagnon d'aventure.
Il dit tout fier que ce lieu est et restera son point d'accroche préféré à Tulorim. En tout cas, que ça soit vrai ou faux, Hrist avait surtout noté " meilleur hydromel " et quelque part, cette pensée lui remonta le moral, elle qui se sentait si nostalgique.

Un repas chaud et une boisson douce aurait le plus bon effet sur son humeur, elle sentait son estomac depuis un moment mais jamais au détour de ces dernières heures ils n'eurent le temps de se restaurer convenablement.

Le tenancier fit moult révérences hasardeuses et fila avant de revenir pour poser sur table les gobelets et de l'hydromel. Autour d'eux, les regards s'accentuaient et commençaient à peser lourd. Hrist voyait bien que Cromax les ressentait aussi, il savait que c'était pour lui, les gens murmuraient son nom et commençaient à se raconter ses histoires qu'ils déformeraient volontiers afin de donner davantage de superbe à ce qu'on pouvait bien dire de lui.

Hrist se rassura qu'elle n'ait pas été reconnue, l'accueil aurait été moins chaleureux. On dîne assez mal lorsqu'un troupeau de paysans et de gardes verts de rage agitent fourches et épées en proférant des propos grossiers. Et elle en savait quelque chose...

(" C'est pas dans une de ses chambres que tu as... ? ")
(" Peut-être que si... Peut-être que non. Peut-être que ta gueule. ") Siffla Hrist peu enthousiaste à l'idée de renouer avec de vieux souvenirs.

" A nos victoires. Dit-elle pensive.

Ses souvenirs la conduisirent de nouveau auprès de Katalina et Von Klaash pour qui elle s'inquiétait. Fatalement, ses pensées heurtèrent le lourd récif de sa mémoire nommé Keresztur, ce château dans lequel elle avait chatié et torturé tant de personnes...

" J'ai d'autres noms oui, mais la sole n'en fait pas partie. Un nom de fleur, mon nom véritable, si tu le devines, je pourrais te raconter l'histoire qui va avec. Mais ça risquerait de plomber la soirée. Et il me faudrait plus d'alcool. "

La femme savait bien qu'elle était insensible aux effets de l'alcool, comme de tous les poisons, mais elle préférait qu'on croit qu'elle raconte ses souvenirs si douloureux sous l'emprise de quelque chose plutôt que de sa bonne volonté.

" Tout à l'heure, tu semblais étonné que je puisse venir en aide à ceux qui en ont besoin à Omyre. Mais tu sais, on ne peut pas survivre qu'avec la brutalité. Même les Garzok ne le font pas, il y a bien des câlins Garzoks, des berceuses Garzoks et des bisous Garzoks, il ne faut pas croire qu'ils naissent avec une hache à la main et l'écume aux lèvres. Il en va de même pour les Murènes. On est des assassins, certes, mais beaucoup auraient sans doute préféré faire autre chose. Omyre laisse rarement le choix. Alors parfois, je recueille des novices, des enfants, des dépités, des brisés. Je crois que ce qui me lie de temps en temps à eux, c'est le lien indéfectible entre deux personnes mal nées. "

" Et puis," Dit-elle après une courte pause. " Il y a eu des personnes pour prendre soin de moi aussi, fut un temps. "

" Jadis." Avait-elle presque murmuré.

Ses yeux fuyant reprirent alors plus d'assurance et elle ajouta :
" Toi aussi, tu collectionnes les noms ? "

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Dim 24 Juin 2018 11:25 
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Hrist répond à mon toast, mais moins enjouée que je ne l’ai moi-même été. Elle semble pensive, sans doute encore inquiétée par ce vil gredin manipulateur que nous avons laissé s’échapper. Elle annonce alors qu’elle porte bien d’autres noms, mais que la Sole n’en fait pas partie. Sa remarque m’arrache un sourire amusé. Elle avoue cacher son vrai nom. Un nom de fleur, dont elle me contera l’histoire si je le devine. Je lève un sourcil. Comment le pourrais-je ? Il y a tant de fleurs en ce monde… Chrysanthème ? Ça lui irait bien, pour sûr. Mais elle risque de mal le prendre si je lui dis. Je hausse les épaules.

« Il y a tant de fleurs, en ce monde ! »

Puis, d’un air joueur et faussement charmeur :

« Aucune ne t’arrive à la cheville, très chère. »

L’histoire qu’elle a à raconter semble triste. Je dois lui signifier que quoiqu’elle dise, elle ne saignera pas ma bonne humeur. Les histoires sont des récits du passé. Là, c’est dans le présent que nous sommes. Et c’est à mes yeux la seule chose qui compte.

Elle poursuit en se disant surprise que j’aie eu l’air étonné de la savoir aidante pour les exclus d’Omyre. Elle affirme qu’on ne peut pas survivre qu’à coup de brutalité, et que les plus faibles sont souvent laissés pour compte. Comme on l’a aidée elle-même autrefois, elle aide ceux dont elle voit le potentiel pour les changer en assassins. Pour leur donner un but, donner un sens à leur vie. J’acquiesce à ses propos en silence, avant de rétorquer.

« C’est surprenant, oui. Pas tellement que ce soit nécessaire, mais que tu ne sois pas qu’une assassine solitaire. C’est… ce qui ressort si fort de toi. La solitude. »

Elle me questionne sur mes propres noms. Je souris en lui répondant simplement.

« Non. Je n’ai guère que le mien. Cromax. Cromasth d’Amarthan, mon nom de naissance, mais que je ne porte plus depuis mon enfance. Je ne le connaissais même pas, pour tout te dire, jusqu’à il y a peu. Mais si je n’ai qu’un nom, j’ai bien plusieurs visages. Tu l’as toi-même vu : je suis maître des apparences. »

Je bois une gorgée d’hydromel.

« Faisons que cet alcool coule, alors. Oublions, ce soir, nos vies et nos avenirs. »

Curieux, je la regarde attentivement en lui demandant :

« Quelles sont tes passions ? Quels sont tes désirs cachés ? Ne vis-tu que pour le sang ? »

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 26 Juin 2018 17:53 
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Cromax eut un léger petit sourire et presqu'en haussant les épaules ajouta qu'il y avait tant de fleurs en ce monde. A dire vrai, Hrist doutait que Cromax soit capable de citer plus d'une douzaine de fleurs sans réfléchir un minimum, or son nom était tout ce qui se faisait de plus commun en matière de fleur.

Mais très vite, il reprit son petit esprit taquin et ajouta tout sourire qu'aucune fleur ne lui arrivait à la cheville. Ce compliment qui aurait sans doute fait rougir n'importe quelle jeune femme de son âge ne rencontra que le regard inerte, presque mort, de la Frémissante. Hrist inspira un peu plus fort que d'ordinaire, ce qui ressemblerait presque à un soupir pour qui saurait observer.

" Il a l'air... Heureux. Mais naturellement heureux. Comme s'il trouvait magnifique le moindre moment qui passe."

Cromax exprima après quelque chose qui avait un air de déjà-vu, certes ce n'est pas rare pour un assassin de prendre quelqu'un sous son aile à un moment donné de sa vie, surtout un assassin de renom mais qu'en dépit de toute cette petite famille que Hrist venait de décrire, Cromax lui dit que c'est pourtant la solitude qui ressort principalement de son être. Comme si toute son essence vitale ne se concentrait qu'à la solitude et à la discorde.

Puis il leva son verre, Hrist l'accompagna et vida d'un trait son hydromel, et le suivant. Elle sentait la chaleur de l'alcool dans sa gorge, le liquide réchauffer ses joues et son pendentif vibrer doucement alors qu'il éliminait le poison qui se répandait dans ses veines. L'alcool n'altérait pas son esprit grâce à la magie dont son collier était insufflé et elle trouvait ça drôlement pratique. Tandis qu'elle écoutait Cromax en remuant le fond de son verre à moitié vide que le tavernier remplissait sans attendre, elle se posait à son tour quelques questions :

(" Cromax, je me demande si j'ai déjà entendu des histoires à son sujet à l'époque où je ne me doutais de rien, si ça se trouve, je me suis déjà émerveillée devant ses fables et ses aventures. Il a pourtant l'air normal si on met de côté son talent mortel et ses dons de métamorphose. " )

C'est vrai que ça devait être bien commode, pouvoir se transformer à tout va, elle n'aurait plus aucun mal à entrer dans les villes où elle est activement recherchée et encore moins à en sortir, sans parler du confort supplémentaire que ça lui apporterait, plus besoin de se transformer en lépreuse pour qu'on lui fiche la paix et passer par les bas fonds de la ville pour éviter les postes de gardes et les patrouilles. Il y avait de nombreuses idées tactiques qui éclataient dans son esprit à mesure qu'elle fantasmait avoir un tel talent.

Puis une question la ramena à la réalité, à savoir quelles étaient ses passions, ses désirs, Cromax demanda s'il n'y avait là que le goût du sang qui donnait un sens à sa vie.

Elle quitta sa torpeur lié à la détente et l'absence d'activité intense qu'elle subissait à Elysian. " Non.. Non, je n'ai pas ça. " Elle avait dit ça comme si elle venait d'être heurtée par cette question pourtant simple.

" Enfin.... " Elle se reprit plus sérieusement.
" Depuis toute mon enfance je ne suis formée qu'à tuer. Je n'ai jamais pris le temps d'aimer quoique ce soit, mes activités se limitaient... Et bien à la torture, au dressage d'animaux, à la culture des plantes pour mes poisons, la chasse, l'entrainement... Et bien sûr les missions, ça demande une certaine polyvalence, comme la capacité à s'adapter, se faire passer pour une femme de ménage, une couturière, une paysanne... Il faut passer inaperçu. "

Disait-elle un peu absente.

" Je pense que tu ne comprendra pas tant que tu n'aura pas connaissance de l'histoire qui se cache derrière ce nom de fleur."

Elle rompit un petit morceau de pain et en extirpa la mie qu'elle malaxait entre ses doigts, signe d'un léger moment de nervosité.


" Quand j'étais petite, j'ai rejoins un groupe d'Assassin, un groupe de femmes qui portaient toutes des noms de fleurs, en référence à notre espérance de vie. Mes soeurs, car c'est ce qu'elles étaient pour moi. Une famille. Ah, si tu avais pu voir mes yeux à l'époque, ils brillaient d'une telle étincelle, probablement la fierté de me voir confier des missions et une famille. Au fond de moi, il y avait beaucoup de peur et d'angoisse, mais savoir que j'avais quelqu'un sur qui compter balayait tous mes doutes et toutes mes craintes.

Je me sentais bien. "
Ajouta-t-elle enfin avant de reprendre d'une voix plus ferme.

" Notre mission était de disloquer un groupe d'assassins Shaakt qui avait élaboré un poison à base de fluide d'ombre, procédé qui me dépassait totalement et qui provoquait des crises de folies meurtrière dans nos rang, ça infectait un sujet et le poison pouvait attendre des heures, voir des jours avant de frapper, la victime perdait la tête et commençait a tout attaquer, voyant sa force décuplée, devant dangereuse pour elle et pour les autres. Malgré tout mes talents dans ce triste art, je n'ai jamais pu trouver un antidote ou un contre poison. Un jour, ma soeur est morte de ma main à cause de ça, il fallait l'achever, elle avait encore les yeux plantés dans les miens et de honte j'ai versé bien des larmes. Il me restait des soeurs, mais je ne m'étais jamais sentie aussi seule. Lys était morte, j'avais perdu quelque chose."

" Nous avons donc trouvé moyen de forcer une attaque, les Shaakts étaient retranchés dans une montagne, les alchimistes étaient terrés sous terre dans d'anciennes galeries, nous attaquions de front, face à un déferlement de flèches, de magie et de feu, le sol vibrait et les frappes qui s'opposaient à nous faisaient trembler la terre. Je ne sais plus comment mes trois soeurs et moi sommes arrivées face à un monte charge qui permettait aux alchimistes de travailler sous terre, mais trois d'entre nous sommes montées sur la palette tandis qu'une d'entre nous restait activer le levier, sans ça jamais nous n'aurions pu descendre tuer les alchimistes et détruire leurs poisons.

Puis, j'entend que des ennemis sont en approche, je crois que je suis sortie d'instinct de cette cage pour rejoindre Iris qui actionnait le levier, je jetais un dernier regard à mes soeurs sans savoir que c'était le dernier. Pourtant, tout au fond de moi je savais que nous étions toutes au bout de notre route. Et c'est là que je l'ai vu. Le rouge dans ses yeux pourtant si bleus. Iris était infectée par le poison. Il ne restait plus beaucoup de temps, je crois qu'elle aussi le savait.

Je portait doucement la main à mon arme, j'entendais sa voix faiblissante me dire que lorsque la cage sera arrivée en bas... Elle n'ajouta rien. Nous avions toutes vu des amies et de proches se faire contaminer et c'est pour ça qu'il était insupportable d'imaginer un instant la laisser agoniser.

Elle me glissa, les larmes aux yeux " merci d'être restée ", je crois qu'à ce moment j'ai manqué de fondre en larmes.
" Je suis si heureuse de t'avoir rencontrée " Mes larmes coulent alors et lorsque je sens que la corde du monte charge donne du mou, je comprends que les autres ont atteint l'objectif. Ses yeux étaient si rouges...

Et la carcasse de mon amie, mon aimée s'effondre devant moi, je n'ai pas vu mon coup partir, mes mains étaient pleines de sang, j'appuie alors la lame contre ma poitrine, un bon moyen d'en finir enfin avec cette existence futile, cette existence cruelle. Puis la voix de toutes mes soeurs résonne dans ma tête. " Impardonnable ! Impardonnable ! " Mes mains tremblaient tellement, je n'arrivais pas à enfoncer la lame dans mon coeur, cette voix dans ma tête, c'était la malédiction des champs de bataille. L'obligation imposée aux survivants d'accomplir la mission peu en importe le prix. Mes soeurs avaient enduré souffrance, douleur et terreur et je sentais le poids de leur jugement face à moi qui était sur le point d'abandonner, j'avais honte, c'était impardonnable.

Je me suis dirigée pleine de colère sur l'ennemi Shaakt qui approchait, je leur criais dessus, je voulais qu'ils me voient, qu'ils me tuent.


Elle claqua des mains et eut un petit sourire triste.

" Et puis, un bruit sourd. Plus rien. Mes soeurs sous terre avaient fait exploser un réservoir de combustible, éventrant la montagne. Je me relevais, seule, la lune graissait de sa pâle lueur le sol vitrifié. Alors que mon regard erre sur la terre dévastée, je prononce des noms, personne ne me répond.

J'étais la seule survivante, et si j'étais toujours en vie c'est parce que j'ai eu peur de mourir. Alors je ne pouvais pas m'empêcher de ricaner, on approchait du domaine de la démence complète. Sous une pluie de cendre qui dissimulait doucement la lune. J'avais promis qu'on resterait toutes ensemble, toutes. Comment est-ce que j'ai pu prononcer des promesses aussi creuses ?

Mon rire cessa, je suis restée à genoux toute la nuit, en silence. Mon véritable nom, c'est Rose. La lâche qui est restée en arrière, la lâche qui a survécu. Je porte donc le flambeau des dernières volontés de celles qui ont lutté à mes côtés. Alors puisque je suis incapable de mettre fin à mes jours, je poursuivrai jusqu'à ce que je rencontre l'ennemi qui sera capable de me tuer. Tel est mon fardeau. "


D'une pichenette, elle envoya à l'autre bout de la salle la petite boule de mie de pain parfaitement roulée. Elle avait pu, non sans peine retenir ses larmes.

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Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Sam 30 Juin 2018 13:09 
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Nous buvons, puis Hrist passe un certain temps silencieuse, sans doute à ressasser d’anciens souvenirs. Elle ne rompt ce silence que pour répondre à ma question concernant sa passion macabre pour le sang et le meurtre. D’abord semblant outrée par mes mots, elle se ravise et précise qu’elle est depuis toute petite formée à tuer. Et qu’elle n’a ainsi connu que ça. La torture, la fabrication de poisons, mais aussi le dressage d’animaux, la chasse et l’entrainement physique. Une sorte de monotonie morbide pour ce qui n’était alors qu’une enfant. Elle affirme n’avoir jamais rien aimé. Je fronce les sourcils, me demandant comment une telle chose est possible. Pas comment, puisqu’elle vient de me l’expliquer : en se privant de toute liberté. En ne s’offrant aucun répit, aucun moment de détente. En se résignant à jamais pour une et unique tâche. La sienne, c’est tuer. Assassiner.

Puis, elle avoue que je ne comprendrai sans doute pas les nuances dans ses dires sans que je connaisse la véritable histoire sous l’ombre de ses pensées. Et c’est ce qu’elle fait, narrant l’histoire poignante de son enfance, de sa vie. De ce groupe d’assassines shaakts qu’elle a rejoint, et des morts progressives de chacune d’elles. Lys, en premier. De sa main, accidentellement, par le fait d’un poison terrible dont elle me décrit les effets néfastes. Puis, elle narre l’épopée vengeresse des survivantes de son groupe vers un groupe d’alchimistes préparant ces poisons terribles. Elle raconte le meurtre de l’une d’elle, laissée derrière pour actionner un levier, touchée par l’horrible poison. Son désespoir, ensuite, sa volonté de mourir… Et l’explosion mettant fin à tout, produite par ses deux sœurs descendues dans le puits, sacrifiées pour la cause. Lys. Iris. Toutes mortes, et elle vivante. La seule survivante, maudite. Isolée. Je la vois touchée, affligée par cette histoire, alors qu’enfin elle me révèle son nom véritable : Rose. Elle s’invective de lâche, elle avoue son incapacité à mettre fin à ses propres jours.

Je reste un instant muet. Sombre. Je secoue la tête, me repassant en tête le fil de son récit. Contrairement à ce qu’elle a annoncé, ça n’a fait que creuser encore plus de mystères et de questions sur elle en mon âme. Je ne peux comprendre son point de vue, moi qui toute ma vie me suis battu pour la vie, la survie, et elle qui n’aspire qu’à la mort…

« Mais… si elles se sont sacrifiées, ce jour-là, n’est-ce pas pour que tu vives, et non pour que tu cherches à mourir ? Et pourquoi cites-tu la lâcheté alors que c’est la compassion qui t’a fait rester près de ta sœur mourante. La même compassion qui a armé ton bras pour lui épargner mille tourments ? »

Je précise, plus sérieux que je ne l’ai jamais été en sa présence.

« J’ai déjà été confronté à la mort. Celles de proches, celles dont j’ai été fautifs. C’est douloureux, c’est cruel et pesant. Difficile. Mais c’est pour eux qu’il faut surmonter cette difficulté et chercher non pas à les rejoindre dans la mort, mais à rester vivant à tout prix pour que ça ne puisse plus arriver à d’autres. »

J’avoue une part de ma propre histoire pour étayer mes dires.

« Je me suis rendu aux Enfers, le Domaine de Phaïtos, de mon vivant. J’ai vu l’âme de celui que je peux considérer comme un père, et dont j’ai saccagé le cadavre une fois découvert mort. C’était la seule personne que je connaissais, le seul être que je côtoyais. J’étais encore un enfant. Un enfant sauvage. Son âme, me voyant vivant et fort là où je n’étais alors que faible et instable, m’est apparue heureuse et rassurée. Pourtant, les Enfers sont un lieu que jamais plus je ne souhaite parcourir. Tout y est douleur et cruauté, violence et peine. Tout n’y est que mort. Cette Mort contre laquelle je me bats de toutes mes forces. Cette mort que toi-même tu devrais rejeter, pour trouver ta rédemption. »

Je laisse le silence retomber entre nous. Talic nous apporte deux assiettes de ragoût fumant, suffisamment discret pour ne guère nous interrompre, et s’éclipse aussitôt, sans un mot. Je perds mon regard dans les fumeroles chaleureuses de ce plat, puis répète pour moi le nom qu’elle m’a donné.

« Rose. »

Je soupire, plus léger subitement, et plonge à nouveau mon regard dans le sien.

« C’est curieux comme le destin est facétieux, parfois. »

Je suis tellement lié à la Rose, par tellement de points de mon existence. Les Amants, bien sûr, et le Temple des Plaisirs. Mais je ne peux révéler leur existence. Le Palais de la Roseraie de Soie, ma résidence en Ynorie, et ses jardins courus des plus belles roses. Je retrouve le sourire, un sourire profond, intense et vrai.

« Un des titres que je porte est celui de Chevalier de la Rose. »

Je dégrafe ma cotte de maille ainsi que la chemise que je porte dessous et révèle, à l’emplacement de mon cœur, sur ma poitrine, ce bijou si secret, si intégré à mon être. La broche d’argent contenant une rose poussant à l’intérieur de mon corps, liée à ma vie, à mes pouvoirs. Et résidence de Lysis lorsqu’elle n’est pas liée à moi.

« C’est une rose qui a élu domicile… dans mon cœur, et pousse librement dans mon être. »

Puis, avec ce même sourire charmeur de ma première remarque, je conclus :

« Tu vois. Je t’ai déjà dans la peau. »

Puis, plus sérieux :

« Pourquoi cacher ce nom ? Détestes-tu les roses ? »

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Sam 7 Juil 2018 02:49 
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Hrist tapotait du doigt sur la table, Cromax quant à lui semblait digérer les informations et l'histoire entendue. Il avait ce même air sombre et regard dur que lorsqu'il la réprimandait quand elle parlait de tuer un des nobles d'Elysian, toutefois, il ne semblait pas être colère mais avait un air des plus sérieux, il ne devait pas être d'accord avec ce qu'elle disait, d'ailleurs, il leva très vite à voix haute son doute en disant qu'elles s'étaient sacrifiées pour qu'elle puisse vivre, tout ces mots emprunts de bon sens qu'on dit pour consoler les attristés.

Mais Hrist connaissait la vérité, elle savait qu'elles étaient mortes pour remplir leur mission et pas par charité ni par amour. Elle resta un temps silencieuse, Cromax opposait de nouveau à elle cet amour qu'il avait pour la vie et la force qu'il fallait pour se battre contre la mort, qu'elle devrait adopter le même comportement afin de trouver enfin la Rédemption.

De son séjour aux Enfers, Cromax raconta son passé aussi, lui comme elle n'avaient pas eu de chance, tous deux partageaient une enfance difficile et tous deux encore partageaient ce même moment, celui d'avoir eu quelqu'un pour croire en eux. Etait-ce de la chance ? Ou une malédiction ? Hrist ne saurait dire. Que serait-il arrivé ? Aurait-il était un Général d'Oaxaca sans ce père ? Aurait-elle été la Lame de Xenair sans Lys ? Elle se grattait l'arrière du crâne et ne cessa que pour s'emparer de sa cuillère non sans une certaine avidité qui trahissait son estomac vide qui la tiraillait et affaiblissait ses nerfs.

" Tu sais, ici aussi tout n'est que cruauté. Nous sommes tous deux assez vieux en ce monde pour avoir accompagné la grande danse de mort des hommes, marchant siècle après siècle sur le ventre d'innombrables vivants dont tout le monde se fiche. Derrière toute ces guerres, ces conquêtes, reconquêtes, échauffourées, purges et les pogroms, derrière tout ce que nous entendons pudiquement nommer événement, incident de frontière, vendetta, expédition punitive, épuration, chevauchée, raid ou encore manœuvre stratégique, il n'y a que ce qu'on a toujours vu, encore et toujours, inlassablement : Des hommes gisants dans leur sang, des femmes étendues dans leurs tripes et des enfants encore en vie mais aussi condamnés que si on leur avait tranché la gorge et qui agonisent lentement, la bouche vide, les yeux au ciel et ne laissant pas un nom derrière eux. "

Elle ne leva les yeux de son assiette fumante que lorsqu'il prononça son véritable nom. C'était vrai, le hasard avait une drole de façon de faire le tri dans ses caprices, c'est comme si la vie avait placé Cromax sur son chemin en ricanant. Si tout les opposait, ils avaient aussi beaucoup à voir ensemble. Hrist ne savait pas encore à quoi rimait cette conversation, mais quoiqu'il en advenait, elle lui avait raconté cette histoire secrète et quelque part lui avait donné un signe de confiance inviolable.

Ce titre cependant, elle l'avait déjà entendu, lors de ses voyages à Kendra Kar, elle avait aperçu une magnifique bâtisse qui portait un nom inconnu, lié à ce qu'elle croyait être une secte d'imbéciles amateur de fleur et de coït plus ou moins consentis derrière ses rideaux pourpres. Et voilà que celui qui mangeait devant elle était probablement en lien avec ce groupe. Chevalier de la Rose, il dévoila dissimulé derrière son armure une rose qui poussait dans sa poitrine, pas un vulgaire tatouage de marin aviné, une véritable rose, vivante, aux pétales de soie et d'un rouge inimitable.

Hrist l'observa un instant avec de grands yeux, elle avait déjà vu des corps d'homme et de femme, plus ou moins vêtus, souvent blessés ou fauchés, mais jamais encore elle n'avait vu une fleur pousser dans le corps de quelqu'un et ça n'avait rien de commun !

" C'est... Assez curieux. " Il fallait dire que ce genre de chose ne se voyait pas tous les jours, elle regarda rapidement autour d'eux, accusant qu'aucun regard ne se porta alors sur Cromax et sa rose. Elle ne savait pas quoi répondre, tant à cette découverte qu'au propos avenant dont il ne semblait jamais tarir. Il lui demanda enfin pourquoi elle cachait son nom, pourquoi Hrist et non Rose, lui demandant si elle était venue à détester les Roses.

" Non non, je ne les déteste pas, c'est juste qu'à l'heure ou je parle il doit y avoir six ou sept sectes d'assassins Shaakts verts de rage qui cherchent une Sindel dénommée Rose responsable d'une des événements sur la montagne, de deux de nombreux assassinats de Chefs de clan Shaakt, trois matriarches, deux prêtresses, une grande prêtresse, une floppée d'assassins et la pendaison par les tripes d'une trentaine de Shaakt à la grande voile de mon navire, la Laide-les-Maines. Mais ça je crois que je t'ai déjà raconté. Donc pour protéger mes Murènes, il vaut mieux rester discrète, je ne veux pas une guerre avec les Shaakts, pas ouverte en tout cas, Omyre a besoin des relations commerciales avec Caix, cependant je ne cesse de penser que Caix serait mieux sans les Shaakts... "

Elle dit ça avec un petit sourire trahissant une certaine rancune qu'on devine tenace envers les Shaakts.

" Et si on allait à Caix tuer une grande Prêtresse ? Ca serait le moyen de se changer un peu les idées ? Tu en dis quoi ? Je mets mille Yu en jeu que je ramène le coeur d'une Grande Prêtresse avant toi. "

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 10 Juil 2018 16:38 
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À ma description des Enfers de Phaïtos, Hrist a une réponse qui remet une fois de plus en avant son évident dégoût de la vie et du monde. Pessimiste, elle ne parvient qu’à en extraire les traits les plus noirs et négatifs. Elle dénonce les morts dans les guerres incessantes, jouant sur les mots qui minimisent celles-ci. Elle n’a pas tort, bien entendu. Les morts sont nombreux, en temps de guerre, et les dirigeants usent souvent d’euphémismes pour parler de ces catastrophes, pour garder le moral de la population, ne pas les effrayer outre mesure, afin de garder leur productivité sans les décourager. De la politique, digne de Kenra Kâr, loin de la parfois cruelle transparence d’Oaxaca. Je ne peux cependant la laisser dire sans moi-même réagir, affligé par ses propos néfastes.

« Oui, la mort est présente en ce monde. Oui, c’est une horrible chose. Mais contrairement aux Enfers, ici-bas, il n’y a pas que la mort. C’est être aveugle que de le croire. Il y a la vie, les rires, les plaisirs. Il y a des paysages magistraux, des moments idéaux, des rencontres surprenantes et constructives… Il y a des auberges servant de bons hydromels, des musiciens jouant frénétiquement leur art, des légendes, des héros… Il y a des gens qui se battent pour épargner cette mort que tu penses inéluctable à de nombreuses personnes. »

Je plonge mon regard dans le sien et essaie d’être le plus persuasif possible pour lui affirmer :

« La vie a des bons côtés, Hrist. Rose. Et je me donne comme devoir de te les montrer. »

Elle réagit avec curiosité quand je lui montre ma broche végétale invasive. Je referme mes habits, afin de ne pas l’exposer trop longtemps, puis je l’écoute poursuivre sur les raisons de son changement de nom. Des shaakts seraient à la recherche frénétique d’une elfe nommée Rose, pour ses nombreuses exactions, meurtres et assassinats. La mort fait littéralement partie intégrante de sa vie. Pas étonnant qu’elle en soit venue à penser si sombrement. Elle conclut en disant qu’il vaut mieux rester discrète que de déclarer une guerre ouverte avec Caïx, précisant que la Reine Sombre a besoin des appuis des Grandes Prêtresse de l’Atha Ust. Je salue d’un signe de tête sa sagesse, avant de boire une gorgée d’hydromel, sucré et doux, manquant cependant de la recracher aussitôt lorsque j’entends la proposition qu’elle me fait alors : elle m’enjoint à une compétition morbide. Le premier à tuer une prêtresse de Caïx Imoros. Et elle est prête à mettre mille yus en jeu pour ça.

Je secoue la tête, un peu défait.

« Ne viens-tu pas de dire qu’il serait plus sage d’œuvrer discrètement ? Ne viens-tu pas de dire que la mort était un fléau ? Pourquoi aller dans ce sens ? »

Prenant un air taquin, je précise :

« En plus, tu n’aurais aucune chance : j’aurais atteint Caïx avant que tu n’ais pu quitter Tulorim. »

L’évocation de la capitale Shaakt me rappelle néanmoins quelques vieux souvenirs, que je partage avec elle.

« C’est curieux que tu évoques Caïx Imoros. J’y suis déjà allé, dans le passé. J’étais même associé à une guilde, là-bas, visant à réduire ou abroger le pouvoir matriarcal des grandes prêtresses. Les Chevaliers de la Flamme Noire. Davantage pour soutenir le projet d’un ami shaakt que par réelle implication dans leurs buts, ceci dit. Autant dire que je n’étais pas spécialement bien vu, là-bas. »

Je souris à cette évocation. Je me demande ce qu’est devenu Daïo, et où en sont ses projets. Je hausse les épaules.

« Il y a tellement d’autres endroits à visiter avant de penser à aller s’enterrer sous terre là-bas, dans ces noires contrées. Je possède une maison, en Ynorie. Le Palais de la Roseraie de Soie. Et il porte bien son nom. Il possède un jardin où poussent les plus belles roses que j’aie pu voir en ce monde. Te plairait-il de les voir ? Je peux nous emmener… en un temps record, si tu n’as rien contre… le vol à dos de dragon… »

Ça me remettrait sans doute aussi les idées en place de me retrouver dans un endroit que je connais, et entouré de personnes de confiance. Je pense bien entendu à Pulinn, mais elle est trop exposée. Zarnam ? Il est tout proche, mais je ne l’ai jamais rencontré. Non, le mieux, c’est sans doute Onyx, à la Roseraie. Ou le Clan des Roses des Duchés. Eux pourraient m’aider à y voir plus clair avec ce qui m’arrive.

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 Sujet du message: Re: L'auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 16 Juil 2018 19:12 
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Encore une fois, Cromax ne semblait pas accorder autant d'attention qu'elle au côté sombre de l'humanité. Il débattait avec Hrist sur ce qui faisait de la vie tant sa beauté que sa laideur, il parlait de l'instant présent, parlant d'eux, assis autour d'une table à boire un bel hydromel en face d'une bonne assiette chaude. C'était bien plus que de nombreuses personnes en ce monde. Cromax prônant le bien et l'amour, Hrist la mort et la solitude.
Au détour de la conversation, Cromax se disait même avoir pour mission de lui montrer les bons côtés de cette vie à laquelle il tenait tant. Hrist commençait à sentir renaître sa méfiance naturelle, comme si elle était malade et qu'il fallait la guérir de cette affliction.

Toutefois, alors qu'il profitait d'une bonne lampée d'hydromel, il manqua de s'étouffer lorsqu'elle proposait avec un soupçon d'innocence de traquer une Grande Prêtresse pour le sport. Il paraissait choqué de sa proposition, arguant que plus tôt elle parlait justement de la mort tel un fléau ravageant le monde.

Elle haussa les épaules et dit : " La discrétion n'a rien à voir la dedans, je ne comptais pas crier ' ' Youuuuhou, je suis Rose, la tueuse de Shaakt, venez vous mesurer à moi ' '. Et puis je disais trouver hypocrite de trouver un tas de mots pour dissimuler sa transparence, je n'ai aucun problème avec ça, bien sûr que si on se met en route pour Caix, on pourra traquer de la viande Shaakt sans complexe, juste pour le sport sans prétexter que c'est pour une épuration ou une vengeance ou qu'importe."

Puis, un rien boudeuse, posa son coude sur la table et logea sa joue au creux de sa main, regardant la table telle une enfant punie.

" Oui, bon, j'ai compris, n'allons pas à Caix." Alors que Cromax disait, railleur, qu'il serait arrivé à Caix bien plus vite qu'elle et que se mesurer à lui serait peine perdue.

Son anecdote lui évoquait vaguement quelque chose, Les Chevaliers de la Flamme Noire n'étaient pas inconnus, toutefois elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'ils faisaient en ce monde ni pourquoi ils étaient là, aucun moyen de savoir s'ils étaient toujours actifs ou s'ils étaient comme pour beaucoup, devenus un groupe dispersés et anéanti. Il est souvent difficile de se mesurer aux Shaakts, Hrist le savait et c'était pour ça qu'elle évitait de déclencher une guerre ouverte avec eux.

" J'y étais pour traquer une esclavagiste Shaakt qui complotait contre un marchand Garzok, il avait payé grassement la milice pour résoudre ce complot et éliminer la Shaakt, du coup la mission est tombée sur moi. J'ai pu trouver et tuer la Shaakt à Omyre et nous avons brièvement discuté, puis lorsque nous sommes devenues amies, elle a pris soin de me donner de nombreuses informations quant à ses contacts et qui tirait les ficelles du complot, c'est comme ça que j'ai pu terminer à Omyre. Bien sûr, ça s'est assez mal passé. Ca m'a valu une bonne semaine de torture mais visiblement je suis solide. " Dit elle d'un petit haussement d'épaules.

Cromax lui parla alors de la maison en Ynorie. Elle leva un sourcil réfléchi, cherchant dans sa mémoire à retrouver où se trouvait exactement ce lieu sur la carte du monde. Le Palais de la Roseraie de Soie. Un lieu qui abriterait les plus belles Roses que Hrist aie jamais vue. Cromax lui proposait de les voir et pour piquer sa curiosité jusqu'au bout, il le proposait à dos de dragon.

Hrist resta silencieuse un instant, elle cligna légèrement un oeil, comme pour mieux réfléchir et ne pipait mot. Elle se demandait bien pourquoi les gens portaient un intérêt maladif aux fleurs. Les hommes offraient des fleurs aux femmes par exemple, Hrist se demandait comment elle réagirait si quelqu'un venait à lui offrir des fleurs. Elle eut un petit sourire amusé et se dit que pourquoi pas.

" Rose à pois bleu, le Dragon ? " Dit-elle d'une voix moqueuse, comme pour dissimuler son aval à cette proposition qu'elle trouvait curieuse.

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Tu peux estimer que Hrist accepte et lancer directement le vol, elle acceptera de grimper sur le dos du dragon. Tu me dis si on poste au Palais de la Roseraie après.

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