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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Jeu 29 Nov 2012 22:54 
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Localisation: Dans le ciel d'Omyrhy
Toutes ces manipulations et découvertes avaient exténué la sindel. Aussi, son sommeil fut profond et réparateur et, contrairement à son habitude, le soleil était déjà levé lorsqu’elle fit de même.
Une fois les révérencieuses ablutions passées, Itsvara prépara méticuleusement son petit sac, attachant un soin tout particulier à son nécessaire d’écriture. Son séjour à Tulorim lui avait apporté tout ce qu’elle espérait, et même bien plus. Il était temps pour elle de continuer son voyage initiatique.

Elle rangea sa chambre, débarrassa le linge de lit et jeta un dernier coup d’œil à la chambre qui avait été son refuge pendant ces quelques jours avant de rejoindre le rez-de-chaussée où se trouvait Talic.

« Vous nous quittez ?! »
« Il est temps, oui. Votre accueil fut des plus chaleureux. Je recommanderai votre établissement à qui voudra séjourner dans votre cité. »
« Et où allez-vous donc, si ce n’est pas indiscret ? »
« À vrai dire, je ne sais pas encore… Je compte me rendre à la zone d’embarquement et voir les trajets proposés. »
« Vous comptez prendre ces machines volantes ?! »

Il semblait étonné, voire même scandalisé ou apeuré.

« Bien sûr. Mon peuple en possède la technologie, pourquoi ne pas en profiter ? »
« C’est un coup à ce que ça s’écrase, et vous dedans. »
« Nous sommes bien trop intelligents pour que cela arrive, ne vous en faites pas. »

Talic grommela quelques mots concernant ces prétentieux d’elfes avant de se ressaisir.

« Et bien, bon voyage, dame Yana. Au plaisir de vous revoir. »

Elle s’avança vers la porte mais, avant de la rejoindre, s’arrêta net.

« Pourriez-vous, si vous le croisez, prévenir le jeune garçon qui était parfois en ma compagnie, que je suis partie ? »

« Gabriel ? Ouais, sans soucis. »

Elle sortit enfin et se dirigea, sans hésitation, vers la zone d’embarquement.

(Tu ne veux pas le chercher ?)
(Je pensais qu’il vous insupportait.)
(Je me renseignais simplement.)
(Lisez donc mes pensées.)
(Elles sont toujours tumultueuses.)

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Dernière édition par Itsvara le Sam 24 Jan 2015 01:05, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 4 Déc 2012 20:02 
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Localisation: Quête 30 - Aliaénon
La nuit était bien entamée lorsqu'ils arrivèrent à l'auberge du pied levé. Alistair demanda une de leurs plus belles chambres et ils montèrent pour s'y installer. Une fois dedans, Émeraude s'assit sur le grand lit et pleura à chaudes larmes, enfouissant son visage dans les mains.


« J'ai tué quelqu'un, » geignit-elle. « Et j'ai perdu mon travail, Ivan ne voudra jamais me reprendre après ça. »


Souriant intérieurement, Alistair s'assit à côté d'elle et la prit chaleureusement dans ses bras, lui murmurant quelques mots de réconforts. Au final, il avait payé deux-cents yus pour rien, et cela l'irritait profondément – bien que cet argent ne lui appartenait pas vraiment et qu'il avait gagné plus de pièces qu'il n'en avait dépensé dans la journée. Il serait certainement inutile d'essayer de coucher avec sans lui verser une nouvelle fois cette somme, d'autant qu'elle n'avait maintenant plus aucune source de revenus. Mais il pouvait cependant lui proposer de les rejoindre, il avait vu ses prouesses en matière de vol et la vivacité avec laquelle elle s'était défendue contre le gros bonhomme et il ne doutait pas qu'elle pourrait lui être utile. De plus, quelque chose lui disait qu'il aurait besoin d'elle pour quelques uns de ses projets futurs. C'était là le même genre de pressentiment qui l'avait guidé à travers la ville deux jours plus tôt. Devait-il toutes ces péripéties à Zewen lui-même ? Alistair ne voulait pas l'envisager, mais il était contraint d'avouer qu'il n'avait aucune idée de la provenance de ces intuitions. Émeraude lui serait utile, il le savait. Ne restait plus qu'à la convaincre – ce qui ne devrait pas être la partie la plus compliquée du plan.


« Si tu veux j'ai un travail pour toi, » lui murmura-t-il, la tirant instantanément de son apitoiement.
« Un travail ? Quel genre ? »
« Ce sera dangereux, mais je pense que tu es qualifiée. »
« Parce que tu crois qu'être une pute à Tulorim c'est pas dangereux ? » fit-elle d'un ton qui n'attendait aucune réponse.


Alistair leva la main en un geste apaisant. Il était vrai que les prostituées étaient comme de la marchandise ; certains volaient les biens qu'ils désiraient, d'autres les prenaient de force, et quelques personnes peu scrupuleuses préféraient abuser des roulures plutôt que de les payer. Mais ce n'était pas le genre de danger dont le voleur voulait parler, personne ne prenait la peine de tuer une prostituée.


« Je veux dire que tu vas devoir te battre, » annonça-t-il.
« Et tuer des gens ? » demanda Émeraude dont le teint tournait au livide.
« Tuer des meurtriers qui n'ont plus rien d'humain, » rectifia le voleur.


La prostituée sembla réfléchir un moment, peser le pour et le contre. Elle n'avait plus de travail ni de toit et avait laissé toutes ses économies au Purgatoire, mais l'idée d'ôter des vies semblait la rendre nauséeuse. Voyant qu'elle était sur le point de refuser son offre, Alistair décida de mener le sujet vers un compromis, au moins le temps de la convaincre.


« Tu n'es pas obligée de te battre, tu peux nous aider de plusieurs autres manières. Tu seras payée et logée. Peu, au départ, certes, mais l'argent ne devrait pas tarder à arriver plus rapidement, » promit-il.


La jeune femme prit son temps pour réfléchir. Elle semblait déjà plus emballée par l'idée. Elle paraissait comprendre que ses tâches seraient de l'ordre du vol et du cambriolage, et Alistair devina que la seule chose qui la faisait encore hésiter était la perspective d'aider un groupe à éliminer des gens, aussi se pressa-t-il de la rassurer, lui faisant comprendre subtilement que ce n'était qu'une histoire de vengeance bien méritée et de justice pour toutes les femmes qui avaient été laissées pour mortes dans les ruelles de la cité. Visiblement plus rassurée, Émeraude hocha la tête en signe d'assentiment avant de laisser tomber le manteau du voleur sur le lit, dévoilant sa nudité pour la seconde fois de la soirée à celui-ci. Maintenant qu'elle avait trouvé un nouvel emploi, il semblait peu probable qu'elle accepte de vendre son corps une nouvelle fois, fut-ce la dernière, et Alistair était de toute manière peu disposé à lui céder d'autres yus, bien que le corps de la belle lui faisait douloureusement envie. Surprenant les regards insistants du voleur à l'égard de sa poitrine, Émeraude retrouva son sourire espiègle et remit le vêtement de son nouveau chef sur ses épaules.


« Vous ne devriez pas dévisager les jeunes femmes comme ça, monsieur le voleur. »


Alistair ne put s'empêcher de sourire à la remarque de la prostituée – enfin, ex-prostituée. Ce n'était certes pas son visage qu'il regardait comme ça, mais, après tout, moins de deux heures plus tôt elle était prête à le lui offrir.


« Je crois que j'ai besoin d'un peu plus de réconfort, » réclama-t-elle en affichant une expression de jeune fille fragile.


Voyant là des avances, le voleur passa une main sur la cuisse de l'ancienne catin, mais elle le repoussa délicatement avec un semblant de sourire. Il se renfrogna quelques secondes, puis reprit contenance et se leva.


« Je reviens vite. »


Il quitta la pièce et descendit au rez-de-chaussée, où ne restaient qu'un groupe de piliers de bar, quelques ivrognes endormis, un grand barbu seul avec sa choppe et le gérant de l'auberge. Il s'approcha de celui-ci, sortant quelques pièces de sa poche, et commanda sa meilleure bouteille de vin, ainsi que deux verres. Sortant de sa semi-torpeur, l'homme s'exécuta, empocha l'argent, et souhaita une bonne nuit à Alistair avec un clin d’œil appuyé.


( J'espère que tu as raison, ) se dit le voleur.


De retour dans la chambrée, il remplit les verres à ras bord, en tendit un à la jeune femme et trinqua avec elle.


« A notre nouvelle collaboration ! »
« Et à la fabuleuse nuit que tu vas passer, » répondit-elle à mi-voix avant d'ingurgiter la boisson d'un seul trait.


Conscient que cette fois ce n'était pas une fausse alerte, Alistair l'imita, néanmoins peiné d'avoir gaspillé une trentaine d'yus dans une bouteille qu'ils n'allaient sans doute pas terminer. Mais ses pensées furent bien vite balayées quand Émeraude se découvrit, l'allongea avec délicatesse sur le lit et se mit à califourchon sur lui – pour la seconde fois de la nuit. Et elle ne lui avait pas mentit, il allait passer une fabuleuse nuit.



Quand Alistair se réveilla le lendemain, la journée était déjà largement entamée. Émeraude était encore blottie contre lui, entièrement nue, mais ses yeux ouverts témoignaient de son éveil. Savourant la sensation de son corps chaud contre le sien, le voleur ne se leva pas tout de suite. Remarquant qu'il était sorti de sa torpeur, la jeune femme aux cheveux verts le questionna sur le groupe qu'elle allait rejoindre. Après avoir eu les informations qu'elle voulait, l'ancienne prostituée se tut quelques instants, mais Alistair sentit qu'elle n'avait pas tout à fait terminé. Après quelques secondes de silence, elle se décida enfin :


« J'aimerais bien que l'on ne dise pas que j'étais une pute. »
« Et comment t'ai-je rencontré ? » s'enquit-il après quelques secondes de silence.
« Tu m'as sauvée, » affirma-t-elle. « D'un viol. En plus ça te fait de nouveau passer pour un héros chevaleresque, » ajouta-t-elle d'une voix où l'on pouvais déceler un large sourire sans même avoir besoin de le regarder.


A dire vrai, cela arrangeait pas mal Alistair. Son irrépressible désir charnel s'était certes largement atténué, mais il s'en serait voulu de jeter toutes ses chances de pouvoir coucher avec Saphir aux orties. De plus, elle se rendrait compte que son rejet l'avait perturbé, et le voleur n'y tenait pas vraiment. En outre, s'éclipser le temps d'une journée entière pour sauver la vie d'une jeune femme sans défense était certes plus glorieux que de disparaître pour aller assouvir ses bas-instincts.


« Soit, tu seras la jeune pucelle sans défense et moi le chevalier. Ca m'arrange un peu. Maintenant allons-y, je ne voudrais pas qu'ils fassent des conneries durant mon absence. »

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 26 Déc 2012 20:25 
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Jamen se réveilla au petit matin dans une petite chambre. En regardant autour de lui, le jeune homme comprit qu'il était dans une auberge, sans doute l'auberge du pied levé.
Il n'avait quasiment aucun souvenir de la veille, juste celui d'avoir bu à la taverne, de la sensation de bien-être qu'il avait sentit grâce à la boisson.
Il avait à présent une terrible migraine qui lui battait les tempes, elle était sans doute due à l'alcool qu'il avait consommé la veille. Sa bouche était également pâteuse et il avait la nausée.
Il se leva, et vit sur une commode une coupelle remplie d'eau, il s'en approcha pour s'asperger le visage. Ses idées devinrent plus claire, même si le jeune rôdeur ne parvenait toujours pas à se souvenir de la veille.
Ça lui avait fait du bien de boire pour oublier, même s'il savait que ce n'était pas la solution. Sa mère l'avait toujours prévenu des effets de l'alcool, il n'avait jamais vraiment compris auparavant, mais maintenant, il comprenait. C'était très tentant de se mettre dans un état second quand on se sentait mal. C'était un moyens de se punir, de se faire du mal, tout en essayant d'oublier ses propres malheurs, ses propres erreurs. Sur le moment il avait trouvé ça efficace, mais au matin il se sentait encore plus mal, encore plus coupable, et il avait tellement mal à la tête.
Le jeune homme s'habilla et descendit dans la salle à manger de l'auberge. D'autres personnes y étaient présentes, attablées autour d'un petit-déjeuner copieux.
Il s'assit à une table et l'aubergiste s'approcha de lui avec un sourire au lèvres.

-Alors petit ? Bien dormi ? Tu avais sacrément bu hier soir quand tu es arrivé...

Jamen hocha la tête sans rien dire.

-Je t'apporte ton p'tit-dej'.

-J'ai pas très faim, souffla-t-il.

-Crois moi, vaut mieux que tu manges maintenant, au moins un peu, tu verras ça ira mieux après.

L'aubergiste disparut et revint quelques minutes après avec du thé, du pain et de la confiture.

-Bon appétit.

Jamen fixa la nourriture un peu hésitant, puis mangea un peu. C'était pas si mal de se remplir un peu l'estomac, de reprendre des forces. Le thé était agréable à boire, légèrement sucré.
Une fois qu'il eu terminé de manger il se leva pour rejoindre l'aubergiste à son comptoirs et le payer :

-Vous ne savez pas ce qui est arrivé hier soir ?

-Tout ce que je sais, c'est que tu as du boire autre chose que de l'eau petit.

-Je vous remercie, marmonna Jamen en sortant de l'auberge.

C'était troublant de ne pas se rappeler ses propres actions de la veille, le jeune homme détestait cette sensation.
(Je déteste l'alcool) pensa-t-il.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 3 Juin 2013 17:01 
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Une fois leur course terminée, Thalo se réjouit de voir le soulagement presque l'extase de la shaakt au confort de ses nouvelles bottes. Toutefois, la fatigue demeurait, ils se dirigèrent alors vers l'auberge la plus proche.

" Ce retour à Tulorim est bien moins mouvementé que notre première visite." Le wiehl parlait alors qu'il manqua de peu de percuter une de ces humaines abjectes qui vendaient leur corps.

"Cette ville est déjà un bouillon de corruption, de stupres et de chaos."
Des poignards comme Thalo n'en avait pas entendu depuis un moment !

"Certes mais... Avouez qu'il y a du progrès par rapport à Exech." Loin d'être convaincue, Rosa secoua la tête, impatiente de trouver un refuge pour la nuit.

Thalo s'arrêta devant la porte, leva la tête pour voir l'enseigne. «  L'auberge du pied levé » tant que ce n'était pas les pieds devant songea t-il. L'heure semblait aux règlements de compte car le guerrier entendait plus les cries des ivrognes que les instruments des musiciens. Il jeta un œil à l'intérieur par la fenêtre, en plus d'un remarquable petit orchestre, l'auberge disposait d'intéressantes danseuses. Enfin intéressantes ! Il ne fallait pas s'emballer, d'autant qu'entre le wiehl et les jeunes femmes, il y avait un imposant groupe de clients très … « allumés » comme dirait un certain jargon. Rosa bailla sans vraiment faire attention à ce qui l'attendait à l'intérieur. Ils allaient pourtant devoir se frayer un chemin jusqu'au comptoir.

« Vous êtes prête ? Mon œil avisé a repéré une faille dans la foule d'ivrognes. Quelques coups de coude bien placés et nous aurons votre chambre pour la nuit. »

« Qu'est ce que tu racontes ? »
Elle pencha la tête et vit enfin l'ambiance qui régnait dans la bâtisse. «  Ah... Nous n'avons rien de plus fréquentable ? Quitte à y mettre le prix... »

« Hem, non. »
lâcha le protecteur embarrassé. «  Pas à ma connaissance... Tulorim reste une ville assez euh... Dirons-nous désordonnée ? Surtout la nuit. Je ne pense pas qu'il y ait un établissement plus chic pour dormir... Par contre je peux vous trouver bien pire ! »

« Ça ira. Ce n'est qu'une nuit... Prépare tes poings, je ne veux pas qu'un seul de ces spécimens pose ses sales pattes sur moi. »

« Taïaut ! »
lança t-il en poussant la porte.

Le tumulte de la pièce envahit alors les oreilles de la mage engendrant déjà un pénible mal de crâne. Elle resta dans l'ombre imposante de son gardien du mieux qu'elle pouvait. Déjà, des humains las de leur journée de travail riaient de ce « surprenant joli minois ». Berk ! Berk ! Stupides et impudents ploucs !

« Eh lépreux chevalier » un des soiffards déjà hilare avec son jeu de mot s'adressait à Thalo. « Ton casque me fait pitié, elle a fait la même chose à ton cœur la donzelle ? C'était une gifle ? » Il fit éclater de rire son public et les quelques amis du client attendait avec amusement la réponse du guerrier.

« Si mon casque est quelque peu endommagé, mes gantelets eux vont très bien. Venez les voir de plus près si vous voulez encore manquer de respect à cette dame ! »

« MAIS JEU VIENS ! Je viens mon bon monsieur ! »


Il tituba vers le protecteur, se planta d'un air de défi et s'écrasa sur sa table avec une mauvaise droite dans les dents. Il renversa les verres et les cartes de ses compagnons. Furieux, Thalo fut néanmoins rassuré de voir que son geste fut pris par le groupe avec humour, il l'avait cherché. Soudainement très fier d'avoir joué les héros défenseurs des demoiselles, il appela l'aubergiste d'une voix forte. Un comportement complètement incompréhensible pour une shaakt qui n'avait vu que deux mâles crier et se battre pour aucune raison valable.


« Deux chambres. Vos meilleures, j'ai de quoi payer. »

« Qu'est ce que tu as à attirer l'attention ? »


« Ca m'a fait du bien de passer mes nerfs sur l'un d'entre eux ! Je l'ai imaginé avec la tête de Grip'Sec.  Je vais faire en sorte qu'on vienne nous livrer nos repas... Nous partons dès l'aube ? »


La shaakt hocha la tête en observant une choppe crasseuse non loin d'elle. L'aubergiste les invita ensuite à le suivre pour leur indiquer leur chambre.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Ven 5 Juil 2013 10:16 
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Arrivant des ruelles

Alors qu'il approche de sa destination, Zart constate les premiers changements indiquant qu'il se rapproche de son but. La ruelle qu’il parcoure se fait plus large au fur et à mesure qu'il avance et les gens qu'il croise sont plus joyeux. Quelques pas plus tard, il commence à sentir un léger fumet des plus agréable avant d'entendre une sourde rumeur dans le fond de la nuit. Déjà le Sekteg aperçoit la lumière qui filtre sous la porte et à travers les fenêtres de l'auberge.

(J'espère qu'il sera la...)

Ignorant l'entré qui lui tend les bras, Zart se dirige vers l'arrière-cour, se glissant dans l'ombre de l'écurie. Retrouvant son coin habituel, il s'installe confortablement, ignorant combien de temps il va devoir attendre.

Le temps passant, l'attente se fait de plus en plus difficile. L'odeur de nourriture torture l'estomac de Zart et les rires qui parviennent jusqu'à lui ne semblent être là que pour se moquer de sa situation. Tenant bon, et après plus d'une heure d'agonie, il fini par être récompensé quand il aperçoit la silhouette familière qui se détache de l'encadrement de la porte qui viens de s'ouvrir sur l'arrière de l'auberge.

« Psssst ! »

L'individu, un jeune garçon maigrelet portant un seau, s'arrête mais ne bouge pas.

« C'est moi, approche. »

La seule réaction du commis est un coup d’œil en direction de l'auberge.

(C'est pas vrai çà, il va quand même pas nous faire la statue jusqu'à l'aube. Saleté de petit d'homme...) « Viens avant qu'on ne repère ton manège »

Que ce soit le ton employé ou la menace d'être pris, le jeune homme décide d'approcher avant de s'arrêter à une distance à la fois raisonnable de Zart et du bâtiment.

« Qu'est-ce tu veux ? »

« Je me suis dit que j'allais venir te souhaiter la bonne soirée...Je veux la même chose que d'habitude bien entendu. » Montrant le paquet qu'il a sous le bras. « J'ai de beau spécimen qui sont tout prêt. Tu sais ce qu'il te reste à faire. Par contre vu le nombre, t'as intérêt à te montrer plus généreux que la dernière fois. J'avais à peine assez à boire pour supporter la vue, et surtout l'odeur, de ton espèce. »
Hésitant un instant, un air franchement dégoûté sur le visage, le jeune garçon fini par prendre le paquet.

« Dans 15mn. »

Sans attendre plus longtemps, le commis file vider son seau et, cachant le paquet à l'intérieur de celui-ci, retourne prestement dans la bâtisse.

(Je vais me régaler d'un bon ragoût et de quelques bières. Béni soit Ter Zignok pour m'avoir fait rencontrer ce morveux et surtout béni soit-il pour avoir rendu sa sœur malade.)

Un sourire sur les lèvres, Zart attend que les 15 minutes s'écoulent en imaginant l'angoisse de son complice de la soirée. La peur au ventre, celui-ci doit essayer de se faire tout petit en attendant le bon moment. Puis, dès que l'occasion se présentera, il lui faudra remplacer la viande acheté le matin même au marché par celle de rat qui viens de lui être fourni. A partir de ce moment là, il n'aura que quelques instants pour réussir à la glisser dans la marmite sans qu'on ne remarque rien tout en cachant son butin qu'il apportera plus tard à sa famille, trop pauvre pour pouvoir acheter cette viande rouge dont une des filles a tant besoin. Oui, le Sekteg se réjouit autant de sa manipulation qui va lui permettre de manger à l’œil que du repas qu'il va faire.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 10 Juil 2013 21:43 
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Nous nous installons à une table et passons commande. Mon invité se contente de prendre deux chopes de bière. Pour ma part je me contente de la spécialité culinaire du lieu et d’une carafe d’eau. Je me considère en service et l’alcool est prohibé lorsque l’on se trouve à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Je veux retrouver Siniel, plus que tout, même si j’avoue ressentir le besoin de m’enivrer pour me donner du courage… Idiot ! Ne pense pas à cela et reste focalisé sur ton objectif ! Après avoir bu deux gorgées, l’homme décide de commencer à parler.

- « Tout d’abord, laissez moi me présenter ! Je m’appel Yrmus et je viens de la cité blanche, Kendra Kâr. »

- « Enchanté Yrmus. Je me nomme Tomas Elven. »

- « Tout le plaisir est pour moi mon bonhomme ! »

Bizarrement, le fait de boire dissipe son état d’ivresse qui l’imbibait encore dans les ruelles.

- « Tu sais, j’ai vu du pays, mais aujourd’hui, je suis invalide et sans le sous et j’ai… Enfin, passons ma vie mélodramatique, me dit-il en rigolant. Alors que veux-tu savoir sur cette attaque ? »

- « Absolument tout ce que vous pourrez me dire, s’il vous plaît. »

- « Ne fais donc pas temps de manières ! Tu peux me tutoyer. »

Cela ne m’était pas venu à l’esprit. J’opine du chef et il se lance dans le récit de ce fameux jour. Tôt dans la matinée, alors qu’il se dirigeait vers la ville de Kers, Yrmus rencontra un groupe de personne, des Humains, qui tenaient un siège et qui planifiaient une attaque. Par excès de confiance en lui, mon compagnon de table, s’était approché du campement. Il me dit qu’il voulait entendre ce que disaient ces hommes. Il ne se rappel plus ce qui a déclenché cette attaque, mais cela avait visiblement un rapport avec quelqu’un du village de Kers.

Alors qu’il allait reprendre sa route, Yrmus tomba nez à nez avec l’un des chasseurs du groupe. Ce dernier n’eut aucun mal à le capturer et revint donc près du petit groupe avec un sanglier pour le repas et un otage. Rapidement, il fut décidé de bander les yeux d’Yrmus afin de l’empêcher de voir pas le visage de l’instigateur de ce raid meurtrier. Mon compagnon m’apprend que, sur ce qu’il a entendu ce jour-là, un habitant de mon village natal ne venait pas de mon peuple. C’était un étranger.

Mes doutes se dissipent lorsqu’il me décrit que de son côté, donc de ceux qui ont attaqué, il était question de faire brûler une maison bien précise. Je ne peux pas le croire ! Mes parents étaient visés… Tous les gens qui ont trouvé la mort ce jour-là n’étaient que des dommages collatéraux. L’unique but des assaillants était d’anéantir ma famille. Mais pourquoi m’avoir épargné ? Cette question ne trouve pas de réponse et rapidement Yrmus sombre dans l’inconscience.

Je me retrouve seul, perdu et plongé dans mes pensées. Je ne comprends plus rien. Tout mon monde s’écroule, toutes les certitudes que j’avais s’envolent. Rapidement je décide de m’isoler pour pouvoir réfléchir à tout ce qui découle des révélations de cet homme. Je me rend au comptoir afin de payer mon repas et les boissons de mon contact et j’en profite pour prendre une chambre.



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Dernière édition par Tomas Elven le Jeu 18 Juil 2013 14:39, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 15 Juil 2013 09:08 
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Je ne parviens pas à dormir. Des images me reviennent en pleine face m’empêchant de trouver un sommeil réparateur. Cette discussion avec Yrmus fait remonter en moi une frustration énorme dont je ne soupçonnais pas l’existence. Du moins jusqu’à ce que je retrouve de nouveau seul. Je me force à me livrer à un exercice pragmatique : cet homme a côtoyé pendant un temps, encore indéterminé, les assassins de mes parents également ravisseur de ma tendre Siniel. Pour autant, cela ne veut pas dire qu’il est capable de me conduire jusqu’à eux.

Je refoule l’espoir qui est né en moi suite à cette rencontre. Même si la déesse apporte sur moi sa lumière bienveillante pour me guider, il serait, je trouve, trop « gros » qu’elle me livre tous les indices en une seule fois. Cela serait trop facile et si la vie m’a apprit quelque chose c’est que rien ne s’obtient facilement. Alors que je fais les cent pas dans ma chambre, quelqu’un frappe à ma porte. Agacé par cette interruption, je vais ouvrir la porte pour renvoyer l’intrus. C’est Yrmus, titubant qui se tient sur le palier.

- « Eh ! Ça n’se fait pas d’me laisser seul comme ça ! »

- « Excuse-moi, mais étant endormi ivre mort en reversant ta chope de bière et voulant me reposer, je me suis permis de te laisser seul pour cuver ! »

- « Écoute bien : j’t’apprécie, vraiment, t’es un gars sympa, mais ne me prends pas pour un simple ivrogne ! Tu ne sais pas ce par quoi je suis passé ! »

La réaction violente d’Yrmus me prend totalement par surprise. Je ne m’attendais pas à ce que cet homme me révèle plus de chose sur son passé. Il force le barrage que j’avais mis entre lui et l’intérieur de ma chambre et au prix de quelques acrobaties il parvient à se poser sur la seule chaise présente dans cette chambre. Si j’avais été à sa place, je me serais plutôt étalé sur le lit, mais visiblement, il ne veut pas paraître plus pitoyable qu’il ne l’est déjà. Si tenté que cela soit possible… Je referme la porte à sa demande et vais m’asseoir sur le lit. Il reprend alors son petit discours d’une voix étonnamment claire.

- « Écoute Tomas, je ne bois pas… Je fais semblant. Je sais, c’est idiot car cela me donne une sale image, mais je n’ai pas le choix… Tout à l’heure, je n’ai bu que deux gorgés et j’ai commencé à jouer la comédie si l’on peut dire. »

- « Je ne comprends pas à quoi cela peut te servir… »

Il pousse un profond soupir qui reflète toute la fatigue, toute la lassitude et la peur qu’il garde en lui. De quoi peut-il avoir si peur ? De voyous de la cité ? De la milice ? Au lieu de me poser des questions auxquelles je ne peux répondre, je laisse mon ami poursuivre.

- « Lorsque je suis né, je vivais une vie formidable. Mes parents et moi formions une famille modèle. Et un jour, ils ont été tués… comme les tiens… Avant de continuer, dis-moi, d’où proviennent ces tatouages sur ton torse ? »

- « Euh… et bien, dis-je sans trop savoir comment amener cette réponse dans la discussion. Le jour de la mort de mes parents, j’ai trouvé près de la maison ces symboles écrit sur un parchemin et je les ai revus il y a peu lors de l’enlèvement de ma femme. J’ai donc décidé de me les faire tatouer dans l’espoir que cela m’aiderait dans ma quête. Satisfait ? »

- « Oui et non… »

Sur ce, il se lève et commence à se dévêtir. Tout cela ne m’inspire rien qui vaille, mais je le laisse faire tout en me préparant à une éventuelle attaque. Lorsqu’il se retourne pour me faire face, la peur s’empare de moi. Les mêmes symboles sont gravés également sur la peau d’Yrmus. Cependant ils semblent quand même différents… Je regarde une bonne minute le torse de mon compagnon et soudain je comprends ! Chez lui, le traçage des signes est boursoufflé, comme si on lui avait… Face à mon expression de terreur, Yrmus fait un signe positif de la tête, le visage attristé.

- « Oui, j’ai été marqué au fer rouge… En fait, peu de temps après le meurtre des miens, j’ai été enlevé et réduit en esclavage pendant près de dix ans. Je ne sais pas où je me trouvais, je ne pourrais donc pas t’aider sur ce coup ci, mais c’était une ville encore plus sombre, plus noire que la cité dans laquelle nous nous trouvons actuellement. »

Il m’explique alors comment, pendant des années, on s’est servit de lui, comment il a été battu, poussé à bout et comment ses ravisseurs l’avaient… Non ! Tout mais pas ça… Siniel ! Des sueurs froides coulent le long de mon dos, mes cheveux se dressent sur mon échine… Ma douce, prisonnière de ses monstres, bien pires que ce que j’avais pu imaginer, me glace de terreur. Yrmus poursuit.

- « Au bout de je ne sais combien de temps, ils m’ont emmené avec eux vers une destination inconnue. Ils prenaient toujours soin de se masquer le visage afin de ne pas être identifiable. Ils m’ont enfermé dans une boîte dans laquelle aucune lumière ne pouvait pénétrer et nous partîmes pour… Kers. Je sais juste qu’ils ont attaqué ton village dans le but de te capturer. Seulement, quelque chose est allé de travers, ils n’avaient pas prévu une réplique sanglante de votre part et c’est sans doute ce qui t’a sauvé mon garçon. »

Le doute n’est alors plus de mise. C’est à cause de moi que mes parents sont morts et que Siniel a été enlevée. Le dénominateur commun à tous ces drames, c’est moi ! La culpabilité m’envahit et une seule question me vient à l’esprit :

- « Pourquoi moi ? Que leur ai-je fait ? »

- « Je me doutais que tu me le demanderais car cette question hante mes jour et mes nuits depuis ma capture et je n’ai aucune réponse à te fournir, me dit-il avec un chagrin immense qui perce dans sa voix et qui me fend le cœur. Ils nous choisissent, je pense, ou une force supérieure nous choisit pour eux… Ce symbole est la marque de l’esclavage, tous ceux qui sont prisonniers et esclaves sont marqués ainsi, mais au fer rouge… En te faisant faire ce tatouage, tu leur indiques clairement où tu te trouves et ils peuvent te suivre et surveiller tes moindres faits et gestes. »

Alors, il me tend sa chemise.

- « Je te la donne… Un bon coup d’eau et elle sera propre. Je te conseille vivement de la porter mon ami ! »

- « Mais et toi ?, lui dis-je en m’emparant du vêtement. Que vas-tu faire ? »

- « Je ne sais pas… Mais après une vie à fuir ces individus, je pense que… Non, je ne sais pas. Mais nous nous reverrons un jour, je te le promets ! »

Il se lève et quitte ma chambre, je ne le retiens pas. Après son départ, je reste une bonne heure assis sur ma couche pour essayer d’assimiler tout ce qu’il vient de me dire et à tout ce que cela implique. Je décide finalement de laver la chemise qu’Yrmus m’a donnée afin qu’elle sèche pendant la nuit. Ou du moins ce qu’il reste de la nuit. Puis je m’étends sur les couvertures et finis par sombrer dans le sommeil. Un sommeil agité par des cauchemars insoutenables.



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Dernière édition par Tomas Elven le Jeu 18 Juil 2013 14:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 17 Juil 2013 23:20 
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Je me lève à l’aube, tout courbaturé de cette nuit agitée. Certes mon corps a pu trouver du repos, mais mon esprit est plus tourmenté que jamais. Toute la nuit durant, des cauchemars n’ont cessé de perturber le sommeil que je tentais en vain de trouver. Après avoir enfiler mon pantalon et la chemise donnée par Yrmus, je me dirige vers la salle à manger afin de me restaurer avant de quitter les lieux. Je ne sais encore où je vais aller.

En descendant, je constate que la salle est quasiment déserte, mis à part le tenancier et deux clients de la veille ronflant, visiblement cuit par leur soirée de la veille. Je m’avance vers le tenancier. Il est en train de nettoyer, sans prêter une grande attention à la propreté, les verres d’hier. Décidément, je suis vraiment bien loin de chez moi. Dans mon pays, rien n’est laissé au hasard : la moindre trace sur un verre est éliminée, le moindre faux pli sur les nappes est supprimé. Je ne comprendrai jamais comment ces gens font pour vivre au milieu de cette saleté. M’apercevant, le tenancier m’interpelle :

- « Je peux faire quelque chose pour vous ? »

- « Oui. Serait-il possible de manger quelque chose ? Je dois partir tôt et je ne tiens pas à faire le chemin l’estomac vide. »

- « Très bien, mais vous allez devoir vous contenter des restes d’hier ! Vous êtes bien trop matinal pour la ville mon brave ! »

- « Je m’en contenterai… Cependant je vous préviens, si c’est mauvais, je ne vous payerai pas. »

- « Alors là mon gars, on ne va pas être d’accord ! Payes-moi avant que je te serve ! »

Je le regarde avec surprise puis saisis dans ma bourse la somme que je lui dois pour ma nuitée.

- « Tenez ! Je mangerai à l’extérieur, je ne tiens pas à être empoisonné par votre nourriture pourrie. Au revoir. »

Sans prendre le temps de regarder sa réaction, je sors de cet endroit. Je lui ai quand même dit au revoir car mes parents m’ont toujours donné une éducation irréprochable, même envers les rustres, mais pour la première fois je me suis vraiment sentit forcé.



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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 26 Aoû 2013 16:08 
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(Vers le marché de Tulorim)

2


(Ça alors ! Qui aurait pu croire qu'une telle foule puisse tenir dans cette salle commune ? Pas moi en tout cas.)

Ainsi pensa la Sindel alors qu'elle entrait dans l'auberge du Pied levé, de taille pourtant respectable.
Ses yeux s'habituèrent peu à peu à l'obscurité régnante tandis qu'un brouhaha confus parvenait à ses oreilles : on aurait dit que toute la ville était réunie en ces lieux. Toutes les tables étant occupées, elle se dirigea d'un pas hésitant vers le comptoir derrière lequel l'aubergiste la regardait venir d'un air bienveillant.

"Bonjour jeune elfe. Vous me semblez perdu. Désirez-vous manger ou boire quelque chose ?"
"Bon... bonjour. Oui je souhaiterais manger un petit morceau. Qu'auriez-vous à me proposer ?"

Ce disant elle bafouillait et ne trouvant plus ses mots, se mit à rougir.

"Allons, il ne faut pas être si timide. Je vous impressionne ? Je vois bien que oui. Avec la canicule la nourriture se fait rare et ne se conserve pas très bien. Je peux donc vous proposer un plat de Châtaigner et pour vous désaltérer nous avons une excellente Rougette, notre bière locale."

(Un châtaignier ? Ils mangent vraiment des arbres par ici ?)

"Excusez-moi, je ne suis pour ainsi dire pas du coin. Pourriez-vous me dire en quoi consiste le Châtaignier ?"

"Évidemment j'aurais dû le voir dès votre arrivée. Le Châtaignier est une de nos spécialités, à nous autres, gens de Whiel. Il s'agit de viande de hérisson, accompagnée de marrons chauds."

(Miam ! Du hérisson, cela fait une éternité que je n'en ai plus mangé)

"Eh bien va pour un Châtaignier. Par contre, veuillez m'excuser, mais je me contenterai d'un peu d'eau claire"

"Pas de problème. Je vous sers tout ça au comptoir. Comme vous vous en êtes sûrement rendu compte, toutes nos tables sont prises par cette chaleur."

Yeuse s'installa donc et n'attendit pas longtemps. Un agréable fumet boisé s'échappait du plat posé devant elle. Dès qu'elle avala la première bouchée, de doux souvenirs vinrent titiller sa mémoire. Elle ferma les yeux. Elle revoyait son enfance passée avec sa mère, chassant le hérisson dans les bois où elles s'étaient réfugiées et cueillant des baies, maigre pitance qui leur semblaient à l'époque un vrai festin.
Une larme perla au coin de ses paupières. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la réalité s'imposa brutalement à elle. Elle était seule dans l'auberge d'une ville qu'elle ne connaissait pas.
L'aubergiste la regardait intensément.

"Vous ne vous sentez pas bien ?"
"Ce n'est rien, une simple réminiscence du passé..."

Elle poussa un long soupir.
Puis, pour relancer la conversation :

"Je viens d'arriver en ville et je cherche de quoi gagner quelques pièces pour subsister un moment. Peut-être avez-vous besoin d'une employée supplémentaire ?"
"Une serveuse, voulez-vous dire ? Non désolé, pas pour le moment. Par contre, je manque de fournitures pour réaliser mes plats et je cherche de nouveaux fournisseurs. Si vous pouviez vous charger de trouver quelques ingrédients, je pourrai alors vous rémunérer."
"Merci, j'accepte avec plaisir. De quoi avez-vous besoin exactement ?"
"Vous m'avez l'air bien frêle. Vous pourriez commencer par me rapporter, voyons... trois hérissons."
"Très bien. Savez-vous où ces bêtes peuvent se rencontrer ?"
"Certainement ! Suivez la route qui part vers l'est puis prenez vers le sud en sortant de la ville. Vous arriverez directement dans la garrigue qui s'étend autour de la ville."

Après avoir remercié une dernière fois, Yeuse gagna la porte de l'auberge et, sans un regard en arrière, sortit dans la rue ensoleillée.


Vers les terres autour de Tulorim

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Dim 8 Mar 2015 23:09 
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Une auberge aux portes mêmes de la ville! Voilà qui enchante Tanaëth, peu désireux de s'engager dans de sordides ruelles à la tombée de la nuit après sa dernière expérience à Yarthiss. Le tenancier doit être un homme avisé, du moins autant qu'un humain peut l'être bien entendu. Après avoir rapidement consulté Moraen d'un regard interrogatif, il franchit la porte, légèrement sur ses gardes car le brouhaha qu'il entend témoigne d'une forte agitation. Une chope perdue, c'est si vite arrivé! Mais rien de tout cela, la salle est presque comble, l'ambiance relativement pacifique, les clients semblent plus décidés à admirer la prestation de quelques danseuses qu'à s'écharper, ce qui convient à merveille aux deux voyageurs. Ils dénichent une table libre et s'installent au son des musiciens qui rythment le spectacle avec plus ou moins de bonheur. A peine sont-ils assis qu'une serveuse se fraye un chemin dans la cohue avec une habileté consommée, elle adresse aux nouveaux arrivants un sourire de bienvenue tout en demandant:

"Bonsoir étrangers, qu'est-ce que je vous sers?

"Bonsoir. Deux repas chauds et de l'eau, je vous prie," répond Tanaëth.

Une fois servis Moraen et l'Himdar se rassasient puis, leur repas promptement expédié, le guerrier s'enquiert auprès de la serveuse:

"Pardonnez-moi, mais j'aurais besoin de quelques informations sur la ville, sauriez-vous à qui je dois m'adresser?"

"Je vais appeler le patron, il devrait pouvoir vous répondre. Un instant."

"Je vous remercie. Oh, nous prendrons une chambre pour la nuit, si vous en avez une de libre?"

"Aucun problème, faites-moi signe lorsque vous souhaiterez la rejoindre, je vous montrerai le chemin."


Elle s'éloigne vivement, interpellée de toutes parts par des cris réclamant boissons et pitance. Quelques minutes plus tard, un homme ventripotent dont l'épais tour de taille est entouré d'un linge qui fut blanc en des temps meilleurs s'approche, un grand sourire aux lèvres:

"Holà voyageurs, soyez les bienvenus en mon humble auberge! J'espère que le repas vous a plu?"

"Il était excellent, merci. Dites-moi, j'ai entendu parler d'une sorte de guilde prônant l'équilibre qui aurait une demeure à Tulorim, auriez-vous une idée sur l'endroit où je pourrais la trouver?"


"Ma foi, il se pourrait, il se pourrait," répond le gaillard avec un sourire aussi réjoui qu'entendu.

Tanaëth sort quelques pièces de sa bourse et les glisse dans la main de l'homme qui les empoche avec une dextérité qui trahit une longue habitude.

"Alors, si j'étais vous, j'irais faire un tour du côté de l'université. Elle est au centre-ville, vous ne pouvez pas la manquer c'est un vaste ensemble de bâtiments."

"Fort bien, merci du conseil. Les rues sont fréquentables de nuit?"


"Ah ça mon bon monsieur, c'est loin d'être garanti, surtout pour des étrangers. Faut dire que c'est pas toujours mieux le jour, pour être tout à fait franc. M'enfin vous m'avez l'air d'un guerrier, et votre dame aussi vu son armement, alors..."

"Je vois. Nous allons y réfléchir, merci de votre amabilité, monsieur...?"


"Talic, pour vous servir!"

"Très bien monsieur Talic, merci encore, nous ne voudrions pas abuser plus longtemps de votre temps."


Souriant de plus belle, l'homme effectue une courbette enjouée avant de rejoindre le bar pris d'assaut, Tanaëth hausse un sourcil interrogatif en direction de la chasseuse:

"Qu'en penses-tu?"

"J'en pense que nous devrions profiter d'une bonne nuit de sommeil, nous n'en sommes pas à quelques heures près. Nous ne connaissons pas la ville, on risquera moins de se perdre de jour."

"Effectivement, ça me va très bien. Dans ce cas...je ne bois jamais d'alcool, mais si tu as envie d'un verre, ne te prive pas, c'est moi qui offre."


"Non, merci, je préfèrerais que nous allions dans notre chambre, tout ce bruit m'assomme. Et puis...je n'en ai pas fini avec toi," ajoute-t'elle avec un léger sourire en coin.

"Alors qu'attendons-nous," répond Tanaëth en riant?

Inutile de préciser que la nuit est courte et le sommeil plus encore, ce sont deux Sindels quelque peu décalés qui redescendent le lendemain matin, si l'on peut encore parler de matin lorsque le soleil approche de son zénith, prendre un déjeuner copieux. Ayant réglé leur note, ils se mettent en route sans tarder davantage, curieux de découvrir cette fameuse université.


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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Lun 25 Mai 2015 09:44 
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Azdun entra dans la cité bien tard dans la nuit, il était éreinté par le voyage et pestait contre tout, même le moindre cailloux qui passait sous sa botte était susceptible de prendre un violent coup de pied et de se retrouvé de l'autre côté de la rue. La grande capuche d'Azdun était comme à son habitude profondément enfoncée sur sa tête de sorte que personne ne pouvait voir plus loin que son menton. La rue était sale et pleine des détritus d'une journée de labeur pour tous ces sous-homme qui n'avait pour but que de traîner leur pied jusqu’à leur pitance quotidienne. Azdun ne remarqua pas tout de suite l'enseigne de l'Auberge du pied levé, l'obscurité masque bien des choses aux yeux non avertis. Mais un cri d'ivrogne semblant répondre à Kubi lui-même éveilla son attention vers cet établissement.

"Bien, cela faira l'affaire pour la nuit... Espérons juste qu'un de ces imbéciles éméché ne viendra pas me chercher querelle... Il serait bien accueilli..."


Azdun poussa l'imposante porte en bois et tomba sur le même spectacle qu'a son habitude : Une ambiance survoltée des cris, des ivrognes et des jeux de dé stupide. Pour couronner le tout, des saltimbanque jouaient à n'en plus pouvoir des mélodies répétitives et bruyantes sous les hourras des viandes soules qui jouxtait la petite estrade prévues à cet effet. L'auberge était bien éclairée par des séries de torches grossièrement fixées au mur par des armatures en fer rouillé. L'ameublement, simple s’agrémentaient parfois d’œuvres de taxidermie, qui peuplaient aussi les murs de l'établissement. A son entrer les clients se tournèrent vers lui et lancèrent tous un regard inquiet à l'homme. Azdun ôta sa grande capuche noire. Non pas qu'il préférait avoir la tête découverte en société, au contraire; mais le fait est que porter une capuche dans une taverne l'avait toujours desservis. Alors dévoiler son visage blafard et morose n'était qu'un faible coût comparé aux emmerdeurs qui auraient vite accouru autrement.


"Parfait..."

Azdun se mit, malgré sa désolation en quête d'une table vide et en trouva une rapidement. Une serveuse blonde et pulpeuse passa par là, ce qui ne déclencha strictement aucune réaction chez Azdun qui préférait la solitude de ces pensées noires aux choses de la vie.

"Hep !... Un repas chaud et un verre de votre meilleur tord-boyaux !" lança Azdun en faisant rebondir une petite bourse en direction de la serveuse.

"Je vous apporte ça tout de suite mon bon Monsieur !"

Après avoir mangé et bu, Azdun se présentât au tenancier et demanda quels événements étaient survenus dans les alentours au niveau crime et têtes mises à prix.

"Oh, rien de sensastionnel ces temps ci, quelques cambriolages dans le quartier bourgeois. Et je crois qu'Erik là bas (fit le tavernier en pointant un homme barbus et portant un bandage grossier autour du crâne) s'est fait attaquer dans l'après-midi par des bandits sur le chemin de Tulorim. Ah ah pour sûr qu'il a dégusté" fît il en riant.

Azdun lui demanda une chambre pour la nuit et partit en pestant sur ces bandits qui lui avaient déjà pris ses parents. Un jour il prendrait leur vies, si ce n'est leur âmes pour avoir blessée la sienne. Animaux.

En s'endormant Azdun maudit comme toujours ce monde amplis d'insecte à balayer pour Phaïtos et Thimoros. Azdun n'avait jamais été très indulgent envers ses semblables. Nulle ne sait combien de rêve de toute-puissance et de domination du monde l'avait traversé. Mais une chose était sûre...cet homme-là était loin d'être un bon samaritain...

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Dernière édition par Azdun'Gun le Ven 29 Mai 2015 03:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 26 Mai 2015 01:09 
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Le lendemain matin, Azdun se réveilla la journée était déjà bien avancée mais il avait récupéré sa force et ses esprits.Il descendit directement les quelques marches menant à la salle commune. Là se tenaient quelques clients déjà accoudés au bar et le tenancier, lavant ses gobelets à l'aide d'un torchon crasseux. Après avoir commandé une miche de pain et un morceau de fromage, Azdun s'assit et dégusta cet en-cas dans le plus grand des silences. Puis il lui vint une conversation de la table d’à côté :


"T'a entendu les histoires à propos du vieux cimetière toi ? Il paraîtrai que le gardien est même pas humain ! Tu parles d'un endroit sûr..."


"Boh c'est des sottises tout ça, paie-moi donc une autre bière et profitons en pour nous rincer l’œil, la nouvelle serveuse est vraiment...plaisante !"


Ce n'était pas tant les atouts de la serveuse qui avaient attiré l'attention d'Azdun, mais plutôt ce fameux cimetière. Non-humain ? La curiosité d'Azdun était piquée à vif.

Après s'être reposé et avoir rassemblé ses affaires, Azdun se dirigea vers la sortie en renfonçant sur sa tête sa grande capuche noire.


Suite :

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Ven 7 Aoû 2015 17:06 
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Prologue - Une quête à mener

*Cher journal,

Mes voeux de découvertes furent exaucés au cours du long voyage qui me vit quitter les terres de mes ancêtres pour m'aventurer dans ce monde étrange. Un sentiment de dualité n'a pas tardé de naître en moi, car les choses qui s'offrent à mon regard se montrent tout à la fois mystérieuses et pourtant similaires. Les marchands que j'eu la chance de croiser sur la route ne changeaient guère de ceux que nous avions l'habitude de croiser sur les marchés d'Exech, mais une chose pourtant modifiait le tableau de manière subtile, brouillant les traits de ma mémoire. Un sourire, spontané, une chose pourtant si simple dont l'habitude s'est depuis longtemps perdue dans la ville qui me vit naître.

Pourtant, tout n'est pas aussi merveilleux que ce à quoi je m'attendais. Le Tulorim, cette ville dont on m'avait conté milles merveilles au détour d'un feu de garde, ne se révèle au final pas bien plus prestigieuse que la prison à laquelle j'avais échappée. Exech ne m'enfermerait pas, mais la brise de la liberté se voilait d'un soupçon de déception alors que je découvrais dans cette ville côtière un pâle reflet des rêves dont je m'en faisais.

Pas de voies pavées de dalles blanches, pas d'élégants seigneurs pavoisant aimablement dans des jardins suspendus. Seulement des ruelles sombres et des sourires vicieux. J'avais beau ne pas encore encore connaître l'extérieur aussi bien que l'un de ses habitants, toute ma vie s'était faîte entourée de brigands et autres faquins, m'accordant le loisir de différencier un sourire avide d'un sourire amical et nul encore, hormis l'aubergiste de l'établissement au sein duquel je couche ses mots ne m'ont offerts d'exemplaires du seconde.
*

La jeune fille releva les yeux de son ouvrage, sa chope toujours inentamée fièrement dressée près du velin auquel elle confiait ses pensées. Fatiguée, elle laissa choir la plume dont elle se servait pour mieux tendre sa main d'épée vers la hanse du contenant de cet étrange trésor liquide dont semblaient raffoler les locaux. Son environnement semblait donnait raison à ses pensées alors qu'elle observait deux hommes trinquer à la table attenante, leurs sourires joyeux semblaient répondre à l'étrange teinte mordoré de leur breuvage alors qu'une bonne partie s'en allait maculer la table à chaque mouvement brusque.

Ils n'étaient pas les seuls des environs à participer à ces joyeuses festivités, tous ici présent, près d'une dizaine de personnes, semblaient rire ou jouer, se défiant à des concours d'ego ou d'adresse, certains à grand renforts de cris et d'autres plus silencieux dans leur défaite.

Le spectacle étira un mince sourire sur les lèvres de Séréna, habituée de la salle des gardes de la résidence familiale, elle se souvenait de ce type d'ambiance convivial qui donnait envie de mettre un pieds sur la table et de se joindre aux chants grivois en agitant périodiquement sa boisson.

Mais un élément vint rompre les festivités. Tous firent soudainement silence alors qu'un vieil homme entrait dans la taverne. Le visage mangé par une barbe millénaire, le regard vif passant d'une table à l'autre. Deux hommes s'écartèrent avec respect pour lui laisser une place à la table centrale. Où qu'elle regarde, elle ne percevait nulle peur dans le visage de ses voisins, seulement une forme de respect mêlé d'anticipation.

Conscient d'être au centre de toutes les attentions, le vieil homme prit un temps considérable pour s'asseoir avant de finalement sourire. Un sourire franc, chaleureux, communicatifs et capable de faire naître une forme de bonhomie dans le coeur le plus désespéré. Un de ces sourires comme peu il en existait.

Finalement làs de ses effets de manches, l'ancêtre laissa tomber sa lourde cape pour révéler un pourpoint frippé, sur ses genoux, une vièle reposait sagement, attendait que ses doigts en viennent caresser les cordes.

Ne se faisant pas plus prié Validor, comme il se présenta avant de continuer, entâma un air joyeux qui mit immédiatement fin au silence ambiant. Les festivités revenue, elles amplifièrent rapidement jusqu'à combler tout l'espace de cris d'aisances et de joies.

Se laissant pénétrer par la mélodie joyeuse, la jeune femme ne vit pas le temps passer, les morceaux s'enchaînèrent et la voix profonde de l'artiste s'emparait de ses pensées pour les projeter au coeur des rêves qu'il s'amusait à conter. Le spectacle ne s'en fit que plus grandiose alors que le temps passait, pour finalement s'achever en apothéose lors de la chute d'un des buveurs dans un éclat de rire général.

Quitta son instrument, le vieil homme leva les mains pour capter l'attention de tous, sa table croulait déjà sous le poids de trois chopes conséquentes offertes par des clients en remerciement, mais nul doute que ce qui allait suivre lui apporterait bien plus.

Donnant à ses paroles le ton profond des conteurs, le chanteur se fit narrateur et entama la description de rumeurs que chacun ici semblait connaître, mais redécouvrait avec joie à travers les mots de Validor.

Les rumeurs peu à peu l'esprit de Séréna, ces rêves de gloire, de justice et de merveilles. Le Tulorim ne pouvait lui apporter ce qu'elle recherchait, mais pouvait vraisemblablement être la porte vers son but. Elle ne manqua pas un mot, pas un battement de cil du vieil homme à ce moment-là, les gravant dans son coeur comme autant de promesses prononçaient pas un être supérieur, des promesses d'accomplissements et de révélation, d'utilité et d'épanouissement.

Une dizaine de minutes suffirent à lui faire perdre le sens des réalités et alors que la voix profonde retombait, l'homme semblait déjà le centre d'une activité prononcée. Incapable de le rejoindre, la jeune femme se résigna, elle ne pouvait obtenir d'informations auprès de lui, mais au sein de ses mots siégeait un indice, la milice pourrait la renseigner.

L'espoir au coeur, elle noua son baudrier autour de ses fines hanches avant de quitter l'établissement, non sans avoir généreusement remercier le gérant et fais livrer une pinte au vieil homme. Les rues l'attendaient, mais plus aucun sourire ne saurait l'effrayer, son rêve était à portée.

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Récit - #BFBF80
Dialogue - #0080BF


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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mar 12 Jan 2016 22:42 
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JoeBlack se réveille tout doucement avec déjà une sacrée gueule de bois. La veille, avant de dormir, il a passé toute sa soirée à la taverne de Tulorim et autant dire qu'il a bu jusqu'à ne plus se souvenir de rien. Il sait juste qu'il a pas mal vomi et qu'il est allé ensuite à l'Auberge du Pied Levé pour se payer une petite chambre. Et là, de bon matin, il a les yeux ouverts.

( Bon, c'est aujourd'hui ou jamais... )

Il sait qu'il doit retourner voir ses parents après cinq ans passés sans les voir. Il doit leur expliquer pourquoi il s'est enfui, et ce qu'il est devenu : Un jeune mage qui sait maîtriser pour le moment un seul sort. Il est capable d'envoyer une boule de feu sur quelque chose.

Joe, pour les intimes, a peur de la réaction de ses parents. Ces derniers voulaient qu'il devienne un puissant guerrier selon la culture de leur peuple, et ce n'est pas le cas, loin de là. C'est pourquoi, à cause de cette peur, il recule sans cesse le jour où il doit les voir. Mais aujourd'hui, il faut passer à l'action et se décider.

Le jeune mage se lève avec difficulté, puis, il s'habille directement sans faire un brin de toilette. A vrai dire, il n'en a pas envie, du moins pas maintenant. Il a la gorge sèche, il sait qu'il doit boire au plus vite de l'eau. Ca tombe bien, il y a un sceau remplit dans la chambre. Il se dépêche de prendre la flotte avec les deux mains pour boire, encore et encore. Une fois ceci fait, il prend sa baguette d'apprenti posée sur la seule commode et il la range ensuite à sa ceinture.

Une fois bien prêt, JoeBlack sort de cette chambre, puis, descend les marches qui mènent à la pièce principale de l'auberge. Une fois arrivé, il constate qu'il y a déjà plusieurs personnes qui sont déjà en train de s'enfiler de l'alcool et de parler fort à tout bout de champs.

( Un petit verre pour la route ? )

Il secoue la tête de gauche à droite après mûre réflexion. Le mieux serait de rester sobre pour revoir ses parents. Cinq ans tout de même... Ce n'est pas rien. Ca va faire un choc à tout le monde...

Au moment de pousser la porte de l'auberge pour sortir, il revient sur ses pas et il commande illico-presto une bière fortement alcoolisée. Il n'a presque plus de Yus en poche mais après tout, pourquoi se priver ?

( Juste une chope, c'est tout... )

Seulement, un verre en amène à un autre, et c'est au bout de quatre bières qu'il se décide enfin à quitter l'Auberge...

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" Le jour et la nuit, toujours cette envie d'écrire, de partir, de m'évader dans un univers qui m'inspire ! "

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 Sujet du message: Re: L'Auberge du Pied Levé
MessagePosté: Mer 20 Jan 2016 17:38 
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En venant de la Milice de Tulorim

L’Auberge du Pied Levé était effectivement proche des locaux de la Milice de Tulorim et je n’avais pas mis longtemps à pied pour y arriver. J’étais outrageusement fier de moi de ne pas mettre perdu en chemin. Lâchez moi n’importe où en forêt ou en montagne je saurais me repérer et retrouver plus ou moins rapidement ma route, mais en ville j’en perds le nord ! Pour moi toutes les maisons se ressemblent, si bien que je fini le plus souvent par tourner en rond.

Avant de rentrer dans l’Auberge, j’en fis le tour pour repérer les lieux. Comme elle était à l’Est de la ville, presque en dehors, c’était l’un des derniers bâtiments et donc la route menant au moulin permettrais de fuir si jamais ça tournait au vinaigre. Je fini de contourner l’établissement et vis qu’il n’était pas collé aux habitations autours. Laissant ainsi à toutes les chambres de l’étage une fenêtre donnant sur le reste de Tulorim, mais je ne devais pas être le seul à avoir eu cette réflexion car le propriétaire de l’Auberge avait eu la bonne idée de munir chacune des ouvertures d’un solide volet en bois.

A l’intérieur je vis tout de suite le gérant, Talic, malgré la description assez sympas du sergent à son égard j’aurai le plus grand mal à lui donner du “Maitre Talic, honnête aubergiste”. L’archétype même du propriétaire d’établissement plutôt louche ! Gros bonhomme, au visage abimé par son propre poison, à la panse pleine et tremblotante cachée derrière un tablier, qui un jour peut-être à du sembler vaguement blanc. Je me disais qu’il en faisait presque trop, quand je le vis nettoyer ses chopes vides avec un torchon aussi triste que le reste. Je failli sortir pour m’assurer que j’étais bien chez “Le bon bougre qui n’est pas du genre à s’inquiéter de sa clientèle”.

Arrivait en ville il y a peu je n’avais pas encore d’endroit où passer la nuit. Je préférais même passer la nuit ici plutôt que d’aller au temple me présenter à Yuimen dans un tel état de pauvreté. Quitte à être ici pour surveiller les lascars qui ne tarderont à pointer leur nez, autant ne pas dormir dans une ruelle fangeuse et me retrouver au réveil riche d’un nouveau sourire et plus pauvre de tout le reste.

_ Vous êtes bien Talic ? Le propriétaire de cet établissement ? demandais-je au gros bonhomme derrière son comptoir.

_ Ouais, c’est moi ! L’seul et l’unique Talic ! Ha Ha Ha. Même son rire était une horreur, sa bière devait être rudement bonne si il arrivait à attirer du monde dans ce bouge avec une tronche pareil !

_ Je suis envoyé par la Milice de Tulorim au sujet de vos soucis avec des types un peu remuant.

_ Ah d’accord, et l’vieux Carl il m’envoie qu’toi ? D’où qui sont caché tes camarades d’la milice mon gars ? Parce que les aut’ connards y’ sont pas moitié aussi débile que j’le dis hein ! Et pis même qu’un soir y z’étez cinq. Et un qu’avez des bras comme tes cuisses ! Sans t’manquer d’respect mon gars, mais j’veux pas d’mort chez moi !

_ Pour ce soir il y a que moi, je vais jeter un oeil, voir comment ils se comportent, combien ils sont, si ils sont armés et je reviendrais un autre soir avec des collègues pour régler le problème de manière définitive. Faudra supporter ces rustres encore un soir Talic.

_ Bah j’espère qu’aura pas d’la casse alors ! Parce que je fais pas appelle à la Milice pour rien moi !

_ J’espère aussi, je l’espère. A part ça, est ce qu’il te resterait encore une chambre de libre pour moi cette nuit ? Avec un repas chaud et de quoi le faire glisser au fond des talons ? D’après le sergent ta bière vaut le détour !

_ Sur qu’elle est bonne ! me répondit-il avec un clin d’oeil à faire pâlir un Fenris. DEBRA !! Hurla-t-il. Va m’préparer une chambre pour l’gars qu’est là, il dort ici ce soir ! Puis me regardant il dit :

_ Pour le repas installes-toi bien, j’te l’apporte d’suite avec une choppe d’ma meilleure bière, cadeau d’la maison !

L’auberge commençait à se remplir doucement, la plupart venant au bar, certains habitués s’installaient directement pendant que la femme de Talic, Debra, prenait leur commande. Je signalais à Talic que j’irai m’installer à une table dans le coin de la pièce après être aller poser mes affaires dans la chambre.

Je pris l’escalier et me rendit dans la pièce qu’il m’avait indiqué. La clef était sur la porte, je la récupérait en entrant et fermait derrière moi. La pièce était petite mais tout ce qu’il y avait de fonctionnel, et étrangement, elle était propre ! A part un peu de poussière, dût essentiellement à la cheminé, la pièce était une agréable surprise. Il y avait même un drap sur le lit ainsi qu’une couverture posée dessus. Je décrochais mon sac ainsi que mon arc et les mis dans l’angle opposé à la cheminée.
Un jour j’avais laissé brulé un bon arc en if de cette manière, un brandon avec sauté sur la corde et le feu avait pris, consumant l’arc entièrement … une fois, mais pas deux !
Une fois débarrassé de mon attirail, je suis retourné dans la salle commune, après avoir pris bien soin de fermer la porte derrière moi.

(882 mots)

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