L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mar 7 Avr 2015 23:48 
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[:attention:] Le texte qui suit contient des scènes violentes pouvant heurter certaines sensibilités!

Du pas de celui qui sait où il va, je me dirige vers la rue qui passe devant l'entrée principale de l'Université, m'efforçant d'examiner les alentours sans trop en avoir l'air, légèrement anxieux. Je veux savoir. Savoir si je suis devenu paranoïaque ou si, véritablement, quelqu'un me traque. Je n'ai vu que deux visages, évidemment, et les dénicher dans cette foule mouvante...

(Tanaëth! Là, sous le porche à ta droite, adossé à l'entrée de la petite ruelle près du marchand de fruits! Le barbu!)

Je le repère presque immédiatement, maintenant que je sais où chercher. Elle a bonne vue, ma Faëra, je serais sans doute passé devant sans le voir tant il se fond dans le paysage urbain, grâce à sa cape elfique bien sûr, mais aussi par son attitude qui évoque un habitant des lieux en train d'observer paisiblement les passants sans vraiment leur prêter attention. Je souris, mauvais, tandis que ma main gauche se referme sur le manche de ma dague, et je me dirige vers un autre marchand situé à sa gauche, faisant bien attention qu'il ne puisse pas voir mon visage, en grande partie dissimulé par ma capuche.

(Tanaëth, non!)

(Oh que si ma belle...)

Je fais mine d'examiner les salaisons et autres venaisons proposées par le camelot, puis entame avec lui un marchandage pour faire durer un peu les choses, tentant de repérer le comparse du malandrin, l'épéiste qui m'a si salement amoché quelques jours auparavant. Mais je ne le vois pas, pas plus que Syndalywë. J'achète donc deux pièces de viande séchée que je range dans mon sac, et je me dirige vers la petite ruelle où se trouve ma cible, gardant la tête baissée pour qu'il ne puisse pas m'identifier. Je dégaine discrètement ma dague, dissimulée sous les pans de mon vêtement, et je passe devant lui d'un pas pressé, priant Sithi pour qu'il ne me reconnaisse pas à temps. Il me jette à peine un coup d’œil teinté d'ennui, détourne le visage pour poursuivre son observation des portes de l'Université lorsque soudain il se crispe et regarde à nouveau vivement vers moi, avec un air profondément surpris cette fois. Il devait me penser mort...

Je ne perds pas une seconde, utilisant ce pas d'escrime très rapide justement nommé flèche pour me propulser vers lui, ma main droite ouverte percute sa mâchoire en s'y agrippant et envoie rudement son crâne sonner contre le mur qui se trouve juste derrière lui! Je savoure l'onde de choc qui remonte mon bras sous la violence de l'impact, et profite qu'il soit étourdi pour amener le fil de ma dague sous sa gorge, assez sèchement pour que le sang commence à couler. Il me dévisage avec une visible panique, s'apprêtant à parler, mais je le coupe froidement:

"Un mot, un cri, et je te crève vermine d'humain. Compris?"

Il bat des paupières pour acquiescer, n'osant évidemment pas hocher la tête au risque de se faire égorger proprement. Je resserre la prise de ma main droite sur son visage et je fais une nouvelle fois sonner son crâne contre la pierre en demandant à ma Faëra:

(Tu vois un coin tranquille tout près?)

(Attends...oui, il y a une maison un peu en ruines à une trentaine de mètres, dans la ruelle. Mais tu ne vas tout de même pas...)

(Plus tard. Il y a du monde dans cette ruelle?)

(Non...)

Je murmure à l'homme d'un ton doucereux:

"Si tu veux rester en vie, je te conseille d'éviter le moindre geste idiot. Allez, on bouge..."

Sans cesser de menacer sa gorge, je lâche son visage pour attraper son poignet droit et je le retourne brutalement en lui tordant le bras derrière le dos, me plaçant juste derrière lui et le poussant dans la ruelle en lui soufflant:

"Doucement, cafard, c'est fragile les articulations..."

(Syndalywë, surveille mes arrières, ça m'étonnerait qu'il soit seul...)


(Je ne vois personne pour l'instant...mais tu...)

(Plus tard j'ai dit.)

D'un geste vif je déplace ma dague qui vient chatouiller son dos, plus discrète que posée sous sa gorge, et je le fais avancer rapidement vers la bâtisse indiquée par Syndalywë. Effectivement, quelques mètres plus loin, j'avise une maison qui a connu des jours meilleurs, la porte a été défoncée et la façade part en lambeaux, exactement ce qu'il me faut! Je fais franchir le pas de porte à mon prisonnier, examinant le vaste mais vétuste hall qui lui fait suite. Un escalier en bois monte vers l'étage, mais vu son état je doute qu'il supporte le poids de deux hommes. Trois portes également brisées semblent donner dans des chambres, et au fond du hall...l'accès aux caves.

(Il y a quelqu'un là en bas, Syndalywë?)

(Je...non, mais vraiment tu ne...)

Sans tenir compte des récriminations de ma Faëra j'y pousse l'humain sans la moindre douceur, plissant le nez de dégoût aux odeurs nauséabondes qui montent des profondeurs. L'homme choisit cet instant pour se raidir et bredouiller d'un ton plaintif:

"Je...non...vous n'allez...je vous en supplie..."


Je lui tords durement le bras pour le faire avancer, ce qui lui tire un cri de douleur aigu et pitoyable.

"Pas de ça, je t'ai dit!"

Un violent coup du pommeau de ma dague sur le sommet du crâne le fait taire, je le sens mollir contre moi, aurais-je frappé un peu fort? Peu importe, je le propulse dans l'escalier descendant en forçant sur son bras qui émet un sale craquement, et bien vite nous arrivons dans une salle d'assez petite taille qui doit servir de temps à autre de refuge à la lie de la ville si j'en juge par les déchets que je distingue dans la pénombre et la puissante odeur d'urine qui offense mes narines. Je plaque l'humain au sol et le fouille rapidement, trouvant un couteau ainsi qu'une sarbacane et une petite boîte de bois dans laquelle sont soigneusement rangées quelques fléchettes. Je serre les dents de colère en les voyant, et je jette rageusement le tout à l'autre bout de la salle. Je ne trouve pas d'autres armes, mais il possède une petite bourse que j'empoche sans prendre le temps de regarder ce qu'elle contient, de la monnaie au léger tintement qu'elle produit quand je la remue. Ceci fait, j'administre quelques paires de gifles à l'humain pour le réveiller, ce qu'il ne tarde pas à faire en papillonnant follement des paupières, totalement paniqué, bafouillant quelques nouvelles suppliques. Ah, c'est facile de tirer de loin sur une femme qui ne s'y attend pas, un peu moins de faire face à un Himdar en rogne! Maudit lâche! Je ferme le poing et cogne férocement dans son ventre, un coup sec qui le plie en deux, toussant et suffocant. Je l'attrape par la gorge en serrant méchamment:

"Maintenant, raclure, tu vas répondre à mes questions bien gentiment, n'est-ce pas?"

"Je...oui! Oui! Tout ce que vous voudrez mais je vous en supplie..."

Nouveau coup dans l'abdomen, je siffle entre mes dents serrées en appuyant dangereusement ma dague contre sa glotte:

"Tu réponds juste à mes questions, sans un mot de trop, et tu vivras peut-être. Clair?"

"Oui..."

"Bon. Pourquoi nous avez-vous attaqué?"

"On en a reçu l'ordre..."

"Qui l'a donné?"

"C'est le Grêlé...le chef de notre bande..."

"Mais encore? J'espère pour toi que tu en sais un peu plus que ça..."

"Je suis qu'un exécuteur, moi...tout ce que je sais c'est qu'il a rencontré deux elfes, comme toi, quelques jours avant, et qu'ils ont promis beaucoup d'argent pour ta mort et celle de ton amie."

"Deux elfes dis-tu. Tu les as vus?"

"Non. Mais je sais qu'ils sont arrivés en bateau, parce que c'est au port qu'on devait aller les informer de la réussite de notre contrat."

"Je vois. Où ça au port?"

"Y'a un bateau, le Veilleur, c'est là qu'on devait aller..."

"Mmm. Et ton chef, je le trouve où?"

"A...à l'auberge...celle de Grigwig le Beau..."

"Bon. Une dernière question: vous étiez combien à surveiller l'Université?"

"J'étais seul...Raf était sûr que vous étiez mort...Raf c'est l'épéiste qui vous a amoché..."

"Et lui, je le trouve où?"

"Il traîne souvent au Purgatoire. C'est un bordel."

"Parfait. Eh bien, merci pour ces précieux renseignements."

Je lui souris, un sourire qui doit avoir quelque chose de polaire vu la manière dont il frissonne. Il tente de reculer, mais le mur contre lequel il est adossé ne se montre guère complaisant, il me dévisage d'un air craintif et suppliant:

"Vous...vous allez me laisser partir maintenant?"

"Tu te souviens du visage de mon amie?"


"Je...non...pas vraiment...mais..."

"Elle se nommait Moraen."

Ma dague lui ouvre la gorge tout en douceur. La vie tient parfois à si peu de choses.


Dernière édition par Tanaëth Ithil le Dim 12 Avr 2015 18:52, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mer 8 Avr 2015 19:04 
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Je contemple un instant le cadavre, légèrement surpris de réaliser que je n'éprouve...rien. Ni joie ni peine, pas de dégoût, aucune satisfaction réelle, juste un vague sentiment d'avoir accompli une tâche sans vraie importance, mais nécessaire tout de même. J'essuie méthodiquement ma dague sur la cape du mort, puis je me détourne et remonte les escaliers avec, cette fois, un plaisir non dissimulé, les odeurs sont vraiment infectes dans ce taudis! Je traverse le hall et m'assure d'un rapide coup d'oeil que nul danger ne menace, doutant malgré l'assertion de l'homme qu'il ait été seul. Ne voyant rien de suspect, je ressors dans la ruelle et regagne l'avenue principale, toujours vigilant.

(Et maintenant? Tu es content? C'était imprudent!) récrimine Syndalywë.

(J'ai été trop prudent trop longtemps, à tel point que j'en avais peur de vivre. Mais c'est terminé. Un dernier détail à régler, puis nous irons voir tes fameuses montagnes.)

(Tu n'es pas sérieux? Il faut que tu m'écoutes! Tu ne vas quand même pas...)


(Mais si. D'ailleurs, en cela, je ne fais que suivre ton excellent conseil, tu te souviens?)

(Euh...oui, mais non, pas comme ça! Tu as déjà oublié? Tu as eu beaucoup de chance de survivre et...)

(Écoute-moi bien, Syndalywë. Mon maître m'a dit un jour que la chance était une putain, mais que quand elle se décidait à te sourire, il fallait en profiter et la courtiser. Alors c'est ce que je vais faire. Maintenant assez de palabres, sois heureuse, on va aller là où tu le souhaites, mais à ma manière.)


(Tu es plus têtu que...que...)

(Que toi?)

Je ne peux réprimer un discret éclat de rire en la sentant se mettre à bouder, mais je reprends vite mon sérieux en cherchant dans la foule un coursier plus ou moins fiable. Je vois un jeune homme qui quitte un marchand, probablement un livreur vu la manière dont le commerçant lui parle. Il fera l'affaire, du moins j'espère. Je le hèle en me dirigeant vers lui d'un pas rapide avant qu'il ait le temps de s'éloigner de son employeur à qui je m'adresse en premier:

"Bonjour. J'aurais besoin que votre commis porte un message important pour moi, il n'en aura pas pour longtemps et vous serez payé."

Le marchand me dévisage brièvement, puis il hausse les épaules en tendant la main. Je sors quelques yus de ma bourse et les glisse dans sa paume, en rajoutant vite quelques-uns quand je le vois hésiter. Il hoche la tête en faisant signe au garçon de revenir, dès qu'il est face à moi je lui explique:

"Il y a un type nommé Raf qui traîne souvent au Purgatoire, tu connais?"

"J'connais pas d'Raf, mais j'sais où est le purgatoire. Je l'trouverai. J'dois lui dire quoi?"


"Tu lui dis qu'un Sindel qui devrait être mort connait son nom. Et s'il te demande si tu sais où il pourra me trouver, dis-lui que tu m'as vu partir en direction de la route menant aux montagnes d'Hidirain. Tu te souviendras?"

"Ouais, pas d'souci. J'livre c'colis pis j'y vais."

"Ce sera parfait."

Je lui glisse aussi quelques yus discrètement, m'arrangeant pour que son patron ne puisse pas le voir, puis j'observe ostensiblement l'enseigne du marchand avant de les saluer tous deux et de reprendre ma route, un infime sourire aux lèvres. Quelques minutes plus tard, je parviens enfin à la sortie de la ville, mon pas se fait instinctivement plus ample, je ne suis pas fâché de quitter ce traquenard prétendument civilisé pour gagner les terres sauvages!


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mar 21 Avr 2015 21:09 
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Localisation: Quête 32 : Elysian | À la recherche des Hypogriffes perdus
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Sortant de la fameuse taverne de la ville, Rank et Kark s'éloignèrent rapidement, laissant Baratume et Varjö seuls. Chose qui ne déplût pas au jeune homme. Varjö lui avait dit qu'il lui expliquerait sur le chemin. En effet, plusieurs questions se bousculaient dans la tête du Whiel.

Déjà, pourquoi s'était-il retrouvé dans cette taverne, avec ce groupe d'aventuriers ? Comment se faisait-il que ces plaies soient entièrement refermées ?
En effet, il venait de le remarquer à la lumière du jour, mais ces bras n'avaient juste que des fines cicatrices, vestiges du combat de l'autre jour dans l'arène.

Mais avant qu'il puisse poser ces questions, l'homme qui l'accompagnait prit la parole et commença à avancer dans la rue mal éclairée.

« Tout d'abord, mes excuses pour le dérangement. J'avais besoin de te parler et puis tu n'aurais sûrement pas accepté de te faire soigner par une étrangère, aussi jolie et gentille soit-elle. Rassures-toi, nous n'avons rien fait pendant ton sommeil. Tu as encore ta bourse, et tout ce qu'elle contenait. »

C'était donc une mage du petit groupe qui l'avait soigné.
Tout en marchant aux côtés de son interlocuteur, qui semblait savoir où aller, Baratume répondit d'une voix mal assurée :

« Je ... Mais pourquoi moi bordel ? Enfin je n'ai rien de spécial... Et puis c'est quoi cette Confrérie Pourpre et ces gens bizarres ? »

Il n'y avait pas grand monde sur le chemin. À entendre le bruit qui se rapprochait, le duo se dirigeait vers la grande place du marché de la ville.

« Et bien... J'ai cru comprendre que tu cherchais l'aventure, la gloire, la richesse, tout ça tout ça. Alors je tenais à ce que tu rencontres ma compagnie. Aventuriers en quête de renommée, guerrier cherchant vengeance, mage n'ayant plus rien et se lançant donc dans l'aventure, tout le monde peut rejoindre la Confrérie. Nous sommes des mercenaires si tu préfères. Nous agissons souvent pour nos propres comptes, mais il nous arrive d'accepter des missions pour diverses particuliers, plus ou moins riches. » répondit l'homme en essayant de se montrer convaincant, souriant légèrement à la fin de ses paroles.

(De toute façon, c'est ça ou rien... Mieux vaut être mal accompagné que de rester seul à pourrir dans cette ville.) pensa Baratume tout en marchant. Il laissa ainsi passait de longues secondes.

« J'ai quelques courses à faire au marché. Profites-en pour te rendre à une échoppe magique si tu désires faire identifier tes runes, les cailloux qui t'ont été remis après ton combat à l'arène. Et puis avec les quelques Yus que tu as, tu peux sûrement te dénicher deux ou trois objets utiles.
Je te laisse du temps pour réfléchir. Sois tu nous rejoint, sois tu repars faire ce que tu as à faire et tu n'entendras plus jamais parler de nous.
Si tu veux venir avec nous, ramène-toi à la taverne dès que tu te sens prêt. Nous y serons. »
laissa tomber Varjö, constatant le mutisme de Baratume.

Sur ces belles paroles, il s'éloigna et se fondit peu à peu dans les ombres et les recoins sombres de la ville.
Le jeune homme se retrouva ainsi seul, à l'entrée du grand marché qu'était celui de Tulorim.

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Multi de :
Hawke de la maison Zear'ël', Sindel, Chevalier du Chaos
Eva d'Arkheval, Semi-elfe, Enchanteresse


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Dim 3 Mai 2015 22:04 
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Localisation: Sur la route de Tulorim
Les deux hommes arrivèrent au pied d’une auberge puis traversèrent un premier pâté d’habitations. Ils se dirigèrent ensuite vers le sud sous l’impulsion de Cahagol.

Nous allons faire une halte à l’écurie car ton cheval est blessé. Je connais la propriétaire et tu peux lui confier ta monture en toute sérénité.

Bien, je vous dévoue mon entière confiance et j’y laisserai Démos si vous me le conseillez.

Ils empruntèrent une rue calme de la ville, où des peintres exerçaient leur art, faces tournées vers les paysages désertiques de l’extérieur. Toralgam se rapprocha de l’un d’eux. L’homme était âgé et portait une tunique brune qui lui recouvrait tout le corps. Il était complètement chauve et une large moustache grise, qui frisait en ses bouts, lui barrait littéralement le visage. Il peignait ce qui semblait être un gigantesque incendie qui se propageait dans plusieurs habitations, enfin du moins, c’est ce que le garçon comprit du style artistique quelque peu étrange du vieillard. En effet, ce dernier entremêlait d’une manière anarchique les ombres et les couleurs, comme cette maison, qui ressemblait plus à un arbre déraciné plutôt qu’à ce qu’elle était censée représenter. Puis, le vieil homme se retourna et fixa Toralgam. Il lui manquait un oeil et ses dents étaient jaunies et tombantes.

Bientôt, bientôt je dis! C’est ce qu’il se passera à Tulorim, lui lança l’homme sur un ton rauque et dramatique.

Toralgam s’éloigna de lui en tirant violemment Démos par le licol qu’il n’avait pas lâché jusqu’alors, puis il rejoignit Cahagol qui avait continué sa marche vers l’écurie.

Toutes les compagnies ne sont pas des plus agréables ici, rétorqua l’homme en s’amusant du garçon. La plupart des pauvres ont perdu espoir dans cette ville et bon nombre d’entre eux se sont mis à errer par-ci et par-là et ont commencé à diffuser des discours antipathiques, sur la colère des dieux par exemple.

Son visage… il était la définition même de la misère. C’était effrayant.

Après cet étrange événement et plus d'un demi mille parcouru, les deux hommes arrivèrent au pied d’une immense écurie qui s’étendait sur plusieurs centaines de pieds et qui occupait une grande partie du bord sud de Tulorim.

Quel bel endroit, dit le garçon, tu vas t’y plaire Démos, il n’y a pas de doute.

Ils pénétrèrent alors par immense portail, où un petit panneau annonçait l’entrée des écuries.


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Dernière édition par Le Toralgam le Mar 5 Mai 2015 10:43, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Lun 4 Mai 2015 15:44 
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Localisation: Sur la route de Tulorim
Les rues du centre ville étaient beaucoup plus actives qu’au Sud et les deux hommes se retrouvèrent pris dans un bain de foule important. Ils venaient de pénétrer dans le marché de Tulorim, où des dizaines de marchands vociféraient des phrases alléchantes pour attirer les clients devant leurs établis.

L’odeur de poisson est peu ragoutante, rétorqua Toralgam en se pinçant le nez.

Tu sais, j’y suis habitué, lui répondit Cahagol. Cette odeur ne me dérange plus.

Toralgam avait du mal à progresser parmi les innombrables personnes qui se trouvaient dans les rues. Sa douleur à la jambe le lançait à certains moments, le faisant grimacer.

Tien bon mon garçon, nous sommes sur le point d’arriver.

Ils finirent par atteindre le quartier ouvrier qui s’étendait le long du bord Nord, sur deux milles. La misère était encore plus présente que ce que Toralgam avait pu observer plus tôt dans la journée, sur la colline. Ils franchirent deux portions de ruelles sombres et lugubres. Cahagol s’arrêta devant une porte en bois, fissurée de haut en bas.

Voila mon humble demeure, lança Cahagol en souriant. Ce n’est pas très coquet, mais je m’y sens bien.

Il enfonça une clef dans la serrure, puis pénétra dans la bâtisse, suivit de près par Toralgam.


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Dernière édition par Le Toralgam le Mar 5 Mai 2015 11:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Lun 4 Mai 2015 16:14 
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De nombreuses personnes se promenaient dans la rue et la foule semblait agitée. Toralgam entendit de nombreuses personnes se plaindre qu’un nouvel impôt venait d’être annoncé à proximité du mur d’enceinte. Il voulu se rendre compte lui-même de la situation et progressa en direction du quartier en question.

Il était presque impossible de voir ou l’on allait. Le garçon marchait lentement et devait jouer des coudes pour avancer. Il manqua d’ailleurs plusieurs fois de se faire déséquilibrer par des passants au moins aussi pressés que lui. Autour de lui, il voyait de nombreuses femmes pleurer, accompagnées de leurs maris qui tentaient de les consoler. Un homme l’interpela en particulier. Il était très maigre et tenait un petit cierge qu’il avait placé contre sa poitrine. Il envoyait des mots en direction du ciel, priant probablement les dieux qui s’acharnaient sur son sort. Le jeune homme continua sa route et entendit le bruit s’accroitre. Il se rapprochait de la muraille de l’enceinte, dont il commençait à voir le sommet. Au loin, une sorte d’orateur se faisait entendre. Toralgam ne pouvait pas encore distinguer ce que ce dernier disait, mais il entendait vivement les réactions de son public.

Son attention se porta sur un nouveau mouvement de foule. Un groupe d’une dizaine d’hommes tirait une énorme caisse en bois sombre, d’environ trois mètres de haut, complètement fermée. Autour d’eux, la foule s’écartait, et les querelles, pleurs et grognements s’estompèrent pour laisser place à des sifflets. Toralgam se demandait quel genre de chose pouvait être transportée ainsi et pourquoi ces hommes se faisaient huer par la foule. Il profita d’une brèche pour se frayer un chemin. Le groupe rejoignit bientôt la porte d’entrée de l’enceinte, toujours accompagné de la colère évidente des habitants. Il se retrouvèrent alors devant une rangée de soldats qui barrait complètement l’accès. Juste derrière eux se tenait un orateur, habillé d’une longue tunique pourpre et muni d’un long parchemin dont il venait juste d’en interrompre la lecture.

Halte là! lança un soldat en direction d’un des hommes qui semblait être le guide du groupe.
Posez tout de suite ce que vous transportez. Seules les demandes officielles peuvent traverser ces portes.

C’en est une, dit alors le chef du groupe. Nous venons de très loin et nous avons pour ordre de livrer ce lourd et fastidieux colis.

Un commandant apparu alors et se plaça juste devant la caisse. C’est bon, vous pouvez passer, dit-il, et faite attention, c’est fragile.

A ces mots, les hommes continuèrent leur chemin et disparurent derrière le mur.

La foule continua à siffler et des paroles commencèrent à fuser

Bande de voleurs! lança un homme qui paraissait furieux. Nous, nous mourrons de faim, et vous, vous gaspillez la fortune qui nous est due pour satisfaire vos envies les plus folles! Allez en enfer!

Il a raison! Vous êtes ignobles! Annoncer de nouveaux impôts alors que nous ne possédons plus rien.

Toralgam commençait à comprendre ce qu’il se passait. Les gardes, énervés du raffut que produisait ce rassemblement, dégainèrent leurs épées et les pointèrent en direction de leurs détracteurs.

Que tout cela cesse ou vous mourrez tous! Rétorqua l’un d’entre eux.

S’il faut mourir pour faire valoir mes droits, alors que ça se passe ainsi! cria alors un homme qui se jeta sur la lignée de gardes les deux poings en avant. Il tenta de saisir un des gardiens, qui l’esquiva aisément avant de lui assainir une coup d’épée dans le ventre. L’homme s’effondra de tout son long et un épais filet de sang coula sur les pavés. La foule se dispersa aussitôt, apeurée, et la place se vida presque instantanément. Toralgam n’avait pas bougeait et se retrouva bientôt seul face aux gardes. Il regardait le corps du malheureux, couché à quelques centimètres des gardes qui l’avaient déjà oublié.

Eh bien, débarrasse moi le sol de ce détritus, dit l’un d’entre eux à Toral. Ca fait tâche à côté de ce si jolie mur.

Le garçon envoya un regard de haine en direction du gardien. Il s’avança lentement, puis s’accroupit pour saisir le cadavre du villageois. Malgré son envie de l’extirper de là, Toralgam ne put le soulever en raison de sa forte corpulence et dû se résoudre à le trainer sur plusieurs dizaines de mètres. Il le déposa au coin d’une ruelle, avant qu’une dame, qui se trouvait à proximité, ne s’en saisisse avec deux autres hommes afin de l’amener à l’intérieur d’un petit baraquement.

Tu es bon mon garçon, lui lança-t’elle, nous allons nous en occuper, rentre chez toi, le spectacle est terminé.

Après un bref hochement de tête, le jeune homme baissa la tête et s’en alla d’une manière nonchalante.


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mar 26 Mai 2015 06:21 
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L'homme à la capuche poursuivit sa route après avoir laissé derrière lui cette auberge qui avait au moins le mérite de puer un peu moins que les autres. Le dédale de rues de Tulorim était familier d'Azdun, orphelin il avait passé sa jeunesse ici. Les ruelles étaient étonnamment bien remplies comparé au souvenir qu'Azdun s'en faisait.Çà et là on parlait du temps qu'il fait et du prix de tel ou tel article : des paroles sans intérêt qui ne méritaient même pas d'être dites ni même entendues.

("Aaaah.... Si tous ces imbéciles pouvaient se taire et me laisser profiter du silence de la marche...")


Personne ne prêta attention à notre homme en robe noire marchant d'un pas décidé. Azdun était convaincu que cet histoire de cimetière pouvait être intéressante. Après tout quoi de mieux qu'un cimetière pour en savoir plus sur Thimoros et ses secrets ?


Au détour d'une rue menant au cimetière reculé de Tulorim, Azdun remarqua une enseigne qu'il n'avait jamais vue auparavant : Faendrel Robert : Alchimie

De l'alchimie ! Azdun s'était toujours plus ou moins intéressé à cet art mais sans jamais approfondir ses recherches, peut-être cet homme ( ou cette femme ?) pouvait-il lui apprendre les rudiments... Mais pour l'heure, pas le temps de poser, Azdun fonça sans étudier davantage la boutique, il fallait vraiment qu'il aille faire un tour dans ce fameux cimetière...

Azdun pressa le pas, il apercevait déjà les mausolées enveloppés de brume et envahis de corbeaux... Une ambiance qui lui plaisait : Le Silence...Azdun...La mort



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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Dim 31 Mai 2015 23:53 
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Les "rues" de Tulorim...

A peine débarqué de l'Aynore en provenance de Tahelta, me voici plongé dans un véritable cloaque boueux où de ternes petits humains en haillons grouillent comme cafards auprès d'une décharge. Ils s'écartent de mon chemin, me jetant des regards emplis de crainte abjecte, pâles petits êtres dénués de la moindre fierté. Je mesure deux bonnes têtes de plus que la plupart et je leur rends une quarantaine de kilos au bas mot, mais c'est la vision de mon visage qui les incite à détaler comme des lapins fiévreux. Tant mieux, je ne suis pas venu ici pour me confronter aux faibles humains, la mission que m'a confiée Aïlyaë est d'une nature autrement plus palpitante et cette seule idée me soutire un rictus satisfait. Je fends donc la foule sans guère me soucier d'éviter de bousculer rudement les rares passants qui ne s'écartent pas assez vite, me dirigeant à grandes enjambées vers ma destination.

Les ruelles sont étroites, sombres, il y règne une odeur d'urine, de charogne et de détritus pourrissants qui m'évoque vaguement quelque chose, sans que je parvienne à définir quoi. Foutue mémoire! Mais qu'importe. J'avance sans la moindre hésitation, jusqu'à me trouver soudain face à deux malabars miteusement vêtus de loques qui me bloquent la route. Ils sont crasseux à en avoir la nausée, échevelés et barbus à en faire honte à un ours et se ressemblent comme deux gorets dans une bauge. Des frères peut-être, mais j'ai bien de la peine à différencier un humain d'un autre, hormis que ces deux là sont plus volumineux que certains, et munis de gourdins qu'ils manipulent avec une nonchalance affectée qui ne dissimule pas leur nervosité. L'un des deux s'exclame d'une voix trop aiguë:

"Hé, vise le morceau frérot! Dis, l'elfe, j'suis sûr qu't'as une p'tite pièce ou deux pour des pauvres bougres, hein?"

Je le fixe avec un profond mépris, mes lèvres se retroussant instinctivement en un sourire carnassier. Cette situation aussi m'évoque indiciblement un passé disparu, finalement cette ville me rendra peut-être service sous la forme de quelques souvenirs, il semble que j'y retrouve un terrain que j'ai connu autrefois. Je mets la main à ma bourse, m'approchant souplement des deux malfrats. Celui qui a pris la parole sourit largement en tendant la main pour recevoir l'objet de sa convoitise. L'imbécile. Mes doigts glissent vivement jusqu'à mon poignard, fixé juste à côté de ma bourse, je le dégaine et frappe sauvagement la main tendue avant qu'il ne réalise seulement ce qui se passe! Ma lame transperce sa paume sans même ralentir, et l'idiot hurle à en déclencher une avalanche tandis que son comparse ouvre de grands yeux surpris. Instinctivement, je poursuis mon geste en dégageant mon poignard et en offrant une caresse de mon fluide obscur à son comparse, qui subit de plein fouet le menu souffle de Thimoros que je suis capable de déclencher!

Le malfrat blessé à la main est plié en deux de douleur, gémissant pitoyablement, sa main valide serrée autour de son membre blessé comme si cela allait l'empêcher de saigner! Je le délaisse provisoirement, certain qu'il ne me menacera pas dans les secondes à venir, et je pivote brutalement en traçant du tranchant de mon arme un cercle létal à hauteur de gorge pour forcer son comparse à reculer, supposant que mon sort est bien trop faible pour l'avoir sérieusement handicapé. Il bondit en arrière, esquivant mon coup, puis grogne comme une bête fauve en se lançant à l'assaut, gourdin brandit bien haut dans l'intention de me fendre le crâne. Je me contente de pivoter de manière à lui offrir mon profil et de faire un pas en avant, la main gauche levée pour amortir le coup et la droite en retrait pour porter une attaque vicieuse. Mon geste le surprend, il doit avoir l'habitude que ses victimes reculent lorsque il se précipite sur elles comme un boeuf, et ma main gauche empoigne puis dévie sans grand mal le gourdin qu'il n'a pas eu le temps d'abaisser avec assez de force. Mon poignard jaillit comme un serpent qui se détend alors que je tourne sur mon talon pour accroitre la rapidité du coup mais sa courbe mortelle censée lui trancher la gorge ne fait que tracer un sillon sanglant sur le bras qu'il a levé en parade instinctivement! Comme mon geste semble avoir ouvert une faille béante dans ma garde, il lâche son gourdin pour me donner un rude coup de poing dans les côtes, que je ne cherche pas à éviter, encaissant avec un sourire mauvais le choc. Il cille en réalisant le peu d'impact de son attaque, puis blêmit soudainement alors que ma lame revient vivement en une contre attaque sournoise, non plus pour trancher mais pour se planter cette fois à la base de son cou. Mon piètre adversaire titube en arrière, son sang jaillissant à grandes saccades de la plaie atroce lorsque mon poignard s'en extirpe, puis il tombe à genoux au son d'un hurlement de rage de son frère blessé qui a assisté à la scène.

Aveuglé sans doute par la rage, il se précipite sur moi sans la moindre finesse, tête basse comme s'il voulait me percuter dans l'estomac. Je n'en reviens pas de la balourdise de ces gueux. Mon genou remonte juste au moment opportun, percutant dans un grand craquement le nez de l'humain qui repart aussi sec d'où il est venu, hurlant de plus belle. Il m'agace à brailler sans cesse, le bougre! J'avance sur lui rapidement, il recule maladroitement en me jetant des regards effrayés et en secouant négativement la tête avec frénésie, se tenant le nez de sa main valide et la blessée ramenée contre son ventre. Mais s'il espérait de la pitié, il est tombé sur la mauvaise personne. Je lui fauche les jambes d'un rude balayage, le faisant choir au sol, puis je me penche pour saisir sa tête de mes mains pareilles à des battoirs, et je la cogne trois fois contre les pavés, de toute ma force. Cela aussi me rappelle quelque chose: le pavé gagne toujours, à ce petit jeu là.

Je me relève calmement, pas ému le moins du monde par la vision du crâne éclaté du malandrin, et j'examine d'un regard calculateur les alentours. Un léger soupir soulève ma poitrine lorsque j'aperçois trois miliciens qui me scrutent nerveusement, immobiles à une distance...raisonnable. A la tête qu'ils font, je suppose qu'ils ont assisté à une bonne partie de l'altercation, quel genre de miliciens est-ce là pour ne pas intervenir alors qu'un voyageur se fait agresser?! Je sens monter en moi une sourde colère, que je dompte sévèrement. Je ne tiens pas à me mettre la milice de cette ville à dos dans l'immédiat, ma mission doit primer sur mon dégoût de ces pleutres. Je fouille rapidement les cadavres tout en surveillant les miliciens qui hésitent visiblement très sérieusement à se mêler de l'affaire. Ils sont mal équipés, et à la manière dont ils tiennent leurs armes je déduis sans me l'expliquer clairement qu'ils n'ont sans doute pas suivi la moindre formation martiale digne de ce nom. Pensée qui me fait ricaner, je crois bien en avoir suivi une jadis, au vu de l'aisance avec laquelle j'ai tué ces deux malfrats, mais je n'en ai pas le moindre souvenir. Enfin, les miliciens n'ont nul besoin de le savoir, et si mon apparence les rend prudents, tant mieux. Je me dirige vers eux, les fixant tour à tour avec assurance avant de m'adresser à eux:

"Je me suis fait attaquer par ces deux brigands, miliciens. Légitime défense. Cela pose-t'il un problème ou l'affaire peut-elle être considérée comme close?"

Les trois humains se consultent brièvement du regard, puis celui qui doit être leur chef secoue la tête d'un air quelque peu dubitatif, ne sachant pas trop ce qu'il doit me répondre. Je distingue finalement une lueur de soulagement dans ses prunelles, il a fini par comprendre que je lui tendais une perche pour s'en sortir honorablement:

"C'est que....hum, non, non. Aucun problème, voyageur, nous savons qui sont ces deux lascars. Mais surveillez vos arrières, si vous me permettez ce conseil. Ils faisaient partie d'une bande organisée assez influente dans le quartier."

Je leur souris le plus aimablement possible, un sourire qui n'atteint pas mes yeux et qui ne semble pas franchement les rassurer puisque ils s'empressent de reculer d'un pas avec un bel ensemble alors que je leur affirme froidement:

"Elle ne sera pas organisée longtemps, s'ils se mettent en travers de ma route, humains. Un problème de moins pour vous, au final."

Sans plus me soucier d'eux, je reprends ma marche, la nuit ne va plus tarder à tomber et la fatigue du voyage se fait sentir, il va falloir que je me trouve une auberge pour la nuit. Ce qui ne me réjouit pas, j'espérais atteindre ma destination ce soir-même, mais finalement, je n'en suis pas à un jour près et être en forme ne sera pas un luxe au vu de ce qui est censé m'attendre ces prochains temps.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mer 3 Juin 2015 16:29 
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Sortant de la forge de Larzuk, équipé de son équipement flambant neuf, Baratume se rapprocha rapidement de l'auberge de la ville. Il était prêt à partir pour l'aventure, aux côtés de la compagnie d'aventuriers rencontrée peu de temps avant. Ils n'avaient pas l'air bien méchant, et puis il fallait bien qu'il quitte Tulorim. Lui ce qu'il voulait c'était de l'aventure, du danger, et de la renommée.

Il devait être aux alentours du milieu du jour. Devant la taverne, un petit attroupement s'était formé. S'approchant et se frayant un chemin à travers la foule, il arriva aux premiers rangs. Au centre d'un arc de cercle, un crieur public était sur un petit tabouret, la tête bien haute pour bien se faire entendre.

« Tulorain, Tuloraine ! Etrangers et voyageurs ! Vous cherchez peut-être honneur, argent, gloire, et conquêtes ! Si c'est le cas, n'attendez plus ! Certains vous diront que c'est un mensonge, d'autres vous affirmerons le contraire. Moi je vous dis que c'est bien vrai. Il y a grand besoin d'aventurier en tous genres, débutant, comme expérimenté. On dit qu'un nouveau monde a été découvert. Un monde nouveau ? Vous vous rendez compte ? Des peuples, des terres nouvelles !

N'attendez plus. Partez à l'aventure, là où aucun Yuiménien n'est jamais allé. »


La petite troupe accueillit l'annonce avec de bruyantes remarques. Beaucoup ne croyaient pas le pauvre crieur, qui, devant ces réactions ne savait pas trop quoi dire ou quoi faire.

Avant de descendre de son petit tabouret en bois, il rajouta :

« Allez à la Milice de la ville si vous voulez participer ! »

(Mmh... Cela aurait été une occasion en or pour partir à l'aventure. Mais avec Varjo et les autres, ce n'est pas trop mal non plus.) pensa Baratume, les yeux perdus

Toute la petite troupe fut rapidement dispersée et Baratume s'approcha des portes de l'auberge.

« Baratume ? » l'interpella Varjö.

L'appelé se retourna et fit face à l'homme qui se rapprocha de lui.

« Tu as entendu l'annonce ? Tu souhaites toujours nous rejoindre hein ? Nous n'allons pas tarder à partir pour Yarthiss. Notre mission se déroule dans les alentours de la ville. » enchaîna le mercenaire, sans lui laisser le temps de parler.

« Je ne sais pas trop. Pour être franc, et direct, c'est peut-être mieux pour moi que j'aille voir là-bas comment c'est. Dans le pire des cas, si cela se révèle trop dangereux, ou que je n'y trouve pas l'aventure que je recherche tant, je reviendrais vers ta Confrérie. » déclara simplement Baratume, répondant par la même occasion à la question posée.

S'il était déçu, Varjö n'en montra rien. Il se contenta simplement de hocher doucement la tête, montrant qu'il avait bien compris la volonté de Baratume et qu'il l'acceptait. Souriant légèrement, peut-être par pure politesse, il salua Baratume et rentra dans la taverne, lui souhaitant bonne chance pour la suite de ses péripéties.

(Bon, maintenant, allons voir à la Milice.)

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Jeu 4 Juin 2015 23:32 
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Je quitte l'auberge de Grigwig le beau du pas rapide de celui qui sait où il va, sans paraître me soucier de ce qui m'entoure. Je suis aux aguets, pourtant, j'ignore à quel point mes récents ennemis sont nombreux et organisés, et je ne suis pas en état de mener un autre combat dans l'immédiat. Comme prévu, la douleur afflue avec la retombée de la tension liée à la bagarre, mes lèvres, mes côtes et ma joue principalement me font souffrir, mais bien d'autres contusions s'arrangent pour me donner une conscience aiguë de tout mon corps. Je vais avoir la couleur d'un Earion, demain matin...pour autant que je survive à cette nuit.

De ruelle en ruelle je me dirige à l'instinct, je sais approximativement où se trouve mon objectif, ayant pris soin de me renseigner avant de débarquer de l'Aynore, mais je ne connais pas la ville et la nuit me complique la tâche. Néanmoins, trouver le quartier bourgeois est relativement aisé, et je ne tarde pas à trouver quelques repères obligeamment indiqués par l’hôtesse d'Air Gris. La chance semble être de mon côté car je ne repère nul suiveur, mais à dire vrai je suis loin d'être assuré de le repérer s'il y en avait un. Quoi qu'il en soit personne ne s'interpose, les quelques malandrins en maraude m'évitent prudemment, sans doute la vision de mon visage ensanglanté et mon pas assuré les incitent-ils à trouver une proie plus facile.

C'est donc sans autres encombres que je parviens enfin au bâtiment de la milice de Tulorim, ce qui me tire un léger sourire sardonique, après les actes auxquels je viens de me livrer. Mais peu importe, c'est là que je dois me rendre, là que commencera le remboursement de ma dette, je pousse donc la porte sans la moindre hésitation.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Mar 30 Juin 2015 16:28 
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Je parcours les ruelles de Tulorim avec dégoût, comme d'habitude ; des dizaines de milliers d'habitants s'entassent à l'abri du monde réel, trop effrayé par la nature qui leur a donné vie pour sortir de cette ambiance nauséabonde. Chacun d'eux se reconnaît le droit de vivre le plus longtemps possible sans se rendre compte du déséquilibre que cela entraîne. Mais je n'ai malheureusement pas la force de réduire moi-même la population de cette cité à un nombre décent ; ni n'en ai le droit, d'ailleurs. Tant que je n'aurais pas compris de moi-même les desseins du Seigneur Phaïtos je ne pourrais prétendre à ce droit.

Alors que je passe devant le Purgatoire, je vois deux énormes humains entrer dedans, me soulevant le cœur plus encore qu'auparavant. Je ne peux pas les tuer, mais ce n'est pas l'envie qui m'en manque. Je resterais fidèle à mes vœux, et pour m'assurer de ne pas les oublier je les murmure en boucle chaque fois que j'aperçois une scène aussi navrante : « Je jure de ne pas ôter la vie avant d'en avoir compris son cycle ; je jure de ne pas donner la mort avant d'en avoir compris son sens. » Equilibre prétend que je suis trop haineuse, que je ne tue pas pour la nécessité de voir ce monde purifié mais par animosité envers ce que l'on m'a appris à détester ; au début ces paroles me déstabilisaient, mais maintenant je ne suis plus très sûre d'être totalement en désaccord avec elles. Ma formation auprès d'Equilibre est terminée, c'est maintenant que débute mon apprentissage auprès de la vie.

Après quelques minutes de marche je me retrouve enfin devant la milice de Tulorim. C'était le dernier conseil d'Equilibre en tant que mentor, proposer mes services à la milice. J'étais réticente quant au fait d'appartenir à un corps militaire au début, mais selon elle ils ont besoin de mercenaires qui ne s'engagent pas. Enfin peu importe, ma tutrice est la personne la plus sage que je connaisse, si elle me conseille d'y proposer mes services, alors je commencerais par là ; rien ne m'oblige à y rester toute ma vie, mais je dois y aller au moins par acquis de conscience.

A partir d'aujourd'hui je dois aborder tout le monde sans le moindre préjugé ; les humains ne sont pas pires que les orques, les hommes ne sont pas pire que les femmes. Je ne m'accorderais qu'un seul écart : je refuse de sympathiser avec un serviteur de Brytha. En dehors de ça il me faut faire preuve d'ouverture d'esprit. Qui sait, je pourrais être surprise.

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 Sujet du message: Un jeu dangereux
MessagePosté: Jeu 19 Nov 2015 09:17 
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Cela faisait à présent vingt minutes que je tournai en rond dans les ruelles. J'étais complétement perdu. La poisse. La faute à ces gamins qui m'avaient bousculé en riant, m'entraînant dans une rue plein de foule. Crétins d'enfants.

J'essayai de repérer la forge à la fumée qui se dégageait de son toit. Mais les maisons me cernaient et m'empêchait de voir plus haut que les balcons sur lesquels chantonnaient multiples moineaux et autres piafs un peu limités.

J'avais laissé la garde d'Ap aux Liykors, et leur avait demandé de le donner à la milice. Je ne souhaitait pas le vendre, car il ne m'appartenait pas, et je me sentais déjà coupable de l'avoir emmené avec moi, privant les gardes de Yarthiss d'un cheval supplémentaire.

Je finis enfin par retrouver le chemin qui menait à la forge. Je pressai le pas, impatient d'arriver à bonne destination. Mais je fus interrompu par des cris sur ma droite. Tournant la tête, je vis plusieurs personnes se pencher au-dessus de la surface de la rivière. Une tête de chien dépassait, et je voyais l'eau sous elle faire de grands mouvements. L'animal tentait de rester à la surface.

Alors que je passais mon chemin - cette ville grouillait d'aventurier, l'un d'eux devait bien se trouver dans le coin -, je fus saisi par le bras. Dégainant immédiatement le poignard shaakt que j'avais dissimulé dans ma manche, je pointai mon agresseur avec l'arme. Une gamine. Un simple enfant, avec des joues toutes roses, et de beaux yeux gris. Sa vue m'apeura lorsque je la vis : mais, après quelques secondes sans aucun mouvement, elle désigna du doigt le chien et me dit :

" Tu peux aller chercher Ioc ? "

Ma bonté me perdra, je l'ai toujours dit. Décrochant ma bourse et enlevant ma hallebarde, je plongeai et nageai en direction du chien. Mais je vis celui-ci remonter sans peine sur la berge.

Un mauvais pressentiment m'envahit. Me retournant prestement dans l'eau, je vis la petite fille saisir la poche contenant mes yus, ainsi que mon arme. Puis elle détala, suivie du chien.

" Bordel de dieu ! Reviens là gamine ! criai-je en me lançant à sa poursuite.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Lun 23 Nov 2015 13:52 
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Cette course-poursuite commençait à m'énerver. L'enfant s'était délesté de ma hallebarde, car elle l'encombrait, mais elle détenait toujours ma bourse. De plus il m'était impossible de l'attraper. Elle jouait avec les ruelles, et son chien lui offrait une couverture trop importante pour me permettre de ne la toucher, ne serait-ce que d'un cheveu.

Elle zigzaguait dans les rues, et, à chaque fois qu'elle se trouvait à portée de ma main, son animal déboulait d'une avenue voisine et me rentrait dedans, me faisant perdre l'équilibre plus d'une fois. Je commençais à comprendre leur petit jeu...

Je m'étais rapproché une fois de plus de la gamine. Et j'entendais son chien courir non loin de moi. Anticipant son arrivée, je bondissais en l'air en brandissant ma hallebarde. J'eus juste le temps d'apercevoir un éclair gris passer en-dessous de moi, puis s'arrêter brusquement : le chien ne m'avait pas touché.

J’atterrissais sur le sol avec la grâce d'un pigeon sans ailes, lorsque j'aperçus la petite fille se retourner. Elle rigolait. Son animal vint se placer devant elle, montrant les crocs. Et c'est à ce moment que je les vis.

Cinq personnes sortirent de l'ombre. Elles était toutes vêtues de voiles qui leur masquait le visage, et tenaient toutes un couteau. Seuls leurs mains étaient visibles, et, malgré la pénombre, je reconnu leur race : des Shaakts, à la peau noire comme la nuit.

J'ai toujours eu de la chance. Mais là, c'était plus que de la bonne fortune, je pense qu'on peut parler d'un miracle.

Je vis une silhouette venir de derrière la fillette. Une armure brillante, avec un heaume rouge. Et surtout, deux armes qui m'étaient inconnues. Elle ressemblait à deux grands sabres recourbés, mais entourées d'une étrange aura verte : le personnage tenait l'une des armes en position d'attaque, c'est-à-dire lame dont la pointe allait vers l'avant, et l'autre en position de garde, la fin de l'arme se profilant vers l'arrière.

Les Shaakts semblaient aussi étonnés que moi par l'arrivée du mystérieux inconnu. Mais leur stupeur prit fin lorsqu'il se mit à fléchir les jambes.

Il bondit au-dessus d'eux, puis, une fois au milieu de nous, se mit à tournoyer sur lui-même. Tout ce qui passait à sa portée était tranché sans opposer de résistance - le cou d'un Shaakt, par exemple. Ou la main d'un autre. Un déluge de lames s'abattit sur nous. Je sautai en arrière, prenant peur face à la machine de mort qui se trouvait en face de moi. Les trois Shaakts restants tentèrent de l'arrêter, mais ils furent découpés sans aucune pitié. Puis la personne s'arrêta de tourner. Elle s'avança vers la gamine ... et la sépara en deux d'un coup de lame.

Horrifié, je saisissais ma hallebarde. Je ne mourrais pas sans combattre dignement. Un monstre, pas un miracle, voilà ce qui se trouvait en face de moi. Les dieux - sauf Thimoros - enseignent le pardon et la compassion. Pas le meurtre d'enfants. Les rues étaient silencieuses, on y aurait entendu une mouche voler. Le chien contemplait d'un regard vide le corps de sa maîtresse, tout en rabattant ses oreilles. Il tremblait de tout ses membres.

L'inconnu se tourna vers moi. Gardant ses lames dans la position originelle, il s'approcha lentement. Je serrais mon arme. Le chien s'était mis a aboyer. Le personnage inclina doucement la tête et dit d'un ton presque inaudible :

" Qui ... est-tu ? Tu n'es pas ... un Shaakt. Et tu ne m'as pas attaqué ... "

Il avait une voix grave, et respirait entre chaque mots. Son exercice l'avait épuisé.

" Je vous pose la même question, inconnu. Et vous avez intêret à avoir un argument de taille pour vous justifier du meurtre de cette petite fi..."

A ces mots, le chien hurla à la mort. Le corps de la gamine était entouré d'une fine fumée opaque qui ressemblait à de la brume. L'animal recula, apeuré. Il couinait encore plus bruyamment. Puis son corps devint de plus en plus transparent ... jusqu'à disparaître. Les cadavres des Shaakts autour d'elle commencèrent également à se confondre avec la brume qui les entouraient ... Au bout de quelques secondes, tout avait disparu : le sang, les corps, leur équipements. La rue était à présent propre et avait oublié toute trace de leur passage.

Levant ma lame, je sommais l'inconnu de me dire qui il était, et pourquoi les cadavres avaient disparu. Il baissa la tête, contempla ses deux lames et, dans un souffle, me dit :

" On me nomme... Eo. Et mes lames ... sont à l'origine ... de ma malédiction. "

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Sam 28 Nov 2015 18:33 
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Localisation: Dans les bras de Rana ( Quête 32 )
Je sortis pour arriver sur la grande place. Le soleil déclinait à l’horizon, nous privant de sa lumière. Le vent, frais à présent, m’arrachais quelques frissons. La grande place habituellement théâtre d’une effervescence semblait muette pour l’heure.

La plupart des badauds rentraient d’un pas pressé, rejoignant leurs foyers ou les bordels jouxtant les tavernes. Les magasins voyaient leurs portes se fermer les unes après les autres. J’avais déjà envie de rentrer… Bien au chaud près du foyer.

(L’obscurité doublée du froid ne me sied guère…)

Pourtant, l’appât du gain me décidai à persévérer. J'avais conscience qu’il était crucial d’aller de l’avant. L’auberge de Talic, située dans le quartier marchand était proche du quartier noble. Mais pour ça je savais devoir passer par quelques ruelles peu recommandables… Cette idée ne me réjouissait pas vraiment.

J’empruntai l’allée de gauche pour déboucher sur une artère menant vers de multiples directions. Pour un néophyte cette ville pouvait se montrer hostile, incompréhensible. Mais je savais exactement où aller, je pris une petite avenue qui serpentait entre de grandes bâtisses. Ici tout devenait plus oppressant, un endroit idéal pour tout brigand souhaitant tendre un traquenard. Mais je ne me laissais pas abattre, je savais que j’essayais juste de me trouver une porte de sortie.

(Ce n’est pas comme si je ne valais pas un pet de lièvre… Non je dois le faire !)

J’arrivais sur une autre place circulaire, elle était bien plus vaste, une fontaine trônant en son centre. On sentait bien que le quartier noble était tout proche. Ici la route était convenablement pavée, des gouttières étaient installées de sorte que l’eau usé s’évacue aisément.

Elle était sans doute nettoyée chaque jour que Rana fait car nulle trace ne se laissait apercevoir. De grands poteaux en bois étaient disposés à intervalle régulier, des lanternes accrochées aux extrémités. Les boutiques remplaçaient les étals ici. Le quartier devenait plus cossu.

Pourtant le danger restait présent et je ne le savais que trop bien. Il y avait ce Edward Thatch, ancien pirate, devenu depuis l’un des barons du banditisme à Tulorim. D’une main de fer il dirigeait les voleurs, les faussaires, les assassins et même les petits voyous étaient à sa botte. Pour parfaire le tableau cet E. Thatch semblait avoir passé quelques arrangements avec la garde de la ville…

Bien sûr ils étaient présents, vadrouillaient même. Mais combien de fois avais-je vu des gardes préférer s’abstenir d’intervenir… Non il n’y avait que dans le quartier noble que les gardes demeuraient inflexibles.

Une patrouille passa juste devant moi, je les voyais se pavaner avec leurs armures rutilantes, arborant fièrement le signe distinctif des familles nobles dirigeante. Je me dirigeai alors vers eux, peut-être avaient-ils eu vent de cette histoire de recrutement.

« Bien le bonsoir nobles défenseurs de Tulorim ! Désolé d’interrompre ainsi votre patrouille mais une question pourrait être résolue grâce à vous. Je me permets donc de vous la poser. »

Ils s’arrêtèrent devant moi et me toisèrent. L’un d’eux se détacha du groupe et sembla me jauger de son regard belliqueux. Il était imberbe, probablement jeune. Des traits encore enfantins, pourtant contrasté par son attitude froide, sa posture menaçante…

« D’solé mais va falloir causer plus fort, t’es tellement proche du sol qu’faudrait que j’me baisse pour t’entendre et l’en est pas question. »

L’insulte ne provoqua chez-moi nulle colère, ce n’était qu’un enfant après tout.

« La courtoisie est de mise face à l’inconnu. Ça ne mange pas de miche. »

Le garde agrippa la poignée de son épée et théâtralement la dégaina.

« C’qu’il veut tâter d’mon épée c’lui-là ! Tu m’prends de haut alors que tu tiens pas la distance ! T’es d’venu suicidaire ? »

Il commençait à gesticuler, son arme toujours en main. J’esquissai quelques pas en arrière quand une main vint se poser sur mon épaule et me serra avec force. Un autre garde était passé derrière moi sans que je m’en aperçoive… Il apostropha son camarade, l’enjoignant au calme.

« Souhaites-tu vraiment tuer un sinaris comme ça ? Bien qu’il fasse nuit tu sais que les murs ont des oreilles… Les détracteurs des familles dirigeantes profiteraient de cette occasion… Sans compter le sang qui maculerait le sol. »

L’autre garde semblait se calmer à l’entente de ces mots. Il rengaina et marmonna quelques mots avant de se détourner.

Je levai la tête et demandais au garde qui m’encadrait :

« Si tout ceci est réglé, je vais prendre le large. Je vous remercie messire. »

Mais il ne me lâcha pas, il resserra son étreinte au point de m’arracher un glapissement de douleur.

« Cela n’est pas non plus possible. Vous laissez partir, alors que le sang a failli couler… Imaginons qu’un vil homme vous assassine, utilise des témoins pour attester que la garde s’en était déjà prise à vous et c’est toute l’autorité des familles dirigeantes qui pourrait être remise en cause. Non vous allez venir avec nous, c'est plus prudent. »

« Mais voyons ! Ceci est intolérable... Je suis un humble citoyen ne demandant qu'à rentrer chez lui. Vous ne pouvez me contraindre à vous suivre officier !»

« Peut-être est-ce intolérable, mais nécessaire. Maintenant cesse de trivialités. »

Je le vis dégainer sa lame et la retourner. Le pommeau plongea vers moi et tout devint confus…

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Merci à Itsvara pour cette magnifique signature !


Dernière édition par Tartuffe le Jeu 3 Déc 2015 12:59, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles
MessagePosté: Dim 6 Déc 2015 17:37 
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Localisation: Sur la planète Elysian
Un monstre ! Un monstre !

La foule se déversait des portes du théâtre pour s'agglomérer en une masse compacte sur la place. Le soleil rayonnait en une oppressante chaleur évacuée par la brise méridionale. Toujours encapuchonné de sa toge religieuse claire ponctuée de taches écarlates, Meraxès descendait les marches seul avec une certaine satisfaction intérieure. Le procès du dément ainsi que le marchand plutôt bavard avaient déjà quitté son esprit au profit d'un intérêt frénétique dont il ne pouvait se soustraire.

Se faufilant au travers de la populace, tout son esprit s'animait autour de ce terme énigmatique : Elysian. Il prit donc la décision de se rendre de ce pas à la milice de Tulorim afin d'assouvir sa curiosité. Après tout, n'ayant plus de domicile et aucune affectation à un quelconque emploi, rien ne le retenait ici ou ailleurs.

Il s'insinua dans les ruelles accrochées à la colline, des espaces exigües et ombragées encastrés entre des bâtiments séculaires se composant de tuf jaunâtre propre à la région du Comté de Wield. Un pavé usé et parsemé de nombreux trous accueillait les pas rêveurs du guérisseur.

Elysian... Meraxès savourait ce mot comme un plaisir exotique stimulant son imagination. Une île perdue ? Peut-être même un continent secret dissimulé au gré des courants contraires évacuant les navires trop curieux, ou alors une île céleste abritant quelques peuples mirifiques et ancestraux comme le citent les légendes. Son esprit se perdit en conjectures originales et farfelues, lui-même s'étonna de son engouement soudain envers cette étrange rumeur, évacuant sa torpeur rêveuse d'un geste de tête.

Après une brève séance d'orientation initiée par un regard circulaire, il réalisa ignorer où ses pas l'avaient conduit. Un vaste bâtiment d'où provenant des bruits de fer battu dominait une place déserte où chantait en son centre une fontaine circulaire. Sans repères, Meraxès se vit contraint d'entrer brièvement afin de réclamer quelques renseignements.

Une odeur désagréable habitait les lieux, un mélange rance et métallique dilué dans une humidité ambiante. Les lieux étaient sombres à l’exception de gerbes étincelantes pointant au fond de l'atelier, le spectacle du métal rougeoyant tourné et retourné, battu inlassablement, fascinait Meraxès qui restait là, sans bouger, jusqu'au moment où une ombre imposante obstrua sa vision. Un homme entre deux âges le dominait de toute sa taille et son aspect général ne transpirait pas vraiment la sympathie. Gêné, l'elfe se répandit en politesses maladroites, inclinant le forgeron à lui indiquer sa route. L'expression de l'individu restait figée et peu accueillante, mais il finit néanmoins par répondre d'un ton blasé, lui révélant qu'ils n'étaient qu'à deux rues dudit lieu.

Meraxès s'extirpa rapidement de la forge et s'éloigna avec les mêmes pas rêveurs de son arrivée. Après l'ascension d'une ruelle sinueuse, il déboucha sur une rue dégagée. Le flux urbain ne tarissait pas et c'est avec un léger sentiment de désorientation qu'il l'arpenta en suivant les indications de l'homme. Enfin apparut la façade haute et riche de la milice surplombant la rue et les masures environnantes. Un blason blanc et noir trônait au-dessus de l'entrée, Meraxès y prêta attention, sachant ce qu'il représente. Ce symbole avait quelque chose d'obscène et déroutant, fort plaisant à ses yeux.

Deux gardes lourdement équipés stagnaient devant hébétés par le soleil implacable. La hauteur de l'édifice sous-entendait pas mal d'étages. Il resta là, admirant les portes closes et hésita fortement à entrer. Entre ces murs il trouvera ses réponses, mais sans trop savoir pourquoi, Meraxès prenait aussi conscience de la gravité de cette initiative. L'excitation finit par le dominer et il réajusta son col pour se diriger d'un pas solide en direction de l'entrée.


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Thème de Meraxès

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