![Attention [:attention:]](./images/smilies/attention.gif)
Le texte qui suit contient des scènes violentes pouvant heurter certaines sensibilités!
Du pas de celui qui sait où il va, je me dirige vers la rue qui passe devant l'entrée principale de l'Université, m'efforçant d'examiner les alentours sans trop en avoir l'air, légèrement anxieux. Je veux savoir. Savoir si je suis devenu paranoïaque ou si, véritablement, quelqu'un me traque. Je n'ai vu que deux visages, évidemment, et les dénicher dans cette foule mouvante...
(Tanaëth! Là, sous le porche à ta droite, adossé à l'entrée de la petite ruelle près du marchand de fruits! Le barbu!)Je le repère presque immédiatement, maintenant que je sais où chercher. Elle a bonne vue, ma Faëra, je serais sans doute passé devant sans le voir tant il se fond dans le paysage urbain, grâce à sa cape elfique bien sûr, mais aussi par son attitude qui évoque un habitant des lieux en train d'observer paisiblement les passants sans vraiment leur prêter attention. Je souris, mauvais, tandis que ma main gauche se referme sur le manche de ma dague, et je me dirige vers un autre marchand situé à sa gauche, faisant bien attention qu'il ne puisse pas voir mon visage, en grande partie dissimulé par ma capuche.
(Tanaëth, non!)(Oh que si ma belle...)Je fais mine d'examiner les salaisons et autres venaisons proposées par le camelot, puis entame avec lui un marchandage pour faire durer un peu les choses, tentant de repérer le comparse du malandrin, l'épéiste qui m'a si salement amoché quelques jours auparavant. Mais je ne le vois pas, pas plus que Syndalywë. J'achète donc deux pièces de viande séchée que je range dans mon sac, et je me dirige vers la petite ruelle où se trouve ma cible, gardant la tête baissée pour qu'il ne puisse pas m'identifier. Je dégaine discrètement ma dague, dissimulée sous les pans de mon vêtement, et je passe devant lui d'un pas pressé, priant Sithi pour qu'il ne me reconnaisse pas à temps. Il me jette à peine un coup d’œil teinté d'ennui, détourne le visage pour poursuivre son observation des portes de l'Université lorsque soudain il se crispe et regarde à nouveau vivement vers moi, avec un air profondément surpris cette fois. Il devait me penser mort...
Je ne perds pas une seconde, utilisant ce pas d'escrime très rapide justement nommé flèche pour me propulser vers lui, ma main droite ouverte percute sa mâchoire en s'y agrippant et envoie rudement son crâne sonner contre le mur qui se trouve juste derrière lui! Je savoure l'onde de choc qui remonte mon bras sous la violence de l'impact, et profite qu'il soit étourdi pour amener le fil de ma dague sous sa gorge, assez sèchement pour que le sang commence à couler. Il me dévisage avec une visible panique, s'apprêtant à parler, mais je le coupe froidement:
"Un mot, un cri, et je te crève vermine d'humain. Compris?"Il bat des paupières pour acquiescer, n'osant évidemment pas hocher la tête au risque de se faire égorger proprement. Je resserre la prise de ma main droite sur son visage et je fais une nouvelle fois sonner son crâne contre la pierre en demandant à ma Faëra:
(Tu vois un coin tranquille tout près?)(Attends...oui, il y a une maison un peu en ruines à une trentaine de mètres, dans la ruelle. Mais tu ne vas tout de même pas...)(Plus tard. Il y a du monde dans cette ruelle?)(Non...)Je murmure à l'homme d'un ton doucereux:
"Si tu veux rester en vie, je te conseille d'éviter le moindre geste idiot. Allez, on bouge..."Sans cesser de menacer sa gorge, je lâche son visage pour attraper son poignet droit et je le retourne brutalement en lui tordant le bras derrière le dos, me plaçant juste derrière lui et le poussant dans la ruelle en lui soufflant:
"Doucement, cafard, c'est fragile les articulations..."
(Syndalywë, surveille mes arrières, ça m'étonnerait qu'il soit seul...)(Je ne vois personne pour l'instant...mais tu...)(Plus tard j'ai dit.)D'un geste vif je déplace ma dague qui vient chatouiller son dos, plus discrète que posée sous sa gorge, et je le fais avancer rapidement vers la bâtisse indiquée par Syndalywë. Effectivement, quelques mètres plus loin, j'avise une maison qui a connu des jours meilleurs, la porte a été défoncée et la façade part en lambeaux, exactement ce qu'il me faut! Je fais franchir le pas de porte à mon prisonnier, examinant le vaste mais vétuste hall qui lui fait suite. Un escalier en bois monte vers l'étage, mais vu son état je doute qu'il supporte le poids de deux hommes. Trois portes également brisées semblent donner dans des chambres, et au fond du hall...l'accès aux caves.
(Il y a quelqu'un là en bas, Syndalywë?)(Je...non, mais vraiment tu ne...)Sans tenir compte des récriminations de ma Faëra j'y pousse l'humain sans la moindre douceur, plissant le nez de dégoût aux odeurs nauséabondes qui montent des profondeurs. L'homme choisit cet instant pour se raidir et bredouiller d'un ton plaintif:
"Je...non...vous n'allez...je vous en supplie..."Je lui tords durement le bras pour le faire avancer, ce qui lui tire un cri de douleur aigu et pitoyable.
"Pas de ça, je t'ai dit!"Un violent coup du pommeau de ma dague sur le sommet du crâne le fait taire, je le sens mollir contre moi, aurais-je frappé un peu fort? Peu importe, je le propulse dans l'escalier descendant en forçant sur son bras qui émet un sale craquement, et bien vite nous arrivons dans une salle d'assez petite taille qui doit servir de temps à autre de refuge à la lie de la ville si j'en juge par les déchets que je distingue dans la pénombre et la puissante odeur d'urine qui offense mes narines. Je plaque l'humain au sol et le fouille rapidement, trouvant un couteau ainsi qu'une sarbacane et une petite boîte de bois dans laquelle sont soigneusement rangées quelques fléchettes. Je serre les dents de colère en les voyant, et je jette rageusement le tout à l'autre bout de la salle. Je ne trouve pas d'autres armes, mais il possède une petite bourse que j'empoche sans prendre le temps de regarder ce qu'elle contient, de la monnaie au léger tintement qu'elle produit quand je la remue. Ceci fait, j'administre quelques paires de gifles à l'humain pour le réveiller, ce qu'il ne tarde pas à faire en papillonnant follement des paupières, totalement paniqué, bafouillant quelques nouvelles suppliques. Ah, c'est facile de tirer de loin sur une femme qui ne s'y attend pas, un peu moins de faire face à un Himdar en rogne! Maudit lâche! Je ferme le poing et cogne férocement dans son ventre, un coup sec qui le plie en deux, toussant et suffocant. Je l'attrape par la gorge en serrant méchamment:
"Maintenant, raclure, tu vas répondre à mes questions bien gentiment, n'est-ce pas?""Je...oui! Oui! Tout ce que vous voudrez mais je vous en supplie..."Nouveau coup dans l'abdomen, je siffle entre mes dents serrées en appuyant dangereusement ma dague contre sa glotte:
"Tu réponds juste à mes questions, sans un mot de trop, et tu vivras peut-être. Clair?""Oui...""Bon. Pourquoi nous avez-vous attaqué?""On en a reçu l'ordre...""Qui l'a donné?""C'est le Grêlé...le chef de notre bande...""Mais encore? J'espère pour toi que tu en sais un peu plus que ça...""Je suis qu'un exécuteur, moi...tout ce que je sais c'est qu'il a rencontré deux elfes, comme toi, quelques jours avant, et qu'ils ont promis beaucoup d'argent pour ta mort et celle de ton amie.""Deux elfes dis-tu. Tu les as vus?""Non. Mais je sais qu'ils sont arrivés en bateau, parce que c'est au port qu'on devait aller les informer de la réussite de notre contrat.""Je vois. Où ça au port?""Y'a un bateau, le Veilleur, c'est là qu'on devait aller...""Mmm. Et ton chef, je le trouve où?""A...à l'auberge...celle de Grigwig le Beau...""Bon. Une dernière question: vous étiez combien à surveiller l'Université?""J'étais seul...Raf était sûr que vous étiez mort...Raf c'est l'épéiste qui vous a amoché..."
"Et lui, je le trouve où?""Il traîne souvent au Purgatoire. C'est un bordel.""Parfait. Eh bien, merci pour ces précieux renseignements."Je lui souris, un sourire qui doit avoir quelque chose de polaire vu la manière dont il frissonne. Il tente de reculer, mais le mur contre lequel il est adossé ne se montre guère complaisant, il me dévisage d'un air craintif et suppliant:
"Vous...vous allez me laisser partir maintenant?"
"Tu te souviens du visage de mon amie?""Je...non...pas vraiment...mais...""Elle se nommait Moraen."Ma dague lui ouvre la gorge tout en douceur. La vie tient parfois à si peu de choses.