|
Guasina : Attaque CC AJ : échec. Ezak : Attaque CC AA : échec. Karz : sortilège : réussite. Léandre : jet d’équilibre : réussite.
L’elfe noir, malgré les dérapages dus à cette substance gluante recouvrant son corps, parvint de justesse à se coller contre le mur le plus à droite de l’arène. Il en fut de même pour Ezak, qui rampa vers le mur le plus proche pour ne pas subir un assaut terrible de la part de son désormais partenaire de vie. Sa tentative ultime d’attaquer le géant avec sa lame fondue fut soldée par un échec. Il ne lui restait que trop peu de puissance pour être assez précis dans son lancer et, atterrissant sur le sol, la corne du loup de Thimoros termina de se consumer dans l’acide qui la rongeait.
Guasina ne put d’elle-même mettre fin aux souffrances de ce géant diminué. Sa flèche, contrairement aux autres, très précises, manqua sa cible et alla ricochet contre le mur d’onyx de la salle. Tathar, lui, se sentit particulièrement boosté en s’approchant du cœur de l’action, grâce à ce dopage intempestif. Dans son coin, dans les profondeurs de la salle ovale, Karz se soigna par sa magie purificatrice. Ses plaies se refermèrent et cessèrent de dégouliner de sang. Il n’était pas au meilleur de sa forme, pas encore, mais c’était déjà beaucoup mieux comme ça. Son nouveau maître lui répondit, d’une voix mêlée de fierté et de rires…
« Ha ! Tu es perspicace, humain. Une qualité qui te sera utile, à mon service. »
Et puis, il y eut ce dernier assaut. Cette attaque ultime, venue du haut de la salle, où un dragon mauve commença à se mouvoir rapidement, galopant sur ses quatre pattes vers le géant amoindri, percutant Maelan en le faisant choir, heureusement sans mal. La rage emportait la masse ailée vers la victoire, vers la colère. Des fumerolles noires sortaient de sa gueule comme de l’écume haletante. L’ego de Naral avait été touché, par la plaie qui lui ouvrait sommairement le flanc, et il ne semblait pas vouloir laisser se terminer le combat sur cet élan de faiblesse. Il voulait montrer sa force, sa puissance et… il le fit avec brio. Arrivé à portée du géant, il cracha de nouveau ses flammes noires et froides. Des flammes de mort, des flammes terribles, qui anéantirent toute vie sur leur passage. Par chance, sur celui-ci, il n’y avait que le géant. Sa couleur verte disparut en même temps que sa chair, que son armure, ses armes et ses os. Lorsque le souffle macabre s’arrêta, il ne restait de lui qu’un tas de poussières grisâtres… Ce grand guerrier caparaçonné, surarmé, n’était plus.
Dans un sursaut de rage, Voile-De-Mort avait traversé la pièce à son tour, brandissant l’épée de Léandre qui avait chu sur le sol. Il se dirigeait droit vers le dragon, prêt à le pourfendre, afin de venger la mort de celui qui autrefois était son frère… son jumeau. Son regard voilé et inexpressif n’en reflétait pas moins le parcours qu’ils avaient, à deux, accomplis. Les tortures qu’ils avaient subies dans le bagne, pauvres créatures difformes de naissance, nées d’une union malsaine, abandonnée à leur sort, et tombées entre de mauvaises mains. Son attaque reflétait toute cette douleur qui les avait changés à jamais, voilant yeux et bouches, arrachant leur peau. Ils avaient été séparés. Le plus fort des deux avait été pris pour servir d’ennemi surentraîné aux prisonniers du bagne qui s’en montraient dignes… L’autre avait été remis en prison. Le chantage avait opéré, et si jamais le cœur n’avait sombré dans le mal, ils étaient tous deux restés irrémédiablement liés par l’amour fraternel qui les unissait.
Cette course folle et suicidaire dénotait de tout cela. Il n’y avait plus d’amour, juste la rage aveugle d’une vengeance à assouvir. Mais en perdant la moitié de son âme, Voile-de-Mort avait perdu de sa force, et la colère ne le mena qu’à sa propre perte, lorsque Naral se retourna sur lui pour le réceptionner d’un splendide coup de mâchoire. Les dents acérées du saurien transpercèrent ce corps géant mais malingre, avant d’envoyer balader sur le sol le cadavre inerte qu’il était devenu, à moitié coupé en deux par la force de la gueule du dragon. L’arme de Léandre tomba sur le sol, inusée…
Le calme revint dans la salle. Et avec cette paix, un silence pesant s’abattit. Tout combat avait cessé, toute bataille. Les combattants étaient tous épuisés, blessés ou meurtris au fond de leur être. Naral abandonna sa forme draconique pour redevenir lui-même, cet elfe aux cheveux mauves et aux yeux d’or. Etaient-ils enfin tirés d’affaire ? Tout ceci était-il terminé ? Les treize les entouraient toujours, et nulle issue n’avait été dévoilée. Pourtant, chacun put se sentir enfin plus libre. Les chaînes mentales qui les avaient accablées n’étaient que de lointains souvenirs. Et même si cette pièce restait sombre, ténébreuses, ils se sentirent un peu plus chez eux…
Ce fut le moment choisi par Crean Lorener, premier des treize, pour prendre la parole de sa voix ombreuse.
« Un fort beau combat, en vérité. Voilà longtemps que tout ceci n’était pas arrivé. Vous avez tous prouvé votre valeur, tant dans le bagne que dans cette salle. Et tous vous méritez de recouvrir votre liberté, et vos effets personnels. Chacun à votre manière, vous avez déjoué nos pièges et vaincu les ennemis que nous avons placé sur votre route. Résolu les énigmes et fait preuve d’esprit et de prudence. Vous avez de grandes capacités, héros de Yuimen. Et ces capacités, vous vous en servirez désormais la tête haute, pour la grande Oaxaca. »
Il regarda tour à tour les aventuriers dans la pièce.
« Chacun son style… Autant de choses plaisantes à observer. Ezak, et sa rage de vaincre, sa maîtrise des armes et sa colère interne. Naral, et sa fierté, sa puissance. Tathar, laissant la chaos régner sur ses gestes, laissant la chance guider le combat aveuglément. Léandre, son désir de protection, de retrait du combat pour prendre l’avantage. Karz, l’opportunisme incarné, l’égoïsme et la ruse. Guasina, prudente et aidante, précise et meurtrière… Et Maelan, couard sachant se faire oublier pour n’être pris pour cible. »
Il laissa le silence retomber. Des coffres apparurent, sortant du sol, devant chacun des treize dont le héros était encore envie. Crean poursuivit.
« Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, telle est la raison de votre enlèvement. Un recrutement d’après vos faits d’armes passés. Un test de vos aptitudes, et, finalement, un enrôlement. Dirigez-vous vers votre coffre, il contient vos affaires, et une grosse somme d’argent, dûment méritée. Avant de l’ouvrir, re-prêtez allégeance à votre capitaine, et il vous récompensera personnellement, améliorant votre matériel passé, vous conférant tout pouvoir sur une troupe de guerriers. Car vous serez désormais sergents des treize. Gradés de l’armée Oaxienne. L’honneur et la fidélité seront récompensés… Le manquement à vos serments seront instantanément punis par la mort de nos propres mains. »
Il se fit interrompre par une voix railleuse, celle d’Aerq, le fou.
« Ooooh non pas directement. Pour punir, nous continuerons ce jeu qui m’amuse. Les traitres recevront leur matériel, sans qu’il soit amélioré, ainsi que la grosse somme d’argent. Cette somme sera la récompense à qui les tuera s’ils manquent à leur promesse. »
Crean parut fâché de s’être ainsi fait interrompre, mais poursuivit néanmoins sans contredire le fou.
« La mort, de toute façon, attend tout acte de sédition. Choisissez, vous êtes libres désormais. Puissance ou mort. Mais choisissez bien. Car chacun ici sait qu’il faut redouter la colère des treize. »
[HJ : la matière gluante enveloppant Léandre cesse d’exister quand le combat se termine. Tathar continuera de hurler ses pensées pendant une demi-heure, et restera femme pendant 5h30. Vous sentez, j’imagine, poindre la fin de la quête, dont c’est l’une des dernières mises à jour. Faites votre choix, l’allégeance aux treize ou le refus de les rejoindre. Les récompenses suivront en fonction de ce choix.]
_________________
|