Le lupin, nerveux, respiration haletante, regarda tour à tour Erfandir, qui lui demandait de plonger sur les pieux de la cellule, Ezak, qui menaçait ses jours de manière évidente, désormais, et Tathar, qui fit une démonstration de force pour calmer le jeu. Il abandonna complètement le guérisseur devant sa cellule, l’empêchant de mettre son plan à exécution, et se dirigea vers Ezak. Il n’avait pas l’air menaçant. Enfin. Pas plus qu’il ne l’était de par sa simple apparence bestiale.
« Traitre, traitre est le pouvoir du Dragon Mauve. Traitres ceux qui l’arborent. Traîtres les ombres, traîtres les morts. Tous ils nous aurons… et ça a déjà commencé. »Son regard vide fixait le maître d’armes sans plus s’en approcher. Il avait l’air d’un dément. Et sans doute le paraissait-il, pour ceux qui ne savaient pas de quoi… ou plutôt de qui il parlait.
De son côté, Gruush, l’orque, s’approcha de Tathar sans s’inquiéter de son arme. Il poussa un grognement vers celui-ci, et le bouscula à nouveau pour passer, sans demander son reste. Léandre put dès lors le suivre jusqu’au coin du couloir, où la brume semblait la plus dense. Mais il n’en était rien : cette brume verdâtre et dont les relents nauséabonds se faisaient plus présents de minute en minute comblait la suite du couloir tout autant que le coin. Après avoir bifurqué à droite, le couloir continuait, long, très long, se perdant dans la brume. Sur ses parois, des torches, mais aucune porte visible pour l’instant. La brume était trop épaisse pour y voir à plus de cinq mètres. Sans l’ombre d’une hésitation, l’orque s’y engouffra, et disparut peu à peu dans le brouillard vert.
Au même moment, un elfe avec d’étranges marques vert-bleu sur le visage sortit de la cellule n°6, dont la porte venait de s’ouvrir. Dès qu’il fut dehors il sembla analyser rapidement chaque personne présente, en un tour d’horizon. Il s’arrêta sur Erfandir, stupéfait.
« Toi ? Je connais ton visage… »L’instant d’après, juste derrière Karz, la double-porte fermée cliqueta un instant, avant de s’ouvrir à la volée. Un grognement bestial se fit entendre, alors qu’une bête bipède apparaissait dans l’embrasure de la porte, l’air visiblement peu amène. Des yeux rouges, un poil dru et brun foncé, des dents gigantesques, et une tête lupine. Des griffes énormes au bout de mains non moins imposantes, un être mi-homme, mi-animal se tenait là, dans un habit de bois et de cuir, et cerclé d’une couronne de fer à pointes.
Sa voix grondait comme un rugissement, et s’imposa à tout le couloir de par son courroux.
« C’est pas bientôt fini ce bordel ? Y’en a qui essaient de dormir ici ! »Un trousseau de clés pendait à son côté. Le geôlier, vraisemblablement. Et il n’avait pas l’air ennuyé que tous les prisonniers se soient donnés rendez-vous dans le couloir…
[HJ : Léandre et Gruush ne sont plus dans cette partie-ci du couloir. Les autres peuvent tous voir le nouveau venu poilu. Petite précision : il n'y a pas d'ordre de tour, même si vous devez attendre qu'un tour complet soit passé pour RP à nouveau. A moins que vous ne quittiez la "zone". Pour quitter la zone : soit se rendre vers le brouillard, soit entrer dans l'une des cellules... la dernière voie, le geôlier la bloque.]