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 Sujet du message: Le quartier militaire
MessagePosté: Mer 2 Juin 2010 10:24 
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Le quartier militaire


L'entraînement militaire est un point crucial dans cette ville qui aspire à former de grands et puissants Orgamii, c'est pourquoi un grand espace est alloué à ce domaine.

Dans ce quartier se trouve une seule et unique structure, qui contient deux types de salles : celle pour l'entraînement aux armes et celle pour l'entraînement magique.
Devant l'entrée, qui n'est autre qu'une grande arche sans porte, se trouvent deux gardes armés qui contrôlent les entrées. Les Orgamii qui ne sont pas autorisés à pénétrer en ce lieu seront donc refoulés.

Un grand couloir mène jusqu'à la salle d'entraînement principale qui est immense, avec des mannequins d'entrainement en bois et en tissu, des maîtres qui enseignent leur savoir militaire ou magique. Des guerriers ou des mages s'entraînent en permanence en ces lieux, le silence n'y règne jamais.

Il y a des petites salles annexes un peu partout. Certaines servent de vestiaires, d'autres de salles de repos et il y a également des salles où sont entreposés des équipements d'entraînement prêtés pour l'occasion. Il y a aussi des salles d'entraînement privées pour des personnages plus nobles.

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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire
MessagePosté: Mer 2 Juin 2010 11:53 
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« Voilà, nous y sommes ! », fit Marty en interrompant sa marche rapide aux côtés de la svelte rôdeuse qui n'avait eu de cesse, durant le trajet, de réfléchir à tout ce que la Reine lui avait confié.

Il s’était arrêté devant un large portique encadré par d’habituels gardes, et de l’autre côté, on pouvait voir s’étirer un long couloir dans lequel se croisaient divers Orgamii. Certains semblaient armés comme s’ils s’apprêtaient à partir en guerre, d’autres ressemblaient plus à des êtres comme l’accompagnateur de Lilie, avec de longues toges de toutes les couleurs et qui leur descendaient jusqu’aux pieds. Chacun semblait devoir vaquer à ses occupations, car personne ne prêtait attention à personne.

Lilie interrogea son ami du regard, inquiète de se retrouver en présence d’individus qu’elle ne connaissait pas encore. Le guérisseur leva alors les yeux au ciel, songeant au fait que le sortilège allait bientôt cesser de faire effet et qu’il allait donc falloir un petit temps d’adaptation à la jeune elfe pour se réhabituer à être en ces lieux.

« Bon, à la tête que vous faites, Future Gardienne, je sens bien que vous n’allez pas rester bien longtemps au côté de vos maîtres d’entraînements sans essayer de tout leur démonter lorsque vous ne vous sentirez pas bien du tout en leur compagnie. Je suppose donc qu’il va nous falloir rester un peu seuls tous les deux, sans que cela ne vous brusque, pour que votre acclimatation se fasse au mieux à l'arrêt du sort que je vous ai jeté ! »

Il passa le portique et tourna sur la droite, puis sur la gauche, avant de déboucher sur une petite salle qui devait être un vestiaire, ou quelque chose du genre. L’endroit était désert et il y avait quelques bancs disposés le long des murs, avec au centre, un brasero suspendu au plafond. Lilie avait fini par s’habituer à la pénombre environnante de cette ville et elle n’en était même plus gênée.

« Bon, alors qu’allons-nous faire pour que je ne me remette pas à me rouler par terre comme une furie paniquée ? »

La Taurion se moquait presque d’elle-même, mais elle ressentait malgré tout un léger pincement au cœur qui lui indiquait que son comportement n’était pas si loin derrière elle. Ainsi, ce qui semblait être à l’origine de son angoisse ici présente n’était plus de pouvoir supporter la présence de ces êtres qui lui rappelait d’horribles souvenirs, mais de réussir à garder contenance pour ne pas perdre la face et donner une mauvaise image d’elle-même.

« Nous allons nous asseoir, l’un en face de l’autre, et nous allons tout simplement attendre un peu, voilà le programme ! Ça ne devrait pas être bien compliqué ! Le tout est de réussir à vous laisser aller. Il faut bien respirer, allez-y, installez-vous sans plus attendre ! »

Il traversa la pièce et s’installa à son tour, à cinq mètres devant elle. Cherchant à garder le contact avec Lilie par le regard, il la questionna sur le comportement qu’elle s’imaginait avoir lorsque la magie aurait fini d’agir. Il ne fallait absolument pas que la conversation se brise, jamais.

« Je ne sais pas. J’ai l’impression d’avoir tellement appris, en étant sage ! C’est grâce à vous, en plus ! J’aimerais tellement pouvoir un jour être capable de faire pareil, de pouvoir rendre les gens plus intelligents, pas du tout impulsifs, ce serait merveilleux que tout le monde soit en paix comme ça, vous ne trouvez pas ? Il n’y aurait plus de guerre, plus de haine, plus de meurtre !»

Les émotions positives, elles aussi, faisaient leur retour, et Marty en était plutôt satisfait. C’était une très bonne chose et il espérait que Lilie allait continuer sur cette voie.

« Alors, peut-être que tout ce que j’ai appris là, je saurais continuer à le mettre en pratique ? À mieux me contrôler, je veux dire ! En tous les cas, je compte sur vous pour me le rappeler, même si je ne pense pas pouvoir oublier un tel vécu ! »

Il hocha la tête et continua à sourire sans l’interrompre, attendant bien patiemment que Lilie exprime le fond de son idée.

« En effet, tu n’oublieras normalement rien : mon sort altère les émotions, mais pas la mémoire, heureusement ! »

Lilie essayait d’interroger son esprit, cherchant à percevoir la magie s’émietter comme s’il s’était agi d’un objet palpable et matériel. Elle ne sentait pourtant rien de différent et se demandait si tout ne s’était pas déjà envolé pour de bon, laissant sa conscience sans plus aucune protection.

À cette pensée, son souffle s’accéléra, ainsi que son cœur. L’elfe effarouchée préféra fermer les yeux. Elle voulait reprendre contenance, plutôt que de laisser la peur de la frayeur elle-même prendre le dessus.

« Tout va bien ! Tout le monde veut prendre soin de moi ici, veut me rendre plus forte et m’accompagner dans ma noble tâche. C'est juste que...vous êtes les premiers Êtres que je rencontre depuis ma perte de mémoire et comme vous êtes si différents de moi, j’ai un peu peur, mais ça ne fait rien, tout est bien ici, tout… »

Dans sa tête, tout semblait vouloir s’embrumer et elle voyait des lumières clignoter, des formes s’agiter. Alors, elle se rappela très fort les conseils de Marty, son ami qui l’accompagnait depuis son réveil et qui s’était montré tellement prévoyant, à son écoute. Elle respira par grosses bouffées, chassant la peur qui tentait de prendre le contrôle de sa personne contre sa propre volonté. Non, cette fois-ci, elle refusait de faire corps avec la panique. Lilie l’avait bien vu : elle était très bien capable de vivre sans elle, et c’était mieux ainsi.

« Future Gardienne, je suis très fier, chassez donc à grands coups de pieds cette crainte qui vous assaille de toute part ! Je vous ai aidé la première fois, maintenant vous devez un peu faire cavalière seule, mais je crois en vous, et je crois que je ne suis pas le seul, à en croire ce petit sourire qui se dessine sur votre visage ! »

Il était bien heureux de voir cette expression de satisfaction apparaître, et Lilie sentait que tout semblait rentrer dans l’ordre, miraculeusement et sans l’intervention de personne d’autre que sa volonté qui avait su rester maîtresse des lieux. Sa conclusion était bien simple : si les émotions avaient envie de se faire une petite place dans sa façon de penser et de réagir, elles devraient alors s’en tenir au modeste rang de conseillères, ni plus ni moins. Avec la volonté, il lui semblait que tout était plus facile et plus accessible, alors pourquoi s’enchaîner à des choses qui ne faisaient que perturber sans logique ?

« Ma volonté est la plus forte ! Bien, Marty, je crois que je suis prête ! On peut y aller ! »

Exerçant une nouvelle fois ce pouvoir qu’elle avait su établir sur elle-même, Lilie se leva en ouvrant les yeux. Elle vacilla quelques instants, puis rejoignit son ami en lui tendant une main terriblement moite et encore tremblante pour l'inviter à se lever. L’Orgamii se hissa alors à sa hauteur, lui tapotant fraternellement sur l’épaule pour lui signifier qu’elle avait fait du bon travail.

« Maintenant vous allez avoir la tête bien fraîche pour les entraînements ! Je peux rester un peu là à vos côtés, si ça vous rassure, mais j’ai également du travail qui m’attend, dans le quartier des Guérisseurs. Je ne pourrai donc pas m’éterniser ! »

Il parut gêné de devoir laisser Lilie seule en présence du maître d’armes qui allait s’occuper d’elle, mais sa profession ne lui laissait guère le choix de faire autrement. Lilie accepta néanmoins sa proposition et ils retournèrent sur leurs pas avant de s’enfoncer dans le long couloir qui menait à la grande salle d’entraînement et à l’Orgamii qui allait prendre la belle Taurion en main.

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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire
MessagePosté: Mer 2 Juin 2010 11:55 
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Marty interpella le maître d’armes, occupé à entretenir ses lames dans un coin de la salle d’entraînement. L’individu avait la même chevelure que le guérisseur, courte et noire, et leur peau foncée ne se différenciait pas d'un poil. Lilie eut donc l'impression de se trouver face à la même personne et l'espace d'un instant, elle en fut très déstabilisée.

L'Orgamii dynamique s'était empressé d’accourir et lorsqu'il fut face à Lilie, il fit une élégante courbette avant de se présenter en hâte. Les autres personnes continuèrent leurs passes d’armes et le bruit des coups échangés résonnait dans tout l’endroit sans que ça ne vienne perturber cet individu plein d'entrain et aux qualités sociales indéniables mais un peu trop théâtrales.

« Bonjour, chère Future Gardienne, je suis Felixis et je forme depuis des dizaines d’années les hommes d’armes de notre ville souterraine. »

Il était équipé d’une épaisse armure, elle aussi dorée, mais à bien y regarder, Lilie put se rendre compte qu’il s’agissait en réalité d'une épaisse peau de bête recouverte d’une matière étrange, peinte sur le cuir. Son air curieux ne passa bien sûr pas inaperçu et son professeur lui donna quelques explications quant à cet étrange revêtement.

« À défaut d’avoir accès à du métal en assez grande quantité pour pouvoir faire des armures complètes, les plus valeureux combattants de notre peuple voient leur cuirasse se faire recouvrir de cette noble substance dorée, appelée l'Astrium. Elle est magique et rend plus fort d'esprit et de volonté, allez savoir pourquoi ! »

Felixis était lancé dans ses explications, mais il fut finalement interrompu par le guérisseur qui lui fit signe d’abréger un peu. Lilie n’était pas venue pour des cours d’alchimie magique, mais pour développer son agilité et ses compétences au combat.

« Bien, bien, alors pour commencer, il va falloir un peu vous équiper. Même avec toute la bonne volonté du monde, je ne saurai pas ne pas vous blesser, quand on considère la petite tenue dans laquelle vous vous trouvez sous cette charmante cape qui vient…manifestement de chez nous à en voir la façon dont elle a été ouvragée ! »

Lilie laissa sa cape se faire examiner par le bavard personnage semblant de plus en plus excentrique, tandis que Marty s’en allait déjà pour poser son séant à même le sol terreux et poussiéreux. Apparemment, il était prêt pour le spectacle et il n’avait pas de temps à perdre en commérages inutiles.

« Si vous voulez bien maintenant me suivre, nous serrons bientôt en piste ! »

Ils passèrent dans une antichambre masquée par un voile ocre et Lilie n’en crut pas ses yeux lorsqu’elle tomba nez à nez avec ces centaines de pièces d’armures et ces armes disposées en désordre tout autour d’elle.

« Ouah ! C'est tout simplement incroyable ! Ce sont les Orgamii qui fabriquent tout ça... c'est fabuleux, une véritable caverne à trésors ! »

Il y avait des équipements de toutes sortes : certaines pièces étaient de noble facture, d'autres plutôt rudimentaires, mais la jeune elfe s’imaginait mal devoir porter ne serait-ce qu’une de ces armures plates tant elles semblaient inadaptées à sa fine corpulence et à ses formes féminines. Cependant, elle ne révéla pas le fruit de sa pensée pour ne pas vexer le maître d’armes qui de toute façon allait sans doute trouver une façon de remédier à ce petit contretemps.

« Voyons voir ce que je peux trouver pour vous : cagoule en cuir, botte de cuir, la taille devrait aller, pantalon en cuir ! Parfait ! Par contre, en ce qui concerne la cuirasse, ça reste problématique, donc nous allons oublier ça, mais vous porterez au moins ce vêtement en tissu rembourré, je ne vous laisse pas le choix, je ne voudrais pas vous mettre en danger avec mes attaques ! »

Lilie recula d’un pas, sentant les odeurs désagréables qui émanaient des équipements qu’on essayait de lui faire porter. Le fumet qui s’en échappait était des plus incommodants, mélange de transpiration, de sang et de vieux cuir, mais la demoiselle n’osa rien dire. Certes, il s’était montré très respectueux à son égard, mais ça n’était pas une raison d’user de ses privilèges de future Gardienne de la forêt d'Eniod pour se soustraire à la raisonnable obligation de se protéger.

Prenant une respiration intense, la Taurion commença alors à s’équiper, aidée par son maître d'armes qui osait à peine la toucher. Il s’assurait à chaque instant que rien ne lui était inconfortable et inspectait toutes les fermetures. Puis, ce fut le moment de lui désigner une arme de débutante. Lilie ne manqua pas de faire remarquer à Felixis qu’elle possédait déjà une lame et qu’elle était bien décidée à apprendre à s’en servir en tout premier lieu. Après tout, si pour sa grande renaissance dans la forêt, on la lui avait confiée, ce devait être pour une raison bien précise. Apprendre à se servir de cet objet cédé par sa famille l’emplissait d'excitation et ce fut donc sur une certaine note de bonne humeur qu’ils refirent leur apparition dans la salle d’entraînement principale, zigzaguant entre les combattants déchainés pour rejoindre Marty. Tout allait enfin pouvoir commencer, et ceci, sans que Lilie n'en vienne à paniquer.

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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire (Enseignement de CC)
MessagePosté: Ven 18 Juin 2010 12:48 
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Felixis s’approcha d’un groupe de trois Orgamii armés et les invita à se déporter vers le coin de la salle pour laisser de la place au combat qui allait se dérouler entre lui et son élève débutante. Tout laissait à penser que Lilie n’avait jamais tenu d’armes en main pour se battre et ils allaient avoir du pain sur la planche pour réussir à faire de la rôdeuse une bonne attaquante. Pourtant, elle n’avait guère d’autre choix, car affronter la menace des Shaakts de Khonfas allait lui demander une bonne maîtrise du combat.

« Bon, on va commencer par quelques notions de base concernant votre arme. Prenez-la en main, allez-y, et montrez-moi comment vous la brandissez hors du fourreau ! »

Il attendit et Lilie extirpa la lame de l’étui bien maladroitement, avec sa main gauche, elle qui était droitière. On ne lui avait jamais expliqué, jusqu’à présent et depuis son réveil dans la forêt, qu’il fallait dégainer avec la main opposée au côté où reposait l’arme, et la Taurion se trouva donc bien bête, sentant le poids de l’épée peser sur son bras gauche peu habitué à entrer en action. La jeune elfe resta donc figée dans son mouvement, attendant la correction de Felixis qui ne se fit pas plus longtemps attendre.

« Essayez donc maintenant avec l’autre main et avec votre gauche, tenez le fourreau pour avoir un geste plus…précis, plus rapide ! Il faut veiller à ce que votre mouvement soit bien dans l’axe afin que la lame sorte sans frotter pour ne pas retarder le geste, et pour ne pas abimer le matériel aussi ! »

Il était juste en face d’elle, mimant les gestes qu’elle devait effectuer, et Lilie constata également que sa posture n’était pas la meilleure pour pouvoir mener à bien cette première tâche. Dégainer était bien plus difficile et complexe qu’il n’y paraissait et il lui fallait être plus souple, moins rigide. Droite comme un i, Lilie avait du mal à respecter les indications somme toute théoriques données par son maître. Elle se sentait un peu bête, observant du coin de l’œil les réactions de Marty qui restait impassible, un banal sourire sur les lèvres montrant simplement qu’il était optimiste.

Le voir ainsi serein et presque confiant lui mettait un peu de baume au cœur et elle continua donc de se donner du mal, réalisant le mouvement de plus en plus efficacement à mesure qu’elle répétait le geste. Sa hanche se déliait, son dos s’adaptait de mieux en mieux et au bout d’une bonne demi-heure à travailler elle parvint à un résultat qui satisfaisait relativement bien son maître d’armes. Concentrée comme elle l’avait été, Lilie avait fini par oublier totalement la présence des autres personnes autour et de ce fait, elle ne s’était même pas rendue compte du départ de Marty qui était appelé vers des affaires plus importantes.

« Je commençais à avoir mal au bras à force de faire toujours le même geste, tant mieux si on peut maintenant passer un peu à autre chose ! »

Sautant sur place, l’arme en l’air pour exprimer sa motivation à poursuivre, Lilie s’imaginait qu’ils allaient enfin pouvoir enchaîner sur des échanges de coups. Après tout, c’était la raison pour laquelle elle avait été conduite ici : apprendre à se battre, et s'éterniser sur des éléments annexes commençait à l'agacer un peu. Pourtant, elle dut bien vite se rendre à l'évidence : le maître d’armes ne semblait pas décidé à commencer un combat de suite.

« Certes, je suis content de ce premier petit entraînement, mais il va falloir apprendre à lier ce geste à celui de la toute première attaque, une attaque-éclair, une attaque-surprise, qui t’amènera sans doute à prendre l’initiative si tu sais bien t’y prendre ! Ce n’est donc pas encore l’entraînement aux passes d’armes, je suis navré, et ce ne sera pas pour tout de suite, il vous faudra prendre votre mal en patience, et nous disposons d'un peu de temps devant nous, de toute façon ! »

Lilie parut déçue, rangeant son épée et croisant les mains pour observer la démonstration de Felixis. Il était extrêmement agile et vif et l’elfe verte avait du mal à croire qu’un jour elle puisse lui arriver ne serait-ce qu'à la cheville, pourtant, c’était la raison de sa présence ici et elle comptait faire de son mieux pour que son entraînement ne soit pas vainc. Motivée comme elle l’était malgré tout, elle ne pouvait que progresser rapidement, si on faisait abstraction de sa maladresse relativement handicapante au combat. Cela venait sans doute de son manque d’expérience, mais Lilie avait l’impression que jamais elle ne parviendrait à se débarrasser de cette tare. Plus d’une fois, elle avait lâché son épée en la sortant du fourreau en l'envoyant valdinguer quelques mètres plus loin. Elle l’avait aussi parfois dégainée trop près de son visage en manquant de se blesser, ou alors elle n'avait pas assez tendu l'arme vers son adversaire. Et si ses erreurs devenaient moins fréquentes, son manque de confiance en elle la perturbait encore énormément.

« Bon alors, si je comprends bien, le principe c’est d’essayer de te toucher en faisant d’une pierre deux coups, en même temps que je sors l’épée, d’un seul geste, tac, j'essaye de te couper au visage, de te blesser au torse, et d'être la plus dynamique possible ! »

Lilie prit appuie fermement sur sa jambe avant et tira de toutes ses forces sur le manche de son épée dans un ample mouvement de taille spiralé. Elle fit un pas en avant dans la foulée et l’arme fendit l’air prestement, venant effleurer l’épaule de Felixis qui souriait à la réussite de son élève. Lilie apprenait vite, bien qu'il lui semblât qu’elle avait une façon d’aborder le combat différente de la plupart des Orgamii qu’il avait eus à former. La future gardienne avait besoin de plus de spontanéité, de liberté dans ses mouvements pour être efficace et le maître d’armes s’était aperçu très rapidement que la théorie étouffait le potentiel martial de la jeune elfe, là où elle avait été une excellente guide pour ses autres élèves. Elle n’était pas une Orgamii, elle n’était pas née avec la mécanique du combat dans les veines et il commençait à comprendre qu’il était de son devoir de trouver une autre méthode pour l’entraîner, afin de gagner du temps.

« Oui, c’est exactement ça, c’est un très bon mouvement que voilà, mais peut-être devrions-nous changer de façon d’aborder votre entraînement. Je sens bien que je vous noie avec toutes mes explications théoriques et que vous apprenez plutôt par la répétition et le perfectionnement du geste, de façon instinctive… Je vous envie, vous savez ! »

Perplexe, Lilie ne sut pas quoi dire, ignorant s’il s’était agi là d’une critique ou d’un compliment. Sans doute s’agissait-il des deux, mais la Taurion n’en prit pas ombrage, se contentant d’acquiescer en songeant qu’elle avait surtout besoin d’action, de bouger et de dérouiller son corps qui était comme encrassé et désireux de s’exercer en toute liberté et sans contrainte. Elle avait bien conscience qu’en procédant ainsi, elle commettrait sans doute bon nombre d’erreurs, mais peut-être que ça lui permettrait de mieux s’adapter à son adversaire aussi, plutôt que de rester enfermé dans une rigidité qui ne laissait pas de place à l’improvisation.

« Je ne sais pas, je ne me sens pas à l’aise avec toutes ces indications de ‘tiens-toi comme ci, comme ça’ ! C’est important la bonne posture, le geste précis et direct, c’est un fait, mais je me crispe trop et je finis par mal faire, je sais l’objectif que j’ai devant moi, mais dès qu’on me parle de la procédure pour y arriver, tout flanche. »

Pendant que Lilie se plaignait de son incapacité à suivre les indications de son maître, ce dernier entreprit alors de la prendre d’assaut, sans brusquerie, mais de façon à ce qu’elle soit obligée de mettre en œuvre le fruit de son apprentissage de cette dernière heure. Elle ne perdit pas une seconde pour réagir et en sautant en arrière, agissant spontanément et sans réfléchir ce coup-ci, son arme vola en l’air pour contre-attaquer et déstabiliser l’adversaire, usant cette fois-ci d’une méthodologie qui lui était propre et qui ne ressemblait en rien aux techniques du maître Felixis.

« Bravo, bravo ma chère ! », s’exclama-t-il, l’arme toujours brandie en l’air, croisant le fer avec celle de Lilie qui ne faiblissait pas, bombant la poitrine fièrement. L’entraînement de cette heure lui avait permis de comprendre les objectifs et les rudiments des étapes à suivre pour lancer une première attaque, mais à présent, elle était devenue sa propre maîtresse quant à la manière de s’y prendre pour débuter un combat, et sa contre-attaque-surprise avait été un réel succès.

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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire (Enseignement de CC)
MessagePosté: Lun 12 Juil 2010 14:26 
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Felixis réfléchissait déjà à la seconde leçon qu’il allait devoir enseigner à sa jeune élève. Elle avait besoin de tout apprendre pour devenir une redoutable combattante et pouvoir un jour espérer venir à bout des Shaakts de Khonfas. Ils étaient agiles, sauvages et redoutables. La pitié ne faisait pas partie de leurs mœurs et ils agissaient comme de véritables machines à tuer et à torturer, n’épargnant rien sur leur passage.

Une ombre passa soudain dans le cœur du Maître d’Armes qui vit dans son esprit le mal s’abattre sur Lilie. Sa motivation à la former à la perfection était décuplée par ces visions et il ne perdit pas plus de temps à s’égarer dans ses pensées. Lilie était encore capable d’apprendre l’un ou l’autre rudiment de combat pour cette séquence d’entraînement et il fallait en profiter avant que la fatigue ne la gagne.

Lilie était restée là à souffler un peu, observant les autres combattants Orgamii. Elle et son Maître se trouvaient dans un coin de la pièce et Felixis finit par l’attraper pour la conduire un peu plus au centre, cherchant à lui faire de la place pour la suite des évènements. Cette fois-ci, il allait essayer de transmettre ses connaissances de façon un peu moins théorique, mais il se devait de présenter rapidement ce qu’il était sur le point d’enseigner. Son air enjoué ne le quittait pas et il se frottait à présent les mains, faisant signes aux autres de bien s’éloigner.

« Nous allons maintenant passer à l’étude de la technique de combat appelée la Charge Armée. C’est là encore un moyen d’entrer dans une bataille, un peu moins élégamment. Femme ou pas, vous devez savoir entrer dans le combat au mieux, lorsque, ce coup-ci, vous êtes encore à assez bonne distance de votre ennemi. »

Felixis installa un mannequin en tissu rembourré contre le mur et s’éloigna d’une dizaine de mètres de ce dernier. Il dégaina l’arme aux côtés de Lilie et l’invita à faire pareil, lui indiquant que le but était de foncer de toutes ses forces, et toutes lames devant, en direction de cet ennemi supposé redoutable, bien que manifestement immobile. L’elfe se mit alors à visualiser, dans son esprit, l’image d’un Shaakt dégoutant prêt à en découdre avec elle et se jeta en avant sans plus attendre, n’essayant plus, cette fois-ci, de copier tous les faits et gestes de son professeur, mais de réfléchir à agir au mieux.

Les pas s’enchaînaient, Lilie bondissait vers sa cible et lorsqu’elle parvint au bout de cette course elle tendit son arme sans trop savoir la stabiliser. Son coup rata et la lame vint finir son attaque dans le mur argileux derrière le mannequin de tissu. Quelques rires discrets retentirent dans la pièce, mais ils furent vite calmés par le regard réprobateur de Felixis. Il savait se montrer amusant et affable lorsqu’il le voulait, il ne fallait apparemment pas le chercher.

Lilie quant à elle était un peu gênée de s’être montrée si malhabile. Courir et enfoncer une cible immobile ne paraissait pourtant pas si difficile que ça, alors pourquoi avait-elle échoué ?

Elle s’était préparée à interroger son Maître sur les erreurs qu’elle avait manifestement commises, lorsque tout devint clair dans son esprit.

« Je n’ai même pas pensé une seule seconde à essayer de stabiliser mon arme ! C’était ça le problème, pas vrai ? »

Elle était peut-être honteuse de son échec, mais fière de sa déduction qui venait d’elle-même. Felixis ne put qu’acquiescer, et se retenant de lui donner quelques explications quant à la façon de s’y prendre pour maintenir à hauteur plus ou moins précise son arme, l’enseignant invita Lilie à recommencer.

Dans la tête de Lilie, stabiliser l’épée allait donc devoir passer par une bonne posture et l’adaptation de ses muscles des bras et de son torse au mouvement régulier des pas durant sa course. Tout devait être bien calibré, adapté : lorsque son corps était en extension, ses bras devaient rester un peu vers le bas, et inversement durant la prise d’appuis sur le sol. Cela ne semblait pas bien dur dans son esprit et déjà ses muscles travaillaient à s’appliquer à cette tâche sans courir, car la rôdeuse faisait du sur place.

« Allons allons maintenant, Mademoiselle Lilie, réessayez donc ! Faites ça le plus naturellement possible, sans calcul, spontanément, pour voir si vous vous en sortez un peu mieux maintenant que vous avez compris la clé importante de cet enseignement ! »

La Taurion avait rangé sa lame au fourreau et elle se remit donc en position sous le regard discret des combattants de la salle qui prêtaient de plus en plus attention à son propre entraînement. Elle était incapable de dire pourquoi, mais il ne faisait aucun doute que ces yeux braqués sur elle avaient de quoi la mettre mal à l’aise.

Elle essaya donc de faire le vide dans sa tête. Après tout, en combat, tout n’allait pas être reposant et détendu, et un peu de tension en cet instant ne pouvait pas lui faire du mal, elle devait surtout apprendre à la canalyser pour mieux l’exploiter.

« Bon et bien… à l’attaque ! »

Son petit cri de guerre résonna dans la grande salle d’entraînement, et la charge réitérée fut bien meilleure : elle vint, à la fin de sa course, se figer droit dans le torse du mannequin qui fut cette fois-ci transpercé puis projeté contre le mur du fond. Elle était parvenue, tout naturellement et sans s’embrouiller l’esprit, à utiliser cette méthode de stabilisation de son corps et de sa lame, et même si elle sentait que la charge lui faisait inéluctablement en précision, elle se sentait tout de même victorieuse.

« C’était très bien, future Gardienne ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos peines, hélas ! »

Un air amusé sur le visage de Felixis indiquait à la jeune elfe qu’une nouvelle surprise lui était réservée. Maintenant qu’elle était capable d’enfoncer une cible immobile, elle allait devoir faire face à une cible en mouvement, qui en plus, était assez imprévisible pour elle.

« C’est déjà pas évident de s’en tirer bien avec un mannequin qui ne bouge pas ! Alors là…»

Lilie voulut protester, arguant qu’elle n’était pas encore très douée avec son épée, mais Felixis ne voulut rien entendre, esquivant de façon toujours aussi guillerette sa plainte, préférant s’atteler à l’installation du matériel mouvant.

« Voilà, tout est prêt ! »

Au fond de la grande salle d’entraînement aux couleurs ocre, le mannequin statique avait laissait sa place à des rails sur lesquels reposait un rondin de bois. Felixis allait le contrôler à l’aide d’un petit mécanisme de cordage et Lilie allait devoir se débrouiller pour planter sa lame le plus proche possible du centre du rondin, tâche qui lui semblait d’ailleurs éminemment difficile. Lilie était loin de se douter de tout ce qui allait l’attendre encore durant ses prochaines heures d’entraînement avec son Maître d’Armes, mais à présent il valait mieux ne pas y penser et se laisser le temps d’assimiler tout ce qu’elle devait maîtriser.

« C’est parti Lilie ! C’est quand vous voulez ! »

La cible avait commencé à s’agiter, et c’était donc une nouvelle donnée que Lilie devait prendre en compte. Son cerveau travaillait à toute vitesse pour contrôler chacun de ses muscles en finesse, sans oublier qu’il lui fallait aussi mettre toutes ses forces dans son arme devenue redoutable.

Cette partie de l’entraînement lui donna beaucoup de fil à retordre, exigeant de Lilie une rigueur sans pareil. Mais finalement, à force d’essais et d’erreurs, elle parvint à un résultat probant : la lame fichée dans la cible avait été si profondément et violemment enfoncée qu’elle en eut du mal à l’extraire…

« Mort aux Shaakts ! », finit-elle par dire en s’imaginant une fois de plus sa victime agonisante sous l’effet de sa rude attaque. Peut-être que grâce à cette technique, elle serait capable de tuer son ennemi directement sans avoir besoin d’échanger des coups, mais ça, ça allait être un autre apprentissage à venir…

« Bon, nous en avons fini pour cette séquence d’enseignement militaire ! Cela fait déjà plusieurs heures que nous nous entraînons et vous devez être exténuée. Allez vous reposer… »

Felixis, aussi nonchalant qu’il l’était, ne songea même pas un seul instant au fait que la jeune femme ne disposait d’aucun ‘chez elle’ pour se reposer.

« Où puis-je aller ? Marty ne m’a pas dit ce que je devais faire après ce moment d’entraînement avec vous. »

Une boule d’angoisse fit alors soudainement son apparition dans la gorge de la Taurion. Repenser au fait qu’elle n’avait aucun pied à terre refaisait surgir en elle d’archaïques angoisses qu’elle était obligée de supporter malgré tout pour ne pas perdre la face. Elle s’était montrée brillante durant toute la durée de l’entraînement et elle ne voulait pas que les choses changent.

« C’est en effet un peu problématique…et bien, je vous invite à aller retrouver Marty dans le quartier des Guérisseurs ! C’est juste à côté en sortant du centre d’entraînement ! Il vous trouvera bien quelque part où dormir ! »

Lilie allait pour la première fois devoir s’aventurer seule à l’intérieur de cette ville de Selarim. Même si ça ne l’enchantait pas le moins du monde, elle allait devoir passer beaucoup de temps en ces lieux, alors autant s’y habituer le plus rapidement possible plutôt que de devoir vivre aux crochets des autres.


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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire (Enseignement de CC)
MessagePosté: Lun 23 Aoû 2010 15:52 
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Équipée de ses nouvelles acquisitions, Lilie s’en retournait fièrement dans le quartier militaire afin de rejoindre son Maître d’Arme Felixis pour la seconde fois. Elle avait parfaitement bien repris ses forces et se sentait donc d’attaque pour de nouveaux apprentissages. Curieuse et impatiente de progresser, elle avait néanmoins hâte de pouvoir parcourir la ville librement afin de s’aventurer dans les échoppes du quartier des commerçants. C’était maintenant la seconde fois qu’elle passait devant et elle faillit s’arrêter pour faire quelques emplettes.

(Ce n’est pas raisonnable du tout, je suis attendue, ce serait bien irrespectueux de ma part de me montrer indigne de tous les privilèges que l’on m’offre ici…)

Sa conscience avait finalement eu raison de ses pulsions dépensières et de toute façon, elle n’avait pas grand-chose à acheter, car tout, ou presque, lui était fourni gratuitement. Son envie, étudiée de plus près, n’était que la résultante de son besoin d’indépendance, quelque peu bafoué ces derniers temps. Lilie aimait bien que l’on prenne soin d’elle, mais à force de se voir dicter ses conduites en permanence, elle commençait à être agacée.

Quelques petites dizaines de minutes plus tard, elle parvint enfin au portique du hall militaire. Retrouvant son professeur particulier en train d’équiper une nouvelle recrue Orgamii, elle dut patienter un peu dans les couloirs.

« Attention Mademoiselle Lilie, ne restez pas là ! », lança le grand personnage en toge qui venait de lui foncer dedans. Il fallait dire que la rôdeuse était particulièrement dans la lune, profitant de ses derniers instants de calme pour contempler l’architecture intéressante du bâtiment militaire. Tout y était sculpté et finement travaillé, à l’instar du quartier riche dans lequel ses locaux avaient été installés. La partie militaire de la ville devait donc être de la plus haute importance pour l’équilibre de cette ville, et à bien y réfléchir, cela n’avait rien d’étonnant quand on connaissait le désir de vengeance des Orgamii à l’égare des Shaakts de Khonfas. Ils voulaient une armée pleine de noblesse et de puissance et il était donc normal que tous les moyens fussent mis en œuvre pour parvenir à leurs fins.

« Excusez-moi je ne vous avez pas vu, je… »

La Taurion baissa son regard sur le drôle de bâton que possédait l’individu. Il était court et se terminait en une boule verte mouvante. Fascinée par cette découverte, Lilie était incapable de détourner ses yeux de l’objet curieux.

« Qu’est ce que c’est ? Je peux toucher ? »

Elle leva la main en direction de la boule, avant de se voir refuser tout net le contact d’avec l’objet convoité. Elle n’avait apparemment pas le droit et bien sûr, Lilie attendait l’explication de ce geste de refus.

« On ne touche pas le fluide magique de mon arme, je suis désolé. Vous n’avais pas de magie dans votre sang et entrer en contact avec elle trop tôt pourrait être dangereux. Il vous faudra vous préparer si cela vous intéresse, mais je ne doute pas que tout viendra en temps et en heure… »

Avec un sourire malicieux pour la saluer, l’Orgamii contourna la jeune elfe verte sans plus attendre. Lui aussi semblait en savoir beaucoup plus que ce qu’il avait été porté à la connaissance de la rôdeuse et ça en devenait totalement déstabilisant. Que prévoyaient-ils encore d’autre pour elle ? Une initiation à la magie ? Lilie nourrissait clairement le désir de pouvoir manier cette force au profit de la nature, mais elle avait du mal à comprendre comment est-ce que tout cela allait donc bien pouvoir être possible, elle qui n’avait apparemment pas une once de pouvoir magique dans son corps.

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 Sujet du message: Re: Le quartier militaire (Enseignement de CC)
MessagePosté: Lun 23 Aoû 2010 17:01 
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Felixis était enfin à sa disposition, l’invitant à venir s’équiper à son tour. Il l‘aida comme la dernière fois et en profita pour lui annoncer la couleur du programme.

« D’abord, ma chère petite dame, nous allons nous essayer à quelques passes d’armes simples, histoire de voir ce qu'il y a à voir quant au maniement rudimentaire de votre lame en pleine action, et on passera ensuite à l’apprentissage de l’estoc droit, technique très utile en combat pour tenter de transpercer l’ennemi sans pour autant avoir besoin de distance pour le charger, comme c’était le cas dans ce que nous avons appris la dernière fois. »

Le parallèle que le maître d’Armes venait de faire avec la précédente technique enseignée était d’une importance capitale, car il allait tenter d’aborder l’estoc droit par le biais des similitudes et des différences avec la charge armée.

Une fois bien préparée au combat à l’aide d’une cagoule, d’un pantalon de cuir et d’un vêtement rembourré, ils reprirent place dans un coin de la grande salle d’entraînement. De la place leur fut faite sans encombre et ils disposaient à présent de tout l’espace dont ils avaient besoin pour effectuer d’ample mouvement de lames. Felixis possédait lui aussi une épée, un peu plus courte que celle de la combattante inexpérimentée, mais néanmoins redoutable à en juger par les gestes aguerris qu’il commençait déjà à effectuer.

« Et n’oubliez pas de commencer le combat avec l’attaque éclair que je vous ai apprise ! »

Prête à en découdre avec cet individu qu’elle s’imaginait être un horrible Shaakt pour plus de réalisme, Lilie tira son arme sans un crissement, faisant virevolter la lame dans un bruit assourdissant de métal au moment où cette dernière venait de rencontrer celle de son adversaire fictif. Elle n’avait manifestement pas oublié la technique de la surprise éclair, et maintenant, tout n’était qu’une question d’endurance et de capacité à l’effort. Brandir et manier une épée n’était manifestement pas de tout repos et son bras en souffrait beaucoup.

Le crissement de lames des deux personnages venait se mêler à ceux des autres combattants de la pièce et on se serait cru au beau milieu d’une scène de bataille, la haine et le sang en moins. Pourtant, Lilie n’y prêtait presque plus attention. Elle était focalisée sur le mouvement de l’arme de son adversaire et cherchait à anticiper chacun de ses faits et gestes pour pouvoir mieux les parer. Si la puissance de ses muscles n’était pas son point fort, son intellect et son habileté faisaient parfaitement le poids.

« Pas mal du tout, ma Jeunette ! », s’était-il exclamé en annonçant une petite pause, le temps que les muscles de la demoiselle puissent se détendre un peu. Lilie était extrêmement fière d’elle en constatant que cet échange de coup s’était relativement bien passé et voulut presque relever le défi d’enchaîner sur le reste de la séance d’apprentissage. Elle dut pourtant se raviser en constatant que le poids de la lame lui-même se faisait douloureux pour son bras mis à rude contribution.

La Taurion alla donc plutôt boire et essuyer les gouttes de transpirations qui perlaient sur son front et dans sa nuque. Se revigorer un peu était la meilleure des choses à faire et tout de suite, elle se sentit bien mieux, ses forces lui revenaient dans son bras et son dos lui aussi très sollicité.

« Felixis, je pense qu’on peut reprendre ! », annonça-t-elle après un bon quart d’heure de pause. Son entraînement avait le réel don de lui vider la tête et même durant ce repos bien mérité, le curieux échange d’avec l’Orgamii au bâton ne lui était pas revenu en tête. La magie n’était pas de mise aux côtés de son maître d’Armes et il ne servait donc à rien d’y penser.

« Bien, la technique d’estoc droit, c’est comme celle de la charge armée, il s’agit de faire relativement le même mouvement de bras, sauf qu’il est plus bref, plus vif et donc tout aussi perforant, mais avec un faible élan. On prend appui sur la jambe avant, on effectue un souple mouvement de hanche, enfin, si vous le voulez, et après, on tape ! »

Felixis n’avait bien évidemment pas oublié que charger trop l’esprit de Lilie en information théorique avait l’effet inverse de celui escompté, c’est pour cela qu’il n’alla pas plus loin. Après cette petite illustration commentée, il alla se placer aux côtés de la jeune elfe pour essayer d’appréhender la façon dont son corps allait se mettre en mouvement. La rôdeuse lui réservait sans cesse des surprises et il était donc curieux de s’ouvrir à une nouvelle façon d’effectuer la technique. S’il était le maître de Lilie, il n’en apprenait pas moins de sa surprenante élève.

« Pourquoi pas, ça peut aller aussi comme vous faites, ma foi, un peu plus de fluidité serait tout de même la bienvenue dans cet enchaînement ! Là c’est trop saccadé et vous en perdez de votre rapidité. Pensez bien à transférer le poids sur la jambe avant, toujours ! C’est valable pour tout, quand vous êtes en appuis sur deux membres, vous êtes facilement déséquilibrable ! Ce ne serait quand même pas dans votre intérêt que l’ennemi vous attrape en face pour vous tirer à lui ! Non, bon, alors gardez ce fondamental à l’esprit, du reste, ça n’a pas grande importance, il faut être vif et stable en un éclair ! »

Il était vrai que Lilie avait du mal avec ses jambes qui s’emmêlaient un peu. Lequel fallait-il déjà avoir en avant lorsqu’elle donnait le coup d’estoc ? Le gauche ? Le droit ? Tout redevenait très confus dans son esprit et elle en perdait à nouveau sa spontanéité. Maintenant qu’elle se connaissait un peu mieux, elle savait comment gérer ces perturbations passagères, et elle décida donc de tout recommencer, rentrant sa lame au fourreau et invitant Felixis à se placer à nouveau en adversaire. Jusqu’à présent, elle avait effectué le mouvement d’estoc sans cible concrète et c’était sans doute cet élément-là qui la rendait si hésitante.

Lilie commença donc à échanger des coups simples avec son professeur, cherchant le moment propice pour exercer son tout nouvel apprentissage. Elle cherchait une faille, un mouvement de recul de la part de Felixis qui lui signalerait une occasion. Mais tout n’était pas aussi simple et son maître d’Armes attitré ne se montrait pas aussi prévisible que prévu. Frustrée, Lilie commençait à légèrement s’énerver et en devenait quelque peu maladroite.

« Mince, j’en perds mon sang froid ! C’est pas bon ça, pas bon du tout… »

Elle était bien disposée à admettre ses torts, car sans ça elle ne pourrait jamais être à la hauteur de ses redoutables ennemis. Ressassant les leçons de son ami Marty concernant ses émotions à maîtriser, Lilie prit une profonde respiration qui avait pour but de la calmer. Elle put également remarquer qu’à ce moment-là, son adversaire avait fait un mouvement pour essayer de mieux la toucher, et une étincelle de compréhension fit alors irruption dans son esprit, elle venait sans le vouloir de feinter son professeur. Ni une ni deux, elle déversa toute son énergie musculaire dans sa lame et prit appuis sur sa jambe sans hésitation, percutant de plein fouet le torse de Felixis. Il n’avait heureusement rien senti grâce à ses protections et se montrait à présent très content des prouesses de son apprentie. Elle ne suivait pas exactement ses consignes, mais le résultat était frappant. L’affaire était donc dans la poche et la répétition de la technique allait maintenant se charger de la consolidation des acquis.

Après que la fatigue eut fini d’achever la volonté de Lilie, Felixis accepta de la libérer de ses devoirs militaires, l’invitant à aller prendre un peu de temps pour elle, temps qui allait bien évidemment être consacré à al découverte du quartier du commerce qui l’intriguait tant…

Après

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