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 Sujet du message: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 31 Oct 2008 18:20 
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Le temple de Thimoros


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Le temple de Thimoros est un lieu très important de la vie de la cité noire d’Omyre. Les Orcs vénèrent cette divinité de la Guerre et des Ravages avec ferveur, et c’est sans surprise qu’ils répandent les violents préceptes de cette religion belliqueuse partout où ils passent, semant la terreur et le chaos à chaque instant, le désordre, la violence, la guerre.

À un endroit si important, il fallait donc un lieu digne d’accueillir le Dieu Sombre. Et aussi étonnant que ça puisse paraître, c’est le bâtiment qui autrefois, dans des temps anciens, à l’époque de la domination elfe blanche sur la cité, abritait le culte de Gaïa, la déesse de la lumière et du savoir. C’était à l’époque un temple tout aussi important…

Et les Orcs y ont amené l’obscurité, le mal, la destruction et les préceptes de Thimoros, amenant l’ombre sur la lumière, le saccage sur les connaissances. Ils ont envahi le temple, démoli toutes les représentations de la Déesse Blanche et y ont grimé maladroitement les symboles de Thimoros : des scorpions, des armes, etc.

Ils ont laissé sur place tous les débris, ce qui donne à ce temple souillé une allure chaotique et de désordre indescriptible à l’endroit. C’est une vaste pièce unique, munie de colonnes autrefois gravées de bas-reliefs aujourd’hui désagrégés.

Des pavillons de guerre orques sont étendus sur les murs, faits de couleurs criardes ou sombres. L’autel du temple est la seule pièce qui a été importée de l’extérieur : c’est un autel sombre, en pierre d’Onyx, noire comme le jais, et luisant d’une lueur maléfique.

Ce Temple est l’antre de Romthaars’t, qui officie en tant que prêtre de Thimoros. Mais il n’a pas l’allure d’un religieux, loin de là. C’est un gigantesque Orc à la peau noire mesurant près de deux mètres trente. Ses yeux sont rouges et luisants, et ses canines inférieure protubérantes à souhait. Il est vêtu comme un guerrier, tout caparaçonné de métal sombre, avec un grand casque tricorne et une imposante armure. Il ne se sépare jamais de sa grosse épée bâtarde qui inspire le respect chez tous les orques qui connaissent Romthaars’t, car ils savent que le sang passe souvent par le fil de sa lame. Ce qu’on peut dire, c’est que c’est un prêtre très fidèle à la dimension belliqueuse de son Dieu…


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 13 Avr 2015 14:32 
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    Sanglante prière.

Il était des moments qui, dans la vie d’un homme comme dans celui d’un lieu, n’avaient que peu d’importance. Des moments communs, qui passaient comme l’eau d’une rivière s’écoule lentement en suivant son cours. Des instants dont plus tard, il ne se rappellerait pas, et dont le lieu ne garderait aucune trace. Celui de la rencontre de Gurth Von Lasch et du grand temple de Thimoros d’Omyre n’était pas de ceux-là.

Suivant le plan précaire, quoique correct, du vieux marinier, il parvint sans peine à rejoindre cet endroit de haute importance dans la vie de la cité. Là où dans de nombreuses villes, les Temples Noirs étaient cachés, minimes et reclus, ici, c’était tout l’inverse. Grand édifice à l’architecture autrefois fine et purement religieuse, la cathédrale qui composait les lieux était maintenant à moitié en ruine. Des rocs avaient été arrachés à sa façade, et des trous béaient dans sa silhouette, laissant sortir de l’édifice à la pierre noircie par le temps et le manque d’entretien une lueur rouge sombre inquiétante, rappelant le sang des nombreux êtres qui périrent ici pour la volonté du Meneur de Guerres. Des orques, des hommes allaient et venaient dans l’entrée majestueuse de ce lieu ténébreux. Guerriers ou religieux, et parfois même les deux. Le commun des mortels habitant Omyre se devait de prier l’engeance du Chaos, s’il ne voulait pas en être la victime éplorée. Mais ce furent des motivations plus profondes qui poussèrent Gurth à se rendre là ce jour. La prière pour la réussite sanglante de sa mission de nettoyage n’était qu’un prétexte pour lui pour s’y rendre…

Car ici, dans cet endroit sombre même en plein jour, sous le couvert des nuages mordorés d’Omyre, il allait raffermir son serment envers l’Ombre. Il l’avait senti à mesure que ses larges pas se posaient sur le sol en se rapprochant du Temple : il n’aurait jamais tant été en communion avec Thimoros qu’ici-même, en sa demeure terrestre. Dans cette ville qui respectait scrupuleusement le moindre de ses préceptes, qui était toute à son image.

Alors l’Ogre, se mêlant au flux des allants et venants, les dominant de sa taille de géant, s’avança dans la place, passant le grand porche jonché de débris, continuant entre les alcôves sacrificielles et les bancs de pierre et de bois souillés par les graffitis garzoks en forme de scorpion ou d’épée, de crânes, et arrivant finalement devant l’Autel du noir Divin. Celui-ci était une pièce magistrale d’onyx, taillée pour refléter la puissance de Thimoros, et enchantée pour sentir son astrale présence qui battait la mesure des vies qui défilaient devant lui comme un cœur de magma. Nombreux ne faisaient que s’agenouiller devant, sur une esplanade prévue à cet effet, pour prier en silence leurs noirs desseins. D’autres s’asseyaient sur les bancs et restaient là de nombreuses heures, pleurant ou grimaçant de la douleur que le divin leur inspirait. Gurth, lui, se fit plus… entreprenant. Il monta les deux petites marches qui séparaient le reste de la pièce du socle de pierre sur lequel était posé l’autel en question. Il n’eut cependant guère le temps de s’en approcher qu’une ombre gigantesque bougea de sur le côté pour s’interposer devant lui. Une ombre entièrement noire, comme faite elle-même des ténèbres qu’elle servait.

En face de lui se tenait un garzok monstrueux. Aussi grand que lui, la peau noire comme l’ébène, il était vêtu d’une armure d’écailles d’ombres, comme si le Dragon d’Oaxaca avait lui-même donné de sa chair pour former l’armure du guerrier parfait, aux canines protubérantes et aux yeux rouges intenses. Il fixait Gurth, droit dans les yeux, sans ciller, d’un air sévère et courroucé. Ses doigts étaient repliés sur la poignée d’une terrible épée, qui même au fourreau relevait être une menace de mort à quiconque voudrait goûter de sa lame. Ce n’était pas le cas du géant. Son regard de brume tint en respect celui de braise de l’orque. De sa ceinture, il dégaina l’Agonie Silencieuse, la dague d’Obscurité, que chacun des fidèles de Thimoros reconnaissait comme issue de l’essence divine elle-même. Le garzok, qui semblait être le puissant prêtre officiant ce temple, malgré sa stature guerrière, la reconnut, mais ne bougea pas pur autant. Au moins ne tenta-t-il pas d’attaquer le nécromancien.

Ainsi, il ne lui suffisait pas de posséder l’arme. Silencieusement, le garzok lui avait fait comprendre qu’il devait aussi prouver qu’il la méritait. Les sourcils broussailleux de Gurth se froncèrent, à mesure qu’un rictus de morbide satisfaction vint se placer sur son visage pâle. Il leva l’arme, et en plaça la lame dans le creux de sa main vide. Sans quitter le regard rouge des yeux, il serra le poing, et son sang filtra à travers les interstices entre ses doigts. L’orque se mit à sourire. De ces sourires malsains qui glacent les os. Et Gurth parla de sa voix de stentor.

« Le Ténébreux attend le sang de son serviteur. »

Le garzok, comprenant ces mots autant que leur essence, se décala et laissa l’ogre œuvrer. Celui-ci s’approcha doucement de l’autel, et fit glisser la lame de l’Agonie Silencieuse dans sa main sans desserrer celle-ci. Le sang gicla, en petites gouttelettes d’abord, puis en un flot plus continu, sur l’autel. Le fluide vital se fit comme absorber par la pierre noire, qui sembla se nourrir de lui. Le pouvoir secret de la dague s’activa, laissant une brume naître tout autour de son énorme porteur. Et la brume, aussi noire que la nuit, l’entoura bientôt totalement, lui, l’autel, le prêtre-guerrier, et plongea bien vite toute la grande salle du Temple dans des ténèbres profondes, bien plus adaptées à la prière d’un dieu de l’ombre que la pâle clarté rougeâtre qui sévissait alors. Le géant tomba lourdement à genoux, sans précaution pour ses pauvres rotules déjà martyrisées. C’est à genoux, et dans la douleur, que l’on aspirait le plus à la communion divine.

Aucun ne s’était outragé de cette ombre. Des cris résonnèrent dans la salle, des cris de peur, de douleur. Des bruits d’armes naquirent, de-ci de-là. La raison de ceux-ci, seul Gurth la savait. C’étaient les morts qui semaient le chaos. Les morts qui étaient nés de son sombre pouvoir, de ses aptitudes à la nécromancie. Il avait fait appel à d’au-delà, pour semer la pagaille dans le temple, pour servir au mieux ce dieu qu’il aimait, à qui il rendait tout. Une dizaine de squelettes sévissaient dans les ombres, alors qu’il priait silencieusement, profitant des cris, des bruits de combat. Oh les squelettes n’étaient pas très forts, aucun danger réel pour qui savait se battre, et voudrait prouver sa force et sa combativité au dieu de la guerre. Mais ils mettaient quand même un désordre suffisant pour y croire, et faire périr les plus faibles. N’était-ce pas la dure loi de cette cité ? Celle du plus fort, du plus malin ou du plus combattif ? Gurth avait imposé sa règle…

De nombreuses heures plus tard, alors que le calme était retombé depuis longtemps, la brume s’éparpilla, et laissa place au spectacle macabre dont il était à l’origine. Les os de ses morts et quelques cadavres frais gisaient là dans leur sang, sur les bancs et dans les alcôves. Plus qu’il ne l’avait pensé initialement. Ses squelettes s’étaient-ils montrés plus forts que prévu, ou les adeptes du lieu n’étaient-ils que d’inutiles malandrins, plus faibles que des vers ? Le temple, en tout cas, était presque désert. Il ne savait pas quelle heure il pouvait être. Lorsqu’il priait, il pouvait se passer… beaucoup de temps, sans qu’il ne s’en rende compte.

Sa réponse, il la vit en face de lui, en la personne du prêtre de Thimoros, agenouillé de l’autre côté de l’autel divin. L’orque sembla percevoir qu’il avait fini de prier, puisqu’il ouvrit les yeux quasiment en même temps que Gurth. Le blanc laiteux croisa le rouge sang. Et une fois de plus, ils restèrent là à se jauger en silence. Cette fois, ce fut le garzok qui interrompit le silence.

« Qui es-tu étranger, toi qui sacrifia des fidèles de ton dieu en son propre temple ? »

La voix du serviteur divin grognait comme celle d’un prédateur robuste et puissant. Celle de Gurth, moins gutturale, mais plus grave, répondit d’un ton désincarné.

« Gurth Von Lasch, serviteur des Jumeaux Sombres. C’est là ma première visite en ce Temple, dont vous êtes le gardien. »

Il ne voyait pas de tort à proprement parlé dans les actes que ses squelettes avaient commis à sa place. Le garzok ne semblait pas le voir de cet œil, comme il l’indiqua dans sa réponse.

« Romthaars’t. N’est-il pas lâche de tuer sans combattre ? »

Il voyait ça comme une insulte à Thimoros. Gurth allait devoir répondre avec discernement, s’il ne voulait pas rejoindre le nombre des cadavres qui jonchaient la pièce. Sans se départir de son air sévère, il se releva en même temps que son vis-à-vis. Romthaars’t, donc.

« Je n’ai voulu tuer ni combattre. S’ils sont morts, c’est de leur fait. Le Scorpion les a confiés à son frère Corbeau. C’étaient, je crois, les meilleures conditions pour rendre honneur à sa Ténébreuse Grandeur. »

Il renâcla bruyamment, dégainant sa formidable épée. Elle était tâchée de sang encore humide. Le sang des cadavres de la salle. Sa voix gronda dans le sanctuaire.

« Il n’est de meilleure condition que le combat et le meurtre. Et ceux-là, je vous les dois. Sentez-vous chez vous, en cette Sombre Demeure. »

Finalement, ils se comprenaient, ces deux géants impressionnants. Gurth inclina légèrement la tête, avant de voir partir le prêtre garzok dans une arrière salle. Silencieux, il se recueillit encore quelques minutes en pensant aux morts qui pleuvraient encore, le lendemain ou le surlendemain, lorsqu’il aurait eu le rapport du vieux matelot de Von Klaash, avant de quitter l’endroit. Il avait fait son devoir, ici. Dehors, le soir était tombé. Mais quel soir ? Le sol était désormais sec, et les étoiles se voyaient, de temps à autre, perçant le couvert nuageux pour laissant l’œil de la nuit se mirer sur Omyre. Il espérait ne pas être en retard aux Thermes… Il marcha en direction du marché, qui à cette heure était bien calme. Et de là, il put retrouver non sans difficulté son chemin vers le quartier général de la Caste. Le désavantage d’une ville chaotique était que l’on pouvait aisément s’y perdre, si on n’en connaissait pas parfaitement les principaux points clés.

Le Temple du mal et ses fidèles s'étaient ouvert à lui,
Sur les dalles du premier le sang des seconds avait lui.

_________________
Gurth Von Lasch - l'Ogre de Tulorim

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.
(Baudelaire - Le mort joyeux)


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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 1 Fév 2017 22:41 
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Kurgoth entrouvrit la porte de quelques centimètres avant que celle-ci, comme animée, ne poursuive sa course sans qu'il ne la touche. L'intérieur du bâtiment était sombre comme une nuit sans lune malgré le soleil levé à l'extérieur, si bien qu'il fallu un instant au garzok pour s'habituer à la luminosité quasi inexistante. Malgré sa vision nocturne, il ne pouvait percevoir que les formes dans cet édifice, remarquant notamment le serviteur qui lui avait ouvert la porte tandis qu'il la refermait dans son dos.

Ses yeux s'habituaient progressivement à cette obscurité presque surnaturelle alors qu'il s'avançait dans la nef d'un pas lent. Nul doute que cet édifice n'était pas l'oeuvre des garzoks, mais ceux-ci avaient entièrement "aménagé" l'intérieur, les bas reliefs des murs et des colonnes avaient été remplacés par des scorpions et des armes gravés comme l'on grave l'écorce d'un arbre au couteau. Des bannières de guerre étaient étendues sur les murs et plafonds, les plus sombres positionnées devant les ouvertures pour empêcher la lumière de pénétrer le lieu sacré. L'intérieur était totalement saccagé, si bien qu'il semblait impossible de dire à qui les bâtisseurs avaient dédié leur construction... à l'exception de l'autel. Ce dernier, taillé dans un énorme bloc de pierre d'Onyx, donnait l'impression d'avoir été ajouté lors de la reconversion des lieux et de posséder quelques mystiques propriétés.

Une ombre immense venait à la rencontre de Kurgoth tandis qu'il s'approchait de l'autel. S'immobilisant devant lui, l'ombre était un garzok à la peau noire dépassant d'une tête notre guerrier et recouvert de plaques de métal sombre semblable à l'Olath. Lâchant son arme, le visiteur se laissa tomber sur les genoux en signe de soumission alors que le maître des lieux posait sa lourde main sur le pommeau de son arme. Dévoilant les marques sur son torse, le jeune garzok narra son histoire au religieux.

"Kurgoth vient en ce lieu sacré pour expier ses fautes. Son clan l'a trahi durant la nuit sacré de Ghwar. Son mentor lui avait promis qu'il subirait l'Ignesia pour le sacrifier dans sa propre Haténesia."

"Mais Kurgoth se tient devant Romthaars’t... Pourquoi?"

Le pénitent se figea un instant, le grand prêtre avait deviné le blasphème. Sa voix n'était pas seulement grave, elle était glaciale, gutturale et raisonnait dans les voûtes du bâtiment. Il n'osait le regarder ou même lever les yeux vers son arme, il était pétrifié par la peur de rencontrer Phaïtos.

"Kurgoth accepte de dédier sa vie au tout puissant Thimoros. Mais son mentor ne la méritait pas car il vénérait également Meno. Le blasphème de cette nuit hante Kurgoth qui vient se racheter. Kurgoth était prêt pour l'Ignesia, il est donc prêt à payer le prix que Thimoros vous demandera de prélever."

"Tu en as du culot pour venir confesser un blasphème devant moi... N'as tu jamais entendu parler de Romthaars’t?... Reviens au crépuscule si tu es sincère et tu auras une chance de survivre, sinon je te ferai traquer. Tu passeras ton Ignesia cette nuit, suite à cela tu serviras ce temple aussi longtemps que je te l'ordonnerai et tu subiras ma loi. Ne crois pas que je me montre généreux, tu as un blasphème à expier, j'en attendrai donc plus de toi ce soir que de n'importe quel autre et si tu me supplie trop vite... Tu seras sacrifié et mourra sans jamais revoir le soleil."

Le géant noir se fondit dans les ombres, laissant le pénitent seul, à genoux, au milieu de la grande salle. Après quelques minutes, celui-ci se releva lentement, l'esclavage l'attendait à nouveau. Kurgoth ne semblait avoir échangé son mentor tyrannique que contre un nouveau maître plus cruel encore. Essayant d'accepter son sort, il se dirigea vers la porte qu'un fanatique lui ouvrait, recroquevillé dans les ombres.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 8 Fév 2017 01:09 
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((( [:attention:] [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture. [:attention:] [:attention:] )))


Kurgoth venait d'habituer ses yeux à l'obscurité ambiante qu'il entendit le verrou de la porte s'enclencher dans son dos. Il était à présent littéralement enfermé dans les ombres alors que Romthaars’t s'approchait de lui avec un sourire malsain.

"Tu es revenu c'est parfait je t'attendais... nous t'attendions tous."

Tandis qu'il suivait le grand prêtre jusqu'à l'autel, il remarqua les silhouettes encapuchonnées se détacher du décor et les entourer.

"Tu m'avais confessé que tu avais commis ton blasphème la nuit Ghwar c'est bien ça? J'ai donc décidé, dans ma grande bienveillance comme tu le sentiras, de sortir rien que pour toi tous ces petits plaisirs que je me garde habituellement pour cette célébration annuelle."

Tout en prononçant ces mots inquiétants, il désignait une table installée près de l'autel sur laquelle des fioles et bouteilles de différentes tailles étaient regroupées. Arrivé devant l'autel sur lequel du charbon semblait être étalé, il remarqua que la seule source de lumière de la pièce était un brasero qui semblait également chauffer au rouge divers outils de métal. Suivant les ordres du prêtre en armure sombre, il confia ses habits et son équipement aux fanatiques qui l'entouraient avant de s'allonger sur l'autel pendant que d'autres serviteur de Thimoros attachaient ses mains et ses pieds à des treuils placés de part et d'autre de l'autel.

La torture n'avait pas encore commencée mais, alors que les religieux commençaient à psalmodier, Kurgoth préférait déjà le pilori de son mentor. Il avait ici affaire à un maître de la douleur qui utiliserait tous ses artifices les plus vicieux et le guerrier ne savait s'il devait plus craindre la mort ou la folie que de telles souffrances pourraient engendrer. Un claquement de doigts le sorti de ses pensées et le ramena à la réalité. Romthaars’t s'approchait de lui avec une torche qu'on lui avait sorti du brasero.

"Ton mentor vénérait Meno n'est-ce pas? C'est donc le feu qui te puniras en premier puisque tu ne l'as pas dénoncé au prêtre de ton groupe! Mais d'abord goûte moi ça!"

L'un des serviteurs lui fit boire une fiole de liquide mauve au goût léger, sucré et enivrant. Le guerrier qui était tout d'abord confiant, du moins autant que l'on puisse l'être dans une telle situation, savait que le charbon mettrait du temps à chauffer, particulièrement s'il devait l'embraser avec une seule torche. Mais lorsque cette dernière commença à s'approcher du combustible et que ses sens s'affinaient anormalement, il senti que ce dernier était humide, et ses sueurs froides n'étaient pas les seules responsables du phénomène. La réponse à cette interrogation le saisit aussi brusquement que les flammes, l'alcool. Le charbon ainsi imbibé s'embrasa un instant. S'il n'avait pas été attaché solidement, la douleur aurait projeté le pénitent au sol. Malheureusement pour lui, les liens étaient solides et il ne put que se contorsionner et rouler en tous sens pour diminuer au maximum la surface peau en contact direct avec le brasier à chaque instant. Cette activité frénétique et les flammes consumant ses bandages ré-ouvrirent rapidement les blessures de ses voyages qui n'avaient pas fini de cicatriser. Hurlant tel un forcené, le garzok apercevait, lorsque son visage n'était pas dans les flammes, la crinière dont il était si fier danser autour de lui dans un tourbillon de feu.

"Tirez! Je ne veux pas le voir carbonisé avant qu'il ne me supplie!"

Kurgoth fut brusquement élevé au dessus des flammes alors qu'une intense traction sur les articulations lui coupa le souffle. Parvenant à récupérer partiellement ce dernier malgré l'étirement douloureux de sa cage thoracique, il réalisa l'utilité des treuils, confirmée par ce que lui grand prêtre lui avoua.

"Tu préférerais sans doute être attaché à une broche? Navré, nous n'avons ici que de quoi t'écarteler... à moins que tu ne préfères les flammes..."

Les cordes se détendirent soudain, ramenant la victime dans le cœur du brasier sous les rires sadiques de l'assemblée. Après quelques minutes de plus à le voir ainsi se débattre il fut à nouveau tracté dans les airs. Alors que les serviteurs ramassaient le charbon éparpillé par ses mouvements afin de recommencer ce sinistre manège, l'air chaud qui arrivait dans les poumons du guerrier restait suffocant. Tandis que ce dernier tournait la tête en tous sens pour trouver un air plus frais, il s'immobilisa, fixant le grand prêtre qui tenait à bout de bras au dessus de sa tête du chaîne incandescente.

Le coup ne se fit pas attendre et les maillons chauffés au rouge finirent de brûler la peau brune de Kurgoth avant d'arracher celle qui s'étaient collée à leur contact. Chaque passage de la chaîne sur son corps était accompagné d'un effroyable hurlement, la chaleur intense n'était elle pourtant pas sensée avoir brûlé ses récepteurs sensoriels? Lorsqu'il jugea les plaies suffisamment nombreuses, le tortionnaire jeta son arme dans le brasero et s'approcha de sa victime, une bouteille à la main. Le guerrier, qui sentait son sang couler sur chaque parcelle de sa peau encore intacte, s'attendait à voir cette bouteille de poison enfoncée de force dans sa bouche. Mais Romthaars’t préféra boire lui même le liquide, bien que ce dernier lui le fit violemment grimacer.

"C'est un peu fort mais vu que tu es déjà couvert de sang, tu ne devrais pas d'inconvénient à ce que je mélange celui-ci au tien."

Le prêtre versa alors la mixture sur les blessures béantes de sa victime. Le sang de Thimoros se mélangea à celui du garzok et le goût arracheur de gorge qu'il avait enduré plus tôt dans la journée n'était rien comparé aux souffrances que l'alcool produisait sur les chairs sanguinolentes. Tandis que Kurgoth se débattait inutilement, hurlant à s'en arracher les bronches, le sang de Thimoros coulait d'une plaie à l'autre au rythme de ses gestes frénétiques. Après avoir reposé la bouteille à moitié vide près des autres, le religieux consenti à refermer les blessures du torturé en le lâchant à nouveau dans les flammes pour opérer une cautérisation, ce qui fit hurler le prisonnier de plus belle.

Lorsque le guerrier fut à nouveau hissé hors des flammes, il vit, malgré sa vision troublée par la chaleur et l'immense quantité d'adrénaline libérée par de telles souffrances, son tortionnaire arriver avec deux fioles. Il reconnu le liquide mauve qu'on lui avait fait boire avant de commencer dans l'une d'elles et le bu de bon cœur, tant son goût était agréable. L'explication que Romthaars’t lui fournit, le sourire aux lèvres, l'était nettement moins.

"Oh tu aimes? Il s'agit de décoction de la mère Folsom, il s'agit d'une drogue décuplant les sensations, et par extension les douleurs, physiques ressenties. Comme tous les autres tu t'es laissé avoir par son goût alors que grâce à ce liquide je peux de faire souffrir mille morts sans avoir à infliger de blessures handicapantes à vie, seuls les idiots rendent leurs serviteurs inutiles avant d'en profiter..."

Il s'arrêta un instant, réalisant qu'il ne faisait rien pour faire souffrir sa victime puis décocha un lourd coup de poing dans le ventre de Kurgoth pour illustrer l'effet de la substance avant de poursuivre. Ce coup aurait suffit à plier le guerrier en deux en temps normal, mais la drogue le lui fit ressentir comme un gigantesque coup de masse, le faisait presque vomir.

"Il est habituellement déconseillé de l'utiliser plus d'une fois par jour sous peine d’hémorragies mais bon, vu ton état, tu en consommeras toute la nuit... J'ai préparé bien d'autres poisons pour toi, mais pendant que tu semble encore à peu près conscient tu va tester celui là!"

Attrapant un poignard, il rouvrit le scorpion de Thimoros gravé sur le pectoral droit du guerrier, suivant soigneusement les marques laissées par Olur, puis vida quelques gouttes sur les plaies sanguinolentes. Aucune douleur ne s'approchait de celle-ci, Kurgoth ne pouvait ni hurler, ni pleurer, ni même se débattre. La souffrance était telle qu'elle le paralysait, s'il avait pu s'arracher le muscle à mains nues il l'aurait certainement fait à cet instant. Admirant ce jouissant spectacle et se délectant de la terreur et de l’indescriptible douleur dans les yeux de sa victime, Romthaars’t savoura chacune de ses paroles.

"Il s'agit d'un poison extrêmement rare appelé Orcryte, tu n'es normalement pas sensé survivre mais si tu respires encore au petit jour, tu auras passé avec succès ton Ignesia. Autre petit détail amusant, enfin si je puis dire, non seulement ce poison est presque incurable, mais si tu survis, la douleur ne s'en ira jamais. Certes avec le temps elle pourra se faire supportable, jusqu'à ce que qu'elle décide de revenir avec l'intensité que tu ressens actuellement sans raison apparente ou si tu force trop sur ce muscle."

Les religieux de Thimoros poursuivirent leur cruel rituel toute la nuit durant, gardant Kurgoth sous l'effet de la décoction mauve et alternant bains de flammes, coups de chaînes chauffées au rouges arrachant la peau, et arrosage abondant des blessures au sang de Thimoros avec quelques moments de repos afin de ne pas le tuer sous leur coups, le poison s'en chargerait si telle était la volonté du dieu de la guerre. Au matin, leur victime n'était plus qu'un corps inerte, inanimé mais vivant, plongé dans le coma.

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Dernière édition par TheGentleMad le Mar 14 Fév 2017 23:42, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 14 Fév 2017 23:31 
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Après plusieurs jours de coma, Kurgoth se réveilla brusquement en se tordant de douleur sur une paillasse dès l'instant où il repris conscience. L'orcryte torturait encore son pectoral droit, mais ce n'était pas tout. En se dégageant de la bure avec laquelle on l'avait habillé, il se rendit compte qu'on lui avait aussi enfilé un vêtement de tissu rugueux des plus inconfortables. Alors qu'il luttait contre la douleur de sa poitrine pour ôter l'outil de mortification qu'il portait, Romthaars’t fit irruption dans la petite pièce où le nouveau fanatique avait été installé.

"Pensais-tu réellement que la vie serait plus douce après l'Ignesia? Tu commences tout juste à vouer ta vie au grand Thimoros, laisse le donc se délecter de tes souffrances... A moins que tu ne veuilles déjà connaître la sentence réservée aux traîtres?"

A ces mots, le guerrier, recroquevillé au sol de douleur, cessa de se débattre contre sa tunique de torture alors que d'autres fanatiques du temple venaient l'aider à remettre sa bure sous le regard sévère du grand prêtre. Après tout ce qu'il avait enduré, il n'était pas assez stupide pour se laisser tuer maintenant pour un simple bout de tissu. Il fut accordé au garzok empoisonné une semaine pour apprendre à tolérer sa douleur, sept jours durant lesquels il devait également se familiariser avec les règles du temple car passé ce délai chaque écart serait puni sans tenir compte de sa condition particulière. Ceux-ci ne furent d'ailleurs pas de trop, et il passa la semaine assis dans un coin du temple à regarder les autres travailler tandis qu'il se tordait de douleur, le visage grimaçant, et gardant toujours une main crispée serrant sa bure au niveau de la poitrine.

Kurgoth s'habitua à sa nouvelle vie plus vite qu'il ne l'aurait cru, exception faite de la douleur qu'il mit des mois à supporter pendant un effort, mais les trois repas quotidiens aidaient grandement. Ces derniers, bien que composés de bouillie de vermine absolument infecte, étaient un luxe qu'il n'avait connu ni avec son mentor qui l'aurait laissé mourir de faim devant ses yeux, ni durant sa brève période de liberté qui consistait, il s'en rendait compte à présent, en une fuite dans le froid, la peur et la faim. Par ailleurs, les travaux exigés par les prêtres restaient plus supportables que ceux demandés par Olur. Le garzok en profita donc pour faire du zèle et laisser les punitions frôlant la torture à ses malheureux camarades fanatiques. Un autre point positif de son service au temple était les combats, Thimoros étant dieu de la guerre, il était capital pour Romthaars’t que ceux qui vivant dans le lieu qui lui était dédié maîtrisent l'art du combat, préférablement magique grâce aux fluides d'ombres principalement associés aux dieux de la souffrance et de la mort.

Bien qu'il ne maîtrisait aucun fluide, le guerrier n'en était pas moins redoutables dans ces entraînements, les sorts d'ombre étant pour la grande majorité des plus difficiles à esquiver, lorsque cela était seulement possible, leurs lanceurs n'utilisaient pas un grand espace pour s'affronter. Cet espace réduit que chaque groupe de duellistes utilisait, afin de ne pas perturber le fonctionnement du temple pour les fidèles, avantageait grandement Kurgoth qui commençait presque au corps-à-corps de ses adversaires. Ces derniers n'avaient pas le temps de finir leurs incantations que le garzok avait déjà, malgré la douleur lancinante à chaque contraction de son muscle pectoral, parcouru les quelques mètres les séparant et leur assénait de violents coups de kitranches. En deux semaines, le guerrier avait déjà grièvement blessé une dizaine d'adversaires et le grand prêtre vint lui parler.

"Tu as sans doute remarqué que durant ton Ignesia, je ne t'ai privé de l'utilisation d'aucun de tes membres, que ce soit en te démembrant ou en tranchant les nerfs, de même, vous êtes tous correctement nourris... Je considère en effet que les servants du dieu de la guerre doivent s'efforcer d'être toujours au maximum de leurs capacités pour combattre. Mais lors des derniers entraînements..."

"Romthaars’t, je suis vos ordres à la lettre depuis le premier jour, l'affrontement ne doit s'arrêter que lorsqu'un des opposants demande pitié ou est mis hors de combat. Comment puis-je m'entraîner à tuer si je dois faire attention à ne pas "trop" blesser mon adversaire?"

Le garzok à la peau noire grimaça, il n'appréciait guère être interrompu mais son interlocuteur amena la discussion au vif du sujet pour lui. Ainsi décida-t-il de passer l'éponge pour cette fois et lui annoncer directement sa décision. Il sortit un bâton de deux mètres de derrière son dos et le tendit au guerrier.

"Tu apprendras à te battre avec ceci. Ayant moi-même l'expérience des champs de bataille, je t'assure qu'un bon guerrier est avant tout capable de se défendre quelque soit l'arme utilisée. Tu verras qu'avec un tel outil, il faudra totalement changer ta manière de te battre, et lorsque que tu arriveras à maîtriser cette arme, tu devrais pouvoir utiliser tes kitranches pour mettre hors de combat tes ennemis sans avoir à les découper ni freiner tes coups."

Le guerrier pris le bâton en adressant un regard incrédule à son supérieur hiérarchique puis lui confia ses armes en l'assurant de son obéissance avant de s'incliner respectueusement et de retourner à sa tâche.

Durant les semaines qui suivirent les résultats de Kurgoth dans ses entraînements étaient... minables. Son arme ne cessait en effet de se briser leur le corps de ses adversaires après leur avoir seulement infligé quelques bleus, suite à quoi il devait déclarer forfait avant que leurs sortilèges ne le mette au tapis. Contrairement à une arme contondante plus classique comme un marteau ou un gourdin, celle qui l'utilisait était plus fragile que les os et ne pouvait donc pas les briser lorsqu'il les frappait. Bien qu'elle en ait la forme, elle n'était pas non plus utilisable comme une lance, il n'y avait pas de lame pour trancher ou empaler au bout du manche et sa force la brisait souvent lorsqu'il tentait de l'enfoncer dans le ventre de ses opposants. Au fil du temps, et par de nombreuses défaites, le guerrier, qui suivait chaque sacrifice effectué dans le temple avec un grand intérêt, porté particulièrement sur l'anatomie des corps, parvint à identifier les seuls points sensibles qu'il pourrait utiliser en combat. Ils étaient selon lui au nombre de deux, considérant la fragilité de son arme.

Le premier était les parties génitales de son opposant. Un coup à cet endroit suffisait en effet à mettre à terre n'importe qui cependant, même si un adversaire lambda aurait abandonné à cause de la douleur, il affrontait des disciples de Thimoros qui avaient tous enduré de bien pires souffrances lors de leur Ignesia et étaient donc capables de se relever et continuer à se battre. Cette cible était très efficace pour mettre à terre un adversaire et gagner du temps mais était bien incapable de mettre hors de combat son opposant contrairement au second point faible. Ce second point faible était la tête. Bien que le crâne était un os solide, il n'était nul besoin de le briser pour assommer quelqu'un et malgré la fragilité de son bâton, ce dernier suffisait parfois, lors d'un coup bien placé, pour terminer le combat.

C'est ainsi que Kurgoth dédia ses entraînements suivants à la découverte des zones du crâne permettant d’assommer un adversaire le plus aisément possible. Cette fois il conclut à trois solutions d’efficacité équivalente pas mais de facilité d'accès variable. La première zone était l'arrière du crâne, cela demandait cependant de se trouver dans le dos de l'ennemi ce qui, en duel, était particulièrement difficile à réaliser, a fortiori pour lui qui était plus brutal qu'agile. La seconde était la mâchoire, un coup porté par le bas à la manière d'un uppercut se révélait dévastateur... encore fallait il passer sous le menton de la victime qui levait rarement la tête pour admirer les plafonds lors d'un affrontement. La dernière, qu'il jugeait la plus intéressante de par son efficacité et son accès, était la tempe. Concentrant donc ses efforts sur ce point, le guerrier voyait enfin les victoires revenir de son coté après tous ces mois d'expérimentations diverses le conduisant la plupart du temps à une défaite face à un adversaire, qui lui, n'expérimentait pas mais utilisait une méthode connue.

Il parvenait si bien à assommer ses ennemis, utilisant l'allonge de son arme pour atteindre plus rapidement sa cible, que Romthaars’t lui rendit ses kitranches. Pour autant, il ne se remit pas à découper les autres fanatiques. Le défi de les assommer avec une si courte portée, impliquant de plus se rapprocher et donc de leur laisser plus de temps pour lancer un premier sortilège, était des plus séduisants. Il lui fallu cependant un certain laps de temps pour être efficace sur les deux allonges différentes, car bien sûr, il utilisait toujours le bâton dans certains combats pour savoir utiliser sa technique en toutes circonstances, ce qu'il finit par faire alors que les autres fanatiques lui donnaient le flatteur surnom d'"assommeur du temple".

Un matin, alors Kurgoth allait s’atteler à ses tâches quotidiennes après un frugal repas de bouillie de vermine, Romthaars’t le pris à part. Le fixant de ses yeux rouges, le garzok à la peau noire déclara:

"Ghwar approche à grand pas... dans un mois à peine nous devrons tous faire un sacrifice à Thimoros. Et comme tu ne trouveras rien à sacrifier en restant ici, j'ai une proposition à te faire. Nous savons tous les deux très bien que tu n'es venu ici que pour expier ton offense et que tu n'attends que de pouvoir partir réclamer ta vengeance. Sachant qu'à ta place la plupart des gens auraient caché leur faute autant que possible, et considérant le zèle que tu as toujours mis dans ton travail ici, qu'importe que ce dernier soit dû à la foi ou la peur, j'accepte de te laisser partir, à une seule et unique condition."

Les yeux du guerrier s'illuminèrent brusquement, il attendait cela depuis si longtemps et trépignait maintenant sur place. Maintenant que l'opportunité se présentait à lui, il devint plus impatient que jamais et avait, en son for intérieur, déjà accepté la proposition avant même de la connaître entièrement.

"Comme tu le sais, seuls les prêtres sont autorisés à quitter les temples pour mener une vie itinérante, si tu veux partir il te faudra donc passer la Haténesia. Certains s'insurgeront sûrement de voir un prêtre de Thimoros incapable de manier les fluides d'ombre mais aucun n'osera contester ma décision. Ils préféreront te faire la peau et me ramener fièrement ta tête, soit donc prêt à leur rappeler que vénérer le dieu de la guerre passe aussi par une certaine maîtrise martiale."

Les poings de Kurgoth se resserrèrent, qu'importe qui viendrait l'affronter, il s'était juré de vendre chèrement sa peau contre les meilleurs adversaires de ce monde. Et si quelques religieux hautains se sentaient insultés par son existence, il serait ravi de leur rappeler ce qu'il a appris ces derniers mois, la foi passe aussi par la soumission inconditionnelle aux décisions de leur dieu et du grand prêtre qui le représente.

"Pour rappel, la haténesia consiste à offrir au dieu de la souffrance le sacrifice le plus ignoble qui soit. Si toutefois je ne suis pas satisfait de ton offrande, tu resteras dans ce temple en tant que serviteur au moins un an de plus. Tu as donc trente jours, et pas un de plus, pour ramener la meilleure victime que tu trouveras. Bonne chasse, et ne t'avises pas de filer."

La lourde main noire s'était posée sur son épaule pour ponctuer cette dernière phrase. Mais la pression exercée par cette dernière fit comprendre au fanatique que ce geste ne faisait pas partie de l'encouragement commençant la dernière phrase de son interlocuteur, il accentuait la menace concluant la discussion. Le message était clair, s'il tentait de disparaître, le grand prêtre le lui ferait payer lui-même. Il ne restait à présent plus à Kurgoth que trouver une victime qui plairait à Thimoros suffisamment près d'Omyre pour être de retour dans le temps qui lui était imparti. Ne perdant plus une seconde de ce temps qui était, dès lors, devenu ce qu'il avait de plus précieux, le garzok rassembla ses maigres affaires, laissant derrière lui son cilice, avant de se diriger d'un pas rapide et décidé vers les sombres portes du temple.

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 Sujet du message: Re: Le Temple de Thimoros
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La lourde porte s'ouvrit lentement et une silhouette massive s'approcha du fanatique qui entrait dans le temple.

"Je ne t'attendais plus... Mais je vois que ta chasse fut fructueuse... deux sacrifices, c'est plus que je n'en espérais."

Romthaars’t se tenait devant le fanatique, toujours aussi imposant, aussi sombre. Inclinant la tête en signe de respect pour son supérieur, Kurgoth répondit:

"Je n'ai qu'un sacrifice Romthaars’t, le minotaure paye sa dette au tavernier en transportant pour moi ce tonneau que je compte utiliser durant la cérémonie."

"Alors qu'il le dépose auprès de l'autel et disparaisse, la grande cérémonie de Ghwar, et ton haténesia, vont commencer."

Alors que les deux garzoks rejoignaient l'autel, le bovin se précipita pour déposer le tonneau, renversant de la boisson ça et là, avant de sortir du lieu sacré à toutes jambes. Cela fit sourire Kurgoth, il était si familier avec cet environnement, ces ombres terrifiant pourtant jusqu'au plus brave guerrier n'étaient pour lui, qui n'était ni magicien ni ne sentait plus sanguinaire qu'un autre, qu'un lieu de repos. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, puisqu'il n'avait vécu son périple que pour pouvoir sortir d'ici, revenir en ces lieux le rassurait.

"Tu effectueras ton sacrifice sur l'autel central, montres-toi à la hauteur du privilège que je t'accordes."

Le fanatique ne sut comment prendre ces paroles, il ne s'attendait pas à un tel honneur. Cela ne l'empêcha pas de se préparer. Il attacha fermement sa victime, les membres écartés, à la table de pierre avec sa corde et promena son regard aux alentours. A côté de lui se tenait le tonneau qu'il avait fait livrer et déjà les autres fanatiques venaient inspecter le contenu, lui proposant de partager avec lui leurs outils s'il partageait avec eux la boisson alcoolisée. Que quiconque pensant que la générosité est incompatible avec le culte de Thimoros révise son jugement, nul n'est plus généreux en ce monde qu'un serviteur du dieu de la guerre répandant la souffrance. Le guerrier accepta en toute logique car ses outils aussi divers que les métiers dont ils sont issus - il y avait là une pince de forgeron, ici un marteau de charpentier, par ici un crochet de boucher et bien d'autres artefacts semant d’horrifiques graines dans l'imagination du garzok - seraient tous autant d'atouts dans la main du guerrier.

A chaque bourreau sa victime. Si tous ces serviteurs du dieu sombre venait à lui, Kurgoth tourna plutôt son attention vers les corps répartis ça et là, certains attachés à des piloris, d'autres des croix de saint-andré, d'autres encore à des roues, dressées ou couchées, et d'autres enfin à des tables plates ou inclinées. Parmi ces corps, se trouvaient des humanoïdes - humains, sektegs et divers elfes - probablement achetés comme esclaves ainsi que des animaux. La plupart était bâillonnés mais continuaient à emmètre des gémissements étouffés, les autres semblaient assomés pour le moment.

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 22 Nov 2017 16:40 
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((( [:attention:] [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture. [:attention:] [:attention:] )))


Lorsque les derniers rayons du soleil disparurent des interstices de la grande porte, Romthaars’t rendit ses sens à sa victime et s'allongea sur le ventre. Tous, Kurgoth compris l’imitèrent religieusement et chacun, allongé sur le sol et les bras tendus en signe de soumission au dieu de la guerre, murmuraient une prière à Thimoros tandis que les supplications inutiles des sacrifices résonnaient dans le temple du dieu sombre. Les servants du dieu de la guerre se relevèrent un à un et s'attelèrent à leur tâche sacrée. Malgré les hurlements de souffrance, le bruit des os se brisant et le son des chairs se déchirant qui émanait de la grande salle, il n'existait plus alors pour Kurgoth que lui, la jeune acolyte de Gaïa et les outils à sa disposition.

D'un geste, le fanatique arracha les vêtements blanc de l'acolyte et les plongea dans le tonneau d'alcool, il s'en servirait plus tard. En ramenant son attention sur la jeune femme, le guerrier vit celle-ci se débattre dans ce qui semblait un futile élan de pudeur pour cacher certaines parties de son corps à la vue de personnes n'en ayant, de toute façon, que faire. Ce faisant, elle ne parvint qu'à resserrer les nœuds coulants qui la retenaient autours de ses chevilles et poignets. Kurgoth récupéra un morceau de braise incandescent dans un brasero proche et, après avoir coupé la langue de sa victime, plongea le morceau de braise dans la bouche de cette dernière pour cautériser la plaie. La jeune femme eu beau tenter de mordre la main du garzok, la force du bourreau maintenait sa mâchoire ouverte. Lorsqu'il retira ses gros doigts bruns et la braise de la bouche de la jeune fille, celle-ci était condamnée. Elle était condamné à mourir, et cela depuis longtemps maintenant, mais aussi condamnée à subir tout ce qu'il serait capable de lui infliger puisqu'à présent sa langue coupée, elle ne pouvait plus se suicider pour échapper à la torture.

Le fanatique, usant d'une cruauté que n'aurait pas renié son dieu, s'appliqua à rendre aussi douloureux que possible chaque réflexe inné de sa victime face à la douleur. Bien que pour lui cela fasse toujours partie de la préparation au rituel, le sacrifice ne pouvait plus à présent serrer ni les poings, ni la mâchoire sans s'infliger elle-même une insoutenable douleur. Elle ne pouvait même plus se mordre les lèvres mais sa "préparation" comportait une dernière étape. Il déchira une partie du tissu trempant dans le tonneau d'alcool puis, après l'avoir enflammé dans un brasero, l'utilisa pour éliminer toute capillarité à la surface de la peau de la jeune femme, sa magnifique chevelure blonde comprise.

La véritable torture pouvait commencer, et le garzok pris son temps. Méticuleux il se mit à graver au poignard divers glyphes, symboles et prières pour son dieu sur la peau de sa victime jusqu'à en recouvrir ainsi son corps tout entier. Afin d'éviter une hémorragie trop importante, il essuyait régulièrement le corps avec un morceau de tissu imbibé de sang de Thimoros, ce qui ne manquait pas d'infliger une souffrance supplémentaire. Mais puisque la torture physique n'était pas, selon lui, suffisante pour l'importance de cette cérémonie, il ne cessait de murmurer ces questions à l'acolyte:

"Pourquoi ne te soignes-tu pas? Je sais que tu en as les pouvoirs et tu le sais aussi, non? Tu ne mourras pas plus vite en refusant de te soigner, n'as-tu pas vu comme je suis méthodique? Crois-tu vraiment que le fait de ne pas te soigner changerait quelque chose? Cela n'aura plus d'importance quand tu auras perdu la raison, non? Pourquoi ta déesse aimante te laisse-t-elle subit cela? Pourquoi n'est-elle pas encore venu te délivrer? Est-elle seulement capable de rivaliser avec Thimoros? Ou bien, tout comme toi qui craint - car je le lis dans tes yeux - ce que je te prépare, ta déesse craint-elle de subir ce à quoi s'exposent ceux qui osent contrarier le dieu de la guerre?"

Kurgoth maintint en vie la jeune femme en la torturant pendant plus d'une semaine. Il la nourrissait en partageant avec elle sa portion de bouille de vermine ou avec des morceaux de chair d'autres sacrifice qu'il prémâchait pour elle. Il s'assurait qu'elle avale la nourriture nécessaire à sa survie en obstruant de ses larges mains ses voies respiratoires. S'il savait possible de provoquer son suicide en se coupant la langue, il savait également que l’asphyxie et la noyade étaient des morts si douloureuses que l'instinct de survie finirait toujours pas engendrer le phénomène de déglutition. Lorsque la servante de Gaïa finit par rejoindre Phaïtos, son corps était méconnaissable, tuméfié, scarifié, brûlé, disloqué, éventré. Le fanatique avait en effet sorti les entrailles de sa victime pendant qu'elle était assez consciente et elles recouvraient à présent ce cadavre aux os brisés et jointures déboîtées. L'acolyte s'éteignit en même temps que le fanatique. Elle avait rejoint Phaïtos en enfer tandis qu'il était devenu prêtre de son jumeau divin.

((( [:attention:] [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture. [:attention:] [:attention:] )))


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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 27 Nov 2017 15:16 
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Lorsque Kurgoth ouvrit les yeux, il était allongé sur une paillasse dans ce qu'il reconnut rapidement comme les dortoirs du temple. A côté de lui se trouvait son équipement qui semblait complet à un détail près: sa bure noire déchirée en plusieurs endroits avait été remplacée par une robe à grand capuchon, noire elle aussi, mais dont la bordure inférieure et la ceinture étaient colorées d'une teinte rouge sang. Il se rappela alors s'être effondré de fatigue après que son sacrifice ait rejoint Phaïtos. Le barbare déduisit donc qu'il avait été transporté ici et, à en juger par la robe, était devenu prêtre du dieu de la guerre. L'absence de toute autre forme de cérémonie ne le surprenait guère. Il savait que Romthaars’t n’éprouvait que du dédain envers les cérémonies religieuses glorifiant un mortel pour son ascension dans la hiérarchie ou son arrivée au service du temple. Selon lui, ces célébrations étaient, au même titre qu'une parade militaire après une conquête, un moyen de négliger l'impact des choix divins sur le monde en attribuant tous les mérites à un mortel et étaient en contradiction avec les préceptes du culte de Thimoros qui prônent une soumission totale au dieu de la guerre.

Après s'être levé, habillé et équipé, le nouveau prêtre se dirigea dans la salle principale du temple. Il y aperçut, malgré l'obscurité du lieu qui était compensée par sa vision nocturne, les fanatiques du temple finir de se débarrasser des corps mutilés et ranger les outils ensanglantés. Il reconnut Romthaars’t par sa silhouette imposante qui était immobile près de l'autel. Alors qu'il s'approchait, le grand prêtre se tourna vers lui. Comme il le supposait, le maître des lieux surveillait ses élèves.

"Te voici enfin! Inutile de te présenter mes félicitations, je vois que tu as déjà enfilé ta robe. Que comptes-tu faire à présent?"

"Étendre l'influence du dieu de la souffrance là où me mèneront mes pas. Vous le savez Romthaars’t, je ne suis pas fait pour vivre dans un temple. La vie de prêtre itinérant me convient mieux et... j'ai des comptes à régler."

Le garzok à la peau noire esquissa un sourire discret en acquiesçant avant de répondre.

"Si tu dois partir, laisse moi te donner un dernier conseil car il serait dommage que tu meures sitôt devenu prêtre... Avant de rechercher ton mentor, va t'entrainer à l'antre des exclus. C'est le meilleur endroit que je connaisse pour apprendre à utiliser une arme, l'arène des mille lances n'en est qu'une pâle copie tout juste bonne à créer du spectacle pour la ville. Là-bas tu apprendras à survivre ou tu mourras alors soumets toi autant aux instructeurs qu'à moi."

"Merci mille fois pour tous vos conseils Romthaars’t, vous entendrez bientôt parler de mes faits d'armes car Thimoros est mon seul guide."

Le prêtre s'inclina en signe de respect devant son supérieur puis se dirigea vers la sortie. Alors qu'il saluait une dernière fois les quelques servants du temple qui se trouvaient sur son chemin Kurgoth entendit la voix du grand prêtre s'adresser à lui une dernière fois.

"Et trouve toi un équipement digne de ce nom! C'est pas ton gilet à lui seul qui te sauvera!"

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 6 Mar 2018 17:26 
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Kurgoth se retrouva une fois de plus devant le temple du dieu guerrier. Était-ce le meilleur endroit pour en apprendre plus sur l'antre de Balmor? Le barbare n'en savait rien. Il savait cependant qui régnait entre ces murs; le terrible Romthaars’t, grand prêtre de Thimoros, qui fut également celui qui fit du jeune garzok assoiffé de vengeance un prêtre au service du dieu de la souffrance. Impatient de savoir si le prêtre du chaos pouvait le guider dans ses recherches, le barbare poussa la lourde porte du temple et pénétra dans l'édifice plongé dans les ténèbres. Après qu'un acolyte eu refermé la porte derrière lui, le prêtre resta immobile quelques instants pour laisser sa vue s'habituer à la différence de luminosité. Rien n'avait changé ici, le chaos ambiant régnait toujours dans la grande salle entre les quelques fidèles venus prier allongés ou agenouillés sur le sol. Kurgoth s'approcha de l'autel en pierre noire trônant au centre de la pièce, tant de souvenirs les liaient l'un à l'autre. En traversant la salle, il remarqua les serviteurs du temple s'incliner en signe de respect à son passage. S'il avait pendant presque un an fait partie de ses être torturés, condamnés à servir d'esclaves dans ce temple de la douleur, il avait fini par torturer, lui aussi, et infligé suffisament de souffrance pour devenir un prêtre itinérant, libre de ses mouvements. Ses doigts se pausèrent enfin sur l'autel d'onyx, les souvenirs des souffrances intolérables de son Ignesia resurgirent, suivis des cris qu'il arracha lui-même lors de son Hatenésia; tous les grands moments de sa vie spirituelle ont eu lieu ici-même.

"Qui es-tu étranger?"

Kurgoth reconnu immédiatement la voix qui résonna dans son dos - elle était profonde, sévère et menaçante - c'était celle de Romthaars’t. Le prêtre se retourna en rejetant sa capuche dans son dos, ôta son casque et répondit au colosse à la peau noire en le fixant du regard.

"Kurgoth. Tu ne me reconnais pas?"

Le grand prêtre examina le barbare puis répondit de sa voix caverneuse.

"Alors tu t'en es sorti, hein? Mes félicitations, mais on dirait qu'il en a fallu de peu que tu y restes. Pourquoi es-tu revenu ici?"

Le garzok à la peau la plus claire se sentit empli de fierté, il avait réussi là où même celui qui l'avait formé le voyait échouer. Le sourire aux lèvres, il répondit:

"Oui, je ne m'attendais pas à ce que le traitre maîtrise la magie de Meno, mais le grand Thimoros fit de moi son bras armé contre celui qui osa lui tourner le dos. Je reviens ici demander ton aide, grand prêtre. Mon mentor m'avoua, lors de son agonie, avoir passé sa vie à la recherche de l'antre de Balmor, sous pré-texte que sa découverte serait inestimable. Sais-tu ce qui se cache dans cette grotte? Où dois-je la chercher? Quels dangers l'habitent? Et ses trésors sont-il si précieux?"

Romthaars’t éclata d'un rire tonitruant qui résonna dans tout le temple et fit tourner toutes les têtes dans leur direction. C'était la première fois que Kurgoth le voyait ainsi, lui qui restait habituellement si impassible, ne laissant paraître tout au plus qu'un sourire sadique lors d'un sacrifice particulièrement odieux. Après quelques instants durant lesquels tous se demandaient si ce qu'ils voyaient était bien réel, le prêtre du chaos repris son air sévère habituel.

"Oh tu étais sérieux? Dans ce cas laisse-moi t'expliquer. L'Antre de Balmor n'est pas une grotte, ni une caverne, ou même un donjon renfermant un fabuleux trésor. L'antre de Balmor est le trésor que recherchait ton mentor. Il s'agit d'une armure légendaire que les Thorkins d'Imiftil auraient fabriquée et offerte il y a très longtemps au chef des elfes locaux pour sceller une alliance. L'armure fut perdue depuis sa mort, mais on raconte que nulle cuirasse ne protège mieux son porteur que celle-ci."

Ainsi Kurgoth comprit pourquoi son mentor recherchait un tel artefact. "La meilleure cuirasse de l'histoire" voici une promesse des plus alléchantes. S'imaginant déjà retrouver l'armure légendaire, le barbare voulu en savoir plus.

"Romthaars’t, tu dis que l'armure a été perdue, mais certains ont déjà dû la rechercher, tu as peut-être une piste qui puisse m'aider, toi qui semble tant renseigné sur elle?"

"Sois certain d'une chose Kurgoth, si je savais où se trouvait l'antre de Balmor, alors elle serait déjà sur mon torse. Je te dirais bien de la rechercher en Imiftil, mais tout cela a eu lieu il y a si longtemps... une telle pièce pourrait se trouver n'importe..."

Le grand prêtre s'interrompit au milieu de sa phrase et jetait, imité par le barbare, un regard méfiant et inquisiteur au garzok qui s'était approché d'eux.

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Sam 17 Mar 2018 18:07 
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Intervention pour Kurgoth



Le garzok qui s'approchait avait la prestance d'un gradé ; de son armure de première facture à sa démarche, bien trop "propre" pour un vert, en passant par sa carrure impressionnante, bien que n'égalant pas celle de Kurgoth, il suintait l'officier Oaxien par tous les pores. En s'approchant, il adressa un signe de tête empreint de respect au prêtre, qui le lui rendit, reconnaissant en lui un personnage important.

"Tu as une sale tête, garzok," fit-il au défiguré en guise de salutation. "La tête de ceux qui ont connu la violence et la terreur mais en sont revenus. Tu veux l'antre de Balmor ? Il te faut être prêt à mourir pour Oaxaca et son empire, pour ça. Je sais où elle se trouve, mais elle ne sera pas gratuite."

Il fixait Kurgoth d'un regard impérieux, attendant visiblement sa réponse tout en le jaugeant ostensiblement.

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 19 Mar 2018 17:49 
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Ce garzok portant une armure rutilante malgré la pénombre du temple s'approcha des religieux avec une démarche qui sembla tout d'abord curieuse au barbare. Elle ne manquait pas d'agressivité et de lourdeur et accentuait à elle seule la carrure déjà imposante de l'intrus, mais il sembla à Kurgoth qu'elle avait quelque chose d'inhabituel pour un garzok, elle semblait plus mesurée, moins sauvage, plus "propre" que celle de ses congénères. Cette démarche rappela au prêtre celle de Baronk, mais avec cette "propreté" exacerbée bien au-delà de celle qu'il se souvenait avoir vu chez le capitaine. L'échange de signes de la tête respectueux entre cet individu et le grand prêtre fini de convaincre le barbare qu'il ne se trouvait pas devant le premier garzok en armure venu et il commençait à le suspecter d'être un gradé militaire.

Le guerrier à l'armure luisante dans la pénombre salua alors son second interlocuteur en remarquant son visage défiguré, prétendant pouvoir y lire les terreurs et les violences subies par le jeune prêtre. Tandis que ce dernier leva instinctivement la main vers son faciès brulé pour le caresser de ses gros doigts bruns, le garzok à l'allure militaire continua. Il prétendit connaître le lieu où se trouvait la relique recherchée, mais avertit que cette information ne serait pas gratuite et que Kurgoth devait être prêt à donner sa vie pour l'empire de sa reine s'il la désirait. Un rictus amusé apparu alors sur le visage du brûlé pendant que le militaire semblait le jauger d'un regard impérieux.

Se sentant évalué du regard, le barbare joua de sa carrure imposante pour dominer l'inconnu alors que son rictus se transforma en un large sourire dans lequel l'amusement se teinta de menace. Après avoir rendu son regard au militaire, il se racla bruyamment la gorge puis répliqua.

"Pourquoi s'attarder sur ma face alors que ma robe de prêtre en dit tout autant sinon plus des horreurs que j'ai vues, endurées et perpétrées? Ma vie tout entière est dédiée au puissant Thimoros, et donc à sa glorieuse fille Oaxaca, envoyée par son père pour guider notre peuple. Ma foi et ma dévotion envers son père suffisent pour que j’œuvre à l'édification de son empire, soldat. Mais avant de me promettre l'objet que je recherche, saches que si tu me dupes... Alors, comme d'autres avant toi, je te ferai endurer mille morts sur cet autel avant de te laisser rejoindre Phaïtos."

Sous le regard sévère de Romthaars’t, Kurgoth caressait d'un air menaçant l'autel de pierre sombre trônant au centre du temple sans détourner son regard sanguin des yeux de l'officier oaxien.

458mots

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Dernière édition par TheGentleMad le Mar 3 Juil 2018 11:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 28 Mar 2018 01:23 
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Intervention pour Kurgoth



Le garzok balaya les menaces et remarques de Kurgoth d'un revers de main, comme ennuyé, avant de répondre, les ignorant.

"Vas voir les étrangers, à leur campement au Sud de Bouhen," fit-il en sortant une liasse de parchemins de son armure. "Essaye de ne pas te faire repérer par les kendrains, mais si c'est le cas, donne leur cette missive. Elle explique que tu veux venir en aide aux étrangers - ils ont un accord avec Kendra Kâr pour laisser les garzoks qui le désirent se porter volontaire. Là-bas, présente toi au nom d'Omyre. Pour le reste, tout ce que tu as à faire c'est de les écouter et de faire ce qui est en ton pouvoir pour aider ces étrangers."

Puis il tendit l'un des papiers à Kurgoth. Dedans, il y avait écrit, en langue commune, qu'il se portait volontaire pour venir en aide aux étrangers au Sud de Bouhen et s'engageait à ne pas comettre de crime sur les territoires humain.

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 Sujet du message: Re: Le temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 28 Mar 2018 11:12 
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Le garzok ne sembla pas accorder le moindre crédit aux menaces du barbare et se contenta de lui tendre un parchemin en lui ordonnant de se rendre à un campement d'étrangers au sud de Bouhen. Il expliqua que s'il se faisait repérer par des humains, le parchemin lui sauverait la vie en vertu d'un accord entre les étrangers et les humains. Le reste des ordres viendrait de ces étrangers que le prêtre de Thimoros devrait aider de son mieux, une fois sur place.

(Bouhen, Bouhen... C'est pas tout au sud du continent ça déjà? Par Thimoros, jamais je n'y arriverai en vie! Comme si ce parchemin allait me protéger... Je ne suis pas magicien...)

Kurgoth fixa quelques instants le parchemin tendu en sa direction en réfléchissant avant de le saisir. Qui savait jusqu'où sa recherche de l'antre de Balmor l'aurait porté s'il n'avait rencontré ce garzok? Sans doute aurait-il parcouru Nirtim de long en large, ayant pris bien plus de risques qu'il n'en prendrait en rejoignant Bouhen, d'autant plus qu'il serait apparemment protégé par cette missive.

"Si telle est la volonté de ma reine... Alors j'espère que les humains sont assez stupides pour obéir à un morceau de papier."

Gardant le parchemin en main, le barbare salua d'un signe de tête le militaire et le grand prêtre, avec un respect plus marqué pour ce dernier, avant de tourner les talons et se diriger vers la lourde porte qu'un acolyte ouvrait déjà pour lui.

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