L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 16:14 
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Les rues de la cité souterraine


Après avoir passé le grand mur qui suit les ponts de pierres, vous vous retrouvez dans une ville éclairée de ci de là par des torches d'une étrange lueur, tout à fait inhabituelle puisque celle-ci est émeraude.

Les gens se méfient beaucoup des inconnus et n'ont d'ailleurs pas tellement l'habitude d'en voir. Les maisons sont des châteaux miniatures, avec des petites tourelles à chaque angle. Les murs de pierre d'onyx sont recouverts d'une fine couche de mousse odorante due à l'humidité environnante de cette cité sombre...

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
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Je suis aussi Lothindil, Hailindra, Gwylin, Naya et Syletha


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 Sujet du message: Re: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Lun 5 Mai 2014 18:55 
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Et l’arrivée prend des airs de supplice. C’est le froid, tout d’abord, qui gêne le plus Caabon, car on n’entre pas aussi fier que lui dans la cité des Shaakts de Nosvéris, Gwadh est peuplée d’êtres fiers, aux regards durs, à l’œil attentif aux écarts à la norme et aux rangs. Aussi Thrang somma-t-il le Wotongoh de quitter sa cape, sa brigandine, son sac, ses armes, tous ses effets qui pourraient paraître déplacés, portés par un esclave ; chacun des biens fut solidement arrimé à la mule, que le jeune homme fut contraint de suivre en se hâtant, vêtu de haillons prévus par le shaakt pour rendre encore plus crédible son arrivée dans la cité. Aux portes, nul ne fit d’histoire pour les laisser pénétrer dans les souterrains de la ville, Thrang souffla d’ailleurs à Caabon de ne pas s’en faire, les gardes faisaient parti de son clan ; et puis quoi de plus normal qu’un mâle ramenant un esclave pour enrichir le cheptel de sa matriarche ? Un Wotongoh qui plus est, un de ces sauvages du nord, dont la peau à une noirceur dérangeante pour ceux qui partagent avec eux cette caractéristique physique dont ils sont si fiers… Et puis le jeune homme si loin de sa cité a piètre allure, tremblant de froid, avec presque des sursauts à chaque coup de vent marin qui manque de le faire vaciller. Même si les grottes sont glacées, c’est tout de suite un soulagement que de se mettre à l’abri des assauts.

(Rana n’épargne guère son serviteur en ces contrées… Yuia domine, j’en ai bien peur… Et il faudra que je trouve une solution pour résister à ce froid si je dois continuer à me trimballer ainsi vêtu… Si on peut appeler ça des vêtements ! Avec ces frusques, je passerais sans peine pour le plus malheureux des mendiants à Oranan, où le climat est encore plus doux qu’ici… Je crains que dans cette cité, pour les humains qui ont le malheur de s’y trouver sous la coupe des shaakts, ce ne soit la norme… Peste soit des esclavagistes…)

Evoluer dans les cavernes n’améliore en rien l’humeur et l’état du Wotongoh. Le sol par endroit est lissé, par le temps et les coups de burin successifs, les passages nombreux, les roues cerclées des chariots, les sabots ferrés des chevaux, les clous des bottes ; il n’empêche que c’est toujours la pierre que Caabon sent sous la plante de ses pieds, et que les aspérités qui ne gêneraient pas le moins du monde un individu chaussé l’indisposent tous les deux pas, car parmi les effets jugés incompatibles avec la condition qu’il lui fallait simuler, on trouvait les bottes chaudes de bon cuir, et les épaisses chaussettes dont il avait pris la précaution de se vêtir. L’inconfort est modéré par la pensée que temps qu’il perçoit la douleur transmise par les extrémités de son corps, c’est que le froid n’a pas planté trop profondément ses griffes dans sa chair, pour lui arracher un orteil ou deux.

Pour une cité souterraine, Gwadh est tout de même éclairée, sans pour autant pouvoir être qualifiée de lumineuse. Des torches et des lampes jettent des flammes étranges car émeraudes, vacillantes sur les parois, sèches ou humides selon les boyaux, leur taille et leur entretien, la richesse de ceux qui y ont accès ; la fumée s’échappe par des puits taillés dans le roc qui, le jour venu, offrent une lumière chiche, plus blanche, mais suffisante pour une shaakt et surtout assez faible pour ne pas agresser ses yeux. Il y a beaucoup à voir pour le voyageur qui pour la première fois pénètre en ces lieux, surtout si celui-ci a pour ambition d’y rester quelques temps, d’y évoluer, de planter ces griffes dans cette société cruelle, dangereuse et troglodyte. L’esclave moyen baisse sans doute les yeux, ne serait-ce que pour éviter le bâton ou le fouet, mais Caabon débute dans ce rôle, et il n’excelle pas encore à prendre une attitude humble, à se faire oublier : le dos droit, l’œil aux aguets, il scrute tout autour de lui, grave dans sa mémoire l’architecture si particulière des lieux, les maisons taillées dans la pierre qui semblent être des forteresses, des tourelles qui ne dominent rien sinon une rue, dont le faîte se confond avec la voûte de pierre, les gardes postés ça et là, les mâles cédant la place aux femelles dominant les clans… Et cette contemplation, alliée au froid ambiant, l’amène parfois à s’arrêter. Une seconde ou deux, pas plus : la corde qui lui lie les mains et lui use les poignets, dont l’extrémité se trouve entre les doigts puissant de Thrang, le jette au sol d’une traction sèche du shaakt impatient, lui meurtrissant ainsi les coudes et les genoux. A la troisième, ils sont en sang à force de heurter l’onyx du sol, et la curiosité de Caabon se voit très bien réfrénée par la douleur. Il n’en perd pas pour autant le réflexe de graver dans sa mémoire des éléments qui lui paraissent important.

Par exemple, dans les rues, de franches rivalités s’affichent, sans aller jusqu’à l’affrontement cependant, lorsque les shaakts se croisent. Pas de côté ou, au contraire, refus de céder le passage, main portée promptement à la poignée d’une arme, les regards assassins, les mâles s’abaissent même à cracher dans le sillage d’un groupe, ou à esquisser quelques gestes obscènes dans le dos d’individus dont manifestement ils ne pensent pas le plus grand bien. La tension est palpable, alliance et inimitiés mises en évidence par les signes de reconnaissance arborés par les shaakts, le plus souvent les marques de clan, brodées sur un vêtement, frappées sur le cuir d’une armure, gravées dans l’acier d’un casque, magnifiées en bijoux sombres et menaçants.

(Non seulement il me faudra apprendre les rudiments de leur langue, mais également tous les emblèmes et blasons par lesquels ils manifestent leur allégeance… A ce sujet, j’espère que quelqu’un se chargera de faire mon éducation, sinon j’ignore à quoi je vais bien pouvoir leur servir… Je doute que Céendel m’ait placé là uniquement pour faire office d’appât, ou de soldat sacrifiable… Enfin… Sait-on jamais…)

Face à une muraille haute, dominant la grotte dans laquelle elle a été taillée, ornées de voûtes élancées, d’une dentelle de pierre peinant – volontairement sans doute – à masquer l’impression qui se dégageait de l’architecture. Certains édifices donnent l’impression d’une défense imprenable, inébranlables comme les montagnes dont a tiré le roc ayant servi à leur édification ; les artisans shaakts, ou ceux qu’ils avaient réduit en esclavage pour mener à bien leur projet monumental, étaient parvenus à rendre cette invulnérabilité, mais mieux encore : le bâtiment paraissait agressif, capable à lui seul d’écraser ceux qui voudraient en franchir les portes sans y avoir été autorisés. Etait-ce la manière dont les torches émeraude jouaient des reliefs pour créer et projeter des ombres menaçantes ? Ou serait-ce les araignées sculptée dans le roc sombre, si réalistes qu’on s’attendait à les voir glisser en cliquetant le long des colonnes, des arches sous lesquels on devine après les premiers regards, gravées avec finesse, des toiles parsemées de crânes et d’os humains, et au dessus de l’entrée des suppliciés, rendus avec une précision terrible, dont les créatures octopodes dévorent les tripes de leurs mandibules acérées. Des visages déformés par la douleur et l’effroi émergent du rocher, semblant encore crier des centaines d’années après que leur torture ait été immortalisée.

« Suis-moi, et ne lève le regard sur personne, sous aucun prétexte. »

Une nouvelle traction sur la corde, trop faible pour le faire tomber, mais assez pour tirer Caabon des pensées accablantes que suscitaient chez lui cette expression à ses yeux malsaine du génie créateur d’une race. L’ordre de Thrang ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd, les récits que ses compagnons de voyage lui avaient fait des mœurs shaakts avaient préparé son esprit à recevoir de tels ordres, aussi le jeune homme ne bronche-t-il pas et enregistre-t-il la menace sous-jacente.

(Une femelle de leur clan n’hésiterait à aucun moment à m’ouvrir la gorge d’une oreille à l’autre, si ce n’est pas pire…)



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 Sujet du message: Re: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Jeu 5 Juin 2014 10:26 
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Les tunnels sont d’autant plus pénibles à gravir que l’élancement dans la chair de Caabon se fait insistant : les points de suture ont été exécuté avec brio, et s’il se contente de porter son sac à dos d’une bretelle pour ne pas que la seconde frotte contre sa blessure, la brigandine, la chemise et la cape pèsent tout de même à travers le bandage qui couvre une partie de son torse. Une progression qui devait se faire sans peine et sans tracas pour qui a la conscience tranquille et les mains propres s’est transformée en un parcours semé de détours, d’arrêts, par les tunnels de traverse, tout cela pour éviter les patrouilles de la milice, susceptibles d’être constituées de membres d’une faction rivale du clan Keanravir. Des shaakts à l’air menaçant arpentaient en effet les rues, plus nombreux que de coutume, menés par des gradées qui communément ne mettent pas le pied dans certaines galeries en dehors des occasions officielles : la ville, sans être sur le pied de guerre, est agitée par ce règlement de compte sur le port. Il y a déjà eu des morts, mais les rumeurs vont bon train, assez pour qu’on sache qu’il ne s’agit pas d’une rixe entre marins, ou d’une bataille entre individus isolés, les shaakts savent que cette affaire implique des clans en rivalité, et ceux qui ne savent pas se doutent. Prudence, voilà l’impératif pour l’esclave et son jeune suivant, d’autant plus qu’on pourrait leur poser des questions concernant leur équipement, trop peu en adéquation avec les effets dont disposent habituellement les humanoïdes sous le joug des elfes noirs.

Par des chemins détournés, par des voies connues de quelques-uns, par des puits autrefois destinés à l’approvisionnement, ils quittèrent la ville basse sans passer les portes, sans que des questions soient posées, résultat sans doute d’une distribution judicieuse de yus de la part de Thrang.


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 Sujet du message: Re: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Mar 27 Jan 2015 22:48 
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Dans une salle sombre plongée alors dans le silence, une porte s'ouvrit. Un petit groupe d'elfes noirs, une mage et un humain entrèrent, ils prirent un temps pour observer la pièce. Thalo lança un commentaire maussade :

« Gaïa, tout est saccagé… Ou vous rangez très mal. »

Ce qui ressemblait autrefois à un entrepôt, des caisses empilées de toute part, avait semble t-il été le témoin d'une violente scène. Des tonneaux renversés, par endroit le wiehl pouvait voir des traces de lutte, des caisses tailladées voire éventrée, leur contenu étalé sur le sol. Ces derniers devaient probablement être des articles de contrebande ou des objets volés, il marcha par mégarde sur un chandelier en argent. Thalo sentait quelque chose, au-delà de la gêne de se retrouver dans un repère de malfrats, un sentiment désagréable, quelque chose de mauvais dans l'air.

« Non il y en a eu en effet des fouilles. » commenta Olath sur un ton sombre, il s'arrêta devant une table située au fond de la pièce. « Tiens , le registre est toujours là… Il a été feuilleté précipitamment… Je crois qu'il n'a pas trouvé ce qu'il cherchait. »

Le repère d'Olath était un sinistre tombeau. Il avait été marqué par la sauvagerie et la haine, une bête furieuse s'était déchaînée ici. L'idée que cette chose ou cet être cherchait Rosa la rendait malade. La shaakt croyait marcher dans une ruine après une terrible tempête. La mage aux côtés de son protecteur trouva alors un lustre puis une table, les objets de sa vision. Le corps n'était plus là.


Quelques traces du meurtre demeuraient encore. Thalo vit des traces de sangs que les voleurs n'avaient pas pu enlever… Le malheureux guérisseur, un père de famille, il avait été torturé. Les liens avaient été laissés sur la table, comme un engin barbare qui avait fini de servir. Olath et ses confrères étudièrent l'endroit de fond en comble. Après un moment, Il tomba sur le wiehl et l'interrogea s'il avait trouvé quelque chose.

« Rien si ce n'est la désagréable impression d'être épié. »


Le shaakt fit signe de se taire, il partageait visiblement le ressenti du wiehl. Un des membres de la guilde agita la main et désigna la porte. Tous se précipitèrent derrière des caisses, Thalo s'arrêta à proximité de Rosa et fit la meilleure chose à faire dans les moments de discrétion, faire la statue. La porte s'ouvrit dans un grincement.

De l'ombre surgirent des silhouettes menaçantes, des armes à la main. Le retour des voleurs dans leur base avait été prévu. Olath pesta d'avoir fait preuve d'un tel amateurisme et dégaina son épée sans un bruit.

Thalo se plaça devant sa protégée pour parer la première attaque. La shaakt quant à elle fit naître deux flammes soudaines dans ses mains, honorant sa réputation de s'embraser très vite. Elle ne remarqua pas alors le chevalier ricanant sous son heaume de son jeu de mot intérieur.

La magie de Rosa fut entendue, les intrus se dirigèrent alors vers la shaakt sans prendre garde aux voleurs en embuscade. Olath en vit passer deux, puis trois… Pas d'uniforme de la garde, de toute façon elle se serait annoncée… Non ces gens là étaient soit des sales charognards de concurrents soit des ordures liées à l'assassin. Dans tous les cas, cela allait très mal se finir. Les laissant s'approcher de la mage, il fit signe à ses confrères de se tenir prêts.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Dim 22 Fév 2015 18:38 
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Arrivés devant Rosa et son protecteur, des elfes noirs aux allures de meurtriers s'arrêtèrent. La magie de flamme les firent hésiter un instant, cependant celui le plus en avant se montrait confiant. Il sourit d'un air mauvais :

« Quelqu'un a mis ta tête à prix ! Et on va se faire une joie de la lui ramener ! »

Thalo fit un moulinet avec son épée pour s'échauffer et leur fit signe d'avancer.

« Que Gaïa me guide ! Aujourd'hui je tranche du faquin ! »

Lorsqu'un premier shaakt s'effondra dans un cri, poignardé dans le dos par un membre de la guilde, un combat chaotique et féroce s'engagea. Les intrus acculés firent volte face et tentèrent de se frayer un chemin vers la sortie, surpris par cette embuscade. Thalo chargea celui qu'il pensait être le chef de cette bande, pressé d'effacer le sourire de canaille qu'il affichait. Alors que ce bandit se préparait à parer l'épée du wiehl, un projectile enflammé vint le percuter de plein fouet. Sonné, il fléchit et baissa sa garde, l'attaque de Thalo fut fatale. Sa lame vint trancher au bas du coup pour progresser de plusieurs centimètres dans la chair. Lorsque l'épée fut retirée dans une giclée de sang, l'assassin ne put que lever la main en signe de pitié et s'effondra sans un bruit. Les deux autres bandits reculèrent en vitesse.

Le combat se caractérisait par une série de duels rapides et impitoyables, les shaaks d'Olath ne voulaient épargner personne alors que la bande de meurtriers tenaient à vendre chèrement leur peau. Les coups de poignards fusaient dans l'obscurité si bien que le guerrier ne voyait que des ombres s'agiter furieusement alors qu'il enjambait son premier adversaire vaincu. Difficile à dire à cet instant quel camps prenait le dessus, Thalo fit signe à sa protégée de rester derrière lui puis avança déterminé vers le combat.

Deux assassins foncèrent vers la mage, le wiehl assena en hurlant un coup latéral sur le ventre du premier, le second profita de cette diversion pour atteindre Rosa. Elle jeta la deuxième boule de feu vers lui fauchant ses jambes, il tomba à terre. L'arme du shaakt échappa de ses mains.

Il fallait préserver ses pouvoirs, Elle n'avait aucune idée du nombre de monstres qui aillaient tenter de la tuer en ce jour. La mage ramassa la dague, elle ou lui, le choix avait été fait. Rosa avait déjà achever quelqu'un, elle pouvait le faire. Sa victime se débattait alors que ses jambes étaient en feu, il était encore sonné par le choc. La mage se mit à genoux proche de lui et leva le poignard. Comme une bête piégée, il eut la force de retenir la shaakt, lui tenant le bras. Même contre un adversaire vulnérable, elle n'avait pas assez de force. Furieuse, elle essayait de rapprocher la dague vers le cou de ce maudit assassin, en vain, cette vermine s'obstinait. Le bruit de la chair tranchée et soudain sa proie s'immobilisa. Rosa leva les yeux et vit la lame de son protecteur plantée dans les entrailles de son adversaire. Au fil des années, cet humain avait fait des progrès pour le combat, bien qu'elle le voyait depuis le début comme un redoutable combattant. Il l'invita à se relever.

« Venez, trouvons Olath et tachons de sortir d'ici vivants. »

Le protecteur continua de se frayer un chemin au plus proche de la mêlée, il porta assistance à l'un des voleurs d'Olath en transperçant dans le dos son assaillant. La mage éclaira de nouveau la salle d'un autre projectile enflammé, celui ci s'écrasa contre la tête d'un autre ennemi sa tête volant en partie en éclat. Plus ils se rapprochaient d'Olath plus ils purent constater l'issue du combat, les assassins avaient été nombreux mais beaucoup périrent pris d'un vent de panique. Lorsqu'ils rejoignirent enfin le shaakt, il ne restait plus que quelques fuyards qui coinçaient dans le quartier général de la guilde imploraient leur pitié. Olath les fit rassemblés et prit les mesures nécessaires pour effacer toute trace du combat. Thalo n'en doutait pas, il devait avoir l'expérience pour ce genre de choses funestes mais il nota que le brigand n'avait toujours pas retrouvé son sourire narquois habituel.

« Rien. Pas un insigne… Ce sont juste des raclures de la ville appâtées par le gain. Il va falloir les cuisiner pour savoir ce qu'ils savent de leur commanditaire. »

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 Sujet du message: Re: Les rues de la cité souterraine
MessagePosté: Lun 12 Juin 2017 13:11 
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Intervention Gmique - résurrection par GM5

Son corps se souvient.
La cicatrice courre le long de sa gorge, il sent la peau qui tiraille dans son dos. Son bras est marqué, au moindre défaut de vigilance le froid s’y insinue, le fait souffrir, le paralyse. La douleur et les traces sont une mémoire.

L’autre n’est plus.
D’abord il y a l’obscurité, puis l’éveil dans le temple, comme une naissance. Il est né adulte, meurtri, blessé, privé de passé, la volonté vacillante. Son corps défaillant ne lui était d’aucun secours, il ne pouvait se lever, ni même percevoir nettement les sons, les images, la lumière. Combien d’heures passèrent avant que ses yeux ne distinguent enfin des formes nettes ? Trop. Il resta allongé sur la pierre, transi de froid, son bras paralysé ; malgré l’inconfort il ne pouvait se mouvoir. Des ombres encapuchonnés lui ouvraient la bouche sans délicatesse, y versaient de force des potions tantôt âcres, tantôt acides, toujours une agression contre laquelle il ne pouvait lutter : avaler ou s’étouffer, et son être se révoltait tant contre la mort qu’il obtempérait systématiquement.

Enfin, sans plus d’explication, d’autres silhouettes le dressent sur ses deux jambes, le déplacent, lui collent sur le dos un sac, sur les bras un paquetage. Les coups de bâton le guident dans les tunnels, lorsqu’il trébuche le fouet le redresse. La pierre blesse ses pieds nus, la tunique qu’il porte ne le préserve pas du climat, le chemin devient souffrance, son bras pend comme une buche. (Si tu souffres, c’est que tu vis…) La pensée s’évanouit avant même qu’il puisse se l’attribuer, le message bourdonne aux lisières de sa conscience. Sans un mot il continue d’avancer, ne crie ni ne se plaint lorsque le guide meurtrit sa chair. Pas un instant l’idée de s’enfuir, de se révolter, ne lui vient. Dans les ténèbres des voies souterraines, il rêve d’une immense étendue blanche pour s’en dégoûter immédiatement. La pierre au dessus de sa tête le réconforte plus, l’obscurité l’englobe. Ici, il est vivant.

Les deux marcheurs passent devant une construction imposante, des blocs de pierre noire ont été empilés là où la roche originelle a été évidée. Les sculptures laissent deviner des êtres déformés, plutôt des formes, des objets de répugnance. Et au milieu de ce chaos de membres, de têtes, de bustes, émerge une forme parfaite, une araignée. « Valshabarath, notre mère » marmonne le guide dans une rapide prière. Caabon s’étonne de comprendre le dialecte shaakt utilisé. Quand a-t-il appris ? Il n’est pas de cette race, il le sent plus qu’il ne le sait. Comment savoir sans passé ? La grande entrée du temple, où veillent des sentinelles menaçantes en armures ornées, est rapidement dépassée. Pourtant, c’est dans l’enceinte sacrée que mène un chemin détourné, une galerie presque dissimulée, trop étroite, trop basse. La pureté n’est obtenue qu’au prix d’un service discret et zélé des esclaves, il est hors de question qu’une prêtresse les croise. Encore une fois, le wotongoh s’ébroue intérieurement pour chasser cette pensée parasite dont il ne connaît pas l’origine. Son guide l’abandonne dans une cellule nue, clos la porte derrière lui dans un raclement de fer. Une fois de plus, c’est le froid, le silence.

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