L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Les rues de la ville
MessagePosté: Mar 23 Oct 2012 22:19 
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Les rues de la ville


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Une fois entré dans la cité il vous faudra descendre, par des couloirs et des chemins escarpés, jusque dans les profondeurs du désert. Au fur et à mesure, l'air se rafraîchit, mais une odeur de souffre devient plus envahissante, voire gênante. Rassurez-vous, au bout de plusieurs heures, vous l'aurez oubliée, tellement elle est omniprésente à hauteur de la ville réelle.

La ville quant à elle se résume à deux adjectifs : pauvreté et anarchie.

La première est omniprésente, c'est la loi de la survie au quotidien. Pas de mendiants ici cependant, tout le monde sait que personne n'a rien à donner. Les vêtements sont souvent trop petits ou trop grands, avec des trous, élimés, sales... Les armes sont souvent rouillées. Les boutiques inexistantes. L'argent ne sert d'ailleurs à rien dans ces rues et nul bandit ne tentera de vous voler votre bourse. En revanche, vos vêtements, armes, armures, équipements en tout genre ou même nourriture feront fureur et attireront de nombreuses convoitises. Car tout ce qui aide à la survie est ici la plus grande richesse.

Pour ce qui est de l'anarchie, ça se voit, aucune logique, aucune piste, aucune indication. Les abris qui servent de maisons sont répartis tels que la nature les a mis, dans un désordre proche de l'aléatoire. Et les habitants fonctionnent de la même manière, rien n'appartient à personne, pas même un lieu... Et ceux qui parviennent à garder le même territoire sont les plus forts, les plus puissants, ceux qui savent bien s'entourer ou au contraire qui savent écarter les importuns.

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Lun 29 Oct 2012 09:39 
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Une fois pénétrée dans la bouche de pierre, je me retrouve dans un lieu sombre et je remercie les Dieux d'avoir offert la nyctalopie aux elfes tout en descendant le long de la rampe qui mène aux étages inférieurs. L'odeur devient peu à peu nauséabonde, un mélange pas franchement subtile de cadavre en décomposition, de champignon, de renfermé, de sueur et de souffre. Plus je descends, plus cette odeur-là devient forte, masquant totalement les autres.

(Te plains pas, au moins, il fait bon ici ! )
(Je sens rien moi...)

Anouar s'est faite discrète depuis que nous avons quitté la caserne. Je peux la sentir planquée dans les lianes de ma chevelure. J'ignore si c'est par peur ou simplement pour être moins voyante. Elle pourrait pas rentrer dans mes bijoux, comme Lysis ou Aakia, tout simplement ?

(Tu veux me mettre en prison ? Ca va pas dans ta tête d'Elfe. Tiens, voilà le comité d'accueil.)

En effet, passé le tournant, je me retrouve face à un groupe, hétéroclite de Shaakt et de Sindels, avec même un humain. Ils sont vêtus de lambeaux de tissus recouverts de quelques pièces de cuir rapiécés.

"Que viens-tu faire ici, Femme ?"

Haussement de sourcils de ma part, je commence à en avoir marre de me répéter.

"T'as pas compris ce qu'il t'a dit le monsieur ? T'es sourde peut-être ?"

Je continue mon chemin, n'ayant aucune envie de parler à ces personnes. Mais ils sortent des armes dans un état aussi déplorable que leurs protections.

"Tu comptes aller où comme ça, poupée ?"
"Ailleurs en tout cas. A moins que l'un de vous soit Aelta, bien sûr."
"C'est moi, Aelta... Tu veux tâter ma stalagmite ?"

Je tente de me calmer d'un gros soupir. Si cet individu lubrique est Aelta, je suis Yuimen en personne. Manifestement aucun d'eux n'est celui que je cherche. Je décide donc de continuer ma route, tranquillement, sans manifester aucun signe d'agressivité, jusqu'à me retrouver devant le groupe compact.

"Tu bouges plus et tu te fous à poils maintenant, gamine."

Ces mecs-là commencent sérieusement à me saouler, s'ils continuent, je vais finir par m'énerver.

"Bougez de là."
"Z'avez vu... La nouvelle, elle est pas au courant des règles ici !"
"Parce que j'ai vraiment l'air d'une nouvelle ?"

Un des shaakt du groupe s'avance vers moi, avec un sourire torve sur le visage et une épée par contre bien aiguisée à la main, pour une fois.

"C'est pourtant pas compliqué... Toute femme entrant dans ce quartier doit se soumettre à une fouille en profondeur. Par tous les membres du clan !"

Nouveau soupir de ma part, mais celui-là de ras-le-bol. Ces gars commencent sérieusement à m'énerver et il est temps qu'ils comprennent que je n’ai rien d'une nouvelle, d'une prostituée ou de toute autre chose du même acabit. J'ôte ma capuche et dévoile mon visage autant que les lianes qui me servent de cheveux. Dans le même temps, je commence à rassembler mes fluides dans mes doigts, je sens le ruban de ma soeur qui réagit doucement.

"Ouahhh, belle plante la salope !"
"Oh, toi, tu vas faire une chouette proie à mon tableau de chasse."

Doucement, je m'accroupis, pose une main au sol, puis une autre, avec un grand calme.

"Hé, tu fais quoi ?"
"Je me fais juste un passage"

Je libère soudain les fluides canalisés dans mes mains et ciblent une à une les personnes, en commençant par le chef et son sous-fifre lubrique. Je n'ai jamais expérimenté ce sort avec autant de cibles, mais c'est une bonne occasion, je pense.

(Les Torkins disent que huit ça suffit !)
(On va les croire pour une fois.)

Huitième et dernière cible accrochée par les veines de fluides que je vois parcourir la roche à mes pieds. Je me redresse alors soudain, libérant toute ma puissance dès que mes deux mains quittent le sol. C'est avec un plaisir non-dissimulé que je vois plus de la moitié de la troupe s'enfoncer dans le sol, comme si c'était un sable mouvant, en légèrement plus rapide quand même. Et avec une satisfaction presque jouissive que je vois l'air effaré des membres restant tandis que leurs compagnons sont éjectés de la plateforme où nous sommes pour aller s'écraser plusieurs mètres plus bas, dans le quartier que notre rampe surplombe.

Sur les six individus restant, quatre ont l'idée raisonnable de s'enfuir en courant et en hurlant. Les deux autres me regardent tétanisés, incapables du moindre mouvement. Je m'approche du premier, un sindel qui paraît franchement avoir deux milles ans de plus que son regard. Il doit être jeune en réalité, à tout casser deux ou trois siècles. Mais les conditions de vie lui ont donné des rides, choses rares chez un sindel.

"Bouh !"

Parfois il en faut peu pour qu'un corps réagisse réellement à la peur. Un simple mot, ou un simple souffle. Celui-là finit enfin par agir et s'enfuit à toutes jambes, avec un hurlement strident qui se répercute sur les murs de la caverne géante qui sert de quartier.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Lun 29 Oct 2012 09:41 
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Je m'avance alors vers le dernier individu. Il s'agit de l'humain. Il a un âge pour le moins indéterminé. Le corps d'un jeune homme, mais les cheveux blancs et les rides d'un vieillard. Il en ressort une impression de force et de fragilité déconcertante. Je ne suis même pas à dix pas de lui qu'il s'effondre et commence à reculer tant bien que mal, rampant au sol et laissant une flaque derrière lui.

"J'ai... j'ai... pas... peur..."

Je le rejoins en une dizaine de pas et m'accroupis à côté de lui.

"Vous... allez encore.... utiliser la magie ?"
"Contre toi ? Non... J'ai juste besoin d'un guide."
"Un guide ?"

Le jeune homme semble se détendre légèrement.

"Oui, un guide. Je dois voir Aelta et rapidement."
"Vous me protégerez ?"
"Si c'est nécessaire, pourquoi pas."

L'idée d'être protégé par quelqu'un de plus puissant que lui rassure automatiquement l'humain. Celui-ci se détend et est d'ailleurs capable désormais de faire des phrases sans bégayer.

"Je vais vous y conduire."

Je sors d'une de mes besace un ensemble de vêtements taille humaine, propre, neuve et de relative bonne qualité, remerciant intérieurement la vieille d'avoir aussi bien compris mes besoins.

"C'est pour toi !"

Sans attendre, il m'arrache les vêtements des mains et se déshabille, là devant moi pour se rhabiller plus vite encore avec ses nouvelles affaires, abandonnant les anciennes là où il se trouve.

"Pourquoi faites-vous ça ? Je veux dire, pourquoi vous me donnez ça ?"
"Ca t'évitera de puer durant le voyage. Allez en route."

Il se tourne vers moi et fixe son regard d'acier dans mes yeux d'émeraude. Je lui souris. Définitivement, je suis incapable de jouer le rôle d'une méchante trop longtemps.

"Vous leur auriez donné des vêtements aussi s'ils vous avaient aidés, n'est-ce pas ? Vous n'êtes pas comme toutes ses brutes qui tuent pour le plaisir, hein ?"
"En effet. J'avais des vêtements, de la nourriture et même de l'alcool pour eux..."
"Ils auraient aimé ces cadeaux. Mais vous en aurez besoin pour Aelta... Il ne donne pas son savoir pour rien !"

Nous marchons en silence pendant quelques minutes. Mon guide s'arrange pour prendre des routes pas trop fréquentées. Ce qui n'est pas le plus difficile, d'après Anouar, le gros de la population est occupé à dépouiller les cadavres tombés ou à écouter le récit hésitant des survivants. En me concentrant un peu sur l'audition tandis que nous doublons un groupe de loin, j'entends parler d'une démone aux cheveux d'herbes capables de tuer une armée entière à main nue, ce qui n'est pas pour me déplaire comme réputation. Au moins, je devrais avoir la paix pour un petit moment.

"Ca va faire du bien au quartier la mort de ceux-là !"
"Ah ?"
"C'était de véritables tyrans. Viols en chaîne, rapt, meurtre, assassinat, vol,... Rien n'était trop mauvais pour eux. Leur plus grand principe c'était de s'accaparer les caisses venues de la mer et de les garder pour eux. Puis ils recevaient de l'aide de l'extérieur, des armes entre autre."
"Pourquoi les suivais-tu alors ? T'as pas l'air bien méchant..."
"Pas le choix. Ici c'est soit tu suis le plus puissant, soit tu crèves."

Soudain, mon esprit réagit. J'ai déjà entendu cette manière de parler et surtout cet accent.

"Vous êtes kendran, n'est-ce pas ?"
"Oui... En effet... Comment le savez-vous ?"
"L'accent, j'en reviens. Un Kendran, qui parle Sindel à Raynna. Que faites-vous là ?"
"Espionnage. J'ai profité d'un voyage en aynore pour voir de plus près à quoi ressemblaient les machines. Ça n'a pas eu l'air de plaire au capitaine du vaisseau. Mais je ne suis pas un militaire ou un milicien... Juste quelqu'un fasciné par ces machines qui avait réussi à économiser assez pour un aller-retour pour Pohélis, le temps de voir tout ça de plus près."
"Pohélis ? Mais ça fait plusieurs années que cette liaison est interrompue. Vous êtes ici depuis combien d'années ?"
"Aucune idée. Ca devait faire une dizaine d'années que Solennel IV était montée sur le trône quand j'ai été envoyé ici."

(Cinq ans donc qu'il est ici. Avec de la malchance, il se serait trouvé à Pohélis au moment de la guerre.)

Je ne trouve rien à répondre, alors je reste silencieuse. L'homme s'arrête et se retourne vers moi. Il ôte une toute petite médaille de son cou et me la donne.

"Vous pourriez remettre ça à ma femme ? Je doute qu'elle m'ait attendu, mais dites-lui que je l'aime et que je l'ai toujours aimée. Sarah, c'est son nom. Sarah d'Espignet. Soit elle vit encore dans notre ferme, dans la baronnie de Kerestzur, soit elle est retournée chez son père, le baron d'Espignet dans le duché de Gramerian."

(C'est pas loin de l'ermitage, ça pourra faire une bonne raison d'y passer après avoir sauvé Cyniar ! Nuilë doit avoir des informations sur Leona de toute façon !)

"Je le ferais, je vous le promets."

Disant cela, je range le pendentif dans un coin de ma cape, laissant Anouar se rappeler des noms pour moi.

Bientôt, nous arrivons à un ensemble de trois piliers de pierre qui sortent du sol, sans rejoindre le haut plafond. La zone est déserte. Manifestement, rares sont ceux qui s'approchent du coin, qui pourtant n'a rien de dangereux en apparence.

"Nous sommes arrivés. Les trois piliers, la demeure d'Aelta. Nul moyen d'entrer chez lui. Il faut attendre qu'il vienne vous chercher."

Je m'approche de la zone en question, le jeune homme refuse d'aller plus près et s'enfuit même tandis que je m'installe le plus confortablement possible le dos à une des colonnes de pierre, attendant sagement mon hôte.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Mer 31 Oct 2012 09:52 
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Cela fait déjà plusieurs heures que j'attends, sagement. Etrangement, personne ne vient me chercher querelles, même si plusieurs me regardent à distance et murmurent contre moi. Je peux les entendre d'ici, juste en concentrant un tout petit peu mon ouïe, ils parlent de moi comme une terreur, comme d'une démone. Décidément, ils sont bien impressionnables dans les environs pour des bandits de cette envergure.

(Ou alors, t'as gagné en puissance à un point où tu ne t'en rends même plus compte.)
(Tu crois ?)
(Tu te rappelles quand tu as appris le sort que tu as employé ?)
(Oui, c'était en descendant du temple de Terre sur les montagnes de Dehant. Juste avant de rencontrer Alaric, le Woran blanc.)
(Rappelle-toi combien de cible tu avais pu cibler alors.)
(Trois. C'était mon maximum.)
(En effet... Et voilà que maintenant, tu peux en sélectionner huit sans trop de difficulté.)
(Je pense même que j'aurais pu en prendre une neuvième.)
(Trois fois plus qu'en sortant du temple. Tu comprends mieux ? Ta magie et ta puissance s'est décuplée. Et je t'assure que même ton père n'a jamais atteint ce niveau. La seule gardienne du Naora ayant atteint ta puissance, c'est Leona. Il est même possible que tu aies dépassé Nuilë. Et je sens que tu peux encore aller bien plus loin...)

Je reste dubitative aux paroles de ma faera. Il est vrai que j'ai beaucoup changé depuis Verloa, mais tout s'est enchaîné tellement vite. Mon corps semble capable d'endurer toujours plus de supplices sans broncher et même en y gagnant un peu à chaque fois...

(Quelqu'un approche !)

Je concentre mon regard dans la direction indiquée par Anouar. En effet, un homme, un humain, vêtu d'un turban décoloré s'approche. Il semble n'avoir pas d'âge particulier.

(C'est pas possible ! Il ne peut pas être encore en vie !)
(C'est qui ?)
(Aelta, celui que nous cherchons...)
(Parce que tu le connais maintenant ?)
(Il a appris son sort ultime à ton père... Bien avant la naissance de Sarya...)
(C'est impossible, c'est un humain, il peut pas être aussi vieux.)
(Ne bouge surtout pas ! Il est puissant et peureux. Il pourrait te détruire juste parce qu'il a eu peur de toi ! )

L'homme s'approche de moi et je peux reprendre mes sens normaux désormais. Son attitude est méfiante et il s'arrête à une bonne dizaine de pas de moi. Autour de nous, les murmures ont augmenté, mais je n'ai plus le temps de m'en soucis.

"Qui êtes-vous ? Et que me voulez-vous ?"
"Je me nomme Lothindil et je viens juste apprendre."
"Ôtez votre capuche que je puisse vous voir !"

Lentement, pour éviter le moindre geste qu'il puisse prendre pour une agression, je m'exécute, dévoilant par la même occasion mes cheveux vivants dont les fleurs viennent égayées le sombre décor des lieux.

"Une semi-oudio. Les rumeurs disent donc vraies. Vous êtes la démone qui a tué Kandriss et Erman ?"
"Si ces individus sont ceux qui tyrannisaient le quartier de la porte Nord, en effet."
"Un sort de rejet du sol capable de rejeter huit personnes d'un coup. C'est rare de la part d'une personne aussi jeune, et très intéressant."

Le ton d'Aelta a changé, sa peur a laissé place à une certaine forme de curiosité. Ca me semble être un bon signe pour la suite.

"Vous sentez le fluide de terre à des kilomètres. Combien de temps se sont écoulés depuis votre ordalie ?"
"Deux mois, voire plus, j'ai perdu le compte sur Sor-Tini."
"C'est tout récent donc. En même temps, ça pouvait pas faire un siècle vu votre âge. Vous avez de quoi payer ?"
"Des vêtements neufs de bonnes qualités, de l'alcool, de la nourriture, des sucreries, des runes et même des bijoux au besoin."

Tout paranoïaque qu'il soit, Aelta reste un humain, attiré par la richesse et le pouvoir et mes cadeaux peuvent lui offrir les deux ici. Et il le sait.

"Envoyez-moi ça... On verra bien !"

Après l'avoir ôté de mon épaule, je lui envoie un paquet, quelque part à mi-distance entre nous, de manière à ce qu'il ne puisse croire que je cherche à l'attaquer.

"Je veux votre bracelet aussi !"

Instinctivement, mon main droite se porte à mon bras gauche où se trouve toujours le vieux bracelet de Yuimen, récupéré dans le désert et amoché par le Ramnan qui a tenté de me dévorer. C'est avec un petit pincement au coeur que je l'ôte, sans pour autant l'envoyer.

"Je te le donne après, une fois le sort appris. Je t'en fais la promesse."
"Ici, on paye d'avance ! Sinon, on a rien."

Le plan ne marche pas aussi bien que prévu et je soupire, un peu déçue, avant de tenter une autre approche, plus immédiate :
"Vous me laissez entrer chez vous et je vous donne le bracelet dès que nous arrivons. Ca permettra de nous écarter de tous les rapiats autour de nous qui pourraient devenir jaloux et dangereux !"
"Ils n'oseraient pas, pas envers moi !"
"Avec tous ces cadeaux, vous devenez riches ici. Et la richesse entraîne jalousie et querelle. Nous serions mieux à l'intérieur pour parler affaire, je vous assure."
"Oui... Vous avez raison... Venez avec moi... Eux, ils resteront ici !"

Disant cela, il tape avec son bâton au sol et je sens une décharge de mana surpuissante faire vibrer le sol. Pour sa part, le magicien se saisit du sac de vêtements et s'écarte prestement tandis que je me relève. Une fois debout, je contemple l'assemblée, transformée en statue de sable humide, déjà en train de se décomposer.

(Euh... T'es sûr qu'il faut que je le suive ?)
(Oui, file, t'auras pas dix milles occasions comme celle-là !)

D'un pas preste, je le rejoins, restant à quelques distances pour qu'il ne se sente pas agressé. Bientôt, nous entrons dans une des nombreuses stalagmites géantes qui servent de demeures aux habitants des lieux.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Dim 27 Jan 2013 17:19 
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Je sors de la stalagmite du vieux taré pour tomber nez à nez avec quatre individus pour le moins louches, de grosses brutes à tignasse qui filasse, à la peau gris caillou et aux dents jaunis. Mes gardes ou mes prochaines victimes manifestement car s'ils ne sont pas ceux qui vont m'escorter, ils vont sans doute vouloir me dépouiller. Et à vrai dire, démolir quelqu'un ou quelque chose ne me déplairait pas, tellement le vieux m'a mis en rogne.

"Vous êtes qui ?"
"Ça doit être la dame qu'on doit escorter."

Dommage, on tapera plus tard. D'un sourire, je confirme.

"On doit vous mener où la p'tite dame ?"
"Dehors, j'ai besoin d'air."
"Comme vous voulez !"

Manifestement, le payement rend les gens dociles ici. Même si j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'ils pourront faire de pièces de métal dans ce trou à rats. J'ai bien mieux à leur offrir, mais je garde ça pour après, s'ils remplissent bien leur mission pendant que je m'occupe de mon sort.

Pour l'instant, je me laisse guider à travers les passages, les rampes, les tunnels jusqu'à la surface. Mon visage est fermé et je ne fais pas plus que ça attention au décor, trop occupée à réfléchir sur la forme que devra prendre ma forêt pour résister à la chaleur et au soleil. Parce que tant qu'à créer une forêt, autant qu'elle puisse survivre à mon départ.

(J'ai un problème pour les plantes de grandes tailles dans ces conditions. Des petites fleurs de rocailles, des plantes cailloux, ça je visualise, mais qu'est-ce qu'on pourrait trouver comme plante plus grosses, au moins la taille d'une aniathy quoi.)
(Tu as déjà vu des cactus ?)
(Peut-être... Ca ressemble à quoi ?)
(Ce sont des plantes vertes avec des piques. Rappelles-toi, il y en avait des plats dans le palais des Kel Attamara.)
(Ils appelaient ça "figue", j'ai pas compris pourquoi, ça ressemblait tellement peu à des figues)
(C'est un des noms qu'on leur donne oui, figue de Barbarie. C'est le nom que leur donne les étrangers à leur terre. Le nom que les lances d'El Habar leur donne est "Nopal".)
(Je préfère ce nom-là. Tu penses que ça peut vivre dans ce désert ?)
(Ceux-là, non. Ils demandent trop d'eau. Mais il existe d'autres formes, plus fines plus tortueuses avec plus d'épines encore et plus longues.)
(Montre-moi un peu à quoi tu penses... )

Anouar me projette alors une image assez claire dans mon esprit. Un arbuste au tronc ligneux, aux branches emmêlées de manière complexes, aux épines assez longues, avec des feuilles quasiment absentes et toutes petites...

Image

(Joli comme plante. Ça va pas être simple à créer, mais au moins c'est original. Et ça survit avec le peu d'eau qu'on a ici et la chaleur ?)
(Il lui suffit de quelques jours avec un peu de pluie et de soleil. Puis un sol calcaire et rocailleux.)
(Nickel alors...)

Ayant une idée claire de ce que je veux faire, j'ai maintenant hâte d'être à la surface et j'accélère le rythme, poussant mes gardes qui continuent à me guider par des chemins sûrs à défaut d'être les plus rapides. Bientôt, nous atteignons la surface, la luminosité est plus violente et, après trois jours dans le sous-sol de Raynna, il me faut plusieurs minutes pour m'adapter. Mes gardes, quant à eux, se couvrent l'intégralité du visage, y compris les yeux.

"Ça permet de diminuer l'impact du soleil et du vent. Vous devriez faire de même."

Prenant l'écharpe infecte qu'il me tend, je m'enroule tant bien que mal le visage dedans, faut reconnaître que les lianes et branches ne m'aident absolument pas sur le coup.

"On va vous conduire à l'écart. Là où vous pourrez faire ce que vous avez à faire et où nous on pourra surveiller."
Disant cela, il sort de la grotte dans le désert brûlant...

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Mer 7 Mar 2018 18:03 
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Dès que j'entrai dans la ville, je sentis un regard peser sur moi. Je fis comme si je ne remarquais rien, et continuai d'avancer. J'entendis quelqu'un marcher derrière moi, je me retournai et le plaquai au sol, avec mon couteau sur sa gorge. Je lui dis Qu'est-ce que tu me veux, toi, hein ? Tu veux me tuer pour prendre ce que j'ai sur moi ? Eh bien je te déconseille ! Tu serais pas le premier ni le dernier mort ! Ok ok ! Je te laisse tranquille ! mais je t'avais vu dehors affronter des bandits avant même de les avoir vus !.(J'avais compris les revenants) je lui répondis Et tu te demandes comment j'ai fait ça ? Bois du sang de monstre, et peut-être que tu pourras faire pareil. Je te préviens, ça fait mal. et je le relâchai.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Jeu 8 Mar 2018 18:54 
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Alors que je me baladais, j'entendis un animal marcher discrètement derrière moi. Je me retournai et vis non pas deux, non pas trois, non pas quatre mais cinq Tatou-raptors, voulant sûrement me manger. Je dégainai mon épée, et égorgeai le premier (je ne pouvais rien leur couper, à cause de la carapace), quant au deuxième, il n'en y eut pas, vu qu'il m’attaquèrent simultanément. Je me mis accroupi, et l'un d'entre eux mourut sous le coup d'un de ses frères. J'en égorgeai deux autres et quant au dernier, je le tuai en lui faisant avaler mon épée.

Pendant que j'étais en quête de nourriture, je trouvai un troupeau de camiü (enfin, "troupeau" est un grand mot, ils devaient être 4 ou 5) en train de dormir. Je regardai aux alentours et en vis d'autres. J'approchai, et je leur plantai la lame de mon épée dans la gorge, ce qui les tua sur le coup. Ensuite, je les découpai pour faire des provisions.

Je trouvai des pierres (c'est pas ce qui manquait, par ici !) et quelques branches. Je pris un silex et le frottai sur ma lame pour allumer mon "feu de camp". Je fis cuire un morceau de camiü, et le mangeai. Pendant que je mangeais, la personne que j'avais croisé quelques temps plus tôt, revint. Je dis Tiens, alors comme ça tu as survécu ? Bah oui, pourquoi ? Quelqu'un était avec moi au début, lui aussi a bu du sang de monstre, mais il est mort. Viens t'asseoir ! Ah bon ? Pourtant ça fait rien ! Merci Quoi ? Moi, ça m'avait fait mal. Alors, mon ami, tu devais être devenu fou a cause de la soif dit-il. Je lui répondis Oui, peut-être, tout à l'heure, je croyais avoir tué des trépassés, mais c'était de pauvres bandits... Bon, tu manges quoi ?Du camiü. T'en veux ?Ah ! Ça oui ! J'ai une faim de loup !

Pour le premier jour avec Krata (j'avais appris qu'il s’appelait comme ça), qui était un shaakt, il avait décidé de m'apprendre comment trouver de l'eau sans oasis, il avait choisi un endroit avec du sable (pas difficile à trouver !). Il me dis Pour savoir où il y a de l'eau, déjà, il faut tendre l'oreille, et sentir le sol sous tes pieds. Ferme les yeux et concentre toi.Je fis ce qu'il me disait. Bientôt, j'eus l'impression de sentir de l'eau autour de moi. J'ouvris les yeux et lui dis j'ai eu l'impression d'avoir de l'eau partout autour de moi ! Te sentais tu très compressé ?. Je recommençai et ne sentis aucune pression. Je lui dis non, pas du tout, pourquoi ?. Car, plus tu es compressé, plus l'eau est proche de toi. Si tu n'es nullement compressé, l'eau est à une quinzaine de kilomètres. Mais tu peux quand même en prendre dit-il en creusant le sable. Quelques instants plus tard, un peu d'eau apparaissait. Je lui dis Incroyable ! Merci beaucoup, peut-être qu'à présent, j’arrêterai d'avoir des hallucinations ! Après cela, je le quittai pour aller dans une autre ville.

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 Sujet du message: Re: Les rues de la ville
MessagePosté: Dim 15 Avr 2018 23:00 
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Localisation: Raynna, Naora
[:attention:] Le texte qui suit comporte des scènes pouvant heurter certaines sensibilités. [:attention:]


Raynna. Ceux qui ne l'ont jamais vue en parlent comme d'une ville, misérable certes mais guère plus, somme toute, que les quartiers pauvres de certaines grandes cités. Mais, moi qui la découvre en ce jour, avec un immense effarement, je peux vous assurer d'une chose: ce n'est pas une ville. C'est un chancre ignoble, une tumeur maligne qui a rongé le sol du désert de Sarnissa, qui l'a gangrené jusqu'aux os. Ce n'est pas une étendue parsemée de demeures, non, c'est un trou immense dans la terre auquel on n'accède que par des pentes dangereusement instables et toujours trop étroites. Personne ici ne semble se donner la peine d'améliorer ou, simplement, d'entretenir quoi que ce soit. Il émane de ce gouffre aux allures de gueule béante des enfers une impression de désintérêt total, de désespoir si absolu qu'il ne peut avoir qu'une explication: la vie s'arrête aux portes de l'enceinte. Ceux qui entrent ici ne sont plus que des cadavres en sursis. L'espoir d'une vie meilleure, ce qui fait avancer les êtres, les incite à se dépasser et à créer, ne résiste pas à l'atmosphère délétère de ce bagne.

Il n'y a pas de rues, il n'y a que des passages sinuant entre rochers, taudis misérables et monceaux de déchets, d'excréments, de cadavres aussi. L'odeur issue de cela, mélangée au souffre, est si putride qu'elle semble en devenir matière, substance visqueuse et gluante qui imprègne tout, collant à la peau comme un tissu mouillé. Plus je descends pire elle devient, la seule consolation est que la température insoutenable de l'extérieur diminue peu à peu. Il y a des espèces de cavités naturelles, du moins je le suppose, qui parsèment la descente, plus ou moins vastes selon les cas. Toutes sont pareillement remplies de masures miteuses, vagues assemblages de cailloux, de planches vermoulues et de toiles dont un mendiant de Kendra-Kâr ne voudrait pas pour abri. Mais ce spectacle, si terrible qu'il soit, n'est rien. Ce n'est jamais qu'un paysage de désolation évoquant une toile de l'un de ces artistes fous atteints de sinistrose. Mais, malheureusement, celui-là est bien réel. Ce ne sont pas de petites silhouettes de gouache qui le hantent, mais des Elfes. Des Elfes que nul ne pourrait vraiment qualifier de vivants, même avec la meilleure volonté du monde.

Je vois là, pour la première fois de mon existence, des Elfes qui ont l'air vieux. Pas cette vieillesse sereine que l'on peut parfois observer sur les visages d'humains ayant mené une bonne vie bien remplie, non, cela n'a rien à voir. Ces vieillards que je découvre ont l'air de spectres encore dotés d'os et de peau. Ils sont gris, pas de ce gris argenté qui fait notre fierté à nous autres Sindeldi, mais d'un gris terreux, terne, semblable à celui qui peut s'observer sur d'ancestrales momies. Il y a des hommes et des femmes plus jeunes bien sûr, mais même eux semblent âgés d'une douzaine de millénaires. Leurs épaules sont voûtées, tous sont maigres à faire peur, leurs chevelures ont l'aspect de paille oubliée dans une grange désaffectée depuis des décennies. Ils sont crasseux à en faire défaillir un porcher, vêtus de hardes élimées jusqu'à la trame dont on n'oserait même plus se servir comme chiffons. Beaucoup sont malades ou blessés, leurs chairs atteintes par l'infection et la gangrène répandent un fumet si effroyable que celui des égouts de Tahelta passerait pour un délicat parfum en comparaison. J'ai arpenté bien des champs de bataille dans ma vie, j'ai vu des charniers de plus près que je ne l'aurais souhaité et senti la puanteur de la mort tant de fois que je ne pourrais plus les compter. Mais rien n'aurait pu me préparer à ça. J'ai beau retenir mon souffle, bander ma volonté pour dompter mes entrailles lorsque je croise un groupe de trois de ces damnés d'un peu trop près, rien n'y fait. Je me détourne vivement et m'appuie contre une paroi pour vomir longuement une bile amère et acide qui me ronge la gorge.

Personne ne fait mine de s'approcher pour me proposer de l'aide évidemment, la compassion n'est qu'un concept depuis longtemps oublié, ici. C'est à peine si quelques-uns me jettent un bref regard, éteint ou malveillant selon les cas. Ce qui me sauve en cet instant de faiblesse, sans doute, c'est que je ne possède rien d'autre qu'un misérable pagne. Il faut un bon moment pour que mes entrailles cessent de se révolter et, lorsque enfin mes spasmes se calment, c'est pour se nouer en une boule compacte et douloureuse au creux de mon estomac. Je me sens aussi faible et nauséeux qu'un lendemain de méchante cuite, à ce détail près qu'il n'y a pas que mon corps qui renâcle. Mon esprit semble vouloir refuser d'appréhender davantage la réalité qui m'entoure et, alors que je parcours les environs des yeux, mon regard ne doit pas être beaucoup plus vif que ceux des résidents de cet enfer.

(Comment...comment...je...je ne comprends pas...)

(Le pire côtoie le meilleur, comme toujours Bien-aimé. Ombre et Lumière, partout et tout le temps.)

(Foutaises! Ce sont des Enfants de Sithi qui agonisent ici! Personne ne se souvient donc de ce que notre Mère nous a enseigné?! Comment osent-ils?!)

(Maintenant tu sais pourquoi Sithi a fait appel à toi, Tanaëth. Elle est absente depuis trop longtemps et...)

Je la coupe d'un cri étouffé et gronde à mi-voix, stupéfait et, surtout, écœuré jusqu'à la moelle des os:

"Bordel, regarde! Il y a même des gamins! Ils sont coupables de quoi, eux, tu peux me dire?! C'est ça la justice Naorienne? Laisser des gosses innocents crever ici comme des cafards, c'est suivre la Voie de Sithi peut-être?!"

(Arrête! Tu veux changer les choses? Alors cesse de sombrer sans arrêt dans la déprime et la colère! Bats-toi, comporte-toi comme celui que tu es censé être, avec fierté et dignité! Et arrête aussi de mettre tout ton peuple dans le même panier, tu sais très bien que l'immense majorité des tiens ne cautionne pas ça!)

(Ils cautionnent par leur silence, ils savent ce qui se passe et ils ne font rien, Sindalywë.)

(C'est faux, archi-faux! Celui que tu es venu chercher lutte là contre, tu le sais bon sang! Alors reprends-toi, trouve-le et sors-le de ce foutoir!)

Je sais qu'elle a raison, comme toujours, mais il n'empêche que j'éprouve un sentiment d'impuissance si total que j'en ai les larmes aux yeux et les phalanges des doigts blanches à force de crisper les poings de rage. Changer les choses? Je n'y crois plus, personne n'a véritablement envie que ça change, surtout pas ceux qui détiennent le pouvoir. Toute l'influence que je pourrais acquérir en reconquérant mon titre et ma place au Naora, toute la puissance de l'Opale, rien de cela ne suffira à ébranler un système sclérosé depuis des millénaires, verrouillé par un clergé corrompu qui s'est arrogé un pouvoir absolu et qui ne songe qu'à accroître encore ses privilèges. Ma Danse est sans espoir, l'a toujours été, mais il fallait que je vienne ici pour m'en rendre compte. Je jure entre mes dents serrées à me les briser, puis je prends quelques amples respirations pour essayer de retrouver un brin de sérénité. Quelques mots entendus voilà fort longtemps me reviennent à l'esprit:

"La question n'est pas de savoir si vous allez mourir, ou quand vous allez mourir, Hirdams. La question est de savoir comment vous allez mourir. La tête haute, comme de dignes Fils de Sithi qui ont accompli leur devoir? Ou en vous pissant dessus comme de misérables lâches? Il n'y a que vous qui puissiez en décider."

Notre cher instructeur Nessimois, ce brave Sindel que j'ai joliment défiguré lors de la dernière épreuve du Passage. Un événement improbable qui m'a valu mon prénom d'ailleurs. Tanaëth..."Feu occulte" en langage commun. Il m'avait plutôt bien cerné en y repensant. Tout comme il avait raison à propos de cette fameuse question, c'est bel et bien un choix que personne ne peut faire à notre place. Une moue d'ironie amère prend place sur mes traits lorsque je me souviens de sa déclaration suivante:

"Quand le moment sera venu, rappelez-vous que si vous êtes là aujourd'hui, que vous avez été sélectionnés pour devenir l'élite de nos armées, des Hirdams, c'est qu'aucun déshonneur n'a jamais entaché vos prestigieuses lignées!"

La bonne blague. La trahison ignoble de mon père est encore comme une lame maudite fouaillant mon coeur, que reste-t-il de l'honneur de mon lignage aujourd'hui?

(Ce que tu en feras, Tanaëth, ni plus ni moins.)

Oui, sans doute. Je n'ai de pouvoir que sur ma propre existence, ma responsabilité ne concerne que mes propres actes et il m'appartient de faire en sorte de m'élever dans le respect de la Voie de Sithi, c'est le sens premier de la devise de notre Ordre. Je ne peux changer le passé, faire en sorte que mon père soit resté digne, mais il y a choix crucial qui m'appartient: accomplir mon devoir ou me conduire comme un lâche en me lamentant sur ce qui n'est pas en mon pouvoir plutôt que d'agir. Et la seule idée que quelqu'un puisse dire un jour de moi, avec raison, que j'ai été un lâche me révulse et me mortifie. Trop d'orgueil peut-être, mais qu'importe, c'est aussi une force qui me permet de retrouver mon courage défaillant.

(Bien. Allons sortir Brëanal de ce cauchemar, pour commencer.)

Joignant le geste à la parole je m'enfonce plus avant dans les profondeurs de Raynna, d'une démarche plus résolue qu'elle ne l'a été depuis mon arrivée. Je vivrai pour voir ce bagne fermer, ou je mourrai la tête haute en me battant pour que cela advienne.

_________________

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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