L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Temples
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2009 19:30 
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Au moment où nous pénétrons tête la première dans le fluide, j'ai l'impression qu'il s'éteint, trop instable pour tenir ne serait-ce qu'une seconde de plus. D'un regard je m'assure que j'ai toujours mes pieds, peur idiote qu'ils soient restés sur l'autre monde. Le voyage est différent des autres, l'impression que le Hithlui Annon lui-même ne sait pas où nous conduire. En un instant, un malaise me prend, me donnant envie de vomir sans pouvoir le faire. L'impression désagréable d'être bloquée entre partout et nulle part. Les ondes que me renvoit Lirelan vont dans ce même sens, j'ai peur soudain d'être entrée dans un fluide mourrant, celui-ci ayant disparu sans me laisser de route avant de m'avoir conduit à sa fin. Le desespoir entre dans la moindre parcelle de mon corps, peur de mourir ici, bloquée définitivement dans le néant absolu d'un fluide.

Puis soudain la libération, la brusque accélération qui me mène vers ma destination. Le froid recommence à m'envahir de la tête aux pieds, tandis que ma vision disparaît pour laisser place à une obscurité grandissante. Seule la sensation de déplacement rapide, plus rapide encore que sur un aynore, frôle ma peau nettement plus sensible qu'avant. Nulle ôdeur ne semble me parvenir... Je parviens soudain à détecter un ôdeur très familière, celle de la terre après la pluie, celle de l'herbe. Je sais où je vais, persuadée de rentrer chez moi. Dans ma bouche, le goût de la viande me paraît plus précise, je parviens à détecter un goût de bois, d'hêtre sur ma viande. Je ne peux plus en douter, c'est bien du hêtre. J'ouvre les yeux et parviens à détecter dans le noir absolu la clarté du temple de Yuimen.

C'est à ce moment précis que j'arrive dans le temple même. Ou plutôt dans son hall, devant l'elfe doré. C'est avec un bonheur non-dissumulé que je me reçois pour une fois presque correctement, enfin si on excepte le sac éparpillé au sol et la lanière de viande toujours dans ma bouche. Je la coupe rapidement et la range dans ma cape, me rendant compte de l'impression que je donne ainsi. Sans lever la tête, je ramasse rapidement mes affaires que je range dans mon sac pêle-mèle. Mais alors que je finis tout juste une chose me paraît étrange, un gros morceau de pierre à mes pieds. Je me retourne vers la porte, celle-ci était massive, altière... Etait est bien le terme, il n'en reste pour ainsi dire plus rien d'autres que les morceaux de rocher à mes pieds.

Manifestement, il y a eu un combat ici. Siril a dû arriver ici, du moins si elle n'a pas tenté de me piéger en m'envoyant en Enfers, ou pire d'ailleurs, mais je n'en vois aucune trace, nulle part. Qui a pu faire de tel dégât à ce lieu? Je me retourne de l'autre coté, l'Ermansi est toujours là, lui, mais très affaibli, ce qui ne fait que confirmer mon impression, il y a eu un mort ici, mais je ne vois pas le cadavre...

(Enfin déplacer des fluides n'est pas non plus de tout repos...)

Je me redresse devant le garde du temple. Le combat a dû être rude pour avoir mis cet elfe dans cet état, vidé de toute magie. Il sourit en me regardant avant de fermer les yeux, son faciès adouci.

« Elle est partie. Elle s’est enfuie. »

La nouvelle me consterne. Sans qu'il me dise de qui il s'agit, je sais qu'il parle de Siril. Ainsi, c'est bien elle qui a fait ce carnage. Le silence s'installe tandis qu'il me scrute de bas en haut et de haut en bas. Pour ma part, je tente de concevoir ce que signifie avoir une elfe comme elle en liberté, prête à tout pour me tuer. Lirelan avait raison, la prophétie n'est qu'un futur possible, j'aurais été dans un monde autre que ce sanctuaire, je serais morte pour rien. Mais, au-delà de ces considérations, reste un douloureux sentiment d'échec.

(Tu n'aurais rien pu faire, Lothindil, rien.)

« Cette disciple de Léona est trop puissante pour toi. Tu courrais un grand danger en l’affrontant directement. Fort heureusement, tu sembles indemne… C’était folie que de t’envoyer la tuer, seule et sans renseignement. Ta mission est un échec. Non pas parce que toi tu as échoué, mais parce que je n’ai pas réfléchi à l’implication de tout ceci. La seule chose qui compte, c’est qu’elle n’ait pas réussi : tu es toujours en vie. »

Les paroles du Doré me réconforte un peu, mais un échec que ça soit de sa part ou du mien ne change rien à la conséquence. Elle est libre et en pleine possession de ses moyens.

« Elle est ton ennemie, et tu devras prendre garde, Lothindil. Elle ne te laissera pas, elle continuera à te pourchasser… Mais sa déroute te laisse un peu de temps pour brouiller les pistes. Lothindil, es-tu prête à rencontrer Yuimen ? Es-tu prête à être sacrée Gardienne de son être, sa représentante parmi les peuples mortels ? »

L'Ermansi arrive à la même conclusion que moi, c'est une adversaire que j'aurais à affronter à nouveau un jour ou l'autre. En revanche, ces deux dernières questions ravivent en moi un sentiment de fierté des plus étranges et des plus agréables.

"Oui, je suis prête. Cependant, laissez-moi quelques minutes, le temps que je puisse réparer au moins une partie des dégâts. Vous n'êtes pas en état de le faire, manifestement."

(Tu fais quoi là?)
(Mes preuves...)
(Et tu comptes faire quoi?)
(Réparez la porter, pourquoi?)
(Et tu comptes le faire comment?)
(Avec ton aide et de la magie.)
(Si tu y tiens, tu pourras en partie...)

Je prends les plus grosses pièces de pierres et commence à jouer à un puzzle approximatif, remettant en gros les morceaux sur ce qu'il reste de la porte. Je me concentre ensuite pour lancer ce qui me permettra de ressouder les blocs de roche ainsi employé. Petit à petit, je parviens à m'enfoncer dans la matière brute et telle une fourmie, je me met à découper les liens que je vois. Ainsi, je rends la matière plus souple, maléable. Le travail est long et fastidieux et il me faut toute l'aide de ma faera pour ne pas faire d'erreur grave, qui rendrait la structure trop instable et risquerait de faire s'effondrer ce qu'il reste du portail massif.
Découper les liens, ça permet de retravailler, mais pas de reconstruire une porte. Il me faut maintenant refaire les liens, mais autrement de manière à ce que tout soit à nouveau soudé comme ce l'était avant. Cette étape n'est pas moins fastidieuse que la précédente et nécessite une précision certaine. Le risque étant de laisser une faille à l'intérieur de la structure, la rendant fragile. Lirelan à nouveau est là pour me guider dans la reconstruction de la porte, de manière à lui rendre son aspect et sa solidité monolytique d'origine.
Après un dernier lien retouché, je finis par sortir de la structure pour adminer mon oeuvre. Certes, elle n'est pas aussi belle qu'elle l'était à l'origine, mais à défaut elle est réparée et presque aussi solide que l'ancienne. Satisfaite du résultat, je me redresse et me retourne vers le doré:

"Maintenant, je peux y aller."

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 Sujet du message: Re: Les Temples
MessagePosté: Sam 5 Sep 2009 01:11 
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Au moment où j'ai prononcé ces mots, l'ermansi s'est effacé pour me laisser pénétrer au coeur du domaine de Yuimen. Une grande salle se dessine devant mes yeux. Moi qui me croyais si forte, en cet instant, je sens mes jambes qui se dérobe. Je ressens l'appel de la forêt, un appel puissant qui fait vibrer la moindre particule de mon corps transit. Ce n'est pas la peur qui me ronge, ni aucune forme de crainte d'ailleurs, c'est un sentiment tout autre.
(Est-ce que les rois ressentent la même chose au moment de leur sacre?)
(Peut importe les rois, avance.)
(Juste une question.)
(Oui?)
(Est-ce que tous les gardiens sont venus ici se faire sacrer par Yuimen?)
(Non, avec Nuilë, ton père et Leona... Vous êtes les seuls, à ma connaissance.)
(Pourquoi nous?)
(Tu pourras lui demander, si tu veux.)

Avancer, même le combat contre le golem me paraissait plus simple que de faire les dix pas qui me séparent de la porte. Je finis cependant par les franchir, pénétrant au coeur du sanctuaire divin. Ce lieu respire entièrement la terre, comme si le fluide primaire, celui créateur du monde se trouvait en ces lieux et avait pénétrer les murs. Au centre, un magnifique jardin se déploie dans toute la richesse florale du plus beau des printemps. La tension qui s'était accumulée finit par s'évaporer. Une paix s'empare de l'entièreté de mon être, je vis un véritable rêve éveillée où seul mon élément domine. L'ambiance, contrairement à mes comas est plus paisible, moins torturée.
Il s'approche, dans toute sa majesté. Yuimen... Non pas le Yuimen de mes rêves et de mes cauchemars, mais le seul, l'unique et le véritable. Il me domine en stature, même si je ne suis pas petite. Il est tout de cuir vêtu tandis que sa cape semble être faite entièrement de feuilles. Son visage est celui d'un elfe doré fin et racé, encadré de long cheveux bruns aussi fins que ceux d'un enfant. Mais c'est moins son physique que son aura qui m'éblouit. Il n'est pas comme moi, il est au-delà de tout ce qui est croyable. Son être n'accueille pas la terre comme c'est mon cas et celui des magiciens, Il Est la terre. Je m'effondre, genou à terre devant toute cette magnificence.

"Relève-toi, Lothindil et approche."

La voix est douce et chaleureuse, le genre de voix qui pourrait faire avancer un mourant au combat, qui pourrait redonner espoir et courage aux plus désespérés. On ne peut qu'obéir aux ordres intimer par une voix comme celle-ci. La voix est-elle ce qui distingue les dieux, des mortels? J'obtempère donc et me lève avant de m'avancer. Mes yeux ne l'ont pas quitté, à aucun moment, ce qui ne m'empêche pas de sentir une présence tout autour de nous.

"N'aie aucune crainte, ce ne sont que des disciples."

Je m'avance donc jusqu'à être à quelques pas à peine de mon Dieu. Il me dépasse en effet de près d'une tête. Sa majesté m'envahit et tétanise mon être, je me sens, en cet instant, incapable de faire le moindre geste sans son ordre. Lirelan m'intime de m'agenouiller sur la couverture de feuilles à mes pieds. Ce que je fais immédiatement. Yuimen lève alors une main, de manière à être vu par tous. Un chant profond retentit dans la salle, celui-ci est à la fois puissant et sourd. La langue est ancienne, peut-être plus que les mortels eux-mêmes. Le chant semble sortir de la terre et les arbres autant que les fleurs tout autour de moi le reprennent pour l'amplifier. Il semble m'envahir de la tête au pied, tout mon corps l'accueille tandis que mon esprit s'y soumet sans la moindre résistance. Mon corps et mon âme semblent se dissocier, je ne m'appartiens plus en cette heure-ci. Plus que jamais, je ne suis pas de ce monde, je n'appartiens plus à ma race, ni à aucune autre. Je n'appartiens plus à personne d'ailleurs. Aucun mortel en cet instant ne peut prétendre à mon âme.

Le chant redouble d'intensité tout autour de moi, tandis que tous les fluides de mon corps se régénèrent brutalement, envahissant mon corps d'une puissance qui m'était inconnue jusqu'alors. Tous mes sens sont en alerte, les mêmes sensations que celles lors de la traversée du fluide pour revenir en ces lieux. Je sens le moindre brin d'herbe caressant ma peau à travers mes vêtements. La musique envahit mes oreilles créant des lumières dans mon esprit même, des tâches brunes. Des odeurs viennent naître à mon nez aiguisé, la terre reste celle prédominante, même si toutes les fleurs autour de moi révèlent autour chacun leur parfum unique. Le goût n'est pas en reste car l'air touchant ma langue déploie brutalement toutes ses saveurs. Bien que n'ayant pour ainsi dire pas manger de la journée, je me sens rassasier, tant physique que spirituellement. Au moment où je réouvre mes yeux, ce sont les auras qui viennent s'incruster dans ma vision des choses et des êtres. Tous ici ont une aura terreuse d'un brun vert brillant, moi y compris d'ailleurs. Je suis dans un univers à part, où tout n'est que terre.

Le chant ne s'arrête pas, semblant rythmer l'entièreté de ma vie. J'en viens à me surprendre de penser que si l'incantation musicale s'arrêtait, mon coeur s'arrêterait immédiatement. Tout mon corps vibre au rythme de cette musique. La musique et l'ambiance profondément mystique vient entrer en résonance avec âme. J'ai l'impression en cet instant de n'avoir vécu mes 100 dernières années que pour être ici et pour vivre cette cérémonie. Je suis dans un état proche de la transe, incapable de réagir. Je me laisse faire totalement dans cette cérémonie. Un être voudrait me tuer, il pourrait le faire sans que je réagisse. Mais l'impression dominante est celle d'une soumission totale mais aussi d'être protégée jusqu'au coeur de mon être.

Puis toute la musique s'arrête soudain, sans que la magie du moment ne fasse de même. Un silence reposant s'installe et semble durer une éternité. Comme si Zewen en personne avait stoppé le temps pour cette cérémonie. A l'aide d'une liane, Yuimen me prend mon bâton de magicien, une autre vient cueillir mon épée chantante dans son fourreau. Il prend ma lame en premier et passe sa main gauche gantée dessus.

"Astinor! Toi qui a vaincu les éléments, viens à moi!"

Dans un feulement, une énorme panthère jaillit de la lame de cristal. C'est Astinor, l'âme de mes épées depuis mon retour de la tour élémentaire. Celle qui m'a permis de vaincre ma peur de l'eau. Astinor, la panthère, l'âme guerrière qui anime mon bras. Elle représente le coté animal de la terre, là où je représente les plantes. Loin de nous opposer, nous nous complétons dans une symphonie meurtrière pour les opposants à Yuimen. Astinor vient se coucher à mes cotés.

"Gardien!"

Un des disciples encapuchonné s'avance d'un pas, rompant le cercle. L'aura autant que la profonde capuche me cache qui est l'être.

"Gardien, approche-toi et regarde!"

Le disciple s'avance, lentement, à pas calculé. Son allure ne fait que renforcer l'aspect cérémoniel du moment tandis que le chant reprend lent et assourdi, à peine est-il musé par les dizaines de disciples rassemblés. Le "Gardien" s'arrête à à peine quelques pas de moi. Il me regarde, mais son aura me cache ses yeux et son visage, à moins que ça soit tout autre chose.

"Gardien, vois ce qu'est devenu ta fille."
"Je vois."

Mon coeur fait soudain un bond, comme s'il avait raté un battement. C'est mon père, il est présent à cette cérémonie. Pourquoi cela me paraît-il tellement exceptionnel? Après tout, il est le gardien de Yuimen. Il fait tomber sa capuche, dévoilant ses cheveux d'un blanc de neige et son visage d'argent.

"Vous tous autour de nous. Voyez vous aussi!"

Le cercle se rompt alors, tous les disciples, un à un, passent devant moi et s'inclinent avant de rejoindre leur place. La panthère reste sans bouger, sa queue battant sur mes pieds. Le cercle se reforme, toujours au rythme de la mélodie toujours muser par tout ceux présents. Je suis toujours dans un état proche de la transe profonde et le cérémoniel vient prolonger cet état dont je ne parviens à me défaire. Yuimen saisit mon sceptre et le tend à mon père.

"Gardien! Pourquoi sommes-nous ici?"
"Pour l'éveil de la gardienne, Ô Yuimen le plus grand de tous."
"Gardien! Qui sera ton remplaçant?"
"Ma fille, Ô Yuimen!"
"Gardien! Tu sais quel sera ton rôle."
"Je le sais, Ô Yuimen!"
"Gardien! Es-tu certain de ta décision?"
"Je le suis, Ô Yuimen!"
"Gardien! Crois-tu que ta fille soit prête?"
"Je le crois, Ô Yuimen!"

Mon père est manifestement très ému, sa voix tremble lorsqu'il répond à Yuimen. Il tourne vers moi son regard. Ce n'est plus le père qui lance un regard tendre vers sa fille chérie, c'est le vieux maître blasé de sa vie qui passe le relai à son jeune apprenti qui revient d'un long compagnonnage.

"Lirelan! Révèle-toi à l'assemblée!"

Lirelan, qui jusqu'à présent s'était fondue dans le décor sous la forme d'une des fleurs apparaît alors sous la forme d'une fée toute de vert vêtue. Elle vient rejoindre Astinor et se pose sur sa tête.

"Lirelan! Présente-toi à l'assemblée!"
"Je suis une faera attachée aux Gardiens du sanctuaire du Naora depuis le premier qui fût Sargatrok le loup géant. Il me nomma Eratrium, la verte en sa langue ancienne. Je fus aussi la faera de Leona dont je vis la chute. Je fus la faera de Sarniam qui fût sacrifié pour avoir perpétué le culte de Yuimen sur le Naora. Je fus la faera des gardiens de sanctuaire du Naora depuis le premier jour jusqu'à ce jour."

La voix de cristal de ma faera se détache du cadre général. Elle paraît en cette heure plus immatérielle encore que d'habitude. Elle n'appartient pas à ce monde, mais à une réalité toute autre encore.
(Qu'est-elle réellement?)
(Et toi, qu'es-tu?)
Que vouliez-vous que je puisse répondre en ce moment-là précis, où tout sembla changer autour de moi.

"Lirelan! A qui es-tu lié maintenant?"
"A Lothindil, car tel est mon rôle."
"Lirelan! Est-elle la future gardienne?"
"Elle l'est, car elle fût choisie."
"Lirelan! Pourquoi elle?"
"Depuis l'enfance, elle t'est consacrée, Ô Yuimen!"
"Lirelan! Est-elle prête?"
"Elle est celle que tu marquas, Ô Yuimen. Elle est celle qui réveilla les ermites!"
"Lirelan! Serait-elle prête à mourir pour moi?"
"Elle a traversé les enfers sans t'oublier. Elle a vaincu la mort et la vie elles-même en passant les épreuves d'Inass Dera."

Le chant reprit, on sentait une bénédiction dans la musique même. Mais je ne parvenais pas à savoir si c'était une louange pour mes faits d'armes ou une bénédiction pour le futur. Puis le chant se calma à nouveau, laissant place à un silence. Yuimen s'adressa alors à Astinor en ces termes:
"Astinor! Présente-toi!"
"Je suis Astinor, l'âme guerrière qui fût enfermée par toi, Yuimen, du temps des anciennes guerres."
"Astinor! Est-elle prête?
"Les temps s'assombrissent. Tu auras besoin d'une guerrière. Elle a vécu plus de combats ici que nombreux Ermansi vivant sur Nyr."

Une dernière fois le chant repris, plus cérémoniel encore, plus puissant et plus vibrant. Bien que la langue me soient inconnues, je mêle ma voix puissante d'elfe encore jeune au choeur des disciples. J'ignore tout du chant, mais en cet instant seul compte l'harmonie du groupe. Nous ne faisons plus qu'un et nos voix se mêlent en une seule et unique voix d'une pureté extrême, comme le serait un diamant. Soudain, Yuimen rompt cette symbiose en plantant mon épée dans le sol.

"Lothindil! Qui es-tu?"
Question difficile en temps normal. Etrangement, les termes me viennent tout seuls, comme si c'était un texte répété depuis de trop longues années et qui étaient venus se graver à même mon âme dans l'attente de ce lieu.
"Je suis Lothindil, fille du Gardien du Sanctuaire du Naora. Mais en ce jour, je suis Lothindil, ta plus fidèle servante. Je suis née pour cet instant. J'ai vécu pour te servir. Je mourrais pour protéger ta foi."
"Lothindil! Pourquoi es-tu en ce lieu?"
A nouveau, la question pourrait paraître incongrue à d'autres que moi en cet instant. Mais il n'en est rien et si ma voix vacille, ce n'est point par peur d'une mauvaise raison. Seule l'émotion et le cérémoniel de cet instant fait trembler mon timbre.
"Je suis une druide accomplie. Je suis celle qui brûla la cordelette du Premier. Je suis celle qui vainquit ma peur par amour de Toi. Je suis celle qui fût marqué. Je suis celle qui réussit les épreuves de L'inass Dera. Je suis celle qui rentra et qui sortit des Enfers. Je suis celle qui fût doublement marqué. Je suis celle qui réveilla les ermites. Je suis celle qui échappa au golem de fleur et qui ramena Siril de l'île sanctuaire."
"Lothindil! Au-delà de cela, tu sais quel sera ton rôle?"
"Je le sais, Ô Yuimen mon Dieu."
"Lothindil! Es-tu prête?"
"Je le suis, Ô Yuimen."

A nouveau, le chant puissant et pénétrant. Posant un genou à terre, Yuimen prend ma main. Le contact picote légèrement et mon coeur bat toujours plus fort, je crois que je vais défaillir. Il passe son doigt sur mon arbre et celui-ci se met à briller plus fort qu'avant. Il relève alors ma manche et dessine sur mon bras un long tatouage. Celui-ci s'enroule en une liane allant du poignet au coude. Il y ajoute 8 feuilles et 7 fleurs. Le tatouage brille un instant avant de s'éteindre. Toujours en silence, juste accompagné par la longue mélopée, il frôle le diadème de mon front, celui-ci se met alors à briller d'une lumière argentée. Il continue à tourner autour de moi et passe un doigt sur le tatouage de ma nuque. Celui-ci me fait mal, mais ça reste supportable. Il frôle ma cape alors, celle-ci se met à briller comme rarement. Une fois cela fait, il retourne devant moi.

"Lothindil! Désormais, tu me serviras. Tu ne pourras prier aucun Dieu, même pas ma soeur, Gaïa. Tu ne pourras te consacrer à aucune autre magie que celle de terre, sinon tu perriras, comme est morte Leona. Relève-toi Gardienne! Prend tes armes et relève-toi Gardienne!"

Je ne peux qu'obtempérer à l'ordre. Je prends mon épée de la main droite et mon sceptre de la main gauche et me tient droite devant mon Dieu.
"Heramë Arstiran! Tu veilleras sur elle tant que les autres gardiens dorment!
Lirelan! Veilles sur elle comme tu l'as toujours fait!
Astinor! Combats à ses côtés et protège-là!"


Astinor répond en un feulement doux avant de rejoindre ma lame et de se fondre en elle.

Doucement, l'ambiance redescend tandis que la lumière semble reprendre sa place dans le lieu. Une fatigue intense me prend, mais je sens que la journée ne fait que commencer.
"Heramë, Gardienne. Restez avec moi, le temps presse."

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Dernière édition par Lothindil le Ven 20 Aoû 2010 10:38, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Temples
MessagePosté: Ven 18 Sep 2009 15:36 
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Les autres disciples quittent la salle tandis que seul mon père et moi restons avec Yuimen. Une chose étrange avait changé en moi sans que je puisse donner un nom à cette sensation diffuse. L'impression d'être plus que moi que jamais, sans être réellement moi, le sentiment d'être à la fois pareille et différente...

Yuimen nous guide dans une chambre à part où nous trouvons, pour mon plus grand plaisir immédiat, un plat chargé de nourriture et de boisson. Voilà la chose qui commençait à me manquer : un repas. Sans être une grande gourmande, ni même une grande mangeuse, j'avais besoin de mes repas plus ou moins régulier pour pouvoir fonctionner au maximum de mes capacités. Ainsi, j'avais remarqué ces derniers temps que ma magie et mon corps se régénérait plus rapidement si j'avais pu avaler un repas complet...

Nous nous asseyons tous les trois tandis que Yuimen sort un plateau de sable de je-ne-sais-où. La plaque n'est pas immense, de l'ordre d'un mètre sur un mètre, au grand maximum. Il passe la main à sa surface et semble se concentrer à peine une demi-seconde, une carte apparaît alors, en trois dimensions... Une véritable sculpture des 5 continents -Verloa inclu-.
(Nettement plus simple comme cartographie quand même...)
(On va dire que les Dieux ont une vision plus globale des choses.)

Il repasse la main dessus pour corriger des détails et, subtilité merveilleuse, mettre des couleurs à son travail.
"Voilà les îles que vous appelez Nirtim, Imiftil, Naora, Nosvéris et Verloa. De nombreuses autres îles mineures devraient venir figurer sur le dessin, mais nous n'allons pas nous en préoccuper."

D'un geste, il caresse sa sculpture de sable où apparaissent alors cinq point brillant d'une couleur dorée. Pour ma part, je l'écoute tout en mordant à belles dents dans un cuissot de bouloum rôti, mes yeux et ceux de mon père ne quittant pas la sculpture de notre monde. Jamais je n'ai vu mon monde ainsi, moi qui déteste toutes les cartes et n'y comprends rien de toute façon.

"Les points lumineux sont les 5 sanctuaires que j'ai crée de mes larmes voici plusieurs longs milliers d'années, au temps où Sithi n'avait pas formé les Sindels et où les races modernes naissaient. Celui sur cette île, seule une gardienne l'a visité, et elle est ici, c'est Iniss Dera, le sanctuaire des îles sur Verloa. Je suis son gardien depuis l'aube des temps. Celui ici -il désigne alors l'ensemble de petites îles- "est Twenan Dera, le sanctuaire du désert. Son premier gardien s'appelait Sargatrok, c'était un loup géant d'une grande intelligence. Mais il mourût sans descendance et la lignée des gardiens du Désert furent transmis aux elfes noirs. Ceux-ci cependant formaient des gardiens fort peu fiables car Thimoros avait envahi leur coeur et le coeur du désert même depuis de nombreuses années.
J'ai hésité à rayer ce sanctuaire de la carte durant un moment. Durant de nombreuses années, ce sanctuaire a été oublié et nul n'en fût plus le gardien. Puis les gardiens de Yuimen arrivèrent sur l'archipel, on les nommait les "Hafiz" à cette époque-là. Mais ils ne pouvaient être des gardiens de mon sanctuaire car leur coeur, malgré leur nom, est dédié à Gaïa depuis l'aube des temps.
Puis sont arrivés les Sindels, les peaux de pierre comme ils furent nommés par les indigènes du Naora. Ce furent eux que je choisis alors pour veiller sur ce sanctuaire. Ils ne trouvèrent Twenan Dera que de nombreuses après leur arrivée, mais je n'étais pas pressée. Les Sindels avaient eux aussi un défaut par rapport aux Dieux, ils ne croyaient qu'en une déesse unique, Sithi leur créatrice qui avait perdu tout pouvoir à la destruction de leur ancien monde.
Plusieurs millénaires avaient dû passer avant qu'ils adoptèrent, relativement du moins, les religions de notre monde. Ce furent les Gardiens qui leur transmirent nos croyances, ainsi que ceux de Nirtim quand ils eurent les aynores. Je faisais preuve de patience à cette époque-là, ce qui fût mon erreur. Une menace planait sur l'équilibre du monde alors et je décidais de ne pas m'en soucier dans l'immédiat. J'avais trois gardiens prêts à être éveillés alors, mais il en fallait quatre, je le savais. J'ai dû alors au dépend de toutes les lois du monde intervenir. Je précipitais le réveil de Leona au rang de Gardienne du Twenan Dera. Mais elle sombra aussi vite qu'elle s'était éveillée et là était mon erreur, mais il était trop tard pour faire autre chose."


Il fait alors une pause et me fixe droit dans les yeux. Je soutiens que difficilement son regard d'or, mais il me pousse mentalement à tenir, au-delà de mes limites. Ses yeux d'un or pur me transperce aussi sûrement qu'une épée au fil tranchant. J'ai l'impression d'être mise à nue, mais au plus profond de mon âme. C'est une mise à l'épreuve, j'en suis consciente, peut-être veut-il voir si le sang de Leona n'est pas trop puissant en moi et que c'est celui d'un être tout autre qui résonne dans mes veines et dans mon propre regard. Soudain, il relâche sa pression mentale et me laisse enfin détourner mon regard qui plonge rapidement dans le verre d'eau devant moi, comme s'il voulait s'y noyer.

"J'espère ne pas m'être trompé cette fois-ci."

Cette simple phrase résonne dans mon être autant comme une menace, qu'un défi ou qu'une marque de confiance, sans que je puisse déterminer lequel prédomine. Un frisson me parcours de la tête au pied à l'idée qu'il se soit trompé, aux conséquences que cela aurait sur mon être entier et sur le monde autour de nous. Yuimen se retourne alors et prend ce qui ressemble à un vieux grimoire sur une tablette et me le tend.

"Voici le livre de Leona. Ce manuscrit a été écrit de ma main à l'aide de la seule personne encore en vie qui ait suivi les traces de Leona, celle que tu nommes Lirelan."

Je m'essuie rapidement les mains encore dégoulinante de graisse de viande avant de prendre en main le livre que, plus par réflexe que par autre chose, j'ouvre. A ma plus grande surprise, le livre est vide, totalement vide. Les pages sont là, certes, mais aucune écriture quelle qu'elle soit ne vient les noircir.

"Ne cherche pas le texte, il est écrit dedans, mais seule Lirelan a le pouvoir de le révéler. Il te faudra faire attention à ce qui est écrit dedans. Cela évitera, je l'espère, de te perdre comme Leona l'a fait."

Yuimen me laisse le temps alors de ranger le précieux manuscrit dans ma besace avant de revenir à sa carte du monde.

"Les trois autres sanctuaires sont Kartiran Dera, le sanctuaire des forêts sur Nirtim. Son Gardien est une ancienne Dryade dont tous ont oublié le nom. Il est le dernier de sa race. Il est désormais le gardien de l'Ermitage."
"Nuilë?"
"Le secret, c'est ainsi que tu l'as nommé? Ce nom lui convient bien."
"Qui est-il réellement?"
"Tu m'as déjà posé cette question et je vais t'y répondre à nouveau : Il est une dryade, le dernier membre de cette race ancienne en vérité. Les dryades sont des immortels en quelques sortes, ils doivent régulièrement fusionner avec les arbres pour reprendre leurs forces et leur jeunesse. Cependant, il y a de cela des centaines d'années, la race a été détruite entièrement, en partie par la faute des orques, en partie par leur immobilisme."
"J'avais crée cette race pour protéger le Kartiran Dera, et ils en moururent, tous. Mais ils avaient réussi leur mission et le sanctuaire est aujourd'hui épargné de la noirceur d'Oaxaca."
"Qui sera donc son nouveau gardien, si le Premier devient gardien de l'ermitage et pourquoi, vu son âge, il ne peut devenir le gardien du Sanctuaire, à nouveau?"
"La réponse à tes deux questions se trouvent loin dans l'histoire du monde. A ta seconde question, je dirais que les gardiens sont toujours un shaman, un coureur de plaines, un druide et un géomancien. Ta fille étant une druide dans toute la force du druide, le Premier ne peut être gardien, car lui aussi est druide. A ta première question, un membre de son sang se réveille à l'heure actuelle."
"Saraki! Sa fille est shamane et non druide."
"Cela se pourrait. Mais qui était alors Gardien du Kartiran Dera du temps de Leona? Si je ne me trompe, elle aussi était une druide."
"Elle se nommait Yastriëm, elle avait le pouvoir de guider les animaux. Elle était la fille du Premier, une dryade comme lui. Elle fût sauver du massacre du sanctuaire parce qu'elle était en guerre contre Oaxaca... Mais elle fût sacrifiée pour la vaincre."

La discussion continua ainsi encore longtemps. De nombreux sujets furent abordés, mais l'essentiel tournait toujours autour des mêmes sujets : les sanctuaires, Oaxaca et les Gardiens de Yuimen.

"Il y a encore quelques petites choses qu'il te faut savoir. Tout d'abord, où il te faut aller. Va jusqu'à Twenan Dera et prend possession du sanctuaire dont tu es la gardienne. De nombreuses choses t'apparaîtront différentes après, ta perception changera à propos du monde ou des personnes, mais c'est une nécessité. Il te faudra ensuite réveiller les autres gardiens. Pour cela, tu devras absolument te rendre dans les trois autres sanctuaires, celui de Nosvéris, de Nirtim et de l'Imiftil. Tes sens aiguisés te permettront de savoir qui tu dois chercher, Lirelan t'aidera à le localiser.
Ensuite, avant de partir, je te conseille de passer Aer' Nistral. Je ne te mentirais pas en te disant qu'il est le meilleur forgeron de Nyr, mais, à défaut, lui acceptera contre monnaie de te faire des équipements de qualité. Je doute que Meno accepte aussi facilement et tu n'as pas de temps à perdre.
Enfin, lors de la cérémonie, j'ai inscrit un long tatouage, qui est invisible pour l'instant. La puissance que tu as senti alors, c'est celle de la magie pure. Elle te sera nécessaire, mais je ne peux te la fournir seul. Il te faudra faire l'ordalie pour cela. On viendra te chercher demain, tiens-toi prête."

"Je ferais alors ainsi, Ô Yuimen."
"Heramë, accompagne ta fille, au moins jusqu'au premier gardien..."
"Je ferais ainsi, Ô Yuimen."
"Allez, maintenant. Gardienne, sois prête demain, dès l'aube. J'ignore à quelle heure se passera l'ordalie."

Nous saluons avant de quitter la pièce...

(((Vers les passerelles)))


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