L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 91 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Ven 21 Juil 2017 18:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 16 Juin 2015 11:48
Messages: 4202
Localisation: Sur la planête Aliaénon
Daemon, assaillit par le désespoir et la confusion, était effondré au milieu du sable. Il ne comprenait plus rien. Les explications du Sans-Visage avaient soulevé plus de questions que de réponses. Il doutait de l’intérêt de cette lande et de la pyramide, qu’il supposait parente avec le Chaos d’Ethel’Ar, et il doutait des intentions de l’être avec qui il conversait. Ce n’était manifestement pas une créature comme les autres ; par ses connaissances, sa présence dans un lieu aussi inhospitalier et aussi son apparence... Elle agitait ses masques avec une étrange indolence, une élégance magnétique, par mouvements fluides qui ralentissaient doucement lorsqu’elle s’apprêtait à prendre la parole.

Les masques réagirent d’ailleurs à ses questions. Le Sans-Visage s’arrêta sur Ethel’Ar et ses constructions, en confirmant son pressentiment sur leur lien avec la structure de la lande, qualifiée de résurgence. Selon lui ces édifices ne seraient pas des constructions à proprement parler. Elles seraient apparues d’elles-mêmes, par la simple présence des titans, sans but précis, mais elles influenceraient des territoires entiers. Ainsi les règles de ce monde auraient basculé lorsque les titans s’éveillèrent, indépendamment de leurs secrètes volontés.

Azraël posa une main sur l’épaule de Daemon pour le féliciter d’avoir fait le rapprochement ou parce qu’il craignait un autre de ses emportements.

« Leurs tailles sont différentes, leurs formes aussi, mais un point commun persistait : leur étrangeté. »

Le Sans-Visage affirma ensuite qu’il n’y avait pas « d’autre côté ». Le monde des vivants et celui des morts seraient superposés, comme calqués l’un sur l’autre. Jadis les esprits pouvaient vaquer à travers Aliaénon, mais depuis l’éveil des titans, ils seraient forcés de venir, prisonniers sur les terres de mort. Il admit enfin n’avoir aucune emprise sur ce phénomène, mais il précisa avoir un contrôle sur les âmes. Il pouvait communiquer avec les esprits, les manipuler, mais aussi arracher la vie ou la restituer d’une simple pensée…

Daemon leva les yeux vers le Sans-Visage. Il commençait à le croire, tout ceci était trop gros pour être inventé, et sa condition de mort-vivant le rendait probablement plus réceptif, moins enclin à la résistance. Il n’était plus sur Yuimen et les choses avaient changé, tout avait changé.

« Les Titans portent bien leur nom… Il est effrayant d’imaginer des êtres dont la seule présence érige des monuments, influe sur le caractère des fluides, de la magie et même… sur la mort. Je me sens insecte au milieu d’un troupeau de géants. »

Le Sans-Visage s’empressa ensuite de répondre aux inquiétudes fiévreuses d’Azraël en confirmant la présence affairée de son peuple, sous la terre, et il l’invita à aller les rejoindre, non sans le mettre en garde contre de mystérieux changements. Le nécromancien, dont la curiosité envers les explications précédentes avait nuancé ses soucis, semblait prendre une posture plus prudente, premièrement parce qu’il parlait avec une infinité de précautions, mais aussi parce qu’il ne paraissait plus aussi enthousiaste à rejoindre les siens. Surement craignait-il une abominable découverte. Il paraissait très attaché aux Ol’Toga et l’issue de ce changement, l’évolution subite d’Aliaénon, le plongeait dans l’appréhension.

Enfin, le Sans-Visage se tourna une nouvelle fois vers Daemon, pour reprendre d’un ton las et agacé ses questions précédentes sur son identité. Il ne voulait pas prendre le temps de raconter son histoire. Il se confirma encore une fois de par sa simple appellation, sans même se qualifier autrement, et il affirma ne pas craindre la présence des titans, mais ne pas la souhaiter. Se resserrant sur les circonstances, il avoua ridicule l’obstination du Conseil d’Or à son égard, l’organe aurait été corrompu par l’influence de Naral, en son sein, qui aurait besoin d’un bouc émissaire afin de créer des préoccupations provoquant assez d’agitations pour dissimuler ses propres desseins. Le dragon mauve aurait employé une vieille histoire pour le discréditer, une vengeance datant de plusieurs siècles, au moment où les titans se seraient éteints. Il se défiait donc, très clairement, de Naral Shaam, tout en affirmant se sentir concerné par les affres du monde.

Daemon qui était toujours prostré au sol, du en convenir par sa présence prévenante et ses rapports avec les Ol’Toga. Mais l’ombre de la pyramide persistait derrière lui, une envie lancinante d’aller la retrouver, mettait indiciblement ses paroles en doute. Ce protagoniste n’essayait-il pas de les détourner de leurs objectifs ? Son éloquence était hors de toute critique et peut-être les manipulait-il. Pourtant, il y avait des relents de vérité dans ses propos qu’il voulut croire…

« Je comprends pourquoi Naral était si mystérieux. Lorsque je le questionnais trop intimement, il détournait la conversation avec cynisme. Enfin, vous détournez aussi les questions cruciales, à votre façon. Je comprends que vous en ayez aucune obligation, mais je veux savoir. Je veux comprendre ce qui se passe réellement… »

Il se releva en époussetant ses vêtements. Sa peau grisâtre contrastait avec l’éclat violet de ses yeux, qui supposaient le retour d’une volonté.

« Vous dites que nous avons été envoyés dans ce monde pour servir l’écran de fumé de Naral. Nous pensions pourtant agir de notre propre volonté. Notre dévotion nous a poussé à explorer ses terres pour comprendre et corriger les fluctuations anormales dans la mort. Cependant, arrivé ici, vous exposez notre impuissance, car ces changements ne seraient que la résultante de l’incommensurable puissance des titans… et, en plus de cela, nous ne serions que des petits pions sans couleurs disposés sur l’échiquier vous séparant de Naral ? »

Scrutant son interlocuteur à la recherche d’un regard, d’un indice sur son âme, Daemon entra dans une profonde réflexion. Sa compréhension de la situation s’était élargie et l’idée de s’être sacrifié pour des fables lui laissait un goût de cendre dans la bouche. Il devait s’acoquiner avec le Sans-Visage, il n’avait pas le choix. Il était à présent mort et même s’il évoluait toujours consciemment, parmi les vivants dans son corps devenu insensible et terne, cela n’était que temporaire. Dans quelques jours il s’écroulera et son âme repartira, diluée dans l’air, et prisonnière de la lande. Bientôt il sera privé du royaume de Phaitos et enchainé pour l’éternité. Cette perspective lui glaçait le sang, déjà à demi-coagulé.

« Je vous propose de vous croire et de partir à la rencontre des Ol’Toga comme l’aspire mon compagnon. Mais j’en veux plus. J’ai besoin de preuves concrètes. Alors je vous propose un marché, ou plutôt un test, vous permettant de montrer la véracité de vos pouvoirs et de vos propos. Je vais faire demi-tour et entrer en contact avec la pyramide. Une fois fait, et de nouveau mort, j’aimerais la contempler de l’autre côté, et enfin, vous intervenez pour annuler son influence afin de regagner mon corps. Si vous ne le faites pas, mes compagnons pourront mettre en doute vos vérités. Mais si vous vous y employez, alors j’accorderais tout crédit à votre cause, et de vos pouvoirs, j’admettrai l’apparente et locale divinité, vous reconnaissant comme maitre de la mort, en ses terre égal de Phaïtos, et je vous accorderai mon allégeance. »

Sans attendre sa confirmation, mais à l'écoute de la moindre réprobation, Daemon commença à se diriger vers le monolithe. Si le Sans-Visage acceptait l'échange, alors il pourrait avoir la confirmation de ses pouvoirs, mais il pourrait aussi répondre à, et assouvir, l'appel de la lande, tout en observant l'apparence de son interlocuteur à travers le filtre de la mort. Son seul soucis restait le maintient du sortilège d'Azraël, mais cela en valait la peine, car sans dieu envers qui se dévouer, son existence demeurait vide.


- 1200 mots -

(((Daemon va tripoter la pyramide, sauf si le Sans-Visage refuse manifestement le deal. S’il meurt, il observera l’apparence de la pyramide, mais surtout celle du Sans-Visage. Aussi, demande de commentaire sur la forme.)))

_________________
Image
Multi : Erastos, Meraxès
Thème : Catacombae - Mussorgsky


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 08:59 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Oct 2014 20:24
Messages: 21604
Localisation: Aliaénon
Anastasie suivit Azra et Daemon à travers la brume pendant ce qui lui sembla uniquement quelques minutes. Pour autant, le voyage dura en réalité des heures. Peut-être était-ce la puissance qu'engrangeait petit à petit Zekiel, peut-être était-ce la proximité de la mort, omniprésente en ces terres, ou peut-être était-ce un savant mélange de ces deux faits, mais à mesure qu'elle avançait sur ces landes maudite, la jeune femme perdait pied, son esprit s'embrumant comme il avait déjà pu le faire à quelques reprises auparavant. Une chose était certaine, quoiqu'il en soit : la puissance du parasite qui infestait son corps ne diminuait pas en Aliaénon. Peut-être même gagnait-il du terrain grâce à leur localisation ; après tout c'était Anastasie qui était exposée aux lois de ce monde, si différentes de celles de Yuimen, elle qui voyait ses fluides malmenés dès qu'elle faisait appel à eux. Il n'aurait pas été surprenant que son système de défense mental n'en pâtisse et explique l'avancée inquiétante de l'Ombre dans son esprit.

Mais peu importait, à ce moment là, les raisons de la puissance de Zekiel. Le fait était qu'il réussissait à affaiblir son esprit au moment où elle avait besoin qu'il soit à l'affût, prêt, et c'est ainsi que la jeune femme se laissa traîner silencieusement à travers les Landes Tanathéennes par les deux mages noirs. Même lorsqu'ils arrivèrent à ce qui semblait être leur destination, elle ne se réveilla pas de ce qui semblait pour elle être un lointain rêve. Ni la puissance de la mort qui les entourait, ni sa soif, ni la présence de Zekiel ne l'aidaient à se concentrer, à combattre la léthargie qui l'habitait, quand bien même le but même de leur quête sur Aliaénon semblait lui-même se tenir devant eux, les honorant de sa présence sans même qu'ils n'aient à le chercher. Pour autant elle entendait ce qu'il se disait, les échanges entre Daemon, Azra et celui qui semblait être le Sans-Visage. Elle ne parvenait simplement pas à traiter les informations qui venaient à elle convenablement, regardant la scène d'un œil distrait. Une migraine irradiait son crâne, la voix de Zekiel occupait ses pensées ; peu importait à quel point elle écoutait la conversation qui se déroulait devant elle, elle n'arrivait simplement pas à lui donner une quelconque importance.

( Sens l'odeur de la mort qui t'entoure, ) murmurait une voix éthérée qu'elle ne connaissait que trop bien. ( Sens l'odeur de ces âmes torturées qui ne peuvent se reposer. )

La tête d'Anastasie tourna de manière vertigineuse. La mort. Les âmes. Oui elle les sentait, sans aucun doute. Quoique ce n'était pas tant d'un point de vue olfactif qu'elle ressentait leur présence nauséabonde et néfaste. Mais la mort l'assaillait de toute part, visiblement fâchée de la voir lui résister avec tant d'affront, elle qui appartenait au monde des vivants ; il lui aurait été difficile alors de ne pas sentir ces âmes, torturées comme semblait le penser Zekiel, qui rôdaient inlassablement dans ces Landes putrides.

( Elles veulent que tu les rejoignes, ) susurra de nouveau la créature parasitaire. ( Que tu ne fasses plus qu'un avec elle. )
( Tu les rejoindrais également, ) fit remarquer la théurgiste.

Les interventions de Zekiel semblaient la réveiller quelque peu, lui permettant, si ce n'était de se concentrer sur ses alentours, de lui répondre à lui qui logeait directement dans son esprit.

( C'est possible, ) rétorqua la voix éthérée. ( Je ne sais pas exactement quel effet cela aurait sur moi. )
( Tu es prêt à courir le risque ? ) demanda-t-elle.

C'était une véritable question, loin de toute tentative de moquerie ou de provocation. Et Zekiel répondit sur le même ton exempt de toute animosité.

( Non. Rester bloquer ici me semble bien pire châtiment que de retourner sur l'Enfer de Yuimen. )

Anastasie comprenait ce que cela impliquait. A mesure que l'Ombre lui parlait, les paroles du Sans-Visage prenaient peu à peu plus de sens, se remettant dans l'ordre, lui revenant à l'esprit comme des souvenirs de moins en moins confus ; il n'était plus en train de l'embrumer, bien au contraire : il faisait de son mieux pour combattre la fatigue et la douleur qui restaient encore une barrière au cheminement de ses pensées. Car si toute âme qui se retrouvait perdue en Aliaénon était appelée de force en ces lieux, alors il y avait une probabilité pour qu'il soit également emprisonné ici à la mort de la jeune femme. Ainsi, s'il restait un danger pour le contrôle de son corps, Zekiel ne ferait rien pour la laisser mourir, pour lui faire commettre un mauvais pas en situation de danger. Il se retrouvait dans l'étrange position de devoir la préserver autant que l'agresser.

Grâce aux efforts joints des deux ennemis, la brume se leva bientôt presque intégralement de l'esprit d'Anastasie. Mais c'est un autre fait qui vint définitivement l'éveiller à ses alentours : son bouclier magique, seul rempart à la mort en ces lieux, diminua d'une seconde à l'autre de manière drastique, infligeant un lourd choc à la jeune femme, qui, s'il ne lui fit pas du bien, eut le mérite de définitivement la ramener à la réalité. La mort la voulait et, si elle restait passive, finirait par l'avoir.

Pour autant, elle ne pouvait pas, surtout dans son état, précipiter un second sort. Elle avait eu l'occasion de voir à quel point une telle action pouvait être dangereuse lorsqu'Elysea avait inopinément déchiqueté le Chevalier d'Or qui les accompagnait jusqu'alors. Cet homme qui, quelques jours plus tôt, lui avait semblé si vaillant et expérimenté, et dont les talents avaient été vantés par le Conseil d'Or, avait finalement trépassé avant même d'avoir su prouver son utilité.

Maintenant bien réveillée et exemptée de l'influence néfaste de Zekiel, retourné à l'état de simple spectateur, Anastasie attrapa sa gourde pour boire une bonne portion d'eau, se désaltérant jusqu'à plus soif pour regagner un tant soit peu d'énergie. Avant de lancer un sort, elle devait mettre de l'ordre dans tout ceci. De l'ordre dans ses idées d'abord. Revenaient à elle les souvenirs des réponses passées de l'être Divin qui se tenait devant eux, étrange silhouette aux jambes brumeuses et aux six bras tenant autant de masques. Un comble pour celui que l'on nommait Sans-Visage. Ou bien était-ce Cent-Visage ? L'un dans l'autre, cette dernière appellation équivalait presque à la première.

Une première information revint à ses esprits. Il avait appelé Azra « celui qui a survécu à la mort ». Un titre bien étrange pour un nécromancien qui ne semblait vouloir montrer son visage et que l'état de la plaine ne semblait incommoder. Comme il n'incommodait pas Daemon, récemment revenu à la vie des mains de ce dernier. Il n'était pas seulement un mort-vivant, ou en tout cas pas au sens commun du terme : il était lui-même, parlant, marchant, répondant aux mêmes codes et aux mêmes pensées qu'avant son trépas. Sa résurrection était plus proche de celle dont elle-même était capable en tant que disciple de Gaïa que du rappel d'un simple nécromant. La conclusion qu'en faisait Anastasie était sans appel : Azra était probablement une liche, ces créatures aux pouvoirs immenses, autrefois hommes ou elfes, qui manipulaient la mort grâce à leur proximité avec celle-ci.

Mais Anastasie balaya cette information : pour le moment, elle n'était pas prioritaire. Ce qui importait était ce que racontait le Sans-Visage, qui se décrivait lui-même comme la Mort, maître de ces lieux qu'ils parcouraient tous. Pour autant, il avait nié son implication dans l'état des Landes : s'il contrôlait les âmes qui étaient piégées en ces terres, c'était selon lui le réveil des Titans qui avait apporté cet événement. Et la pyramide étrange, haute comme trois hommes, qui se trouvait derrière lui était la source du pouvoir de ces lieux.

Le Sans-Visage semblait mettre tout le chaos qui se multipliait sur Aliaénon sur le compte du retour des Titans, qu'il jugeait visiblement comme néfaste. Il avait effectivement été la seule Divinité de ce monde pendant de très longues années, mais il se défendait pour autant d'être un tyran, semblant sous-entendre que ses intentions n'étaient autres que de défendre la vie des habitants de ces terres qu'il avait gouvernées. Mais Anastasie restait perplexe. Daemon avait demandé qui il était, question qui pouvait paraître stupide compte tenu des circonstances. Et, évidemment, leur interlocuteur avait répondu qu'il était le « Sans-Visage ». Mais ça ne répondait en rien à la question. En vérité, la jeune femme aurait été surprise si cela avait été le sens que voulait donner le gamin à ses mots. Non, la véritable question était toute autre, et légitime : qui était-il ? Ou plutôt qu'était-il ? Un être qui était arrivé bien avant tous les autres, endormant les Titans pour permettre à la vie de se développer sur ce monde ? Mais si seuls les Titans pouvaient exister avant leur sommeil, alors d'où venait-il, lui, dont la présence ne semblait pas créer tous les problèmes que les autres Divinités locales amenaient avec elles ?

Ecoutant les dernières interventions des deux mages noirs, Anastasie se concentra, faisant appel à ses fluides sans pour autant les relâcher. Azra voulait simplement détruire la pyramide, quand Daemon voulait lui l'observer depuis l'autre côté. La jeune femme grimaça. La première proposition semblait idéaliste, voire même stupide compte tenu des paroles du Sans-Visage, quand la seconde était simplement et littéralement suicidaire. Elle ne pouvait jouer éternellement la chaperonne cependant, elle n'en avait ni l'envie ni la force. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était tâcher de le ramener si le Sans-Visage refusait ou ne pouvait le faire.

« S'il en est incapable, alors j'essaierai de te ramener, » lui fit-elle. « Mais je ne promets rien, mes pouvoirs sont incertains sur ce monde. »

C'était les premières paroles qu'elle avait prononcées depuis un long moment. Cela aurait certainement de quoi attirer l'attention sur elle, aussi continua-t-elle sur sa lancée, se tournant vers leur interlocuteur. Il était une Divinité. Cela avait de quoi donner le vertige, pour autant, en ces lieux, face à eux, il ne semblait pas aussi omnipotent que l'image qu'elle pouvait se faire des Dieux Yuiméniens. Etait-il seulement aussi fort ? Peut-être était-il plus comparable à Oaxaca : puissant, indéniablement, mais fortement limité dans son influence direct sur le monde. Prenant une longue inspiration, la théurgiste ignora alors son mal de tête pour s'adresser au Sans-Visage.

« Excusez mon silence : il semblerait que les âmes aient hâtes de me voir les rejoindre. Je me nomme Anastasie Terreblanc, Yuiménienne au service de Gaïa – je ne sais si ce nom vous évoque quelque chose. Tout d'abord permettez-moi de préciser quelque chose : si nous avons été envoyés aux quatre coins d'Aliaénon sous la demande du Conseil d'Or et de Naral Shaam, cela ne signifie pas que nous suivons tous aveuglément leurs directives. Je n'ai en rien confiance en ce Dragon et jamais mon but ici n'a été de vous éradiquer, ni même de vous emprisonner ou vous nuire d'une quelconque manière. Il me semblait important de le souligner. »

La jeune femme reprit son souffle : elle profitait de ce moment pour manipuler précautionneusement ses fluides afin de renforcer son sort déjà présent, leur donnant le même aspect que celui-ci, mais dans ces conditions, la concentration nécessaire lui demandait une certaine énergie.

« Cependant je n'ai pas encore décidé si vous étiez ou non plus digne de confiance que Naral Shaam. Comprenez bien : je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Si vous vous avérer être un ennemi de cette humanité, alors nous serons ennemis. Mais pour le moment, avant toute question personnelle, j'aimerais revenir sur celle que vous a posé il y a peu Daemon : qui êtes-vous ? Et je ne vous demande pas de répéter une énième fois votre nom. Je vous demande qui, au delà de toute cette histoire, vous êtes. Ce que vous êtes. D'où vous venez et pourquoi avez-vous pris Aliaénon sous votre aile. Il me semble que c'est un point très important de votre point de vue et de la confiance que l'on peut ou non vous accorder. »

La question enfin posée, Anastasie se concentra totalement sur son sort : il avait exactement la même forme et exactement la même intensité que celui qu'elle avait lancé avant d'entrer dans ces Landes. Mais au lieu d'en lancer un nouveau, elle se contenta de diffuser la magie à l'extérieur de son corps, dans le but non pas de remplacer mais de renforcer sa protection. Si le procédé pouvait s'avérer moins efficace, peut-être serait-il plus sûr. Ou peut-être pas.


(((+2 000 / Citation de Emile Zola – « J’accuse » : « Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. » / Tentative de renforcement du sort Protection Solaire / Consommation d'une ration d'eau.)))

_________________
 
 
Image


_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 11:47 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Savane Tanathéenne – Pyramide Ol’Toga. (18h15).

    Une fois encore, tour à tour, l’être aux masques répondit aux questions qui lui étaient posées, ne s’étonnant pas de la subite intervention d’Anastasie. Il commença par la question d’Azra.

    « Vous ne semblez pas avoir parfaitement compris l’essence de la mort en ce monde. Une réincarnation ? Il n’en est rien. La seule incarnation qu’une âme pourrait avoir est le vol violent d’un corps en possédant une autre, au sein duquel les deux esprits lutteraient pour s’écraser mutuellement, et ayant comme but le bannissement dudit corps l’une des deux âmes, ou sa pure destruction, l’une fondant dans l’autre. Où voyez-vous un quelconque procédé de réincarnation là-dedans, nécromancien ? L’effet de cette pyramide empêche, par la présence des âmes en ces lieux, un tel procédé sur les vivants de ce monde. Vous n’en êtes pas menacés, de par votre statut. Ce n’est pas le cas de tous ici… »

    Il se tourna un instant vers Anastasie avant de poursuivre.

    « Ce n’est pas pour rien que vous ressentez ces attaques vers vous. Ils cherchent à vous posséder, à pénétrer votre propre âme. Mais ils sont trop avides, trop violents. Ils ne parviendraient qu’à vous tuer. »

    Puis, vers Azra à nouveau :

    « Détruire cette pyramide libérerait les morts, avides de terrasser la vie. Je ne vous en empêcherai pas, si tant est que vous en ayez la puissance, ce dont je doute. Ni ne vous y influencerai. Mais je me devais de vous prévenir d’abord. »

    Puis, il regarda Daemon, le laissant réfléchir à sa propre question rhétorique sans y répondre. Mais lorsqu’il évoqua son plan de mourir en touchant la pyramide, la réaction du Sans-Visage fut vindicative, et ses paroles furent brusques et sèches.

    « Je n’ai que faire de votre allégeance. Je ne suis pas un mendiant à la recherche de fidèles : ceux qui me suivent le font parce qu’ils croient en moi et me font confiance. Je n’ai pas à prouver cette confiance par de si futiles artifices. Si vous commettez ce que vous dites, je ne vous ramènerai pas dans le monde des vivants, car ce sera vain : aussitôt vif, vous mourriez aussitôt, dévoré par les âmes des morts. Je n’ai que faire d’être testé, alors que déjà je daigne vous apporter des réponses depuis tout à l’heure. Contentez-vous, ou partez dans l’ignorance. »

    Il l’avait vraisemblablement insulté en lui proposant ce marché. S’attirer le courroux d’un être si puissant était-il vraiment une bonne idée ? Le Sans-Visage ne tint plus compte du semi-mort et se tourna vers Anastasie, retrouvant un calme relatif. Cette dernière, faisant appel à tous ses fluides internes, ne parvenait pas à ériger de nouveau sa barrière solaire. Le sort était trop abîmé, trop faible désormais. Pourtant, l’être mystérieux leva deux de ses bras, et autour de la théurgiste, sur un mètre de rayon, toute brume se dissipa. Et avec elle, toute impression d’assaut de la part des morts de l’endroit. Une sorte de bouclier protecteur contre l’avidité des morts.

    « Plus qu’incertains, les pouvoirs magiques sont désormais dangereusement chaotiques en ce monde, de par la présence des Titans. Et pourtant ce monde est celui de la magie. C’est pour recouvrer un tant soit peu de maîtrise sur celle-ci que je mène mon combat contre les Titans, ces entités d’un autre temps. »

    Puis, plus posément encore :

    « Je vous crois, quand vous me dites que vous n’êtes pas ici pour moi. Il y avait peu de chance de me trouver en ces landes, que nul ne parcoure désormais. Quant à savoir qui je suis, ce que je suis, et quelle est mon histoire, je pourrais répéter la même chose qu’il y a quelques minutes, mais ça serait insulter votre capacité d’audition, aussi vais-je faire bref : j’ai besoin de temps et d’un environnement plus calme pour vous parler longuement de moi, de mon histoire. Je le ferai avec joie, si vous me prêtez ce temps. Mais pas là, pas maintenant. Considérez-moi comme un allié, alors, car mon combat est pour la survie et l’émancipation des peuples de ce monde. Depuis toujours. »

    Il se tourna tour à tour vers chacun, puis posa une question à son tour.

    « Sommes-nous prêts à aller voir les Ol’Toga, ou avez-vous encore d’autres « tests » à me soumettre ? »

    Le cynisme battait ses mots comme une menace. Celle, sans doute, de les planter là.


[Azra : 0,5 (questions).
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (tentative d’amener des preuves) + 1 (bonus longueur). Forme : Le tout est plutôt bien écrit, sans trop de fautes. J’en ai deux-trois à relever : le second mot de ton RP, « assaillit », est un participe passé et non une forme conjuguée. Il s’écrit « assailli ». Pour t’aider, le mettre au féminin t’aurait aiguillé sur la piste de sa bonne orthographe. Deuxièmement, la concordance des temps de la phrase : « Ainsi les règles de ce monde auraient basculé lorsque les titans s’éveillèrent, indépendamment de leurs secrètes volontés. » est à revoir. La forme « lorsque les titans furent éveillés », au passé antérieur, aurait mieux convenu qu’un passé simple, ici. Vers la fin de ton RP, il y a « en ses terre égal de Phaïtos ». C’eut plutôt dû être « en ces terres égal de Phaïtos ».
Anastasie : 1 (introspection) + 0,5 (tentative de renforcer son sort) + 0,5 (questions) + 2 (bonus longueur).]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Lun 24 Juil 2017 10:20 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Le Sans-visage répondit en expliquant qu'il n'y avait pas de réincarnation dans ce monde. Cela semblait impensable. Où allaient donc les âmes des morts ? Comment la vie faisait-elle pour subsister ? Mais ce genre de question, il vaudrait sans doute mieux les poser aux Ol'Toga.

Décidément, cette affaire était bien embrouillée. Il en venait même à se demander ce qu'il faisait ici. Manifestement, il n'y avait rien de dangereux, ni même de problématique. À en croire le Sans-visage, tout suivait son cours, un nouveau cours depuis l'arrivée des titans mais qui ne semblait pas plus problématique que ça. Finalement, Il valait peut-être mieux simplement aller voir son peuple, s'assurer que tout allait bien et repartir... mais en même temps, il était curieux d'en apprendre plus sur cette entité qui avait perdu son pouvoir en grande partie à cause de leurs actes.

Daemon semblait aussi se poser ces questions mais, bien sûr, il le fit avec son sens habituel de la diplomatie : ordonnant presque au Sans-visage de le laisser accéder à la pyramide pour qu'il l'inspecte, puis de le ressusciter. Alors, seulement, il le reconnaîtrait comme un équivalent de Phaïtos. Azra n'avait pas de mot pour exprimer ses pensées à cet instant, aussi il se contenta de plaquer sa main contre son masque avec un « bong » retentissant et de laisser le dieu sermonner sèchement le fanatique, affirmant avec une irritation manifeste qu'il ne mendiait ni ne marchandait pour avoir des fidèles. Il aimait bien le jeune homme, qui lui rappelait ses années d'humanité mais... bon sang était-il lui-même aussi stupide à l'époque ? Ça semblait peu crédible mais des souvenirs d'une certaine fanatique de Thimoros, ou d'une certaine idole de Zewen, étaient là pour lui rappeler que... finalement, peut-être que si. Ça n'empêchait pas le fait qu'il commençait à sérieusement douter de pouvoir le ramener vivant sur Yuimen !

Il en ressortait quand même quelque chose de positif : la vérité sort de la bouche des gens en colère et, pour la première fois, Azra envisagea sérieusement que le Sans-Visage parlait réellement en toute bonne foi.

Anastasie s'anima subitement, révélant qu'elle se posait les mêmes questions. Elle souhaitait également en apprendre plus sur l'entité et ses motivations. Ce témoignage d'ouverture d'esprit, de la part d'une servante de Gaïa qui pourtant se présentait elle-même comme une fanatique était pour le moins fascinant. C'était triste à admettre pour une liche, mais cette paladine pourrait se révéler plus qu'utile.

Allons, ils avaient suffisamment tergiversé ici. Azra ressaisit Daemon par l'épaule pour l'empêcher... bah, difficile à imaginer... de se jeter dans un ravin par exemple. Il n'y en avait pas dans cette immense plaine mais ce foutu semi-elfe serait capable d'en dégotter un juste pour se jeter dedans ! Il se tourna ensuite vers l'être qui leur faisait face :

« Je serais également curieux d'entendre votre histoire. Nous avons mis un beau bazar en réveillant les titans et c'était peut-être une erreur. Mais d'abord, je souhaite aller dès maintenant à la rencontre de mon peuple et m'assurer qu'il va bien. Nous aurons le temps de discuter chez eux, si vous permettez. D'ailleurs, vous avez dit qu'ils étaient différents... à quoi devons-nous nous attendre ? »

((( 535 mots, un petit commentaire me plairait bien aussi, merci ! )))

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 04:10 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 16 Juin 2015 11:48
Messages: 4202
Localisation: Sur la planête Aliaénon
Le poids de ces nouvelles informations pesait sur les aventuriers, qui posèrent encore davantage de questions. Azraël se souciait de son peuple et des aspects de la mort, alors qu’Anastasie prit subitement la parole, avec une voix souffrante, pour s’excuser de son mutisme. Elle paraissait confuse et se manifester lui demandait un dur effort. Le Sans-Visage répondit au nécromancien qu’il n’y avait pas de réincarnation en ce monde, la seule possibilité aurait été l’intrusion d’une âme dans un corps vivant, en somme une possession, avec pour solution un combat et la destruction d’une des essences. Il expliqua d’ailleurs que la pyramide avait pour effet de concentrer les âmes en un lieu, ce qui évitait ce genre de déconvenue. Il doutait qu’ils puissent réussir à la détruire, il souligna que cela ne serait pas nécessairement une bonne chose. Il confirma cela en évoquant les attaques de la brume envers la porteuse de lumière, malgré son bouclier.

Daemon lui, s’approchait de la pyramide avec pour idée de tester les pouvoirs de leur interlocuteur. Mais la réponse du Sans-Visage fut sans équivoque, il se révolta contre son attitude insolente et il prétexta ne pas avoir à prouver quelque chose pour avoir des fidèles. Ceux qui croyaient en lui le suivaient aveuglément. Il refusait de le ressusciter et il ajouta que de toute façon, aussitôt après son trépas, son âme serait dévorée par la morbidité ambiante. Soit il choisissait la mort, soit il se contentait de ses réponses.

Le semi-efle lui adressa un regard entre le reproche et la déception, cependant il n’osa pas ajouter autre chose. L’appel de la lande pesait toujours sur sa conscience et l’idée de ne pouvoir l’assouvir le frustrait au plus haut point. Mais le ton du Sans-Visage avait varié, devenu plus agressif, ce n’était pas le moment de se laisser emporter…

En guise de bonne foi, le Sans-Visage fit un geste de main et repoussa la brume assaillant le bouclier en déclin d’Anastasie. Il concéda ensuite rester évasif, mais selon lui les circonstances ne se prêtaient pas à une longue discussion. Il préférait rejoindre au plus vite les Ol’Toga, avant de demander, avec cynisme, s’ils avaient d’autres « tests » à lui proposer.

Daemon s’apprêtait à lui répondre, hésitant sur les mots à employer, mais Azraël le retint par l’épaule, de peur qu’il ruine sa diplomatie, pour ensuite brosser le Sans-Visage avec le même souci pour le mystérieux changement chez les Ol’Toga, confirmant son envie de départ.

« Je suis d’accord pour partir. La présence de cette pyramide me rend nerveux et je suis moi aussi curieux de découvrir votre histoire. Cependant, veuillez excuser mon ignorance (dit-il en prononçant « ignorance » avec insistance), mais les Ol’toga vivent bien dans cette lande, non ? Ne sont-ils pas impactés par cette brume ? Ou seraient-ils, comme moi, empreints d’une morte vie ? Je me souviens que l’archi-sorcier-truc de la Tour d’Or n’avait pas l’air dans son assiette, avec son allure de cadavre grisâtre et plein de coutures. »

Il adressa un regard à Azra.

« Enfin, vous avez déjà répondu à de nombreuses questions, Azraël pourrait surement le faire à votre place. »

- 500 mots -

(((Demande de commentaire sur la forme.)))

_________________
Image
Multi : Erastos, Meraxès
Thème : Catacombae - Mussorgsky


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 07:08 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Oct 2014 20:24
Messages: 21604
Localisation: Aliaénon
La magie de la jeune femme n'eut pas l'effet escompté : la barrière n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été lors de sa création, si bien que seulement la réapprovisionner en fluide ne suffit pas à la rétablir. Elle grimaça en se rendant compte de son erreur : elle devrait lancer un second sort très rapidement si elle ne voulait pas périr avant la fin de la journée. Ainsi elle se concentra de nouveau sur sa magie intérieure, précautionneusement, sûrement, tout en écoutant les réponses de leur interlocuteur.

Aux questions d'Azra, le Sans-Visage répondit sans détour. Ainsi, la réincarnation n'existait pas en ces lieux, si l'on omettait la possession de corps d'une âme étrangère. Autrement dit, les défunts restaient présents sur Aliaénon mais sur un plan différent, comme sur le revers d'une pièce. Pour autant, ils pouvaient interagir avec les vivants, puisqu'il leur était possible de parasiter ceux-ci afin de prendre leur place. Une idée qui glaçait le sang d'Anastasie, qui comprit bien vite le but des âmes qui venaient frapper et amoindrir son bouclier, avant même que la déité ne le lui confirme : c'était son corps qu'elles désiraient. Mais la Divinité la rassura sur ce point : les morts étaient trop avide et trop violents, ils ne feraient « que » la tuer en pénétrant ses défenses. Une bien maigre consolation, mais une consolation tout de même.

Vint ensuite le tour de sa réponse à Daemon, qui se fit bien plus cinglante que la première. Le Divin ne semblait goûter la proposition du gamin, dont il se fichait de l'allégeance, clamant qu'il n'était pas un mendiant à la recherche de fidèles. Ainsi il n'avait rien à lui prouver, et si le demi-mort désirait tant mettre fin à ses jours, il ne ferait rien pour le ramener, tout simplement car cela serait inutile ; les âmes des morts en profiteraient pour le consumer aussitôt ramené. Il n'avait que faire d'être testé, estimant qu'il était déjà fort aimable de répondre à leurs questions depuis quelques temps déjà. Anastasie fronça les sourcils à ces paroles. Cette phrase, si elle ne semblait pas prononcée avec de mauvaises intentions, lui semblait cependant sonner comme un mensonge. Ou plutôt comme une transformation de la vérité.

La suite des événements l'assura un peu plus dans ce sentiment, car aussitôt en eut-il fini avec Daemon qu'il se tourna vers la théurgiste pour la débarrasser de son fardeau. D'un geste de deux de ses bras, le Sans-Visage érigea un bouclier surpassant de très loin celui de la jeune femme, la protégeant sur un mètre de rayon. A la seconde où la protection apparut, Anastasie ressentit tout le poids des âmes s'envoler. Leurs assauts répétés, leur souffrance, leur appétit démesuré... Tout disparut aussitôt, lui arrachant un profond soupir de bien-être. Elle avait le sentiment de sortir d'une apnée incessante, de reprendre son souffle après des heures de lutte contre ses propres poumons. Son corps semblait moins engourdi, son esprit s'éclaircit, sa migraine s'évapora... La vie était de nouveau reine en son royaume. Anastasie adressa alors à son bienfaiteur un signe de tête empli de reconnaissance, alors que celui-ci lui répondait, plus posément qu'il ne l'avait fait précédemment. Il croyait en ses paroles et acceptait de lui en dire plus à son propos, à condition qu'ils se rendent dans un endroit plus propice à la discussion, où il pourrait monologuer plus longuement et avec plus d'aise. Une idée qui ne déplaisait pas à la fidèle de Gaïa, malgré la protection toute fraîche dont elle venait d'hériter.

Cependant les paroles du Sans-Visage continuaient de résonner dans son esprit comme un aveu. Celui de sa faiblesse ? De sa faillibilité ? Ou comme celui d'un besoin compulsif de reconnaissance, peut-être ? C'était difficile à dire, dans cette situation. La jeune femme ne le connaissait pas suffisamment et la psychologie d'une déité lui semblait infiniment plus complexe que celle des mortels qu'ils étaient. Ou bien était-elle au contraire trop simple pour être analysée par des êtres forgés par l'expérience et leur environnement ? Après tout les Dieux de Yuimen étaient des caractéristiques exacerbées. Ils étaient tous l'extrême de leur personnalité là où les mortels n'étaient que des échantillons de ceux-ci. En était-il de même pour lui ? Là encore, Anastasie ne se sentait pas en position de se prononcer. Mais quelle que fut la raison des paroles du Sans-Visage, elle ne croyait pas une seule seconde qu'il répondait à leurs questions par simple bienveillance ou autre qualité d'abnégation comme semblait le laisse penser sa phrase. Il ne « daignait » pas répondre à leurs questions. Il y répondait car il attendait quelque chose d'eux. Après leur avoir fait preuve de sa puissance et de sa clairvoyance, après avoir répondu brièvement à leurs questions et mis les choses au clair avec la particularité de ces lieux, il aurait été bien plus aisé pour lui de simplement les renvoyer, quand bien-même leur bien-être compterait à ses yeux. Il aurait pu les forcer à partir ou les menacer pour se faire. Qui sait, peut-être aurait-il même été capable de les transporter au-delà des Landes Tanathéennes d'un simple claquement de doigts. Mais au lieu de cela, il avait protégé Anastasie plus durablement que ce dont elle était capable et avait accepté de leur accorder un entretien autre part pour répondre à leurs questions les plus longues, fussent-elles aussi personnelles que sa vie antérieure à Aliaénon et sa nature. Si la jeune femme comprenait bien la situation dans laquelle se trouvait ce monde avant l'arrivée des Yuiméniens quelques années plus tôt, alors le Sans-Visage avait été l'unique déité de ces lieux depuis des temps oubliés de tous. Et pourtant son identité semblait secrète pour les personnes les mieux informées d'Aliaénon. Et il s'apprêtait simplement à leur révéler, sans aucune arrière pensée ?

( Je ne lui fais pas confiance, ) fit la voix de Zekiel dans son esprit.

Voilà qui était nouveau. Il lui parlait maintenant sans même essayer d'asseoir sa domination sur son corps. Comme une seconde conscience. Comme une simple faera, d'aucuns diraient.

( A qui fais-tu confiance, si ce n'est Tal'Raban ? ) balaya Anastasie avec sarcasme.

Elle sentit l'amusement de l'Ombre dans son esprit. C'était une sensation étrange ; lorsqu'il était si ouvert que cela, elle pouvait comprendre ses émotions, les ressentir, sans même les percevoir ni les entendre. C'était un lien troublant avec l'un des plus fidèles disciples de son meilleur ennemi. Pour autant la réponse de celui-ci la surprit.

( Oh, mais je ne fais pas même confiance à Tal'Raban. Il me sacrifierait sans l'ombre d'une hésitation s'il pensait que cela servirait ses intérêts. )

La jeune femme fronça les sourcils. Les Vaahs'Umbra n'étaient-ils pas décrits comme les servants les plus dévoués à la cause de leur maître ?

( Je sais ce que tu dis, ) continua-t-il, interrompant ses pensées. ( Mais notre relation avec lui est... différente d'une simple allégeance aveugle. Nous ne pouvons rien faire d'autre que lui obéir, le servir. C'est simplement plus fort que nous. )

C'était une révélation étonnante pour Anastasie. Ainsi c'était directement leur libre arbitre qui était altéré, et non leur raison et leurs sentiments. Elle aurait presque pu trouver cela triste si l'un d'entre eux ne logeait pas à plein temps dans sa tête.

( Alors tu n'as donc aucune notion de confiance ? Personne en qui croire ? ) demanda-t-elle, intriguée par la soudaine ouverture de son ennemi.

Celui-ci garda le silence mais ne rompit pas l'ouverture qui semblait s'être créée entre eux. Peut-être était-ce là un nouveau plan retors de sa part, peut-être n'en avait-il pas lui-même conscience... Toujours est-il qu'une image, une présence retentit dans l'esprit de la théurgiste. Et un nom en ressortit. Ratziel. Ratziel. Qui était-il ? Zekiel semblait le porter en grande estime, mais au-delà de cela elle ne parvenait à comprendre le lien qui les unissait.

Mais Anastasie n'eut guère le temps de creuser plus profondément ce mystère car autour d'elle les deux semi-morts avaient fini de répondre au Sans-Visage. C'était à son tour d'exprimer son avis pour qu'ils puissent enfin quitter ce lieu repoussant pour discuter dans un endroit plus convenable. Mais avant cela, revenant sur une phrase qu'avait prononcé plus tôt la divinité, la jeune femme fit part de ses conclusions.

« Effectivement, vous n'êtes pas un mendiant à la recherche de fidèles, » fit simplement la théurgiste. « Vous n'auriez que faire de fidèles venus d'ailleurs, et qui repartiront certainement d'ici peu. Si vous désirez que nous vous considérions comme un allié, c'est que vous-même n'êtes pas certain de gagner cette guère spirituelle et physique contre Naral Shaam – si ce n'est pas directement Brytha qui est derrière ses actes. Evidemment vous avez de nombreux suivants, prêt à guerroyer avec vous, mais la Tour d'Or contrôle les informations d'une bonne partie de ce monde. Et Naral Shaam contrôle les informations de la Tour d'Or. Il n'a plus alors qu'à instiller la peur dans l'esprit des gens. La peur de votre présence. De vos actes. La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance. »

La jeune femme s'interrompit. Y avait-il seulement besoin d'en dire plus ? Elle balaya ses propres paroles d'un revers de main.

« Je ne sais pas si les Titans méritent la mort pour la simple raison que leur existence est dangereuse. Je ne sais pas encore si vous êtes digne de confiance. Mais ce que je sais, c'est que ce Lézard est dangereux. Et que, pour le moment, vous me semblez plus fiable. Mais je ne déciderai pas à qui je dois apporter mon aide sur un simple coup de tête ; alors allons-y, j'ai hâte d'entendre vos récits. Nos questions peuvent attendre. »

Elle espérait ne pas perdre plus de temps, malgré les nouvelles questions des deux semi-morts. Les réponses pouvaient attendre ou se formuler pendant leur trajet, après tout, mais elle ne voulait pas l'accabler de nouveaux questionnements qui ne ferait, pour l'heure, que les ralentir.


((( +1 500. Citation de Star Wars, la Menace Fantôme : « La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance. » / Je veux bien un commentaire également. )))

_________________
 
 
Image


_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Dim 30 Juil 2017 16:45 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Savane Tanathéenne – Entrée de Jesuir. (19h30)

    Le Sans-Visage daigna répondre succinctement aux deux servants du dieu yuimenien des morts avant d’entamer la marche vers la cité des morts d’Aliaénon. Il se tourna vers Daemon en premier.

    « Oh, mais les Ol’Toga ne sont pas plus vivants que votre compagnon : ils ne sont pas morts non plus, d’ailleurs. Ce ne sont que des ombres, qui errent dans cette lande qui est leur. Des Ombres au grand pouvoir : celui de la mort. »

    Rassurant, en somme. Il se tourna vers Azra.

    « Quant à savoir ce qui a changé chez eux… Ma foi vous le saurez bien vite. Aviez-vous alors visité leur nécropole ? »

    Il ne répondit rien à Anastasie, mais ses masques se tournèrent un instant vers elle, silencieux, avant qu’il daigne ouvrir la route vers la cité des OI’Toga. Le petit groupe marcha près d’une heure dans la brume avant d’arrivée devant l’entrée d’une grotte qui descendait dans les profondeurs du monde. Le Sans-Visage ne semblant pas fanatique de spéléologie, il enveloppa d’une brume sombre le groupe, qui descendit dans les ténèbres en se laissant porter par elles. Une fois au fond, le spectacle qu’ils purent admirer était sans autre pareil :

    Image


    La grotte, immense de plafond, habitait une cité entière gigantesque, dont l’entrée était en pierre, sculptée en forme d’un crâne dont ils devraient entrer par la bouche. De quoi en effrayer plus d’un.

    Sitôt en approchèrent-ils qu’un être apparut, sortant du sol tel un spectre, bien qu’il paraissait consistant une fois les volutes de fumée de son apparition dissipées.

    Image


    L’être en question, masqué de noir, prit la parole. Une voix d’outre tombe.

    « Bienvenue à toi, Azra, chez les tiens. Mes hommages, Homme aux Masques. Qui menez-vous donc en Jesuir la Morte, et pourquoi ? »

    La créature posa son regard luminescent sur Anastasie et Daemon. La question s’adressait tant à eux qu’aux deux autres. Et le Sans-Visage choisit de garder le silence.


[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur). Forme : Le point d’introspection, comme souvent, n’est accordé que limite. Tes RP dans la quête, et celui-ci en est un exemple, sont souvent comparable à du minimum syndical : peu descriptif, peu immersifs, et très incomplets pour décrire la situation dans son ensemble. Un biais qui t’a déjà quelques fois joué des tours : en rédigeant toi-même ce qui se passe pour l’intégrer, tu le comprends nettement mieux qu’à la simple lecture. Donc en ne le faisant pas complètement, tu sembles parfois ne pas saisir l’intégralité des informations. Ou c’est ce qui ressort en tout cas. A part ça, le texte est exempt de fautes, et tout de même agréable à lire.
Daemon : 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur). Forme : Rien de spécifique à dire. Un peu d’introspection manquante, ici : ta description des paroles est très scolaire et pas trop intégrée par ton personnage.
Anastasie : 0,5 (introspection) + 0,5 (conclusions orales) + 1 (bonus longueur). Forme Texte très agréable à lire, très complet, à la fois descriptif de la mise à jour et intrusif dans le RP personnel de ton personnage. Aucune remarque sur l’ortho ou la grammaire nécessaire, à part éventuellement le mot « guerre » que tu as écrit « guère ». (Oui, c’est moche. Tu peux pleurer.)]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Lun 31 Juil 2017 12:24 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Daemon s'interrogeait aussi sur la nature des Ol'Toga, tout en devinant qu'Azra en savait sûrement au moins autant, mais le Sans-Visage se contenta de lui répondre qu'ils étaient morts-vivants. La liche confirma :

« Je sais peu de choses en vérité, et non, je ne suis jamais allé dans leur nécropole, bien que j'en connaisse l’existence. J'attends de les visiter avec impatience. En tout cas, ce qu'il faut retenir c'est qu'à l'instar de bien des morts-vivants, ils n'étaient que des hommes à la base. Ils ne sont ni bons, ni mauvais. Ils sont ce qu'ils sont, c'est tout. »

Il disait cela avec un regard vers Anastasie. Celle-ci s'était lancée dans un laïus sur la question de savoir s'il était possible de faire confiance à leur interlocuteur ou non, dont elle devinait qu'il manipulait le monde pour son compte et qu'il était difficile de lui faire confiance.

« Vous avez fort raison, soupira-t-il. Vallel l'a appris à ses dépens. Naral est un manipulateur dans l'âme et il se soucie fort peu de la mort, de la trahison et des massacres si cela peut lui permettre de faire le monde comme il l'entend. »

Tout en disant cela, il chercha sa réaction, mais elle semblait normale. Étrange, depuis quelque temps, il lui semblait qu'elle avait de brèves absences, comme si... disons que ça lui rappelait un état qui était encore le sien il n'y a pas si longtemps. Il faudrait la tenir à l’œil.

Ils prirent donc le chemin des nécropoles, à pied, ce qui surprit Azra, qui s'attendait à être téléporté. Cela faisait bizarre d'aller quelque part à pied avec un dieu ! Dans le même temps il précisa aux autres :

« Souvenez-vous aussi que, la dernière fois que je les ai vus, leur esprit était comme lié... Parler à l'un, c'est parler à tous. Ce qu'il vous exprime est leur opinion à tous et si vous l'insultez... vous les insultez tous. Faites donc bien attention. »

Sur le sujet, il était bien incapable de dire qui il craignait le plus parmi ses deux compagnons !

Finalement, ils arrivèrent devant une caverne et là, le Sans-Visage se décida à utiliser ses pouvoirs et les enveloppa dans sa brume noire. Aussitôt, ils furent empotés à grande vitesse dans les ténèbres, les murs de la grotte défilant à toute allure jusqu'à rejoindre la lumière au bout du tunnel, laiteuse. Une lumière qui baignait une cité aux proportions démentielles, dont l'entrée était un crâne immense. Azra s'y sentait pleinement lui-même, comme si chaque pierre irradiait de bienvenu. Pas seulement parce qu'il était membre du peuple qui vivait ici, mais parce que cet endroit exsudait la douceur de la mort, le silence de l'éternité... Un lieu de paix et de recueillement d'où il pourrait contempler le monde passer, changer, s'effondrer, renaître... comme l'immortel qu'il était. Il ne put retenir une légère provocation envers le messager du corbeau :

« Bienvenue chez moi... »

Alors, comme pour répondre à ces mots, une forme vaporeuse monta du sol pour prendre corps. Un spectre d'un bleu suintant, sinistre, drapé de robes noires et masqué. Il était en effet très différent des ombres que la liche avait connues, mais il irradiait des ténèbres inhérentes à son peuple, et il répondit en effet par les mêmes mots : souhaitant à Azra la bienvenue chez lui. Il s'adressa également au Sans-Visage, qu'il nomma l'homme aux masques, lui demandant qui il avait amené ici. La liche salua de la tête :

« Merci, j'avais grand hâte de venir finalement en ces lieux. Nous sommes accompagnés d'un autre messager de la mort venu de mon monde... et d'une messagère de la vie. Je m'inquiétais des changements survenus ici, et des risques qu'ils pouvaient faire courir à notre peuple. Je constate avec soulagement que mes inquiétudes semblaient ne pas être fondées. Cette brume noire et l'artefact des titans ne vous pose donc aucun problème ? Et je serais également curieux de connaître votre rapport avec l'homme aux masques. Je l'ai croisé il y a longtemps, mais j'ignorais qu'il vous était connu. »

((( 680 mots, commentaire : c'est mieux ? )))

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 04:06 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 16 Juin 2015 11:48
Messages: 4202
Localisation: Sur la planête Aliaénon
Le Sans-Visage daigna répondre à Daemon au sujet des Ol’Toga, signe qu’il n’allait pas l’étriper dans l’instant, pour déclarer qu’ils n’étaient pas plus vivants que son compagnon, sans être réellement morts pour autant. C’étaient des ombres, des entités appartenant à cette lande et détenant des pouvoirs issus d’ailleurs. Le semi-elfe acquiesça à son explication, avant d’adresser un regard en coin à Azraël.

« La nature de mon compagnon m’est aussi commune que celle des Ol’Toga, je vous assure. » dit-il sur un ton de reproche. « Enfin, je peux comprendre qu’une pareille identité nécessite une certaine discrétion. » finit-il par concéder, en réalisant qu’il s’était sans doute montré un peu hostile à son égard.

Arriver dans un nouveau monde peuplé de dragons susceptibles, de géants tout-puissants et de dieux arpenteurs, en compagnie d’un nécromancien nimbé de secrets, n’était pas des plus rassurants. Il comprit alors que les propos du Sans-Visage étaient cohérents. Azra ne ressentait pas l’appel de la lande, puisqu’il n’était pas véritablement mort. Il était une ombre parcourant des horizons indéfinissables, tout en se tenant à ses côtés à cet instant. L’ombre compléta d’ailleurs les paroles du Sans-Visage en disant n’être jamais allé à la nécropole.

« Prétentieux est le souverain d’un royaume qu'il n'a jamais visité. » ajouta Daemon avec un sourire de hyène.

Le Sans-Visage avait affiché un clair mutisme à l’intervention d’Anastasie dont la méfiance envers Naral s’était renforcée. Ce n’était pas la première fois qu’il ne répondait pas, mais Daemon comprit qu’il préférait laisser certaines réponses se faire toutes seules, comme si elles étaient trop évidentes pour qu’il ne s’abaisse à y répondre et malgré toutes ses explications, il ne paraissait pas vouloir embrigader à sa cause, comme il l’avait d’ailleurs clairement exposé : il ne racolait pas des adeptes. Ce détachement sincère faisait de lui un orateur qu’ils avaient l’impression d’importuner et c’était surement pour cela qu’il était aussi convainquant.

Sans rien ajouter, la divinité ouvrit silencieusement la route et la brume jusqu’à Jésuir, la cité mortifère des Ol’Toga. Sur la route, Azraël parla de son peuple et mit en garde ses compagnons, car les individus seraient tous reliés entre eux par une conscience collective, comme un lien télépathique, de manière à ce que s’adresser à l’un d’eux revenait à s’adresser à l’ensemble du peuple. C’était une demande non voilée de surveiller leurs paroles.

(J’ai bien réussi à survivre en insultant un dieu. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?) se dit ironiquement daemon.

Ils marchèrent ainsi une heure à travers des territoires désolés, avant d’arriver à l’entrée d’une caverne à la profondeur abyssale.

« Ça a l’air sacrément profond. » argua Daemon, inquiet.

Le son de sa voix disparut dans l’obscurité sans se réverbérer. La voie semblait être impraticable pour tout être sensé et sans retour. Alors le Sans-Visage mobilisa une brume sombre autour d’eux, qui devint si consistante qu’ils purent y prendre appui, pour ensuite être porté à travers l’insondable anfractuosité. Ils descendirent ainsi dans les ténèbres jusqu’à ce qu’une forme fantastique apparaisse. Un crâne enchevêtré se détachait de la paroi de la caverne, gigantesque et inquiétant, les attendait immobile. Daemon se perdit en contemplation, autant intimidé par la grandeur de la construction, que captivé par ce qu’elle suggérait. C’était l’entrée vers un royaume de mort. L’amas de brume se dissipa progressivement et ils furent déposés sur le pavé d’une route menant à la lugubre bouche. Ils s’introduisirent ainsi dans la cité.

Azra fit un geste embrassant la perspective pour déclarer qu’ils étaient les bienvenues chez lui avec une pointe de fierté.

« Tu découvres l’endroit en même temps que nous, pas la peine de faire le portier. Gros malin. Mais tu peux porter mes bagages si tu veux. »

Au-delà de la « porte », une forme brumeuse prit subitement forme au centre de la route, s’élevant en tourbillons, pour ensuite laisser apparaitre une véritable liche drapée de noir et portant une grande lance. En tant que Messager du Corbeau, Daemon s’était habitué à la proximité quotidienne des gardes squelettes qui hantaient les accès et les alentours du château. Cependant, étant pourtant lui-même décédé, il ne put réfréner un frisson d’angoisse en découvrant une présence aussi manifeste, imposante, émaner d’un crâne vide. Son corps diffusait une lueur bleutée à travers les draperies dont il était enveloppé, ainsi que de ces orbites vides, la même couleur qu’eut précédemment remarqué Daemon derrière le masque de son compère.

L’apparition souhaita la bienvenue à Azraël, pour ensuite faire ses hommages à « l’Homme aux Masques », pour leur demander qui ils amenaient et pourquoi. Le Sans-Visage ne prit pas la peine de parler, mais Azra répondit en présentant ses compagnons succinctement, pour ensuite déclaré qu’il fût rassuré de les revoir et s’inquiéter des changements survenus lors de l’éveil des Titans.

Daemon restait prostré les bras écartés en posture de surprise, posant alternativement le regard sur Azraël et la liche. Il s’approcha pour déclarer avec une très grande concentration.

« Je me nomme Daemon di Phyrexian, de Dahràm, un serviteur de Phaïtos comme le fut initialement Azraël. J’ai décidé de l’accompagner, sans vraiment réaliser que je mettais les pieds sur un autre… monde. »

Il finit sa phrase en penchant la tête sur le côté, comme pour examiner son interlocuteur sous un autre angle. Un étrange et morbide pouvoir suintait de cette phosphorescence bleutée, quelque chose qu’il ne parvenait pas à comprendre.

« Dois-je vous appeler par un nom en particulier ou je m’adresse à l’ensemble de votre peuple ; comme nous l’a expliqué Azraël ? Nous avons de nombreuses questions sur les événements qui ont suivi l’éveil des titans à vrai dire. Nous venons de loin et il semble qu’on nous a caché des choses. Le dragon mauve notamment. Le conseil d’Or nous a expliqué que la région, la Lande Thanatéenne, voire la mort elle-même, était soumise à un grand bouleversement. »

La respiration de Daemon devint plus soutenue, parler autant nécessitait beaucoup d'air et il ne respirait plus aussi naturellement qu'avant. La plupart du temps il oubliait de le faire et il lui fallait aussi de la concentration pour réfléchir.

« C’est pour comprendre cela que nous sommes venu ici. Nous avons découvert la… pyramide… la pyramide et son drôle de pouvoir issu des titans. Enfin, le Sans… l’Homme aux Masques nous a expliqué que la situation était normale, qu’elle l’était avant, il y a très très longtemps, et que maintenant vous avez des brebis ou des moutons. Pourtant les choses ont radicalement évolué depuis peu. Vous n’avez pas changé de métier ? Et comment vous faites pour parler sans mâchoire ? »


- 1000 mots -

(((Demande de commentaire sur la forme.)))

_________________
Image
Multi : Erastos, Meraxès
Thème : Catacombae - Mussorgsky


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 12:55 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Entrée de Jesuir. (19h35)

    Toujours silencieux, l’ « homme aux masques » observait la scène sans dire un mot. L’être qu’ils avaient face à eux laissa parler la liche nécrotique et son compagnon mort-vivant sans les interrompre, puis consentit à répondre, flegmatique, sans humeur dans la voix d’outretombe, ni humour face à la question somme toute déplacée de Daemon.

    « La Brume des Âmes ne nous pose pas de problème : elle empêche les curieux de venir sur nos terres sacrées, rôle qu’entretenaient les derniers membres vivants de notre peuple, alors. Vous souvenez-vous, Azra, de notre réclusion d’alors, de notre crainte d’être découverts ? Aujourd’hui, nous n’avons plus guère besoin de nous cacher : elle nous protège et montre notre vrai visage au Monde sans risquer qu’il se retourne contre nous. Nous sommes les Seigneurs des Terres Mortes, et nul ne pose le pied sur notre territoire sans y risquer sa vie. Pas même ces chevaliers chassant l’Homme aux Masques. L’Homme aux Masques a toujours arpenté nos souterrains, d’aussi loin que mon peuple s’en souvient. Il fait partie de cette lande, comme nous. Aussi puissions-nous considérer être amis aux rapports courtois bien que rares. »

    Le Sans-Visage s’inclina légèrement à l’énonciation de ces mots. La ténébreuse voix du mort reprit, se tournant vers Daemon.

    « La mort n’a pas de visage. Vous ne vous adressez ni à une personne, ni à un peuple, car un peuple nécessite d’être en vie. Nul ne semble vous avoir menti : la Mort a subi un grand bouleversement. Mais ce sont les vivants, et non les morts, qui en sont bouleversés. Désormais, la Mort est notre lande, aux yeux de tous, et les défunts nos protecteurs et servants. »

    Il ne commenta pas la question sur sa mâchoire, mais Daemon put sentir, grâce à un irrépressible frisson glacial le long de son échine morte, qu’il ne riait pas, et qu’il ne vaudrait mieux pas le chercher.

[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur). Forme : C’est mieux, oui. On a là un texte équilibré, travaillé correspondant bien à la mise à jour et introduite en ton personnage dans la reprise. Très bien.
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 1 (bonus longueur). Forme : RAS. C'est très bien.]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Jeu 3 Aoû 2017 18:02 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Daemon continuait à se moquer ouvertement de tout. Azra avait-il été comme ça lors de son passage à la condition de mort-vivant ? Hum... à la réflexion, oui, mais quand même... Il reprocha même à la liche de ne jamais être venue ici ! Bon, quel pouvait-être son espérance de vie ici ? Hum... peut-être un quart d'heure, les Ol'Toga étaient des gens tolérants.

En tout cas, il expliqua plus en détail la situation, tandis que le Sans-Visage restait résolument muet.Pour sa part, le spectre rappela comment son peuple craignait d'être découvert par le passé, et expliqua que le nouvel état de fait leur convenait, puisque plus personne ne venait en ces lieux. Cela rassura le nécromancien. Ainsi, tout allait pour le mieux. Il serait peut-être même intéressant d'accroître le phénomène, donc...

Cependant, Azra se tourna du coup vers le Sans-Visage :

« N'y voyez rien de personnel, mais puisque les choses vont mieux pour mon peuple, je ne saurais vous rejoindre dans votre opposition aux titans, puisque ce sont eux qui sont indirectement responsables de cette situation. »

L'ombre précisa cependant qu'elle s'entendait fort bien avec le Sans-Visage, bien que leurs rapports soient rares. Quant aux chevaliers, ils ne pouvaient venir ici. Cela fit tiquer Azra :

« Il y a pourtant une championne de la Tour d'Or qui est entrée en ces terres, une certaine Elysea. Je vous conseille de la garder à l’œil : elle est puissante et manifestement déterminée à détruire tout ce qui a trait à l'ombre et à la mort. »

Enfin, le spectre confirma que tous n'étaient qu'un, ici, comme autrefois. Azra hocha la tête, surtout soucieux de ce qui serait répondu à ses dernières remarques.

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Ven 4 Aoû 2017 17:47 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 16 Juin 2015 11:48
Messages: 4202
Localisation: Sur la planête Aliaénon
La liche écouta les questions des mages noirs, même les plus périlleuses, sans broncher. Daemon reprit très largement son souffle, tout en conservant une expression ahurie et sa posture scrutatrice envers l’étrange apparition. Le squelette entreprit de répondre d’une voix scabreuse, qui ne provenait qu’aucun organe et qui paraissait lointaine et torturée. Selon lui, la brume rendait service, car elle éloignait les curieux de la nécropole. Ils n’avaient ainsi plus à défendre leurs frontières, puisque la mort elle-même happait les vivants qui s’y aventuraient.

Daemon dut en convenir, s’ils cherchaient la tranquillité, ils l’avaient trouvé. La liche précisa aussi que la brume permettait à l’Homme au Masque de se dissimuler de ses poursuivants et qu’il était d’ailleurs en ce pays chez lui, car les Ol’Toga le savait présent ici d’aussi longtemps que portait leur mémoire. Il ne précisa cependant pas qui était là le premier et le semi-elfe se demandait bien qui c’était. Les Thanatéens s’étaient surement perdu dans leur mémoire collective, mais le Sans Visage le savait surement, lui. Il se retint pourtant de prononcer cette question qui lui brulait les lèvres.

L’interlocuteur se tourna ensuite distinctement vers lui, avant d’expliquer d’une voix d’outre-tombe que la mort n’avait pas de visage. Daemon ne s’adressait pas à une personne, ni à un peuple (au sens premier du terme). Il concéda ensuite que la mort avait subi un bouleversement, mais selon lui cela n’impactait que les vivants du fait de la létalité que la lande qui n’était plus à démontrer et les morts se portaient très bien dans cet espace qui leur était dédié.

La liche ne bougea pas et Daemon put sentir un froid de mort remonter le long de son échine. Une hostilité morbide émanait très clairement du squelette à la lance, qui semblait avoir mal pris ses précédentes questions. Daemon eut un frisson avant de reculer en arrière. Déçu, il se demandait réellement comment il pouvait articuler ses mots et malgré son animosité manifeste, il était curieux d’en savoir davantage et bien disposé à glaner quelques informations supplémentaires. Ici les enfers avaient un pied à terre. Il ne doutait pas de la sagesse de ses interlocuteurs, mais ces changements dans l’immuable ne le rassuraient pas.

Alors qu’il réfléchissait, Azra s’adressa au Sans-Visage pour lui signifier qu’il ne pouvait s’accorder à sa quête contre les titans, puisque leur présence était bénéfique à la tranquillité de son peuple. Le semi-elfe ne réagit pas, conservant encore une méfiance trop grande envers ses entités qui bousculent le monde. Il voulait en savoir plus, pour enfin fixer un avis sur eux, mais aussi sur les actions du Sans-Visage. Peut-être préparait-il quelque chose et il voulait savoir de quoi il en retournait.

Azra mit ensuite en garde son homologue contre la présence d’Elysea, gardienne de la lumière et prodige de la tour d’Or, à proximité de la lande. Si elle s’introduisait dans la nécropole, elle pourrait faire du dégât. Le souvenir du rayon lumineux qui acheva la créature marécageuse revint en mémoire à Daemon, ainsi que l’affront qui en était, puisqu’elle l’avait privé de vengeance.

« Si vous le souhaitez, je peux aller la tuer de ce pas. » dit-il avec un rapide sourire, comme par réflexe, avant de croiser le regard d’Anastasie et d’afficher un nouveau sourire, mais cette fois-ci moins consistant. « C’est qu’elle n’est pas aussi conciliante que vous. Hum… »

Il avait décidément le don de se mettre tout le monde à dos. En réfléchissant à l’offense, il reprit son air dubitatif et crétin et poursuivit la conversation avec le squelette drapé. Il insistait certainement de façon déraisonnable, mais il voulait comprendre les rapports entre Jésuir et les titans.

« La mort n’a pas de visage ? Il me semble pourtant que si : entre les titans, votre peuple et l’Homme au Masque ; il semble que bon nombre veillent sur les défunts. Elle est un aspect du monde, crucial, et en tant que membre de l’ordre des Messagers du Corbeau, dévot de Phaïtos, je ne peux qu’être surpris de découvrir autant de… d’intervenants. »

Il marqua une pause et repris son souffle en prenant conscience des enjeux si sa langue venait à fourcher.

« Admettons que la lande est son royaume et que ses frontières sont maintenues par la pyramide, si quelqu’un, par exemple un titan, souhaitait en modifier ses propriétés, qu’est-ce qui vous dit que la brume ne pourrait pas se répandre à dessein à travers le monde ? Vous ne craignez pas le pouvoir des titans ? »


- 700 mots -

(((Demande de commentaire sur la forme.)))

_________________
Image
Multi : Erastos, Meraxès
Thème : Catacombae - Mussorgsky


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Dim 6 Aoû 2017 15:40 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Entrée de Jesuir. (19h40)

    L’être éthéré resta stoïque lorsque la liche et le mort-vivant parlèrent. Lorsqu’ils eurent terminé, il répondit de sa voir détachée.

    « Cette vivante dont vous parlez, celle qui a une aura semblable à cette jeune femme qui vous accompagne, nous l’avons déjà croisée. Elle est notre prisonnière. »

    Elle avait fait vite pour se faire prendre, en tout cas. Il poursuivit, comme si l’information était secondaire et traitée, sans commenter les avis de Daemon sur les intervenants de la mort.

    « La brume pourrait se répandre, si les propriétés de la Pyramide étaient altérées. Les morts ne craignent rien. Ils sont morts. Mais nous ne souhaitons pas étendre notre royaume au-delà de nos frontières. Ce que nous avons reçu, cette sécurité, est un don. Nous n’en souhaitons pas davantage. Quant à savoir qui en est capable, je l’ignore. »

    Il se tourna ensuite vers Azra.

    « Akouba souhaiterait vous revoir, frère. Je crains cependant qu’aucun vivant ne puisse pénétrer dans la Cité de Jesuir, et il vous faudrait laisser ici votre amie. »

    Le Sans-Visage intervint alors.

    « Je n’y entrerai pas non plus. SI vous souhaitez me parler, je m’en irai me reposer un peu à l’écart de la cité, dans ces fraiches cavernes au calme rassérénant. Sachez, Daemon, que les Titans n’ont de volonté que celle de vivre. Ils n’ont cure de ce que leur existence implique pour les autres, ni n’ont aucune velléité de conquête. Ils sont néanmoins une plaie pour les vivants de ce monde, d’où ma volonté de les restreindre. Je conçois, ceci dit, Ser Azrael, que vous ne vouliez-vous mêler à ce combat. Rien ne vous y force. Rien ne vous force d’ailleurs à choisir le moindre camp. »

    Puis, il commença à s’éloigner. Mais avant d’être hors de portée de voix, il se tourna vers Anastasie :

    « Oh. Une chose encore : la protection qui vous entoure n’est pas éternelle, si vous vous éloignez de moi. Veillez, lorsqu’elle disparaitra, à ne plus être sur les Landes Tanathéenne. Car rien ne vous protègerait plus de la mort, alors. »

    Et il alla s’asseoir sur une pierre à une cinquantaine de mètres de là, alors que le gardien de la cité attendait une décision de destination des personnes devant lui.



[Azra : 0,5 (balance)
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur). Forme : Quelques coquilles persistent, dues à une écriture sans doute rapide : « qui ne provenait qu’aucun organe » (d’aucun organe), « s’ils cherchaient la tranquillité, ils l’avaient trouvé » (trouvée), « les Ol’Toga le savait présent » (savaient), « Les Thanatéens s’étaient surement perdu » (perdus), « du fait de la létalité que la lande qui n’était plus à démontrer » (de la lande). A part ça, c’est agréable à lire. Assez simple dans la structure et dans le style, cette fois.
Anastasie : absence justifiée.]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Dim 6 Aoû 2017 17:07 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Daemon, toujours aussi subtile, se proposa immédiatement d'aller tuer Elysea, ce qui aurait été une bonne idée s'il avait eu une chance raisonnable de succès. Heureusement, l'ombre expliqua qu'elle était déjà leur prisonnière. Bon, voilà une bonne chose de faite... Il se méfiait, cependant. Elle était assez puissante pour avoir plus d'un tour dans son sac. Il faudrait qu'il les mette en garde, mais il n'allait pas leur demander de la tuer juste devant Anastasie. Il n'était pas encore assez sûr d'elle.

En outre, il semblait que les Ol'Toga se satisfaisaient fort bien de leur situation. En revanche, il semblait qu'Akouba veuille lui parler. Cela surpris Azra. Ainsi, ils avaient quand même un peu d'individualité. C'était heureux, car sinon, la vie serait bien morne, ici !

De son côté, le Sans-Visage discutait avec Daemon, expliquant pour répondre à ses questions que les titans ne cherchaient pas la domination, juste la survie. Il voulait les restreindre car ils étaient surtout une limitation pour les mortels.

Finalement, comme Anastasie ne pouvait entrer, le Sans-Visage l'invita à le rejoindre plus loin, lui rappelant qu'elle ne devait pas trop s'éloigner de lui. Azra lui fit un signe d'au revoir :

« Je vais rentrer dans la cité. J'imagine que je remontrais prochainement. En tout cas, vous pourrez avertir la Tour d'or qu'il n'y a pas de danger ici. En fait... si vous partez sans nous, je préférerais que vous ne parliez pas du Sans-Visage. Les vivants n'ont pas à venir semer le trouble en ces lieux de repos. »

Puis, il se tourna vers Daemon :

« Et toi ? Vas-tu venir ? Ou préfères-tu aller rejoindre Yuimen et notre dieu Phaïtos ? Le choix te revient. »

Il hésita, puis ajouta :

« Et désolé de t'avoir entraîné dans cette aventure. Tu aurais été plus utile dans notre monde. Si tu repars et que tu passes par un temple de Gaïa, réfléchis-y : la mort arrivera bien un jour, en attendant, tu le serviras mieux vivant. »

Le moment était venu. Il allait entrer dans le seul endroit qu'il connaisse qui puisse vraiment prétendre être « chez lui ». Un lieu de mort, de solitude, loin de la folie du monde. Il n'était plus un petit paysan, ni un vagabond, et encore moins un aventurier en quête de fortune. Il n'était même plus un humain. Il était un être différent, depuis toujours conscient d'une certaine supériorité. Non que les autres ne soient rien, bien sûr. Juste... il n'avait rien à faire avec eux. Ils ne le comprenaient pas. Et maintenant... finit le chaos et le doute, les dangers et la peur. Il comptait bien s'installer dans un lieu hors du temps, d'où il pourrait regarder les vies mortelles passer et trépasser. Et quand les montagnes s'effondreraient, il serait là, à guetter, étudier et observer le monde gisant à ses pieds. Alors, enfin, il fit face au gardien :

« Cela fait trop longtemps que j'attends ce moment. Je suis prêt à me rendre dans la nécropole de Jesuir. »

((( 506 mots )))

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 9 Aoû 2017 04:58 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 16 Juin 2015 11:48
Messages: 4202
Localisation: Sur la planête Aliaénon
Daemon exaspérait toujours son auditoire avec ses tirades sur les choses qui devraient être ainsi et non comme cela, dévot de la mort et partisan de l’équilibre du cosmos, il ne comprenait décidément pas pourquoi l’au-delà était aussi complexe en Aliaénon. Dans son monde d’origine les défunts étaient sous l’égide d’un berger et de ses servants et l’entreprise fonctionnait sans accroc depuis l’éternité (si l’on omettait le risque potentiel que les portes de l’enfer craquent sous le poids des âmes meurtries).

À la suite de son rapide échange avec Azra, sur la présence d’Elysea dans les alentours de la lande, le squelette prit la parole et déclara qu’ils avaient déjà croisé une jeune femme à l’aura similaire à celle d’Anastasie et qu’elle était leur prisonnière. Il distilla cette information comme un commentaire secondaire, avant de reprendre la question de Daemon, sans lui laisser le temps de réagir autrement qu’en relevant la tête. Il ne commenta pas son avis sur le « nombre d’intervenants dans la mort » qui le décontenançait tant, mais il en vint à l’utilisation probable de la brume, en confirmant qu’elle pourrait se répandre si la pyramide venait à être modifiée, mais en déclarant qu’ils ne le souhaitaient pas. Ce miasme était pour eux une bénédiction qu’ils considéraient comme sacré et il ignorait d’ailleurs comment s’y prendre et qui pourrait influer sur ses frontières.

Le semi-elfe acquiesça silencieusement à ses paroles, comprenant que les Ol’Toga étaient dénués d’intentions et que l’évolution des choses leur convenait. Ils ne cherchaient pas davantage de pouvoir.

Leur hôte signifia qu’un certain Akouba souhaitait voir Azra et les invita à entrer, tout en précisant que les vivants n’étaient pas admis à Jésuir. Daemon eut un soupir de déception, avant de réaliser qu’il était lui aussi mort. Azraël s’adressa alors à lui pour lui demander s’il comptait le suivre ou s’il voulait rejoindre sa planète d’origine et son dieu. Il était désolé de l’avoir attiré dans cette aventure, qu’il pourrait passer dans un temple de Gaïa, entendant qu’il serait, pour l’instant, plus utile à leur cause mort que vivant.

Le Messager du Corbeau ne sut quoi répondre. Il avait oublié qu’un pacte le liait à son compagnon et qu’il n’appartenait plus à ce monde. Paradoxalement, il ne s’était jamais senti aussi vivant. Il eut une pensée pour sa vie d’avant, au fin fond des Duchées, et songea à son compère.

(Reverrais-je un jour Asad ? Il est si loin de moi à présent.)

Son cœur mort se serra à l’idée de le revoir, un simple rappel de son absence le mettait dans un étrange supplice. Ce n’était pas passer dans un autre monde, dans une autre éternité, sans son dieu, qui l’effrayait ainsi, mais la simple idée de ne plus jamais l’avoir à ses côtés. Il aurait voulu vivre, vieillir, souffrir et mourir à ses côtés. Cependant, le méritait-il ? Asad était un véritable élu de Phaïtos, une âme héroïque comme on en parlait dans les livres, celui qui s’était relevé d’entre les morts au cœur du champ de bataille. Lui qu’était-il ? Daemon di Phyrexian, l’unique survivant d’une sombre lignée de bâtards, une petite âme tourmentée juste bonne à se sacrifier et à être invoquer. Il n’en imposait guère en comparaison d’Asad, ou même d’Azra.

« Je ne pense pas être très utile dans notre monde. Ma mission est d’ailleurs de vous retrouver. Sans vous, mon retour ne signifierait rien. Cependant si vous souhaitez rester ici, parmi les vôtre, je comprendrais. Je vais vous suivre dans les couloirs de Jésuir en attendant sagement mon trépas… »

Il resta ainsi interdit, en réalisant l’issue tragique à laquelle il allait devoir s’habituer.

Sans laisser le moindre écho de silence, le Sans-Visage intervint pour dire qu’il n’entrerait pas dans la cité, préférant attendre dans les cavernes. Il ajouta une précision à l’adresse de Daemon, pour lui expliquer que les titans n’avaient pas de volonté de domination. Ils n’utiliseraient pas la pyramide et ainsi la mort à dessein. Ils se désintéressaient des peuplades d’Aliaénon et leur seul désir était de survivre. Ils restaient cependant une plaie pour le monde et cela suffisait au Sans-Visage pour vouloir s’en débarrasser.

Si les titans étaient en réalisé placide, bien que leur seule présence fût un désagrément conséquent, Daemon se disait que l’entreprise du Sans-Visage était plus que difficile.

« J’ignore si la présence des titans est une bonne ou une mauvaise chose, elle sert tout de même les intérêts des Ol’Toga. Mais puisque, finalement, je ne sais que peu de choses sur votre monde, je vais me garder d’arrêter un avis là-dessus. Je pense cependant suivre Azraël, étant lié à lui. »

Sur ces mots, il adressa un regard en signe d’adieu à Anastasie et s’introduisit dans la nécropole. Elle leur demanda de ramener Elysea vivante, mais aucun ne répondit.


- 790 mots -

_________________
Image
Multi : Erastos, Meraxès
Thème : Catacombae - Mussorgsky


Dernière édition par Daemon le Dim 13 Aoû 2017 16:35, édité 2 fois.

Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 91 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016