L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 9 Aoû 2017 12:02 
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Jesuir. (19h45)


    Le mort pria Azra et Daemon de le suivre dans l’entrée de la Nécropole de Jesuir. Une ambiance de mort régnait en ces lieux sombres. Aucun bruit, à part celui, résonnant, du Vide. Même les pas de leur escorte spectrale ne claquaient pas sur le sol, contrairement aux leurs. Ils passèrent dans des vastes couloirs ouverts sur le ciel de la grotte, lointain et obscur, qui semblait perlé de milliers d’étoiles à la lueur spectrale. Des pierres précieuses luisant au loin, sans doute, accrochées dans la roche. De vastes et imposantes colonnades brillaient d’une lueur bleutée, seule source de lumière de ces lieux enfouis.

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    Ils poursuivirent jusqu’à arriver devant une porte, où le spectre à la lance se tourna vers eux, leur adressant la parole de sa voix d’outretombe.

    « Seul Azra a été mandé par Akouba. Souhaitez-vous, pendant leur entretien, que je vous mène à cette vivante que nous avons capturée ? »

    Il parlait à Daemon. Sans attendre la réponse du nouvellement mort-vivant, il introduisit Azra dans une salle, seul, fermant la porte derrière lui alors qu’il restait, lui, avec Daemon. Azra se retrouva seul dans une grande pièce lugubre, semblable à celle d’un temple nécrotique, mais en lieu et place d’un autel, c’était un trône qu’il pouvait apercevoir.

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    S’il s’approchait, il pourrait voir celui qui y trônait, fort différent de l’ombre sauvage de ses souvenirs. L’être était tout enveloppé dans du tissu noir filé d’or, et arborait un inquiétant masque funéraire. Une main gantée de bronze lui intima silencieusement de s’approcher. Il n’avait plus l’air de ce qu’il était autrefois, mais ce qu’il dégageait était identique à alors : c’était bel et bien Akouba.

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    La voix de ce dernier, sortant de son masque inquiétant aux orbites plus noires que la nuit, était plus obscure que jamais.

    « Bienvenue chez toi, Azra, ami des Ol’Toga. Grand est le plaisir de celui de ta visite, en ces conditions qui sont toutes en notre faveur. Que nous vaut l’honneur de ton retour ici, nécromancien ? »


[Azra : aparté possible, si tu veux.]


[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Daemon : noté quand complété.]

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 12 Aoû 2017 04:14 
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Après de brèves réponses aux deux non-morts, le Sans-Visage se tourna vers Anastasie, demeurant coi cependant. La jeune femme ne pouvait qu'essayer de deviner ce qui se cachait derrière ce silence. Une exaspération due à des erreurs dans son discours ? Un assentiment muet ? Il était difficile de le dire face à un interlocuteur sans expression faciale. Après cela, il leur tourna enfin le dos pour les guider à travers les Landes en direction des Ol'Toga. La théurgiste était mitigée concernant cette destination. Si le lieu dans lequel ils se trouvaient présentement ne lui inspiraient rien de bon, elle serait une fois de plus entourée de créatures jouant avec la mort une fois arrivée sur place. Plus encore en infériorité numérique qu'auparavant. Elle décida cependant de les suivre docilement, heureuse de mettre derrière elle ces âmes damnées.

Le trajet dura près d'une heure. Une heure de silence à travers ces Landes maudites. Et pour couronner le tout, c'est face à une grotte qui semblaient plonger au cœur même de la terre qu'ils firent halte, apparemment arrivés à destination, ou peu s'en fallait. Si Anastasie n'était pas claustrophobe, elle avait une certaine expérience de ce genre de lieux sombres, et tous avaient résultés par des combats acharnés jusqu'à présent. Autant dire qu'elle commençait à développer une certaine rancœur contre ce genre de lieux. La descente ne dura cependant qu'une poignée de secondes. En effet le Sans-Visage, apparemment peu enclin à tâtonner, les enveloppa tous d'une brume sombre avant de les mener rapidement à travers la grotte jusqu'au cœur de celle-ci. Si Anastasie fut d'abord surprise par le soudain mouvement incontrôlé, elle se calma rapidement en en comprenant la cause et se laissa porter avec une sérénité toute relative jusqu'en bas.

Et le bas... Eh bien le bas était loin de ce à quoi Anastasie s'était attendue. Une cité entière se dressait devant eux, au cœur d'une caverne immense au plafond haut, cachée derrière une immense sculpture de pierre en forme de crâne qui semblait représenter l'entrée. Sans nulle doute possible, ils se tenaient face à l'antre d'un peuple aux liens étroits avec la mort.

Lorsqu'ils s'approchèrent, une silhouette sortit de l'ombre pour les accueillir. La jeune femme n'aurait su dire si c'était là une liche ou un spectre, mais la créature qui se tenait face à eux était bien loin du monde des vivants. Il les salua rapidement, s'adressant d'abord à Azra, qu'il connaissait, puis au Sans-Visage, avant de demander l'identité des deux autres. Ce fut le premier qui les présenta, décrivant Daemon comme un messager de la mort, et elle comme une messagère de la vie. Après cela le gamin se perdit en présentation et explications superflues et hâtives, avant que le spectre ne reprenne la parole. Il expliqua que la brume des âmes, le phénomène qui empêchait les vivants d'entrer dans les Landes Tanathéennes, ne leur posait aucun problème, bien au contraire. Ainsi cela leur permettait de vivre en paix, protégé de l'extérieur et des regards des curieux qui pourraient voir en eux des abominations. Anastasie resta la main sur le pommeau de Perçombre tout le long du discours, mal à l'aise. Elle avait beau être ouverte d'esprit, ces Ol'Toga ne lui inspiraient pas confiance. Du moins pas envers sa personne.

Après ce discours, Azra parla d'Elysea, déclarant qu'au moins une autre mortelle qu'Anastasie avait pu pénétré en ces lieux. Ce à quoi Daemon rétorqua qu'il pouvait aller la tuer de ce pas, avant de croiser le regard de la jeune femme et de baragouiner que les deux n'étaient pas aussi conciliantes. La jeune femme fronça les sourcils. Peu importait à quel point ils pouvaient être modérés comparés à leurs homologues, c'était le problème avec les messagers de la mort : ils n'avaient que peu de respect pour la vie, qu'ils ne considéraient comme rien de plus qu'une courte étape.

Après cela, l'Ol'Toga déclara qu'Elysea était avec eux, bien vivante mais prisonnière. La nouvelle fit grimacer Anastasie ; ainsi cette idiote avait fini par se faire capturer. Bon, au moins était elle vivante, mais le resterait-elle longtemps ? Et pour couronner le tout, voilà que l'accès à la cité lui était interdit ! Elle voulut d'abord protester mais une voix la ramena à la raison dans son esprit.

( Ne les provoque pas, ) conseilla Zekiel. ( Cet Azra est de leur côté, Daemon est du côté d'Azra... Et le Sans-Visage ne bougera pas le petit doigt. Tu es seule contre tous ici, et cette stupide suivante de Gaïa ne sera pas plus en sûreté avec toi dans cette cité qu'à l'extérieur. )
( Elle a beau être énervante, je ne peux pas l'y laisser, ) protesta la jeune femme.
( Pour le moment, tu n'as pas le choix. Si tu es encore vivante, c'est que les deux morts-vivants ne te voient pas comme une ennemie. Laisse-les y aller, attends qu'ils reviennent, tu négocieras sa libération à ce moment là. Lorsque tu auras assuré au Sans-Visage que tu es son allié. )

La jeune femme retint un roulement d'yeux. Ces conversations commençaient à avoir une influence néfaste sur ses réactions. Si l'on la voyait gesticuler ainsi alors même qu'elle ne semblait parler à personne, pour quoi passerait-elle ?

( Il ne sera peut-être pas mon allié quand ils reviendront. )
( Eh bien on fera les choses à ma façon : tu mentiras. Pour le moment il faut que tu restes vivante. Je n'ai pas envie d'être coincé là pour le restant de l'éternité et tu ne sauveras pas cette idiote en les insultant. )

Anastasie pinça les lèvres mais se retint de répondre. Il marquait un point : elle était en sérieuse infériorité numérique en ces lieux. Si le Sans-Visage la considérait comme utile, peut-être pourrait-il lui être d'un certain secours, au moins. Ce dernier s'était écarté en décidant qu'il resterait également à la sortie de la ville, aussi pouvait-elle discuter avec lui pendant que les autres étaient à l'intérieur. Il l'avait également prévenue que son bouclier ne durerait pas éternellement, une autre bonne raison de se mettre de son côté, mais la malhonnêteté ne définissait pas vraiment la jeune femme.

« Essayez de ramener Elysea.[b] » fit-elle alors simplement à l'encontre de Daemon et Azra. « [b]Vivante. Je m'occuperai de la chaperonner. »

Ces mots ainsi prononcés, elle laissa les deux morts-vivants s'en aller et tourna les talons pour se diriger vers le Sans-Visage. Il était en haut d'un long escalier creusé dans la roche, assis sur un siège de roc devant trois grands cristaux bleutés lévitant au-dessus du sol. Lorsqu'elle arriva à sa portée, elle déclencha aussitôt les hostilités.

« Alors, avais-je tort ? » commença-t-elle. « N'est-ce pas notre concours que vous attendez ? Enfin peu importe, pour le moment. Vous m'aviez déclaré bien vouloir me conter votre histoire, votre origine... C'est cela qui m'intéresse le plus, pour le moment. »

Elle réfléchit quelques secondes, sentant le poids de Perçombre à sa ceinture, avant d'ajouter :

« Quoiqu'il y a autre chose pour laquelle vous pourriez m'aider, s'il vous plaît. Je suis à la recherche d'une armure, symbole de lumière, qui vient de mon monde. Elle ne peut pas être là depuis plus d'une dizaine d'années, et celui qui l'aurait caché ici est un Nécromancien également, d'où mon idée qu'elle serait possiblement lié à ces Landes, dorénavant. Au vu de la puissance magique qu'une telle relique doit dégager, je me suis dit que vous pourriez peut-être la sentir. »

Elle sortit son bouclier et sa rapière pour les lui montrer.

« Elle est liée à ces artefacts, » conclut-elle.

Après tout, quelle meilleure source d'informations pour sa recherche qu'une divinité?



(((+1 000)))

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Dernière édition par Anastasie Terreblanc le Mer 16 Aoû 2017 07:16, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 12 Aoû 2017 04:50 
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Localisation: Sur la planête Aliaénon
Ils pénétrèrent dans la nécropole de Jésuir, un vaste espace souterrain plongé dans la pénombre. Alors qu’ils progressaient dans une suite de couloirs et de passages creusés dans la roche noire, Daemon fut surpris de découvrir un ciel étoilé… sous terre. De véritables constellations peuplaient la voute supérieure et brillaient timidement, avec cette étrange impression de distance, au-dessus d’une architecture morbide faite de blocs cyclopéens d’une taille qui laisserait à penser, si les escaliers n’étaient pas à dimension humaine, qu’ils furent érigés pour des géants. De grands promontoires surmontés de colonnades ouvragées, aux allures de lanternes, dans lesquelles dansaient des lueurs liquides et bleutées, illuminaient le défilé menant au cœur de la cité de mort.

Un silence pénétrant régnait en ces lieux propices aux repos et les pas d’Azra et de Daemon résonnaient dans le lointain, mais les foulées de leur guide ne faisaient aucun bruit. Il les guidait d’une démarche spectrale, comme son allure l’entendait.

Daemon eut l’impression d’entrer dans un autre monde, enfin, encore, un monde dans un monde. Cependant la brume n’était pas présente et il se demandait si les âmes quelconques, celles n’appartenant pas au peuple de Ol’Toga, avaient aussi leur place dans la cité. Les vivants n’étaient pas conviés, mais leurs morts aussi ne l’étaient pas ? Les habitants de Jésuir sillonnaient entre deux mondes et se portaient garant, à ce qu’ils disaient, pour veiller sur les défunts. De ces édifices colossaux transpirait le même orgueil que la tâche incombée.

Azra, exalté par cette vision mirifique et intimidante, se lança dans une longue tirade sur la futilité des préoccupations, des gloires et des malheurs des vivants, face à la splendeur de l’éternité. Finissant en s’adressant à Daemon, en signifiant que cette antichambre était bien le dernier lieu à visiter, à contempler à jamais et dans l’émerveillement.

« Mais les morts profitent-ils réellement de la vue ? Je ne vois pas de brume ici-bas. » dit-il avec toujours cette inextricable volonté de critique.

Il ne jouissait pas autant de l’accueil des Ol’Toga que son compère. Il ne les connaissait pas comme lui et il avait du mal à en tirer de la confiance, ce qui, il fallait le dire, dans le cas d’Azra, était aveugle. Cependant cette fidélité déraisonnable était justifiée. Le pauvre nécromancien se disait (à Oranan) rejeté des siens. Il avait trouvé ici un peuple d’adoption, un peuple doté de la même originalité qu’était la sienne. Il était donc naturel pour lui de jouir de pareilles visions glorieuses, car ce que son regard embrassait était autant à eux qu’à lui.

Ils arrivèrent alors devant une imposante porte et leur guide précisa que seul Azra avait été mandé par Akouba, le seigneur des lieux, pour ensuite demander à Daemon s’il souhaitait aller voir la prisonnière le temps de l’entretien.

Daemon fut un peu déçu de ne pouvoir voir ce mystérieux Akouba, mais il acquiesça à la délicate attention.

« Amenez-moi jusqu’à votre prisonnière. J’aimerais régler quelque chose avec elle… Où l’avez-vous trouvé ? »

Ils s’éloignèrent ainsi de la porte, mais Daemon ne put se détacher de sa curiosité envers cet entretien.

« Qui est cet Akouba qui s’entretient avec Azraël ? N’est-il pas relié à vous et à tous les autres ? »


- 530 mots -

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Dernière édition par Daemon le Dim 13 Aoû 2017 18:36, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 12 Aoû 2017 08:31 
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Localisation: Le monde d'Aliaénon
Ils s'engagèrent tous les deux dans les profondeurs de la nuit souterraine. Ils n'eurent pourtant pas longtemps à marcher avant qu'une étrange lueur bleue ne monte des abysses. Ils débouchèrent bientôt dans une immense caverne. Si vaste, en fait, qu'elle en était inconcevable. Le spectre les guidait le long du chemin ténébreux, sous un ciel aux étoiles aussi féeriques qu'impossibles. Et sous ces cieux de cauchemar, se dressaient des tours cyclopéennes et des structures massives dont la noirceur insondable glacerait le cœur du plus courageux. Mais Azra n'avait pas de cœur, et il n'avait d'yeux que pour ces merveilles. Un lieu où le temps n'avait plus de prise. Un lieu qui traversait l'éternité avec une froide austérité, la sobriété d'une âme sachant qu'elle domine toute chose. Mille vies et mille morts se bousculaient ici, s'assemblaient en une ode à la démesure et à la déchéance.

Transporté d’exhalation, Azra se prit à déclamer :

« Peuples, où sont vos noms effacés par le sable qu'a soulevé la tempête, tempête qu'en ont effacé tant d'autres? Rois, où sont vos couronnes emportées par l'haleine de la mort ? Venez aussi, hommes de la terre; dites-moi où sont vos passions, vos vertus passées comme vos pleurs, vos palais, vos gloires et vos cendres! Et vous, femmes, où sont vos cœurs plein d'amour, vos cœurs pourris aussi avant la dentelle de vos vêtements? Et quand vous serez tous là, vous me direz ensuite ce que c'est que la mort, ce que vous pensez depuis tant de siècles, endormis sous le monde qui palpite sur vos têtes, comme une victime qui tressaille encore à son agonie. Vous me direz chacun où sont parties vos âmes, et si elles viennent parfois visiter la boue qui les a contenues. »

Il se tourna vers Daemon et conclut :

« En vérité, c'est bien la dernière demeure où tout le monde devrait se rendre, afin de vivre dans l'émerveillement de ces salles de joyaux pour l'éternité. »

Ils s'engagèrent dans le large escalier, entre les tours d'onyx et de saphir, et bien que l'ascension soit longue, elle s'écoula comme dans un rêve. La liche, émerveillée, regardait partout autour d'elle, cherchant à assimiler la moindre image et à la graver dans sa mémoire. Finalement, ils arrivèrent devant la porte d'un palais incommensurable, irradiant de l’indicible aura du peuple de la mort. Là, leur guide invita le nécromancien à entrer, affirmant qu'il était le seul à avoir été appelé.

Azra entra donc dans une salle ténébreuse, un temple dédié au silence, au fond de laquelle attendait un trône sinistre. Là, une main de bronze émergea de la nuit pour lui intimer de venir. S'il avait encore été vivant, Azra se serait évanoui d'excitation, mais non. Il avait dépassé les faibles conditions de la chair. Alors il s'approcha calmement, sentant avec plaisir l'aura familière d'Akouba.

Vêtu et masqué de noir, l'Ol'Toga le salua avec une franche amitié, s'interrogeant sur sa venue. Azra retira son masque. Il n'en avait pas besoin en terrain amical. Comme c'était agréable de pouvoir enfin libérer ses os de cette gangue de métal !

« Cela fait si longtemps que j'attendais ce moment ! Je craignais que les ol'Toga n'aient été balayés par le cataclysme que certains des miens avaient provoqués. Il semble au contraire que tout aille pour le mieux. Et toi, te voilà assis comme un roi ! Voilà qui est particulièrement surprenant, mais je ne saurais te le reprocher ! »

Face au trône, il replia les jambes pour s'asseoir en tailleur. Il avait bien besoin de ressourcer un peu ses ossements, et l'endroit baignait tellement dans la mort et la magie qu'il sentait qu'il pourrait tenir des jours après ça !

« Votre cité est magnifique... Mais ma venue ici ne semble pas être uniquement lié à ces splendeurs. Tu semblais vouloir me parler en particulier. Que se passe-t-il ?" »

Akouba sembla s'en amuser, affirmant qu'Azra était aussi un roi, en un sens. Il expliqua qu'en effet, les Ol'Toga étaient pour le mieux, celui qui les avait guidé était d’ailleurs le farouche guerrier qui avait accueilli le nécromancien, il y a longtemps, dans un petit village... Il n'y avait plus besoin de gardiens vivants pour ce peuple antique. Cependant, leur tranquillité dépendait du fait que les mortels pensent impossible le voyage sur leurs terres. Or, plusieurs vivants étaient venus, protégés par leur magie. En effet, cela pouvait être problématique, mais rien d'insurmontable. Le peuple de l'ombre avait déjà amplement fait preuve de sa puissance par le passé.

« En effet, je ne l'avais pas reconnu. Pour ce qui est des vivants, je me porte garant du jeune homme qui m'accompagne. Il fait parti d'un ordre qui voit en moi une sorte de Messie, il ne dira rien. Pour les autres... Ne pouvez-vous pas le faire vous-même ? Elysea est sans conteste une menace. Quand à Anastasie... je pense qu'elle peut comprendre si nous lui expliquons. Elle est plus ouverte d'esprit. »

Mais pour Akouba, c'était là chose impossible. Le risque était trop grand. Mais certains de ses arguments firent tiquer le nécromancien :

« Tu as raison, le risque est grand, et c'est le sort de tout notre peuple, qui est en jeu... mais les mortels cherchent toujours à combler le vide de leur savoir. C'est bien là l'une de leurs rares qualités... S'ils meurent, d'autres finiront par venir explorer, encore et encore, et il y en aura tôt ou tard qui nous découvriront et survivront. C'est le prix de l'éternité : elle est si longue que tout fini toujours par arriver. Et alors, tut le monde verra en vous un peuple hostile ayant tué les explorateurs précédents. Alors que si certains reviennent en parlant d'un vide de mort, sans rien à l'intérieur, il y aura moins d'explorateurs pour venir, et le jour où ils nous découvrirons, il sera encore temps d'aviser, sans que rien d'irréparable n'ait été commis. Bien sûr, je pourrais jouer le rôle du messager pour cette mission, mais comme tu dis, ils ont peur de la mort, et ils me feront moins confiances qu'à d'autres. »

Il écarta les bras, comme pour marquer une offre, et conclut :

« Le choix définitif te revient. Et si tu restes sur ta position, je serais ravis d'éliminer cette Elysea, qui représente effectivement un danger pour nous. Mais pour ce qui est d'Anastasie, tu devras le faire toi-même, car, de part la longue expérience que j'ai du monde extérieur, je pense que c'est une mauvaise idée. Fait ton choix, mais avant, fait-moi la faveur de prendre vraiment le temps de réfléchir à mes paroles. »

((( +1000 mots. Citation : "Peuples, où sont vos noms effacés par le sable qu'a soulevé la tempête, tempête qu'en ont effacé tant d'autres? Rois, où sont vos couronnes emportées par l'haleine de la mort ? Venez aussi, hommes de la terre; dites-moi où sont vos passions, vos vertus passées comme vos pleurs, vos palais, vos gloires et vos cendres! Et vous, femmes, où sont vos cœurs plein d'amour, vos cœurs pourris aussi avant la dentelle de vos vêtements? Et quand vous serez tous là, vous me direz ensuite ce que c'est que la mort, ce que vous pensez depuis tant de siècles, endormis sous le monde qui palpite sur vos têtes, comme une victime qui tressaille encore à son agonie. Vous me direz chacun où sont parties vos âmes, et si elles viennent parfois visiter la boue qui les a contenues." de Gustave Flaubert )))

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 12 Aoû 2017 14:34 
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Jesuir – Salle du Trône (19h50)

    Akouba resta un temps silencieux après la dernière argumentation d’Azra. Méditatif, songeant dans l’ombre de la mort. Il finit par relever la tête, ce visage de bronze dissimulant l’ombre de ses traits spectraux, et donna sa réponse au nécromancien.

    « J’ai entendu tes arguments, et ils sont justes. Va donc prévenir cette Anastasie que du secret qu’elle saura ou non garder dépendra l’avenir de ces landes. Dis-lui de répandre la nouvelle qu’il n’y a ici que terre stérile et landes de mort. Elysea, qui ne semble pas accorder de grâce à tes yeux, nous la garderons comme garante de la bonne foi de celle en qui tu fais confiance. Si l’une trahit, l’autre meurt. »

    Il fit silence, comme pour inviter Azra à le contredire, ou à œuvrer en ce sens. Mais quelque chose restait en suspens, Azra eut comme l’intuition que malgré tout, leur entretien n’était pas encore terminé, que son vieil ami Akouba aurait encore une chose à lui dire, avant qu’il quitte cette salle.



Jesuir – Geôles. (19h50)


    L’être spectral à la lance répondit aux interrogations de Daemon tout en le menant vers les geôles de la nécropole.

    « Elle errait dans la Lande, proche de l’entrée de notre grotte. Lorsqu’elle nous a vu, elle a tenté de nous détruire. Avec plus de cœur que je n’avais jamais pu voir. La hargne sortait presque physiquement de son être. Nous n’avons cependant eu aucun mal à la maîtrise : ce qui est mort ne saurait mourir. »

    Ils passèrent un porche d’obsidienne, semblablement éclairé de cette lueur spectrale, et il poursuivit.

    « Akouba est le plus sage et le plus puissant d’entre nous. Notre chef, celui que l’on suit comme un guide. Il est semblablement lié à nous tous, mais cela n’empêche en rien une individualité. Nous pouvons communiquer entre nous, mais nous ne formons pas une seule entité régie par les mêmes pensées. »

    Ils arrivèrent dans un endroit aussi surprenant qu’incongru. Un vaste espace, au plafond si haut qu’il était indiscernable. Au loin, droit devant, la grotte semblait s’ouvrir vers l’extérieur, vers de la brume. Mais cette brume ne rentrait pas. En colonnade, d’étranges cristaux gigantesques trônaient sur des petits promontoires de pierres, luisant d’une pâle lueur bleutée.

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    Ils s’approchèrent d’un des cristaux, et à l’intérieur, Daemon put voir flotter Elysea, inconsciente. Le spectre leva une main, et le liquide que semblait contenir le cristal se vida, à moins que ça n’ait été du gaz. Elysea chut sur la base du cristal, toujours fermé, et reprit connaissance, un air apeuré figé sur ses traits. Elle tourna les yeux vers Daemon, et la colère emplit ces derniers. Elle frappa de ses poings la paroi, qui resta inébranlable, et sembla hurler, mais aucun son ne parvint aux oreilles du mort-vivant. Le spectre précisa :

    « Vous pouvez lui parler, elle vous entend, mais ne saura vous répondre. »



Jesuir – Alentours – Trône des Trois Cristaux. (19h50)


    Suivant le Sans-Visage, Anastasie parvint jusqu’à un escalier creusé dans la roche de la grotte. L’être aux masques le dominait, assis sur un siège de roc autour duquel lévitaient trois grands cristaux émanant une lueur bleutée spectrale.

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    Le Sans-Visage l’écouta parler, silencieux, puis lui répondit posément.

    « Votre concours ? En quoi pensez-vous pouvoir m’aider, et pourquoi en êtes-vous si persuadée ? Mon histoire, vous la connaîtrez, mais d’abord, installez-vous. Prenez place. »

    Il indiqua un autre roc, cubique, à l’assise plus ou moins marquée. Il n’attendit pas qu’elle s’installe pour répondre à sa question sur l’objet qu’elle cherchait.

    « Je connais l’objet que vous cherchez, cette armure étrangère rayonnant d’un pouvoir tout particulier et si peu en lien avec ce monde. Ce n’est pas dans ces landes de mort que vous la trouverez, mais bien au cœur de la Lande Noire. »

    Puis, après un instant :

    « Mais… puisque vous n’êtes que doute et méfiance envers moi, pourquoi vous en dirais-je davantage ? »





[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (proposition argumentée) + 1 (bonus longueur).
Daemon : noté quand complété.
Anastasie : Noté quand complété.]

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 12 Aoû 2017 18:11 
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Comme promis, Akouba réfléchit. Et, ce fut presque une surprise pour Azra, il accepta, et demanda de convaincre Anastasie qu'il n'y avait rien à explorer ici. Le nécromancien hocha la tête. Il se leva et demanda :

« Auriez-vous un moyen, quelque chose, pour communiquer avec moi en cas de problème ? Je sais que le Sans-Visage cherche à chasser le pouvoir des titans, et s'il y parvenait, vous perdriez tout ce que vous avez ici... je compte bien être présent si cela se produisait, mais peut-être devrais-je m'assurer qu'une telle chose ne puisse se produire, non ? »

Il sentait qu'il y avait toujours quelque chose en suspens dans la pièce et se retint de sortir.

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 16 Aoû 2017 06:29 
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Localisation: Aliaénon
Le Sans-Visage écouta la jeune femme parler sans l'interrompre ni sembler ne serait-ce que bouger. Lorsqu'elle eut terminé, cependant, il répondit, mais loin de ce qu'Anastasie espérait. Il sembla d'abord s'amuser que la théurgiste pense pouvoir l'aider et lui demanda pourquoi elle était si persuadée que c'était bien leur concours qu'il cherchait. Il ne la contredit cependant pas, il se contentait de poser des questions. Un détail qui n'échappa pas à la Comtesse ; peut-être avait-elle tort, peut-être ces questions n'étaient elles qu'un moyen de la réfuter, mais elle restait persuadée du contraire. Pour le moment il n'avait rien fait d'autre que lui demander l'origine d'une telle assurance, ainsi que ce en quoi elle pourrait bien lui être utile.

Il changea bien vite de sujet pour aborder les questions relatives à son histoire, mais pas pour y répondre, non, pour lui signifier qu'elles attendraient et lui demander de s'installer sur un second roc, cubique, qui ressemblait étrangement à une chaise. Et qui en était probablement une. Anastasie s'exécuta, prenant place face à lui pour écouter la suite de son monologue. Oui, il connaissait l'existence de l'armure du Chasseur d'Ombres, quoiqu'il ne la nomma pas en ces termes ; il lui déclara sans détour que celui-ci se trouvait dans la Lande Noire, arrachant un rictus de mécontentement à la théurgiste. Ce lieu avait été son premier choix pour la rechercher mais elle s'était retrouvée contrainte à venir jusqu'à la Savane Tanathéenne pour chaperonner Elysea. Qui en retour s'était retrouvée emprisonnée par les Ol'Toga comme une idiote. Elle devait donc maintenant trouver un moyen de la faire libérer avant de partir d'un endroit à la dangerosité avérée pour se diriger vers un endroit à la dangerosité supposée. Un programme qui commençait à passablement l'irriter, malgré son goût du risque. Si elle se souvenait bien de la carte elle était si proche de la Lande Noire qu'un détour jusqu'à une cité accueillante serait contre-productif, ce qui l'obligeait à enchaîner les deux voyages, à condition d'avoir avec elle assez de provisions. Ou bien d'en trouver sur le chemin.

« C'est bien ma veine, un nouvel endroit où tout ce que je croiserais tentera de me tuer et je n'ai même pas le loisir de me reposer convenablement... J’ai les mains faites pour l’or, et elles sont dans la merde, » souffla-t-elle. « Enfin... avais. Il y a bien longtemps que ces mains ont abandonné l'or pour l'acier... »

Elle secoua la tête pour chasser les pensées nostalgiques qui commençaient à l'assaillir et replongea ses yeux dans le visage insondable de celui qui n'en avait pas.

« Merci pour cette information, » fit-elle d'un ton solennel. « Avez-vous des précisions concernant son emplacement ? Et... Y a-t-il des endroits pour se reposer entre ici et Escar... Elcar ? Escarl'Oth ? Bref, entre ici et la cité principale de la Lande Noire, y a-t-il des endroits où même une personne comme moi pourrait trouver l'hospitalité et des vivres ou dois-je nécessairement faire escale dans une ville loin d'ici pour cela ? »

Si la Lande Noire était similaire aux terres sauvages d'Omyrhie, elle doutait fortement pouvoir trouver quoique ce soit qui ne soit pas un coupe-gorge pour une jeune femme seule, même armée d'un bâton de combat, d'une rapière et d'un bouclier. Mais après tout elle ne connaissait presque rien de ce monde, aussi celui-ci pourrait-il la surprendre. Autant dire qu'elle répugnait à l'idée de rebrousser chemin jusqu'à une autre ville ou cité pour pouvoir entreprendre son épopée à travers le territoire mitoyen sereinement alors même qu'elle était si proche de celui-ci. Mais un détour nécessaire valait mieux que d'y aller une première fois avant de devoir quitter les lieux pour mieux s'y rendre plus tard, bien préparée.

Elle se reconcentra cependant rapidement sur les questions les plus pressantes, à savoir celles relatives au Sans-Visage, qu'elle ne reverrait certainement pas de si tôt après cette entrevue ; elle devait profiter de l'occasion pour en apprendre le plus possible, et autant dire qu'il ne rendait pas la tâche facile, lui qui semblait maintenant douter du bien fondé de lui dévoiler son histoire. Il se demandait pourquoi il lui en dirait davantage si elle n'était que méfiance envers lui. Une réponse qui fit grincer les dents de la jeune femme. Allait-elle devoir en repasser par là, encore une fois ? Mais avant de lui répondre, elle entreprit de reprendre ses premières questions, relatives à l'aide qu'elle pourrait lui apporter. La chronologie de ces réponses l'aiderait certainement à le convaincre, s'il en avait réellement besoin et qu'il faisait autre chose que la tester.

« En quoi pourrais-je vous aider ? » répéta-t-elle, pour l'emphase. « Je vois différentes façons de le faire. Premièrement nous sommes considérés comme neutres en ces terres, un privilège que peu doivent posséder. Ainsi notre parole a certainement bien plus de poids que celle de ceux qui vous suivent depuis des années. D'autant plus de par notre statut de Yuiménien, qu'Aliaénon porte particulièrement dans son cœur depuis le réveil des Titans. Et pour les besoins de notre enquête, nous pouvoir nous faire accepter dans des lieux inaccessibles à beaucoup. Cette guerre face à Naral Shaam est autant une guerre armée qu'une guerre d'influence... Si nous sommes trop peu nombreux pour réellement avoir un poids dans la première... l'influence est justement ce pourquoi nous sommes ici aujourd'hui. »

Elle laissa à son discours le temps de faire son petit effet avant de continuer sur la deuxième partie de sa réponse.

« Quant à savoir pourquoi je pense que vous voulez de notre aide... Parce que je suis encore là, devant vous, vivante et à vous assaillir de questions quand vous pourriez être en train de vaquer à vos occupations habituelles. Je ne doute pas que la vie d'une déité doit être solitaire, mais je doute que ce soit une raison suffisante pour me faire la conversation. Pour me laisse entendre que vous allez me raconter vos origines, votre histoire, ce que tout le monde semble ignorer en ce monde alors même que vous l'avez arpenté pendant des millénaires. Et parce que vous me posez la question. Vous donnez plus l'impression d'attendre que je ne vous convainque plutôt que de vous étonner que je pense vous être utile. »

Encore une fois elle s'arrêta, jaugeant les réactions de son interlocuteur. Ce n'était pas chose aisée face à une personne exempt d'expressions faciales, mais il semblait déjà avoir trahit quelques émotions de ses mains. Finalement, elle conclut sur la dernière question du Sans-Visage.

« Pour ce qui est de pourquoi vous devriez me raconter votre histoire... Rien ne vous y oblige, en effet. Mais vous et moi, si vous dites vrai, avons en commun que notre allégeance ne va qu'aux mortels. Je sers bien une Déesse, du nom de Gaïa, mais pour l'unique raison que son existence entière est dédiée aux vivants... à leur préservation et à leur bien-être. Si je suis la citoyenne d'une nation particulière, sur mon monde, dans une ville bien délimitée, je ne me sens aucun devoir envers les personnes qui les dirigent. Si j'ai mis ma personne au service d'un Temple, je l'ai retirée si tôt que j'ai craint ne plus pouvoir servir efficacement la cause que je croyais juste sous leurs ordres. Je me méfie de vous car c'est là mon devoir, car jamais je ne servirai ni n'aiderai qui que ce soit de manière aveugle, sans jugement critique, sans remettre en cause chacun de ses mots avant de les accepter. Alors je vous l'affirme : je n'accepterai rien, de vous ni de qui que ce soit d'autre, comme une vérité absolue. »

Elle laissa un silence s'installer le temps d'une seconde avant de conclure.

« Cependant je demande à vous croire. Comme je vous l'ai dit, Naral Shaam me semble infiniment moins fiable que vous, il prépare quelque chose et ça n'augure rien de bon. Ca ne signifie pas que je vous accorderai une confiance aveugle, mais sur ce monde où aucune de mes certitudes ne peut m'aider, où je ne connais personne... Suivre mon instinct est la seule chose que je peux faire avant d'agir. Je vous demande de me raconter votre histoire car ainsi j'aurai quelque chose à quoi me raccrocher pour comprendre vos motivations, vous comprendre vous... Et laisser mon instinct décider si je dois vous faire confiance ou non. »

Ce n'était peut-être pas la réponse qu'avait attendu le Sans-Visage, mais elle avait le mérite d'expliquer parfaitement l'état d'esprit d'Anastasie. Elle était perdue sur ce monde, sans repère. La seule chose qu'elle pouvait faire était suivre son instinct.

( Et à Naral Shaam, tu lui fais confiance ? ) demanda-t-elle à Zekiel, qui semblait patiemment observer la scène.
( Je croyais que tu te moquais de mon avis ? ) rétorqua-t-il avec humeur.
( Maintenant qu'il a été établi que je ne pouvais mourir sur Aliaénon sans causer ta perte... Je suppose que ton avis est presque aussi bon que le mien. Je me demandais à qui irait ton aide entre le Sans-Visage et Naral Shaam, voilà tout. )

L'Ombre eut un petit ricanement mental, presque dédaigneux.

( Je n'en aiderais aucun... Je prendrais l'armure et je me casserais d'ici. )

La jeune femme s'apprêta à protester mais il continua avant qu'elle ne puisse intervenir.

( Mais... Je suppose que si je devais prendre partie... Je ne tournerais jamais le dos à ce Naral Shaam... Quitte à aider le Sans-Visage, même s'il me semble indigne de confiance également. )

Anastasie garda le silence à ces mots, pensive. Si la réponse ne l'étonnait pas, elle la confortait dans son impression.



(((+1 500. J'ai également complété le post squelette de mon précédent RP. Citation de Scarface : « J’ai les mains faites pour l’or, et elles sont dans la merde. »)))

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Mer 16 Aoû 2017 15:38 
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Jesuir – Salle du Trône. (19h55)

    Akouba resta silencieux un temps.

    « Non, il n’y a aucun moyen pour que nous communiquions une fois que tu auras quitté la cité. Rien n’indique que sans la présence des Titans, nous perdrions ce que nous avons obtenu… C’est néanmoins un risque. Il serait désolant de nous retrouver comme alors, perçus comme des néfastes à renvoyer au néant. Il y aurait la guerre en ces landes. Les vivants contre les morts. »

    Il baissa la tête, fut-elle immatérielle. Puis, après un instant d’hésitation, précisa :

    « Il y a… quelque chose dont tu devrais être au courant, même si l’occasion ne s’est pas présentée avant. Te souviens-tu de ton allié, Karin, disparu héroïquement devant les portes d’Esseroth ? Nous avons retrouvé la trace de son âme défunte, encolérée. Et pour son héroïsme, nous lui avons redonné un corps. À lui et à d’autres, qui forment désormais une caste, à Arothiir : les Ombres d’Arothiir. Peut-être aimerais-tu le revoir… Peut-être t’aidera-t-il dans ta tâche, comme il le fit autrefois. Prends garde, cependant : tu n’es pas sans savoir que la mort peut changer les gens. Il est possible qu’il n’en soit pas l’exception. »

    Une bonne nouvelle, ou non ?


Jesuir – Alentours – Trône des trois Cristaux. (19h55)

    Le Sans-Visage laissa Anastasie prononcer tout son discours sans ciller (ce qui n’est guère surprenant pour quelqu’un n’ayant pas de cils), et lorsqu’elle eut terminé, il resta encore un moment silencieux, immobile, comme s’il avait bu ses paroles et que désormais il finissait de les ingérer. Lorsqu’il répondit, il évoqua d’abord l’armure qu’elle cherchait.

    « Il ne m’appartient pas de vous révéler sa position exacte, ni comment la trouver. Mais je peux vous dire ceci : la Lande Noire n’est pas un terrain de jeu, et peut s’avérer plus létale même que la Savane Tanathéenne. Là-bas, aucun enchantement ne pourra vous protéger. Vous aurez besoin de vos forces, de vivres et peut-être sans doute aussi d’alliés. Je me sens d’humeur généreuse, je vais vous donner un indice : ne ciblez pas Elscar’Olth, pour votre quête. Non seulement vous n’y trouveriez pas ce que vous cherchez, mais en plus vous y rencontreriez des soucis sans aucun doute malvenus. Libre à vous d’interpréter mon conseil comme il vous semble, mais la cité d’Esseroth me semble la plus pertinente, pour reprendre vos forces. »

    Il changea alors de sujet, revenant sur l’aide qu’elle pouvait apporter.

    « Attention à ne pas vous méprendre : si votre statut neutre de Yuimenien vous ouvre certaines portes, il n’en ferme pas moins de nombreuses autres. Gardez ça en tête, si jamais il vous est donné un jour d’œuvrer dans le sens de vos mots. Quant à la guerre d’influence, vous n’avez pas totalement tort. Elle existe bel et bien. Mais contrairement à ce que vous pensez, votre présence n’est pas ici pour influencer les peuples. C’est surtout une conséquence de mon influence sur ce monde, et de la peur de Naral Shaam de celle-ci. C’est pourquoi il rétorque avec violence, c’est pourquoi il fait appel à des figures héroïques. C’est pourquoi il s’embourbe dans ses certitudes belliqueuses. Et ça, c’est déjà une victoire en soi, pour moi. Mais ne croyez pas que je lui dresse la moindre estime : il n’est qu’une épine dans mon pied dans mes projets de libération d’Aliaénon. Les Titans sont mes vrais ennemis. Ils l’ont toujours été… »

    Il semblait venu le temps de l’histoire, de la biographie du Sans-Visage. Partiale, peut-être, vu qu’il commença à la raconter lui-même. Mais peut-être était-ce la vérité ?

    « Voici des temps immémoriaux, Aliaénon ne connaissait encore aucune des civilisations qui la peuplent aujourd’hui. Mon peuple était l’unique peuple de ce monde. Nous n’étions pas nombreux. Quelques centaines, au mieux. Ce monde était déjà vaste, et neuf. Vierge de toute vie, sauf la nôtre. Seule pulsait en lui une chose qui dominait tout : la Magie. C’était notre élément, notre domaine. La magie de ce monde nous obéissait, et d’elle nous créâmes des tas et des tas de choses. Forêts, Montagnes, Fleuves ou Lacs, détroits et falaises immenses, océans furieux. Nous créâmes les animaux, nous construisîmes les cités, les grandes cités d’Aliaénon, aujourd’hui encore debout, et laissées aux peuples qui nous survécurent, persuadés qu’ils en sont à l’origine eux-mêmes, depuis des temps immémoriaux. »

    Ça ressemblait fort à une genèse.

    « Nous ne savions pas d’où nous venions, ni où nous allions. Et nous ne nous posions pas la question. Nous étions. Et c’était tout. Nous bâtissions, sans but ni compétition. Il est arrivé, cependant que certains aient plus d’ambition que les autres. Ceux-là remuèrent ciel et terres à la recherche d’une chose qu’ils ne comprenaient pas : l’essence de la magie. Son origine. Ils cherchèrent, longtemps, mais nul ne s’en souciait. Jusqu’au jour où ils la trouvèrent. Disséminée dans le sous-sol d’Aliaénon, rares et peu nombreuses, des poches de magie originelle étaient intactes. Ceux-là les trouvèrent, et lorsqu’ils furent à portée, les absorbèrent. Ils fusionnèrent avec. Et là, tout changea. Nous comprîmes que nous étions intrinsèquement liés à ces poches de magie. Nos vies en dépendaient. Et elles disparaissaient, absorbées par ceux qui furent nos semblables, plus les nôtres mourraient, disparaissaient, s’étiolaient sans laisser la moindre trace. Nous ne connaissions pas la mort, nous ne connaissions pas l’affect. Nous ne comprîmes pas ce qui se passait. Jusqu’à ce qu’un jour, je sois le seul à être resté tel que j’avais été créé. Tous les autres avaient disparus, ou étaient devenus des créatures bien plus puissantes, imposante, mais également plus limitées sous certains aspects. Les Titans étaient nés, et leur naissance marqua la fin des miens. Longtemps, je me suis posé la question de la disparition de mes semblables. À quoi elle était due, et pourquoi il ne subsistait, dans le monde, que moi. Et petit à petit, les siècles passant, les Titans s’imposant sur ce monde et les peuples que nous avions créés se diversifiaient et développaient eux-aussi des pouvoirs spécifiques, je compris comment fonctionnaient les choses. Si je ne m’étais pas moi-même étiolé, c’était qu’il restait, dans le sous-sol, une poche de magie originelle, à laquelle j’étais rattaché. Moi et… moi et eux. Une dernière poche, m’étant, je le crus pendant longtemps, destinée. Mais je ne crus pas bon de la chercher. Pas bon de l’absorber. Non. Et aujourd’hui encore, j’en suis convaincu. »

    Sa voix, si posée d’habitude, si détachée, semblait presque fébrile.

    « Je devais faire en sorte de retrouver les miens. Ceux qui avaient disparus. Aussi endormis-je les Titans pour les replacer là où ils avaient trouvé les sources de magie. Ils dormirent longtemps, et longtemps j’attendis, en vain, le retour de mes semblables. Pendant tout ce temps, je vis les peuples s’émanciper, se développer, s’approprier ce monde. Curieux, je décidai de me mêler à eux, d’apprendre à les connaître. J’acquis de nombreux noms. L’Unique. Le Sans-Visage. Et bien d’autres encore, dépendant des cultures de chaque peuple. Je me liai tant à eux qu’ils devinrent « les miens ». Je m’identifiai à eux, me sachant différent, mais faisant partie désormais de leur vie, de leur monde. Je sus que jamais je ne reverrais. »

    La tristesse, cette fois, perçait presque son ton. Il poursuivit néanmoins.

    « De Yuimen vinrent alors de nouvelles personnes, croyant en des dieux qui m’étaient étrangers, arborant des tenues étranges et des outils non moins bizarres. Des armures, des armes. Là où les peuples d’Aliaénon se satisfaisaient de ce qu’ils avaient sans chercher à en apprendre plus, ces nouveaux arrivants, venus tant du Nord que du Sud, cherchèrent à arpenter le monde. Ils créèrent des contacts avec les Sorciers de la Lande Noire, avec les Hommes Pâles. Et avec ces contacts naquit la suspicion, le doute, l’inconnu. La méfiance. Les villes d’alors se fortifièrent. Certains peuples s’armèrent et se protégèrent, au cas où. Et puis, la Grande Guerre éclata, il y a cinq ans. Et tous les peuples furent déchirés, et tous connurent la mort et la violence, la haine. Les titans furent éveillés par cette folie, et je savais que c’était signer la fin d’une ère : eux revenus, ce sont ces peuples, et non plus le mien, qui allaient commencer à s’étioler. A disparaître. A s’éteindre. Et c’est ce qu’aujourd’hui, je continue d’observer. Les armes sont toujours là, la haine aussi. La suspicion, le jugement. Nul ne peut plus être libre et insouciant, sous peine de se voir ôter la vie. À ce train, une guerre éclatera bientôt. Puis une nouvelle, et une autre encore. Jusqu’à ce qu’à cause d’une violence inouïe, il n’y ait plus rien de ce qui avait été. Plus de villes, plus de peuples. Plus de forêts ou d’animaux. Plus que moi. Moi, et eux. »

    Ce dernier mot résonna un instant dans la caverne, où le silence revint. Le Sans-Visage était inerte, immobile et silencieux.



(Azra : 0,5 (question).
Anastasie :
    Post 1 : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 1 (bonus longueur).
    Post 2 : 0,5 (introspection) + 0,5 (persuasion) + 0,5 (question) + 1,5 (bonus longueur)
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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Jeu 17 Aoû 2017 04:35 
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S'il avait été jusqu'à présent peu bavard, le Sans-Visage se montra rapidement particulièrement loquace. Peut-être ses questions étaient-elles effectivement des tests, peut-être avait-il aimé les réponses d'Anastasie, toujours est-il qu'il répondit à chacune de ses interventions de bon cœur, noyant la jeune femme sous une avalanche d'informations. Les premières furent relativement faciles à imaginer et traiter pour la Comtesse ; il refusait simplement de lui dévoiler la localisation de la relique. En soi il n'avait pas tort et elle le savait : c'était à elle de la trouver. A elle d'affronter les épreuves qui la séparaient du dernier héritage du Chasseur d'Ombres. Il lui donna cependant des conseils. Premièrement de ne pas prendre la Lande Noire à la légère, et de ne pas s'y rendre sans préparation. Les lieux pouvaient, selon ses dires, s'avérer plus mortels encore que la Savane Tanathéenne. Le second était de ne pas cibler Elscar'Olth, où ne se trouvait pas l'objet de sa convoitise mais où l'attendaient de sérieux problèmes à la place. Et pour terminer, il lui conseilla de se rendre à Esseroth pour reprendre des forces, ajoutant qu'elle était libre d'interpréter comme elle le désirait cette indication. La jeune femme fronça les sourcils, réfléchissant. Lui indiquait-il le chemin parce que c'était la cité la plus proche de la Lande Noire... Ou parce que c'était la cité extérieure à cette dernière la plus proche de la relique ? Elle se concentra pour visualiser la carte gigantesque du Conseil d'Or...

( Arthim'Olth, ) se souvint-elle.
( Exact, ) confirma l'Ombre.

Se souvenant soudain de sa présence dans son esprit, la Comtesse en profita pour le questionner, sans grand espoir.

( Tu sais quelque chose sur cette région ? ) demanda-t-elle.
( Pas vraiment. Je n'ai jamais pris la peine de me renseigner, je ne savais pas que j'allais me retrouver ici lorsque Tal'Raban m'a envoyé en mission. )

Anastasie grimaça, déçue, avant de reporter de nouveau son attention vers le Sans-Visage.

Il lui parla cette fois-ci de son statut de Yuiménienne, et des raisons pour lesquelles elle était ici. Ainsi selon lui, son origine lui fermerait autant que portes qu'elle en ouvrirait. Mais également, si cette guerre était bel et bien une guerre d'influence, il estimait qu'ils n'étaient là que par conséquence de la victoire du Sans-Visage sur Naral Shaam. S'il les avait appelé, c'était donc qu'il était un pas derrière la déité, qui ne voyait en lui qu'une épine dans son pied.

Mais ces questions furent vite mises de côté, car la divinité passa rapidement à ce qui intéressait réellement Anastasie : son histoire. Et autant dire que la jeune femme ne s'était pas attendue à cela. Car le Sans-Visage, selon ses dires, venait bel et bien d'Aliaénon, mais à une époque antérieure encore à celle des Titans. Il faisait alors parti d'un peuple, un peuple qui ne connaissait rien de ses origines, mais qui semblait s'en moquer. Un peuple de divins bâtisseurs, s'amusant à créer des monuments ou de la vie sans aucun but particulier. Ils étaient là et créer était leur seule raison d'être, semblait-il. C'est ainsi que se construisirent les premières cités, toujours debout à ce jour ; c'est ainsi que naquirent les êtres vivants. Ils se contentaient alors tous de cette vie... Tous sauf une poignée de curieux. D'ambitieux. Quelques êtres qui cherchaient à comprendre ce qui faisait tout leur être : la magie. Et ces êtres trouvèrent alors ce qu'ils cherchaient. C'était des poches de magie pure. L'essence même de ce qui les faisait. Alors certains fusionnèrent avec ces sources. La jeune femme n'eut pas besoin d'entendre la suite pour comprendre là où il voulait en venir : c'était là l'origine des Titans. Des êtres de son peuple qui avaient décuplés leurs pouvoirs en absorbant ce qui, vraisemblablement, était leur origine, ou du moins d'une partie de leur pouvoir.

Seulement ce n'était pas tout. Car alors que certains se transformaient effectivement en Titans, d'autres disparurent, privé de ce qui semblait être une partie de leur être. Anastasie fronça les sourcils. Ainsi en absorbant ces poches, les membres de ce peuple condamnaient à la mort certains de leurs frères. Et ils continuaient pourtant de le faire, devenant d'autres immenses créatures alors que certains, innocents de cette avarice, s'évaporaient. Et ce jusqu'à ce qu'il ne reste plus que le Sans-Visage, certainement lié à une toute dernière poche de magie intacte. Une poche qu'il ne jugea pas bon de rechercher.

Anastasie n'en croyait pas ses oreilles. C'était une histoire qui chamboulait tout ce qu'elle avait pu imaginer de la situation sur ce monde. Cela changeait absolument toutes ses perspectives, toutes ses croyances. Si tant était qu'il disait vrai, alors ce savoir bousculait absolument tout.

Mais l'histoire ne s'arrêtait pas là. Car le Sans-Visage endormit les Titans après cela. Dans le but, cette fois, non pas d'accorder la paix aux vivants, mais pour retrouver les siens. Il les laissa à l'endroit où ils avaient trouvé les poches de magie et attendu. Pendant ce temps, alors, les peuples se développaient, s'émancipaient. Ils changeaient alors que lui attendait en vain. Après un certain temps, alors, il se mélangea à eux, les observant, les étudiant. Jusqu'à ressentir un sentiment d'appartenance à leur encontre. Et alors qu'il devenait clair que les siens ne reviendraient jamais, les peuples d'Aliaénon devinrent ses peuples.

Après cela arrivèrent les étrangers venus de Yuimen. Avec eux vint la curiosité, mais également la suspicion et la peur. Avec eux vinrent les armes et, bien plus tard, la guerre. La Grande Guerre qui avait eu lieu cinq années auparavant. Le Sans-Visage, après cela, avait conclu que le retour des Titans signifierait la mort de ces peuples de la même manière que le sien avait disparu. Il avait conclu qu'il se retrouverait bientôt seul. Seul avec les Titans. S'il ne le dit pas, Anastasie devina la conclusion qui venait après cela : il devait les éliminer.

Après ces mots, la jeune femme entrouvrit la bouche pour répondre à cette longue histoire. Mais rien ne sortit. Elle avait beau tourner dans tous les sens ce qu'elle venait d'entendre, elle ne savait quoi rétorquer. Non pas par manque de choses à dire, bien au contraire : elle ne savait simplement pas par où commencer. Il y avait tant de pensées confuses qui se bousculaient dans sa tête. Tant de questions, tant de théories. Il lui semblait que des milliers de choses devaient être dites mais elle ne savait comment les formuler. Alors elle prit une grande inspiration... avant d'expirer profondément. Puis une nouvelle bouffée d'air. Avant de finalement prendre la parole, se laissant porter par ses émotions.

« Il était le dernier d’une espèce : trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir, » souffla-t-elle, presque dans un murmure.

Puis elle plongea ses yeux dans le visage sans regard de son interlocuteur, s'expliquant.

« Ca vient d'une pièce de théâtre de chez nous. L'histoire du dernier elfe doré, qui vient en aide aux peuples de Yuimen pour tromper sa solitude. »

Elle laissa un léger silence peser dans la salle avant de continuer, clarifiant ses idées.

« Votre histoire semble parfaitement cohérente avec ce que j'ai observé de ce monde, et ce que j'ai compris des explications que l'on m'a donné lorsque j'étais à la Tour d'Or. Je... Mon instinct me dit vous croire. Ce qui change énormément de choses. »

Elle continuait de faire le tri dans son esprits tout en parlant, cherchant à être la plus claire possible.

« Déjà si vous êtes naturellement des... des genres d'architectes, de bâtisseurs, alors cela peut expliquer l'expansion du monde, non ? Ainsi que la pyramide, dans la Savane ! N'est-ce pas ? Vous construisiez tous lorsque vous étiez là... Alors même en changeant de nature, les Titans continuent de construire, peut-être plus inconsciemment, avec moins de contrôle... Avec plus de puissance, je ne sais pas... Cela expliquerait que la terre semble s'être agrandie ces cinq dernières années n'est-ce pas ? »

Elle se mordilla la lèvre inférieure, pensive.

« De même pour l'instabilité de la magie. Si elle se trouve sur ce monde sous forme de sources pures, mais loin des civilisations, il est normal qu'elle soit difficilement contrôlable. Mais si ces sources pures, en l'occurrence les Titans, sont juste sous nos yeux, à l'air libre, alors la magie elle-même est déchaînée, imprévisible... »

Elle secoua doucement la tête.

« Tout cela colle parfaitement avec ce que vous dites. »

Mais quelque chose la chiffonnait, quelque chose d'important. Elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, mais elle sentait que c'était prioritaire. Peut-être était-ce la fatigue, peut-être était-ce son estomac qui commençait à gargouiller, ou bien les deux. Peut-être était-ce l'influence néfaste de Zekiel. Toujours était-il qu'elle sentait qu'elle avait une question importante à poser. Relative à... Naral ?

( Anastasie, ) fit Zekiel d'un ton empressé.
( Je sais, ) le coupa la jeune femme, réalisant enfin. ( S'il est au courant cela expliquerait énormément de choses. )

Alors elle devait en avoir le cœur net. Pour autant, peut-être le Sans-Visage lui-même ne soupçonnait-il pas le savoir du Dragon Mauve. Mais elle devait lui demander.

« Est-il possible... Est-il ne serait-ce qu'envisageable que Naral Shaam ait connaissance de l'existence de ces poches de magie ? » demanda-t-elle d'un ton soudain alarmé. « Réfléchissez bien. Vous l'avez sous-estimé une fois et il a réveillé les Titans... Est-ce qu'il y a la moindre chance, même la plus petite, pour qu'il sache ? Pour qu'il ait su avant même le début de la Grande Guerre, il y a cinq ans ? »

Elle se mordilla la lèvre inférieure, inquiète.

« Après tout il avait connaissance des Titans, n'est-ce pas ? Et pourtant il n'a eu de cesse de les présenter comme des victimes, comme si elles étaient les divinités originelles et que vous étiez l'imposteur. Se fourvoie-t-il seulement, ou est-il possible qu'il connaisse leur origine et que tout ceci ne soit qu'une ruse ? Une ruse pour trouver... Cette dernière poche. Pour le compte de Brytha, ou, pire, le sien ? »

Elle fronça les sourcils, baissant le regard d'un air pensif. Un mortel pouvait-il seulement toucher un tel concentré de magie et survivre ? Mais qui pouvait donc savoir ce dont il était réellement capable...


Mais Anastasie n'en avait pas terminé là. Il y avait tant de questionnements dans sa tête... Des questionnements qui pouvaient encore changer tant de choses.

« J'ai... énormément de questions, » commença-t-elle. « Mais je vais tâcher d'être méthodique. »

Premièrement, elle devait en apprendre plus sur les Titans et ses rapports avec ceux-ci.

« Est-ce que vous êtes capables de... d'interagir, avec les Titans ? De les comprendre, et eux de vous entendre ? Ils sont... Ils étaient de votre peuple, après tout. Et si un être humain en a été capable, je vous vois mal échouer à cette tâche. Ne les reconnaissez-vous pas au travers de ce qu'ils sont maintenant ? »

Elle réfléchit quelques instants de plus, cherchant une formulation convenable pour ce qui allait suivre, avant de reprendre la parole.

« Avez-vous déjà essayé de... dissocier les poches de magie et vos anciens semblables ? De... « défaire » les Titans, en somme ? Et combien sont-ils, d'ailleurs ? »

Elle se mordilla l'intérieur de la joue, attendant les réponses à ses premières questions. Mais elle même était difficilement convaincue par ses propres questions ; s'il était si attaché à ses semblables que le laissait entendre son discours, s'il désirait tant voir leur retour... Il y avait fort à parier qu'il avait déjà tout essayé.

( Si tant est qu'il a dise la vérité, ) précisa Zekiel dans son crâne.
( Je ne peux pas me permettre comme toi de douter d'absolument tout le monde à chaque seconde de ma vie. Il faut, un jour, que je décide d'accorder ma confiance à quelqu'un. Quitte à la retirer plus tard, si elle me paraît douteuse. )
( Quitte à la retirer trop tard, tu veux dire. )
( Laisse-moi tranquille, ) balaya-t-elle, ennuyée.
( Il faudrait savoir... Tu veux mon avis ou tu ne le veux pas ? ) s'amusa-t-il.
( Je veux ton avis lorsque je le demande, ) s'agaça-t-elle.
( Hun. Tu m'as pris pour ton serviteur ? )

La jeune femme retint un soupir de contrariété avant de céder.

( Très bien, alors donne-moi ton avis. )

Un ricanement mental se fit entendre à l'intérieur de son crâne. La situation semblait amuser l'Ombre.

( Je pense que s'il était le seul présent lors de ces événements, alors son histoire n'a aucune raison de ne comporter que la stricte vérité. )
( Ca ne m'aide pas, ) fit-elle remarquer.

Mais un nouveau petit rire raisonna dans ses oreilles.

( Le fait est qu'il pense qu'il n'y avait pas de témoin. Mais toi et moi connaissons des êtres qui étaient là. )

La jeune femme se retint de froncer les sourcils. Les Titans. Mais elle avait déjà demandé s'il était possible de communiquer avec eux et la réponse avait été sans équivoque.

( Quelqu'un l'a fait. C'est que c'est possible. Par toi-même, seule, peut-être pas. Il te reste à trouver un moyen. Un autre moyen. )

Anastasie opina mentalement. Finalement il s'était montré utile. Plus qu'elle ne l'aurait espéré. Il ne restait plus qu'à chercher. Encore une fois.



(((+2 000. Citation de Las Vegas Parano : « Il était le dernier d’une espèce : trop bizarre pour vivre, mais trop rare pour mourir. »)))

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Jeu 17 Aoû 2017 18:20 
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Akouba reconnut craindre la possibilité que la disparition des titans ne fasse disparaître la lande, provoquant une guerre. C'était là une possibilité inquiétante. Malgré leur puissance, les Ol'Toga pourraient bien en souffrir...

« N'y a-t-il pas moyen s'étudier la pyramide responsable ? Comprendre son lien avec la mort et les titans ? Il nous faudrait des certitudes... »

Il eut un mouvement de main fataliste :

« J'ai l'impression de tout vous devoir et de ne vous apporter que peu en échange. Je ne vous ai jamais remercié, pour cette cape. C'est vous qui me l'avez envoyé, n'est-ce pas ? Elle m'a déjà sauvé la vie... J'aimerais parcourir vos salles, en apprendre plus sur vos pouvoirs... et trouver un moyen de garantir que les vivants ne vous causent plus jamais de tors. »

Mais ensuite, l'Ol'Toga lui raconta une autre histoire qui le frappa si violemment qu'il fit un pas en arrière. Il lui révéla que Karin, l'homme pâle qui l'avait aidé à reprendre Esseroth, avait été retrouvé, et son âme réincarnée. Le pressentiment qu'il avait eu avant de quitter Aliaénon serait donc vrai ? Si c'était vrai, et malgré l'avertissement que l'homme avait pu changer, Azra aimerait le retrouver, ne serait-ce que pour le remercier. Après tout, il avait une dette envers lui. Une dette... une notion étrange, qui semblait presque étrangère dans sa bouche, et pourtant... Non, vraiment, il ne pouvait pas laisser les choses comme ça, il voulait au moins savoir !

« J'irais le voir, en effet. C'est la moindre des choses. J'imagine que vous ne pouvez pas m'aider à voyager jusqu'à Arothiir ? Aliaénon est devenu bien dangereux, j'ai eu l'occasion de le constater. Mais j'imagine que vos pouvoirs sont toujours limités en distance. Sinon, ne vous inquiétez pas, je saurais me débrouiller ! »

Cela dit, le fait qu'ils aient ressuscité Karin lui donnait aussi une idée :

« Mon compagnon, Daemon, est mourant. Pourriez-vous lui donner également un nouveau corps ? »

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 19 Aoû 2017 04:52 
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Localisation: Sur la planête Aliaénon
Daemon suivit son guide à travers la cité de Jésuir. Le son de ses pas résonnait, solitaire, dans l’immensité de la cité déserte et morte. Il écouta attentivement les explications qui lui furent fournies au sujet d’Elysea, qui avait été capturé non loin, dans les alentours de la grotte, où elle avait apparemment déchaîné une impressionnante hargne envers les Ol’Toga rencontrés. Cependant, son guide ajouta que, malgré cela, ils n’eurent aucune difficulté à la maîtriser, car « ce qui est mort ne saurait mourir ».

« C’est amusant, j’ai utilisé la même tournure aujourd’hui. Mais contrairement à vous, je ne suis mort que depuis quelques heures. Je dois ma présence ici à Azraël, qui m’a invoqué. Je ne réalise pas encore totalement, en fait. Je n’ai pas encore fait mon deuil. » ajouta-t-il sur le ton de l’humour, sans pour autant réussir à esquisser un sourire.

« Il reste surprenant qu’elle ait trouvé cet endroit seule… La lande est vaste. »

Elysea avait déjà montré sa dangerosité lors de leur précédent combat et depuis sa présence l’inquiétait. Il se disait qu’il aurait mieux fait de la tuer lorsqu’il en avait eu l’occasion, avant de se remémorer qu’elle était à présent hors d’état de nuire.

Le squelette en vint alors à Akouba, le plus sage et le plus puissant des Ol’Toga, qu’ils considéraient comme un guide. Il expliqua qu’il avait son individualité, comme tous les autres, car leur pouvoir mental qui les reliait n’empêchait pas à chacun d’avoir sa personnalité, nuançant ainsi cette conception de pensée collective qui désorientait tant Daemon.

Ils aboutirent alors dans une salle gigantesque où le plafond se perdait dans l’obscurité. Ils parcoururent une allée bordée de promontoire de pierre, sur lesquels trônaient d’étranges cristaux qui brillaient d’une lueur bleutée et Daemon put apercevoir au fond du défilé une sortie qui semblait donner sur la brume. C’était probablement une autre entrée vers la lande.

Il fut conduit vers l’un des cristaux qui illuminait l’endroit, où il découvrit avec défiance le corps d’Elysea qui y flottait, inconsciente, dans une sorte d’aura spectrale. Son guide leva la main et dans un même temps le contenu luisant qui faisait léviter la prisonnière s’estompa, pour la laisser choir sur la base aiguë de sa prison de verre.

La prêtresse de la lumière reprit alors connaissance, apeurée, puis elle observa les alentours déconcertés avant de croiser son regard. Aussitôt une fureur à son encontre monta en elle et elle se mit à frapper la cloison en poussant des cris inaudibles. Le spectre l’accompagnant précisa qu’il ne pouvait pas l’entendre, mais qu’elle oui.

« C’est bien elle… »

Daemon resta un moment silencieux à observer celle avec qui il avait voyagé pendant plusieurs jours. Il avait presque pitié d’elle, si impuissante dans sa prison translucide. Sa tête bascula au rythme de ses observations, puis il s’approcha de la paroi, juste devant le visage furieux, pour se fendre d’un large sourire.

« Ce n’est pas faute de vous avoir prévenu. Ceux qui ne respectent pas les ombres et leurs prétextes, et qui s’en défient, découvrent vite que l’espoir n’est qu’une déception encore inconnue. »

Les cris silencieux se changèrent en hurlements. Il réfléchit un instant au moyen d’accroitre son supplice, avant de briller de mesquinerie.

« Quel dommage qu’Anastasie n’ait pas suivi ce précieux conseil. Vous auriez vu sa tête, au moment où je l’ai égorgée. C’était à se tordre de rire. » acheva-t-il en se mordant la lèvre lascivement. « Je vous souhaite une agréable éternité, ma chère. »

Il se tourna vers son guide.

« Allons-y. Je voulais juste m’assurer de son identité… ce n’est pas comme si elle avait de l’importance. »


- 600 mots -

(((Voici les liens de mes autres post encore non noté : I, II)))

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Sam 19 Aoû 2017 19:48 
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Jesuir – Salle du Trône (20h)

    Akouba marqua un temps de silence, surpris, sans doute, du flegme avec lequel Azra avait pris cette nouvelle si délicate. Après ce temps, il déclara :

    « Des certitudes ? Et si ces certitudes déclenchaient la perte de ce qui est, de ce que nous avons obtenu ? Oui, la pyramide est la source de ce pouvoir, et c’est pourquoi elle est sacrée, et que nul ne peut la toucher. Nous ne pouvons nous permettre de déséquilibrer les choses. »

    Il leva une main lorsqu’Azra parla de la cape.

    « Un cadeau digne de ce que tu représentes pour ce peuple, Azra. Ne te sens redevable de rien. »

    Puis, il répondit aux questions du nécromancien.

    « Nous sommes hélas encore plus limités qu’avant : nous ne pouvons quitter la Savanne Tanathéenne, désormais. Tu devras te débrouiller seul. Quant à ton ami… Je crains que ce ne soit un pouvoir qui nous demande énormément d’énergie. Nous ne l’usons que pour de rares exceptions. Et… Sans vouloir t’offenser : nous ne connaissons rien de ton compagnon. »

    Il resta silencieux. Azra avait-il autre chose à dire ?


Jesuir – Geôles (20h)

    Elysea, devant la provocation de Daemon, parut plus encolérée encore, et frappa de son poing le cristal, sans rien lui faire. Elle semblait lui hurler des choses, mais il ne l’entendait pas. Et la colère de la jeune femme était trop forte pour qu’il puisse lire quoique ce soit sur ses lèvres. En voilà une dont il s’était fait l’ennemi. Mortel, sans aucun doute.

    Lorsqu’il retourna vers son guide, celui-ci lui demanda :

    « Où souhaitez-vous aller ? »



Jesuir – Alentours – Trône des trois Cristaux. (20h)


    Le Sans-Visage resta encore un moment silencieux, même après les questions d’Anastasie. Puis, il parvint tout de même à y répondre, laconique.

    « Peut-être avez-vous tort, ou peut-être raison, sur l’implication réelle des sphères absorbées par les titans. Moi-même je ne saurais le savoir. Eux, sans doute non plus. Ils sont devenus des esprits sauvages dénués de raison telle que vous ou moi pourrions l’appréhender. Ils ignorent sans doute comment ils œuvrent de la sorte. Une chose est sûre : c’est leur éveil qui a déclenché tout ça. Et ça, c’est inacceptable. Il est de même peu probable que Naral Shaam ait connaissance des poches de magie. Pas de lui-même, ni de quiconque en ce monde. J’en ai été le seul témoin. Le seul qui puisse avoir compris ce qui se passait alors. Mais il semble intelligent : il a peut-être compris plus sur ce monde qu’il ne veut le dire. Peut-être cherche-t-il cette poche… Je la défendrai, si c’est le cas. S’il s’en approche. Car cela signerait ma fin, et sans doute celle de ce monde. »

    Il revint sur les titans, plus ferme.

    « Les Titans sont les meurtriers de mon peuple. Je n’ai aucune envie d’entrer en contact avec eux. Aucune. Ils ne sont plus ce qu’ils furent autrefois. Des génocidaires, voilà la seule façon que j’ai de les voir. Quant à les dissocier, ce n’est pas en mon pouvoir. Ils ont fusionné littéralement avec la magie. Ils ne font plus qu’un avec elle. Quant à leur nombre… Il n’est pas réellement pertinent que vous le sachiez. Vous ne comptez pas les voir tous, n’est-ce pas ? »

    Et il se tut.



(Anastasie : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (déductions) + 1,5 (bonus longueur).
Azra : 0,5 (questions).
Daemon :
    Post 1 : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur)
    Post 2 : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (bonus longueur).
    Post 3 : 0,5 (introspection) + 0,5 (mensonge) + 0,5 (bonus longueur).
)

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 Sujet du message: Re: Savane Tanathéenne
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 20:37 
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Localisation: Le monde d'Aliaénon
Mais Akouba expliqua qu'il préférait garder la pyramide comme lieu sacrer, et interdire de la toucher, de peur d'altérer son effet. Il refusa également de ramener Daemon à la vie, ne le connaissant pas. Azra hocha la tête :

« Je comprends. Qu'il en soit ainsi. Maintenant, conduisez-moi à Daemon et Anastasie. Que les Ol'Toga soient prêt au combat, au cas ou elle se montrerait agressive. J'espère que nous n'en arriverons pas à cette extrémité, mais mieux vaut être prêt à tout. Au revoir, Akouba, puisse notre peuple perdurer dans les ombres pour les siècles des siècles. »

Et il sortit de la salle du trône. Sur le parvis, son regard porta sur l'étendue de la cité d'ombres. Il aurait aimé y rester, mais ce serait pour plus tard. Pour l'heure, il devait retrouver Karin. Arothiir était, pour ce qu'il en savait, la productrice de la drogue qui l'avait poussé à la mort. S'il voulait la détruire, c'était là une tâche que la liche aurait grand plaisir à l'aider à accomplir...

Mais d'abord, trouver la paladine et la convaincre...

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