L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 28 Oct 2008 22:19 
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Temple de Thimoros


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Ce temple dédié au dieu tourmenteur de la guerre n'est présent à Darhàm que depuis que la ville s'est soumise à l'Ombre d'Oaxaca et à son armée Orque. L'influence du Dieu Sombre s'étend donc maintenant jusque dans la ville portuaire.

Une ancienne maison du quartier des marins a donc été réquisitionnée pour y installer les objets du culte de la Divinité des Ravages. Le choix du quartier n'est pas dû au hasard. C'est ici que règnent les pires crapules de la ville, le chaos le plus innommable.

L'extérieur n'a par conséquent rien d'un bâtiment religieux. C'est une simple masure faite de pierres craquelées et le seul signe extérieur de la cruauté et de la présence du Dieu est la porte d'entrée. En effet, deux mains pâles et crispées la traversent de part en part, semblant s'agripper au bois dans de longues traînées sanglantes. Ces paluches humaines appartiennent à l'ancien propriétaire de la maison, qui ne voulait pas qu'on lui prenne son bien... ce qui lui a finalement coûté bien plus cher que prévu. Son corps est désormais cloué à l'intérieur et maintenu en état par la magie des prêtres, pour que chacun sache ce qui arrive à ceux qui se mettent en travers de la route du Dieu Chaotique.

Lorsque vous pénétrerez dans l'antre du mal, une forte odeur de sang viendra vous assaillir les narines. Sans doute est-ce dû aux nombreux sacrifices inhumains qui y sont régulièrement pratiqués, sacrifiés dont le fluide vital vermillon coule dans les deux rigoles qui cernent le temple.

Tout est sombre, ici. Le noir et le rouge sont les couleurs qui prédominent, indubitablement. L'ancien intérieur a été entièrement démoli et de noires colonnes sculptées soutiennent désormais la structure interne de l'ancienne habitation. L'autel, au fond de l'unique pièce couvrant toute la surface, est noir et un grand scorpion est sculpté en bas relief sur celui-ci.

Les murs sont lisses et semblent suinter de sang... L'explication est facilement trouvée: ils ont été entièrement repeints avec le sang des victimes de la guerre d'Oaxaca et des rares marins qui voulaient préserver leur indépendance...

Bienvenue en Enfer...

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 14 Juil 2010 23:02 
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Localisation: Kendrâ Kâr
Après bien des détours et d'une partie de cache-cache dans la ville - chose que j'avais pris l'habitude de faire et de refaire et qui en devenait presque paranoïaque – j'arrivais prêt de l'étrange bâtisse. J'aurais pu passer par le toit mais l'aura maléfique du lieu m'avais bien vite fait changer d'avis.
Les rues alentours étaient désertes et les volets fermés des maisons du quartier grinçaient aux mouvements du vent pénétrant dans les imperfections du bois. Ce calme en devenait presque stressant, j'avais l'impression d'être épié. De plus, la nuit semblait plus dense par ici, mes yeux avais du mal à s'habituer à la pénombre quasi-surnaturelle du site.

Après m'être assuré que personne ne m'espionnais, je me concentrais sur la maison en elle même. La chose qui me frappais le plus fût la netteté de la vision que j'avais eût quand je méditais dans le cimetière... Une porte délabrée, des mains tuméfié composée de sang séché, une aura maléfique... L'endroit était maléfique, c'était le cas de le dire. Mais le seul fait de m'approcher me réchauffais le cœur, c'était un endroit corrompu, un endroit où seul les vrai représentant du mal pouvait se permettre d'y mettre les pieds...

Je m'approchais encore, arrivant à quelques centimètres de la porte je remarquais que celle-ci n'était pas fermé. Quand je posais la main sur le bois rongé par le temps, je sentis une présence s'insinuer en moi... Elle me sondais, une image vînt s'imposer dans mon esprit, deux yeux rouges injecté de sang, emmitouflé dans un capuchon noir. Son regard était perçant et j'avais l'impression de fondre comme neige au soleil à cette vue. Je ne pouvais détourner les yeux, s'en était trop... Soudain, la tension sembla se relâcher et je m'affala à terre.
Retrouvant mes esprits en quelques secondes, je me relevais d'un bond, analysant la place autour de moi, rien. Par contre, la porte de la maison s'était ouverte de quelques centimètres. La dépouille cloué derrière l'empêchait d'aller plus loin. J'entrais avec précaution, une forte odeur de sang vînt m'assaillir les narines, la pièce était entièrement recouverte d'hémoglobine.

Quatre pilier gravée soutenait le toit, bien qu'il celui-ci n'en avait nullement besoin... Le sol était exempt de mobilier et le parquet arraché ou encore enlevé à certain endroits. Au fond, un autel de la taille d'un homme adulte était cloué au sol. En m'approchant d'avantage, je m’aperçus que cet autel était en faite d'un noir obsidienne. Un scorpion était gravé sur toute sa surface. Je déposais un doigts sur sa surface pour ressentir l'artefact quand le sol sous mes pieds sembla se dérober, je fît une chute vertigineuse. Les yeux revinrent, me sondant encore plus profondément, son regard se fit plus insistant au fur et à mesure que je résistais. Au bout de quelques minutes, la souffrances prît le dessus et les yeux semblèrent se calmer quand je m'abandonna à son emprise. Tout d'un coup je pris conscience que je tombait et accorda un regard en contrebas, je ne perçut que le vide... Les yeux me regardait toujours, je crût entrevoir un semblant de sourire...

Soudain, des images de batailles, de morts, de cadavre s'insinuèrent dans mon esprit, se chevauchant pour toujours me montrer des choses horribles mais pourtant ravissantes... Des carnages en tout genres, des forêts ravagés et dans la majorité des cas brulées, des viols et bien d'autres scènes... Les images ne cessèrent de défiler et je m'en délectait. Une dernières image s'imposa à mon esprit, l'entrée d'une ville... On pouvait lire Kendra Kâr sur un panneau.
L'image se dissipa bientôt et une voix glacée et inhumaine me souffla « Va là-bas... ».

Sur ces mots, je me réveilla allonger sur l'autel d'obsidienne dans le temple de Thimoros, me relevant d'un bond et vérifiant les moindres interstice de la pièce pour m'assurer que nul personne ne pouvait m'y surprendre, je descendais de l'autel et partais en direction de la porte d'un pas assuré, sachant désormais ce que je devais faire.
Il faisait presque jour dehors, j’eus un moment d'hésitation... La lumière du soleil n'étais pas quelque chose que j'appréciais énormément... Mais les images vu dans la nuit s'entrechoquèrent et je prît bien vite ma décision. Sans prendre la peine de refermer la porte ni d'accorder un regard en arrière, je sortais et sautais sur un toit, commençant une course effréné vers mon repaire...

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 12 Nov 2010 14:35 
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Inscription: Jeu 11 Nov 2010 19:27
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Kaeras tenait enfin sa gourde pleine. Elle la serra contre son coeur, puis en but une gorgée.

(Hum... Quel délice ce doux breuvage. Cela faisait si longtemps... A peine quelques heures... Déjà quelques heures !)


Elle retrouva alors ses esprits et voyant le capharnaüm autour d'elle se demanda comment elle avait pu en arriver là. Alors, elle se remémora les quelques heures précédentes. L'histoire avait commencé de la même manière quelle allait se terminer, dans un délice et dans une explosion des sens...

Quelques heures plutôt :

(Hum... Quel délice que de prendre un bain. Cela faisait si longtemps... A peine quelques heures... Déjà quelques heures !)


Kaeras était une prêtresse de l'ordre de Phaïtos, le dieu de la mort. Elle avait été élevée dans les dogmes rigides de ce dieu et elle devait son présent à cet enseignement. Elle était entrée dans les ordres de Phaïtos dix ans auparavant. Elle avait grandi en beauté, ses cheveux couleur feuille morte avaient poussé, son caractère s'était affirmé, très affirmé, trop affirmé sans doute. Elle n'acceptait pas l'imperfection chez les autres.

Kaeras prit l'éponge se situant à côté du baquet fumant et se savonna le dos.

(Bon je crois que ce sera suffisant pour cette fois.)


Elle reposa l'éponge sur le meuble adjacent au baquet et tendit sa main en direction de sa gourde. Elle l'agita et n'entendit que le choc de l'air contre les parois. La frayeur apparut alors sur son visage. Elle déboucha sa gourde et la renversa afin d'en voir le contenu. Ses sens ne l'avaient pas trompée, le récipient était malheureusement vide. La frayeur céda rapidement le pas à la colère. Courroucée, elle se leva laissant transparaître sa nudité à la salle vide. Son corps était entouré des volutes dégagées par le bain chauffé en permanence par les braseros l'entourant.

Elle frappa alors avec rage dans ses mains et se mit à hurler si fort que sa voix traversa le temple de Phaïtos sans aucun problème :


« Elyaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !!!! »


Une fillette d'une dizaine d'année apparut à travers l'arche de la porte. Elle possédait des cheveux blonds comme les blés qui encadraient son visage encore enfantin. Elle était encore loin d'être une femme, cependant ses traits présageaient une grande beauté future. Elle était simplement vêtue d'un robe crème en lin aux manches longues. Ses cheveux étaient noués en deux tresses retombant dans son dos. Elle ne portait pas de chaussures car elle aimait sentir le froid des dalles sur ses pieds.

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Voyant Kaeras dénudée, elle se dirigea en courant vers le plateau portant les serviettes, en prit une et se remit en direction de la furie. Ne regardant pas où elle posait les pieds, la petite ne vit pas l'obstacle se présentant devant ses pieds : un peigne en os finement ouvragé offert au temple en offrande pour Phaïtos mais récupéré par Kaeras pour sa collection personnelle. Elyah tituba sur le peigne mouillée et partit en glissant en direction du baquet sur le sol de marbre noir. La pauvre Elyah ne savait pas comment s'arrêter, cependant, elle n'eut pas le temps de réfléchir longtemps car sa course fut rapidement écourtée par un autre obstacle, de taille cette fois-ci, le baquet. Elyah cogna en effet dans la baignoire et se retrouva le derrière en premier dans la baignoire en compagnie Kaeras totalement dubitative face au cirque engendré par la petite.

Toujours nue comme un ver, Kaeras toisa la petite qui se recroquevillait dans un coin du bain. Elyah savait qu'elle allait se faire passer un savon. Kaeras n'en pouvant plus de se retenir explosa en aboyant sur l'enfant.


« Elyah ! Ton comportement est inadmissible ! Tu passes ton temps à badiner alors que je souffre ! Mais tu te moques bien de ma souffrance ! Je pourrais mourir devant toi sans que tu lèves le petit doigt pour me secourir ! Tu es infernale ! Tu ne penses qu'à faire la pitre ! Mais pourquoi m'a-t-on flanqué une telle sotte ? »


Elyah sanglotant dans son coin n'en pouvait plus. Elle se mit alors à éclater en pleurs à grand coup de cris et de gémissement. Les larmes inondaient ses joues ruisselant jusqu'à son menton. Elles tombaient alors dans le bain de Kaeras. Cette dernière se remit à hurler voyant le triste spectacle.

« Arrête de pleurer ! Tu vas souiller mon bain ainsi que ma personne si tu continues à pleurer comme une idiote ! Je vais devoir reprendre un autre bain à ce rythme ! Sauf que je n'ai pas le temps ! Je n'ai plus de Khori ! Oui tu entends bien, je n'ai plus de Khori ! Ma gourde est vide ! Et si je n'en ai pas dans l'instant je vais mourir ! Tu ne voudrais pas me voir mourir Elyah ? N'est-ce pas ?»

La jeunette redressa alors son visage en direction de Kaeras et comprit la détresse de sa maîtresse. Ne plus avoir de Khori était pour elle synonyme de mort. Au sens propre. En effet, si sa maîtresse n'avait pas sa dose de Khori elle allait devenir une telle furie qu'elle déchiquèterait tout sur son passage. Kaeras, comme tous les enfants enlevés pour rejoindre le culte de Phaïtos avait été droguée depuis sa tendre enfance. On l'avait assujettie à la Khori, une drogue effaçant les souvenirs de la petite enfance et provoquant une importante dépendance ainsi qu'une sensation de vide lors des crises de manque. Elyah se releva et dit à Kaeras :

« Très bien nous allons arranger la situation. Mais avant vous devez vous sécher et vous habillez »


« Non, non, non et non ! Je veux ma Khoriiiiiiiiiiii !!! »


« Du calme, il y en a au temple. Vous en aurez dans quelques minutes. Sortez du bain, je vais vous sécher. »

L'enfant sortit la première du bain et retourna chercher une serviette. Pendant ce temps, Kaeras était sortie de son bain et attendait, se dandinant sur place d'une grande impatience. Elyah passa la serviette autour de sa maîtresse et commença à l'essuyer. Kaeras étant trop grande pour que l'enfant puisse l'essuyer de la tête aux pieds, elle se mit à genou lorsqu'Elyah arriva à hauteur de sa poitrine. Elle continua à la frotter avec douceur jusqu'à sa tête. Kaeras écarta doucement la serviette et prit sa servante dans ses bras. Kaeras se mit alors à sangloter et dit :

« Je suis désolé d'être si dure avec toi, mais tu sais comment je suis quand je n'ai pas ma Khori. Je suis insupportable. Je regrette tout ce que je t'ai dit. »

La petite se blottit contre sa maîtresse et ajouta :

« Je sais. Ne vous en faites pas, je vous aime trop pour vous abandonner.  Allez, maintenant que vous êtes sèche, je vais vous aider à vous habiller. »

Elyah laissa Kaeras se relever. Pendant ce temps, elle alla chercher une robe pour sa maîtresse dans sa penderie. Elle lui choisit une robe noire aux motifs pourpres, une de ses préférées. Elle revint vers Kaeras et l'aida à passer sa tenue.

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« Voilà que vous avez bien plus belle allure. Asseyez-vous que je vous coiffe. »


Kaeras obtempéra et s'assit sur un fauteuil en bois noir devant un immense miroir. Elyah récupéra le peigne en os et retourna auprès de la Kendran. Elle peigna patiemment les cheveux feuilles mortes de sa maîtresse puis fit une tresse qu'elle laissa pendre sur le côté droit de Kaeras. Toutes les attentions d'Elyah firent un grand bien à Kaeras qui réussit à se détendre malgré la sensation de manque. La jeune fille posa la peigne sur la table et dit à sa maîtresse :


« Voilà nous sommes prêtes, nous pouvons partir à la chasse à la Khori. »



« Nous ? Tu es bien présomptueuse jeune fille. Va donc te changer. Tu es toute mouillée à cause de ton petit spectacle. »


Les deux filles éclatèrent de rire. Kaeras déposa un baiser sur le front d'Elyah et lui donna une tape sur les fesses en ajoutant :

« File maintenant. »

Kaeras se releva et partit en direction de la salle des prêtres où était censée se trouver la Khori. Elle s'engagea alors dans un réseau de couloirs sombres simplement éclairés par des torches au feu vacillant. Au détour des étroits couloirs, elle voyait le regard des quelques prêtres se tourner vers elle. Elle les ignorait de toute sa superbe bien qu'elle se rendît compte qu'on l'épiait. Il fallait dire que les hommes du temple de Phaïtos n'étaient pas habitués à voir des êtres aussi sublimes. Il n'y avait aucune femme dans le clergé de Darhàm et les seules de l'assemblée n'étaient que quelques dames d'un âge certain, pour ne pas dire d'un certain âge. Kaeras ne les ayant rejoints en compagnie d'Elyah que depuis une semaine, les prêtres de Phaïtos n'étaient toujours pas habitués à sa beauté.

Arrivant à proximité de la salle des prêtres, elle accéléra le pas et se retrouva bientôt à la limite de la course. Elle arriva enfin dans la pièce. Elle s'arrêta dans l'embrasure pour reprendre son souffle et se dirigea vers l'étagère où siégeaient toutes les mixtures préparées par les prêtres. Son regard se porta en direction du deuxième étage, troisième position en partant de la droite et vit le tonneau de Khori. Elle ne fit pas attention au reste de la pièce tant elle était attirée par le tonneau. L'intérieur de la pièce était simplement meublé, ici et là quelques étagères collées aux murs contenant des fioles, des urnes, des pots. La pièce possédait en son son centre un unique bureau sur lequel était déposé un alambic en cuivre qui n'avait pas été rangé par le dernier utilisateur du laboratoire.

Elle sentit son coeur s'emballer. Elle tendit sa gourde en direction du tonnelet quand sa main cogna contre une pancarte en bois. Ses yeux se baissèrent en direction de l'écriteau et la tristesse s'afficha sur son visage quand elle lut le message :

« Plus de Khori – Prochain arrivage dans 10 jours »


N'en croyant pas ses yeux, elle plaça tout de même sa gourde sous le robinet et ouvrit ce dernier. Cependant, rien ne sortit du récipient. Kaeras entra à nouveau dans une colère monstre. Elle attrapa le tonneau et recula d'un pas. Elle jeta alors la petite barrique sur l'étagère. Le projectile fracassa une flopée de fioles et de flacons remplis de diverses substances aux goûts et propriétés variées. Kaeras revint en direction de l'étagère et la renversa, brisant les derniers récipients. Elle tapait du pied, vociférait, criait, hurlait si fort que bientôt une assemblée de prêtres arriva dans la salle. Ils étaient tous vêtus de la même manière, une simple robe de bure noire avec un capuchon. Ils possédaient pour la plupart le crâne rasé ainsi qu'un pendentif en forme de corbeau signe de leur appartenance au culte de Phaïtos. Tous parurent choqués par la possibilité qu'une si chétive créature eût fait un tel carnage dans la pièce. Cependant, aucun n'osait piper mot. Certains remirent leurs capuchons sur leurs têtes espérant que ceci les protégerait de ce démon se trouvant en face d'eux. Ils ne connaissaient pas Kaeras depuis longtemps, mais quelques prêtres avaient déjà pu se frotter à son courroux, or son courroux était acéré comme des lames d'acier.

Kaeras vit alors les regards apeurés. Elle se dirigea lentement dans leur direction. Ces derniers reculèrent d'un pas ne sachant quel traitement allait leur réserver la jeune femme. Kaeras hurla alors :


« Il n'y a plus de Khori ! Comment je vais faire ? Vous êtes une grosse bande d'incapables et d'égoïstes ! Je vais vous tuer ! »


Personne n'osa détaler de peur d'offrir son dos en proie à la furie. Un des prêtres, un peu plus courageux que les autres -ou alors un peu plus fou-, osa prendre la parole. Il faisait parti des plus jeunes prêtres de Phaïtos, il n'avait qu'une trentaine d'années. Chauve, il possédait des yeux bruns aussi sombres que la crypte de leur divinité. Il était charpenté comme un meuble solide aux épaules larges. Cependant, d'un voix chevrotante il dit :


« Je crois qu'ils en ont au temple de Thimoros. »


« Très bien ! Vu que l'on doit toujours faire tout, toute seule, ici, je vais y aller ! »

Les prêtres parurent surpris par une telle audace. Kaeras ne savait pas dans quoi elle s'engageait. Elle allait sans doute mourir, mais cette idée soulageait les prêtres.

Kaeras se dirigea vers la sortie bousculant quelques prêtres en jouant des épaules. Aucun n'essaya de la retenir. Elle reprit les couloir en sens inverse et se retrouva dans la salle principale du temple. Bien que simplement décorée, elle imposait à quiconque entrait dans ce lieu de culte un sentiment d'écrasement. Autour du simple autel de la crypte, quelques braseros réchauffaient l'atmosphère glaciale du lieu de culte. Kaeras ne fit pas attention à la représentation de son dieu tant elle était concentrée autour d'une seule chose : sa drogue. Elle traversa la salle en coup de vent et monta les marches de l'escalier en direction de la sortie. Arrivée à l'entrée du temple de Phaïtos, son regard traversa la rue et se posa sur la porte du temple de Thimoros. Elle prit son courage à deux mains et se décida à aller en face en direction de cette porte aux mains ensanglantées..
Elle franchit le seuil du temple de Phaïtos et se retrouva dans une rue déserte bien qu'il fût assez tôt dans l'après-midi. Il fallait dire que les temples n'étaient pas les endroits les plus fréquentés à Darhàm. Les tavernes du front de mer étaient bien plus charmante aux yeux des autochtones que les lieux de foi et de prière. Cependant, si Kaeras était venue à Darhàm c'était bien pour faire changer cet état de fait. Elle n'espérait pas convertir tout Darhàm au culte de Phaïtos. Elle savait cela impossible. Il suffirait juste de trouver le nombre de fidèles suffisant pour pouvoir écraser les autres cultes de la ville afin que Phaïtos deviennent le dieu tutélaire de Darhàm. Ce ne serait bien dur après tout, elle avait de l'expérience dans ce domaine, elle avait usé sa force de conviction dans différents villages voisins.

Kaeras retrouva bien vite ses esprits et se rappela son but actuel : trouver de la Khori. Elle s'engagea alors en direction du temple du frère de son dieu. Cependant, Kaeras était tellement obnubilée par la sensation de manque qu'elle n'avait pas remarqué la réelle raison du vide dans les rues. En effet, un groupe de morts vivants rodaient dans la rue entre les deux temples. Ceux-ci quand ils aperçurent la jeune femme se mirent à marcher dans sa direction à un rythme lent mais constant. Le groupe n'était qu'un rassemblement de cadavre ambulant semblant être animé par une conscience unique. Les morceaux de peau et de chair putréfiée voguaient au gré de leurs mouvements, se balançant de droite à gauche accompagnant le groupe de cadavres dans leur marche macabre.

Le temps qu'elle se remette en marche suite à ses pensées vagabondes, les morts-vivants n'étaient plus qu'à quelques enjambées d'elle. Ils scrutaient dans sa direction en tendant leurs bras gris et pourris afin de tenter de l'agripper. Kaeras dépassa le groupe sans les voir et sentit alors une main sur son épaule. Mécaniquement, elle frappa sur la main qui se dégagea par réflexe. Elle agissait de manière plus ou moins inconsciente tant l'effet de l'absence de sa drogue la rendait peu lucide. Son esprit n'arrivant à penser qu'à la Khori, elle n'arrivait pas réfléchir et à se dire que cette main sur son épaule n'était pas normale.

Elle continua sa route comme si de rien était mais s'aperçut que sa main était légèrement visqueuse. S'étant lavée quelques minutes auparavant, cela ne pouvait pas être un reste de saleté. Cela devait donc venir de la main qu'elle avait touchée en la frappant. Elle pensa qu'il s'agissait d'un mendiant qui avait tenté de l'arrêter pour lui demander une pièce ou deux. Elle prit alors une mine dégoutée et poursuivit son chemin. Au retour, elle devrait à nouveau se laver à cause de ce puant.

(Quelle horreur, ces chiens immondes, on devrait les exterminer. Ils n'apportent que maladie et gangrène ! Toujours là à mendier, jamais là pour travailler. Rahhhhhh ! Quelle horreur !)

Elle entendit des cris d'outre-tombe dans son dos. Cependant, ceci ne la fit pas frémir. Sans aucun doute un prêtre de Phaïtos un peu fou qui tentait d'imiter les morts. Comme si les morts pouvaient crier. Elle arriva bientôt sur le perron du temple ennemi, s'arrêta devant la sinistre porte et se retourna. Elle vit alors les cadavres continuer à avancer dans sa direction. Vraiment, les mendiants étaient de plus en plus négligés. Et dire que l'un d'entre eux avait osé la toucher. Elle allait sans doute mourir de la peste avant d'avoir pu récupérer sa dose Khori. Cependant, retrouvant son courage, ou sa folie, elle s'engagea à l'intérieur du temple laissant dans les rues les morts-vivants seuls.

Elle poussa la porte aux mains ensanglantées et clouées contre cette dernière. Franchissant le seuil, elle tomba nez à nez avec un prêtre gardant le temple. Il était en apparence semblable aux prêtre de Phaïtos bien que derrière son regard noir on pouvait deviner un esprit sadique et torturé. Ce dernier, intrigué par la présence de la belle lui demanda :

« Que faites-vous là ? Savez-vous que le temple est interdit aux femmes impures ? »

Kaeras décida de jouer le jeu du charme et se mit à papillonner des yeux.

« Voyez-vous, je suis venue ici pour demander à ce qu'on mon sacrifie en l'honneur de votre dieu. J'en ai assez de cette vie de paix, je veux que mon sacrifice apporte la guerre à Darhàm afin que le nom de notre sauveur et rédempteur soit loué pour les siècles et les siècles. »


Le garde parut surpris, en effet, les suppliciés volontaires se faisaient de plus en plus rare, surtout à Darhàm, surtout chez les femmes, surtout celles sublimes. S'il amenait cette proie au grand-prêtre en le convainquant qu'il l'avait convertie et décidée à se sacrifier, il serait sans doute promu à un rang supérieur à celui de prêtre-garde. Peut-être serait-il promu au rang de prêtre-sacrifice et qu'il pourrait tuer et torturer à tour de bras. Il ajouta alors :

« Je vais vous conduire jusqu'au grand-prêtre, mais laissez moi parler, sinon, il n'acceptera pas votre sacrifice. Suivez moi, il se trouve actuellement dans le laboratoire d'alchimie en train de préparer des potions. »


Kaeras était ravie, la chance semblait enfin lui sourire. Le prêtre-garde la mena en direction de la salle de préparation. L'odeur du sang arriva aux narines de Kaeras. Elle n'appréciait pas cette odeur, mais elle s'en accommoda tant bien que mal tant ceci n'était que secondaire. Ils traversèrent la pièce principale aux murs repeints du sang des victimes des sacrifices. Le regard de Kaeras ne s'attarda pas sur les colonnes noires, mais se posa directement sur l'autel. Ce dernier n'avait pas été encore totalement nettoyé. On voyait, épars, des morceaux de boyau, un oeil, des os... Vraiment les prêtres de Thimoros n'avaient aucun sens de l'esthétique. Le prêtre toqua à la porte et entra :

« Oh grand-prêtre, voyez ce que je vous amène. J'ai trouvé cette femme alors qu'elle errait dans les rues sans foi ni loi. Je lui appris à connaître notre dieu, à le chérir, à l'adorer. Depuis, elle a pris conscience d'une nécessité absolue, elle doit se sacrifier en l'honneur de notre culte. »

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Le grand-prêtre leva les yeux de ses flacons, ainsi que de son livre, et jaugea Kaeras. Elle ferait en effet un joli sacrifice en l'honneur de son dieu. Il prit alors la parole :

« Bien, bien, voilà un beau spécimen que tu nous apportes là. Sache que ton dieu te sera reconnaissant, son culte aussi. Si elle se révèle pure, tu seras grandement récompensé. Pars, je te rappellerais pour te faire part de mon avis. »

Le garde obtempéra et ressortit comme il était entré laissant seule Kaeras face au grand-prêtre. Ce dernier portait une robe à capuchon bien plus détaillée que les simples robes des prêtes normaux. On avait teint sur le tissus noir des formes d'organes humains dans des tons pourpres. Le prêtre baissa son capuchon et Kaeras put apercevoir son visage. Il était formé de nombreuses rides et plis. L'homme avait été buriné par le temps, ses longs cheveux gris et sales étaient la marque d'une grande et longue activité auprès du culte de Phaïtos. Après l'avoir observé, elle fouilla la pièce à la recherche de Khori. Contrairement à la salle des prêtres de Phaïtos elle ne savait pas où chercher. Le prêtre se rapprocha alors d'elle :

« Femme, je vais devoir juger si tu es pure pour notre dieu, j'espère que tu ne me fais pas perdre mon temps. Surtout ne parle que si je te l'ordonne, sinon tu seras punie. Maintenant déshabille-toi. »



Kaeras délaça son corsage et fit glisser sa robe le long de son corps. Le prêtre pensa alors qu'il allait passer un bon moment. Il se dirigea vers Kaeras et tendit sa main en direction de ses reins afin de la rapprocher de lui. Cependant, Kaeras saisit le bras du vieil homme à deux mains et le lui retourna provoquant chez le prêtre un rictus de douleur. Ce dernier demanda dans un râle de souffrance :

« Que voulez-vous !!! Je croyais que vous étiez là pour être sacrifiée !!! »


« Jamais de la vie, je suis là pour prendre votre Khori, j'en ai besoin, je suis en manque !!! »

« Quoi ? Mais qui êtes-vous ? »


« Je m'appelle Kaeras, prétresse de Phaïtos, le frère de ton dieu de pacotille, Thimoros. Et si tu ne me donnes pas ta Khori je vais te réduire en bouillie !!! »


L'homme se débattit pour tenter de se libérer de l'emprise de la jeune femme. Il tira un coup sec sur bras qui se déboita mais se retrouva libre. Kaeras chuta au sol, déséquilibrée. L'homme en profita pour récupérer son sceptre magique. Il incanta une formule à mi-voix le temps que Kaeras se relevât puis lança un projectile lumineux dans sa direction. Ce dernier était d'une forme allongée, comme un stalactite de lumière blanche. Elle reçut le sort dans le bas ventre et fut projetée contre une étagère derrière elle. Son souffle fut coupé par la douleur et elle perdit conscience quelques instants. Elle retrouva ses esprits peu de temps après, mais resta allongée au sol attendant que le prêtre se rapprochât d'elle. Elle avait mal au ventre, elle avait envie de vomir, cependant, la sensation de manque, la colère ainsi que l'envie de tuer ce prêtre lui permettaient de rester immobile en attendant le moment de sa vengeance.

Ce dernier ne se fit pas attendre et se dirigea vers Kaeras afin de vérifier si elle était belle et bien morte. Il retourna la jeune femme afin de la mettre sur le dos. Il approcha ensuite son visage en direction du sien afin de voir l'état de ses pupilles. Kaeras profita de l'occasion pour planter ses ongles dans les yeux du vieillard. Elle sentit une légère résistance bien que ses ongles acérées pénétrassent d'environ un centimètre dans l'un de ses globes oculaires.

Ce dernier se recula en hurlant de douleur se tenant les yeux entre ses mains. Du sang coulait entre ses doigts à petit flot. Kaeras se releva promptement et prépara un sort de souffle de Thimoros. Elle lança son sort sur le grand-prêtre qui se retrouva soufflé sous la puissance adverse. Il tomba au sol en chancelant.

Kaeras, haletante, se jeta alors sur lui et lui arracha son sceptre des mains. Elle agrippa par le col et le secoua de toutes ses forces. Bien qu'épuisée, elle se sentait envahie d'une puissance étrangère dans l'unique de but de retrouver de la Khori.

« Dis-moi où se trouve ta Khori, je ne rigole plus ! »


« Très bien, elle se situe dans ces flacons en verre mauve là-bas. »


« Eh bien voilà. Merci et adieu... »

Elle approcha alors sa main contre le visage du grand-prêtre et lança un nouveau souffle de Thimoros. La tête du vieil homme fut alors fracassée à cause de la proximité de Kaeras. Des morceaux de cervelle, d'os et de sang éclaboussèrent le corps de la jeune femme ainsi que le sol.

Kaeras se releva, laissant le corps gisant au sol, et repassa sa robe. Elle était dans un état d'extrême fatigue, cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas autant usé de pouvoir. Elle devrait se reposer, mais ce n'était pas le moment. Elle se dirigea en direction des flacons de Khori et en versant un flacon à l'intérieur de sa gourde vide. Elle s'agenouilla ensuite et but le fond de la bouteille.

Kaeras tenait enfin sa gourde pleine. Elle la serra contre son coeur, puis en but une gorgée.

(Hum... Quel délice ce doux breuvage. Cela faisait si longtemps... A peine quelques heures... Déjà quelques heures !)


Elle retrouva alors ses esprits et vit le capharnaüm autour d'elle. La Khori l'avait à nouveau poussée à faire des choses horribles. Cependant, elle se sentait plus relaxée, la sensation de fatigue s'était légèrement estompée sous l'effet de la drogue, elle planait un peu, comme si le monde autour d'elle n'était qu'un rêve. Cependant il restait un problème de taille, un grand-prêtre de Thimoros mort dans son propre temple. Il allait falloir fuir maintenant...

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Dim 14 Nov 2010 19:15 
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Kaeras se releva, rangea sa gourde pleine et se dirigea vers la porte afin de sortir de la pièce. Elle vit alors un petit couteau sur le bureau au milieu du matériel de décoction et des vieux livres. Elle le cacha dans sa manche et reprit sa marche. Arrivée à l'entrée, elle passa sa tête à travers l'embrasure et regarda à l'intérieur de l'immense pièce qu'elle avait traversée à l'aller. Elle vit que le prêtre gardant l'entrée était attablée en train de lire un manuscrit. Il semblait observé par sa lecture.

Elle décida qu'il était temps pour se lancer à travers la pièce. Elle se dirigea vers la première colonne noire et se dissimula derrière. Elle regarda à nouveau le garde. Celui-ci n'avait pas bougé d'un pouce. Elle répéta l'opération entre chaque colonne. Chaque fois elle vérifait l'attitude du garde. Chaque fois celui-ci était absorbé par sa lecture. Elle arriva enfin à la dernière colonne. Il ne restait plus que quatre ou cinq mètres entre elle et la sortie. Cependant, elle allait devoir passer devant le garde, et celui-ci entendrait à coup sûr ses pas sur le sol.

Elle ajusta sa robe afin qu'elle ne paraisse pas trop bizarre et s'avança le plus calmement possible. Elle pensait pouvoir sortit sans être vue, cependant, le prêtre leva les yeux quand il entendit le bruit des chaussures de Kaeras sur le sol. Il laissa tomber son manuscrit dans un geste de surprise. Les gens qui voulaient être sacrifiés ressortaient généralement entre quatre planches, et morts. Ici elle semblait belle et bien vivante. Restant comme collé à son siège il dit :


« Vous partez déjà ? Vous sembliez tellement intéressée pour être sacrifiée... Vous êtes sûre de ne pas vouloir rester un peu ? »


« J'aurais tellement voulu. Seulement, le grand-prêtre ne m'a pas jugée comme pure. Il m'a considérée comme une insulte à Thimoros. Je vais prier notre dieu afin qu'il veuille bien pardonner mon impureté. »

Le garde ne semblait pas croire le moindre mot de ce qu'elle disait. Cependant, il n'avait aucune raison de la garder si le grand-prêtre l'avait jugée impure. Il reprit alors la parole :

« Dégage chienne impure. »

Il jeta une bougie allumée en direction de Kaeras. Cette dernière l'évita et profita de l'occasion pour sortir du temple sans demander son reste. Elle traversa la rue en courant et revint vers l'entrée du temple de Phaïtos.

Les quelques secondes de la traversée durèrent pour elle une éternité.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 17 Nov 2010 22:21 
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Après un long mais paisible voyage par navire, Azdren était enfin arrivé à la tant réputée ville de Dahràm. Dans la mesure où la caravelle qui l'avait emportée n'avait essuyé aucune tempête, la traversée aurait pu lui paraître même plaisante, n'eut été le caractère taquin des vague ne cessant de l'asperger d'une eau salée qui lui mettait les plaies à vif dès qu'il faisait mine de s'approcher du bastingage.
Bien qu'il ait d'abord attiré l'attention de l'équipage par son grand chasuble noir et sa trogne brûlée qu'il leur présentait à chaque repas, les marins avaient finit par le laisser en paix, voire peut-être à le considérer comme un porte-bonheur particulier vu la tranquillité de la traversée.

Après avoir mis sur son dos tordu le sac contenant ses maigres possessions, Azdren s'était rendu de suite à la capitainerie où il avait fait l'acquisition pour quatre yus d'un plan de la ville qui lui paraissait valable. Il n'avait aucune envie de se perdre ou de faire du tourisme.
Il comptait se rendre au temple de Thimoros au plus vite car il pensait tenir une piste concernant les personnes qu'il traquait. Une lettre de recommandation du haut-prêtre de l'endroit où il avait fait ses études pourrait peut-être l'aider à ouvrir pas quelques portes, à commencer par celles du temple de cette ville agitée.
Prenant pitié pour ce qu'il pensait être un vieillard tordu par les ans, le responsable de la capitainerie le retint un instant.


"Vous devriez faire attention, grand-père, les rues ne sont pas sûres ces jours-ci. D'autant moins que l'on aurait aperçu des morts-vivants vagabondant dans les rues."
"Des morts-vivants ! Vous moqueriez-vous de moi, l'ami !", répondit Azdren en ravalant le « grand-père» pour lui-même.

"Pas du tout ! Ces charognes sont apparues il y a peu et sèment le chaos en ville. Mais on dirait que cela à tendance à se calmer grâce à l'action conjointe des milices et des aventuriers de tous poils."

"Ne vous en faîtes pas, cela m'étonnerai qu'un quelconque zombie veuille se casser les dents sur mes os."

"Je vous aurait prévenus..."

Il avait donc pris congé du fonctionnaire et s'était enfoncé dans la ville.
Il avait fait preuve d'une prudence élémentaire, ne passant que dans les rares rues larges et bien éclairées, quitte à devoir supporter la foule des chalands et les harangues des marchands.
Pour lui qui avait vécu jusqu'ici frugalement et austèrement, le manège des étals, des odeurs et des couleurs lui donnèrent vite le vertige. Il n'eut donc rien de plus pressé que de jouer des coudes et surtout de son bâton pour en sortir, ainsi qu'a parfois briser les doigts des voleurs de bas étage qui s'intéressaient de trop près à sa bourse ou à la petite cage qui ballotait à son côté. Mais il eut tout de même largement le temps de constater que la plupart des rumeurs portaient sur la présence des cadavres ambulants, confirmant les affabulations du fonctionnaire.

Il arriva enfin devant le temple de Thimoros. Celui-ci avait visiblement était décoré par un architecte qui venait juste de se faire jeter par sa bien-aimé : des fresques terrifiantes ornaient les murs de pierre noire, du sang semblait suinter des murs, des statues de sacrifiés paraissaient endurer un supplice éternel... Bref tout cela sentait le bonheur et la joie de vivre, enfin surtout pour Thimoros lui-même.
Azdren passa outre l'aura méphitique du lieu, davantage destiné à donner du cachet à l'ensemble et à repousser les voleurs que réellement démoniaque, et se dirigea vers la sentinelle à l'entrée du temple.
Celle-ci ne déparait pas avec l'ensemble du bâtiment : armure de plaque noire sur vêtements gris, hallebarde à la forme torturée au poing et épée du même genre dans l'autre... Il restait néanmoins dans l'ombre du temple, le casque sous le bras, visiblement en train de maudire la chaleur étouffante qui commençait à s'installer et qui lui chauffait la cuirasse.
Celui-ci se redressa néanmoins en voyant Azdren s'approcher et empoignât mécaniquement sa hallebarde, prête à l'abattre sur le crâne de l'importun si le besoin s'en faisait sentir.

"Qui va là", questionna-t-il d'une voix forte.

"Azdren, adepte de Thimoros", fit le brûlé en rabattant sa capuche en arrière, geste qui avait pour habitude de faire tressaillir son vis-a-vis lorsqu'il ne portait pas son masque.

Il compléta son identification en concentrant un peu d'énergie dans sa main et en faisant apparaître une légère flamme noire, l'un des symboles de son ordre.
Le jeune garde déglutit visiblement, puis reprit contenance. Qu'il perdit à nouveau légèrement lorsqu'Azdren lui infligea l'un de ses plus beaux rictus, juste pour s'amuser.

"Que... hum... quel est le but de votre visite, adepte ?"

"Je souhaiterais parler séance tenante au haut-prêtre."

"Il n'est pas disponible pour l'instant."

"J'ai pourtant ici une lettre qui me donne toute autorité pour le rencontrer."

"Lettre ou pas, je n'irais le déranger pour rien au monde si il m'a donné l'ordre de ne pas le faire."

L'impudent garde commençait à sérieusement énerver Azdren, lui qui ne pouvait rester longtemps dans une même position sans commencer à souffrir d'échauffements puis de crampes atroces. Il décida de tenter un passage au culot.

"Fort bien, je comprend. Vous devez respecter les ordres, je le conçoit. Mais moi, il ne m'en a pas donné. Je peux donc aller le voir, pour peu que vous m'indiquiez l'emplacement de son bureau."

"Mais... je, heu...", bafouilla la sentinelle tentant de prendre en défaut le raisonnement de son interlocuteur.

"Il faut vous décider, mon ami. Préférez-vous m'indiquer le chemin ou que je frappe à chaque porte en m'excusant parce que le garde de l'entrée m'a mal renseigné ?"

L'ami en question commençait à se sentir mal, passant en revue dans sa tête tout ce qui pourrait lui être infligé si pareille éventualité se produisait. La liste était longue et comportait pas mal d'accessoires tranchants et perçants.

"Hum, prenez le troisième couloir sur votre gauche en entrant dans le hall puis frappez à la porte du fond. Et surtout priez pour ne pas trop le déranger."

"Cela ne devrait pas être trop dur de prier puisque nous sommes dans un temple. Mais merci du conseil et de votre gracieuse aide."

Un sourire sardonique aux lèvres, Azdren entra dans le temple obscur.
Aidé par la lumière vacillante de quelques braseros, il suivit les indications du garde et ne tarda pas à se retrouver devant une porte de bois massive laquelle il frappa.
N'obtenant pas de réponse, il attendit une poignée de seconde avant d'abaisser la poignée. La porte ne résista pas et s'ouvrit largement sur un bureau décoré sobrement mais garni d'une belle bibliothèque et où brûlaient une poignée de bougies.
Il comprit alors pourquoi le haut-prêtre ne répondait pas : il est difficile de le faire avec la gorge tranchée. Azdren entra doucement dans la pièce et referma la porte derrière lui.


"Foutrechie", jura-t-il dans un murmure.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 18 Nov 2010 13:15 
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Les cerveau d'Azdren se mit à tourner à plein régime, explorant toutes les possibilités de la situation pour aboutir à une même conclusion.

"Je suis dans une fosse à purin jusqu'au cou", murmura-t-il pour lui-même.

Il n'avait que peu de chance d'échapper à une accusation de meurtre. Tout, à commencer par son physique et son attitude, en faisaient un coupable idéal. Et le fait qu'il ait asticoté le garde ne ferait qu'aviver le souvenir que ce dernier avait de lui.
Il envisagea d'attirer le garde et de lui pulvériser la tête avec un sort. Mauvaise idée, celui-ci n'était probablement pas le seul à l'avoir vu entrer et cela ne ferait qu'aggraver son cas et précipiter la découverte des corps.
Donc, même s'il prenait la fuite, il ne faudrait pas longtemps avant qu'une bande de mercenaires à la solde du temple le prennent en chasse, voire pire. Il se souvenait encore de ces histoires de sortilège d'invocations d'ombres tueuses qui ne laissaient que des coquilles de chair vides de leurs proies... mieux valait ne pas y penser.

La panique commença à le gagner mais il se força à faire le rituel qui l'avait déjà tant aidé à s'en sortir dans le passé.

Il prit la cage qui reposait sur son flanc et en détacha la chaîne. Puis, il la porta à hauteur d'yeux et échangea un long regard avec l'occupante de la boîte.


"Irelia... je t'en prie, petite sœur, aide-moi à me sortir de ce pétrin"

Il posa son front contre les barreaux de la cage et ferma les yeux quelques instants. Puis l'évidence lui apparut.

"Bon sang ! Si je retrouve l'assassin et que je le ramène, j'aurai des chances d'être innocenté !"

Ayant repris confiance, il raccrocha la cage à sa ceinture et commença par examiner attentivement le cadavre. Celui semblait s'être pris deux déflagration de plein fouet mais qui ne l'avaient pourtant pas brûlé; des blessures caractéristiques.

"Le souffle de Thimoros... un prêtre l'aurait donc tué ! Mais pourquoi ?"

Azdren se mit à fouiller activement la pièce à la recherche d'indice et vit un flacon précieux par terre. Il le huma puis passa son doigt sur le bord avant de le goûter. Une saveur piquante, excitante... Du Kohri !

Une drogue utilisée pour ôter la souffrance et donner du corps à l'ouvrage, idéal pour encourager les novices à charcuter leur première victime. De la drogue ? On aurait tué le prêtre pour de la drogue ? Il est vrai qu'il s'agit d'une substance coûteuse mais aisée à trouver au marché noir même sans contact. Mais qui sait si ses effets secondaires à long terme n'avaient pas rendu cinglé le tueur.

Le sang n'était pas encore totalement coagulé... donc le meurtre avait eu lieu il y a peu.
Azdren eut une idée.

Quelqu'un avait utilisé l'énergie de Thimoros pour commettre son forfait. Or la magie laisse des traces, beaucoup de traces pour qui sait les lire.
Azdren connaissait les principes du sort mais ne l'avait jamais utilisé... Il n'avait donc d'autre choix que d'essayer !

Il s'assit confortablement dans le fauteuil du grand-prêtre et fit le vide dans sa tête, la main posée sur la cage de fer à sa ceinture.
Il rassembla son énergie et chercha, chercha dans les ombres de la pièce laquelle n'était pas à sa place, laquelle avait-on animé et façonné pour servir de projectile magique.
Quelque chose n'était pas à sa place dans la pièce, et il finit par le trouver.
Il força un morceau d'ombre pas plus gros qu'une phalange à lui obéir et l'enferma dans le premier récipient à sa portée : le flacon de Khori vide.
Parfait, maintenant il disposait de quelque chose partageant l'essence magique du meurtrier, autant dire, son essence tout court.
Le sortilège avait quand même ses limites : l'ombre ne le mènerait pas directement à l'assassin mais ferait sensiblement vibrer la bouteille s'il passait à proximité.

Il ne lui restait plus qu'a se mettre en chasse, en espérant disposer d'assez de temps avant que des chasseurs de prime ne se mettent à ses trousses.

Avant de partir, il s'empara tout de même de quelques babioles dans le bureau et s'intéressa de près à la bibliothèque,à la recherche du gros lot.
Il tomba ainsi sur deux parchemins intéressants : l'un décrivant comment générer un bouclier d'ombre protecteur et l'autre comment envoyer un mouchard dans l'ombre d'une personne pour la suivre à la trace. Les autres ouvrages étaient bien trop ésotérique pour lui et il décida de les laisser là. Il ne pourrait sûrement même pas étudier sérieusement les deux rouleaux prochainement, tant il aurait à faire pour rester en vie.

En sortant, il retomba sur le jeune garde, toujours en faction et suant comme un porc et s'approcha de lui imperturbablement.


"Tiens ? Vous êtes encore vivants", fit-il en guise de salut.

"Le haut-prêtre s'est montré très serviable avec moi et il m'a indiqué quelqu'un qui pourrait m'aider dans mes recherches magiques. Peut-être pourriez-vous m'aider, cette personne et sûrement passée aujourd'hui pour le voir. Elle devait manifester un comportement étrange, à la limite de la folie."

"Hum... je crois me souvenir en effet d'une femme qui souhaitais servir de sacrifice volontaire et qui semblait au premier abord intéresser le haut-prêtre. Elle est finalement ressortie, assez joyeuse, en disant qu'il l'avait trouvée impure."

"Cela pourrait effectivement être elle, pourriez-vous me la décrire ?"

"Cette chienne impure était difficile à rater : des vêtements et un teint blanc poudré de catin ou de saltimbanque avec des joues roses. Assez petite... Une cicatrice sur le visage je crois. Et des cheveux... mauves, il me semble. Ainsi qu'un sourire habitué à croquer les hommes, si vous voulez mon avis."

"Il me semble que j'aurai du mal à ne pas la voir dans la rue, à moins qu'elle ne se cache dans les quartiers rouges comme vous le supposez. Bon. Merci pour les informations."

"Vous avez dit, qu'elle se cache ?."

"Oui, d'après ce que j'ai compris, il s'agit d'une personne assez farouche et difficile à aborder. Mais je ne désespère pas de la trouver."

Azdren fit mine de s'éloigner avant de s'arrêter, de se frapper le front et de revenir vers le garde.

"Ah, j'allais oublier ! Le haut-prêtre ne veut cette fois être déranger sous aucun prétexte. On va de lui amener six femmes dont il doit tester la pureté et cela risque de lui prendre un certain temps. Donc interdiction d'aller le voir sous peine de voir ses burnes clouées sur le fronton de l'entrée."

"D'accord, merci pour le consigne."

"Parfait, que Thimoros te soit propice mon frère."

"De même."

Azdren s'enfonça d'un pas qui se voulait calme droit dans les quartiers populaires, à la recherche de sa proie ou à défaut d'une auberge où se restaurer et se reposer.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Mar 5 Fév 2013 16:14 
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La lueur blafarde de l'astre nocturne distillait au travers d'épais nuages gris ses faibles rayons sur Darhàm. La cité, encore éclairée par plusieurs torches crépitantes pouvait sembler endormie au regard du néophyte, mais il en était tout autrement. Dans cette ville où une fois la nuit tombée les honnêtes citoyens s'enfermaient chez eux, régnait une activité permanente. Tandis que sur le port les dockers s'affairaient dans un silence presque total, déchargeant des caisses au contenu douteux, plusieurs maraudeurs guettaient la sortie des tavernes, au couvert de quelque ruelles à l'obscurité presque surnaturelle. Pourtant, c'est dans un endroit éloigné des mœurs citadines et des voyageurs de passages que ce déroula la scène qui nous intéresse réellement.
Même les vents contraires, balayant l'effluve des écuries jusqu'à la jonction menant à la suave puanteur maladive de la cours aux rats ne pouvait dissiper l'inaltérable senteur de mort provenant d'une habitation isolée. Maison de pierres froides à l'apparence modeste, le badaud moyen aurait presque put passer devant sans la remarquer. Sauf qu'il n'en était rien, et que si la ruelle qui y menait était en permanence déserte, c'est qu'il fallait plus que du cran pour ne pas accélérer le pas, voir se mettre à courir franchement en voyant pour la première fois la demeure.
L'atmosphère y était oppressante, comme si un mal antique résidait là, attendant la venue de sa proie. Un monstre ignoble en forme de maison, avec pour gueule une porte en bois cerclée de fer. Deux trous y étaient présents, permettant au vent de s'y engouffrer, créant un sifflement lugubre et continu, sans pour autant permettre de distinguer l'intérieur. Car ces orifices étaient encombrés par deux mains crispés et ensanglantés qui, semblait-il, avaient lutés pour s'échapper. Elles étaient encore parcourus d'échardes et de copeaux de bois et semblaient avertir d'un danger. Si celui à qui appartenait ces mains en avait eu l'occasion, l'on pouvait facilement imaginer quelle inscription il aurait inscrit avec son propre sang : Fuyez . Car si le fou aurait put voir en elles une invitation, il était clair qu'il s'agissait en fait d'un avertissement. Mais si cela n'eut pas suffit à faire fuir les curieux, un son autrement plus dissuasif s'élevait en continu depuis l'intérieur. Aujourd'hui, c'était celui d'un homme.

Un hurlement de douleur étouffé par les murs, s'échappant sans discontinuer d'un malheureux pris au piège par les résidents du lieu impie. Au fond de l'unique pièce glacée que contenait l'endroit, il était nu, attaché par des chaînes, le corps oscillant au rythme des coups qui lui étaient infligés. Il était dominé par deux autres personnes. Une femme au visage en lame de couteau dont le sourire reflétait l'aspect malsain de se qui se déroulait sous ses yeux. Elle portait une robe écarlate qui ne gâtait en rien ses formes avenantes. Et à ses côtés se tenait l'homme qui mettait à mal le prisonnier. Il était habillé d'une tunique qui dissimulait mal les multiples plais présentes sur son corps et il agrippait dans la main droite un tesson de bouteille avec lequel il s'amusait à écorcher sa victime.
Le bourreau, au travers de sa barbe de plusieurs jours mal entretenue, se fendait d'un sourire, rictus mauvais de plaisir sadique. Tout en s'adonnant à la torture, ses yeux exorbités éjectèrent des larmes de sang qui rejoignirent l'écume de ses lèvres. Il jubilait.
Et même si quelques jours avant c'était lui qui se trouvait à la place de celui la même qu'il maltraitait désormais, il n'eut aucun remord. Son nom était Armand et jusqu'à son arrivé ici il avait toujours vécu au jour le jour, petit voleur enchaînant les coups sans envergures pour survivre. Jusqu'à ce qu'il prenne pour cible une prêtresse de Thimoros. Cette femme, c'était Danika et elle se trouvait actuellement à son côté. Elle l'avait mit à terre sans aucun mal grâce à sa magie noire et l'avait traîné au temple pour qu'il y soit châtié. Il avait subit milles tortures de sa main, alors qu'elle lui récitait les textes sacrés de sa déité. Et contre toute attente, tandis que les jours passaient, il apprit à s'évader dans la douleur, y prenant un plaisir morbide. Puis, au contraire de bien d'autres, il survécu. Après quoi, il lui fût accordé son premier repas en presque une semaine puis il fût conditionné. Il passa trois nouveaux jours enfermé dans le « temple », à assister aux messes noires et à la prêche, on le força à expier ses fautes au travers de la prière. Durant toute cette période il dût porter une ceinture cloutée à la cuisse, de tel manière que s'il lui venait l'envie de s’asseoir, les clous se rétractaient pour lui transpercer la peau. Et enfin, une fois que sa tentative de vol fut pardonnée par le culte, il ne lui resta plus qu'une étape. Apprendre à offrir la douleur. Et force était de constater qu'il s'en donnait à cœur joie.
Tant et si bien que sa victime ne survécu pas, ce qui ne semblait poser aucun problème a la prêtresse, qui prit un malin plaisir à assister à la scène.

« Tu est encore plus prometteur que je ne m'y attendais, Armand. Je ressent la colère qui t'anime ! »

Elle étira son sourire, dévoilant ses dents. Malgré le plaisir qu'avait prit son interlocuteur lors de la séance de torture, il semblait qu'elle en avait autant profité, si ce n'est plus. Voir quelqu'un infliger la douleur semblait la mettre plus en joie que de l'infliger elle même.

« Je... ne voulais pas me laisser emporter. Ce sentiment, je ne l'avais jamais ressenti auparavant. »

« Tu n'as pas à te sentir gêné. Tu as accomplis ce dernier acte de repentir avec brio... Cette semaine passée t'a transformé. Tu est bien loin du voleur que tu étais à notre première rencontre. »

« C'est vrai... Je crois que j'ai compris la leçon. Peut-être vais-je trouver un travail sur les docks... »

Elle se mit à rire à gorge déployée, comme s'il venait de faire une blague franchement amusante. Puis, se reprenant, elle lui répondit, avec ce petit sourire qu'ont les enseignants face à un élève un peu lent.

« Tu n'est pas forcé de vivre de labeur. Ceux qui survivent ici sont changés. Tu l'as ressenti... Thimoros ne punit pas le vol. Alors fait comme tu le souhaitera. Mais si tu veut ses faveurs, poursuis ton acte de douleur au delà de ces murs. Et... je sent que je n'ai pas besoin de t'y inciter. Ai-je tord ? »

« C'est... oui, c'est vrai. Je n'ai jamais connu une tel exaltation. C'était si... bon. J'en ai presque honte. »

Elle marqua une ultime pose, puis s'approcha de lui pour lui retirer la ceinture qu'il portait à la cuisse.

« Tu n'a aucune honte à avoir. Surtout après avoir réussie à trouver le pardon pour tes crimes. Maintenant, vas. Tu est libéré. Ne te retourne pas et pense à ces moments passés ici comme aux meilleurs de ta vie. Car tu as entrevu l'ombre du père de la souffrance. »

Et sur cette dernière phrase, sans autre réponse qu'un hochement de la tête pensif, Armand se dirigea vers la porte. Il fixa un instant le dos de l'homme accroché à celle-ci, dont les bras ressortaient de l'autre côté, puis il s'engouffra dans l’entrebâillement, s'éloignant du temple de Thimoros sans un regard en arrière. Il souriait...



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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Lun 22 Juin 2015 19:18 
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L'ombre funeste.

Après de nombreux détours révélants que le nécromancien confond sa droite et sa gauche, ils arrivèrent dans une petite cour face au temple de Thimoros. Seuls quelques corbeaux à trois yeux les accueillent, piaillant sur un arbre mort au centre de la place. Le temple est un bâtiment ancien bâti de sombres pierres, rien n'indique que l'édifice est religieux excepté deux mains ensanglantées traversant la porte.

Les deux hommes descendent de monture, le bâtiment intrigue vraiment Deamon. Le nécroman se tourne vers lui :
« Mille merci jeune homme. D'ailleurs je ne connais toujours pas ton nom. »

« Oh excusez-moi ! Je me nomme Deamon, et vous ? »

« Maekar, pour vous servir ! Voici un présent pour tes services Deamon, sans toi je n'aurais jamais retrouvé cet endroit si discret. » Sortant de ses loques un paquet, il lui tend en guise de présent.

Deamon le saisit et lui demande : « Retrouver ? Vous êtes familier de ces lieux ? »

« Oui, j'ai été envoyé en quête d'une puissante relique, et la voici ! Répond-il tendant le crâne. Voici le Crâne Magique d'Oscurité ! Cet objet a été créé par Phaitos lui-même ! »

Les yeux de Deamon brillent comme un enfant croulant sous des tonnes de cadeaux. Il range le paquet sans quitter le crâne des yeux, vraiment trop impressionné par la relique.

« Il est temps pour moi de déposer la relique au temple et de mettre fin à dix ans de voyages ! »

Tout excité Deamon demande poliment : « Je peux vous accompagner dans le temple ? »

« Mais bien sûr jeune homme ! Muhahahaha ! »

Maekar l'introduit silencieusement dans le temple, ici le calme règne, une vaste salle sombre s'étend devant eux, des colonnes noires soutiennent l'édifice, le sol est collant, et les murs sont rouge sang. Deamon intrigué, s'approche de ces derniers. Du bout des doigts il caresses l'écarlate et constate que c'est en effet du sang. Le nécromant continu son chemin alors Deamon le rejoint d'un pas hâtif. Ils croisent un fidèle agenouillé par terre, il meut le haut de son corps d'avant en arrière sans discontinué et toujours dans un silence assourdissant.

Un vieux Shaakts drapé d'un grand manteau sombre apparaît et accueille Maekar avec un grand sourire. « Mon triste ami ! Quelle merveilleuse mauvaise augure que de te voir ! Nihinhinhin »

(Encore un siphonné...)

« Grand-prêtre, il en va de même pour moi ! Mouhahahaha ! »

(Ils font vraiment la paire.)

Le Shaakts les invite à passer à l'étage, un grand escalier en bois d'ébène y mène. Arrivée en haut, l'ambiance est légèrement différente, un vaste couloir révele que la demeure appartenait jadis à quelqu'un d'assez riche. Les boiseries bien que ravagées par le temps sont sublimes, et le plafond sculpté est assez impressionnant. Passant devant les nombreuses portes closes, diverses complaintes et cris d'agonies se font entendre. Le prête les conduit dans son bureau situé au fond du lugubre couloir.

Excepté l'aspect piteux du bureau, il s'avère être tout ce qu'il y a de plus commun. Une vaste bibliothèque s'étend sur chaque mur, Deamon y distingue divers ouvrages de magie noire, certains très anciens. « Je vous en prie, asseyez-vous misérables invités ! Hinhinhin... »

Prenant place sur un large fauteuil très confortable, Maekar ouvre la discussion :

« Il y a de cela 10 ans vous m'eûtes envoyé en quête du Crâne Magique d'Obscurité, et bien le voici ! MUHAHAHAHA » s'exclame-t-il triomphant le bras levé exhibant le crâne sous le nez du prêtre.
D'un air septique il l'attrape, sortant moult outils afin d'étudier la relique en détail.

Il déclare après un long silence :« Hum... J'ai bien peur qu'il ne s'agisse que d'un crâne classique, provenant d'un elfe d'âge moyen visiblement adepte de la trépanation. »

Maekar marqua un long silence pour ensuite déclarer : « Ainsi vous insinuez que j'ai parcouru le monde une décenie pour ne ramener qu'un vieux crâne troué et sans valeur ? »

« Oui en effet... »

« MUHAHAHAHAHA !  Comme c'est cocasse ! »

« C'EST TOUT CE QUE CELA TE FAIT !? » Hurla Daemon atterré.

« Il faut savoir positiver dans la vie mon petit ! Ce qui compte ce n'est pas le voyage, mais la destination ! Muhahahaha ! Euh... Non c'est l'inverse ! MUHAHAHAHA ! »

Daemon affligé, étale sa main sur son visage.

« Le clergé de Thimoros recherche les reliques de l'Ombre depuis des lustres, les réunir nous permettra d'asseoir notre influence. Ainsi de nombreux fidèles ont étés envoyés de par le monde. »
Dit-il se levant quérir un ouvrage au sein de sa collection. Il l'apporte ouvert devant ses invités.

« Celles-ci sont classifiées parmi les reliques élémentaires, les reliques de l'Ombre ont toutes un lien direct avec Thimoros. Elles sont au nombre de sept : la Langue, le Gantelet, la Hache de lancé, et le Crâne magique d'Obscurité sont les quatre armes ; et le Bouclier, l'Anneau et le Pendentif d'Obscurité sont les trois reliques complémentaires. »

Alors que le prêtre Shaakts continuait ses explications, Deamon observe avec attention les illustrations. Voici un objectif rivalisant avec ses aspirations.

(C'est décidé, je vais mettre la main sur chacune de ces reliques...)

Un scorpion flottant dans l'alcool.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Mer 24 Juin 2015 22:17 
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Les reliques de l'Ombre.

Après les longues explications sur les reliques de l'Ombre, le prêtre de Thimoros sort une bouteille d'alcool d'une cachette dissimulée dans les boiseries de sa bibliothèque. A travers la bouteille poussiéreuse Deamon distingue un scorpion flottant dans l'alcool. Une spécialité locale selon lui, à en voir la tête qu'ils font après l'ingestion de cette substance, Deamon est rassuré d'avoir décliné poliment le verre qu'on lui tendait. L'ambiance se réchauffe petit à petit sous les rires plus hystériques qu'a l'habitude,

Maekar raconte les péripéties de son long voyage. Le moment où son bateau s'était échoué à la sortie du port, la magnifique princesse qu'il avait sauvé d'un château en proie aux flammes, mais qui s'avéraient être en réalité un violent sekteg enroulé dans des rideaux, ou encore la rencontre avec son chien crasseux au bord d'une route...

Deamon restait coi écoutant la conversation et riant aux diverses blagues, après plusieurs heures il se retire saluant les deux adorateurs complètements ivres !
« Il se fait tard, encore merci pour votre accueil Grand Prêtre, et à vous aussi Maekar ! »

« MUHAHAHA ! Merci à toi mon bon Daemon, je serais encore égaré sans toi ! » Lui répond-il exhibant un verre presque vide.
« Prions pour que nos routes se recroisent ! »

« Je le souhaite aussi, au plaisir ! »

Quel drôle de retour à la réalité, une fois la porte passée Daemon réalise qu'il est toujours dans le temple de Thimoros. Jamais il n'aurait imaginé pareille ambiance en ses lieux. Avec la plus grande prudence Daemon s'extirpe du bâtiment. En pleine réflexion, il s'assied dos à l'arbre mort en face du temple lugubre. Les corbeaux de Phaitos l'observent avec attention...

La cour des grands ?

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 13:52 
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Alors que tu attends ici, une forme sombre se profile. Un corbeau de Phaïtos s'envole en croassant pour tourner autour d'elle.

C'est une jeune femme, sans doute assez belle, mais ses haillons sombres et nébuleux ne la mettent pas forcément en valeur. Elle porte un poignard à la ceinture et te regarde d'un air ironique.

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"Alors comme ça on veut jouer dans la cour des grands ?"

Moqueuse, elle semble attendre ta réaction...

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 17:44 
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Un scorpion flottant dans l'alcool.

Le regard tourné vers les étoiles, Daemon toujours dos à l'arbre est en pleine réflexion. Alors que les corbeaux s’agitent une voix se fait entendre :

« Alors comme ça on veut jouer dans la cour des grands ? »

Il sursaute, extirpé de ses songeries par cette femme qui le regarde d'un air moqueur. Ses haillons ne sont pas vraiment ceux d'une donzelle motivée par la séduction, et son poignard à sa ceinture en dit long. Embarrassé, il se lève dépoussiérant ses vêtements.

« Que savez-vous de mes ambitions ? » Répond-il essayant vainement de la défier du regard.

L'étrange femme semble s'amuser davantage, son sourire en coin le met vraiment mal à l'aise. Il aimerait la rembarrer, mais elle l'intimide, son mutisme, son regard insoutenable... (Elle me connaît ? Comment ?) Mis à nu, Daemon se confesse.

« Oui... Oui c'est vrai. Je souhaite entrer dans la cour des grands. Je suis faible et je perds mon temps ici. Je dois changer de vie, mon choix est fait : je vais trouver les reliques de l'Ombres ! »

Son interlocutrice émet un petit pouffement.

Sans même s'en rendre compte, il réalise qu'elle l'a poussé à bout. (Je suis ridicule, qu'est-ce qui me prend de me confier à cette inconnue ? ) C'est comme si ses grands yeux noirs lisaient en lui comme dans un livre. Elle l'a provoquée impunément, comme ça... En une seule phrase Daemon était piqué à vif, se remémorant sa faiblesse qui le complexe tant.

En pleine incompréhension.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 18:05 
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Elle ricane :

"Alors je suppose que je vais devoir te tuer..."

Et voilà que le corbeau se met à te tourner autour ! Avant même que tu ne puisse le chasser, il s'éloigne et la femme s'arrête. Puis elle agite un bras d'un air théâtrale

"Tu es un élu !"

Si tu estimais ne pas avoir ton contant de fous pour la journée, voilà qui devrait te combler... mais au moins elle semble remettre ton meurtre à un peu plus tard...

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 18:27 
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La cour des grands ?

La voici à présent qui ricane d'une manière sinistre, Daemon sur ses gardes, pose son doigt sur le manche de sa dague. Le regard de l'étrange femme passe de l'amusement à la détermination.

« Alors je suppose que je vais devoir te tuer... »

Daemon dégaine et s'apprête à s'élancer sur elle, mais soudainement un corbeau se jette sur lui, l'obligeant à maintenir ses bras en croix pour protéger son visage. Il prend peur, la femme n'est plus visible. Vite, que faire !?

Les battements d'ailes ont cessés. Il distingue l'assaillante face à lui, à travers une douce pluie de plumes. Son arme est au poing, mais elle reste là figée avec un air abasourdi.

« Tu es un élu ! »

Daemon est en pleine incompréhension. (Elle voulait me tuer il y trois secondes et à présent je suis un élu ? Cet endroit est un vrai asile ma parole.) Il reste néanmoins méfiant face à l'étrange femme, qui sait si elle change encore d'avis.

« Que sous-entendez-vous ? Moi, un élu ? »

Qui ne se rêve pas un pouvoir caché, une destinée particulière. L'idée séduit Daemon, au point qu'il commence à s'imaginer toutes sortes de choses. Mais est-ce une ruse ? Vu son accoutrement il se dit avoir affaire à une fanatique ou une nécromancienne.

« Et puis vous êtes qui ? »

Oui, elle l'intrigue de plus en plus...

Au nom de Phaitos.

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Dernière édition par Daemon le Jeu 16 Juil 2015 04:46, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Jeu 25 Juin 2015 20:12 
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Elle semble réfléchir un instant, à moins que son esprit ne soit tout simplement parti ailleurs. Puis, elle déclara :

"Sais-tu que ton nouvel ami m'a fait courir pour lui voler le crâne que je convoitais... uniquement pour que je découvre que cet objet n'avait aucune valeur ? Et le pire, c'est qu'il a bien fouillé au bon endroit... mais que n'était pas le crâne qui se trouvait là, mais le gantelet ! Quel abruti ! Cet hérétique paiera le prix fort !"

Elle s’exaltait de plus en plus et brandit son poignard dans ta direction.

"Et d'ailleurs, pour la peine, tu vas connaître la mort bienfaisante dispensée par les Messagers du corbeau !"

"Euh... tu es sûr ? Je croyais que c'était un élu ?"

La voix est quasiment juste à ton oreille. Un genre de moine en robe de bure sombre s'est approché juste derrière toi sans que tu t'en rendes compte. La jeune femme s’apaise légèrement.

"Ah oui, j'oubliais... bon, alors sache cela, élu. Si tu ramènes le gantelet d'obscurité au château d'Endor, dans le sud du duché de Luminion, tu seras richement récompensé !"

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 Sujet du message: Re: Temple de Thimoros
MessagePosté: Ven 26 Juin 2015 01:03 
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En pleine incompréhension.

La femme ne lui répond pas, sa main caresse son menton en signe de réflexion. Mais son regard au début songeur semble se perdre dans un abîme, le silence devient gênant.

« Sais-tu que ton nouvel ami m'a fait courir pour lui voler le crâne que je convoitais... uniquement pour que je découvre que cet objet n'avait aucune valeur ? »

Daemon comprend qu'elle n'est pas là par hasard. (Elle nous épiait depuis le début.)

« Et le pire, c'est qu'il a bien fouillé au bon endroit... mais que n'était pas le crâne qui se trouvait là, mais le gantelet ! »

(Le gante...)

« Le Gantelet d'Obscurité !? » Justement la relique qui l'intrigue le plus.

« Quel abruti ! » Hurle la commère le regard toujours hagard. « Cet hérétique paiera le prix fort ! »

(Est-ce le caractère nonchalant de Maekar qui est venu à bout de sa patience ? Fort probable.) Songe Daemon.

Elle s'exalte de plus en plus, tendant son arme dans sa direction. En effet elle est atteinte... Mais elle possède des informations importantes, ainsi il n'ose réagir trop vite, guettant la suite.

« Et d'ailleurs, pour la peine, tu vas connaître la mort bienfaisante dispensée par les Messagers du corbeau ! » Ses prunelles flambent d'une pulsion meurtrière, l'heure est urgente, elle a encore viré de bord. Que faire, quoi faire !? Elle brandit son poignard au-dessus de Daemon le regard meurtrier.

« Euh... Tu es sûr ? Je croyais que c'était un élu. » Exprime une troisième voix, figeant la lame devant le nez du garçon paniqué. Cette voix est proche. Il peut sentir son souffle contre son oreille.

Les yeux exorbités par la peur, Daemon lutte afin de tourner la tête, distinguant un moine vêtu d'une robe de bure sombre. Il ne l'a pas entendu arriver, ni même ne sentit une présence. Se remettant de ses émotions, Daemon constate que la femme est aussi calmé, la présence du moine semble l'apaiser.
A présent il comprend, « hérétique », « corbeau », ces deux-là sont des adorateurs de Phaitos, et assez hostiles à Thimoros apparemment.

« Ah oui, j'oubliais... bon, alors sache cela, élu. Si tu ramènes le gantelet d'obscurité au château d'Endor, dans le sud du duché de Luminion, tu seras richement récompensé ! » Poursuit la femme comme si rien ne s'était passé.

Daemon reste sur ses gardes. (Pourquoi n'a-t-elle pas récupéré elle-même le gantelet ? Pourquoi m'envoyer moi ? Elle me cache quelque chose...) Il se sent pris en étaux, comme piégé... Mais à quoi bon, au final tout ceci l'arrange. Toujours menacé par le poignard, il prend sa décision sous l’œil attentif des assaillants.

« Au nom de Phaitos, je trouverai le Gantelet d'Obscurité. » Répond-il d'un large sourire.

Ne te fait pas d'illusions.

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Dernière édition par Daemon le Jeu 16 Juil 2015 04:47, édité 2 fois.

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