Correction des aventures de Narr'Ollyh - Demande du 10-XII-2014
Forme : 1.5 (exploration) /
2 (combat)
Encore beaucoup de fautes d’accord dans le RP d’exploration, moins dans le combat. J’ai trouvé la forme d’expression de ton personnage un peu plus classique dans cette seconde partie de ses aventures, je n’ai pas eu l’impression d’y retrouver avec autant d’intensité le « ton » présent dans ta première demande de correction. Peut-être est-ce le fait de m’y couler. A ce propos, 15 000 mots constituent déjà un bon morceau de RP : comme lecteur, on peut avoir vite fait de se couler dans le style propre au texte, et celui-ci devenu une espèce « d’environnement », la lecture peut se focaliser sur deux trois petites choses discordantes. J’ai surpris pas mal de répétitions dans ton texte, dont certaines assez lourdes : dans certains cas la répétition peut-être nécessaire, pour insister sur un point, créer un rythme, rendre un état d’esprit comme une obsession ; dans ce texte, certaines m’ont semblé assez lourdes. Le souvenir que je garde du premier post du RP à la fin de la correction tient en quatre mots : pluie/goutte/toit/glissant. Preuve que l’idée est rentrée ! Mais la récurrence de certains termes au moment de la lecture agace parfois un peu. La répétition en général n’est pas à bannir, les RP ne doivent pas devenir pour celui qui les écrit une course aux synonymes et périphrases. Mais certaines peuvent être évitées, notamment celles de phrase à phrase ( ex : « Il y a au fond une porte entrouverte. Je m'y dirige, pousse la porte et observe la petite pièce. » dans les mots qui reviennent beaucoup, il y a aussi « goutte », « goutellette », « fruit » sur tout un passage, et « sombre » dans les descriptions des éléments de la ville).
J’ai trouvé que cette seconde partie comportait plus d’éléments « visuels », qui donnaient un peu plus au lecteur des moyens de se rendre compte de l’environnement du PJ. Le texte reste très clair dans son déroulé. Le ressenti de ton woran est toujours présent, toujours bien amené, et s’équilibre avec le côté très actif que peut prendre par moment le RP, ce qui fait qu’aucune composante n’est à la traine.
Fond : 2 (exploration) /
1.5 (combat)
Pour qualifier le fond de ce RP, je dirais qu’il est en dent de scie. Par moment on découvre un ancien esclave, qui sort de sa condition, blessé dans sa tête par des années d’oppression à Omyre, blessé dans son corps par le dernier combat. Et juste après, on a l’impression de voir un tout autre personnage, notamment au niveau du « combat », un personnage qui a de la bouteille, qui est bien plus aguerri, rompu à bien des exercices, à commencer par le meurtre. Pareil dans la prise en compte du malus RP, ou de la douleur dans l’histoire : ton personnage peut faire des tractions à une poutre en ayant mal, et doit ensuite s’arrêter, la douleur est présente, mais nullement un handicap. En ce qui concerne les soins dispensés par la femme accompagnant les nains, elle est capable de soigner des côtes en sale état d’un touché, mais ne peut pas diminuer un hématome à l’œil, et doit recoudre une plaie, ce qui n’est guère cohérent. Omyre est d’abord décrite comme une simple garnison militaire, pleine de mâles, d’assassins, de guerriers, de voleurs, et voilà soudain l’apparition de quartiers aisés, d’une maison avec jardin, habitée par un shaakt et sa petite famille, dans un intérieur bourgeois ; par contre, la maison est mal gardée, puisqu’un voleur de niveau 2 parvient sans peine à neutraliser les gardes qui s’y trouvent, et une fenêtre est ouverte, de nuit. Comment concilier ces derniers aspects avec les premiers ? Comment expliquer que la ville est pleine de maisons délabrées, ouvertes à tous les vents, et que de nains réussissent à s’installer, à cinq, dans une maison fermée, sans être ennuyés visiblement, et en abritant une femme dont la magie ne passerait pas inaperçue dans une ville comme Omyre, puisque visiblement elle se sert de sorts de lumière/soin en public. Le statut d’ancien esclave, de mercenaire, n’est pas incompatible avec Omyre, mais le mode de vie dans lequel tu places les nains est assez douteux dans la ville que tu décris un peu plus tôt dans le RP, et dans la ville qu’est véritablement la cité d’Oaxaca. En fait, l’image des nains dans un tel niveau d’aisance passerait sans doute dans la plupart des villes du continent, y compris à Dahràm, mais à Omyre, quand on est des races ouvertement ennemies, ma foi, la vie est plus difficile.
L’image qui ressort de ma lecture de cette partie des aventures de ton personnage, c’est que tout ce qui peut poser une adversité pour lui disparaît, parfois de manière peu convaincante, comme si tout son environnement se « courbe » autour de lui pour qu’il puisse avancer comme bon lui semble. Alors qu’on serait en droit d’attendre qu’un PJ évolue dans son environnement, j’ai plus eu l’impression que l’environnement s’adapte au PJ. Au fond, ce qui pêche, c’est en partie un rapport au réalisme.
Ton personnage est un voleur de niveau 2. Il se hisse au dessus du commun des mortels question compétences, il sait jouer du couteau, il se débrouille dans la vie. Mais il est niveau 2. Pourtant, il réussit à mettre hors d’état de nuire les gardes d’une maison aisée d’Omyre (ville où pour être tranquille, il faut être fort), et le propriétaire des lieux. Certes, ton PJ se fait blesser dans l’affaire, plutôt méchamment, mais s’en sort de manière plus qu’honorable si l’on considère que pour faire son chemin dans la ville considérée, en étant un mâle (ce qui n’aide pas chez les shaakts, où les femmes dominent), le propriétaire des lieux devait être trois ou quatre fois plus fort que lui. Pour tout dire, un PNJ de ce niveau aurait sans doute pu tuer ton PJ en un coup. Et si ce personnage n’est pas assez fort pour se battre, mais n’a personne pour l’entourer au point qu’il est à la merci d’un ancien esclave évadé, ma foi… Ca ne m’aide pas plus à comprendre.
Le RP libre laisse bien plus de libertés au joueur qu’un RP dirigé ou semi dirigé : le contenu de l’aventure, les PNJ, les opportunités, les rencontres, les réussites des actions, et bien d’autres éléments encore. Toute cette latitude est laissée au joueur, à charge pour lui de prendre en compte les « règles » qui font que Yuimen n’est pas un forum littéraire, mais un jeu de rôle par forum. Il faut donc veiller à la cohérence de ce qui est décrit, mais également à la cohérence des actions du personnage par rapport à ce qu’il est. Pour que la progession, les niveaux, les classes secondaires, tertiaires, etc aient du sens, il faut aussi garder un sens de la mesure. Un certain nombre d’actions sont pour les PJ de faible niveau difficilement accessibles : qu’à cela ne tienne, ils pourront par la suite faire bien plus, fort de leur expérience passée.
Rester dans ce cadre, cela implique aussi de ne pas aller trop loin dans les « pouvoirs » dont disposent les PJ. Je fais référence ici à l’apprentissage de la CC instinct sauvage. J’ai été plus que surpris de la manière dont il a été amené. Ce qui dans la description de la CC relève de l’anticipation s’est transformé en une toute autre chose, une sorte de capacité du personnage à se représenter l’environnement dans lequel il évolue à la manière d’un sonar, donc de pouvoir se battre les yeux fermés. Là, on quitte l’instinct du woran pour aller du côté des superpouvoirs des superhéros. Certes, ton personnage peut-être joué comme légèrement supérieur dans certains domaines aux autres races, mais cela ne lui donne pas des sens hors norme : entendre les muscles jouer, le frottement des poils de barbe contre le métal, le sourire, cela dépasse de très loin les capacités d’un PJ ; on rentre dans le domaine d’aptitudes supérieures voire d’aptitudes réservées aux classes tertiaires. Si ton personnage avait été aveugle de naissance, ou depuis plusieurs années, cela aurait sans doute pu mieux passer – mais sans aller jusqu’à atteindre ce niveau – mais dans les conditions actuelles de ton RP, c’est dépasser de loin ce qui est permis à un personnage.
Je terminerai par un point concernant le combat. Sur ce que tu mets entre les bornes, il se trouve déjà plus de 1200 mots qui n’ont rien à voir avec du combat, mais avec de l’infiltration. Combattre, ce n’est pas mettre à mort, cela implique un adversaire, au moins un échange de coup, une opposition. Ce qui fait que le troisième personnage tué, surpris par ton personnage plus qu’affronté, ne rentre pas encore dans le cadre d’un affrontement. Et vient ensuite la question de la cohérence de l’adversaire affronté. Et je vais encore chipoter sur la question des blessures mais… Quitte à faire que ton personnage s’en sorte, si tu as le choix, fais en sorte qu’il ne soit pas blessé. Jambe transpercée et vertiges sont traités de manière très sommaire, la lame dans le dos idem, la blessure au ventre rend la toute fin du RP encore plus curieuse. La douleur, les blessures, sont un bon moyen pour nuancer un combat, illustrer les difficultés auxquels fait face un PJ ; en lisant ce RP, j’ai eu l’impression de l’effet inverse : le PJ triomphe, malgré la douleur, malgré les blessures, et loin d’illustrer le fait qu’il a encore de l’expérience à gagner, cela m’a plutôt renvoyé l’image d’un woran assez puissant pour pouvoir gagner, même blessé, même en ayant mal. Descendre de la fenêtre, cuisse transpercée, ventre ouvert d’un coup de dague, blessé dans le dos d’une lame probablement empoisonnée, c’est déjà difficile : en portant un enfant et son paquetage, ça relève d’un niveau supérieur à l’exploit.
Le commentaire de correction est un peu long, et je suis conscient qu’il vise surtout des points où le RP s’éloigne du cadre que l’on fixe dans Yuimen. Cela ne veut pas dire que le contenu de cette deuxième aventure est mauvais, au contraire. J’ai pris le temps de ces rappels, et de les détailler, parce que ce sont des écarts qui, il me semble, peuvent être corrigés pour la suite. Tu as le souci de construire une histoire censée pour ton personnage, de lui faire faire des rencontre, d’envisager son évasion de la ville de manière cohérente. Tu introduis un rapport à la liberté nouvelle de ton personnage, une réflexion sur son comportement, la bonne idée d’un double qui lui parle, en somme plein d’éléments qui laissent présager une suite d’aventures intéressantes. Mais je pense qu’il ne faut pas hésiter, parfois, dans les aventures, à aller vers plus de modération dans certains cadres. A Omyre, un nain ancien esclave, qui se fait respecter, ça passe ; cinq nains et une espèce de femme-arbre, dans une maison particulière ça commence à faire moins en phase, sans plus d’explications que ce qui est présent ici. Aller récupérer un objet volé, rendre service en échange d’un service rendu est une bonne chose, mais il faut choisir la bonne cible ; l’ensemble de l’action que tu proposes serait sans doute mieux passée à Kendra Kâr, par exemple.
Récompenses
Xp : 3.5 + 3.5 (bonus longueur exploration) + 3.5 + 1 (bonus longueur combat) = 11.5 xp, et passage au niveau 3 ! Tu peux choisir une aptitude RP : communique moi par MP celle que tu désires voir figurer sur ta fiche.
Yus : 11.5*3*10 = 345 yus
Matériel : coupe-papier (for+2), ceinture à poches (esq +3), saphir (75 yus si revendu chez un bijoutier, 50 yus si utilisé brut en guise de paiement), tu pourras aussi choisir trois éléments parmi les effets du shaakt que ton PJ a tué, à me communiquer par MP.
Réputation : inchangée
Apprentissage : non validé, ne correspondait pas du tout à la CC (cf les commentaires de fond)