Ca s'explique tout simplement ^^
C'est la zone frontale du cerveau qui gère les règles sociales. (ce que les psychanalyste appelle le "sur-moi" et les psychologues sociaux le "contrôle de soi vis-à-vis des normes sociales") Hors, c'est un cycle très long que celui de la zone frontale et qui, de surcroît, peut être court-circuité assez facilement.
De l'autre coté, le cortex de la peur est au coeur du cerveau, c'est un système primaire (qui existe d'ailleurs chez tous les autres espèces animales). Son circuit est extrêmement bref, car il ne comporte en réalité qu'une analyse superficielle des évènements. (c'est ce qui fait qu'on arrive à avoir peur d'une branche d'arbre en la prenant pour un serpent, car l'analyse visuelle -cortex occipital- est plus lente que le circuit de la peur).
Pourquoi en voyant un couteau les gens pensent à ce qu'ils risqueraient d'être capable de faire ? Tout simplement parce que ce mécanisme vient interagir entre celui de la peur (on a pas naturellement peur d'un couteau) et celui du contrôle des normes (qui fait qu'on va pas trucider notre voisin avec un couteau).
Et à ce moment-là, notre cerveau fait parfois un raccourci marrant (et c'est la zone de l'émotion, donc les cortex temporaux qui réagissent alors) qui est celui de se demander ce qui se passerait si on outre-passait les normes.
Et là, y a 3 types de réactions globalement :
- une assez saine où le cortex frontal réagit en disant "c'est pas bien", qui entraîne la peur d'être capable d'accomplir l'acte.
- une un peu louche, qui laisse l'individu indifférent à son questionnement. Elle est louche, car elle signifie clairement que la personne n'est pas consciente des normes sociales (ou du moins que son cerveau n'est pas consciente que ce sont des normes sociales).
- une un peu inquiétante où le cortex frontal ne réagit pas du tout... Et où la personne peut se mettre à imaginer des trucs assez gores. Ca devient d'ailleurs très inquiétant si la personne ressent même à cette simple évocation du plaisir...
Bref, rassure-toi, Guasina, c'est normal et même plutôt rassurant. Après, le fait de pouvoir évoquer la question montre juste un possible point de rupture en cas de problématique vraiment bouleversante (les cas où le cortex frontale se déconnecte).
Mais faut se rassurer, on a tous un point de rupture, notre personnalité étant comme un cristal globalement. Si un jour on prend un coup de marteau trop fort, le cristal se fendra selon une ligne qui est légèrement visible avant.
Chez certains ça sera la violence, chez d'autre l'auto-destruction, la dépression, les délires,...
