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 Sujet du message: Finaud le Receleur
MessagePosté: Mar 26 Aoû 2014 13:23 
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Finaud le Receleur


On ne connaît pas d’autre nom à cet humain que celui qu’il s’est taillé au cours des années : Finaud. Bien malin qui pourra le rouler, bien stupide qui osera s’y risquer : habile à monter des coups juteux comme à jouer du surin, ce n’est pas le type d’individu que l’on souhaiterait avoir comme ennemi. Fort heureusement, il est pacifique dans l’âme et, tant que perdure son commerce, il vaque sereinement à ses affaires, ne nuisant à autrui que quand cela est vraiment dans son intérêt. Stratège habile sous ses atours de faux bourgeois, il a toujours su ménager la chèvre et le chou avec les différentes organisations criminelles de Dahràm, arguant avec justesse auprès de chacun qu’il est toujours bon d’avoir un intermédiaire et un receleur neutre à qui s’adresser. Les troupes d’Omyre qui ont occupé la ville n’ont rien changé à ses habitudes, il a su trouver une oreille attentive à la musique douce des pièces glissant d’une main à l’autre.

Grand et maigre, le visage fin, le nez aquilin, toujours vêtu de tissus aux couleurs éclatantes rehaussés ça et là d’or et d’argent, ayant connu des jours meilleurs mais en imposant au quidam moyen de la cité portuaire, Finaud tient son commerce avec la satisfaction d’un bon bourgeois. S’il trempe dans de nombreuses combines, toutes n’ont pas pignon sur rue : il n’expose que les pièces de joaillerie. Sur des étagères, dans des écrins élimés, dans des coffrets usés, voire des vieilles boîtes récupérées dans les rues et couvertes d’un tissu à la propreté douteuse, se retrouve tout ce que les monte en l’air et autres rapineurs du cru ou de passage ont désiré troquer contre yus sonnants et trébuchants, si bien que se côtoient des réalisations de toutes races et de toutes origines. Mais gare à qui voudrait s’en emparer sans passer à la caisse. Les deux colosses adossés négligemment près de la devanture ont de bons réflexes et celui qui veille dans la boutique tout autant. Cependant Finaud vous les fera bien vite oublier en vous débitant son baratin de camelot d’un ton affable, aux accents amicaux, un sourire de circonstance aux lèvres.

Bijoux :

Colliers
Boucles d’oreille
Broches
Bracelets

Vous pouvez ici faire améliorer vos équipements du même type que ceux vendus. Le prix se détermine grâce au générateur de prix : prix de l'amélioration = prix de l'objet amélioré - prix de l'objet d'origine. Vous ne pouvez améliorer vos équipements que dans leurs caractéristiques premières et secondaires (voir ici). Les bijoux ne peuvent être améliorés que dans les caractéristiques déjà existantes.

Ici on reprend vos items pour les 1/2 de leur prix initial (cf le Générateur de prix d'équipement)

Vos objets cassés ou abîmés sont réparables contre 1/4 du prix initial, (cf le Générateur de prix d'équipement) du moment qu'ils correspondent à un type d'objet vendu ici.


(((SI VOUS VOULEZ ÊTRE SERVI DANS DES TEMPS RAISONNABLES, N'OUBLIEZ PAS DE DEMANDER AUX GM UNE INTERVENTION GMIQUE ICI, POUR QU'ILS S'OCCUPENT DE VOS ACHATS/VENTES. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

_________________
Une question sur mes corrections ? Sur autre chose ? Un problème ? Une remarque ? N'hésitez pas à m'envoyer un MP.


Pour une demande de correction, c'est par ici.
Pour une intervention de GM dans vos RPs (validation d'achat ou autre), c'est par là.

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à venir nous les poser.


Bon jeu à vous !


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 Sujet du message: Re: Finaud le Receleur
MessagePosté: Lun 2 Mai 2016 23:45 
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- III.9 -

~ III – 10. Négociations et achat compulsif ~


Ashen marchait d’un pas déterminé dans la neige. Les rues étaient presque désertes. Il était soit trop tard pour les derniers fêtards, filles de joies et rôdeurs dans la nuit, soittrop tôt pour tous les honnêtes travailleurs de Darhàm la frelatée. Cette heure n’était pas la préférée de la jeune shaakt qui s’inclinait volontiers face à la chaleur de son lit, mais elle devait parfois admettre que la nécessité était une garce matinale. En songeant aux garces, Althéa, elle, était restée bien au chaud dans son propre lit, profitant de la douceur de ses propres oreillers. Ashen comprenait bien le besoin de discrétion de la femme qui devait faire la morte, et elle était doute le plus en sécurité là où on ne l’attendait pas, soit dans la chambre de la nièce de Jy’ryil. Quoi qu’il en soit, on ne demandait pas à Ashen d’aimer les virées matinales dans la neige, pas plus que sa mauvaise humeur n’importait à qui que ce soit. Enfin, tout dépendait de qui en faisait les frais, et l’heureux élu du jour se trouvait probablement lui aussi au fond de ses draps.

Au fond de ses draps et sourd comme un pot, se disait la jeune femme qui tapait pour la dixième fois le heurtoir contre la porte de bois d’une boutique d’un quartier quelconque de la cité. Le bâtiment, sans être miteux, n’était pas bien entretenu pour autant. Sans être petit, il n’était pas grand non plus. Il n’était pas récent sans être une vieille bicoque. Enfin, la maison n’avait rien pour se distinguer des autres, si ce n’était son enseigne usée représentant des bijoux à l’or clinquant et son habitant : Finaud le Receleur. Ce dernier avait dû parvenir à se hisser jusqu’à la fenêtre pour l’ouvrir sans qu’Ashen ne l’entende sous le martèlement de ses poings sur la porte, car la jeune femme eut la surprise de voir un poignard apparaitre à ses pieds. Elle suivit sa trajectoire jusqu’à lever les yeux sur un homme à la fenêtre qui la regardait d’un air peu amène, et dont le bonnet à pompon nuisait cruellement à la sévérité de son expression. Son nez aquilin frémissait d’irritation, ce qui fit fleurir un sentiment mesquin de vengeance chez la shaakt et qui s’épanouit sur ses lèvres. Elle n’était pas la seule à abhorrer les levers à l’heure des poules.

- Si vous ne cessez pas de rudoyer ma porte, le second couteau ne manquera pas vos pieds.

Ashen reconnut la légitimité des paroles de l’homme et lâcha le heurtoir qui rejoignit son socle dans un dernier sursaut métallique.

- J’espère que c’est important et que vous n’allez pas réveiller tout le quartier, des voisins mécontents, c’est très mauvais pour les affaires, ajouta l'homme avec une mauvaise humeur évidente.

La jeune femme hocha la tête en observant le visage fin de Finaud.

- Aucune envie de chanter une sérénade, vous en faites pas. Cela concerne le testament de Jy’riyl.

Il s’agissait d’un pari où tout dépendait des relations de Finaud avec sa défunte tante et de ses connaissances de l’Acte de Propriété. Comme Ashen l’espérait, elle resta quelques secondes à la toiser silencieusement avant d’acquiescer et de refermer la fenêtre. Elle entendit tout de même distinctement un cri :

- ROLF, GRIM ! Arrêtez de pioncer, bons à rien, et allez ouvrir la porte !

Ses lèvres se murent en un demi sourire et elle s’adossa au chambranle, les bras croisés. La rue était vide et le soleil se levait à peine. Il lui restait normalement encore quelques heures avant que les choses ne commencent à s’agiter à la Rose, mais elle préférait faire vite, de peur que quelque chose tourne mal en son absence. Si la mauvaise personne découvrait Althéa dans sa chambre…

Son attention fut attirée par la porte qui s’ouvrait, dévoilant deux mastodontes à la mine patibulaire. Les gardes du corps de Finaud, à n’en pas douter. Ils la toisèrent quelques secondes, cherchant manifestement à l’intimider ou à lui faire sentir tout le poids de leur mécontentement d’être tirés du lit si tôt. Le fait qu’il faisaient tous deux une tête de plus qu’elle, portaient chacun sabre et poignards et avaient les bras aussi épais que ses cuisses était sans doute supposé contribuer à cette impression. C’est justement pour cette raison qu’Ashen se fendit de son sourire le plus radieux, qu’elle savait aussi être le plus irritant pour ce genre d’engeance. Ils finirent par la laisser passer et elle pénétra enfin dans la boutique de Finaud.

Finaud le Receleur portait bien son nom. Sa boutique était pleine de bijoux divers enchâssés dans des boîtes usées et vieillies posées sur différents présentoirs. Les objets d’une plus grande qualité avaient le droit à un petit socle dans une vitrine. En baladant ses yeux d’étagère en étagère, Ashen fut étonnée de trouver aussi bien le grain que l’ivraie. Il y avait aussi bien de vieux bijoux sans valeur fabriqués dans des alliages de métaux douteux que des pièces de joaillerie fine admirablement ciselées. Le regard de la jeune femme fut attiré sur des boucles d’oreilles d’argent serties d’émeraudes. Ah, quelle pitié que le vert seyait si peu à sa carnation ! Cela lui donnait un air maladif et jurait affreusement avec ses yeux. En revanche, ces bracelets-là forgés d’un métal noir veiné d’améthystes était du meilleur goût. Il y en avait deux, reposant l’un sur l’autre dans un joli ensemble. Elle regarda son propre poignet, puis les bracelets et se dit qu’ils trouveraient très bien leur place sur sa peau anthracite. Le seul ennui des bracelets était que dans son métier, ils avaient tendance à faire du bruit et à se loger où il ne fallait pas. C’était sans doute un des éléments qui l’irritait le plus dans son travail. En revanche, ce joli bandeau d’argent finement ciselé était fort attrayant.

Sa contemplation fut brisée par un raclement de gorge et elle se retourna avec réluctance pour saluer Finaud le Receleur. Il avait laissé tomber son bonnet et sa chemise de nuit pour des vêtements plus propices aux affaires encore fripés de la veille. L’ensemble se parait de couleurs bariolées et lui donnait des airs de dandy qui se retrouvaient également dans son maniérisme. Il était grand, fin et son nez frémissait encore, cette fois par intérêt pour autant que la jeune femme put en juger. Il tenait entre ses mains un coffret de bois.

- Puis-je m’enquérir de qui vous êtes, pour Jy’riyl ?

Elle tourna le dos bandeau d’argent pour s’adosser contre la vitrine, arrachant une petite grimace à son hôte.

- Je suis sa nièce. Et je sais de source sure qu’elle a laissé des documents dans cet établissement. Je souhaiterai les récupérer.

Elle avait autant de délicatesse qu’une vache dans un magasin de vaisselle. Le receleur indiqua un coin de la boutique où se trouvait un sofa faisant face à une table basse et à un siège, sans doute l’endroit d’où il menait ses ventes les plus alléchantes. Ashen acquiesça et prit place sur le sofa tandis que Finaud prenait le fauteuil et posait le coffret sur la table. L’un des deux colosses apporta une tasse fumante de thé. A l’odeur, la shaakt avait envie de grimacer. Cet homme l’aimait fort, très fort, les feuilles avaient dû macérer toute la nuit.

- Jy’riyl était une amie très chère, et j’ai beaucoup apprécié et fréquenté son établissement, d’une rare qualité dans cette ville. Il s’avère qu’elle m’a en effet laissé quelques documents, dans le cas où elle mourrait prématurément, car elle craignait que cela n’arrive.

Ashen lança un regard au coffret qui devait contenir les papiers tant désirés. Tout en prenant sa tasse de thé pour l’amener à ses narines. Elle avait envie de grimacer mais se força à boire.

- Savez-vous qui aurait pu vouloir sa mort ?

- Dans les derniers jours, elle m’a dit qu’elle craignait la montée d’une autre maison close sur les docks, mais j’ignore laquelle.

Ashen hocha la tête, rangeant cette information dans un recoin de son esprit et revenant à ses affaires urgentes : les documents. Elle ignorait ce qui se trouvait exactement dans la boîte, mais savait qu’elle ne les aurait pas tant que Finaud n’avait pas été lui-même convaincu. Avant toute chose, elle avait une question à poser.

- Pourquoi n’avez-vous pas déjà donné ses documents à mon cousin ou à Althéa ?

L’homme émit un reniflement de dérision.

- Jy’riyl ne m’a malheureusement donné aucune indication quant à la personne à qui tout ceci reviendrait. J’attendais de voir qui ressortirait gagnant de cette loterie.

Et ainsi il pourrait négocier directement avec le gagnant, ce qu’il était en train de faire. L’ennui était qu’Ashen n’avait aucune monnaie clinquante et trébuchante avec laquelle acheter les documents. Elle allait donc devoir la jouer finement.

- Je suppose que vous avez constaté l’état de décrépitude regrettable dans lequel la Rose s’enfonce.

- Je suppose que vous vous proposez de remédier à cela, demanda Finaud en haussant un sourcil.

- C’est exact, mais pas sans l’aide d’Althéa, qui a une meilleure connaissance des clients et de leurs goûts. Nous souhaiterions pouvoir tous les combler.

Le receleur ne put s’empêcher de passer sa langue sur ses lèvres, alléché par les perspectives proposées.

- Vous évinceriez donc votre cousin, fit remarquer le receleur.

La jeune femme ne put qu’acquiescer en trempant les lèvres dans son thé, c’était une évidence. Elle vit le regard de l’homme se plisser et son nez se remettre à frémir.

- Je veux des parts dans l’établissement.

Ashen secoua la tête.

- Je crains que ce ne soit quelque peu excessif. Voyez-vous, je n’ai pas dans l’intention de m’octroyer la Rose pour mon compte, mais pour celui des Murènes, et elles ne sont pas partageuses.

Ce disant, la jeune femme avait sorti nonchalamment le pendentif en forme de Murène qu’elle portait autour du cou et vit avec satisfaction le regard de Finaud se poser sur lui en plissant les yeux. Le nom ne lui était pas inconnu et elle pouvait aisément imaginer le cheminement de ses pensées alors qu’il calculait les éventuels bénéfices de l’arrivée de la Caste dans la cité. Elle venait déjà de lui donner un avantage sur ses concurrents : il avait connaissance de leur venue. Mais elle pouvait pousser l’avantage plus loin encore.

- Il sera nécessaire de redorer le blason de la Rose, après la déchéance dans laquelle elle a plongé sous la férule de l’hydre à deux têtes. Les Murènes seraient ravies d’avoir un fournisseur en bijoux et ornements divers, hors, votre magasin semble offrir tout ceci et plus encore. Je pense que nous pourrions parvenir à un arrangement.

Le nez de Finaud s’agitait avec plus de vigueur encore qu’avant et Ashen retint un sourire de satisfaction. Elle l’avait ferré, il ne restait plus qu’à le tirer.

- Bien sûr, pour l’amitié que vous portait ma tante, vous garderiez une place privilégiée parmi les clients de l’établissement. Cependant… Pour ceci il faut que je sois assurée que la Rose revienne aux Murènes, ce qui pourrait se faire dans la journée. Accepteriez-vous de me prêter vos mastodontes pour l’après-midi ? Pour nous protéger, Althéa et moi, des foudres hypothétiques de mon cousin. Rien de bien grave, très probablement, mais les menaces que recèlent les muscles de vos gardes du corps sont des plus éloquentes. De plus, je ne saurais faire confiance à de quelconques mercenaires.

Finaud la regardait droit dans les yeux, comme s’il cherchait où se trouvait le piège, mais ne parvint pas à le trouver. Il réfléchit quelques instants à tout ce qui avait été dit puis finit par acquiescer et se tourner vers l’un des deux pachydermes pour lui dire :

- Grim, va chercher les documents de Jy’riyl, ils sont dans une sacoche en haut.

Ashen lança un bref regard à la boîte sur la table alors que le colosse s’éloignait avec sa mine patibulaire. Ainsi, elle ne contenait pas les documents désirés. Finaud avait capté son regard et à présent souriait d’un air…finaud.

- Vous ne pensiez tout de même pas que je mettrais ces documents à la portée de vos mains ?

La jeune femme esquissa un sourire et un haussement d’épaules avant de se lever pour s’approcher de la vitrine où elle avait vu les bracelets et le bandeau d’argent. Ils étaient beaux et étincelaient avec la lumière qui filtrait par les fenêtres sales. En les regardant, elle avait l’impression que ses yeux brillaient tout autant. Elle se mordit la lèvre avant de craquer et de dire :

- Puisque nous en sommes arrivés à un accord, j’aimerais déjà commencer à le faire fructifier. Je souhaiterais ce bandeau, là, dans la vitrine.

Les bracelets seraient peut-être pour plus tard, elle les gardait à l’esprit, les imaginant ceignant son fin poignet…


- III.11 -



[Achat d’un bandeau d’argent en tant que protection de tête :
Bandeau d’argent (end +7, esq +5)
Prix : 640. Calcul avec bourse : 841 yus restants.]

_________________


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 Sujet du message: Re: Finaud le Receleur
MessagePosté: Lun 2 Mai 2016 23:57 
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Messages: 2735
Intervention pour Ashen


Finaud regarda par dessus son épaule et récupéra le bandeau argenté qu'il glissa devant toi. Au moment où l'Elfe Anthracite tenterait de le récupérer, Finaud exercera une petite pression sur l'objet avant de le laisser filer, juste assez pour attirer le regard de la femme et lui ajouter d'un petit sourire malicieux :

" N'oubliez pas notre petite conversation... "

----------------

Objet ajouté à l'équipement.

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La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
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 Sujet du message: Re: Finaud le Receleur
MessagePosté: Lun 9 Jan 2017 14:57 
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Messages: 39
Localisation: En mer
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La voilà. La cité à la réputation si douteuse.

Bien sûr d'ici elle ressemble à n'importe quelle ville portuaire. Des navires de toutes les tailles vont et viennent, ramenant ou allant chercher de nouvelles marchandises allant du blé aux esclaves en passant par les prostitués.

Les affaires semblent bien tourner d'ailleurs car le port fourmille d'activité.

Les hommes aussi fourmillent d'excitation alors que nous sommes en train d'amarrer.

Immédiatement après nous déchargeons quelques caisses, j'ignore ce qu'elles contiennent mais elles sont immédiatement récupérés par des portefaix que les pirates semblent connaitre.

Laeten donne ensuite à la plupart l'autorisation d'aller en ville. Le voyage en mer est terminé, ils peuvent se détendre comme ils le souhaitent. Les autres s'occupent encore des tâches à faire à bord en attendant leur tour pour mettre pied à terre.

Le Shaakt vient me trouver, équipé d'un livre d'une bonne taille.

"Tu devrais venir avec moi, il va falloir vendre les marchandises qui ne nous servent pas."

Il m'indique d'un geste la direction à prendre en partant à nouveau dans un long monologue explicatif.

"Voilà comment ça se passe ici. Nos marchandises sont stockées dans un entrepôt sur le port. Il n'y a pas à s'inquiéter, il est surveillé par les meilleurs mercenaires qu'on peut trouver ici et d'autres bons combattants fidèles au capitaine. "


Il me tend son bouquin et m'invite à le lire.

"Il y a là-dedans l'inventaire de tout ce qu'on possède. Ce livre est extrêmement important. Nos vivres, nos matières premières, nos prises. Tout ce qui se trouve à l'intérieur du navire jusqu'aux membres d'équipages."


J'hoche la tête, je devais admettre que j'étais plutôt impressionné. Le registre était bien tenu et on s'y retrouvait assez rapidement.

A côté de certaines lignes se trouvait même, si j'avais bien compris, le prix de revente des biens.

"Les prix affichés sont ceux de revente minimum alors il ne faut pas hésiter à en demander plus pour avoir une marge de négociation assez grande mais j'imagine que tu vois de quoi je veux parler. "


Je fronce un sourcil tout en observant les chiffres. Mouvement que le Shaakt doit percevoir puisqu'il répond à l'interrogation que je venais de me poser.

"Je me suis basé sur le prix de vente au moment de notre départ, généralement nous partons quelques mois ça ne fluctue pas beaucoup même si j'ai déjà eu quelques surprises. "

Je referme le livre sans un mot avant de le lui rendre. Il incline la tête avant de poursuive ses explications tandis que nous quittons le port pour nous engager sur une grande rue longeant le fleuve.

"Nous nous rendons chez un receleur. Pas n'importe lequel, il fait partie des plus grands de la cité. On lui donne la liste de nos biens et il s'occupe de tout revendre selon les prix que tu viens de voir. Ça nous permet de repartir sans attendre et lui de se faire une belle marge sur ce qu'il revend. Tout le monde y trouve son compte et c'est le principal."

Nous bifurquons dans une ruelle bondée où sont alignées une multitude de petites boutiques. Epicerie, cordonnerie, tannerie, les vitrines et les étals se suivent.

Une idée saugrenue me vint en tête, est-ce que tous les produits ici étaient issus de pillages ?

Le moindre bout de tissu, de cuir ou d'armure était-il le fruit d'un travail acharné où était-ce simplement un objet volé et revendu ensuite ?

Darhàm aurait ainsi basé toute son économie sur le larcin. Etrangement cela me paraissait formidable.

Le shaakt poursuit son monologue, ouvrant un passage à travers la foule à coups d'épaules.

"Bien sûr cette fois c'est un peu diffèrent. Grace à vous nous pouvons réparer la Baliste."


Il m'adresse un regard souriant même si le reste de son visage fin n'en laisse rien paraitre.

"Nous devrions rester à quai plusieurs mois. Peut-être un an. Mais le capitaine à prévu beaucoup de choses pour vous ne vous en faites pas. Vous devrez d'ailleurs allez le voir demain. C'est ici."


Nous nous arrêtons devant une joaillerie qui ne payait pas de mine tant les écrins étaient laids ou en mauvais état. Deux colosses sont adossés au mur de chaque côté de la devanture, gardant la porte.

L'un d'eux semble reconnaitre mon guide et lui ouvre la porte après un léger signe de tête.

La boutique ressemble à la vitrine. Sale, une odeur de tabac à pipe, exposant des bijoux contenu dans des boites usées ou des tissus aux taches de différentes couleurs m'extirpant une grimace de dégout.

Un troisième gros bras se trouve dans la boutique et ne se gêne pas pour nous surveiller sans même ciller.

Je plante mon regard dans le sien et il y répond par une grimace qui ressemble à un clébard me montrant ses dents. Je m'immobilise un instant, sur le point d'exploser, comment pouvait-il oser me dévisager ainsi, moi, alors que j'agissais pour un dieu. Une haine noire s'élève jusqu'à mes joues, les chauffant de colère, fissurant presque mon masque d'homme sain d'esprit.

"Aaaah Malaggor. Ravi de te voir."


La voix attire mon attention, quittant le regard qui allait me faire commettre un meurtre.

Derrière le comptoir, vêtu de couleurs étincelantes, parés d'or et d'argent. Un homme grand, fin, au nez aquilin, semble ravi de voir l'elfe noir. Il nous invite à approcher tout en déposant un sac devant nos yeux.

"Commençons bien. Voilà les gains de vos ventes durant ton absence. Pas terrible je le crains. J'espère que tu as mieux cette fois."

Le shaakt sourit, récupérant le sac et y jetant un bref coup d'œil. Aucune feuille n'attestant les achats. Je fronce les sourcils. Ce type pouvait très bien l'avoir totalement arnaqué mais il n'avait pas l'air de s'en soucier.

Le receleur patiente avec un sourire de circonstance qui m'insupporte.

Le pirate hoche finalement la tête avant de lui tendre un paquet de feuilles qui écarquillent les yeux du destinataire.

"Autant que ça."

Il épluche les papiers avec un air sérieux, lâchant quelques marmonnements et quelques sourires satisfaits.

"Excellent. Vous avez fait une bonne prise cette fois. J'imagine que vous avez dû ramener le navire pour tout transporter. Ça dépasse largement le tonnage de la Baliste."

"Exact. On ne peut rien te cacher."

"Il est encore en bon état ?" Demande-il intéressé ?

"Il y a quelques réparations à faire mais le Capitaine m'a bien précisé qu'il ne voulait pas te le revendre."


Les petites dents blanches du Shaakt se montrent, faisant miroir avec celle du receleur qui répond amusé.

"On ne peut rien caché non plus à Laeten."

Il tapote les feuilles sur le comptoir pour bien les aligner avant de reprendre un air plus sérieux.

"C'est en cours de déchargement j'imagine. Je m'occupe du reste. Passe mes salutations à ton capitaine. Dis-lui que c'est toujours un plaisir de faire des affaires avec lui."

"Je transmettrai. Tu devrais me voir plus souvent nous allons rester à terre un moment et ensuite c'est monsieur Rougine qui me remplacera sur la Baliste."


Ein me désigne, tournant vers moi le regard du receleur qui m'adresse ce fichu sourire.

"Enchanté monsieur Rougine. On me nomme Finaud. J'ai hâte de travailler avec vous."

Abruti. Penses-tu être le seul à pouvoir afficher un tel visage de faux cul. J'affiche un air ravi tout en répondant d'un air enjoué.

"Moi aussi. Appelez-moi Eldros."

Nous nous adressons un regard lourd de sens, aucun de nous n'est dupe.

C'est le Shaakt qui nous interrompt dans notre échange.

"Allons-y monsieur Rougine. J'ai encore beaucoup de choses à vous montrer. Au plaisir Finaud."

Il détourne enfin son regard, nous saluant d'un signe de tête.

"A la prochaine !"

Nous quittons la boutique mais avant de partir, je m'autorise un dernier regard vers le gorille qui fronce les sourcils.



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