Quand je pensais, un instant plus tôt, que sa réponse allait m'étonner, j'étais presque dans le vrai. D'ailleurs, décoller n'est pas vraiment le bon terme, je dirais plutôt qu'à ce moment-là, je chutais doucement vers le plafond. Alors que Sirat et Guasina me rejoignirent au bar, je décollais du sol. Je ne compris ni comment ni pourquoi et je me vis même pousser un petit cri de stupeur, petit cri qui tenait plus d'une petite souris qui couinait que de la valeureuse guerrière que je suis.
La liqueur que j'ai bu se rappelle enfin à mes papilles et je la trouve très bonne et très... Aérienne... Prochaine chose à ne pas faire, boire quelque chose de ce Donald sans être sûre de son contenu. Quand on est une hiniön bien élevée, il y a des choses à faire et d'autres à ne pas faire. Et quand on est une "mystérieuse" comme moi, on se doit de faire comme si tout allait bien et que tout était normal. J'applique donc le vieux précepte du "A Kendra-Kâr, on agit comme les kendrans" et je fais comme Donald, une petite pirouette pour m'assoir... Au plafond. J'écoute alors attentivement le gérant.
"Mon époux connait un lutin qui aurait été ravi d'être à ma place en ce moment, vous savez..."
Je n'aurai pas à sortir cette nuit pour vérifier si la citadelle était habitée, Donald venait de me répondre indirectement. Je me demande si je ferais bien de lui poser des questions sur ce grand administrateur superviseur mais je finis par me dire que si personne ne l'a vu depuis longtemps, Donald risque de me raconter des ragots, plus que des faits réels.
"Mes parents me parlaient, quand j'étais petite, d'une mystérieuse cité volante, Nyr' Tel Ermansi, je crois... Cette île a-t'elle un rapport avec les elfes dorés ?"
Si personne n'a vu le grand administrateur depuis des siècles, j'en conclus deux hypothèses : soit il est un elfe, soit nous sommes coincés dans une strate des Enfers et tout le monde est maudit à vivre à jamais ici. Et comme je suis de nature plutôt optimiste, je préfère penser qu'il s'agit d'un elfe.