Ce RP est à connotation choquante. Prenez garde à la lecture.
Confrontation
D'un tour de main, Timur déverrouille la serrure de la salle de stockage qui cède dans un cliquetis métallique. D'un signe de tête, il m'invite à rentrer rapidement en baissant la tête pour ne pas me cogner, avant de refermer le loquet de la porte contre toute entrée intempestive. Mes yeux s'habituent lentement à la faible lumière qui règne entre les murs froids de la large pièce qui rassemble des trésors d'ingrédients en tout genre. Plusieurs étagères en bois longent les bords de la salle, chacune contenant un type d'ingrédients précis pour le personnel du Dispensaire. Herbes médicinales, fioles d'élixirs et de mixtures, diverses parties d'animaux, métaux précieux et brillants de mille feux et j'en passe...
(Je comprends pourquoi l'endroit est si bien gardé. Il y a là une véritable fortune de composants alchimiques. Ravi de savoir qu'il y aura toujours de précieuses ressources à proximité si je tente une quelconque expérience...)Le bois grince sous le pas de mon assistant qui s'enfonce dans un petit passage que je n'ai même pas repéré, duquel ressort une lumière plus vive qu'ici. En une poignée de secondes, nous nous retrouvons dans une pièce annexe plus orientée au conditionnement des ressources récupérées. A la lueur d'une lanterne suspendue, une vielle femme en robe blanche travaille aux côtés d'une multitude de fioles transparentes qui reflètent la lumière de la flamme. Dos à nous, elle ne semble pas nous avoir entendus, aussi Timur doit-il s'approcher d'elle pour l'interpeller, ajoutant ainsi son ombre dansante sur les murs blancs et froids de l'atelier.
"Fira ? C'est moi, Timur. J’ai besoin de te parler."A l'entente de ces mots, la silhouette se stoppe dans ses mouvements, avant de tourner un visage usé par le temps dans notre direction. La peau creusée par les rides et les yeux d'un blanc presque limpide, la vieillarde nous observe simultanément d'un regard méfiant. Plissant ses paupières fatiguées pour s'assurer de son identité, Fira avance sa tête avant de dessiner un maigre sourire sur son visage cadavérique.
"Hooo... Timur. Oui... Je peux t'aider, mon garçon ?""Heu, oui... C'est à dire que... Heu... Avant ça, je te présente Ellyan Crow. C'est... *Hem*...le nouveau Boucher du Dispensaire. Voilà, heu... Donc, en fait, je suis là parce que... Heu..."Pendant que mon assistant tente de lui expliquer la raison de sa présence, je m'attarde sur les objets environnants, incapable de comprendre les bégaiements d'hésitations qui peinent à dépasser ses lèvres. Derrière le cadavre ambulant, un genre de présentoir contient diverses fioles pleines de concoctions aux multiples couleurs. La quantité est impressionnante et traduit de l’efficacité de la vieille peau dans son travail, bien que je ne comprenne pas l’utilité de s’enfermer dans ce genre de local étouffant. Cependant, un court moment d’observation m’indique que plusieurs d'entres elles sont ouvertes, dégageant dans l'air une fumée que je distingue à la lumière de la lanterne. Au fil du temps qui semble interminable, la température de la pièce semble avoir considérablement augmentée, soulevant ma suspicion pour cet étrange phénomène. Les paroles de Timur se font confuses, sa peau s'humidifie d'une transpiration abondante et il doit plusieurs fois se stopper dans son monologue pour reprendre, la gorge sèche. Bientôt, les mêmes symptômes apparaissent chez moi, m'obligeant à passer la main sous mon masque pour m'essuyer le visage. Pourtant, Fira semble y faire exception, se contentant de garder une expression impassible face à son interlocuteur qui ne cesse de s'interrompre.
*Teuheu* "Je... Excuse-moi, je ne comprends pas ce qu’il m'arrive... J'ai si chaud...""Ho, peut-être puis-je te donner un peu d'eau ? Et vous aussi, monsieur. Enlevez donc ce masque, vous devez étouffer là-dessous !"Sur ces mots, la vieillarde se retourne et s'empresse d'attraper une carafe à moitié remplie qu'elle vide dans deux gobelets de bois, avant de nous les proposer à bout de bras.
« Tenez, ça vous fera du bien. On s’habitue difficilement au manque d’aération ici, la plupart des visiteurs attrapent de sacrées migraines ! Tu disais donc, Timur ? Je n’ai pas bien compris ce que tu voulais me raconter. »Timur attrape celui à sa portée sans poser de question, l'ingurgitant tel un animal assoiffé. Je garde le mien en main, mimant de défaire mon masque pendant qu'elle garde les yeux sur le jeune homme. Il est vrai que j'aurais bien besoin de boire quelque chose, l'atmosphère devient de plus en plus irrespirable ici, mais je peine à croire qu'elle travaille chaque jour sous ces conditions. Après tout, à son âge, quelques heures au soleil suffisent à la rendre aussi sèche que du sable. Méfiant, je porte le gobelet à mes lèvres, flairant le coup fourré, puis fait mine d'en boire le contenu.
Ce n'est qu'après de longues et bruyantes respirations que Timur me regarde, l'air perdu. Bientôt, le gamin s'agite dans tous les sens, incapable de se contrôler. Fira s'écarte de quelques pas, satisfaite de sa petite combine qui semble avoir porté ses fruits, avant de poser son regard sur moi. Elle semble attendre les mêmes symptômes chez moi, léger sourire sur son visage pour me faire comprendre que ça ne saurait tarder. Finalement, dans une dernière tentative d'hurler à plein poumons, Timur s'étouffe dans un gargouillement et s'effondre brusquement à terre, ne pouvant lutter davantage contre l'étrange maladie qui l'habite. La chaleur devient insupportable et m'oblige à me défaire de mon masque, incapable de supporter l'air brûlant que je respire à chaque inspiration. Le visage de Fira se raffermit, ne s'attendant pas à voir une telle horreur sous ce déguisement. J'amplifie sa déception en renversant le contenu du gobelet au sol le regard insistant, traduisant ainsi ma perception de ses intentions.
"Si tu pensais m'avoir avec un piège aussi évident, c'est raté, la vielle. Tu vas me suivre jusqu'aux appartements de Lydia sans tenter quoi que ce soit qui pourrait m'obliger à te couper les mains."Visiblement mécontente de la tournure des événements, la vielle guérisseuse se retourne brusquement et attrape l’une des fioles sur le présentoir, avant de la débouchonner de ses longs doigts crochus de sorcière. L’instant d’après, la fiole file déjà dans ma direction alors que son contenu s’extirpe du verre pour se répandre sur la peau de mon crâne. Un simple pas sur le côté m’aurait empêché d’en subir les conséquences, mais mon corps se refuse à m’obéir. L’ordre émit par mon cerveau ne descend pas jusque dans mes jambes qui restent statiques face à la menace qui vient me frapper de plein fouet. L’atmosphère, désormais toxique par je-ne-sais-quel foutu poison, semble déteindre sur mes pensées et mes reflexes, m’empêchant de réfléchir et d’agir calmement.
« Qu’est-ce que… BORDEL DE MERDE ! JE VAIS TE SAIGNER, VIELLE PUTAIN DEFRECHIE ! »Au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, le liquide qui me coule dessus est un puissant urticaire qui fait apparaître sur ma peau plusieurs plaques rouges, m’incitant à les griffer jusqu’au sang. Alors que je tente de garder le contrôle de moi-même en essuyant ce qu’il reste de l’ignoble liquide translucide, Fira contourne rapidement la table d'une vivacité habilement dissimulée, armée d'un vulgaire poignard. Les mains sur le visage, j'aperçois la lueur de la lanterne se refléter dans le métal de la lame, me permettant ainsi d'anticiper le coup d'une maladroite retraite. Le contrôle sur mon corps n'est toujours pas rétabli, aussi mes pieds manquent de me réceptionner correctement jusqu'à me laisser choir sur la table en bois. Je m'appuie sur ma prise comme un unijambiste, ne comptant que sur la force de mes bras pour ne pas m'étaler sur le sol sans défense. Lutter ainsi contre mon propre corps m'oblige à quitter la vielle pute des yeux, la laissant fendre l'air une nouvelle fois vers mon estomac. Sa lame glisse sur l'une de mes côtes, m'arrachant un gargouillement semblable à celui lâché par Timur avant de s'effondrer face contre terre. Une nouvelle douleur sur mon visage empoisonné se réveille et mes forces m'abandonnent, laissant mon corps soulever la poussière en s'écrasant au sol. La Fira ne passe pas à côté d'une telle ouverture et plante sa lame droit vers ma gorge, désireuse de mettre un terme à ma vie sans la moindre hésitation dans le regard.
Il est de ces moments, ceux où la mort s'apprête à nous emporter, un étrange phénomène qui ne dépend que de la victime. Plus connu sous le nom "d'instinct de survie", ce véritable pouvoir, qui existe chez les êtres les plus primaires qui soient, est capable de figer le temps pendant une très courte période. Quoi qu'il en soit, c'est certainement ce qui peut expliquer l'incroyable réflexe de survie qui me permet de décaler la tête sur le côté, laissant la lame froide s'enfoncer dans le bois du parquet en m'arrachant une infime portion de peau sur le cou. Visiblement surprise, Fira écarquille les yeux et tente de relever la lame pour frapper une nouvelle fois, mais je ne lui en laisse pas le temps. Aussi rapide qu'un serpent, je me saisis de son poignet à deux mains et y enfonce mes dents, déchirant les tendons sous la peau flasque de la sorcière. Le muscle se sépare d'une partie de lui-même, giclant plusieurs volées de sang dans les airs et sur le visage horrifié de ma victime. Dans un hurlement de douleur, Fira se maintient l'avant-bras en s'écartant, laissant la lame glisser de ses doigts crochus. Le sang me recouvre les papilles et bientôt, le goût odieux de sa viande se répand dans toute ma bouche. Incapable de garder cette pourriture plus longtemps, je lui recrache sa chair au visage avant de m'essuyer les lèvres rougies par son propre jus.
"Dégueulasse. J'aurais préféré bouffer de la merde."Désormais en pleine possession de mes mouvements, du moins des membres importants, je me relève avec difficulté pendant que la vielle s'essuie le visage en pleurnichant comme une gamine. La terreur semble avoir pris l'ascendant sur sa raison, immobilisant complètement cette pauvre putain. Sa tête se redresse et son regard croise mon sourire de dents baignées de sang, ce qui la fait pleurer davantage. A bout de nerfs, je me saisis du côté de son crâne et l'écrase plusieurs fois contre le bord de la table en hurlant ma haine comme un animal sauvage.
"ESPÈCE...DE...SALE...PUTE... !"Au quatrième coup, le son très caractéristique du craquement de son nez me stoppe dans mon acharnement et me fait reprendre conscience du but de ma mission. Lydia la veut vivante et suffisamment entière pour subir un interrogatoire. Il est de mon devoir de contrôler ces pulsions meurtrières et de faire ce qui m'a été demandé si je souhaite gagner sa confiance. Visiblement inconsciente, je lâche ma prise et elle s'effondre, la mâchoire recouverte de sang chaud. A bout de souffle, je regarde le spectacle en jugeant de la situation qui n'est pas à mon avantage.
"Bon...*Humpf*... Je vais devoir la monter là haut... Pfffff... Et je dois aussi vérifier si le gamin est toujours en vie. Bordel de merde, comment je vais m'y prendre ?"