L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 91 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mar 10 Jan 2017 23:07 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Nouveau Boulot


Une nouvelle fois éreinté par ma mission, la douceur de mon lit me berce hors du temps, comme happé par un fabuleux rêve. Je revis le parcours de l'assassinat de Lotric Banel, ce porc en draps de soie, au milieu d'une fête dans la Taverne du Paladin. Qu'il s'agisse de mon combat contre ce Boucher qui a manqué de gagner ma prime ou de cette infiltration réussi dans l'établissement de Peter Rhel, cette mission m'a éreinté. Prélude à une journée de repos, cloîtré entre les murs de mon repaire pour y lécher mes plaies, ce merveilleux moment s'évanouit dans un flash instantané qui me ramène à la dure réalité. Mes pupilles se dilatent plusieurs fois pour s'habituer à l'obscurité qui règne en ce lieu qui empeste le sang et la crasse, tous deux uniques récompenses de mon travail incessant. La porte tremble à s'en renverser sous les coups de masse qui la martèle, le tout accompagné d'un raclement de gorge des plus primitifs.

Contraint de quitter le lit pour faire cesser ce vacarme, je laisse le gorille profiter d'un miracle d'intelligence, comprenant que la porte est ouverte depuis le début. Une faible lumière rentre avec lui dans ma chambre et ses yeux se posent sur mon corps en pleine convalescence tout en prenant soin de ne pas s'éclater le crâne sur le linteau de la porte en entrant. Le cliquetis métallique de son arme à la ceinture me fait lever la tête par réflexe, puis me lever avec difficulté sur mes deux pieds encore tremblotants de fatigue et de douleur. Fidèle à sa finesse, le balourd me fait part de la convocation de Katalina, la Murène. A ses dires, elle aurait demandée à voir tous les Bouchers du Dispensaire sans donner davantage d'informations. Le terme utilisé au pluriel me fait sourciller, n'ayant connaissance que de Woltar et moi à ce poste. L'heure ne semble visiblement pas aux questions, étant l'unique personne manquante à son appel. Aussi, je fais signe au gorille de passer devant, attrapant mon masque et ma sacoche par la même occasion.

(Bordel, qu'est-ce que ça va être, encore...)

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Lun 13 Mar 2017 07:39, édité 5 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mer 1 Fév 2017 06:55 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Intervention pour Ellyan Crow


Le boucher pourra suivre à son rythme le garde jusqu'à parvenir jusqu'à l'ancienne loge de Lydia. Celle-ci avait été quelque peu modifiée, on y trouvait là où auparavant se dressaient des piles de parchemins de nombreuses fleurs qui déversaient doucement dans l'air comme une chaude odeur de pollen. Ces parfums qui tranchaient radicalement avec ceux que l'on trouvait un étage plus bas avaient quelque chose de suspect. Ellyan arrivera d'ailleurs à reconnaître une datura grâce à ses fleurs blanches et comprendra que ces joyaux de la nature n'avaient rien inoffensif.

Dans la pièce se tenaient deux gardes entourant Woltar et Timur, ce mystérieux malade assis dans un coin, les poignets entravés ainsi que Katalina qui ne levait pas tout de suite les yeux sur ses invités. Elle tenait dans sa main droite de petit ciseaux qu'elle utilisait pour couper les feuilles mortes de ses plantes.

" Lydia est partie, même si je suis plus que satisfaite de l'état de ce Dispensaire, j'aimerai y ajouter quelques corrections. Tout d'abord, Timur sera élevé au rang de Boucher lui aussi. Il a cependant encore beaucoup à apprendre et ces vous deux qui allaient vous charger de l'élever à vos connaissances. Woltar se chargera de l'alchimie et toi, Ellyan, tu seras chargé de tout ce qui concerne l'anatomie et les instruments adaptés. Vous êtes tous deux responsables de lui. "

Woltar ne dit rien, il croisa les bras, bombant le torse et inspira profondément sans adresser un seul regard à Timur. Le jeune garçon se tenait à côté de Katalina, les joues empourprées de fierté à l'idée de grimper du galon aussi vite mais dans sa naïveté, il ne se rendit nullement compte que cela pouvait cacher quelque chose d'autre.

" Vous aurez de nouvelles tâches en temps et en heure. J'ai toutefois une petite requête. " Dit-elle en achevant sa phrase par un clic métallique de ciseau sur une plante dont Ellyan ne connaissait pas le nom.
" Je voudrais un cadavre, un homme enterré il y a une semaine dans la fosse. Un ancien de nos espions, il avait des renseignements sur un gang des docks. J'ai de bonnes raisons de croire qu'il a encore cette information sur lui, il aurait pu l'avaler ou bien la conserver quelque part. Je pense que ça mérite le coup d'oeil. "

Elle rangea les ciseaux et observa tour à tour les trois hommes du Dispensaire.
" Certes ce n'est pas une mission de rêve, mais elle demande une certaine discrétion et un minimum de jugeote. "

Levant un sourcil interrogé, la jeune femme attendait certainement que l'un des trois se désigne, faute de quoi, ce serait à elle de trancher.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Jeu 2 Fév 2017 00:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Comment monter en grade ?


La porte de ma chambre se ferme dans un grincement sinistre et je profite de la fascination du bougre pour épousseter mon masque. Son regard suit les lignes difformes de mon visage jusqu'à ce que je décide de l'interrompre en enfilant le costume qui me sied si bien. L’œillade sévère que je lui renvois lui fait parfaitement comprendre que mon temps n'est pas à perdre, aussi se met-il en marche vers les appartements de la Murène. Je le suis avec un temps de retard, rajustant les dernières lanières de cuir sous mon menton. La puissante odeur de sueur et de renfermé de la jute m'envahit les narines, rappel de la montagne de travail qui m'a assailli ces derniers temps.

(Aucun moment pour mes recherches ou pour travailler dans les sous-sols. Trop de cadavres intéressants passent par la trappe sans que je puisse les étudier.)

L'escorte se poursuit dans les escaliers menant dans le hall principal où règne une ambiance plus assidu que d'ordinaire. De nombreux lits sont occupés par des malades de tous types, allant du coup de poignard dans l'épaule à la jambe à moitié déchirée. Sous l'allure d'un véritable temple de la guérison, le personnel du Dispensaire s'active dans tous les sens, répartissant le travail d'une façon parfaitement optimale. Tant de professionnalisme me ramène vite à la Murène fraîchement arrivée, imposant certainement davantage de rigueur que sa prédécesseur. Sans s'attarder, le guide emprunte les escaliers vers l'étage supérieur avant de tourner dans le couloir des responsables où se trouve l'antre de Woltar et les nouveaux appartements de la Murène. Une douce quoique inattendue odeur florale émane de la porte en bout de chemin comme un appât pour les insectes de la Caste. Notre voyage se termine lorsque la porte s'ouvre et c'est sans surprise que je découvre la séductrice occupant désormais la place de sa collègue. Sans s'annoncer, le balourd me tient la porte et m'incite à rentrer par un regard fixe dans ma direction. Mes premiers pas dans ce qui ressemble à une serre se conclut par le cliquetis métallique de la serrure qui se ferme, laissant mon guide repartir vers les étages inférieurs.

Mon regard se perd dans la pièce, significativement transformée par Katalina. Les affaires de la Lydia maintenant disparues, de nombreuses plantes et fleurs souvent exotiques jonchent les meubles et étagères. Agissant comme une jardinière des plus dévouée à la tâche, la Murène ne me prête qu'une brève attention avant de se remettre au travail, dévoilant ses talents pour manier les cisailles. Au travers de mon masque, une odeur familière m'emplit les narines et je reconnais là une fleur de Datura, joliment plantée dans un pot en terre cuite. La nature des loisirs de Katalina m'apparaît alors comme une évidence, l'empoisonnement se mariant si bien à sa personnalité dominatrice. Ce n'est que maintenant que je repère deux gaillards aux côtés de Woltar et Timur dans un coin de la pièce. Si la présence du premier ne m'étonne guère, celle du gamin me surprend dans la mesure où sa mère adoptive n'est plus là pour le protéger. Près d'eux, l'étrange fou menotté murmure seul en fixant le mur à la recherche de sa lucidité perdue. Tout ce petit monde est réuni dans le bureau de la patronne sans même connaître la raison de leur appel.

"Vous m'avez fait demander ?"

Sur ces mots, la Murène prend la parole sans nous regarder, laissant nos yeux se satisfaire du spectacle botanique. Elle annonce le départ définitif de la Lydia et sa nouvelle prise de fonction du Dispensaire tout en complimentant le travail de sa collègue. Cependant, chose parfaitement logique, la femme fatale semble vouloir assurer son emprise sur cet endroit et en changer quelques règles, applicables à l'instant-même. Aussi, c'est avec une certaine surprise que j'apprends la promotion de Timur au poste de Boucher, nouvelle que je prends d'abord comme une insulte à mon travail. La nécessité de le rendre aussi utile que possible nous est confiée à moi et Woltar, répartissant les domaines d'apprentissages entre nous deux.

Si l'apothicaire reste silencieux, sa réaction semble plus l'ennuyer qu'il ne veut le faire paraître. Mais après réflexion, l'annonce me paraît juste. Le gamin ne traînera plus autant dans mes pattes et la possibilité de le refourguer à quelqu'un d'autre me tire un sourire que je ne cache pas. Et si ce dernier retient sa joie entre ses joues écarlates, il ne semble pas comprendre dans quel monde il s'apprête à rentrer. Mon parcours depuis mon entrée dans la Caste défile dans mon esprit tandis que je fixe la frêle carcasse de mon apprenti, petite souris dans un monde cruel.

La nouvelle assimilée, je laisse le silence s'installer de lui-même. Les deux balourds qui entourent Woltar et Timur se regardent, ne comprenant pas s'ils doivent ou non les raccompagner dans leurs appartements respectifs. Dans un grommellement que je suis le seul à comprendre, je mouline légèrement mon épaule pour tenter d'y retrouver une sensation et surtout pour m'occuper. L'alchimiste, bras croisés et yeux mi-clos, semble lui aussi comprendre que Katalina a autre chose à nous dire. Dans un dernier cliquetis métallique, la Murène prévoit de nouveaux emplois du temps en cours de préparation, avant de contenter la curiosité de ses deux Bouchers.

(Une requête... Comme je m'y attendais.)

Et la mission se dévoile. Elle veut un homme, déjà mort. Où plutôt ce qu'il en reste. Le bougre semble avoir été enterré avec une poignée d'informations sur un gang des Docks. Rien ne me dit s'il s'agit d'alliés ou d'ennemis de la Caste, mais la Murène reste fidèle à sa réputation, disposée à toujours avoir quelque chose à utiliser contre les autres. Quoi qu'il en soit, elle nous envoie fureter. Mais la vraie question se pose. Qu'il s'agisse de moi, Woltar ou le nouveau Boucher, aucun d'entre nous ne sait vraiment qui sera choisi pour remplir cette mission. Et je peux déjà deviner à la mine sévère de l'apothicaire qu'il n'a aucune envie de tremper sa belle tunique dans une fosse à cadavres.

(Je n'y suis allé qu'une seule fois. Des tunnels crasseux, remplis des pires déchets de la cité. Un mélange de vomi de dockers et de sang de traînées qui remonte jusqu'aux genoux. Un labyrinthe trop long pour s'y fier, un plafond trop bas pour se lever et le noir complet.)

Katalina conclut, consciente qu'il ne serait pas possible d'y envoyer n'importe qui. J'entends par là qu'il est évident de ne pas choisir Timur, capable de mourir avant même d'y rentrer le pied. Son regard inquisiteur se pose tour à tour sur son découpeur de cadavres et son mélangeur de potions, l'air de nous dire qu'il va falloir se décider. Maintenant.

Le gamin s'abstient, conscient qu'il n'a pas le niveau pour remplir la mission. De son côté, Woltar se contente d'un nouveau soupir, jaugeant certainement si son temps libre lui permet de se libérer suffisamment longtemps. L'occasion se présente et c'est brusquement que je m'avance d'un pas, prêt à formuler ma propre requête.

"Vous avez besoin d'un chien ? Qu'importe, je m'en charge. Mais je vois que vous souhaitez que certaines choses changent, ici. Moi aussi. Je veux mes propres appartements à l'étage. Un vrai repaire pour y travailler et me reposer, loin de la crasse des sous-sols."

Mes yeux glissent sur la silhouette tendue de l'alchimiste, toujours muet depuis son arrivée. Je peux sentir la pointe de colère qui le taquine lorsque nos regards se croisent, défiant la moindre autorité qu'il pense avoir sur moi.

"Après tout, je suis un Boucher, comme lui..."

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Lun 13 Mar 2017 07:54, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mar 7 Fév 2017 21:38 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Intervention pour Ellyan Crow



Voyant qu'aucun des trois hommes ne semblait se décider, Katalina alla s'installer dans le fauteuil de bois derrière le comptoir où étaient disposées toutes ses fleurs. Elle grattait du bout du doigt l'angle de son accoudoir tandis qu'elle s'enfonçais peu à peu jusqu'à trouver l'assise parfaite. Observant tour à tour les hommes devant elle, son regard se figea sur Ellyan lorsqu'il avança et se porta volontaire pour cette mission, avec toute la délicatesse dont il était capable. Cependant, il ne s'arrêta pas là, il continua à exposer les besoins de son confort, le besoin de quitter les sous-sol et le Couloir du Dispensaire.

Katalina l'observa méticuleusement, son odeur commençait peu à peu à prendre le dessus sur les embruns de terre et de pollen, ces trois hommes négligeaient visiblement la toilette élémentaire et valait-il peut-être mieux qu'en effet, ils puissent avoir de plus grands appartements afin de pouvoir travailler loin sans la déranger.

Elle inclina doucement la tête et ajouta :
" Je sais qu'il y a quelques chambres à côté du dispensaire, elles sont assez délabrées mais vous devriez pouvoir vous y établir tous les trois, avec le reste du personnel qui n'occupera plus ces lieux. "

Elle marqua un petit silence, témoin de la légère discorde qui venait de s'établir entre Woltar et Ellyan et ajouta tout sourire.
" En fait, je pense que Woltar pourrait même commencer à s'y installer pendant que toi, Ellyan, tu iras satisfaire ma demande. Timur restera pour aider Woltar à ramener le matériel. Et vous passerez par la Cour intérieure, hors de question qu'on vous voie vous promener dans la rue. "

Elle quitta le trio des yeux et fit un petit signe de la main, invitant tout le monde à partir tandis qu'un garde en noir ouvrait la porte.

" Celui que tu cherches a disparu après avoir été chargé de trouver des informations sur un petit groupe de marins qui se terrent dans les docks. Je ne sais pas ce qu'il a pu trouver, s'il est mort de la main des marins ou d'autres. Toutefois, quand on ne veut pas éveille les soupçons de la garde, les gens ont tendance à enterrer les corps dans la fosse. Tu peux y accéder par les égouts, ça serait préférable pour ne pas te faire voir mais pour le reste, tu as le champ libre. Allez, sortez. "

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Lun 20 Fév 2017 00:35 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Ellyan Crow, chien des Murènes


Une lueur de défi dans le regard, je cherche les yeux de Woltar qui reste sourd au message que je souhaite lui faire passer. Cette fois, je veux qu'il comprenne qu'il n'a pas les moyens de se penser supérieur à moi et ce malgré le confort offert par la Lydia. Si une nouvelle Murène dirige cet endroit, à moi d'en profiter et de me glisser dans ses beaux papiers, n'en déplaise à ce bouffeur de fumier.

(Me voilà à guerroyer pour monter de grade... J'espère que ça va en valoir la peine.)

Visiblement, Katalina ne porte que peu d’intérêt à ce qu'il se passe, occupée à trouver une position confortable dans son siège. Le crissement de son ongle sur le bois m'irrite un instant et c'est finalement la main dansante qu'elle me regarde droit derrière le masque. Sa réponse à ma question reste partielle, préférant voir l'intégralité de son équipe de Bouchers crécher autre part que dans la bâtiment principal. Je soulève un sourcil lorsque qu'elle parle de déplacer l'ensemble du personnel dans ses nouveaux dortoirs, ne comprenant pas ce qu'elle cherche à accomplir par là.

(Le Dispensaire va t-il en rester un ? Qu'importe... Tant qu'on me fout la paix.)

Sur cette lancée, la Murène ne laisse pas mon collègue démuni de travail, lui proposant même l'aide de Timur pour déplacer ses appartements. La nouvelle me tire un sourire, satisfait de connaître une amélioration de mon lieu de vie au détriment du sien. La hiérarchie semble être un point clé pour Katalina, déterminée à ramener notre équipe à un pied d'égalité. Le regard noir de l'alchimiste suffit à exprimer son mécontentement malgré l'absence de paroles, certainement occupé à maugréer contre moi. Qu'importe, je m'y intéresserais à mon retour de mission.

Prêt à partir, je me dirige vers la porte derrière les deux gaillards, désormais visible au delà de leurs épaules. Conservant une oreille attentive, j'écoute ses informations au sujet de sa requête peu conventionnelle. Ma cible espionnait un groupe de vauriens près du Port, avant de se faire jeter dans la Fosse. L'enquête démarre donc avec une piste pour le moins médiocre, mais je m'y habitue facilement depuis mon arrivée chez les Murènes. Sur ces mots, je quitte la pièce vers mes appartements, prêt à me déguiser plus subtilement avant de partir à la recherche de l'os jeté par Katalina. Au même moment, la main de Timur me retient le bras et m'arrache un regard aussi mauvais que possible, l'incitant à me lâcher dans la seconde. Sa voix de gamin prend le relais alors qu'il me bredouille quelques mots à l'oreille, préférant garder notre échange discret.

"Je... Vous trouverez quelqu'un susceptible de vous aider à la Taverne du Paladin, Maître Ellyan."

Son aide me surprend, mais c'est davantage l'endroit choisi qui retient mon attention.

"Imbécile. J'y ai fait vomir ses tripes à ma dernière cible hier encore. Pourquoi là-bas ?"

Son visage s'éveille dans un flash de lucidité et c'est un véritable flot de bégaiements qui s'échappe de ses lèvres tremblantes.

"Ce...Ce n'est pas ma décision ! Yariss, l'ancien espion de ma mère, vous suit depuis votre arrivée et c'est lui qui..."

"Attends... Un espion ?! SUR MON DOS ?!"

Aussitôt muet, Timur se cache la bouche de ses mains, retenant le reste des secrets pour lui. La détresse du mioche ne m'arrache aucune pitié et c'est d'un mouvement brusque que je l'attrape par la manche pour le guider dans le couloir qui mène jusqu'au Hall principal. S'il parvient à se défaire de mon emprise dans les escaliers, il reste docile et me suit jusqu'à l'étage inférieur sans dire un mot, parfaitement conscient de ce qui m'oblige à passer mes nerfs sur lui.

"On me file à chacune de mes missions depuis mon entrée chez les Murènes et tu étais au courant ?! Laisse-moi te dire une chose, mange-merde. JE DÉTESTE ÊTRE SUIVI COMME UN CHIEN, TU M'ENTENDS ?!"

Les yeux aux bords des larmes, le chiard regarde ses pieds, conscient d'avoir trop ouvert la bouche. L'ambiance se berce de ma respiration saccadée, crachant parfois dans l'air la poussière retenue derrière mon masque. La faible lumière du couloir voile une partie de son visage dépité et c'est au son de ma voix qu'il relève doucement la tête, l'air coupable.

"Dis-moi à quoi ressemble ton espion et fous-moi le camp. Je ne veux plus voir ta sale gueule me tourner autour. Ne compte pas sur moi pour m'occuper de ta formation, tu peux supplier l'autre Boucher."

Le visage grave, Timur se mord la lèvre inférieure et me décrit brièvement l'apparence de son contact avant de repartir sans un mot. Je le regarde partir en traînant des pieds avant de m'enfermer dans mes appartements, persuadé qu'ils gagneront en cachet au terme de cette mission.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Lun 13 Mar 2017 09:04, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Dim 12 Mar 2017 18:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Nouvelle tâche


A ma grande surprise, le voyage jusqu'au Dispensaire se déroule sans le moindre soucis. Bien plus aiguillé que moi sur les raccourcis de la cité, Yariss a optimisé le voyage d'une telle manière qu'il pourrait parfaitement se rendre d'un point A à un point B de la ville aussi silencieusement qu'une ombre. Pour l'heure, je refuse une nouvelle fois son épaule alors que nous arrivons dans l'allée du repaire, vide de monde comme à son habitude. Les lumières violettes des lampadaires indiquent toujours l'entrée de l'hôpital de fortune, me rappelant que la plupart des clients qui viennent s'y faire soigner finissent souvent dans mon Couloir. Après un coup d’œil rapide aux deux extrémités de la ruelle, Yariss ouvre l'accès à la cour intérieure, là où sont supposés être situés les nouveaux appartements du personnel. En bon guide, l'espion m'indique sans un mot les escaliers près du mur intérieur avant de continuer avec moi jusque dans mon nouveau foyer. L'accès à l'étage est rapide et nous arrivons au milieu d'un petit couloir surplombé de quelques portes en beau bois.

Yariss ouvre celle la plus à gauche et me fait découvrir ce que je peux désormais appeler "mon Chez Moi". Bien plus grande que ma cellule dans les sous-sols, mon logement se compte désormais en deux pièces; l'une pour vivre, l'autre pour dormir. Deux volets ouverts qui donnent sur la cour et la rue du Dispensaire, une étagère presque vide dans laquelle est rangé mon journal, une table simple couverte de rations pour plusieurs jours et trois chaises bancales. La décoration, sobre mais de bon goût, se compose de quelques lanternes allumées ici et là dans la pièce, d'un tapis usé en peaux de bêtes, un pot d'herbes fanées pour embaumer l'air ambiant et d'un nécessaire de calligraphie rangé près de la chambre. Le sourire aux lèvres, je me satisfait du cadeau de Katalina, visiblement engagée dans les promesses tenues.

(A moi d'honorer la mienne...)

Sans perdre de temps, l'espion ouvre la porte de ma chambre et s'approche ensuite d'une autre lanterne à huile qu'il commence à manipuler. De mon côté, je m'installe en quinconce sur le lit et ferme les yeux un instant, appréciant la douceur des draps sur ma peau abîmée. La jambe blessée tendue, je me débarrasse de mon déguisement pour ne garder que les vêtements sous la ceinture, incapable de me plier suffisamment pour l'instant. La pièce se remplit soudainement d'une lumière jaune et Yariss se tourne vers moi pour fixer la plaie suintante de ma cuisse avant de héler le nom de mon ancien assistant.

"TIMUR !"

L'instant d'après, la silhouette du mioche dépasse de la porte, les lèvres pincées par la gêne et la honte. Son regard capte le mien quelques secondes, duquel il glisse vite vers celui de l'espion à mes côtés.

"Laisse Woltar se débrouiller seul avec le déménagement pour l'instant. Va chercher ta sacoche et occupe toi de ses blessures."

Les escaliers grondent de la course de Timur et j'entends la porte du rez-de-chaussée claquer, me laissant seul à nouveau avec le limier des Murènes. Ce dernier part chercher l'une des chaises dans l'autre pièce avant de s'installer non loin de la lanterne, le visage aussi sévère que d'ordinaire.

"Te voilà sauvé, Boucher. Tu vas pouvoir m'écouter attentivement, parce que je ne me répéterais pas."

Le bougre sort de sa poche une pipe en bois qu'il commence à bourrer d'un mélange d'herbes et d'épices. L'odeur me pique jusqu'à l'intérieur des nasaux, mais je patiente comme un gosse attend une histoire.

"Je te connais depuis ton entrée chez les Murènes. Dame Lydia m'a demandé de veiller à ce que tu ne quittes pas la ville après tes premiers ordres, aussi ais-je respecté sa demande. Je te l'ai expliqué plus tôt, c'est une procédure classique pour les nouvelles recrues de la Caste. Tu es désormais grimpé jusqu'au rang de Boucher, prouvant à plusieurs reprises que tu es l'un des nôtres. La découverte et l'arrestation de la traîtresse Fira, puis l'assassinat de Lotric Banel."

Le doigt qui rembourre sa pipe à tabac s'allume, dévoilant la nature surhumaine des capacités de Yariss. Le phénomène m'arrache un hoquet de stupeur que l'espion repère aussitôt. Tirant sur son calumet, il relâche dans l'air une fumée trop blanche pour être classique et m'observe en passant la main dans sa barbe.

"Tu cherches des réponses à des questions qui ne se posent même pas. Comment penses-tu être venu à bout de ce gros porc dans les abattoirs ? Tu l'as tué sans arme et sans poison, par la seule force de ton esprit. N'est-ce pas là une preuve que tu es déjà ce que tu souhaites tant devenir ?"

"Je ne comprends pas ce que tu essaies de me dire, limier..."

"Interroges-toi là-dessus. Je suis persuadé que tes capacités latentes ont un lien avec ta gueule d'amour."

Le bruit de pas des escaliers résonne à nouveau et Timur apparaît dans la pièce, bandages et fioles à la main. Sans un mot, il attrape une autre chaise de la pièce et cale ma jambe dessus en m'arrachant un reniflement de douleur auquel il répond avec hâte.

"Pardon ! Excusez-moi..."

Le gamin s’attelle à la tâche et je reprends la parole pour signaler à mon interlocuteur que je suis prêt à l'écouter de nouveau.

"Tout cela ne m'explique pas ce que tu veux. Pourquoi m'avoir donné rendez-vous dans la Taverne ? Et quelle est cette "aide" que tu te vantes de pouvoir m'apporter ?"

Tirant une nouvelle fois sur sa pipe, Yariss observe Timur faire quelques secondes et reprend après avoir embaumé la pièce une nouvelle fois.

"Une simple boutade de ma part, je savais que tu ne pourrais pas refuser mon invitation. Quoi qu'il en soit, j'ai eu vent de la nouvelle mission que t'a confiée Katalina; un cadavre à retrouver dans les égouts de la ville. C'était un collègue qui s'est fait tué dans une mission trop difficile pour lui. J'aurais besoin que tu récupères, en parallèle des informations que t'as demandée la Murène, sa bague de fiançailles."

La demande m'étonne légèrement, moi qui voyais en cet homme l'outil parfait de la Caste.

"Qu'es-ce que tu vas foutre d'une telle chose ? L'organisation ne te paye pas assez pour en acheter une ?"

"Hahaha ! Mon salaire ne se compte pas avec des Yus, Gueule-de-Mort. Pour faire court, je baise sa femme depuis qu'il l'a demandée en mariage. Mais dernièrement, elle refuse d'ouvrir les jambes sans nouvelles de son "futur mari". J'ai juste besoin que tu me ramènes la bague pour qu'elle comprenne que cette putain est à moi, désormais."

L'originalité de la mission m'amuse, mais je ne compte pas faire le chien pour toute la Caste, surtout pour ce genre de basse-besogne.

"Et qu'est-ce que j'y gagne ?"

"Ma reconnaissance, pour commencer. Mais je sais parfaitement que c'est peu de choses à tes yeux. Laisse-moi plutôt te donner quelques indications concernant ta mission. Tu recherches le corps d'un espion de la Caste appelé Larkadh. Il avait été envoyé près du Port pour récolter des informations sur une organisation naissante et semblable à la nôtre. "Noir-Plaisir" ? "Noir-Désir" ? Je ne me souviens plus... Quoi qu'il en soit, Larkadh est parvenu à leur voler un artefact, une sorte de bijou infusé de Magie noire que vénèrent beaucoup d'adeptes des Temples des Dieux Sombres. Je suis persuadé qu'il sera un atout de taille pour l'organisation si tu parviens à mettre la main dessus."

"Pourquoi ne pas le récupérer toi-même, s'il est aussi précieux que tu le dis ?"

Ma question le fait pouffer, mais j'attend toujours une réponse, arborant désormais le même masque de sérieux que lui.

"Tu comprendras bien assez vite que posséder ce genre d'objet a aussi ses inconvénients. Si tu souhaites révéler à la lumière du jour un artefact oublié, tu seras bientôt la cible des assassins et autres trancheurs de gorges. L'avantage, c'est que les pires d'entres eux travaillent pour la Caste..."

La demande de Yariss reste confuse, mais j'en saisis les grandes lignes. Sa proposition ne me demande pas plus de travail et je peux désormais commencer mes recherches avec davantage d'indications. Toujours aux petits soins de Timur, j'acquiesce à l'espion qui remplit son visage d'un sourire satisfait.

"Très bien... Si j'y gagne ma part, alors autant faire d'une pierre deux coups. J'accepte..."

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Sam 29 Juil 2017 17:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Premiers essais


Mes paupières s'ouvrent contre ma volonté alors que le clocher annonce l'heure du déjeuner. Dans un grommellement qui traduit ma paresse, je renonce à quitter les draps de mon lit et me perd dans des pensées pour la plupart incompréhensibles. Une fois la tête suffisamment secoué, je pose mes pieds nus et abîmés sur le parquet et m'étire à la lumière pénétrant à travers les volets.

(Humpf... Bordel, déjà le milieu de la journée.)

Les nouveaux vêtements apportés par Timur, dénués de l'odeur du sang et de crasse, glisse sur mon corps endolori par une nuit agité. Pourtant, pas de cauchemars ou de réveil en sursaut. Quant au lit, il est pourtant doux et agréable. Il n'empêche qu'une douleur éphémère remonte continuellement du bas de mon dos jusqu'à mes épaules, accentuant la mauvaise humeur du réveil. Accompagnant mes gestes de soupirs, je finis de m'habiller et vérifie le contenu de ma sacoche avant de quitter ma chambre en direction du réfectoire.

Une journée ensoleillée, comme pour m'inciter à me promener et profiter de l'air frais. Et pourtant, la Milice n'a aucunement abandonnée les recherches à mon sujet. Les gardes corrompus ralliés aux Murènes détournent souvent les patrouilles de cet endroit, mais à leurs dires, mon avis de recherche reste en service. Qu'importe, je n'ai pas l'intention de quitter le Dispensaire avant quelques jours. Là, je reprendrais ma mission d'après les informations récupérées auprès de Yariss. Pour l'heure, je dois me remplir l'estomac et le réfectoire se remplit progressivement. Je dépasse la file d'attente qui se forme au détriment des regards et messes basses à mon sujet et remplit mon plateau avant de rejoindre une table vide. Voilà quelques temps que je ne me suis pas mêlé au personnel du Dispensaire. Toujours aussi répugnants d’imbécillité et suffisance, semble t-il. Le repas s'avale rapidement et mes pas me ramènent dans ma chambre, là où mes expériences progressent peu à peu.

(Bien, reprenons. J'espère des résultats plus concrets, aujourd'hui.)

Volets fermés, bougies et torches éteintes, je m'assoie sur le lit et m’imprègne du silence qui règne dans les ténèbres. Mes paupières se ferment, accompagnant ma respiration qui résonne d'une sonorité presque musicale. Je tente de vider ma tête, faisant peu fi des quelques restes de pensées sans intérêt. Cependant, je commence toujours cette expérience par une pointe d'ironisme qui facilite ma concentration par la suite.

(Quand je pense que je n'ai jamais pu blairer ces bouffeurs de fumiers qui se disent mages ou je-ne-sais-quoi. Et voilà que je me retrouve assis sur mon lit à fouiller mon corps à la recherche d'une quelconque trace de Magie.)

Qu'importe. Les progrès sont notables depuis que je m'exerce dans le noir complet. Je parviens à ressentir des choses que je serais incapable de voir ou d'entendre il y a de ça quelques semaines. Rien qu'en fermant les yeux, je visualise mon corps comme un moyen de matérialiser ces...choses. Je vais appeler ça de l'énergie, ça ira pour l'instant. Dans mes veines coule un sang qui n'a plus rien d'humain, du moins partiellement. Mes exercices restent cependant basiques, mais révélateurs de nombreux résultats. Tout d'abord, je tente d'isoler les sensations de mon corps. Douleur étrange, picotement, sensation de toucher et peau sensible, quelque chose en moi cherche à quitter cette prison de chair. Il ne me faut qu'une seconde pour ouvrir les portes à cette énergie et la laisser m'envahir, me gorger d'un sentiment de puissance et d'invincibilité.

"Fascinant. J'ai encore du mal à m'y faire."

Le résultat est aussi surprenant qu'attendu après tout ce temps passé à m'entraîner. Lors de mes recherches, je sais systématiquement si je me dirige dans la bonne direction. Le reste n'est qu'une question de temps. Malgré tout, je parviens désormais à laisser couler ce pouvoir en moi et ce à ma guise. La phase de concentration peut encore être optimisée, mais chaque chose en son temps. Pour l'heure, je dois faire quelque chose de cette énergie et j'ai déjà une idée en tête. Lors d'une ancienne mission pour les Murènes, j'ai étranglé un gros porc de presque cent-vingt kilos sans les mains. Voyons si je suis capable de reproduire ce phénomène. Instinctivement, j'allume l'une des bougies à mes côtés pour distinguer les ombres sur le sol. La lueur artificielle m'éblouie un court instant, mais mes yeux s'y habituent rapidement. Je laisse mon esprit s'imprégner des souvenirs de cette nuit, de l'état dans lequel je me trouvais et surtout des sensations ressenties à cet instant.

(J'avais froid et j'étais mal en point. Tout ce dont je me souviens, c'est que j'ai vraiment voulu le tuer à cet instant, même si mon corps en était incapable. Peut-être qu'en voyant cette énergie comme une prolongation de ma main, il se passerait quelque chose.)

Sans perdre de temps, je profite de la colère et de l'incompréhension que me ressasse ce souvenir. Les yeux rivés sur ma main droite, je concentre toute ma volonté sur une possible manipulation de son ombre. Mes yeux se désorbitent presque, mais rien de surnaturel ne survient et quelques tentatives plus tard, c'est la frustration qui s'éveille.

"Bordel de merde ! Je ne comprends pas. Ou est-ce que je m'y prends mal ?"

Un plan se construit peu à peu dans ma tête et je cesse toute expérience pour tenter d'y voir plus clair. Puiser dans cette énergie ne doit pas être très difficile, mais comment utiliser cette manifestation de ma volonté sans que cette dernière soit réelle ?

(Il me faut une proie, un sujet sur lequel expérimenter tout ça...)

Sans un mot, j'attrape ma sacoche et quitte ma chambre en direction du Dispensaire, la tête pleine d'idées et de scénarios en tout genre. Il est temps de se mettre au travail.

-----------------------------

(((Apprentissage de "Main Sombre" = 1/3)))

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 1 Sep 2017 15:53, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mar 1 Aoû 2017 00:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Cobaye récalcitrant


(RP au contenu violent, pensez-y !)

La porte du Couloir s'ouvre en grinçant son habituelle mélodie dramatique, mixant l'effroi et l'atrocité qui caractérisent ce lieu. Je connais cet endroit comme si j'y avais toujours vécu, humant agréablement l'air vicié et nauséabond. Le tintement métallique du trousseau de clefs résonne dans l'escalier, suivi d'un bruit sourd qui condamne quiconque se trouve déjà en bas. Une fois la porte correctement fermée, j'emprunte les marches en attrapant une torche sur le mur et éclaire ma descente risquée sur cette pente recouverte d'une mousse glissante comme du vomi. En bas, les chuchotements terrorisés et la respiration des malades se fait déjà entendre dans le corridor que j'arpente le visage vide de toute expression. En quelques pas, j'atteins ma destination. Visiblement alertes, les voix de l'autre côté de la porte se turent instantanément, ne laissant dans l'air que le parfum de la peur et de la terreur. D'humeur joueuse, je déverrouille lentement le loquet et ouvre brusquement la porte sur un groupe d'hommes et de femmes assis dans les angles d'une pièce où règne le noir complet. L'odeur de la maladie y est si puissante qu'il me fait tourner la tête un court moment avant de reprendre mes esprits. La lumière semble les éblouir tandis que je fais quelques pas à l'intérieur, provoquant une retraite inutile des occupants vers les coins des murs. Sans dire un mot, j'observe la population et détermine mes critères de sélection, non sans me réjouir de l'utilité de cet endroit.

(Quelle chance que le Dispensaire garde certains spécimens pour l'entraînement des guérisseurs. Je peux bien me servir pour une petite expérience personnelle. Après tout, c'est mon travail...)

Huit personnes, environ. Deux vomissant leurs tripes, trois porteurs de la Peste noire et trois autres lépreux. Mon regard se promène au bruit des suppliques silencieuses de certains et des prières maladroites des autres. Finalement, je m'approche de l'un des malades de la Peste et l'attrape par le bras alors qu'il comprend la destinée qui l'attend. Un brin costaud, mais ça ira. Il vaut mieux qu'il ai une bonne constitution, je n'ai pas pour habitude de ménager mes sujets. Alors que je le tire vers la sortie, la pièce résonne de ses cris de terreurs et des requêtes en tout genre.

"Pitié ! PITIE ! JE VOUS EN SUPPLIE, PAS MOI ! JE NE VEUX PAS MOURIR !"

Je force sur ma prise et le jette hors de la cellule avant de m'empresser de refermer le loquet. L'instant d'après, je pose les yeux dans le vide et regarde autour de moi sans réellement m'inquiéter. Le bougre tente de s'enfuir sans savoir où aller et se dirige de lui même vers la table d'opération.

(Quel coquebert. Je n'aurais pas à le tirer jusque là bas, on dirait.)

Je me dirige avec tout le calme du monde vers mon lieu de travail, m'orientant en direction des bruyants essoufflement du malade en fuite. Tandis que j'arrive à peine sur les lieux, je le repère en pleine panique, occupé à fouiller frénétiquement la pièce à la recherche de clefs, d'une arme ou d'une sortie en crachant ses poumons à un rythme irrégulier. Sa recherche se stoppe soudainement lorsque je referme la grille métallique derrière moi, signalant par la même occasion qu'il ne lui reste plus d'issue possible. Son visage blême se teinte d'une pâleur sans nom et s'humidifie de sueur, de larmes et de salive alors qu'il empoigne le mortier d'un nécessaire d'apothicaire adjacent. Je retire mon masque, jouant sur l'intimidation pour faciliter la lutte que je juge bientôt inévitable.

"Erf. Je n'avais pas prévu de résistance, tu sais ? En général, vous êtes suffisamment crevés dans cette cellule pour ne vous réveiller qu'à la première incision. Il a fallu que je tombe sur un récalcitrant, c'est bien ma veine..."

Aux aguets comme un loup pris en tenaille, le fuyard jette de rapides coups d’œils autour de lui avant de me répondre.

"TA-TA GUEULE ! Vous tuez des gens ici, c'est ça ?! Hein ?! Vous-vous faites des trucs de tarés sur nous, hein ?! RÉPONDS-MOI, PUTAIN !"

Ma main glisse sur ma nuque tandis que je relâche un soupir. La situation se complique et il m'est impossible d'aller chercher des bras supplémentaires pour l'attacher sur la table sans qu'il ne tente de me tuer. Une fois encore, il semble que je doive me débrouiller tout seul. Ni une, ni deux, je ne perds pas de temps en parlotte et fonce sur le bougre pour le plaquer au sol. Mon but n'est pas de le tuer, mais de l'assommer ou de le maîtriser suffisamment longtemps pour l'attacher aux sangles de la table d'opération. Son but à lui, cependant, est loin d'être le même que le mien et il me le fait comprendre en s'enfuyant derrière l'une des tables, bras armé prêt à frapper. Un vif passage à gauche et le gaillard s'esquive dans le sens inverse, gardant une bonne distance entre mes doigts crochus et son corps parcouru de plaques noires.

Il ne suffit que de quelques instants pour que ce petit jeu me tape sur les nerfs. Dans un grondement de colère, je saute par dessus la table et tombe sur le pesteux qui recule de quelques pas maladroits. Ses pieds s'emmêlent et dans une chute qui traduit parfaitement sa maladresse, sa main s'accroche à un drap qui arrose nos deux corps de plusieurs ciseaux et lames soigneusement aiguisées et nettoyées. Une chance pour lui, aucune pour moi. La pluie tranchante épargne le bougre et m'entaille le cou, ouvrant une plaie qui ne cesse de déverser sur le sol crasseux le sang d'un bourreau malchanceux. La blessure m'oblige à presser sur la plaie de mes mains et de m'entailler les lèvres avec les dents pour contenir quelques cris de douleur. Attrapant l'opportunité qui s'offre à lui, le pesteux se relève avec la même hâte et la même maladresse, observant le spectacle quelques secondes. L'instant d'après, il profite de mon manque de vigilance pour me ruer de coups de pieds dans l'estomac. Mon bras me protège partiellement et m’évite quelques côtes cassées, mais la douleur reprend à chacune de ses frappes.

"ENFOIRÉ ! PU-TAIN D'EN-FOI-RÉ !"

Ma position ne me permet ni de riposter, ni de me relever et je laisse libre court à sa colère en crachant un mélange de salive et de sang sur le sol. Son moment de rage, qui me semble interminable, finit par le fatiguer et l'oblige à reprendre son souffle un court instant. Je profite de ce répit pour recouvrer mes esprits et réajuster ma vue qui commence à se brouiller. Ma joue frotte sur la pierre alors que je fixe ses jambes en joignant à sa respiration saccadée des gémissements de douleur. Visiblement remis, le costaud me relance son pied au visage sans la même fougue qu'auparavant, ne s'attendant visiblement pas à une réaction de ma part. Dans un moment de vivacité, je stoppe son coup de mes mains et agrippe fermement son membre entre mes doigts ensanglantés. La panique le gagne et alors qu'il tente de se dégager inutilement, je plante férocement mes dents dans la chair de sa jambe. La morsure se prolonge jusqu'au muscle derrière le tibia et c'est dans un élan de rage que j'arrache la viande encore tremblante de son membre. Hurlant de douleur, il n'en faut pas plus pour que le pesteux perde ses appuis et ne s'effondre à terre. Je profite de sa chute pour grimper sur son corps, faisant peu fi de la désagréable sensation qui démange mon cou ensanglanté. Terrorisé, son bras s'agite et frappe l'air aléatoirement, parvenant même à me taper sur le crâne. Sonné, je parviens tout de même à continuer mon ascension et bloque son membre en serrant fort son poignet. Le mortier tombe finalement au sol et le combat tourne progressivement à mon avantage alors que son visage ruisselle de larmes d'impuissance. Sans dire un mot, je résiste à ses tentatives de dégagements infructueuses et le cogne dans la mâchoire à plusieurs reprises, tentant de l'assommer tout en réprimant mon envie de le tuer. Une dent s'envole sur le sol et rebondit plusieurs fois dans une harmonieuse mélodie tandis que le coup suivant le fait sombrer dans l'inconscience, chose que je ne comprends que quelques crochets du droit plus tard.

Exténué, je m'essuie le visage et l'observe un court instant, le visage défoncé et humide de sang et de morve. Il me faut quelques essais pour parvenir à me relever, cherchant mes appuis sur la table renversée pour me stabiliser. Un autre support, indemne, contient de nombreux draps propres et j'attrape l'un d'entre eux pour essuyer le sang de mes mains. Un deuxième me sert à stopper mon hémorragie du cou qui me rapproche lentement mais surement de la perte de conscience. Sans réellement m'inquiéter, je presse la plaie et m'assoie sur un tabouret pour reprendre mes esprits, contemplant le désordre qui règne dans la pièce. Mon regard finit par se poser sur le pesteux allongé à terre, m’arrachant un rire nerveux.

"Tu vas vraiment mériter ce qu'il va t'arriver, mange-merde."

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Dim 20 Aoû 2017 14:28, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 19:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Màj Surprise !

Le silence retomba sur la pièce, le corps étendu du prisonnier gisait au sol maculé d'éclaboussures de sang et d'instruments dispersés ça et là. Le Boucher s'apprêtait à installer sa victime sur la table d'opération lorsque la porte s'ouvrit dans un petit grincement qui ne lui échappa pas. Il n'avait pas cependant entendu la personne descendre les escaliers, probablement encore dans la fièvre du combat, son esprit n'avait pas intercepté les bruits, s'il y en avait eu.

Lorsqu'elle s'ouvrit entièrement, la porte laissa passer Katalina, la Murène des lieux qui se pinçait l'arrête du nez, l'air déjà lassée de la conversation à venir.

" Hm... Tu sais, Lydia m'avait précisé que l'endroit était bruyant à ses heures, cris, hurlement, gémissement mais d'ordinaire ce sont des cris de mourants qui appellent leur mère avant de canner. En revanche, si des bruits de ce genre viennent à s'entendre jusqu'à mon office, où j'espérais être un peu tranquille, et bien on commence à avoir un problème. "

Elle soupira doucement, observant la pièce et le corps étendu au sol, un léger froncement de sourcil se fit remarquer lorsqu'elle inspecta tour à tour la jambe rognée du blessée et le sang qui maculait le visage de son Boucher. Elle secoua la tête d'une certaine désapprobation et ne manqua pas de remarquer derrière ce manque de style la blessure d'Ellyan.

" J'imagine que tu ne vas pas soigner ça tout seul ? " Elle fit un signe de tête invitant le Boucher à s'assoir sur la table. " Et je te cache pas que je n'ai pas recoud quelqu'un depuis... Ca pourrait piquer un peu. "

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Jeu 17 Aoû 2017 22:25 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Le zèle qui dérange


L'esprit clair, mais aux aguets, j'attrape l'inconscient par les aisselles et le soulève non sans constater de son poids, plus important que prévu pour un pesteux privé de nourriture. L'entreprise n'est pas si simple compte tenu de la blessure jaillissante à sa jambe qui dégueulasse déjà les tables et le matériel posé dessus. Dans un ultime effort, je tente de poser son postérieur sur le plan de travail, mais son sang le fait glisser au sol et son poids m'oblige à lâcher ma prise. Le corps de l'inconscient retombe dans un bruit peu ragoutant, suivi presque immédiatement par l'ouverture d'un loquet métallique. Une seconde durant, je pense à celui de la cellule des malades, possiblement mal fermé ou forcé par ses occupants. Mais le bruit de pas régulier qui s'ensuit m'apaise rapidement et m'indique l'identité de l'arrivant. Comme attendu, c'est une Katalina passablement contrarié qui s'avance dans le couloir avec de rentrer dans le local, le nez pincé contre l'odeur de putréfaction qui règne en ces lieux. Sa présence ne m'étonne guère, connaissant plutôt bien la flegme de la Dame pour la paperasse et les tâches administratives. Son commentaire d'arrivée me sonne presque faux à l'oreille, persuadé qu'elle utilise les événements actuels pour justifier son détachement de son bureau. Je la laisse contempler les lieux et compresse à nouveau la plaie sur mon cou, caressant l'inconscience du bout des doigts. De son côté, Katalina remarque le sang qui me recouvre les doigts et imbibe le col de mon veston, avant de s'approcher en soupirant de la table d'opération dédié au boulet à mes pieds. La Belle se propose de me recoudre en précisant ne pas avoir pratiquer depuis quelques temps. Un refus aurait été de mise, mais je suis incapable de le faire seul et j'imagine qu'elle a quelque chose à me dire. Installé sur la table, je laisse mon corps s'emparer du confort éphémère qu'elle m'apporte et autorise la Patronne à faire son office, le regard perdu sur les dalles de pierres du plafond.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 15:11 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Intervention pour Ellyan


Katalina laissa son boucher s'installer et préparait de son côté le nécessaire à l'opération en récupérant ce qu'il y avait à récupérer, dispersé ça et là à même le sol. Elle récupéra un peu d'eau au fond d'un pichet de terre cuite qu'elle versa dans un récipient où elle rinça les ustensiles : aiguilles, hameçons et fil à laine. Rudimentaire, certes, il n'y avait en là rien de l'attirail d'un guérisseur mais la Murène devait avoir des bases suffisantes pour faire le travail correctement.

Après avoir entendu un court moment le cliquetis du métal, Ellyan sentait les doigts humides de la femme et la morsure subtile de l'acier qui refermait ses chairs, sa peau tirait à mesure que les sutures s'appliquaient et quelques mèches des cheveux de Katalina venaient chatouiller son visage lorsque parfois, elle penchait la tête pour mieux observer ce qu'elle faisait à la lueur des bougies.

Ce fut l'affaire de quelques minutes, le temps de bien vérifier les sutures, chose qu'elle faisait en glissant l'aiguille sous les points pour tirer doucement afin de vérifier leur prise sur la peau.

" Ca fera l'affaire. Sauf si ça s'infecte, chose qui ne serait pas étonnante
à force de travailler dans les caves humides. Comment tu comptes t'y prendre pour empêcher une infection ?"


Katalina avait la réponse, ça s'entendait à sa petite voix amusée mais elle en profitait sûrement pour jauger son Boucher et voir un peu l'étendue de ses connaissances en matière d'alchimie et de guérison.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 16:27 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Question et réponse


La préparation de Katalina semble respecter ce que j'ai pu voir des guérisseurs et autres charlatans qui se jugent aptes à soigner. Le matériel est soigneusement lavé et disposé sur un drap propre à portée de main. Un court instant se passe sans qu'elle ne tente quoi que ce soit sur la plaie jusqu'à ce que je ressente l'humidité de ses doigts apposés sur ma peau. Pincant doucement la plaie, la Murène s'apprête à passer à l'action sans crier gare à la douleur. Je grince des dents, attendant nerveusement la désagréable sensation de l'acier perçant ma peau et perd de mon sérieux lorsque le moment se présente. La douleur m'arrache un léger sursaut que je ne peux retenir dans un hoquet de surprise, offrant à Katalina l'occasion de claquer sa langue pour me faire comprendre de ne pas bouger davantage. Une fois la première piqûre passée, le reste n'est qu'une longue et déplaisante routine que j'endure tant bien que mal. Visiblement concernée par son travail, je passe outre la caresse des cheveux de la Dame sur mon visage, chatouillant les traits de cadavre boursouflé qui le compose.

La suture ne dure que quelques minutes de plus et finalement, la Murène achève son travail en vérifiant la prise du fil sous les points. La douleur se réveille, plus abrupte, mais le cliquetis métallique qui indique l'achèvement des soins m'offre le soulagement pour la supporter. Sur ces mots, Katalina prend tout de même la peine de s'inquiéter au sujet d'une probable infection de la plaie dans un environnement aussi propice à ce genre de problème et me demande comment je compte l'anticiper. Si la question paraît anodine, son sourire narquois m'oblige à la prendre comme un défi à mes compétences de médecine et d'alchimie. Visiblement d'humeur joueuse, je tâte du bout de mes doigts encore crasseux la plaie tout juste suturée afin d’exhiber mon dédain pour la question.

"Ça ne risque pas d'arriver. Pas à moi, en tout cas. Je viens de tremper mes mains dans la Peste et dans cet endroit, je respire constamment le même air que la Lèpre. Inutile de te dire qu'il m'est presque impossible de tomber malade."

Les yeux rivés sur l'inconscient à mes pieds, je descends de la table et trempe une nouvelle fois mes mains dans l'eau avant de les essuyer dans un tissu propre.

"Quoi qu'il en soit, il n'est pas difficile d'anticiper une infection. On doit pouvoir trouver facilement des feuilles de Curchran dans ce Dispensaire. Du vinaigre ou une cautérisation prévaudraient également et empêcheraient la plaie de gonfler. Même sans tout cela, pisser sur la couture suffirait pour la désinfecter. Ne reste plus qu'à la bander avec un linge propre.

Guettant la réaction de la Murène, je m'intéresse à nouveau au pesteux à mes pieds et l'empoigne par les aisselles pour le hisser sur la table d'opération.

"Satisfaite ? Si tu es d'humeur joueuse, reste donc. Tu vas pouvoir assister à quelque chose de bien plus intéressant qu'un simple jeu de devinettes."

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Dim 20 Aoû 2017 17:46, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 16:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Intervention pour Ellyan


Katalina écoutait son Boucher grognon détailler tout ce qu'il savait sur les infections après avoir précisé qu'il ne pourrait pas tomber malade en ces lieux. Il avait raison sur certains points, particulièrement au sujet des plantes, mais elle n'était pas forcément du même avis pour le vinaigre et encore moins pour l'urine.

" Et bien, le vinaigre c'est douloureux et puisque tu as couiné lors de la suture, je ne te le recommande pas vraiment. Quant à l'urine... Un peu de sérieux. C'est les tribus primitives qui utilisent ça, et encore, c'est l'urine de bovin. Après si ça fait partie de tes fantaisies, c'est toi que ça regarde, je n'ai pas mon mot à dire là dessus. "

La femme essuyait le bout de ses doigts rougis dans un liteau pendu au bord de la table et observa du coin de l'oeil le Boucher charrier le corps sur celle-ci, tout en lui annonçant que ça promettait d'être plus amusant que ses petites devinettes.

Ceci dit, la femme n'était pas satisfaite, elle tira de sa poche une fiole en verre clair, léger qu'elle posa sur le bord de la table, à côté de l'épaule de la victime lépreuse.

" Alcool et poivre. Anti coagulant et un sel raffiné, ça suffira à empêcher l'infection. Et dis moi... Pendant que tu vas fouiller dans ses entrailles, qui va s'occuper de la mission que je viens de te confier ? "

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Dim 20 Aoû 2017 18:52 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Repenser son travail


L'effort de la tâche m'empêche d'entretenir un échange de paroles constant avec la Murène, mais je conserve du répondant sous la langue. Le bougre endormi est plus lourd que prévu et je dois m'y reprendre à deux fois pour l'installer correctement. Sans perdre une seconde, j'attrape les sangles en cuir qui pendouillent aux extrémités de la table et les attachent aux poignets et cheville du pesteux en serrant avec vigueur. L'entreprise me prend quelques instants durant lesquelles je laisse la Patronne réagir à ma réponse qui la laisse visiblement sur sa faim. Partiellement d'accord, elle conteste l'utilisation du vinaigre sur un patient aussi "sensible" que moi et prend bien compte de son refus d'accepter l'urine comme une méthode de désinfection. Sur ces mots, elle dépose sur la table une petite fiole en verre propre et dénué de rayures, bien à ma vue. Mes yeux se rivent sur l'objet alors qu'elle prend le temps d'en décrire le liquide contenu, réveillant chez moi une surprise inattendue. Plusieurs secondes me sont nécessaires pour jauger de la véracité de la Dame et c'est finalement par curiosité que j'attrape la fiole avant de la débouchonner. D'une longue et calme inspiration, j'hume le mélange de poivre et d'alcool, totalement nouveau pour le médecin des rues que je suis.

"Du... poivre ? J'ai déjà entendu parler de cette épice, mais je n'en ai jamais vu ni senti. Quel arôme incroyable. Laissez-moi vous dire que la Hrist a ramassé un habitué de la rue et de ses vices, pas un goret de la noblesse. Mes méthodes primitives sont certainement ridicules aux yeux de la Médecine Royale, mais j'ai survécu jusqu'ici grâce à elles. Cependant..."

Prenant quelques temps pour observer le liquide en usant de mes cinq sens pour l'analyser, je finis par attraper un tissu propre et en appose une petite quantité avant de l'appliquer sur la plaie. La douleur est soudaine, mais elle s'apaise rapidement en laissant sur mon cou une sensation fraîche et agréable. L'expérience me tire un sourire de satisfaction et gonfle ma poitrine de fierté personnelle, celle d'avoir accepté de rejoindre l'organisation.

"Je sous-estime encore les Murènes, mais nos fonds doivent être des plus conséquents pour se permettre d'user d'épices et d'alcool médical pour traiter une simple coupure. Je n'ai pas pour habitude de travailler avec du matériel de cette qualité, mais j'apprendrais si les Murènes le désire."

Sur ces mots, je m'intéresse à nouveau au cobaye sanglé sur la table, les yeux plein d'une malice vivifiante. Sans regarder Katalina, je la rassure sur la nature de l'expérience qui va suivre et sur son intérêt pour la mission.

"Il n'est aucunement question de le charcuter. Et ne t'en fais pas pour la mission, j'y travaille toujours. Ce bougre va me servir de cobaye afin d'en savoir plus les étranges capacités que j'ai développé dernièrement. En vérité, j'ai discuté avec Yariss, l'ancien espion de Lydia, qui m'a fait part d'informations particulièrement intéressantes en rapport avec le travail que tu m'as confié. Il semblerait que le disparu, Larkadh, se soit fait tué par une bande organisée appelée Noir-Désir, tu en as peut-être entendu parler. Quoi qu'il en soit, Larkadh est mort avec de nombreuses informations sur ce groupe ainsi qu'un étrange artefact très prisé des adeptes des Dieux sombres. Il est la clef pour retrouver le corps de ton espion au milieu du charnier qu'est la Fosse. Mais pour l'heure, j'ai besoin de sensibiliser mes sens à cette... Magie ou je ne sais-quoi. Sans ça, autant chercher une aiguille dans une botte de foin."

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Jeu 31 Aoû 2017 10:38, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le dispensaire des Pivoines (Guilde Murènes)
MessagePosté: Mar 22 Aoû 2017 05:12 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12983
Localisation: Derrière Cromax
Intervention pour Ellyan Crow


Katalina écoutait avec attention, du début jusqu'à la fin, allant de regarder Ellyan, l'air presque attendrie de le voir ainsi émerveillé par sa fiole, jusqu'à froncer légèrement les sourcils, plus attentive lorsqu'il évoquait le gang des docks du nom de Noir Désir. A son visage, on pouvait remarquer que ce nom ne lui avait rien évoqué de particulier.

Elle resta silencieuse un instant, comme si elle ne comprenait toujours pas le rapport avec le Lépreux ainsi étalé sur la table froide et sanglé comme un rôti.

" Les Murènes sont dispersées un peu partout, il y en a à Darhàm, qui tiennent un bordel huppé, à Omyre, un repaire d'assassins et ici, un Dispensaire. Entrer dans la norme, ne pas se faire trop repérer... Mais être présent et avoir des yeux et des oreilles partout. Quoi de plus normal, pour des assassins ? Du coup, nous avons des fonds, ici les fonds viennent de la ville et de certains généreux donneurs. Tu dis ne pas voir l'intérêt de tes méthodes de médecin de rue pour la noblesse ou peu importe comment tu vois ça, mais l'inverse existe. Quand un notable attrape une chaude pisse ou pire après avoir troussé une coquine de basse extraction, il ne se tourne pas vers son chirurgien ou quelqu'un de son rang, il retourne ici, dans la fange et vient se faire soigner par des gens du rang de ceux qui travaillent ici. "

Elle se pinça doucement l'arrête du nez, massant du bout des doigts entre ces deux sourcils, machinalement comme à chaque fois qu'elle semblait réfléchir.
" Tu sais, mon petit Boucher, le silence est d'or, mais le nôtre vaut moins. Après s'être fait soigner de son petit désagrément, notre petit Notable repart tout fier d'avoir pu se soigner et acheter le silence de ses bons samaritains. Et avec un peu de chance, il ira fêter ça et reviendra quelque jour plus tard, tout aussi honteux. Et comme la fois précédente, il posera sur la table une petite somme et nous, ne posons pas de question. "

Elle tendit la main, l'air distraite, attendant de récupérer son bien.
" C'est aussi pour ça que j'agrandi cet endroit, et aussi pour ça que j'attends un rapport très rapide de la mission. Je n'ai pas envie que quiconque vienne fouiller ici, que ça soit la garde ou pire encore, des petits malins qui découvriraient nos activités et iraient jouer la carte du chantage. Ca, ça serait vraiment malhonnête. " Termina-t-elle de dire, toute amusée de l'ironie de la situation.

Elle récupéra l'aiguille ayant servi à recoudre son boucher quelques instants plus tôt et la ficha dans l'oeil fermé du Lépreux, le crevant à travers la paupière. Elle resta observer son visage rongé et impassible quelques secondes et se leva, se dirigeant vers la porte.

--------------

Tu peux la laisser partir ou répondre quelque chose, si ça demande réponse, elle se retournera et je ferai la réponse, sinon, admets simplement qu'elle ignore ce que tu diras et passera la porte.

As you wish !

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 91 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 3, 4, 5, 6, 7  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016