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 Sujet du message: Le port de Lebher
MessagePosté: Jeu 30 Oct 2008 19:01 
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Le port de Lebher


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Bienvenue sur les quais du port de Lebher, sans doute l’un des plus beaux ports de Yuimen. Ici, vous pourrez louer les services d'un navire et de son équipage ou bien acheter vos propres navires. Que ce soit pour les voyages ou pour les marchandises, des bateaux sont à votre disposition. Les capitaines s'étant amarrés au port se feront un plaisir de vous conseiller selon l’endroit où vous vous rendrez.

Faites vos RP ici jusqu'à embarquement dans un bateau

Bateaux à la vente :

Pour plus de renseignements, se reporter à la règle spécifique sur les bateaux.

Bateau à vitesse standard (x1, 6km/h) : Gratuit (Yus non débités de la fiche mais l'achat sera à jouer en RP)
Bateau à vitesse avancée (x2, 12km/h) : 400yus
Bateau à vitesse rapide (x3, 18km/h) : 1000yus
(Il est toujours possible de faire améliorer son bateau par la suite en payant la différence !)

Un nouveau sujet sera ouvert dans la partie trajet et voyage, pour que puisse s'y faire les RP à bord du bateau acheté. Pour que le GM puisse le faire, lorsque vous voulez faire l'achat, mettez dans la demande ceci complété (Ce sera ce qui apparaîtra dans le sujet) :
Citation:
Titre : Le nom du bateau et entre parenthèse, à qui ou quelle guilde il appartient
Une image (Facultative)
Dans la présentation : Le type de bateau (Voilier, navire, galion,...) ainsi qu'une description : à quoi il ressemble, son capitaine, ses matelots et leur nombre approximatif.
Sa vitesse (Vitesse standard (x1) / avancée (x2) / rapide (x3) )

Les bateaux sont rachetés à 1/4 de leur prix.

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(((Si vous voulez être servi dans des temps raisonnables, n'oubliez pas de demander aux GM dans le SUJET DES INTERVENTIONS GMIQUES de s'occuper de valider vos achats en jouant le commerçant. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

_________________
Pour s'inscrire au jeu: Service des inscriptions

ImageImageImage

Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
Pour les services d'un GM: Demande de service


Je suis aussi Lothindil, Hailindra, Gwylin, Naya et Syletha


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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Jeu 19 Aoû 2010 22:03 
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[début du voyage de Tarjha]

La neige tombait doucement dans les rues cet après midi là. Il fesait très froid et le soleil avait du mal à transpercer les nuages qui s'étaient amassés dans le ciel. Seul quelques rayons de lumière apparaissaient à quelques endroits mais étaient aussitôt masqués. Le chariot grinçait et le sol pavé des rues le fesait cahoter très souvent. Dans la cage Tarjha se mit a grelotter. Elle était enchainée dans un coin, les pattes avant dans le dos. Impossible de se coucher en boule ou de se rapprocher de la fourrure chaude de ses frères. Elle devait se contenter du métal froid dans son dos et du plancher dur sous ses jambes.
Elle était là à regarder le sol, les yeux dans le vide et les cheveux devant le visage. La neige tombait sur elle mais elle ne semblait pas y prêter une grande attention. Tous les loups s'étaient couchés autour d'elle. Ils avaient été attachés directement à la cage et maintenu éloignés les un des autres. Ils avaient la même attitude que la jeune femme. Dans la cage tout semblait mort. Ils étaient épuisés et psychologiquement affaiblis. Deux jours plus tôt ils avaient été arrachés à leur monde et toutes leurs tentatives pour sortir de ce monstre de métal avaient été vaines.

Le chariot passa à proximité de deux demoiselles qui conversaient dans la rue. Elles levèrent les yeux vers la cage et lorsqu'elles virent Tarjha un cri étouffé sortit de leur gorge. Elles se mirent a chuchoter.


-Mon dieu tu as vu ça! Qui est cette fille? Elle était nue et très sale! Qu'elle horreur!

Tarjha leva la tête et les regarda un instant. Ses yeux s'agrandirent légèrement. Elle n'avait jamais vu de telles créatures. Elle semblaient porter une peau dans le même style que les hommes qui les avaient attaqués mais en plus colorés. Les deux femmes disparurent lorsque le chariot tourna au coin de la rue. Une forte odeur de poisson parvint alors aux narines de tous les captifs qui se relevèrent d'un même élan. Devant leurs yeux se trouvait une vaste étendue d'eau: l'océan. Ils n'avaient jamais vu un tel spectacle. Il y avait de nombreuses personnes sur les quais qui s'activaient en criant autour de grands arbres aux immenses feuilles blanches. Le chariot s'arrêta alors devant un endroit bien plus actif. Les odeurs fortes qui parvenaient au nez de la jeune sauvage l'émerveillère. Elle distinguait l'odeur du poisson et de la viande, mais aussi des odeurs âcres et étouffantes d'épices et de produits chimiques. Sa tête se mit a bourdonner tant les informations se bousculaient dans son cerveau. Ses yeux, ses oreilles et son nez analysaient le moindre petit détail.
L'homme qui menait les kidnappeurs s'avança vers un autre homme plus bedonnant. Elle vit alors qu'il portait ses précieux sabres et sa bourse à sa ceinture. Elle reconnu également le fouet qui les avait frappé elle et ses frères. Avec se souvenir Tarjha s'éveilla complètement et tenta d'observer et d'écouter la conversation. L'homme au fouet fit un signe de la main à l'homme bedonnant vers qui il s'était avancé.


-Héla tanneur! Voici les peaux que nous t'avions promis!

-Mais ils ne sont pas mort? Vous m'aviez promis des peau pas ces dangereux loups sauvages!

-Vous les vouliez morts? On vas vous arranger cela!

L'homme fit un signe à ses deux complices. L'un d'eux prit un gros collier en métal surmonté d'une lance et s'approcha de la cage. Toute la famille se leva d'un bond et se mit à grogner et à montrer les crocs. Ils tiraient sur leurs chaines avec force et bandaient leurs puissants muscles, prêts à se défendre. Le deuxième homme ouvrit la cage et recula légèrement d'un pas. Le loup le plus proche avait manqué de peu de le mordre à la main. Il le regarda alors d'un air mauvais avec un petit sourire et fit un signe de tête à son camarade. Celui-ci porta le collier de fer vers le loup et l'immobilisa en lui serrant le cou. Le chef détacha alors l'entrave et le loup fut entrainé hors de la cage. Il bondit et tenta de fuir mais le collier autour de son cou l'empêchait de faire les mouvement qu'il voulait. Dans la cage c'était la débandade, tout le monde s'agité et Tarjha tentait par tous les moyens de donner des coups de pieds de droite et de gauche. Soudain elle se figea quelques secondes. L'homme au fouet brandit un couteau et le plongea dans le cœur de son frère qui se mit a gémir de douleur. La lame luisante sortit du corps et le sang se répandit sur le pavé, la bête ne bougeait plus. Les Mercenaires firent de même avec la mère de la meute. En quelques instant tous les loups, excités par l'odeur du sang et la douleur de cette nouvelle perte se mirent à hurler et s'agiter comme des diables. Pour la première fois Tarjha sentit ses larmes couler sur son visage et elle se mit a hurler comme jamais, tirant sur les chaines et meurtrissant ses poignets.
De son côté , ignorant l'agitation derrière lui, l'homme au fouet revint vers le marchand en trainant les deux cadavres. Celui-ci avait observé la scène et il était resté bouche bée. Le mercenaire jeta les bêtes devant lui et le regarda avec un air de dédain.


-Vous en vouliez deux, maintenant qu'ils sont morts vous allez nous payer?

Le marchand reprit alors ses esprits et regarda une dernière fois la cage d'un air triste et désolé puis porta sa main à sa ceinture.

-Heu... oui, oui bien entendu! Voilà pour votre peine.

Il mit plusieurs pièces sonnantes dans la main du mercenaire qui les rangea avec satisfaction. Lorsqu'il revint vers la cage il donna plusieurs grands coups sur les barreaux pour effrayer les loups qui se calmèrent puis remit le chariot en marche vers le plus grand navire du port.
Tarjha avait tellement crié qu'elle en avait étouffé sa voix. Elle s'était affalé contre la cage, les larmes tombaient sur ses jambes et sa mâchoire était crispée. Elle s'en mordit les lèvres jusqu'au sang mais cela semblait avoir peu d'importance pour elle. Ils n'étaient plus que quatre dans la cage. Elle et trois des plus jeunes de la meute.
Le chariot s'arrêta à nouveau. Cette fois-ci tarjha n'entendit que les murmures de la conversation et n'avait pas envie de s'y intéresser. A nouveau les pièces sonnèrent pour changer de main puis la cage se remit en branle.
On entraina le chariot sur le bateau et rapidement il fut descendu dans la cale. L'obscurité fut bientôt complète autour de la famille. Les cris des marins parvenaient a leurs oreilles et bientôt l'épuisement se fit sentir et Tarjha laissa son esprit partir à la dérive tandis que le bateau s'engageait sur la mer en direction d'un autre continent.

Lorsqu'elle se réveilla, son estomac se manifestait. Ils avaient tous faim et soif. Tout le monde se mit à s'agiter dans le noir et à grogner ou gémir. Les cargaisons autour d'eux dégageaient des odeurs de viande, de sel et de poisson. Cela ajouta à leur faim. Soudain la porte de la cale s'ouvrit et apporta un peu de lumière. Un homme étrange entra et s'approcha de la cage avec plusieurs gamelles. L'odeur de la viande fraiche s'en dégageait. Tous levèrent le museau et regardèrent avec avidité les écuelles remplies. L'homme ouvrit la cage et posa une gamelle devant chaque loup qui se précipitèrent dessus. Arrivé devant la sauvageonne il posa la gamelle à bonne distance et la regarda avec un petit rire étrange.


-Hé Hé Hé! Pour toi ma jolie le repas sera après que tu m'ai soulagé!

Il s'approcha d'elle et se mit à la toucher avec insistance. Tarjha se débattit et lui envoya un coup de pied dans le menton. Il ripostât en la giflant violemment et se jeta à nouveau sur elle. Il fût soudain interrompu par l'homme au fouet qui l'écarta rapidement de Tarjha.

-Je serais toi mon vieux je ne ferais pas ça! Elle nous a déjà tué un homme qui voulait la même chose que toi.

Le marin regarda le mercenaire d'un air méfiant. Son visage se radoucit aussitôt lorsque l'homme lui glissa quelques pièces dans les mains. Satisfait le marin partit tandis que le mercenaire tendait sa gamelle à la jeune femme. Après avoir mis un bol d'eau au centre de la cage il sortit et détacha les chaines de chacun. Enfin libre de ses mouvements Tarjha se jeta sur sa nourriture et l'engloutit rapidement.
Le reste du voyage se passa de façon monotone. Ils mangeaient, dormaient et étaient ballotés par le roulis du bateau. Mais bientôt le bateau arriva en vue des côtes de Imiftil.


[=>direction port de Tulorim]

_________________
Image Tarjha, fière louve solitaire.


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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Mer 26 Juin 2013 23:16 
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Lebher avait quelque chose de … Serein. Difficile de l'admettre pour Rosa mais elle trouvait cette ville différente, plus … Apaisante outre le froid mordant. La neige tombait doucement sur leur chemin, parfois une patrouille croisait leur chemin ou quelques passants sans réelle agitation. Il n'y avait pas cette énorme cacophonie d'Exech, pas sa puanteur, ses ordures ou ses habitants menaçants. Droiture de l'architecture, la shaakt constatait surprise qu'elle appréciait la tranquillité de cette cité. Quelques instants après cette agréable promenade, Ils se rapprochèrent de la mer.

« On dit de ce port qu'il est le plus splendide, que nul part dans Yuimen on ne trouve pareil havre ! J'ai hâte de vérifier la légende ! »

La neige accentuait la beauté de cet endroit, les navires longtemps à quai portaient gracieusement une fine couche de blanc. Là encore, l'architecture elfique alliait magnifiquement ses bâtisses avec son environnement. Thalo prit le temps d'admirer la vue, son orgueil de wiehl finit par concevoir qu'en effet, l'endroit tenait bien sa réputation.

Un lamaneur au repos leur indiqua un navire qui s'apprêtait à partir pour Gwadh, à leur demande il leur adressa un regard méfiant, l'elfe fixa plus particulièrement Rosa et conclut qu'il avait affaire à une shaakt. Mais rien que de la suspicion, l'hinïon s'en arrêta là et leur souhaita tout de même bon voyage.

Le bateau était un bâtiment marchand sans prétention, néanmoins on leur affirma qu'il se déplaçait vite et pouvait éviter les dangers des mers de Nosvéris. Le capitaine, une elfe sombre salua la mage dans leur langue. 

« Usstan fridish dos ! Il est agréable de voir une sœur dans ce sac de bleuâtres et de nos chers cousins hautains ! »

« Est-il vrai que votre navire se rend pour Gwadh ? Nous souhaitons nous y aller. »


Elle arqua une sourcil au « nous », l'elfe des mers songea qu'elle devait avoir affaire soit à une noble, soit à une shaakt assez excentrique pour accorder de la considération à son esclave.

« On vous a bien informé. Mon cher navire peut aisément passer entre les filets des armées d'Oaxaca et ce à pris tout à fait réduit pour une shaakt. Je peux même réduire ce prix si votre esclave participe aux corvées. »

Thalo mit un temps à réagir mais se contenta de poser le regard sur Rosa.


«  C'est un bon combattant mais un piètre balayeur. Je ne vais pas risquer de devoir payer d'éventuels dégâts. »

Le capitaine haussa les épaules, empocha les yus et les invita à embarquer sans rien ajouter.

« Je vous remercie de votre bonté, maîtresse. »

« Tâche de retenir ta dette ! »

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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Jeu 5 Mai 2016 01:26 
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Dragon Fantôme - Chapitre I



Dragon Fantôme

Chapitre II




L'oudio accepta immédiatement, ordonnant à Samrik de ramener un des coffrets du trésor entassé dans la cale. En lui disant ces mots, elle eût comme une hésitation. Peut-être venait-elle de se rendre compte de l'importance de cette richesse entreposée là, dans le navire. A une autre époque, Mercurio aurait certainement été tenté de taper dans la caisse quelques joyaux. Une époque pas si lointaine d'ailleurs. Des responsabilités auprès de l'équipage, un dragon qui repointe le bout de son nez et le voilà un être changé.

Foutu dragon, qui pouvait débarquer à tout moment. La facilité avec laquelle il avait réduit le village des peaux-bleues en cendres... Il pouvait aussi bien déferler sur Lebher et réduire cette petite ville à néant, qu'est-ce qui l'en empêcherait ? Ils ne devaient leurs survies qu'à ce providentiel puits de glace. Ils seraient tous morts sinon. Sa puissance destructrice était simplement terrifiante... S'il revenait pour terminer le boulot, ce ne serait plus un équipage, mais une ville entière qui brûlerait.

Mercurio était convaincu qu'il n'était venu que pour lui, qu'Oaxaca devait avoir fait subir le même enfer à tous ceux qui ont osé refuser se soumettre à elle. Ce fou de Heartless y était certainement passé d'ailleurs, consumé par l'haleine de feu. Cette idée triste fit soudain sourire Mercurio, imaginant très bien le téméraire borgne bondir avec son épée à l'assaut du dragon plutôt que de le fuir, ça aurait bien été son genre. Une mort avec panache, comme Heartless désirait plus que tout... Mais ce fou avait besoin d'un public pour l'admirer, il aurait condamné un royaume entier à périr avec lui s'il en avait eu l'occasion.
Ce n'était pas le cas de l'humoran. Snori était déjà blessé par sa faute. Il ne voulait pas que l'équipage ne meure à cause de sa simple présence. Et encore moins Lebher. L'idée de quitter l'équipage lui était pour autant lui était amère... Où irait-il ? S'isoler dans la solitude, comme un vieux dément, dans une grotte ou une ruine ? Malgré son sang woran, il était un indécrottable citadin, bien incapable de survivre seul dans la nature. Peut-être n'était-ce pas plus mal, d'ailleurs, de ne pas survivre. S'il mourrait, il n'aurait plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête...

Ces idées noires en restèrent cependant là alors qu'il écoutait plus que vaguement Mythanorië qui l'informait qu'ils allaient d'abord passer à la capitainerie et qu'une foule de mioches s'était rapprochée du navire comme si un cirque ambulant allait en sortir.

"Ouais, allons-y.", dit-il en suivant le mouvement.

Les mômes les laissèrent passer pour finalement se rapprocher, posant le genre de questions que seuls les enfants osent :
"Hé monsieur, pourquoi tu ressembles comme un chat ?", lui demanda l'un d'entre eux en lui touchant la fourrure des côtes.

Il l'écarta sans lui répondre. Crétin de gamin. Encore un bled qui n'avait dû jamais voir d'humoran. Encore les gosses, ce n'était pas le pire. Mais quand les adultes s'y mettaient, c'était une autre sauce. Samrik et Mythanorië attiraient d'ailleurs eux aussi l'attention, recevant eux aussi une flopée d'interrogations naïves. Leur petit trio était bien singulier, pourvu que ça ne leur attire pas d'ennuis...

Mercurio se rapprocha de la capitaine, engageant la conversation pour ne pas se laisser aller à son énervement ou à ses idées noires :
"Hé cap'tain, rapport au village sur la plage, là... Z'avez pas peur qu'les peaux-bleues s'disent qu'c'est nous qu'avons foutu l'merdier ? Les dragons, c'pas un truc qu'arrive t'les deux jours, m'étonnerait qu'y cogitent à ça. Pis j'parle même pas du coup des moules qui transforment en morts-vivants, là."



Dragon Fantôme - Chapitre III

_________________

Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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Jack Beauregard (Henry Fonda), Mon nom est Personne, écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi


Dernière édition par Mercurio le Ven 3 Juin 2016 23:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Lun 9 Mai 2016 20:23 
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*<---*

*3*



Mercurio se joignit à nous, débarquant sous les regards de jeunes pousses curieuses. Elles ne s'arrêtèrent pas là, se permettant de toucher aussi bien les habits que leurs propriétaires. L'agacement était visible chez le félin, et de son côté, Samrik avançait sans se préoccuper des jeunes qu'il bousculait. Aux nombreuses questions, je me contentai d'une réplique banale : celle de demander à leurs proches. Bien entendu, un esprit insatisfait peut devenir insistant. Par chance, l'arrivée d'un autre navire de grande taille détourna la plupart des jeunes curieux de nous. Par contre, les adultes avaient pris la relève. Eux ne vinrent pas nous trouver, mais leurs regards pesaient.

Fort heureusement, Mercurio eut la bonne idée d'entamer une discussion. Il me fit part de ses craintes. Il semblait redouter que les sang-pourpres natifs du village détruit par le dragon noir comprennent que nous étions impliqués. Il avait raison sur un fait : une attaque de dragon était un événement plutôt rare, tout comme l'invasion des mollusques parasitant les cervelles.

"Il ne reste rien nous impliquant d'une quelconque façon. Et à moins de disposer de puissants fluides de feu, personne n'est capable de raser à ce point un lieu d'habitation. Quant aux carcinos..."

Je stoppai mon avancée pour laisser quelques dockers passer rapidement.

"Leyna' et Snori avaient l'air de connaitre ces choses. Avec de la chance, c'est un savoir propre aux sang-pourpres. Nul doute qu'ils chercheront des réponses. Cela pourrait nous servir..."

Je finis par repérer la capitainerie à la porte grande ouverte et à m'y engouffrer. En effet, si les pirates à peau bleue venaient se renseigner ici et apprenaient que les membres de la Rascasse avaient été témoins de l'affaire, je ne doutais pas que nous allions finir par les retrouver. Ou qu'eux nous trouvent. C'était un plan à double tranchant. S'ils étaient aussi prompts à agir par instinct que Snori, il allait être dur de leur expliquer la situation. Cela dit, ils seraient nos premiers contacts sang-pourpres, et c'était tout de même là notre mission première : rencontrer et obtenir le soutien de ce peuple pour la Confrérie.

La capitainerie était une cabane modeste en lourds rondins, pourvue d'un bureau, de nombreuses cartes accrochées sur les murs, et de divers instruments de bord. Quant à savoir s'il s'agissait de simples décorations ou de réels instruments, difficile à dire. Deux autres portes devaient donner plus loin dans la bâtisse. Penché sur un écritoire, un elfe à la peau bleue et aux cheveux écume faisait... Quelque chose d'étrange. Il roulait sous son doigt un petit cylindre, le remontant jusqu'en haut de la pente, puis le laissant la dévaler jusqu'à son autre paume.

"Excusez-moi. Est-ce bien la capitainerie ?"

L'elfe fit un signe de tête sans cesser son manège.

"Je suis le capitaine Mythanorië, de la Rascasse Volante, amarrée ce matin. J'apporte quelques nouvelles de la côte, et..."

Je m'interrompis, constatant que l'elfe ne m'écoutait même pas. Ou alors il n'en manifestait rien. J'échangeai brièvement un regard avec mes compagnons et retentai ma chance.

"Notre navire a besoin de réparations. Pouvez-vous nous indiquer des artisans ?"

Toujours le même manège, mais pas de réponse. Je commençais à me demander où nous avions pu tomber lorsque la porte de droite s'ouvrit sur un hinion plus grand encore que Samrik. Tenue de tissu gris, courts cheveux d'un blond presque châtain, il nous dévisagea. Le demi-garzok porteur de coffret en particulier. Léger froncement de sourcils alors qu'il s'adressait à son camarade.

"Eh bien ? Que veulent ces personnes ?"

Et à lui aussi, ce même silence. Il apposa alors plutôt brutalement la main sur l'épaule de l'éarion. Non seulement ce dernier sursauta en envoyant voler son cylindre, mais il sembla découvrir tout ce qui l'entourait. Balbutiant d'abord, il finit par faire les gros yeux à l'autre elfe puis l'engueula copieusement. Apparemment, il lui avait fait perdre le fil... Mais de quoi ? Où étions-nous encore tombés ?

Je levai les yeux au plafond, attendant un peu. Et encore un peu. Sauf qu'ils avaient l'air de ne plus faire attention à nous, partant dans un échange d'amabilités peu flatteuses sur le manque de mémoire de l'un, le sale caractère de l'autre... Je me saisis alors du lourd carnet de bord que je transportai et l'aplatis d'un coup sur le bureau.

"Eh !"

Au moins, j'avais réussi à capter leur attention.

"Capitaine Mythanorië de la Rascasse Volante. Je suis là pour affaires, et je suis pressée ! "

Un grondement agacé de Samrik me fit me tourner un peu vers l'entrée. Les éclats de voix avaient rameuté d'autres curieux. Leur présence eut au moins la capacité de faire s'éloigner les deux elfes, et leur faire rajuster leur tenue. Je poussai un soupir agacé et me tournai vers le félin.

"Où en étions-nous ?"

Je le savais parfaitement, mais le guérisseur semblait avoir besoin de se concentrer sur quelque chose. Le laisser assumer son rang de représentant de la Rascasse à terre pouvait peut-être l'aider. Et à nous tous, peut-être allait-on parvenir à exposer nos besoins et donner des nouvelles avant la fin du jour.

Si tous les elfes bleus étaient aussi étranges et les blancs prompts à monter sur leurs grands chevaux, quelque chose me disait que nous n'en avions pas fini avec cette cité.


*--->*

_________________
Mythanorië - Oudio / Shamane Hippocampe


Sœur de la Confrérie d'Outremer, Capitaine de la Rascasse Volante, au corps de bois et cœur de bête océane
"Y'a pas à dire, la mer, ça vous change quelqu'un !"

Ancien thème
Thème actuel & Nouvelle Voix


Dernière édition par Mythanorië le Lun 16 Avr 2018 11:10, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Ven 13 Mai 2016 18:21 
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Dragon Fantôme - Chapitre II



Dragon Fantôme

Chapitre III




La capitaine lui répondit qu'il n'y avait pas de raisons qu'ils attirent spécialement les soupçons. Elle n'avait pas tord. Après tout, le village était entièrement détruit par le souffle du dragon. Même les pierres qui constituaient les habitations y étaient passé. Les sangs-pourpres devraient penser à une puissante magie destructrice et non à un simple pillage de pirates. Elle ajouta que les carcinos, les espèces de moules mutantes, leur étaient vraisemblablement connus. Ça devait être une vrai catastrophe pour eux, à tel point qu'il en était étonnant pour Mercurio de n'en avoir jamais entendu parler jusque là ni à Dahràm ni ailleurs. Peut-être ce fléau était-il très récent et touchait depuis peu la région. Leurs communautés étant très renfermées sur elles-même et tous très fiers, il était possible qu'ils soient les premiers à avoir découvert ce danger et en avoir fait les frais pour enfin décider de garder tout ça sous silence afin de ne pas sembler être affaiblis. Ça serait bien leur genre, de préférer crever la bouche ouverte que d'admettre avoir besoin d'aide. Foutus peaux-bleus.

L'humoran eût soudain une révélation. Le dragon n'était peut-être pas venu pour lui finalement, mais pour ces créatures. On pouvait dire ce qu'on voulait sur cette putain d'Oaxaca, mais elle n'était pas conne. Les carcinos ne devaient pas être de son fait, sinon elle n'aurait sans doute pas laisser son dragon en exterminer toute une colonie. Le dragon lui-même était très intelligent. Trop pour les avoir laisser partir de la sorte. Il aurait pu enflammer la Rascasse Volante non loin, il l'a forcément vu, mais il n'en a rien fait. Non, il n'était pas venu là spécialement pour Mercurio. Il était là pour réduire à néant ces bestioles. Il a fait son boulot et il est parti. Eux, ils étaient juste là au mauvais moment. Rien de plus, rien de moins. S'il avait vraiment voulu qu'ils ne survivent pas, ils seraient déjà morts.

Cette réflexion fut un véritable soulagement et se sentit un instant un peu bête. Comme si Oaxaca aurait pu faire une obsession sur lui, pauvre petit pirate de pacotille. Comme si elle allait envoyer sa créature la plus destructrice courir après d'individus aussi insignifiants que lui. Gaïa qu'il était bon d'être un simple glandu insignifiant ! S'il lui prenait un jour de chercher à avoir une véritable importance dans ce monde, que Zewen l'achève à l'instant !

Cependant, si les carcinos étaient perçus comme une menace pour la reine noire elle-même et qu'elle envoi son arme la plus efficace contre eux, il y avait de quoi se poser des questions inquiétantes...

Quoi qu'il en était, ces réflexions bienvenues devraient attendre.
Sur ce port, on n'y voyait que des elfes blancs et bleus qui les regardaient de travers. Mercurio ne se priva pas de leur renvoyer la pareille. Ils avaient un problèmes, ces débiles ? Si ça les dérangeaient d'avoir un orque, un tigre et un arbre qui marchent dans leur patelin, qui viennent leur dire en face ! Bande de blaireaux.

Lorsqu'ils arrivèrent enfin à la capitainerie, une espèce de cabane qu'on aurait dit construite entre huit gros troncs d'arbres et dans laquelle on arrivait à plus se peler le fion dedans qu'au-dehors, la capitaine se mit à parler avec un grouillot, un elfe bleu qui en avait absolument rien à foutre et qui écrivait il-ne-savait-quoi sur son petit écritoire en faisant le con avec un genre de cylindre bizarre.

Ce crétin faisait comme si aucun d'eux n'était là, ne mouftant pas un mot aux interrogations de la capitaine, qui ne savait pas vraiment comment réagir à ça. Elle lança brièvement un regard frustré à Mercurio et à Samrik. L'humoran s'avança. En lui en retournant une dans la tronche, ça le réveillerait peut-être.

Mais il fut arrêté par l'arrivée d'un elfe blanc qui demandait à son collègue ce qu'il se passait. Ils n'étaient visiblement pas les seuls qu'il emmerdait, parce que celui-ci se mit à engueuler copieusement l'Earion, qui finit ensuite par se rebiffer un brin.

Ah tiens ! Ça, ça lui rappeler Dahràm ! Deux connards portuaires qui se foutent sur la gueule entre eux pour des conneries sans noms, ça c'était une bonne animation ! Mais c'était mou tout ça, les insultes étaient trop gentilles et ils en étaient même pas encore arrivé aux mains ! Il aurait bien été tenté de foutre de l'huile sur le feu s'ils n'avaient pas autre chose à foutre en ce moment. Mais la capitaine qui essayait de s'en mêler avec quelque chose de particulièrement comique. Puis bon, si elle s'en prenait une au passage, ce serait un bon prétexte pour leur rentrer dans le lard. Il était chaud pour la baston là, carrément même.

Samrik toussa lourdement. L'engueulade avait ramené un tas de curieux à la porte. Ces crétins devaient s'attendre à ce que ce soient les pirates qui aient foutu le sbeul. Et bah non, loupé.

Au moins, ça les avait calmé.
L'oudio, satisfaite de la fin de cette idiotie mais visiblement lasse, laissa à l'humoran le soin d'expliquer leurs besoins. Peut-être songeait-elle qu'il serait mieux écouté.

"Bon les mecs, fermez vos gueules et écoutez maint'nant pasqu'on a d'la grosse info là. 'pouvez d'jà dire à vos cartographes qu'y peuvent effacer l'village d'sangs-pourpres qu'est à deux jours d'cabotages à l'ouest. J'sais ça va paraît' dingue mais on y a survécu d'peu à deux trucs de malades... Comment ça s'appelle d'éjà, capt'aine ?", dit-il en tournant la tête vers Mythanorië. "Ah ouais, des carcinos. On dirait des genres d'fruits d'mer. A vot' place j'virerais c'te merde du menu, ça a rendu les femmes et les mioches du bled complèt'ment tarés. 'y nous ont tous attaqués, ils voulaient nous forcer à en bouffer, c'tait un truc de taré."

"En admettant que c'est vrai, comment vous auriez-pu survivre à ça ?", demande l'elfe blanc.

"Parce qu'c'est là qu'le dragon noir d'Oaxaca a déboulé. Ils les a cramé jusqu'aux derniers. Nous, on a juste eu du cul ; on s'est planqué dans un puits d'glace jusqu'à c'qu'y s'barre !"

"Ah bien c'est pratique ça, et qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas vous qui avez pillé le village ? C'est quoi, ces richesses que vous transportez ? Vous avez volé ça à ces pauvres femmes ? C'est ce que vous êtes, des pilleurs, des tueurs de femmes et d'enfants ?!"

"Oh p'tain mais qu'il est con ! T'crois vraiment qu's'y c'était nous qu'avons fait le coup, on t'la raconterais c't'histoire ?! Non ! On fermerait bien nos mouilles en espérant que personne le r'marque, t'crois pas ? Bon écoute ducon, j'vais pas y passer la journée. J't'ai dis la merde qu'c'était là-bas, j'ai fait ma part. Maint'nant, t'comprends qu'not' équipage veut pas faire de vieux os ici alors voilà c'que j'te demande : Tu va m'dire où j'peux trouver des gars pour nous r'tapper notre étrave qu'à bien morfler, où on peut faire le plein de vivres et où j'peux trouver un vendeur d'fluides magiques."

"Il y a tout ce qui faut pour vos réparations et votre ravitaillement au centre des quais. Et si vous avez besoin d'aide pour embarquer, vous avez plusieurs offices de dockers qui vous aideront contre yus sonnants et trébuchants. Pour ce qui est du matériel magique, vous avez le commerce du vieux Toki à la sortie nord de la ville."

"Bah voilà, c'était pas si dur hein ? Ça va cap'taine, j'oublie rien ?"



Dragon Fantôme - Chapitre IV

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Playlist de Mercurio

A propos, j'ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait,
celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué...
C'est la morale des temps nouveaux.
Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur
et ceux qui t'en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur.
Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, tais-toi !

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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Mar 31 Mai 2016 17:06 
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J'avais sciemment laissé Mercurio libre de ses paroles, et il en profita. Il narra l'éradication du village de sang-pourpres bourré de carcinos par le Dragon noir d'Oaxaca. À sa façon bourrue mais claire et directe. Je plissai les yeux à l'accusation de l'elfe blanc. Non seulement il ne semblait pas nous croire, mais en prime il nous accusait d'avoir pillé ledit village. S'il avait su ce que contenait le coffre, il aurait eu l'air stupide. Quel village de pêcheurs pouvait se targuer de posséder argenterie et bijoux en de telles quantités ?

Je n'eus toutefois pas à intervenir. Mercurio défendit plus ou moins adroitement la Rascasse et son équipage. Il souligna une chose toute simple : nous aurions été bien crétins de venir avertir la cité du malheur de la bourgade si nous avions fait le coup. Après tout, il n'y avait pas d'autres témoins que mes hommes et le reptile noir. L'elfe sembla accuser le coup, ou alors peut-être était-ce de se faire traiter comme un abruti par un félin, accompagné d'un arbre et d'une moitié de garzok. Au moins, il nous indiqua tout ce que nous devions savoir : où trouver des artisans pour le navire sur les quais, la localisation d'offices de dockers et aussi une boutique magique.

Je tournai la tête vers le guérisseur lorsqu'il m'interpella. Il semblait vouloir mon avis sur sa prestation. Je pinçai alors l'air entre mon pouce et mon index, puis tapotai le vide au rythme de mes paroles.

"C'é-tait par-fait. L'équipage a eu du flair."

Avoir une grande gueule une fois à terre avait de sacrés avantages. Mercurio était parfait pour représenter le navire et l'équipage. En tous cas, face à des elfes à l'attitude plutôt peu avenante.

Je lui adressai une expression presque complice puis avisai les elfes.

"Bien, merci pour votre collaboration."

Tournant les talons, je rangeai le journal de bord et fis un geste de me suivre à l'intention de Samrik. Le maître d'armes était encore plus silencieux que d'habitude, snobant visiblement les curieux attroupés près de l'entrée. Je croisais les serpentins en pensant aux autres membres de la Rascasse disséminés en ville. Ceux qui avaient du sang elfique pouvaient passer inaperçus, mais les autres... Je me faisais peut-être de la mauvaise sève pour rien, mais la pensée restait ancrée dans ma caboche. Plus vite la Rascasse serait prête à repartir, mieux cela vaudrait. D'un autre côté, notre séjour à terre pouvait nous permettre de rencontrer des sang-pourpres... Si d'aventure ils osaient venir s'informer en ville quant aux événements du village.

"Il sera plus simple de s'occuper de tout ce qui concerne la Rascasse en revenant."

Et surtout, un léger trait possessif me prenait. Il m'apparaissait absurde et surtout impensable de laisser des manieurs de planches et autres porteurs d'outils travailler sur mon vaisseau sans supervision. La Rascasse était ma responsabilité, la preuve que l'ynorien Mazhui et nos frères de la Confrérie m'accordaient leur confiance. Je me refusais la possibilité de tout gâcher par naïveté. Et je comptais bien prouver à ce mesquin Capitaine Thunderhead qu'il avait eu tort de sous-estimer la plante verte que j'étais.

Je rajustai mon tricorne et jetai un regard aux hommes.

"Commençons par la boutique de Toki."

L'espace d'un instant, j'eus envie de leur dire de garder un œil ouvert pour savoir où étaient les nôtres, puis je me ravisai. J'étais leur capitaine, pas un chaperon ou une créature couveuse. L'équipage avait besoin de temps pour lui. Il restait à espérer que nos hommes connaissaient leurs limites, quelles fussent d'ordre physique ou monétaire.

Quelque chose me disait qu'étant responsables d'eux, Mercurio et moi pouvions avoir de la visite, et pas forcément des plus agréables, une fois de retour au navire. Mais là encore, je m'inquiétais certainement pour rien.


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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Mer 1 Juin 2016 22:17 
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Dragon Fantôme - Chapitre III



Dragon Fantôme

Chapitre IV




La capitaine le brossa dans le sens du poil, ajoutant que les gars avait bien fait de le nommer maître d'équipage, le tout avec un petit air charmeur.

Il n'en fallu pas plus à l'humoran pour se sentir fier comme un coq, grand sourire et bombant inconsciemment le torse.

L'oudio remercia poliment les elfes, gentillesse que Mercurio s'empressa de désamorcer avec un grand "C'ça, adieu les nazes ! Et pis, ho, quand même, 'vec tout l'boulot qu'vous avez, vous faites pas un claquage !" en espérant vainement un petit commentaire, rire ou, au moins, sourire de Samrik. Mais que nenni. 'faudrait vraiment qu'il se décoince de temps en temps celui-là, se disait Mercurio. Il était tellement toujours cul-serré qu'il s'en demandait s'il avait toujours en sa possession la capacité physique de péter.

Ils quittèrent les lieux et s'éloignèrent de la troupe des curieux abrutis qui s'étaient agglutinés à la porte comme des chats sur les quais au retour des pêcheurs.
Mythanorië décida alors qu'il était plus sage de commencer par la boutique de fluides magiques. Il n'allait pas se plaindre que l'on s'occupe de ces petites affaires en premier. Surtout qu'il y avait quand même quelques frais à faire.

D'ailleurs, il y pensait, mais outre de quoi régler son problème d'impuissance magique, de quoi retaper Snori et peut-être même, si Gaïa le voulait, de quoi refaire une sorte de mâchoire à Eliwin, il fallait voir le stock de potions à faire.

Il demanda donc aussi sec :
"Cap'taine ? Après c't'escale, on fait cap vers où ?"



Dragon Fantôme - Chapitre V

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 Sujet du message: Re: Le port de Lebher
MessagePosté: Lun 10 Oct 2016 12:07 
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J'avais beau avoir réglé mon différent avec l'insubordination de mon matelot, l'irritation qui en résultait persistait. C'était à la fois grisant et effrayant. Avant de connaître la Confrérie, jamais mon ressenti n'avait été aussi fort, aussi apte à motiver mes actes, aussi... Semblable à celui des sang-rouges. Alors que mes bottes claquaient tandis que je me dirigeais vers le port, mon regard clair se posa sur ma main. Celle qui avait saisi le demi-garzok à la gorge. Je percevais encore la pulsation contre mon écorce. Heureusement pour lui qu'il était costaud, et que mes serpentins n'étaient pas d'une nature tranchante, sans quoi... Brièvement, je me mis à imaginer la couleur carmin glisser entre les sillons de ma paume. Comme de l'eau, mais en plus épais. D'une beauté étrange, mais aussi d'une tristesse innommable, car signifiant qu'une vie était sur le déclin.

Ma vision fut perturbée par un à-coup, lorsqu'un journalier du port percuta accidentellement mon épaule. L'elfe de grande taille portait un empilement de deux caissettes en bois sombre masquant en partie sa vue, et le choc le fit chanceler d'un côté et de l'autre, à grands renforts de sons étranges.

"Hé ! Ho ! Houl... Lààà ! Houlààà ! Non !"

La vue chassa l'étouffant sentiment macabre qui commençait à m'envahir, et j'allongeai les foulées. Passant à côté de lui, je plaquai mes serpentins contre les caisses, aidant à les stabiliser. Après quelques instants de tremblement, la tête blonde passa sur le côté, affichant un grand sourire. Son remerciement s'amorça, mais quand il remarqua quelques détails quant à mon aspect, le mot stoppa net. À la place, ce fut une lueur étrangement brillante et me causant de l'inconfort que je vis dans ses yeux. Regard particulier s'il en était, car l’œil gauche était bleu et le droit marron.

Encore quelque peu remontée par mon altercation récente, je ne fis que saisir le bord de mon tricorne pour le saluer, et me diriger vers les ateliers du port. Et derrière moi, le bruit de claquement de bottes se faisait, persistant, s'arrêtant quand je cessais de progresser, passant aux même endroits que moi. J'augmentai le rythme de mes pas jusqu'à un chantier naval, avant de me retourner brutalement. Et de voir l'elfe blond, les caisses en appui contre une paroi, à continuer de me détailler. Ma langue claqua d'elle-même. Je lui adressai un regard glacé, répondant à l'artisan venu s'enquérir de ma venue.

"Certains par chez vous aiment faire semblant d'être utiles."

Ciblé par les regards, l'importun s'éclipsa, aussi vivement que le transport d'objets aussi encombrants le permettait, et non sans me laisser méfiante. Après m'être présentée et avoir requis des artisans pour l'entretien de la Rascasse, je me vis accompagnée d'un elfe blanc et d'un bleu. Visiblement, mes descriptions de l'état du vaisseau ne suffisaient pas. Ou alors, j'avais pour une fois affaire à des êtres consciencieux et aimant le travail bien fait.

Alors que nous empruntions la voie vers le lieu de mouillage de mon navire, j'aperçus une silhouette familière. Mon ami Nahöriel, accroupi, à scruter le mouvement de petits navires entrant ou quittant la rade. N'était-il pas parti en compagnie de la Prêtresse ? Je l'appelai, mais il n'y réagit pas, m'incitant à indiquer la Rascasse à ceux qui me suivaient en les laissant prendre de l'avance, et à bifurquer vers lui. Il fallut le sourd claquement de mes bottes à côté de lui pour que le semi-humain tressaillît, avant de braquer des yeux écarquillés dans ma direction. Après m'avoir reconnu, il changea d'expression. Quelque part, j'étais persuadée que s'il n'était pas mécontent de me voir, il s'était surtout attendu à la venue de quelqu'un d'autre. Il avait une chose sur la conscience, car il ne me targua pas de son habituel "Mytha'" ou "Cap'taine Mytha". Appuyant sur la garde de mon épée pour que le fourreau ne ripât pas au sol, je pris place à côté de lui, posant la réserve d'essences à côté de moi, sans rien dire.

La vue avait quelque chose de nostalgique. Le bruit d'un port animé, le mouvement des dockers, le clapotis des vagues contre les pontons. Tout concourait à ramener le souvenir de ce moment passé sur le port de Tulorim, lorsque nous avions pris conscience tous deux du lien d'amitié que nous avions forgé. Un moment de paix, avant d'entrer dans ce bureau de la Confrérie. Avant... Tous les événements plus ou moins incroyables nous menant à ce jour.

Petit poids contre mon épaule, d'un Nahöriel appuyant la sienne dessus. Pas besoin de le regarder pour savoir.

"C'compliqué les femmes."

Silencieuse, je songeai qu'une seule représentante de la gente féminine devait être désignée par cette phrase. Et la suite de la discussion me le confirma.

"Mais c'pour... C'est pour la force de caractère qu'elle a que je l'aime tant."

"Tu as quand même fait des progrès. Maintenant, tu peux le dire sans bafouiller."

"Eh, c'est pas très sympa ça, Mytha'."

"Vraiment ?"

À mon air moqueur, le demi-elfe offrit une expression boudeuse. Il poussa un soupir, et un petit sourire lui revint. Il cala une mèche brune derrière l'oreille porteuse de l'anneau d'or, et inspira longuement. Sa peau mate avait un peu bruni après notre séjour en mer, sa musculature s'était un peu affirmée aussi, mais en gros, c'était toujours celui que j'avais rencontré contre mon gré à Yarthiss. Sauf qu'il avait gagné en maturité.

Je pris une profonde inspiration à mon tour, me demandant ce que mon camarade pouvait bien ressentir en ce moment. J'avais beau connaître les sentiments tels que la colère, la peine et l'affection, ce qu'il éprouvait à la pensée de la Prêtresse demeurait un mystère à mes yeux clairs. Il y avait bien des mots que l'Ancien avait tenté de me faire comprendre dans les relations entre vivants, comme la jalousie, la possessivité, le désir... Mais c'était comme si les notions se heurtaient à ma nature elle-même. Je n'avais pas la moindre idée de ce que cela faisait ressentir, et n'avais trace de cela qu'à travers les réactions de mon ami.

Je demeurai un moment à ses côtés, puis me rappelai que je devais quand même rejoindre le binôme d'artisans à bord, et rapporter les achats à l'infirmerie de bord. À peine fus-je debout que Nahöriel m'interpella, m'offrant un visage détendu, et même résolu.

"T'inquiète pas. J'vais tout faire pour qu'elle comme toi soyez fières de moi ! Parole de Nahö' !"

"Je n'en doute pas. Mais un conseil... C'est à elle que tu devrais aller dire ça."

Le demi-elfe effleura la cicatrice de sa pommette avec amusement, et je ne résistai pas à l'envie de l'ébouriffer un brin avant de me remettre en route. Nahöriel avait cet incroyable don de chasser mes pensées négatives, volontairement ou pas, d'ailleurs. C'était peut-être pour ça qu'en m'éloignant de lui et en retournant auprès de la Rascasse, ma méfiance reprit le dessus.

Non loin du ponton où mouillait mon navire, quelque chose qui aurait du être anodin attira mon attention. Maladroitement empilées, et abandonnées, elles étaient là, m'incitant à hâter le pas vers la Rascasse, la main sur la garde de ma lame.

Les deux caissettes de l'ennuyant elfe blond.


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