L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 1 Nov 2013 22:26 
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>>La demeure familiale - partie I

La demeure familiale - partie II


Les arbres immenses qui soutenaient une partie de la ville de Cuilnen ne cessaient d'étonner Océma, même après 30 ans à les voir elle leur trouvait toujours un attrait envoûtant. Des êtres si imposant n'étaient d'ailleurs pas dénués d'énergie, on pouvait presque sentir le fluide les parcourir. Si elle trouvait idiot de tenir un commerce dans un arbre, le jardin de la demeure était une réussite incontestable.
À l'ombre de l'immense feuillage, il s'étalait tout en long sur une grosse branche. On avait ramené de la terre et pour y faire des plantations : arbustes multicolores, massifs de fleurs odorants, quelques arbres aux feuilles d'or même. Le gazon était impeccablement entretenu par les employés de maison et il était agréable de s'y promener pieds nus. Par un jeu de morceau de bois la rosée et les pluies étaient récupérées pour terminer en cascade dans les grands bassins que formait naturellement l'écorce de l'arbre. Il s'y étalaient des nénuphars, et toutes sortes d'oiseaux s'installaient sur les rives, faisant résonner l'endroit de leurs chants. Un ensemble de passerelles harmonisait le tout et permettait de circuler à sa convenance. Si l'on approchait des barrières pour se pencher on pouvait voir la ville et le réseau de passerelles descendre vers la ville-basse. Au dessus se dessinait le haut-quartier, forteresse imprenable, plus belle que tout chose disait-on, mais ce jardin était fait pour rivaliser avec ce qu'on y trouvait.

Océma quitta sa robe fatiguée et laissa le vent caresser sa peau nue tout en déambulant sur les passerelles. Derrière elle quelques servantes faisaient rentrer les jardiniers. Ils ne manqueraient pas, bien sur, de rapporter le peu de pudeurs de la maîtresse Océma. Mais elle profitait de l'instant et c'est tout ce qui lui importait. L'air tiède la faisait parfois frissonner et le soleil, lorsqu'il traversait les feuillages, apportait une chaleur bienvenue. Elle fermait alors les yeux, souriait, et le monde pouvait bien disparaitre elle n'en avait plus conscience.

Oh! Océma est venue nous voir ?

Torië... Ta voix ne change pas, toujours aussi douce, toujours aussi agréable. Ce jardin et ton discours sont bien les seules choses qui seraient capables de me retenir ici pour toujours.

Et Inilia?

La jeune femme ne bougea pas, elle était allongée prêt d'un bassin, les yeux toujours clos. Non, elle n'oubliait pas Inilia. Mais Torië, sa jolie belle-sœur au sang elfique, n'était pas coutumière des sarcasmes. La maison était donc au courant? Manoeuvrait-on déjà? Elle roula sur la hanche et bascula dans l'eau fraîche.
Les sons étouffés et les sensations uniformes donnaient à Océma l'impression de sécurité, elle aurait voulu rester là longtemps mais sle souffle lui manqua rapidement. Elle émergea et posa ses grands yeux bleu sur la demi-elfe. Son frère avait réussi là où elle avait échoué : il s'était marié avec la fille d'une grande famille de sang elfique de Cuilnen, et en plus de renforcer sa position en ville il avait obtenu une femme aux mœurs douces, sans malignité et d'une beauté incomparable.

Les mots de mon frère ne te siéent pas Torië.

C'est ce que j'ai dit à Nalil: personne ne trompe Océma. Mais je suis aussi triste de voir partir ma sœur, bien que ses visites soient rares, je les apprécie. Et je crois sincèrement qu'Inilia regrettera également sa mère.

Océma plongea la tête sous l'eau et ferma les yeux, elle ne voulait pas en entendre plus. Des remous la poussèrent à soulever les paupières. Elle vit descendre les deux longues jambes de l'elfe et, surprise, elle remonta à la surface. Le beau regard vert de sa demi-soeur était posé sur elle. Un regard direct, franc, qui ne cherchait rien, qui allait au delà des apparences et transperçait tous les secrets. On pouvait s'abîmer durant des heures dans ces yeux là. Ce fut Torië qui tourna la tête la première.

Pour nous, vous êtes comme des enfants. Mais Océma est une enfant particulière, plus jeune que les autres. Elle n'est pas différente d'Inilia parfois. De quoi à peur Océma? Elle se cache, elle fuit et ne reste pas en place. Elle ne veut pas regarder le monde, elle a trop de questions. Zewen accorde un temps trop court aux Humains pour qu'ils se questionnent.

J'ai décidé Torië... J'ai décidé : je pars, non pas pour retrouver le père d'Inilia, enfin... Peut-être, si je le croise. Mais ce n'est pas pour lui! Je ne peux pas rester ici, c'est tout.

Océma est bienvenue dans ma demeure et dans ma cité.

La jeune femme grimaça. On ne pouvait pas tergiverser avec un elfe. Elle ne s'en sortirait pas avec des jeux de langage ou des histoires pour enfants. C'était peut-être une chance : celle d'être certaine de sa décision. Si elle pouvait convaincre sa belle-sœur alors elle partirait plus forte. Elle prit une profonde inspiration et laissa remonter ses doutes qui la submergèrent vite.

J'ai l'impression d'abandonner ma fille, oui. Peut-être que je pars à la poursuite d'un amour à jamais perdu ? Je ne sais pas. Ce n'est pas la première chose à laquelle je pense, mais je mentirai en disant que cela ne m'importe pas. Il y a autre chose aussi, quelque chose de plus diffus, quelque chose qui date d'avant Inilia, avant son père. Une attirance vers l'extérieur, une soif de savoir, une curiosité ineffable qui me pousse à toujours couper mes attaches pour être libre. C'est comme chercher une réponse à une question que je ne connais pas. Peut-être que je cherche la question aussi, avant d'y répondre.
Je m'en remets à toi Torië, dans cette maison tu es la seule à qui je voudrais confier Inilia. Elle est vraiment née d'une union amoureuse tu sais. Oh ! Oui ! On s'est aimé. Et ça, les sarcasmes ne me l'enlèveront jamais. Elle était un accident qui m'a coupé de ma famille, je m'en suis presque débarrassé, mais je veux qu'elle soit heureuse. Elle peut être heureuse sans moi : si tu t'en occupes. Je dois partir ou je me perds.


Torië écoutait avec attention les propos de sa sœur, sans la couper alors même que le discours n'avait pas de sens. C'était un mélange d'émotions contradictoires qui se cachait bien mal sous la raison. Le flux s'épuisa et laissa la jeune femme honteuse, c'était à peine plus qu'un débordement juvénile, touchant de maladresse. Elle pensa à replonger sous l'eau.

Océma est pleine de trop de sentiments. Partir lui fera du bien, pour en oublier certains. Je vais m'occuper d'Inilia, elle doit d'abord dire adieu à sa mère.

L'elfe quitta le bassin et revêtit sa robe. Sa sollicitude avait quelque chose d'amer pour Océma, elle était comme une enfant à qui l'on vient de céder un caprice. Elle allait donc partir en fuyarde, laissant ses devoirs à la charge d'un autre comme elle l'avait toujours fait. Elle se rendit compte qu'au fond elle aurait souhaité être retenue, la bataille l'aurait conforté dans ses convictions. Mais bataille il n'y eut point.
Inilia arriva avec sa grand-mère qui cachait mal son contentement de voir disparaître bientôt l'unique tâche sur son honneur. Et c'en fut trop pour la jeune femme. Elle se leva d'un bond et, sans même récupérer sa pauvre robe sale, elle passa devant sa famille les yeux rivés au sol. La petite fille recula de surprise devant la fureur apparente de sa mère et se cacha dans les jupes de la vieille femme qui exultait.

Torië attendait dans le grand hall, assise sur l'escalier, une robe neuve et quelques biscuits sur les genoux, l'air triste. Sa belle-sœur entra en trombe et se dirigea droit vers la porte. Mais l'elfe fut plus vive et s'interposa, sans brusquerie : elle semblait n'avoir fait qu'un pas et s'être toujours trouvée entre la jeune femme et la porte.

Alors Océma n'a pas pu faire ses adieux. Qu'elle prenne au moins cette robe et ce pain. Qu'elle fasse bon voyage, je prierai pour qu'elle trouve des réponses. Je tiendrais ma promesse jusqu'au retour de ma sœur. Zewen la guide.

Yuimen te protège et protège cette maison Torië. Merci pour tout.

Elle se vêtit et passa la porte, le visage fermé. Une colère incontrôlable, tournée vers elle-même, lui serrait la poitrine et elle se mit à courir sur les passerelles comme pour la distancer. L'image d'Inilia voulait s'imposer à son esprit et elle courut encore, jusqu'à être au milieu de la forêt, sans autres sons audible que ceux de la nature.

>>un voyage onirique - partie I

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Dernière édition par Ocema le Ven 6 Déc 2013 20:16, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 18 Nov 2013 17:09 
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Cela fait maintenant deux que je suis hébergée chez ma sœur à Cuilnen. Peu de temps après mon arrivée Vivià a rencontré l’amour et la célébration de leur union ne tarda pas à venir. Grâce à Yuimen il a accepté ma présence à leur côté. Il faut bien dire aussi que ma sœur ne lui a pas laissé le choix même si j’étais prête à me trouver un toit, elle ne voulait pas que l’on se sépare à cause des traditions. Et en parlant de ça, elle me tanne sans cesse pour que je me cherche un compagnon mais, pour le moment, je ne suis pas prête. Les journées se déroulent toutes sur un rythme similaire : je me charge du petit déjeuner, mon beau-frère du déjeuner et ma sœur du dîner. Mais en ce moment un heureux événement cloue Vivià sur sa couche. Ce matin-là alors que je prépare un plateau pour ma sœur, j’ai la surprise de la voir attablée.

« Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu sais bien que le médecin t’a conseillé de rester alitée, tu n’es pas raisonnable ! »

« Je n’en peux plus d’attendre seule… Je m’ennuie moi la journée. Entre toi qui passe ton temps à étudier dehors et Lilian qui travail, le temps me semble long. »

« Je comprends ma sœur mais néanmoins, ce n’est pas bien. »


Nous partons alors dans une atmosphère de détente et de rires. Ma sœur me prie de lui raconter mes dernières découvertes au sujet de mes études de magie. Je dois avouer qu’en deux ans j’ai l’impression de n’avoir rien apprit, je suis toujours au même stade. Je ne m’attendais pas à ce que l’apprentissage de cet art particulier soit si difficile. On n’a rien sans rien ! Le vieux dicton de ma mère est plus que jamais. En pensant à elle je remarque que cela fait longtemps que je ne suis pas allée la voir, il serait temps que j’y pense.

Je regarde ma sœur qui dans peu de temps sera mère à son tour. Un sourire tendre s’étire sur mes lèvres à cette pensée. Prendre soin d’un enfant doit être une expérience des plus joyeuse à vivre. Une fois de plus Vivià me taquine sur le manque d’intérêt que je porte à la gente masculine. Je ne sais pas d’où cela peut-il venir… Est-ce l’absence de mon père qui n’a pas fait tellement partit de ma vie ? Possible mais Vivià ne semble pas rencontré ce problème ? Bah, ça viendra en son temps ! Pour le moment je ne me vois pas mariée et mère. L’heure tourne et je dois me préparer pour allée au marché acheter quelques légumes pour le repas du midi.

Je prends donc congé et me dirige vers mes quartiers. Je suis logée dans la plus petite chambre de la maison mais cela me convient parfaitement. Elle se trouve sous les toits et le climat y est chaleureux. Dans cette pièce je suis « chez moi », encore plus que dans le reste de la maison. Lorsque je suis arrivée il y a deux ans, Vivià m’a dit que je pouvais faire de cette pièce absolument tout ce que je voulais. Aujourd’hui je la remercie pour du fond du cœur et je bénis les dieux de m’avoir donné une sœur aussi douce et proche de moi. Elle a rendu mon départ du foyer maternelle, plus simple. Je n’imagine pas ma vie sans elle et par extension, sans Lilian et leur futur enfant.

Ma chambre est mon temple personnel dédié à la nature. J’ai recouvert le sol de feuilles d’automne pour les saisons froides et je les remplace par des fleurs durant les saisons plus chaudes. J’ai moi-même fabriqué le cadran de mon lit à partir de branches de chêne que je suis allée ramasser dans les bois alentours et pour parfaire ce lieu de paix, un bâton d’encens brûle en permanence. En face de ma couche se trouve un bureau au pied duquel sont entassés tous les ouvrages d’Elie, ma grand-mère que je n’ai encore jamais rencontrée. Je ne me sens pas encore digne de son héritage et je veux avoir un minimum de connaissances avant de me rendre à la Sororité où elle s’est retirée.

Je me dirige vers la bassine d’eau afin de me laver. Je pose délicatement ma robe sur les couvertures et plonge un linge dans le liquide chaud parfumé par mes soins. L’eau coule délicatement sur ma peau. La toilette est pour moi un vrai plaisir, je pourrais y passer des heures. Alors que je me délecte de ce moment, des coups répétés à ma porte me sorte de ma rêverie.

« Oui une seconde ! »

Rapidement j’attrape un linge et le passe autour de mon corps encore humide avant d’allée ouvrir la porte. Lilian est sur le palier. Je rougis car je ne m’attendais pas à ce que se soit lui. D’ordinaire il n’y a que ma sœur qui vient pour me dire qu’il est l’heure de manger ou si elle a besoin de quelque chose.

« Excuse-moi Syvià de te déranger. Pourrais-tu venir rapidement au salon, ta sœur commence à avoir très mal au ventre et je pense que c’est le moment tant attendu ! Elle ne peut pas bouger. »

« Oh par tous les dieux ! J’arrive tout de suite !! »


Sans même prendre la peine de refermer la porte, je me presse pour me sécher, j’enfile ma robe en quatrième vitesse et je me précipite au salon où Vivià est en train visiblement de souffrir le martyre. Je viens vers elle et je m’agenouille à ses côtés.

« Oh Vivià ! Comment te sens-tu ? »

« Écartelée !!! »


Elle me hurle littéralement aux oreilles et cela provoque chez moi une réaction inattendue : je suis prise d’un fou rire incontrôlable ! C’est le résultat de l’excitation mêlée à l’angoisse que quelque chose tourne mal. Vivià respire avec précipitation et la sueur perle son front et coule doucement mais avec abondance sur le reste de son corps. Alors que Lilian s’apprête à partir je lui demande de m’apporter une bassine d’eau froide. Il s’exécute et disparaît. Quant à moi, avec l’aide d’un linge, j’humidifie le visage de ma sœur pour lui apporter un tant soit peu de confort.

« Sy… Syvià ? »

« Chut. Ne dis rien et essais de te calmer, respire doucement. »

« Non… Je veux te demander quelque chose… Ah… Oh lala je ne m’attendais pas à ça ! Qu’est-ce que c’est douloureux !! »

« Eh bien si tu voulais me convaincre de me mettre vite à la recherche d’un époux pour fonder une famille, tu viens de rater ton coup ! Que voulais-tu me demander ? »

« Accepterais-tu de bénir l’enfant ? »

« Euh... Oui avec plaisir mais je ne suis pas habilitée pour cela ma chérie. »

« Je sais. Nous nous rendrons au temple pour cela. Se serait symbolique tu vois. Une sorte de bénédiction de sa famille. »

« Tu me fais un grand honneur ma sœur. J’accepte et maintenant concentre toi et essaie de te détendre, Lilian ne devrait pas tarder. »


Les minutes s’écoulent et je commence à avoir peur que le futur papa n’arrive pas à temps.

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Dernière édition par Syvià le Sam 30 Nov 2013 00:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 19 Nov 2013 01:01 
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Cela fait maintenant plus de quinze minute que mon beau-frère est parti chercher le médecin et pour le moment, personne n’est de retour. À mes côtés Vivià souffre de plus en plus, éponger son front devient insuffisant. Elle pousse des cris de douleur insoutenable pour mes oreilles. Je commence à paniquer sérieusement car je ne sais comment gérer la situation. Non mais c’est vrai, que dois-je faire.

« Raaaaaah !!! Syvià je t’en prie aide-moi !! »

« Je veux bien mais je ne sais pas quoi faire !!! »


La panique nous submerge lorsque soudain la porte s’ouvre, faisant apparaître Lilian et le médecin. Yuimen soit loué ! Nous voyant dans un état de quasi hystérie, le médecin se précipite et je cède ma place au futur papa au chevet de ma sœur. Pour ma part je retombe à genoux et j’essaie de faire redescendre mon rythme cardiaque. Alors que ma sœur s’égosille de plus belle. Je finis par me ressaisir et m’avance à quatre pattes pour me placer de l’autre côté de Vivià.

« Tu es géniale mon amour ! Courage ! »

« Je te préviens mon cœur !! On ne refait pas ça avant dix ans ! »


Alors que Lilian et moi-même éclatons de rire face à cette remarque, qui fait clairement écho à notre propre histoire, ma sœur pousse un ultime hurlement. Elle relâche toute la tension, renverse sa tête en arrière et là, un petit cri retenti et toute notre attention se tourne sur le petit être qui vient de naître. Nous sourions tous trois comme des imbéciles heureux. Le médecin place l’enfant dans les bras de se mère toute tremblante. Il félicite les heureux parents qui reçoivent en ce jour une magnifique petite elfe. Elle est d’une beauté saisissante.

« Elle a tes yeux ma belle… Elle est parfaite ! Félicitations à vous deux ! »

« Merci… C’est vrai que tu es belle ma petite Luna. Tu es la plus belle ! »

« C’est un prénom magnifique mon cœur. »


Après un chaste baiser Luna redevient le centre d’intérêt de la pièce. Soudain je remarque le médecin qui est dans la cuisine en train de se laver les mains. Nous étions tellement obnubilés par la naissance de l’enfant que nous avons oublié la présence du médecin. Je me redresse pour me diriger vers la cuisine et remercier l’homme qui vient de venir en aide à ma sœur.

« Oh je n’ai pas fait grand chose, c’est surtout Vivià qui a fait tout le travail, dit-il en rigolant. Bon je dois retourner au cabinet. Reposez-vous bien et n’hésitez pas à venir me chercher s’il y a quoi que se soit d’anormal. »

« Bien sûr, merci encore docteur. »

Sur ces paroles le docteur s’en va en toute discrétion. Soudain un éclair de lucidité traverse mon esprit. Cela faisait des semaines que je préparais un cadeau pour la naissance de l’enfant. Je fonce dans ma chambre sous le regard intrigué de Lilian et de ma sœur. Une fois arrivée dans mon repaire, j’ouvre le placard et en sort un berceau que j‘ai fabriqué à partir de bois de hêtre, arbre symbole entre autre de la douceur, la joie ou encore la féminité, le hasard fait bien les choses. Je place mon grimoire de magie dans le berceau et repars vers le salon pour offrir mon présent à Luna.

« Tu te demandais ce que je faisais de mes journée ma sœur. Et bien voilà ! Je préparais un cadeau pour la puce, son premier lit ! Fais maison je tiens à le souligner. »

« Syvià… Euh je ne sais pas quoi dire… Merci pour elle !

« Il est superbe Syvià ! Tu es une petite cachotière, je n’ai rien vu venir. »


Je suis ravie que mon cadeau fasse mouche. Lilian prend sa fille dans ses bras pendant que j’aide ma sœur à venir s’asseoir sur un fauteuil. Lorsque j’observe ce touchant tableau de famille je ne peux m’empêcher de me questionner sur ma propre venue au monde. Mes parents étaient-ils aussi heureux que ma sœur et son mari en ce moment ? Après tout je suis la deuxième venue, ils n’avaient peut-être pas planifié d’avoir un second enfant.

« Qu’y a-t-il soeurette ? Quelque chose ne va pas ? »

« Oh non ne t’en fais pas. J’étais perdue dans mes pensées. Alors, veux-tu toujours que je fasse ce que tu m’as demandé ? »

« Oui bien sûr. »


Je rapproche le berceau près de la maman qui, à ma grande surprise, me tend la petite Luna. Prise de court je la prends dans mes bras et quelque chose de curieux passe entre elle et moi. Je ne saurais pas mettre de mot sur ce sentiment mais pour essayer de résumer je dirais que, quand nos regards se croisent, j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Je saisis mon grimoire et place Luna dans son landau.

Mon grimoire est l’essence de ma magie. Même si je ne vais lui jeter un sort, je veux adresser une prière à Yuimen et je m’imagine peut-être bêtement qu’avoir mon grimoire est un plus.

« En ce jour béni, je te prie Yuimen d’accorder ta bienveillance à cette petite fille. Puisse-t-elle être toujours guidée par de nobles pensées, être protégée par ton regard sur elle. »

Je continue mentalement ma demande à Yuimen pour que l’avenir de Luna se présente à elle sous les meilleurs auspices. Je me concentre sur mes fluides magiques et lorsque je les sens à la surface de mes paumes, je ferme les yeux en plaçant mes mains l’une au-dessus de l’autre. Après quelques secondes supplémentaires une magnifique couronne de fleurs que je pose délicatement sur le front de ma nièce. Je la reprends dans mes bras et je dois avouer qu’une légère envie de devenir mère à mon tour me titille.

« Bienvenue sur cette Terre, Luna. Tiens jeune maman. »

Ma sœur a les larmes aux yeux lorsqu’elle reprend sa fille dans ses bras. Les deux parents s’embrasse de nouveau avec plus d’élan que lorsque le médecin était présent. Au bout d’une minute Vivià montre les signes d’une grande fatigue. Je transporte rapidement le berceau dans la suite parentale et défais le lit afin que ma sœur puisse se coucher rapidement. Elle ne tarde pas à arriver avec sa fille et soutenue par Lilian. J’ai volontairement placé le berceau près du lit afin qu’elle n’ait pas trop besoin de bouger. Lilian s’excuse mais il souhaite prendre congé car il veut rester veiller sur sa femme.

« Ne sois pas bête ! Cela me paraît complètement évident. Reposez-vous bien. Je vais aller faire un tour dans les bois histoire de me dégourdir les jambes. Je reviens pour le dîner et ne vous inquiétez de rien, c’est moi qui prépare. »

« Merci Syvià ! Luna a une tante du tonnerre ! »


Je lève les yeux au ciel fasse à cette remarque, embrasse tendrement le front de Vivià qui est déjà partie dans un profond sommeil et tourne les talons direction ma chambre. Je rassemble deux trois choses dans mon sac, prends un châle au cas la température se rafraîchirait et je sors aussi discrètement que possible.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Sam 30 Nov 2013 00:43 
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Je rentre en quatrième vitesse chez ma sœur. Mon esprit bouillonne de mille et une question. Lorsque je franchis le seuil de la porte le silence règne en maître dans la demeure. Je comprends rapidement que la petite famille dort. Discrètement je me dirige dans mon antre et m’y enferme. Il me faut un moment, seule, pour réaliser ce qu’il vient de se passer.

Alors que j’étais tranquillement en train d’apprendre un sort, dont je n’ai même pas pris le temps de savourer la réussite, une femme m’avait trouvé. Cependant je ne peux pas occulter le hasard qu’il y a eu et ce autant pour moi que pour elle. Ma grand-mère avait arrangé cette rencontre il y a de cela des années. Comment pouvait-elle savoir que ma mère avait accouché de deux filles ? Cela me trouble, il va falloir que j’aie une conversation sérieuse avec ma mère. De toute façon il va bien falloir que je lui apprenne qu’elle est grand-mère à son tour.

Après une minute de réflexion je m’empare d’un parchemin pour noter le titre de l’ouvrage du père d’Ilizà, La mélodie de l’air. Elle m’a dit que je devais me rendre à la bibliothèque et soudain quelque chose surgit dans mon esprit. Je relis le papier qu’Elie avait confié à son amie et un détail m’apparaît clairement : si je veux suivre cette piste, il va me falloir quitter le confort du foyer de ma sœur. Il me faut peser le pour et le contre.

Je ne suis pas réjouie à l’idée de partir de Cuilnen. Cela fait maintenant deux ans que je suis installée ici, même si je n’ai pas vraiment d’amis, je me plais dans cette cité. Ma vie est bien réglée, je suis proche des connaissances magiques offertes par la bibliothèque, je suis entourée de ma famille bien que ma mère soit dans la forêt qui borde la cite. Je suis très attachée à l’esprit de famille et les quitter, surtout après la naissance de ma nièce, est une chose que je n’imagine pas.

Mais d’un autre côté, j’ai le caractère d’une fille qui aime l’aventure. J’ai envie de découvrir et de parcourir le richissime monde de Yuimen. Je me suis toujours dit qu’un jour, lorsque je maîtriserais mieux ma magie de terre, je partirais car je ne veux pas restée pour toujours dans cette région. Je ne m’attendais pas à ce que ce choix se présente si tôt à moi. Déjà il me faut répondre à une question : est-ce que je me sens prête pour effectuer ce voyage qui promet d’être une véritable quête spirituelle ? Cela va être intense, suis-je donc prête pour ce profond changement ?

Mes réflexions sont interrompues par des coups répétés à ma porte. Je m’étais assise sur mon lit, je me lève donc pour aller ouvrir et j’accueille ma sœur qui remarque tout de suite ma préoccupation de l’instant. Elle me fais signe de me taire, pénètre dans mon sanctuaire et referme la porte derrière elle.

« Excuse-moi soeurette mais Lilian dort toujours, ainsi que Luna. Je ne voudrais pas les réveiller. »

« Ne t’en fais pas ma chérie. Tu n’as pas à te justifier. »


En disant cela j’invite, d’un geste de la main, Vivià à se poser avec moi sur ma couche.

« Que se passe-t-il Syvià ? »

Je rigole doucement. Décidément, elle sait toujours quand je n’ai pas l’esprit tranquille.

« Je ne peux jamais rien te cacher, c’est énervant !, lui dis-je en prenant un air faussement contrarié auquel elle me répond en souriant. Je dois prendre une décision importante Vivià… Si tu savais… »

« Ne fais pas ta timide, veux-tu ! Raconte-moi. »


Après un soupir car je redoute la réaction de ma sœur, je me lance. Je commence par le tout début : ma tentative plus ou moins réussi de l’apprentissage du sort Escalier. Elle me félicite et je calme ses ardeurs en disant que je n’avais fait sortir de terre qu’une seule marche, j’ai fait un palier si l’on peut dire. Je ne préfère pas crier victoire trop vite. Puis je passe à la suite bien plus troublante.

Vivià m’écoute avec attention et je peux lire la surprise sur son visage. Lorsque j’arrive à la révélation que cette hinïone connais notre grand-mère, elle ne peut retenir un hoquet de stupeur. Et je continue en lui montrant le mot dans le grimoire suivit de la lettre qu’Ilizà m’a donnée un peu plus tôt. Je finis par lui faire part de mes soupçons.

« Il y a quand même quelque chose que je trouve étrange… »

« Une seule ? C’est tout ? Personnellement je trouve tout ceci très bizarre… Quel est le détail qui te chagrine ? »

« Elie a remit ce mot il y a des années à Ilizà. Comment pouvait-elle savoir qu’elle avait des petits enfants ? »

« Oui c’est vrai… Je n’y ai même pas pensé… »


Génial, ma sœur est aussi perdue que moi. Nous restons silencieuses pendant une longue minute, chacune essayant de démêler ce sac de nœuds. Je finis par rompre le silence.

« Inutile que l’on se prenne la tête, il suffit de demander à maman. Elle seule pourra nous apporter la réponse. »

« Oui c’est certain. Ton air préoccupé quand je suis arrivée était du à cela ? »

« Oui et non… Vivia, tu sais que j’ai toujours voulu connaître grand-mère. Seulement pour la trouver il va me falloir partir et ce pour longtemps… Penses-tu que je sois prête ? »

« Je ne m’attendais pas à ce que tu me demandes ça… Laisses-moi une minute… »


Elle se plonge dans ses pensées. Le temps s’étire et je sens monter la pression en moi. Je veux un avis donné en toute honnêteté et en même temps, je me sentirais vexée si elle pense que je ne suis pas assez mature pour partir à l’aventure. Et finalement la réponse tombe.

« Tu as toujours été quelqu’un de courageux soeurette. Tu me manqueras cela est certain mais il serait égoïste de te demander de rester. De plus je pense que cela t’apportera quelque chose de très positif pour ton apprentissage magique. Je ne peux pas te dire si tu es assez forte pour partir comme ça alors je te dirais juste une chose : ce n’est pas en restant à Cuilnen que tu découvriras le monde. Et tu seras toujours la bienvenue ici. »

« Merci Vivia. Je t’avoue que je suis perdue. J’ai attendu ce moment avec tellement d’envie… Mais là… Ça arrive tout simplement trop vite. »

« Alors peut-être qu’une discussion ouverte avec notre mère t’apportera plus de clarté. »

« Oui.. Elle saura sans doute m’aider à clarifier tout cela. Merci de m’avoir écouté ma sœur. »


L’émotion dans ma voix est telle, qu’elle franchit les quelques centimètres qui nous sépare et me prend dans ses bras. Je me laisse aller à cette étreinte avec soulagement. Ma sœur a toujours su, à sa manière, être présente pour moi. C’est simple, je ne sais pas ce que je ferais sans elle. Bientôt nous sommes interrompues par de nouveaux coups donnés à ma porte et Lilian apparaît dans l’embrasure de la porte portant la petite Luna.

« Désolé de vous déranger mais je dois avouer que je commence à avoir faim. Le soleil est d’ailleurs en train d’amorcer son couché. »

« QUOI ?!! Déjà ? Oh mince, je n’ai pas vu le temps passé et avec tout ça j’ai oublié d’aller chercher les légumes !! »


Alors que je me lève précipitamment, ma sœur me stoppe dans mon élan.

« Du calme Syvià ! Il nous en reste un peu d’hier, on va se débrouiller avec. Cela te va mon amour ? »

« Oui parfaitement ! De toute façon on ne va se lancer dans un plat gastronomique, même si j’ai faim je suis fatigué. »

« Voilà, tout est arrangé ! Allons préparer tout ça. »


Tout le petit monde sort de ma chambre. Je les suis avec une pointe de retard le temps de ranger mon grimoire de magie dans un endroit connu de moi, seule.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 1 Déc 2013 21:12 
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Le repas se déroule dans une ambiance sereine malgré le fait que je sois complètement ailleurs. La conversation avec Vivià fut positive mais j’en suis toujours au même point, je ne vois pas quelle décision prendre. Je mange peu, mon estomac est noué à cause de mon esprit tourmenté et cela n’échappe pas à l’œil expert de ma sœur qui me ressert une seconde platée aussitôt que j’ai fini la première.

« Oh non Vivià, je t’en prie !! Je ne peux plus rien avaler. »

« Taratata !! Mange ! Si tu veux te lancer à l’aventure, tu dois prendre des forces alors tu n’as pas ton mon à dire ! »

Je peste intérieurement contre elle, même si je dois reconnaître qu’elle a raison. Si jamais mon cœur me dicte de partir, il me faudra être forte et organisée. Comment ferais-je pour les repas ? Pour me changer et me laver ? Ohlala, trop de choses auxquelles je n’ai pas de réponses. La nuit va me porter conseil ! Je reprends alors le repas pour finir laborieusement mon assiette. Une fois que je l’ai terminée je regarde ma sœur avec ma tête de « voilà tu es satisfaite », comme elle l’a nomme.

« Oui je suis contente ma chère ! Bon tu nous excuse mais nous on va au lit. Bonne nuit ma sœur. »

« Bonne nuit Syvià et quoi qui te préoccupe, essais de le mettre de côté pour bien dormir. »

« Ne vous en faites pas, allez au lit ! À demain. »


Ils ne le se font pas dire deux fois, ils s’éclipsent avec la petite Luna pendant que je m’occupe de ranger la cuisine et de faire la vaisselle. Une fois que tout est fait j’éteins les bougies de la pièce tout en en gardant une pour m’éclairer le chemin jusqu’à ma chambre. Je la pose sur la petite table au bord de mon lit et passe de ma tenue de jour à ma tenue de nuit et me glisse sous les couvertures. Je me délecte de la position allongée qui pour moi est la meilleure qui existe. Je m’empare d’un roman emprunté à la bibliothèque. Au bout d’une heure de lecture mes paupières se font lourdes et je sombre dans un sommeil profond.

***


Je me suis en train de marcher dans la forêt bordant la cité. La lumière du jour passant entre les branches des arbres est une douce caresse sur ma peau. Soudain je remarque un grand espace où la nature ne projette pas son ombre. Je m’y dirige afin de jouir pleinement de la chaleur de l’astre du jour. Je m’étends au centre de ce cercle.

« Hihi !! »

Je sens mon cœur remonter dans ma poitrine. Je me redresse vivement et je me mets à regarder dans tous les sens pour trouver la source de ce bruit. Malheureusement mes yeux ne rencontre que la lumière éblouissante du soleil. Je tente de protéger mes yeux de cette lueur mais rien n’y fait, au contraire. J’ai l’impression que plus ça passe plus la lumière devient forte. Je me lève tant bien que mal lorsque la voix résonne de nouveau.

« Oups excuse-moi ! J’ai tendance à oublier que j’éblouie. Hihi. »

Ma tension monte encore d’un cran car, bien que la lumière décline, je ne vois toujours pas mon interlocutrice car il s’agit bien d’un son féminin. C’est la panique surtout lorsque je m’aperçois que je n’ai pas mon grimoire à porté de main ! Je suis dans la m**** !!

« Eh ne panique pas je ne te veux aucun mal ! De toute façon tu dors, comment pourrais-je te faire quoi que se soit, hein ? Réfléchis un peu ma vieille ! »

J’arrive finalement à ouvrir pleinement les yeux au moment où elle me dit que je dors et là sans que je comprenne quoi que se soit je me sens ballotée doucement de droite à gauche…


***


Je suis toujours bousculée et je me réveille dans un cri étouffé. Vivià se tient à côté de moi.

« Eh Syvià ?! Tout va bien ma chérie ?

« Euh… Oui… Je crois… Je viens de faire un rêve des plus troublant… Comme si j’avais besoin de ça ! »


(Et bien oui il se pourrait que tu en ais besoin, hihi !!)

« Comment ça je pourrais bien en avoir besoin ? »

« Mais de quoi parles-tu ?... Tu me fais peur… »

« Tu ne viens pas de me dire que… Oh laisse tomber… Mais que fais-tu dans ma chambre ? »

« Et bien j’ai entendu des bruits bizarres provenant de ta chambre alors je suis venue voir et quand je suis entrée, tu te tortillais comme un folle… »

« Je suis désolée Vivià… Retourne te coucher, ça… Ça va aller. »

« Tu en es sûre ? »

« Oui. Encore pardon, à demain.


Elle m’embrasse sur le front et repars se coucher. Une fois ma sœur partie, je me rends compte que je suis en nage. Je me lève pour me passer un linge humide sur le visage. Par Yuimen, c’est bien la première fois que je fais un rêve comme ça qui semble même me poursuivre alors que je suis éveillée. Une fois que j’ai repris mes esprits, je m’empare d’un ouvrage légué par ma grand-mère sur le monde onirique. Au bout d’une heure de lecture je ne trouve pas d’explication au fait que je continue d’entendre la voix de mon rêve alors que je suis éveillée. Lassée je referme le livre pour replonger dans le sommeil.

La fin de ma nuit se passe en dent de scie. Je ne cesse de me réveiller en croyant entendre des bruits ou des sons qui n’existent pas. Du coup au petit matin je suis une vraie loque à tel point que je me lève avec près de deux heures de retard. Je me lève avec précipitation car j’avais prévue de me rendre chez ma mère et de passer la journée avec elle.

Au salon ma sœur est en train d’allaiter sa fille. Je prends un instant pour immortaliser ce tableau de tendresse dans mon esprit. Puis je file vers la cuisine y prendre un morceau de pain avant de revenir vers ma frangine pour l’informer de mon départ pour la journée.

« Veux-tu que je dise quelque chose de particulier à mère ? À part la venue au monde de sa petite fille bien sûr. »

« Non je ne vois rien d’autre. Dis-lui juste que Lilian et moi tâcherons de venir le plus vite possible et évidemment dis lui bonjour pour moi. »

« D’accord, tu peux compter sur moi. Je file, à ce soir. Je prends une pomme pour la route, même si ce n’est pas bien loin. »

« À ce soir ! »


Je pars donc rendre visite à ma mère. Au-delà de l’annonce de la naissance de Luna, j’ai énormément de questions à poser à ma mère. Entre ce qui s’est passé hier dans la forêt et mon rêve de cette nuit et bien je dois dire que la liste est longue, la plus importante est : est-elle toujours restée en contact avec ma grand-mère et si oui comment !

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Dernière édition par Syvià le Mar 25 Nov 2014 19:31, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 30 Avr 2014 20:24 
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Cette histoire débute à Cuilnen, cité aux arbres majestueux en harmonie avec les habitants. Le palais domine les hauts quartiers qui, eux-mêmes, surplombent le reste de la cité, séparés par de longues mais charmantes passerelles.
Au bout de l’une d’entre elles se trouve la maison des Sannon. Située au sommet d’un arbre porteur, la demeure bénéficie d’une luminosité généreuse et les branches millénaires ont façonné sa physionomie.
De l’extérieur, c’est à peine si on perçoit les tintements de métal et les éclats de voix provoqués par un père et sa fille dans la cour intérieure.
Circulaire sans être pourtant régulière, l’aire est délimitée par des râteliers et mannequins et, en cette fin de matinée, l’ombre s’y fait rare.

« Trop lente ! Tu me préviendrais de tes attaques, cela reviendrait au même !
Reprenons. »

« Cette épée est aussi lourde que moi… Pourquoi ne puis-je pas prendre la mienne ? »
« Qui peut le plus peut le moins. »

Dans un soupir, non de lassitude mais bien de fatigue, la jeune fille se poste face à son père, droit comme la Justice.
Les battements de son cœur martèlent son crâne et son souffle court l’empêche de percevoir le silence environnant.
Il faut d’abord se calmer. L’épée basse, pointe posée sur le sol de terre battue, elle se concentre sur sa respiration ; lèvres closes, elle prend une profonde et lente inspiration, l’air lui brûle les narines, sa cage thoracique et son abdomen se gonflent et alors qu’il est temps de relâcher, elle retient un court instant cet air engouffré. Vient enfin l’expiration libératrice, contrôlée, apaisante.
Les battements de son cœur, bien que toujours prononcés, avaient, eux-aussi, repris une cadence plus lente, rendant un peu de force à la jeune hiniönne.
Elle se remet droite, la tête penchée en arrière, illuminée par le soleil approchant son zénith. Revigorée, elle empoigne l’épée lourde confiée par son père et la porte devant son visage, avant de la placer à l’oblique basse.
Un chassé à droite, un à gauche, la poussière virevolte sur son passage. Sans être à portée, la jeune femme relève son épée à l’horizontale, entraînant l’inévitable parade de son père qui enchaîne d’une riposte par sa gauche. Instinctivement, Inès se tourne et pare, mais elle ne maintient la pression qu’en usant de ses deux mains.
Bloquée, n’ayant ni la force de résister plus longtemps, ni les appuis nécessaires, la combattante se désengage d’un simple bond en arrière, repoussant à peine son opposant.
À nouveau, les palpitations se font pressantes, ressenties jusqu’au bout de ses doigts crispés sur son arme. Il faut rétablir l’équilibre dans ce combat, affaiblir l’adversaire. Il faut provoquer son attaque, l’esquiver pour mieux frapper. Plus elle y pense, plus elle recule lentement, englobant la scène du regard, imaginant ses mouvements pour les rendre plus fluides.
L’épée maintenue devant elle, Inès s’engage ; un chassé pour se rapprocher, un autre pour esquiver par la gauche, et elle laisse le poids de son arme retomber lourdement sur le poignet de son père. Ce dernier, comme s’il avait pressenti l’instant, se contente d’accompagner le mouvement, laissant sa fille perdre l’équilibre pour la pousser d’un coup d’épaule au sol.

« Toujours pas. Tu ne maîtrises pas ton épée. »
« Elle ressemble plus à un gourdin. »
« Bonne idée. Reprends ton souffle et passe donc au bâton. On va faire quelques passes. Fais des mouvements amples et fluides. Étire chacun de tes gestes. »

Le passage au bâton a toujours été le signal d’une fin de séance, qu’Inès accueille ce jour avec un profond soulagement. En effet, l’entraînement a été difficile et des tiraillements se font sentir dans les poignets, pour remonter le long des bras et s’achever dans le bas du dos.
Toutefois, la jeune femme reste fière et c’est la garde fermement tenue qu’elle se dirige vers le râtelier à l’arme manquante pour l’échanger avec un bâton ; assez fin afin que les extrémités ploient sous la vitesse ou un impact mais assez épais de manière à laisser éclater sa force.

Elle se sent déjà plus détendue, les battements de son cœur se sont calmés sitôt l’épée posée. Elle entend à nouveau le chant des oiseaux tout autour, les feuillages qui frémissent, les soupirs dans la demeure familiale, sa respiration, désormais régulière et paisible.
Ce n’est pas qu’elle ne sente plus le feu lancinant de l’effort, mais, à cet instant, elle l’accepte et l’endure.

Face à son père, lui-même équipé d’un bâton, elle s’incline lentement, pieds serrés, le corps penché à l’angle droit. La douleur se fait plus forte, elle l’évacue en expirant tandis qu’elle se redresse.
Le ballet peut commencer. Dans une synchronisation surprenante, le père et sa fille, échangeant un regard soutenu, déportent leur jambe droite sur le côté tout en levant au plus haut leur bâton. Dans un mouvement ample et vif, ils décrivent dans les airs un large cercle faisant vrombir l’air au point d’en effrayer les oiseaux proches. Ils achèvent leur mouvement en bloquant de leur deuxième main le bâton devant leur visage. Pas un moment leurs regards ne se sont lâchés. S’en suit un spectacle qu’on pourrait qualifier d’artistique. Les corps se meuvent sereinement, avec retenue mais sans crispation, se croisant, se frôlant, s’évitant. Les armes filent dans les airs et font tourbillonner la poussière dans l’arène privée.
Peu à peu, les douleurs se dispersent ; demain, il en sera autrement. Un quotidien réglé comme du papier à musique, qui n’empêche en rien les longs moments de liberté. Mais il n’est pas encore temps, le repas est annoncé.

La pièce est intimiste. La lumière pénètre par de fines ouvertures disséminées sur le toit et baigne la pièce d’une lueur douce qui se dépose, au centre de la salle, sur une table en bois ouvragé. Sur cette dernière, une quantité généreuse de fruits frais ou secs, de légumes chauds ou froids et de laitages est disposée, s’offrant à quiconque s’en approcherait. Huit sièges en bois blanc sont installés autour de la tablée ; rapidement, quatre d’entre eux sont occupés par Inès, son père, sa mère et sa grand-mère.

« Valyndra ne nous rejoint pas ? » demande timidement Inès en regardant son aïeule.
« Il est encore alité, les traitements sont sans effet… » lui répond-elle avec une tristesse contenue.
Sa mère, alors, s’enquiert des efforts des guérisseurs s’étant penchés sur son chevet.
« Ils envisagent de lui couper les jambes, mais il refuse. » Elle marque une courte pause avant d’ajouter, avec un ton indiquant bien qu’elle le cite :
« Je mourrai debout, il en va de mon honneur. »
« S’il persiste dans cette voie, c’est allongé qu’il finira, et ce n'est pas plus honorable ! »
À peine sa phrase terminée, Inès réalise que ses propos sont inconvenants ; l’assemblée lui porte un regard horrifié.
« Je m’excuse, je ne souhaite pas que tout cela se termine ainsi… Je me suis mal exprimée. »

Le repas se passe dans un silence de mort, seules les politesses d’usage sont prononcées, les visages sont fermés, soucieux. Les estomacs sont noués et le déjeuner s’achève bien vite.

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Dernière édition par Inès Sannon le Lun 26 Mai 2014 20:48, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Ven 9 Mai 2014 00:35 
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Sitôt chez elle, Inès se rue vers la chambre de son grand-père. Quelques invités attendent dans le couloir tandis qu'elle pénètre dans la pièce où son aïeul est étendu. Un homme est assis à son chevet. Il porte une longue cape aux emblèmes de la ville et une multitudes de bagues à chaque main. À peine est-elle entrée qu'il interrompt son discours.
Valyndra redresse légèrement dans tête et esquisse un sourire, qui ressemble plus à une grimace qu'autre chose, en voyant sa petite-fille approcher.

"Je vous dérange peut-être ?"
"Du tout Inès." La voix du mourant tremble mais il force dessus afin de préserver comme il le peut les apparences.
"Je te présente Arana'chandyr. Il est le mage le plus talentueux qu'il m'ait été donné de fréquenter."
"Il me semble l'avoir déjà vu alors que je n'étais qu'une enfant."
"Vous l'êtes encore."

Inès marque un temps d'arrêt et s'empourpre, poings serrés. Elle se retient de lui rétorquer une quelconque remarque acerbe à propos des mages ; il est un ami de son grand-père et elle ne veut certainement pas attrister ce dernier.

"Il faut un temps pour tout, me semble-t-il." se contente-t-elle de répondre tout en regardant la chambre.

La pièce est sombre, l'odeur est pestilentielle, sur une table, non loin du lit, sont déposés des ustensiles de médecine s'approchants presque de la torture.

Le mage lui adresse un sourire amusé.
"Elle est bien ta petite fille. Brute mais toute en retenue lorsqu'il le faut."
"Oui, elle est promise à un grand destin… Mais, tu venais m'annoncer une nouvelle qui te serrait le cœur. Fais m'en part."

Mais Arana reste muet, tripotant sans arrêt la bague la plus fine de sa main gauche.

"Il s'agit d'Ythan… Mais je doute de pouvoir en parler maintenant."
"Inès est digne de ma confiance… Malgré son jeune âge."

Une fois de plus, Inès serre les poings. Qu'un étranger la rabaisse est déjà difficile à supporter, mais d'entendre ces mêmes mots sortir de la bouche de Valyndra la marque vraiment. D'ailleurs, aucun des deux hommes ne lui prêtent désormais attention.

"Il est mort cette nuit, ses fluides étaient perturbés."

Valyndra ne peut répondre à cette annonce que par un râle, mélange de sanglot et de terreur. Enfin, il parvient à sortir un son intelligible.

"Tu penses que tout est lié ?"
"Je pense, oui. Il va falloir y retourner. Je m'excuse de t'annoncer telle nouvelle en de pareilles circonstances."

Inès s'était rapprochée pour serrer la main de son héros d'enfance. Elle fixe le mage d'un regard dur.

"S'excuser est une bonne chose, mais cela ne change rien. Arrêtez de parler, vous allez le tuer."

Il l'ignore purement et simplement et reprend la parole, dans un flot aux sonorités atoniques.

"Je n'ai aucune idée de qui était son apprenti. Et toi ? Qui est-ce ? Il me semble que nous pouvons raisonnablement envisager cette possibilité."
"Une jeune personne que tu as rencontrée il y a peu… Laisse-nous, maintenant… et prends soin de toi. Tu la guideras, n'est-ce pas ?"
"De mon mieux."

Le mage se lève et, sans un mot de plus, repart vers la sortie. La pièce est plongée dans un silence de mort qu'Inès n'ose briser.
Finalement, Valyndra se charge de rompre cette atmosphère pesante.

"C'est un homme bon et juste. N'hésite pas à aller le voir, il saura te guider et te soutenir quand je serai mort."
"Fais-toi amputer ! Il n'est pas trop tard… Ce n'est qu'une opération… Les chirurgiens savent ce qu'ils font !"

Ses derniers mots finissent étranglés par le nœud au fond de sa gorge. Elle bascule la tête en arrière, retenant les larmes face à une finalité qu'elle sait être inévitable.

"Je ne peux pas… et tu le sais. Maintenant, écoute-moi bien avant que mes dernières forces ne rejoignent le royaume de Phaitos."

Il reprend sa respiration sifflante et lève légèrement sa main gauche vers inès.

"Cette bague ouvre l'aile ouest de la demeure. Tu trouveras comment faire. Dans la pièce située à l'extrémité du couloir, un coffre est entreposé. Il te faudra le mener au temple de Rana, sitôt que je serai passé à trépas."
"Arrête ! Tu as besoin de repos et d'un linge frais." Elle se lève brusquement et commence à se diriger vers la bassine, mais un plainte poussive de Valyndra la stoppe dans son élan.
"Reviens ici ! Je ne refuse pas cette opération sans raison et le temps m'est compté."
"Que contient ce coffre ?"
"Je ne peux te le dire, tu l'apprendras quand il le faudra. Demande à Arana de t'accompagner pour ce long voyage. Ne prends pas la mer. Reste sur tes gardes et protège ce coffre comme s'il s'agissait de ma vie."
"Laisse-moi prendre réellement soin de ta vie." disant ces mots, elle soulève le drap qui recouvre les jambes putréfiées du maître d'armes. "Par Yuimen ! Comment une blessure peut-elle se gangrener ainsi, malgré nos soins ?!"

Les chairs se sont nécrosées et les peaux mortes semblent fusionner sur le pus qui suinte de toute part. Des pieds jusqu'aux genoux, sa carnation est noire, marbrée de violet à pourpre. L'odeur est insoutenable et Inès ne peut réprimer un haut-le-cœur. À cet instant, elle réalise que la fin est inéluctable et que celui qu'elle a toujours considéré comme le maître absolu des lieux, celui qui contrôlait et semblait immuable a choisi cette fin.

"Feras-tu ce que je t'ai demandé ?"
"Oui. Il en va de mon honneur."

Le silence s'installe. Les yeux dans les yeux, ils restent immobiles, communiquant uniquement par un échange de regards intense. Un mélange de fierté, de douleur, d'appréhension et de libération.

Finalement, la porte se met à grincer, sortant le duo de sa torpeur.

"Valyndra, le prêtre de Yuimen vient d'arriver. Puis-je le faire entrer ?"


Un simple hochement de tête en réponse. Ses forces le quittent, comme si cette dernière volonté l'avait vidé. Tout aussi anéantie, Inès se lève, lâchant précautionneusement la main du moribond.

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Dernière édition par Inès Sannon le Lun 26 Mai 2014 20:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 20 Mai 2014 13:59 
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S'enfuir de cette chambre, sortir du couloir, s'échapper de la demeure. Prendre une profonde expiration. Expirer la peine, la peur, la rage. Retrouver Arana. Honorer Ythan. Protéger le coffre. Atteindre Oranan.

(Je ne sais même pas ce qu'il contient, mais si cela compte pour Valyndra… Quant à Arana, j'aurais dû lui demander où le retrouver...)

Tandis qu'elle déambule dans les rues de la ville haute, un cri perçant déchire l'atmosphère paisible de ce quartier pourtant réputé calme. Inès se rue comme elle le peut en direction des hurlements qui se transforment en sanglots de rage et d'horreur. Après avoir tourné dans tous les sens, elle finit par retrouver la scène de désolation. Arana est étendu dans les bras d'une femme au visage rougi par les larmes et la terreur. Autour, les arbres semblent avoir subit une tornade violente, les branches sont brisées, les feuilles sont arrachées. Un coup d'œil rapide sur la scène et la jeune femme rejoint le mage. Son corps est tordu, son visage est contracté, il semble être mort dans une souffrance extrême.

"Que s'est-il passé ?!" Inès offre à la femme présente un regard mêlant le désespoir et l'incompréhension.

"Je n'en sais rien ! Je suis arrivée après avoir entendu un fracas et je l'ai trouvé agonisant… Je… Je ne sais pas ce qu'il s'est passé…" Elle est tout aussi déboussolée qu'Inès et sanglote sans même réaliser la mesure du drame.

"Je dois prévenir Valyndra. Faites porter le corps à l'abri."

Sans plus attendre, elle se précipite vers sa demeure.

(Dois-je lui dire alors qu'il vient de perdre un compagnon ? Qui va me guider à Oranan ?)

À peine entrée, elle est arrêtée par sa mère. Pas un mot ne sort, mais Inès a compris. Il est passé à trépas, lui aussi. Son cœur se serre puis s'emballe, pire qu'en plein entraînement. Elle s'emporte :

"Non, non, non ! Ce n'est pas possible ! Je dois encore lui parler ! Juste un peu…"

"Inès !" La voix du père tonne dans le vestibule. L'ensemble de l'assistance garde silence et observe la scène. "Ton attitude est indigne, voire grotesque."

Inès réalise qu'il y a bien du monde déjà présent dans la demeure et tous la regardent avec gêne et tristesse. Elle baisse la tête, honteuse, et se dirige, après avoir bafouillé quelques excuses, vers l'aile ouest à grandes enjambées.

Arrivée devant la porte, elle l'observe avec attention. De nombreuse fois elle était restée bloquée devant cet imposant barrage, se demandant les secrets qui pouvaient y être enfermés et, aujourd'hui, il allait être temps de le découvrir.
Elle fait tourner la bague donnée peu de temps avant par son aïeul et observe l'immense et épaisse porte en bois sculpté. Cinq panneaux la compose, un central autour duquel se développe les quatre autres. L'histoire des Hiniöns y est relatée, depuis Nayssan jusqu'à Cuilnen, en partant de l'angle supérieur gauche jusqu'à l'angle inférieur gauche. Certains épisodes lui sont inconnus et malgré une attention soutenue, elle ne parvient pas à les déchiffrer. La partie centrale est d'autant plus sibylline : des ailes déployées sous lesquelles est gravé ce qui ressemble à un serpent, lui-même encadré par une épée, un bâton noué et un archer de violon.
Elle laisse glisser ses mains sur le bois, cherchant une encoche ou un mécanisme activant son ouverture. Mais rien n'y fait, le secret est gardé par un mort.

(Tu trouveras comment faire… Ou pas.)

À nouveau, elle détaille la porte, s'aidant de sa bague pour chercher la solution à l'énigme posée par son grand-père. Le panneau central lui semble être l'endroit le plus adapté pour accueillir une serrure et chaque recoin est passé au crible. Nul emplacement offre un réceptacle convenable pour la bague.

(Sans coffre, sa dernière volonté ne pourra être exaucée... Il doit bien y avoir une solution !)

Dépitée, elle se laisse glisser dos à la porte et bascule la tête en arrière. Le décor n'en est que plus exubérant et foisonnant. Les sculptures à sa gauche lui racontent une histoire inconnue et seuls quelques éléments lui sont familiers. Une forge, la reine avec sa couronne, un serpent...

(Mais oui ! Là !)

Brusquement, elle se retourne et, agenouillée, elle place la pierre sur la queue du serpent, dans un creux à peine visible, surtout quand on se tient debout, face à la porte. Un cliquetis léger sonne, aux oreilles d'Inès, comme les trompettes de la victoire et l'ouverture se dévoile enfin à elle. Sitôt passée, la porte se referme derrière elle.

Le couloir secret est sombre et c'est à tâtons qu'elle parvient à une seconde porte, verrouillée elle aussi.

(C'est un trésor que nous gardons là ?!)

Sans lumière, la voici de nouveau à palper l'obstacle se dressant devant elle qui, à sa grande surprise, est totalement lisse. Rien ne semble vouloir accueillir la bague. Elle tente sur l'encadrement puis sur les murs adjacents, aussi lisses que le marbre.
Elle aurait bien utilisé son épée mais cela aurait manqué de tact et de respect ; tant envers son grand-père qu'envers sa propre intelligence.

Les hiniöns, et les elfes d'une manière générale, sont réputés pour leur placidité mais, dans la situation présente, Inès commence à perdre patience. Ouvrir cette porte et trouver ce coffre est sans aucun doute la première, et la dernière, véritable mission confiée par son grand-père. Ne pas le décevoir est essentiel, tant pour l'honneur que par fierté. Après tout, il aurait pu demander à son père, ou son fils, tout dépend du point de vue. Un regain de motivation l'emplit, droite devant la porte elle se souvient des histoires qu'on lui lisait étant enfant et énonce à haute voix :

"Sésame, ouvre toi !"

Rien ne se passe.

"Ça aurait été trop simple…"

Elle pousse sur la porte, aucun effet. Elle toque, rien non plus. Dépitée, elle lâche un profond soupir.
La porte coulisse.

"Quoi ?" Les yeux écarquillée elle observe le spectacle. Devant elle, une salle étroite et éclairée par elle ne sait quelle magie au milieu de laquelle se trouve un coffre. LE coffre. Installé sur un piédestal, il ne semble attendre qu'elle.

(Encore un piège avant de pouvoir le prendre ?)

Elle saisit les anses à pleines mains et… le porte sans encombre, malgré son poids conséquent.

(Oh ?)

Penchée en arrière, le coffre collé contre les hanches et avec une démarche ridicule, la voici repartie vers la sortie. La porte intérieure étant toujours ouverte, elle se glisse sans encombre dans le couloir encore légèrement éclairé par la salle. La porte principale, par contre, lui présente à nouveau résistance. Elle dépose le coffre à ses pieds et recherche une aspérité , au niveau de celle qu'elle avait déjà trouvée, mais la porte est lisse. Elle souffle sur la porte, espérant reproduire le miracle précédent, en vain.

"C'est quand même dingue cette histoire ! Si je suis parvenue à rentrer, pourquoi ne pas me laisser ressortir tranquillement ?!"

Elle toque à nouveau, elle pousse, elle ordonne. Aucun effet. Elle retourne dans la salle, à la recherche d'un indice ou d'un ustensile qui puisse la venir en aide, mais la salle est aussi vide que le crâne d'un sekteg. Elle revient donc sur ses pas et attend devant l'issue fermée, cherchant un moyen de s'échapper.

(Je vais finir par mourir ici si je ne trouve pas une solution…)

Aucune idée ne lui vient à l'esprit. Elle hurle.

"HÉHO ? Y'A QUELQU'UN ?!"

Elle colle son oreille au bois et n'entend qu'un silence de mort.

"HÉHO ? JE SUIS DERRIÈRE LA PORTE !"

Avant d'ajouter, quelque peu dépitée : "De toute façon, ils ne pourront pas ouvrir…"

Elle se laisse tomber au pied de la porte et commence à s'intéresser au coffre qui lui cause déjà tant de soucis. Il est relativement simple bien qu'il y ait, sur le dessus, le même dessin que sur le panneau central menant au couloir. Elle essaie, bien évidemment, d'ouvrir le coffre, verrouillé lui aussi.

(Décidemment !)

Elle attend, encore et toujours. La lumière finit par s'éteindre, laissant Inès dans le noir complet.

"Super…"

À peine a-t-elle prononcé ce mot que la porte se déverrouille. Il suffisait d'attendre que la lumière disparaisse pour revoir celle du jour.

(C'est une blague ?!)

Debout d'un bond, elle reprend le coffre et quitte le couloir sans se faire prier. Elle rejoint la salle de réception où se trouvent sa famille et les amis, ou connaissances, de Valyndra. Tous sont en profond recueillement, sous le choc de la disparition de ce dernier. Elle pose le coffre sur le côté de l'embrasure et fait un signe discret à son père. Sitôt il la voit, il la rejoint et chuchote : "Mais où étais-tu passée ?"

"Dans l'aile ouest."
"Pardon ?"
"Tu as bien entendu, dans l'aile ouest. J'y ai récupéré ce coffre." Elle le désigne du doigt.
"Comment es-tu rentrée ?!"
"C'est une longue histoire, grand-père m'a aidée."
"Ne dis pas de sottises ! Je sais que sa mort t'affecte, mais il ne peut être venu à ta rescousse…"
"Non non ! Il m'a confiée comment m'y rendre… Enfin, plus ou moins. Il m'a aussi demandée de porter ce coffre à Oranan. Je pars aujourd'hui."
"QUOI ?!" L'interjection s'est échappée sans retenue et attire l'attention des présents. Il tire sa fille à l'écart, loin des regards curieux et poursuit à voix basse : "Mais tu ne peux pas partir comme ça ! Et pourquoi t'aurait-il demandé ça ?"
"Bah ça, je n'en sais rien… Mais je lui ai promis d'accomplir sa volonté."
"Tu ne peux partir ! Ses funérailles auront lieu dans trois jours. Tu dois l'honorer !"
"Je l'honore en accédant à sa demande. Vous ne m'empêcherez pas de partir !"
"As-tu pensé à ta famille ? Sais-tu même comment tu vas faire cette route ?"
"Oui, j'y ai pensé, mais je croyais que vous comprendriez à quel point c'est important. Il s'agit de la dernière volonté de Valyndra… quant à savoir comment je vais me rendre à Oranan, j'avoue n'en avoir aucune idée, mais je trouverai bien."

Îshimak passe sa tête par l'encadrement de la porte et fait un signe à Arondâr qui le rejoint prestement.

"Ta fille compte partir à Oranan avec un coffre récupéré dans l'aile ouest. Elle prétend que c'est la dernière volonté de Valyndra."

S'en suit un dialogue, qui ressemble plus à une dispute chuchotée, qui mène, finalement, à un accord difficile.

"Demande aux Sinaris de t'accompagner. Je les paierai pour le service rendu."

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 4 Mar 2015 19:35 
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Seule

Ma course dans cette forêt me semble interminable. J'ai l'impression de tourner en rond, de recroiser constamment les mêmes arbres. Mais je m'efforce de ne pas m'arrêter, de continuer à courir, malgré la douleur dans ma poitrine et celle de mes jambes, malgré ma peau écorchée et ma vue troublée.

Je suis persuadée qu'il va me retrouver, j'ai entièrement confiance en lui. Mes pensées sont lentes à venir, toute ma concentration étant pour ma course. Et soudain, tout s'obscurcie.

En un instant, mes pieds quittent le sol moussu de la forêt alors qu'une vive douleur me transperce le front. Je n'ai plus aucune notion d'où je suis, juste une vive douleur et une impression de tomber. Je sens mes pensées s'effriter, puis tout disparait...

Tout est noir et calme. Ma poitrine et mes jambes ne me font plus mal, et mon esprit semble clair et reposé. Je pense être allongée, mais ne peut déterminer la matière. Il ne doit pas s'agir de la mousse de la forêt, c'est beaucoup plus doux.

Doucement j'essaie de bouger. C'est assez difficile mais l'engourdissement disparait rapidement. Sous mes mains, je peux sentir quelques choses de soyeux, très soyeux.

(Où suis-je ?)

J'essaie d'ouvrir les yeux. Plusieurs secondes me sont nécessaires pour y arriver, et à peine est-ce fait que je dois les refermer. La lumière me brule, et j'ai besoin de laisser ma vue s'y habituer.

Au dessus de moi, un grand voile blanc. Je tourne la tête pour en voir les extrémités. Un lit à baldaquin, voilà sur quoi je suis actuellement allongée. Un drap visiblement de soie me recouvre, et...

Je me raidis d'un coup, me rendant compte que je suis nue sous le drap. J'essaie de rester calme et me relève doucement, serrant mon drap contre ma poitrine. Le lit dans lequel je suis est sophistiqué, en bois sculpté comme je n'en ai que rarement vu. La chambre elle même semble emplit d'un luxe auquel je n'ai jamais eu le droit, que ce soit par la taille, la subtilité des dorures et sculptures ou la beauté des meubles qui l'occupent. Mais mon regard ne s'y attarde que peu de temps, étant attiré par ceux qui sont présent. Car je ne suis pas seule...

Ma vue est encore trouble à cause du réveil et de la lumière, mais l'une d'elle doit être une servante. Elle s'occupe de la chambre, silencieusement et minutieusement. Beaucoup mieux que je ne l'ai jamais fait dans la mienne. L'autre est un charmant jeune homme, silencieux et apparemment perdu dans ses pensées.

Je l'étudie plus attentivement, et mon coeur s'accélère...

"Fa... Faëlis ?"

Nariym

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 4 Mar 2015 20:32 
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Réveil

La servante sursaute, plus surprise que je ne le pensais. Le jeune homme ressemblant à Faëlis semble lui aussi surpris, mais je comprend très vite mon erreur. Le simple nom de mon sauveur le fait grimacer, ce qui met instantanément mal à l'aise. Je le regarde, immobile et l'esprit plein de question.

Il se présente comme mon protecteur attitré, nommé Naryim Kasslian. Il semble froid, comme si sa tâche lui était imposée. Je n'ai pas le temps de répondre à sa phrase qu'il se tourne vers la servante pour lui indiquer de s'occuper de moi. Cyndaïa, très joli prénom. Mon protecteur s'en va ensuite, indiquant aller me chercher à manger. Ainsi donc, nous sommes le lendemain...

La servante ne dit pas un mot, attendant le départ du jeune homme. Puis elle ouvre une armoire et en sort quelques robes parmis les plus belles qu'il m'ai été donné de voir. Souriante, elle me fait vite comprendre que j'ai à en choisir une.

J'entrouvre les lèvres, sans savoir quoi dire. Elles sont toutes plus belles les une que les autres, mais jamais elles ne m'iront. Et j'ai tant de question à poser...

Hésitante, je laisse glisser le drap pour me lever et m'approcher doucement de la servante. Mon regard est rivé sur les robes qu'elle me présente. Je n'ose pas parler.

L'une d'elle est vraiment belle. Pourvue d'un corset et d'un ensemble de voile long, elle ressemble à l'idée que j'ai d'une robe de princesse. Mais je n'ai pas le cœur à m'émouvoir de belles robes. Je me tourne vers la prénomée Cyndaïa et inspire.

"Je... Merci mais... Où suis-je ?"

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 5 Mar 2015 12:01 
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La réponse de la servante m'apprend que je suis dans la demeure de la famille Nyris. Je ne la connais pas, mais il est vrai que mes connaissances de la noblesse de la ville est assez restreinte.

Mais comment se fait-il que j'ai été soignée et ramenée ici ? Je n'en sais rien. Je n'ai pas vraiment le temps de réfléchir plus avant. La servante semble avoir remarqué que mon attention était centrée sur l'une des robes qu'elle me présentait, et me propose de l'essayer.

J'acquiesce doucement, puis demande quelques précisions.

"La famille Nyris ?"

Ainsi donc, il s'agit d'une famille puissante, et apparement plutôt grande. Et soudain, je m'immobilise. Alors que la servante me tend la robe choisie, je met quelques secondes à interpréter ce qu'elle vient de me dire. Nous sommes dans l'aile appartenant à Faëlina...

"Faëlina !! Elle est ici ? Et Faëlis ?!"

Il s'agit du château de la mère de Faëlis, tout s'explique ! Et soudain, je comprend ce qu'entraine ma nudité : mes affaires sont en sa possession, et donc ma dague aussi...

Mon interlocutrice semble surprise de ma réaction, mais répond en acquiesçant. Faëlina est ici. Malheureusement, ce ne semble pas être le cas de mon sauveur...

Elle renchérit en insistant sur le fait que je doive m'habiller. Et je rougit en l'entendant parler de la possible arrivée du seigneur Naryim. Je serais vraiment gênée qu'il me voit nue.

Je me laisse donc faire, la laissant m'habiller même si je trouve ça très étrange. L'habitude, sans doute.

Une fois habillée, je contemple ma robe. Vraiment belle, ses voiles cachent mes jambes et le corset met ma poitrine en valeur. Mes épaules nues sont dissimulée par mes cheveux, dont la couleur jure avec les quelques bijoux argentés qui parsèment le corset. Mais je n'ai pas vraiment l'esprit à contempler ma beauté mise en valeur.

"Pourriez-vous me mener à elle ? S'il vous plait ?"

Malheureusement, sa réponse est négative. Elle indique par contre que mon protecteur le pourra sûrement. Je me force donc à patienter.

"Je... d'accord. Merci pour la robe, elle est très belle."

Elle me sourit alors que je me contemple dans le miroir de l'armoire. Je suis vraiment belle dans cette robe. J'ai l'impression qu'elle a été faite pour moi. Quelle impression cela fait-il de pouvoir ainsi sublimer son corps tous les jours ? Je n'ai pas l'habitude de posséder une garde robe aussi luxueuse, même si ma beauté naturelle me permet sans doute d'être à la hauteur de cette noblesse ignorante...

Cyndaïa semble d'accord avec moi, affirmant de manière courtoise être surprise de ma beauté, en prenant en compte le fait que je sois humaine. J'ai toujours s que j'étais très belle, mais se l'entendre dire par une elfe, peuple de réputation extrêmement beau, me fais rougir. Elle en arrive même à se questionner sur la véracité de mon humanité.

"Oui, oui, je suis humaine... Merci beaucoup."

Le silence s'installe alors que la servante range délicatement les autres robes et que je contemple celle que je porte, si légère et si belle, les pensées perdues, ne sachant trop où se raccrocher...

Naryim le protecteur

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 5 Mar 2015 15:15 
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Cyndaïa semble ravie. Elle sourit et continue ses tâches comme si tout allait bien pour elle. Elle se retourne même pour reprendre la parole, me demandant si je savais jouer aux Dames.

Angela m'a en effet appris à jouer à ce jeux, même si je ne suis pas vraiment douée.

"Volontier oui."

La conversation fut interrompue par l'arrivée de mon protecteur. Je me retourne et le regarde. Sa stature, son armure, et cette épée qui pend à sa ceinture... Tout en lui semble crier qu'il est militaire, plus apte à se battre qu'à discuter, plus apte à obéir qu'à réfléchir... Plus je le regarde et moins je comprend comment j'ai pu le confondre avec Faëlis. A part peut être cet air gêné devant ma beauté...

Après un bref instant durant lequel il a sûrement dû se reprendre, il me tend un beau plateau d'argent, couvert de quoi me nourrir. Il y a plus que je ne peux manger, mais je prend le plateau en le remerciant simplement, puis m'assoie sur le lit pour commencer.

Je n'avais pas vraiment fait attention, mais la simple odeur du contenu du plateau révèle en moi la faim qui me tenaillait. Je mange donc en silence, alors que Naryim reste silencieux et que la servante continue à s'affairer à ses tâches, souriante.

Ca me fait du bien de manger. Je sens la chaleur reprendre possession de tout mon corps, et mon estomac se remplir. J'ai trop dormis et pas assez manger, il est agréable de remettre tout en équilibre.

Finalement, je décide de briser le silence oppressant qui m'entoure. Rien que pour cette façon de ne rien faire et d'attendre, je ne pourrais pas être militaire.

"Serait-il possible que vous me conduisiez à Dame Faëlina après ce repas ?"

Je préfère prendre un ton et une formulation évoluée, histoire de ne pas trop offusquer mes hôtes. Mais sa réponse me surprend, autant qu'elle confirme le statut de militaire de Naryim. Il accepte, mais ne sait pas où elle est.

Aucune autonomie, seulement des ordres à suivre. Quelle vie. Malgré moi, ma réponse se veux plus acerbe que je l'aurais souhaité. Mais cette absence de sentiments apparents me porte sur les nerfs.

"Bien... Dans ce cas, peut être pouvez-vous m'expliquer la situation dans laquelle je suis ?"

En effet, j'aimerais bien le savoir. Je me rappelle ce qu'il s'est passé dans cette forêt, mais la raison m'échappe encore. Hier encore je n'étais rien, et aujourd'hui je me retrouve dans une histoire que je ne comprend pas... J'aimerais que Faëlis soit là, qu'il m'explique et me prenne dans ses bras.

La réponse de mon protecteur me déçois encore. Succinctement, il m'explique que Dame Faëlina et un certain Naterion m'ont soignée et amenée ici. Et qu'il est là pour me protéger.

"Mais, me protéger de quoi ? Et... savez-vous où sont mees affaires ?"

Car j'aimerais bien retrouver ma dague. Mon seul lien avec mon passé. Mais la mère de Faëlis semblait s'y intéressé elle aussi. C'est pour cela qu'il faut que je lui parle. Elle doit avoir les réponses à mes questions.

Évidement, je n'apprend rien de la réponse de Naryim, à part qu'il obéit aux ordres de Faëlina et qu'elle est sa tante. Il est donc le cousin de Faëlis, ce qui explique la ressemblance. Ne s'entendent-ils pas bien ?

Mes affaires étaient en mauvais état, ce que je parviens aisément à comprendre. Mais ma dague, où est-elle ? Et oui j'ai été attaquée, mais je ne sais ni par qui ni pourquoi...

Je reste silencieuse quelques instants.

"Si évidement... Savez-vous qui était-ce ? Et je voudrais surtout savoir où est ma dague, c'est un... cadeau, cher à mon coeur."

Et il ne sait rien. Il m'horripile, j'ai vraiment l'impression qu'il ne sert à rien. Je soupire silencieusement et me remet à manger.

"Bon... tant pis. Peut être Faëlina saura-t-elle m'en dire plus."

Étrangement, mon protecteur souris, puis acquiesce à mon hypothèse en précisant qu'il me fallait rester poli. Était-ce mon genre de ne pas l'être ? Du tout, au contraire même.

Namyir précise qu'il m'emmènera la voir une fois mon repas terminé. J'ai hâte. Cyndaïa reprend la parole, expliquant que si je veux récupérer mes affaires, il ne faudrait pas trop attendre avant d'aller à lingerie.

"Ils semblent qu'ils soient abimés, donc je n'ai pas vraiment de raison de les récupérer. Je préfèrerais voir Faëlina le plus vite possible, elle... nous avons des choses à nous dire."

Je baisse les yeux, mangeant, et appréhendant de me retrouver face à cette Faëlina...

Les serres

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 5 Mar 2015 20:09 
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Naryim le protecteur

Une fois mon estomac remplit, je dépose le plateau à côté de moi. Naryim comprend de suite ce que cela signifie et m'indique de le suivre, silencieusement. Je le suis donc, sans dire un mot, jetant un dernier coup d'œil à la servante avant de passer le pas de la porte. Le couloir est du même luxe que la chambre, et j'admire les décorations, sophistiquées et subtiles. Il est clair que cette demeure appartient à une famille elfique.

La robe que je porte est étonnamment confortable, je ne la sens presque pas alors que mes pieds nus se posent sur une moquette des plus douces. Mes yeux balaient tout ce que je vois, alors que je suis mon guide à travers un labyrinthe de couloirs. Jamais je ne saurais m'y retrouver seule. Mais tant que Naryim est là, il n'y a pas de soucis.

Parfois, les murs sont percés de fenêtres donnant sur l'extérieur. Je ne manque jamais de profiter de la vue, mais l'une d'elle me fait m'arrêter de stupeur et m'approcher.

Un vide impressionnant, et en dessous, la ville, minuscule. Tout parait ridicule. Je n'avais jamais imaginé que les demeures de la noblesses étaient aussi haut au dessus de Cuilnen. C'est impressionnant, et je reste plusieurs longues secondes à contempler ce qui a toujours été le théâtre de ma vie...

Je fini finalement par me reprendre et me remet à suivre mon protecteur. Durant le trajet, nous croisons plusieurs elfes, pour la plupart silencieux et minutieux dans leur travail. J'ai parfois du mal à me dire qu'il ne s'agit que de domestique, tant leur prestance et leurs tenues sont belles...

Puis nous arrivons en bas d'un escalier et commençons à monter les étages, pour finalement arriver à ce qui ressemble à de gigantesque serres en verre. La température est plus fraiche, et je sens les courant d'air effleure ma peau la où elle est nue, ce qui me fait frissonner.

"A cette heure, ma tante est généralement dans ses serres. J'espère que vous n'avez pas peur de vous salir un peu..."

Se salir ? Bien sûr que si j'ai peur de me salir, d'autant que ma robe est propre et que je pied nue. Je suis sûr qu'il a tout compris rien qu'en voyant mon visage, mais je ne dis rien. Il faut que je vois Faëlina, et un bon bain me sera sûrement accordé si je suis sale...

Perdue

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Sam 7 Mar 2015 18:28 
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Naryim n'a pas mentit. Le sol est recouvert de boue et d'eau, et la serre est remplie d'arbre semblant pousser de manière anarchique. Il n'y a pas de chemin à proprement parler, mais simplement un petit sentier presque invisible. J'inspire un bon coup et me lance, soulevant ma robe et marchant doucement. Les branches bloquent le passage et me ralentissent, et je suis en peine pour suivre mon protecteur.

Étrangement, il ne semble avoir aucun problème pour avancer, alors que je parviens à peine à ne pas glisser. Quelques branches m'éraflent les bras au passage, mais je continue, aussi vite que possible.

Je perd finalement Naryim de vue qui ne fait pas mine de m'attendre. Mais il me suffit de suivre le sentier pour le retrouver. Mais dans quel état serais-je quand j'arriverai devant Faëlina ? Je soupire rien que d'y penser.

Je continue à avancer, silencieusement, imaginant mon guide rire intérieurement de moi. Et soudain, je m'arrête. Une intersection se présente devant moi.

"Super..."

Comment ce Naryim peut-il laisser une femme comme moi peiner dans une forêt inextricable ! Je soupire de nouveau, n'ayant aucune idée de quel chemin choisir. J'ai beau regarder, je ne vois aucune différence entre les deux chemins. Il n'y a que des branches et de la boue...

Désabusée, je choisie par hasard de prendre le chemin de gauche. De toute façon, il y de grande chance que ça me ramène au même endroit. Il ne s'agit que d'une serre.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 27 Jan 2016 13:27 
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Elle courrait, vite, le plus vite possible, sans faire attention à la direction qu'elle prenait. Elle voulait juste lui échapper, juste s'enfuir pour être enfin libre... Et soudain, un main l'attrapa par le bras...

Un cri brise le silence de la nuit, tel un caillou brisant la surface uniforme d'un lac, et mes yeux s'ouvrent sur les ténèbres. J'inspire profondément, essayant de me convaincre que ce n'était qu'un mauvais rêve. Je sens mes draps sur ma peau, imbibés de sueur, mais que je garde encore quelques instants contre moi, pour me rassurer.

Je referme les yeux, puis soupire avant de me redresser. Un léger courant d'air frais me caresse le visage, me faisant frissonner. Je tourne la tête vers la fenêtre, l'air m'aidant à me remettre, calmant ma respiration. Je reste immobile, repensant à cette course effrénée. Je fais rarement de cauchemar, mais il semble qu'aujourd'hui mon esprit soit troublé. Peut être est-ce l'appréhension du rendez-vous de demain ?

Mes pensées s'orientent vers Malun, mon maître, qui m'a donné rendez-vous au temple, sans m'en préciser la raison. Ce n'est pas dans ses habitudes de déroger aux règles que nous avons établies au commencement de mon apprentissage, et les quelques fois où cela est arrivé, il en a toujours expliqué la raison.

Il me faut boire quelque chose. Je m'assois au bord du lit et glisse ma main le long de son pied pour y attraper ma robe de chambre. Elle est douce et me réchauffe autant qu'elle me réconforte. Un fois levée, je contourne le lit et me dirige vers la porte de ma chambre, que j'ouvre en silence. Il n'y a aucun bruit dans la maison, si ce n'est quelques craquements de bois.

La maison de mes parents est sur deux étages, assez grande et bien aménagée. Ils travaillent beaucoup mais cela leur assure un train de vie aisé. Tout ce qu'ils font nous est destiné, à mon frère et moi. Je ne pourrais rêver meilleurs parents. Leur chambre jouxte la mienne, et c'est le plus silencieusement possible que je passe devant sa porte.

Je continue à marcher tout droit, mes pieds se posant doucement sur les planches du parquet, ressentant le moindre coup, les moindres changements sur la surface. J'arrive enfin à ma destination, la salle de bain. Mes parents y ont installé une minuscule fontaine qui me permet de ne pas avoir à descendre pour boire. J'entends son bruit caractéristique, l'eau s'échappant du tuyau pour se jeter dans un petit bac. J'adore ce bruit, à la fois empli de mouvement et de violence, mais dont la sonorité principale est douce et réconfortante.

J'y plonge doucement la main, avant de me baisser pour la porter à mes lèvres. L'eau est fraiche, et les quelques gouttes qui glissent jusqu'à ma gorge me font frisonner. Mais ça me fait du bien de boire, je n'aime pas avoir la gorge sèche. Je me relève pour finalement m'immobiliser.

Un craquement, différent, plus intense, plus lourd, vient d'accaparer mon esprit. Je n'ai besoin que de quelques instants pour comprendre que quelqu'un se trouve derrière moi. Le pas est léger, hésitant, et sans soucis de discrétion. Je reconnaîtrais ce pas entre mille.

Ihomi, que fais-tu debout à cette heure ?

Ma voix n'est qu'un chuchotement, mais qui dans le silence de la nuit sonne comme un coup de canon. Mon frère s'approche de la fontaine pour y boire à son tour.

La même chose que toi j'ai l'impression.

Il n'est visiblement pas très réveillé, sa voix hésitante comme sa démarche. Je sens sa présence à mes côtés, sa chaleur naturelle rayonnant comme un soleil. J'ai toujours apprécié cette chaleur, moi qui la plupart du temps suis plutôt froide.

Retournons nous coucher.

Ihomi acquiesce, puis s'en va d'où il venait. Je suis sûre qu'il ne mettra pas plus de 5 minutes à se rendormir. Je soupire, restant immobile plusieurs secondes. Malgré mon conseil, je n'ai pas envie de dormir. La réunion de demain ne veut pas sortir de mon esprit. Finalement, je me retourne et revient sur mes pas, jusqu'à mes draps, dans lesquels je me glisse. Leur caresse sur ma peau m'a toujours rassurée, depuis toute petite.

Il me faut dormir. Plus vite la nuit passera, plus vite j'aurai mes réponses.

Le matin tant attendu

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Dernière édition par Diana le Mar 18 Oct 2016 00:45, édité 3 fois.

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