L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Sam 8 Fév 2014 20:22 
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Chef, la recette !

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En franchissant la porte de sa demeure, Kalas sentit émaner des murs de la maison du Sinaris une entraînante atmosphère qui le plaçait au-dessus de tous les soucis.
L’intérieur, en parallèle à l’extérieur, était rustique mais décoré d’une main de maître. Une cheminée allumée était installée au centre de la pièce, illuminant l'endroit d’une chaude lumière. Ici et là étaient disséminés contre les murs des étagères, armoires et bibliothèques, ne laissant pas un espace de mur libre. Quelques vitrines étaient accrochées à certains endroits de la pièce, contenant toutes sortes de papillons séchés d’une sublime couleur.
Kalas se sentait dans ce lieu presque comme chez lui, éprouvant les sensations qu’il vivait autrefois en travaillant aux côtés de son père. En évoquant une pensée pour son paternel, Kalas ne put s’empêcher de laisser couler une larme le long de sa joue, qu’il essuya rapidement d’un revers de sa manche. Cornélius, claquant la porte en bois, s’enquît de son invité.

« Quelque chose ne vas pas, mon jeune ami ? »

« Ce n’est rien, Cornélius. Simplement des souvenirs qui ressurgissent, ne vous en faites pas. »

Acquiesçant à la réponse de Kalas, le Sinaris jeta un rapide coup d’œil dans ce qui semblait être le salon, levant les bras au ciel quand il reconnut sa femme, bouquinant et confortablement installée dans un fauteuil.

« Mélissa, te voilà ! J’ai ramené des courses et un invité pour le repas de ce soir ! Je te présente Kalas, ma chérie. »

La petite mais élégante dame se leva de son siège. Elle posa rapidement son livre sur la table en face d’elle, et épousseta sa robe en avançant rapidement vers l’invité de son mari. Elle n’hésita pas à faire la révérence, pinçant les deux extrémités de sa robe à l’aide de ses mains. Kalas, très gêné, lui rendit une maladroite courbette, s’inclinant le plus bas possible.

« Enchantée, Kalas. Je suis ravie de vous rencontrer, mon mari n’amenant à la maison que les personnes qu’il juge pleines de surprises ! »

Elle pouffa de rire, avant de se coller contre son mari, qui l’enlaça dans le dos.

« Ma femme est d’ailleurs celle qui m’a le plus surpris dans ma vie ! »

Elle tapa l’épaule de Cornélius du plat de sa main, un large sourire se dessinant sur son visage, avant de s’adresser à Kalas d’une voix très douce.

« Ne dis pas de bêtises, espèce d’idiot ! Vous restez donc pour dîner, jeune homme ? »

« Absolument ! D’ailleurs, Kalas m’a conseillé une recette qui, ma foi, m’a l’air d’être fort délicieuse ! Je m’occuperais donc du repas en suivant ses indications, ma chérie. »

Kalas, dont le visage vira au rouge, ne pu se retenir de sourire bêtement, sa main caressant sa nuque. Il n’avait pas l’habitude d’être sollicité de la sorte, et ce sentiment le mettait mal à l’aise.

« Vous savez donc cuisiner ? Ma foi, il est rare de rencontrer de jeunes humains adeptes de cette pratique. »

« Je n’ai que de simples notions, vous savez. Je veux dire, mon père, cuisinier de profession, m’a tout appris quand je l’aidais, dans mon enfance. Aujourd’hui, j’ai pris la route afin de voyager, voir du pays et en apprendre plus sur moi-même. »

« Aaaaaaaah, la jeunesse ! Une chose magnifique, n’est-ce-pas ? »

Cornélius claqua ses mains, puis d’un geste de celles-ci, invita Kalas à déposer la cagette de légumes dans ce qu’il indiqua comme étant la cuisine.

« Je te laisse, ma chérie, Kalas et moi avons un repas à préparer ! »

En entrant dans la cuisine, le jeune homme déposa son chargement sur un plan de travail. Cornélius, le talonnant, ferma la porte de la pièce et donna quelques indications à Kalas.

« Très bien, mon jeune ami, commençons ! Ici se trouve la marmite ainsi que tous les récipients donc nous auront besoin. A cet endroit, je vous allumerais un feu donc vous pourrez contrôler la puissance à l’aide de ce couvercle. Je vous laisse disposer comme bon vous semble des ustensiles que ce tiroir contient. Mettons nous au travail ! »

Les deux cuisiniers s’appliquaient donc rapidement à la tâche, préparant un repas pour plusieurs personnes. Les marmites et casseroles sifflaient alors que Kalas travaillait ardument et sans relâche, ayant l’impression de mitonner dans les cuisines de sa maison. L’ambiance y était fort plaisante et les arômes changeaient à chaque instant. Il ressentait la même chose à ce moment, et voyait en Cornélius des points communs avec la personnalité et les manières de son père, ce qui ne pouvait que le rendre plus attachant encore.
Alors qu’il épluchait et taillait des légumes, Kalas se livrait à Cornélius, voyant en lui quelqu’un de confiance. Il avait échangé des idées de recettes avec le Sinaris, et quelques fois, il n’hésitait pas à raconter la vie qu’il menait autrefois avec son père cuisinier. Cornélius, lui, avait argumenté chacune des recettes de Kalas par de grands gestes, en appréciant chaque composition. Puis vint un moment où Cornélius posa une question particulière.

« Dites-moi, Kalas. Qu’est-ce qui vous a motivé à quitter votre père ? »

« Rien ne m’y obligeait. C’est le désir qui m’a incité à partir de chez moi. Je ne sais pas si j’étais réellement prêt, je ne cesse de penser à mon père et à mon départ, et cela me blesse au plus haut point. »

Morose, Kalas posa la pomme de terre qu’il épluchait dans le bac d’eau, puis posa son couteau sur la table avant de soupirer. Cornélius se leva de son tabouret et avança vers le jeune homme, qui releva timidement la tête. Posant sa main sur l’épaule de Kalas, Cornélius s’adressa à lui d’une voix chaude et réconfortante.

« Ecoutez-moi, mon jeune ami. Différents choix sont faits dans une vie, et ce sont ces choix qui font de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Aucun d’entre eux ne doit être regretté, et de nouveaux doivent être trouvé chaque jour pour ne pas sombrer dans l’oubli. Vous êtes un homme, Kalas, rien ne devrait vous portez à confusion, et surtout pas vos décisions. Regardez la vie comme elle se doit d’être vécue, et ressentez chaque expérience comme le schéma de votre destin. Vous deviendrez quelqu’un, mon jeune ami, j’en suis persuadé. Mais il ne tient qu’à vous de construire votre destin, et cela de vos propres mains. »

En entendant ces mots qui résonnèrent dans son esprit, Kalas craqua. Il ferma les yeux et laissa couler les larmes sur son visage, agrippant la tunique du Sinaris d’une main. Posant sa tête contre l’épaule de Cornélius, il ne pu retenir ses mots.

« Merci. Merci, Cornélius. Vous me redonnez le désir de continuer, avec de simples paroles. Vous êtes quelqu’un de bien. »

Le petit être tapota l’épaule de Kalas et le regarda en souriant, avant de retourner s’asseoir tailler ses carottes. Kalas renifla rapidement et s’essuya les yeux de sa manche, puis se remit au travail.
De nombreuses heures avaient défilés depuis le début de la préparation, et Kalas apercevait la lune s’élever dans le ciel. Quand il eu fini de mélanger le contenu de la marmite qui bouillait sur le feu, quelqu’un tambourina à la porte de la maison en hurlant.

« MONSIEUR BERGALLET ! MONSIEUR BERGALLET ! OUVREZ, C’EST MOI, ERNEST !! »

Sortant de la cuisine à vive allure, Cornélius ouvrit la porte avec hâte, alors que tous les individus présents dans la maison s’étaient rassemblés autour de lui. Cornélius avait ouvert à un individu de la même taille que lui, salopette crasseuse et cheveux débraillés le décrivant. Il soufflait fortement sur le pallier de la maison, s’appuyant de ses mains sur ses genoux. Le visage en sueur, il regarda Cornélius, qui lui demanda ce qu’il se passait.

« Que se passe t-il, Ernest ? Pourquoi viens-tu frapper à la porte de ma maison aussi tard ? »

« C’est…heu… c’est parce qu’on a un problème aux champs, m’sieur Bergallet ! Krah et Jared…se sont fait attaqués par des bêtes…alors qu’ont rangeaient le matériel dans la cabane à outils ! »

« Comment ?! Mais… ! Et la milice ?! Vous a-t-elle porté secours ?! »

« J’ai…hou….J’ai pas vu de gardes, m’sieur… C’est pour ça que je suis venu vous voir directement ! »

« Bon sang ! Attends-moi là, Ernest, je vais t’accompagner aux champs ! »

Sa femme, le visage déterminé, gifla immédiatement son mari en entendant ces mots.

« Il en est absolument hors de question, Cornélius ! Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose de grave ! Si je te perds, tu as idée de ce que je vais ressentir ? »

Cornélius porta sa main sur sa joue, et attrapa le poignet de sa femme avec vigueur.

« Si je perds des employés, je perds mon affaire. Et si je perds mon affaire, je n’aurais plus rien ! Comment subvenir à ma famille sans moyens ?! Dis le moi, Mélissa ! Comment pourrais-je payer la caution de notre fils ? DIS LE MOI !

Sa femme s’effondra au sol, portant ses mains au visage pour cacher ses larmes de tristesse. Cornélius courut dans la cuisine, et en ressorti avec l’un des couteaux de son tiroir, le plus large d’entre eux. Il s’avança ensuite vers Kalas, et le regarda d’un air plus ferme que jamais. Le jeune homme ne l’avait jamais vu ainsi.

« Kalas, ce que je vais vous demandez n’est ni une faveur, ni un service. Il s’agit d’une supplication. Vous avez l’entier pouvoir de refuser, je ne vous obligerais jamais à risquer votre vie. Acceptez-vous de m’accompagner aux champs, et de porter secours à mes employés ? »

(Me demander n’est même pas nécessaire.) Kalas était prêt à accompagner le Sinaris sans que ce dernier ne lui en fasse la demande.

« Il est clair que je vais vous accompagner, Cornélius. C’était dans mes intentions avant que vous n’y pensiez. »

Le Sinaris, ravi, se retint de tendre sa main pour remercier Kalas. Il désigna la cuisine d’un geste rapide.

« Très bien. Si vous le souhaitez, il y a d’autres couteaux dans le tiroir. Prenez celui qui vous plait ! »

« Je n’en ai pas l’utilité, Cornélius. Je pense pouvoir me débrouiller par mes propres moyens. »

Le Sinaris, intrigué, ne posa pas davantage de questions. Il embrassa sa femme sur la joue, lui assurant qu’il reviendrait au plus tôt et en un seul morceau.

« Je t’aime, Mélissa. »

« Allons-y, Cornélius. »

« Suivez-moi, m’sieur Bergallet ! »

Les deux Sinaris coururent dans la rue, et Kalas ferma la porte de la demeure avant de les rattraper.

A suivre => Le pouvoir des convictions

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Multi d'Ellyan Crow, Boucher des Murènes et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Kenra le Jeu 6 Mar 2014 21:53, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Dim 9 Fév 2014 04:30 
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Précédemment => Chef, la recette !

[:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture."
Le pouvoir des convictions

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Rattrapant en quelques enjambées seulement les deux Sinaris, Kalas couru à la hauteur de Cornélius, tandis qu’Ernest prenait la tête du groupe. Ils traversèrent la rue où Kenra avait fait la rencontre de son ami plus tôt dans la journée, et tournèrent plus loin sur la droite, en direction de la sortie de la ville. Les deux Sinaris tenaient plutôt bien leurs allures, malgré le fait que deux de leurs pas n’en valaient qu’un de Kalas.
Alors qu’il le tenait fermement, Kalas sentit les fioles s’agiter dans son sac, repensant à leur contenu curatif. (J’espère ne pas avoir à m’en servir ce soir.) Cornélius, respirant à un rythme soutenu afin de ne pas perdre son souffle, sorti Kalas de ses pensées en lui tapotant la jambe de son coude.

« Navré qu’une aussi bonne soirée rebondisse sur de pareils évènements, Kalas. Je m’en veux de vous mêler à mes problèmes. »

« N’ayez crainte, Cornélius. Nous règlerons rapidement ça, puis rentrerons pour déguster la soupe que nous avons mis tant de temps à préparer. Cela ne prendra pas longtemps, j’en suis persuadé ! »

« Vous me rassurez, mon jeune ami. Dites-moi, quelque chose me trotte dans la tête depuis que nous avons quittés la maison. Vous avez refusé mes couteaux, affirmant pouvoir vous défendre par vous-même. Comment comptez-vous combattre, si besoin est ? »

« He bien, voyez-vous, je dispose de quelques connaissances dans le domaine de la magie. Aussi limitées soit-elles, nous verrons le résultat en situation réelle, étant donné que je n’ai jamais eu à m’en servir sur quelque chose de vivant. »

« Un mage ! Vous êtes plein de surprise, mon jeune ami ! »

« On arrive, m’sieur Bergallet ! Le champ est plus très loin, à quelques minutes de course ! »

Le petit groupe franchit les portes de la ville, dont la grille était relevée. Aucun garde n’était posté près de celle-ci, et l’entrée de la ville semblait déserte. Aucune lumière n’était allumée dans la garnison proche d’ici, rendant le lieu aussi inquiétant qu’un cimetière. Kalas et les Sinaris se stoppèrent à quelques mètres de l’entrée, reprenant leurs souffles et se questionnant sur la disparition de la milice.

« Où sont les gardes ? Ils ne peuvent pas abandonner leur poste sans raison, c’est impossible ! »

« Je ne sais pas, m’sieur Bergallet ! Ils n’étaient déjà plus là quand je suis venu vers chez vous ! »

« Ne perdons pas de temps, alors. Ernest, sur quel champ travaillais-tu avec Krah et Jared ? »

« On était sur le numéro quatre, celui de monsieur Tavel ! Il est là-bas, à quelques dizaines de mètres, dans cette direction ! »

Ernest indiqua la direction d’une grande étendue de céréales à demi-récolté, coupant l’espace en deux. Trois petites cabanes dépassaient de l’horizon, délimitant le périmètre de la propriété. Cornélius s’avança à l’oreille d’Ernest, soufflant des mots que Kalas percevait avec difficulté.

« Voilà ce que tu vas faire, Ernest. Tu vas retournez immédiatement en ville et courir au quartier général de la milice. Là, tu expliqueras ce qu’il s’est passé. Tu n’omets aucun détail, et tu précises bien que je me suis rendu sur place accompagné d’un jeune humain. Tu m’as compris ? »

« Oui, m’sieur Bergallet ! Mais, vot’ grand ami, là. J’veux dire, il saura vous aidez ? Je ne vois pas d’épée ou d’acier à sa ceinture, moi. »

(Pourquoi les gens désarmés paraissent-ils inoffensifs ?!)

« Ne t’en fais pas pour nous, nous saurons tenir en attendant les renforts que tu iras chercher. Maintenant, fonce, Ernest. Je compte…Nous comptons sur toi ! »

« Oui, m’sieur ! Bonne chance à vous deux ! »

Ernest se rua à toute vitesse à l’intérieur de la ville et tourna à droite, disparaissant du champ de vision de Kalas. Cornélius se rapprocha du jeune homme, et lui fit signe de le suivre. Ils reprirent leurs courses à une allure plus furtive, désireux de ne pas attirer l’attention de potentiels opposants à leur arrivée dans le champ.
Le ciel était vide de nuages, mais voilé d’obscurité, rendant les étoiles plus lumineuses que jamais. Seule l’éclat de la lune rivalisait avec ces dernières, donnant au relief des nuances de blanc, comme de l’ivoire. L’air, bien plus frais que ce matin, se remplissait de la fumée qui s’échappait des lèvres de Kalas et Cornélius. Un frisson parcouru son corps, et Kalas rabaissa les manches de sa veste, n’hésitant pas non plus à se frotter le corps de ses bras. Cornélius balaya plusieurs fois l’étendue de blé du regard, guettant le moindre mouvement. Il s’accroupit très près du sol, et Kalas ne put descendre totalement à sa hauteur, s’agenouillant presque pour porter son oreille près de la bouche du Sinaris qui désirait lui exposer son plan.

« D’après Ernest, Krah et Jared devraient se trouver dans les environs. A mon avis, ils ont dû se réfugier dans les cabanes en bois, qui se trouvent aux extrémités du champ. Je vais allez vérifier celle de gauche, là-bas et je vous laisse celle de droite. Quand nous aurons terminés, retrouvons-nous à la dernière, qui se trouve à l’opposé de la propriété. Si vous trouvez mes employés, restez près d’eux. Je vous rejoindrais le plus rapidement possible. Mon plan vous satisfait-il, Kalas ? »

« Je n’aurais pas dis mieux. En route ? »

« En route. Faites attention à vous, mon jeune ami. »

Cornélius dégaina son couteau qui pendait à sa ceinture, et se faufila discrètement en direction de la baraque qu’il s’était désigné. Kalas, lui, se releva légèrement en frottant ses jambes, ses articulations ne supportant plus de le tenir à si basse position du sol. (Bon sang, parler à l’oreille d’un Sinaris est une torture pour les genoux !) Il s‘approcha ensuite à faible allure de la bicoque, sa tête dépassant des étendues de blés. Plusieurs dizaines de mètres séparaient chaque cabanon, et le terrain n’aidait pas à la progression.
A quelques mètres de sa destination, Kalas sentit une odeur particulièrement agressive émaner de la cabane. Une odeur particulière, qu’il n’avait jamais ressentit auparavant, mêlant un parfum de pourriture et de vieux bois. S’en bouchant presque les narines, Kalas remarqua que l’odeur se faisait de plus en plus puissante au fur et à mesure de son approche. Il constata aussi que la porte de la cabane était légèrement ouverte, le rassurant sur le fait de devoir enfoncer la porte ou non.

La manche sur les narines afin de filtrer l’odeur pestilentielle qui se renforçait, Kalas surpris un bruit particulier à l’intérieur de la cabane. Il approcha l’oreille de la porte, discernant un bruit de mâche et de nombreux couinements à travers le bois humide. (Mais qu’est-ce que c’est que ce foutu bruit ? Et pourquoi ça sent, comme ça ?) Résolu à répondre a ses questions, Kalas s’empara de la poignée de la porte et l’ouvrit, révélant une scène d’une horreur sans nom.

Sur le sol, démembré de toutes parts et retapissant de son sang les murs de la cabane, s’étalait la carcasse d’un homme. D’apparence Sinaris, le corps avait été traîné, déchiqueté, dévoré voir même recraché dans certains coins. Le sol de la cabane n’étant même plus visible, une dizaine de rats au pelage gris s’agitaient au milieu de ce massacre, couinant et se repaissant des morceaux de chairs humaines. Leurs queues, de couleur rose à l’origine, s’étaient teintées d’un rouge foncé, à force de badigeonner celles-ci dans le sang de la victime.
Kalas, le visage livide, regardait d’un œil blanc la scène macabre. Il fixait la tête encore entière du cadavre, qui avait gardé les yeux ouverts. Ceux-ci étaient révulsés et traduisait une terreur sans nom juste avant la mort. N’osant bouger de peur d’attirer l’attention du groupe de rongeurs, le jeune homme prit finalement peur et recula de quelques pas, cachant ses yeux de l’horreur qu’il avait osé regarder. (Qu’est ce que c’est que cette horreur ! Je… Mais c’est horrible, ils l’ont mangé ! Ils ont dévorés un cadavre !)

Kalas regarda autour de lui, cherchant Cornélius du regard, pour lui faire part de cette scène abominable. Soudain, quelque chose dévoila sa tête du haut de la porte, accroché au plafond. Quelque chose, un visage, sans traits ni face, à part une fente ressemblant vaguement à une bouche sans lèvres, qui semblait dévisager Kalas. L’abomination lâcha prise, et retomba lourdement sur le sol au milieu des rats. Ces derniers, dérangés dans leur repas nécrophage, prirent peur et s’enfuirent, certains passants entre les pieds de Kalas. En sentant le contact avec la fourrure drue des rats, il frissonna de dégoût, avant de reposer ses yeux livides sur la créature qui se tenait maintenant sur les restes du cadavre.

La peau dénudée de poils ou de fourrure, elle portait de nombreuses cicatrices, certaines plus récentes que d’autres, du sang séché recouvrant parfois certaines d’entres elles. Sa mâchoire claqua, et Kalas pu découvrir une longue rangée de dents abimés d’une couleur brune répugnante. Le monstre s’appuyait sur ses deux longs bras comportant des muscles fébriles et des os qui craquaient à chaque mouvement de l’abomination. De grandes mains aux doigts fins, presque sans chair, finalisaient ses membres, sur lesquelles étaient fixés de longs ongles sales qui finissaient par des signes de rognures. La monstruosité se tenait sur de chétives pattes sans chair, collant à l’os et tremblantes de son propre poids, arrivant à peine à s’appuyer sur celles-ci.
Kalas ne comprit pas immédiatement ce qu’il avait en face de lui. Il cherchait à justifier l’existence de ce monstre, qu’il n’avait jamais ne serait-ce qu’aperçu dans un livre. Et des livres, Kalas en avait lu un bon nombre.

La vue d’une horreur pareille le dégoutait, sentant des haut-le-cœur lui tirailler l’estomac (Une abomination pareille existe ?! Elle est digne des pires cauchemars !). Le monstre claqua une nouvelle fois des dents et garda la bouche grande ouverte, avant de pousser un genre de cri qui ressemblait davantage à un gargouillement sinistre. Attrapant la tête du cadavre de ses grandes mains, elle la jeta avec force sur Kalas, qui réagit presque instantanément. Il tenta de s’écarter de la ligne de mire de la bête, mais ayant réagi trop tard, il sentit la figure du mort s’écraser sur son veston et tâcher ses habits de sang frais. La tête roula à terre sur quelques mètres et se perdit dans les plants de céréales. L’impact, même s’il n’était pas particulièrement puissant, fit trébucher Kalas qui tomba à terre et se retrouva sur les coudes. Le monstre en profita pour se rapprocher, rampant vers le jeune homme affolé en enfonçant ses doigts dans le sol pour avancer.

« Ne t’approches pas de moi, sale monstre ! Va-t’en ! VA-T’EN ! »

Reculant de ses coudes irrités, Kalas tenta de creuser l’espace entre lui et la bête, voulant la garder le plus loin possible. L’abomination, elle, gagnait du terrain, parcourant plus rapidement les quelques mètres qui les séparaient. Arrivé à portée, elle se saisit de la jambe de Kalas, qui se débâtaient de toutes ses forces pour échapper à l’abominable étreinte qui lui pressait le tibia. Pris de panique, il agitait son pied libre dans tout les sens, quand l’un de ses mouvements porta ses fruits. Son pied vint se coller avec force dans le visage de la bête, qui lâcha immédiatement prise en hurlant de nouveau de son horrible gargouillement.

Kalas se releva le plus vite possible, ne souhaitant pas donner une nouvelle occasion de prise au monstre. S’époussetant rapidement, Kalas constata après un rapide coup d’œil sur ses vêtements un endroit où le tissu manquait. Sa jambe gauche avait été griffée, et il s’en écoulait un faible flot de sang, se rependant rapidement sur son pantalon. Kalas regarda le monstre, qui mâchouillait le bout de tissu avec appétit.
L’abomination comprit qu’elle y perdrait à poursuivre Kalas debout, et rampa rapidement vers les plants de céréales, disparaissant complètement de la vue du jeune homme. C’est à cet instant que ce dernier perçut une voix familière, l’appelant par son prénom.

« KALAS ! KALAS ! Vous m’entendez ?! KALAS ! »

Déglutissant sa salive, le jeune homme repris ses esprits, répondant au Sinaris qui semblait particulièrement inquiet.

« Je suis ici, Cornélius ! »

En arrivant près de lui, Cornélius s’enquit de l’état du jeune homme, qui pressait fermement une plaie ensanglantée.

« Par Gaïa, vous êtes blessé ! Que s’est-il passé ?! »

La douleur, qui se faisait progressive, l’empêchait de répondre normalement.

« La…La cabane ! Allez-voir…par vous-même ! »

Cornélius posa les yeux à l’intérieur du cabanon et constata la scène macabre. Il ne put retenir un hoquet de dégoût et porta la main sur ses lèvres en ruminant.

« Que je sois châtié si cela est réel. Mais quelle est ce massacre, par la Déesse ?! Que s’est-il passé à l’intérieur ?! Et qui est-ce ?! »

« Vous ne le reconnaissez pas ? »

« Comment le pourrais-je ?! Avez-vous vu pareille boucherie dans votre existence ? Regardez, même la tête est manquante ! »

Cornélius s’attrapa les cheveux, tirant quelques fois sur ceux-ci pour se contenir. Il ferma les yeux et souffla trois fois, avant de reprendre son calme.

« A l’uniforme, il s’agit soit de Krah, soit de Jared. Malheureusement, sans la tête, il va m’être difficile de l’identifier. Avez-vous vu le responsable de cette horreur ? »

En prenant soin de n’omettre aucun détail, Kalas expliqua sa découverte de la scène macabre. Quand il évoqua le monstre sans visage, Cornélius devint livide comme un linge blanc.

« Quelle abomination ! Et vous dîtes que la tête du cadavre se trouve dans ces fourrées, juste là ? »

« Cornélius, ne faites pas ça, je vous en prie. La bête s’y trouve peut être encore. Ne prenez pas de risques inutiles. »

« En tant que dirigeant de cette compagnie, je me dois d’annoncer à la famille du défunt mes plus humbles condoléances. Et pour cela, je dois m’assurer de l’identité du mort. Il m’est nécessaire d’aller vérifier. »

Kalas sentit la douleur doubler d’intensité, et la phrase qu’il voulu répondre se coinça dans sa gorge. Il s’affala, tombant à la renverse et glissa lourdement sur l’arrière-train. Il ne put que regarder le Sinaris s’avancer vers les plants de céréales, le couteau fermement serré dans sa main. Il aurait voulu l’en empêcher, crier quelque chose ou même y aller à sa place, mais rien ne semblait apaiser la douleur qui lui rongeait la jambe, l’obligeant à rester spectateur d’une éventuelle agression.
Cornélius disparu quelques minutes dans les champs, les pousses de blé étant plus hautes qui lui. Kalas se réjouit d’un large sourire quand il en ressorti entier. Le Sinaris, levant la main en direction de Kalas, lui indiqua l’identité du défunt.

« Bon, comme je m’en doutais, il s’agit de Krah. C’était le plus jeune de mes employés, et je sais que sa famille habite une petite maison du quartier Sinaris. Maintenant, rentrons, mon jeune ami. Vous devez avoir besoin de… »

Cornélius coupa court à sa phrase, baissant la tête afin de regarder la main qui lui traversait l’estomac. Il cracha un long filet de sang quand celle-ci s’extirpa de son corps, et la bête abominable réapparut de derrière la silhouette du Sinaris. Cornélius porta la main à son ventre, frémissant de douleur alors que son sang se répandait sur le sol. Kalas hurla de terreur, à la vue d’une telle scène.

« CORNELIUS ! NOOOOOOON !!! »

Le Sinaris avança de quelques pas, tentant de s’éloigner de la bête qui se léchait la main couverte de sang frais. Il tendit la main en avant, et trébucha contre ses pieds à quelques mètres de Kalas. Il serrait des dents, tentant de résister à une douleur pareille. Kalas se traîna à quatres pattes jusqu'à son ami, et le soutint dans ses bras, tentant de le réconforter.

« Mon jeune ami, il semble…teuheu… que j’aurais du écouter ma femme… »

« Ne dites rien, Cornélius, ne dites plus un mot ! J’ai ce qu’il faut, ne vous inquiétez pas, vous n’allez pas mourir ! »

Fouillant hâtivement dans son sac, Kalas sortit l’une des fioles contenant un remède contre les blessures et la douleur. Il porta la bouteille aux lèvres du Sinaris, qui en but difficilement le contenu, sa bouche se mélangeant de salive ensanglantée et du liquide pharmaceutique. Quelques secondes plus tard, le Sinaris respira normalement, l’hémorragie de son estomac s’étant stoppée. Il regarda Kalas les yeux plissés, et lui souffla quelques mots, tentant chaque instant de ne pas cracher de sang en parlant.

« Je me sens mieux, mais je n’ai plus aucune force. Il va m’être difficile de vous portez main forte face à cette abomination, Kalas. »

« Restez ici, Cornélius, et laissez-moi faire. Je reviens m’occuper de vous. »

Kalas se releva, alors que la bête s’affairait à lécher le sang qu’il restait sur sa main. Dans son esprit, Kalas ne percevait que de la colère, jugeant l’existence de ce monstre comme un affront pour la beauté de la région. (Ce monstre répugnant n’est qu’une erreur, que je vais corriger pour notre bien à tous.)

Respirant profondément, Kalas ferma les yeux, se plongeant dans un semi-état de transe. Il tenta de ressentir quelque chose au fond de lui, une sensation, un sentiment, une pensée. La douleur n'était même plus une information que son cerveau recevait. De nombreuses choses se bousculaient dans son esprit, et Kalas tria rapidement les souvenirs afin de n’en garder que les plus précieux. Il ressentit l’intensité de chacune de ces pensées, et en tira une force qu’il n’avait jamais ressenti dans toute son existence. Ce qui alimenta rapidement cette force fut les souvenirs passés avec son père et les moments de bonheur et d’insouciance qu’il avait ressenti toute sa vie à ses côtés. Il repensa également au conseil que lui avait donné Cornélius, sur la prise en main de son destin. (Cornélius, qui, à l’heure actuelle, git presque inconscient derrière moi.)

C’est sans se rendre compte que ses mains se déplacèrent dans l’espace. Son bras gauche se déploya devant lui, creux de la main vers le ciel, comme s’il mendiait quelques pièces. Des paroles presque mécaniques se répétaient dans son esprit, justifiant chacun de ses mouvements.(La main gauche est une illustration de la surface. Elle permet de fixer le point de chute de chaque chose, et concentre l’utilisation de ton pouvoir à cet endroit. Il suffit de se focaliser sur le point de chute, pour que toutes choses puissent frapper à cet endroit avec l’intensité et la puissance d’une montagne.)

Son bras droit s’éleva vers le ciel, le poing fermé de détermination. (Le bras droit est l’expression de ta colère. Il est la force de ta conviction, et la puissance de ta volonté. Utilise ce bras pour matérialiser tes pensées, et frappe le point de chute avec énergie.) Kalas ouvrit les yeux et se concentra avec constance sur l’abomination qui ne bougeait pas, narguant son adversaire en étalant sa main couverte de sang sur lui-même, lui dessinant de grosses traces rouges sur le visage. Serrant son poing de toutes ses forces, il l’imprégna mentalement de la haine éprouvé à l’instant.

Sans aucune explication logique, une épaisse colonne de terre se forma à quelques mètres au dessus du monstre. Se composant à quelques endroits de pierre de moindre qualité, la colonne n’en paraissant pas moins bien rigide. Kalas, les yeux plissés de colère, regarda le monstre, avant de crier, la voix chargée de rage.

« MEURS, INFECTE SALOPERIE !

Il leva ensuite les yeux vers la colonne, qu’il encourageait comme s’il s’agissait d’un être humain, vidant son énergie dans un cri de puissance.

« FRAPPE ! HAAAAAAAAA ! »

L’abomination eu juste le temps de relever la tête, avant de voir l’immense pilier de terre au-dessus d’elle s’abattre sur sa position. Elle rugit son habituel gargouillement infâme, avant de ramper de panique hors de portée de la zone de frappe. A l’impact, le pilier s’écrasa sur les jambes de la victime, sectionnant presque instantanément le corps du monstre en deux. Ce dernier, ayant perdu la moitié de son organisme, hurla de plus belle, son gargouillement se muant en une espèce de complainte immonde. Il agitait les bras, tel une araignée agonisante, tandis que son corps rependait un sang de couleur noire sur le sol.

Kalas, constatant que la bête était toujours en vie, desserra le poing. Au même moment, la colonne de terre se désintégra presque instantanément, éclatant en de nombreuses particules invisibles. Il regardait le monstre souffrir, le trouvant plus immonde que jamais. Kalas souhaitait faire disparaître cette chose de la surface de la terre, et ne pas simplement la blesser ou l’handicaper. Il replaça ses mains comme auparavant, près à réitérer le rituel une nouvelle fois.

Cette fois ci, les choses se firent plus rapidement, Kalas ayant déjà ressenti chacune des pensées à utiliser. Il retrouva rapidement la force nécessaire dans son esprit, et y puisa plus habilement les composants de sa colère. La colonne arriva plus rapidement à maturité, se formant également de manière plus pure. En effet, Kalas constata que les quelques pierres qui constituait la précédente colonne n’était plus autant présentes.
Il expira longuement, vidant ses poumons d’oxygène, avant de reprendre une profonde inspiration. Le mage relâcha à nouveau son souffle, abattant son poing dans la paume de sa main par la même occasion. Il n’hurla rien de particulier, préférant savourer la mort de la bête en silence.

Le pilier s’écrasa avec force sur la bête, se plantant parfaitement au milieu d’elle. Dépassait de sous la colonne, ses bras bougeaient nerveusement, comme parcourus de spasmes. Kalas relâcha à nouveau son poing, le pilier se désintégrant une nouvelle fois de la même manière que la précédente.

Le contrecoup fut immédiat. Tout son corps fut parcouru d’une immense lourdeur, qui le fit tomber rapidement à terre. Son souffle se faisait également de plus en plus court, et il sentait la sueur couler sur son visage. La fatigue s’infiltrait par tous les pores de sa peau, et bientôt, ses paupières se refermèrent d’elle-même. Kalas, avant de sombrer dans l’inconscience, parvint toutefois à afficher un large sourire victorieux en haletant, n’oubliant jamais les événements de cette nuit. (Tout devient noir…Je suis si fatigué… Mais je l’ai eu… j’ai gagné… j’ai…gagné….)

A suivre => L'ami des petits-êtres

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
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L’ami des petits-êtres

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La pièce où était allongé Kalas ressemblait davantage à un cachot qu’à une salle de repos. Il y empestait une vive odeur de pourriture froide, qui réveilla immédiatement le jeune homme. Se dressant sur ses avant-bras, il regarda autour de lui, se demandant comment il était arrivé là. (Mais qu’est-ce que je fais ici ? Où suis-je ?) Rien ne semblait vouloir fonctionner dans son esprit, et malgré une forte concentration, il n’obtint qu’une forte migraine. (Le monstre, Cornélius… Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ensuite ?)

Kalas suivit du regard la large fissure qui se creusait dans le mur abîmé, aboutissant sur un trou béant de la taille d’un bœuf. Le plafond de pierre était couvert de moisissures vertes, certaines mutant presque en mauvaises herbes nauséabondes. De larges barreaux bloquaient l’unique accès à l’endroit, dépourvus de portes ou de grilles. Kalas se leva sur ses pieds encore fébriles, s’appuyant sur l’inconfortable banc de bois pourri sur lequel il se tenait auparavant. Un bruit de secousse se manifesta, agitant rapidement l’endroit comme un ballot de paille. Ne pouvant se maintenir fermement à une bonne prise, le jeune homme glissa, chutant lourdement sur l’épaule. (Bon sang !) La panique fit son emprise sur lui, et Kalas pesta contre cet endroit maudit, frottant douloureusement son épaule abîmée.

« Mais qu’est ce que c’est que ce foutu cachot ?! Qui m’a jeté dans un endroit pareil ?! AU SECOURS, QUE QUELQU’UN M’AIDE !!! »

Rien ne se manifesta, hormis une seconde secousse, plus faible que la précédente. Un bruit émanait du trou dans le mur, et Kalas regarda immédiatement dans la direction, le visage couvert de sueur. De l’obscurité de la brèche s’extirpait deux longs bras fins, dépourvus de muscles et de fourrures, s’agrippant au mur pour rentrer dans le cachot. Le cœur ne Kalas ne fit qu’un bond, quand il discerna le visage sans traits de l’abomination qu’il avait combattu auparavant. Cédant une nouvelle fois à la panique, Kalas hurla contre la monstruosité qui franchissait la brèche.

« NON ! NON ! TU N’EXISTES PAS ! TU ES MORTE ! JE T’AI TUEE, TU M’ENTENDS ?! JE T’AI TUEE !!! »

La bête afficha un sourire sadique, dévoilant une langue trouée et d’une couleur étrange, avant de lécher ses lèvres inexistantes. Elle rampa vers Kalas, le bas du corps détaché d’elle-même, se traînant tel un cadavre animé. A son passage, le sol se colorait d’une pestilentielle trace de sang noire, que Kalas reconnut contre son gré.

« VA-T-EN ! VA-T-EN !!! AU SECOURS, AIDEZ-MOI !!!

Ne pouvant bouger à cause de sa blessure à l’épaule et de la panique qui le tiraillait, Kalas regarda avec horreur le monstre s’approcher de lui. Quand cet dernier fut tout proche de lui, il ouvrit la mâchoire, rugissant de son gargouillement infâme. Puis, il leva la main en l’air, pointant ses longues griffes abîmées vers Kalas. C’est à ce moment que le jeune homme perçut une voix déjà entendue auparavant.

« Jeune homme ? Jeune homme, vous allez bien ? »

Mélissa, la mine inquiète, de sa main posée contre l’épaule de Kalas, réveilla le jeune homme de son cauchemar. Les pensées encore floues, il ne répondit pas immédiatement à la Sinaris, tentant de comprendre ce qu’il s’était passé. D’une voix réconfortante, Mélissa réitéra sa question.

« Vous allez bien, Kalas ? »

D’une voix rauque dû à son réveil, le jeune homme se racla la gorge et répondit avec précipitation.

« Je, oui, je vais bien ! Excusez-moi, j’ai du faire un cauchemar ! »

« Ce n’est rien. Kalas, je vous présente l’instructeur Daryl Lyan, qui officie à la milice de Dehant. Il aurait quelques questions à vous poser par rapport aux événements d’il y a trois jours. »

« Bonjour, jeune homme. Ne vous en fait pas, cela ne… »

« J’ai dormis trois jours ?! Tant que ça ? »

Kalas avait coupé la parole à l’instructeur, qui n’en réagit pas plus que ça. En jetant un rapide coup d’œil sur le milicien, il repéra le même uniforme que les gardes à l’entrée de la ville, mais avec davantage de protections. Une cape courte se liait de part ses épaulettes, et sur son tabard était brodé l’emblème de la ville, un bouclier vert et orange orné du dessin d’un agneau blanc. Daryl reprit la parole, sans se faire interrompe cette fois-ci.

« Effectivement, on vous a retrouvés inconscient, il y a trois jours de cela, dans le champ d’un certain monsieur Tavel, aux côtés d’un Sinaris dans le même état, mais davantage blessé. »

« Cornélius ! Comment va-t-il ? Dites-moi qu’il est en vie ! »

Mélissa prit la parole, rassurant le jeune homme dans ses inquiétudes.

« Ne vous en faites pas, Kalas. Cornélius va bien. Il s’est réveillé hier, sa blessure au ventre ayant été plutôt simple à traiter. Il est parti ce matin régler des affaires administratives et réconforter la famille de Krah. »

« Quoi qu’il en soit, nous aurions quelques points à éclaircir. Dites-moi, Kalas, d’où venez-vous ? Comment avez-vous fait la connaissance de monsieur Bergallet ? »

« Je viens d’un hameau sans nom, plus loin dans les terres de Dehant. Je suis arrivé en ville le même jour que l’accident, et c’est au marché que j’ai rencontré Cornélius. »

Prenant des notes à chaque réponse de Kalas, l’instructeur poursuivi sa série de questions.

« Très bien, très bien. Comment vous êtes-vous retrouvé dans la propriété de monsieur Tavel, accompagné de monsieur Bergallet ? »

« L’un de ses employés est venu frapper à la porte, tard dans la soirée. Il a affirmé avoir vu ses deux collègues se faire attaquer par des bêtes sauvages. Cornélius et moi avons pris les armes, et accourus vers le champ, pendant qu’Ernest, l’employé, était parti quérir de l’aide au Quartier Général de la milice, les gardes de l’entrée étant absents. »

« Une seconde, vous dites qu’Elliot et Gadar n’étaient pas à leur poste ? »

« Absolument. La garnison n’était pas allumée, et personne n’était présent. »

L’instructeur prit soigneusement note de la révélation, puis se gratta la nuque en serrant des dents.

« Je comprends. Voyez-vous, ces deux recrues sont encore en période d’essai, et le fait qu’elles aient déserté n’est pas normal. Poursuivez, je vous prie. »

« A notre arrivée au champ, nous nous sommes séparés, Cornélius et moi, pour inspecter les cabanes à outils. J’ai découvert dans l’une d’entres-elles le corps d’un de ses employés disparus, dans un macabre état. »

« Oui, nous avons pu voir la scène du meurtre à notre arrivée. Avez-vous vu ce qui l’a, pour ainsi dire, démembré ? »

Kalas décrivit le monstre n’omettant aucun détail. Il insista sur le fait de ne jamais avoir vu une horreur pareille, détaillant chacune des parties de son corps difforme. Mélissa porta ses mains au visage en écarquillant les yeux à l’entente de la description, alors que l’instructeur ne broncha presque pas.

« Je vois. Si je ne me trompe pas et que j’ai bien compris votre descriptif, il s’agit là d’un marcheur obscur. Leurs attaques sont rares et la dernière apparition retranscrite date d’il y a quelques mois. Quoi qu’il en soit, je vous félicite pour l’avoir neutralisé, qu’importe le moyen utilisé. Je vais retranscrire ces informations sur le rapport, et informer la famille du défunt. Vous serez peut-être intéressé de savoir que nous avons retrouvés le second employé de monsieur Bergallet, le jeune Jared, inconscient dans des fourrées proche du champ. il est actuellement en train de se reposer chez lui. »

« Merci, monsieur. C’est bon à savoir. »

« Sur ce, je prends congé. Jeune homme. Madame »

Il s’inclina légèrement en direction de Mélissa, puis sortit par la porte en bois qu’il n’omit pas de claquer derrière lui. La Sinaris repartit au chevet de Kalas, lui prenant la main qu’elle caressa avec douceur.

« Kalas, je ne saurais jamais vous remercier suffisamment pour avoir sauvé la vie de mon mari. Il m’a raconté ce que vous avez fait pour lui et de la manière dont vous l’avez défendu. C’était très brave de votre part, et je vous suis infiniment reconnaissante. »

Kalas, mal à l’aise, se passa la main dans les cheveux, cachant par la même occasion la gêne qui lui rougissait le visage.

« Ce n’est rien, Mélissa. J’ai simplement fait ce que toute autre personne aurait accompli à ma place. »

La porte de la maison s’ouvrit, dévoilant un Cornélius boitant, une béquille à la main. Mélissa accourut pour l’aider à marcher, mais ce dernier la rassura quand à son état.

« Ne t’en fait pas, ma chérie, ce vieux corps n’a pas encore tout donné. Je peux marcher seul, tu sais. »

Kalas, bien trop heureux pour parler, se réjouissant de voir son ami en vie, ne put dire un seul mot. Cornélius avança jusqu'à son chevet, puis d’un signe de tête, s’adressa à sa femme.

« Mélissa, pourrais-tu me laisser seul avec Kalas, je te prie ? J’ai plusieurs choses à lui dire. »

La Sinaris acquiesça, puis repartit dans la cuisine en prenant soin de fermer la porte. Cornélius posa sa béquille contre la petite table de bois qui se trouvait à côté, puis s’assied sur un tabouret que le jeune homme n’avait pas décelé.

« Mon jeune ami, tout d’abord, en tant que chef de la famille Bergallet Levarin Mirobélius, et dirigeant de la compagnie « Les fourches de Bergallet », je vous remercie le plus intensément du monde pour l’aide que vous avez apporté à ma personne et à mon entreprise. Je vous suis éternellement reconnaissant pour l’assistance que vous m’avez apporté ce soir là, sauvant mon entreprise de la faillite et empêchant ma femme de devenir veuve. Aussi, je déclare la famille Bergallet Levarin Mirobélius, détentrice d’une dette à votre égard. Nos lits sont les vôtres, ma table vous est disponible quand vous le souhaitez, et ma porte vous est ouverte à chaque instant. »

« Arrêtez, Cornélius, vous me gênez. J’ai agit comme n’importe quelle personne, et davantage pour vous, mon ami. »

Cornélius tendit sa main vers Kalas, attendant que ce dernier l’empoigne. Il glissa ensuite ses bras sous les aisselles du jeune homme, l’enlaçant amicalement.

« Merci, Kalas. Merci pour tout. »

« Merci à vous, Cornélius. »

Le Sinaris se retira de l’étreinte, posant ses deux mains sur les épaules de Kalas, un grand sourire dessiné sur son visage.

« Vous êtes définitivement le jeune humain le plus intéressant que j’ai pu rencontrer ! »

Les deux hommes rirent aux éclats, emplissant la pièce d’une humeur chaleureuse. Kalas ne s’était jamais senti aussi bien de toute sa vie, voyant en Cornélius la figure du premier vrai ami qu’il s’était fait. Une amitié qu’il garderait précieusement.

Nouvelles aventures ! => Prêt pour une balade

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Dernière édition par Kenra le Mer 19 Fév 2014 00:00, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Lun 17 Fév 2014 20:51 
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Précédemment => L'ami des petits-êtres

Prêt pour une balade


Les mains de Kalas claquèrent, fermant le livre qu’il lisait depuis ce matin. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre et constata que le ciel s’était assombri depuis déjà un bon moment. La lune avait succédée au soleil, lumineuse au milieu des étoiles.
Alors qu’il reposa les yeux sur son livre, il relut le titre dans sa tête, comme pour se persuader qu’il venait de le terminer. (Le guide d’une ville parmi les fleurs : Dehant) Il y avait apprit de nombreuses choses intéressantes sur la commune, mais également sur ses alentours. Quelques passages décrivaient un hameau que le jeune homme identifia clairement comme l'endroit où il avait grandi, heureux de savoir qu’il ne vivait pas dans un trou perdu.
Son ventre gargouilla, plainte à laquelle Kalas répondit sur-le-champ en s’habillant pour descendre dans la cuisine. Il enfila sa tunique et son veston, mais se vêtit d’un nouveau pantalon que lui avait donné Cornélius. Ce dernier, de couleur noir, lui allait parfaitement bien. Il lui serrait suffisamment les hanches pour ne pas tomber tout seul, et le laissait bien assez ample de ses mouvements. Kalas termina rapidement de s’habiller et attrapa son sac par une lanière, avant de descendre l’escalier qui donnait sur le salon dans lequel paressaient Mélissa et Cornélius, un livre à la main et la pipe entre les lèvres.

En entrant dans la pièce, Kalas sentit une vague de chaleur lui parcourir le corps. La cheminée était allumée, et de belles flammes crépitaient à l’intérieur, chantant une douce mélodie de braises. Apparemment très intéressés par leurs ouvrages respectifs, il attira leurs attentions en les saluant.

« Bonjour Cornélius. Bonjour Mélissa. »

Les deux Sinaris quittèrent rapidement leurs livres des yeux, arborant tous deux un sourire de satisfaction.

« Kalas, vous êtes levé ! Excusez-moi, je vais préparer le repas ! »

« Ne vous embêtez pas, Mélissa. Je pensais faire un tour en ville, ce soir. »

« Vous emmènerez un panier-repas, dans ce cas ! »

Sur ces mots, elle avait accouru dans la cuisine et claquer la porte, désireuse de travailler seule. Cornélius s’était étendu sur son canapé, croisant ses jambes et tirant sur sa pipe d’une profonde inspiration. Il relâcha la fumée, avant de s’adresser à Kalas qui ne parvint même pas à distinguer son visage.

« Vous sortez ce soir, mon jeune ami ? Qu’avez-vous prévu de visiter ? »

« Et bien, la ville en elle-même, je dirais. Je souhaiterais faire le tour des commerces avant le couvre-feu, et finir mon excursion demain matin. »

« Dans ce cas, laissez-moi vous donner un peu d’argent pour faire vos achats. Et n’essayez même pas de refuser, ce serait m’insulter. »

Kalas retint les mots d’objections qui allaient sortir de sa bouche, et se contenta de tendre la main à la bourse que lui offrit Cornélius. La soupesant de sa main, il comprit que cette dernière devait approximativement faire le triple de ses richesses actuelles. Ne pouvant refuser, il remercia assidument le Sinari pour son cadeau.

« Merci beaucoup, Cornélius. Je ne sais pas quoi dire, cela me met mal à l’aise. »

« Et bien, qu’il en soit ainsi ! De mon côté, je ne suis on-ne-peut-plus heureux ! Heureux d’être en vie, heureux de pouvoir voir ma magnifique femme tous les jours, et heureux de vous avoir rencontré. Alors rangez-moi ça dans votre poche, et qu’elle ne la quitte que pour qu’on vous l’échange contre quelque chose qui vous plaira. »

Ecoutant son conseil, Kalas glissa la bourse dans sa tunique, préférant compter les sous plus tard. C’est au même moment que Mélissa sortit de la cuisine avec une serviette enveloppant divers aliments.

« Tenez, Kalas. Mettez ceci dans votre sac. Vous n’aurez pas faim, aujourd’hui. »

En attrapant le baluchon par le bout, Kalas constata son poids, ce qui le fit sourire.

« Mélissa, vous savez, je n’ai pas l’intention de manger autant ! »

« Je vous conseille de ne rien jeter, Kalas ! Je ne me suis pas démenée pour rien, la déesse Gaïa en est témoin ! »

A cet instant, le jeune homme jura que la Sinarie avait grandi sous l’effet de la colère. Il promit de ne rien gâcher, et rangea rapidement le paquetage dans son sac, afin de ne pas contrarier Mélissa une fois encore. Cornélius accompagna Kalas jusqu’à la porte, le poussant d’une main dans le bas de son dos. Il s’éleva sur la pointe des pieds, signe que l’humain devait se mettre à portée des lèvres du Sinari.

« Excusez ma femme, elle tenait à vous faire un repas depuis ce matin, mais oublions. Kalas, je vous demanderais d’être prudent dans les rues de la ville. Dehant n’est pas une ville réputée pour son taux de criminalité, du-moins pas le quartier Sinari, mais soyez prudent si vous pénétrez dans la seconde moitié de la cité, surtout à cette heure-ci. »

« Ne vous en faites pas, Cornélius. Je porte près d'un kilo de nourriture, ce sont les chiens errants qui m’inquiètent davantage. »

« BWAHAHA ! Vous êtes très désopilant, mon jeune ami ! Allez, et que Gaïa guide chacun de vos pas ! »

Kalas tapota sur l’épaule du Sinari, et descendit le petit escalier de pierre qui donnait sur le jardin. Franchissant la barrière qui limitait le jardin de Cornélius, il emprunta la grande route principale, désireux de voir la ville de nuit s'activer sous yeux.

A suivre => Des ennuis dans la rue

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Dernière édition par Kenra le Lun 5 Jan 2015 16:19, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Sam 15 Mar 2014 17:13 
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Des ennuis dans la rue

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En marchant dans les rues vides, Kalas s’amusait à retenir les habitudes nocturnes des habitants. Certains arrosaient les pots de fleurs sur leur balcon avant de fermer leurs volets, d’autres s’installaient sur de confortables chaises de bois afin de profiter de la fraîche nuit qui s’annonçait. Kalas en remarqua même quelques uns qui sortaient de leur maison une bouteille à la main, désireux de passer la nuit à faire bombance. Le sourire aux lèvres, le jeune homme continua sa marche en longeant les maisons, contemplant avec intérêt l’architecture du quartier Sinari.

Même si leur physique courtaud laissait penser que les Sinaris vivaient dans de petites bicoques, il n’en était rien. Une grande majorité des bâtisses égalisaient les structures humaines, avec cependant un style plus rustique. Kalas avait repéré dans les différentes maisons les matériaux qui leurs étaient communs, tels que le bois brut des murs ou la glaise sur les toits, un style qu’il n’avait vu nulle part ailleurs.

« Ho, je vous reconnais ! Vous êtes celui qui a sauvé Monsieur Bergallet, la nuit dernière ! »

La petite voix rauque qui avait appelé Kalas était celle d’un Sinari en salopette, qui tenait une petite faucille dans la main. Ce dernier descendait un petit escalier de bois qui craquait sous chacun de ses pas, tandis que la porte de sa maison se claquait brusquement. Il s’avança jusqu'à lui, et tendit sa main au jeune homme troublé, qui ne comprenait pas ce qu’il se passait.

« C’est moi, Ernest ! Je vous ai conduis jusqu’aux portes de la ville, et Monsieur Bergallet m’a demandé d’aller chercher du secours. Vous vous souvenez ? »

Les événements cités défilaient dans la tête de Kalas, et le visage du Sinari qui avait frappé à la porte de Cornélius lui revint immédiatement à l’esprit. Kalas s'empressa alors de serrer la main qu'on lui tendait.

« Oui ! Bien sûr ! Ravi de vous revoir, Ernest ! »

Le Sinari afficha une mine ravi, et demanda dans quelle direction se dirigeait le jeune homme. Ce dernier lui répondit le plus simplement du monde.

« Je ne fais que visiter, Ernest. Où allez-vous, de votre côté ? »

« Je m’en vais préparer le terrain d’un champ, pour l’ensemencement de demain matin. Nous avons de nombreuses commandes ces derniers temps, et j’aimerais m’avancer sur mon travail. Vous m’accompagnez ? »

Kalas hocha la tête en signe d’approbation et les deux individus se mirent en route en direction des portes de la ville. Sur le chemin, ils échangèrent plusieurs paroles par rapport aux récents événements.

« Vous savez, Kalas… Je peux me permettre de vous appelez par votre prénom ? »

« Bien sûr, Ernest. C’est même préférable. »

« Krah, le jeune fermier assassiné, nous avait rejoints il y a quelques mois de ça. Nous nous étions beaucoup attachés à lui, Jared et moi. Mais mantenant qu’il est mort, je ne peux m’empêcher de ressentir un vide sans lui, et je me sens presque…coupable. »

« Ne vous en voulez pas, Ernest. Vous n’êtes pas responsable de sa mort. »

« Ho, je le suis bien plus que vous le croyez… »

Kalas fixa le Sinari, qui cachait ses yeux de ceux du jeune homme, comme s’il ne souhaitait pas croiser son regard. Il reprit le fil de la conversation en s’excusant avec des bafouillements.

« Je veux dire, pardonnez-moi. Je voulais simplement vous dire que… Enfin vous voyez, c’est dur de… »

« Je comprends, calmez-vous. »

« Sa mort nous fait crouler sous le travail, ce qui ne rend pas notre patron plus clément envers nous. Et puis, Monsieur Bergallet, il l’appréciait autant que nous, vous savez. »

« Je vois. Il devait être très proche de lui, dans ce cas. »

« Absolument pas. Monsieur Bergallet n’est pas de ceux qui traite ses employés comme tels. Pour lui, nous sommes presque des moins que rien. Il nous envoie travailler de nuit, nous fais travailler six jours sur sept et nous paye une misère. Je le hais. »

Cette déclaration suscita beaucoup d’étonnement de la part de Kalas. Ces paroles contredisaient énormément l’image que le jeune homme se faisait de son ami. Il ne pu s’empêcher de lui en demander plus, mais le Sinari pointa son doigt en direction des portes de la cité.

« Nous y sommes bientôt. Continuons encore sur une dizaine de mètres. »

En arrivant sur place, Kalas se rendit compte immédiatement d’une chose qui le frappa. Il en fit donc part au Sinari, qui agissait comme s’il se sentait coupable de quelque chose.

« Dites-moi, Ernest, rien ne vous choque ? »

Le petit être s’arrêta brusquement, ne se retournant même pas. Kalas entendait sa respiration s’accélérer, et il tenait fermement sa faucille dans sa petite main.

« Pourquoi les miliciens ont-ils encore disparus ? Je veux dire, ce n’est pas la première fois. »

Le Sinari, toujours immobile, leva les mains en l’air, en signe d’incompréhension. Sa petite voix arrivait péniblement jusqu’aux oreilles de Kalas, qui du se rapprocher pour comprendre ses paroles.

« Je… Je ne sais pas. Ils ont dus boire un verre à la taverne… Oui, c’est surement ça… Allons-y, s’il vous plaît, je n’aime pas rester ici. »

« Oui, mais tout de même, c’est étrange. Deux fois de suite, je trouve que… »

« VENEZ, S’IL VOUS PLAÎT ! NE RESTONS PAS ICI ! »

Toujours de dos, Ernest avait baissé la tête, comme s’il n’assumait pas d’avoir haussé la voix. Kalas, vraisemblablement choqué par l’attitude du Sinari, ne rajouta pas un mot. Il s’avança d’une marche lente, et s’accroupit à sa hauteur en lui parlant d’une voix réconfortante.

« Ernest, quelque chose ne va pas ? Vous semblez tendu depuis tout à l’heure. »

Le Sinari suait à grosse gouttes, le visage livide comme celui d’un cadavre. Il avait les yeux grands ouverts, et les tremblements qui parcouraient son corps trahissaient son comportement. Kalas le compara presque à un enfant, baissant les yeux devant une bêtise et attendant son jugement.

« Je… Venez, s’il vous plaît. Je vous en conjure, allons-y. »

Kalas se redressa, ne voulant pas faire craquer Ernest une nouvelle fois. Ce dernier releva timidement la tête et franchit les portes de la ville d’une démarche hâtive. Le jeune homme suivit ses traces jusqu'à lui, qui s’était arrêté une nouvelles fois à quelques mètres des portes. Il se retourna, le visage en larmes et lâcha sa petite faucille à terre. La voix larmoyante, il fixa Kalas, la mine coupable et la voix enrouée.

« Je suis tellement désolé… Tellement désolé…Pardonnez-moi… Ce n’est pas ma faute... Pas ma faute… »

Sur ces mots, le Sinari plongea son visage dans ses mains, et une voix presque solennel s’échappa de derrière Kalas. Cette dernière lui donna froid dans le dos, comme si la mort parlait d’elle-même.

« Thimoros te remercie pour ce nouveau sacrifice, Ernest. »

Ces paroles se suivirent d’un coup d’objet contondant sur le crâne du jeune homme. A cet instant, sans comprendre pourquoi, Kalas repensa au visage de sa mère, puis il sombra dans les ténèbres les plus noirs.

A suivre => La cellule de l'horreur

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Ven 9 Jan 2015 23:54 
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Premières disputes


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A l'heure du déjeuner, Kalas descendit l'escalier menant à la salle à manger avec une certaine hâte. Quelques jours s'étaient écoulés depuis sa mésaventure, et le jeune mage avait repris des forces. Cornélius, déjà assis à table, avait enfilé sa serviette dans le col de sa tunique afin de ne pas salir cette dernière. Il remarqua l'empressement de son ami et ne put s'empêcher de lui faire remarquer avec une pointe d'humour.

« Vous m'avez l'air fort pressé, mon jeune ami. Se pourrait-il qu'une femme en soit la cause ? »

Alors qu'il nouait les lacets de ses chaussures, assis dans l'escalier, Kalas laissa échapper un sourire au bout des lèvres et se releva, droit sur ses deux pieds.

« Quoi ?! Heu, je... »

Cornélius ne put retenir le rire qui lui remontait par la gorge, les yeux fermés et le visage levé vers le ciel. Au même moment, Mélissa, dans son habituel robe de maison, passa par la porte de la cuisine. Les bras chargés d'une marmite de taille imposante pour la carrure de la Sinarie, elle déposa cette dernière sur la table et s'imposa auprès des deux hommes de la maison.

« Cornélius, un peu de tenue à notre table, je te prie ! Et vous, jeune homme, je suis certaine que vos mains ne sont pas propres ! Allez donc me les frottez, et au savon, je vous prie ! »

Le Sinari se racla doucement la gorge et remercia sa femme pour le repas, tandis que Kalas se dirigea vers la cuisine afin d’exécuter l'ordre de la maîtresse de maison.

Pendant le déjeuner, la discussion tourna autour de plusieurs sujets. Cornélius délivra quelques informations sur les projets de son entreprise, et notamment l'embauche d'un nouveau fermier qu'il devait rencontrer dans l'après-midi. Mélissa, elle, s'était lancée dans la rédaction d'un livre de recettes. Quant à Kalas, il indiqua son intention de se rendre à la milice après le repas, afin de donner son avis par rapport à Ernest. Cette révélation lui valu le silence des deux Sinaris, qui se tournèrent tous deux vers lui.

« Cornélius, il est inutile de me faire ce genre de regard. Vous savez que je vais y aller.

« Si c'est pour condamner cette ordure, il est inutile de vous en empêcher. »

« Cornélius ! »

Le Sinari reposa les yeux sur son assiette. Le jeune mage le regardait avec une pointe de colère, lisible sur son visage de part le froncement de ses sourcils.

« N'oubliez pas qu'il est celui qui a failli causer votre mort. »

« Ce que je n'oublie pas, c'est surtout qu'il a tenté de me sauver la vie, et ce au péril de la sienne. »

« Plus une dette remboursée qu'un sauvetage, vous ne lui devez donc rien ! Laissez-le pourrir dans sa cellule ! »

« Cornélius, ça suffit ! »

Sous le coup de la fureur, Kalas se leva brusquement de sa chaise et tapa du plat de la main sur la table en signe de mécontentement.

« Je ne laisserais pas un homme passer le restant de sa vie en prison après avoir tenté de se racheter ! »

Sur ces mots, le jeune mage se tourna vers la porte et attrapa son sac par une lanière sur le chemin, avant de la claquer violemment, imposant un silence de mort dans la salle à manger.

Afin de rattraper son hôte, Mélissa se leva de sa chaise et releva les pans de sa robe pour lui permettre de courir. Mais avant même le premier de ses pas, son mari l'empêcha de le rejoindre.

« Laisse-le, Mélissa. Il est inutile d'aller le chercher, il a fait son choix. »

A suivre => Une vie contre une parole

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Dim 11 Jan 2015 14:22 
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Quitter le nid


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Quelques semaines s'étaient écoulées depuis son passage à la caserne, et Kalas avait retrouvé l'ambiance calme et réconfortante de la maison des Bergallet. Mélissa était fortement occupée avec la rédaction de son livre de recettes, et Cornélius participait ardemment à la formation de ses nouveaux employés.

Le jeune mage ne parvenait pas à trouver sa place, lui qui avait quitté la maison de son père à cause de l'ennui. Une pensée se formait dans son esprit depuis déjà plusieurs jours, et cette dernière avait mûri en certitude : il était temps de partir.

Kalas avait décidé de faire son annonce ce soir, lors du dîner, afin de partir dans la semaine, le temps de trouver un endroit où loger. Ses affaires étaient déjà prêtes depuis la veille, mais soigneusement cachées de manière à ce que Mélissa ne fasse pas de mauvaise surprise. Car oui, Kalas avait désormais une certaine place dans la famille des Bergallet. Mais vivre au dépend d'un autre, ça, le jeune homme ne le supportait pas. Il avait soif d'aventures, de connaissances et d'apprentissage.

Le jeune mage avait fait le point sur ses capacités, trop faibles à son goût. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait eu de la « chance » lors de ses derniers affrontements, malgré l'état dans lequel on le trouvait à chaque fois.

L'après-midi semblait s'achever quand Kalas venait de finir son livre pour la troisième fois. Il commença à penser que ce qu'il cherchait ne se trouvait plus dans des pages de papier, mais dans une pratique quotidienne de son art. Le jeune mage rêvait de grandes choses, et la lecture ne faisait qu'accentuer sa hâte de maîtrise magique. Chaque jour, il entendait parler de seigneurs-magiciens capables d'invoquer de véritables cataclysmes élémentaires ou des armées complètes de squelettes. Cette dernière capacité ne le motivait pas réellement, mais il s'inclinait devant un tel pouvoir.

Lors de l'annonce du dîner, Kalas était en pleine contemplation de sa dernière acquisition. Le cadeau que lui avait fait Cornélius était d'une rare beauté, et il sentait en elle une aura particulière, soupçonnant son ami d'avoir fait son achat dans un endroit peu commun.

« Kalas, il est l'heure de passer à table ! »

« J'arrive tout de suite, Mélissa ! »

Le jeune homme se lava rapidement les mains, s'attendant à une inspection quotidienne de la maîtresse de maison avant le repas. Il emprunta l'escalier en tapant à chaque prise sa bague contre le bois de la rampe, sachant que Mme Bergallet ne supportait pas ce bruit.

« Kalas, par la déesse ! Je vous ai déjà demandé maintes fois de cesser ce bruit ! »

Un sourire se déclencha automatiquement sur son visage, ainsi que sur celui de Cornélius, déjà à table avec un parchemin résumant les activités à venir de son entreprise. Il portait encore son uniforme seyant, qu'il arborait lors de ses visites à l’hôtel de ville. La porte de la cuisine s'écarta sur le chemin d'une Mélissa rapportant deux lapins cuits sur un plat, entourés de divers légumes dégageant une odeur printanière.

Le jeune homme prit l'initiative de s'asseoir aux côtés de son ami et tenta comme à chaque repas d'aider Mélissa à servir, recevant son habituelle claque sur les mains en signe de désaccord.

Le repas, fort copieux, remplit la panse de la maisonnée qui mangeait dans une ambiance bien agréable. On n'y parlait pas de travail ou d'autres activités stressantes, mais de musique, de fêtes et de bons vins. Kalas surprit même Mélissa à la limite de l'ivresse, mais la Sinarie repassa rapidement à l'eau au cours de la soirée.

Lorsque qu'il ne restait que les os dans le plat et le vide au fond de la cruche de vin, Kalas se leva en tentant de ne pas trébucher et reprit rapidement ses esprits. Il attira l'attention du couple Sinari et leva sa coupe vide comme pour trinquer.

« Cornélius, Mélissa… Je voudrais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi, depuis mon arrivée. J'ai quitté la maison de mon père et vous m'avez permis de continué mon voyage. »

Les deux Sinaris écoutèrent attentivement le discours de leur hôte, les yeux brillants et le sourire jusqu'aux oreilles. Kalas porta son regard vers Mélissa qui gloussa de rire nerveusement.

« Mélissa, vous êtes une femme magnifique, et une épouse comme chaque homme rêverait d'avoir à ses côtés. Vous avez fait naître chez moi un sentiment qui m'était inconnu jusque là, et aujourd'hui, je vous vois presque comme une mère. »

Les larmes aux yeux, la Sinarie porta ses mains au visage comme signe d'émotion. Le jeune homme se tourna ensuite vers Cornélius, sachant que son tour allait arriver.

« Cornélius, vous êtes… simplement la personne la plus incroyable que j'ai pu rencontrer. Vous m'avez accueilli dans votre propre maison et j'y ai grandis comme l'un des vôtres. Et pour cela, je vous dis merci, du fond du cœur. »

Le Sinari bomba le torse avant de relâcher un soupir de fierté, ravi d'avoir pu aider son prochain.

« Ne me remerciez pas, mon jeune ami. C'est nous qui vous devons des remerciements, pour tout ce que vous avez fait pour notre famille. Et je comprends votre désir de partir. »

Démasqué, Kalas ne savait quoi répondre à la déclaration qui venait de sortir de la bouche de Cornélius. Il tenta de s'asseoir maladroitement, incapable de dire un mot. Son ami éclata de rire, comprenant qu'il venait de doubler son invité.

« Enfin, Kalas ! Je ne suis pas dupe ! Vous êtes jeune et talentueux, vous n'alliez certainement pas passer le restant de vos jours avec nous. Vous êtes l'un de ceux qui conquièrent le monde, alors ne vous arrêtez pas là ! »

Le jeune mage comprit que tout avait été dit, et qu'il lui était impossible de revenir en arrière. Il ne trouva aucun moyen de réagir, sauf d'essuyer d'un revers de la main les larmes qui lui brouillaient les yeux.

« Vous avez raison, Cornélius. Il est temps pour moi de vous quitter… Je partirais demain matin, et commencerais la recherche d'un endroit où passer quelques jours. Ensuite, je pense qu'il sera temps pour moi de quitter la ville. »

« Si je peux faire quoi que ce soit pour vous aider, mon ami, dites-le moi. « 

« Non, Cornélius. Vous en avez déjà assez fait. Il est temps que je me débrouille par moi-même. »

La suite de la soirée se déroula comme à son habitude. Mélissa terminait la vaisselle dans la cuisine, tandis que son mari profitait d'un bon livre, la pipe entre les lèvres. Kalas avait choisit de passer sa dernière soirée avec les Bergallet jusqu'au bout, discutant de tout et de rien. Le Sinari lui indiqua quelques adresses qu'il jugeait digne d’intérêt pour le jeune mage. Puis vint l'heure d'aller se coucher.

Kalas remonta lentement l'escalier qui menait à sa chambre, passa la porte de cette dernière en prenant bien soin de la fermer derrière lui, et s'allongea sur le lit. Là, il passa quelques minutes à réfléchir à l'endroit où il allait bien pouvoir aller. Les minutes se changèrent en heures, puis le jeune homme s'endormit sans vraiment s'en rendre compte.

Au matin, personne ne se réveilla avant Kalas. Il resta cependant dans son lit, après avoir terminer sa toilette matinal. Quand il entendit enfin du bruit dans la salle à manger, il sortit de sous la couverture, qu'il prit bien soin de plier comme le premier jour de son arrivée dans cette chambre. En rassemblant les dernières affaires qui lui appartenait, il constata le vide qui habitait la pièce. Après une profonde inspiration, il passa son bras dans la lanière de son sac, et emprunta la porte, qu'il ferma sans même un dernier coup d’œil en arrière.

En descendant l'escalier, le jeune homme distingua Cornélius et Mélissa, attendant leur hôte près de la table. La Sinarie, un panier-repas dans les bras, adressa un grand sourire à son invité, tandis que Cornélius, les mains dans le dos, attendait nerveusement.

« Bonjour, Kalas ! Bien dormi ? »

« Oui, le confort de vos draps va me manquer. »

Elle gloussa de rire, tout en s'approchant du jeune homme afin de lui donner son panier de victuailles.

« Tenez, je vous ai mis de quoi manger pour la journée ! »

« Merci beaucoup, Mélissa. »

Cornélius s'approcha à son tour, pendant que Kalas terminait de lacer ses chaussures, en lui tendant une poignée de main amicale.

« Allons, Cornélius. Pas de ça entre nous ! »

Le jeune mage s'agenouilla et prit son ami dans les bras, qui se laissa faire en l'enlaçant à son tour.

« Bonne chance, mon jeune ami. »

« Vous reviendrez nous voir, j'espère ? »

Tout en ouvrant la porte qu'il tenait grande ouverte, Kalas se retourna vers les Bergallet. Il avait en lui un profond respect pour cette famille, et les considéraient comme ses amis les plus proches.

« Bien sûr, je vous le promets ! »

Sur ces mots, il descendit l'escalier qui donnait sur le jardin, puis passa la petite barricade de bois. Les Deux Sinaris, postés en haut de l'escalier, lui adressaient de grands signes de main, alors qu'il s'éloignait.

« Au revoir, Kalas ! Que la Déesse vous protège ! »

« Au revoir, mon ami ! Bonne chance ! Puisse Gaïa vous guider ! »

Les larmes aux yeux, le jeune homme leur adressa de grands signes à son tour, le cœur serré.

« Au revoir, Cornélius, Mélissa ! Portez-vous bien ! »

Alors qu'il s'éloignait, les deux Sinaris l'observèrent encore quelques minutes, lui souhaitant le meilleur pour son avenir.

« Il ira loin, j'en suis sûr. »

« J'en suis persuadé, ma chérie. »

Les Bergallet fermèrent la porte derrière eux, laissant un Kalas repartir sur le chemin de l'aventure.

A suivre => Ces êtres à la peau bleue

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Mer 4 Fév 2015 22:34 
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Adieux


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Kalas avait souhaité que son excursion en ville soit la plus courte possible, ne supportant pas les adieux déchirants. Il était tout d'abord parti à l'auberge afin de régler son séjour. Une pointe de tristesse brillait dans le regard de l'Earion, qui s'était attaché à son jeune client.

« C'est bien rare de rencontrer un homme comme vous qui s'intéresse autant aux autres cultures… Moura vous guide sur le sentier de votre destinée, et bon courage pour vos projets d'avenirs ! »

« Merci beaucoup. Portez-vous bien ! »

Puis il passa rapidement au quartier général de la Milice, afin d'informer l'instructeur Lyan de son départ. Mais son absence l'empêcha de s'entretenir avec lui, et il préféra alors laisser un message à son sujet.

« Excusez-moi ? Pourriez-vous informer l'instructeur Daryl Lyan de mon départ ? Je m'appelle Kalas et j'ai été impliqué dans l'affaire concernant Ernest Bellevue. »

« L'instructeur Lyan n'est plus en ville, mon garçon. Il a été muté à Tulorim il y a deux semaines. Sûr qu'il aura plus de boulot qu'ici... »

Légèrement troublé par la nouvelle, Kalas déclina la proposition du viel homme d'envoyer un courrier à la Milice de Tulorim, et quitta le réceptionniste en le saluant poliment.

Le jeune homme termina son tour de la ville par une visite au foyer des Bergallet. La séparation fut plus dure à annoncer, et Mélissa ne put retenir quelques larmes.

« Vous allez me manquer, Kalas... »

« Arrêtez, Mélissa, ou je risque de craquer moi aussi... »

D'un revers de la main, Cornélius essuya une larme perlant au coin de son œil, et enlaca son ami dans une étreinte pleine d'amitié.

« Suivez votre propre chemin, mon jeune ami. C'est tout ce que je vous souhaite. Vous allez me manquer à moi aussi, Kalas... »

« Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, Cornélius. Merci beaucoup. »

La Sinarie restait à l'écart en pleurant dans son coin, quand le jeune homme invita les deux petits êtres à le rejoindre.

« Venez ici, tous les deux ! Mes bras sont suffisamment grands pour que vous y teniez ensemble !

Les deux plongèrent sur une épaule respectif, et l'embrassade dura quelques minutes avant que les Sinaris ne s'écartent.

« Nous vous reverrons, mon jeune ami ? »

« Je vous le promets. Je vous le promets à tous les deux ! »

L'adieu fut plus déchirant qu'il ne le pensait, et le jeune homme dût se résoudre à penser qu'il quittait des gens formidables.

Maintenant que tout était en ordre, il était temps pour Kalas de se concentrer sur l'entraînement, et c'est plus motivé que jamais qu'il prit la route vers la grotte des Shamans.

A suivre => Mords-moi

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Dim 19 Fév 2017 20:50 
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Chapitre II : 1- Visite
Je marchais dans les ruelles de Dehant, les rues était encore vide car le soleil ne s'était pas encore lever. Je me souciais de veiller sur mes arrières par crainte qu'un voleur ou qu'un vagabond ne m'attaque par dérrière mais je fus vite rassurer et souris, la seul chose que je pus voir c'était un chat assez jeunne qui s'étirais sur un tonneau prêt d'un magasin encore fermé sans doute le chat du marchand et de ses enfants, car qui dit chat, dit enfant. Voir le tonneau dehors, fut une preuve que cette ville ne connaissait pas la criminalitée car autre part on volais les tonneaux et même les chats si on était plus désespéré. En continuant à marcher, je poussa quelque gémissement muet, mon épaule me fesait encore mal.

(Comment je suis arrivé là ?)

Je regardais le ciel, il était rouge-orangé, les premiers rayons du soleil s'étaient montrés. Je me souviens encore de mon voyage pour arriver ici, la milice d'Eniod qui avaient accéléré mon départ, la survie dans la forêt sombre et les jours de privation, les rencontre avec les brigands qui avaient embusqué une famille dans une caravane, et l'infiltration dans la limite de la forêt de la Sororitée où les habitantes m'accueillirent avec une nuée de flèche et toute l'hospitalité qui va avec. Je ressens encore la blessure d'une flèche à mon épaule droit et qui avais eue raison de moi, heureussement mes poursuivants m'avaient laissé pour mort.4.et "une" personne que je connaisais passais par là et me transporta à demie-évanouie, jusqu'à Dehant chez un medecin. Par la suite elle m'y laissa pour continuer son chemin, 4.et "une" personne que je connaisais passais par là et me transporta à demie-évanouie, jusqu'à Dehant chez un medecin. Par la suite elle m'y laissa pour continuer son chemin, après avoir laisser de l'argent pour qu'on s'occupe de moi, je ne sus ce dernnier détail que le jour où j'étais rétabli, c'est à dire un bon matin avant le lever du jour en réveillant le medecin pour le remercier et le payer, par la suite je quitta de sa maison pour marcher dans les rues et repensé à mes aventures.

La ville se réveilla à son tour, des marchands s'activaient pour monter leur magasin, des hommes sortaient pour se promener ou aller à leur travail, des femmes sortais par groupes pour aller sortir le linge ou seul pour aller au macher. Mais le plus frappant dans cette ville c'était les gens en eux même, tous différent certains il y avait des humains mais aussi des elfes de tailles fines, et des hobbit, des petits gens ressemblant à des enfants mais habillés comme des adultes, j'aurai juré que c'était des nains si il avait une forme trappue. Je m'arrêta enfin devant une porte et y frappa, puis on m'ouvrit et une petite fille de six ans aux cheveux noires me fixa du regard étonné de voir un étranger avec un katana frapper à la porte.

Qui c'est Sophie ?, un homme apparut dérrière la fille, il avais la même taille que moi et ses cheveux était noire, il n'était pas mince ni grand mais moyen,Ah! Tu dois être Jake, on pensait que tu serais arriver plus tôt puisque tu voyageais en bateau.M'avait-il dit en m'ouvrant la porte

Notre navire a fait un détour, il avait quelques marchandises à livrer, mentis-je en entrant dans la maison avec calme.

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Dim 9 Avr 2017 05:21 
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Ⅱ-partie 3
Sortant de la maison de l'ami de mon père, je me dirigeais vers le batiment de la milice. Enfin, je crois les indiquation était simple passer prêt de la mairie puis obliquer vers le marché ou le port ou quelque chose du genre. Le soleil était déjas assez haut dans le ciel.

Je me frottais la tête puis j'entrais dans un passage très peuplé me demandant si je devais vraiment traversé cette foulée.

(Dois je vraiment traversé cette foulée, après tout la milice ne m'intéresse pas, devenir soldat dans l'armée régulière pour faire la guerre et devenir un héros)

Je me tournais vers un passant pour demander mon chemin, c'était un elf bien habillé avec des vêtements claires et sans plis, un digne riche et noble bourgeois mais pas assez pour s'offrir une voiture ou des porteurs. Je l'interpellais endirigeant ma main vers lui en disant :

Escusez moi, monsieur pourriez vous m'indiquez le chemin pour aller voir le bureau de la milice

La personne en question ne me regarda pas une seul fois et sembla ne pas m'entendre, bien vite il s'éloigna de moi donnant plus l'impression de courir que de marcher comme si j'avais la peste. En m'avancant, je fut bousculer par une dame assez grosse, sentant la rage montée car juste après un homme musclé me poussa avec son coude. Oubliant cette épisode j'éssayais de respirer calmement et je saisie le bras d'un homme celui-ci me regarda énervée. Je lui dis :

Escusez moi, je cherche....

IL se dégagea et dit :

Laisse moi, je me fiche de ce que tu veux. J'ai des choses importantes à faire, et il ajouta, sale petit roturier

Sans ajouter un mot et m'ignorant, il parti. Par la suite, d'autres personne me bouscula, il en vaint même un enfant qui courus et me pecuta puis continua à sa route sur sa lancée. J'en avais marre et dire que Dehant est la ville la plus bonne de tout le continent. Je mis ma main sur la poignée de mon katana, redressa la tête et défia du regard la prochaine personne qui allait me bousculer. Voyant ma mauvaise humeur, les gens se mirent à prendre leur distance et à me contourner, malgrés la voie étroite.

Enfin, il me foute la paix

Puis j'entendis quelqu'un crier :


Hey!!! toi !!!. Je me retournais et vis un vieil homme qui était assis sur un mur, il avait une béquille en bois posée prêt de lui. Je remarqua qu'il lui manquait une jambe et qu'il y avait un bol avec quelque yus dedans.Oui, toi!! Viens par ici

Je m'approchais de lui et il me dit :

Tu cherche la milice ?

Oui, comment le savez vous ?

Je t'ai entendus discuter ou parler pour être juste à l'elfe

Hum...

Le batiment que tu cherche se trouve, par là. IL m'indiqua une route et dit : Suis cette route, jusqu'à la prochaine biffurcation, ensuite tu va à gauche et traverse la rue. IL y aura une petite ruelle, tu la traverse et tu y seras

Je le remerciait et glissa 20 yus dans son bol, il m'en fut reconnaissant. Puis en me regardant partur il me dit avec un sourire :

La prochaone fois évite d'interpeller les gens qui marche dans la rue, il sont tous présés, parle à ceux qui sont immobile

Je le quitta en repensant à ses mots et en suivant ses instructions. Le soleil était déjas bien bas quand je trouva le batiment.

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 Sujet du message: Re: Les Rues de Dehant
MessagePosté: Dim 9 Avr 2017 06:41 
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Ⅱ- partie 5
Je marchais avec l'insigne de la milice dans ma bourse et tenant un casque d'une main ferme mais j'étais perdus le jour, j'avais du mal à me localiser alors maintenant je ne reconnaissais plus rien. Je longeais une petite ruelle à la recherche d'un batiment que je connaissais ou quelque chose de familier. IL fesait déjas nuit noire, je ne voyais que quelque silhouette. C'était soit une personne qui rentrais tard et se dépêchais, soit un démunie ou un ivrogne(ce qui revenais à la même chose) qui allais dormir au sol ou s'y vautrer même si s'éffondrer est un terme plus juste. Je compris que j'étais proche d'une taverne ou d'une auberge. IL ne reste plus qu'à savoir si j'allais entrer dans l'auberge ou continuer à chercher seul. J'aime bien la deuxième mais j'avais faim. La question fut donc résolus.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Dehant
MessagePosté: Sam 11 Nov 2017 05:16 
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Ⅱ-partie 7 :
Je courais rapidement heureussement je savais où étais le port puisque je connaissait l'odeur de la mer depuis mon enfance Eniod étant une ville maritime comme Dehant d'ailleurs le fleuve n'était pas difficile à trouver, je savais que pour résoudre l'enquête il allait me falloir être intélligent et pensé comme un voleur.

(Si je devais voler des marchandises, on me verrais en plein jour donc j'éffectue cela la nuit)

Je vis les caisses en bois et les mats des bateaux, je savais se qu'il me reste à faire.

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