... N'Kpa? N'Kpa! Kuachana na kukimbia milele, huwezi ... Machungu ladha uhuru, wakati mwingine ... Kukubali msaada kutoka rafiki yako ni recour yako tu. Nguvu wewe ni na itakuwa milele kama wewe kushika imani katika wewe mwenyewe na rafiki yako. Unakutana hatima yako ... wajibu Matumaini una siku kuweka kwa ajili ya uzao wako na kwamba kuvaa mpenzi wako ... Honeymoon ni wewe ... ni wewe ... ni wewe ... * ***
La voix du vieil ermite s'éloignait happée par une force qui l'aspirait de plus en plus vite… La joie de la Shamane d'avoir battu les guêpes, d'être libre, de pouvoir atteindre la forêt, havre de paix et de réconfort, loin des monstres d'Oaxaca et de ses sbires, semblait se ternir de minute en minute.
Les paysages colorés, ombragés de la côte se transformaient pour prendre l'apparence d'une plaine grisâtre qui ignorait toute vie. Jusqu'au souffle même de la brise qui arrachait une poussière fine piquante, irritante, provocant des quintes de toux… Au loin se dessinait le cône gigantesque d'un volcan, vomissant ses miasmes et roches fondues.
D'autres personnes cherchaient leur chemin, d'autres groupes, perdus comme le sien, dans un univers qu'ils ne saisissaient pas, dans un but tout aussi obscur…
(Thilytanataë ! …) avait-elle criée dans son inconscience.
… La terre aride l'étouffait, l'avalait et un froid intense prenait possession de son corps, engourdissant ses extrémités, rendant de plus en plus dur chaque pas qu'elle faisait pour avancer.
Alors qu'elle croyait être réveillée, elle crut ressentir qu'on manipulait son corps. Comme si, paralysée, on l'aidait à se relever. D'autres voix s'exprimaient autour d'elle, incompréhensibles, échos étouffés au milieu des autres bruits. Étrangement, les sons lui parvenaient mieux que ce que sa propre vision pouvait lui rendre. Elle percevait jusqu'au son cadencé des cœurs des gens et de chaque forme de vie qui peuplaient les environs… Son attention s'arrêta au plus profond de son être, un bruit mystérieux l'alerta et l'inquiéta, trop rapide, régulier pour être innocent… Une partie des paroles de son vieux mentor raisonnèrent et une foule de questions se précipitèrent dans son esprit…
(Qu'as-tu voulu dire Thilytanataë, pour ma descendance et celle de Sirat?
Et tout ce qui se passe, là, que j'entends, que je perçois… est-ce un signe du départ de l'âme? Que m'est-il arrivée, suis-je aux portes du royaume de Phaitos… pourquoi ?) se demanda-t-elle.
Car elle n'avait en cet instant plus de souvenirs de ce qu'il s'était passé…
***
Une chaleur nouvelle irradia ses membres, puis son corps, chassant la langueur du froid qui l'emprisonnait. Tout devint plus tangible, plus réel, mais cela ne dura qu'un faible instant, avant que ne reprennent l'angoisse et la torpeur… La jeune femme tenta d'ouvrir les yeux, ceux-ci refusèrent de le faire et ses membres restèrent inertes.
(Thilytanataë? Sirat? que m'arrive-t-il… je…) Une douleur soudaine l'accabla. D'une violence inouïe, elle s'empara de son cerveau, violant ses barrières, ses convictions, ses peurs, ses hésitations et sa conscience. Une vrille forait au travers de ses défenses, plus douloureuse qu'un coup d'épée, malgré l'acharnement qu'elle y mettait pour résister. La sensation était tellement atroce que la jeune femme eut un haut-le-cœur et faillit tomber dans un coma plus profond que celui dans lequel elle était déjà.
Puis soudain, tout fut terminé, elle avait cédé. Tout s’éclaircit, tout devint plus limpide… plus facile. La chaleur semblait revenir dans son corps blessé et ses forces aussi, plus important que jamais.
***
Elle rouvrit pour de bon les yeux et découvrit un Sirat médusé, les traits tirés, blessé. Derrière elle deux bonshommes apathiques et le jeune homme l'observaient d'un air interrogateur.
Sans savoir pourquoi, elle se sentait en forme, forte et pleine d'énergie. Pourtant, elle porta une main machinale vers son cou qui la brûlait et découvrit au toucher l'objet maudit. Ses yeux s'arrondirent, cherchant une réponse dans le regard de son amant. Juste un râle sortit de sa bouche et une moue risible.
Une soudaine envie de le retirer fut réfrénée par un sentiment de bien-être sordide et de nécessité. Elle ne sentait pas sa blessure au pied et ne s'en souvenait même pas, n'en souffrant pas vraiment dans l'instant. Elle tendit une main à Sirat pour qu'il l'aide à se relever.
Elle ne connaissait pas les deux personnages derrière Lillith et que très peu l'étrange jeune homme qui avait lui aussi la capacité de se transformer en animal. Était-il Shaman lui aussi?
Quelque chose lui disait qu'ils se connaissaient, ou bien s'étaient déjà croisés. Sirat portait lui aussi un collier, Lillith aussi.
Alors, ils étaient les "élus" d'un jeu dont les règles n'étaient pas définies. Elle se sentait prête à affronter les épreuves et plus...
Les souvenirs de son inconscience et de son errance entre deux mondes semblaient déjà s'étioler. Elle inspira une grande goulée d'air marine et sourit à son amant... Ne sachant pas pourquoi, elle tourna son regard vers le navire. Quelque chose la retenait encore ici avant de vouloir s'enfoncer dans la forêt.
Ils n'étaient pas au complet et il lui manquait son paquetage pour l'exploration de l'île. Elle ne ressentait pas le besoin de protester pour le collier. Il était beau et suffisait par son éclat aux trois pierres à la satisfaire. Elle porta une main à la guêpe rutilante à sa taille.
Comment vas-tu mon amour, tu es blessé ? ... Pourrais-tu me garder ça? Lui demanda-t-elle nonchalamment en lui tendant l'insecte doré, comme si sa question n'attendait pas de réponse...
Quelque chose en elle d’imperceptible avait changé...