L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mar 15 Mai 2018 10:33 
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Sa peau s'effeuilla, comme des papillons de couenne malte se libérèrent dans le ciel nocturne, pour découvrir une lumineuse armure opalescente. Sa peau se changeait peu à peu, les doigts, les bras, les jambes, la magie faisait son œuvre et sa vieille peau se dissipaient dans l'air alors qu'un guerrier de crystal fendait les ténèbres vers le ciel.
Un serpent aux écailles opalescentes et dorées apparu entre les deux guerriers et le sol. Ses yeux violets ne trompaient personnes, c'était le semi-elfe qui venait à leur secours. Le même que Sirat avait maudit d'un de ses sorts. Astidenix attrapa une des cornes du saurien qui ondulait dans l'abîmes noirâtre de ce ciel. Mais l'humoran plus lent, ne fit que percuter le flanc du dragon et ne put qu'y glisser lamentablement. Il continua sa chute et frappa le sol boueux avec force.

Il était en vie, il se redressa, le choc, l'avait laissé avec de la terre jusqu'au genou. Il jeta un regard dans la nuit, pour y voir le dragon et son ennemi. Ses yeux brillaient de cette hargne, le combat avait été interrompue, mais il continuerait.
C'est le Bohémien, magicien, Xel qui apparus le premier.

Il aida le géant de glace à s'extirper de la mélasse dans laquelle il se trouvait. Alentours, Treeof était bien attaquées, les conséquences de l'acte de Daemon et de l'entêtement des Yumenien. Sirat remercia le jeune humoran, qu avec sa nonchalance habituelle s'en alla. Derrière lui, elle était là. Ses cheveux roux, luisaient dans la nuit sous le feu des étoiles. Son regard ampli de larme, elle était figée devant lui apparemment en proie à une guerre interne sur ce qu'elle devait faire face à lui. Il resta interdit silencieux, son regard plongeant dans le sien. Il ne savait pas trop quoi lui dire, des sentiments partagés le torturaient aussi. Et de toute façon une douleur vive lui remémora qu'il ne pouvait plus s'exprimer normalement. Il grimaça, sous cette forme, il ne pouvait pas remettre sa mâchoire en place. Il fit signe qu'il ne pouvait parler pointant la cause de sa douleur. Il esquissa cependant un sourire doux.

Il voulait qu'elle change d'avis, ou la voulait il dans son lit. Elle se refusait pourtant à lui, a ses décision, ce qui étrangement la rendait encore plus désirable pour l'humoran.
Sibelle essuya ses larmes d'un geste vif. Elle poussa un soupir, elle était sûrement soulagée qu'il soit en vie, mais son regard semblait étranglé dans une tempête de sentiment en disait long sur les rancunes tenace qu'ils gardaient entre eux et les sentiments qu'elle lui portait. Elle lui demanda d'aller se faire soigner et lui indiqua qu'il y avait une pause dans les hostilités pour ce soir, d'une voix apaisée et amicale.
Vexé, Sirat fit non d'un mouvement de tête. Il n'était pas à terre, sa blessure ne l'handicapait en rien pour venir en aide.

Il n'y avait point de victoire pour eux, la trinité gardait les cartes en mains. Il se ferma et effaça son sourire, puisqu'elle n'était pas capable de l'apprécier. Il aurait aimé une accolade, un murmure dans ses cheveux, mais il n'en serait rien, que la dureté et règle comme à l'accoutumé pour les proches de la guerrière. Il cracha par terre un filet de sang et se détourna de la jeune femme.

La désolation avait frappé partout et les survivants étaient bien trop occupés à éteindre le feu, pour se soucier des blessés qui gisaient criant leur complainte qui s'estompait dans l'immensité de la nuit. La trinité devait aider ces gens, il devait faire en sorte qu'on le reconnaisse comme tel et que le peuple garde cette idée de l'armée des harpies venue pour les sauver. Seule leur victoire offrait au sans visage une place-forte.

Un homme lapin, rampait à terre, dans la boue, sa jambe était ouverte et son sang se mêlait à la terre. Sirat s'approcha de lui, s'abaissa pacifiquement vers lui. Le pâle eut une réticence, devant l'humoran transformé en guerrier de cristal, mais sa lenteur et son visage apaisé eut raison de ses peurs. Sirat passa son bras en dessous de son épaule et le hissa à son niveau. Il se dirigea alors vers un endroit sec et épargné par le massacre vers l'armée des harpies, là, il trouverait soigneur et aide, et le lapin saura faire savoir qu'il devait son salut à la trinité. Sitôt déposé, il fit de même chaque fois qu'il rencontra un blessé ou une âme égarée. là ou il se murait dans un mutisme ses actes parlerait pour lui.


Citation:
751 mots
- aide aux habitants de la cité

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Dernière édition par Sirat le Ven 18 Mai 2018 16:04, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mar 15 Mai 2018 11:43 
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~64~



Dans les airs, filant avec une vitesse au diapason de ma détermination, je les vois. Une poignée de morceaux de bois incandescents forment de dangereuses constellations, et déjà en train d'amorcer leur descente. D'instinct, j'incurve mon corps d'écailles robustes, donnant une série de coups ajustés. Un choc, puis un second et encore un. Les débris sont chassés avec violence en-dehors des murs de la cité. À peine le dernier danger a-t-il quitté mon flan que mon museau se tourne vers les vivants soumis au caprice magique. Deux êtres dont l'identité m'importe moins que la survie. Ajustant ma course, je me place au-dessous d'eux. Ce n'est qu'une fois en place que mon regard m'apporte la vision du général Astidenix et d'un être en plein changement. Je le connais, mais c'est son aspect qui m'interpelle. Un vivant devenu diamant. Ma crinière ressent la poigne du guerrier Pâle, mais seulement le choc avec ce bloc minéral. Je ne peux que le voir légèrement dévier et choir en contrebas, dans la boue issue des flots éphémères. Aucun éclat ne s'en détache. Il se relève seul et est bientôt rejoint par le yuiménien Xël. Mon vol se stabilise, permettant à mon passager de reprendre son souffle. Lentement, j'amène ma silhouette longiligne à descendre.

Lorsque mon museau se tourne vers le chaos proche des portes, c'est pour m'apporter la vision des trois Dames d'Arothiir. Elles doivent avoir donné des ordres en ce sens, car une partie importante de leurs troupes se meut vers la cité et s'attelle à compléter chaînes d'eau ou secours aux blessés. Un contingent restreint escorte cependant les Carnivores entravés en direction de la forêt. Je détiens l'information que j'étais venu chercher, et jusqu'au lever du jour, nul ne portera la main sur son voisin. La trêve se concrétise.

Lors de mon atterrissage, je ne suis pas en mesure de déceler de zone sèche. Cette boue peut être gênante, mais elle aidera à circonscrire ce qui reste du feu. Je m'abaisse et élève une patte afin que le Pâle s'en serve comme marchepied. Une fois déposé, je l'inspecte un instant. Il est trempé mais n'a pas l'air blessé, à l'exception d'un bras ballant. L'armure au niveau de son épaule d'arme est cabossée. Le choc contre mes écailles, peut-être. Mon regard embrasse la vision des Pâles et des yuiméniens œuvrant de concert pour faire face à cette situation imprévue. Ma tâche la plus urgente est accomplie, mais ailleurs, une affaire demeure en suspend.

J'amène mon regard violet à hauteur du visage du général. Conseiller et protecteur de la reine, il ne peut se permettre de ne pas être au fait de la situation.

"La trêve est ici instaurée jusqu'à l'orée du jour, selon la volonté de la reine. L'offre de la Trinité n'a pas été retirée."

Mon museau se tourne légèrement sur le côté, dans la direction d'où je suis venu la première fois. Le grondement doux de ma voix s'élève, diffusant une information au fidèle de Sheeala d'Argentar.

"Mais ailleurs, une menace persiste. Sous la forme d'une archère d'élite aux couleurs d'Arothiir, dépêchée sur les terres des D'Omble."

Je relève la tête, la tournant avec grâce pour aviser la situation. Nul ici n'a plus besoin de protection, uniquement de soins et d'attention. Ce n'est pas ma vocation. Pour le moment, il reste plus urgent. Lorsque mon devoir sera accompli, alors mon expertise en médecine sera mise à contribution.

Mon corps effectue un doux mouvement à l'image de lentes vagues. J'appose mon regard violet une nouvelle fois sur l'homme.

"La trêve et la vie des différents partis seront respectées. Dans le cas contraire, le Dragon veillera à être le seul à blâmer."

Patient, j'attends un instant un signe d'assentiment puis me prépare à partir. Mes pattes tapent le sol une première fois. Mon corps se ramasse sur lui-même puis s'enroule en grimpant en un courant blanc et or dans les airs. Avant de quitter les lieux, j'avise un morceau de palissade tenant encore debout et brillant toujours de flammes. Après m'être assuré que nul ne se trouve aux alentours, j'use de mon poids pour la faire basculer vers l'extérieur, dans la boue. Je reprends ensuite mon vol en direction du manoir.

À ma gorge, je perçois une pulsation issue de ma perle. Elle ne m'atteint pas. Je ne lui permettrai pas de faire une nouvelle fois obstacle entre ma raison d'être et moi. Après la majorité du peuple, j'ai pour dessein de protéger un petit groupe de personnes. D'annoncer et faire respecter cette paix éphémère. Et de m'assurer de la véracité ou non de cette vision. Si la vie de Talia d'Omble lui a été arrachée, il me reste une ultime possibilité pour y remédier. La magie qui me donne corps est puissante, liée à la lumière, l'espoir et la vie. Je suis en mesure de combattre l'ombre de la mort comme je le ferai pour n'importe quel adversaire. Nul besoin de le savoir ou de l'avoir expérimenté, cette certitude est inscrite en moi.

Si elle doit avoir lieu, cette lutte aura Aliaénon pour seul juge.






- Envol pour le manoir

- 835 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Dim 20 Mai 2018 17:47, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mar 15 Mai 2018 18:08 
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Elle haussa les épaules, visiblement peu concernée par tout cela. Son discours changea pour assurer qu'elle se souciait finalement fort peu des homme-pâles, avant de prendre le chemin du manoir. Comme Natsya était toujours agenouillée à côté de Talia, Azra s'approcha et tira sa propre fiole irisée. Il se pencha sur la femme-oiseau en glissant à la guerrière, d'un ton froid et détaché :

« Si vous n'enlevez pas la dague après avoir donné vos soins, cela ne servira à rien... Retirez-la lui soigneusement après que je lui ai fait ingérer ceci. »

Avec précaution, pour ne pas brusquer le cou blessé, Azra mit Talia en position pour lui faire ingurgiter le liquide. Il versa avec soin, par petites rasades, pour être sûr de n'en rien perdre. Il était peut-être déjà trop tard, et c'était un peu ennuyeux, car cela signifiait qu'il devrait équilibrer le crime. Mais bon, il avait déjà failli faire disparaître toutes la région sous le poids d'un titan, il n'était plus à ça près. D'ailleurs, il en profita pour ramasser la dague de la harpie. Comme l'avait proposé Daemon, un tel objet serait mieux entre leurs mains qu'entre celles de ce peuple sans magie. Il y avait sûrement beaucoup à étudier là-dessus...

La gamine blessée, Yurlungur, reparut. Ainsi, elle en avait réchappé ? Il faudrait sans doute y remédier, surtout si Talia mourrait, afin de maintenir l'équilibre. Tel était la loi décréter par la liche, et cette loi, il l'appliquerait jusqu'à ce qu'il ne reste rien de vivant en ce monde ni dans les autres...

Mais il y avait plus urgent. L'archère était déjà en chemin vers le manoir et il comptait bien la suivre pour savoir quel était son réel objectif. Il conclut en terminant de vider sa fiole de potion et en s'adressant à Natsya :

« Voilà, vous allez pouvoir retirer la dague. Et faites-lui une bonne minerve. Si ça ne fonctionne pas, amenez-la moi. J'ai peut-être une solution de dernier recours, mais je dois d'abord m'occuper de cette... Ombre. »

((( utilisation du flacon irisé « grande potion de soin » sur Talia, récupération de sa dague )))

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mer 16 Mai 2018 04:03 
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Il n’était plus question de combattre ou débattre désormais, mais plutôt d’éteindre les feux épars afin d’éviter que toute la cité brûle. Sibelle et Xël avaient fait leur choix respectif et l’avaient exprimé chacun à sa manière. Le soldat qui avait pris les choses en main lors de la tentative d’évasion du chef des carnivores répondit tout spécialement à Xël. Il précisa qu’ils n’étaient points des ennemis. Ils répondaient aux directives de leurs dirigeantes et leur but était de proposer une solution à cette guerre entre les citoyens de Treeof. Puis, il précisa qu’ils étaient prêts à retrousser leurs manches et à aider les habitants de Treeof. Le chef des carnivores qui avait attentivement écouté les paroles du soldat se tourna ensuite vers Sibelle qui lui rendit son regard. Elle éprouvait plein d’admiration envers cet homme et comprenait comment il pouvait être difficile de prendre une décision. Puis, il la prit . Sans un mot, il se contenta de le signifier par un signe de tête. Il se laissa choir au sol. À genoux, il se laissa enchaîner. Voyant le sang couler abondamment de ses plaies, Sibelle intervint une fois de plus auprès du soldat.

« Puisque vous ne m’autorisez pas à m’approcher de lui, je vous demanderais de panser ses plaies, afin d’éviter qu’il se vide de son sang. »

Cette demande dépassait les pouvoirs du soldat, il ne pouvait prendre de décisions à ce propos. Sibelle plissa le nez d’incompréhension et s’apprêtait à répliquer lorsqu’un mouvement dans le ciel attira son regard. La guerrière devint aussi immobile qu'une statue. Toute son attention était portée sur un point précis dans le ciel. L'humoran et un soldat amorçaient une descente en chute libre. Le geyser qui les maintenait à une hauteur vertigineuse venait de s'arrêter subitement. Le gracieux dragon d'ynorie vola dans leur direction. La belle retint sa respiration, espérant que l'être ailé réussisse son opération de sauvetage. L'agile dragon-serpent se faufila ensuite sous les hommes et les attrapa... Sibelle n'eut pas le temps de reprendre une respiration normale, qu'elle constata que l'humoran poursuivait sa descente. Sous l'aspect d'un diamant brut, il n'avait pas réussi à s'accrocher au dragon et être sauvé par ce dernier. La guerrière entendit parler autour d'elle en sourdine derrière les battements de son cœur qui se firent de plus en plus pressants. Il s'agissait de Jess qui leur donnait des consignes. Tout comme le soldat l’avait annoncé, une partie des troupes de l’armée aiderait les végétariens à sauver leur cité et une petite partie se retirerait en forêt avec les prisonniers. Les trois harpies avaient accepté d’accorder à la reine Sheeala, une trêve d’une journée, le temps pour elle de prendre une décision au sujet de sa destitution. Le soldat ayant sûrement transmis la requête de l’hinionne, Jess la rassura au sujet de Bortë, ils ne laisseraient pas périr un otage de cette valeur. Sibelle se retourna vers la démone et la remercia. Puis, n'écoutant que son cœur, elle détala aussi vite que ses jambes lui permirent et lâcha un cri lorsque le corps de l'humoran percuta violemment le sol. Un choc qui fit trembler le sol et le cœur de la belle.

Elle franchit ensuite avec crainte les quelques mètres qui la séparaient de Sirat. Xël était là aussi, s'adressant à l'humoran d'une voix calme et posée et lui apportant l’aide nécessaire pour le sortir de la boue. Sibelle, le visage plus pâle que d'habitude, fixait l'humoran. Il était recouvert de boue, mais brillant comme un diamant. Des sentiments contradictoires l'envahissaient. Toujours en colère contre lui, elle aurait voulu le détester et se réjouir de cette chute mortelle. Mais son cœur en avait décidé autrement, elle s'était inquiétée pour son ex-compagnon de mission, une inquiétude plus importante qu'elle ne l'aurait soupçonnée. Sourcils froncés, à peine distante d’un mètre de lui, elle tentait de reprendre son souffle, son regard plein d'eau ne pouvant se détacher de ce costaud survivant désormais aussi brillant que le diamant. La bouche ouverte, elle voulait lui parler, mais aucun son ne sortait, aucune parole ne lui venait en tête.

Le colosse, moins volubile qu'à son habitude remercia Xël d'un signe de tête, laissant ce dernier poursuivre la recherche de survivants. Lorsqu'il vit Sibelle, il figea à son tour. Après un petit moment, les yeux dans les yeux, Sirat pointa du doigt sa mâchoire déboîtée avant d'esquisser ce qu'il aurait voulu être un sourire. Sibelle comprit alors la cause de son mutisme, et bien malgré elle, elle poussa un soupir de soulagement et se détendit. L'humoran était à peu près indemne, et il lui souriait. Ce sourire lui fit du bien. Mais elle n'était pas dupe, il ne s'agissait que d'une trêve. Elle se ressaisit enfin et lui dit d’une voix qui se voulait aimable.

« Va soigner cette mâchoire, moi je cherche les survivants parmi ces décombres... Il y a une trêve jusqu'à demain. »

L’humoran fit un signe négatif de la tête, cracha par terre puis se détourna de Sibelle. D’abord perplexe, elle le regarda s’éloigner. Puis, le voyant dépêtrer un homme-lapin de la boue, elle comprit que l’orgueilleux humoran préférait s’occuper des sinistrés plutôt que de se faire dorloter par un guérisseur. Ses yeux s’emplirent de nouveau de larmes et elle les essuya du revers de la main. Elle s’était peut-être trompée à son sujet.

Mettant ses sentiments personnels de côté, elle s’avança dans les décombres à la recherche de survivants. Elle n’avait franchi que quelques mètres lorsqu’elle aperçut une femme lapine en pleurs se brisant la voix pour appeler de l’aide. Elle tenait la main de sa petite fille et tentait de la consoler. Cette dernière avait le bas de corps coincé par un lourd pan de la palissade. Sibelle intervint aussitôt.

«A trois, je vais tenter de soulever cette partie. Dès que votre fille sera dégagée, dépêchez-vous de la sortir de ce trou, je ne pourrai tenir longtemps cette pièce de bois. »

La femme en pleur remercia Sibelle et empoigna sa fille par les épaules, prête à la tirer sur elle lorsque le moment sera venu. La guerre trouva une bonne prise pour ses mains, et s’assura du bon appui de ses pieds. Elle prit ensuite une bonne respiration et tenta de soulever ce morceau de palissade. Il résista d’abord, puis après quelques secondes d’efforts, elle réussit à le soulever d’une vingtaine de centimètres, ce qui fut suffisant pour la femme d’extirper sa fille de ce trou. Dès que la mère lui fit à nouveau signe, la belle relâcha sa prise. La fillette avait les jambes écrasées et ne pouvait marcher, et sa mère portait déjà son petit frère dans un sac dorsal. Sibelle prit donc la petite lapine dans ses bras et accompagna la petite famille vers le père qui, blessé et rescapé lui aussi, reposait un peu plus loin.

Puis sans perdre de temps, elle poursuivit sa recherche dans les décombres. Malheureusement, à quelques reprises elle découvrit des êtres sans vies. Et à chaque fois, elle portait ces cadavres à l’endroit qu’on lui avait assigné. Heureusement, la plupart des gens étaient encore vivants et Sibelle leur porta secours. Elle œuvra ainsi sans relâche une bonne partie de la nuit, sa nature elfique lui demandant que quelques heures de méditation pour récupérer.

((( 1208 mots )))
Sibelle aide les Treoofiens à se dégager des décombres

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Ven 25 Mai 2018 03:41, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 19 Mai 2018 04:31 
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L’indulgence de la reine avait fini d’excéder Daemon. Elle ne souhaitait pas se battre pour son trône, il en ferait dorénavant autant. Il avait déjà eu chaud aux fesses, si haut dans le ciel, sans aucun support, sans aucun moyen de subsister que de se faire pousser les ailes. Il défia donc directement la trinité, tout en exprimant sa décision de se retourner sur Yuimen. Il n’avait plus rien à faire ici, Treeof n’était d’ailleurs qu’une étape sur le chemin de la tour d’Or. Mais avant de partir, alors que Guigne s’était interposée devant lui pour réclamer sa captivité et son châtiment, il plongea son regard dans le sien pour lui transmettre toute sa malveillance. Elle grimaça subitement et tomba à genoux dans les eaux du lac. Daemon ricana de malice, alors que Sable se précipitait vers sa consœur.

Il vrilla en arrière en faisant claquer son plumage, pour disparaître dans la nuit. Mais à peine eut-il le temps de raser l’onde, qu’un bruissement d’ailes se fit entendre au dessus. Sans qu’il ne puisse réagir, une harpie s’abattit sur lui, l’attrapant avec ses serres pour le plonger dans l’eau. Une pression terrible contraignit la base de ses ailes. Daemon joua des bras et des jambes, sans pouvoir répliquer directement, avant de subir une pointe de souffrance qui le cloua sous la surface. Il racla le fond de ses mains, l’emprise de son assaillante se réduisit, et il émergea, en hurlant. Cependant, ce qu’il vit lui cloua le bec. La trinité l’avait considéré avec mépris, mais ce n’était pas elles… La reine l’avait attaqué.

Manifestement furieuse, elle avait décidé le mettre hors d’état de nuire. Ses paroles furent sentencieuses : elle n’avait guère apprécié son initiative, l’accusant d’ignorer même le concept de diplomatie, pour ensuite souligner son inconscience qui avait mis son peuple en péril. Il ne pouvait plus prendre la fuite. Son forfait serait puni et il allait rejoindre le nombre des prisonniers, pour être soumis au jugement des harpies d’Arothiir.

Les autres acceptèrent son offre avec diligence, sans s’attarder sur son cas, pour s’envoler rejoindre le chaos qui consumait Treeof.

Alors qu’elles s’éloignèrent, Sheeala reprit la parole, cette fois-ci plus proche, plus intime, mais toujours encolérée. Elle lui demanda pourquoi, alors qu’elle essayait de ménager du temps, il s’était autant précipité. Son acte était solitaire et tenait pour elle plus de l’orgueil, que de l’intelligence.

Il lui adressa un regard furieux.

« Il n’y avait aucune négociation possible, vous le saviez tout comme moi. Prendre Sable pour captive aurait permis de gagner du temps et cela nous aurait aussi permis d’exposer des revendications… Que vous le compreniez ou non, ces négociations n’ont jamais été honnêtes. »

Mais il ne voulait pas se justifier. En frappant le trio en son cœur, il n’avait rien en envier à quiconque et ces accusations d’ingérence, en plus des griffes qui lui ceignaient le dos, le mettaient hors de lui.

« Vous avez échoué à protéger votre peuple et il ne vous soutient plus : vous n’avez de reine que le titre. Il est maintenant aux mains de conquérantes qui n’ont aucune tendresse. La division entre carnivores et herbivores n’a pas disparu, au contraire, alors, selon vous, comment ces vont elles remédier à ce problème ? »

Il se fendit d’un sourire vicieux, conscient que l’avenir des hommes pâles la tourmentait. La colère de Sheeala s’apaisa pour une réflexion grave. Elle secoua lentement la tête, pour répondre qu’elle était déjà consciente de ce qu’il disait. C’était pour cela qu’elle n’avait pas cédé son trône. Les Pâles étaient un peuple de tradition et de symbolique, qui accordait beaucoup d’importance à son identité. Même s’il ne soutenait plus la reine, il n’accepterait pas pour autant l’opportuniste qui s’emparerait du trône par la force. Jamais les trois harpies ne seraient considérées comme légitimes à leurs yeux. Cependant, après un silence, elle convint qu’ainsi elle condamnerait son peuple à la répression, car elles fonctionnaient plus par la peur et la domination que par l’amour.

« Treeof ne sera plus qu’une maigre province, éparse et surement récalcitrante à Arothiir. Le peuple Pâle ne portera peut-être pas la trinité dans son cœur, trop fier… mais dans les actes, dans sa chair, il connaîtra la honte de la soumission. »

Sheeala fronça les sourcil, répétant ce pourquoi elle préférait ne pas abdiquer et gagner un maximum de temps, pour trouver une solution. Mais son insistance à ce sujet finit d’éprouver la patience de Daemon.

« Vous trahissez vos derniers soutiens pour quelques grains de sable… C’est pitoyable ! Vous auriez pu affronter vos ennemis avec l’ardeur de la surprise, mais maintenant, à ouvrir les portes et les laisser s’installer, les quelques tisons de résistance seront rapidement étouffés. »

Il n’était pas le seul à s’agacer. La reine secoua la tête et avoua ne pas le suivre, car des appuis elle n’en avait guère : les végétariens ne la soutenaient pas, elle ne disposait pas de forces armées construite. Elle ne voyait pas qui elle avait trahi, et Daemon vit rouge.

« Je me suis dressé contre les harpies à mes risques et périls pour vous et votre peuple minable ! Vous m’avez trahi ! » hurla-t-il en se débattant pour échapper à sa poigne de fer. « Un acte de bravoure peut parfois retourner la pire des situations, mais vous n’avez pas bougé un petit doigt, enfermée dans vos stratégies et intrigues désuètes, comme dans le confort de votre château, hein !? Facile d’accuser ceux qui se meuvent lorsqu’on ne fait rien ! »

Il écumait de rage. Elle n’avait même pas réalisé qu’il souhaitait l’aider. Mais ses paroles se noyèrent quand elle le plaqua avec une force insoupçonnée et alors qu’il ressortait la tête de l’eau, elle rétorqua d’une voix glaciale que ses actes irréfléchis avaient mis en péril toute les vies présentes. Elle avait les pieds et poings liés et elle regretta qu’il n’eut pas fait preuve de plus de discernement.

« Par Phaïtos, je me fiche de vos réussites ! Mieux vaut mourir dans l’honneur que vivre dans la honte ! Lâchez-moi, lâchez-moi ! »

Elle ne relâcha cependant pas son emprise et rejeta sa notion d’honneur, car profiter des négociations était déloyal et il allait en payer le prix… A cela Daemon n’ajouta rien. Il était fatigué d’écouter cette voix accusatrice, exténué par la pression infâme infligée à ses ailes.

Mais après un moment de silence, il sortit la tête de l’eau et rétorqua faiblement, presque attristé :

« Je n’avais pas d’autre but que vous servir, vous préserver, pour vous remercier de m’avoir sauvé, ainsi que tous, de la démone… »

Ses regrets troublèrent Sheeala, qui se fit coite un moment, avant de reprendre, soutenant que Guigne aurait pu réagir avec véhémence à son encontre, pour lui demander ce qu’il souhaitait réellement réaliser en attaquant Sable.

« Je vous l’ai déjà dit… Tenir Sable en otage, c’était tenir ta Trinité à la gorge. Il faut être aveugle pour ne pas voir l’affection qui les lie. Mais maintenant ce n’est plus possible : elles vont rester sur leurs gardes… et cela ne me concerne plus de toute façon. J’ai essayé, j’ai échoué, alors que rien ne me l’obligeait. Alors par vos griffes, maintenant que vous me livrez à vos ennemis, j’estime ne plus être votre débiteur. »

A cela de nouvelles paroles accusatrices retentirent, dénonçant son orgueil et son ignorance, car les harpies d’Arothiir étaient bien plus perfide qui ne paraît, et elles n’auraient pas hésité à sacrifier une des leurs, même Sable, dans une situation homologue, pouvait se révéler calculatrice et impitoyable.

« Parce qu’elles osent le sacrifice : en rapaces, elles seront victorieuses ; et vos gourmets principes ne vous apporteront que la ruine. »

Elle répliqua immédiatement qu’elle mourrait alors dans l’honneur, et elles règneront dans la honte. Aussi il se contorsionna pour capter son regard et répliquer, meurtrier :

« Alors qu’attendez vous ? »

C’est alors qu’elle répliqua légèrement étonnée, avec un toupet monstrueux, qu’elle attendait qu’il se fasse prisonnier et… prêt à agir promptement si l’on tente quelque chose. Allant même jusqu’à attendre de lui des idées pour la sortir du pétrin. Il n’en croyait pas ses oreilles…

« N’ai-je pas été assez clair ? Vous me privez de mes ailes, de ma liberté, et vous osez me demander conseil !? »

Réalisant qu’elle s’était ridiculisée, elle s’embruma et lui souhaita une bonne continuation en compagnie des harpies d’Arothiir.

« Elles perdront. Ainsi que vous. »

Ces derniers mots suspendirent la conversation. La reine se dégagea et le laissa se relever. Il était trempé jusqu’aux os. Ses ailes prenaient un angle bizarre et lui étaient affreusement douloureuse, mais il se garda bien de le partager. Il longea ainsi les contours de la ville en direction de la forêt en claudiquant, alors que l’agitation grondait derrière les murs. Il jetait un œil de temps à autre par dessus son épaule pour constater que Sheeala ne le lâchait pas des yeux. Il ne pouvait plus fuir dans son état. Résister était inutile. Mais il profita cependant de son isolement pour se ménager un petit espoir à l’insu de la reine.

Profitant des larges plies de sa robe, il sorti et y dissimula la pierre de communication.

« Azra ! Azra ! C’est Daemon. J’ai tenté de contrer les harpies, mais les choses ont mal tourné. La reine m’a trahi. Elle m’a constitué prisonnier parmi les carnivores. J’ai besoin de toi ! Si tu ne fais rien, je serai exécuté demain. »


- 1200 mots -

(((Contacte Azra par la pierre de communication.)))

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Thème : Catacombae - Mussorgsky


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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 19 Mai 2018 15:13 
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Treeof et alentours.

    L’entraide entre les peuples fut réelle, suite à cette inattendue déconvenue. Les arothiiriens et yuimeniens épaulèrent les végétariens avec abnégation jusqu’à ce que toutes les victimes de ce qui s’était passé soient rassemblées pour leur dispenser des soins ou les derniers sacrements. Les carnivores, pendant ce temps, avaient été ramenés sous le couvert de la forêt, à l’abri des regards curieux des végétariens, sur le camp militaire d’Arothiir qui se dressait à l’orée des bois cernant Treeof. Sitôt qu’il fut arrivé, Sable fut chargée de la responsabilité de Daemon. Elle lui enchaina pieds et poignets, l’empêchant tout mouvement brusque, et passa autour de son buste une chaine croisée qui l’empêchait d’user de ses ailes noires abîmées. Elle le mena sur ce camp militaire constitué de tentes au tissu gris foncé, passant relativement inaperçues dans la nuit. Il fut isolé dans l’une d’elle, et elle lui fit face, ne le quittant pas des yeux. Elle gardait leur otage, sans un mot.

    Lorsque les derniers foyers d’incendie et que le dernier blessé fut secouru, Treeof aussi s’en alla au repos. Quelques végétariens les plus en forme se désignèrent pour monter la garde à l’entrée dévastée de la cité, guère plus protégée par les résidus d’une palissade défaite par le feu et l’eau. La Reine enjoignit ses proches ainsi que les Yuimeniens à venir loger au château. Les trois harpies de la Trinité n’en firent rien : elles rejoignirent leur camp ou s’évanouirent dans la nuit. Elles respecteraient la trêve jusqu’à laisser seuls leurs possibles adversaires dans le palais de leur convoitise.

    La Reine, accordant à ses invités des chambres, précisa qu’ils devraient se lever aux premières lueurs de l’aube pour organiser une réunion privée pour… organiser l’avenir du Royaume Pâle avant même de prendre et communiquer sa décision à la trinité. Une réunion où celles-là n’étaient pas invitées.


    [Apartés possibles pendant la nuit, selon votre situation. Profitez-en : ça jouera énormément si vous voulez faire peser votre influence sur la conclusion de cet épisode ! Contactez-moi par Discord ou MP !]


Treeof – Manoir d’Omble.

    Nastya, attentive à Azra qui approchait de la pauvre Talia pour lui venir en aide, ne manqua pas de remarquer le larcin de ce dernier lorsqu’il s’empara de la dague sans gêne. Elle le regarda d’un air ulcéré, malgré la bonne volonté de la liche à vouloir soigner la mourante.

    « Reposez cette arme tout de suite ! Elle n’est même pas morte que vous la dépouillez déjà sans la moindre gêne ? »

    Elle se reporta cependant vite sur Talia, allant au plus urgent. Elle ne se laissa pas aller dans une dispute intestine pour l’instant, alors qu’une vie était en jeu. Mais par sa remarque, elle fit clairement comprendre qu’elle n’approuve pas le pillage du nécromant, et qu’il ne s’en tirerait pas si aisément, à terme. Lorsqu'Azra déversa le contenu de sa potion sur la harpie, elle se reporta entièrement vers celle-ci, ne sachant visiblement pas comment ôter la dague de la plaie, hésitant pour le faire, craignant sans doute que ça lui soit létal.

    Azra, lui, se reportait sur l’archère d’Arothiir qui s’en allait vers le Manoir. Rattrapée par Yurlungur qui l’apostrophait. L’ombre interrompit son avancée vers le Manoir et se tourna vers les deux yuimeniens. Seuls ses yeux étincelaient de malice sous son masque. Elle dénonça la vérité aux yeux de la jeune pupille.

    « J’aurais échoué si je t’avais tuée. C’est lui, le seigneur des Morts, qui a manqué son coup en ne te tuant pas, prenant possession des esprits des vivants par quelque artifice magique. »

    La poche d’Azra se mit à vibrer d’une voix familière : celle de Daemon. Dans la nuit, elle s’exclama, à l’ouïe de tous :

    « Azra ! Azra ! C’est Daemon. J’ai tenté de contrer les harpies, mais les choses ont mal tourné. La reine m’a trahi. Elle m’a constitué prisonnier parmi les carnivores. J’ai besoin de toi ! Si tu ne fais rien, je serai exécuté demain. »

    L’archère plissa le regard, curieuse, et observa les réactions de chacun… Jusqu’à l’arrivée impromptue du Dragon d’Or, revenu de la bataille. Le spectacle qu’il observait était sordide : Talia, allongée au sol avec une dague plantée dans la nuque. Près d’elle, Nastya qui lui maintenait la tête. Plus loin, dans les jardins, Azra, l’archère d’Arothiir et Yurlungur se toisaient. Il n’eut guère le temps de commettre quoique ce soit qu’une harpie de plus atterrit au sol, en la personne de Guigne. Sans prêter attention au corps de Talia, elle avança vers l’archère pour la commander, informant ainsi quiconque sur place :

    « La situation à Treeof est sous contrôle. Une trêve a été déclarée, empêchant tout camp de nuire à un autre sous peine de voir les prisonniers exécutés. Demain, nous règneront sur Treeof. Rentrons au camp, ce soir. »

    L’ombre regarda une nouvelle fois vers Yurlungur, haussa les épaules, et s’en alla rejoindre la harpie. Le danger sur les d’Omble semblait écarté. Mais la tension n’était pas moindre, entre ceux qui persistaient là.

    [HJ : Si vous réussissez à RP avant lundi pour cette situation précise, je pourrai màj à nouveau. Ça pourra être des plus utiles si vous voulez pouvoir participer aux apartés nocturnes pour faire valoir votre avis sur la fin de l'épisode.]




[Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (aide aux végétariens) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (aide aux végétariens) + 0,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (aide aux végétariens) + 1 (bonus longueur).
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (message à Azra) + 1 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (intervention) + 1 (bonus longueur).
Kiyoheïki : 0,5 (introspection) + 0,5 (retour aux sources) + 0,5 (bonus longueur).
Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (soin) + 0,5 (vol).]

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 20 Mai 2018 17:44 
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~65~



Avant même d'avoir posé les pattes par terre, je perçois un spectacle auquel j'ai été préparé par la vision, malheureusement véridique. Gisant au sol, Talia D'Omble, auprès de laquelle la guerrière Nastya est prostrée. Plus loin, l'archère d'Arothiir, la liche et la jeune tueuse se tiennent à une distance égale les uns des autres, comme suspendus dans une conversation. Je me pose sans brusquerie ni violence, mais ne suis pas le seul à le faire. À côté de moi, Guigne touche également terre. Elle dédaigne ostensiblement la situation d'une héritière de sang ancestral. Ses paroles vont à sa combattante, mais elle ne masque pas sa voix. Tous peuvent entendre son assurance alors qu'après avoir énoncé la déclaration de la trêve, elle affirme qu'avec le lever du jour viendra le règne des trois d'Arothiir sur Treeof. Je me contente d'un lent mouvement de tête et dédaigne à mon tour de suivre le mouvement de la harpie et de sa suivante. En revanche, mon regard violet se pose gracieusement puis s'attarde sur la forme de l'enfant coupable. Toutefois, sa vue ne provoque pas de bouleversement dans ma perle susceptible de me gêner. Je me détourne de la même façon. Une tâche importante requiert mon attention.

Mesurant mes pas, j'approche de la guerrière et de la femme-harpie. La première tient la tête de la seconde, le cou de celle-ci profondément percé d'une dague. Une expression de douleur peint les traits de Nastya que je perçois fugacement avant que son regard retourne sur le visage blême de Talia. Mon long corps décrit un cercle autour d'elles, les masquant aux yeux du monde, puis j'abaisse la tête avec mesure. Je ne parviens pas à déceler le moindre mouvement provenant de la blessée. Si la vie ne l'a pas encore quitté, cela ne saurait tarder. Ma voix grondante s'élève sans violence.

"Offrez-moi votre concours, guerrière. Mes pattes sont puissantes mais indélicates. Lorsque je vous le demanderai, retirez l'arme ornant sa nuque."

L'hésitation. Je peux percevoir le trouble en Nastya quand bien même ses yeux me fuient encore une fois. Le sang d'une autre couvre ses mains alors qu'elle a vraisemblablement tenté de lui venir en aide. Le manque de résultat explique aisément ces pleurs naissants pour la jeune D'Omble. J'ignore la nature de ses pensées mais me doute d'une poignée de possibilités.

"Ne vous en veuillez pas."

La combattante conserve la tête baissée et des sons semblables à des sanglots étouffés lui échappent. Peut-être souhaite-t-elle parler, mais nulle parole de sa part n'est indispensable pour l'instant. Ma tête se meut, amenant son épaule et ma mâchoire à s'accoler. Mon souffle gronde sur une note rassurante, destinée à l'apaiser un peu.

"Quoi qu'il advienne dans les prochains instants, nul ne saurait vous le reprocher. Vous aurez fait de votre mieux, Nastya."

Mon museau se frotte deux fois le long de son bras puis ma tête se relève. Dès qu'un léger signe de tête m'apporte son consentement, je me déplace d'un pas et rassemble l'essence même de ma nature. Il me faut combattre l'existence de l'état mortel de Talia, repousser le froid qui l'envahit et persuader son esprit de rester dans ce corps que ma magie devra rendre de nouveau apte à l'accueillir.

Ce soir, Aliaénon a joué avec la puissance des uns et des autres, la rendant dangereuse et sauvage. Pourtant, une nouvelle fois et peut-être même une dernière fois, il me faut faire appel à celle-ci. La canaliser pour n'en tirer que les effets escomptés et nécessaires. Je ne souhaite pas faire égoïstement une démonstration de mes pouvoirs, mais sauver une vie injustement dérobée.

Alors que je perçois mon existence même être mise à contribution, je baisse le museau et l'accole avec douceur à la tempe de Talia. Il ne me reste qu'à donner la directive, ce que je fais sans hésitation ni sentiment entravant.

"Allez-y, Nastya."

Puisse la vie qui m'imprègne être reçue. Puisse la Lumière aider la jeune D'Omble à rester parmi les vivants. Puisse Talia accepter de suivre le chemin que ma magie lui tracera. Car si ma lueur parvient à l'éclairer dans la pénombre, il ne tiendra qu'à elle de s'accrocher à la main tendue et de revenir parmi ceux qui respirent. J'ai foi en son souhait de protéger les siens, y compris de la douleur de sa perte.

Aliaénon, une ultime fois, accorde-lui l'immense faveur de sauver l'un de tes habitants, quoi qu'il en coûte au Dragon.





- Utilisation du "Retour à la vie" (compétence de Théurgiste) : Le théurgiste combat la mort jusqu'au bout et tente de redonner la vie à un être qui vient juste de mourir, son âme n'ayant pas encore eu le temps de quitter son corps ou ne se trouvant pas très loin, bien que Phaïtos s'y accroche fortement, surtout si l'âme est puissante ! Il faut que cette intervention soit faite très rapidement après le décès (dans les 2 tours). L'être ramené à la vie reviendra avec seulement 1PV. lvl max du PJ réanimé=[lvl du sort]-1

- 736 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Ven 25 Mai 2018 21:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Lun 21 Mai 2018 09:43 
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Localisation: Le monde d'Aliaénon
Azra resta sourd aux protestations de la guerrière, ulcérée de le voir récupérer la dague et ne sachant que faire. Il se leva pour suivre l'archère, mais celle-ci était déjà arrêtée par Yurlungur, tentant de lui expliquer qu'elle n'était pas responsable de ce qui s'était passé, ce qui tira un léger ricanement de la liche. Il avait plus important à s'occuper que ces vulgaires mortels...

Et en effet, voilà qu'un message retentit dans sa sacoche. Daemon ! Il avait été fait prisonnier, trahi par la reine, semblait-il. Il allait être exécuté. Azra resta froid et silencieux, partagé entre une certaine inquiétude, car il appréciait le gamin, et un début d'hilarité. Ce type allait finir par être le gag récurent des enfers, passant faire coucou par tranche de quelques minutes ! S'il était impossible de comprendre ce qu'était la vie sans être mort avant, alors le semi-elfe était en passe de devenir le plus grand expert de la vie que le monde ait jamais connu !

Mais toute cette affaire devenait vraiment agaçante et le nécromancien n'avait plus qu'une hâte, s'éloigner de cette fichue ville.

Alors, voilà que paru l'immense dragon-serpent qu'il avait déjà vu. Kiyoheiki ! Il se précipita sur Talia, visiblement décidé à la sauver. Une autre harpie de la Trinité se posa, demandant à tout le monde de revenir en ville. La bataille était fini, et Arothiir avait vaincu. Il ne restait plus qu'à rentrer en paix... mais pour Azra, c'était un nouveau combat qui commençait, apparemment. Cela devenait lassant...

Il se dirigea donc vers la harpie en grognant :

« Ça tombe bien, j'ai à faire, là-bas... Résoudre les problèmes déclenché par les autres est un travail de longue haleine. Allons-y. »

C'est alors qu'il remarqua le dragon qui commençait à invoquer son pouvoir de lumière.

« Allons-y vite. »

Il sentait la magie qui se mobilisait, comme devant le titan.

« Vite. Vite ! Viiiiiiite !!!! »

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Lun 21 Mai 2018 10:54 
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Localisation: Aliaénon
Post-squelette :

Yuyu reste un moment consternée par la réponse de l'archère, incapable de savoir si ce qu'elle dit est vrai ou non.
Lorsque le Dragon d'Or arrive, elle baisse fatalement les bras et attend qu'il soigne Talia, restant légèrement à l'écart de Guigne et Elisha'a - d'autant plus qu'Azra semble vouloir partir avec elles.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Lun 21 Mai 2018 13:42 
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Treeof – Manoir d’Omble.

    Azra sembla le seul à réagir aux paroles de Guigne, qui répliqua sommairement :

    « Ne commettez rien que vous devriez ensuite regretter. »

    Puis, sans demander son reste, elle agrippa les épaules de l’archère masquée et s’envola dans la nuit, laissant la situation se poser là. Azra prit la fuite vers la forêt, vers Treeof. Il rejoindrait la capitale sous peu. Restaient donc sur place, mis à part les d’Omble à l’abri et saufs dans leur demeure, une Yurlungur en retrait, un dragon lumineux, une farouche guerrière prise au dépourvu de la situation d’une harpie mourante – ou morte, déjà ?

    Le Dragon usa de magie. Un risque inconsidéré, compte tenu de ce qui avait déjà pu se passer avec le monde des arcanes, sur Aliaénon. Par chance, une chance insolente, le sort fonctionna précisément comme prévu. Ni de surpuissance incontrôlable, ni d’effet malvenu. Nastya ôta la lame de la nuque de la harpie dans un flot de sang au moment ou la magie curative, la magie de résurrection prenait place. Un halo de lumière nimba Talia, dont les plaies semblaient se refermer grâce à l’action des potions de soin qu’elle avait reçues. Elle cligna des yeux, regardant tour à tour le Dragon et Nastya. Elle semblait éprouvée, faible. Elle avait un besoin urgent de repos. Par chance, sa maison était proche. Nastya aida à l’y transporter, sous le regard à la fois paniqué et rassuré de ses parents. La situation ici était réglée.

    La nosvérienne précisa tout de même à l’encontre de Kiyo :

    « Azra… Il a pris la dague de Talia. »

    Et Talia, dans un dernier effort, de murmurer :

    « Il… il faut la lui reprendre… »

    Mais elle ne serait pas capable de plus pour le moment. Kiyo et Nastya furent invités par les d’Omble à rejoindre le Palais, où la Reine aurait sans doute quelque chose à leur dire. Et de fait : une réunion était prévue le lendemain, avant l’aube. Une réunion pour trouver une solution au problème. D’ici là, ils pouvaient loger au palais ou… faire parler leur influence auprès des diverses personnalités présentes, d’Arothiir ou de Treeof.

    [HJ : Pareil que pour les autres : Gogo apartés. Même entre vous.]

[Kiyoheïki : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de sauvetage) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).
Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (fuite).
Yuyu : Noté quand complété.]

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Jeu 24 Mai 2018 14:56 
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Localisation: Quête 35
Je suis épuisé, sale. La boue forme sur mes doigts une couche que j’étale sur mon visage à chaque fois que j’essuie mon front en sueur. La nuit continue, ainsi que le zèle dont tout le monde fait preuve. Quand les incendies sont éteins et les blessés secourus, nous pouvons enfin prendre un peu de repos. La Reine nous invite à passer la nuit dans son palais et à se lever aux premières heures pour assister à une réunion décisive pour son royaume.

J’hésite dans un premier temps, ne voulant plus m’en mêler d’avantage. Mais ma fatigue et mon hygiène me force à accepter. Je rejoins le château au milieu du lac. Avant de rentrer dans ma chambre je décide de trouver la Reine pour m’assurer qu’elle ne compte pas user de la force. Je la trouve sans peine et la salue avant de lui demander comment elle se sent.

Elle me regarde d’un air triste en se déclarant lasse, perdue et qu’elle ne sait pas quoi faire pour sauver Treoof de la Trinité. Je retire mon bonnet sale tout en m’approchant, l’air grave. Elle n’est donc pas prête à abandonner sa place, je dois tenter de la convaincre.

"Je pense que vous n'avez plus qu'une chose à faire..."

Elle m’observe d’un air interrogatif, attendant la suite.

"Si vous résistez nous n'aurons pas la force de les combattre... A moins de créer une probable catastrophe magique..."

Elle hoche la tête en admettant qu’elle en est consciente et qu’il faut trouver une autre solution que la force.

"A quoi vous pensez ?" Pensais-je à voix haute.

Elle secoue la tête. Justement elle ne sait pas. Elle a compris que la diplomatie ne sert plus à rien. Que la ruse, la tromperie, ne sont pas dans ses habitudes. Qu’elle ne parvient pas à trouver de plan satisfaisant. C’est tout simplement parce qu’il n’y en avait aucun. La Trinité avait déjà gagné. Pourquoi cherchait-elle une solution qui n’existait pas ?

"Abandonner votre trône semble si impensable ?"

Elle soupire à nouveau et m’explique qu’abdiquer reviendrait à échouer. Le peuple de Treoof serait perdant avec les trois harpies comme souveraines. Ce n’est pas tout. Elle précise qu’Andel’ys ne se soumettrait jamais et qu’une guerre intestine au sein du royaume pâle reprendrait avec une plus grande envergure. Elle ne cédera sa place qu’en dernier recours. Cela dépassait ma compréhension. Pourquoi vouloir soumettre d’autres cités si ça n’apporte que des problèmes. Je ne me gêne pas pour demander ce que veut la Trinité en prenant le contrôle de tout le royaume. Elle répond simplement qu’elles veulent le pouvoir. Qu’elles voudront toujours plus, tel est l’apanage du pouvoir. Trois cités, trois dirigeantes. Elles veulent diriger tout le peuple pâle et en maîtriser tous les aspects. Elle ajoute qu’elles sont ouvertement pour le Sans-Visage, combattu par la Tour d’Or, qui se trouve proche du royaume pâle, entre Treeof et Andel’ys. Je hausse un sourcil. Ce serait ça qu’elles veulent ? Un avantage militaire contre ceux qui sont opposés au Sans-Visage.

"Vous pensez qu'elles veulent s'en prendre à la Tour d'Or ?"

Elle hausse les épaules et déclare qu’elles en seraient bien capables. Je porte mon pouce boueux à ma bouche, en rongeant l’ongle, inquiet. Ca changeait tout. Un avantage militaire pourrait créer un conflit entre les différentes croyances. Surtout avec le dragon rose au conseil, il ne laisserait sûrement pas une telle chose se produire. Le monde se diviserait en deux et une guerre finirait par éclater. Cette hypothèse me fait frissonner. Peut-être que la solution est de prévenir le conseil pour qu’il puisse agir. Mais est-ce à moi de le faire ? De mettre des bâtons dans les roues de la Trinité ? Je ne sais plus quoi penser. Je sors ma pierre de vision de ma poche et la montre à la Reine. Elle la regarde, circonspecte.

"Vous ne savez pas ce que c'est ?"

Elle répond que si et me montre qu’elle en possède également une. Je range la mienne, l’air un peu idiot et lui demande si elle a pensé à avertir le conseil. Elle secoue la tête et m’explique qu’ils n’interviendraient pas. Le Conseil est une instance neutre qui ne peut pas prendre parti pour un camp sauf si c’est un combat contre le Sans-Visage.

"A leurs places je me sentirais menacé directement si tout un royaume à proximité était dirigé par quelqu'un favorable au Sans-Visage..."

Elle précise qu’elles n’y sont pas officiellement ralliées mais elle comme moi nous savons qu’elles y sont attachées. Je souris en lui disant que ça je le sais très bien. Je soupire avant de hausser les épaules et de déclarer.

"Je pense que vous devriez accepter. "

Elle fronce les sourcils et rétorque qu’elle devrait donner librement tout pouvoir d’agir sur son peuple et Aliaénon ?

"Je viens de me rendre compte que dans tous les cas, ça allait mal se terminer. Si vous refusez, elles useront de la force et il y aura des morts. Si vous acceptez, en imaginant que personne ne s'y oppose. J'ai la triste certitude que le royaume se déchirera comme vous l'avez dit."

Je soupire et essuie une larme de désespoir qui coule le long de ma joue, me salissant d’avantage la face.

"Enfin, même si votre royaume garde une certaine stabilité avec elles au pouvoir. Une telle tension entre des opinions différentes provoquera un conflit entre ce royaume et ceux qui sont opposés au Sans-Visage… J'ai peur que la guerre soit inévitable."

Nous en étions là. A nouveau, une guerre allait éclater sur ce monde, une guerre à laquelle je ne pouvais pas me soustraire maintenant. Indirectement, je faisais partie de ceux qui allaient la déclencher. Elle hoche la tête et me dit que c’est pour ça qu’il fallait trouver une solution. Je réponds, abattu.

"Je n'ai aucune idée, je suis désolé."

Son regard triste se pose sur moi. Elle espère que mes semblables auront plus d’idées mais j’ai un sérieux doute. J’hausse brièvement les épaules avant d’ajouter.

"J'ai du mal à choisir un camp entre vous et la Trinité. Je venais aussi vous dire qu'en cas de bataille je n'y participerais pas directement. Mais je m'occuperais de protéger ceux qui ne peuvent pas combattre."

Elle opine du chef et me demande de prendre le parti du peuple même si pour ça elle doit être sacrifiée. J’incline la tête à mon tour. Qu’elle ne s’inquiète pas pour ça, je ne permettrais pas que le peuple soit massacré sans rien faire. Je remets mon couvre-chef et quitte la pièce. Je pourrais rentrer dans ma chambre, me laver et dormir pendant les quelques heures qui me sépare de la réunion mais cette menace de tension entre le conseil et la Trinité me trotte dans la tête et m’effraye de plus en plus. Surtout, est-ce que c’est le but que recherche la Trinité ? Devenir un royaume assez puissant pour imposer la présence du Sans-Visage sur la moitié du continent. Impossible de me reposer avec cette idée en tête. Je me dirige vers la sortie du palais pour rejoindre le campement d’Arothiir mais au détour d’un couloir je croise Sibelle, maculée de boue, épuisée elle aussi. Je lui souris timidement et lui demande comment elle va d’un air sincère. Soudain la guerrière me saisit par le col et me plaque violemment contre le mur. J’ai pendant un court instant l’envie instinctive de me défendre, de répliquer en lançant un sort mais fort heureusement je parviens à me contrôler et j’arbore simplement un air surpris tout en me remémorant un moment semblable que j’ai vécu à Fan-Ming avec la Shaakt qui avait fait la même chose. Sauf que j’étais nu, ivre et que j’avais un couteau pointé sur mon estomac. Une sensation bien plus agréable que celle que je vis en ce moment. En effet, je suis loin de l’ivresse. Elle plonge son regard dans le mien et me déclare la mâchoire serré que j’ai failli le tuer. Je laisse tomber mes bras le long de mon corps, l’air las. J’ignore de qui elle parle mais ça ressemble à une crise d’hystérie typiquement féminine. J’ai l’habitude de gérer ce genre de cas même si ils sont rarement si brutaux. Je garde le silence, attendant qu’elle lâche tout ce qu’elle a sur le cœur. Elle me relâche, recule d’un pas et c’est une autre voix qui parvient à mes oreilles. Celle de Sirat qui déclare qu’elle a raison. Que j’ai été imprudent, que mes actions étaient irréfléchies. Un léger rire cynique m’échappe.

"Irréfléchi ?"

Je fronce les sourcils avant de poursuivre.

"Mais qu'est-ce que vous avez fait vous ? Tenté de libérer des prisonniers qui se seraient fait massacrés avant de s'être défaits de leurs chaînes ?" Dis-je en fixant Sibelle dans le blanc des yeux sans ciller.

"Et toi en haut de ta tour, qu'est-ce que tu étais en train de faire quand l'autre taré s'en est pris à Sable ?"

Je dirige mon regard vers le bout du couloir d’où provient la voix de l’Humoran.

"Visiblement vous aimez bien donner des leçons. Je ne nie pas avoir causé des dégâts mais cela a quand même eu pour effet d'arracher Sable des mains de Daemon avant qu'il commette l'irréparable. Calmer un incendie qui aurait pu être terrible. Mes sorts ont eu des effets inattendus mais ils ont quand même été plus efficaces que vous. "

Je sens la colère monter malgré que j’ai conscience qu’elle est mal dirigée. J’inspire, j’expire pour me calmer avant de reprendre.

"Pour l'instant on a plus important à gérer parce que je viens de parler à la Reine et elle n'a pas l'air décidée à abandonner son trône..."

Sibelle pousse un soupir de soulagement tandis que Sirat s’approche avec un air sérieux et me dit que je me cherche des excuses, que peu importe la cause, les victimes sont aussi les miennes. Je regrette qu’il y ait eu des victimes mais comme je lui avais avoué, je m’y étais préparé. Il demande à Sibelle de me laisser, que je n’ai pas totalement tord et que c’est lui qui s’est mis en danger. Il dépose une main sur son épaule, peut-être pour l’apaiser, mais je n’ai pas l’impression que cela fonctionne. L’humoran avoue qu’il voulait voir la reine pour la faire changer d’avis mais qu’à m’entendre ça risquait d’être plus difficile que prévu.

Sibelle, elle, me lance un regard noir et se défend qu’elle a fait ce qu’il fallait et ose prétendre que l’armée d’Arothiir aurait permis qu’un combat loyal ait lieu. Loin d’être intimidé par son regard je roule des yeux devant tant de naïveté. J’ai bien vu ce qui se passait, l’armée était sur le point d’embrocher les prisonnier au bout de leur lance, ils n’auraient pas laissé une révolte de prisonnier se faire maintenant. Et elle aussi aurait fini au bout d’une pique. Elle rétorque ensuite qu’il est trop dangereux de se servir de la magie dans ce monde. Je décide purement de l’ignorer, il n’y avait pas assez de force brut pour venir à bout de l’armée sans prendre le risque d’user un peu de magie. Je me tourne vers Sirat pour lui parler de la reine.

"Ce n'est pas tout. Elle ne rendra son trône qu'en dernier recours et même si elle le fait, selon elle, Andel'ys refusera de se soumettre et des guerres intestines dans le royaume pâle éclaterons. Et enfin, si elles dirigent tout le royaume, la Tour d'Or se trouve entre Treeof et Andel'ys. Naral n'acceptera jamais d'être encerclé par des dirigeantes qui sont favorables au Sans-Visage. Cet enfoiré va provoquer un guerre religieuse entre les pro et anti Sans-Visage. Quoiqu'il se décide demain... "

Je hausse les épaules, défait, pour conclure ma phrase. Sibelle a visiblement du mal à l’entendre et à se contrôler. Elle me jette un autre regard avant de fixer Sirat pour lui dire d’une voix calme qu’il a choisi son camp et que ce n’est pas le sien. Qu’elle aurait aimé qu’il en soit autrement. Elle tourne les talons et s’éloigne. Sirat lui répond qu’il aurait aimé aussi avant de la laisser partir. Il se tourne ensuite vers moi, soucieux, il va essayer une dernière fois de convaincre la reine de se rendre même si comme je l’ai dit cela semble être une cause perdue. En tout cas notre avis est le même sur Naral. Le dragon est un manipulateur de première. Peut-être que c’est parce que Sibelle ne le connait pas qu’elle ne comprend pas notre point de vue.

"Nous devrions plutôt réfléchir à quoi faire quand la Trinité sera au pouvoir. Je suis d'accord avec elles. Elles devraient avoir le droit de prier le Sans-Visage en paix."

Sirat me fait part de son point de vue. Pour lui la Trinité n’est pas encore au pouvoir, la reine sera épaulée de gens têtu et déterminées. La Trinité a beau être forte, elles n’ont pas encore pris la cité. Il veut procéder par étape, d’abord vaincre la reine. Il me demande si je suis avec lui.

"Vaincre la Reine ? Non, je ne vais pas me battre contre elle. Et ce bastion n'a plus de mur. J'ai parlé avec les végétariens, ils n'ont plus la force ou la volonté de se battre. La Trinité a déjà gagné, si la Reine refuse de se rendre ça ne fera que couler plus de sang. J'ai déjà prévenu que si une bataille éclatait je n'y participerais pas, je serais avec les gens qui ne peuvent pas se battre pour les défendre."

Il admet que c’est un choix louable et aurait aimé que Sibelle en fasse de même. Il n’abandonne pas l’idée de voir la reine et me propose de le retrouver juste après.

"Bon courage. Non je vais aller voir Jess pour m'assurer qu'elle ne veut pas ce royaume pour avoir une armée suffisante pour s'attaquer au conseil. Ensuite j'irais me reposer."

Il me demande si la reine a fait appel au dragon rose.

"Non. Elle ne veut pas contacter le Conseil. Elle dit qu'il n'ont pas à y prendre part."

Il opine du chef et me donne une tape amicale dans l’épaule avant de partir. J’ai vraiment du mal à le comprendre. Combien de fois nous avions été dans des camps opposés pour finalement faire équipe ? Quelque chose nous liait tous les deux mais c’est difficile de trouver de quoi il s’agit. Je l’appréciais mais en même temps je me méfiais de lui, il serait sans doute capable de tuer la reine ce soir si ça pouvait lui être utile. Je choisis de lui faire confiance pour l’instant. Sans doute parce qu’il ne voudrait pas d’ennui avec son amie pour le moment.

Je quitte enfin le château et la cité pour rejoindre le camp militaire. Il me suffit de demander mon chemin à une sentinelle pour qu’il me dirige vers une tente basique mais confortablement aménagée dans laquelle se trouve Jess, celle qui dans ce trio semble toujours avoir le dernier mot. J’entre en la saluant et en lui disant que j’ai parlé à la Reine. Elle me regarde avec son air éternellement flegmatique et me demande ce qu’elle doit conclure de cette révélation. Elle me met rapidement mal à l’aise, je n’ai vraiment pas l’habitude de communiquer avec ce genre de personne.

"Je ne suis pas venu vous révéler sa réponse mais pour poser des questions. Est-ce que nous sommes comme à Arothiir ? Libre de dire ce qu'on pense ?"

Je m’installe après qu’elle m’ait répondu que nous l’étions.

"Pourquoi tenez-vous tant à avoir une emprise sur le royaume pâle ?"

Elle répond sans détour. Elle parle de raison historique, de raison économique et enfin politique. Elle déclare que le royaume est faible, décadent, qui ne signifie plus rien. Elle souhaite lui rendre sa force et sa cohésion. Je comprends ça. Rendre le Royaume fort à nouveau. Mais l’idée qu’elle veuille se confronter au Conseil d’Or continue de me hanter.

"Est-ce que vous avez en tête l'idée de vous confronter au conseil d'Or par la suite ? "

Elle répond que se confronter par une guerre ouverte aux représentants des peuples d’Aliaénon serait stupide. Je précise que je ne pensais pas forcément à une guerre ouverte.

"Je pensais plutôt de manière... religieuse."

Nous nous lançons alors dans une discussion qui tourne rapidement en rond. Je suis d’accord avec elle quand elle dit que le Conseil d’Or ne peut pas représenter les peuples d’Aliaénon s’ils n’admettent pas les croyances au Sans-Visage. Elle admet qu’elle pourrait avoir comme objectif d’ouvrir l’esprit sur d’autres possibilités que le conseil a choisi et demande pourquoi je veux voir si loin dans l’avenir. Je lui réponds que je doute que Naral laisse un tel royaume favorable au Sans-Visage tranquille et que je crains qu’il ne réponde par la violence. Pour elle, ce Naral n’a aucune légitimité et qu’elles peuvent prouver au Conseil qu’ils doivent s’en détacher.

"Je ne vous sous-estime pas. Mais je pense que vous sous-estimez le dragon rose. Il a réussi à manipuler son monde pour réveiller les Titans. Je pense qu'il tient le Conseil d'Or dans sa poche et je crois même qu'il a un plan de secours au cas où le Conseil s'en débarrasse."

Elle rétorque que j’ai autant de poids sur le conseil qu’il ne peut en avoir. S’il possède un plan de secours, elle l’encourage à le montrer pour prouver sa malveillance. Je soupire.

"Si ce plan est celui auquel je pense... Je préférerais éviter. Ecoutez... Je sais que comme avec la Reine je ne pourrais pas vous faire changer d'avis. Dites-moi simplement... Est-ce que vous ne vous dites pas qu'en prenant le pouvoir vous n'allez pas provoquer un conflit plus grand entre ceux qui sont pour le Sans-Visage et ceux qui sont contre ?"

Elle secoue la tête. Contrairement au Conseil d’Or et au Dragon Rose, elles n’ont aucune raison d’imposer une seule et unique façon de penser. Chacun ses croyances. La seule mésentente entre fidèles et chasseurs du Sans-Visage ne serait amenée que par le Conseil. Je ne peux pas être plus d’accord. Je sais qu’il y aura inévitablement des conflits mais je sais maintenant que je ne suis pas le seul à penser qu’il n’est pas normal que le Conseil impose sa vision du Sans-Visage et des Titans. J’informe Jess du conseil que j’ai donné à la Reine et du rôle que j’aurais si une bataille éclate. Elle répond qu’elle n’aimerait pas être contrainte à faire de moi un ennemi et me demande juste de ne pas se mettre en travers de sa route et que les pertes civiles ne sont pas son but.

"Je vais vous laisser tranquille. Je dois encore retourner au palais, me laver et me reposer un peu. A demain."

Je me relève. Elle me fait un signe de tête pour me saluer sans rien ajouter. Je quitte la tente en silence, traverse le camp pour rejoindre la cité.

En m’approchant du château, je hausse les sourcils en croisant Sirat. Il s’adresse à moi avec un rictus en disant qu’il a vu la reine et qu’elle la mit à la porte, qu’elle n’a pas voulu l’écouter. Malgré la situation, j’ai du mal à me retenir de rire. Probablement la fatigue.

"Elle t'a virée ? Mais qu'est-ce que tu lui a dit ?"

Il répond simplement qu’il a dit ce qu’elle ne voulait pas entendre.

"Jess m'a dit que les seuls mésententes qu'il pourrait y avoir entre le Conseil et la Trinité à propos du Sans-Visage viendraient du Conseil. Elle, ne veut pas imposer une façon de penser ou de faire. Je la crois."

Il semble content de l’apprendre et partage mon opinion. Il me demande d’assister à la réunion et de lui envoyer un message avec la pierre pour savoir ce qui se sera décidé.
J’hoche la tête.

"C'est d'accord. Tu ne crains pas de devoir te battre contre ta copine demain ?"

Il prend une grande inspiration. Je pense qu’il a du mal à s’imaginer devoir s’en prendre à elle. J’ai bien compris qu’ils sont plus que des compagnons de voyage. Il répond finalement qu’il le craint un peu, qu’ils ont chacun leur destin et qu’il lui ferait honneur en la combattant sans demi-mesure mais qu’il n’est pas certain d’être capable de le faire. Il observe le palais pendant un instant, l’air sombre, puis il se tourne vers moi pour me sourire et dire qu’il verra bien, qu’il compte sur moi pour le message et souhaite que Zewen me guide. J’hoche la tête à nouveau et lui donne une tape dans l’épaule avant de le laisser continuer sa route. J’ignore ce qu’il va se passer demain mais les relations entre aventuriers vont complètement basculer.

Encore une fois, je reprends une barque pour traverser le lac et entrer dans le palais. Enfin je pousse la porte de ma chambre, trouve la force de me laver pour ne pas me coucher sale et dans un ultime effort je me laisse tomber sur mon lit pour me reposer les quelques heures qui me reste avant de me lever pour la réunion de la reine.

(( Environ 3500 mots.))

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Ven 25 Mai 2018 00:35 
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Post squelette :

- Enchaîné, Daemon s'amuse à approcher Sable pour la tester. Il encaisse ses coups de pieds et recommence.

- Il patiente lorsqu'elle sort s'entretenir avec Azra.

- Il s'énerve brusquement à son retour, alors qu'elle le provoque.

- Il reprend alors son jeu, jusqu'à manquer de force...

(Dialogues sur Discord)

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Ven 25 Mai 2018 10:54 
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Malheureusement, personne ne fit attention à lui, il partit donc seul dans la forêt. Alors qu'il s'éloignait, il n'entendit aucun cataclysme derrière lui, ce qui était plutôt rassurant. Il se tailla sans peine un chemin dans les fourrés. Retour à la nature. Est-ce qu'il y était plus à l'aise qu'en ville ? Loin des gens qui faisaient n'importe quoi ? Loin du danger ? Impossible à dire. C'était curieux, mais en fait, il n'y avait aucun endroit où il se sente vraiment à sa place. Oui, le monde était trop bruyant et agité... il comprenait la tentation des liches comme Chandakar, de s'isoler dans une crypte pour méditer sur le monde, en attendant qu'il trépasse tout entier...

Au plus noir de la nuit, il n'eut aucun mal à trouver le camp militaire, illuminé de mille torches. Les troupes d'Arothiir étaient vraiment venues en force... Mais il remarqua aussi un grand nombre de cages. Les carnivores ! Ils n'étaient pas tous morts, finalement. C'était déjà ça, mais cela restait insuffisant à calmer totalement sa rancœur. Il n'avait jamais eu de véritable amour pour le peuple pâle, et rien dans ce qui était arrivé ici n'y avait changé quoique ce soit.

Heureusement, les gardes étaient plus relâchés, sans doute grâce à la conviction de la victoire. Il n'eut aucun mal à convaincre pour être escorté vers la tente d'état-major. Une harpie y était, une des femmes de la Trinité, Sable, s'il se souvenait bien. Daemon était là aussi, enchaîné à terre. La liche cru d'abord qu'il était enveloppé dans sa cape, puis il réalisa avec stupeur qu'il n'en était rien. Le semi-elfe avait des ailes ! De grandes ailes de corbeau ! Décidément, ce gamin était beaucoup trop bizarre pour ses vieux os... enfin, il était sûrement plus vieux que lui, mais quand même.

Azra se tourna vers Sable et proclama d'une voix égale :

« J'ai appris votre victoire. Bravo. Pas très glorieux, mais efficace, je suis forcé de l'admettre. Maintenant finissons-en avec tout cela. Je suis venu chercher mon serviteur. Nous n'avons plus rien à faire ici. »

Il désigna le semi-elfe du doigt.

Son geste provoqua une vive réaction, et la femme-oiseau le saisie pour le tirer dehors. Elle désigna des marques qu'elle avait à la gorge, accusant Daemon d'en être responsable. Cela fit rire la liche :

« Par Phaïtos, c'est terrible ! Vous ne pouvez même pas satisfaire votre soif de pouvoir sans risquer une ou deux cicatrices ! Mais rassurez-vous, il y a des gens, comme moi, qui sont morts juste pour sauver votre monde ! Et je ne suis pas le seul... les Ombres d'Arothiir, ça vous dit quelque chose ? Votre peuple n'aime pas la magie, mais recourir à des mort-vivants comme Elisha'a ne vous dérange pas, si ça peut vous rapporter quelque chose. Pendant que j'y suis, Daemon est mort, lui aussi, pour essayer de comprendre la nature de la lande noire, qui s'étend doucement, menaçant d'engloutir tout vie sur votre monde... Alors voilà : ne parlez pas de sacrifices alors que vous êtes entouré de toute part de gens qui ont perdu bien plus que vous pour recevoir bien moins ! »

Mécontente, elle le somma encore une fois de quitter le camps. De plus en plus excédé, Azra abattit sa dernière carte :

« Bon, écoutez, je ne suis pas ici pour me battre. Si vous êtes aveugles à toutes les choses qui pourraient vous être reproché, comme le meurtre et la prise illégale de pouvoir, tant pis pour vous... Mais je peux vous confier l'un des artefacts secrets des d'Ombles. Car oui, le sais que le vol faisait aussi parti de vos aspirations... Mais si vous me remettez Daemon, je vous donne cet objet et nous partirons. C'est ma dernière offre. Je vous conseil de l'accepter, car je puis vous assurer que me déclarer la guerre, à moi et à mes serviteurs, n'est pas une chose que vous souhaiteriez... »

C'était un demi coup de bluff, mais il n'avait plus vraiment le choix... Sable était manifestement intéressée, mais elle se reprit bien vite. Pour elle, ils avaient fait ce qu'ils pouvaient pour éviter de faire plus de morts, et leur prise de pouvoir serait légitime dès que la reine l'entérinerait. Elle s'intéressa ensuite à la dague, tout en demandant comment Azra se l'était procuré. La liche balaya la demande d'un revers de la main :

« Vouloir faire le moins de morts possible est une cause noble, j'en conviens. Mais tenter de s'approprier le pouvoir n'est pas la meilleure façon de garantir qu'il n'y aura pas de rébellion. Non, vous n'avez pas agis de manière à faire le moins de morts possibles. Vous avez agis de manière à prendre le pouvoir en faisant le moins de morts possible. Pour rester dans le même raisonnement, je pourrais décider de récupérer Daemon en faisant le moins de morts possible, moi aussi... mais j'ai bien peur que ce ne soit tout de même bien trop, aussi bien pour vous que pour moi. »

Il croisa les bras :

« Vous voyez ? Tout est question de point de vu. Pourquoi le vôtre aurait-il plus de valeur que le nôtre ? Mais voilà, moi, au lieu de sauter immédiatement à la solution la plus mortelle, qui serait pourtant plus en accord avec mon credo, je préfère admettre que vous avez bien joué votre coup et vous offrir de partir en paix. Vous avez exploité avec efficacité une faille et gagné le pouvoir. Bravo, je suis forcé d'admettre une certaine admiration. Maintenant finissons cette histoire. Je vous apporte une partie de ce qu'Elisha'a devait voler pour vous. Disons que vous l'aurez de manière anticipé. Vous n'allez pas vous en plaindre, hein ? »

La pauvre semblait dépassée par la complexité de son argumentaire, avec un soupir, il la laissa pérorer. Apparemment, Elisha'a était une générale de leur armée, uniquement chargée de les retenir au loin.

« Curieux, ce n'est pas ce qu'elle a dit... Et d'ailleurs, elle n'a pas retenue sa sbire de tuer Talia, en même temps. Oui, c'est comme ça que j'ai pu récupérer cet objet. J'ai vu de quoi il était capable, je n'avais pas envie de le laisser traîner n'importe-où... »

Puis, comme elle lui demandait ce qu'il était prêt à donner, il haussa les épaules :

« Je proposais cette dague, même si je préférerais la garder en sûreté. Mais si vous avez une meilleure idée, demandez toujours, nous verrons bien. »

Elle fit mine de lui reprocher de n'être pas intervenu lui-même, ce qui fit grincer la liche :

« Elles ne m'en ont guère laissé le temps, figurez-vous... »

Puis, comme elle se montrait intéressée par l'offre, Azra hocha la tête :

« Oui. Libérez Daemon et je vous la remettrais. »

Mais la garce insista pour d'abord recevoir la lame ! De plus en plus tendu, Azra dû se retenir pour tourner le dos et partir. Il tira l'objet de son sac, le tenant fermement en main :

« Et moi je devrais croire des noble dame orgueilleuses qui cachent leur avidité de pouvoir derrière de beaux mensonges ? Décidément, ma charité me perdra ! Voyez : elle est là. Libérez Daemon et je vous la remet. Vous avez tout à y gagner et rien à y perdre. C'est plus que n'en mérite des traître et des menteurs dans votre genre. Alors, c'est oui ou c'est non ? »

La réponse fut un non pur et simple. Bon, au moins, elle ne pourrait prétendre ne pas avoir été prévenu. D'une envolée de cape rageuse, Azra se détourna et quitta le camps. Il les avait prévenu. Il avait tout fait pour faciliter les choses dans la limite du raisonnable. Maintenant, l'heure n'était plus aux négociations. Il ne pourrait vaincre une armée entière à lui seul... en revanche, il savait disposer d'une diversion colossale à portée de main, une diversion dont il détenait la seule faiblesse.

Il s'enfonça dans la forêt, retrouvant sans trop de difficultés le chemin de la clairière de l'obélisque. Le monstre était toujours là, immobile. Mort. Le nécromancien le contempla, sa carapace brillante au claire de lune, immense hommage à une puissance passée. Un squelette dont les homme-pâles étaient la chair. Pouvait-il vraiment faire cela ? La première fois était une erreur. Une terrible erreur qui avait coûté chère pour rien. Mais cette fois-ci, il s’apprêtait à le faire sciemment. C'était complètement autre chose, et en fait, pour la première fois, il se dit qu'il allait commettre quelque chose de vraiment mauvais. Il pourrait s'en aller, simplement. Qu'avait-il à faire d'un semi-elfe qui n'attirait que des ennuis ? Il ne lui avait jamais demandé de le suivre après tout...

… et pourtant, il l'avait suivi. Un messagers du Corbeau... un membre de son peuple à lui, finalement. Azra serra les poings. Il y avait parfois des choix difficile à faire, mais l'arrogance de Sable représentait tout ce qu'il exécrait le plus au monde. Le moment était venu de résoudre cette histoire en fanfare et de faire comprendre à l'univers qu'il ne serait plus le jouet du destin. Il avait décidé de sauver Daemon et de punir les harpies, et il le ferait.

Il fouilla dans sa robe pour récupérer les quelques plumes protectrices que la reine avait accidentellement perdue sur lui. Il s'assura qu'elles soient bien là, au plus prêt, pour le protéger si besoin. Quoiqu'il comptait bien ne pas s'attarder ! Dès que la démone s'éveillerait, il décamperait au plus vite !

Il s'avança dans l'ombre, posa ses mains sur l'armure de métal et se concentra. Il allait y aller par petites touches prudentes, cela lui prendrait peut-être toute la nuit, mais il allait réussir à monter un sortilège de résurrection correct et faire revenir une nouvelle fois ce monstre. Après tout, il n'en était pas à son coup d'essai !

En revanche, au premier mouvement, il courrait se cacher afin de se préparer à regagner le camp des prisonniers dès que l’alerte serait donnée. Pas question d'être une nouvelle fois à la merci de cette chose !

(((1684 mots)))

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Merci et à Inès pour la signature
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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Ven 25 Mai 2018 16:16 
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Une plainte s'extirpait lentement, grimpant dans la canopée, les blessés étaient alignés les uns à côté des autres. Une nappe de bras et de jambes, de visage crispé, en pleur, s'étalait le long de l'armée d'Aorthir. Les palissades n'étaient plus, ruines de cendres, des fumerolles nageaient au-dessus de cendres encore incandescentes et plongeaient la ville dans un brouillard âcre. Une marée de cadavre, avait drapé l'horizon sur une ligne continue en marge de l'entrée de la cité.

La magie, utilisée par les yumeniens avait fait son œuvre.

Sirat observait le carnage avec sérieux, les actions de ses pairs, la culpabilité ne l'accablait pas, il n'avait rien à voir avec eux. Ceux qui au nom de leur liberté travaillaient avec égoïsme pour leur ego. La colère l'empoignait, la tristesse aussi, Naral et les yumeniens massacraient sans vergogne ce monde qui les avait accueillis. Son corps redevenait humain, son pelage malte reprend son droit sur ce corps qui se dessinait sur la butte.

Il aperçut Sibelle, elle ne le voyait pas. Elle s'occupait des blessés, déterminée comme à son habitude. De la suie avait recouvert ses vêtements. Un ressentiment l'étrangla, elle ne le voyait pas et il détourna son regard quand elle releva la tête.

Il alla voir, un soigneur, qui comprit pour sa mâchoire. Il attrapa celle de l'humoran et d'un coup sec mais néanmoins douloureux la remis en place. Sirat le remercia et alla craché un filet de sang plus loin. le liquide visqueux alla tacheté l'herbe.
Une agitation ordonnée régnait encore sur le camp, une invitation à séjourner au château fut lancer. La trêve allait durer jusqu'à demain.

Les harpies allaient rester avec leur troupe, Sirat se dirigea discrètement vers la tente des régentes. Un abri en toile grise entouré par des soldats. Il entra, il n'y avait que Jess, la femme oiseau à la peau blanche le dévisagea sans rien dire. L'intérieur était richement décoré, chandelier, tapis, plat remplit de fruit frais et coupe pleine de vin.

vous vous doutez que cette trêve, ne soit là que pour gagner du temps et réfléchir comment vous contrer. Qu'allons-nous faire, je peux les espionner ou saboter leur tentative.

Avec flegme, elle lui répondit que c'était ce qui était recherché, si la reine tentait quelque chose elle perdrait l'honneur en plus de l'amour de son peuple qui était déjà plus qu'un souvenir lointain. Elles avaient tout prévue, et elle somma l'humoran de ne rien faire avant la fin des pourparlers, l'erreur devait venir de la reine.

Comment pourrais-je vous prévenir ? Si à la fin de la trêve elle vous dit simplement non cela annulera votre tactique... Je peux les pousser à agir avant, leur expliquant que c'est le meilleur instant...

La harpie rappela qu'elle était dotée d'aile.

Je ne connais pas treeof, on pourrait se voir juste avant la réponse de la reine, mais ou...


Un lieu de rendez-vous fut pris, dans le secret de cette alcôve en tissu. L'humoran devait être malin, mais le serait-il lui l'impulsif. Son cœur battait rapidement, une main sur celui-ci.

Seul l'unique sera vainqueur.

Elle ne prononça pas un mot le toisant fixement, ce qui le fit continuer.

Et nous avec lui

Elle opina du chef, elle avoua qu'elle ne comprenait pas les intérêts de l'humoran et s'il ne désirait pas une récompense pour tout ses services. Il la jaugea un instant le temps de réfléchir a la question qu'on lui posait.

vous voulez m'aider de votre mieux et me récompenser, je vous en suis reconnaissant et apprécierai. Notre entente préalable comprenait une armure. Maintenant ma volonté propre est de contrer Naral et cela passe par redonner à l'unique sa place sur Aliaénon. J'espère juste que nous œuvrons ensemble.

Elle hocha la tête positivement et sobrement. Elles attendaient de pied ferme le Dragon s'il venait, mais elle n'allait pas se mettre à le chasser et risquer de disperser leur troupe.
Le zélote était d'accord, il fallait être pragmatique.

Et la magie de mes pairs ? S'ils décident de vous contrer, ils utiliseront leur magie, sans retenue et ils peuvent faire de gros dégâts, soyez prudente avec les troupes pour qu'ils ne puissent pas toutes les détruire sur un coup de dés hasardeux"

Elle se crispa, la magie était une aberration pour elle et était dangereuse pour les deux camps. Il ne fallait pas l'utiliser. Convaincre les yumeniens, le regard du guerrier s'en alla au ciel un instant. Au moins sa comparse n'utilisait pas la magie, sinon tout le monde sur ce monde aurait eu à la craindre.

Je ferais de mon mieux, mais Azra et celui qui a attaqué Sable ne m'écouterons pas, mieux vaut penser à les tuer dé que possible"

Le petit trublion était au fer, enchaîné, sa vie dépendait de la décision de la reine et pour la liche, elle lui donna le champ libre à ce sujet.

Sirat esquissa un sourire diabolique, déployant ses dents,

"se serait un plaisir pour moi, je vais aller au chateau, si vous avez un dernier atout à me donner avant de partir."

Le tuer, il y pensait, mais la liste s'allongeait, Endar, Naral, Astidenix et maintenant Azra. Et aucun, aujourd'hui, n'était tombé sous les coups du Zélote. Il serra le point, cette liste devait se raccourcir pour son honneur, demain, il pourrait si Zewen le voulait frapper sur au moins deux et si c'était le cas, il le ferait avec plaisir. Une dernière recommandation et il était libéré de l'entretien qu'il avait demandé.

Il rejoignit doucement un groupe qui allait vers le château. Il ne vit pas le garde butors et tant mieux, celui-ci aurait sûrement déclenché une bagarre et frontale comme il était, il aurait accepté, son plan eut été à l'eau.

Il traversa les ruines de la palissade et les rues du village, maintenant morne et triste comme à l'image de ses habitants. Il prit une barque vers la bastide. Une réunion serait tenue à l'aube, avant la réponse de la reine. Elle ne comptait donc pas abdiquer, a l'annonce de cette nouvelle Sirat se ferma. Il se souvenait des charniers il y a cinq ans, l'entêtement de la reine était aussi horripilant que celui de Sibelle.

Au détour d'un couloir, une voix raisonna, sur les pierres froides de la demeure, elle glissa pour toucher l'humoran. Sibelle s'en prenant a Xel, l'utilisation de la magie lui était reproché. Plaqué contre le mur par la fière guerrière, il se retrouvait dans une bien mauvaise posture pourtant, on sentait pourtant dans la voix de la rouquine une pointe de crainte et de peur.

Sirat restait silencieux tapis dans le noir. Elle ne parlait pas des habitants, mais de lui. L'effroi de le perdre, l'avait torturé et la maître d'arme si forte, si sur d'elle, montrait son point faible, lui... Il resta sans voix, il serra ses poings, pourquoi n'intervenait il pas. Sa lâcheté le dégoûtait.

Elle l'avait éconduit, l'autre soir, il n'avait pas réussi a la convaincre, il lui avait reproché tout d'abord, mais finalement c'était lui qui avait failli a lui montrer. Alors que son âme désirait se cacher, une impulsion le fit sortir de l'ombre.

"Elle a raison."

Il regarda Xel

"Tu as été imprudent, je pensais que tu voulais mûrir, mais tes actions hier était irréfléchi, tout comme celle de l'homme que tu voulais soumettre."

Il se cacha du regard de la jeune femme, il ne pouvait le soutenir pour l'instant.
Le jeune mage se tourna alors vers l'humoran, balayant ses reproches. Avec un cynisme à peine dissimulé, il fronça les sourcils et exposa sa façon de penser. Il acceptait sa responsabilité, mais eux aussi devait l'accepter et en tirer des conclusion. Il soupira et reprit en expliquant qu'il avait vu la reine et que les soucis allaient continuer puisqu'elle refusait de céder son trône.

Sirat se ferma, il enleva sa main de l'épaule de la jeune femme. Elle avait eut un semblant de réaction qu'il n'arrivait pas à comprendre. Mais l'idée qui l'énervai le plus était Sheela d'argentar qui s'entêtait dans sa position.

Sibelle sembla soulagé, intérieurement, elle ne pouvait cacher qu'elle ne voulait pas que la reine cède. Elle le transperça d'un regard noir et glacial. Elle en voulait à la trinité, elles avaient humilié les carnivores et la magie était dangereuse pour elle. Sirat pensait qu'elle n'avait pas tord, mais l'issue ne dépendait pas de ces détails, il fallait regarder au delà et ce qu'offrait la Trinité.

Xel bien que frêle en comparaison de l'athlétique guerrière, ne se dégonflait pas, il continua de relater son entretien. La reine ne se rendrait pas, elle entraînera son royaume en guerre interne. Il extrapola au sujet de la probable entré du conseil si la trinité gagnait et d'une future guerre de religion. Sibelle ne comprenait pas, elle était furieuse, elle fusilla du regard le mage.

Elle se retourna vers l'humoran, calme et douce, les yeux dans les yeux, il avait choisi son camp elle le déplorait et aurait aimé qu'il en soit autrement.

Moi aussi, j'aurais aimé...

Elle se pinça les lèvres, la réponse ne lui convenait pas. Un adieu, un dernier échange silencieux de ceux qu'ont lit dans les regardes demain, il serait adversaire. Elle s'en alla, ses pas résonnèrent dans le corridor et finirent par disparaître. Il soupira, Sirat, il aurait pensé que cette nouvelle allait l'accabler, mais il se sentait soulagé, bien que triste, il en allait ainsi, il ne pouvait rien y faire. Chacun était resté fidèle à ses convictions. Il se retourna vers Xel, un l'air alarmé.

" Ce que tu me dis ne me plaît pas. Le dragon est un manipulateur de première. Je vais essayer une dernière fois de faire changer d'avis la reine, même si comme tu me le dis, je vais me heurter à un mur"


Xel fit signe que non, il pensait qu'il serait plus utile de réfléchir a ce qu'il se passerait après la Trinité au pouvoir. Il était aussi pour qu'elle garde leur liberté de culte. L'humoran haussa les épaules, pour lui le jeune mage mettait la charrue avant les boeux

"Elles n'y sont pas encore, loin de là. La reine sera épaulée de gens comme Sibelle, têtu et déterminé. La trinité est forte, mais elles n'ont pas encore eut raison de ce bastion. Je vais procéder par étapes d'abord vaincre la reine la suite après, tu es avec moi?"

Il ne l'était pas totalement, il ne voulait pas se battre, mais juste protéger les innocents. Pour lui la ville n'était déjà plus un bastion et ses habitants avaient perdu la volonté de se battre. Le guerrier maltais acquiesça, il ne pouvait pas donner tord à Xel.

"bien, c'est un choix louable, j'aurais aimé que Sibelle fasse le même. Je vais tenter de voir la reine et de la faire changer d'avis, on se retrouve ici juste après"

mais inquiet, il rajouta

"Tu sais si la reine a fait appel au dragon?"

La reine n'avait pas contacté le conseil, prédisant déjà une réponse négative de leur part. Par contre, il ne restait pas là, il allait au campement pour parler a Jess et sonder un peu les désirs de conquête de la trinité. Si finalement, elles ne voulaient pas plus que la simple unité de leur peuple. D'une tape dans l'épaule, Sirat remercia, a sa manière le jeune mage et lui dit au revoir. Il prit la direction de la salle du trône. Il devait trouver la reine et essayer une dernière fois, peu être d'éviter une confrontation.

Pendant qu'il marchait, il pensait à la dualité de cette monarque, conscient à la fois de ses erreurs, de l'aide de la trinité, mais aussi arquebouter sur sa position de ne rien lacher et de rester la dirigeante. À quel prix, il devait la faire plier, mais il savait que cela serait loin d'être facile. Il avait promis à la trinité de la poussée à agir, mais il n'en ferait rien, il pensait encore qu'une fin pacifique et comme il y a cinq ans, il ferait tout pour y arriver.

Alors qu'il arrivait a la porte, il croisa Sibelle qui sortait de sa discussion avec la reine. Ils se regardèrent un instant en silence, lui était incapable de parler. Finalement, elle lui attrapa le bras, et elle lui demanda solennellement de ne pas laisser les harpies la tuer et qu'il devait veiller à son corps si cela arrivait et a ses affaires.

Il étrangla un haut le coeur, il ne pensait pas la voir mourir. Il ne voulait pas, maudite fatalité, Zewen se jouait toujours de lui. Il se devait de lui répondre. Il voulait lui dire qu'il y avait une autre voix, un autre chemin que le combat n'était pas obligé et qu'il était encore temps, mais le temps des paroles s'achevait. Il acquiesça.

"Je te le promets."

Il tira son bras vers lui, collant son corps contre le sien. l'instant présent primait sur ce qui s'était passé et ce qui allait arriver, rien d'autre ne comptait. Il l'embrassa, posant doucement ses lèvres sur les siennes et l’enlaçant. Elle se laissa faire, mais ne rendit pas le baiser, des larmes se mirent à couler le long de son visage.

ll la serra fort quand elle se nicha dans le creux de son épaule. Puis après un dernier mot avouant qu'elle n'avait aucun regret elle se détacha doucement et s'en alla. il n'arrivait à rien dire, il la regardait pleurer et s'en aller . Il passa sa main sur son visage et se retourna vers la porte. Exaspéré, il posa le poing sur celle-ci puis la tête et y resta un moment, avant de se reprendre et d'entrer.

Il poussa la porte massive qui donnait sur la salle du trône pour y voir la reine se redresser vivement quand elle le vit apparaître. Il était encore troublé par ce qui venait de se passer. Apparemment couroucer de sa présence elle lui demanda si il avait une seul bonne raison pour qu'elle ne le mette pas dehors immediatement. Il ne s'attendait pas a un accueil si glacial. Sans se démonter, il posa un genou à terre expira pour se donner du courage et refouler tout ses troubles intérieurs. Il se leva.

et pourquoi le feriez vous, je ne vous ais jamais attaqué, et je suis le seul yuméniens ici a avoir eu le réel but d'éviter des morts inutile. Je n'ai pas déclencher d'incendie, je n'ai pas attaqué de haut dignitaire, je n'ai pas rasé votre muraille a coup de geyser surpuissant, j'ai même aidé a apporter des soins a vos sujets dans le besoin, alors que moi même j'avais été blessé par votre garde du corps. "

Il désigna sa mâchoire encore endolori et son visage marqué.

"Je vous ai parlé avec honnêteté quand je vous ai demandé d'abdiquer en faveur de la trinité et c'est ce que je pense que vous devez faire, stratégiquement, c'est la solution que je pense la plus pérenne pour vous et pour votre peuple. "

Il prit un instant, lui rendant son regard froid.

" Connaissez-vous yuimen, majesté, savez vous comment est le monde de ces gens qui demain déciderons surement par leur acte du sort de votre peuple?"

Non, le zélote se trompait, on ne pouvait attaquer son héros Astindenix, il avait voulu l'arrêter, le stopper et le rôle du traître revenait encore à l'humoran. Peu lui importait, il serra ses poings, il voulait faire payer ce bougre d'idiot et ne regrettait pas ses actes. Pour elle, abdiquer était baisser les bras et n'était pas une victoire. Plus que sa naiveté, c'était sa bêtise qui agaçai l'humoran. Elle avoua cependant ne pas connaître la patrie de ses alliés du moment. Il se contrôla, il pensa aux victimes potentiel et il ne perdait pas espoir.

"je ne l'accable pas, c'est un guerrier puissant et je rêve de pouvoir me mesurer à lui et lui rendre sa monnaie. Mais cela n'est que la futilité et orgueil de mâle. Mon sort contre l'ynorien n'était pas mortel, contrairement a ses flammes qui ont brûlés vos sujets les consumant dans d'atroces souffrances. ou est la victoire dans cette hécatombe? "

il se déplaça et se rapprocha d'elle, sans geste brusque, détendu. Il alla s’accouder à une colonne proche, sur le côté de la reine, lui offrant par là un avantage certain, son dos, nue sans arme et il continua. Monter qu'il n'avait pas peur, il essayait de se mettre a niveau devenir un confident peut être lui paraître plus humain.

" je ne vous est pas parjuré, je voulais qu'il essaye de vous faire entendre raison. Votre peuple est fière, vous devez négocier des conditions, vous devez reprendre l'avantage et l'ascendant psychologique. Vous devez arrêter de saigner vos enfants"

il resta silencieux et regardait vers l'entrée qu'il avait passée pour parler avec la régente. Étrangement toute cette histoire raisonnait avec son passé, ses plaies d'enfance, il pensait à son père, a N'kpa a la haine des esclavagiste, au regard haineux qu'il générait par sa différence, l'incompréhension qu'il générait chez Sibelle, ce destin qui le lacérait, pourquoi n'avait elle pas rejoins son parti, pourquoi devait il se battre. Il laissa couler une larme, qu'il tacha de dissimuler rapidement d'un revers de la main. Elle avait coulé toute seule, mais elle pouvait lui rendre un fier service, si elle le voyait enfin différemment.

"vous devez avoir confiance en votre peuple, il saura faire la différence, il saura se redresser "

"je veux juste éviter que se repende la mort, yuimen est plein de mort, les yumeniens jugent que c'est un tribu facile à payer la vie n'est rien. Nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort. Et les morts qui mériteraient la vie. Pouvez-vous la leur rendre ? Alors ne soyez pas trop prompt à dispenser mort et jugement. Même les grands de ce monde ne peuvent connaître toutes les fins. Vous ne savez pas ce qui se passera si vous abdiquez, mais si vous ne le faites pas vous pouvez être sur de ce qui se passera."

Mais rien ne prenait, elle restait de marbre, elle excusait l'elfe, mais lui restait dans sa position. Il rageait intérieurement alors qu'elle lui demandait quoi faire. Une question rhétorique qui ne réclamait aucune réponse, car elle le taxa de naïf. Avec une certaine condescendance, elle lui accorda le bénéfice du doute. Il fulminait intérieurement, il avait fait l'inverse de ce qu'il devait faire pour lui donner une chance et elle se cramponnait à ses idées. Si il continuait dans ses propos et si il touchait a son cher garde chiourne, elle l'éconduirait de sa demeure.
Il esquissa un sourire malingre et désabusé.

j'aurais aimé vous faire changer d'avis, mais vous vous comportez un peu comme elles, je trouve. Accordez-moi le bénéfice du doute si c'est tout ce que vous désirez m'accorder, je suis las de vouloir changer les choses et de recevoir qu'incompréhension. "

Avec un sourire plus franc, il se desadossa de sa colonne et se remit a sa place, face à la reine toujours dréssé et raide comme un pic.

Peut-être dois-je me remettre en question moi aussi, il s'étira puis reprit.

" j'ai une théorie sur vous, reine, celle d'une femme qui tomba amoureuse de Borte a chino, le rebelle, le défiant, conspué par une partie de son propre peuple, amour partagé, il me semble. Je suppose que toutes vos décisions ont du être cruellement déchirantes, vos choix ou non-choix mué par votre passion et la peur de perdre l'être aimé. ""je peux me tromper, je le fais souvent, mai cette histoire a le mérite d'etre belle, non?"
"Que comptez-vous faire pour cet amant, si c'est le cas?"




Elle secoua la tête, ce n'était qu'une histoire et rien dans son visage placide ne laissait transparaître autre chose.
Sirat soupira

"dommage... Elle avait l'honneur de vous rendre plus humaine" il resta silencieux et reprit

"Cela va donc finir comme il y a cinq ans ou vous avez massacrés la rébellion de votre peuple, ce jour-là la trinité avait été votre allié, leur méthode ne vous dérangeait pas. En fait, vous attendez des Yumeniens qu'on utilise notre magie"

Elle semblait choquée et outrée par les propos, elle ne les comprenait pas. Elle était prête a utiliser la magie contrairement à la trinité. a la manière d'un volcan, il se contenait, qui était la plus meurtrière des quatre.

" et vous ne craignez pas pour les vôtres si vous persistez dans votre entêtement, je parlais de la bataille que vous avez menez contre d'autres pâles ceux qui avait choisis le dragon et Vallel. Dragon qui finalement est devenu notre allié maintenant... La politique ne prends pas en compte les vies du peuple, en quoi êtes vous différentes Reine Sheela d'argentar"
"Montrer moi, je ne demande qu'a préservez des vie, éclairer moi, si vous voulez mon aide, dont allons nous faire demain"


Faux, les deux au lieu de trouver un terrain d'entente, s'enflammaient, s'embrasaient, dans une éruption que nul ne pouvait stopper. Sirat se trompait, mais il s'en était rendu compte trop tard. La sanction tombait, il devait quitter le château sur le champ. Il s'en voulait, d'avoir été si impulsif et passionné, mais la reine n'était pas sans reproche et avait scellé son destin en refusant sa main tendu. Il tenta une dernière supplique.

"je ne vous insulte pas, et... "

il posa un genou à terre

"pardon, veuillez accepter mes excuses, je cherche a vous comprendre, a vous aider, quelle piètre aide je serais de vous dire que ce que vous désirez entendre. J'ai échoué, j'ai fait une erreur, mais je n'ai jamais tué l'un des vôtres, je ne suis coupable que de mes paroles. Je ne poursuis qu'un but, je ne veux plus de mort, j'en ai trop vue. j'ai dépassé les limites ; ma méconnaissance de votre histoire et ma passion m'auront trompé."

"Ne m'enlevez pas la possibilité de venir en aide a votre peuple. je poursuis le même dessein que vous, mes propos ne sont pas à la hauteur je garderais le silence et ne serais que le bras armé de vos décisions. Soyez indulgente."

Miséricordieuse, elle ne le serait pas, elle ne reviendrait pas en arrière. Il se redressa fier, la toisa.

"votre décision est prise, a la base, je voulais vous dire d'attaquer pendant que vous le pouviez, avant la fin de la trêve, mais je voulais éviter des morts inutiles, j'avais pensé naïvement que c'était cela qu'on cherchait tous ici. je me suis trompé" il se tourna et s'en alla, claquant la porte de la salle du trône.


IL descendit les escaliers rapidement, énervée, il ressassait tout et le fait de faire les choses avec énergie lui permettait d'expulser tout cela.
Une fois a l'air frais de la nuit, son coeur frappant sa poitrine, il se calma. Il reprit le chemin du camp des harpies.
Dans les ombres de la nuit, il aperçut une silhouette ce découpé mollement dans l'obscurité. Le jeune mage apparu alors. Sirat était étonné de le croiser, mais la providence lui envoyait Xel.

"Tu as vu Jess, j'ai vu la reine, je n'ai plus le droit d'entrer dans le château, elle n'a pas voulu m'écouter"

fit il un rictus au coin des lèvres
Xel voulut rire, ses joues se gonflèrent et il pouffa devant la mine déconfite de l'humoran, il lui demanda ce qu'il avait bien pu lui dire.

"Ce qu'elle ne voulait pas entendre, et toi?"

Il répondit que son entretien s'était bien passé, il donnait du crédit a ce que Jess lui avait dit. Elle ne voulait pas imposer sa façon de voir aux conseils.
Sirat était content d'entendre cela.

" Je le pense aussi, demain à la réunion, tu y seras, si tu l'acceptes envoie moi un message avec ta pierre à la fin pour que je sache ce qui se trame et ce qu'ils préparent."

Xel accepta sans hésitation et lui demanda ce qu'il adviendrait s'il rencontrait sibelle demain.
il eut une grande inspiration" un peu, on a chacun notre destin, l'honneur que je puisse lui faire c'est de la combattre sans demi-mesure, mais serais-je capable de le faire...

" Il observait le château l'esprit embrumé par ses dilemmes. puis il fit un sourire à son ami "on verra bien, je compte sur toi pour le message, que Zewen te guide."

C'est le jeune homme qui cette fois frappa l'épaule de l'humoran avant de ce séparé. Demain à l'aube, il attendrait son message, pour le moment la fatigue se faisait sentir et il lui fallait encore rendre compte à Jess.
Il trouva Jess au même endroit, il entra et lança sans le moindre affect.

"La reine m'a renvoyer du chateau"

elle ne semblait guère étonné, elle l'avait vue délibérément attaquer Astidenix.

"en effet, cela partait mal, mais j'ai garder un atout en main, si cela vous va je vais aller me reposer, demain vous voulez que je place ou?

Elle l'interrogea sur cet atout mais il ne répondit pas, puis elle lui dit de faire comme bon lui semblait.

je vais aller me reposer, apparemment elle n'a pas fait appel au conseil mais elle ne compte pas abdiquer c'est sur, elle préféré se battre que de laisser son peuple entre vos mains

Il s'en alla ensuite, après avoir manger et bu, il s'allongea sur l'herbe et observa la ville dans la nuit.Peut etre devait il arrêter de tergiverser, le destin le torturait mais parcequ'il refusait de prendre le parti qu'il devait. Il jouait sur les deux tableaux et rien ne lui réussissait. Demain, il en serait autrement, devant la lune, bercer par la fraicheur de la nuit, il prenait cette decision. Demain ilirait jusqu'au bout quoi qu'il arrive.



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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Ven 25 Mai 2018 20:22 
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...

Bien vite, Guigne, après quelques paroles acerbes à l'encontre d'Azra, saisit de ses griffes Elisha'a, s'envola, puis disparut dans la nuit. Sans doute avaient-elles rejoint les troupes d'Arothiir, maintenant que la situation semblait se calmer. De l'autre côté, Kiyoheïki, sous sa forme de dragon d'or, lança un sort de lumière, probablement dans l'optique de sauver sa bien-aimée. Yurlungur ne prit même pas la peine de prendre garde à un possible dérapage de cette puissance arcanique, comme c'était pourtant souvent le cas sur ces contrées. Elle le laissa faire, tout simplement, l'observant en silence.

Le sort, par chance, fonctionna correctement. Tandis que la liche s'en allait sans demander son reste, une Talia éprouvée mais bien vivante laissa échapper quelques mots à l'attention de Nastya et Kiyo ; puis, alors que la Nosvérienne se chargeait de ramener la harpie blessée dans son manoir, la jeune fille put faire face, enfin, à l'Ynorien. Elle avait fixé sans s'en détourner la vision fabuleuse de cet être draconique aux écailles nacrées et à la fourrure d'or : c'était un rêve, peut-être. De toute façon, toute cette nuit avait déjà bien trop ressemblé à un cauchemar et, fatiguée comme elle était, nulle pensée tournée vers sa propre sauvegarde ne l'avait effleurée, dans l'expectative de leur face à face qui s'approchait dangereusement. Bien au contraire.

Il fallait qu'elle lui parle... Il n'y avait rien à expliquer, sans doute. Elle avait tenté de tuer Talia, elle avait rejoint la Trinité : toutes les informations qu'elle lui avait communiquées jusqu'ici, par la pierre, n'avaient été que pensés pour mener les Végétariens à la défaite face à Arothiir et à la garder, elle, hors de tout soupçon. Tout cela semblait bien vain, à présent. Elle n'aurait jamais pu justifier la mort de l'héritière des D'Omble, si cela était arrivé - mais elle s'en fichait.

Elle s'avança et indiqua d'un ton neutre :

« Kiyo... Si tu ne le savais pas déjà, cette dague est la mienne. »

Elle était restée à environ deux mètres du dragon, attendant sa réaction. Peut-être ne l'aurait-il pas inculpée d'office, ayant encore une forme d'espoir pour elle : tant pis, il fallait qu'elle fasse face. Il était inutile, face à la paire d'yeux violets, de camoufler l'atroce vérité. Derrière son expression froide, décidée, elle ne pouvait cacher cette touche légère de tristesse. Ce n'était pas à proprement parler de la peur : il était trop tard, à présent, pour avoir peur de quoi que ce soit, car tout avait déjà été fait ; ce qu'il y avait à craindre, c'était l'inéluctable, la souffrance, le rejet et la solitude...

Le dragon se détourna sans lui répondre et sembla se concentrer autour de la perle d'or à son cou : puis, de la même façon que tout à l'heure, il se métamorphosa sous ses yeux, dans l'autre sens, récupérant sa forme habituelle, humanoïde. Soudain, il paraissait plus humain : alors qu'en dragon, il avait à peine eu l'air affecté par la déclaration de l'adolescente, elle remarqua son poing se serrant, un tremblement aussi. Un coup allait venir, peut-être - c'était tout ce qu'elle désirait.

Mais il répliqua avec retenue, instaurant immédiatement une distance verbale entre eux deux. Cela la frappa, sans qu'elle ne le montre autrement que par un plissement passager de ses yeux - quelque chose s'était brisé, naturellement. Pourquoi aurait-elle dû s'attendre à une autre réaction de sa part ? La magie, encore une fois, lui avait fait assister à la scène, comme s'il était là, juste à côté, sans pouvoir réagir. Un souvenir fugace resurgit des profondeurs de l'inconscient de la jeune fille : la vision horrifique de sa propre mère, baignant dans son sang, et elle, la dague ensanglantée à la main. Ce n'était pas elle, elle n'en avait pas été consciente, mais ç'avait bien été sa main qui l'avait frappée, qui l'avait tuée. Elle blessait le monde entier autant qu'il la faisait lui-même souffrir : un cercle infini de vengeances et de remords, de regrets et de tourmente.

Kiyoheïki néanmoins se retenait visiblement. Sans vouloir aller à la charge directement, il parlait posément, non sans une certaine douleur au creux de la voix. Il demandait à savoir, à savoir ce qui avait poussé elle, l'enfant du groupe, à attenter de la sorte à la vie de Talia. Il demandait, surtout, si c'était la Trinité qui avait exigé cela.

La croyait-il si vertueuse ? Certes, elle aurait pu rejeter la faute sur elles. Mais c'était encore pire, dans le fond. Kiyo ne méritait guère qu'on lui mentît de la sorte. En fait, les deux cas étaient aussi affreux l'un que l'autre, qu'elle l'ait voulu d'elle-même ou qu'elle ait exécuté sans davantage de réflexion un assassinat envers Talia, l'amante de Kiyo. Au moins l'une des solutions présentait-elle l'avantage illusoire du courage. Et si elle pouvait le forcer à agir, si elle pouvait le faire sortir de ses gonds pour leur affrontement, enfin, tout irait mieux... Après ces quelques instants de réflexion, elle lâcha :

« J'ai toujours agi de mon propre chef. Je suis seule responsable pour mes actes. »

Elle se rendit compte qu'elle n'avait pas répondu à la vraie question : pourquoi. Elle posa son regard sur Talia et répondit d'un ton sentencieux quoiqu'étonnamment tremblant :

« Les hommes meurent. C'est ainsi. Il n'y a jamais eu de raison à cela, il n'y en a pas plus aujourd'hui que demain. »

Ces mots étaient pour une fois dénués de tout masque et de tout mensonge. Elle laissait simplement paraître ce qui traînait sur son cœur depuis les dernières semaines, ce qu'elle avait tenté d'éclipser et d'oublier. Mais un deuil inachevé laisse des traces et des traumatismes : à fuir l'idée de la perte et de la douleur, on la rend plus forte lorsqu'elle revient. Implacable. Le regard de la jeune fille s'était lentement tourné vers le sol alors que tout, autour d'elle, lui semblait tout d'un coup étrangement vide. Il n'y avait rien, à présent. Rien qui l'attachât encore à ce monde.

Elle prit une grande inspiration. Ce dialogue se devait d'être franc, donc nulle subtilité n'était exigée ici. Rivant à nouveau son regard dans celui de l'Ynorien, elle proposa :

« Vous devriez essayer de me tuer, à présent. Parce que c'est ce que vous désirez de tout votre cœur, n'est-ce pas ? »

Son ton était d'une neutralité terrifiante. Elle-même se sentait grisée : au moins ses derniers instants, face à ce combattant émérite, ce Sauveur d'Aliaénon, auraient-ils peut-être le mérite d'être grandioses et frappants. Le monde, tel qu'il était, n'était pas satisfaisant, mais elle ne parvenait pas à se défaire de cette vanité absurde, la vanité de choisir de quelle main l'on mourra. Elle voulait seulement partir avec un minimum de panache, rendre d'une façon insensée son existence un peu moins trouble et vague. Et enfin, après, la délivrance...

Kiyo sembla interloqué par cette option : elle écarquilla les yeux, écoutant sa réponse, le regard troublé d'incompréhension. Il voulait la Justice, pas la Vengeance ? Il ne désirait pas sa mort, prétendait-il, alors qu'elle la lui offrait sur un plateau d'argent. C'était un être exceptionnel, ou alors il mentait. Peut-être ne se rendait-il pas compte de ces instincts profonds qui grouillaient en lui, qui lui criaient peut-être de se jeter sur elle et de l'assassiner sur le champ, sans autre forme de procès... Peut-être avait-il réussi à surmonter cet inconscient destructeur.

Comme en preuve de sa bonne foi, il retira son casque, montrant ouvertement son visage face à elle. Il finit son explication en tentant de caractériser la démarche de la jeune fille, pointant avec audace le fait qu'elle recherche la “rédemption”.

Elle trembla ; ses sourcils se froncèrent.

Et il conclut en demandant simplement pourquoi elle lui donnerait une telle opportunité autrement. La mine d'autant plus renfrognée, le ton devenue amer, elle le regardait donc avec une mine mauvaise.

« Vous ne semblez pas comprendre. La justice... c'est un concept typiquement ynorien, j'imagine. »

C'est vrai, ça. Pourquoi n'y avait-elle jamais eu droit, elle, à Dahràm ? Pourquoi personne n'avait cherché à faire la justice ? Lui, venu de son monde confortable et protégé, il croyait encore à ces valeurs qui n'existaient plus, qui n'avaient jamais existé, en fait, ces marionnettes de fantaisie. Mais au moins, lui, il semblait plus noble, et plus heureux.

Son visage se barra d'un sourire amer et désillusionné. Elle crachait plus qu'elle ne parlait, à bout de forces.

« La vengeance est aussi une forme de justice. Je ne cherche pas à me racheter... Je ne cherche que l'affrontement. »

Oui, un affrontement bestial dans lequel elle pourrait se lâcher entièrement, cesser de penser à ses fautes et de ressasser ses remords. Un affrontement où elle perdrait tout, même la vie, mais où au moins, elle n'aurait pas à penser à sa souffrance. Elle se sentit parcourue d'un frisson d'excitation à cette pensée sublime.

« Vous... vous vous croyez généreux, sans doute. Vous croyez m'aider en me laissant la vie sauve : mais c'est le contraire, et vous vous condamnez peut-être aussi. »

Après tout, n'avait-il pas vu de quoi elle était capable ? Elle voulait lui faire peur, même si ça ne marcherait sans doute pas. Mais s'il pouvait penser que le monde serait meilleur sans elle, ce qui était peut-être vrai d'ailleurs - ce doute affreux s'était implanté dans son esprit depuis quelque temps -, alors peut-être...

Et pourtant, malgré ce courage insensé qui l'étreignait, malgré la folle témérité qui la poussait en avant comme un condamné à mort, elle avait peur. Elle avait peur de cette fin des fins qui l'attendait en bout de course, elle sentait que tout cela ne servirait rien ni personne. Mais elle ne voulait plus souffrir et, au fond de son âme, la pulsion de vie avait succombé devant la tentation de mort. Son souffle s'était accéléré, hors de contrôle : une larme coula le long de sa joue et elle l'essuya rapidement.

Il n'y avait pas de regrets, non. Il n'y avait que cette froide résolution à laquelle elle devait s'accrocher et la nécessité, aussi, de pousser Kiyo à la haïr, elle, afin de la condamner... Il fallait le piquer, le brutaliser, insulter sa patrie et déverser par des mots de haine toute la rancœur intacte qui pesait sur son cœur à elle.

« Vous gardez vos principes parce que tout va bien, parce que Talia a survécu. Mais un jour, elle mourra, puis tous vos proches, et alors, vos concepts de justice, de paix, d'amour de votre prochain, tout cela s'effritera devant l'ouragan de la douleur, cette souffrance affreuse qui vous transpercera le cœur et broiera votre âme. Alors, vous n'aurez plus rien, et vous deviendrez vous aussi amer, sec et injuste. Et pourtant, ce ne sera guère la rédemption que vous rechercherez, mais la délivrance. »

Voilà, elle l'avait dit, ce mot qui la gouvernait tant. Elle parlait pour lui, parce qu'elle espérait n'être pas la seule à vivre cela. Parce qu'elle désirait, aussi, qu'il fût un peu comme elle, juste un peu - qu'il ne soit pas tant cet idéal intransigeant de bonté qu'elle n'atteindrait jamais. Elle espérait qu'il soit un homme, et en même temps qu'il soit un dieu bienveillant. Car s'il y avait un seul homme sur cette terre qui pouvait la sauver, d'une manière ou d'une autre, c'était bien lui. Elle prit un instant pour calmer sa respiration.

« Je vous l'ai dit tout à l'heure, vous souvenez-vous ? C'est trop tard... »

Elle l'avait dit concernant Treeof, mais ça s'appliquait à beaucoup de choses. Ç'avait été trop tard pour elle depuis bien avant qu'il ne la rencontre, de toute façon... Elle sourit franchement, quelques autres larmes coulant sans qu'elle n'y prenne vraiment garde, puis écarta les bras face à lui.

« Je vous en prie... Affrontons-nous. Je suis prête, de toute façon, et je n'ai plus rien à perdre. Tant qu'à faire, je préférerais que ce soit de votre fait. »

Ce serait pourtant si beau, s'il avait accepté...

Il s'approcha, le casque changé de main, l'autre prête à saisir la garde de son arme. Elle attendait, détendue, le coup fatal qui devait venir, l'ultime souffrance avant le détachement total, mais ce ne fut qu'un coup du tranchant de sa main, en plein sur son front.

Un coup à peine violent. Elle leva des yeux déçus vers lui, alors qu'il demandait que cela cesse. Puis, avec une forme de douceur, il apposa sa main contre le front touché, répondant qu'il savait ce qu'elle endurait. Mentait-il ? Elle avait envie de le croire. Mais elle ne le pouvait pas. Chacun d'eux ne connaissait que sa propre souffrance.

Il annonça qu'il n'allait pas accéder à sa demande informelle, en vertu du prix qu'il donnait à la vie. Les poings de la jeune fille se serrèrent, son regard devint mauvais alors qu'il expliquait ne pas voir en elle une combattante digne de cela mais une âme égarée. Il proposait d'attendre la fin du conflit Pâle, il fuyait.

Elle voulait le dégager de toute responsabilité. Après tout, elle l'aimait - pas du même amour qu'une amante, mais de quelque chose de profond, d'inconnu, une forme de respect et d'attention particulière portée à cet homme. Une forme d'admiration désespérée. Mais les mots sortirent tout seuls, brutaux et glaciaux :

« Je ne vous croyais pas si lâche. »

C'était plus par dépit que par réelle conviction qu'elle l'avait dit, et elle s'en voulut aussitôt, alors qu'elle tournait les talons et se dirigeait vers Treeof.

L'Ynorien ne fit rien pour l'arrêter. Elle-même sentait tout s'affaisser. Le monde n'avait plus de sens, n'existait plus : il n'y avait plus rien que la douleur et, au fond, une reconnaissance qu'elle ne voulait pas mais qu'elle était forcée d'accepter à l'égard de Kiyo. Sur le chemin, à nouveau, elle pleura. Seule.

***


Elle avait avancé jusqu'à Treeof, qu'elle avait contourné, observant avec détachement les dégâts qui avaient été causés là. Par magie, sans doute : l'armée d'Arothiir n'avait pas de machines de guerre ni de matériel pour déclencher un incendie. Qu'importe.

Le camp militaire avait été facile à trouver et elle avait pu y entrer sans peine. Certains soldats l'avaient reconnu - n'avait-elle pas passé quelques jours à marcher à leurs côtés vers Treeof, libérée de ses chaînes par leur générale elle-même ? Les soldats ne l'intéressaient pas, de toute façon. Elle cherchait quelque chose. Encore déçue par cet affrontement qui n'avait pas eu lieu, elle souhaitait le remplacer par un autre, verbal sans doute - la voilà : elle aperçut Elisha'a, presque fondue dans les ombres, et s'approcha d'elle pour l'apostropher :

« Elisha'a. »

Son ton était peu amène, son expression éreintée, son regard critique.

« Je vous avais prévenue, pourtant, mais vous vous êtes laissée dépasser par la situation, fit-elle en guise de reproche. »

Elle lui en voulait, vraiment. L'Ombre avait dit qu'elles ne risquaient rien, c'était faux. La seule chose qu'elle avait bien réussi, c'était qu'elle n'avait pas, contrairement à ce qu'elle avait promis, exécuté Kiyo : mais Yurlungur éviterait consciencieusement le sujet. Nonchalamment, l'Ombre répondit seulement qu'elle avait réussi sa mission, dans l'absolu, puisque la Trinité n'avait pas eu à subir de contretemps. Enfin, elle la félicita pour avoir choisi de s'en prendre à Talia, le forçant ainsi à perdre beaucoup pour voler jusqu'à Treeof. Maigre consolation, songea-t-elle en se renfrognant. Savait-elle que la harpie s'en était sortie ?

Enfin, elle conclut en reconnaissant tout de même un certain relâchement de sa part, ne s'attendant pas à ce que la carapace du dragon résiste aussi bien à ses flèches, en venant même à reconnaître du mérite à la jeune fille d'avoir encaissé un tir elle aussi.

Elle se renfrogna encore davantage. Elle sentait que cela tombait comme un cheveu sur la soupe : que l'Ombre, après tant de temps passé à se comporter de façon distante, semblait chercher à l'amadouer.

« Le tir était lamentable, répliqua-t-elle. Il ne m'a atteint qu'à l'épaule et s'est à peine enfoncé. »

Elle soupira. Il y avait aussi cette histoire qu'elle voulait tirer au clair.

« Et qu'en est-il d'Azra ? Vous dites qu'il a utilisé sa magie pour vous forcer à me tirer dessus ? »

Elle savait qu'elle aurait bien du mal à juger de la véracité des propos d'Elisha'a, si ce n'était en considérant que son explication était très probablement vraie. L'Ombre précisa qu'en sus d'elle, toutes les créatures vivantes aux alentours avaient été touchées par le sortilège, ce qui expliquait le comportement des insectes, des oiseaux et de l'ourgle. Elle-même avait réussi à se dégager du sortilège, finalement, pour le forcer à le faire cesser. Yurlungur se détendit un peu.

« Mmh. Possible. »

Elle se sentait bête, tout d'un coup. Et elle en voulait à cet Azra, aussi. Un type dangereux, qu'il vaudrait mieux garder à l'œil - ou éliminer.

« Et donc, Azra est ici ? demanda-t-elle. Il a reçu un message l'informant que son compagnon Daemon avait été emprisonné, comme vous l'avez sans doute entendu aussi... Vous l'avez laissé pénétrer dans le camp ? »

Elisha'a l'informa que Sable s'était chargée d'Azra, le renvoyant sans le laisser récupérer son ami, qu'il avait essayé d'échanger contre... une dague. Et puis quoi encore. Au moins n'était-il plus ici. Elle hocha de la tête, puis, se souvenant d'un détail :

« Très bien. Sur un autre sujet, il me semble que vous avez gardé ma pierre de communication. Nourrissez-vous encore des soupçons à mon égard ou accepteriez-vous de me la rendre ? »

Elisha'a, sans un mot, la sortit et la lui rendit. Enfin. Yurlungur sourit, franchement. C'était une victoire de rien du tout, mais c'était peut-être la seule de la journée...

« Merci. »

Elle regarda un moment la pierre, l'air un peu triste. C'était via cet objet qu'elle avait trompé Kiyo... Et maintenant, elle était seule. C'était inconcevable de rappeler Kiyo à cette heure - il était sans doute trop occupé et, après ses derniers mots, il devait lui en vouloir, ainsi que pour tout ce qu'elle avait fait -, mais il y avait Elisha'a. N'y avait-il pas eu un peu d'affection dans les gestes de cette dernière à son égard ? Elle releva soudainement la tête vers l'Ombre :

« Je voulais vous demander... »

Non, c'était trop direct. Elle se ravisa, détourna le regard, un peu perdue, hésita, puis continua tout de même :

« Est-ce que vous avez déjà été amoureuse ? Enfin, pas forcément amoureuse, comme entre deux amants... Est-ce que vous avez déjà vraiment tenu à quelqu'un ? »

Le ton de la réponse eut l'effet d'une douche froide. Elisha'a répliqua, acerbe, que son passé ne comptait guère et que seul ce qu'elle était à présent était d'importance. Tout le reste avait été... perdu. Yurlungur s'empourpra et bafouilla :

« Oui... Oui, bien sûr, pardon. Je n'aurais pas dû demander... »

Elle ne savait même plus pourquoi elle avait demandé. Elle rangea la pierre puis proposa :

« Bonne nuit ? »

L'Ombre l'informa qu'elle veillerait sur le camp, lui laissant tout le loisir de dormir. La silhouette fluette de la jeune fille se détourna donc et partit en quête d'une place, au possible isolée des autres soldats ou prisonniers, pour dormir. Ses paupières se fermaient d'elles-même, de toute façon, et elle sombra rapidement dans un sommeil profond et sans rêves.


(((3000 mots)))

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