L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 15 Avr 2018 21:27 
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Bien que Sibelle s’était éloignée des autres à pas rapide, la transformation de Kiyo n’était pas passée inaperçue. Ce soldat que l’hinionne évaluait mesurer moins d’un mètre cinquante se transformait sous ses yeux en un gigantesque Dragon serpent. Sous cette forme, il conservait cette même fierté et belle allure que sous son apparence humaine. Plus gracieux que le dragon d’or qui l’avait transportée plusieurs jours plus tôt, d’un corps pourvu de fines écailles et d’un blanc immaculé à l’exception d’une crinière or hérissée, celui-ci arborait un fin museau et de son front émergeaient des bois à quelques branches.
Nastya refusa d’accompagner Sibelle vers la cité. Elle semblait interpréter l’offre de l’hinionne comme d’un lâche abandon, alors que ce n’était absolument pas le cas. Au contraire, Sibelle avait déduit que si l’archère empêchait les compagnons de passer, c’était qu’elle craignait qu’ils puissent contrecarrer son plan. Et c’était bien ce qu’elle avait l’intention de faire. Ne jouissant d’aucune réputation, elle bénéficiait de l’avantage de pouvoir circuler où bon lui semblait et elle n’allait pas s’en priver.

Laissant Azra, Talia et Nastya s’occuper de l’archère et de Yurlungur, Sibelle augmenta le rythme de sa marche. Consciente de l’urgence de s’y rendre le plus rapidement, elle se mit à courir. Sur l’entrefaite, elle vit le dragon prendre son envol vers sa destination. Voulant profiter de cette opportunité, elle lui cria :

« Voudrais-tu me porter jusqu’aux carnivores, jusqu’à Börte ? »

Le magnifique dragon obtempéra aussitôt à la demande de l’hinionne et la pria d’étendre ses bras dans les airs. Ce qu’elle fit sans poser de questions et sans cesser de courir. Tout en ondulant, l’impressionnant être ailé ondula en direction de la guerrière et plaça ses pattes sous les aisselles de la guerrière pour la soulever en douceur. La guerrière ayant replié ses avant-bras afin de bien assurer sa prise, elle fit un signe de tête positif lorsque le dragon pencha sa tête pour voir si tout allait bien.

Ils prirent ensuite de la hauteur et Sibelle put enfin voir ce qui se tramait à la cité de Treoof. Elle vit tout d’abord l’attroupement sur les tours des portes de la cité. Elle distingua d’abord le vieux, mais fidèle Astidenix, puis l’honnête reine Sheeala. Elle aperçut également Xël, Daemon et les trois harpies. Sa gorge se noua lorsqu’elle vit Sirat. Elle connaissait ses projets et redoutait le moment où elle allait l’affronter, car même si elle ne voulait pas y penser, elle savait pourtant que ce serait inévitable puisqu’ils étaient à présent dans les clans ennemis.

Grâce à son ouïe fine, elle put entendre la reine actuelle de Treeof avouer ses manquements et demander une journée de sursis afin de décider si oui ou non elle acceptait de céder son poste au Trio d’Arothiir.

Elle vit ensuite deux êtres s’élever verticalement à plus d’une vingtaine de mètres au-dessus de la tour. Elle distingua rapidement Daemon et Sable, ils étaient serrés l’un contre l’autre, nez à nez comme des amoureux, bien que Sibelle devinait que ce n’était aucunement le cas. À ce couple entrelacé se joignirent bientôt les trois autres harpies. Sheeala d’un côté faisant dos à son peuple, et Guigne et Jess de l’autre placées devant les troupes. S’il y avait espoir de réflexion et de règlement pacifique quelques secondes plus tôt, ce n’était apparemment plus le cas. La tension était palpable et un combat risquait de se déclarer rapidement. Les alliés de la reine devaient être présents en ce moment décisif pour l’avenir du peuple d’hommes pâles.

Et puis l’excursion en vol de dragon s’acheva, ils s’approchaient de la troupe de carnivores et Sibelle tentait de repérer parmi eux Edmar et Celemar. Puis Kyio, sous sa forme draconienne, déposa l’hinionne près des trois soldats qui encadrait Börte-a-tchino.
Sitôt les pieds au sol, ses deux épées dégainées, elle fit face effrontément aux gardes qui encerclaient l’homme-loup :

« Libérez-le immédiatement ! »

Trois mots, pas un de plus. Sibelle n’avait pas besoin d’annoncer ce qui se passerait sinon, car elle agirait au lieu de parler. Et puis, elle se doutait que ces hommes aguerris au combat ne lui obéiraient pas, elle se préparait donc à attaquer le premier qui lèverait les armes contre elle.

((( 719 mots)))

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Ven 27 Avr 2018 09:46, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mar 17 Avr 2018 16:47 
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La reine écouta l'humoran puis hésita un instant. Sous la toile nocturne, à la lumière des torches, sous le regard attentif de l'assemblée, elle balbutia quelques mots, puis au fil de sa réponse affirma son discours. Elle avouait son incapacité, une rumeur parcourut la foule, mais céder sa couronne n'était pas une action qu'elle pouvait faire à la légère. Alors, qu'elle demandait un délai de réflexions et que tous se regardaient avec incrédulité, son visage se fissura. Un trait de peur et de stupeur écarquilla ses yeux et fit se retourner l'humoran. Daemon, ce jeune homme effacé jusqu'à maintenant, avait subrestissement passé sa main gantée d'un artefact sombre et pleine de griffes autours de la gorge de Sable. Sirat serra les poings et en même temps cet imbécile venait de faire pencher un peu plus la balance dans le camp de la trinité. La reine le savait, elle venait de perdre un peu plus la chance d'éviter un bain de sang. Sable se retourna vers son assaillant, traçant dans sa gorge de sillons purpurin et elle s'envola avec lui dans les ténèbres. Ils furent rejoints par la reine et les deux autres dirigeantes. Le temps sembla s'être arrêté et s'être suspendu et tous était paralysé les yeux rivés au ciel.

Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait

Laissa-til échappé, alors qu'il se tenait au côté d'Astidenix prostré et tendu écrasé par son impuissance.Xel se fraya un passage dans la mêlée visiblement énervée et en colère, il jeta un regard furieux mais entendu à Sirat, lui demandant de lui laisser Daemon. Étonné Sirat obtempéra, se pouvait il que le jeune mage soit de son côté ou était il simplement lui aussi courroucé par ce geste stupide et les conséquences de celui-ci.
Quoi qu'il en soit, qu'il fut épris de l'otage ou qu'il soit dans le camp de Sirat son action pouvait lui servir. Même si, quand il était question de magie, l'instabilité de celle-ci pouvait tout à fait pourrir une situation. Il se retourna vers le cerbère de Sheela, le nez vers l'abysse ou se jouait cet étrange combat.

Astidenix, si vous aimez votre reine, si seul sa vie compte, vous devez la convaincre de se destituer en faveur de la trinité. Soyez sûr qu'il n'y a que cette issue qui soit possible pour l'instant et vivante même sans trône elle sera plus forte pour les combattre que morte et martyre. Vous êtes un soldat, vous connaissez la stratégie militaire, il faut savoir concéder du terrain pour mieux en gagner plus tard. Elle vous écoutera, on peu perdre un bataille pour mieux continuer une guerre, je vous en conjure...

Il fut coupé par l'apparition d'un Dragon, d'or, foudroyant l'obscurité, de plume et d'écailles brillantes qui comme un filament se faufila entre les deux armées. Ce même dragon qui trônait quand il était sorti du trou après la mort du démon. à cheval sur lui, Sibelle, le Coeur de l'humoran se serra. Il déposa la rouquine têtu et se mit entre les deux armées. Semence sévère qu'il proféra de sa voix étrange et qui résonna dans le ciel éthérée. Il ondulait, ses écailles vibraient comme si un vent irréel et inexistant aux yeux du profane, glissait sur sa carcasse safranée. La guivre phénix qui n'était d'autre que le semi-elfe comptait jouer les troubles fêtes.

Opiniâtre, entêté brin de femme, sa chevelure feue au vent, épée dégainée et luisante elle sauta de sa monture et menace au bout des lèvres se mit en garde face à deux soldats.
Sirat grinça des dents, ces deux-là avaient choisi le sang et la guerre plutôt que l'issue subtile des jeux diplomatiques. Cela l'enrageait, en son cœur, il sentait déjà poindre, la colère et l'enfièvrement de cette rage face a tant d'injustice et de stupidité. Point de discussion pour eux, seule la tyrannie de leur vérité qu'il fallait imposer a tout être vivant.
Résigner, il s'avança un peu sur les remparts pour bien les visualiser les deux parasites. Une oppression venue du tréfonds de ses obscures sentiments écrasait son palpitant. Son exaspération suintait chaque parcelle de son corps et les muscles tendus un regard furieux, il jaugeait Kyo et Sibelle dans leur mascarade. Il voulait se battre, soit, il voulait souffrir, il souffrirait. Pas sa presqu'amante, il en était incapable pour l'instant, de la toucher ou de lui nuir. Elle ne l'avait pas encore suffisamment agressé, ou bénéficiait elle de son statut malgré ses attaques incessantes. Le dragon allait prendre pour deux. Le fiel accumulé allait se rependre dans son âme et le détruire de l'intérieur. Son corps se torturerait, se contorsionnerait devant ses pires terreurs. Il hurlerait devant ses angoisses, Sirat voulait qu'il pleure, qu'il supplie. Il n'y avait plus rien en lui de docile, plus de pitié et seule la haine animait son geste. Il se concentrait sur ce qui avait de plus noir en lui. Le point culminant de ses souffrances allait s'extraire en jets et frapper l'horripilant saurien. Pour qu'il comprenne, qu'il vive dans ces ténèbres qu'allait lui dessiner le Zélote. Il voulait le combat, Sirat allait l'exhausser et lui donner une expérience unique. Un rictus rapace se dessina sur ses lèvres alors qu'il ressentait la magie alentours convergé vers sa haine. Il respirait chaque moleculle de celle-ci, s'extraire des habitants, de l'air, de la forêt qui raisonnait comme la pierre d'Escalroth. Elle l'emplissait et il appréciait chaque picotement, chaque variation de ce flux dans son corps. Cet animal sauvage qu'il tentait d'amadouer.

La rancœur accumulée, pendant ses jours, le refus de la maître d'arme, pourquoi ne voulait elle pas l'écouté, pourquoi ne voulait, il ne pas tous entendre ce qu'il disait. Il fronça les sourcils l'air décidé, alors qu'il ouvrait déjà sa main en direction de sa victime. La souffrance, la mort, l'explosion de hargne et de colère, il allait apprendre et il espérait que la leçon serait longue. Un chemin de croix pour l'ynorien sous sa forme draconique. Il serait le chef d'orchestre de sa lente litanie.


Citation:
980 mots
parle à astindenix
et attaque Torture mentale : Le lanceur du sort perturbe, voire torture son adversaire grâce à un choc psychique (Mag+1/lvl sur le coup, maîtrises et esquives-0,5/lvl pour la cible, arrondi à l'inférieur, pour le tour suivant) level max sur Kyo

citation : « Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait. » (Les tontons flingueurs)

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Ven 20 Avr 2018 20:30 
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Localisation: Sur la planête Aliaénon
Alors que le véritable objectif de la trinité était révélé, Daemon, pour qui l’affront envers la reine était insupportable, s’éloigna imperceptiblement du rebord de la tour. Les respirations s’étaient coupées lors d’un temps indéfinissable, alors que la destinée de la forêt d’Emeraude se refermait sur les lèvres hésitantes de Sheeala d’Argentar.

Son incapacité à prendre des décisions difficiles l’avait menée à cette extrémité, c’était indiscutable, mais elle avait encore l’opportunité de résister. Le peuple était contre elle, mais ce n’était pas à ce ramassis de lâches, dont la division du royaume était l’entière responsabilité, de juger la noble lignée qui veillait sur eux. Elle était restée attristée et recluse, certes, mais finalement… elle n’avait été pas aussi inactive qu’on eut pu le faire croire. Jusqu’ici rien n’avait contrarié les plans de la trinité, mais dans l’ombre même des parapets de la tour, deux lueurs mauves brillaient : le fruit de son appel à l’aide allait enfin prendre forme, avec ou envers sa propre volonté.

Elle finit par confesser ses fautes et ainsi convenir de sa défaite, incapable de combattre son sentiment de culpabilité, incapable d’un soupçon d’intrigue envers ses accusatrices. Elle résistait cependant à céder son trône aussi facilement, suppliant pour qu’on lui offre un délai supplémentaire. Son attitude était pitoyable et acheva de motiver le geste du semi-elfe.

Il jaillit de la obscurité et, tandis que Sheeala s’interrompit le temps d’une protestation, ses griffes se refermaient déjà plus jeune des harpies. Il la tint fermement et avec détermination, reculant brusquement en arrière pour l’éloigner de ses sœurs. Cependant, alors que son attention était rivée sur les alentours, celle qui vint contrecarrer la manœuvre n’était autre que la victime ; ignorant la menace à laquelle elle était soumise, elle se retourna subitement face à lui, s’écorchant au passage la poitrine et son cou délicat, et, prise d’un soubresaut dut à la douleur qui affluait, elle se saisit de lui avec la même ferveur. Ses ailes se déployèrent ; elle l’entraina dans les airs.

Projeté en hauteur, le premier réflexe de Daemon fut de s’agripper sans pitié. Son gantelet ayant appartenu à Thimoros lui même, il infusait délicatement les pires souffrances à la jeune femme. Elle continua cependant à s’élever, le visage collé contre le sien, fermé et atone, concentré uniquement sur l’ascension.

Après avoir atteint une hauteur vertigineuse, elle susurra avec difficulté ses revendications. L’adversité et la haine doucereuse de ses paroles, si proches de ses propres lèvres, finirent de déstabiliser Daemon. Elle l’invitait à le blesser davantage, à se saisir de sa vie, pour qu’ils unissent leur sort et déclenchent ainsi une guerre meurtrière… Il se figea de stupeur. Il ne put réfréner un ricanement lugubre, alors que son regard devenu fou peinait à pénétrer celui de la suppliciée.

« Un sacrifice ? Vous êtes coupables d’avoir fomenté un complot pour vous emparer de ce pays, alors ne fait pas l’innocente. Tu serais prête à affliger tes sœurs pour un royaume aussi miteux que celui de Treeof… ? Haha ! Saches que tu viens de tomber contre le pire adversaire possible. Sais-tu combien de fois je suis mort ces derniers jours ? »

Il investit alors le corps frêle et pourtant robuste de la jeune femme, caressant sa joue contre son visage, plongeant dans ses cheveux cuivrés, pour entrouvrir les lèvres au creux de son oreille.

« Deux fois. »

Ils se heurtèrent brusquement dans le tumulte. Pour autant, les immenses ailes de la harpie ne cessèrent pas de battre à rythme régulier. Il montaient, montaient, montaient… entrelacés vers les étoiles.

« Tu veux savoir quel est mon pouvoir ? » Ses doigts arachnéens incisèrent cruellement. « La souffrance ! Il me suffit de poser un regard sur quelqu’un pour le plonger dans les pires géhennes et, crois moi, les tourments que tu endures ne sont rien en comparaison… Alors je te conseille de m’emporter loin d’ici… »

Il aperçut la formation aérienne des harpies en contrebas qui s’éloignaient les unes des autres : Sheeala surmontait Treeof et les autres rejoignaient progressivement leur armée.

« Vas y, tues nous. Entre temps tes sœurs ont déployées leurs ailes et elles sont vulnérables en altitude. J’ai largement le temps d’en tuer une autre avant que nous touchions le sol. »

Il l’enlaça solidement et passa sa tête par dessus son épaule, desserrant cependant l’étreinte de sa relique, mais la brusquant suffisamment pour imposer un angle de vision.

« Emporte moi loin d’ici. »

Il aperçut Guigne en contrebas et ne la quitta plus des yeux, tandis que sa respiration grinçait du plus pernicieux des fluides.


(((Utilisation du sortilège : Vision d’horreur ; sur Guigne, au niveau max.)))

- 760 mots -

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 21 Avr 2018 11:01 
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Treeof – Alentours du Manoir d’Omble (Azra, Yurlungur).

    Talia ne prêta que trop peu attention à Yurlungur, aveuglée sans doute par sa soif de mettre fin aux jours de celle qui avait proféré une évidente menace de mort envers les siens, sa famille. La petite eut donc tout le loisir de se ruer derrière la harpie qui fonçait elle-même vers sa cible. Nastya n’eut elle-même pas l’occasion de s’interposer, bien qu’elle vit la petite arriver, la lueur froide de sa dague trancher la nuit jusqu’à s’abattre dans la nuque de la jeune d’Omble, la compagne de Kiyoheïki… Talia s’effondra au sol, face contre terre, emportée par sa course. Elle avait la dague de Yurlungur plantée dans son cou, d’où sortaient les sombres rivières purpurines d’un sang pur. Elle n’était pas morte. Pas encore… Mais ça ne serait plus qu’une question de secondes. Et Yurlungur était désormais désarmée, à quelques pas de sa cible effondrée.

    Pendant ce temps, Azra incantait sa sombre magie. Et lorsqu’elle déferla, puissante, sur sa propre âme, il sentit qu’elle serait une nouvelle fois grandiose. Puissante. Mais également incontrôlable. Son âme, au lieu de foncer vers la mystérieuse archère, s’échappa de son corps en de multiples petites parcelles, et alla s’imposer à tous les êtres vivants de la zone, à part son propre corps et celui de la cible de sa cible, Yurlungur. Les parcelles de l’âme du nécromant allèrent subjuguer tout ce qui vivait aux alentours, les forçant à sa contrainte. Nastya fut prise sous son sortilège. L’archère aussi, dont il comprit aussitôt la nature : elle était une créature dont ça n’était pas la première vie. Une ombre, de celles dont Akouba lui avaient parlé à Jesuir, consœur de Karin. Mais pas uniquement. Talia aussi fut touchée, bien qu’elle soit presque morte, agonisant dans son sang. Mais également toutes les autres créatures des alentours : vers, insectes, araignées, petits mammifères ou plus gros prédateurs. Il y en avait tant qu’Azra ne put même pas les dénombrer, incapable désormais d’agir sur son propre corps. Ni même sur ceux qui partageaient son âme fractionnées, désormais : car ceux-là avaient interprété son ordre de la manière la plus extrême : ils devaient détruire Yurlungur. Nastya se tourna vers la jeune fille, s’approchant à la manière d’un zombie sous contrôle mental, prête à abattre sur Yurlungur sa lame. L’archère elle-même lâcha son trait non pas sur Talia, effondrée, mais sur la petite. Une flèche qui ne la tua heureusement pas : elle vint s’enfoncer douloureusement dans la chair de son épaule gauche, paralysant son bras dans une douleur vive et irrépressible. Yurlungur put sentir, en sus, des vers et larves escalader ses bottes, ses jambes. De petites araignées lui grimper sur les cuisses, et partout autour, dans les herbes, des frétillements vivants s’approchant d’elle. Dans les sous-bois, aux alentours, plus lointains, des bruits de mouvements se faisaient entendre. Des animaux, sans doute, qui approchaient. Et les cieux se couvrirent de cris d’oiseaux qui volaient vers elle dans le but de lui nuire. Une horreur sans nom s’abattait sur elle.

    Azra, lui, n’avait que peu de choix : tenter de contrôler tant bien que mal son sortilège pour soit annuler son ordre létal, soit en donner un nouveau à tous ces êtres sous son pseudo-contrôle, soit réintégrer son propre corps en faisant cesser le sort. Tout allait dépendre, sans doute, de la manière dont il s’y prendrait pour le faire.


Treeof – Abords directs (Kiyoheïki, Sibelle, Sirat, Daemon, Xël)

    Sibelle, face aux trois gardiens de l’homme-loup, se heurta à un véritable mur. Loin de libérer leur prisonnier, mais également fort loin de l’attaquer aveuglément comme elle avait pu s’y attendre, ils demeurèrent aux côtés de leur prisonnier, insensibles à ses menaces, à sa présence. Ce qui ne fut pas le cas de dizaines de soldats d’Arothiir alentours, qui, vêtus de la même livrée que ceux qui gardaient Börte, s’approchèrent de la scène pour menacer de leurs piques et lances l’elfe imprudente qui s’était, sans le vouloir sans doute, jetée dans la gueule du loup, face à toute une armée. Armée qui, bien sûr, n’obéit en rien aux ordres désespéré du dragon de lumière qui flottait entre eux et la cité. Ils ne relâcheraient pas les prisonniers pour les confier à la garde des habitants de Treeof. Pas encore. C’était leur monnaie d’échange. En réponse aux paroles du dragon, Börte leva la tête. Son regard blessé, éconduit, se posa sur la créature volante sans qu’aucun mot ne sorte de sa bouche. Il dévia ensuite sur l’elfe venue le sauver. Il la connaissait aussi. Dans un murmure que seuls les soldats alentours et Sibelle purent comprendre, il parla.

    « Mon corps se meurt… Je… je n’ai plus la force. »

    Mais une autre réponse vint aux paroles de Kiyoheïki. De plus loin, dans les rangs des prisonniers, une voix, féminine cette fois, s’éleva.

    « Jamais une d’Omble ne se ferait si aisément abattre ! »

    La voix était fière, vive, et Kiyo put déceler celle de qui elle provenait. Il ne put la reconnaitre, car elle avait fort changé, mais c’était une certitude, c’était bien Lisa d’Omble, sœur de Talia et fille d’Elisa, qui se tenait là, maintenue à ses bourreaux par des fers, bien que tout sur son visage exprime la fierté, la combattivité.

    Image


    Le monde des cieux, lui, n’était pas en reste. Car le dragon vint se faire frapper dans le dos par un sortilège d’une puissance incommensurable, qui échappa même à son lanceur, Sirat, tant la puissance subite de la magie se fit dense. Une vision d’horreur se suppléa à la vue du saurien blanc. Celle de sa bien-aimée, Talia, rampant sur un sol nocturne avec une dague plantée dans la nuque, répandant un sang vermillon sur le sol autour d’elle, le regard suppliant. Et au-dessus d’elle, prédatrice terrifiante pour le moins inattendue, la silhouette chétive de Yurlungur. Une vision horrible, certes, mais dont la conséquence fut plus rude encore : Kiyoheïki ne parvint pas à préserver sa forme draconique sous le choc émotionnel et magique. La douleur se fit physique, en lui, et il perdit pied. Retrouvant sa forme originelle, il chut à vitesse folle vers le sol… Par chance, il avait des alliées ailées dans le coin : Sheeala abandonna toute confrontation possible avec les sœurs d’Arothiir pour se ruer à son sauvetage. Elle parvint à le saisir de ses serres avant qu’il ne tombe au sol, et l’éleva dans les airs à son tour, revenant vers la cité de Treeof… vers Sirat, sans même se rendre compte que l’humoran était à l’origine du sortilège.

    Aux côté de l’homme-bête à crinière, Astidenix ne savait plus quoi penser. Sans doute fit-il le lien entre ce qui venait de se passer et la main de Sirat tendue vers Kiyoheïki, bien qu’il ne puisse rien comprendre à la magie. Il se rua sur lui pour le plaquer violemment au sol, lui assénant un coup de poing dans la mâchoire. Un douloureux coup de poing avec un gantelet de plaque. Le vieil homme dominait le tigre, et répondit à sa demande :

    « Jamais je ne prônerai la destitution de ma Reine pour ces usurpatrices. Jamais ! »

    Plus haut encore dans les cieux se tenait la confrontation entre Daemon et Sable. La douleur affligeait la harpie, qui restait fière et grimpait, grimpait encore dans les cieux. À tel point que la température elle-même commençait à descendre. Blessée, soumise à la douleur de son tortionnaire, elle restait fière.

    « Tre… Treeof n’est qu’une partie du Royaume sur lequel nous régnerons. Le plus vaste de tout Aliaénon, comprenant pas moins de trois cités majeures. Non, ce n’est pas un objectif dérisoire et rien… rien ne pourra se mettre en travers de notre route. Pas même la mort d’une des nôtres. Et… et je suis fière si je suis celle-là. »

    Elle grimaçait, peinait de plus en plus. Elle poursuivit néanmoins.

    « Qu’importent tes pouvoirs ou tes forces, être de l’ombre. Tu sous-estimes notre résilience, notre force. L’air est notre élément, et nous ne sommes certainement pas plus faibles en volant. Tu ne tueras que moi… »

    Lorsque Daemon tenta d’apercevoir Guigne, il n’y parvint que de peu. Son sortilège fut lancé, mais il se rendit vite compte qu’il n’avait pas pris la forme qu’il souhaitait. Si l’ombre s’était bien manifestée, l’effet était totalement différent qu’il ne l’avait imaginé. Une sorte de brume sombre se forma autour de Guigne, la rendant invisible à qui ne se trouvait pas dans cette brume d’ombres. Peut-être cela l’aveuglait-elle également. Un effet bien piètre, par rapport à celui recherché. Et puis… et puis subitement, Daemon fut arraché à l’emprise de la harpie. Des vents des plus puissants naquirent du néant pour le propulser dans les airs. Sable, censée être épargnée par le sortilège de Xël, y fut elle-même emprisonnée. Ainsi que Guigne, et Jess. La reine portant Kiyoheïki de même. Tout ce beau monde aérien, Daemon comprit, tournoyait maintenant sans contrôle au-dessus de deux camps éberlués par la puissance du sort, qui échappa totalement à son lanceur. Une véritable tornade s’était formée dans les cieux, bringuebalant tous ces êtres volants sans qu’ils puissent rien faire à part s’accrocher à la vie, les menaçant de s’écraser au sol d’un instant à l’autre s’ils ne parvenaient pas à se ravoir.

    Les harpies, d’un camp ou de l’autre, tentaient vainement de plier leurs ailes pour sortir du tourbillon. Daemon, en véritable roue libre, virevoltant autour d’une Sable blessée et désorientée, n’avait que peu de prise sur ce qui se passait. Peut-être, oui, pouvait-il tenter comme il l’avait promis, de lancer un sort avant de s’écraser au sol, si c’était son destin…



[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (CC) + 0,5 (bonus longueur).
Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).
Kiyo : 0,5 (introspection) + 0,5 (vers le champ de bataille) + 0,5 (lift) + 0,5 (ordre) + 0,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (vers le champ de bataille) + 0,5 (ordre) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (influence) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (influence) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 21 Avr 2018 15:22 
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Le sort fonctionna, même au delà de ce qu'espérait l'humoran. Le dragon se contorsionna, les yeux éberlués par ce qu'il voyait, le visage fissuré par la peur. Soudain, il reprit forme humaine et tomba, il aurait pu mourir écraser au sol si la reine n'était pas intervenue. La harpie avait laissé son combat avec la trinité et le jeune mage pour sauver la vie de son chevalier, encore sous le choc.

Un vent violent se leva et embarque tout le monde se trouvant dans le ciel dans une tornade folle. Xel, en était l'auteur, Sirat en était sûr. Mais alors qu'il observait ces marionnettes virevolter, luttant tant bien que mal pour leur équilibre, un coup violent s'abattit sur sa mâchoire.

Le gant d'acier d'Astidenix venait de le coucher à terre et s'il n'avait pas été Sirat, il eut été au tapis pour le compte. Le garde du corps, répéta au zélote que jamais sa reine se destituerai. Sirat avait mal, sa mâchoire le brûlait et il subissait la pression sur son cou du lutteur en furie. Il esquissa cependant un sourire.

Vous vous accrochez, vous êtes des tyrans, votre peuple à déjà décidé pour vous, mais votre pouvoir, votre jouet compte plus que lui. Le désir de la gloire n'est point différent de cet instinct que toutes les créatures ont pour leur conservation. Il semble que nous augmentions notre être lorsque nous pouvons le porter dans la mémoire des autres ; c'est une nouvelle vie que nous acquérons, et qui nous devient aussi précieuse que celle que nous avons reçue du ciel.

Il avait déjà commencé à lancer son sort, son esprit avait fait le travail. Tandis qu'il parlait, il avait formé une image celle d'un kyo fou, furieux, assassin s'agrippant à sa bienfaitrice, pour la tuer. La cohue, devait être son allié et il devait imposer cette image dans l'esprit du garde butor et des personnes alentours. Les paroles n'étaient qu'un moyen pour détourner l'attention, pour glisser sa magie. L'air puait la magie, il suppurait de toute part et elle s'agitait comme un bouillon sur le feu.

Si Astidenix était distrait, il pourrait sortir de sa prise et si les autres voyaient en Kyo un meurtrier, comme Daemon son pouvoir en serait amoindri. Peu importe que cela soit faux, l'image resterait gravé dans leur subconscient. Et pour cela, elle devait être réaliste.
Il se concentra observa le regard entêté de son adversaire, son haleine âcre qui venait à ses narines. Il devait leur montrer ce qu'il désirait

Vous préférez faire confiance, à des hommes qui ne sont pas de ce monde, qui ne sont pas de votre sang. Regardez votre reine se défendre de ce chevalier qui la trahie, se défendre de votre méprise et de votre entêtement, voyez la mourir sous vos yeux, car vous n'avez pas accepté la main tendue à temps

Kyo dans leur esprit devait s'accrocher à la reine, s'agripper, la tirer vers le sol, tenter de la tuer, avec une dague avec la tempête ses gestes seraient plus floue et donc plus facilement interprétable. Il attendrait qu'Astindenix lève le regard au ciel, qu'il tente de discerner ce qu'il disait, qu'il voit ce que le zélote créait pour lui et les autres.

Cette image sortant de leur peur la plus profonde leur reine tuer par un traître, un félon à qui ils avaient donné leur confiance, qu'ils avaient eux-mêmes aidé. La culpabilité les accablerait, leur responsabilité dans ce désastre et leur haine envers ce perfide assassin. Quand celui serait suffisamment distrait, il en profiterait pour le renverser d'un coup de bassin dynamique et sortir de son emprise.

Citation:
601 mots
sort level max: - Hallucination collective : Modifie la perception de [lvl/4] cibles, arrondis à l'inférieur, minimum 2, leur faisant percevoir une réalité alternative de celle existante. La réalité perçue est entièrement maîtrisée par le lanceur de sort. Avec l'expérience du lanceur, elle concernera un morceau de réalité plus étendue. (Maîtrises-0,5/lvl pour l'attaque suivante, pendant lvl/4 tours, maximum 5 tours). L'effet peut être annulé par l'utilisation de certaines CC ou sorts.

tentative de renversement d'Asidenix si celui-ci est distrait avec un coup de bassin

citation : « Le désir de la gloire n'est point différent de cet instinct que toutes les créatures ont pour leur conservation. Il semble que nous augmentons notre être lorsque nous pouvons le porter dans la mémoire des autres; c'est une nouvelle vie que nous acquérons, et qui nous devient aussi précieuse que celle que nous avons reçue du ciel. » (Montesquieu – « Lettres persanes »)

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 22 Avr 2018 16:23 
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Le chaos s’installe d’avantage quand le dragon d’Ynorie commence à tournoyer autour de nous. Je reste concentré jusqu’à ce qu’un nuage sombre se forme autour de ma cible. Elle disparait avec son agresseur mais je sens déjà mon sort m’échapper. Je devais m’y faire, il était impossible de contrôler sa magie ici. Le flux d’air se libère, soufflant vers les cieux. J’aperçois Daemon être extirper de la brume obscur, de même que Sable. Mon but est atteint. Hélas, hors de mon contrôle, le vent emporte également Jess, Guigne et la reine qui avait entre ses serres le corps humain de Kiyo qui, pour une raison que j’ignore, avait quitté sa forme de dragon. Ils virevoltaient dans les airs, tentant vainement de sortir du tourbillon. Je repère Sable, blessée, qui semble totalement affaiblie. Je coupe mes flux magiques. Secouant mes mains comme si j’éteignais une torche. Je ne quitte pas Sable des yeux, me concentrant sur la harpie pour lui éviter une chute mortelle grâce à ma magie au cas où elle ne pourrait pas se sauver elle-même.
La situation était chaotique, au bord de la rupture. Je devais absolument éviter la mort d’une harpie et bien que je m’étonne de le penser, la mort de Daemon montrerait que cette agression n’était qu’un acte isolé.

((200 mots. prêt à utiliser le sort rp amortissement de niveau 3 pour sauver Sable d'une chute mortelle.))

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 22 Avr 2018 17:47 
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Cela fonctionna... mais pas comme prévu. Azra sentit son esprit volé en éclat et il crut d'abord être mort dans sa tentative mais, quand il ouvrit les yeux... il voyait par des dizaines de pairs d'yeux ! Il était partout. Il voyait la scène sous tous les angles et sous toutes les formes. Certains de ses yeux ne voyaient pas la couleur, d'autres semblaient... bien trop nombreux. Il crut un instant qu'il allait perdre pied, submergé par la multitude d'informations qui affluaient.

Il était devenu la foule de tout ce qui vivait ici. Il était dans l'esprit de Talia alors que celle-ci s'effondrait du coup de couteau de Yurlungur. Il sentit la douleur et le sang qui coulait, tout comme il sentit la colère de Natsya en voyant sa compagne s'effondrer. Il tourna la main de l'archère vers la gamine et lâcha un trait qui lui transperça le bras. Il était les animaux de la forêt, les insectes dans les herbes... Il était trop pour pouvoir tout contrôler, mais son ordre était tout de même obéi : l'ensemble des êtres vivants présents, hormis Yurlungur, avaient toute leur volonté dédié à la mort de cette dernière.

Puis, il sentit autre chose dans l'âme de l'archère. Une chose étrange, impensable... elle était une mort-vivante ! Cette créature était revenue d'entre les morts, comme Karin. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : il s'agissait de l'une des Ombres d'Arothiir, les Pâles ramenés à la vie par les Ol'Toga. Voilà donc que le hasard lui envoyait une piste pour retrouver son vieux compagnon !

Il allait falloir en apprendre plus là-dessus. Mais, pour l'heure, il ordonna à la foule des âmes de détruire la gamine. Ceci fait, il pourrait ensuite faire que l'archère jette son arme pour ensuite rompre le sortilège. Ainsi, donc, il s'abattit vers sa cible, depuis le sol comme depuis les airs, déterminé à en finir une bonne fois pour toute.

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Mar 24 Avr 2018 20:45 
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Les menaces de Daemon n’eurent guère d'effet. Sous ses allures fragiles et chétives, la jeune harpie dissimulait une volonté insoupçonnée. Elle continuait de prendre de l’altitude et son corps ne cédait point sous le joug du gantelet. Il en fut de même pour les intimidations du semi-elfe : inefficaces et dérisoires face à une pareille détermination. Sable lui fit même l’affront de répondre par la révélation de leurs ambitions : de l’expansion de leur royaume et son devenir surpassant tout ceux d’Aliaénon. Chaque contrée avait son importance et elles n’en négligeraient aucune, elles ne fléchiraient nullement, même si l’une d’elle venait à en mourir. Elle ne tint pas compte de sa sommation, prétextant que l’air était leur élément, ses sœurs n’étaient pas vulnérables en hauteur, mais bien au contraire.

« SILENCE ! » hurla-t-il à ses oreilles.

Sa voix était devenue caverneuse, empreinte d’une force obscure et néfaste. Sable refusait de coopérer, alors il fallait lui montrer de quoi il était capable. Si l’une de ses sœurs venait à perdre le contrôle et malencontreusement s’écraser au sol, elle serait dans l’obligation de revoir ses prétentions.

Ils s'élevaient encore et toujours et l’air commençait à devenir glacial. Le battement des ailes dorsales l’empêchait d’obtenir une bonne vision sur ce qui se passait en contrebas, mais il put apercevoir Guigne. C'était bien suffisant. Il put y déverser ses visions d’horreur. Mais les lois de ce monde lui jouèrent un mauvais tours et son sortilège prit une autre forme. Une mince brume noire apparut autour de la harpie, où elle finit par disparaître. Il n’en revenait pas. Son sort de persécution s’était transformé en brouillard…

Mais son incompréhension laissa place à la terreur lorsque, subitement, son étreinte lui fut arrachée. Un vent puissant naquit de nulle part s'était immiscé entre eux et le projeta dans le vide. La rafale crût si vite qu’il fut balayé à l’oblique dans un maelström inopiné et dévastateur. La force du vent emporta son otage hors de de vue et sans qu’il ne comprenne le pourquoi du comment, quoiqu'il soupçonnât une influence magique, il tournoyait au dessus de la ville.

Une peur viscérale le paralysa. Qu’allait-il se passer lorsque l’emprise du vent se relâcherait ? Il s’y était préparé, mais il refusait d’y songer. La mort est une chose, la peur en est une autre. Même pour un Messager du Corbeau, qui avait déjà connu le trépas, l’idée de se disloquer au sol lui provoquait une angoisse irrépressible.

Il réfléchit alors à ses chances. Les autres harpies avaient aussi été emportées dans la tornade, ainsi qu'une myriade de débris issue de la forêt, il pouvait surement essayer d’attraper l’une d’elle au vol… mais se diriger dans les airs… L'appeaux à dragon traversa aussi son esprit, cependant le dragon d’or semblait avoir disparu et le temps qu’un autre n’entende son appel...

Il enviait les harpies et leurs ailes qui, d’un simple battement, faisaient des cieux un empire. Lui vint alors une idée soufflée par le désespoir : une plume ; il en avait une. Celle que Jess avait glissé dans son col pour soulever la malédiction. Vibrant dans les masses d’air compactes, il fouilla dans ses poches. Il y sortit la plume noire, ainsi qu’une pierre gravée d’une étrange inscription. Il les tint toutes deux fermement dans sa paume et brandit son poing vers les cieux.

« AAAAOOOOOYHHHHH ! »


- 500 mots -

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Jeu 26 Avr 2018 11:32 
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Nul ne se meut à mes mots, sauf les gardes interpellés par l'elfe blanche. Eux pointent leurs armes vers elle, visiblement décidés à ne pas laisser le peuple de Treeof si facilement leur échapper. Le meneur loup lève à peine la tête à mes paroles. Tout dans sa posture indique un être brisé, que ce soit physiquement ou mentalement. Contrairement d'ailleurs à la personne qui fait entendre une voix forte, claire et déterminée. Une véritable tigresse bipède, entravée et sous bonne garde. Nul doute cependant : il s'agit de la fière Lisa D'Omble dont la noblesse perdure malgré sa situation. Là où Börte-a-Tchino courbe l'échine, l'être félin redresse fièrement la tête. Une battante et combattante dans l'une de ses plus évidente expression.

Alors que ma gueule s'ouvre sur la volonté d'inciter les soldats à réfréner l'usage de leurs armes, je sens une salve de magie d'une puissance digne d'Aliaénon me prendre pour cible. Devant mes yeux, une scène se déroule, aussi vivace que si j'y assistais réellement. La jeune Talia D'Omble git au sol dans une mare de sang, sa nuque perforée par une dague. Au-dessus d'elle, la silhouette de la jeune Yurlungur révélant sa facette jusque-là dissimulée de tueuse impitoyable. Illusion ? Véritable révélation ? Les images prennent ma tête dans un étau inconfortable, mais plus grave encore, un écho d'une violence inouïe prend place dans ma perle. La magie, d'une puissance incontestable, est parvenue à atteindre l'autre.

Issue du bijou d'or, une salve insoutenable se répand dans tout mon être, supplantant même jusqu'à ma raison de me matérialiser. Ma détermination ne fait pas le poids face à cette douleur. Ma forme... Régresse.

J'ai si mal. Talia... Ma Talia. C'est un piège ! Une hallucination ! Un mensonge ! Un nouveau tour d'Aliaénon pour me faire regretter mon implication avec ses habitants ! Yurlungur ne... Elle ne peut pas avoir fait ça ! Elle s'est déjà retournée contre les Carnivores ! Sa traîtrise à déjà eu lieu ! Elle ne peut pas avoir... Elle... Non... Non, non, non ! Je... Je n'ai pas... Je n'ai pas laissé ma Talia... Je ne l'ai pas... Je ne voulais pas l'abandonner... Et surtout pas dans les griffes d'une tueuse frappant par derrière ! Si j'avais su... Pourquoi je ne l'ai pas vu plus tôt ? Pourquoi ?! Par les dieux... Pourquoi ?

L'air froid de la soirée glisse contre mon visage alors que je sens mon corps choir comme une pierre. Un impact me fait tourner la tête vers des serres qui viennent de stopper mon mouvement. Empli d'un espoir fou, j'ouvre de grands yeux vers la harpie qui vient de me rattraper.

"Tal..."

Non. Sa Majesté Sheeala d'Argentar. Confus, perdu au milieu de pensées tourbillonnant dans mon crâne, je cherche à attraper cette patte qui me soutient et me rapproche d'une tour.

"Ma... Majesté... Talia... Yurlungur, elle... Il faut... Je dois les rejoindre... Talia... Elle a... Yurlungur a égorgé Talia !"

Le poids des mots renouvelle la douleur qui me vrille en continu. Si je n'avais pas tant pleuré aux côtés des Pâles, je sais que mes yeux seraient embués. Dans un recoin de mon esprit, la voix d'Okina résonne comme un écho lointain impossible à comprendre. Même son ton est indiscernable... Aux portes du désespoir, je tente de réfléchir, de me concentrer sur quelque chose. N'importe quoi ! Tout plutôt que d'accepter cette ignoble vision ! Tout... Tout ça... C'était magique. Oui, de la magie... Quelqu'un... Non... Pas juste quelqu'un. Un yuiménien. Il n'y a qu'eux qui usent de magie ici. Un étranger... Qui, avec l'aide de ce monde, vient de m'infliger un coup d'une bassesse inouïe... D'abord Yurlungur, puis l'un d'entre eux... J'ai eu tort... Tort de me reposer sur ces individus... Tort de croire que nous œuvrions dans le même but... Tort... D'accorder ma confiance.

Subitement, des rafales de vent se déclenchent avec bien trop de brutalité pour être naturelles. De la magie, encore ! Par les dieux ! Nous savons pourtant tous à quel point ces énergies sont instables ici ! Je ramène mon avant-bras à mon visage, aveuglé par une bourrasque alors que toutes les harpies présentes sont prises dans le tourbillon. Impuissant, je perçois les mouvements désespérés des ailes pour se sortir de là. Il faut... Il faut que la Reine s'en sorte... Que je... Que j'amortisse sa chute ou... Qu'elle me lâche et sauve sa vie. Hanté par les images du sang de Talia, mon esprit y superpose les corps des autres dames volantes. Ce n'est pas... Ce que je veux... Je ne veux pas que quiconque périsse ici. Plus personne... Plus aucun Pâle... Pas même la Trinité.

Sirat avait raison. Sans les yuiméniens, rien de tout cela... Je lève le nez vers la Reine, forçant ma voix pour dépasser le son tonitruant nous environnant.

"Majesté ! Votre peuple... Il a besoin de vous ! Lâchez-moi ! Je m'en sorti..."

Non. Je ne sais pas mentir. Et même dans cette situation, je ne peux me résoudre à le faire.

"Je ferai au mieux... Pour m'en sortir !"

Ce faisant, le corps endolori par cette sensation de lacération s'attaquant à chaque fibre de mon être, je tente de me dégager des serres de Sa Majesté en rassemblant mon énergie magique. C'est à mon tour. Je ne suis peut-être plus un dragon, mais cela ne signifie pas que je ne peux plus rien faire. Ou du moins... Plus rien tenter. J'avise les formes prises dans le tourbillon et vivement le sol qui n'est plus très loin. Je peux faire en sorte que les réflexes de la Reine s'améliorent, afin qu'elle adopte une meilleure posture si impact il y a. Mais je veux aussi que les autres prisonniers des vents en disposent. Alors, je pense à ce sort de soin capable de toucher plusieurs personnes à la fois. Je n'ai que rarement procédé à des combinaisons magiques, gourmandes et exigeantes en potentiel et maîtrise magiques...

Mais nous sommes sur Aliaénon... Et je manque de temps pour trouver une meilleure solution. Une image m'aveugle un instant. Celle de Talia qui fait de son mieux pour me sourire. J'en esquisse un douloureux à mon tour. Si j'échoue... Si ce que j'ai vu est vrai... Alors nous nous retrouverons bientôt, mon aimée.

Dans une main, mon fluide destiné à bénir. Dans l'autre, celui censé soigner tous les présents ou peut-être les renforcer en prévision de l'impact. Je joins mes paumes en adressant une ultime prière à Gaïa et à ce monde avant de libérer ma magie de lumière dans cette soirée d'un coup bien plus sombre.




- Utilisation combinée des sorts de lumière "Bénédiction" (En invoquant Gaïa, la magie de lumière vient améliorer les réflexes d'une cible pendant [lvl/4] tours (minimum 2). (Une maîtrise et une esquive au choix +1/lvl)) et "Lumière régénératrice" (Sort de soin ajoutant +1PV/lvl à [lvl/4] cibles, arrondis à l'inférieur, instantanément, guérissant ses blessures et refermant ses plaies.).

- 1 096 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Dim 29 Avr 2018 10:16, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Jeu 26 Avr 2018 15:07 
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...

Talia regardait ailleurs, et cela causa sa perte. Elle ne vit absolument pas la jeune fille fondre sur elle : de femme-oiseau, elle était désormais devenue simple proie. Quant à Nastya, bien qu'elle vît Yurlungur s'approcher, elle n'eut comme prévu pas le temps de s'interposer : la dague, déjà, déchirait la chair de la nuque de la harpie qui, emportant l'arme du forfait avec elle dans sa chute, s'écrasa au sol, son sang s'écoulant dans la terre sombre autour d'elle. La yuiménienne était suffisamment connaisseuse en ces arts-là pour savoir que sa cible n'était pas encore morte, même si cela ne saurait tarder - il suffirait de retirer la dague pour que tout espoir lui soit enlevé... Mais Yurlungur, déjà, levait un regard fier, un sourire de contentement aux lèvres, vers Elisha'a. Elle avait cette expression heureuse, prise dans l'élan de son action, cherchant à trouver chez l'Ombre une forme de satisfaction, un respect dont elle puisse se nourrir, enfin : et prolonger l'illusion, aussi, que ce qu'elle avait fait était bien, au moins d'un certain point de vue.

Et la flèche de l'Ombre lui transperça l'épaule.

Les yeux de la jeune fille s'écarquillèrent de surprise tandis qu'elle faisait un pas en arrière, s'écartant encore un peu de Talia et de sa dague, tandis que Nastya, déjà, s'avançait vers elle en quête de vengeance, sa lame agitée dangereusement.

Mais Yurlungur n'avait cure de cette yuiménienne. Elle se fichait de tout, sauf de cette flèche, là, qui venait de la viser elle. Ce n'était pas une erreur - c'était impossible que ce soit une erreur - non : l'Ombre l'avait fait intentionnellement. Elle lui avait tiré dessus et, si ça ne l'avait pas tuée du premier coup, le second ne manquerait pas.

Toute la gloire du moment se mua en détresse, en détresse profonde et implacable. Il y avait de la rage, aussi, une rage bête et cruelle dirigée contre Elisha'a, contre les Ombres, contre Arothiir et contre la Trinité.

« Pour... Pourquoi ? souffla-t-elle dans la nuit, d'une voix faible qui porta pourtant jusqu'à leurs oreilles à tous, profitant du court instant de calme qui annonçait la tempête. »

Ses yeux s'embuèrent de larmes. Trahie, elle l'était : mais elle ne savait pas quoi dire, pas quoi reprocher. Elle aussi avait trahi les siens, elle avait trahi Kiyoheïki, surtout. Juste retour du bâton ? Un monde s'effondrait autour d'elle et soudain, elle se sentit désespérément seule et vulnérable.

Il n'y avait plus personne pour la protéger. Il n'y avait jamais eu personne... Les larmes coulaient sur son beau visage encore adolescent, déformé dans une expression de chagrin implacable.

Quelque chose la grattait en bas : elle baissa rapidement les yeux pour apercevoir, dans une vision floutée par ses larmes, une masse grouillante lui escalader les pieds, larves, araignées, insectes voraces. Elle n'en saisit même pas les conséquences - pour elle, tout ce que cela signifiait, c'était que le monde entier avait finalement décidé de se retourner contre elle après avoir joué un peu, qu'il déversait enfin sa haine, dans un final angoissant, toute la haine qu'il avait accumulé contre elle, pour une raison qu'elle ignorait.

Elle eut bien, un moment, l'idée de se jeter sur l'archère, essayer de l'abattre elle aussi, quelles qu'en soient les conséquences. Mais c'était inutile. Elisha'a n'avait rien à craindre d'elle, elle était beaucoup trop forte, beaucoup trop grande, beaucoup trop... tout.

Et elle, elle n'était rien.

Elle secoua ses bottes et tourna les talons, s'enfuyant d'un seul coup dans la nuit, vers Treeof. Elle ne savait même pas ce qu'elle faisait, ce qu'elle y chercherait : son esprit n'était pas bien clair, entièrement submergé par cette sensation affreuse de perte, de perte de tout ce en quoi elle avait cru. Et cette peur, surtout, cette terreur qui l'assaillait, la crainte d'avoir fait le mauvais choix jusqu'à perdre tout. Et, plus viscérale, la peur de recevoir, d'un instant à l'autre, une flèche en travers de la poitrine et de mourir ici, bêtement.

Elle espérait que, dans la nuit, ses adversaires ne puissent pas la suivre. Elle y voyait clair, elle, évitant sans mal les obstacles qui pouvaient s'y dresser, ce qui n'était peut-être pas le cas de tous... La seule trace qu'elle laissait derrière elle, c'était ces larmes qui coulaient et chutaient au sol, et son faible gémissement à travers l'ombre de la nuit.


(((500 mots)))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 29 Avr 2018 11:41, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 28 Avr 2018 05:18 
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Contrairement à ce que Sibelle avait anticipé, les trois gardiens de l’homme-loup ne firent pas le moindre geste dans sa direction. De marbre, ils avaient ignoré la demande de la guerrière conservant fidèlement leur position aux côtés de leur prisonnier. Tout de même assez futée, l’hinionne comprit que ses armes seraient inutiles pour le moment. Sourcils froncés, puisqu’elle était tout de même contrariée, elle rangea ses courtes épées à sa ceinture, sans cesser d’observer Börte,qui le dos voûté et les épaules affaissées, avait tout de l’être brisé. En bonne combattante, la guerrière croyait comprendre ce que vivait cet homme abattu. Il portait sur ses épaules le poids de cette défaite. Ses hommes qui l’avaient suivi aveuglément se retrouvaient tout comme lui, mains et pieds liés. Et Sibelle n’était pas sans se douter qu’il avait probablement perdu des hommes et des femmes de valeurs.

La présence de Sibelle alerta tout de même d’autres soldats, une bonne dizaine, qui la menacèrent de leurs armes pointues, l’empêchant d’aller plus de l’avant, tentant de l’encercler. Prenant soudainement conscience qu’elle venait de se jeter dans la gueule du loup, Sibelle ne s’en inquiéta pas outre mesure. Elle était venue pour Börte, mais aussi pour Celemar et Edmar. Elle s’étira donc le cou dans l’espoir d’apercevoir les deux frères, mais elle ne les vit nulle part.

Bien que la demande du petit homme devenu dragon fut claire : il voulait que les carnivores soient remis aux habitants de Treeof, la réponse de leur geôlier le fut tout autant. Ils n’obtempérèrent aucunement. Ils avaient sans doute autres desseins pour leurs prisonniers. Seul Bortë leva sa tête en direction du dragon pour y jeter son regard blessé. Il tourna ensuite son attention vers Sibelle et elle y lut la honte de celui qui avait échoué. Dans un murmure, sa voix brisée déclara que son corps se mourait, qu’il n’avait plus la force. Interdite, perplexe, l’hinonne ne dit mot, essayant en vain de comprendre ce qui était arrivé à ce grand guerrier. C’est à ce moment qu’une voix de femme se fit entendre, il s’agissait de la fille d’Omble, celle que l’on disait transformée malgré elle en fauve. Arborant un air fier de félin, elle déclara qu’il n’était pas facile d’abattre un d’Omble. Contrairement à leur meneur, malgré ses fers aux mains et aux pieds, elle n’avait en rien perdu sa combativité.

Avec une idée bien arrêtée en tête, Sibelle retira son sac en bandoulière et afin de ne pas se faire empaler par une lance ou un pic d’un soldat trop zélé, elle précisa :

« Je ne prends qu’une potion de soin pour le réconforter. »

Mais avant qu’elle n’ait le temps d’ouvrir son sac, elle vit le dragon blanc tressaillir. Il venait vraisemblablement se faire attaquer par un sort terrifiant. Alors qu’elle ne le quittait pas des yeux, elle le vit reprendre sa forme humaine en plein ciel. Elle esquissa un mouvement pour se rendre dans sa direction afin de tenter de l’attraper au vol, mais elle n’eut même pas le temps de bouger qu’une forme volante l’attrapa de justesse. La reine Sheeala, celle qui avait été jugée indigne de régner sur Treeof, s’était ruée à la rescousse de l’Ynorien. Elle l’avait sauvée in extremis d’un écrasement fatal pour ensuite reprendre de l’altitude le tenant dans ses griffes.

Suite à ce sauvetage, Sibelle ne pouvait s’empêcher de penser que si une harpie devait régner sur Treeof, ce n’était certainement pas l’une des trois d’Arothir, mais bien celle déjà en place.

La gorge de Sibelle s’était serrée. Seul un être puissant avait pu lancer un tel sort contre Kiyo et elle souhaitait de tout cœur que ce fût l’une des trois vilaines d’Arothir, redoutant amèrement que ce soit son ancien compagnon, l’humoran.

Comme si ce n’était pas suffisant, voilà que le vent s’élevait, séparant Daemon de la harpie contre laquelle il s’était lié. La brise légère devint rapidement une bonne brise qui mua en grand frais. Ce vent apparu inopinément prenait en force et emporta avec lui, Jess, Guigne et Sable et malheureusement n’épargna pas Daemon, La Reine et le petit soldat. La perturbation de l’air en mouvement prit la forme d’un entonnoir, tourbillonnant violemment, emportant avec elle, sans ménagement, deux compagnons d’aventure, une Reine et trois démones.

Sibelle reporta enfin son attention sur ce qui était de son ressort et ouvrit son sac pour y chercher quelque chose apte à remettre en forme le carnivore déchiré. Cherchant avec fébrilité, elle dut constater avec déception, qu’elle n’avait apporté avec elle aucune potion de soin. Elle ne trouva qu’un petit sachet d'herbes médicinales et un onguent désinfectant.

Alors qu’elle allait refermer son sac, tout en pestant intérieurement, ses doigts touchèrent quelques choses de duveteux qu’elle reconnut aussitôt : les plumes des harpies qu’elle avait ramassées un peu plus tôt. Elle en choisit deux qui semblaient appartenir à la reine par leur couleur bien particulière et rangea les autres dans son sac. Tout en tendant la main dans la direction du garde, afin de lui montrer qu’elle ne tenait que des plumes inoffensives, elle fit un pas en avant tout en s’adressant au garde :

« Laissez-moi lui remettre ces simples plumes appartenant à sa reine. »

(Et s’il était victime d’une malédiction quelconque proférée par cette mystérieuse archère … )

Sibelle émettait l’hypothèse que Bortë avait été envoûté par l’archère à l’armure bordée de plumes. Elle espérait secrètement que ces deux plumes trouvées sur le sol conjuraient ce supposé sort. Mais si jamais, elle se trompait, il lui restait alors à insuffler l’espoir à cet homme afin de lui faire retrouver son ardeur à combattre.

La main tendue contenant les deux plumes, la voix ferme, forte et se voulant convaincante, elle s’adressa à Bortë :

« Votre corps se meure, mais pas votre âme. Et c’est cette dernière qui peut vous redonner la force de continuer et non pas votre corps fait de chairs et d’os. Prenez ces plumes. Elles appartiennent à la femme la plus valeureuse qui soit : la reine Sheeala. Que ces plumes puissent vous insuffler la force et la résilience de la femme qui les portait. Ces hommes, qui vous ont suivis et que vous pleurez sans doute la mort, ne doivent pas être morts en vain. Relevez la tête et reprenez courage, vos hommes, qui ont survécu, ont encore besoin de vous, j’ai besoin de vous et la reine Sheeala a aussi besoin de vous. »

(((1074 mots )))

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Sam 28 Avr 2018 13:09 
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Treeof – Alentours du Manoir d’Omble (Azra, Yurlungur)

    Yurlungur laissa derrière elle ces larves et insectes grouillants qui lui voulaient du tort. Elle tenta de fuir à toutes jambes, mais ce fut sans compter les oiseaux, qui volaient désormais sauvagement autour d’elle, certains passant si près qu’elle les effleurait, d’autres allant jusqu’à tenter des coups de bec, des coups de serres. Elle subit quelques plaies douloureuses mais pas grave, poursuivant sa course folle vers les frondaisons de la forêt d’Emeraude, qu’elle parvint à atteindre. La menace des oiseaux, plus gênés par les troncs des arbres qu’à l’air libre, se fit moindre, même si elle n’avait pas disparue, et qu’ils volaient toujours autour d’elle, menaçants. Avait-elle signé son salut, en s’enfuyant dans ces bois dangereux, ou son arrêt de mort ? Sitôt fut-elle sous le couvert de la canopée qu’une créature inattendue se dressa, furieuse et imposante, devant elle. Une créature aussi grande qu’un ours, dont elle semblait avoir le corps, mais avec une curieuse tête et de curieuses pattes : celles d’un aigle gigantesque.

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    Il grognait, dressé sur ses pattes arrière, à regarder Yurlungur avec l’évidente attention de la tuer, de la dévorer. Était-elle condamnée ? Une chose était notable, cependant : Nastya ne l’avait pas suivie dans sa course furieuse. Et elle n’avait pris aucune flèche supplémentaire de la part d’Elisha’a. Un signe ?

    Derrière, dans la clairière où trônait, majestueuse, la propriété des d’Omble, Elisha’a s’était tournée vers Azra avec une colère évidente dans le regard. Arc bandé, flèche encochée dirigée vers la liche, elle lui intima, sèche et glaciale :

    « Faites cesser cela. Tout de suite. »

    Nastya, elle, s’était effondrée aux côtés de Talia, farfouillant dans son sac comme pour trouver quelque chose pour l’aider, pour la sauver. La harpie était aux portes de la mort…


Treeof – Abords directs. (Kiyo, Sirat, Daemon, Sibelle, Xël)

    Sibelle ne reçut pas bon accueil de la part des soldats d’Arothiir lorsqu’elle tenta d’approcher encore le prisonnier. Un des soldats s’étant approché pour la tenir éloignée s’exprima avec mécontentement :

    « Tu lui donneras que dalle ! »

    Lorsqu’elle lui tendit les plumes, le même soldat frappa ses mains elfiques du plat de sa lance, forçant l’elfe à lâcher son trésor sans avoir pu le confier au loup. Mais lorsqu’elle pencha son regard vers Bortë-a-Tchino, elle vit que son regard s’était relevé vers elle, et allumé d’une nouvelle lueur combattive. Une étincelle flamboyante mêlant rage et détermination. Il était faible, certes. Blessé et défait, mais sa volonté s’était embrasée d’une nouvelle force.

    Sirat, sur sa tour, chevauché par le fier et déterminé Astidenix, ne parut pas réussir ce qu’il entreprenait. Son discours envers le garde-du-corps de la Reine ne parvint qu’à énerver celui-ci encore plus, sans qu’il daigne lever les yeux vers les cieux. Sans que l’humoran puisse se dégager, l’homme pâle le percuta de nouveau de son poing ganté d’acier, une nouvelle fois en pleine face. Sirat sentit presque sa mâchoire se décrocher. Si elle ne fut pas brisée, ce ne fut que par chance. En lieu et place, comme pour faire taire cet insatiable bavard, il la lui déboita, douloureusement, avant de s’écrier :

    « C’est vous ! C’est vous le traître, le parjure. Vous le méprisable. Jamais ser Kiyoheïki ne s’attaquerait à la Reine. Jamais ! »

    Ces paroles sonnèrent comme une sentence implacable, un appel du Destin. Ce qui suivit en était-il la conséquence directe ? Car si la magie de l’humoran avait failli, celle d’un autre pulsait l’air avec force. Xël parvint à faire cesser son tourbillon, qui alla decrescendo en passant de la tornade à de simples bourrasques où les harpies, toutes autant qu’elles étaient, parvinrent à se stabiliser dans les airs. Sable, bien que défaite par la douleur et le sang perdu, Guigne, dont la brume noire s’était évaporée d’autour elle, Jess, implacable et impérieuse. Même la Reine Sheeala d’Argentar, tenant toujours bon entre ses serres un Kiyoheïki qui venait de faire appel à la puissance de ses fluides… Au-dessus de toute cette tourmente, même Daemon s’en était tiré. La rune qu’il avait serrée en sa main, contre la plume de l’une des trois d’Arothiir, eut un effet pour le moins surprenant. Dans son dos se mirent à pousser des ailes. Des ailes larges et imposantes, majestueuses, formées de plumes noires comme la nuit.

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    Intuitivement, il en battit pour se sauver et escalader le dernier courant ascendant du sort désormais passé de Xël. Mais sa peine n’était pas finie. Loin de là, même.

    Ce dernier courant ascendant, c’est celui dont s’empara la magie de Kiyoheïki. Fut-ce le reflet de sa panique, de sa colère, de la tension qui régnait en ces lieux, mais la bourrasque d’air se changea avec puissance, et sous l’impulsion magique du semi-elfe, en une immense langue de flammes destructrice qui s’en alla lécher tout ce qui l’entourait. Une véritable tempête de feu, aussi brève que destructrice, s’empara des cieux de Treeof. Toutes les créatures volantes en payèrent le prix instantanément : le feu les frappa avec une chaleur violente qui suffit à embraser les plumes de toutes les harpies… Et des nouvelles ailes de Daemon. La Trinité et la Reine ne demandèrent pas leur reste : hurlant de douleur, elles filèrent en volant vers les eaux du lac, survolant la ville comme des étoiles filantes, emportant avec elles l’être à l’origine des flammes, Kiyoheïki. Elles plongèrent dans les eaux noires nocturnes pour éteindre le brasier qui les consumait… Le semi-elfe, qui avait été épargné par les flammes, avait été balloté jusque-là et plongé dans le glacial liquide, d’où émergèrent les formes silencieuses des quatre harpies, debout et fermées, se scrutant l’une l’autres avec sévérité. Le scrutant lui.

    Si Daemon voulait éteindre les flammes qui le dévoraient, il devrait faire de même et les rejoindre… Ou trouver un autre moyen d’ôter le feu de ses nouvelles ailes sombres avant de les perdre et de s’écraser au sol, ou de tout simplement cuire dans les cieux.

    Mais le feu n’avait pas qu’allumé les cieux : les palissades de bois de Treeof étaient autant de torche illuminant la nuit, désormais. Une enceinte qui finirait par se consumer, disparaitre. Une barrière de feu qui força les végétarien à se replier avec panique en s’en écartant, enfermant Xël et Sibelle hors de l’enceinte de la ville : la porte avait elle aussi pris feu. Et au-dessus des tours non moins enflammées qui cernaient ces portes, Astidenix dut abandonner sa cible, Sirat, pour se relever et faire le constat qu’ils étaient tous les deux prisonniers d’une tour incendiée, dont la seule issue serait le feu… ou le vide.

    Sur les abords de la cité, face à Sibelle, l’embrasement eut un écho particulier. Comme en réponse à la flamme dans les yeux de Bortë, les cieux s’étaient embrasé, et la cité de bois ensuite. Et la ferveur du loup avait alors fini de s’éveiller : avec fureur, il hurla, bandant ses muscles meurtris pour se défaire de ses chaines. En vain, pour l’instant, mais au moins parvint-il à se lever furieusement et à malmener ses trois gardiens qui fort que les chaines qui le maintenaient au sol passèrent d’entraves à armes. Il envoya bouler deux des trois gardiens, et le troisième rencontra un sort plus funeste encore : la chaine qu’il tenait fit le tour de son cou et Bortë, tirant dessus comme un forcené, parvint à briser la nuque de son tortionnaire. Un appel à la bataille, au combat. Un appel à la liberté. Chaque carnivore présent se démena pour se libérer mais… sans aide, c’était peine perdue : les piques d’Arothiir s’approchaient déjà d’eux tous. Elles s’approchaient de Bortë pour mettre fin à ses jours. Elles s’approchaient de ses pairs enchainés, se débattant furieusement. Et subitement, elles ne firent plus attention à Sibelle, qui eut tout le loisir d’œuvrer librement.



[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (tueur de cauchemar).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (fuite) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (sort) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (tentative de sauvetage de Sable).
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (rune) + 0,5 (bonus longueur).
Kiyo : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de se libérer de l’étreinte) + 0,5 (sort) + 1 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de don de plumes) + 0,5 (discours) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 29 Avr 2018 10:16 
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Les vents tourbillonnant s'amoindrissent, permettant à tous les êtres volants de se stabiliser lors d'une dernière rafale montante. Entre mes paumes, mon fluide pulse avec plus de force et de violence que prévu. Est-ce du à mon état tourmenté ? Mon manque de pratique ? L'illumination censée être protectrice et agréable échappe à mon contrôle. Loin de la douce lueur de la lumière, c'est la sauvagerie des flammes qui se manifeste. Lorsque je comprends ce qui va se produire, il est trop tard. Un embrasement aussi puissant que soudain m'environne, prenant pour cible toutes les personnes présentes dans les airs. Des cris se font entendre alors que le plumage des harpies devient la proie de flammes. Interloqué, je suis entrainé par la Reine à toute allure en direction du lac, non sans voir... Que l'incendie s'est mis à dévorer la palissade de bois. Mon coeur cesse de battre un instant devant le chaos que j'ai créé. Certes, ces défenses me chagrinaient, symbole de la séparation forcée entre Végétariens et Carnivores, mais jamais je n'aurais cru être cause de leur destruction. Pas comme cela. Pas comme le plus cruel des barbares...

Un contact froid coupe ma respiration alors que, dans le mouvement des harpies, je suis projeté dans le lac assombri par la soirée. Passant sous la surface, je perçois le choc de mon arme contre le fond. Mon dos s'y repousse et d'un mouvement, j'émerge de l'élément liquide m'arrivant bien à l'abdomen. Mes yeux violets accrochent brièvement ma sacoche flottant entre deux eaux, et ne peuvent que constater les regards lourds de sens posés sur moi. Même la Reine a l'air de m'en vouloir.

"Je n'ai jamais voul..."

Mes mots meurent dans ma gorge quand je prends conscience de leur inutilité. Peu importent ou importaient mes intentions ou encore le fait que ce soit un accident, et l'éclat lumineux perceptible même depuis le lac me le rappelle douloureusement. Je me suis comporté en imbécile irréfléchi. Tout ce que je reprochais aux yuiméniens, comme de n'en faire qu'à leur tête, d'être dangereux pour le peuple Pâle ou d'user de leurs pouvoirs sans discernement... Je viens d'en faire une exacte démonstration... Moi qui suis fier de me considérer comme l'ami des Pâles, je ne vaux au final pas mieux que... qu'un simple étranger. La sensation honnie d'échec m'enlace de ses hideux bras, enserrant ma poitrine et mon âme dans un étau répugnant. Ma tête s'abaisse d'elle-même en une posture humble et honteuse envers ces Dames puissantes.

Lorsque je la relève, mon regard glisse de l'une à l'autre et en particulier sur leurs plumes roussies ou brûlées, jusqu'à ce que j'aperçoive une trace sombre sur le cou de Dame Sableviss. Une harpie blessée à la gorge. Ma mâchoire se serre, laissant malgré moi filer un nom, comme un souffle perdu, dans l'ambiance sombre.

"Talia..."

Je veux la voir. J'en ai besoin pour... Je... Je dois savoir. Mais... Mais je ne peux pas me permettre de passer pour un couard en fuyant les conséquences de mes actes. En temps normal, j'aurais peut-être confronté le Trio à ce plan exposé par l'archère, à ma pensée sur ce renversement de la Reine, à leurs intentions concernant les hommes-animaux. Mais pas maintenant. Pas dans cet état. Pas pendant que des flammes menacent de dévorer les lieux.

Fronçant douloureusement les sourcils, j'avise mon bagage, l'attrape et en fouille le contenu. J'en extirpe ma grande gourde magique et le sac hermétique contenant mes bandages propres. Ma voix s'élève de nouveau, mes propos s'adressant à tout le quatuor.

"Quelle qu'en soit la nature, j'accepterai votre sentence pour mes actes."

Débouchant la gourde, je songe à l'un des puissants liquides curatifs qu'elle contient. Je me souviens qu'ils sont étrangement moins efficaces sur Aliaénon, mais conservent des propriétés cicatrisantes et désinfectantes. J'en verse le contenu sur une poignée de bandes blanches.

"Mais pour l'heure..."

Je fais quelques pas dans l'eau et tends humblement les pansements à la harpie blessée, me contentant de lui offrir un regard inquiet, et surtout désolé. Jamais je n'ai voulu les voir souffrir, quand bien même leur projet et les moyens de le mettre en œuvre me hérissent. Même si elles me détestent ou m'ont pris pour un imbécile, elles font partie de ce peuple que je chéris autant que le mien.

Si seulement elles avaient autant d'affection pour toutes les facettes de leur peuple que pour le pouvoir, elles feraient des dirigeantes exceptionnelles...

"Treeof a besoin de... De tous les bras disponibles pour enrayer l'incendie avant qu'il rase la cité. Est-il possible d'organiser vos troupes en ce but, puissantes Dames ?"

J'aurais aimé plaider en faveur des Carnivores au passage, mais je sais déjà en demander beaucoup. Malgré tout ce qui vient de se passer, elles conservent un ascendant certain. Une cité, majoritairement de bois, peut se reconstruire. Mais si elles laissent la catastrophe dont je suis responsable anéantir la Capitale, elles enverront à la face d'Aliaénon le message qu'elles se moquent bien de ce qui peut arriver à leurs sujets. Ce ne serait pas le plus intelligent à faire, sauf si... Oui. Elles peuvent retourner cela à leur avantage encore une fois. Elles peuvent très bien laisser cela se faire et m'imputer la destruction d'une ville et le trépas en conséquence de tous ses occupants. Elles n'en sont plus à une demie-vérité près, après tout. Si cette théorie m'aurait révolté quelques heures plus tôt, je n'ai pour le moment pas la force de m'en offusquer.

De mon côté, je pense pouvoir trouver une dernière fois l'énergie de donner corps au Dragon. Ce dernier, couvert de cette eau glacée, ne devrait pas avoir de problème à étouffer les flammes de son corps d'écailles. Ou à abattre les palissades dans la terre extérieure pour endiguer la propagation de l'incendie.

Quoi qu'il en soit, en tant que responsable direct ou indirect de toutes les catastrophes frappant Treeof depuis la venue des yuiméniens, je ne peux qu'agir pour expier mes fautes et réparer toutes mes erreurs. Redoutant un peu de le faire, le canalise pourtant ma magie en cherchant à me détacher de tous ces sentiments obscurcissant ma vue. S'il le faut, si c'est là ce que ce monde attend, le Dragon s'y attellera jusqu'à la fin. Et sans doute seul.






- Utilisation d'une grande potion de soins sur une poignée de bandages pour Sableviss

- 1 041 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Jeu 10 Mai 2018 11:42, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 29 Avr 2018 11:40 
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...

Sa fuite eut l'effet escompté sur les insectes qui grouillaient au sol et qui avaient tenté de l'escalader, de la mordre et de la piquer. Ses protections de cuir, heureusement, avaient empêché cela et sa vitesse était suffisante pour qu'aucun autre ne parvienne à lui monter dessus pendant sa course effrénée : derrière elle, elle n'entendait pas davantage de bruits de course qui la suivaient - mais si une flèche arrivait, d'un seul coup ? Si l'archère décidait de l'éliminer définitivement ?

Il était déjà impensable qu'elle ait raté son tir la première fois. C'était qu'elle avait visé l'épaule... Peut-être ne s'attendait-elle pas à une telle résilience de la part de Yurlungur, cherchant seulement à la mettre hors d'état de nuire sans la tuer, comme elle l'avait fait avec les Carnivores. Un tel retournement de situation laissait la jeune fille stupéfaite, ébahie, l'envahissant d'un douloureux sentiment de trahison. Le même qui, sûrement, avait déjà étreint Kiyoheïki tout à l'heure, lorsqu'il l'avait vue aux côtés d'Elisha'a. Les remords de l'assassine montaient, à présent, déferlaient en elle, implacables. Elle l'avait trahi, pour rien. Et elle avait tué Talia, celle qu'il aimait et qu'il voulait ostensiblement protéger...

Soudain, un oiseau lui fondit dessus pour la piquer de son bec. Elle sursauta et fit un pas de côté dans sa course : rapidement, l'agresseur fut rejoint par d'autres rapaces nocturnes qui tentaient de la blesser, de leurs serres et de leurs becs, sans énormément de succès. Ici et là, elle se faisait légèrement taillader et un peu de sang coulait, mais elle en avait vu d'autres : la plus grande douleur venait par ailleurs de l'épaule et ce que ces volatiles y ajoutaient n'étaient qu'une gêne. Sa tristesse, peu à peu, se muait en colère sourde et froide, exacerbée par ces coups multiples, et mêlée à ces regrets qui n'en finissaient plus.

Préférant se mettre à l'abri, se cacher et échapper à ces oiseaux, elle fonça jusqu'à l'orée de la forêt où elle se réfugia, sous le couvert des branches et de la densité de la flore. Là, ils hésitaient à la suivre, restant non loin autour d'elle, mais visiblement gênés par l'environnement nouveau. Et s'ils s'approchaient, à présent, elle pourrait en attraper un pour lui tordre le cou, maintenant qu'elle ne courait plus... S'arrêtant dans sa course, elle reprit son souffle après avoir vérifié qu'on ne l'avait pas suivie, essayant - enfin - de comprendre un peu plus. Ces oiseaux, était-ce une manifestation de la colère de la nature après la mort de la harpie ? Un maléfice de l'archère ? Mais cela n'expliquait pas les larves et les insectes qui avaient grouillé. Il y avait quelque chose d'étrange, là-dessous... C'était peut-être ce mage, “Mort-qui-marche”, comme Elisha'a l'avait appelé, le mystérieux Azra... La magie était incontrôlable en ce monde, après tout.

Mais elle n'eut pas davantage le temps de se laisser à des considérations hasardeuses qu'une silhouette massive se dressa devant elle. Elle fit quelques pas en arrière, fronçant les sourcils face à cette apparition. C'était une sorte d'ours, et la bête en avait la carrure et le corps, couvert d'une fourrure brune, mais il portait un bec d'aigle en plein milieu du visage et arborait de dangereuses serres à la place de griffes. Malgré la faible visibilité, elle voyait distinctement tous ces détails dans l'obscurité : et il était tout entier tourné vers elle, grognant. Elle était sa cible. Conséquence du même maléfice depuis tout à l'heure ou simple bête sauvage en quête d'un repas ?

Mais elle n'avait plus à se préoccuper de ce qui pourrait venir de derrière elle. Personne ne l'avait suivie, comme elle l'avait constaté : il lui faudrait toutefois prendre garde à ne pas traîner ici trop longtemps, si elle ne voulait pas être retrouvée trop facilement. Et puis, une curieuse motivation la déterminait à présent : celle de ne pas retomber dans les griffes de l'Ombre ce qui, elle en était à peu près certaine, serait bien plus dangereux pour elle que cette bête-là.

La flèche de l'Ombre était toujours plantée dans son épaule, offrant un point d'accroche bien trop évident pour un coup puissant : relevant sa main gauche pour en saisir la partie la plus proche de la chair, faisant fi de la douleur qui se propageait, elle cassa l'embout de la flèche et la laissa tomber au sol. Il y avait toujours une longueur suffisante pour pouvoir retirer la flèche plus tard, mais au moins, elle n'aurait pas tant à prendre en compte cet élément perturbateur dans ses tentatives d'esquives des coups de la bête.

Avec une seule dague en main droite, l'autre bras laissé pendant puisqu'inutilisable, elle s'était courbée en avant, faisant le dos rond, feulant et grognant, adoptant la posture d'un fauve sur le point de passer à l'attaque. Dans son cas, ça ressemblait plus probablement à un chat des villes, mais qu'importe : elle n'espérait de toute façon pas que cet être, mi ours, mi aigle, ne soit impressionné par son adversaire. Au contraire : elle essayait de le provoquer, montrant ses dents et grondant pour attirer cette bête à l'attaque.

Elle n'avait pas le choix. Si elle essayait d'attaquer la première en s'approchant, son allonge était trop courte et la bête aurait le temps de l'éjecter d'un coup de patte avant qu'elle-même ne touche. Il fallait en revanche la pousser à attaquer la première, exacerbant ses sens pour se préparer à la future attaque et l'éviter, afin de contre-attaquer aussitôt, profitant de la proximité offerte au corps de cette étrange créature.

Quant à l'angle d'attaque, elle avait déjà sa petite idée. Un ours, c'était comme un gros chien, et ceux-ci avaient un bon flair, mais cet être-là était dépourvu de toute truffe, portant seulement le... “nez” d'un aigle. En revanche, les aigles et la plupart des rapaces volaient haut dans le ciel, aussi supposait-elle que leur sens premier était la vue - une théorie qu'elle allait pouvoir tenter de corroborer par un test à l'instant, si le destin le lui permettait. Il suffirait donc de percer ces petits yeux pour rendre son adversaire, sinon inoffensif, au moins incapable de la viser correctement. Et alors, ce serait un jeu d'enfant de l'abattre et de poursuivre sa fuite... L'essentiel était que cela soit rapide : et un seul des deux suffirait, offrant déjà à l'assassine un grand choix d'angles morts à partir desquels attaquer.

Elle espérait donc une attaque de ce bec menaçant. Si c'était l'une des serres qui s'abattait, c'était un peu moins pratique, mais elle parviendrait quand même en tendant son bras à atteindre l'un des deux yeux au moins, à vue de nez.

Elle grognait donc, provocatrice, s'attendant d'un instant à l'autre à une attaque de ce monstre déjà passablement agressif. Et elle préparait son coup, préparait son esquive, prête à se protéger, dans un cas extrême, avec son bras gauche - il fallait absolument garder le droit intact. Prête à frapper et à tuer.


(((1000 mots
utilisation de la CC contre-attaque fatale : L'ennemi se retrouve sans défense après que l'utilisateur de la CC ait tenté de parer son coup. Ainsi, l'utilisateur en profite pour plonger dans la garde ennemi avec sa ou ses armes SA de façon très rapide pour toucher des points relativement vitaux de l'adversaire. La CC survient alors toujours après l'action de l'ennemi quoi qu'il arrive. (For+2/lvl, Esquives AA et SA+1/lvl sur le coup AA ou SA adverse pour le tour en cours. S'il n'attaque pas : for+1/lvl seulement)
(en tentant néanmoins d'esquiver plutôt que de parer, pour l'occasion)
vise l'un des deux yeux de la créature)))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Mar 8 Mai 2018 18:21, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Treeof
MessagePosté: Dim 29 Avr 2018 11:49 
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L’accalmie apparaît dans le ciel, permettant aux harpies de se stabiliser. Je pousse un soupir de soulagement, aucune ne s’écrase au sol. Ce soulagement laisse place à la surprise quand j’aperçois deux ailes noires apparaître dans le dos de Daemon, celui que je pensais voir s’écraser au sol. Puis la surprise disparait face à l’effroi. Une langue de flamme se forme, un éclair rougeoyant fouette tous ceux qui se trouvent là-haut. Les plumes s’embrasent. Je retiens mon souffle en entendant les hurlements des harpies qui se précipitent vers l’intérieur de la cité, probablement vers le lac pour ne pas finir calcinées. Ce n’est que quand elles quittent mon champs de vision que je remarque le pire.

Chassant l’obscurité de la nuit, les palissades ce sont transformés en torche, brûlants avec virulence et éclairant les environs d’une lueur chaotique rouge et jaunâtre. Paniqués, les végétariens s’enferment à l’intérieur avant que la porte ne s’enflamme à son tour. A cette vitesse, toute la ville finirait par s’embraser.

Je ne suis pas le seul à me retrouver coincé à l’extérieur. Sibelle, l’amie de Sirat est là aussi. Face à un homme loup qui se débat pour se défaire de ses chaînes en hurlant. Son action redonne courage et combativité aux autres carnivores qui se débattent à leurs tours tandis que les soldats d’Arothiir s’approchent pour tuer cette révolte avant qu’elle ne commence.

" Non… Non, non, non, non, non… "

Répétais-je sans cesse en m’approchant, pressant le pas jusqu’à courir pour me retrouver au niveau de Sibelle.

" ARRÊTEZ ! "

Je crie de toutes mes forces pour éviter le pire qui est à deux doigts de se produire, n’osant pas m’approcher plus au risque de prendre un coup de lance.

" Nous avons besoin de bras pour éteindre l’incendie avant que toute la cité ne parte en fumée !"

Je continue de hurler pour me faire entendre malgré les cris de guerre des prisonniers.

" ÉCOUTEZ-MOI ! "

Je hurle à m’en briser la voix. Un incendie est la pire des choses pour une cité. Imprévisible, rapide, destructrice. Si nous ne mettons pas de côté ces querelles, les conséquences en seraient catastrophiques.

" ECOUTEZ MOI ! Aucun de vous n’est venu récupérer une cité en cendres ! Faites une trêve ! Libérez les prisonniers ! Agissons ensemble pour empêcher l’incendie de brûler la cité et les bois. Si ça arrive nous serons tous morts ! TOUS ! "

Je sens les larmes couler de mes yeux. Impossible de les retenir.

" Soyez raisonnable ! Je vous en prie ! Éteignons ces flammes et discutons ensuite d’une solution à tous vos problèmes avant qu’il ne soit trop tard ! Avant que les maisons ne brûlent, que les habitant suffoquent."

Je me tourne vers le brasier qui prend de l’ampleur chaque seconde.

"Nous devons entrer et former une chaîne jusqu’au lac. Nous sommes assez nombreux ! "

Je me dirige vers les portes, grimaçant face à la chaleur. Je devais trouver un moyen d’entrer. Balayer les portes d’un souffle est trop risqué, je mettrais le feu aux maisons autour. Impossible d’ouvrir les portes alors qu’elles sont en feu et ce serait trop long d’attendre qu’elles s’éteignent. Réfléchir, je devais réfléchir. La magie, il n’y avait que la magie comme solution. Malgré le risque je devais user de ma magie du vent. Ma magie de l’air. Les mots du vieux mage d’Oranan résonnent dans mon crâne. Je ne contrôle pas simplement le vent, je peux contrôler l’air. Je dois saisir la nuance. Une image très nette se forme alors dans mon esprit. Celle d’une lampe à huile qu’on éteint en posant une cloche dessus. C’est comme une énorme secousse à travers moi. Est-ce que c’était possible ?! D’étouffer les flammes en la privant d’air ? Une vive excitation circule dans tout mon corps. L’image de Méli éteignant une bougie sans provoquer de fumée en posant un verre dessus. Nuit après nuit quand je n’étais qu’un gosse.

J’essuie mes larmes, retrousse mes manches. Dresse mes bras vers les portes, les mains ouvertes. Je me concentre sur cette partie de la palissade pour augmenter mes chances de réussir. Ce n’est qu’une bougie. La porte est une bougie. J’imagine nettement une cloche en verre se poser dessus. Je peux la voir, reflétant le rouge vacillant des flammes aux alentours. Je vois les flammes de cette bougie rebondir contre les parois comme pour tenter de la briser ou tenter de s’en échapper par en dessous avant qu’il ne soit trop tard.

Je me concentre pour vider cette cloche imaginaire d’air. Privant ce monstre infâme d’oxygène. Moi contre ce monstre aux centaines de bras brûlant. Je devais le vaincre en l’étouffant. La bougie, le verre, le manque d’air, la porte en feu, mon esprit, le manque d’air. Le résultat est le même. Ce monstre doit étouffer pour qu’on puisse ouvrir les portes.

Je me concentre pour aspirer l’air autour des portes afin d’éteindre les flammes et lance mon sort, cela devait marcher, nous devons sauver cette cité !

((830 mots. Tentative d'apprentissage du sort Manque de souffle : L'aéromancien aspire quelque peu l'air des poumons d'une cible qui a alors des difficultés à respirer. La cible a aussi du mal à bouger. init-0,5/lvl et maîtrises et esquives-1/lvl durant 2 tours. (Ne fonctionne pas sur les créatures ne respirant pas par les poumons - Mort-vivants, machines, aniathy,... ) sur les portes pour étouffer les flammes. Si c'est possible d'utiliser ce sort de cette façon sur Aliaénon :p ))

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