L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 9 Mar 2018 09:30 
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C'était sur le point de marcher. Elle le voyait : dans leurs yeux, dans leurs expressions, qui indiquaient nettement que ses mots avaient touché juste, dans le cœur de ces braves hommes-bêtes qui s'étaient si longtemps tenus loin de leur foyer. Elle s'imaginait déjà victorieuse, d'ailleurs - et cette esquisse de sourire satisfait, au coin des lèvres, aurait pu la trahir si quelqu'un l'avait remarqué. Mais toute trace de contentement disparut de son visage lorsqu'elle entendit Börte prendre la parole, imprudemment. Son ton était assuré, ou plutôt, battant sans être certain de sa future victoire. Yurlungur le sentit mal, aussitôt - il n'était pas assez démoralisé, lui, à qui elle n'avait pas explicitement adressé son discours précédent. D'ailleurs, il était probablement quasi immunisé à ce genre d'arguments, connaissant le caractère de l'homme-loup.

Et sa prise de parole à lui ruina toute la sienne. Une trentaine de secondes suffirent, pendant lesquelles la jeune fille, impuissante, écouta le chef des Carnivores expliquer à ses troupes qu'elles devaient se battre jusqu'à la mort contre les Harpies et leur armée - allant jusqu'à considérer, hélas, que celles-ci étaient plus leurs ennemies que les Végétariens qui les avaient chassés.

Au moins fut-il bien mal avisé de retirer aussi brusquement la flèche de sa jambe. Avec un peu de chance, une hémorragie se déclencherait, s'infecterait, et débarrasserait Yurlungur de cet électron libre qui, finalement, faisait exactement le contraire de ce à quoi elle s'attendait.

En vérité, elle aurait pu s'y attendre, songea-t-elle alors que les Carnivores chargeaient, la dépassant de tous côtés, elle n'avait simplement pas remis en doute sa propre capacité à les arrêter le moment venu. Elle regardait la scène qui avait déjà dégénéré et qui, de façon claire, sortait complètement désormais de son domaine de compétence. les flèches tombaient par dizaine sur la troupe qui chargeait et ces assassins venus du ciel éveillaient au fond d'elle une terreur qu'elle ne contenait qu'avec appréhension. Quand bien même elle aurait pris part au combat, faisant fi de toute mesure, contre qui se serait-elle dirigée ? Le conflit, même s'il se résolvait ici par la victoire de la Trinité, était loin d'être apaisé, et ses employeuses auraient besoin par la suite d'un agent infiltré au sein des Hommes Pâles de la Forêt pour pouvoir influencer au mieux leurs décisions. Se griller maintenant en s'en prenant aux Carnivores était peu rentable, d'autant qu'elle doutait de sa capacité à influer fortement sur le cours de la bataille qui virerait rapidement au chaos. Et s'en prendre aux soldats d'Arothiir, c'était hors de question.

Seul Celemar restait pantois à côté d'elle, mais son frère avait déjà chargé, furieux, prêt à assassiner cette archère de marbre qui avait officialisé la trahison d'Arothiir. Yurlungur se précipita donc dans les bras du jeune frère Dongo, s'agrippant à lui et gémissant d'une voix qu'elle voulait, sinon terrifiée, au moins angoissée, dans le besoin d'une figure protectrice :

« Celemar, Celemar ! Que... fait-on ? J'ai si peur... »

Elle se forçait à haleter, continuant à garder un œil sur l'affrontement au corps à corps qui se préparait. Ce n'était pas si dur à jouer, cela : l'appréhension de l'issue de cette bataille, l'échec de son plaidoyer, tout cela faisait peser sur ses épaules une tension forte, qui se libérait un peu par cette étreinte forcée avec l'archer.

Et puis, si elle pouvait en sauver un du massacre, l'empêcher d'aller rejoindre son frère dans la tombe...


(((500 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Ven 16 Mar 2018 09:10, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 9 Mar 2018 11:00 
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Une fois de plus, mon sort ne fait pas exactement ce que j'avais visualisé. Une fois perché si haut, le vent qui me rendait plus léger semble s'inverser et m'attire vers le bas, provoquant un choc douloureux entre mes fesses et le sol. Je jure allègrement en me frottant le derrière. Si la magie a une conscience, elle est en train de se moquer de moi. Je me redresse en serrant les lèvres, feintant face à mes adversaires que tout est sous contrôle.
D'ailleurs, je remarque qu'Astinedix semble libéré du maléfice car il charge avec vigueur le groupe d'hommes bête. Son action donne du courage à Nastya qui, elle aussi, se jette dans la mêlée bouclier en avant, laissant un répit à la reine et son protecteur.

Face à moi, Loeding avance toujours avec ses compagnons. Je devais agir avant qu’ils me mettent en pièces. J'aperçois alors, loin derrière eux, la masse titanesque vaciller, comme si son pied tombait dans un trou. Toujours harcelé par les harpies, il semble sur le point de tomber, il ne manquait qu'un petit coup de vent.

Je lance un regard désolé à Loeding tout en affirmant ma prise sur mon arme. Je me souviens de sa capacité, augmenter la puissance du vent. J'allais en avoir besoin, je ne serais pas tendre.

Je rassemble ma magie, me concentre une fois encore pour un sort que j'ai réussi plusieurs fois. J'ai compris que le vent venait de moi, inutile de m'imaginer en train de le rassembler dans le ciel. C'est autour de moi que le flux d'air se rassemble, tourbillonnant autour de mon corps pour se compresser de plus en plus autour de mon bras, façonnant à mon poignet une petite tornade bien visible. J'adresse un dernier regard à l'homme-chouette, l'implorant de reprendre ses esprits et de s'écarter avant qu'il ne soit trop tard.

Je lutte ensuite contre l’air alourdi par mon sort, levant mon bras pour faire un mouvement ample du bâton de l'ouragan, libérant la magie tournoyante autour de ma main, la laissant suivre mon arme pour souffler sur le champ de bataille, balayant mes assaillants pour se précipiter vers le titan déséquilibré en soufflant tout sur son passage. Le vent se rassemble alors comme les autres fois et s’élève pour frapper avec violence le visage du titan et lui faire perdre définitivement l'équilibre comme si mon arme frappait directement son visage.

L'esprit clair, le corps prêt, mon sort est distinctement dessiné dans ma tête alors que je m'apprête à le lancer. Je n’ai même plus besoin de fermer les yeux. Je vois la voie que ma bourrasque doit suivre pour faire mouche comme si la magie elle-même me l’indiquait en grisant dans mon regard la zone qu’elle ne toucherait pas. Une sensation nouvelle, une nouvelle étape dans le contrôle de mon don. De sort en sort, j’apprenais à me connaître, à la connaître. Une magie du vent, une conscience à part entière avec qui je dois communiquer, me préparer, faire des compromis pour progresser à chaque instant.
Déterminé, revigoré par ce nouvel état de conscience je lève mon pied, dresse mon bâton et frappe le champ de bataille avec vigueur pour faire tomber le titan.

((530 mots. Tente de lancer le sort Vents infernaux : Invoque des vents relativement puissants qui frappent une cible avec violence. Plus le lanceur de sort est puissant, plus les vents sont forts. (mag+1/lvl.) ))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 10 Mar 2018 02:16 
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Attiré par une aura déclinante qui pulsait en contrebas, le corps spirituel de Daemon plongea en direction du champ de bataille. L’espace glissa sans résister ; s’étirant en longues raies lumineuses. Tout était facile sous la forme de fantôme. Pour se déplacer, il suffisait de penser, de voir, de désirer l’endroit voulu pour se l’approprier. Sa vision était périphérique et profonde, car elle embrassait la lumière, mais aussi la matière environnante. Il percevait aussi bien le dedans que le dehors, mais surtout la chaleur, l’énergie et la vie ; ce souffle qu’il n’avait pas et qu’il distinguait très nettement ; en être froid, il convoitait maladivement toute ces lueurs iridescentes.

Il s’introduisit aisément dans le corps affaibli. Mais la chute parut durer… longtemps. Alors qu’il s’attendait à pénétrer un espace restreint, occupé par quelques vestiges d’une vie qui périclitait ; il sombra dans un espace noir et immense… une âme perdue, flottant dans un océan d’obscurité.

Au loin, une lueur apparut. Comme une étoile.

Un murmure retentit alors dans le lointain, comme le son d’une cloche d’un autre continent. Le murmure ne discontinua pas, il monta progressivement en gammes plus graves et vibrantes, et il déferla à la façon d’une vague en amenant avec lui la lumière. Un monde entier défila devant les yeux ébahis du semi-elfe. Des formes saturées s’entrechoquèrent. Des couleurs qui s’entredévoraient. L’espace explosait à l’infini, déployant nébuleuses sur nébuleuses, sans laisser de place aux frontières sombres de cet univers.

Pourtant, paradoxalement, c’est au moment où Daemon rencontra l’âme pure de son hôte, et la déflagration sensorielle qui l’accompagnait, qu’il réalisa les limites de cet être. Il fut repoussé dans ses retranchements, comme écrasé contre le mur de cet esprit. Cette âme séculaire qu’il côtoyait dans la plus intime des promiscuités, était terriblement ancienne et puissante. Ses pensées essoufflées étaient simples et presque inconscientes, et résonnaient pourtant avec la force d’un orage. Daemon reconnu l’identité de son hôte sans difficulté : il s’agissait de la reine de Treeof et du Royaume Pâle, la harpie qui venait d’essuyer un combat de deux jours et deux nuits : Sheeala d’Argentar.

Un soupçon de détresse fut alors formulé par sa voix intérieure. Sheaala réclamait des soins pour retourner au combat. La Démone était trop puissante pour que quiconque ne puisse la vaincre, à part elle. Sa volonté souffla la présence du semi-elfe, dont elle ne devait même pas avoir confiance. Il se senti se déliter, être progressivement déchiré, sous peine de se faire incorporer et disparaître.

Coup du sort, une faille finit par l’expulser de ce désastre. Son âme fut expulsée sous la pression. Daemon voltigea dans les airs, virevoltant au gré du vent. Son enveloppe spirituelle était amochée, comme un drap que l’on eut déchiré. Il réalisait à peine qu’il avait faillit disparaître. Il avait laissé des parties de lui dans la reine, mais il s’était aussi imprégné de sa détresse.

L’issue de ce combat avait pris une valeur nouvelle. Il voulait agir. Il voulait mettre fin aux tourments de la reine et, prenant conscience qu’il pouvait interagir avec les vivants, il tourna vers la lueur troublée d’une obscure noirceur, pour fondre sur elle de la même façon qu’il l’avait fait avec la suzeraine.


-500 mots -

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Dernière édition par Daemon le Ven 16 Mar 2018 00:11, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 10 Mar 2018 02:29 
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~53~



Mon élan me propulse dans les airs avec une facilité à laquelle je me pensais préparé, mes muscles prêts à accomplir ce que je leur demande. La sensation que j'ai oublié un détail me rattrape à l'instant même où je vois Astidenix lever aisément son arme, aidé par le souffle. Une seule main ferme sur la mienne ne suffit pas à interrompre le geste du Général. Un voile me passe devant les yeux, accompagnant un coup magistral au beau milieu de ma cuisse droite. Lancé, je sens mon poing refermé sur la plume parvenir à planter celle-ci avant que l'élan ne me renvoie au sol. La décharge glaciale ressentie en voyant le marteau se lever commence à se dissiper. À sa place, envahissant mon être depuis le point d'impact jusqu'à ma hanche, une douleur sourde manque de me couper le souffle. J'entends mon cœur pulser à un rythme soutenu, camouflant la plupart des bruits proches. Je lève avec inquiétude la tête vers le Pâle, cherchant du regard la trace de mon acte. J'ai à peine le temps de voir la plume coincée dans son équipement que le Général se lance dans une charge vers les végétariens du Ser Dromi, entrainant la guerrière au bouclier dans son sillage.

Mon soulagement est bref, supplanté par le reste de mes sensations. Mon visage se crispe, ma sueur dévale ma peau avec la rudesse d'un lot de griffes. Tremblant à cause du choc, je me réprimande de ma faiblesse ainsi que de mon imprudence et m'efforce de me contrôler pour évaluer ma blessure. Outre la douleur qui m'atteste de sa présence, l'anomalie au niveau de ma hanche ne laisse aucune place au doute : l'os est sorti de son logement. Nulle sensation anormalement chaude ou de réticence exagérée, indiquant que mon fémur a été déplacé sans faire trop de dégâts autour. C'est bien, mais peu. Un maigre soulagement au milieu de ce champ de bataille. Malgré ma capacité à endurer les blessures de différentes natures, celle-la teste allègrement mes limites. C'est déjà un miracle que je n'ai pas tourné de l’œil sur le coup et sois encore en mesure de réfléchir.

Serrant les dents, je tente d'ignorer mon état et de me redresser avec moult précautions, mais à peine ai-je pris appui sur mes membres de gauche et soulevé mon bassin du sol que je suis terrassé par une fulgurante sensation m'obligeant à rester par terre. Comme si mon état ne suffisait pas, j'ai l'impression que le vent à tourné et s'amuse à me plaquer au sol. Basculant sur mon flanc gauche, je cherche à manipuler ma blessure, mais mes connaissances en médecine me martèlent une évidence : avec mon armure sur le dos, les tremblements allant en s'amoindrissant qui me secouent et la crainte instinctive que je n'ai pas encore dominé, je ne suis pas en mesure de remettre l'os en place. Pas seul. Et ici, la situation est trop chaotique pour que quiconque puisse me venir en aide.

Baissant un instant les yeux sur le sol dévasté, ravalant difficilement les paroles dures envers moi-même qui menacent de faire écho dans mon esprit, je ramène puis serre mon arme contre moi. Je ne peux plus la manier efficacement, pas dans mon état. La seule chose qui me reste est ma magie. Passant le revers de ma main sur mes yeux, ôtant cette sueur de mon regard, je finis par me tourner vers la Reine. Elle aussi est blessée et son combat a duré deux jours entiers. Son peuple a besoin d'elle. Il est de mon devoir de guérisseur, d'allié et d'ami de la remettre rapidement sur serres. Je sais qu'Aliaénon rend la magie dangereuse et pourtant je suis persuadé que c'est ma meilleure option.

Résolu, une main placée sur ma hanche pour que la blessure ne s'aggrave pas, je puise dans mes forces et mon entêtement d'ynorien pour ramper aux côtés de la Reine. Si son Général et la yuiménienne ploient, je ne pourrai pas la protéger. Il me faut lui rendre ses forces et qu'elle se protège elle-même. Grognant de douleur, je me concentre sur la lumière qui m'habite, lui retire la cape de Fan-Ming pour ne prendre aucun risque, et place mes mains au-dessus de Sa Majesté. Priant en mon cœur Gaïa de me venir en aide, je songe qu'un soin simple ne lui rendra peut-être pas assez de forces. Je connais un autre sort alliant propriété de fluide lumineux et énergie du lanceur pour en renforcer l'efficacité, mais...

(Le risque est grand, mon Protégé.)

(Oui, j'en ai conscience.)

(Aliaénon peut se retour...)

(Je le sais ! Je comprends votre inquiétude, Okina. Mais vous le savez. Je ne peux me permettre... De ne rien tenter.)

(Un acte par les sentiments dirigé. Les écarter est la voie du Protégé. Seul chemin à suivre pour se relever.)

La voix de la faëra fait écho un long instant dans mes pensées et le message persiste. C'est une idée, mais je veux compter sur mes propres capacités d'abord. Rassemblant ma magie de lumière, je me concentre afin d'y rassembler toute ma volonté de la soutenir et de restaurer ses forces, quitte à perdre les miennes. Toute la zone de ma cuisse me lance atrocement, m'obligeant à tenter d'ignorer tout ce qui m'entoure pour manier mes fluides correctement. Ne pas me laisser distraire. Ne pas penser à la suite. Songer guérison, vie, espoir.

Puissent mes efforts faire revenir Sheeala d'Argentar à elle.




- Utilisation du sort "Guérison harassante" : Sort fort utilisé par les guérisseurs, la guérison harassante permet de soigner plus efficacement que le souffle de Gaïa en utilisant sa propre énergie combinée à la magie lumineuse. Le contre-coup est une courte fatigue envahissant le lanceur (malus d'initiative au prochain tour et encore au tour suivant à haut niveau). Ce sort est utilisable sur un allier ou sur soi-même. PV+3/lvl du sort de lvl 1 à 10 du sort, PV+5/lvl du sort de lvl 11 à 20, PV+8/lvl du sort pour lvl20+ du sort. init-1 tous les 5lvl au tour d'après dès lvl1 du sort, init-1 tous les 5 lvl au deuxième tour d'après dès lvl 5 du sort.

- 906 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Ven 16 Mar 2018 16:28, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 10 Mar 2018 12:32 
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Forêt d’Emeraude – Clairière de l’Obélisque (SIBELLE, Azra, Daemon, Sirat, Kiyo et Xël)

    Maître Corbeau, sur son colosse perché, tenait dans sa paume un fluide obscur. Maître Loup-zombie, par l’odeur alléché, tenta surtout de venir à bout de la carapace métallique. En vain, hélas : la force de Rendrak, même puissante, ne parvint pas à altérer cet exosquelette fait d’un alliage inconnu et visiblement plutôt résistant. Quant à la magie du nécromancien, elle n’eut d’autre effet que d’orner de veines électrisées la lame de l’Obélisque, qui projetait maintenant des éclairs étranges en plus de luire de vert. Au moins parvint-il à se maintenir perché malgré la pesanteur augmentée.

    Sibelle, de son côté, tentait de rejoindre le combat de ses pairs, prisonnière d’une ligne d’ennemis hargneux contrôlés par le pouvoir de l’Obélisque. Mais en ramassant l’arme de son ennemi désarmé, elle s’était exposée aux coups de ses adversaires, qui profitèrent de sa compétence martiale pour lui asséner de nouveaux coups. Oh, certes pas les deux armés respectivement d’une fourche et d’un gourdin, qu’elle défonça littéralement de ses deux lames positionnées pour être non létales. Non : ceux-là vascillèrent sur le sol, étourdis par la rapidité de ses attaques sur leur tronche. Non, en lieu et place, alors qu’elle passait à travers ses ennemis déconfits, elle reçut dans les flancs deux attaques inévitables : celle d’un fléau de bois cerclé de métal qui vint lui percuter rudement la hanche droite, alors que sa cuisse gauche se faisait entailler salement par une hache. Cette double contrainte la força à choir au sol, hanche brisée et cuisse ouvert à sang… Une position peu enviable, car si elle avait défait trois ennemis, deux persistaient encore, et l’attaqueraient bien vite, elle désormais sans défense, au sol et incapable de se relever, accablée par les blessures qu’elle venait de subir.

    Daemon, lui, non content d’avoir voulu pénétrer une reine, décida de réitérer avec l’être le plus puissant de la clairière : la démone géante toute de métal. Un exercice dont même son maître à penser avait eu difficile à s’en sortir indemne. Sitôt son esprit effleura celui de la créature immense qu’il fut… comme broyé. Une douleur non pas physique, mais mentale, bien plus puissante, omniprésente, s’empara de lui comme s’il allait être littéralement brisé en mille morceaux d’âmes. Comme si la mort elle-même allait être vaincue en effaçant littéralement ce qu’il était, ce qu’il avait été, et ce qu’il aurait pu devenir. Sa conscience elle-même allait être réduite à néant… Et il était désormais incapable d’y faire quoique ce soit, prisonnier de son propre plan.

    Sirat, aux pieds du colosse, parvint à canaliser son sort, à l’aide de la puissance de son anneau magique. Cela le laissa pantois de fatigue, fourbu et exposé, mais au moins le résultat fut visible immédiatement : la créature gigantesque vacilla encore plus, comme si ses repères étaient brouillés. Elle ne parvint pas à rétablir son équilibre. Mieux encore, elle semblait même choir davantage. Et c’eut pour Daemon un effet tout agréable : il perçut une faille par laquelle s’enfuir de cet enfer où il s’était lui-même projeté. Une chance de se libérer de l’esprit du colosse démoniaque avant d’être totalement réduit à néant, qu’il dut saisir sans trop en avoir le choix.

    Xël, une fois de plus, fit lui aussi appel au pouvoir de ses arcanes. Cette fois, miraculeusement, sa magie sembla lui obéir au doigt et à l’œil : Des vents sortirent de son être magique et allèrent frapper les végétariens sur le champ de bataille, qui le chargeaient avec hargne. Ils furent tous renversés, et les vents infernaux poursuivirent leur route jusqu’au colosse immense, qui, déboussolé par l’intervention de Sirat, et son trou dans le sol, plus la pesanteur puissante déclamée par Xël précédemment, ne put désormais plus se retenir de tomber à la renverse. Une chute lente, tragique qu’il ne put retenir : lourdement, alors que les trois harpies se faisaient emporter follement par la magie venteuse, l’immensité tomba sur le sol… Mais le drame était là : dans sa chute, elle avait écrasé de son poids des dizaines de végétariens possédés, dont les corps seraient méconnaissables sous le poids de cette ignominie. Entre autres les adversaires qui s’en prenaient précédemment à Sirat. Mais aussi les deux derniers larrons voulant achever Sibelle, qui furent écrasés par le bras portant l’Obélisque. L’elfe, elle, ne dut sa survie qu’à la chance, meurtrie au sol, elle fut préservée dans l’espace entre le buste et le bras du monstre chutant. La terre se souleva cependant lorsque la créature toucha le sol, en envoyant de lourdes gerbes sur son corps déjà meurtri. Heureusement sans l’enterrer vivante, cependant.

    Sirat eut moins de chance, lui : lors de la chute du titan, il était des plus mal placés : le pied disproportionné à son côté pivota alors que le géant tombait, et écrasa sa jambe gauche sans aucune pitié : ses os et sa chair furent broyés sans la moindre chance d’en réchapper. Par chance, il ne fut pas prisonnier sous la masse de l’être d’un autre temps : le talon se souleva à temps, permettant de se dégager de là, toujours dans son trou, mais désormais pourvu d’une jambe en miettes, et d’une douleur ignoble. Azra, lui-même, ne fut pas épargné : car s’il avait réussi à se maintenir sur le colosse jusque-là, il n’en fut plus rien : la chute l’envoya voler, lui et Rendrak, jusqu’à la lisière de la forêt, où il percuta rudement un arbre, restant coincé entre deux branches touffues qui amortirent un peu sa chute (et lui épargnèrent quelques fractures), à trois mètres au-dessus du sol. Rendrak n’eut pas cette chance et s’écrasa au sol comme une vulgaire merde, brisé de partout, membres et buste disloqués par le choc.

    Kiyoheïki, de son côté, meurtris sur le sol, donna tout pour sauver la Reine des Pâles, toujours inconsciente. Alors que le monstre chutait au sol, il fit appel à sa propre inconscience par l’usage de la magie, dangereuse à souhait en ce monde perturbé. Un pari risqué, en vérité. Et sa magie se manifesta bel et bien. Mais dans une mesure à nul autre pareil : incontrôlable, la lumière jaillit de son corps comme s’il était lui-même devenu un astre, un soleil, une étoile, posée là au centre de la clairière. Elle inonda toute la zone d’une magie curative si puissante que nul n’en fut épargné. Certes, il parvint à redonner ses forces à la Reine Sheeala d’Argentar, mais pas uniquement : sa propre blessure fut intégralement soignée. Ainsi que celles de Sibelle, toujours à moitié ensevelie dans la terre cependant. Celles qu’Astidenix et Nastya venaient d’infliger à Loeding et son groupe, aussi. Mais l’aura lumineuse intense, aveuglante, soigna aussi la jambe écrasée de Sirat. Si elle ne ramena pas à la vie les végétariens écrabouillés sous le poids du colosse, ça eut un effet plutôt incongru sur Daemon : son âme libérée de la démone se fit littéralement aspirer par son propre corps mort. Et d’âme, il redevint être. Une résurrection incompréhensible : à nouveau, il était vivant. Non plus mort-vivant, mais bel et bien en vie, à ressentir tout ce qui se passait, à devoir respirer à nouveau. Le seul à ne pas profiter de cette magie lumineuse fut finalement Azra, qui vit sous ses yeux Rendrak se faire violemment révoquer. Juste avant de ressentir, tout perché dans son arbre qu’il était, une douleur incroyable l’inonder. La lumière, ennemie de son état, s’infiltrait partout dans son être, et il devrait se battre pour n’y pas succomber, à l’aide de ses fluides obscurs. Un combat qu’il allait devoir mener seul, sans secours.

    Le colosse aussi, animé par la magie d’Azra initialement, revenu du monde des morts, ne sembla pas apprécier la lumière. Si la chute l’avait mis à bas, elle ne l’avait pas blessé outre mesure. Mais là, il commença à se débattre sur le sol, risquant d’écraser à tout moment ceux qui se trouvaient tout près : Sirat, sous son pied, Sibelle, sous son aisselle.

    La lumière se dissipa, subitement, brusquement, mais ses effet perdurèrent. Devant Kiyoheïki allongé au sol, guéri, se tenait la Reine Sheeala dans sa forme harpiesque. Elle adressa un regard rempli de sollicitude et de reconnaissance vers le semi-elfe avant de le dresser, plein d’une combattivité retrouvée, vers la démone. Elle s’envola pour rejoindre la tête de la créature venue du passé et de ses griffes tenta une nouvelle fois de percer sa carapace de métal. Guigne, elle, se projeta non loin de SIbelle, sur le poignet qui tenait encore fermement l’Obélisque, pour tenter de le lacérer afin que la Démon lâche prise. Sable s’en alla sur l’autre bras, tentant de la maintenir au sol de toutes ses forces. Jess, elle, se projeta sur la gorge de son adversaire pour tenter d’en transpercer l’armure pour l’égorger. L’ennemi avait montré une faille : il fallait désormais s’y engouffrer.

[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (suce-magie) + 0,5 (ouvre-boite) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (Joe l’Embrouille) + 0,5 (Seigneur de l’Annal).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (apprentissage validé) + 0,5 (CC) + 0,5 (troisième membre caché) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (sortilège multi-fonction) + 0,5 (bonus longueur).
Daemon : Noté quand complété.
Kiyoheïki : 0,5 (introspection) + 0,5 (créancier capé) + 0,5 (Et la lumière fut) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 11 Mar 2018 10:11 
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Forêt d’Emeraude – Embuscade (Yurlungur).

    Alors que Yurlungur se questionnait, passive, sur la bataille en cours, réquisitionnant l’archer pour elle et sa protection, la rixe entre les carnivores, piètres combattants, quoique bêtes féroces armés de leur détermination puissante et les soldats de métier d’Arothiir prenait son essor le plus violent. Les Hommes-bêtes, au nombre déjà réduit par les salves de flèches durant leur assaut, se confrontaient désormais aux piques et boucliers des guerriers, les forçant à tenir la distance. Certains passèrent bien sûr la barrière, et réduirent en charpie ceux qui les avaient pris par surprise, mais ils n’étaient guère nombreux. D’autres s’étaient simplement empalés sur les piques, sans plus grand espoir de vivre… La majorité se battait encore, tentait de passer et de combattre. Bôrte arriva lui-même auprès de l’archère, qui alors qu’il allait la pourfendre de son arme levée… disparut dans un nuage d’ombres, laissant une curieuse impression de déjà-vu à la jeunette. Elle réapparut dans le dos du lupin, dagues dégainées et arc rangé, pour lui asséner deux coups dans les muscles des épaules, passant outre ses protections avec une précision incroyable. Edmar, lui, volait à son secours dans le dos de la dirigeante de troupe, épée au clair, prêt à l’embrocher.

    Celemar, s’il tenait Yurlungur entre ses bras, observait cependant avec attention cette scène. Il tremblait. De rage, de peur, d’impuissance.

    « Nous… nous ne pouvons les laisser se faire massacrer sans agir ! Il faut couper la tête de ce serpent, l’assassiner. Ses troupes n’auront d’autre choix que de se rendre, alors. »

    Il lâcha la petite, pour savoir si elle était avec lui, la regardant droit dans les yeux tout en ramassant son arc et en sortant une flèche de son carquois.

[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (jeu d’acteur) + 0,5 (introspection).]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Lun 12 Mar 2018 22:59 
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La magie fusa de ses doigts et alla crépiter sur l'obélisque, sans plus d'effet. Azra pesta. Il était devenu une liche mais n'était pas encore assez puissant pour ça ! Bon sang, il comprenait bien Chandakar, à cet instant. Il y a des situations qui vous font comprendre que la quête de pouvoir ne s'achève qu'une fois atteint le statut de divinité !

De son côté, Rendrak ne rencontrait pas plus du succès. Malgré sa force, les plaques étaient trop lourdes pour être déplacées. Il continuait pourtant à s'évertuer au moment où une succession de choc se produisit, et c'est sans doute pour cela que les choses tournèrent mal.

Le titan sembla soudain violemment déséquilibré tandis qu'un vent violent s'éleva soudain. Partiellement protégés par le bras, Azra et Rendrak tinrent bon un moment mais ils virent soudain le monde basculer autour d'eux. Le nécromancien crut un moment que ses yeux magiques lui jouaient des tours, mais non ! C'était le monstre qui était en train de tomber à la renverse !

Il se sentit glisser, tendit une main et se raccrocha de justesse à une pique. Rendrak, qui n'était pas en position de se tenir au mieux, en revanche, glissa complètement. Il aurait fait une chute terrible sans son crochet qui le maintint, coincé sous la plaque d'armure qu'il tentait de déchausser. Il était cependant dans une position précaire et, lorsque le colosse toucha le sol, ils furent tous deux éjectés au milieu du vacarme !

Malgré sa condition de mort-vivant, Azra eut comme un instant d'inconscience mêlée d'un choc terrible. Quand il reprit ses esprits, il était accroché à la fourche d'un arbre. La voix de Rendrak retentit alors, en contrebas :

« Euh... je crois que j'ai un problème ! »

« Tu n'es pas le seul ! » pesta Azra en se débattant dans les branches tout en essayant de ne pas tomber.

« C'est plus gênant de mon côté. »

Le nécromancien se décida enfin à jeter un œil à son compagnon... qui gisait en miettes sur le sol. Toutes ses articulations étaient rompus et sa survie tenait du miracle. Il était cependant inutile d'attendre grand-chose de plus de sa part. Sa tête solitaire avait roulé loin du reste et interpellait son maître :

« Il va falloir que j'y aille, tu ne crois pas ? »

Il disait cela sur le ton de l'humour, mais Azra sentit quelque chose d'inédit dans sa voix. Il resta figé un instant, le temps de réaliser ce que c'était.

Une demande autoritaire implicite. Rendrak n'avait pas demandé à être désinvoqué par soucis de retrouver son intégrité et défendre son maître, mais parce qu'il était vexé et en colère contre lui-même. Apparemment, la perte momentanée du lien qui les unissait avait affaibli celui-ci, donnant au liykor une plus grande autonomie. Une part d'Azra sentit monter la colère mais une autre, plus ancienne, l'étouffa pour laisser place au contraire à de la satisfaction. Oui, c'était une bonne chose pour Rendrak et il était content pour lui.

Il lui adressa un sourire, un hochement de tête. Il se prépara à le désinvoquer quand une vive lumière inonda la forêt ! Avant qu'il ne puisse faire un geste, Azra vit son compagnon disparaître, brutalement renvoyé dans le monde des spectres. Il eut à peine le temps de se demander ce qui se passait qu'une vague de souffrance envahi son être. De la magie de lumière ! Quelqu'un usait d'une magie de lumière si puissante qu'elle avait renvoyé son compagnon avant même qu'il ne puisse le faire lui-même !

Il hurla et chuta lourdement vers le sol, se rattrapant tout juste dans un mouvement à peine contrôlé. Tout son être était en feu ! Des vagues de lumière malfaisante se déversaient en lui et rien ne semblait pouvoir les contenir tandis qu'elles rongeaient tout son être.

Un tel pouvoir de lumière portait la marque de Kiyo et de la magie incontrôlable de ce monde ! Avant qu'il puisse faire un mouvement, il fut submergé par un pouvoir qui se voulait guérisseur, mais qui aussitôt l'engloutit dans une vague de souffrance. Il était aveuglé, brûlé, déchiré par la lumière maudite, lui, le mort-vivant au service du dieu des ténèbres, était submergé par une puissance qui était son exact opposé. Un hurlement de rage et de douleur monta de ses mâchoires osseuses tandis que chaque fibre de son être était submergé par la souffrance... et la haine.

Hors de question de finir comme cela ! Il invoqua sa magie noire à la rescousse. Phaïtos le soutiendrait là où Gaïa cherchait à le détruire ! Son histoire n'allait pas se terminer ainsi, oh non...

Ses fluides bouillonnaient en lui tandis que le flux d'énergie se déversait, encore et encore, pour le détruire. Un souffle de Gaïa d'une puissance extrême, bien supérieur à ce que l'ynorien avait utilisé sur lui par le passé... Mais le souffle de Thimoros, lui était porteur de mort ! Mort pour tous, y compris les mort-vivants, mais cela, Azra n'en avait cure. Ses fluides s'éveillaient toujours plus, appelés à la puissance... et il invoqua la magie noire, lançant ce bon vieux sortilège qu'il avait si souvent employé pour terrasser ses ennemis, mais sur lui-même.

Un flash éblouissant. Il ne savait plus où il était. Quelque part... dans un abîme de lumière. Et la figure intransigeante de Kiyoheiki le dominait, sans âme et hautaine.

(Tu crois pouvoir me détruire ? Tu crois que le seigneur de la mort, maître des ténèbres tapis aux plus sinistres recoins de l'univers, peu succomber à la faible lumière des étoiles ? Si je meurs, ce sera par ma seule main !)

Une nouvelle douleur se répandait en lui, celle du pouvoir ténébreux du frère jumeau de Phaïtos. Azra se concentra sur la figure du guérisseur ynorien et focalisa sur lui son pouvoir. Les ténèbres hésitèrent, tentant d'avancer à reflux face à la puissance dévastatrice.

(DISPARAÎT !!!)

Et les ténèbres supplantèrent toutes choses, bondissant vers leur cible pour la dévorer et laisser l'esprit de leur maître libre, que ce soit dans la vie ou dans la mort... et en cet instant, la deuxième option aurait été préférable pour tous les présents.

((( 1032 mots )))

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Merci et à Inès pour la signature
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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Mer 14 Mar 2018 05:04 
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La guerrière déterminée avait réussi à étourdir ses adversaires, les assommant de ses lames rapides et les déjouant de son jeu de pied. Certes, elle ne maitrisait pas tout à fait cette technique, mais elle s’était bien débrouillée contre ces deux attaquants qui tenaient plus de fermiers que de soldats de quelconque armées.

Alors qu’elle pensait avoir le champ libre et qu’elle s’apprêtait à rejoindre ses compagnons pour combattre le colosse, deux autres végétariens surgirent des côtés pour l’attaquer. Ne regardant que devant, elle ne vit point l’homme-âne aux oreilles poinçonnées provenant du côté cour se précipiter sur elle un fléau à la main. Elle ne le vit point, mais elle sentit le métal fracassé la partie supérieure de l’os de son bassin.

« Hummph! »

Perdant l’équilibre, elle encaissa le coup et, malgré la douleur intense, elle se tourna vers sa droite bien décidé à riposter. Elle n’eut le temps de rien faire, puisque du côté jardin, une hache bien aiguisée venait de lui entailler sévèrement la cuisse gauche.

« Aaaarrrrgh »

Cette fois-ci la douleur la surprit et elle s’effondra sur le sol. Par réflexe et expérience, tout en tombant, elle courba le dos et plaça son menton contre sa poitrine, évitant ainsi à sa tête de se fracasser contre le sol. Sa main droite amortit également quelque peu le choc. Haletante et en sueur, elle tenta de se relever, mais en vain. Il lui était impossible de se hisser sur l’une ou l’autre de ses jambes. Accablée par la douleur, elle culminait de rage, car elle était au sol, blessée, mais surtout désarmée. Elle pensa une seconde ramper jusqu’à l’une de ses courtes épées, mais elle réalisa qu’elle n’en avait pas le temps, car le propriétaire de la hache, un homme-bœuf aux cornes trop courtes et au ventre trop proéminent s’apprêtait à récidiver. Même dans son état peu enviable, elle n’avait pas l’intention d’abandonner, elle allait se battre jusqu’à son dernier souffle. Elle dégaina sa dague et prête à égorger le premier de ses deux opposants qui s’approcherait de trop près.

Et c’est à ce moment qu’elle vit les deux végétariens qui lui faisaient face, se désintéresser d’elle pour lever les yeux vers le ciel. Un instant plus tard, le sol trembla. Sibelle toujours assise sur la terre tapée n’eut que le temps de se tourner la tête que l’immense colosse de pierre tombait lentement, mais lourdement. Contrairement à la maître d’armes qui était clouée au sol, les deux végétariens prirent la fuite. Du moins, ils en firent la tentative. Ils n’avaient pas franchis cinquante pas que le géant de pierre s’effondra, son bras les écrasant comme des galettes. Par réflexe, la guerrière s’était recroquevillée, ses bras protégeant sa tête et son visage. Un geste de survie, certes mais bien inutile. Par une coïncidence, ou par miracle vous dirait un croyant, la maître d’armes avait été épargnée. Elle gisait là, entre le thorax du géant et son bras armée. Seule, la terre soulevée par le choc l’ensevelit quelque peu. Un moindre mal lorsque l’on réalise qu’elle aurait pu en mourir. Et Sibelle le réalisa. Un peu troublée et décontenancée par ce qui venait de lui arriver, elle tenta de reprendre une respiration normale, tout en bénissant les dieux d’avoir survécu.

Elle ne s’était pas encore remise du choc qu’une lumière intense l’envahit.

(Gaïa !... Merci Gaïa ! )

Il n’y avait désormais plus de doutes dans l’esprit de la guerrière. C’était bien la déesse de la lumière qui lui avait sauvé la vie et qui cette fois lui rappelait sa présence en émettant une lumière éclatante et bienfaisante. L’hinionne se sentait un peu honteuse d’avoir négligé de prier sa déesse, mais elle savait que Gaïa bonne et généreuse, ne lui en tiendrait pas rigueur.
Et de fait, cette lumière n’était pas que brillante et chaude, elle pénétrait Sibelle de toute part, parcourant ses nombreux vaisseaux sanguins, lui infusant une énergie nouvelle tout en stimulant les cellules osseuses de la guerrière qui se divisèrent à une vitesse folle jusqu’à réparation complète. Puis la lumière disparut laissant une Sibelle qui se sentit bien et sereine. Ce qui ne dura point.

En effet, le titan de pierre avait chuté, mais n’était pas mort pour autant. Et tout comme les compagnons survivants, il cherchait à se relever. Sibelle qui était positionné sous son aisselle devait se sauver avant de se faire écraser.

Ainsi, animée d’une énergie nouvelle, elle se débattit à son tour, pelletant, le plus rapidement, de ses paumes placées en coupes, toute cette terre qui la contraignait jusqu’à ce qu’elle puisse enfin se relever. Tout en courant au plus vite que ses jambes lui permettaient, elle eut une pensée pour son compagnon d’armes et cria.

« Sirat ! Sauve-toi il se relève ! »

Elle cria, mais ne s’arrêta point, tentant de s’éloigner le plus vite de ce roc ambulant.

(((808 mots )))

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Sibelle, Maître d'armes


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Mer 14 Mar 2018 16:20 
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Ma magie réagit, comme je l’avais prévu cette fois. Le vent se lève, écarte les végétariens qui cherchaient à m’attaquer. Ils sont balayés, comme des poussières dans une ruelle venteuse. Malgré la matière intangible du vent, je peux suivre sa route du regard, je perçois sa magie et sa puissance. Elle s’élève pour frapper le Titan de plein fouet alors qu’il penchait d’avantage. Il bascule, frappe le sol lourdement, soulevant un épais nuage de poussière et écrasant sans doute un bon nombre de végétariens ensorcelés. Je ne pouvais pas l’éviter, le titan devait être vaincu et tout le monde ne pourrait pas s’en sortir. Mon cœur se serre à cette pensée mais elle est vite mise de côté quand une lumière aveuglante envahi le champ de bataille. Instinctivement, je me tourne vers sa provenance, me couvrant le regard de l’avant-bras pour pouvoir distinguer quelque chose. C’est Kiyo, il brille comme une étoile. J’entends le titan s’agiter mais je m’en détourne pour me précipiter vers ceux que j’ai tant tenté de rejoindre. Je m’accroupis au côté de l’Oranien et lui demande, inquiet ; comment il va.

((185 mots))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 16 Mar 2018 09:09 
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...

Le massacre, sous les yeux de la jeune fille, se déroulait et s'enchaînait tel une pièce de théâtre longuement répétée et qui virait finalement à une improvisation des plus virtuoses. Les deux groupes s'affrontaient et, peu à peu, les choses évoluaient comme Yurlungur s'y attendait. Elle pouvait constater directement la capacité des troupes de Börte à se battre : et, en comparaison aux tactiques et techniques travaillées de l'armée de métier qu'elles avaient à affronter, elles faisaient effectivement pâle figure - sans mauvais jeu de mot. Car les Arothiiriens avaient pris soin de bien réduire leur nombre, le seul réel avantage des Carnivores, par une volée de flèches dévastatrices, tandis que le combat qui s'engageait démontrait clairement l'expérience des premiers et, ainsi, leur supériorité incontestable.

Le spectacle n'était même pas si insupportable à l'adolescente, qui continuait à se tenir serrée contre Celemar dans une posture de pure vulnérabilité, n'observant la bataille que d'un coin de l'œil, seulement afin de vérifier que c'était bien le bon camp qui s'en sortirait vainqueur. Mais tout contre elle, elle pouvait sentir le cœur de l'archer battre également, elle pouvait sentir ses tressaillements devant l'ignominie du carnage. Étrangement, elle appréciait presque ça : elle s'en moquait bien, personnellement, de savoir si ces hommes-bêtes allaient vivre ou mourir, et les savoir six pieds sous terre, si ça pouvait arranger ses plans et ceux de la Trinité, c'était très bien comme ça. Le seul auquel elle tenait un peu, ici, c'était l'archer qu'elle avait maintenu jusqu'ici à ses côtés : et tout d'un coup, elle se sentait un peu comme sa protectrice, celle qui essayait de le rassurer en lui faisant un câlin alors qu'il se remplissait petit à petit d'une folle terreur.

En particulier, lui comme elle suivaient l'un des combats – le combat qui reflétait la bataille, en fait. C'était Börte qui affrontait l'archère, le chef des Carnivores contre la générale arothiirienne. Mais si ce duel aurait pu s'avérer épique dès lors que l'homme-loup serait arrivé au contact, il n'en fut rien : il réussit à peine à lui porter un coup qu'elle s'évapora dans les airs, laissant derrière elle une brume ombreuse, afin de surgir juste derrière lui et de lui porter deux coups successifs et meurtriers.

Cela ressemblait bien trop à ce qu'elle savait des Ombres pour n'en être pas une. Perdant momentanément son sang-froid, Yurlungur s'était crispée – en même temps que Celemar, d'ailleurs. Et aussitôt, ayant également assisté à ce jeu de lames et d'ombres, c'était Edmar qui se précipitait au combat contre l'Ombre. Le combat n'avait même pas besoin d'être observé pour en connaître le dénouement.

Le tremblement de Celemar avait accéléré. Et il prit la parole, l'enjoignant à prendre part au combat – ou au moins à tuer l'Ombre, avançant que sa mort mettrait l'armée d'Arothiir en débâcle. C'était déjà se méprendre quant au professionnalisme de ces soldats, mais également encore plus fortement quant à la difficulté à abattre cette archère. Yurlungur se composa un visage angoissé qu'elle leva vers lui lorsqu'il la lâcha et la repoussa, saisissant son arc pour essayer, sans doute, d'éliminer sa cible depuis ici.

« Celemar, ça ne marchera pas ! Tu as vu tout comme moi l'archère disparaître d'un seul coup, n'est-ce pas ? »

Elle serra les poings, se redressant et adoptant une expression contrite et emplie de tristesse.

« C'est... C'est ce qu'on appelle une Ombre d'Arothiir. Il n'y en a pas beaucoup, mais elles sont... trop puissantes. Trop puissantes pour n'importe qui d'entre nous ! »

Elle s'approcha à nouveau de lui et s'agrippa, du bout des doigts, au tissu de sa manche.

« Même si tu parvenais à la tuer, tu te retrouverai avec le reste de ces Ombres à ta recherche afin de venger leur sœur. Ce sont des assassins professionnels. Tu n'as aucune chance... »

Elle fit mine d'hésiter et rajouta finalement :

« Lorsque je me suis rendue à Arothiir, j'ai vu un corps. Tué par l'une de ces Ombres. C'était... effroyable. Tu sais que je peux me battre à la dague, un peu, mais là... C'était d'un autre niveau, d'un autre monde, même. »

Elle releva vers lui ses grands yeux bleus qui gardaient un peu de cette candeur juvénile, candeur qui avait pourtant définitivement disparu de l'assassine en profondeur, et ajouta d'une voix brisée :

« Je... Je ne veux pas te perdre, pas toi aussi. Je ne veux pas me retrouver toute seule à nouveau... »

Elle savait que, si elle s'était élancée à nouveau dans ses bras, même si cela aurait gêné l'archer, aurait pu la faire apparaître légèrement suspecte, potentiellement. À présent, elle agissait comme si elle lui laissait le choix – mais elle continuait de le fixer, de soutenir son regard. Tant qu'il ne lâcherait pas, elle aurait de l'influence sur lui ; d'ailleurs, finir sur de bons sentiments, essayer de l'appâter avec une forme de devoir de protection qu'il avait vis-à-vis d'elle, c'était ce à quoi elle avait pensé de mieux.

Inutile de lui dire qu'Edmar ne pourrait pas être sauvé : énoncer cette vérité crue maintenant, même si Celemar devait probablement en avoir conscience, ne le pousserait qu'à agir, alors que lorsque ce serait trop tard pour ramener son frère d'entre les morts, elle aurait encore une chance de le retenir en usant, cette fois, d'un raisonnement implacable sur l'irréversibilité de la mort.

N'y avait-il pas, aussi, au fond d'elle, un petit état d'âme qui se débattait ? Un état d'âme pour cet homme, auquel elle tenait un peu, beaucoup, malgré tout, et qu'elle allait forcer à assister au meurtre de son frère, sans rien faire ?

Il ne fallait pas flancher, pas maintenant. Elle écrasa sans pitié tous ces sentiments de fillette et conserva ce masque angoissé face à Celemar. S'il bandait tout de même son arc, elle aurait à agir et l'empêcherait de tirer – en le poussant afin qu'il rate sa cible, par exemple, et elle pourrait bien s'expliquer plus tard. Allons, poisson, croque donc cet appétissant ver...


(((1000 mots ; prête à empêcher Celemar de tirer si jamais il le souhaitait (en le bousculant pour qu'il tire à côté))))

...

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 18 Mar 2018 18:05, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 16 Mar 2018 10:36 
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La terreur, quand la bête trembla, et tomba sur le sol entrainant avec elle tout ce qui passait. Le silence, après l'explosion sur la terre et les cris, la poussière sur les cadavres encore nue d'une sépulture. La douleur, qui le réveilla en premier, qui l'empoigna et le saisit dans toute sa chaire.
Il était recouvert de poussière, il souleva sa tête, alors qu'il était allongé sur le dos. Le pied du monstre l'avait écrasé et le surplombait de sa hauteur. Au-dessus de lui serpentait la lumière du ciel dessiné par le ravin.
Une amertume ferreuse s'empara de sa gorge, un glaire qu'il ne put réprimer et l'étouffait stagnant dans l'arrière-gorge. Il la dégueula et comprit que cette gerbe carmin n'était autre que du sang. Il chercha et trouva, son fémur avait arraché sa peau et s'extirpait de sa cuisse. Il serra les dents, une larme coula le long de sa joue. Il le savait on ne revient pas d'une telle blessure. C'était la fin. Il laissa tomber sa tête en arrière. Le chemin s'arrêtait là, dans ce trou, sur ce monde, recouvert du tertre de cette terre profane. L'os avait traversé son artère fémorale la déchirant par petit bout. sa sève jaillissait par a coup vidant l'enveloppe du colosse. Son pelage orange, prenait une teinture terne et blanchissait peu à peu, donnant un effet macabre.
Zewen n'avait plus besoin de lui. Il avait envie de pleurer, ou pleurait il déjà, sa respiration se faisait poussifs. De ses mains, il perçut le sol s'humidifier de son sang, qui s'écoulait de plus en plus. Il avait froid, des épines de glace le transperçait à différent endroit du corps. Et cette douleur incessante qui chantait dans son crane, hurlait dans son ses muscles, jérémiade puissante qui le torturait sans relâche. Une multitude d'étoiles, tachetées de couleurs, remplissaient son champ de vision, alors qu'un bourdonnement assourdissant l'obligeait à se recroqueviller en lui-même.
l'air se faisait rare et la mort lui tendait maintenant les bras, il voulut parler, crier, mais aucun son ne sortait.
...
Une femme pâle l'observait dans l'air sur d'elle, la peau blanche, les yeux comme deux billes noires. Elle flottait dans l'air juste au-dessus de lui, ses cheveux argent ornant son visage à la manière d'une couronne. Son nez touchait presque le sien, il aurait respiré qu'il aurait pu sentir son souffle chaud, mais au lieu de cela : rien. Le néant de cette muse, entité silencieuse, qui le fixait. Il n'y avait plus aucun bruit, le combat en haut avait cessé. Sa douleur ne le gênait plus, il aurait aimé se relever, mais il en était incapable. Bouger, se mouvoir, lui était interdit, paralyser, il la regardait le toiser. Ses lèvres sourirent alors et déployèrent une rangée de dents acérées, luisant de baves, sa mâchoire s'ouvrit totalement fissurant son visage de poupée, pour laissée voir une gueule monstrueuse, ou un millier de canines offrait une presse prête à broyer le visage du zélote. Il voulait hurler, s'enfuir, mais il était emmuré, impossible pour lui de se soustraire a ce souffle devenu putride et cette nymphe voulant lui dévorer le visage. Il ferma les yeux résigné à attendre, craignant sa chair se déchirer, mais... Rien ne fut.

...

C'est une lumière apaisante qu'il l'enveloppa doucement, il se sentit bien, il crut tout d'abord qu'il était mort. Mais chaque sens se rappela à ses souvenirs, goûts, odorat, ouïe, toucher... Il n'était pas mort, il était encore là, bien vivant. Il sentait la gravité s'imposer à lui et il ressentait sa carcasse. Il releva la tête avec étonnement et vit que sa blessure n'était plus, seule restait l'empreinte de cette mare de sang. Il se redressa complètement, vit la jambe de la démone, bouger et encore le menacer de l'estropié. Il souffla de soulagement, pas de monstre pour lui bouffer la tête et il était en vie en un seul morceau. Ce remémoré ce cauchemar le fit tressaillir et une sueur froide se glissa dans son dos.
Ne réfléchissant pas plus à ce qui venait de se passer. Mu par un instinct de survie, acceptant comme une bénédiction du destin, il s'éloigna le plus possible de cette menace et luttant contre la lourdeur de ses membres et la pesanteur de l'air se mit a escalader la muraille pour sortir de son tombeau.

Citation:
720 mots

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Dernière édition par Sirat le Mer 4 Avr 2018 09:54, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 16 Mar 2018 16:27 
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Concentré sur ma magie, je perçois celle-ci répondre à mon appel avec autant de force que j'en ai mis à la convoquer. La lumière m'accompagne d'abord puis elle finit par entièrement me submerger. Ma peau ne se couvre pas des zébrures habituelles liées à l'intégration de fluide, non. Elle se met à irradier avec une intensité telle que j'aurais redouté causer l'incendie de toute la clairière si elle n'avait pas porté en elle la sensation chaleureuse et protectrice d'un sort curatif. La puissance canalisée dépasse en résultat positif tout ce que j'avais escompté. Bien que temporairement aveuglé par ma propre lueur, je sens immédiatement la douleur fuir ma hanche et mes forces me revenir. Lorsqu'elle se dissipe aussi subitement qu'elle est apparue, je constate avec soulagement que non seulement la Reine s'est remise, mais qu'elle est également apte au combat. Sa détermination à mettre à bas le colosse de métal est presque palpable.

Des pas viennent dans ma direction et je découvre le yuiménien Xël à mes côtés, visiblement inquiet à mon sujet. Il y a de quoi. Aliaénon aurait pu échanger ma vie contre ce sort, mais ce monde a choisi de m'épauler à la place. Je ne comprends pas encore sa logique, mais je ne compte pas me montrer ingrat. J'acquiesce en direction du jeune homme, me pare de ma cape laissée à terre et me sers de mon arme pour me remettre debout. Aucune séquelle, comme si le coup qui avait déboité mon articulation n'avait jamais eu lieu. Je me tourne vers mon interlocuteur pour le rassurer.

"Un sort spectaculaire, mais sans néfaste conséq..."

Mon sang se fige. Mes yeux s'écarquillent d'eux-mêmes. Mes mots meurent dans ma gorge à l'instant où je prends conscience du terrible spectacle qui s'offre à moi. Par-delà une poignée de végétariens sonnés par terre dont l'homme-chouette rencontré à mon arrivée, la vision qui m'est offerte me tétanise. Le simili-titan git au sol, à l'endroit où nombre de végétariens sous son contrôle étaient assemblés. Sous le bras de la créature agitée et en proie aux coups des Harpies, je vois encore dépasser des pièces d'un type d'équipement familier. Ma tête se secoue sans mon approbation en un mouvement de déni. Une peine rarement éprouvée s'empare de ma poitrine, la lacérant violemment à chacun de mes battements de cœur. Je savais que je ne pourrais pas tous les sauver, que quoi que je tente il me faudrait affronter les conséquences de mes choix. Mais jamais je n'aurais imaginé perdre autant de Pâles d'une façon aussi... Aussi... Horrible !

Malgré toute la force magique que je viens de démontrer, je me sens si impuissant que j'ai du mal à percevoir ce qui m'entoure. Mes pensées sont en plein chaos, mélange de culpabilité de ne pas avoir su les protéger, de rancune vis-à-vis de cette créature immense, de douleur de savoir qu'il n'y a plus rien à faire pour ces malheureux. Un léger étourdissement me prend. Si je parviens à rester debout et maître du chagrin qui m'envahit, j'ai du mal à contenir la tempête de ressentis tourbillonnant en moi. Je n'ai aucun choix et pourtant j'en ai trop. Ma main monte à mon casque, éraflant le métal. Pendant un instant qui semble durer des siècles, je me sens totalement perdu. Du moins jusqu'à ce que la voix d'Okina m'apparaisse comme la lueur dans les ténèbres qu'elle a toujours été.

(Agitation et confusion, entraves qu'on ne saurait arborer en cet instant. Rejetez. Quand le cœur se fait fragile ornement, d'aucun doit se résoudre à le sceller dans son écrin quelques temps.)

Je déglutis puis tourne mon attention vers Xël. Je sais ce que ma faëra attend de moi, et la tourmente dans laquelle je suis me pousse à aller dans son sens. Mes mains se placent l'une sur l'autre sur la hampe de mon arme dont je plante la lame en croissant dans le sol.

"Vous devriez vous écarter un peu."

Mes prunelles violines embrassent la vision catastrophique de la clairière, l'imprimant sous mes paupières lorsque je fais descendre ces dernières. Je rassemble toutes mes pensées sombres et négatives, tous mes sentiments drainant mes forces, tous les souvenirs des promesses faites à Talia. Tout ce qui constitue mon coeur, mon trouble, mon identité. Il me faut dépasser cet état d'esprit si je veux accomplir mon Devoir envers eux. Je refoule tout cela sans vouloir le détruire, mais au contraire le préserver sans que cela interfère avec moi. Yeux clos, je porte la main à ma gorge, laissant ma volonté de protection s'unir à ma magie de lumière et modeler mon corps en conséquence. À mesure que je sens la perle dorée prendre forme dans ma paume, je perds la notion de ma silhouette.

Parce que ma volonté est de préserver mon peuple et celui que je considère comme son pendant sur Aliaénon, il est temps que se manifeste le Dragon.

Un souffle nouveau passe par mes narines, comme si je découvrais cet air pour la première fois. Mon esprit est clair et en paix. La première chose que j'ai idée de faire est d'utiliser ma forme pour mettre au sol les Pâles combattus par Astidenix et la guerrière au bouclier. Les repousser et préserver mes protégés. Si l'ire des manipulés se tourne vers moi, la robustesse de mes écailles l'accueillera.




- Transformation en Dragon d'Or.
- Tentative de renversement des Pâles côté Dromi.
- 884 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


Dernière édition par Kiyoheiki le Dim 18 Mar 2018 22:42, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 17 Mar 2018 02:15 
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Animé par le désir de combattre de la reine, Daemon se précipita sur la Démone. Il traversa l’éther sans se soucier de l’acte qu’il s’apprêtait à faire. Il devait entraver l’ennemi le temps que la reine retrouve ses moyens, pour qu’ils aient une chance d’éviter la pire catastrophe qu’eut connu la région depuis des millénaires.

Sa venue en ces lieux n’était peut-être pas si vaine. Il allait pouvoir participer au combat à sa façon, comme un digne serviteur de la mort, embrassant son sacerdoce avec la plus parfaite fidélité : en combattant même mort.

Mais ce beau projet fut rapidement troublé, pour ne pas dire instantanément. Car au moment où l’esprit vaporeux du semi-elfe s’insinua dans l’armure gigantesque, il fut comme broyé par la puissance spirituelle de la Démone. Un corps emporté dans un torrent en crue, retourné et essoré dans des chutes rudes, rabattu sur les roches poncées par l’érosion d’une rage infinie. Il n’eut aucun moment de répit. La douleur n’était pas physique, mais elle s’y approchait. C’était une pression mentale qui réduisait la moindre de ses pensée en concept distordu, qui l’empêchait de songer même à s’en échapper. Toute son âme était vouée à la dislocation, en un lieu où même la mort pouvait être vaincue.

Il eut alors une lumière sublime, sortie de nulle part, qui dérangea le flux. Sans comprendre, l’âme malmenée fut expulsé de la cage de géhenne, aspirée d’une façon qui lui était étrangement familière, car il l’avait déjà connu, mais dont il ne se remémora pas. Cela se passa très vite, le temps d’une inspiration.

L’air pénétra dans ses poumons, en même temps qu’un nuage de poussière, et Daemon se contorsionna sur le sol. La sensation d’un corps était inimitable. Il cracha un long filet de bave et se redressa instinctivement et, sans qu’aucune présentation ne soit faite, il comprit. Il avait été victime d’une nouvelle résurrection.
Cependant, elle différait de la précédente en un point : le sortilège qui semblait l’avoir ramené à la vie n’était pas un arcane sombre, mais un sort radieux. Son être brillait d’une couleur pâle, saturée de fluide lumineux.

« HORREUR ! De la lumière, de la lumière, ça brûle ! »

En réalité la sensation était plutôt agréable... mais il ne pouvait se l’avouer. Il ne voulait pas penser au miracle qui venait de s’accomplir, qu'il considérait comme sortilège de lumière impie. Après quelques pleurnicheries nécessaires à son ego, il s’attarda sur son environnement : la reine avait repris connaissance et s’apprêtait à rejoindre le combat, les hommes bêtes paraissaient en déroute et des aventuriers ainsi que des harpies s’en prenaient à la Démone qui avait chu sur le dos.

En somme, le combat reprenait après une brève interruption. L’homme bouc s’était éloigné - et s’était tant mieux - il allait donc pouvoir charger l'ennemi principal. Il sautilla un instant pour s’assurer de la détente de ses jambes, puis, d’une impulsion, il fondit sur la carcasse étendue. Pendant sa course, il fit rouler l’épaule de son bras ganté, déployant et refermant ses doigts arachnéens en un poing ferme. Une fois arrivé à bonne distance, il mesura avec précaution la taille de ses foulées, en grandes tailles binaires, pour condenser son élan sur un seul saut.


-500 mots –

((( Utilisation de l’aptitude RP Grand Saut pour sauter sur la Démone, à la recherche d’un potentiel point faible.
Post de la semaine dernière non noté : ici.
(Désolé, flemme de corriger les fautes. ^^) )))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 18 Mar 2018 10:49 
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Forêt d’Emeraude – Clairière de l’Obélisque (Azra, Sibelle, Daemon, Xël, Kiyo et Sirat)

    Dans son coin, à la lisière de la forêt, Azra se débattait avec la puissance magique qui l’accablait. Il tenta le tout pour le tout, usant de son pouvoir le plus sombre pour se débarrasser de la douleur que la magie de Kiyoheïki lui infligeait. Bien que son sort ne soit pas moins douloureux, les ténèbres dont il était issu fonctionnèrent et chassèrent la lumière et la douleur. Mais ça le laissa exténué, épuisé magiquement, à bouts de forces éthérées. Même celle l’animant était touchée, le rendant plus faible que jamais, jusqu’à ce qu’il ait l’occasion de s’en remettre. Il ne pourrait pas non plus invoquer Rendrak avant un certain temps. Le temps que son compagnon se régénère, se reconstruise, se soigne lui aussi dans les limbes immortelles. Sibelle ne tarda pas à rejoindre la liche au-dessous du couvert des bois : elle avait fui la grandeur imposante, fraichement débarrassée de la terre qui l’ensevelissait précédemment. Au moins était-elle sauve…

    Xël avait rejoint le petit groupe formé de Kiyoheïki, Nastya et Astidenix. Si les deux derniers maintenaient toujours à distance les végétariens qui osaient s’approcher, sans plus tenter toutefois de les blesser, la Reine étant sauvée, le semi-elfe subit une transformation pour le moins inattendue. De son corps pas très haut, il se changea en créature puissante et légendaire : un dragon-serpent aux écailles blanches à la crête d’or.

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    L’être céleste prit son envole et alla chasser les végétariens, les bousculant de son corps leste pour les faire choir au sol. Ses adversaires, trop surpris par l’apparition malgré leur possession ne purent réagir et se firent balayer par la créature volante, offrant une liberté nouvelle à ces deux combattants qui l’avaient protégé précédemment. Un spectacle que put admirer sans peine Sirat, qui, non sans difficulté, venait de s’extirper de son trou, juste à côté de la démone toujours allongée, qui se débattait toujours contre les quatre harpies. Ces dernières parvenaient à maintenir au sol la créature, à la contraindre, mais certainement pas à transpercer sa carapace de métal. Sheeala sur la tête, Jess à la gorge, Guigne au bras d’arme, et Sabla au bras de défense. Comme si toute une symbolique se cachait derrière ces positions. Aidées par la pesanteur artificielle et augmentée créée voici quelques minutes maintenant par Xël, elles parvenaient à la maintenir au sol. C’est cette même pesanteur qui surprit Daemon lorsqu’il tenta de sauter. Il put observer le spectacle des harpies s’acharnant un peu vainement contre la démone, mais ne parvint pas à sauter jusqu’à elle : son saut fut étonnamment plus lourd que ce qu’il avait espéré, et il retomba à mi-parcours de ce qu’il avait espéré, au sol. Sa rapide analyse aérienne ne lui fit déceler aucun point faible : tous ceux les plus évidents étaient pris par les harpies, qui ne parvenaient pas malgré leur puissance à en venir à bout.

    Mais intervint alors, dans cette phase de chaos au futur incertain, une personne inattendue et nouvelle. Une cinquième harpie, venue de sa grande maison des bois : Talia d’Omble était là. Le regard acéré, plein de détermination. Elle tenait à la main une dague qui eut pu paraître toute simple dans sa confection. Mais elle tenait l’arme d’une telle manière que chacun sut qu’il n’en était rien.

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    Elle voleta jusqu’au buste de la démone maintenue au sol et regarda ses alliés ailées, dégainant la lame. Elle parla alors, d’une voix impérieuse et déterminée, comme si elle récitait une prophétie.

    « Nous voilà donc telles que nos ancêtres, voilà plus de mille ans. Force, Raison et Compassion, valeurs d’or. Autorité, Sagesse, valeur d’Argent. »

    Puis, elle regarda la lame entre ses mains et poursuivit.

    « Connaissance et Destruction… Des valeurs de l’Ombre. »

    Elle leva la lame, qui produisit un éclat d’argent visible dans toute la clairière et la planta fermement dans le buste de la démone, à l’emplacement du cœur. Le métal de l’arme pénétra la carapace invulnérable de la créature colossale, qui poussa un cri qui vrilla les tympans et les tripes de tous les êtres présents là. Puis, elle cessa tout mouvement. Bras, jambes, tête… elle était retournée au monde des morts d’où Azra l’avait tirée.

    Les runes de l’Obélisque cessèrent de pulser de cette lumière verte. Les végétariens reprirent petit à petit leurs esprits, regardant tout autour d’eux, sans comprendre ce qui venait de se passer, étourdis par la situation. Leurs regards étaient ceux d’animaux paniqués. Les cinq harpies, sur la créature désormais mortes, se regardaient entre elles, analystes et prudentes. Elles avaient été alliées, ici, mais qu’en était-il, maintenant que la Démone était morte ?

    La tension retombait, dans la clairière dévastée. Mais aux actes allaient devoir se substituer les paroles.


[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 se débarrasser de la lumière) + 1 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (fuite) + 0,5 (bonus longueur).
Xël : 0,5 (rendre visite au Sauveur).
Sirat : Noté quand complété.
Kiyoheïki : 0,5 (introspection) + 0,5 (transformation) + 0,5 (strike).
Daemon :
Post 1 : 0,5 (introspection) + 0,5 (pénétration bis) + 0,5 (bonus longueur).
Post 2 : 0,5 (introspection) + 0,5 (lapin !)]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 18 Mar 2018 11:15 
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Forêt d’Emeraude – Embuscade (Yurlungur).

    La bataille allait de mal en pis pour les carnivores. Certains avaient certes massacré certains soldats d’Arothiir, mais leur nombre décroissait sans cesse et seuls les plus hargneux, combattifs et puissants avaient encore l’avantage sur leurs ennemis de plus en plus en surnombre. Nombre de carnivores se faisaient tuer, ou désarmer et contraindre. Comme si l’ordre, au final, n’était pas de les éradiquer complètement.

    Yurlungur l’avait compris : le duel de l’archère des ombres et de Börte-a-Tchino était une image de ce qui se passait autour : le lupin, quoiqu’enragé par un esprit de combativité intact, avait subi moult blessures et ses coups frénétiques baissaient en cadence. Aucun d’eux n’avait réussi à toucher la générale de cette armée. Mais peut-être le secours d’Edmar allait-il aider ? Il arrivait, épée au clair, prêt à pourfendre la jeune pâle, prêt à défendre l’homme-loup. Elle-même se détourna un instant du lupin pour prévenir de son assaut furieux. Elle était terrible, implacable. Une adversaire trop puissante pour Edmar : Yurlungur l’avait dit, et Celemar le savait également. Il n’écouta pas les conseils de la jeune fille et resta fermé à ses arguments : son sang était prêt à se sacrifier pour une cause : il ne pouvait le laisser mourir sans rien tenter pour le sauver. Le regard dur, les yeux fermes, il encocha une flèche à son arc, banda et relâcha presque instantanément la corde… Au moment où Yurlungur s’interposait, le bousculant pour qu’il perde pied. La flèche partit, mais pas dans la direction choisie par l’archer. Une direction, en vérité, pour le moins létale : elle alla se ficher dans le dos d’Edmar, entre ses omoplates. Sa course s’en trouva perturbée, sa charge annulée, son épée déviée de sa trajectoire.

    Une ouverture dont la femme-pâle profita pour saisir sa chance : dans un nouveau balais d’ombres, elle se téléporta dans le dos d’Edmar et de sa longue dague égorgea l’humain sans lui laisser la moindre chance. Un flot purpurin s’échappa de sa gorge ouverte, et il tomba presque instantanément au sol, encore secoué de convulsions. Mais il ne fallait pas se leurrer : il était mort. L’archère eut un regard étrange dans la direction de Celemar et Yurlungur, puis se détourna d’eux et reprit le combat contre Börte.

    Celemar, lui, semblait complètement perdu. Bien entendu témoin de ce qui venait de se passer, il avait lâché son arc au sol et, le regard posé sur son frère tombé, les yeux grands ouverts et pleins de détresse, était tombé à genoux au sol. Impuissant. Tout sourire avait disparu de son visage et de son regard.

    Le combat tomba vite court : sans aide, Börte-a-Tchino ne tint plus longtemps. L’archère le désarma, blessant poignets et chevilles du carnivore pour le forcer à courber l’échine, et ainsi se rendre de force. Elle passa sa dague sous la gorge du chef des carnivores… Un événement que chacun dans ce champ de bataille perçut. Les derniers carnivores combattants comprirent le message : s’ils poursuivaient la bataille, leur chef mourrait. La stratégie qu’avait exposée Celemar se retournait contre eux, ces combattants qui étaient tant dans l’affectif. Ils lâchèrent tous leurs armes, sans exception, et se firent contraindre par les soldats d’Arothiir. Une victoire facile pour la Trinité. Sans grandes pertes. Une victoire par trahison. Une victoire de serpent. Si les regards étaient tous plantés sur l’archère, celui de cette dernière fixait Yurlungur et Celemar, toujours défait à genoux. Avec une intensité rare.

[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (déviation) + 1 (bonus longueur).]

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