L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Jeu 1 Fév 2018 19:18 
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À la fin du repas c'est la troisième qui les trouva, lui, la gamine et sibelle. Elle leur proposait d'aller plus vite demain avec elles et de voler jusqu'a la ligne de front. Elle laissa ses cheveux piments virevoltés autour de son visage avant de reprendre. Ils pouvaient refuser, c'était leur choix et ils avaient la nuit pour le prendre. Elle s'en alla tout aussi mystérieuse, ses ailes oscillent au gré de ses pas chaloupé.
Le géant Maltais resta silencieux, son pacte l'engageait de toutes les façons, la question qui venait à lui était de savoir si son amie le suivrait. Ce sentir séparé d'elle ne lui plaisait pas, il s'était attaché, un lien étrange, c'était crée ou alors avait il été toujours là depuis leur combats à Cuilnen et leur première rencontre. Il évita son regard et se faufila dans les méandres du dédale du village-marais.
Sirat se dirigea vers la hutte réservé au chef des carnivores. Il frappa sur la porte en bois, un bruit sourd traîna dans l’atmosphère humide du marais. Börte lui ouvrit, sévère, et le laissa entrer. Il invita Sirat à s'asseoir dans une chaise en osier tressé, et fit de même. La pièce était sommairement décorée, le strict nécessaire peuplait des murs taupe, réchauffé par un feu de cheminer. Un buffet de bois, où trônait une bouteille de liqueur ambré esseulé et à moitié vide, un lit, fait de nattes, leurs deux sièges et une table basse se partageaient le petit espace.
Le maître loup proposa un verre de l’alcool brun. Sirat accepta et attendit son hôte qui se servait. Lui aussi. Il avait enlevé son armure, mais sa carrure restait importante. La taille des maisons des hommes rats obligeait les deux hommes à ce courbé lors de leur déplacement.

Vous semblez soucieux qu'es qui vous préoccupe le plus ?

Lui demanda-t-il.
Il avait l’impression de perdre son combat, la trinité lui volait leur légitimité. Elles ne lui inspiraient que dégoûts et prudence. Malgré ses faiblesses, il restait fidèle à la reine Sheelar et regrettait cet accord qui muselait sa liberté.
sirat huma l'alcool en connaisseur, et en bu une lampé. Il apprécia la chaleur et la texture des arômes sur ses lèvres et son palet.

Pourquoi sont-elles une trinité et pas quatre avec la reine sheealar?

il se posait la question plus a lui même les yeux dans le verre d'alcool

la trinité vous offrent un poids, c'est a double tranchant, mais elles vous donnent aussi un ennemi commun a vous végétarien et carnivores et quand bien même on vous reprocherait d'avoir fait entrer le loup dans la bergerie, si je puis me permettre se trait d'humour il esquissa un sourire les yumeniens et moi-même pourrait devenir des accusée facile, non?

Il limita le zélote à son tour une gorgé amer et forte en bouche. Les harpies avaient toujours été envieuses de la Reine. Il rêvait que tout cela cesse, de pouvoir déposer les armes et vivre librement, se débarrasser d'un ennemi pour en créer un autre ne faisait que déplacer le problème. Il marqua une courte pause. Quand à accuser les yumenien, il s'y refusait, il assumait ses actes jusqu'au dernier, il avait accepté leur aide et il était maintenant piégé.
Il leva un regard circonspect sur Sirat, qui avait lui aussi accepté cet accord.

ce combat avait déjà aucune fin, qu'aviez-vous prévue pour l'après, pour vivre ensemble. C'est tout à votre honneur de vouloir assumer vos choix. Elles ne vous tiennes pas tant que cela, vous pouvez amener votre peuple ailleurs et balayé tout cela
Moi, je noue des alliances, je poursuis mes buts, mais dans cette histoire, je vous comprends, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu cela


Il fronça les sourcils, grogna entre ses dents à l'idée de s'exiler et s'enfila une gorgée de liqueur. S'enfuir, abandonné, il s'y refusait. Cette terre était la sienne, celle de son père avant lui et de son grand-père avant celui-ci. La trinité était étrangère à cette genèse, cette essence, elles ne la comprenaient pas et il assurait que bientôt elles auraient épuisé chaque parcelle de ressource de cette forêt au profit de leur richesse et leur bien-être, pour en faire une terre aride à l'image de leur pays. Lui, il avait prévu de reprendre la vie-là ou il l'avait laissé. Cette dernière phrase laissait imaginer un Borthe, paysan ou éleveur, une femme dans ses bras, le regard posé au loin sur sa progéniture qui jouait innocemment. Sirat comprenait ce désir, il l'avait vécu, il avait touché du bout des doigts cet instant de paix. Mais la paix n'était pas pour eux, pas aujourd'hui, pas dans cette vie.

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village fumer la cheminée, et en quelle saison reverrais-je le clos de ma pauvre maison, qui m’est une province et beaucoup davantage ? Peut-être jamais, le vôtre est à porter de vos mains, alors vous vous battrez, car il n'y a point de repos pour ceux qui portent les espoirs de leurs peuples, car il n'y avait point de repos qui se dessinait à l'horizon avant qu'elles arrivent. Votre avenir n'est pas de reprendre simplement votre vie d'antan, vous devez épouser votre destin, être le chef qu'ils attendent, ne vous en détournez pas, j'ai déjà essayé et cela coûte trop cher

Il eut une pensée pour N'kpa, un air triste, un reflet nostalgique ,perdu dans le flacon d'alcool brun puis reprit avec un sourire de façade
On se reposera quand on sera mort

Il secoua la tête, il ne se voyait pas chef, meneur tout au plus.

Ce n'est pas vraiment nous qui décidons ce que nous sommes, c'est plus nos actes et que vous le vouliez ou non les vôtres vous conduisent à être plus qu'un meneur. Elles ont un point faible ? Avants ces harpies-là, il en existait d'autres ?

Il opina du chef, avant la transformation toute leur femme était comme cela, il pensait le zélote au fait de ce genre d'information puisqu'il avait participé à la grande guerre.

la grande guerre était "grande" fit il en levant un sourcil et je n'ai pas côtoyer vos semblables, ni participer à votre première guerre civile"

Il posa son verre et l'homme loup continua. L'assurance des harpies était leur faiblesse, elles n'assumaient pas les forts qui se dressaient contre elles. Il fronça les sourcils sur le fait que l'humoran ne se souvenait pas d'eux à la grande guerre.

Le moment venu, vous vous dresserez contre elle et vous les ferez plier. Je ne nie rien, je dis juste ne pas y avoir participer à vos côtés. Lacune que je vais combler apparemment très bientôt

Il termina son verre et le déposa sur la table basse, ou traînait des parchemins usé, tenu en soumission par un chandelier dégoulinant de cire.

Demain, j'irais avec les harpies, en avant, vers la ligne de front, nous vous attendrons là-bas bonne chance à vous, on se reverra sur le champ de bataille

Le chef des carnivores lui rendit son salut avec les honneurs de deux combattants qui s'étaient reconnus l'un l'autre.

Dehors, l'humidité moite s'était rafraîchi. Une brise fraîche se faufilait entre les troncs ou siégeait les cabanes du peuple rat. La nuit profonde luttait contre des traînées de lumière épaisses portée par un système de torches. Sirat avança sur une ruelle faite de planche de bois, qui surmontait des flaques marécageuse. Il ne croisa pas grand monde à cette heure, un guetteur qui prenait son quart et qui l'ignora. On lui avait indiqué son dortoir et prenant soin de baisser la tête, il y entra.

Une chaleur douce l'acceuillait, de la même taille que celle de Borthe cette hutte devait abriter plus de monde, les deux frères, Sibelle, sirat et la petite. Elle ne prenait pas beaucoup de place, mais l'endroit était déjà tellement exigu. Il slaloma lentement pour arriver à la seule couche vide, entre Sibelle et l'enfant.

La maître d'arme l'attendait les yeux ouvert, alerte. Elle lui fit un signe de se rapprocher et elle joignis le geste à la parole. Il perçut son parfum ardent se rependre sur lui. Leur visage était tellement proche, qu'ils auraient pu se frôler. Elle lui murmura qu'elle allait faire le voyage avec les harpies et que Celemar allait se joindre à eux. Elle lui demanda son choix. Il fut soulagé de ne pas avoir à batailler pour la convaincre.

J'irais avec elle aussi, je ne peux plus reculer

Il se retourna dans sa couche, répriment un désir de l'embrasser encore une fois. Ils se permit siplment d'esquisser un merci et de rester silencieux.
Cependant, après une poignée de seconde il sentit le besoin impressible de lui dire ce qu'il avait apprit sur les harpies, il lui refit face, son oeil tomba sur les formes de la jeune femme et il dégluti et balbutia.

Les harpies ... lui dit il leur force est leur faiblesse, si on leur tient tête elles s'ecrasent puis il se retourna comme pour etouffer son corps sous le sommeil.

N'hésite pas, tu as ce qu'il faut pour

Pour clore la conversation, il simula son endormissement se cachant sous les ronflements du frère de l'archer qui grondait dans toute la pièce. Ce soir-là, il eut du mal à dormir, l'angoisse du lendemain et de ses possibles le harcelant sans cesse. Quand le jour arriva, il lui semblait ne pas avoir fermé l'œil de la nuit. Pourtant, il savait que c'était faux.
Après un encas frugal et une gerbe d'eau pour se rafraîchir, ils sortirent à la rencontre des harpies pour leur donnée leur volonté de les suives. De son côté, l'armée était prête et prenait déjà la route tortueuse de la forêt.


Citation:
1600 mots
action suivre les harpies
« Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village fumer la cheminée, et en quelle saison reverrais-je le clos de ma pauvre maison, qui m’est une province et beaucoup davantage ? » (Joachim du Bellay – « Regrets »)

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 11 Fév 2018 18:57 
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Forêt d’Emeraude : Voyage aérien vers la Clairière de l’Obélisque. (Sirat et Sibelle)

    Le lendemain, Sirat et Sibelle purent voir partir les troupes des carnivores et des rats vers le nord, où les troupes d’Arothiir les attendaient déjà sans doute. Quant à eux, les trois Reines d’Arothiir vinrent les rejoindre, prêtes à savoir qui viendraient avec elles. Elles revêtaient pour l’occasion une apparence toute nouvelle par rapport à celle qu’ils avaient pu observer la veille. Elles gardaient leurs visages cornus si particuliers, mais en lieu et place de leurs bras se tenaient de larges ailes de plumes. Noires pour Jess, à la peau si pâle. Blanches pour Guigne, une couleur qui n’allait décidément pas avec son tempérament, et pourpres pour Sable, s’accordant à sa chevelure. Celemar avait fini par faire faux bond à Sibelle, s’en allant pour finir avec les troupes à pieds. Il était venu le lui signifier à l’aube. Son frère ne lui permettait pas de le laisser.

    Ils ne seraient donc que deux à profiter du voyage aérien des maîtresses d’Arothiir. Sable s’occuperait de porter Sibelle, pendant que Guigne s’occuperait de Sirat. Elles déployèrent leur large ramure et s’élevèrent du sol pour venir agripper de leurs griffues pattes antérieures les épaules des deux aventuriers. Si Sable s’y prit avec délicatesse pour soulever l’elfette, il n’en fut rien de Guigne, qui planta sans ménagement ses griffes dans les muscles de l’humoran, le soulevant de terre comme une proie. Elles prirent vite de la hauteur, si bien que s’il se débattait, il chuterait de haut. Et elles prirent leur envol vers le nord, survolant la forêt avec une vitesse phénoménale. A ce train, ils auraient parcouru la distance en une paire d’heures, à peine.

    Les discussions se prêtaient peu à ce type de voyage, où le vent fouettait leurs oreilles, mais ils pouvaient éventuellement brièvement communiquer avec la harpie qui les transportait, s’ils haussaient la voix. Leurs membres étaient eux-aussi libres de tout mouvement, même si les épaules de Sirat, sanguinolentes, le faisaient souffrir atrocement.

[Aparté bref possible avec la harpie qui vous transporte. Autres actions selon votre gré possible pendant le trajet]


Forêt d’Emeraude : Marais de Tahmass. (Yurlungur)

    A terre, les troupes des carnivores et des rats s’amassaient autour de la table pour distribuer les potions de vitesse et d’endurance préparée par ceux qu’on découvrait comme des alchimistes de métier, les hommes-rats. Les frères Dongho s’en étaient pourvus en suffisance, et Börte-a-Tchino en avait lui-même plusieurs apparentes à sa ceinture. Il s’était approché de Yurlungur pour lui en tendre une, grognant qu’elle en aurait besoin si elle voulait tenir la cadence. Lorsque tout le monde fut prêt, ils se mirent à partir vers le nord des marais, par des sentes connues seulement des hommes-rats, à travers ces landes dévastées où les imprudents pouvaient très bien se noyer, engloutis dans la vase. Ils marchaient à un rythme soutenu impressionnant. Un rythme qu’aucun être naturel humanoïde ne pouvait tenir normalement.

[Aparté avec Börte possible si tu prends la potion. Sinon, tu remarques vite qu’ils te distancent et tu te retrouves vite à la traine, seule dans les marais.]


Forêt d’Emeraude : Clairière de l’Obélisque. (Tous les autres)

    Daemon ayant traduit les tentatives de paroles du monstre d’une certaine manière, ni la Reine ni Astidenix ne remirent cette traduction en doute. Mieux, la Reine embraya au plan de Daemon :

    « Ne vous leurrez pas : elle doit être juste engourdie par son long sommeil, mais c’est bien une terreur intelligente qui régnait autrefois sur ces bois. Nous devrions effectivement profiter de son état pour la mettre hors d’état de nuire, car après, il sera trop tard. C’est ce que je m’échine à faire, d’ailleurs… »

    Mais sans doute était-il trop tard pour la diplomatie : de partout autour de la clairière arrivèrent les résidents de Treeof, armés jusqu’aux dents, bien qu’ils soient tous végétariens, et avec la ferme intention d’en découvre avec cette créature immense qui les menaçait, eux, leur reine et leur cité. Un regain d’identité qui n’était pas sans équivoque, au vu des récents manquements de loyauté envers leur dirigeante, qui les vit arriver en silence, stupéfaite. Avec eux se trouvaient Xël et Kiyoheïki. Et Nastya. La clairière qu’avait connu l’ynorien n’était plus telle qu’il l’avait aperçue : la terre était retournée dans un chaos sans nom, et là où se dressait autrefois l’obélisque, un monstre immense se tenait, ladite obélisque en main comme s’il s’agissait d’une épée.

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    L’arrivée de troupes aussi nombreuses, prêtes à la bataille malgré la taille immense du monstre, était synonyme de chaos. La grosse part des végétariens de Treeof étaient là, assemblés, prêts à faire leur dernier combat contre cette chose qu’ils ne savaient pas être Azra. Qu’ils pensaient même être un titan…

    Mais ils n’en eurent pas l’occasion. La terre, subitement, se mit à trembler. le sol encore meuble où le monstre avait enseveli le corps d’Azra peu avant se mit à bouger, à gonfler de l’intérieur. Et bientôt surgit de terre la résurgence d’Azra, sans masque cette fois, liche nécrotique impressionnante, auréolée de ténèbres. Azra s’était approprié le corps de la créature… Et la créature avait fait de même, et l’utilisait à son plein potentiel. La liche flottant au-dessus du sol, terrible, regarda l’estramaçon dans les mains de son ancien corps.

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    Là, les runes sur l’Obélisque, hors du contrôle du nécromancien perdu dans un corps trop grand et puissant, se mirent à scintiller plus intensément. La magie étreignit les lieux et s’empara de chacun. Tous, même Azra sous sa nouvelle forme, purent sentir la puissance de la créature s’introduire en eux. Petit à petit, tous se figèrent, incapables de bouger. Les esprits les plus faibles, d’abord. Les Pâles ayant le moins de courage, les plus ténus et les moins avancés. Puis, les plus costauds et vaillants. Suivirent alors Astidenix et, dans le même temps, l’intégralité des aventuriers présents… Une immobilisation progressive, commençant par les articulations les plus fines, puis par les plus imposantes. Une immobilisation qui les étreignit sans qu’ils ne puissent rien y faire. Après quelques secondes, seule Sheeala d’Argentar restait vive et animée dans cette clairière de statues vivantes. Car la vie était toujours en eux : seul leur corps n’obéissait plus. Leurs yeux, leur esprit fonctionnaient toujours. Et ils purent voir la harpie se ruer toutes griffes dehors, avec un hurlement rageur, sur le mort-vivant éveillé. Un ennemi sans doute plus puissant qu’elle… Mais elle ne semblait pas en avoir quoique ce soit à faire : son peuple, ses amis avaient été attaqués.


[HJ : Avant d’être immobilisés, vous avez le droit à une seule action. Choisissez la bien !]



[Yurlungur : Noté quand complété.
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (voyage avec les harpies) + 1,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (voyage avec les harpies) + 1,5 (bonus longueur).
Azra : 0,5 (tentative de se faire comprendre).
Daemon : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de stratégie) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 11 Fév 2018 20:55 
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La reine n'était cependant pas de cet avis. Pour elle, il était une menace toujours en cours de réveil et il fallait l'arrêter maintenant. Azra était en droit de se demander ce qu'elle espérait, seule contre un être bien plus grand qu'elle... mais voilà que les fourrés s'agitèrent. Concentré sur la perception de son environnement immédiat et la maîtrise de son corps, le nécromancien n'avait pas fait attention à ce qui se passait plus loin. Et voilà que des homme-pâles surgissaient de partout ! Une véritable foule en armes s'était assemblée ici-même. Parmi elle, il reconnut même Kiyoheiky et Xël. Ah ! Des héros ! Voilà tout ce qui manquait au tableau !

Azra sentit un étrange mélange de peur et d’exaltation monter en lui. Il risquait de ne pas venir à bout de cette multitude, mais il serait tel un géant combattant les fourmis, semant la mort au-delà de tout ce qu'avaient pu rêver les plus grands adeptes de Phaïtos ! Cela promettait d'être... glorieux !

Ce mot, il ne le connaissait guère, jusque-là. Il n'avait jamais agi pour la gloire, ni pour l'honneur. Des notions comme la survie, la vengeance, ou au mieux le rejet de l'injustice, voilà pour quoi il se battait ! Mais maintenant qu'il était devenu presque un dieu sur terre, il espérait bien mourir comme un dieu !

Maintenant assez bien en contrôle de ses mouvements, il se dressa de toute sa hauteur, élevant la dague-obélisque.

C'est alors que la terre se mit à trembler et à se soulever. Le nécromancien n'avait pas besoin d'un dessin. Alors que des cris de panique montaient vers lui, il savait déjà ce qui soulevait le sol. Il fallait s'y attendre. Il n'avait pas le sentiment d'avoir obtenu les pouvoirs du titan, donc celui-ci devait toujours être en pleine possession de ses moyens, et usait de sa magie pour ressortir.

En effet, une créature de ténèbres jaillit de terre. Azra doutait d'avoir jamais été aussi impressionnant que cette chose nimbée de ténèbres et qui flottait à quelques mètres au-dessus du sol. Le titan était de retour, et ses pouvoirs étaient toujours aussi impressionnants. Il, ou plutôt elle, semblait-il, se tourna aussitôt vers l'obélisque qui se mit à luire d'une lueur sinistre.

Aussitôt, une étrange torpeur commença à envahir l'assistance. Un maléfice qu'Azra ressentit bientôt lui aussi. Quelque chose était en train de les figer ! Certains des plus résistants tentaient de se maintenir, mais il sembla bientôt que seule la reine pouvait encore agir. Comprenant sa méprise, elle s'élança avec fureur en direction du monstre. Mais pourrait-elle vraiment vaincre seule ? Rien n'était moins sûr.

Alors, Azra fit ce qui lui semblait le plus évident. Son arme brandit luisait d'une lueur qu'il ne commandait pas. Et l'un dans l'autre, il n'avait rien à faire d'une arme inutilisable ! Son nouveau visage aurait adressé un sourire moqueur au monstre qui possédait son corps s'il avait eu des lèvres. Cette démone n'avait pas eu assez de revirement douteux de sa part ? Soit, il allait continuer !

Alors que ses mouvements ralentissaient, il saisit la pointe de l'épée bandit de son autre main. Puis, tandis que ses doigts s'engourdissaient mais que ses membres étaient encore fonctionnels, il abaissa pesamment ses bras tout en remontant d'un geste puissant son genou d'acier. À nouveau, tout sembla s'écouler au ralentit tandis qu'en réalité, c'est à une vitesse inouïe que le plat de l'obélisque allait percuter l'obstacle qui venait à sa rencontre.

((( Azra tente de briser l'obélisque sur son genoux, 580 mots )))

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 11 Fév 2018 23:26 
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Tout juste avant la levée du soleil, Celemar s’était approché de Sibelle pour lui signifier qu’il ne prendrait pas la voie des airs, son frère ne lui en avait pas donné l’autorisation.
Sibelle avait écouté attentivement le guerrier, mais sa réponse l’avait rendue perplexe. Elle plongea alors son regard dans celui de l’archer, puis ouvrit la bouche. Mais elle se retint de tout commentaire et la referma. Puis, elle l’ouvrit aussitôt… C’était définitivement impossible pour elle de se contenir. Sur un ton neutre et les yeux toujours dans celui de l'archer, elle demanda :

« Je vous comprends de soutenir votre frère. Donc, si votre choix n’a pas de lien avec mon refus d’hier soir à votre endroit, je peux penser qu’on se retrouvera sur le champ de bataille ? »

L’archer lui décocha un sourire avant de lui répondre qu’ils se retrouveraient sans doute. La guerrière le regarda partir tout en rangeant ses armes, cette décision la contrariait. Elle n’avait pas menti, elle comprenait qu’il soutienne son frère, comme elle l’aurait fait pour sa sœur d’armes Azalée. Cependant, Azalée ne lui aurait rien ordonnée, elle lui aurait laissé la liberté de faire ses choix, ce qui ne semblait pas être le cas du frangin. Et puis, bien que Sibelle ne doutait pas un instant de la puissance de l’humoran, elle aurait préféré la présence d’un autre guerrier de la trempe de Celemar à leur côté. Au moins, elle avait tiré un fait au clair, l’archer ne lui tenait pas rancune de son refus de partager son lit, et elle pourrait compter sur lui pour ses talents de combattants à ses côtés. Sirat qui avait eu connaissance d'un conversation entre la belle et l'archer, lança un regard noir à Celemar, même si aucun mot n'était parvenu à ses oreilles.

Elle vit donc les troupes des rats et celles des carnivores partir à pied vers le nord. Peu de temps après arrivèrent les trois reines d’Arothiir. Puisqu’elles avaient choisi la voie des airs, elles arboraient chacune une magnifique paire d’ailes toutes en plumes ainsi que des serres comparables à celle des rapaces. Sirat demeurait silencieux n'accordant aucun regard à sa compagne d'aventures. Sibelle attendait leur signal se demandant comment elle prendrait place sur leur dos. Elle fut donc surprise lorsqu’elle les vit déployer leurs ailes et s’envoler sans eux. Puis Guigne, la plus costaude des trois, battit de ses ailes noires en rase-mottes dans la direction de Sirat et planta violemment ses griffes dans les épaules de l’humoran pour l’emporter dans les airs. Sibelle n’eut le temps que d’un hoquet de surprise qu’elle subissait le même sort. Enfin presque, dans son cas, c’était la plus frêle des trois, la rouquine aux ailes pourpres qui l’empoigna délicatement par les épaules sans pour autant blesser la guerrière.

La démone Jess devant, elles prirent rapidement de l’altitude et se dirigèrent vers le nord survolant la forêt d’Émeraude à une vitesse vertigineuse.

L’air était froid à cette hauteur, mais l’elfe orgueilleuse endura sans se plaindre. Elle baissa légèrement la tête afin d’éviter que le vent ne lui fouette trop le visage et ses longues oreilles et cria à l’intention de la harpie qui la transportait.

« A combien de temps estimez-vous le temps de vol ? »


Et Sable lui répondit qu’elles y seraient bientôt. Cette réponse fut assez floue pour la guerrière qui d’après le paysage qui passait à très grande vitesse sous eux, elle estima que c’était une question d’heures plutôt que de jours.

((( 545 mots )))

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Sibelle, Maître d'armes


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Mer 14 Fév 2018 17:27 
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Celemar approcha de Sibelle, sourire enjoleur, démarche débonnaire, ils discutèrent sans que l'humoran puisse entendre. Une bile aigre remonta, une colère sourde, il voyait cet homme sourire à son amie et ne parvenait pas à mettre de côté ses sentiments. Le zélote aimait les femmes, toutes, chacune à sa manière, iljugeait comme un don les précieux instants que chacune daignait lui permettre de partager. Mais, même si il se savait béni, même si il savait qu'aucune n'eut été sa propriété, car elle était plus belle jouissant de leur liberté, il éprouvait de la jalousie. Une jalousie, simlple, élémentaire, rustique comme la sentance qu'il voulait rendre sur le crâne de l'archer.

Il le toisa d'un regard haineux, puis se détourna de cet insolent qui apparament ne venait pas avec eux. Il ignora la maître d'arme, à la manière d'un enfant puérile et véxé et se dirigea vers la trinité. Elles avaient recouvert leur robe ailées, couverture de plume, s'ouvrant dans l'espace en de grandes ailes puissantes. Guigne sauta presque sur Sirat, plantant ses groffes acérés dans les épaules du guerrier. sirat fit un rictus de douleur, mais serra les dents sans rien dire. Un battement d'ailes, une gerbe de poussière plus tard et ils s'envolèrent au dessus de la forêt. Le vent froid du matin frappait son visage. Il leva la tête vers la femme rapace et cria pour se faire entendre.

"vous ne m'avez pas condamné pour mes propos sur le sans-visage juste mis en garde, vous pouvez l'invoquer, ou lui parler ?"

Elle ressera son étreinte et avoua que celui-ci était leur allié et qu'il avait trouvé refuge dans leur cité. Sirat ferma un peu plus les dents, mordants ses lèvres. Une saveur métalique s'epancha dans sa gueule. Guigne semblait prendre plaisir a ce petit jeux, un ourire sadique et amusé ratifiait son visage.

"je vous servirais a rien si vous m'amocher comme cela !!" il reprit "j'aimerais le rencontrer ou que vous lui dites que je cherche à le faire !!"

Elle ricana, ce moquant de lui, elle jugeait qu'il n'était pas habitué au femme forte elle pointa du regard Sibelle.

"les habitudes entravent la liberté, non ? !! Mais, détrompez vous madame, Sibelle est forte, déterminé et dans notre monde un grand destin l'attent !!

elle ignora sa réponse avec dédain puis elle continua en répondant à la question qui'il avait posé. si il voulait lui parler il avait qu'a l'appeller lui même.

Sirat resta perplexe, il n'y avait même pas pensée, si il avait été omniscient il pouvait l'entendre. Il aurait put l'invoquer.

je ne savais pas que je pouvais lui parler, cela ne m'étais pas venu à l'idée"

la canopée défilait en dessous d'eux, et devant, sur l'horizon encore flou, leur destin s'extirpait de son brouilard.


Citation:
environ 450 mots

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 16 Fév 2018 18:32 
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Nous nous rassemblons et nous préparons rapidement avant de quitter la cité pour s’avancer dans la Forêt émeraude. Ma pierre de vision vibre et la voix d’Ibn Al’Sabbar en surgit. Étonné, il me demande pourquoi le titan ne s’est pas réveillé avant. Je garde le silence, incapable d’y répondre. Il m’informe ensuite qu’il va prévenir les autres et me tenir au courant et me demande d’en faire de même. Je souffle, à demi-soulagé. Le temps qu’ils agissent et qu’ils viennent ici, si c’est la décision qu’ils prennent. Qui sait ce qui aura eu le temps de se passer.

Nous traversons la forêt pour atteindre une clairière ravagée, chaotique. Devant nous, ou plutôt au-dessus, nous écrasant par sa taille, se tient le titan de la forêt d’Emeraude. Nous nous mettons en place, nous propageant dans la clairière. Mais nous n’avons pas le temps de commencer la bataille, le sol se met à trembler et il en surgit un corps que je connais. Celui d’Azra, sans masque, auréolée de ténèbres. Il se tourne vers le Titan et les runes sur son épée se mettent à scintiller intensément.

Je frissonne, sentant la magie noyant la clairière. Une magie puissante qui s’empare de moi. Je sens mes doigts se figer, mes pieds, mes jambes. La magie était en train de me paralyser. Moi mais les autres également, les hommes pâles sont déjà incapables de bouger alors que les autres aventuriers et moi-même pouvons encore bouger la tête pour nous voir subir peu à peu le même sort. Je me crispe et fait un effort pour pouvoir encore me tourner vers le titan. J’aperçois juste une harpie que je pense reconnaitre mais mon esprit ne prend pas le temps de chercher à se souvenir de son nom. C’est visiblement la seule qui n’est pas affecté par la magie. Elle se ruait en hurlant vers la liche. Est-ce que c’était Azra qui était responsable de ça ou le titan. J’avais du mal à comprendre. Pas le temps d’y réfléchir, elle, peut bouger et si je peux l’aider, je dois le faire. Ressentant encore la magie autour de moi, je me concentre pour la puiser, m’en servir.

Mais le titan semble agir, je l’aperçois soulever son épée. Mes yeux s’ouvrent grands. S’il frappe le sol, nous serons tous mort ! Je vois encore les runes scintiller et mon esprit semble alors me hurler une évidence. La magie ne vient pas du Titan ou d’Azra. Elle vient des runes, de l’épée ! Il faut se débarrasser de l’épée. Je me concentre à nouveau, fronce les sourcils, serre les poings dans un ultime effort. Je me remémore la bataille de Fan-Ming, le coup porté au dragon. Je devais faire pareil avec pour cible l’obélisque, faire frapper le vent à un point précis. Je visualise mon sort, le construit dans mon esprit. J’imagine le vent tourbillonner d’abord dans les cieux, s’élevant de la clairière pour former un cyclone qui semble se compresser et descendre à une vitesse foudroyante pour frapper la lame en son centre, la brisant comme le mât d’un navire qui n’aurait pas supporté la tempête.

Je regarde l’épée, je ne vois qu’un mât. Je regarde le ciel, je vois le cyclone. Par ma détermination, je vais faire frapper ce cyclone et briser ce bout de bois. Interrompre le sort et empêcher le titan de tous nous tuer. Enfin, je lance mon sort d’un geste qui me donne un lourd effort avant de me figer complètement.

(( 560 mots. Tente de lancer le sort Vents infernaux : Invoque des vents relativement puissants qui frappent une cible avec violence. Plus le lanceur de sort est puissant, plus les vents sont forts. (mag+1/lvl.) sur l’obélisque pour le briser.))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 17 Fév 2018 01:29 
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En essayant de convaincre Sheeala d’apprivoiser l’esprit simple du titan, Daemon avait opté pour la prudence. Il ne craignait pas de mourir, pas vraiment, puisqu’il l’était déjà. Les conséquences de toute cette histoire n’avaient pas d’importance pour lui. Ses résistances provenaient de considérations plus pratiques : comment allaient-ils pouvoir affronter une créature dont ils n’arrivaient littéralement pas à la cheville ?

Ses conseils furent ainsi accueillis par la reine, attentive, qui comprit parfaitement ce qu’il proposait. Mais cela ne suffit pas. Emportée par sa fougue, elle préférait profiter de l’hébétude de la géante pour attaquer, car, selon elle, la démone s’éveillait encore de son long sommeil et sa cruauté n’allait pas tarder à refaire surface.

Il voulut rétorquer qu’elle n’avait manifesté aucune agressivité, mais il dut se rendre à l’évidence, l’heure n’était plus à la diplomatie. Une foule de pics, de lances, d’épées et d’autres objets pointus émergea du sous-bois. L’éveil du titan avait été perçu et la population était venue porter main-forte à sa souveraine. Ce renfort inattendu émut manifestement Sheeala.

« Au moins, nous avons un effectif correct maintenant… » dut reconnaitre le semi-elfe.

Cependant, une nouvelle surprise les attendait. La terre trembla et se souleva, comme poussée par une masse gigantesque. Daemon éclata d’un rire triomphant ; un nouvel allié, et pas des moindres, allait se joindre à leur cause. Mais son engouement bascula dans l’incompréhension. La bulle tellurique céda sous l’impulsion et une magie écrasante s’appropria les lieux. C’était une aura terrible, qui défiait l’entendement.

Daemon ne comprenait plus rien. Il connaissait Azra et son pouvoir et cela ne lui ressemblait pas. Où avait-il obtenu une telle puissance ? Avait-il dissimulé sa réelle force, habillement, en feignant la faiblesse contre la créature du fleuve ? Incapable de réagir, sans savoir quoi penser, il observa la liche nécrotique s’élever dans les cieux en jubilant.

La liche porta alors son attention sur les hiéroglyphes de l’épée du colosse, qui se mirent à scintiller plus nettement qu’auparavant et une nouvelle magie inonda les lieux. Une pression au début infime, commençait à contracter le thorax de Daemon.

L’obélisque sur la garde irradiait, le colosse ne réagissait toujours pas et la magie maléfique déferlait d’Azra. Qui faisait quoi ? C’était incompréhensible. La puissance de son compagnon occultait presque la montagne d’acier qui la surplombait.

Il voulut avancer, mais son corps résista, étrangement raide. Ses articulations paraissaient comme rouillées, grinçantes, et l’impression s’accrut. Ses doigts étaient tétanisés. Il ne pouvait plus refermer ses mains…

Les souvenirs du comportement étrange du colosse lui revinrent alors en mémoire. Le dessin d’oiseau sur le sol, les gestes vers la sépulture improvisée, son étrange passivité, retentirent en lui avec une interprétation nouvelle. La puissance écrasante qu’il avait ressentie en arrivant, celle qu’il avait associée au titan, émanait d’un endroit insolite… et si l’aura du titan émanait du squelette, alors le nécromancien était…

Il ouvrit les yeux sur la réelle nature du colosse. Mais c’était trop tard. Il ne pouvait plus les refermer. Ses jambes et son bassin devinrent trop rigides pour qu’il puisse déplacer son centre de gravité sans basculer en avant. Il eut à peine le temps de tourner la tête vers la liche en lévitation, de lui afficher tout son mépris et, faute de pouvoir déployer correctement son bras, son fluide bouillonna d’avoir ainsi été berné ; sa haine jaillit, psychotique, psychique, comme les crocs d’un serpent.


- 500 mots -
(((Utilisation du sort tenaille mentale sur la liche en lévitation avant d’être totalement paralysé.)))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 17 Fév 2018 02:59 
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~50~



Aux côtés de la troupe des Végétariens, je progresse en direction de la clairière. Mes sens sont assaillis d'abord par une forte odeur de terre puis par une vision qui me laisse stupéfait une fraction de seconde. Le sol de cette clairière est retourné et amoncelé d'une façon qu'aucun événement naturel ne pourrait causer en si peu de temps. J'aperçois le yuiménien, le général Astidenix et Sa Majesté dans son aspect prédateur. Le spectacle qui s'offre à nous réveille un sentiment de crainte car par-delà le trio que j'ai vu passer les portes de Treeof, je constate la présence d'une gigantesque silhouette. Une sorte d'armure mêlée à un oursin squelettique. L'absence de visage expressif, comblé par la présence de lueurs en guise d'yeux, ne fait qu'ajouter de l'incertitude à la surprise. Malgré le contingent plus qu'honorable des Pâles, faisons-nous seulement le poids ? J'effleure mon sac distraitement, me demandant si appeler un des dragons pourrait nous aider. Mais répondraient-il seulement à l'appel ? Ignorant si cela serait le cas et refusant d'ajouter un danger supplémentaire à la situation, je laisse cette idée de côté.

Ce que je prenais pour un monument en l’obélisque a des airs d'arme d’apparat ou en lien avec quelque rituel qui m'est inconnu dans la grande paume de cette... Créature. Songer à cela me faire remarquer une absence. Mon regard balaie vivement le chaos de terre qui nous entoure, mais nulle trace d'Azra. Après s'être montré si curieux, a-t-il finalement renoncé à visiter la clairière ? Je l'espère, car s'il s'était trouvé là lors de ce qui a causé une telle dévastation...

À peine cette pensée formulée, le sol meurtri se met à trembler avec violence. Un monticule de terre forestière gonfle avant d'éclater pour laisser apparaitre... Un corps. Non, pas exactement. Cela ressemble à la sombre silhouette d'Azra, mais... L'air qui l'entoure est bien plus dangereux. Est-ce lui ? Que lui est-il arrivé pour avoir l'air si... Déchaîné ? Est-ce en lien avec ce géant et l'obélisque ? Il me fait froid dans le dos tant il diffère de mes impressions de lui. Cette liche que je vois flotte au-dessus du sol, chose que jamais mon ancien invité n'a fait auparavant. Nul masque pour adoucir l'évidence de sa non-mort non plus. Le regard vide du squelette mage se tourne vers les écritures de l'obélisque et presque aussitôt ces dernières se mettent à briller.

Ma peau se hérisse d'elle-même tandis que je sens quelque chose m'assaillir. Quelque chose d'invisible, mais qui commence à triompher de ma résistance et à m'engourdir. Près de moi, les végétariens les plus minces se figent. Mais ? Mes articulations ! Elles commencent à se gripper inexorablement et à grande vitesse ! Je ne pourrais bientôt plus bouger non plus ! De la magie ? D'où ? Du mort en lévitation ? Des runes ? Mes pensées s'agitent follement. Je n'ai pas assez de temps pour réagir ! Le plus urgent ! Vite ! Je... Non, pas moi ! Les Pâles ? Non, trop nombreux et trop tard... La Reine ! Protéger au moins Sheeala d'Argentar ! Mais comment ? Vite ! Ah, mais oui ! Si la liche est incontrôlable, sa sombre magie va le devenir aussi, et plus grave encore : nous sommes sur Aliaénon !

"Majesté !"

Malgré leur raideur, mes doigts parviennent à faire sauter l'attache de ma cape. Forçant mon corps à faire un pas de plus dans sa direction, je tends un bras raidi à cause du sort et alourdi par l'objet magique vers la représentante des Pâles.

"Son pouvoir peut bloquer... Un moment... Toute magie..."

Ma mâchoire se grippe à son tour. Concentrant toute ma volonté, je fais un dernier effort afin d'ajouter une ultime précision.

"Porteur compr..."

La fin de ma phrase fait écho dans ma tête, mais aucun son ne sort de ma bouche. J'assiste avec impuissance à la paralysie de tous les présents, en-dehors de la Reine. Tant de questions me viennent à l'esprit que j'en suis presque étourdi. Puisse Dame Sheeala d'Argentar trouver utile la cape enchantée avec le bouclier de Fan-Ming, que ce soit en s'en parant pour se protéger ou encore... En la rivant aux épaules du corps flottant, pour annihiler ne serait-ce qu'un instant toute magie provenant de la liche.

Mes yeux se ferment un instant, et je revois l'image de Talia. Son air absorbé au milieu de ses livres. Sa voix ennuyée ou attendrie. Ses expressions allant du rude froncement de sourcils au doux sourire. La savoir loin d'ici m'aide à reprendre le dessus. Elle est en sécurité et cela me suffit à rester fort. Quoi qu'il advienne, je ne peux pas périr ici ! Je m'y refuse ! Mon esprit se débat mais je suis obligé de me rendre à l'évidence : je suis prisonnier de mon propre corps. Toutes mes pensées accompagnent alors la Reine, seule encore capable de se mouvoir. Seule à même de protéger les siens alors que ceux-ci voulaient se détourner d'elle. Mon admiration pour son dévouement envers son peuple divisé croît et, si je suis contraint de le faire silencieusement sans bouger, je suis de tout cœur à ses côtés.



~Suite~


- Offre de la Cape de Samouraï à la Reine.
- 858 mots

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Un très grand merci à Itsvara ! (Colo' et Kit)


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 17 Fév 2018 11:43 
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...

Le lendemain matin, les troupes se préparaient déjà. La jeune fille, une fois ses affaires empaquetées, put constater que Sirat et Sibelle avaient décidé de partir avec la Trinité, tandis que Celemar et son frère les accompagneraient. Et alors qu'elle déambulait au milieu des Carnivores qui se chargeaient déjà des potions des hommes-rats, censées les faire courir plus vite et plus longtemps, Börte-a-Tchino lui tomba dessus et lui en tendit une, lui intimant de la consommer afin de pouvoir suivre le groupe. Elle saisit la fiole et, après l'avoir reniflée sans être pour autant tout à fait rassurée, l'engloutit en priant pour que ce ne soit pas trop mauvais.

... Ça allait. Un peu amer, comme les médicaments, qu'ils fussent prodigués par de pseudo-médecins ou des guérisseurs de génie, mais elle aurait pu s'attendre à pire. Et subitement, son corps lui sembla plus léger, plus leste : mieux, elle se sentait débordante d'énergie et, son sac sur les épaules, elle rejoint en quelques foulées Börte-a-Tchino, tout sourire de cette nouvelle découverte de capacités insoupçonnées chez elle.

Et puis, rapidement, l'armée se mit en marche, à travers les marais, guidée par un groupe d'hommes-rats qui connaissaient les lieux mieux que personne. Elle restait à côté de Börte, encore sous le choc de voir une telle foule avancer à un tel rythme. Et puis, profitant de l'occasion, qu'il n'y avait aucun yuiménien autour d'eux, elle demanda à l'homme-loup :

« Ser ? Que pensez-vous du... “marché” que l'autre Yuiménien, Sirat, a réussi à... “négocier” avec la Trinité ? »

Elle avait pesé ses mots. “Négocier” était un grand mot : Sirat n'avait à vrai dire rien obtenu en échange, seulement donné aux trois Harpies ce qu'elles voulaient - ce qui n'était pas plus mal, du moment que les Carnivores acceptaient ledit “marché”.

Et d'ailleurs, Börte n'était pas dupe : il répondit d'un ton glacial qu'il ne s'agissait en effet guère d'un marché, mais seulement de ce que voulaient Jess et ses sœurs, ajoutant que la guerre de la Forêt devaient bien les arranger et qu'elles n'en avaient rien à faire de sauver ses habitants. Il ne pouvait avoir davantage raison. Néanmoins, il ne répondait pas tout à fait à ses attentes et elle fronça les sourcils, insistant :

« Dans tous les cas, si vous vous présentez devant Treeof sans plan de secours contre ce faux marché, elles auront ce qu'elles voudront. Donc vous avez une parade, n'est-ce pas ? »

S'il voulait s'opposer à elles, il fallait savoir ce qu'il y préparait - et il était évident qu'il ne leur livrerait pas la ville dans ces conditions. Si elle avait bien mené son coup, il avouerait tout... Et effectivement, il parla. Il indiqua que l'humoran était venu le voir, pensant que la haine de tout leur peuple envers la Trinité suffirait à les unir à nouveau et à les renverser. (Naïf,) songea Yurlungur. Mais lui n'y croyait pas : il ne voulait aucun accord avec ceux qui avaient tenté des les massacrer, eux, Carnivores, aussi bien hommes que femmes et enfants. Il voulait reprendre Treeof, puis s'opposer à la soif de pouvoir des Harpies en se retournant contre elles.

Classique. Sans doute la méthode la plus simple, aussi... L'enfant prit quelques instants de réflexion. Jess lui avait dit que l'armée d'Arothiir était suffisante pour défaire Carnivores et Végétariens rassemblés si besoin était, mais à quoi bon régner sur un monticule de cadavres ? D'autant que la légitimité de la Trinité à régner sur cette Forêt serait contestée par le reste du Royaume Pâle si l'intégralité de la population de Treeof se trouvait massacrée ou forcée à les accepter comme nouvelles dirigeantes. Elle soupira et précisa donc à l'attention de l'homme-loup :

« Vous y passerez tous. Je... »

Il fallait jouer sur une corde sensible, s'il en avait. Elle songea à la dernière fois qu'elle avait eu à avouer des sentiments sincères à quelqu'un, rosit un peu, déglutit, puis détourna le regard avant d'ajouter :

« Je ne voudrais pas... Ça me ferait de la peine que vous mourriez comme ça. »

Elle releva la tête vers lui - lui, celui qui se refusait à endosser le rôle de dirigeant de Treeof alors que s'il ne le faisait, ça courrait à la catastrophe. Alors que s'il acceptait, le pouvoir l'encombrerait tant qu'il ne pourrait rien faire contre la Trinité...

« Ça ne vous correspond pas, mais si vous voulez éviter le bain de sang, vous devez endosser la responsabilité de chef durable. Assumez ce rôle que vous avez tenu jusqu'ici après la prise de Treeof. Ce ne sera pas plaisant... Mais si vous ne le faites pas, les choses empireront. »

Il était de toute façon certain que, sans chef, Treeof ne tiendrait pas longtemps. Aucun peuple n'avait jamais réussi à vivre dans l'anarchie la plus totale : si ce n'était pas lui, Börte, c'était la Trinité... Mais s'il s'y opposait, c'était le massacre. À choisir, elle préférait sauver les armées de la Trinité quitte à leur retirer momentanément la prise de pouvoir à Treeof, le temps seulement qu'elles fassent de Börte leur marionnette - après tout, il n'y connaissait rien en politique, alors qu'elles...

Elle chercha son regard pour continuer :

« Car même dans l'éventualité peu probable où vous vaincriez l'armée d'Arothiir, qui dirigera Treeof ? Sheeala d'Argentar ? Les Carnivores refuseront, après son silence concernant votre exclusion. Et personne d'autre que vous n'a le charisme ni la légitimité nécessaire pour cela. »

Qu'il prenne donc cela, assimile un peu et revienne en acceptant, en bon toutou, de renoncer au massacre des Arothiiriens. Elle laissa un temps et lâcha, en dernier coup de marteau pour enfoncer le clou :

« C'est seulement être pragmatique que de vous reconnaître ces qualités. Et les harpies ne vous attaqueront pas pour cela : sans casus belli adéquat, tout ce qu'elles pourront faire sera de négocier avec vous. Mais si vous les attaquez les premiers... »

Elle haussa les épaules sans finir sa phrase. Dans tous les cas, elles gagnaient : ce dont Börte ne se rendait peut-être pas compte (et il fallait éviter à tout prix qu'il le devine), c'était que la Trinité pourrait bien mieux s'en sortir avec une armée peu entamée et un dirigeant de Treeof inexpérimenté qu'avec tout le pouvoir et plus rien sur quoi régner.

L'homme-loup avait sans doute été touché par ses paroles, mais se renfrogna comme à son habitude - la jeune fille commençait à comprendre comment il marchait. Il rétorqua, sombre, qu'il fallait les stopper, qu'il n'avait aucune légitimité à leurs yeux.

S'il n'avait que ça comme argument, elle gagnait. Elle haussa le ton, mimant l'emportement, et rétorqua :

« Mais vous en avez auprès des Carnivores ! Nierez-vous être leur chef, leur meneur, celui en qui ils ont confiance ? »

Il ne dirait pas non. Personne ici ne dirait non à cela. Mais il ne fallait pas trop insister : les meilleures idées étaient celles qui se frayaient un chemin toutes seules dans l'esprit des grands hommes. Elle avait déballé un argumentaire cohérent qui, elle l'espérait, suffirait à convaincre l'homme-loup d'opter pour une solution pacifique. Elle soupira un grand coup et reprit, boudeuse :

« À votre guise. »

Il répliqua que, bien que les Carnivores avaient confiance en lui, c'était bien pour cela qu'il devait s'opposer à elles dès maintenant, la fixant avec un regard noir qu'elle soutint sans ciller. Bon. Son propre plan était trop profondément enraciné dans son esprit pour l'en déloger : maintenant, si elle ne voulait pas paraître trop insistante, elle devait changer de sujet. Après un temps de silence :

« Comment imaginez-vous la bataille à venir ? »

Il donna quelques adjectifs qui la firent frissonner. Il évoqua un massacre, du sang à n'en plus finir, la plus grande tragédie qu'ait jamais connue son peuple ou même la Forêt - précisant finalement que cela le dégoûtait. (Dommage.)

La suite du chemin continua sans autre discussions. Intérieurement, la jeune fille réfléchissait à un moyen de prévenir la Trinité des plans de Börte. Lorsqu'ils arriveraient au champ de bataille, si les Harpies ne prenaient pas part au combat, ça irait pour les contacter discrètement alors que tous seraient occupés au front : mais dans le cas contraire, elle aurait à se frayer un chemin jusqu'à elles, et doutait de sa capacité à le faire efficacement - d'autant plus si elles volaient. Et si elles observaient la bataille de là-haut, volant seulement sans y prendre part constamment ?

Il faudrait aviser. Faire flancher Börte serait difficile, mais peut-être pourrait-elle faire en sorte que son retournement de veste arrive aussi tard que possible - une fois qu'elle aurait prévenu Jess, en somme. Idéalement, il lui faudrait aussi récupérer sa pierre de vision, une fois la bataille passée...

Elle essayait d'assembler les pièces du puzzle afin d'entrevoir une issue heureuse - ou plutôt, une issue qui favoriserait son camp. Elle essayait de voir un moyen d'utiliser ses capacités au mieux : pour le moment au moins, les Carnivores semblaient lui faire confiance... Faudrait-il tuer Börte, afin d'éviter qu'il ne trahisse la Trinité ? Ça ne changerait rien : les Carnivores étaient globalement opposés à leur pouvoir et cela ne ferait que raviver les tensions. Et elle réfléchissait, au milieu de ces marais sombres et puants...


(((1500 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Lun 19 Fév 2018 16:57, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 17 Fév 2018 12:11 
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Forêt d’Emeraude, Clairière de l’Obélisque. (Tous sauf Yurlungur).

    La Reine Sheeala, avant de partir au combat, accepta de bonne grâce le présent salvateur de Koyoheïki. Et soupira d’un air triste devant ce sacrifice : n’aurait-il pu l’utiliser pour lui-même pour esquiver la paralysie ? Elle s’en para aussitôt, et partit à la charge de la liche habitée alors que le colosse monumental tentait de fracasser l’Obélisque sur son genou de métal. Une tentative sagace qui se révéla hélas vaine : la paralysie avait ralenti ses mouvements, et le choc ne sembla pas suffisant pour briser le roc enchanté. A vrai dire, il ne fut pas même fendu. Et Azra put se rendre compte définitivement qu’il ne s’agissait pas là de roche ordinaire. C’était bel et bien un matériau différent, qu’il ne connaissait guère, mais qui semblait indestructible… Ce fut alors que le vent se leva dans la clairière. Un vent puissant, formé de bourrasques violentes, en ligne droite d’un magicien non moins chevronné, quoiqu’il puisse en penser. Xël, cette fois, avait réussi à faire venir son propre élément sur le champ de bataille. Mais à part ces bourrasques, qui n’affectèrent aucunement l’Obélisque, n’eurent d’autre effet que de chasser des doigts presque paralysés du colosse son estramaçon de pierre : l’Obélisque vola au sol avec violence, se plantant à l’envers dans la terre meuble.

    De son côté, Daemon avait choisi la voie plus directe, en attaquant le corps possédé de son maître et compagnon. La liche sembla ressentir la magie douloureuse lui percer les os, et sembla un instant se crisper, tournant le regard droit vers le responsable, avec une impression de haine pure. Si la créature le pouvait, elle détruirait Daemon : il pouvait en être certain.

    Ce fut alors que tous furent paralysés, à l’exception de la Reine. Sheeala d’Argentar, sous sa forme harpiesque, fonça droit sur la liche déconcentrée et lui planta ses griffes puissantes dans la cage thoracique. Dans un premier temps sonné, le mort-vivant majeur ne put réagir. Mais après quelques secondes, et quelques coups de griffes supplémentaires, sans grand effet réel, le corps d’Azra se mit à incanter de sombres sortilèges. La magie d’ombre était puissante, omniprésente, et la Reine choisit ce moment pour utiliser le pouvoir de la cape de Fan-Ming. Son corps s’auréola d’une presque immatérielle barrière qui, l’instant d’après, absorba toute l’ombre qui fut projetée sur elle. La liche tenta bien de lancer d’autres sorts, rien n’y fit : le bouclier absorba tout.

    Mais se lança alors le combat le plus rude et violent qu’il eut été donné de voir à chacun ici. Un combat qui, sous leurs yeux impuissants, dura deux jours et deux nuits. Les deux créatures avaient entamé une danse macabre, à coups de griffe, d’assauts furieux, d’envols et de piqués, de résilience monumentale. Deux jours et deux nuits sans interruption, et aucun ne céda. Si la liche semblait ne pas être affectée par ce combat, les aventuriers purent tous sentir la Reine céder petit à petit à la fatigue, au harassement. Elle ne tiendrait plus longtemps, mais continuait de se battre, encore et toujours. Véritable furie n’ayant d’autre choix. Et c’était le cas : au moment où elle se lasserait, elle mourrait, et la créature serait apte à détruire la forêt, Treeof et tous ceux qui y vivaient.

    Ce fut à ce moment, en fin de matinée, que surgirent des cieux un trio de harpies. Et pas des moindres : les Trois Matriarches d’Arothiir dans leur forme ailée étaient présentes sur les lieux. Guigne, Sable et Jess. Les trois démones étaient venue au secours des Pâles… Mais que cachaient-elles derrière un tel acte de charité ? Deux d’entre elles tenaient entre leurs serres des aventuriers de Yuimen : Sirat et Sibelle, qu’elles déposèrent là, dans la plaine. Alors que la Reine était toujours aux prises avec la liche, dans une danse qui ne sembla pas tenir compte de ces nouvelles arrivées, une discussion presque irréaliste débuta entre les trois « sœurs », qui regardèrent partout autour toutes ces personnes figées, immobilisées. Aventuriers comme végétariens. Xël, Kiyoheïki, Nastya, Daemon. Même Astidenix, ce vieux guerrier grisonnant, était présent.

    Jess, la plus sage des trois, à la peau pâle et aux cornes et plumes noires, s’avança vers Sibelle et Sirat, et après s’être arraché deux plumes, les confia à l’elfe et à l’humoran.

    « Elles vous protégeront de la paralysie de l’Obélisque, comme nous en sommes protégées, et Sheeala de même. »

    Un cadeau opportun : déjà, les deux sentaient leurs muscles se crisper pour progressivement se paralyser, alors que les runes de l’Obélisque luisaient toujours d’un vert intense. Le don des plumes pallia effectivement au maléfice. Sable, la plus jeune des trois, lança alors :

    « Et les autres ? Ils peuvent nous être utiles. Libérons-les de leur prison. »

    Guigne s’interposa, fauve.

    « Non ! C’est une aubaine pour nous, qu’ils soient dans cet état. Tous à notre merci. »

    Sable fronça les sourcils.

    « Ils pourraient nous aider à vaincre la démone. Ils sont vaillants et forts. »

    Elle ne semblait pas du tout étonnée de la présence du colosse immense, ni de sa paralysie. Ni même de l’affrontement entre Sheeala et le corps possédé d’Azra. Les deux sœurs se firent face, se défiant l’une l’autre. C’est Jess qui trancha :

    « Trois aventuriers paralysés. Trois plumes. Cela suffira. »

    Guigne fronça elle aussi les sourcils, mais consentit à l’effort. Elle s’approcha juste, avant, d’Astidenix, et passant une aile sous son menton de manière provocatrice, avec un sourire carnassier, précisa :

    « Bien. Mais que nul ne touche à celui-ci. »

    Elle entreprit alors de glisser l’une de ses plumes dans l’équipement de Nastya, qui aussitôt fut libérée de la paralysie, quoiqu’un peu sonnée par les événements : ils avaient beau avoir été immobilisés, ils n’en avaient pas moins été présents et éveillés pendant ces deux jours de duel intense. Jess alla donner sa plume à Daemon, qui fut à son tour désenchanté. Sable, elle, reconnaissant Xël, alla lui glisser une des siennes dans sa boutonnière, allant jusqu’à le soutenir pour qu’il ne s’effondre pas au sol. Puis, toutes trois se ruèrent à l’assaut de la liche, sans attendre. Libérant Sheeala de l’emprise du combat pendant un temps. Les coups de griffes fusèrent de toutes parts, et la liche sembla un instant débordée…

    Sheeala, elle, s’effondra au sol, épuisée, fourbue. À bout de force. Mais lorsqu’elle s’aperçut que nul n’avait libéré Kiyoheïki de sa prison, elle rassembla ses dernières forces pour se glisser jusqu’à lui et glisser, à son tour, tel que la trinité venait de lui apprendre, une plume dans son équipement, soufflant alors qu’il était libéré de sa prison :

    « A mon tour de te protéger, Protecteur. »

    Il fut alors libéré du maléfice à son tour. Devant lui, dans ses bras, la Reine Sheeala d’Argentar venait de perdre connaissance.

    Nul n’avait, bien entendu, songé à libérer de la paralysie le titan. Pourtant, c’eut pu être un allié de circonstance dans la bataille à venir. Mais il fallait pour ça posséder une plume en rab’, sous peine d’être paralysé à nouveau. Car elle était loin d’être terminée, cette bataille : les trois harpies d’Arothiir se faisaient déjà rabrouer, et la liche, se sentant un regain subit d’énergie, repoussa les trois dames ailées avec un sortilège d’une puissance inouïe. La créature dut sentir le combat se retourner contre elle. Aussi se tourna-t-elle vers le colosse immense et immobile et, comme précédemment, projeta la fureur de son esprit dans son ancien corps. Cette fois, nulle possibilité de résistance : Azra fut bonnement et simplement chassé du corps immense avec une violence folle, alors que la démone ancestrale reprenait possession de son corps immense.

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    Aussitôt, elle se saisit de l’estramaçon de pierre runique planté dans le sol et le souleva de terre, luisant d’une lueur verdâtre plus inquiétante encore. Azra, de son côté, eut tout le loisir de rejoindre son propre corps avant qu’il ne s’effondre au sol. Pas de paralysie pour lui : le combat acharné contre Sheeala avait laissé pas mal de morceaux de ses plumes coincés dans tout son équipement. Tout était rentré dans l’ordre… Enfin, si l’on exceptait l’immense créature qui les menaçait désormais de sa toute puissance. Le trio d’Arothiir se rassembla. Sans la Reine, le combat serait âpre. Même avec l’intervention d’aventuriers. D’autant qu’ils purent tous désormais voir l’effet terrible de l’obélisque dans sa pleine puissance, maintenant que l’esprit démoniaque avait retrouvé son corps : Non plus paralysés, les être encore sous sa domination se virent animés par la volonté de la créature. Des pantins obéissant à ses ordres mentaux, qui furent clairs pour tous : détruire toute vie dans cette clairière. D’un ennemi monstrueux, les aventuriers se retrouvaient désormais face à une horde d’hommes-bêtes végétariens prêts à fondre sur eux. Leurs alliés, normalement, qui venaient de se retourner contre eux, s’amassant en troupes compactes pour s’approcher des aventuriers. Un combat qui aurait déjà été âpre contre de vrais ennemis… Mais là, chaque adversaire qu’ils tueraient était en vérité une âme alliée qu’ils sacrifieraient.

    Un groupe mené par Loeding, l’homme chouette, s’approcha de Xël, menaçants. Dromi, l’homme-cerf blanc, s’approcha avec les siens de Nastya. Gleipnir, lui, l’homme-bouc, s’en alla à la rencontre de Daemon avec plusieurs autres végétariens. C’est seul qu’Astidenix, plus menaçant que jamais avec son formidable marteau, s’approcha de Kiyoheïki et de la Reine. Une lueur de panique, de désespoir dans son regard, qui n’influençait hélas pas ses gestes : il devait détruire celle pour laquelle il vivait. Telle était l’ordre qui lui avait été donné.

    C’est un homme-rhinocéros furieux et sa troupe que Sirat vit arriver, chargeant avec puissance, vers lui.

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    Sibelle, elle, devrait faire face à un homme-chèvre terrifiant, qui arrivait avec les siens vers elle.

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    C’est à peine remis de sa reprise de corps qu’Azra put voir un minotaure foncer vers lui avec ses semblables.

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    Le trio d’Arothiir fut lui aussi assailli par les végétariens possédés. Vaincre pour survivre, oui, mais à quel prix ? Devaient-ils tuer ces ennemis qui n’en étaient pas vraiment ? Ces alliés corrompus ? Les maintenir à distance ? Les mettre simplement héros d’état de nuire ? Rien n’allait être simple. Et chacun devrait prendre ses décisions en toute âme et conscience.

[Bonne chance. [:devil:] ]


[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de briser l’obélisque) + 0,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (aparté).
Xël : 0,5 (tentative de briser l’Obélisque) + 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Daemon : 0,5 (tentative de sort) + 0,5 (introspection) + 0,5 (bonus longueur).
Kiyoheïki : 0,5 (introspection) + 0,5 (don de la cape) + 0,5 (bonus longueur).
Yurlungur : noté quand complété. Je poste ta màj ce week-end, un peu plus tard.]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Dim 18 Fév 2018 18:02 
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Hélas, ses mouvements étaient trop ralenti, et le choc fut amorti. Xël invoqua une tempête qui arracha l'obélisque et la planta au sol, toujours sans effet. Cet objet était indestructible. Comprenant qu'il avait perdu, cette fois-ci, Azra le titan fut immobilisé, et ne put que regarder, impuissant, la suite.

Kiyoheiky avait confié sa cape à la reine qui engagea le combat contre la démone. Un combat interminable, fait d'esquives et de coups terribles. Protégée par la cape, la reine résistait vaillamment, mais il était évident qu'elle ne tiendrait pas éternellement. Le temps passa, et le spectacle devint... lassant. Azra tenta tout, y compris d'invoquer sa magie, mais rien n'y faisait, il était complètement bloqué.

C'est au matin du troisième jour, alors que le nécromancien commençait à compter les gouttes de rosées sur son armure pour s'occuper, le combat devenant répétitif à la longue, que d'autres harpies s'en vinrent, portant des aventuriers. Ils portaient ni plus ni moins que Sirat, ainsi qu'une guerrière elfe. Elles leur confièrent ensuite des plumes qu'elles arrachèrent de leur corps. Ainsi donc, leurs plumes les protégeaient ? Voilà comment la reine avait pu tenir si longtemps. Hélas, il était dans l'impossibilité d'en récupérer ne serais-ce qu'une...

Mais à ce moment là, le monstre, voyant ses ennemis se multiplier, se tourna vers son ancien corps et...

(Aouch !)

Azra fut violemment éjecté ! Pas de combat, ni de tricherie ici : la créature avait appris la leçon et avait mit toute sa puissance dans l'attaque. Ils furent violemment échangés et, avec une certaine surprise, Azra retrouva son ancien corps. Ouf ! C'était quand même plus confortable ! Il mit tout de même quelques secondes à réaliser ce qui s'était passé. Il n'était plus paralysé, sans doute à cause des nombreuses de plumes que la reine avait laissée sur lui. Il tituba quelque peu tout en reprenant ses esprits. L'un dans l'autre, il en était assez content. La vie de dieu muet aurait été plaisante un temps, mais à la longue...

Cependant, le titan avait récupéré son obélisque et en appela les pleins pouvoirs. Aussitôt, toute l'armée des herbivores fut subjuguée. Tsss, quel bande de faibles ! Azra vit un groupe de minotaures s'approcher. Il puisa au fond de lui. Bon sang, il ne savait pas s'il voulait vraiment sentir ce qu'il cherchait mais il en avait bien besoin, là !

Il fouilla dans son âme et dans tout ce qui l'entourait jusqu'à ce que...

Un nuage de ténèbres s'assembla devant lui, prenant une forme écrasante qui hurla à la face des assaillants.

« Je savais bien que tu ne pourrais pas te passer de moi bien longtemps ! » cria Rendrak.

Azra se félicita de ne plus avoir d'yeux, sans quoi il aurait pleuré comme une fillette. Dans la foulée, il ramassa une plume sur lui pour la fourrer entre deux vertèbres.

« Tu vas en avoir besoin ! On a un dieu à buter ! » s'exclama-t-il.

« Oh. Bah à force d'essayer de nous tuer, tu vas peut-être enfin y arriver. Cela dit, il va d'abord falloir s'occuper d'une menace plus classique. »

Il se mit en position face aux minotaures, prêt à en découdre. Ni lui ni sont maître n'étaient là pour faire des états d'âmes. Ces créatures étaient peut-être manipulées, mais c'était tant pis pour elles. Si elles s'approchaient, elles mourraient. Pendant ce temps, le nécromancien restait caché derrière son compagnon, il devait se concentrer sur son véritable ennemi : la fameuse démone de l'ancien temps.

((( invocation de Rendrak et équipement d'une plume sur lui, 583 mots )))

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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