L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Jeu 7 Déc 2017 10:36 
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Le voyage continua lentement, mais sûrement. Roncier et liane, s'entrelaçaient par instant ralentissant encore un peu plus leur traversé. Le ciel, caché, s'épaississait à mesure que le temps passait. La nuit arrivait et l'émeraude qui irradiait pendant la journée, se transformait en une mélasse olive et sombre. Bientôt, il n'y eut plus une once de lumière dans les bois.

Ils décidèrent de faire le campement, d'allumer un feu et de monter leur tente. Une source, s'extirpait d'un amas de pierres recouverte de mousse, frêle et ruisselante, elle permettait de se servir de l'eau en conséquence pourvu que l'on soit patient. Accroupi, la gourde penchée pour récupérer l'eau, il traversa le paysage d'un œil prudent. Le sol et le ciel se joignaient en une couverture verte insondable qui les recouvrait de toute part. Il n'y avait plus aucune différence entre le bas le haut, l'est l'ouest, tout n'était que branche, feuillage, tronc, bosquet et amas d'argile recouvert de limon.

Sirat toucha l'écume végétale sur le roc et pensa au golem oublié. Seul, celui-ci devait l'être depuis si longtemps, l'humoran culpabilisait un peu de ne pas avoir tenté de le comprendre.

Sibelle comme à son habitude, avait été cherché du petit-bois. Les deux montures était attachées ensemble, broutant les maigres plantes qui jonchaient le sol terreux près d'un arbre. La petite solitaire évitait soigneusement le couple de mercenaires. Boudeuse, elle ne tarda pas à se coucher et à s'endormir. Le zélote l'observait du coin de l'œil tout en grignotant une ration. Il pensait qu'il avait été peut être trop dur avec elle, après tout ce n'était qu'une enfant, même si elle était effrontée.
Sibelle prit son premier quart, voir demi, elle avait moins besoin de dormir. Quand elle le réveilla, il se redressa, sans rien dire, elle se coucha près de lui. Il resta un instant à regarder les ombres dansantes crées par le feu, sur son visage.

Il se leva à contre gré, et prit son tour. La fatigue le cernait, il n'aimait faire le guet. Il lui semblait ne jamais être vraiment réveillé, ni endormi. Il se frotta les yeux. Il était entre les deux, un état pâteux et perdu, ni vivant, ni vraiment mort. Son apathie tranchait avec le bruit de la faune qui les encerclait. Il soupira, il jaugea la gamine dormir comme un cadavre embaumé, seul son visage trémulait de ses rêves étranges.

Son heure arrivait, après avoir arrosé dignement un de ses fiers piliers millénaires qui peuplait ce temple de verdure, il alla réveiller Celemar. Il ne parla pas, il alla directement s'affaler près de Sibelle. Il eut l'envie de se coller contre sa croupe et de l'enlacer, mais il ravala cette tentation et fini par s'endormir.

Il avait l'impression d'avoir juste fermé les yeux, avait-il seulement dormi. La forêt s'était tue. Plus aucun son sauf un, sifflement ronronner étrange, qui les encerclait. l'archer agité pointait déjà son arc, dans la pénombre il leur était impossible de dénombrer ces nouveaux arrivants.

Une bête s'approcha, s'extirpant des ténèbres, un fauve, panthère aux écailles bleu nuit, doter d'une queue virevoltant. Ses pattes antérieures possédaient des ailes de chauves-souris et elle feulait à l'approche du petit groupe.
La petite s'était mise derrière Celemar qui la gardait en joug. Sibelle s'était redressé lame déjà tiré et prête au combat, elle proposait de se déplacer près du feu. Sirat tira son fléau, il n'aimait pas être réveillé, il avait mal dormi, il était de mauvaise humeur. Il se rapprocha du groupe.

Préparez-vous à attaquer celles qui me sauteront dessus.

Il jaugea la distance entre la tête de son ennemi et sa masse. Il serra son poing sur le col de son arme, ses muscles se bandèrent doucement. Il utilisait sa colère, elle allait regretter de l'avoir empêché de dormir. Il avança lentement son pied, se calant en position et quand il fut suffisamment proche, il déclencha son coup colossal, somme de sa rage et de sa puissance, visant le crâne cette chimère.

Citation:
666 mots
[*]Coup colossal : Technique éprouvante maîtrisée par une élite de combattants. L'utilisateur décuple et rassemble toute son énergie dans une de ses armes AA, avant de l'abattre sur l'ennemi (Si une seconde arme est en main, ses bonus en force ne s'appliquent pas). Elle laisse peu de chances de survie aux plus démunis. (For+3/lvl, init-0,5/lvl arrondis à l'inférieur, minimum 1, pendant les [lvl/5] prochains tours, minimum 2)



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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 9 Déc 2017 12:04 
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Forêt d’Emeraude – Clairière de l’Obélisque. 12h20 (Azra).

    Au début, rien ne se passa. Les ossements restèrent inertes, la clairière paisible et l’Obélisque immobile. Seuls les chants des oiseaux curieux de la Forêt d’Emeraude perçaient le silence des lieux. Puis, subitement, tout bruit cessa. Et un grondement profond, venu du cœur de la terre, fit trembler les lieux. L’Obélisque… S’enfonça dans la terre, comme s’il était tiré par en bas, alors qu’autour, les arbres chutaient et le sol se fendait, se retournait en tous sens. Azra n’eut guère le temps de fuir ou de choisir que faire : une main gigantesque sortit du sol, sur sa droite, gantée de fer et portant dans sa main une arme bien curieuse… La garde d’une épée, mais la lame… n’était autre que l’Obélisque lui-même, dont il ne voyait jusque-là que le sommet.

    Et là, tout devint confus : la terre s’ébroua, se retourna dans un fracas terrible, s’effondra sur elle-même alors qu’en sortait une créature gigantesque, titanesque, ressuscitée du plus profond des âges. Une créature dont les côtes dépassaient d’une armure d’acier immense, et dont les traits sombres étaient masqués par un casque effrayant, qui ne laissaient paraître que deux yeux luisant d’un blanc sépulcral.

    Image


    Azra était minuscule à côté (cf. taille du cavalier), et se dressait chanceusement sur un pic de terre qui ne s’était pas effondré. Il ne voyait pas les pieds de la créature, car elle était encore enfouie jusqu’aux cuisses dans la terre profonde. Mais il lui semblait qu’elle le regardait. Qu’elle se penchait vers lui. Un souffle rauque monta de la gorge desséchée du monstre gigantesque, qui fit tressaillir les os de la liche. Il venait de réveiller une chose à laquelle il ne s’attendait sans doute pas.


Forêt d’Emeraude – Bordure des Marais d’Eunoire. (23h). (Sibelle, Sirat, Yurlungur).

    Sirat avança vers la créature visible avec la ferme intention de lui écraser la tronche de son arme. Il arma son coup puissant, qu’il abattit vers la bête avec toute sa force. L’arme massive ne rencontra, hélas, que la terre : vive, leste, l’animal avait bondi sur le côté pour esquiver l’attaque puissante, feulant de plus belle, grognant. Le coup de Sirat était tellement fort qu’il sembla aux êtres présents que la terre trembla un peu. Et ce fut là que d’autres créatures semblables arrivèrent. L’une bondit des fourrés pour sauter sur la chair tendre du groupe, la jeune Yurlungur. Par chance, elle avait senti, grâce à un instinct fort bien forgé, la créature bondir. Elle l’esquiva souplement en passant dessous, la panthère chimérique lui passant au-dessus, toutes griffes dehors. Celemar cueillit celle-ci à son aterrissage d’une flèche dans le dos, qui fit couiner la bête sans pour autant la tuer.

    Sibelle, elle, vit s’approcher d’elle une troisième créature, lente et analytique. L’animal semblait reconnaître en elle une combattante, et s’approchait prudemment, à l’affût de la moindre ouverture.

    Sirat, lui, vit une autre créature rejoindre celle qu’il avait tenté de frappé. Elles étaient deux à lui faire face, désormais, portant leur nombre total à quatre… Mais l’ouïe de l’elfe blanche ne trompait pas : d’autres rôdaient encore, alentours, attendant le bon moment pour assaillir le campement.


[Azra : 0,5 (introspection) + 1 (invocation) + 0,5 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (CC) + 0,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (stratégie) + 0,5 (bonus longueur).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (CC) + 0,5 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 9 Déc 2017 21:44 
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Alors, il relâcha toute sa puissance qui se répandit dans les ossements de la chose. Il sentit comme un frémissement, mais rien d'autre. Bon, il ne fallait pas rêver, il allait falloir mettre plus... aussi il prépara à nouveau sa magie jusqu'au moment où un grondement terrible monta des profondeurs.

Sous ses yeux ébahis, l'obélisque commença à s'enfoncer dans le sol et disparut littéralement. Bon... comme quoi ce n'était pas si difficile !

(Ah ah ! Quand j'expliquerais à Daemon comment j'ai détruit cette fichuaaaargh !)

Le sol fut parcouru d'une violente secousse. La terre s'ébranla et se fendit, se souleva en geyser, en furie. Le grondement était assourdissant, et il n'était pas sans rappeler le cataclysme abominable de la venue du titan de magie à Fan'Ming. Les côtes géantes se rétractèrent dans le sol à leur tour. Les arbres furent renversés tandis que la terre elle-même devenait mouvante, fluide, bouillonnant d'une fureur effroyable. Le sol sous les pieds d'Azra se déchira et il dut bondit sur un rocher voisin. Mais celui-ci aussi glissa bientôt dans un gouffre impensable et la liche sauta vers un autre lieu plus sur. Une forme immense commençait à émerger dans un jaillissement d'arbre et de terre, mais Azra était trop occupé à tenter de se mettre en sûreté. Plus loin, une plate-forme née d'un enchevêtrement de racines d'arbres qui avait réussi à ne pas totalement se désolidariser semblait être le seul point à peu près stable. Plus par chance que par réel calcul, Azra parvint à saisir la branche d'un arbre qui basculait et à se balancer jusqu'à s'étaler sur ce terrain de sûreté temporaire. Là, il put enfin se relever et regarder ce qui émergeait.

C'était bien plus gros que tout ce qu'il avait pensé. La chose n'avait pas vraiment d'os, mais surtout une énorme armure épineuse qui supportait une petite tête de prédateur dont les yeux brillaient d'une lueur malfaisante. Enfin petite... l'obélisque était en fait la lame de l'arme de la créature, et n'était guère plus qu'une dague pour elle ! Incommensurable, invincible, c'était très probablement un titan qui se tenait devant lui. Il y en avait donc qui n'étaient pas encore réveiller ? Bon, apparemment, cet état de fait était réglé ! La question était maintenant de savoir s'il avait une chance d'y survivre parce que pour le coup il devait bien admettre que même chez les mages du feu, la situation n'avait pas été à ce point en sa défaveur !

Dans sa tête, retentit un lent applaudissement teinté de résignation.

(Bravo. Très fort. Et maintenant, tu fais quoi ?)

(J'improvise, comme d'habitude.)

(Tu as conscience de ce que tu viens de faire ?)

(Hé ! Je ne suis pas responsable de toutes les âneries que Zewen à balancé dans ce fichu univers !)

La partie cynique de son esprit remercia les dieux pour leur existence ainsi que pour leur bon dos. La situation était potentiellement critique mais, après tout, ce n'était là rien d'inhabituel... Il leva les yeux vers le monstre qui se penchait vers lui, encore à demi enfoui. Si c'était un titan, communiquer serait sans doute impossible, mais il devait tenter.

« Hum... euh... »

Mauvaise entrer en matière. Quitte à mourir autant le faire avec classe !

« Je suis Azraël, seigneur-liche de Yuimen et serviteur de Phaïtos ! Qui es-tu, toi que j'ai éveillé en ces lieux ? »

((( 568 mots )))

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 9 Déc 2017 22:39 
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...

L'humoran et l'elfe s'étaient préparés au combat, tandis qu'autour dans les ombres les chats dansaient. Et alors que Sirat allait, bandant ses imposants muscles, écraser la panthère sous un coup qui s'annonçait magistral, celle-ci se déroba d'un bond leste et agile. La jeune fille avait observé le mouvement, qui montrait amplement la grâce - et de fait la dangerosité de ces bêtes qui, non contentes d'être déjà suffisamment grosses pour pouvoir leur bouffer la poitrine d'un seul coup de mâchoire, étaient également étonnamment souples et vives. Le coup de Sirat fit trembler le sol, tellement il avait été puissant et incontrôlé, amenant le fauve à grogner et feuler de plus belle : son agressivité était exacerbée, et ce fut le moment que choisirent ses sympathiques amis pour attaquer à leur tour, plongeant soudainement le groupe dans le chaos.

L'une de ces bestioles bondit sur Yurlungur directement, pensant trouver en elle une cible facile, mais les sens acérés de la jeune fille l'alertèrent à temps de la menace qui rôdait : sans hésitation, profitant de son sens de l'équilibre, elle se tordit souplement sur elle-même afin de glisser sous le ventre du fauve, détaillant avec précisions les muscles saillants, les organes et les côtes. Le temps semblait comme se dérouler au ralenti autour d'elle, tellement elle attisait sa vigilance, observant avec une attention d'autant plus accrue le déroulé des événements et posant à présent un regard bouillonnant de rage sur celle des bêtes qui avait tenté de la déchiqueter de ses griffes - elle les avait bien vues briller à la faveur de leur feu de camp. Pensaient-ils qu'elle serait si facile à abattre ?

Celemar venait à peine de lui tirer une flèche dessus, arrachant un couinement au fauve, que l'assassine se précipitait sur la bête, profitant d'être encore derrière elle pour en tirer avantage. Celle-ci venait de lui sauter dessus et pensait certainement - si encore il y avait de la pensée dans ces créatures répugnantes - qu'elle aurait dû voir ses griffes taillader la chair d'une proie : et maintenant, la surprise allait lui faire perdre quelques précieux instants, ainsi que la douleur de la flèche. Le dos tourné, elle n'allait pas voir la “proie” lui fondre dessus en rapace, prête à lui asséner un coup fulgurant non pas par une force démesurée, mais par une précision mortelle.

L'enfant avait observé le fauve et l'obscurité ne l'avait pas gênée pour repérer l'agencement approximatif des tendons, muscles et os sur le corps d'une de ces bêtes - qui avait même eu la délicatesse de se laisser observer de dessous, pendant une demi-seconde. Le regard perçant et terriblement froid, le visage soudainement dénué de toute mimique d'innocence ou de simplicité, elle leva sa main et d'un coup sec et violent, l'abattit rageusement sur l'un des flancs dénués de protection de ce fauve, profitant de son étonnement, aussi fugace fût-il. Tout était si clair dans son esprit, du dessin que sa lame allait tracer - le long de ce flanc, jusqu'au haut de la cuisse - à la manœuvre d'évitement qu'elle s'apprêtait à faire pour esquiver le coup de queue attendu en réaction : elle bondirait juste après, pas très haut, seulement afin de glisser sur le dos de ce gros chat, le caressant presque un instant, afin de passer de l'autre côté et de reculer prestement afin de se replacer hors de portée de ses griffes.


(((Tentative d'apprentissage de “Lame furtive” (Skill d'assassin) : L'assassin, attaquant en premier, se glisse derrière sa cible pour lui infliger une attaque meurtrière (For+1,5/lvl ). La cible ne doit pas voir venir l'attaque, ou posséder moins de la moitié en esquive SA par rapport à la maîtrise SA de l'attaquant.
500 mots)))

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Thème musical


Dernière édition par Yurlungur le Ven 5 Jan 2018 16:47, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Mer 13 Déc 2017 04:45 
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Plus prompt au combat que sa partenaire, l’humoran décida d’attaquer le premier, priant ses compères de se préparer à le défendre des autres possibles prédateurs qui pouvait lui sauter dessus. Sibelle, toujours l’ouïe à l’affût se contenta d’un : « Oui » sobre.

L’humoran s’avançant lentement jusqu’à ce qu’il se considère suffisamment proche, puis, le poing serré et les muscles bandés et il abattit son arme sur le crâne de l’animal…. Enfin, il s’agissait bien de son intention, mais malheureusement, son lourd fléau ne frappa que la terre qui vibra sous les pieds de ses compagnons. La bête, agile malgré sa corpulence, avait bondi sur le côté au dernier instant, faisant mordre la poussière à l’humoran.

Puis, les autres créatures de la même espèce, ceux-là mêmes qui rôdaient aux alentours du campement depuis un petit moment, sortirent du fourré.

La première fonça droit sur la gamine. Sibelle n’eut le temps d’intervenir que Yurlungur esquiva son noir attaquant en glissant dessous alors qu’il bondissait. Celemar, qui protégeait la fillette tira une flèche dans le dos de l’animal avant même qu’il n’eut le temps de toucher le sol.

Puis, Sibelle vit une troisième créature. Cette dernière s’approcha lentement d’elle. Au contraire de la seconde, elle ne bondit pas immédiatement, s’arrêtant entre chaque pas, comme si elle tentait d’analyser son adversaire. Sibelle qui ne la quittait des yeux fit de même, s’approchant légèrement elle aussi, tout en prenant soin de s’assurer que le feu protégeait toujours ses arrières. Ils n’avaient que quatre ennemis à combattre pour le moment, mais la guerrière savait que d’autres rôdaient aux alentours, le combat ne serait bientôt plus équitable. Elle se devait donc de ne pas perdre une seconde et neutraliser rapidement son adversaire.

Sans quitter le regard de la bête noire, ses deux lames toujours en main, en position menaçante elle annonça à ses compagnons :

« Ils ne sont pas seuls, j’en entends d’autres rôder dans les alentours. »

Puis, sans prévenir, elle fonça droit sur son adversaire, ses lames devant elle, tentant de frapper violemment la patte gauche de l’animal, espérant presque l’amputer la rendant ainsi inapte à poursuivre le combat.

((( 356 mots
-Utilisation de la CC : La main du géant : Il s'agit d'une attaque brutale rapide. L'arme est utilisée pour toucher volontairement les doigts ou le poignet de la main principale de l'adversaire, qu'il tienne une arme ou non, afin de rendre la main adverse peu utilisable, risquant même de lui briser les os, ce qui rendrait la main adverse inutilisable (Que la main soit brisée ou non : for+1/lvl, maîtrise adverse-1/lvl. 30+[lvl de l'attaquant]% de chance que la main principale de l'adversaire se brise : la main est inutilisable jusqu'à guérison) )))

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Sibelle, Maître d'armes


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 15 Déc 2017 22:38 
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Le coup puissant était lourd et alla s'enfoncer dans la terre meuble.

La bête avait esquivé l'attaque sans plus de difficulté. Une giclée de boue se projeta ainsi qu'une onde étrange, un tremblement viscéral, qu'il ressentit au-delà du manche de son fléau. Avait-il fait trembler le sol ? Il n'eut pas le temps de s'y appesantir plus longuement, car deux autres bêtes attaquèrent. La petite prit pour cible passa en dessous du bond de la chimère d'un geste instinctif. L'archer déclencha alors une flèche qui la frappa lui arrachant un cri de douleur, mais ne la tuant pas.

Sibelle voyait s'approcher d'elle la seconde créature, circonspect voyant en le rouquine une guerrière expérimenté. L'arrière-train relevé les oreilles baissées, elle jaugeait la demi-elfe, patientant pour trouver une faiblesse ou une brèche.
Une troisième apparue au côté de celle que Sirat avait loupé. Elles étaient quatre, mais Sibelle s'écria qu'elle en entendait d'autres.

Sirat afficha un rictus de plaisir. Il avait de grande inspiration et épiait le moindre mouvement de ses adversaires. Il était plus lent et le savait. La magie était proscrite, du moins il se la refusait. Mais ce frémissement qu'il avait ressentit l'avait excité comme un enfant.

Sibelle attaquait, rapide l'elfe se lançait dans la bataille. La gamine aussi, saisissait l'instant pour rapidement taillader sa chimère.

Alors, on va voir si vous esquivez toujours aussi bien après cela !

Pas de magie, mais la force de son âme, de sa rage, la foi décuplée dans son coup, la foi, cette conviction en sa puissance, promesse d'un exutoire pour sa folie.

Prestement, il leva sa masse, Damoclès, juge et exécuteur. Il concentra colère et son ardent désir du combat. Cela faisait longtemps, qu'il n'avait plus fait cela, mais il y a des choses qui reste inscrit dans votre chair, votre cœur. Il frappa le sol, abattant, foudre, fureur et courroux sur ses ennemis.

Citation:
314 mots
- Renversante frappe : L'enchanteur frappe le sol de toutes ses forces et son Ki avec son arme, entraînant des vibrations dévastatrices dans un diamètre de [lvl du PJ/3]m (arrondis à l'inférieur), qui renversent les ennemis. On effectuera un test de réussite par ennemi présent dans la zone. Maîtrise et esquives-20%, init/2 pour chacun des adversaires mis à terre pour leur prochaine action. S'il y a des objets présents dans la zone, ils sont également renversés par l'onde de choc puissante provoquée par le Ki.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 23 Déc 2017 17:48 
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Forêt d’Emeraude – Clairière de l’Obélisque. 12h30 (Azra).

    Consignes spéciales à voir en privé.


Forêt d’Emeraude – Bordure des Marais d’Eaunoire. 23h. (Sibelle, Sirat, Yurlungur).

    Yurlungur, si elle ne parvint pas à être suffisamment précise et pointilleuse pour réussir son coup à cent pour cent, réussit tout de même à toucher la créature dans le dos, plantant sa dague dans la fourrure et le cuir de l’animal pour lui arracher un grognement virulent, alors qu’elle levait la tête de rage et de douleur. Celemar profita de ce court instant pour tirer une flèche précise dans la gorge offerte de l’animal déjà blessé pour l’achever. Le projectile transperça la gueule et l’animal s’effondra en couinant sur le sol, remuant encore quelques secondes avant de s’arrêter. Mais c’était désormais le moindre de leur souci : car deux nouveaux monstres venaient de surgir des buissons pour leur faire face, grognant et bavant, revanchardes.

    Sibelle, maîtresse d’armes chevronnée, parvint à toucher de son coup spécial la créature qui lui faisait face. Ses lames vinrent percer la patte de l’animal, déchirant chairs et ligaments. La bête feula, grogna, mais le mal était fait : sa patte était inutilisable, et pendait désormais mollement au bout de son membre. Elle n’en perdit pas sa combattivité, et tenta de merdre l’elfe blanche au passage. Heureusement, la vivacité de la dame aux oreilles pointues fit qu’elle put éviter le coup désespéré. Il lui fallait encore l’achever, et elle le voyait bien : même clopinante, avec une patte en moins, la panthère chimérique restait dangereuse.

    Sirat, quant à lui, frappa le sol de son puissant marteau, déchaînant le Ki dans son coup. La terre trembla, encore une fois, et projeta les deux bêtes lui faisant face sur le sol, geignantes. Elles étaient à sa merci, mais pas encore morte pour autant, car lestement elles se relèvent d’un bond, groggies, mais prêtes à attacher derechef.

    Et pire : deux autres animaux, les dernier de leur clan, pénétrèrent la petite clairière pour assaillir les combattants. Leur destin face à ces bêtes était désormais entre leurs mains.

[HJ : Faites le reste du combat en libre. Une créature est morte, mais il en reste sept en vie. C’est un combat rude, pendant lequel Celemar se fera blesser au bras. Pour vos blessures personnelles, je vous laisse libre de choisir. Réalisme et coopération donneront lieu à une meilleure note en XP du combat.]



[Azra : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 0,5 (bonus longueur).
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative d’apprentissage) + 0,5 (coup porté) + 0,5 (bonus longueur). Apprentissage échoué (pas assez détaillé).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (CC).
Sirat : 0,5 (introspection) + 0,5 (CC).]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 29 Déc 2017 16:46 
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Le sol trembla et envoya valdinguer les deux chimères surprise. Sirat esquissa un sourire de satisfaction. Derrière lui, Celemar et la gamine tuaient l'une des bêtes, à deux leur association avait brillamment fonctionné, à l'instinct, il s'était trouvé. Sibelle, inspiré aussi, sauvage, avait en guerrière accomplie blessé l'une de ses assaillantes. Mais celle-ci se releva, mais blésé elle était dangereuse, les deux du zélote firent de même, encore émoussé de l'attaque de l'humoran. À cela, quatre nouvelles bêtes faisaient leur entrée. Elles étaient donc sept, feulant et grognant à leur faire face, dans les ténèbres de la canopée. Leurs yeux luisaient d'une haine primitive, celle de la meute qui chasse ses proies. Si seulement il pouvait voir le mâle alpha ou celui qui commandait le groupe. Mais rien ne les distinguait les unes des autres. Il devait faire vite,


Attrapant sa masse, il se jeta sur l'une de ses victimes, et frappa comme un sourd, encore, abasourdit par l'ancienne attaque, elle ne put rien faire. Son crâne s'explosa sous le poids du fer et de la force du zélote. La cervelle gicla dans un torrent de grumeau et d'os s'éparpillant dans l'air froid de la nuit. Cela réveilla sur le coup la deuxième qui sauta sur le bourreau de sa compagne, attaqué à la gorge Sirat ne tomba pas, mais il luttait avec le poids de son tortionnaire qui tentait de se frayer un chemin jusqu'à sa carotide.


Il lâcha son fléau, la bête était sévèrement accroché, par chance son armure le protégeait encore de crocs avides de la panthère. Une seconde venue de nulle part, l'attaqua à l'arrière de la cuisse, il sentit alors la mâchoire se refermer sur sa chaire et la douleur l'irradier. Il tomba au sol, la première toujours agrippée à son visage. Tandis que celle qui venait de le mordre allait réitérer son attaque. D'un coup vif il frappa de sa jambe valide le nez de la bête qui recula sonner, mais le repit n'était que pour un temps et Sirat était en bien mauvaise posture, allongé sur le sol à la merci de ces deux monstres.

Citation:
352 mots
1 tué reste 6 bestioles
Sirat blessé à l'arrière de la cuisse

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 30 Déc 2017 22:09 
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Avec violence, Sibelle avait bondi sur l'affreuse bête noire, ou plutôt sur la musclée patte gauche de l'animal, de ses deux lames, déchirant les chairs, cassant les os et faisant couler le sang épais et visqueux. La féroce bestiole surprise par cette sournoise attaque, tout en grognant et feulant de rage et de douleur, tenta de mordre le bras meurtrier de la guerrière. Mais celle-ci, agile et rapide, esquiva sans peine la vaine riposte de l'animal blessé. Bien que n'étant pas une chasseuse, l'hinionne savait, pour l'avoir entendu à maintes reprises, qu'un animal blessé, guidé par son instinct de survie, s'avérait deux fois plus dangereux pour son ennemi. Ainsi, sans plus attendre, sans jeter un regard à la patte blessée qui pendait mollement, la belle fit un pas en avant, la pointe de son épée visant le coeur, elle enfonça brutalement sa courte épée qui se glissant entre deux côtes et transperça le coeur de son adversaire. Les yeux arrondis, les pupilles dilatées, il émit un faible gargouilli avant de s'effondrer lourdement sur le sol de terre tapé.

Sibelle retira sans ménagement son épée ensanglantée, l'essuya rapidement sur l'épaisse fourrure noire et fit du regard le tour de la scène du combat. Elle vit d'abord Yurlungur et l'archer qui travaillant de concert avaient tué un premier monstre noir. Le regard de l'hinionne s'arrêta ensuite sur Sirat. Étendu par terre, un spécimen de l'immonde prédateur noir s'acharnant sur son cou, et un deuxième s'apprêtant à lui bondir dans l'entrejambe, la mâchoire ouverte prête à dérober ses précieux bijoux de famille, le solide et sauvage humoran était en mauvaise posture.

Fidèle à elle-même, l'impulsive guerrière lâcha une de ses épées et telle une féline protégeant son mâle, elle courut dans sa direction. Déterminée plus que jamais, elle bondit dans les airs et usant de sa force phénoménale, attrapa l'animal, l'entourant de ses bras, le déviant de sa trajectoire pour rouler avec lui quelques mètres plus loin avant de chuter durement au sol. Sa prise n'ayant rien d'un vulgaire ballon, elle griffa et mordit la guerrière avant de se libérer. D'agilité similaire, les deux adversaires se remirent sur pieds presque simultanément. La bête légèrement étourdie et l'hinione, la vision floue causée par son propre sang qui masquait une partie de son visage. Pendant le vol plané, Sibelle avait échappé sa deuxième lame qui gisait au sol non loin de l'humoran. Son sac était à sa portée, mais elle n'avait pas le temps de fouiller à l'intérieur pour y prendre sa dague. Rapidement, Sibelle passa sa main dans son visage, s'essuyant grossièrement afin d'y voir un peu et puis s'empara de sa pelle. Son visage et ses cheveux maculés de sang, elle guettait son prédateur. Ses yeux pétillants et tremblant de rage, elle asséna un puissant coup sur la tête de son prédateur qui avait commis l'imprudence de s'approcher de trop près. La bête feula et malgré une évidente, mais temporaire perte d'équilibre, elle accusa le coup et jaugea la guerrière qui brandissait sa pelle prête à frapper une fois de plus.

(((510 mots
-1 autre bête de tuée, il en reste donc 5
-Sibelle a libéré son humoran de la bête qui lui attaquait le bas du corps. L'humoran a désormais qu'un adversaire ;)
-Sibelle souffre d'une morsure au cou, et de griffure au visage ))))

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Ven 5 Jan 2018 02:30, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Lun 1 Jan 2018 18:23 
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...

Un instant avant de frapper, elle sentit que quelque chose n'allait pas tout à fait. Elle s'était précipitée en avant avec un trop grand élan et à présent, il allait lui être ardu de planter avec précision sa dague dans la chair du monstre : c'était d'autant plus problématique qu'en vertu de sa faible corpulence, elle ne pouvait compter que sur son habileté et son adresse pour blesser efficacement un adversaire. Dans un déchirement sec, son arme transperça le dos de la créature - un peu trop à gauche, d'ailleurs, elle sentait que son cuir épais, bien que sévèrement entaillé, l'avait déjà protégé en partie, aucun organe vital ou artère importante n'étant de fait touchée.

Le temps semblait s'écouler au ralenti tandis que le sang de la petite se glaçait dans ses veines. Son espoir avait été de tuer la bête sur le coup, afin de pouvoir reculer aussitôt et revenir se placer proche de Celemar, à la fois pour le protéger d'une attaque physique et pour profiter de la protection de ses flèches. Or, si la créature survivait, elle risquait fort de se retourner aussitôt pour la taillader : elle essaierait d'éviter quelques coups, mais la moindre erreur pourrait lui être gravement handicapante pour la suite du combat voire, à terme, fatale. Alors que la panthère hurlait de douleur sous le coup qu'elle venait de lui infliger, Yurlungur s'agrippa à sa dague, sa main gauche s'accrochant tant bien que mal à la fourrure drue du monstre. Mais alors qu'elle s'attendait à une cavalcade effrénée sur le dos du faux félin, à des coups de pattes et de queue, une flèche vint transpercer la gorge de l'animal, le réduisant immédiatement au silence.

La tension accumulée descendit de moitié et elle sauta sur le côté alors que le fauve chutait au sol, mort, la dague rapidement retirée de l'entaille. Soufflant un bon coup en se repliant vers Celemar, elle lança un coup d'œil aux deux autres yuiméniens, qui semblaient s'en sortir correctement face à leurs adversaires respectifs. Mais le temps n'était pas au spectacle : deux autres de ces bêtes émergèrent de l'obscurité, arrachant un grognement agacé à la jeune fille. Ces deux-là avaient l'air passablement énervées par le décès prématuré de leur congénère et, visiblement, elles ne se laisseraient plus avoir par la petite taille de l'adolescente, au vu de leur rapprochement mesuré, feulant et montrant leurs crocs mortels.

Celemar avait déjà encoché une flèche, prêt à tirer. Elle sentait son souffle agité, ses battements trop rapides, tambourinant à l'intérieur de sa poitrine comme si son cœur souhaitait finir le travail à temps avant une mort possible. Cette idée, incidemment, se faufilait et la pressait, augmentait le rythme déjà effréné de sa respiration hors de contrôle. Elle, qui croyait croire en Phaïtos, avoir peur de la mort ? Et pourtant, ces griffes qui luisaient d'un éclat sinistre à la lumière de leur feu de camp transperçaient son masque d'impassibilité joueuse, venant secouer son esprit d'une terreur irraisonnée.

Et si elle mourrait ici, bêtement ?
Et si les crocs de ces sales bêtes la transperçaient avant de la laisser se vider lentement de son sang ?
Et même s'ils gagnaient - elle ne doutait pas que Sibelle et Sirat seraient à même de venir à bout de tous leurs adversaires -, elle craignait l'étreinte fatale de ces fauves sanglants, elle se sentait minuscule, ridicule, petite chose fragile qu'un simple coup de patte mettrait au tapis.

« Celemar ? »

Elle n'arrivait même plus à masquer l'affolement dans sa voix. Les ombres lui tournaient autour, la cernaient, comme les chimères des cauchemars des enfants, avant de les manger tout crus. Elle chassa un tremblement qui ramollissait son bras et se jeta à temps sur le côté, alors que l'une des bêtes se précipitait sur elle, sans laisser le temps à Celemar de répondre à ses tourments.

Mais cette fois-ci, moins surpris par la réaction habile de sa proie, le fauve se retourna presque immédiatement, balayant l'espace de sa souple queue. Elle recula à nouveau, haletante, mais l'extrémité de son appendice la frappa au pied et, lourdement, dénuée de toute grâce, elle chuta au sol, son dos frappant durement la terre. À moitié sonnée, elle entendit un cri d'alerte de Celemar, une flèche fusant au-dessus de sa tête vers l'autre bête qui s'approchait déjà de l'autre côté : sans perdre un instant, elle roula prestement pour s'écarter de ces morts brusques et sauvages et se releva d'un bond agile, aussitôt sur les deux pieds.

Les deux fauves étaient à présents coincés entre elle et l'archer, hésitant quant à la proie à choisir. Elle ne contrôlait plus rien : tout son corps lui criait de s'enfuir, de courir loin de ce camp, de laisser les grandes personnes gérer ces problèmes : mais il y en avait peut-être d'autres là-bas, dans ces ténèbres denses et épouvantables. Elle n'osait pas se retourner pour vérifier qu'aucune menace ne viendrait des fourrés de derrière, de peur que ce moment d'inattention permette aux deux affreuses créatures en face de l'attaquer par surprise : elle fixait donc Celemar, espérant que ce dernier l'alerterait à nouveau au cas où un adversaire arriverait de derrière.

Elle regardait les deux fauves, dont l'un avait encore une flèche encastrée au niveau de son épaule, sans que cela ne semblât trop le gêner. Elle ne pouvait pas les attaquer de face : son allonge était trop courte, elle se ferait déchiqueter un bras ou une jambe avant même d'avoir réussi à porter le moindre coup. Mais éviter seulement les attaques ne la sauverait pas, et à présent son archer protecteur se retrouvait à l'opposé de sa position, l'elfe et l'humoran déjà bien assez occupés par leurs adversaires respectifs.

Et finalement, l'observation dut bien prendre fin : des deux créatures, l'une bondit vers elle, l'autre vers Celemar. Elle ne pourrait pas arrêter cette masse en mouvance devant elle, aussi se décala-t-elle vers la droite en pivotant, une goutte de sueur s'arrachant de sa tempe : mais son regard fut irrémédiablement attiré par le second combat où une seconde flèche vint blesser le monstre qui, quoique dévié de sa trajectoire, ne s'arrêta pas et taillada l'avant-bras du yuiménien d'un coup de griffe abrupt. Elle écarquilla les yeux alors que le liquide pourpre s'étalait au sol et que le charmant baroudeur, perdant son assurance, hurla brièvement en tentant de s'écarter de son bourreau.

Pourquoi ressentait-elle donc à présent ceci, une sourde colère, une forme de rage froide et farouche - alors que ce type, au fond, elle ne le connaissait même pas ? Ils s'étaient parlés deux fois peut-être, toujours avec leurs secrets respectifs et leurs masques d'apparence, avec malice et attention... Et pourtant, son expression s'était durcie, sa prise sur ses deux dagues s'était affermie, ses gestes se fluidifiaient dans une succession de mouvements vifs et brusques, évitant les morsures et coups de griffes qui se rapprochaient en modifiant sa trajectoire aussi subitement qu'elle le pouvait.

Et alors que la bête face à elle tentait à nouveau de la frapper de sa lourde patte, elle s'arrêta brutalement et para : campée sur ses appuis, fermement ancrée au sol, elle contra la violence de l'animal par un coup de dague en plein dans sa paume. Celle-ci, surprise, rugit de fureur et les muscles contractés à leur plein potentiel de la jeune fille stoppa net la patte. Celle-ci s'alourdissait néanmoins, le monstre tentant de déséquilibrer son adversaire par son poids bien trop important pour elle, qui vit sa gueule fondre sur son bras droit, prêt à la croquer : elle frappa de son autre main, en plein dans l'arrière de la mâchoire du fauve, qui parvint néanmoins à finir son mouvement et à labourer son bras du coude à l'épaule.

Elle rugit à son tour : loin de hurler, sa mâchoire fermée, elle fixait la chimère devant elle avec une expression folle, la douleur ravivant chez elle une frénésie sanguinaire. Elle n'en souffrait pas encore tout à fait : la plaie était encore vive et ne la gênait pas ; quant à la douleur, elle la supporterait jusqu'à la fin du combat. Ensuite, il faudrait voir - et s'empêcher de pleurer devant les trois autres...

Un plan fou prit place dans son esprit dément et sans laisser le temps à la créature de tenter une nouvelle attaque, elle retira brusquement sa dague droite de sa patte, laissant celle-ci tomber au sol, la déstabilisant un instant : aussitôt, ce bras effectua un arc de cercle succinct autour de la tête de l'animal, venant se planter dans son épaule ; aussitôt, elle retira la seconde dague et, tenant entre ses bras si chétifs l'énorme tête qui se débattait en la cognant dans tous les sens, elle se propulsa par-dessus sa patte et se jucha sur le dos du monstre, de travers.

Il essayait de se débarrasser d'elle, mais elle s'accrochait et frappait en même temps de son coutelas la chair de son adversaire. Elle reçut au bas du mollet un nouveau coup de griffe, et de multiples coups de queue dans le dos, déchirant les tissus de ses vêtements. Ils se frappaient l'un l'autre, se tordaient, continuaient, infatigables : cette lutte chaotique lui sembla durer une éternité, mais les coups de l'animal se mirent à faiblir, à s'espacer, jusqu'à ce qu'il s'effondre sur le sol - et elle continuait de frapper, frénétiquement, pour être assuré jusqu'au plus profond de ses entrailles que son ennemi était hors d'état de nuire, définitivement.

Elle haletait, couverte du sang poisseux de la bête. La douleur revenait à présent qu'elle s'était arrêtée, douleur forte et lancinante, comme un barrage qui cède soudainement, l'adrénaline de l'action n'arrivant plus à arrêter le flot de souffrance. Son bras gauche, d'une part, qui bougeait à présent difficilement, ainsi que le bas de sa jambe droite, qui portait trois longues griffures sanguinolentes. Elle vit de loin Celemar, bien que blessé, achever son monstre à lui, tandis que Sibelle et Sirat se débrouillaient de leur côté. Sa vision n'était plus tout à fait nette et, lorsqu'elle se leva pour essayer de se diriger vers l'archer, son mollet flancha et elle s'effondra au sol, gémissante.

Elle se releva aussitôt, voyant une autre de ces créatures se rapprocher d'elle, contournant l'elfe et l'humoran. Elle claudiqua jusqu'à Celemar et se replaça en position de combat entre lui et cet énième ennemi. La nuit s'annonçait décidément fort longue...

« Celemar... Je ne pense pas pouvoir vous couvrir efficacement, haleta-t-elle. Je vais attendre qu'elle attaque pour passer derrière elle et elle sera prise au piège. »

Le monstre se rapprochait de plus en plus, grognant en montrant ses canines aiguisées. Peut-être sentait-il que la concertation orale de ses deux adversaires n'était pas bon pour lui : Yurlungur continua toutefois, sans le lâcher des yeux, accélérant le rythme de son explication.

« Il sera obligé de se tourner vers moi s'il veut me blesser : à ce moment-là, vous le canarderez par derrière. Puis, lorsqu'il se tournera vers vous pour riposter, je l'attaquerai à mon tour... Attention ! »

La bête s'apprêtait à bondir mais la jeune fille s'élança en avant, droit sur elle : gagnant sur le sursaut d'hésitation, elle se jeta sur le côté pour éviter la gueule du fauve et les deux imposantes mâchoires qui claquèrent dans l'air. En se relevant, elle esquiva avec peine deux coups de griffes successifs : à chaque fois, elle était forcée de reculée, tentant néanmoins de se déplacer toujours un peu plus vers la droite afin que Celemar puisse l'avoir de dos. Mais face à cette créature plus grande, plus forte, plus rapide et à l'allonge ô combien plus importante qu'elle, elle parvenait tout juste à esquiver les coups qui s'enchaînaient sans répit - déjà, sa blessure à la jambe la lançait, sans doute rouverte par tous ses mouvements brusques, et elle ne savait combien de temps elle tiendrait ainsi.

Et enfin, la créature rugit et recula un peu tandis qu'une des flèches de Celemar venait de se ficher dans son dos : Yurlungur se laissa tomber sur les fesses, ses deux dagues mollement dressées devant elle en protection. La chimère dut remarquer cet état manifeste de faiblesse, aussi fit-elle abstraction de l'ennemi dans son dos pour avancer encore un peu vers l'enfant qui rampait en arrière, terrifiée par la venue de ce monstre qui cachait dans son dos toute lumière et projetait sur elle une ombre gigantesque.

Une seconde flèche l'atteint à l'épaule : il rugit à nouveau, laissant le temps à l'assassine, bien qu'essoufflée, de se remettre sur les pieds et de reculer encore un peu vers l'orée du camp. Le fauve hésita : Yurlungur sentit ses muscles se détendre légèrement, sa fuite en arrière se calmant - il allait se rendre compte qu'elle n'était qu'un appât, se retourner vers Celemar, la laisser en paix.

Et d'un seul coup, le prédateur fonça droit sur elle et elle recula vivement : son pied se prit dans une racine qui dépassait et elle chuta en arrière, voyant fondre sur elle la promesse d'une mort certaine.

Peut-être fut-ce par là qu'elle lâcha prise et qu'une petite force inconnue, quelque part dans son esprit, prit le relais de la défense. Une défense instinctive, qu'elle observait sans y penser, comme dans un songe : car après tout, cela y ressemblait tant, entre ses sens qui la troublaient et altéraient ce monde dans un tableau flou, ces chimères tirées d'un vaste cauchemar, les ombres qui dansaient autour du tango de la mort et du feu.

Elle replia ses jambes contre elle-même, en position fœtale, et lorsque l'horreur fut sur elle, elle déploya un effort surhumain pour contrer son avance, poussant contre ce torse prodigieux qui s'apprêtait à l'écraser de sa masse. Simultanément, ses deux bras se levèrent et bloquèrent les deux rangées de griffes qui allaient s'abattre de chaque côté. Et le poids de la bête tout entier se déversa sur elle tandis qu'elle gémissait, croulait sous cette charge gigantesque, le dos broyé contre un sol inégal. Son bras gauche, déjà, commençait à faiblir, déjà meurtri par le début du combat. Et alors que la situation semblait déjà avoir atteint un paroxysme tragique, le cou du fauve se mit à s'allonger, lentement, approchant à chaque instant sa gueule avide du beau visage de la petite fille.

Elle n'aurait de toute façon pas pu tenir bien longtemps là-dessous : aussi laissa-t-elle couler les instants interminables pendant lesquels ces crocs assoiffés de sang s'approchaient de son visage tourmenté, sans réagir.

Une flèche traversa le cou du monstre en travers et la pointe ressortit de sa gueule grande ouverte, à une dizaine de centimètres des yeux de Yurlungur. La pression sur ses bras s'atténua aussitôt alors qu'elle contemplait le regard vitreux de son adversaire mort, puis tout son corps se relâcha et elle lâcha prise, se laissant écraser par le corps.

Sonnée, Celemar la dégagea de là et l'aida à se relever, la rapprochant du feu. Elle s'allongea sur son lit de fortune, laissant ses nerfs crier leur douleur et quelques larmes couler le long de ses joues.


(((2500 mots
Yuyu : blessée au bras gauche, au mollet droit (trois griffures) ; hématomes un peu partout, muscles durement sollicités sur la fin (courbatures à prévoir) )))

...

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Thème musical


Dernière édition par Yurlungur le Dim 21 Jan 2018 13:59, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Mar 2 Jan 2018 22:40 
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La chose se tourna vers lui en un mouvement lent et plein de menaces. Par Phaïtos qu'il était grand ! Ses yeux brillèrent d'une étrange lueur verte et Azra les fixa, décidé à montrer qu'il n'avait pas peur. Enfin, il fallait espérer que cette chose pouvait se laisser convaincre par les apparences...

Alors, il sentit quelque chose... une onde invisible qui approchait... C'était... oui, c'était comme lorsqu'un esprit était venu pour tenter de s'emparer de son corps, lors de la bataille de Fan'Ming ! Bon, c'était sans doute le seul moyen que cette chose ait de communiquer... Il le laissa entrer. De toute façon, il n'aurait sans doute pas pu le retenir. Et alors...

Ce fut un torrent, un raz-de-marée, un tsunami de puissance dévastatrice qui déferla en lui ! Une explosion de douleur qui le fit vaciller ! Paniqué, il tenta de repousser la vague. Cette chose allait l'anéantir ! Il recula d'un pas et sentit le sol qui menaçait de se dérober sous ses pieds. Au sommet de son aiguille de pierre, il lui était impossible de fuir !

Alors, il tenta de rassembler son esprit, d'invoquer sa magie en catastrophe pour repousser l'intrusion. C'était un processus plus automatique que conscient. Des années à être prêt à défendre sa vie à chaque instant avaient rodé le jeune homme jusqu'à le doter de réflexes hors du commun face au danger. Le plus surprenant fut de sentir la douleur refluer légèrement. Oui ! Ce colosse n'avait dû impliquer qu'une infime partie de son pouvoir... et il le repoussa tant bien que mal. La volonté de fer du fanatique, son instinct de survie, et peut-être aussi le fait que la créature venait juste d'émerger de son long sommeil, lui évitèrent d'avoir son esprit instantanément balayé.

Il n'était pas nécromancien pour rien. Les âmes, ça lui connaissait ! Paradoxalement, le fait que la sienne ne fut plus si intimement connecté à son corps lui donnait... une sorte de souplesse. Il tenait la tempête, comme un roseau tient là ou un chêne se brise. Mais pour combien de temps ? Ses yeux ne voyaient plus rien qu'un océan de lumière et de douleur. Il sentit à peine son genou qui fléchissait, menaçait de frapper le sol... pas question ! La présence spirituelle le dominait, voulait le submerger... elle frappait, refluait, revenait, frappait sous un autre angle, puis l'encerclait... il avait l'impression d'être dans un tourbillon hostile, et s'il ne repoussait pas ce maelstrom, il n'aurait aucune chance de survivre...

La voix d'Arek retentit alors :

(Tient bon ! Il faut détourner le combat ! Trouver le moyen d'entrer sur son propre champ de bataille ! Résiste ! Et guette une ouverture ! Il faut reprendre l'initiative et amener le combat sur le plan spirituel, comme tu faisais avec Chandakar !)

Facile à dire ! Azra ne voyait pas comment il pouvait prendre l'initiative face à une telle puissance ! Mais voilà qu'une autre présence se manifesta. Faible mais déterminée, une petite étincelle qui frappa de toutes ses forces l'esprit du titan... Rendrak ! Car oui, Azra était un nécromancien, il n'était donc jamais seul ! Il appela également les âmes de sa dague, contraintes à lui obéir, se précipitèrent à l'assaut. Cette fois-ci, le monstre vacilla et recula. Ce qu'il avait réussi à introduire dans l'esprit de la liche avait été rejeté !

Pendant un temps, il retrouva la vision du monde qui l'entourait. L'énergie agressive l'environnait encore de toutes parts, invisible, mais furieuse. Il avait remporté une bataille mais la guerre était loin d'être terminée.

Alors, Azra sentit Arek le guider vers la suite du combat. Déjà, le titan revenait à l'assaut, plus puissant et plus déterminé que jamais. Mais cette fois-ci, le nécromancien s'élança en esprit à sa rencontre. Et...

… le monde bascula dans les ténèbres. Pendant un instant déroutant, le jeune homme se demanda s'il était simplement mort. Puis, la lumière revint. Elle émanait du sol, un immense carré d'un blanc fantomatique avec une impressionnante dépression noire au milieu.

Alors, du ciel, descendit la main incommensurable du titan. Son mouvement était presque imperceptible, étrange, comme dans un rêve. Elle aurait dû écraser le nécromancien mais... non, elle se contenta de le pointer du doigt, et Azra sentit comme une ironie moqueuse dans son esprit. Alors, apparu quelque chose de gigantesque, un bolide qui traversa le ciel et roula avec fracas dans les ténèbres pour s'arrêter juste à côté, percutant sa plate-forme au point de le faire tomber à terre. Il formait maintenant une autre surface voisine, quoique imparfaitement jointive et dotée de six dépressions noires. C'est alors que le nécromancien réalisa qu'il s'agissait de la même chose que ce sur quoi il se tenait.

Un dé. Un colossale, écrasant, titanesque dé. Le titan avait fait un six. Azra n'avait fait qu'un un.

Mais la liche éclata de rire. Jouer selon les règles n'était pas son fort ! Alors, il s'élança et bondit sur l'autre dé.

« Maintenant c'est moi qui ai le six ! Je te laisse l'autre ! »

Une pensée légèrement décontenancée lui répondit, mais qui se reprit bien vite. Un sifflement terrible monta, et Azra se jeta au sol pour se cramponner face à la pluie de météores qui arrivait. Des chocs, un grondement insoutenable hurlèrent en un cataclysme dévastateur. Quand tout cessa, Azra se leva d'un pas hésitant, un peu secoué. Il avait beau savoir ne pas être physiquement présent dans ce monde étrange, il avait du mal à se convaincre que ses os soient restés soudés au milieu de ce déferlement de violence. Et quand il regarda autour de lui, il n'y avait qu'un océan de dés qui s'étendait à perte de vu.

Tous présentant un six.

Le nécromancien resta planté là, méditatif. Son regard se posait sur le dé d'où il venait, et qui affichait toujours un seul point. Puis, il leva les yeux vers l'immensité de ténèbres qu'il fallait bien appeler le ciel, faute de mieux.

« Tu admets donc avoir un « un » au milieu de tes « six » ? Très bien, alors c'est là que je frapperais ! »

Et il s'élança ! Son poing fendit l'air et percuta avec force le gigantesque dé, une force qui n'avait rien d'humaine mais qui était toute la force d'un esprit agile qui savait identifier un point faible plutôt que de se reposer sur la force brute. Le dé explosa. Azra bascula dans une chute sans fin au milieu de paillettes étincelantes...

… jusqu'à atterrir sur une nouvelle surface. Une étendue lisse et sans imperfection, mais qui n'était pas un dé. Sans qu'il puisse se l'expliquer, un sentiment de peur monta en lui. Des crissements et des couinements inquiétants commençaient à monter, tout autour de lui. Quel était donc cette nouvelle épreuve ? Il regardait partout, cherchant l'origine des sons abjectes qui l'assaillaient.

Alors, une vision de cauchemar apparut sous ses yeux. Une vision terriblement familière et qui avait longtemps hanté ses nuits : treize rats étaient assemblés sous ses yeux, liés par la queue, hurlant de haine.

Le Roi des rats !

« Tu vas souffrir, mortel ! Souffrir comme nous souffrons ! Souffrir comme tu nous as fait souffrir ! Le monde... le monde n'est que douleur ! Et tu vas le sentir ! »

D'autres rats, grands comme des chevaux, apparurent autour de lui et s'élancèrent à l'assaut du jeune homme. Celui-ci sentit ses poiles se hérisser et s'élança en courant. Il avait l'impression de n'être plus qu'un pauvre gamin fuyant ses vieilles phobies ! La plaine blanche s'étendait à perte de vue, et il n'y avait nulle part où se cacher. Où qu'il aille, ils le suivraient ! Saletés de rats ! Il commençait déjà à s'essouffler et à ce rythme là...

S'essouffler ? Il baissa les yeux vers ses bras, sur lesquels des poiles étaient effectivement hérissés. Ce n'était pas qu'une impression ! Il était réellement devenu le gamin qu'il était ! C'était bien le comble ! Comment pouvait-il avoir la moindre chance de vaincre sans ses pouvoirs si durement acquis ? Alors qu'il courait, il maudit le titan avec désespoir. Ce salaud avait bien trouvé comment le réduire à néant ! Lui, la liche immortelle, le vainqueur de grandes batailles, terreur de ses ennemis, qui avait plus de sang sur les mains que quiconque, avait tout perdu, jusqu'à redevenir un pauvre mendiant contraint à fuir en jalousant plus puissant que lui.

Il ne tiendrait plus longtemps. La fin approchait. L'un dans l'autre, il y avait des morts plus pathétiques que d'être vaincu par un dieu mais... la part de Chandakar en lui écumait de rage. Dieux ou mortel, il aurait voulu que personne ne puisse le surpasser.

(Et personne ne t'a jamais surpassé. Tu ES « toi », et personne, pas même un dieu, ne peut être meilleur que toi à ce jeu là.)

La voix d'Arek se fraya un chemin dans son esprit désespéré, et il s'arrêta de courir. Il était lui-même. Quelque part en marge de son esprit, mais bien lui-même. Et qui était-il ? Une liche avide de pouvoir ? Non, il était bien plus. Il l'avait oublié, mais Azra, le gamin des rues, ne fuyait pas parce qu'il était faible. Il fuyait intelligemment des ennemis trop fort, puis œuvrait à trouver leur faiblesse. Comme un avait fuit les brutes du marchand avant de se retourner contre elles par surprise, comme il avait dressé toutes les forces qu'il pouvait trouver contre le Roi des rats, sacrifiant sans pitié ses compagnons pour combattre. Azra n'était pas faible, c'était au contraire Lord Azraël qui n'était qu'une émanation tardive, ennuyeuse et prétentieuse, pure création des ambitions d'un gamin fourbe et déterminé. Un gamin qui, bien plus que ce tas d'os clinquant, était le véritable vainqueur de sa propre histoire.

Azra s'arrêta, puis se retourna vers les rats qui le poursuivaient.

« Tu veux me tuer, titan ? Soit. Mais es-tu prêt à faire face aux conséquences ? »

Les rats s'arrêtèrent, surpris. Il y eut un instant de flottement, puis estimant sans doute qu'il n'y avait là que bravade, ils lui sautèrent dessus. Azra ne fit rien pour les arrêter. Ils furent sur lui, leurs petites pattes dégoûtantes grattant, griffant son corps, leurs incisives féroces déchirant sa chair. La douleur affluait, mais la douleur, c'était aussi la vie. Et d'une certaine manière, il était content de pouvoir à nouveau sentir sa chair, même si c'était par ses déchirures. Chair, muscle, sang, les rats le dépossédaient de tout. Mais c'était sans importance. Il était lui-même, et c'était tout ce qui comptait. Et, alors que ses os commençaient à apparaître dénudés, ce qui restait de ses lèvres esquissa un sourire.

« Merci, puissant titan, de m'avoir rendu ce que dont tu prétendais m'avoir privé... »

Et il se dégagea. De nouveau tout en os, Lord Azraël se déploya, grandissant jusqu'à des hauteurs inouïes, rejetant les rats au loin. Ils tentèrent de grandir à leur tour pour continuer à s'opposer à lui, mais il était trop tard. Le titan avait voulu se jouer de ses peurs, mais une fois de plus, l'esprit vif du jeune homme avait déjoué ses pièges.

Au loin, d'autres rats apparaissaient, par légions. Ils fondaient à l'assaut avec fureur, mais le nécromancien fit un geste négligeant, clamant :

« À moi, âmes des morts ! »

Et à nouveau, Rendrak et les fantômes se manifestèrent. Son armée qui se faisait légion contre les légions ennemies... Les rats furent massacrés, balayés, tandis qu'Azra marchait vers le Roi des rats qui hurlait, écumait, tentant de trouver une issue. Il n'y en avait pas. Azra saisit encore une fois le nœud de queues... et tira un grand coup. Explosion de magie noire, déferlement de pouvoir. La liche s'éleva, grandit, transperçant le plafond invisible. Il hurla :

« Je suis Lord Azraël ! Héritier d'Azra ! Je n'ai jamais mis genou à terre devant qui que ce soit sans si ce n'est de ma propre volonté ! Sache que si je respecte ta divinité, titan, tu es ici chez moi ! »

L'univers explosa autour de lui. Il était au milieu des étoiles et des planètes, dieu immense et immortel... et il affrontait maintenant d'égal à égal la forme cyclopéenne de son adversaire. Il leva un poing furieux dans un mouvement impensable. Le titan fit de même. Chacun avait sa dague à la main. Le geste sembla durer une éternité. Deux astres traversaient les immensités cosmiques en un voyage qui, à travers les éons, portait la destinée d'une collision inévitable. Les âges passèrent, puis les ères... et les lames se heurtèrent. La verte vie de la nature contre la noirceur de la mort... Mais la mort gagne toujours sur son terrain. La dague verte se brisa et le titan explosa...

… Azra rouvrit les yeux. Il était toujours sur son aiguille de terre, debout devant le titan. Il n'était toujours qu'un petit mortel face à un dieu mais... il avait réussi à le repousser. Ses genoux étaient légèrement fléchis, son dos voûté, mais cela n'avait pas d'importance, car il le sentait...

À aucun moment de ce combat gargantuesque il n'avait posé genou à terre.

Alors, il se redressa et fixa le titan droit dans les yeux.

((( 2208 mots, demande de commentaire, parce que bon, quand-même, hein ! )))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Jeu 4 Jan 2018 07:43 
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Le coup fatal se fit attendre, Sibelle était intervenue et avait sauté sur la bête qui attaquait ses jambes. Sirat ne voyait pas grand chose, il ressentait simplement les crocs de son agresseur lutter pour percer son armure. Il percevait à peine Sibelle, il vit du sang, rouge, sur elle, il pesta, c'était de sa faute. Tout, un sentiment de culpabilité s'empara de lui, il avait perdu N'kpa, il perdait la semi elfe. Il pria son dieu, il l'appela, alors que l'armure cédait peu à peu et que ses bras se tétanisaient à tenter de repousser l'assaut.

Pourquoi ne répondait-il pas, pourquoi ce silence, pourquoi cette impression de tourner en rond. Il avait pensé que son destin était de venir ici, mais il embrassait la mort aujourd'hui et son haleine fétide se rependait dans ses narines. Il ne sentait plus que cela, cette odeur âcre, d'une vieille fenaison, de la salive visqueuse.

Il avait fait quoi depuis son arrivé, rien, sa mort ne serait donc qu'un apaisement. Le sans-visage ne se montrait pas en avait il simplement envie. Il s'était cru investi d'une quête, d'un apostolat au nom d'une divinité qui n'était pas la sienne. Il s'était fourvoyé et Zewen restait muet à ses suppliques. Le monstre ne tarderait pas à en finir et il était totalement incapable de s'en défendre. Un enfant perdu, devant son père, devant sa punition. Il avait pensé revenir pour corriger les actes passés, mais zélote qu'il était, il apprenait qu'on ne revenait pas sur le passé. Les écrits du livre peu importe leur dénouement restaient écrit à jamais et lui qui devait en être le protecteur avait faillit par excès, par stupidité.

Oranan n'était pas tombé, c'était qu'elle ne devait pas choir. L'obscurité enveloppait tout autour d'eux et s'immisçait même dans son esprit. Elle plombait chacun de ses rêves, les ténèbres s'étalant dans son âme, noyant l'espoir, lentement. Plus il se débattait plus il s'enfonçait toujours plus profondément dans les abysses froid de son cœur.

Le réel combat n'était plus physique. Il sentit le col céder, sa gorge s'offrir, sa carotide percevoir son prélude. Il tourna le visage en offrande. Du coin de l'œil, il embrassa l'image de la maîtresse d'armes, blessé, mais luttant.

Elle montrait l'exemple, elle était son passé, ce qu'il avait été quand sa passion faisait de lui un guerrier. Quand son dieu l'avait choisit. Il déambulait dans les limbes, possesseur d'un pouvoir, sans utilité, il était devenu obsolète. Il se refusa à accepter cet état de fait.


Il devait la sauver, il ne manquerait pas a se devoir. Une lumière s'extirpa du marasme opaque, s'arrachant avec force et emmenant avec elle une vague, connue, puissante, ce picotement intense qu'il ressentait à chaque fois. Un ras de marée d'énergie débordait bientôt, frappant dans ses tempes, dans son thorax. Il plaça sa main entre la gueule du monstre et son coup, l'enfourna dans le gosier, empoignant la mâchoire inférieure. Il sentit les crocs percer sa paume, mais la douleur ne fit qu'exciter sa rage.

Il força la bête à le regarder, un sentiment de frayeur changea de camp et l'instinct de survie frappa la chimère quand elle perçut le sourire sadique et fou de l'humoran.
Quand elle eut compris, il n'eut qu'a relâcher son pouvoir, à laisser aliaénon faire le reste. Dans son autre main, une protubérance gigantesque se créa.

Elle prit son bras, naissant de lui, vomissant de sa chair, déchirant ses protections. Dans son éclosion, elle transperça l'abdomen de la panthère, la déchirant de part en part, laissant un océan de viscère se rependre sur l'humoran. Il se redressa empoignant la tête inerte de la bête de sa main, le reste de son thorax encore attaché, des filins de peau pendant et dégoulinant de sang sur l'herbe, recouverte des intestins.

De l'autre bras, on ne distinguait plus rien, les détails avaient disparu, la main n'était plus qu'un appendice écorché de pierre grise. Son corps s'était strié et recouvert d'une roche plutonique magmatique à texture grenue. Son regard et ses expressions s'étaient figé dans cet instant de déséquilibre mental et paraissaient ne plus pouvoir en bouger. Par endroits des tertres, déchirait son armure qui était devenue inutilisable. L'instabilité de la magie l'avait rendu difforme, une statue de granit, recouvert de plaque de calcite blanc et de caillou jade ou cyan en forme de silex strillaient sa silhouette rendant son apparence anarchique.

Citation:
730 mots
sort : -Chair de Pierre : Votre peau devient peu à peu de la roche aux propriétés magiques, pouvant devenir aussi résistante que du diamant, ce qui vous ralentit sensiblement dans vos actions. (End+2/lvl pendant lvl/4 tours, maîtrises-0,5/lvl et esquives-0,5/lvl.)
Effets indésirables :
  • Sirat est devenue un monstre de pierre pendant un nombre de temps à déterminer par le GM
    Armure :
  • Plastron de métal doré de Nagorin (End+28, esq.+14).détruit à retirer de la fiche
  • Casque à cornes (end+24, esquives +12)détruit à retirer de la fiche
  • Bras d'armure en métal doré de Nagorin (End+28, esq.+14). détruit à retirer de la fiche

une de tué reste deux...


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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Ven 5 Jan 2018 03:37 
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Sibelle n’avait pour arme qu’une simple pelle. Sachant pertinemment qu’avec cet outil de jardinage, elle n’arriverait pas à tuer la chimère qui lui faisait face, d’un regard vif, elle chercha ses courtes épées. Elles étaient malheureusement toutes deux hors de portée. Si la première était inatteignable, la seconde gisait non loin de l’humoran. Mais ce dernier trop occupé à combattre son propre adversaire ne pouvait la lancer à sa coéquipière.

La guerrière se résigna alors et reporta son attention sur son combat. Comportement qui lui fut salvateur, puisque la bête, ne l’ayant pas attendue, profita de ce petit moment d’inattention de l’hinionne pour bondir sur elle, toutes griffes sorties. La belle n’eut le temps que de faire un pas de côté pour éviter la mâchoire ouverte et les ongles acérés de l’animal. Si elle s’évita de nouvelles vilaines morsures et griffures, elle fut tout de même bousculée par l’imposante queue de l’animal qui l’envoya choir par terre. Légèrement assommée, la guerrière se releva tant bien que mal pour se retrouver face à face à l’animal qui s’était déjà retourné et s’approchait de nouveau de la guerrière.

(Une pelle, c’est bon qu’à remuer la terre !) Songea rageusement la guerrière pour elle-même.

Puis, alors que d’autres se seraient peut-être découragés, la guerrière eut une idée. Sans perdre la bête de vue, pendant que cette dernière s’approchait d’elle à la manière d’un félin, ce qu’elle était en partie, elle planta sa pelle dans quelques centimètres de terre rouge sablonneuse et attendit le bon moment. Ce ne fut que lorsque la monstruosité aux pattes antérieures ailées fut à proximité que Sibelle souleva rapidement sa pelle pour lui envoyer son contenu en plein visage. Les fines particules de terre pénétrèrent alors sa bouche, ses narines, ses oreilles et aussi et surtout ses yeux. Aveuglée et à mi-étouffée, la bête recula, tout en tentant au hasard de griffer et mordre son attaquante.

Alors, bouillant de rage, la maître d’armes fit un pas en avant et tenant fermement des deux mains son arme de nains, elle asséna un violent coup sur la tête de l’animal aveuglé et mi-asphyxiée qui réussit tout de même à tâtons à lui griffer profondément la cuisse gauche avant de tituber. Sibelle laissa échapper un cri de douleur et frappa de toutes ses forces une seconde, une troisième et une quatrième fois. Son adversaire, portant à présent le statut de proie, s’affala par terre, à moitié conscient. Mais Sibelle n’en avait cure et frappait encore, et encore. Lorsque sa proie s’immobilisa enfin, la guerrière souleva une fois de plus sa pelle. La manipulant à présent comme un fermier, elle plaça le tranchant de fer contre la gorge de l’animal, puis posa son pied sur la plaque métallique, les deux mains sur le manchon de bois, elle y mit tout son poids et trancha le cou de l’animal. Le sang noir de sa victime gicla sur ses pantalons déjà maculés de son propre sang. La guerrière lâcha son accessoire de jardin et se laissa tomber sur le sol, fatiguée, éreintée. Lorsqu’elle leva le regard vers son compagnon d’armes, elle vit qu’il s’était transformé en statue de pierre.

((( 525 mots
Une de tuée à coup de pelle…. Il n’en reste qu’une et elle est pour toi Yurlungur
Sibelle a de vilainges morsures au cou, des griffures au visage, et surtout une énorme blessure à sa cuisse gauche. )))

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 13 Jan 2018 11:23 
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Forêt d’Emeraude – Clairière de l’Obélisque. 14h (Azra, Daemon)

    Un coup terrible avait été porté à l’immense créature, qui regardait fixement le nécromant qu’elle avait sous-estimé, vacillant. Sa fierté en prenait bien sûr plus un coup qu’autre chose, car elle était encore au moins dix fois plus puissante que ce qu’elle avait montré. Mais elle comme Azra surent désormais qu’il n’y avait plus d’option : Azra avait gagné la première bataille, certes, mais il s’agissait ici de gagner la guerre. Une guerre qui ne ferait pas de pitié. Car déjà, l’immense monstre ramené du Royaume des Morts un peu trop efficacement s’apprêtait déjà à répliquer. À assaillir de nouveau l’esprit d’Azra. Mais plus avec un coup prudent, comme avant. Elle lui lacérerait l’âme de toute sa puissance, dix fois ce qu’il avait affronté jusque-là, mais tout en même temps, avec une intensité telle qu’il sut pertinemment ne pas être capable d’y résister. Cette fois, on âme allait imploser, se disséminer, être révoquée à jamais. Détruite. La pire mort, celle dont on ne peut revenir, sous aucun prétexte.

    Alors, il entrevit une solution. L’unique issue possible pour lui de ce combat inégal : Alors que l’immense assaillant allait, cette fois, lancer toute sa puissance mentale pour écraser l’esprit du nécromant et l’habiter, celui-ci ne pouvait plus que fuir son propre corps, intégralement. Se donner la mort par la seule force de son esprit, pour projeter celui-ci dans la carcasse immense du monstre, et ainsi l’habiter à son tour. Et une fois ceci fait, pour éviter de s’y faire batailler encore, il devrait contraindre son propre corps, habité de l’esprit de la créature. Nul doute que sous cette nouvelle forme, il avait plus de force, de puissance que son corps de liche. Il devrait en jouer, enfermer son propre squelette habité d’un esprit autre. Et là, il aurait gagné.


    Car s’il n’œuvrait pas de la sorte, son esprit serait détruit. Et son corps, s’il s’y prenait trop tard.

    Ce fut au crépuscule de cette bataille, alors qu’Azra en sortait victorieux (HJ : ou non, je lui laisse le choix, après tout) que trois hères débarquèrent dans la clairière : La Reine Sheeala d’Argentar, le seigneur Astidenix, et Daemon, témoins impuissants de toute la dernière scène.

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Marais d’Eaunoire – Tahmass.


    Le combat avait été rude et long, les aventuriers s’en sortaient fourbus et blessés. De quoi rendre complexe la fin de leur voyage vers cette destination méconnue, ce camp nomade des carnivores. À bout, ils ne commentèrent guère la soirée et se soignèrent tous sommairement, afin de ne pas se vider de leur sang, pour retrouver le sommeil.

    Le lendemain, ils s’aperçurent vite qu’ils ne devraient pas retrouver les Carnivores : car les Carnivores étaient là. Des hommes-bêtes les éveillèrent et, sans un mot, sans qu’ils ne puissent réellement les en empêcher, ces derniers les emmenèrent sur des brancards de branchages, emmenant matériel et montures. Ils furent ainsi transportés sur une bonne partie de la matinée, jusqu’à arriver dans une région de marécages forestiers. Le sol était recouvert d’eau boueuse et trouble. Une région désolée au paysage brumeux, humide et inquiétant.

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    Ils furent alors déposés sur des barques, des pirogues dirigées par des hommes-rats. Ces embarcations silencieuses les menèrent jusqu’à ce qui semblait être un village dans les marais, bien loin de ce qu’ils avaient pu imaginer d’un camp nomade. Et ils s’en rendirent vite compte : si les Carnivores étaient bien là, ce n’était pas chez eux qu’ils se trouvaient, mais chez une peuplade différente, constituée d’une multitude d’hommes-rats, plus petits en taille que des humains, et aux mines disgracieuses de rongeurs des égouts.

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    Là, ils furent rassemblés au centre du village, et des sortes de rebouteux hommes-rats vinrent appliquer d’étranges baumes sur leurs plaies. Des baumes verdâtres, sans doute en partie constituée de la tourbe des marais. Lui prêtaient-ils des propriétés magiques ? Ils enveloppèrent les blessures cataplasmées dans de larges feuilles d’arbre, comme un pansement. Et enfin, il leur fut expliqué ce qui se passait là. Car les personnes importantes de ce lieu qui s’appelait Tahmass, village d’Eaunoire, arrivèrent. Celui qui semblait être le chef de la horde d’hommes-rats, tout d’abord, un vieux rondeur à la peau fripée et à la barbe blanche tressée.

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    Vint ensuite une personnalité qu’ils attendaient sans doute de voir impatiemment, et irrémédiablement reconnaissable au premier coup d’œil : Bortë-a-Tchino, le dirigeant homme-loup des carnivores.


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    Mais également, surprise pour le moins inattendue, un trio de nobles et curieuses créatures qui fut présenté à ceux qui ne les connaissaient pas comme le trio dirigeant d’Arothiir. Les Trois harpies de la cité du Sud du Royaume Pâle. Guigne, Jess et Sable.

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    Le frère de Celemar, Edmar, accompagnait ce petit groupe, quoiqu’en retrait.


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    Il leur fut fait un résumé de la situation, qui leur apprit grosso-modo les tenants et aboutissants de la présence de tout ce monde ici, à Tahmass. Les Carnivores, menés de longue date par le lupin Bortë-a-Tchino, avaient parcouru la forêt à la recherche d’une aide pour leur bataille à venir, celle qui visait à reprendre Treeof des mains de ceux qui les en avaient chassés. Ou tout de moins de constituer une force suffisamment impressionnante pour faire ployer l’échine aux végétariens pour qu’ils les acceptent à nouveau parmi eux. Ils étaient alors tombés sur ce peuple d’hommes-rats, installés là depuis pas mal de temps, apparemment, avec qui ils s’entendirent rapidement. L’Ancêtre de la tribu d’hommes-rat leur promit de leur prêter main forte dans leur entreprise. Mais à ce moment étaient intervenues les trois dirigeantes d’Arothiir, proposant également leur aide au lupin et à sa troupe pour marcher contre Treeof. Bortë-a-Tchino avait d’abord poliment décliné, prétextant que c’était le combat des habitants de la forêt, et non de tout le peuple pâle, mais le trio s’était plus ou moins imposé en disant que leurs troupes étaient déjà présentes dans la forêt, et massacreraient ceux qui ne se présentaient pas à elles comme des alliés. Ainsi, une alliance forcée était née, et ils s’apprêtaient bientôt à marcher sur Treeof. La stratégie serait discutée en temps voulu, mais les aventuriers surent que leur rôle était arrivé : de toutes ces personnalités, il fallait comprendre les motivations, les objectifs, pour pouvoir daigner les influencer. Quelles voies allaient-ils suivre ? C’est bien les Yuimeniens qui en décideraient, en les prenant chacun en aparté, selon leurs propre buts, leurs affinités. L’unique moyen d’influencer efficacement le cours de la guerre.


    [HJ : les consignes sont donc claires : choisissez chacun un (ou plusieurs) de ces PNJ à qui parler, et on fait tout ça en aparté !]





[Azra : 1 XP (introspection) + 6XP (bataille mentale épique) + 2 XP (bonus longueur). Forme : Ce fut un passage très très agréable à lire, dont je dois bien avouer ne m’être pas attardé sur la forme, qui me semblait tout à fait pertinente avec l’épicness de la situation. Tu as su fouiller le présent, le passé, l’avenir de ton perso en les combattant vivement. Bien ouéj.
Sirat : 0,5 (introspection) + 3 (combat) + 0,5 (interaction de combat) + 1 (bonus longueur)
Sibelle : 0,5 (introspection) + 3 (combat) + 0,5 (interaction de combat) + 1 (bonus longueur)
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 3 (combat) + 0,5 (interaction de combat) + 2,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Forêt d'Emeraude
MessagePosté: Sam 13 Jan 2018 16:05 
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Le regard qui lui répondit était chargé de puissance et d'une colère nouvelle. Cette fois-ci, l'entité était furieuse et déterminée à frapper en grand coup. Azra n'était pas dupe. Il pouvait jouer tous les jeux de l'esprit qu'il voulait, il serait incapable de venir à bout de la pleine puissance de cette chose.

L'être rassemblait son esprit pour un coup fatal et le nécromancien tournait à toute la puissance de son cerveau paniqué pour trouver une solution. Le monstre n'avait pas esquissé un geste. Il allait bel et bien frapper avec son esprit. Il fallait jouer de cela. Trouver un moyen de le piéger... mais il faudrait faire vite et bien. Comme les mercenaires qui l'avaient attaqué il y a longtemps, à Kendra Kâr : soit il était touché et il mourrait, soit il arrivait à abuser de la force de son ennemi et à la retourner contre lui, et la victoire lui était acquise. Mais comment parvenir encore à le surprendre ?

Une fois de plus, Arek lui vint en aide :

(Souviens-toi de la ruse de Thensoor...)
murmura-t-elle, d'une voix lointaine.

La ruse de Thensoor... la chose que personne ne pouvait anticiper. L'une des grandes forces des nécromanciens... tourner la mort à son avantage ! Azra saisit sa dague et regarda les âmes qui dansaient autour. Alors que l'énergie du titan s'assemblait et crépitait autour de lui, il laissa échapper un rire sans joie :

« Hé ben toi, tu pourras te vanter d'avoir tué l'immortel Azraël deux fois... »

Il se concentra sur le pouvoir de manipulation des âmes de la dague afin de la forcer à relâcher... non pas seulement son âme à lui, mais toutes les âmes. Il posa la lame sur son front et se concentra. Alors que le coup allait venir, le temps sembla se suspendre. En esprit, les pensées volent plus vite que le vent et dans cet instant de vitesse extrême, tout était immobile.

(Rendrak... je vais avoir besoin de toi une dernière fois.)

Au milieu des infinis ténèbres du monde des esprits, le liykor était là, dans son corps d'origine.

(Tu sais bien qu'il n'y a pas de dernière fois pour moi.)

(Cette fois-ci, peut-être bien. J'ai appelé cette chose, et je dois l'arrêter, maintenant. Mieux que ça, je vais la mettre définitivement hors d'état de nuire... mais rien ne dit que ton esprit me suivra là où je vais.)

(Attend, gamin, tu n'es pas en train de penser à...)

Au delà de la compulsion nécromantique, Azra le sentit réellement bouleversé.

(Allons, pas de sentimentalisme ! Souffla-t-il. J'ignore totalement ce qui va advenir. Le plus probable reste ma mort. Dans tous les cas... je doute qu'un nécromancien ait pu se targuer d'un compagnon de ta valeur.)

Aucune réponse. Le combattant déchu hocha sa tête de loup. Tout était dit. Tout était clair. Il avait toujours été plus impliqué dans l'action, et c'était à travers l'action qu'il dirait sa façon de penser. Il s'approcha pour saisir Azra par la taille, le colosse mort-vivant frappa de toute sa puissance et...

… dans un ultime jeu de dupe, Azra s'arracha de son corps à travers la dague et, propulsé par la force de son esprit combiné à celle de Rendrak, il s'élança, fantôme perdu dans le néant, vers son ennemi. Ensemble, ils traversèrent les espaces infinis de l'inconscient. Ensemble ils contournèrent la masse spirituelle colossale du titan. Celui-ci fut sans doute surpris de ne rencontrer cette fois aucune résistance. Il entra sans peine dans un corps vide tandis qu'Azra se « glissait derrière lui » et le « poussait dans le dos » avant d'investir le corps immense. Porté par la puissance de deux âmes liées au delà de la mort, s'appuyant sur le pouvoir d'un dieu réincarné, le mouvement s'était fait en un instant. Une voix retentit une dernière fois :

(Au revoir, souhaitons-le, Azra... je doute qu'un compagnon ait pu se targuer d'un nécromancien de ta valeur.)

Et la présence s'évanouit. C'est alors, seulement, qu'Azra comprit ce que tout nécromancien avait toujours sous-estimé : la puissance d'un lien qui était en fait à double sens. Il était amputé d'une partie de lui-même, et il dût faire appel à toute sa volonté pour s'échapper à la torpeur morbide qui l'envahi un instant. Mais le combat n'était pas terminé !

Un instant étourdit, Azra tituba. Il avait le sentiment d'être une coquille vide, mais cela ne changeait pas grand chose à son habitude... si ce n'est que cette coquille vide lui semblait peser des tonnes. Car c'était effectivement le cas.

Il était devenu le colosse.

Pas de temps à perdre. Il tourna le regard vers la silhouette fléchissante, qui se tenait, incertaine, sur son pic, tentant de comprendre ce corps qui était maintenant devenu son unique réceptacle. D'un mouvement maladroit, ignorant tout ce qui l'entourait, Azra s'extirpa tant bien que mal de son trou pour, d'un geste, balayer le petit corps fragile qui avait été le sien et le précipiter dans la cavité. Puis, d'un deuxième mouvement, il ramena la terre dégagée par la résurrection du monstre afin d'engloutir la chose. Enfouie sous des tonnes de terre, elle ne pourrait jamais s'échapper, incapable de bouger même le petit doigt pour creuser.

Tout était passé très vite. Si vite qu'il n'arrivait pas encore à l'appréhender. Le combat de l'esprit avait pris corps dans le monde réel, et l'issue était la même. C'était terminé.

((( 899 mots )))

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