L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Forêt de Sarnass
MessagePosté: Jeu 25 Fév 2010 19:59 
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Forêt de Sarnass


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La forêt de Sarnass est une forêt grandiose, dans tous les sens du terme. Tout d'abord, sa superficie est plus que correcte et elle s'étendrait, selon les dryades qui la peuplent, bien au-delà des cartes dessinées par les Sindeldi. Ensuite, elle semble taillée pour un géant, les branches à ras du sol sont assez larges pour que deux ou trois dryades puissent y marcher de front sans risquer d'en tomber, d'autres branches peuvent pointer à trente ou quarante mètres du sol sans difficulté. Pour finir, elle recèle un pouvoir druidique d'une puissance inimaginable et les seuls Elfes Gris qui l'ont approchée d'un peu trop près en sont morts.

On raconte que les dryades auraient plusieurs villages ou maisons isolés dans cette forêt, mais rares sont ceux qui ont eu l'idée de passer la capitale de leur territoire pour aller vérifier, et ceux qui en sont revenus sont encore plus rares et semblaient être devenus fous...

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
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 Sujet du message: ... ou cérémonie
MessagePosté: Ven 21 Mai 2010 00:02 
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Une fois notre bougie prise, nous suivons le clan dans une longue file, chacun protégeant sa flamme comme s'il s'agissait de sa propre vie. Nous descendons un petit chemin, le chant toujours omniprésent, en direction du coeur de la forêt. Le choeur de la forêt lui-même m'envahit, et le regard de ma faera n'est pas nécessaire pour me dire que ma peau n'a pas cessé de verdir et que je dois, à l'exception de ma haute stature et de mes cheveux encore argenté, ressembler à ce peuple étrange dont je ne sais rien encore.

Nous arrivons à un val où coule une rivière brillante sous les étoiles qui nous éclairent de tous leurs feux comme en miroir à nos multiples bougies qui brillent dans nos mains. Le chant du peuple se calme tandis que celui de la forêt augmente et vient faire danser les vibratos à l'extrême. Le peuple s'assoit en rond, en plusieurs rangs, une ouverture faite sur la rivière. Faisant comme tout le monde, je m'installe tant bien mal, suivant le mouvement.

Puis, telle une apparition, un être sort de la forêt, il est vert, c'est un membre du peuple, il est nu comme un nouveau-né, mais semble nettement plus grand que les autres. Le peuple se met à scander un nom et je l'accompagne, comme un membre de celui-ci : "Stirka". Il ne me faut guère de temps pour réaliser que c'est son nom et que toute cette "fête" c'est pour lui, pour son retour, pour sa naissance ne puis-je m'empêcher de penser.

(Observe, Lothi. Si tu dois passer par là, tu dois connaître ton rôle !)

La pensée intrusive d'Anouar vient me rappeler pourquoi je suis là au sein de ce peuple et mon coeur s'emporte brutalement tandis que la couleur verte sur mes mains et mon corps s'amoindrit. Suis-je vraiment une Sindel ou suis-je une dryade à cet instant. Je l'ignore...

Stirka avance, pas à pas, vers la rivière, il fait deux pas pour un nom scandé, un lot de tambour joué par les arbres eux-mêmes nous accompagne gravement. Ayant atteint la rivière, il s'arrête et attend, les bras en croix face à nous. A nouveau, tout le monde se prend les mains et se mettent à rythmer en coeur sur deux syllabes, Anouar me confirme qu'elles n'ont aucun sens et ne sont là que pour le rythme.
Doucement, Stirka regroupe ses mains au-dessus de la tête avant de s'accroupir en les redescendant jusqu'au sol. Il prend alors une poignée de terre qu'il jette en l'air. Il recommence plusieurs fois de suite, se couvrant petit à petit de terre. Puis il prend une poignée de cette même terre qu'il nous jette dessus. Réagissant avec la flamme des bougies, la terre se met à brûler en l'air, dispersant autour de nous des milliers de petites étincelles inoffensives.

Ce geste semble être un signe car tous les individus de l'assemblée se taisent aussitôt. Un à un, dans un ordre respectueux, ils se lèvent, vont s'incliner devant le nouveau venu et déposent leur bougie dans le cours d'eau. Petit à petit, la nuit se fait plus noire et plus épaisse tandis que les flammes s'écartent de nous. A chaque personne passant devant lui, Stirka, toujours agenouillé, jette un peu de sable et lui dit quelques mots qui ne nous parviennent pas, à moins qu'il ne fasse qu'agiter ses lèvres.

C'est désormais à mon tour d'y aller. Respectueusement, je me redresse du sein du peuple, tenant ma bougie au creux de mes doigts. La lumière brille faiblement et le sol est fortement inégal, pour eux il est peut-être aisé de se déplacer en ces conditions, ce n'est pas mon cas et je manque de tomber à plusieurs reprises, surtout sur le sol spongieux qui borde le cours d'eau. Suivant l'exemple des autres, je vais m'incliner devant le jeune dryade avant de déposer ma bougie. Je redresse la tête tandis qu'il jette de la poussière sur mes cheveux et prends le temps pour l'observer de plus près.

Il a l'air jeune, mon âge à vue de nez si ce peuple vieillit comme le mien, ses cheveux sont d'une couleur d'herbes grillées par le soleil après un été trop sec et il a les yeux d'un vert pénétrant. Sa peau est verte comme les émeraudes des mines de Nessima, lisse comme le poil d'un humoran, uniforme comme un ciel bleu d'été. Seuls quelques tatouages d'un noir profond ornent son bras droit, comme l'arbre et la liane décorent le mien. Sur son visage, un motif compliqué est visible sous son oeil droit, des mêmes teints que le tatouage du bras. Je n'ai vu nul dessin de cette sorte sur aucun membre de son peuple, il doit s'agir là d'un trait de honte ou d'honneur suprême, je suppose. Ses traits sont rudes pour quelqu'un de cet âge-là et je réalise que je pourrais en dire autant des miens, si je n'y étais pas autant habituée.

J'ignore combien de temps nous sommes restés ainsi accroupi, moi vêtue de pied en cap, lui nu comme un ver, les yeux dans les yeux à nous observer mutuellement.

"Tu n'es pas d'ici, mais tu es plus proche de cette forêt que tous les autres que j'ai vus."

Ces mots sont prononcés tellement bas que je dois être la seule à entendre les mots. Il se redresse alors brusquement, me laissant hébétée toujours accroupie.

"La prochaine a été trouvée !"

Je mets quelques secondaires à réaliser de quoi et surtout de qui il parle. Quand je saisis, il est trop tard pour moi. Le peuple n'ayant pas encore déposé sa bougie sur le fleuve, mon père y compris, vient s'agenouiller à mes pieds pour glisser sa lumière dans le cours d'eau entre Stirka et moi en amont de nous deux. Bientôt, une farandole de lumière passe entre le magicien de la forêt et moi. Guidée par un instinct, qui se nomme sans doute Anouar, je me redresse et fait face de toute ma taille au jeune mâle. Mes mains viennent chercher les siennes par dessus la rivière créant un pont sous lequel passe les petites lumières.

"Que les flammes deviennent lucioles !"

Je souris à cette sentence qui me paraît tellement emprunt d'une croyance ancienne. Mais très vite, le rictus de mon visage change quand une armée de lucioles viennent apparaître et voleter autour de nous. Il me faut peu de temps pour réaliser que ce sont des graines de pollen, envoyée par la forêt elle-même, comme si elle bénissait notre union. Je me laisse embarquer dans cette magie étrange qui n'a rien à voir avec les bois de Yuimen que j'ai pu visiter dans ma vie. Les graines viennent former une corde autour de nos mains, nous attachant l'un à l'autre. J'ignore qui il est, il ignore qui je suis, mais cette alliance nous semble normale à nous deux en cet instant précis.

Les tatouages de mon bras commencent à briller de plus en plus, devenant presque éblouissant, mais chose plus surprenante encore, je vois son bras gauche briller de la même lumière et petit à petit mon tatouage vient se dessiner sur le sien. Son bras droit à lui aussi se met à briller d'une lueur verte rassurante pour une druide comme moi. Je ne proteste pas quand les dessins de son bras viennent se graver sur la peau de mon bras gauche, pas plus d'ailleurs quand les dessins de son visage viennent se peindre sur le mien. J'ignore si ces signes sont permanents et cela ne m'inquiète pas l'instant immédiat. Une lumière vient éclairer sa nuque, je suppose que quelqu'un de dos y verrait un lys blanc argenté s'y peindre avec souplesse.

Petit à petit le lien qui nous unis vient se rompre en centaines ou milliers de grains brillants dans la nuit comme autant d'étoiles.

"Retenez-les !"

Nos mains se lâchent, nos corps se rompent, nous tombons dans l'abysse du sommeil ou du coma, nul ne saurait le dire en cet instant, même pas nous.

(((>>> Vers Niestim)))

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Dernière édition par Lothindil le Jeu 3 Juin 2010 07:23, édité 1 fois.

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 Sujet du message: premier jour de l'épreuve
MessagePosté: Jeu 3 Juin 2010 07:16 
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Nue comme à mon premier jour, je sors de la maison de la vieille avant de me tourner vers la grande forêt adossée à sa demeure. J'escalade la racine qui lui sert de mur arrière et d'appui tant bien que mal, m'écorchant la peau, toujours en chantonnant. Ne sachant ni où aller, ni que faire, je décide de prendre de la hauteur pour mieux y voir et contempler ce qui sera mon nouveau domaine durant plusieurs jours, semaines ou mois, je l'ignore et, à cet instant, m'en contre-fous.
Je suis le parcours de la racine avant de sauter sur une autre un peu plus loin puis encore une autre, m'enfonçant ainsi dans l'immensité du territoire végétal qui s'étend en contrebas du village dryade. A plusieurs reprise, j'essaie d'escalader un tronc d'arbre pour prendre de l'altitude, mais la tâche est plus complexe qu'elle n'en a l'air, vu la largeur des fûts et la hauteur des branches les plus basses.

(Si tu veux t'élever, je vais te conduire là où tu peux.)
(Oh oui, emmène-moi !)

Anouar vient sauter de mes épaules, je ne m'étais même pas aperçu qu'elle y était perchée et commence à courir et sauter de racines en racines, touchant rarement le sol en tant que tel. Moins habituée à gambader à travers bois que je ne l'étais dans ma jeunesse, je rate souvent mes sauts et m'écorche la majorité du temps. Mon pouvoir naturel me permet de me soigner avant d'avoir eu réellement mal ce qui me permet d'aller librement dans mon nouveau domaine, malgré mes échecs constants.

Au fur et à mesure de notre avancée, je prends de l'assurance autant que des égratignures, mais rien de grave. A certains moments, la traversée se transforme en jeu d'équilibre, à d'autres à de la marche à quatre pattes, voire du rampement pour passer sous des lianes courant le long des racines que je continue de longer tant bien que mal, suivant ma faera.

Le temps ici n'a plus lieu d'être, les journées déjà longues sur Sor-Tini donnent l'impression de ne plus vouloir s'arrêter. En effet, le soleil ne passe que rarement les lourdes frondaisons à plusieurs centaines de mètres de hauteur et il ferait sombre en permanence dans cette forêt, si autant de plante ne produisaient pas par elles-mêmes une lumière douce. Ainsi, au lieu d'une obscurité permanente, nous nous retrouvons dans une sorte de nitescence permanente, ne permettant pas d'évaluer le temps qui passe.

Au bout de ce qui semble être plusieurs heures de route à poursuivre le petit chat à longue queue qu'est ma faera, nous finissons par arriver à ce qui semble être un croisement géant. De nombreuses branches, racines, troncs s'entremêlent dans un chaos indescriptible. Je me prends alors à escalader cet ensemble, exercice épuisant s'il en est pour quelqu'un n'ayant que peu manger. Du haut de cet imbroglio, Anouar semble se foutre de moi avec un sourire que je ne lui connaissais pas encore.

(Utilise ta magie, ça sera plus simple.)
(Je peux ?)
(Mais tu es libre ici, tu peux faire tout ce que tu veux !)

Il ne me faut que quelques secondes pour imaginer un écureuil dans ma tête, bestiole on ne peut plus à l'aise devant l'obstacle auquel je dois faire face. Le temps nécessaire à me couvrir de poils et à prendre une force proportionnel à ma taille n'est guère plus long. Prenant l'agilité de la bestiole autant que sa puissance -que je n'attendais pas aussi colossale par rapport à la taille de l'animal-, je recommence mon ascension vers ma faera. Par moment, le plus simple s'avère de se lâcher vers une nouvelle branche plus basse qui remonte juste après pour mieux agripper celle plus haute qu'on voulait à l'origine.

J'arrive finalement en haut de la muraille végétale, auprès d'Anouar après un long temps d'effort pour le moins exténuant. Mais la vue vaut le coup. Derrière cette barricade se trouve une vallée magnifique que les plantes de toutes les couleurs viennent colorer des milles tons de l'arc-en-ciel. Une rivière laissant des haillons d'argent sur ses rives coulent vivement en contrebas. Elle serait poissonneuse que cela ne me surprendrait pas tellement elle est claire. On dirait un torrent de montagne en pleine forêt.

Décidant de ne pas bouger toute suite de mon point de vue, je me concentre sur mes sens pour mieux voir et sentir encore cette vallée. Mon regard perçant vient se perdre sur les fleurs, voyant les couleurs, mais aussi la diversité des formes. Il y en a des grandes, des petits, des faisant la taille d'un homme, des toutes petites tout juste visible de là où je suis. Je m'aperçois que toutes les fleurs ne brillent pas et que ce que j'avais pris pour du pollen la veille ressemble plutôt à de minuscules créatures car leur vol semble ne pas suivre celui du vent. Je décale ma vision des plantes pour me tourner vers la rivière qui s'avère en effet poissonneuse. Plusieurs espèces nagent dans le courant, le colorant de bleu, de vert, de rose mêlés à l'argent et au doré des écailles. Je ne reconnais aucune sorte de bestioles, malgré tout ceux que j'ai pu voir dans mes voyages.

(Tu n'es pas sur Yuimen, c'est pour ça.)
(Mais ils doivent être comestibles, quoiqu'il arrive !)
(Je n'en sais rien pour tout te dire.)
(Comment ça, Leona n'a pas mangé de poisson ?)
(Non.)
(Eh bah, allons essayer alors !)
(Non.)
(Comment ça non ?)
(C'est le sens même de l'épreuve de la forêt. Tu peux faire tout ce que tu souhaites dans ce domaine, aller où tu veux, explorer ce que tu veux, dormir où tu le souhaites sans rien risquer. La forêt ne te fera pas de mal, mais en contre partie, tu ne dois faire aucun mal à la forêt.)
(Attends... Tu es entrain de me dire que je me ferais pas bouffer par une bestiole, c'est ça... Mais que je peux rien bouffer ?)

Le ton de ma pensée trahit une détresse immense. La mort ne me fait pas peur, ça c'est certain. Mais je m'attendais à une mort rapide, à la limite avec quelques souffrances, certainement pas à ça, pas à une agonie lente de plusieurs jours.

(Oui, tu as bien compris.)
(Je comprends mieux la lâcheté de mon père.)
(Le plus dur sera d'ici une semaine ou deux. Pour l'instant, ça ira, ton corps s'y habituera.)
(Mouais, bah autant profiter tant que je peux...)

Sautant de ma branche, je décide de me précipiter vers la vallée pour voir à quoi ça ressemble de plus près. Je ne néglige aucun sens en chemin, humant autant que sentant tout ce qui passe à ma portée. Délicatement, je frôle les fleurs étranges que je croise, concentrant mes sens sur le toucher pour mieux percevoir leur texture délicate parfois, rugueuse à d'autres. Utilisant mon odorat, je cherche à percevoir le moindre détail, la moindre fragrance spéciale émergeant de ces plantes étrangères pour moi.

La descente est beaucoup plus lente que la montée mais beaucoup moins harassante aussi. Je prends mon temps, épargnant un maximum mon corps et mon énergie, découvrant un maximum de ce qui m'entoure, profitant du délai que j'ai avant que mon corps me lâche complètement.

J'arrive finalement dans la vallée au moment où mon corps réclame du sommeil, en plus de la nourriture. Cédant, je m'allonge dans l'herbe tendre, auprès des fleurs, avec le seul bruit de la rivière pour m'accompagner.

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 Sujet du message: Astinor, la panthère
MessagePosté: Ven 4 Juin 2010 09:09 
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Quand je me réveille, Anouar est couchée sur mon torse, attendant patiemment que j'ai fini d'émerger. Je m'étire sur l'herbe douce, j'ai bien dormi malgré mon estomac grondant son mécontentement au bout de cette première nuit. Derrière moi, une autre créature fait de même, grondant doucement. Je me redresse d'un seul coup, surprise et apeurée, ne sachant que trop bien que je ne peux pas me défendre.

"Bonjour, Lothi."

J'ai l'impression d'avoir déjà des hallucinations, ce n'est pourtant pas la première fois que je ne me mange pas durant une journée, loin de là et je n'ai jamais eu ça avant. Je secoue ma tête, chassant les restes de fatigue mais rien n'y fait, une panthère noire est bien couchée devant moi, battant de la queue en me regardant de ses yeux émeraudes. Mais surtout c'est la panthère qui a parlé, j'en suis certaine.

"Qu'est-ce qui lui arrive, Anouar?"
"Je crois que c'est la surprise qui lui fait ça..."
"Astinor?"
"Bien sûr, Astinor, qui d'autres veux-tu que je sois chaton?"
"Mais, c'est pas possible!"
"La magie de la vieille est plus forte que prévue, on dirait bien."
"Mais t'es qu'un esprit, tu peux pas être là."
"Tu parles de ce corps? C'est juste un emprunt."
"Un... emprunt?"
"Bah oui, un emprunt. Y a des créatures ressemblant à des panthères dans le coin, ils ont pensé que ça m'irait bien comme corps."
"Et donc?"
"Bah ils ont chassé une bestiole pour que je m'installe dedans. Ton père a trouvé ça une bonne idée que tu ais un peu de compagnie."
"Oui, c'est une bonne idée... Mais tu pourras retrouver ta forme normale après?"
"Avoir une peau à moitié verte ça te dérange pas, par contre une panthère oui?"
"Une panthère miteuse avec un trou de flèche dans le cou, oui; nuançons."
"Bah on fera avec en attendant. Quand t'auras fini ici, je retournerais dans ton épée, t'en fais pas pour ça. T'as prévu de faire quoi en attendant?"

Là est la bonne question en fait, qu'est-ce que j'ai prévu de faire en attendant la mort. Rien, je n'avais juste rien prévu, je ne savais pas ce qui m'attendait, ni ce que je pouvais faire, comment aurais-je pu prévoir quoique ce soit.

(Je connais quelques endroits que t'aimeraient peut-être voir.)
"Anouar a un endroit à nous faire visiter."
"C'est parti!"
(Remets ton costume de poils alors!)

Me concentrant brièvement, je récupère mon pelage d'écureuil que j'ai perdu durant la nuit avant d'aller boire à la rivière, cela ne m'étant pas interdit au moins. J'en profiter pour mirer mon reflet version écureuil, riant en songeant que la coiffure est ridicule au plus haut point avec cette toison d'un blond grisaillant plus longue qui court sur tout mon dos jusqu'au sommet de mon crâne, comme tous les écureuils naoriens. Je me promets de choisir un écureuil de Nirtim, ceux aux poils roux et courts sur tout le dos.

"Bon, où allons-nous?"
"A la caverne brillante, nous l'avions découverte avec Leona, elle devrait te plaire."

Nous partons en trottant, Anouar devant, Astinor et moi derrière, l'un à coté de l'autre. Nous avançons à un bon rythme, rampant parfois pour passer sous des branches, escaladant des racines à d'autres moments. La taille des fûts est toujours aussi grandes, nous croisons aussi des lianes trop épaisses pour que je passe mes bras autour. Pour le reste la forêt est calme, le vent chante dans les feuilles, accompagné par un choeur d'oiseau que je ne vois pas d'ailleurs. D'autres cris, grognements, miaulement et autres ronflements m'indiquent qu'il y a d'autres animaux que nous dans cette immensité, mais qu'ils nous évitent certainement. Je me demande tout en avançant si c'est pour éviter qu'ils me tentent ou que eux soient tentés de m'avaler.

La journée avance lentement, bien plus que la précédente, sans doute parce que nous sommes partis tard hier de la cabane. Cependant, elle est rythmée par Anouar toujours devant et les gaffes sans fin de l'âme de mon épée. Astinor s'avère d'ailleurs beaucoup moins sérieuse que je ne pouvais m'y attendre de la part de mon arme. Plus d'une fois, nous nous retrouvons à rouler l'une sur l'autre, faisant semblant de se battre en grognant comme des jeunes chats. Elle n'y va pas au maximum de sa force et moi non plus d'ailleurs, nous jouons c'est tout.

Enfin, nous nous arrêtons, il ne fait pas encore nuit, mais mon estomac commence à grogner avec plus de convictions que la veille. Cherchant à penser à autre chose qu'à la faim qui commencent à me ronger de plus en plus, je pénètre en première dans la grotte...

(((>> Vers la caverne aux cristaux )))

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 Sujet du message: Dôme de pierre : le mot
MessagePosté: Jeu 10 Juin 2010 07:34 
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Une fois dehors, je profite de toutes les odeurs que peut dégager une forêt. L'humidité générale renforce encore tous les effluves qui m'entourent. Je m'installe en tailleur dans l'herbe grasse à l'entrée de la caverne et ferme les yeux en inspirant profondément. La bouche entrouverte, je respire à nouveau, laissant l'air glisser le long de mes lèvres, frôler ma langue et couler le long de ma gorge. Je me concentre sur le moindre arôme me pénétrant ainsi, comme si l'air que j'absorbais était la meilleure des boissons, riche en goûts tous plus excitant les uns que les autres. Petit à petit, je parviens à extraire les saveurs de l'herbe, mais aussi des pollens volant autour de moi. Je me laisse emporter par les arômes qui heurtent mon palais bientôt avec violence, me repoussant chaque fois un peu plus loin dans la conscience d'un autre monde, ou l'inconscience d'ailleurs, je l'ignore.

L'odorat vient bientôt se mêler avec le goût tandis que l'air me pénètre par la bouche et par le nez dans un sentiment d'extase perturbante. Le moindre parcelle de l'univers semble m'appartenir juste par ces sens et bientôt je perçois la fragrance d'un fluide qui n'existe pas sur Yuimen, un fluide ne touchant pas toute la terre, mais uniquement les fleurs, les herbes et les arbres, puis un autre plus animal, plus brutal, plus racé aussi. Enfin, un troisième, où je perçois une teinte de souffre et de terre et une odeur plus légère et volubile, à la fois plus dure et plus douce, celle des cristaux eux-mêmes.

L'ouïe vient à son tour renforcer la conscience que j'ai de la forêt qui m'entoure. J'entends le vent glissant entre les arbres, portant le chant de la forêt, les feuilles qui bougent, les fruits qui tombent en éclatant sur le sol ; je perçois même l'odeur de leur chair et de leur jus. Plus proche de moi et pourtant bien plus loin, j'ouïs les gouttes d'eau glisser le long des cristaux avant de tomber au sol et former des petites marres dans la pierre. Me concentrant sur le sol où je suis installée, je perçois les herbes qui poussent et qui viennent me chatouiller.

Ma peau nue frisonne, mais ce n'est pas le froid, ce sont les effleurements des herbacées qui dansent dans la bise. Je m'étale pour profiter au maximum de la moindre ondulation de la prairie sur mon dos, mes bras, mes jambes et mon ventre. Le plus petit de mes poils réagit se dressant et s'abaissant au rythme de l'alizée qui vient nous bercer.

Enfin, j'ouvre les yeux, m'immergeant dans un monde de couleur, dominé par le vert des hautes frondaisons qui me cachent presque le ciel d'un bleu clair pur, sans la moindre tâche blanche, noire, grise ou autre de nuages. Les vagues de son qui colorent mon esprit viennent peinturer ce tableau déjà enchanteur, le transformant en une fresque psychédélique, abstraite. Je me noie dedans, je finis par m'oublier pour me fondre dans la forêt, pour la devenir entièrement, je n'existe plus désormais, je suis la sylve qui m'entoure.

Puis je le vois, le sens, le tâte, le goûte et le respire, il est là, devant moi, je le frôle du bout des doigts, tourne ses pages, sans personne pour m'empêcher de me gaver de son savoir. Je le parcours à une vitesse qui est incroyable, sans le comprendre, sans pouvoir accéder à son essence même. Puis je trouve la page, celle du dôme de pierre comme je désire le faire. Elle brille d'une lueur dorée et voit le mot, celui qui permettra de réaliser ce que je veux. Je ne le comprends pas, mais peut le lire et le prononcer.

"Eshtarak !"

Comme si ce seul mot suffisait, la pierre vient autour de moi, protectrice autant que l'est une maison ou une crypte. Brutalement tout vole en éclat, se brisant comme une vitre sous une pierre d'enfant.

"Pas assez solide, chaton."
"Astinor !"
"T'as encore des progrès à faire, faut que tu renforces ça, je l'ai cassé d'un simple coup de patte."

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 Sujet du message: Dôme de pierre : essais
MessagePosté: Jeu 17 Juin 2010 21:31 
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"Le mot ne sert à rien, si tu n'as pas la conviction suffisante !"
"Je peux pas tout faire à la fois." répondis-je d'un ton bougon.
"Et bah maintenant mets-y de la conviction."

Un simple coup d'œil à mon bras suffit à me montrer que je n'ai tout simplement pas utilisé assez de magie par rapport à la création monumentale que je veux réaliser. Je vais pour fermer les yeux pour améliorer ma concentration, avant de me rappeler qu'il faut que je me représente une situation dans laquelle j'utiliserais cette technique et que baisser les paupières ne m'a jamais servi à rien.

Regardant donc autour de moi, je cherche de quoi illustrer une réelle armée attaquant mon camp et donc la caverne. Rien n'est plus simple dans une forêt que d'imaginer des ombres menaçantes, des ennemis tapis, surtout quand la nuit commence à tomber, noircissant les alentours. Ramassant un bâton, arme du pauvre à défaut de mieux, je m'accroupis à moitié en posture de combat à la fois stable et dur à toucher permettant autant une attaque farouche qu'une esquive vive. Je sens la rage, mêlée de peur, qui m'envahit, me bandant les muscles et contractant l'expression de mon visage. Un animal sortirait à ce moment-là de la forêt, je l'attaquerais sans aucun doute tellement mon corps est prêt à bondir sur la première proie qui oserait s'approcher de mon abri. En quelques heures à peine, l'ambiance du lieu m'a rendu telle une bête protégeant la tanière qu'elle s'est attribuée.

"Protèges !"
"Eshtarak !"

Je reste au même endroit, me détendant brutalement, élevant mes bras au ciel. Telle une coquille se refermant pour protéger un bijou, la terre suit le mouvement de mes bras, se dressant autour de moi en une gangue protectrice mais étouffante. Aucun air ne circule, et je suis enfermée dans une structure minuscule finalement, me permettant à peine de bouger les bras, toujours levés. Loin d'être agréable, la couche est finalement dérangeante, ne permettant de rien faire. Me hissant sur la pointe des pieds, je parviens à toucher la structure de boue. Je me faufile à travers la structure de fange, rompant tous les liens que je trouve. La terre se transforme en sable, me pleuvant dessus et permettant à de l'air de rentrer, me donnant l'occasion de respirer enfin librement.

"Astinor, t'en penses quoi de celle-là ?"

J'entends des grattements, des coups durant de longues, très longues minutes. Les coups se répercutent sur la structure, donnant l'impression de me trouver au milieu d'une cloche géante où le moindre écho vient me briser un peu plus l'ouïe. Soudain, c'est la structure elle-même qui éclate, terre retournant à la terre, me laissant à l'air libre, en face d'une panthère manifestement épuisée.

"Eh bah tu vois chaton, ça c'est déjà bien plus efficace comme protection."
"Limite trop en fait. Puis ça résonne bien trop, je me ruine les oreilles juste avec mon cri, et tes coups on les entend de trop..."
"Mais c'est déjà mieux. Il est temps de faire une pause."

La nuit est désormais tombée complètement, étalant le firmament au-dessus de nos têtes. Mêmes les étoiles ici sont étranges, formant des nouvelles constellations inconnues à mon œil profane en ces lieux. J'accueille la proposition de pause de ma panthère favorite avec plaisir. Nous retournons toutes les trois dans la caverne aux cristaux, notre demeure temporaire. Toute cette activité m'a fait oubliée mon estomac qui recommence à crier famine.

((( >>> Vers la caverne aux cristaux )))

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 Sujet du message: Re: Forêt de Sarnass
MessagePosté: Mer 7 Juil 2010 16:09 
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La conception de ce sort m'a finalement pris bien plus de temps que je ne pouvais l'escompter, mais peu m'importe le temps qui s'écoule dans le monde extérieur. En acceptant ce défi, je me suis coupée de la vie du monde, que ça soit celui-ci ou celui de Yuimen où la vie doit couler à son rythme. La faim a cessé de m'obnubiler l'esprit, même si mon estomac ne cesse de gargouiller et de râler.

Une fois le sort achevé une dernière fois et brisé une nouvelle fois par l'acharnement de ma panthère, je retourne boire et me régénérer une dernière fois dans la grotte. Il fait nuit noire quand je me lève et sors dans la clarté de la lune qui semble toujours pleine ici.

"Que faisons-nous maintenant ?"
"Où veux-tu aller ?"
"Je ne sais toujours pas où on peut aller dans cette forêt et ce qu'il y a à voir, comment veux-tu que je le sache ?"
"Moi je sais où on peut aller, suivez-moi !"

Astinor se met à sauter tout autour de nous comme le ferait un chien à qui on annonce que c'est l'heure de la promenade, juste avant de s'enfoncer dans la grotte à nouveau. Elle nous fait traverser plusieurs salles rapidement, franchir quelques trous et précipices, monter et descendre des étages en nous faufilant entre les cristaux géants qui semblent former la structure même de ce trou. J'ignore où elle veut nous conduire, mais je lui fais confiance. Nous finissons en-dehors en quelques courtes heures, presque rien par rapport à la durée de la nuit dans cette forêt. Plus nous avançons vers la sortie, plus mes poils s'hérissent et me chatouillent, je sens quelque chose de particulier et de puissant au-delà, au loin dans la forêt.

Retour à l'air libre, nous avons traversé de part en part la colline et nous faisons face au Nord de cette forêt, un peu en hauteur. Mais ce n'est plus la forêt qui m'attire, mais la lumière qui s'en dégage, cette lumière si prégnante, si douce, si mystérieuse. Elle m'appelle, je la sens et la réclame, elle est là, si proche que je pourrais la toucher en tendant les doigts et pourtant si lointaine.

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 Sujet du message: Chasse
MessagePosté: Sam 4 Sep 2010 00:36 
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Nous descendons la pente qui relie l'étrange forêt à notre demeure temporaire, Astinor avec une grâce que je ne parviens pas à avoir. D'un bond gracieux, la panthère grimpe sur un tronc et je me hâte de la rejoindre tant bien que mal.

"Hé bien, chaton, t'as le corps un peu raide ces derniers temps..."
"Anouar me fait trop réfléchir et pas assez bouger, c'est pour ça."

Il ne me faut guère plus de quelques minutes pour m'emmêler les cheveux dans des fines branches, causant l'hilarité de ma panthère autant que de ma faera. Moi qui pensais que des branches seraient ce qu'il y a de plus adapté pour un parcours en forêt, je me trompais. Je finis par me dégager d'un bref et puissant mouvement de tête qui me déséquilibre aussi sec. D'un geste habile à défaut d'être gracieux, je me rattrape à une des nombreuses lianes qui court sous la branche géante où nous étions tous les trois. Inquiète, je cherche des yeux Anouar qui était pourtant encore sur mon épaule lors de ma chute, mais sans la voir.

(Ne t'en fais pas pour moi. Je suis une faera, ne l'oublie pas.)

C'est en remontant sur la branche, me hissant tant bien que mal, que j'aperçois ma faera, elle va en effet bien et flotte à l'endroit où j'étais avant de chuter stupidement. Je soupire et m'assied sur la branche tandis qu'un flot ininterrompu de souvenirs me reviennent, entre autre l'ancienne forme d'Anouar quand elle se nommait Lirelan et prenait l'apparence d'une pie.

(C'était plus discret quand même. Parce qu'un chat qui vole, ça le fait pas.)
(Y a personne, je peux bien m'amuser aussi !)

C'est sur ces considérations que nous reprenons notre sortie qui ressemble plus à de la ballade qu'à une partie de chasse. Soudain, Astinor se tend et nous fait signe de se calmer. Autour de nous la forêt est calme, quelques oiseaux chantonnent, mais rien de plus.

"Maintenant, calme, chaton. Derrière ce fourrée, y a une proie pour nous. On se faufile jusque là et sans bruit idéalement !"

En concentrant un minimum mon flair pour humer le vent, je parviens à distinguer une odeur qui n'a rien de végétale dans la direction donnée par Astinor. Elle a raison, y a sans doute à manger derrière l'arbuste. Doucement, nous descendons de la branche pour atterrir sur celle d'en-dessous, un peu plus de deux mètres plus bas. L'exercice est périlleux, surtout au niveau de la réception, mais je parviens à rester sur mes deux pattes. Astinor pour sa part est déjà dans l'herbe tendre et grasse qui parsème le sol en-dessous de moi. Je me permets un bond assez long plutôt qu'une lente descente, imaginant une herbe douce et moelleuse. Je parviens même à réussir une réception presque parfaite, roulée avant de finir sur mes deux pieds, accroupie.

"Pas mal, chaton, ça commence à revenir." me susurre ma compagne de chasse.

Elle commence d'ailleurs à se faufiler sous le buisson, profitant d'un mince espace entre le sol et les branches les plus basses. Me couchant, je la suis tant bien que mal, atrocement gênée par ma volumineuse chevelure. Cependant, tels deux ombres noires nous parvenons en vue de nos proies. Elles ne ressemblent pas tout à fait à un daim, étant plus petits et surtout couvert d'une fourrure bleue, assez discrète finalement au milieu des buissons rouges, verts, jaunes et bleus qui entourent la clairière.

"A trois, tu bondis chaton. Tu immobilises, je tue. Un... Deux ... Trois."

Au moment où je bondis vers l'avant pour immobiliser la créature, mon pied est bloqué et mon saut s'arrête aussi sec sur le sol, piteusement. Je tire un peu pour voir ce qui me gène, c'est une maudite liane qui est venue s'enrouler autour de ma cheville. Râlant, pestant, je tire autant que je peux, mais cela a pour seul effet de d'aggraver ma situation. J'assiste bientôt impuissante à la mise à mort de la créature tandis que je continue à me battre avec le câble végétal. Mais plus que ma situation au plus haut point ridicule, c'est un souvenir qui s'échappe dès que je cherche à l'attraper qui m'énerve et m'empêche de me concentrer sur mes mouvements.

"Je sais... Les lianes ! C'est ça le premier glyphe."

Soudain tout s'éclaire dans mon esprit, l'entre-monde de Yuimen, la mort de mon corps, le dédale de grotte luminescent et surtout les deux glyphes, je perçois le dessin du premier et les lianes qui m'entourent, m'enserrent et m'emprisonnent, m'empêchant de bouger durant un temps qui semblent infini.

"Aïeuhh !"

Une brusque douleur à la cheville me tire de mes réflexions.

"Désolé, chaton, mais tu semblais avoir besoin d'aide !"
"C'est gentil, mais doucement avec les griffes la prochaine fois."

Je saigne, pas abondamment, mais quand même. Trois jolies marques rouges tranchent sur ma peau argentée, mais elles guériront bien, je n'en doute pas.

"Anouar, comment dit-on liane en langue ancienne ?"
"Laquelle ?"
"Celle de Ratzan, tiens !"
"On dit Dzarit, pourquoi ?"
"On rentre au temple abandonné, j'ai ma réponse !"
"Filez, je m'occupe de la bête, j'ai l'habitude !"

L'aller à travers les branches avait été un calvaire, mais le retour, sous forme d'une course sur le sol tendre s'avère nettement plus aisé. D'un geste de la main, je balaye les branches qui me gênent, les ronces qui traînent et autres obstacles dérangeant. Sans trop savoir comment je le fais exactement, je sais juste que les végétaux semblent répondre favorablement à mes besoins précis... A moins qu'une autre force n'intervienne pour me faciliter le travail finalement.

Le soleil est encore loin de se coucher quand nous atteignons à nouveau notre temple, il trône à mi-hauteur dans le ciel bleu d'azur sans l'ombre d'un nuage, prédisant une soirée douce et sèche.

(((--> vers Le temple de Treoria)))

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Dernière édition par Lothindil le Lun 18 Oct 2010 08:24, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Rivière et runes
MessagePosté: Lun 27 Sep 2010 09:31 
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Tels des animaux épris de liberté ou des voleurs fuyants pour la leur, nous courons à toute vitesse sur le sol herbeux de la forêt. Certes par moment, il me faut me battre avec mes cheveux pour les libérer d'autres branches ou lianes, mais pour l'essentiel du temps, le sentiment du destin qui s'accomplit guide mes pas avec une justesse qui m'effraye moi-même. Je n'hésite pas, tel un animal, une bête sauvage, à courir avec mes mains autant qu'avec mes pieds pour grimper. Des bonds, des sauts, des pas, du rampement, tout est bon pour arriver à ses fins dans ces territoires sauvages dominés par la forêt. Le chant des arbres me galvanise et me nourrit tout à la fois. Une journée et une nuit complète passent ainsi à courir et à avancer dans ce territoire entièrement végétal, traversé par trois être si particuliers, si différents et pourtant si unis entre eux. Anouar devant mène la marche, trouvant les passages, éclairant la route ; Astinor derrière me presse, me pousse et m'aide de toute sa force, sa puissance et son agilité de panthère ; moi, Lisha Lothindil, je courre tant bien que mal dans ce corps neuf, presque nu où danse un lourd pendentif doré.

Au bout de ce long périple, nous atteignons un coin que je reconnais, le bord de la rivière. Je me redresse de toute ma hauteur pour mieux y voir. Il n'y a rien d'autres que le torrent à cet endroit-là, nulle dryade ne m'attend. Je m'écarte un peu et bois de longue gorgée d'une eau claire et étrangement revigorante. Autour de moi, le chant de la forêt est plus fort, plus grave et plus puissant que la veille quand j'ai quitté le temple.

Ne voyant toujours personne, je prends le temps de me laver un peu pour effacer les souffrances de mon corps et de sa nudité dans un terrain hostile à une créature sans poil. Je souris en réalisant que les dernières plaies subies durant le voyage sont entrain de se soigner petit à petit, guérissant d'elle-même. Je me retrouve à nouveau grise, des tatouages ornant mon corps comme ceux des shaakt du désert. Je prends le temps de laver mes cheveux, doucement, longtemps, de la racine jusqu'aux pointes. Le toucher est à la fois agréable et rêche, et me fiant à mes doigts, je réalise qu'ils sont composés d'herbe, de lianes et de quelques branches qui rend l'ensemble plus compacts et moins doux.

(Tu crois qu'on peut couper les branches ?)
(Faudra essayer, en espérant que ça repousse.)
(Eh, c'est quoi qui brille-là ?)

Je plonge ma main dans la vase de la rivière et en retire... des galets. Je suis à la fois surprise et déçue, je m'attendais à bien mieux à vrai dire.

(Mieux que ça ? Tu voulais pas trouver un anneau qui rend invisible tant que tu y es ?)
(Ouais, j'aurais bien aimé.)
(On aurait dû t'appeler Gollum alors, ou Bilbon !)
(Tu parles de quoi là ?)
(De rien, regarde bien ton galet...)
(Y a une gravure dorée dessus. Je me demande bien qui a pu s'amuser à faire ça.)
(Zewen...)
"T'as trouvé quelque chose, chaton ?"
"Juste ça..."

Le passage de la discussion de pensée à la discussion vocale se fait quasiment instantanément désormais. A force de parler avec mes deux compagnes, j'ai pris l'habitude de répondre mentalement à Anouar quand elle me parle mentalement et à haute voix le reste du temps. C'est à peine si je m'aperçois encore du changement.

"Juste ça ? T'as la moindre idée de ce que c'est ?"
"Non. A part des cailloux gravés."
"C'est pas un caillou. C'est une rune de pouvoir de Zewen."
"Si c'est à Zewen, qu'est-ce que ça fout là ?"
"Elles ont dû être utilisées sur cette planète et être piégées ici. Ou même perdue dans cette même rivière."
"Et vous pouvez me les traduire ?"
"Non."
"Non. Mais demande à la vieille, elle saura à mon avis..."

Je plonge la main pas mal de fois, me mettant de la glaise jusqu'au coude et extirpe un tas de caillou tous ressemblant au premier et pourtant différent, certain écrit en doré, d'autre en noir. Je sors au total pas moins de huit runes quand l'écho d'un son très différent de celui de la forêt nous parvient. Il s'agit d'un chant, répétitif, et de voix n'ayant rien de végétales.

(Et mince, ils arrivent...)

Je me hâte de dégager mon bras de la vase, entraînant avec moi une neuvième rune que je dépose auprès des autres. Tant bien que mal, je récure mon bras, ôtant un maximum de boue et de minuscules vermisseaux qu'il m'est possible dans un laps de temps le plus court possible. De l'autre coté du cours d'eau, les voix se précisent et c'est désormais le nom de Lisha qui est scandé...

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 Sujet du message: Cérémonie...
MessagePosté: Mar 28 Sep 2010 10:47 
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Je me redresse et observe discrètement à travers les feuillages pour voir les milliers de petites lumières s'abaisser dans la nuit portées par autant de mains. Le nom est scandé en rythme, j'ignore comme ils ont pu l'apprendre, mais ils le savent, c'est déjà pas mal. Je me faufile un peu plus loin, à la recherche du croisement et de l'entrée du sentier d'où Stirka était apparu quelques semaines plus tôt.
Mon nom est désormais scandé autant par les dryades que par les arbres qui émettent le bruit de milles tambours. Je découvre avec peine que mon coeur quant à lui bat nettement plus vite et me donne envie de m'encourir dans la direction opposée.

(T'as bien été chez Yuimen, ce sont que des dryades !)

Je prends les paroles de ma faera pour un encouragement, même si je ne suis pas totalement certaine que ça en soit un. J'avance mon pied, frôlant la terre, en direction de la rivière. Ce premier pas était certainement le plus dur, comme toujours, et une fois fait, c'est le coeur un peu plus dégagé que j'enchaîne les suivants jusqu'au rebord du mince cours d'eau qui mérite plus le nom de ruisseau que de rivière à y regarder de près.

La magie me semble bien différente de la dernière fois et j'ai plus l'impression d'être un acteur de théâtre ayant oublié de répéter sa scène capitale qu'une dryade emplie d'une magie ancestrale. Peut-être est-ce dû à l'absence du groupe tout autour de moi d'ailleurs. Je continue cependant, me demandant si tous les autres magiciens ont ressenti la même chose que moi à ce point de l'histoire. Arrivée jusqu'au bord du ruisselet, je reste debout, les bras à l'horizontal. Je ne peux m'empêcher de me trouver stupide, dévoilant ainsi toute ma nudité à un peuple assis devant moi, m'éclairant d'une manière pas spécialement subtile de milliers de petites flammes, se balançant et scandant deux syllabes qui n'ont pas le moindre sens.

Je décide alors de mettre fin à cette simagrée ridicule et mes mains viennent se rejoindre au-dessus de ma tête tandis que je m'abaisse jusqu'au sol pour prendre une poignée de terre poussiéreuse. Je la jette en l'air. Je recommence ainsi plusieurs fois et retiens à grand peine d'éternuer et de pleurer tellement le sable fin est irritant. Au bout de quatre fois, je n'en peux plus et jette la poussière sur les bougies devant moi. Comme un signal tout le monde s'arrête, mais ce n'est pas le sable qui est en cause, mais bien le cri d'alarme des sentinelles du village.

Je regarde à gauche, à droite, personne ne semble savoir quoi faire.

(C'est bien ce que je pense ?)
(Oui, une armée est en approche !)
(Ca m'arrange.)

Je décide alors de rompre le rituel, on a autre chose à faire qu'à jouer avec des lumières et de la poudre. Je laisse la colère m'envahir et couvrir mon corps de poils, à l'exception des cheveux, avant de bondir au-dessus du cours d'eau en hurlant :

"Astinor, va retrouver mon épée, j'arrive !"

Astinor me double dans mon saut, se ruant vers le village. Je souris en voyant qu'elle porte en gueule mes runes. Mon père est le premier à réagir tandis que le Peuple me regarde les yeux effarés. Manifestement, je dois être la première à rompre la cérémonie.

(Ou à te couvrir de poils !)
(Pas le temps de discuter, va repérer la situation. Le nombre, la race, les types d'armes, la position !)

Mon chat décolle alors de derrière moi et file droit, évitant à peine les arbres et encore pas toujours. Je me mets à la suivre, avant de m'apercevoir que personne d'autre que mon père ne bouge. Manifestement motiver les troupes ne sera pas le plus simple.

"Venez, votre ville est en danger !"
"Le Rituel ne peut être interrompu !"
"Ecoutez la forêt. C'est la guerre qu'elle chante. Je suis une magicienne faite pour la guerre, pas pour faire pousser des fruits. Maintenant levez-vous et combattez !"

Comme pour me soutenir, la forêt élève un chant puissant, grave et résonnant comme mille tambours de guerre. Le soleil se lèvera rouge à l'aube car la guerre est là. Le peuple hésite, tous se regarde, aucun n'osant rompre de lui-même la tradition. Puis un jeune, Stirka d'ailleurs, pose ses yeux sur moi. Je hoche la tête, lui montrant qu'il faut qu'il agisse. Il hoche à son tour la tête et se lève me rejoignant en quelques bonds. Il n'a pas fini que d'autres se joignent à lui.

"Dryades, elle est la nouvelle magicienne. Vous lui devez obéissance comme vous la devez à moi. Levez-vous, peuple de la forêt, levez-vous et combattez. Ce soir la forêt boira le sang de nos ennemis ! Pour Tréoria !"

Comme si ce seul nom leur suffisait, les dryades les plus réticentes se lèvent et reprennent le cri comme un seul homme.

"Peuple de la forêt, au village !"

Courant nue, première du peuple, mon père et Stirka sur les talons, je fonce droit vers le village où je pourrais retrouver mes affaires !

(((--> Vers Niestim)))

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