L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: La forêt dense
MessagePosté: Sam 22 Mai 2010 10:42 
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La forêt dense


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A l'Est de Khonfas, au dela des plaines, commence cette immense forêt sur le territoire Shaakt, qui devient la forêt d'Eniod sur le territoire de cette ville.
Les elfes noirs doivent donc partager cette forêt avec les humains d'Eniod et ils livrent une lutte sans merci pour étendre leur territoire et gagner du terrain sur cette forêt. Ils n'ont de cesse d'essayer de la corrompre en la rendant maléfique, mauvaise et malsaine. Des créatures immondes rôdent dans cette partie de la forêt, les arbres deviennent sombres, leur esprit devient mauvais, les animaux sont tués pour le simple plaisir et ne subsistent que les plus puissants.

Forêt dense en territoire Humain d'Eniod

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Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Lun 14 Oct 2013 13:51 
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[ Scène violente et tentative de viol (nudité) [:attention:] ]

Le semi-elfe avait repris sa course depuis une bonne heure quand il arriva en vue d'une route pavée en plein milieu de la forêt. Déployant sa carte, il comprit qu'il se trouvait à moins d'une journée de Khonfas. Cette route était la seule qui traversait la forêt et datait de temps moins dangereux ou les shaakts entretenaient de meilleures relations commerciales avec les humains. Le semi-elfe continua sa progression dans la forêt pour ne pas risquer de se faire repérer. Soudain un détail attira son attention. Il s'arrêta et inspecta le sol. Plusieurs empreintes discrètes démontraient qu'un groupe était passé par ici, peu de temps auparavant. Sild leva la tête et observa les environs. Aucune trace d'éventuels ennemis, mais la forêt était dense à cet endroit.

À Cinquante mètres, il apercevait la route qui se détachait de la verdure. Ne prenant aucun risque, il entreprit de faire un large détour, l'éloignant encore plus des pavés, tout en continuant de chercher des indices de la présence d'éventuels ennemis. Bien lui en pris, car en passant derrière un tronc plein de mousse, il aperçut un shaakt, à priori un bandit ou un esclavagiste, posté en embuscade à moins de 10 mètres derrière un rocher. Armé d'un arc, il surveillait la route en contrebas. Le rodeur s'approcha sans bruit, tel un fauve à l'affut. Sa proie ne comprit jamais ce qui lui arriva. Le pommeau de la dague de Sild s'abattit sur sa tempe avant qu'il n'ait le temps d'émettre un son. Depuis cet endroit, sa vue aiguisée lui permit de dénombrer environ 15 bandits cachés tout autour de la route. Le semi-elfe s'installa à la place de sa victime. Sa position, en hauteur par rapport aux embusqués, lui permettait de voir facilement sans être vu. Ils attendaient quelque chose, mais quoi ?

Bientôt Une calèche fit son apparition à plusieurs dizaines de mètres sur la route. Elle était devancée par 6 guerriers Shaakt, en armure. En dessous de lui, Sild vit les 15 brigands armer leurs arcs. Quand la calèche se trouva pile devant eux sur la route, l'un des embusqués cria en pointant son arme vers le ciel. Une volée de flèches fondit sur la route. Les chevaux qui tiraient la calèche ainsi que trois cavaliers s'écroulèrent le corps transpercé. Les drows sortirent ensuite de leur cachettes et se jetèrent dans la mêlée. Les soldats opposèrent une résistance farouche et parvinrent à éliminer de nombreux assaillants, mais écrasés par le nombre, ils finirent par se vider de leur sang sur les pavés. Une fois le combat terminé, le chef des assaillants, un shaakt à belle apparence, vêtu d'un pantalon de cuir et d'un gilet de flanelle, s'approcha de la calèche et ouvrit la porte. Il sourit en s'adressant à l'occupant de la cabine.

Dame Lizmyar, je vous souhaite le bonjour. Je suis navré d'avoir à vous dire cela, mais certaines personnes vous considèrent comme trop dangereuse et ont payé une somme extravagante pour que vous ne voyiez pas le jour se coucher. Malgré tout le respect que je porte à une prêtresse de votre rang, c'est le genre de mots auxquels je ne saurais résister. Auriez-vous l'obligeance de bien vouloir sortir de votre carrosse ? Je ne voudrais pas souiller un si bel intérieur.

Tout en parlant, le bandit tendit la main et aida son interlocutrice à sortir. C'était une shaakt, grande et belle, vêtue d'une robe moulante au décolleté plongeant. Droite et fière, elle répondit d'un ton séducteur ne laissant filtrer aucune peur:

Mon cher Xantor, vous me blessez. Moi qui vous prenais pour un allié fidèle. Mais quand l'amitié ne suffit pas, d'autres liens peuvent être tissés. Peut-être puis-je vous proposer un arrangement ? Peu importe la somme que l'on vous a promise pour ma mort, je vous offre le double, à mon arrivée à Khonfas, bien vivante.

Le mercenaire regarda son interlocutrice un instant, puis il répondit, tout sourire:

Bien que tentante, je me dois de décliner votre offre. Voyez-vous, un contrat est un contrat, et j'ai une certaine réputation à tenir. L'argent est important, mais la confiance de mes clients l'est encore plus. De ce fait, j'ai bien peur que vous soyez en train de vivre votre dernière heure, mais auparavant j'aimerais que vous répondiez à certaines questions. Je sais que vous vous êtes rendue auprès de l'oracle, dans la forêt, avec un objet spécial. Parlez-m 'en un peu voulez-vous ?

La Shaakt se décomposa une seconde, puis elle cracha au visage du mercenaire.

Tandis qu'il sortait calmement un mouchoir en soie de son gilet et s'essuyait la joue, un de ses hommes ceintura la prêtresse, lui bloquant les bras dans le dos et la força à s'agenouiller. Le chef des bandits dégaina ensuite son arme, une longue rapière coupante comme un rasoir et approcha son visage à quelques centimètres de celui de sa prisonnière. A ce moment, son ton n'eut plus rien de doucereux tandis qu'il passait spontanément au tutoiement:

L'artefact n'est pas ici. Où est-il ? Comment fonctionne-il ? Parle ou je t'écorche vive.

Devant son silence, ses traits se métamorphosèrent par la rage et il la gifla. Une goutte de sang perla sur la lèvre de la prisonnière. Elle le regarda d'un œil noir et continua de se taire. Quand il reprit la parole, son visage était redevenu serein:

Mais où sont mes bonnes manières ? Frapper une shaakt, n'est pas digne d'un gentilhomme. Je préfères laisser mes hommes s'amuser avec vous avant que nous reprenions notre entretien. Cela devrait vous rendre plus conciliante. Il se releva et s'éloigna sans rien ajouter.

Les six mercenaires ayant survécu à l'attaque s'approchèrent. Elle tenta de se relever pour fuir mais celui derrière elle l'attrapa par les cheveux et la jeta au sol. Il se précipita sur elle et déchira la robe d'un geste brusque, révélant ses formes parfaites. Elle cria et tenta de se débattre quand leurs mains avides se posèrent sur les courbes de son corps. Tandis qu'on lui maintenait les mains plaquées au sol, l'un des bandits se glissa entre les jambes écartées de la prêtresse.

Il ne put jamais prendre son plaisir car une flèche lui transperça la tête. Alors qu'il s'écroulait, le pantalon sur les chevilles, d'autres flèches s'enfoncèrent dans le cœur de trois autres brigands avant qu'ils n'aient le temps de comprendre ce qui se passait. Un projectile se planta dans l'épaule de l'un des mercenaires qui venait de dégainer son arme, le propulsant au sol. La shaakt, libérée, tira un petit couteau des lambeaux de sa robe et se jeta sur le blessé. Complètement nue, elle le chevaucha et le poignarda à plusieurs reprises en tenant son arme à deux mains. Des gerbes de sang giclèrent sur sa peau sombre.

C'est alors que Sildarim sortit des fourrés ou il s'était dissimulé, l'épée et la dague à la main et courut en direction du chariot. Au total, il restait deux ennemis. D'un mouvement rapide vers sa droite il esquiva la rapière du chef des mercenaires et lança une série de coups ascendants en direction du deuxième survivant qui venait de se saisir d'une masse. Sild mit toute sa concentration et sa dextérité dans ces attaques, car il savait qu'il devait neutraliser ce brigand au plus vite s'il ne voulait pas se trouver piégé entre deux adversaires. Le semi-elfe bougeait avec une telle vitesse que son adversaire ne parvint qu'à parer la première attaque. Alors que l'épée détournait la massue dans un mouvement tournant, il frappa de bas en haut avec sa dague, qui s'enfonça jusqu'à la garde sous le menton de son opposant.

Il se retourna pour faire face à son dernier adversaire, et se rendit compte que le chef des mercenaires avait pris la fuite. Il s'approcha alors de la shaakt qui l'observait avec méfiance, à genou sur le sol, ne cherchant pas à cacher sa nudité.


Désolé de ne pas être arrivé plus tôt, j'ai dû trouver un bon angle de tir afin de pouvoir intervenir. Vous n'êtes pas blessée ?

Elle continua de le regarder, une expression ressemblant beaucoup à de la curiosité sur le visage, mais ne répondit pas. Sild s'approcha encore et tendit la main en un geste apaisant. C'est alors qu'elle parla en Shaakt, le fixant intensément. Sild allait lui dire qu'il ne comprenait pas ce langage, quand il sentit une brusque torpeur le gagner. Il comprit, trop tard, qu'elle était en train de lui lancer un sort. La dernière chose qu'il vit avant de sombrer dans l'inconscience fut les bottes à talons haut de la prêtresse.

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Jeu 1 Mai 2014 22:40 
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Partie I : Les larmes de la forêt.

« Sombre lune d’une terrible nuit d’été,
Mille sangs versés,
Mille sangs versés...
Ténèbres à mille lieux
Sans fin, je dérive,
Sans fin mon périple, je suis privé...


- Silence mage !

Endar se tut aussitôt alors qu’il vit le garde excédé s’approcher de lui, l’assommant promptement. Il sombra dans l’inconscience et, pour la première fois depuis qu’il était dans la forêt dense à l’Est de Khonfas, il se réveilla sans souffrir de la lueur du soleil qui l’irradiait à travers les longues feuilles translucides d’un chêne centenaire auquel il était solidement attaché par trois longues chaînes en fer. Cela faisait dix jours que son sort était scellé depuis qu’il avait tué les prêtresses de Valshebarath en les empalant avec ses épieux de terre.

Le cliquetis de ses chaînes interrompit le silence de la forêt alors que ses mains elles-aussi enchaînées se glissèrent dans le trou béant du chêne pour y sortir un manuscrit aux pages jaunies par le temps. Il songea un instant qu’il finirait comme les pages de son journal, usé. Assis, il prit l’os d’araignée dont il s’était défendu la nuit dernière piteusement en raison de ses liens. Les trois gardes avaient pris leur temps avant de venir l’achever, sans doute l’œuvre d’une des prêtresses qui aimait le torturer en envoyant un des rejetons de Thimoros. Cette épisode ne lui rappelait que trop bien le passage où son père et lui avaient servi de repas à ces maudites créatures sous l’œil amusé des prêtresses et des nobles shaakts, amusés jusqu’à qu’ils se fassent eux aussi empalés.

La forêt elle-même s’était liguée contre lui, devenue vicieuse à cause des expériences de magie noire et des rituels sacrificiels. La nuit, il entendait les cris de détresse des animaux lorsqu’une liane s’en emparait pour les tirer jusqu’aux bouches végétales. La forêt ne pardonnait pas la moindre erreur de jugement et la moindre faiblesse physique. Seul le chêne auquel il était attaché semblait lui parler lorsque le vent chargé du sable de l’Ouest faisaient vibrer ses feuilles vertes. Ses doigts noueux firent virevolter sa plume improvisée sur le papier jauni pour noter tout ce qu’il voyait afin de ne pas lui aussi céder à la folie des arbres. Son collier en acier irritait son cou couvert de sang à cause du frottement contre sa peau d’un vert-olive et cela le dérangeait à tel point que l’idée de l’arracher était devenue une obsession.

Il termina de coucher sur papier ses pensées, ses récits et ses poèmes substituant l’encre avec de l’ichor contenu dans les cadavres des araignées dont l’odeur des chairs en décomposition du fait de la chaleur lui donnait des nausées. Lorsqu’il sentit que son corps allait défaillir, il ferma le journal et c’est tout ce qu’il put faire avant de s’évanouir. Il ne sombrait pas totalement cependant, restant dans un état proche d’une transe, sa tête penchée vers la droite et ses yeux bicolores toujours ouverts. Il ne sortit de cet état qu’en fin d’après-midi, alors que le soleil décroissait. Il avait la bouche pâteuse et les lèvres craquelées. Soudain, des nuages noirs couvrirent le soleil et ils apportèrent la pluie avec eux. Endar leva la tête aussi haut qu’il put malgré le collier et ses fers, mais le chêne si fourni empêcha la pluie de tomber dans sa bouche pour soulager sa gorge brûlante.

Des larmes de désespoir coulèrent sur son visage aux oreilles pointues, mais les feuilles de l’arbre semblèrent s’incliner et l’eau coula à flot dans sa bouche, aspergeant ses lèvres et son visage par moments. Il remercia en silence le chêne et de nouveau un murmure semblait provenir de ses branchages ballotés par le vent. Les feuilles s’inclinèrent un peu plus et l’eau purifia son corps, le sol aspirant son sang. Il soupira de bien-être, même si le contraste entre l’eau froide et sa peau comme chauffée à blanc était douloureux. Son corps était constellé de morsures d’araignées et de coups de fouet. Son esprit commença à se rouvrir au monde, et il se rappela qu’il était à la frontière avec la ville d’Eniod, cité dont les elfes noirs rêvaient de s’en emparer. Il était un mage de terre et en plus, il était un elfe noir alors il n’allait pas se laisser ainsi mourir sans se battre. L’arrivée de ses trois « gardiens » le mit d’humeur morose.

Ils arrivaient toujours au moment où les ténèbres commençaient à envahir les bois, car les shaakts supportent mal la lumière, même si certains comme lui s’y sont habitués. Ils se placèrent près d’une souche d’arbre mort, affutant le tranchant de leurs dagues. Le chant strident des oiseaux nocturnes retentit dans l’épaisse forêt, rendant nerveux les gardes et lui-même aussi il fallait avouer surtout qu’il n’avait aucun moyen de s’échapper.

- C’est l’ennui total cette forêt !

- Tu préfères finir en pâture pour la déesse Valshebarath, peut-être ?! grogna le garde le plus maigrichon du trio.

Le silence absolu de nouveau, les gardes, nerveux, sont à l’affût du moindre bruit suspect, mais dans cette sordide forêt corrompue jusqu’au cœur des écorces les plus anciennes, tous les bruits sortaient de l’ordinaire et pouvaient terrifier même le plus vaillant des elfes noirs.

Le borgne se leva d’un coup sans prévenir, si bien qu’Endar se tassa contre le tronc d’arbre, craignant qu’il ne recommence à l’assommer. Ce n’est pas tant la peur de la douleur qui l’étreint que celle d’être totalement inconscient alors que les créatures peuplant ces bois profitent de l’inconscience de leur proie pour mieux s’en repaître. Son détracteur pourtant ne s’approcha pas de lui et annonça qu’il allait rentrer à Khonfas. Malgré les avertissements de ses deux comparses, il les quitta sans autre forme de cérémonie.

Seuls les chuchotements de ses deux geôliers vinrent troubler l’atmosphère, ce qui mit le mage sur ses gardes. En effet, Endar tourna de gauche à droite la tête, tendant l’oreille pour capter n’importe quels bruits animaux, mais il n’y avait rien, comme si...oui...comme s’ils s’étaient tus pour profiter d’un divertissement. Les cris du borgne ébranlèrent la forêt qui se réveilla soudainement et les shaakts accoururent vers la source des hurlements d’agonie, dégainant leurs dagues et beuglant le nom de leur camarade.

(Ce cher Aeron n’est plus depuis longtemps...)

D’autres cris accompagnèrent celui d’Aeron, suivi de craquements sinistres qui ne faisaient aucun doute quant à l’état du trio des guerriers shaakts.

« Fou est le fuyard, sage est celui dans l’œil du cyclone. »

Soudain, quelque chose bougea devant lui et il se figea en voyant des lianes approcher dangereusement. Il retint sa respiration, craignant que celles-ci ne le remarquent, mais elles se dirigèrent toujours sur lui, puis s’arrêta à sa hauteur, s’entremêlant pour former une sorte d’humanoïde végétale. Ce qui sembla être une bouche commença à remuer et un son caverneux en sortit, mais ce n’était qu’un murmure dans la bouche de la créature.

« N’aies crainte frère d’écorce sanglante et fils de la terre, je ne te veux aucun mal... Je suis le chêne sur lequel tu reposes. Tu es différent des autres shaakts, c’est pourquoi les arbres t’aideront, mais tu sais déjà que tu ne peux compter sur les feuillus corrompus pour t’aider à t’enfuir.

- Je le sais, car corrompus ils meurent, corrompus, ils saignent sans jamais connaître de répit...

- Dans deux jours, tu seras libéré.

-Comment...

-Il me faut te laisser à présent. Dors mon frère, je te protégerai. »

Apaisé par les murmures du chêne, Endar ferma lentement ses yeux en sentant les racines de l’arbre s’enroulant autour de lui pour former un cocon protecteur.

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Dernière édition par Endar le Ven 2 Mai 2014 10:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Ven 2 Mai 2014 10:15 
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Partie II : Le sang mêlé.

Ses yeux s’ouvrent lentement et son corps se réveille doucement, si doucement que le cliquetis des chaînes le ramena à la réalité. La coquille de bois s’ouvrit laissant au passage entrer les rayons de soleil qui l’obligèrent à cligner des yeux pour s’habituer à la lueur vive de la boule de feu.

Un calme surnaturelle entourait la forêt, si bien que le tumulte de la nuit dernière aurait été un mirage s’il n’y avait pas les corps déchiquetés de ses tortionnaires devant lui, semblables à des marionnettes auxquelles on avait coupé le fil directeur. Il présuma que quelques charognards avaient traîné les corps jusque là pour les déguster en paix.

Il remercia mentalement le grand chêne de sa protection, lui ayant permis de se reposer assez pour reprendre des forces, cependant, dans l’état où il se trouvait, s’il parvenait à se libérer de ses fers, il ne ferait pas plus que quelques centaines de mètres dans la forêt avant de tomber d’épuisement.

C’est alors qu’il aperçut une miche de pain dépasser du sac d’un des défunts, ce même sac placé à cinq pas sur sa gauche. Il fléchit ses jambes puis les étendit d’un coup en direction du sac à bandoulière mais les chaînes retinrent son élan. Soufflant de l’effort fourni, il étendit son pied gauche, autant dire que cela se solda par un échec cuisant. Il soupira, puis quelque chose apparut près de son visage, c’était la miche de pain que tenait des lianes.

(Je t’aiderai jusqu’à ta fuite, alors prend des forces, frère à l’écorce sanglante...)

Les pensées de l’arbre résonnèrent dans son corps alors qu’il mordit à pleine dent dans la miche de pain aussi sèche que les cœurs des shaakts mais nourrissante. Quand il eut fini de se lécher les babines pour enlever les miettes collées contre le pli de ses lèvres, il frotta ses poignets endoloris, faisant claquer ses chaînes l’une contre l’autre pour accentuer l’état de décomposition du fer rouillé par le vent chargé de sable et les rafales de pluie. Soudain, il entendit des tambours de guerre, le son se répercutant contre les arbres creux suivi des pas lourds des guerriers shaakts soulevant la poussière et l’éclat scintillant des lances et des armures.

Une femme sortie de la cohorte qui ne s’arrêta pas un seul instant pour l’attendre, n’obéissant qu’à leur chef, elle-aussi, une femme qui portait un collier de crânes. L’autre femme qui se dirigeait vers lui n’était autre qu’une des puissantes mages au service de Thimoros. Il la reconnut aisément par la cicatrice qu’elle portait au niveau du visage causé par un de ses pics de pierre qui lui a brisé non seulement les muscles de cette partie de la mâchoire mais aussi les os de celle-ci, ne laissant à la place un trou béant que même l’alchimie ne parvenait à réparer dans son intégralité apparemment. Le sourire narquois qu’il afficha se transforma en une grimace de douleur alors qu’elle dirigea du fluide obscur dans son collier, criant de douleur lorsque sa peau brûla, puis elle arrêta, s’agenouillant devant lui en le tenant par les cheveux.

- Tu aurais dû obéir à notre déesse, sale chien... Un homme ne pourra jamais devenir un mage, ce ne sont que des esclaves, veules et sans ambition ! Inutiles comme les guerriers shaakts qui devaient te garder et qui sont morts tandis que toi, tu oses encore survivre !

- Souffrance et aveuglement, tel est ton lot tandis que tu parcours les ténèbres, lui cracha-t-il, ses yeux plissés sous l’effet de la colère et de la douleur.

Elle lui enfonça d’un coup sec sa dague avec laquelle elle jouait pensivement depuis tout à l’heure de sa main gauche. Elle ne rata son poumon que de peu, mais ses yeux luisants de lubricité lui indiquèrent qu’elle avait la ferme intention de le torturer physiquement et psychologiquement. Elle retira d’un coup sec la lame, faisant jaillir son sang qui s’écoulait lentement le long de son torse.

Elle partit avec un sourire pervers, allant sans doute chercher de la nourriture dans les bois. Endar reprit son souffle avec difficulté et sa vision se brouilla un instant, avant de sentir un épais liquide visqueux irriguer sa blessure l’apaisant de sa douceur, c’est la résine du grand chêne qui, de nouveau, lui vint en aide.

-Merci... soupira-t-il tandis qu’il s’enfonça dans les ténèbres, la tête baissée comme s’il dormait.

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Ven 2 Mai 2014 10:22 
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Partie III : La grande fuite en direction des montagnes.

Le deuxième jour s’était enfin levé et Inyan, la mage aux sombres fluides n’avaient pratiquement pas fermé l’œil de la nuit tout comme lui à son retour des limbes. Mis à part le vent qui soufflait et les hululements de quelques hiboux, la nuit s’était avérée forte calme. A nouveau, il frotta en catimini ses chaînes les unes contre les autres sentant déjà que les fers qui entravaient sa main gauche n’étaient plus aussi serrées qu’auparavant en raison de l’état avancé de décrépitude dudit matériau. Du coin de l’œil, il vit que sa blessure avait bien mieux cicatrisé qu’il ne l’aurait cru à l’origine, même si la marque n’allait pas disparaître tout comme celles des coups de fouet en peau de véroce.

Ni les écarts de température ni les rafales de vent et de pluie mêlées ni même le tonnerre qui grondait en fin de journée ne venaient distraire sa nouvelle geôlière. Elle mangeait juste devant lui, attisant sa faim et parallèlement son envie de lui rompre la nuque. Le collier empreint de magie noire bloquait ses pouvoirs de mage, l’empêchant de la pourfendre d’un de ses fameux épieux.

C’est à la nuit tombée que la forêt s’agita et l’esprit du grand chêne le prépara mentalement à la fuite. Ainsi, le moment était venu...
Son sourire s’agrandit, il était prêt, il avait assez mangé pour pouvoir courir sans s’arrêter, enfin c’est ce qu’il pensait. La mage shaakt s’approcha et brandit sa dague au-dessus de lui.

- Je vais vite t’enlever l’envie de sourire, sale...

Un loup bondit à sa gorge sans prévenir. Ce loup noir plus grand que ses congénères l’avait également surpris, si bien qu’il glapit, son dos cognant contre le tronc de l’arbre. Sa geôlière lança quelques sorts, blessant gravement le loup, mais déjà un autre canidé agrippa fermement celle-ci entre ses crocs puissants.

Endar agita paniqué ses chaînes pour s’en défaire rapidement, mais il n’y arriva pas. L’angoisse monta d’un cran alors que deux loups sortirent des épais buissons pour participer au festin et que l’un d’eux retroussa ses babines dans sa direction.

Une nuée noire emplit les lieux et aveugla les loups qui se roulèrent pour échapper aux insectes, mais ces derniers se dirigèrent vers lui, dévorer le fer de ses chaînes. Les mangeuses d’acier eurent vite fait de dévorer ses chaînes, si bien qu’il se leva pour s’éloigner à grand pas du lieu du festin, emportant au passage une corde et une cape elfique appartenant à la défunte.

Il courut, l’essaim de sauterelles à son cou et ce n’était pas une expression puisque celles-ci tentaient de manger l’acier de son collier mais sans d’autres résultats que leur mort dû aux fluides d’obscurité qui circulaient toujours à l’intérieur.

Il courut sans jamais s’arrêter, entendant avec angoisse la respiration d’un des grands loups qui s’était désolidarisé de la meute.

Il percuta de plein fouet une épaisse ramification de racines, roulant le long de la pente de la forêt, son corps balloté de rochers en rochers, finissant sa course contre le tronc d’un arbre. Il geignit, ayant l’impression d’entendre le son des cloches résonner mille fois plus fort que la normal au sein de sa boîte crânienne.

Il se releva bien vite dès que le loup retrouva sa piste et grogna en courant dans sa direction.

Il piqua un sprint vers un hêtre dont certaines branches étaient assez basses pour lui permettre de rejoindre les branches supérieures.

Il sauta et s’y accrocha, puis posa ses pieds sur la ramification et rejoignit une branche plus haute au moment où le canidé tenta de l’attraper.

- Bon sang ! Ne veux-tu pas me laisser partir ? Je passe d’une prison à une autre.

Il posa la cape sur la branche et fit un nœud coulant faisant en sorte d’en faire un assez grand pour y faire entrer la tête de l’animal. Avisant ce dernier en train de tourner autour du tronc du hêtre.

Il sauta sur lui, atterrissant sur son dos et essaya de lui passer la corde autour de son encolure.

Se débattant comme un beau diable, il l’envoya valser avant même qu’il ne puisse approcher ses mains de la grosse tête noire.

Se relevant, il fléchit les jambes, attendant l’assaut de la bête au pelage dru qui l’observa un instant. Le grand loup attaqua enfin. Il se décala puis le chevaucha abruptement.

Enserrant la taille de l’animal de ses cuisses, il mania à deux mains la corde et arriva à échapper aux terribles mâchoires pour le passer autour de l’encolure. Il serra d’un coup le nœud, contrôlant néanmoins difficilement ses mouvements incontrôlés alors qu’il sprintait à travers la forêt pour se débarrasser du cavalier gênant.

Ce dernier était sur les nerfs, toujours à l’affût du moindre mouvement des puissantes hanches de sa monture improvisée, évitant également que ses jambes se rapprochent de la gueule du monstre. Endar avait beau être un elfe, les pointes de vitesse troublèrent sa vue et il percuta plusieurs fois des arbres, les branches laissant des stries rouges au niveau de ses bras. Malgré la douleur, il ne lâcha pas, car lâcher signifiait la mort assurée. L’animal s’était stoppé net et le mage en profita pour sauter sur une ramification de branches noueuses en utilisant le dos du loup comme tremplin, puis il noua le bout de la corde à celles-ci, empêchant l’animal de s’échapper. C’est avec stupéfaction qu’il vit la cape qu’il avait volé sur la branche d’à côté. La séance de rodéo l’avait semble-t-il ramené à son point de départ.

L’air humide de la forêt entraînait une sensation de brûlure là où il avait ses profondes coupures. Il déchira sa pauvre chemise en plusieurs bandes et se banda, resserrant les baillons, les dents serrées.

De sa position, il aperçut l’animal qui tirait de toutes ses forces sur la corde pour s’échapper, mais il ne parvint pas à se défaire de la prise. Une fois capturé, il ne restait plus qu’à voir si le loup le laisserait le monter...

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 Sujet du message: Partie I: Séance de survie en zone inhospitalière
MessagePosté: Lun 9 Juin 2014 11:51 
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Partie I : Séance de survie en zone inhospitalière.

Il descendit de son perchoir muni de sa cape et atterrit en roulant sur le sol pour amortir sa chute. Le loup noir grogna tout bas, mais il ne fit pas mine de vouloir lui sauter dessus, au moins était-il assez intelligent lorsque celui-ci se trouvait capturé. Il leva la tête en direction des cieux obscurcis par l’épaisse strate de branches et de feuilles entremêlées des arbres pluri centenaires.

- Le soleil ne devrait pas tarder à se coucher et nous n’avons rien à manger...

Il attrapa une branche d’arbre tombé au sol et frappa derrière son épaule gauche, frappant un serpent des forêts dont l’ombre se reflétait sur le sol rocheux grâce aux rayons du soleil couchant qui allait bientôt se cacher derrière les montagnes d’Hidirain. Celui-ci, désarçonné, partit en sifflant et en ondulant rapidement pour atteindre une cachette. A la vue de la fuite d’un gibier certes peu nourrissant, son ventre grogna de mécontentement. La nourriture ne manquait pourtant pas dans cette forêt, mais il se refusait de se sustenter de plantes, ne connaissant strictement rien en herboristerie et préférant éviter l’empoisonnement.

(Rester ici reviendrait à faire de moi une cible facile si les corps n’ont pas été entièrement dévorés, il vaudrait mieux partir maintenant qu’il fait nuit... Mais dois-je emmener le loup avec moi ou au contraire l’abandonner à son sort pour éviter qu’il ne me ralentisse ? )

Il regarda la créature qui le fixait de ses yeux mordorés, tapie dans l’ombre et attendant son heure. Il se précipita vers elle, aucune trace de peur ne voilant son regard, et la contourna pour la chevaucher avant qu’elle ne puisse réagir promptement, puis il défit le nœud de la corde sans se soucier des grognements du loup. Entre lui et sa monture improvisée, il avait l’avantage la nuit de par sa vision nocturne innée et il était assez rapide pour éviter les coups de croc quand la bête tentait d’arracher une de ses jambes. A crue, chevaucher la bête fatiguait ses cuisses, mais il n’en démordait pas. La bête voulut s’élancer, cependant Endar serra brutalement la corde autour du cou de l’animal l’obligeant à ralentir le rythme au risque de s’étouffer. A chaque fois que le loup faisait un pas de travers, le mage lui pinçait l’oreille opposée à la direction qu’il était en train de prendre. Cela ne plaisait guère à l’animal, mais aussi affamé que lui, il obéissait sans trop rechigner, espérant sans doute tout comme lui se nourrir, néanmoins il leur faudra du temps pour retrouver du gibier non irradié par les fluides obscures. La lune était cachée par les nuages noirs ce qui lui assurait une certaine discrétion malgré les grognements intempestifs de l’animal.

Il parcourut sur son dos la forêt jusqu’à ce que l’aube ne décide d’éclairer les cieux. Il espérait les avoir semé mais avec les détours que sa monture a pris malgré ses ordres, la distance le séparant de son lieu de captivité n’était pas assez grande à son goût. Le mage mourrait de faim et commençait sérieusement à fatiguer, la seule chose qui le maintenait éveillé restait la peur d’être rattrapé par ses semblables, d’être torturé de nouveau ou pire, servir d’encas pour la déesse Valshabarath. Il ne comptait pas se transformer en Orgamii, l’idée de devenir un de ces êtres mi-shaakts mi-araignées avaient hanté sa plus tendre enfance et ne l’avaient d’ailleurs plus quitté. Donnant un coup de pied dans les côtes de sa monture lorsqu’elle commença à partir dans la mauvaise direction, il la fit s’arrêter près d’un arbre et l’attacha solidement au tronc avant de poser les pieds au sol.

- Attends-moi, je ne serais pas long pour trouver de quoi remplir nos estomacs vides !

C’est alors qu’il s’enfonça profondément dans la forêt, en quête des lapins qu’il avait croisé en cours de chemin, la nuit précédente. De la main, il balaya les quelques branches qui entravaient sa route jusqu’aux terriers. Le soleil levant transperçait les feuilles de ses rayons tel un déluge de flèches venant des cieux. Un vent frais caressait sa peau couleur olive seulement recouverte par des haillons en charpie qui lui descendaient jusqu’aux genoux. Il s’agenouilla lentement en apercevant la fourrure brune de lièvres, cinq au total, qui sautillaient inconscients du danger. Il se déplaça aussi furtivement que possible et s’arrêta un instant, ses jambes fléchies, prêt à sauter sur la nourriture sur pattes. Dans sa contemplation, il ne vit pas le serpent se faufiler à travers les buissons. Il ne le vit que lorsque le reptile ouvrit grand la gueule en sortant de sa cachette, ses crochets s’enfonçant violemment dans la chair tendre de sa proie. L’attaque a été si preste qu’il en tomba par terre d’étonnement, avant de se reprendre, serrant les dents en voyant le lapin se débattre inutilement.

(Il est hors de question que je reparte de nouveau bredouille ! )

Il s’élança vers le serpent en criant et l’arracha de sa proie, lui serrant le cou avec une force multipliée par sa faim, le tuant assez aisément sous l’effet de surprise. Il emporta ses deux proies avec lui, espérant pouvoir récupérer assez de force pour atteindre Hidirain. Lorsqu’il parvint de nouveau à la clairière où il avait laissé le grand loup noir, il eut une surprise de taille en le voyant dévorer la panse du cadavre d’un loup gris qui avait sans doute dû s’éloigner de la meute pour tenter sa chance. Malheureusement pour lui et heureusement pour sa monture, il servait à présent de panier-repas.

- Je vois qu’il y en a un qui a plus de chance en ce qui concerne la chasse...

Il posa ses trouvailles sur le sol couvert de mousse et rassembla quelques pierres qu’il aiguisa pour s’en faire des silex, une fois taillés convenablement, il mit le feu à la mousse. Cherchant des branches d’arbres solides, il en dénicha quelques unes dont deux qu’il utilisa pour faire griller son butin. Grillée à point, la viande de serpent et de lapin le requinquait et même si ce n’était guère un repas luxueux, cela avait le mérite de remplir l’estomac sans souffrir d’empoisonnement potentiel. Il perçut par-delà les frondaisons des arbres, les montagnes d’Hidirain, si proches et pourtant si lointaines. Il se rappelait des paroles de son père à propos de cet endroit. Au creux de la montagne se trouvait la ville d’Hidirain, « la perle blanche » comme la surnommaient certains elfes dont son père qui devait y voir un lieu de liberté, loin de sa Khonfas natale.

Il était trop jeune pour s’en rappeler avec précision, mais il se rappelait des Hinïons comme des guerriers implacables, fiers et particulièrement racistes... Il ne se rappelait plus comment son père avait pu marchander avec un tel peuple qui maudissait tous les shaakts de cette planète, mais il se doutait qu’au jour J, il allait devoir faire preuve de beaucoup de diplomaties pour espérer atteindre la cité d’Hidirain en vie et en parfait état de fonctionnement. Les seules choses qu’il se rappelait de son voyage avec son père étaient le passage secret se trouvant derrière la cascade menant à ladite cité et le coffret qu’avait laissé son père, un coffret en orme finement ouvragé. Il se souvenait des paroles de son père avant qu’il ne crie de douleur en se faisant dévorer et déchiqueter par les araignées du temple de Valshabarath.

« Lorsque tu atteindras la perle blanche, suis les dents de roche, la dernière lueur du jour brillera et tu plongeras dans la lune... »

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 Sujet du message: Partie II: Les tourments du passé
MessagePosté: Lun 9 Juin 2014 12:04 
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Partie II : Les tourments du passé

« Endar , chuchota une voix.
« Renégat , prononça distinctivement une voix semblant sortir des tréfonds de la terre.
« Parjure sans intérêt , cria une voix qu’il reconnut aisément comme étant celle de sa mère.

Il ouvrit alors les yeux, mais autour de lui, il n’existait aucun élément matériel, seulement un grand trou noir peuplé d’esprits qui sillonnaient dans tous les sens comme des requins tournant autour de leur proie. Des mains aux longs doigts décharnés saisissaient ses bras dans le but de l’attirer au plus profond des ténèbres, tandis qu’il se débattait furieusement, écartant les membres squelettiques et chassant du revers de la main les apparitions spectrales disparaissant en une volute de fumée. Il se réveilla soudainement, son cauchemar disparaissant au profit d’un autre, bien plus réel cette fois.

Le dos contre un hêtre, il ouvrit ses paupières et c’est alors qu’il entendit des bruits de pas et les craquements des branches mortes qui recouvraient le sol mousseux. Aucune lumière n’était allumée, mais le cliquetis métallique qu’il entendait de plus en plus distinctement ne pouvait signifier qu’une patrouille. Humains d’Eniod ou shaakts ? Telle était la question qui allait faire toute la différence.

Il sortit sa cape de son sac et se couvrit avec, ne découvrant que la partie droite de son visage, son œil mordoré suivant les ombres en mouvement qui surgirent des buissons au pas de marche. Il compta cinq soldats shaakts qui dégainèrent leurs épées, s’approchant du loup qui grognait en dévoilant ses crocs suintant de salive et du sang de sa dernière proie. Il commença à prononcer une incantation à voix basse, rassemblant ses fluides pour porter un coup auquel ses poursuivants ne se relèveraient pas.

« Yuimen elgg ussta ogglinnar, nindel luth'ol zotreth mina...
(Yuimen détruit mes ennemies, que les lances les transpercent.)

Soudain, des épieux sortirent de terre et empalèrent les soldats qui ne s’y attendaient pas, transperçant leur armure sous l’impact. Endar sortit de sa cachette et fit face au dernier elfe noir qui avait miraculeusement survécu à sa magie. Cependant, la bravoure l’avait quitté dès qu’il s’était retrouvé encerclé des cadavres sanglants de ses compagnons et il courut pour s’enfuir. Il ne parvint pas à s’enfuir et retomba raide mort, le visage contre la terre et le torse criblé de pics rocheux. Un mage fit alors son apparition, un mage qu’il ne connaissait que trop bien...

« Maeli ! grogna Endar en adoptant une posture défensive.
« Endar, mon vieil ami...

En effet, il avait été un jour son ami, lorsqu’ils jouaient encore comme de simples enfants dans les profondeurs de Khonfas, mais tout cela, c’était il y a bien longtemps, il y a trente quatre ans précisément. Les années avaient passé, des années de paix jusqu’au jour où son ami et lui avaient découvert leurs prédispositions en géomancie. La servitude avait terni son visage autrefois joyeux, ses cheveux d’un blanc laiteux était devenu d’un gris sale, ses yeux mauves avaient perdu toute teinte, si bien qu’il crut un instant que la vie l’avait quitté et qu’il n’était plus qu’une marionnette squelettique emmitouflée dans sa robe de mage ornée des symboles en l’honneur de la déesse Valshabarath. Ses doigts fins noueux serraient son bâton en bois de chêne. Les deux adversaires se faisaient face, tournant chacun dans le sens inverse à celui de l’opposant, traçant comme un cercle en foulant le sol de leurs pas.

« Tu n’es plus mon ami depuis longtemps, Maeli. Plus depuis que tu sers les prêtresses de Valshabarath !
« Penses-tu que devenir un exilé simplifiera ta vie ? N’as-tu pas compris ? J’obtiendrai tout ce que j’ai toujours désiré, tout ce que nous avons toujours voulu... Le pouvoir ! Je sais que tu n’es ni un fou ni un rêveur, alors rejoins-moi ! Toi et moi, nous pourrions enfin atteindre l’art ultime de la géomancie et posséder des terres !
« Les prêtresses ont bien accomplis leur devoir en t’aveuglant et en te dressant, car l’ami que je connaissais ne rêvait ni de terres ni de domination et de massacre. Tu voulais atteindre la liberté ! Tu as trahi le credo des mages de Yuimen, tu n’es plus digne d’utiliser les fluides de terre, Og'elend ! (Traitre !)
« Dos detholus dosst menvis lu'usstan detholus usst! Orior dosstan ulu el! »
(Tu as choisi ta voie, j’ai choisi la mienne ! Prépare-toi à mourir !)

Endar courut dans la direction opposée pour fuir la bataille, détachant le grand loup au pelage noir et le chevauchant. Cependant bien que rapide, il entendit Maeli finir son incantation et un violent tremblement de terre se produisit alors. Sa monture, effrayée par les éléments, courut à travers forêt avec son cavalier sur le dos, mais Endar était loin d’être au bout de ses peines. Il tourna un instant la tête quand il entendit un hennissement. Son vieil ami montait un cheval à la robe noire et le poursuivait, son destrier commençant à réduire la distance qui les séparait.

(Il n’est pas prêt de me lâcher, il va falloir emprunter les chemins sinueux !)

Sa main gauche se glissa dans la fourrure épaisse du loup qui sautait de pierres en pierres, risquant plus d’une fois de faire tomber son cavalier. Sous ses doigts, il sentit les pulsations effrénées du cœur de l’animal, écho de son propre cœur oppressé par la peur. Il se retourna un instant pour s’assurer de la progression de son adversaire, comme il l’avait prévu, le cheval peinait à suivre le rythme du canidé sur les pentes raides de la forêt à la lisière du territoire d’Eniod. Tirant la corde vers la gauche, il fit slalomer l’animal entre les arbres, évitant ainsi les projectiles de roches de son némésis. La chance le quitta bien trop vite à son goût lorsque son loup aperçut une quelconque proie qui passa devant eux aussi rapidement qu’un éclair. Poursuivant sa cible, il se fit désarçonner et atterrit au milieu des hêtres, son dos venant percuter un tronc d’où une épaisse couche de sève se répandait sur ses haillons.

« Lutter, lutter... Toute ta vie, tu n’as pensé qu’à cela.

Le mage passa sa jambe droite par-dessus l’encolure du destrier et sauta à terre, lui faisant face.

« N’est-il pas grand temps de laisser tomber, vieil ami ? Lutter contre l’ordre préétabli n’a jamais desservi quelqu’un, encore moins dans notre société matriarcale.
« Lutter, c’est vivre libre ! Ton père et toi n’avez jamais compris cela , lui beugla Endar.
« Nos pères sont tous les deux morts et on ne peut dire que le sort réservé au tien ait été plus enviable. J’ai choisi la vie, un choix que n’importe quel être intelligent aurait fait.
« Je ne suis pas n’importe quel être...
« Dans ce cas, meurs pauvre fou...

Du sol surgirent des pics semblables à des lances, dévastant le sol recouvert d’humus. Il s’abrita derrière l’hêtre auquel il était adossé, mais cette protection n’était qu’éphémère dans un combat de mages. Le sol trembla, craquela et il courut et sauta par-dessus un tronc d’arbre qui gisait en plein milieu de la forêt pour éviter le sort. Les lames de pierre arrêtèrent leur folle course à quelques centimètres de sa tête, mais il ne prévit pas la chute de l’hêtre déraciné par la puissance du sortilège.

Avec un grincement sourd, il s’affaissa et il eut tout juste le temps d’exécuter une roulade en avant de manière instinctive. Le souffle de la chute l’envoya malgré tout valser à plus de trois mètres. Il se releva mais pas assez prestement pour éviter les pics qui s’enfoncèrent avec un bruit spongieux dans l’intérieur de son coude et au niveau de la clavicule de son épaule gauche le clouant contre le tronc de deux chênes s’entremêlant, tel un prisonnier en sursis attendant son heure accroché au pilori. Le troisième pic se dirigea vers sa gorge et il eut un glapissement de surprise en le voyant ainsi se diriger, fermant les yeux par instinct.

« Tsh ! J’avais oublié qu’au sein de ton collier résidait un reste de fluide d’obscurité ! Yuimen continue de te protéger, à moins que ce ne soit Zewen ?

En effet, lorsqu’il ouvrit les yeux, son collier maudit était transpercé du pic qui aurait normalement dû sectionner sa carotide malgré l’épaisseur du métal. Le fluide d’obscurité disparut au moment où le collier se brisa, tombant avec un bruit mat sur le parterre de mousse, le pieu de pierre toujours encastré dans la structure.

Il expulsa un soupir de réconfort en sentant son fluide circuler de nouveau avec autant de puissance dans son corps malgré le sang qui s’écoulait de son bras gauche. Maeli s’approchait de sa cible. Endar riait aux éclats et secoua la tête, dépité. Celui-ci s’arrêta d’avancer et regarda le mage d’un air incrédule se demandant s’il n’était pas devenu complètement fou.

De sa main libre, il attrapa les pieux et les retira sans aucune douceur, soumettant en même temps la magie à son emprise. Il rata une première fois lorsqu’il enleva le premier projectile qui l’avait atteint à l’épaule. La magie avait profité de sa faiblesse physique pour le remettre à sa place. Il tenta à nouveau de concentrer ses fluides en un point précis pour soumettre le flux magique tout en arrachant de son avant-bras le dernier projectile. Il n’arrivait pas encore à la soumettre mais celle-ci ne le rejetait plus aussi vigoureusement. Son œil jaune s’illumina de plaisir lorsqu’il parvint enfin à la dompter.

Le prétendu géomancien prit peur en voyant la démarche, certes chancelante, mais décidée du shaakt. Il sortit de la poche de sa robe, une lettre cachetée qu’il glissa dans la sacoche liée aux étriers de son cheval. Il donna une grande claque sur la croupe du destrier qui partit au galop à travers la forêt silencieuse.

« Yuimen elgg ussta ogglinnar, nindel...
« Non ! hurla Maeli.
« ... luth'ol zotreth mina.

Les épieux sortirent de la terre et le transpercèrent comme on en broche un vulgaire cochon. Tout autour du blessé à mort, la dévastation. Oui, seul ce mot pouvait décrire le terrain troué comme une tranche de fromage. Il n’avait jamais connu de guerre dans le sens où on l’employait et il songea que le champ de bataille après les dernières escarmouches des deux armées devait ressembler à cela. Au milieu des épieux, Endar se faufila près de feu son ami, qui avait l’abdomen et le poitrail transpercés de plusieurs traits. Il arracha la bourse pleine de yus pendant à la ceinture du géomancien qui agrippa faiblement son poignet.

« Aveuglé par la volonté de réussir ma mission, j’ai oublié la première règle élémentaire en magie : utiliser ses sorts à bon escient pour éviter d’être à cours de fluides...

Sa voix rendue rauque par l’éminente morte s’entrecoupa de râles longs suivis d’une écume de sang qu’il vomissait. Il tourna la tête vers lui, le fixant de son regard vide, le teint livide.

« Au moins, j’ai réussi... J’ai réussi à envoyer... *keuf keuf* envoyer la lettre , parvint-il finalement à articuler.

C’est alors qu’il entendit le hennissement d’un cheval résonnant dans la forêt suivi d’un hurlement d’un loup, un loup qui devait sans aucun doute être le sien.

« Par tous les Dieux, suis-je maudit ?!

Au fond, Endar sentait que cette invective envers les dieux soulageait son ami d’un fardeau encore plus lourd : la culpabilité du fait de sa trahison. Ses yeux d’un mauve améthyste rencontrèrent ses yeux bicolores et ils se comprirent sans aucune forme de parole. Après tout, ils avaient partagé la même existence maudite pendant des années voire des décennies, c’était donc logique.

« Même face à la mort, tu ne verses pas de larmes tandis que moi, je pleure. J’ai toujours admiré ta force de caractère, au grand jamais, tu n’as laissé tomber. Tu ne m’as jamais tourné le dos contrairement à moi.

Endar, silencieux jusque là, décida de prononcer quelques paroles pour réconforter son âme en peine. Il n’était plus l’ennemi, il était enfin redevenu celui avec qui il jouait à la lisière de la forêt quand ils étaient âgés de vingt-six ans.

« Va en paix mon ami, il est temps pour toi de rejoindre ton père. Que Gaïa et Yuimen t’absolvent de tes péchés, te conduisent à la demeure de Phaitos et puisses-tu connaître le réconfort éternel... »

Un sourire naquit des lèvres du mourant et il ferma les yeux, laissant son corps partir au loin. Une larme vint ruisseler le long de son visage. Il leva la tête vers les cieux, mais il n’y avait pas l’ombre d’un nuage à l’horizon. Lui, qui pensait avoir versé toutes les larmes de son corps pour son père, pleurait en cet instant. S’évertuant à dégager le corps soutenu par les piques de pierre, il déposa ce dernier près d’un chêne à l’écorce noueuse et entreprit de le couvrir de mousse de la tête aux pieds pendant toute l’heure qui suivie.

Soudain, en se retournant, il fit la rencontre effrayante de la gueule béante sanglante de son loup noir aux crocs encore couverts de chair fraîche. Son cœur rata un battement alors même qu’il ne l’avait pas entendu se faufiler derrière lui mais finalement, sa monture se contenta de se laisser monter, pour l’instant, sachant sans doute qu’elle aurait plus de viande en sa compagnie qu’en restant dans cette forêt devenue maudite.

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 Sujet du message: Partie III: Sous les trois yeux de Phaïtos
MessagePosté: Lun 9 Juin 2014 12:12 
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[:attention:] Certains scènes peuvent choquer le jeune lecteur !

Partie III : Sous les trois yeux de Phaïtos.

Son bras gauche l’élançait de plus en plus.

Si le sang avait coagulé et s’il avait recouvert de mousse son bras maintenu par un bout de ses haillons déchirés afin d’éviter l’infection, la douleur, elle, ne le quittait pas.

Il ne dirigeait donc son loup qu’à une main, sa main libre tenant fermement la corde enroulant le cou de sa monture tandis que son autre main pendait le long de son corps. Il mena le loup au pas à travers la grande forêt d’épineux où se côtoyaient hêtres, sapins et chênes. Il se servait principalement du poids de son corps pour faire aller à droite ou à gauche l’animal, mais parfois des grognements et la direction de la corde étaient nécessaires pour l’envoyer là où il le désirait.

Cela faisait déjà deux jours depuis son combat qu’il chevauchait en route pour Hidirain, même s’il savait de par son expérience que le réel voyage ne commencerait qu’en sortant de cette maudite forêt et en parcourant les chemins escarpés dans les montagnes. Après avoir emprunté les passages sinueux, fallait-il encore qu’il puisse comprendre le sens des mots de son défunt père pour accéder à « la perle blanche ».

Il avait parcouru la moitié de la forêt sans faire trop de détours malgré les écarts de sa monture à travers les bois et les anciens chemins entravés par la chute d’arbres et de pierres. Le plus étrange résidait en l’absence de chants d’oiseaux, mais ce silence lui convenait bien pour l’instant, car il en avait déjà eu assez d’entendre les râles des mourants, les chants et les plaintes disharmonieux des bêtes sauvages et il ne se souvenait que trop bien du son que produisait le raclement des pattes des araignées contre la pierre quand de la chair fraîche était à leur disposition.

Pourtant ce silence n’augurait rien de bon, surtout que son fin odorat, heureusement pas aussi fin que celui d’un liykor en pleine chasse, avait déjà détecté les relents d’une charogne alors même que la carcasse se trouvait pendu à un chêne à plus de sept cents mètres de sa position. Il talonna sa monture jusqu’à l’endroit où le malheureux en lambeaux pendait, lamentablement soufflé par les bourrasques.

« Voleurs, passez votre chemin ou mourrez , lut-il à haute voix l’inscription gravée sur le tronc de l’arbre.

Le prétendu voleur avait perdu ses yeux sans doute dévorés par quelques corbeaux tandis que sa peau était devenue du cuir à force d’avoir rôti au soleil. Il doutait fort que le défunt homme ait été exécuté par les shaakts, ce n’était guère leur manière de procéder et voler un elfe noir revenait à entrer tout nu dans une forteresse. Il fit s’arrêter le loup pour examiner un instant les blessures du voleur et au vu des plaies béantes sur toute la surface du corps et des pointes caractéristiques des fourches, il en conclut que les paysans l’avaient sûrement débusqué et mis à mort.

Un livre traitait de la hiérarchie humaine, il l’avait feuilleté tout jeune à Khonfas et il avait toujours été intrigué, car dans un monde régi par le sang, les hommes semblaient régis par l’or et l’argent. Par ailleurs, les strates sociales étaient plus complexes que celles des elfes, avec le roi, ses seigneurs, ses sujets et enfin au plus bas les plus pauvres des paysans. Si les elfes noirs étaient également alléchés par la présence d’or dans les mines, le sang et la chair restaient les principales monnaies d’échange, mais penser à son peuple n’allait pas l’aider dans cette aventure, son peuple ne pouvait pas survivre s’il ne commençait pas à évoluer vers autre chose que l’absolue quête de violence.

Il tira sur la corde et fit diriger sa monture près du chêne auquel il attacha l’animal qui essayait de se détacher, même s’il ne tentait plus tellement à partir depuis le combat. Il se débarrassa du cœur d’un animal qu’il avait chassé, le lançant dans la gueule béante du loup noir. De sa main droite couverte de sang du gibier, il escalada le chêne en prenant appui sur les nœuds, mais même ainsi son ascension était laborieuse et lorsqu’il eut enfin atteint la cime de l’arbre, il s’arrêta pour souffler avant de se pencher vers la branche qui soutenait le pendu. Il dénoua adroitement la corde de ses deux mains étant donné qu’il n’avait pas besoin d’utiliser beaucoup de force, puis, atterrit aussi souplement que possible sur la terre ferme, le corps à côté. De sa main valide, il traîna le corps, enroulant la corde autour de son poignet et le cacha dans un buisson.

« Qu’importe le crime que tu as commis, ta mort a réglé ta dette, repose en paix à présent. »

Posant son bras droit sur sa poitrine, il lui rendit un ultime hommage. Selon Endar, la vie est une chose qui a un prix, un prix qui fluctue dans le temps en fonction de nos actes comme une denrée périssable à la simple différence que la vie était un corps certain, une chose qu’on ne peut librement remplacée par une autre.

S’éloignant du cadavre dont la putréfaction s’était arrêtée depuis déjà quelques jours, il se colla contre sa monture lascivement allongée sur le sol caillouteux et malgré le soleil encore flamboyant en cette fin de journée, il commença à méditer. La méditation était un des deux ponts qui reliaient les différentes races elfiques de ce monde. Durant sa méditation, il sentit qu’il était en train de traverser le voile ou ce que les humains appelaient simplement « rêver ».

Silencieux, il était dans une prairie à l’herbe d’un vert pomme. Quelques arbres étaient plantés, c’était principalement des poiriers et des pommiers. Soudain, un rire à glacer le sang retentit et une ombre envahit son monde, coupant le lien privilégié qu’il avait avec la terre pour n’en laisser qu’une terre froide et des arbustes morts. Il se releva précipitamment, manquant de chanceler alors qu’une secousse ébranla le sol.

« Un elfe noir ne faisant qu’un avec la terre, amusant, commenta simplement l’ombre qui volait devant ses yeux.
« Tu n’es pas Yuimen, tu ne suis aucunement son chemin, continua de chuchoter l’ombre mouvante. Rejoins-moi et tu pourras tuer encore et encore !

Cette voix semblait le transpercer de toute part et il tenta d’échapper à son emprise en fermant les yeux s’ordonnant mentalement de se réveiller.

« Comme si tu pouvais échapper à mon contrôle ! Ouvre les yeux !

Il ne sut jamais pourquoi il ouvrit les yeux, n’obéissant que rarement aux ordres mais ce qu’il vit lui retourna l’estomac.

« Admire ton œuvre...

La terre était criblée d’épieux qui, semblables à des piliers, semblaient s’élever jusqu’aux cieux et sur chacun de ces pieux se trouvaient plusieurs corps embrochés pêle-mêle. Un liquide vermillon envahissait le sol telle une marée. Du sang naquirent des êtres à l’origine informes jusqu’à former des elfes noirs, mais pas n’importe lesquels...

« Les prêtresses !

D’un coup, elles lancèrent simultanément leurs sorts d’obscurité faisant surgir des ombres filant vers lui en slalomant entre les pieux. Il courut en faisant de même, cependant les ombres étant plus rapide que lui, elles le percutèrent de plein fouet, griffant son visage et mettant son torse en lambeaux sanguinolents. Il ne bougea plus, feignant la mort. Il entendait alors les pas lents d’une prêtresse qui s’approchait. Il attendit encore avant de se lever et enclencha son sort, les épieux traversant de part en part le corps de la prêtresse habillée d’une toge écarlate.

« Prêtresse Zilvra. Plus que deux...

Endar ricana, sentant son corps se tordre de joie de la voir de nouveau embrochée comme le vulgaire porc qu’elle était, malgré ses blessures.

Les deux autres prêtresses exécutèrent le même sort, mais il ne s’arrêta pas une seconde, faisant fi des ombres rampantes qui lui perforèrent le torse, laissant à nu son cœur qui battait sans relâche et les os de sa cage thoracique. Il incanta et les lances de pierre touchèrent la seconde prêtresse au visage coupé au couteau dont la robe violette au fond noir représentant la déesse se teintait de carmin.

« Prêtresse Nedylene ! A ton tour prêtresse Inidil, je vais te faire regretter la mort de mon père ! rugit-il en fonçant vers elle, sa course néanmoins ralentie par le nombre impressionnant de pieux.

La colère faisait bouillir son sang et il avait si...soif ! Il n’arrivait pas à tarir sa soif de sang et l’adrénaline que leur mort lui procurait le revigorait. Il évita les attaques de deux ombres et utilisa de nouveau sa magie, ses épieux traversant l’ombre que la prêtresse commençait à matérialiser avant qu’elle ne s’arrête pour sauter en arrière évitant de justesse de partager le même sort que ses consœurs. Elle se camoufla par la suite dans l’ombre, évitant l’affrontement.

« Allez montre-toi lâche !

Un tremblement de terre l’expédia contre ses épieux brandis vers les cieux, le sang des victimes s’écoulant le long de son corps, engloutissant presque son visage.

« Tu n’es rien de plus qu’un meurtrier, tu n’es pas un héros.
« Maeli !

Endar se releva tant bien que mal, glissant dans les flaques de liquide carmin. Lorsqu’à quatre pattes, il parvint à se lever tout en conservant son équilibre, le défunt mage de terre lui envoya une rafale de pics transperçant son corps et le faisant hurler de douleur, une douleur physique autant que mentale.

De nouveau, il utilisa sa magie non sans vomir du sang et ses épieux transpercèrent le sol, brisant les lances de pierre, les faisant tomber comme des dominos sur le champ de bataille. Dans le tumulte ambiant, il parvenait à sauter par-dessus les épieux ensanglantés tombés au sol et se précipita vers son ennemi qui, le voyant venir, fit surgir de terre des pieux.

D’instinct, Endar l’imita et de toute manière, c’était le seul sort qu’il connaissait. Les épées de pierre sortant du sol meuble s’entrechoquèrent violemment et se brisèrent les unes contre les autres. Il sprinta pour que son sort agisse dans la zone où le sort de Maeli ne pouvait le protéger de ses attaques magiques et l’atteint finalement, arrêtant la progression de ses épieux, figeant le pic à proximité de son œil droit. Son ancien ami était de nouveau mort, il ne restait plus que...

La prêtresse Inidil sortit de sa cachette, sa dague à l’aura ténébreuse dans sa main droite, prête à s’abattre, mais au même instant, une épée traversa le corps d’Endar et traversa également celui de la prêtresse qui lâcha son arme.
Le mage se retourna pour voir le mystérieux individu et ses paupières s’écartaient sous la surprise de voir un homme au visage sévère, aux cheveux d’un blanc délavé et au teint buriné tirant plus vers un vert olive que vers le mauve. Ses yeux mauves le fixaient et la colère semblait irradier de ses iris. Il tenait fermement le manche de l’épée de ses mains calleuses et était vêtu d’une armure en cuir des pieds jusqu’au cou.

« Père, murmura-t-il, un flot de larme balayant le sang tâchant son visage.

Une grimace de dégoût déforma son visage.

« Qu’ais-je donc fais à la déesse pour avoir un fils tel que toi, ta magie est un poison !

La prêtresse Inidil, son père et l’épée le transperçant tombèrent non en poussières mais en gouttelettes de sang sur le sol vermillon. Une autre forme surgit de cette mer rouge, ce n’était autre qu’une copie de lui-même qui l’observait avec un sourire carnassier, le sang formant comme une gangue autour de l’imitation.

« Meurtrier ! accusa son double. Meurtrier ! Rejoins-moi...

Il se réveilla en sursaut contre la fourrure douce du loup, happant une bouffée d’oxygène. De la sueur ruisselait sur son front et ses yeux balayèrent les bois anxieux avant d’entendre le croassement d’un corbeau à trois yeux. Il fixa la maudite créature.

« Dis à ton maître que son offre ne m’intéresse pas !

Aussitôt dit, le corbeau le fixant de ses trois yeux rouges s’élança et vola vers le nord en croassant. Endar se mit debout péniblement et faisant quelques pas, il s’appuya contre un tronc et rejeta quelques filets de sang sortant de sa bouche pâteuse.

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 Sujet du message: Partie IV: Le chemin que je trace...
MessagePosté: Lun 9 Juin 2014 12:17 
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Partie IV : Le chemin que je trace...

Il avait repris son périple sous une pluie battante en pleine soirée. Les mots de la mystérieuse voix dont il était presque certain que c’était celle d’un dieu ou du moins d’un demi-dieu résonnaient encore dans sa tête. Avait-elle raison ? N’était-il rien de plus qu’un meurtrier attiré par l’odeur du sang ? Se voilait-il la face en cherchant à venger son père ?

Toutes ces questions lui donnaient la migraine et il les laissa de côté songeant qu’il y avait plus urgent. Si feu son ami avait découvert les cadavres putrides de ses geôliers, d’autres shaakts dont des assassins de la cité souterraine de Khonfas lui seraient envoyés, il ne pouvait donc plus rester dans cette forêt et devait rejoindre Hidirain au plus vite ou au moins trouver refuge auprès d’un village voisin.

Il avait besoin de nouveaux vêtements et des armes, ainsi qu’une nourriture saine et abondante. Par la suite, il ne dirait pas non à un bon bain et à une chope de bière pour se rincer le gosier. Il chevaucha ainsi toute la nuit jusqu’à l’aube où il mit au pas sa monture pour admirer la couronne rougeoyante du soleil et ménager l’animal. Bien mal lui a pris, puisque des buissons surgirent des paysans munis de fourches.

« Halte là elfe noir !

C’était le plus costaud du groupe composé de cinq paysans au teint buriné qui avait parlé. Endar fit arrêter son loup noir en tirant sur la corde de sa main valide, préférant obéir plutôt que de combattre à nouveau. Il était fatigué de tuer tous ceux qu’il croisait sur son chemin. Il préférait parler le dialecte des elfes blancs, mais il maîtrisait assez la langue commune pour s’adresser sans heurt aux paysans et les comprendre.

« Je n’ai pas d’armes, je ne suis donc pas venu en ces lieux en ennemi, annonça le mage de terre aussi calmement que possible malgré la situation périlleuse.
« Être un shaakt signifie être l’ennemi de tous les peuples ! Tu es sans doute l’investigateur de toutes ces attaques s’abattant sur nos fermes depuis la grande famine !

Les autres paysans hochèrent la tête, soutenant de facto les paroles de leur meneur. Cela avait beau être une remarque raciste, il était forcé de convenir que la critique était plus que fondée. La rumeur d’une famine généralisée était par contre plus inquiétante que les visages menaçants qui lui faisaient face.

« Les récoltes ont-elle été aussi mauvaises cette année ? Au moins, cela explique le voleur mutilé et pendu que j’ai croisé en chemin. Je suis un envoyé de Yuimen, mentit-il posant ses yeux bicolores sur les porteurs de fourches qui ressemblaient plus à des nains qu’à des hommes à vrai dire.
« Un émissaire de Yuimen ? Un elfe noir ? douta le meneur aux cheveux poivre et sel.
« Le destin réserve bien des surprises ! Laissez-moi vous aider, la terre et le commerce sont mes spécialités et je présume que les pilleurs n’ont pas été retrouvés. Les milices refusent d’en faire état auprès de la population, n’est-ce pas ? Quant aux marchands, soit ils gardent leurs denrées précieuses en lieux sûrs soit ils les vendent à des prix exorbitants pour financer l’importation d’aliments.

Le mi-homme ne dit rien mais les expressions maussades de ses compagnons signifiaient qu’il avait vu juste.

« Prouve que tu es bien l’envoyé de Yuimen, lui lança le meneur d’un air de défi.

Il hocha la tête et regarda à droite, rassemblant pendant ce temps sa magie. Murmurant à voix basse son sort, il dompta la magie et fit surgir trois épieux du sol. Il n’avait pas besoin de plus pour les impressionner et il ne comptait pas sacrifier ses réserves magiques pour une tâche sans valeur.

« Satisfait ?

Un des paysans à l’épaisse barbe brune torsadée tomba à la renverse et jura, tandis que le meneur se contenta de donner l’ordre d’escorter l’émissaire de Yuimen jusqu’à Eniod. Il les suivit donc, entouré de sa « garde » personnelle à travers les frondaisons des arbres, regardant une dernière fois au loin les montagnes d’Hidirain.
(Bientôt... Je récupérerai mon legs à Hidirain.)

Le voyage n’avait fait que commencer que l’estomac du Varrockien qui peinait à suivre le rythme exprimait son mécontentement. Il s’arrêta pour l’attendre et sortit de sa sacoche un morceau de pain qu’il lui lança.

« Mange, le voyage sera long... »

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 Sujet du message: Les moustiques
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 23:42 
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Ils s’aperçurent très vite qu’ils n’étaient plus dans le royaume d’Enjod. Il y avait quelque chose d'inquiétant dans cette partie de la forêt. L'air y était trop chaud et trop lourds et le feuillage formait une voute ininterrompue qui laissait passer trop peu de lumière. Les écureuil qui y habitaient se déplaçaient avec une certaine indolence et paraissaient trop maigres. Une biche croisa leurs chemins et s'en écarta trop lentement. Ils marchèrent les uns derrières les autres sur le sentier qui s'enfonçait ver l'ouest à travers les arbres. Il n'y avait personne, mais les moustiques abondaient, même au moment le plus chaud de la journée. Accrochés aux feuilles des buissons, ils s'envolaient en nuées vrombissantes quand ils les frôlèrent.

"Personne ne peut vivre ici cria Bat."

Sa petite voix remplissait l'espace entre les grands arbres autours d’eux.

"On devrait peut-être faire demi-tour, lança Liam"

"Taisez-vous ! Cria le capitaine quelque part. Personne n'est jamais mort à cause de quelques moustiques"

"Alors je serais le premiers, se plaignit Bat"

Le seigneur marchand soupira et ajouta

"Enfin, au moins, ça ne peut pas être pire."

Mais ce soir-là, quand ils installèrent leur camp près d'un bosquet de jolis peupliers d'au moins cent pieds de haut, la situation empira. Quand le mince rayon rouge sang du soleil abandonna la forêt, les moustiques sortirent des buissons tels des démons venus de l'enfer. Des nuées et des nuées d'entre eux se ruèrent sur eux et Valashu se pris à penser qu'ils allaient vraiment les tuer en leur vidant de tout leur sang ou en bouchant les narines et la bouche pour les empêcher de respirer. Sans l'onguent à la sauge que le seigneur Télémis sortit d'un coffrait en bois, ils auraient été sans défense devant leur assaut. Ils s'appliquèrent la pâte rougeâtre sur le visage, les mains et le cou, et la réserve fut très vite épuisée. Cela n'empêcha pas les moustiques de les piquer et ne les éloigna pas non plus, mais ils semblaient les attaquer en moins grand nombre et avec moins d'agressivité.

Lorsque vint l'heure du couché, aucun d'entre eux ne réussit à dormir vraiment bien. Le lendemain matin au réveil, ils étaient abattus. Ils avaient tous le visage et les mains gonflés des piqures de moustique, tous sauf Varis. Il tourna vers la forêt son visage dur et indemne.

" Certaines personnes ont un sang trop mauvais, même pour elles. "

(Ce mage, pensa Valashu. Je suis sure que par un sortilège étrange il a réussi à convaincre ses satanés moustiques de ne pas l’approché !)

Liam et Valashu tinrent conseil avec le capitaine et Télémis puis décidèrent qu'il était temps de quitter le sentier. Celui-ci se dirigeait vers les montages en s'enfonçant toujours plus entre les bois. Ils s’en écartèrent ainsi pour rejoindre le point de rendez-vous.

Ils avancèrent aussi vite que possible et ils arrivèrent au point de rendez-vous vers midi.

(Incroyable,
pensa Valashu. Qu’elle idée d’avoir voulu fixer comme point de rendez-vous une zone aussi dangereuse. )


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Dernière édition par Valashu le Mer 23 Déc 2015 17:04, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Combats dans les bois
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 00:17 
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Cela faisait déjà plusieurs heures qu’ils attendaient lorsque brusquement, un cri terrible secoua les arbres. La fureur qu'il traduisait les fit tous sursauter. Valashu serrait son épée, les mains en sueur, ses compagnons en firent autant tandis que Bat tendit son arc et pointait sa flèche vers l'endroit d'où ce cri venait. Un second cri déchira l'air, suivi d'un autre, puis le bruit de quelque chose de lourd écrasant les fougères autour d'eux leur parvinrent.

"Qu'est-ce que c'est ? murmura Liam. Voyez-vous quelque chose…"

"Chuuut ! Chuchota Valashu en réponse. Tiens-toi prêt !"

Une jeune elfe apparut entre les arbres en courant de toutes ses forces. Ses longs cheveux bruns paraissaient en lambeaux comme son armure en cuir qui couvrait son corps lacéré et ensanglanté. Prise de panique elle courait, jetant tantôt de brefs coups d'œil par-dessus son épaule, tantôt regardant à droite et à gauche comme si elle cherchait un endroit où s'échapper. Elle passa devant leur groupe en trébuchant à cinquante mètres seulement. Mais elle était tellement épouvantée et tellement anxieuse de fuir qu'elle ne sembla pas les voir.

"Qu'est-ce qu'on fait ? C'est une elfe noire Murmura Johana"

"On attend répondit le capitaine en refermant ses doigts sur sa large épée."

Bat, lui, pointa son arc en direction des arbres derrières la femme

"On attend encore un peu"

Mais le seigneur marchand sembla soudain la reconnaître.

"C'est notre contact ! s'écria-t-il"

Il agita brusquement son épée au-dessus de sa tête puis hurla

"Ici ! Nous sommes ici !"

Au son de sa voix de stentor, la femme s'arrêta et se retourna vers leur groupe. Sur son joli visage, l'expression de soulagement ressemblait à celle d'un enfant perdu qui retrouve sa mère. Elle courut droit vers leur position.

Au moment où elle atteint Liam qui était le plus prêt d'elle une ombre surgit des arbres à sa droite et sauta sur l'elfe.C'était un grizzli. Des sons étranglés se faisaient entendre lorsque la bête pressait son museau contre elle en grognant, mordant et déchirant la chaire. Lorsqu'elle leva son nez dégoulinant de sang vers le groupe Liam le frappa alors faiblement avec son épée mais il ne lui fit apparemment aucuns dégâts apparent. La bête ne sembla même pas le remarquer alors que Bat réussi à faire pousser un cri de rage à la bête lorsqu'il décocha une flèche qui rentra profondément dans l'épaule de l'animal. Valsahu s'approcha alors et lui assena un coup de son épée courte, mais comme pour Liam il lui entama à peine le cuir en dessous de sa fourrure. Soudain, la bête lança un grand coup de patte et envoya le guérisseur sur le sol. Impuissant face au déchainement de force, il s'en voulut pour cela. Puis la bête attaqua Liam et Johana de ses pattes les mettant en sang et les assommants.

Cette créature furieuse paraissait à Valashu impossible à vaincre et cela le terrifiait. C'est alors que le capitaine se rapprocha. Pendant que cette créature levait sa patte pour lui fracasser le crane, il passa dessous et lui enfonça profondément sous le bras son épée. La bête poussa un grognement de colère sous la douleur. Derrière le capitaine, Varis se tenait debout la paume de sa main tendue face au grizzli.

"Jack, cria-t-il pour le prévenir."

Le sang jaillit lorsque le capitaine arracha violemment son épée avant de se laisser tomber sur le sol. Un éclair sortit de la main du mage qui entra, (surement par un heureux hasard s'était dit plus tard Valashu), directement dans l'œil de l'animal et le stoppa net. Curieusement il ne s'effondra pas.

A côté de Varis, Bat avait tendu de nouveau sa corde et visai le grizzli. Juste après le sort du mage, la corde de l'arc se détendit avec un claquement. Une flèche siffla dans l'air à côté de la tête de Varis qui atteignit l'animal à l'autre œil. La bête cria son étonnement et sa haine puis il tomba à la renverse sur le sol, comme un arbre et s'immobilisa au milieu des fougères et des fleurs.

(Quel travail d'équipe pensa Valashu en regardant de ses yeux admiratif Jack, Varis et Bat. Ce sont de vrais pro)

Lorsqu'il fut certain qu'il ne bougerait plus le seigneur marchand s'approcha timidement du corps sans vie de l'elfe. Il se mit alors à chercher quelque chose dans le sac qu'elle portait encore sur elle. Il en sortit un objet recouvert d'un tissu sale. Une douce énergie semblait s'en dégager. Valashu ne put savoir à quel type de magie elle était apparentée mais même lui pouvait sentir les pouvoirs magiques que se dégageai de cet objet.

Télémis le cacha précipitamment dans son sac. Johana fit mine de vouloir enterrer l'elfe mais elle fut rapidement semoncer par Télémis.

"Nous n'avons pas le temps pour ça, Cria-t-il. Sortons au plus vite de cette foutus forêt. Valashu, Liam ! Montrez-nous le chemin du retour!"

"Laissez-moi au moins examiner les blessures de chacun, répondit Valashu."

"Très vite alors !"

Valashu décida de ne pas s'approcher du corps de l'elfe. D'abord puisqu'elle était déjà morte et qu'il ne pouvait rien faire pour les morts et ensuite puisqu'il avait pu observer que c'était une elfe noire et qu'il ne voulait plus rien avoir à faire avec les shaaks. Grâce à l'intervention du capitaine les blessures se limitaient à quelques contusions et plais peu importante alors il n'eut que très peu besoin de son intervention. Ils purent alors repartir très vite comme le voulait le seigneur marchand laissant derrière eux le corps de l'elfe et de la créature.

Ils s’arrêtèrent pour la nuit et s’installèrent sous de grand arbres, mais Valashu n'eut pas le temps de se reposer très longtemps. Aux environs de minuit, le capitaine et Valashu restèrent ensemble à contempler les flammes dansantes de leur feu de camp à discuter de tout et de rien.

Jack se retourna soudain vers Valashu et son regard le perçait de part en part comme s'il savait déjà se qu'il voulait lui confier.

"J'ai été incapable d'opposer une quelconque résistance à cette ours lui confia Valashu. Vous êtes tous des professionnels et une bonne équipe. J'ai vu comment vous avez travaillés ensemble pour tuer la bête. "

"Vous avez peur, dit-il. Il en est toujours ainsi. Le pire, c'est la peur. Eh bien je vais t'aider, tachons de tuer cet ennemi-là, si nous le pouvons."

Sans autre avertissement, il tira brusquement son épée de son fourreau. Il agit si rapidement qu'elle parut fendre l'air. Valashu entendit la lame siffler à quelque pouce seulement de son visage.

"Qu'est-ce que vous faites ?" Lui demanda-t-il.

"Tirez votre épée ! Tirez la tout de suite je vous dis ! Il est temps de voir comment vous manié votre lame."

"Ici ? Maintenant. Il doit être près de minuit !"

"Et alors ?"

"Alors il fait trop sombre"

"Bien sûr, et c'est ça qui est intéressant ! Et maintenant tirez avant que je ne perde patience !"

"Mais on va réveiller les autres."


"Eh bien, qu'ils se réveillent bon sang ! Et maintenant, tirez votre épée."

Valashu jetai un regard à ses cinq compagnons qui dormaient à points fermés près du feu. Il y avait très peu d'espace entre eux et les arbres qui les entouraient. Le capitaine le fixait d'un air menaçant, son épée fin prête. Les étoiles arrivaient à faire passer juste assez de lumière entre les feuilles des arbres pour permettre à Valashu de la voir miroiter derrière sa tête.

"Bon d'accord, dit-il en libérant son épée de son fourreau."

Il aurait dû lui être reconnaissant de condescendre à échangé des coûts avec lui. Dans tous les combats qu'il avait menés, dans toutes les batailles auxquelles il avait assisté lorsque qu'il était un esclave, il n'avait jamais vu quelqu'un manier l'épée comme lui. Il savait des choses que même son ancien maitre ne connaissait pas.

"Ha ! S'écria-t-il. A nous. Valashu Halahad !"

Sa grande lame d'acier jaillit de l'obscurité comme un éclair dans un ciel enténébré. Valashu eut à peine le temps de lever la sienne pour parer le coup. Le bruit des lames retentissait sur le flanc de la montagne. Comme Valashu le craignais, il eut tôt fait de réveiller les autres. Tandis que le seigneur marchand agitait fréquemment une bougie devant son visage, Johana s'empara rapidement de son épée et elle aurait foncée sur eux si le capitaine ne l'avait pas interpellée :

"Ce n'est que nous, retournez-vous rendormir. Ou restez et regardez, si vous préférez."

Son épée étincela une nouvelle fois dans la direction de Valashu et une nouvelle fois, il para le coup à quelques pouces près, en se fiant autant au sifflement qu'elle produisait qu'à sa vue. Dans l'obscurité, ils ne se quittèrent pas des yeux, chacun attendant que l'autre esquisse un mouvement.

Et soudain Jack bougea et attaqua d'une manière foudroyante, agitant furieusement sa lame cinglante. Pendant un moment, ils tournèrent l'un contre l'autre sur le sol obscur avec force feintes et fentes. Valashu réussit à esquiver ou à parer ses coups féroces, mais de très peu à chaque fois.

"Allez, lui criait-il. Allez !"

Et ils recommencèrent à tourner, à s'observer à attendre et à échanger des coups d'épée dans une série de mouvement désordonnée. Il semblait s'amuser avec lui comme un chat s'amuserait avec une sourie avant de l'achever et de la dévorer. Il déjouait toutes ses attaques avec une facilité déconcertante. Au bout d'un moment Valashu sentit la sueur transpercer ses vêtements et l'air froid qu'il respirait brulait ses poumons en feu. Il se fendait sur le sol éclairé par les étoiles, à la recherche d'une ouverture impossible à trouver. Finalement, il recula vers le feu à l'endroit où les autres les observaient. Le guérisseur leva la main et secouai la tête en se penchant en avant pour récupérer son souffle

"Allez hurla Jack encore."

Le feu projetait sa lumière rouge sur ses cheveux blancs coupés court et son visage dur.

"Qu'est-ce que vous faites", lui demanda Liam.

Visiblement il était inquiet maintenant, il serait le pommeau de son épée dans sa main.

"Bats toi Valashu rugit le capitaine. Ne te cache pas derrière les autres ! Bats-toi, bon sang ! Bats-toi, te dis-je !"

Il n'avait pas le choix. S'il n'avait pas levé son épée pour parer le coup violent qu'il lui assena ; il l'aurait expédié dans le monde des morts. La fureur de sa nouvelle attaque l'entraîna comme un tourbillon. Dans la lueur du feu, ses yeux noirs étincelaient au rythme des coups foudroyant et le guérisseur sentait ses propres yeux lancer des éclairs eux aussi. Le guérisseur sentait autre chose sur le capitaine. Tout son être était tendu vers un seul objectif : se fendre, frapper, taillader, déchirer et survivre non gagner, toujours et uniquement pour vivre pleinement, complètement, triomphalement et détruire avec jubilation tout ce qui voudrait le détruire lui. Savoir avec une absolue certitude qu'il ne pouvait pas échouer, qu'une lumière au-delà de la lumière lui montrerait toujours ou son épée devait frapper et qu'un feu infini l'attendait, toujours prêt à remplir son cœur impétueux.

Son épée toucha la sienne et soudain, Valashu sentit la présence d'une lumière en lui. Il admira cette lumière qui à toujours été présente en lui et il sut alors qu'elle serait toujours capable d'éloigner les ténèbres qui l'effrayaient, quelles qu'elles soient.

"Bien cria-t-il. Bien."

Soudain une volonté implacable s'embrasa en lui. Valashu trouva la force de s'élancer et de l'attaquer avec toute la fureur qu'il avait déployée contre lui. L'acier de son épée capta la lumière des étoiles tandis qu'il faisait tournoyer la longue lame dans sa direction. Un instant, il eut l'impression de pouvoir percer sa défense. Mais ce fut qu'une illusion, il était plus rusé et maniai l'épée bien mieux que lui. Il n'était qu'un guérisseur et lui un maître bretteur. Et tout à coup, il se retrouva avec la pointe d'une épée juste devant sa gorge.

"Bien cria-t-il encore. Très bien, Valsahu ! Ce sera tout pour ce soir non ?"

Ensuite, il rengaina son épée et vint l'aider à se relever. Valashu reculai pour le dévisager.

"Vous m'auriez vraiment tué ? Lui demanda t il"

"Est-ce que je vous aurais tué ? Murmura-t-il comme pour lui-même."

Son regard se durcit et il grommela

Eh bien oui, si vous n'aviez pas combattu avec toute votre âme. C'est que ce monde dans laquelle nous vivons n'a rien d'une séance d'entrainement et je voulais savoir ce que vous valiez réellement Valashu Halahad. Maintenand je le sais.

Valashu s'endormit transit de fatigue en pensant à ce qu'il lui avait dit et appris.


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Dernière édition par Valashu le Mer 23 Déc 2015 17:32, édité 8 fois.

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 Sujet du message: Les sangsues
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 20:44 
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"C'était quoi, ça ? Hurla le seigneur marchand. Il se gifla le cou et se redressa droit comme un piquet. Quelqu’un m'as envoyé quelque chose ?"

"Non répondit le capitaine. Cela doit être …"

"Je le sens ! dit Johana en tirant frénétiquement sur le col de sa chemise. Oh par tous les dieux non, non !"

Lorsqu'elle levait les yeux vers le haut des arbres pour voir ce qui lui était tombé dessus, une douzaine de sangsues s'abattirent sur son visage et son cou. Ça ressemblait à des vers noirs segmentés d'au moins quatre pouces de long dont le corps gonfles en son centre s'amincissait aux extrémités au niveau des ventouses. Elles tombèrent également sur le reste du groupe. Il y en avait des milliers, pendant toute leurs longueurs des branches au-dessus d'eux et oscillant comme autant de téguments. Et quand leurs groupe passèrent au-dessous d'elles, elles dégringolaient sur eux dans un déluge de chair avide et grouillante.

"Il faut que je me débarrasse de ça ! Hurla le seigneur marchand en tirant sur sa chemise. Il faut que je m'en débarrasse !"

Son visage en particulier était défiguré par le dégout qu'ils partageaient tous.

"Non pas ici, lui cria Valashu en réponse. "

Sentant quelque chose de lisse et de chaud qui descendait dans son cou sous ses vêtement, il tira son manteau au-dessus de sa tête pour se protéger.

"Dégageons d'ici au-plus vite, Lança le capitaine."

Pendant un long moment une heure peut être, ils avancèrent aussi vite que possible à travers les arbres. Et durant tout ce temps, les sangsues continuèrent à s'abattre sur eux. Elles tambourinaient sur leurs capes comme la pluie lors d'un orage.

"C'est insupportable s'écria Bat d'une voix épuisée. "

Cela faisait longtemps qu'ils ne marchaient plus les uns derrière les autres. Ils avançaient comme ils pouvaient formant une ligne irrégulière sous les arbres

"Il faut que j'enlève mes vêtements je les sens collés à moi,
paniqua Télémis."

"Nous devons essayer de nous en débarrassés,
lui dit le guériseur. Bat, Capitaine, Varis, venez ici, je vous prie"

Pendant qu'ils s'approchaient à travers les fougères humides, il ôta vivement sa cape et la secouai. Puis, tenant un coin au-dessus de sa tête, il demanda à ses trois compagnons de prendre chacun un coin pendant que le seigneur marchand se placerait dessous pour se déshabiller.

"Mais, Valashu, votre cape, s'écria t il. Vous n'avez plus rien pour vous abritez !"

"Dépêchez-vous ordonna-t-il en réponse."

Il ferma les yeux tandis qu'une sangsue lui tombait sur la nuque

"Je vous en prie Seigneur marchand Télémis, dépêchez-vous !"

En un instant, il fut nu jusqu'à la taille, offrant son gros ventre et son torse velus au monde. Mais tel un bouclier, la cape de Valashu le protégea des sangsues qui tombaient. Johana put alors le rejoindre sous ce dais de fortune pour découper celles qui était accrochées sur ses flancs et sur son dos. Quand elle eut fini elle enduisit la demi-douzaine de blessures qui saignaient avec une pommade provenant de la boîte d’acajou du seigneur marchand. Ce qui est étrange avec les morsures de sangsue, c'est qu’elles ont du mal à arrêter de saigner.

(Je pense qu’il n’a jamais enlevé ses vêtements aussi rapidement de sa vie.)

"Très bien. Liam, à toi maintenant reprit-il."

Télémis se rhabilla en prenant soin de serrer fermement sa cape autour de lui afin qu'aucune sangsue ne puisse se frayer un chemin à l'intérieur. Puis Liam prit sa place et ils continuèrent ainsi. Le capitaine lui-même se soumit à ses soins. Mais il n'accorda pas plus d'attention aux sangsues accrochées à lui que si c'étaient des brindilles dans les cheveux

Quand le tour de Valashu arriva enfin. Pendant que Liam tenait le coin de la cape, Johana lui enleva plus d'une douzaine de sangsues. Ensuite il se rhabilla rapidement et quand il eus fini ses compagnons laissèrent retomber sa cape autour de lui de façon de le protéger d'un nouvel assaut. Ils purent ainsi continuer leur trajet de retour plus sereinement. Après quelque kilomètre parcourus en silence le capitaine s'amena à la hauteur de Valashu et lui dit à voix basse:

"C’était un beau geste que d'enlever ainsi votre cape."

(Un beau geste oui peut être pensa-t-il. Mais les beaux gestes à eu seul ne nous mèneraient pas bien loin. Et donner le change non plus. Encore quelque kilomètre dans cette forêt maudite avec ses créatures sur moi et il m’auraient vidé de mon sang comme de mon enthousiasme. Le moral de notre groupe aurait plongé très bas.)


Post suivant : Fin de la mission des guides

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Dernière édition par Valashu le Mer 23 Déc 2015 18:15, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Mer 26 Aoû 2015 12:30 
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((( [:attention:] Attention, RP gore et violent. [:attention:] )))


Le paysage jusqu'alors verdoyant et lumineux, c'est transformé en un endroit lugubre et sombre. La brume oscille comme d'innombrables spectres, tandis que les oiseaux et les singes se sont tu, pour laisser place à un silence grinçant. Les sombres branches se ramifient en une multitude de doigts crochus agrippants les haillons des évadés. Des fosses se dissimulent sous les racines et les rivières refoulent des relents acides.

Le groupe ne semble pas s'alarmer pour autant, ils chancellent doucement et se perdent parmi leurs songes éveillés. Il s'imaginent suivre un sentier pendant un moment, pour arriver dans une partie plus sauvage encore. Leurs esprits sont confus, ils oublient leurs prénoms respectifs et commencent à se toiser avec méfiance.

Après avoir aperçut une bête, selon lui monstrueuse, Crapaud s'affole et alarme le groupe qui ne réagit pas.

« C'était un homme je vous dit ! Très petit, avec des griffes énormes et une dentition effroyable ! »

« Lâche nous... euh... gros lard. Me parle pas et avance. »

Junas est en proie à ses chimères, le son de la voix de Crapaud ne fait que l'agresser et l'oppresser. Son compère insiste en tirant sur sa manche, il le repousse violemment. Le petit gros se retrouve cul à terre et ne comprend pas l'attitude absente du reste du groupe. Il a beau crier... aucune réaction de leur part.

Après avoir tourné en rond, Heldar qui mène la troupe de zombies s'assied contre un amas de racines. L'endroit est large et tamisé, entouré de massifs arbres aux essences indéfinissables et aux fondations tortueuses. Tout est sombre excepté les rares rayons transperçant la voûte en de grands traits bleutés. Alors que tous somnolent et chuchotent, Crapaud conscient et terrorisé vit un cauchemar éveillé. Il comprend qu'un maléfice œuvre, mais ne sait quoi faire. Il se contente d'attendre dans un coin en tremblotant.

Un craquement résonne, l'épouvantable apparition qu'il avait distingué les a suivit. Un bras décharné apparaît derrière un arbre, un visage presque humain suit et déclenche un hoquet de terreur chez Crapaud. La créature humanoïde descend lentement, chacun de ses mouvement est ponctué par un petit va et vient à l'instar des caméléons. Sa peau brune se confond presque avec l’écorce brûlée par la magie noire.

« Attention !! Là ! Le... Le mons... AAAHHH »

Il est à présent debout en pointant la bête du doigt et hurle à s'en décrocher la mâchoire. La créature l'ignore et fixe un évadé assoupit, l'homme ne distingue pas la créature au dessus de lui, mais se réveille sous les cris insistants. Alors qu'il relève la tête, la monstruosité jusqu'à présent immobile se jette sur lui, saisissant sa gorge de ses crocs, en se tortillant comme une araignée autour de sa proie. Le pauvre homme s'époumone d'un râle déchirant, il se débat au sol et n'émet qu'un gargouillis après que sa jugulaire soit déchiquetée.

L'incompréhension gagne le groupe, ils reprennent vite conscience. Sortit de sa torpeur, Junas émet un violent mouvement de recul en découvrant la scène. L'homme est littéralement dévoré vivant. Stafford agrippe son épée et l'abat sur la chose qui l'esquive en bondissant. Elle montre les crocs et siffle. D'autres hommes se lèvent, Junas attrape son arbalète rangé dans son dos et mouline convulsivement pour tendre la corde. Quatre hommes armés encerclent la créature, tandis que d'autres extirpent le corps en proie aux spasmes.

La bête attaque et blesse Heldar d'un coup de griffe, il tente de la repousser d'un coup de pied mais sans succès. Elle l'agrippe et fond sur lui. Il tombe à terre et maintient le visage cauchemardesque et imbibé de sangs autant qu'il le peut. Ses dents claquent à quelques centimètres, la chose émet des hurlements stridents et contrariés.

Tigett l'attrape par l'épaule et la projette à terre pour aussitôt l'empaler de son épée. Elle se débat vigoureusement tandis qu'il agite l'arme dans la plaie. Après quelques instants et quelques coups de bottes, le silence retombe.

Tous ont repris leurs esprits. Junas souffle et repose son arbalète, il découvre crapaud à ses cotés, évanouit avec un filet de bave s'écoulant au bord de ses lèvres.

Heldar constate qu'il est saint et sauf. Après avoir vivement remercié Tygett, il s'adresse à l'assemblé :

« Mes amis, j'ai une mauvaise nouvelle. Il semblerait que nous sommes sur le territoire des elfes noirs... »


Etude zoologique

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Mer 26 Aoû 2015 13:17 
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C'est à présent avec prudence que le groupe traverse la forêt. N'ayant aucune idée de leur position, ils ignorent tout de la direction à prendre. Le silence règne, laissant parfois place à des craquements inquiétants et des cris de bêtes lointaines.

Cette fois ci Junas pare à toutes éventualités, son arbalète est chargé et en main. La malédiction qui troublait leur sens semble être levée, mais l’atmosphère reste étourdissante et oppressante. Les arbres sont ici si massifs, qu'ils se tordent sous leurs propre poids et s'entortillent entre eux en formant un plafond opaque. La végétation luxuriante au sol a laissée place à de la caillasse et de la terre meuble.

Le groupe s'arrête quelques instants, Stafford adepte de chasse vient de repérer des empreintes et pas des plus commune. Il s'agit, selon lui, d'un lion de grande envergure, mais il attire l'attention du groupe en indiquant la fin de la piste. Les empreintes disparaissent au milieu de nulle part, comme volatilisées. Les conjectures vont de bon train, des dragons mangeurs de lion aux manticores, aucun ne semble sur la même longueur d'onde, excepté un point :

« Il ne fait pas bon de rester ici. »

Le groupe s'éloigne, toujours perdu et sans repères. Crapaud s'arrête et contemple une grande masse blanche entortillée autour d'un tronc. Curieux, il la tâte et s'y englue. Il se débat dans tous les sens et appel à l'aide. Junas atterré par sa bêtise commence à l'engueuler et l'aider, pour ensuite lever les yeux et découvrir que la masse est en réalité une toile, s'élevant jusqu'à la canopée en formant un gigantesque réseau.

« Oh oh... »

« Quoi !? » Demande Crapaud apeuré.

La toile émet un sursaut, puis un second.

« Tygett ! Ton épée ! »

Elle vibre et un grondement au début imperceptible, commence à résonner dans les feuillages. Heldar interpelle les deux englués et bleuit à vue d’œil à l'évocation du mot « araignée ». Il dégaine aussitôt et taillade la soie en paniquant.

Une multitude d'ombres noires grouillent au plafond, sans prendre le temps de faire une étude zoologique, le groupe détalle à toute vitesse.


Tintements de l'acier

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 Sujet du message: Re: La forêt dense
MessagePosté: Ven 28 Aoû 2015 22:23 
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((( [:attention:] Scènes pouvant heurter la sensibilité des vraiment plus sensibles [:attention:] )))


Les évadés fuient la peur au ventre à travers le dédale. Le bruit frénétique des bestioles les poursuit un long moment, jusqu'à ce qu'ils quittent le territoire drapé de blanc. Enfin assurés d'être en sécurité, ils s'arrêtent d'un vaste espace et crachent leurs poumons. Une assemblée d'arbres anciens aux troncs massifs les entourent, une obscurité opaque nimbe leurs écartements. Heldar est livide, apparemment les arachnides ne sont pas sa tasse de thé.

Junas compte le nombre de rescapés... Onze sont présents, aucun n'a été attrapé, pas même Crapaud qui a tendance à se traîner.

« C'est bon, nous sommes tous là... »

« Depuis quand tu te soucis des autres ? »

Précise Tygett en rigolant. Un rire nerveux les prend, leur permettant d'évacuer la pression. Junas se frotte le visage. Visage qui se tord d'incompréhension, en découvrant une flèche traversant de part en part le crâne de Tygett. Une expression de surprise mêlé à une brève souffrance se fige sur son visage. Sa bouche émet une grimace tandis que ses yeux vrillent en l'air, son corps tombe lourdement parmi l'assemblé tétanisée de frayeur.

« Tygett ! »

Sifflant au dessus d'eux, une nouvelle flèche l’interrompt. D'un même mouvement, les évadés se baissent et se mettent à couvert derrière une souche noircie couverte de mousses. Les hommes armés dégainent et n'osent bouger. Junas dos au bois avec son arbalète en main, se penche latéralement afin de jeter un œil. Quatre silhouettes sombres et armés s'approchent calmement, fines et élancés, leurs oreilles trahissent une ascendance elfique.

« Des shaakts, j'en vois quatre et bien armés... »

« Fuyons, on peut rien. »

Crapaud vibre de la tête aux pieds et pour une fois il n'est pas le seul. Les autres n'osent pas se mouvoir.

« Sortez de votre cachette et rendez-vous. » réclame une voix calme et confiante.

Emplit d'un intense sentiment de vengeance, Junas sort de sa cachette et met en joue les soldats. Il décoche un carreaux qui frappe de plein fouet l'un d'eux à l'épaule, un bruit métallique retentit tandis que le projectile se brise et vole en éclats. Le shaakt n'a esquissé aucun geste de recul, continuant de s'avancer avec une démarche lugubre. De nouveau à couvert, Junas jure et rage en attrapant sa réserve de carreaux, plus que cinq, il crochète la corde et mouline afin de la tendre. Animés par son l'initiative, les autres sortent de leur cachette et provoquent les soldats. Un d'entre eux essuie une flèche sortie de nulle part, mais cela ne les décourage pas.

(Décidément, leurs archers sont vraiment doués...)

Alors qu'il coince le carreaux dans le rail de son arme, les premiers tintements de l'acier naissent derrière. Il reprend sa position de tir et découvre que malgré l'infériorité numérique, les elfes ne semblent pas en difficultés. D'une ou deux tête de plus que les hommes, leurs expériences du combat est limpide. Ils restent calmes, parent les attaques aisément, leurs mouvements sont fluides et leurs coups précis. A coté de cela, ses compagnons hurlent et s'agitent en une multitudes d'estocs paniquées.

Un des évadé se fait transpercer et laisse retomber son épée au sol, dans un bruit délicat, son assaillant retire son sabre du fourreau sanglant. Junas se concentre sur celui-ci. Il est vêtu d'acier sombre des pieds aux torses, mais sa tête est exposée. Cette fois-ci il prend le temps de viser, retenant sa respiration, massant la gâchette du doigt, suspendant sa perception du temps. L'anarchie des échos ferreux s'estompe, seule sa cible compte.

Alors qu'il ordonne à son doigt de s’exécuter, la face du shaakt se retourne en un instant. Elle le fixe de ses yeux rouges et luisants. Le carreaux siffle en direction de ceux ci, c'est dans le mille. Pourtant se même tintement d'échec résonne. Le shaakt a paré du dos cuirassé de sa main, laissant entrevoir un regard mauvais entre ses doigts. Après avoir dédié un petit sourire à Junas, il se détourne pour retourner à sa macabre occupation.

(Que... Je l'avais, mon tir était parfait. Ce type...)

La bataille se transforme rapidement en boucherie, néanmoins les ennemis semblent épargner leurs victimes, privilégiant le désarmement et les revers de manches en pleine poire. Alors que Junas se dissimule à nouveaux pour recharger, une voix rauque et psalmodiante résonne dans la clairière nocturne. L'écho sublime et camoufle les bruits de combats, persistant dans les esprits alors qu'il est déjà tu.

Encore une fois, Junas reprend sa position de tir, mais un souffle glacé balaye les lieux et impose le silence. Les combats cesses, les shaakts reculent calmement, seul les halètements des combattants humains se font entendre. Il est rassuré de découvrir Stafford et Heldar encore indemne, et se demande où à bien pu passer Crapaud.

Les alentours s'assombrissent d'avantage, un craquement, un râle, et soudain une silhouette gigantesque se dessine entre les arbres. L'ombre menaçante émet un cris strident à en faire pâlir les morts et inonde l'escape d'une bourrasque, créant une tumultueuse vague de désespoir. Les évadés hurlent et se débattent pour tomber à genoux, livides et décérébrés.

Terrorisé, Junas s'affecte de la scène, n'osant même plus tirer. Les soldats shaakt insensibles au sortilège rient en chœurs. Mais les yeux rouges ne l'ont pas oubliés et le font savoir. Paniqué, il tire sans prendre le temps de viser, le projectile se perd dans les fourrés. Alors que les quatre shaakts, intacts malgré le combat, s'approchent de lui. D'autres sortent de l'ombre et se saisissent des légumes.

Le dos courbé, Junas s'enfuit dans les fourrés. Il se dit qu'ils auraient du fuir dès le début, engager le combat face à des guerriers aussi expérimentés était fou. Il se faufile discrètement et découvre Crapaud sur sa route, inconscient et étalé sur des racines.

« Crapaud !? Qu'est ce que tu fais là ? Réveille toi. » chuchote-t-il.

Il le secoue, le renverse, le baffe, rien n'y fait. Désespéré, il entend brièvement un craquement de brindille, mais ne réagit pas. Un choc, suivit d'une douleur sourde sur le haut de son crâne, le font vriller et s'écrouler sur le corps du petit gros. Il ne distingue qu'une paire de jambes avant que ses paupières se referment.


Vendu ?

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Dernière édition par Junas le Sam 29 Aoû 2015 17:20, édité 3 fois.

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