L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 24 Oct 2012 18:43 
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La grande bibliothèque de Kendra Kâr était un bâtiment de taille importante et à la grande richesse. Azra se demanda un instant si le seul fait d'être habillé en noir n'allait pas le faire virer.
Mais non, à peine entré, il fut accueillit par un homme qui se présenta sous le nom de Kardan le bibliothécaire. Celui-ci lui demanda pourquoi il venait.

« Hum... je voudrais... si possible consulter des livres sur la magie et l'histoire... »

Le vieil homme sourit, amusé :

« Je peux t'en montrer des centaines, n'as-tu pas un sujet plus précis ? »

Le garçon hésita, puis décida d'inventer :

« En fait, je fais une étude sur les nécromanciens et je voudrais avoir des informations générales... »

Maître Kardan le regarda de haut en bas et de bas en haut.

« Mouai... tu ne serais pas du genre à étudier des magies que tu ne devrais pas, toi ? »

Le jeune homme allait protester mais l'autre poursuivait déjà :

« De toute façon, ces choses ne me regardes pas. Le savoir est pour tous. En attendant, si tu ne veux pas te perdre dans les rayonnages, tu ferais bien de me donner plus de précisions. »

« Euh... sur... »

(les lords nécromants et leurs pouvoirs.)

Azra parvint à contenir un sursaut mais, comme l'idée lui paraissait bonne, il déclara :

« Sur les lords nécromants et leurs pouvoirs. »

« Un sujet ancien et sinistre... marmonna le vieil homme. C'est par là. »

Il conduisit son client dans les rayonnages pleins à craqués d'empilements de parchemins et de grimoires. Certaines étagèrent pliaient d'ailleurs sous la masse qui les recouvrait, et les riches encadrements de portes étaient les seul traces encore visibles de la richesse des lieux. Il y avait un certain nombres d'érudits qui travaillaient ici et, un peu partout, des gens lisaient sur leur pupitre. Azra se sentait déplacé dans ce monde calme et silencieux, mais à sa grande surprise, ce n'était pas le cas de Chandakar. La liche était bien là, il la sentait comme si elle était en train de lui parler, mais elle restait silencieuse. Il compris que Chandakar était le genre à tuer père et mère sans éprouver la moindre émotion, mais qu'il haïrait et ferait longuement souffrir quelqu'un qui aurait écorné le coin d'un livre.

Finalement, le garçon se trouva seul devant une impressionnante masse de livres à dominante noir. Comme si les gens ne pouvaient pas écrire quelque chose sur les lords nécromants sans rajouter instinctivement une couverture noire dessus, voire une tête de mort.
Finalement, sur les conseils de Chandakar, il ramassa un premier livre, un livre qui mentionnait l'histoire des lords nécromants. Avec l'aide du revenant, il entreprit de déchiffrer l'écriture. À sa grande surprise, ça lui venait assez facilement.

Il y était question d'une grande épidémie qui avait causé l'apparition de nombreux mort-vivant, sans doute à cause de la mort douloureuse qu'elle entrainait qui empêchait de connaître le repos. Les nécromanciens existaient déjà mais c'est à cette époque qu'ils prospérèrent vraiment et se firent connaître. Nombreux étaient ceux qui voulaient exploiter ce fléau pour gagner en puissance et, bientôt, les nécromanciens se firent incroyablement nombreux. Certains cherchaient un moyen d'apaiser les âmes mais, le plus souvent, ils cherchaient surtout le pouvoir.
Alors, un certain nombre se distinguèrent, et on les appela les 'lords nécromants'. Ils ne formaient pas une assemblée mais plutôt un groupe disparate de gens qui trouvaient dans cette dénomination un moyen de se démarquer.
Pendant un certain temps, les guerres qu'ils se livraient, s'arrachant le contrôle d'armées de mort-vivant les un aux autres, rythmèrent le monde.
À cette époque, il y eut plusieurs lords nécromants dont, parmi les plus célèbres, étaient lord Boson Camarde, qui posséda la plus grande armée de tous, et Zéphanie d'Endor, considérée comme l'une des plus grandes nécromancienne de tous les temps. Devant l'organisation de plus en plus méthodique et systématique des purges anti-nécromanciens par les églises de la lumière, elle tenta de fédérer les lords sous sont pouvoir mais échoua finalement.
Il fallut néanmoins une longue période avant que les nécromanciens ne soient vraiment détruit. Même lorsque l'épidémie disparue, ils continuaient à rôder autour des cimetières et des champs de bataille, et parfois à construire d'imposantes forteresses.
C'est à ce point du récit qu'Azra eut un choc.

Il était mentionné. Juste là.

'L'age d'or des nécromanciens se poursuivit pendant encore plusieurs décennie et de nouveaux venaient remplacer les anciens. Par exemple, Chandakar, nécromancien particulièrement puissant qui découvrit les secrets de la vie après la mort. Celui-ci fut défait par un groupe d'inquisiteurs et de paladins et disparut. Il allait néanmoins se révéler qu'il était toujours en vie.'

Azra resta silencieux et c'est son hôte qui prit la parole :

(Ah ! Quelle belle époque ! Que de luttes contre les autres, qui n'étaient que des imbéciles, quoique certains fussent impressionnants. Lord Démogorgon, par exemple. J'ai connu moi aussi mon heure de gloire, et je commençais à bâtir une tour pour abriter mes possessions. Hélas, ces vils serviteurs de Gaïa et de Yuimen m'attaquèrent en traître, évitant mes armées. Je fut contraint de fuir. Heureusement, j'avais aussi fait creuser un mausolée digne de moi, caché sous terre. Un lieu où je pus me réfugier. Je reparus plus tard, dirigeant de nouvelles troupes, plus discrètement, depuis une caverne... C'était des années plus tard...)

Des années plus tard... Azra, un peu sonné, continuait la lecture comme un automate, ne comprenant pas la moitié des mots, jusqu'à ce qu'il tombe sur un nom qu'il connaissait :

'Curieusement, c'est à ce moment précis, alors que les nécromanciens commençaient à disparaître, qui se manifesta le plus puissant de tous, Tal'Raban. Celui-ci causa de lourds ravages...'

Il s'ensuivait la liste impressionnante des méfaits de celui qui allait devenir l'un des treize lieutenants d'Oaxaca. En voyant son nom, Chandakar siffla :

(Le traître ! Il paiera, oui, il paiera...)

(Que veux-tu dire?)

Mais il n'obtint pas de réponse. Il passa au chapitre sur les pouvoirs des nécromancien. Il y était question de nombreux sortilège dont la méthode de lancement n'était pas détaillée. Il fallait tout de même reconnaître que c'était impressionnant. Relever des troupes de mort-vivants, lâcher des armées de spectres pour espionner ou terroriser l'ennemi...
D'une manière générale, il semblait tout de même que le pouvoir des nécromancien soit avant tout basé sur la peur. Des sortilèges surtout tape-à l’œil visant à dissuader quiconque de les attaquer. Chandakar, un peu calmé mais toujours maussade marmonna qu'en effet, c'était là une importante faiblesse. Si les lords nécromants avaient été vaincu, ça avait surtout été parce que les champions de la lumière avaient appris à ne plus craindre leurs horreurs plus terrifiantes que dangereuses. Il semblait néanmoins qu'ils disposent tout de même de moyens de tuer de manière particulièrement atroce. Il semblait aussi que Phaïtos les apprécie particulièrement.

(Normal. Puisque des âmes lui échappent et restent sur le monde, il trouve en nous un bon moyen de les utiliser à son profit en semant la mort...)

Voilà donc peut-être pourquoi le bracelet de Phaïtos s'était refermé sur le poignet d'Azra. Le dieu aimait bien les nécromanciens. Si Chandakar semblait y voir là une offense personnel, le jeune homme trouva cela plutôt encourageant.
Il remarqua alors que son ventre gargouillait et que midi devait être passé depuis un certain temps. Il se dépêcha de refermer le livre et prit le chemin de la sortit, une boule d'anxiété dans le ventre...
Ses nouveaux parents allaient être inquiets... Tient, pourquoi est-ce que cela le touchait si fort ?

(Parce que tu te ramollis déjà.)

La réponse était sans doute la bonne, mais Azra servit tout de même une bordé d'insultes à son étrange compagnon. Il salua le bibliothécaire et sortit en vitesse.

Nouvelle crise

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mar 4 Juin 2013 23:40 
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Tout le long du trajet, l'Oudio se frottait les lèvres de sa main rugueuse, décontenancé par l'attention que Niwen lui avait porté. Il tâchait péniblement de se souvenir de ses dernières paroles, afin de trouver la bibliothèque. A droite au temple et puis toujours tout droit? A gauche? Ou était-ce avant le temple? Ou un moulin? Lugburz n'était plus sur de rien, tant l'évènement l'avait perturbé. Lui qui avait toujours vécu en cage, il n'était pas habitué à ce genre de tendresse, et il n'en avait d'ailleurs pas observé énormément, au long de ses périples, entassé dans une charrette entre des sacs de grain pourri et d'autres cages contenant des animaux affamés et malheureux.

Laissant son esprit vagabonder, il ne remarqua qu'à peine le visage étonné des gens dans la rue, tantôt surpris, tantôt inquiets, certaines mères attrapant leurs bambins par les nippes et les collant contre elles, de peur que l'être de bois ne leur enlève. Face à une créature peu connue comme lui, beaucoup observaient une distance de sécurité, de peur de se retrouver nez à nez avec le thaumaturge qui aurait envouté un arbre pour le faire marcher. Mais au bois d'une demie heure à tourner en rond, l'Oudio du bien s'avouer vaincu, et se résolu à demander son chemin. Il avait longuement hésiter, car pour adresser la parole à quelqu'un, il devrait retirer sa main de ses lèvres, qu'il ne cessait de caresser depuis qu'il avait quitté la Lyikor, comme pour se prouver que tout cela lui était bien arrivé. Il finit néanmoins par lacher prise de sa bouche, et par interpeler un homme qui visiblement passait le balais devant chez lui, chassant d'entre les pavés ce qui semblait être les excréments lancés par la fenêtre la veille. Décidément, la vie en ville n'avait pas fini de surprendre l'Oudio.

"Hem... Excusez moi.. Je.. Hemm.. Vous pourriez m'aider? Je cherche bibliothèque ?"


L'homme, qui était de dos, était la première personne à ne pas avoir fuit ou reculé d'un pas en voyant l'Oudio. Lorsqu'il se fit interpelé, le dos plié en deux à s'énerver contre le pavé, il commença par marmonner entre ses dents, contre ce fichu touriste à l'accent étrange qui venait encore déranger les pauvres gens, comme si tout leur était dû, à ceux la. Tout en pestiférant, il s'était redressé, et commençait un demi tour pour répondre à l'inopportun "touriste".

"Ecoute moi bien mon vieux, je suis pas un garde moi, ta biblioth... waaahouaahahaaa !!! Qu'est ce que c'est que ce truc ?! "

L'agressivité imprimée dans le timbre du balayeur s'était transformé en un rien de temps en une stupeur et un effroi sans nom. Saisissant fermement le manche de son balai, il moulinait largement devant lui, pour chasser la créature probablement tout droit sortie de l'imaginaire des dieux les plus vils auquel il puisse penser. Mal campé sur ses jambes tremblantes, il perdit l'équilibre sur un pavé qui dépassait, en essayant de reculer, ce qui donna encore plus d'ampleur à ses grands mouvements de défense. L'Oudio, ayant encore le cinglant souvenir de sa rencontre avec un grizzly, ne se fit pas prier, et recula prestement, pour ne pas subir les coups frénétiques de l'arme de fortune de son interlocuteur.
Tiré de sa rêverie, lorsque Lugburz se remit en route, il remarqua à présent les regards inquiets des gens autour de lui, le dévisageant, le jaugeant, certain se demandant probablement s'ils pouvaient tirer de l'argent d'une bête pareille. Décidément, il était de plus en plus déçu par les merveilles que la louve lui avait fait miroiter, concernant la vie en liberté. Lorsqu'il vivait en cage, et il jonglait, il était admiré, regardé avec une curiosité amicale, et il ne croisait que des sourires. A présent qu'il était un homme libre, il ne pouvait voir que de la méfiance sur le visage des gens. Que pouvait il bien leur faire? Les tuer à coup de balle de jonglerie? L'Oudio s'en voulu immédiatement d'avoir ce genre de pensée et se forca à la chasser aussi tôt de son esprit.

Après une heure supplémentaire de pérégrinations aux travers des rues, il finit par se retrouver, totalement par hasard, non loin de la bibliothèque. C'est là qu'il croisa Nandir, l'un des nombreux érudit qui y travaillait. Nandir était passionné par l'histoire, les origines du monde, des dieux, et des races étaient ses sujets favoris. Il aurait pu en discuter des heures, cherchant à convertir tout le monde à sa passion, sans distinguer le niveau de connaissance de son interlocuteur. De ce fait, Nandir était très souvent un incompris, et passait pour l'un de ces vieux fou qui n'est plus capable de discuter normalement, tant il passe de temps le nez dans les livres à respirer de la poussière et de la suie de bougie. Cette image de vieux fou ne tracassait guerre le semi homme semi sindel, qui profitait de la race de sa mère pour garder des traits jeunes et agréables, malgré son age déjà bien avancé pour un humain. Cependant, sa robe d'érudit dénotait largement avec son visage. Usée jusqu'à la corde et brunie au bas, par la boue et la poussière, il était clair que Nandir ne prenait pas soin de son apparence. Il préférait se consacrer aux livres, et il aurait aimé avoir une vie assez longue que pour lire tout ceux qui l'intéressaient dans la grande Bibliothèque de Kendra Kar.

C'est donc un livre à la main, que l'érudit croisa l'oudio perdu. N'ayant jamais vu un individu de cette race ailleurs que sur du parchemin, Nandir eu du mal à y croire, et resta un long moment bouche bée devant ce jeune homme arbre, qui déambulait dans la rue, insouciant, comme si sa présence ici, en ville, était normale. Lugburz n'avait toujours aucune idée que sa place était dans une forêt, et non pas parmi les pierres et le ciment de la ville. Nandir bégaya, pour s'adresser à l'Oudio.

"Qu... Qu... Qu... Qui êtes vous? Vous êtes un oudio, pas vrai? Que faites vous hors de la forêt? "

Ravi que quelqu'un vienne à lui, et non pas qu'on l'évite comme la peste, l'Oudio décocha un large sourire à Nandir, et s'empressa de répondre à la première de ses questions. Il évita soigneusement de devoir formuler une réponse pour les deux suivante, car à vrai dire, il n'avait aucune idée de ce qu'il aurait du dire. Il n'avait toujours pas résolu le mistère de la forêt, et de pourquoi tout le monde semblait penser qu'il devait y vivre. Et il n'avait pas la moindre idée de ce que peut bien être un oudio.

"Je suis Lugburz. Je cherche bibliothèque? Est ce que tu sais où se trouve bibliothèque? Je suis perdu. Et toi qui es tu?"

La voix grave et craquelante, typique des Oudios, ne manqua pas de faire frémir l'érudit, qui se remémora en un instant le passage dans les livres qui décrivait leur timbre. Rassemblant ses pensées, il structura vaguement une réponse, excité par la rencontre qu'il était en train de faire.

" Lugburz? Enchanté ! Je m'appelle Nandir. Je peux t'emmener à la bibliothèque, j'y travaille tous les jours ! Perdu tu dis hein? Je te crois ! Mais dis moi, comment es-tu arrivé ici? Que veux tu faire à la bibliothèque?"

Jettant sa main devant lui, Nandir montra la direction qu'ils devraient prendre, pour marcher jusqu'à la bibliothèque, afin d'inviter son nouveau compagnon et sa curiosité du moment à démarrer la marche. Ne comprenant pas le signal, l'Oudio fixa la main de Nandir, attendant un quelconque évenement qui pourrait le surprendre, mais rien ne se passa. Comprenant que l'homme arbre ne devait pas avoir une grande culture des us et coutume des races de la ville, il se mis en marche en direction de la bibliothèque, rapidement suivi par Lugburz. Sur le chemin, l'ancien captif entreprit d'expliquer à son nouvel amis l'ensemble de ses péripéties jusqu'à présent. La vie de voyage dans une cage, la foire aux bestiaux d'Anatol et Marigul, l'étrange voix sur le marché, la bagarre, le grizzly, l'enfant déchiqueté, sa tentative avortée de sauvetage, la femme louve, les promesses qu'elle lui avait faites, la forêt, les achats, le baiser... Lorsqu'il eu terminé, il jeta un regard à l'érudit, qui semblait à la fois attristé et grave. Sa mine n'avait plus rien à voir avec l'air enjoué qu'il arborait lorsque son premier regard se posa sur l'homme arbre.

" Je vois... Mon jeune ami, comme je suis désolé de tout ce qui t'es arrivé. Montre moi tes bras? Ho comme tu dois souffrir. Mais je crois savoir que les tiens ont souvent un talent inné pour la guérison, non ? Ne t'en fait pas, je vais tâcher de t'expliquer toutes ces choses qui doivent paraitre bien étrange pour toi. La bibliothèque de Kendra Kar est l'endroit idéal pour ça. Tout ce que tu as besoin de savoir se trouve dans les livres ! (il hésita) Mais... Hum, probablement non. ... Je suppose que tu ne sais pas lire?"

L'oudio secoua négativement sa tête boisée. Il n'avait pas la moindre idée de ce que c'était que lire, donc cela voulait probablement dire qu'il ne savait pas le faire. Un instant plus tard, les deux acolytes se retrouvaient devant l'imposante bâtisse qu'est la bibliothèque de Kendra Kar. Comme la journée était déjà bien entamée, plusieurs personnes entraient et sortaient, pour la pluspart des jeunes mages en quête de savoir ou de théorie sur les éléments et les sorts qu'ils ne maitrisaient pas encore. D'un air timide, impressionné par la lourdeur architecturale de l'imposant bâtiment, Lugburz demandant ce que c'était.

" C'est la grande bibliothèque de Kendra Kar ! Ici se trouve tout le savoir de toutes les races ! Viens, entrons, j'ai de nombreuses choses à te raconter."

La tête rentrée dans les épaules, l'Oudio suivait l'érudit, ne sachant pas trop dans quoi il allait s'aventurer. Il commençait petit à petit à réaliser que ce n'est pas ici qu'il pourrait assouvir son besoin d'enfoncer ses racines dans de la terre meuble et humide, pour pouvoir se ressourcer et récupérer des forces qui commençaient sévèrement à lui manquer.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 5 Juin 2013 10:25 
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L'ambiance dans la grande bâtisse avait de quoi étonner. Malgré la hauteur du plafond, et le fait qu'il soit supporté par d'immenses colonnes superbement ouvragées, le nombre affolant d'étagères en chêne massif, remplis de volumes en tout genre, donnait une impression calfeutrée, quasiment oppressante. Ca et la, des tables étaient recouvertes de bougies et de parchemins en pagaille, une dangereuse combinaison qui était scrupuleusement surveillée par plusieurs hommes en tuniques, qui étaient soit en train de les parcourir avec attention, soit en train de griffonner férocement dessus.

Chemin faisant, Lugburz avait agrippé d'une main mal assurée un pan de la tunique de Nandir qui, plutôt que de l'étonnement, ressentait une certaine fierté à voir l'Oudio impressionné par son lieu de travail. L'érudit salua quelques collègues, tout en se faufilant entre les différentes rangées de livres soigneusement rangés et classés. Certains de ses collègues ne lui répondaient même pas, la pluspart des autres, le regard fixé à leurs pages, ne prenaient le temps que d'un hochement de tête, en guise de réponse. Sur l'ensemble des gens croisés, seulement deux vinrent à réellement tourner leur regard vers l'étrange duo. Comme ils se trouvaient dans une bibliothèque, chacun d'entre eux plaqua sa main contre sa bouche, pour réprimer un cri de stupeur, en voyant l'Oudio déambuler grotesquement derriere Nandir, jettant des regards à la fois curieux et apeurés autour de lui.

Lorsque Nandir arriva enfin à la rangée qui l'intéressait, il imprima un demi tour du bassin, et posa son regard sur l'Oudio en même temps qu'il posait un doigt sur sa bouche. Se baissant pour chuchoter pres du visage de Lugburz, sans prendre peine de chercher ce qui pourrait éventuellement lui servir d'oreille, il lui glissa :

"Voila, nous y somme. Je vais commencer par te montrer qui tu es, l'histoire de ton peuple, où du moins ce qu'on en connait. Les gens comment toi sont assez énigmatiques, tu sais. Et puis, tu pourras me demander ce que tu veux."

N'ayant pas compris la gestuelle de l'érudit lorsqu'il placa son doigt contre sa bouche, Lugburz répondit de son timbre de voix habituel. Il était curieux d'en apprendre plus sur les siens. Peut être qu'il comprendrait enfin pourquoi tout le monde lui parlait sans cesse de la forêt.

"D'accord ! Qu'est ce que je dois faire?"

Le visage déformé par la stupeur et la honte, Nandir brassa l'air de ses deux bras, suppliant l'homme-arbre de baiser d'un ton. Au loin, on entendait déjà plusieurs sages pestiférer contre ces gens qui n'étaient pas capable de garder le silence, et qui venaient perturber leur études des écrits. Il ne fallu pas longtemps à Lugburz pour réaliser qu'il avait fait une bêtise. Comme pour signaler sa compréhension de la situation, il plaqua sa main contre sa bouche, signalant qu'il ne comptait plus piper un mot.
L'érudit saisit un large volume et le posa sur la table qui se trouvait juste à coté deux, dans un coin reculé de la bibliothèque, ou personne ne venait plus jamais. Après tout, qui voulaient encore apprendre quelque chose sur les races de Yuimen? Tout un chacun qui avait reçu une éducation et donc qui était capable de lire, était bien au fait des diverses races qui peuplaient les continents. Lorsqu'il ouvrit le volume à recherche de la page concernant les Oudios, il passat d'abord par les sections classiques de ce genre de livre. Les différents elfes, les différents peuples d'humains, tous documentés et illustrés pendant des pages et des pages, joint à des cartes complexes auxquelles l'homme-arbre ne saisissait pas grand chose. Mais il aimait les dessins, il les trouvait beaux. Lorsque l'unique page concernant les Oudios arriva, Nandir était quelque peu gêné face au peu d'information que les savants avaient été capables de récupérer sur cette race méconnue. Mais son inquiétude fut rapidement balayée lorsqu'il remarqua l'air émerveillé de son nouveau compagnon, fixant admirativement les représentations d'Oudios à différents ages. Les premiers ressemblant à un simple amas de jeunes pousses, et les plus agés à de splendides chênes de plusieurs mettres de haut, avec de larges branches bien fournie sur le sommet du crâne et les épaules. En guise de comparaison, une silhouette humaine était dessinée à coté de l'Oudio adulte. Ce dernier faisait au bas mois trois fois sa taille.

Après l'avoir longuement laissé contempler les illustrations du tome, Nandir prit sur lui de commencer à distiller les informations que Lugburz recherchait. Il commença par lui expliquer que son peuple, les Oudios, avaient été créés il y a de cela bien des années, par les dryades. Lorsqu'il vit l'incompréhension sur le visage de son nouvel élève, l'érudit bascula à une autre page, montrant des illustrations de créatures aux traits fins, de petite taille, gracieusement enroulé dans des tuniques de feuilles et de lierre. Il lui expliqua qu'autre fois, cherchant à communiquer plus amplement avec la nature, elle donnèrent vie a certains arbres, les dotant de la parole, du mouvement et de la pensée. Ne cherchant pas à transformer radicalement la nature, elles n'en firent que quelques spécimens, et les programmèrent pour qu'ils redeviennent arbre, une fois leur vie écoulée. De ce fait, les Oudios est une race très peu connue, car très peu représentée. Cette faible population n'a d'ailleurs pas été arrangée par l'extermination systématique des Dryades par les centaures. Le regard affolé de Lugburz à cette nouvelle fit marquer un instant de pause dans les explications du sage.

"Si tu le souhaites, nous pouvons reprendre plus tard."

Bien que secoué par le fait d'apprendre qu'il était une création issue d'une autre race, une expérience, un jouet,.. et pire encore, que ses créateurs n'étaient plus la pour pouvoir répondre à ses questions laissaient un sentiment d'amertume à l'oudio. Néanmoins, goûter à la connaissance avait fait naitre un intérêt dans l'esprit de Lugburz, une envie de poursuivre à découvrir des choses, qui lui semblait difficile de calmer.

"Non non, je t'en prie continue. Est ce qu'il y en a d'autre comme moi alors? Où vivent ils? Dans la forêt? Comment puis-je en rencontrer?"

Le sage reprit donc ses explications, basculant à nouveau sur la double page qui concernait les homme-arbres. Il prit le temps d'expliquer les mécanismes de reproductions, tres proche de ceux des plantes, et ainsi de faire comprendre à Lugburz comment il était possible qu'il ne se souvienne pas d'une quelconque famille, juste de s'être éveillé un beau jour, puis d'être partis dans la caravane aux bestiaux d'Anatol. Le sens de la famille et des parents n'étaient pas très développés chez les Oudios, car leur but n'a jamais été de vivre en temps que race isolée. Ils étaient supposés vivre en communauté avec les dryades, qui s'occuperaient d'eux, en échange d'une communion plus grande avec la nature, pour pouvoir répondre à ses attentes et ses besoins. Nandir passa ensuite un temps certain à expliquer les différentes étapes de la vie d'un Oudio, ses changements physiques, l'apparence de plus en plus sylvestre et la taille imposante à laquelle arrivaient les spécimens les plus vieux. Il confessa ensuite qu'il n'en avait jamais rencontré mis à par lui, et qu'il ne connaissait personne qui n'ait jamais posé ses yeux ou encore moins discuté avec un Oudio. Tout son savoir provenait de livres uniquement, et donc il se pouvait qu'il soit erroné.

Lorsque Lugburz demanda à rencontrer d'autres Oudios, l'érudit, ne sachant trop que lui répondre, évita soigneusement la question. Il était incapable de dire où des spécimens pouvaient encore vivre sur ce continent, et il était dit dans certains livres que les hommes arbres pouvaient apparaitre spontanément a des lieues de leurs parents, grâce au vent qui transportait et dispersait le pollen dans toutes les directions. Afin de masquer son ignorance, il prit la décision de se relever, et de saisir un autre ouvrage, cette fois représentant la géographie du continent. Les villes et villages, forêts, montages, lacs et rivières étaient représentés avec un soin particulier, sur l'immense rouleau que venait de déployer Nandir sur la table où ils travaillaient.

Voyant la bougie qui les éclairaient mourir peu à peu, le semi elfe pris congé de son nouvel ami afin d'aller en chercher un autre. L'oudio ne remarqua qu'à peine le départ de Nandir, son regard était bien habitué à l'obscurité, et il ne pouvait le décoller de la merveilleuse carte que l'érudit venait d'étaler sous ses yeux.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 5 Juin 2013 16:27 
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Lorsqu'il revint avec une bougie et une meche neuves, Nandir retrouva l'Oudio toujours à la même place, ce qui le rassura rapidement. Tout au long du trajet, il s'était imaginé des scénarios dans lesquels il se réveillait d'un rêve, chez lui, seul, sans homme arbre dans les parages. Cependant, la posture de Lugburz était bien différente qu'au part avant. Alors qu'il était plié au dessus de la carte, ses doigts fins la parcourant tout en douceur et en souplesse tout à l'heure, l'Oudio était à présent tout à fait raide et inanimé, les feuilles recroquevillées et les bras le long du corp. Inquiet, l'érudit se jeta contre son invité pour vérifier s'il allait bien, et ne se rendit compte que trop tard que certaines branches frémissaient toujours. Lorsqu'il réalisa que l'homme arbre était en train de se reposer, sa main était déjà posée sur son épaule et il avait déjà entrepris de le secouer vigoureusement.
Un air de surprise s'afficha sur le visage de Lugburz, qui, sorti de sa torpeur, venait d'ouvrir péniblement les yeux.

"Ho.. Ho pardon mon bel ami. J'ai eu peur que tu ne te soies éteint, comme cette bougie. Pardonne moi, tu dois être épuisé. Va chez toi te reposer si tu le souhaites, nous pourrons reprendre cela plus tard."

Un air d'effroi déforma le visage de l'érudit et il se plaqua rapidement la main sur la bouche, alors qu'il venait de réaliser la bourde qu'il venait de commettre en proposant a cet homme perdu et à peine libre de retourner chez lui, lui qui n'avait nulle part où aller. Il repris rapidement la parole pour s'excuser, expliquer qu'il n'avait pas réfléchit à ce qu'il venait de dire, mais que néanmoins, un peu de repos ne serait pas une mauvaise idée pour l'Oudio qui avait traversé tant d'évènements depuis le début de la journée. Il savait pertinemment qu'accueillir l'Oudio dans sa minuscule chambrée qu'il louait une fortune comparativement à son salaire de misère, était une mauvaise idée. Et il n'avait pas de quoi payer une chambre à l'auberge pour son nouvel ami, aussi intriguant fut il. Le semi elfe réfléchit donc rapidement à la solution qu'il pourrait trouver pour nourrir et loger ce nouvel arrivant dans le monde cruel qu'est la vie active.

Comme l'Oudio ne savait pas lire, le faire engager à la bibliothèque était exclu.. pour l'instant. Nandir se souvenait avoir lu que les gens de cette race étaient capable d'apprendre très rapidement dans leur jeune age, et Lugburz semblait encore relativement jeune, de part sa taille, la couleur claire de ses yeux, et son écorce encore aussi lisse et claire que celle d'un bouleau. Peut être avait il quelques talents? Après tout, bien qu'il ait vécu en captivité, il est impossible que l'Oudio n'ai rien fait du tout pendant toutes ces années. Lorsqu'il lui dévoila le cours de ses pensées, et son inquiétude quant à l'argent pour payer un logement, Lugburz dévoila le contenu de ses quelques petites bourses usées, tout comme il l'avait déjà fait avec Niwen il y a quelques heures de cela.

"Je sais jongler... Et faire l'acrobate. Mais je ne veux plus. Je faisais ca quand j'étais en cage, et je ne veux plus faire ca. Niwen a dit que j'étais libre maintenant. Et que ca voulait dire que je pouvais choisir ce que je fais."

L'érudit hochant de la tête pour marquer son accord de ne pas le faire jongler encore, il dirigea ensuite son regard vers le contenu des bourses. Parmi les amas de terre et de brindilles, se trouvaient suffisamment de pièces que pour payer un logement durant quelques nuits dans une auberge, si tout de fois on était pas trop regardant sur la qualité de l'établissement ou sur les fréquentations du quartier. Malgré cette excellente nouvelle, ce n'est pas la présence des quelques pièces qui marqua le plus Nandir. Parmi les graviers quelconques, son regard était attiré par une pierre lisse, qu'il avait d'abord pris pour un galet. Puis il se souvint que jamais l'Oudio n'avait parler de l'océan, et donc il était peu probable qu'il ramasse un galet dans ses périples en campagne. Saisissant le minuscule cailloux entre ses doigts, sa tiédeur surprit l'érudit, qui réalisa rapidement qu'il ne s'agissait pas d'une pierre ordinaire. L'approchant de la lumière de la bougie fraichement allumée, il se pencha pour mieux l'observer, alors que de ses doigts gracieux de semi elfe, il la tournait et la retournait jusqu'à repérer une rune gravée, quoi que difficilement visible tant la pierre était usée. Bien qu'il ait lu quelques ouvrages sur le domaine, Nandir était incapable de déchiffrer ce que la rune signifiait, d'autant plus qu'elle était partiellement effacée par l'usure du temps. Il montra le symbole à l'oudio qui, bien qu'épuisé, fit preuve d'une dernière secousse d'énergie afin de se concentrer quelques minutes de plus.

"Mon bon ami, tu es quelqu'un de chanceux ! Sais-tu ce que c'est? Ceci n'est pas un cailloux ordinaire. C'est une rune. Une pierre emprunte de magie, qui te permet de réaliser toutes sortes de choses, dépendant de ce qui est marqué dessus. Malheureusement, je suis incapable de te dire à quoi elle peut bien servir. Pour cela, il faudrait consulter un thaumaturge, dans une des boutiques spécialisée de la ville. Ces gens la ne font que ça de toute la journée, ils pourront surement t'aider ! Si ça se trouve, ta pierre te rapportera assez d'argent que pour te trouver un logement ! Qui sait. Et tu pourras venir me voir tous les jours à la bibliothèque, pour que je t'apprenne tout !"

Lugburz n'avait pas la moindre idée de ce que le semi elfe pouvait bien vouloir dire par "apprendre tout", et encore moins de pourquoi il avait besoin d'un logement pour venir à la bibliothèque. Il était si fatigué qu'il n'y pretta pas attention et bâcla une réponse à son interlocuteur, les lèvres encores engourdies par son sommeil récemment interrompu.

"Très bien, on peut aller faire examiner la pierre... la rune. Si tu veux. Mais je suis si fatigué, est ce que tu pourras me montrer ce que c'est auberge? Et comment on peut dormir la?"

Réalisant qu'il y avait encore de nombreuses choses qu'il faudrait apprendre à l'ancien captif, le sage acquiesça, d'un air compatissant et attendri par la naïveté de son nouvel ami. Repliant cartes et livres, les deux compères se dirigèrent vers la sortie du bâtiment, encore une fois sous les regards interloqués des rares personnes qui déniaient sortir leur nez des parchemins.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mar 11 Juin 2013 09:37 
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Le lendemain matin, l'érudit était venu chercher son jeune ami à la première heure. Ce dernier, ayant à peine fermé l'oeil, tournait en rond comme un lion en cage depuis que les premiers rayons du soleil s'étaient infiltré par la minuscule fenêtre de sa chambre. Nandir s'était rapidement dirigé vers l'étage de la taverne des sept sabres, et, se souvenant du numéro de chambre qui était attribué à son nouveau protégé, il était allé le secourir de cet endroit mal famé. Et le semi-elfe n'était pas venu les mains vides. Afin d'éviter au maximum les désagréments de la veille, le semi elfe avait récupérer l'une de ses vieilles capes, déjà usée jusqu'à la corde et déchirée sur tout le bord inférieur, mais cela ne changerait pas grand chose pour l'Oudio, qui lui arrivait difficilement au torse.

Le trajet se passa donc sans encombre et sans regards en travers de la population, après que le duo ait remis la clef de la chambre au propriétaire, et que Lugburz ait chaleureusement remercié son nouveau mentor, ne sachant trop comment il pourrait faire pour lui rendre la pareille. Le jeune homme-arbre n'avait aucune idée de ce que Nandir préparait. Partant d'une bonne intention de secourir un innocent et qui plus est l'un des membre d'une race qui attire la curiosité, durant la nuit, l'érudit réalisa qu'avec ce nouveau compagnon à porté de main, s'il le gardait suffisamment longtemps, il pourrait écrire lui même un chapitre entier sur cet étrange peuple, et gagner enfin un peu de considération auprès de ses pairs.

Ils furent tout deux sortis de leurs pensées respectives lorsque l'érudit se surprit à dire :

"Ne t'inquiète pas, lorsqu'on t'aura trouvé un peu plus d'argent, nous irons t'en acheter une de meilleure qualité."

L'oudio ne remarqua pas qu'encore une fois, Nandir avait dit 'nous', et pas 'tu', ce qui impliquait qu'il n'allait pas laisser la petite merveille que représentait l'homme-arbre se balader seul, quand bien même ils savaient tout deux que d'ici un jour ou deux, Lugburz serait capable d'aller faire ses emplettes seul. Acquiesçant, ce dernier se garda bien de signaler que ni lui ni le bibliothécaire n'avait la moindre idée de comment lui faire gagner sa vie.

Une fois arrivés à la bibliothèque, l'Oudio et le semi-elfe se dirigèrent à nouveau habilement entre les allées sombres, à la recherche des tomes qui pourraient intéresser le jeune et curieux Lugburz. Moins impressionné que la veille, l'ancien captif bascula sa capuche de lin et ne s'agrippa plus à la toge de Nandir. Il observait d'un oeil intrigé et curieux les différentes reliures des livres, et les gens affairés sur les tables, parcourant frénétiquement les lignes de livre auquel l'Oudio ne comprendrait probablement pas grand chose, quand bien même il eut su lire. S'installant finalement à la même table que la veille, l'Oudio fixa d'un regard paisible et à la fois impatient son instituteur improvisé. Ce dernier lui rendit son regard et finit par lui chuchoter :

"Alors mon jeune ami, que veux tu découvrir aujourd'hui? Que pense tu d'un peu de géographie?"

L'homme arbre hocha la tête béatement, n'ayant pas la moindre idée de ce qu'était la géographie.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Lun 28 Juil 2014 18:22 
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Après avoir monté les quelques marches, j'arrive sur le perron. La porte est en effet immense, mais d'ici j’aperçois déjà l'intérieur paisible de la bibliothèque. Je vois des livres, biens sur, mais il y en a une quantité exceptionnelle. Au moins... 7 mètres du sol au plafond, et en largeur ils semblent infinis. L'éclairage est moins fort que la lumière naturelle de l'extérieur, je pousse donc un peu plus la porte, et entre dans le bâtiment. Mhyly me suit de près, mais ne dit mot. Elle me regarde, ébahis par le paysage en effet paradisiaque qui s'étale devant moi. En premier plan, un bureau. Un large bureau, recouvert de livres, au moins 200, sinon plus. Entre deux pile, j'aperçois un homme, qui écrit très rapidement de sa main droite, en prenant un livre sur une pile, puis en le reposant sur une autre. Et il enchaîne ainsi plusieurs livres d'affilé, sans me regarder avancer doucement dans l'humble lieu. Je frôle du doigt le bois du bureau, qui semble contenir en son sein des siècles de savoir, à lui tout seul. Soudain, en relevant la tête, j'aperçoit celle du vieux qui m'observe, par dessus son bureau. Ainsi je le regarde et le salue, d'un léger inclinement de la tête. Salue qu'il me rend.

"Salutation jeune homme. que cherches-tu en ce lieu ? Est-ce toi qui parlait à l'instant ?"

L'homme est assez grand, et porte une simple tunique blanche, assortie à ses longs cheveux noués et sa barbe proprement taillée. Ses yeux son vifs, et gris. Il porte sur son visage les marques du temps, mais elles lui donnent un air sage et calme, qui se ressent dans sa voix neutre.

"C'était moi en effet, et ce que je cherche n'est autre que vous, maître Kendran."

Je sens alors une main sur mon épaule, et Mhyly s'avance vers le-dit homme.

"Et bien Kardan, je vois que tu est tellement intrigué par ce jeune garçon que tu en oublis ta petit Mhyly?"

Il sourit, sans détacher ses yeux des miens, et lui répond sur le même ton neutre:

"Bien sur que non ma petite, je t'avais déjà vu, mais en effet ce jeune Sindel m'intrigue. D'où viens tu gamin ?"

J'ai du mal à garder mes prunelle fixer les siennes, mais je lutte sous peine de devenir stupide à ses yeux.

"Je viens de Xaoranh, grande ville du savoir, de la connaissance et de la magie."

Il m'observa ainsi pendant quelques minutes, et je me sentais fouillé, exploré, jugé. Peu m'importe, tant qu'il me garde un peu...

"Sindel, garde le comptoir un instant, je vais parler à Mhyly."

Soudain, la joie me gagne, et sans crier garde Mhyly se jette sur moi, me prend par le bras et m'emmène derrière le bureau.

"Cache un peu ta joie Morzan." me chuchote elle. "S'il voit tes yeux, il va paniquer , le feu brûle. Et si une petite chose brûle ici, tout brûle ! Et là c'est kardan qui te brûle!"

Elle relève la tête et parle à haute voix.

"Ici, tu écris le nom de la personne, ici son lieu d'habitation, et ici le ou les livres qu'il regarde. C'est tout simplement un registre. Te trompe pas."

Ensuite elle m'ébouriffe les cheveux et suit Kardan. Je me retrouve donc tout seul derrière le grand bureau caché sous les multiples parchemins et livres en tout genre.

"Et bien j’espère au moins que je pourrais y revenir à se bureau... je me demande ce qu'ils se disent."

A peine 10 minutes d'attente, et un homme rentre dans la grande bibliothèque. Age moyen, taille moyenne, tenue banale...

"Salutations monsieur, que désirez-vous ?"

"Salutations jeune homme, où est donc passé le vieux Kardan?"

"Je le remplace quelques temps, il est actuellement occupé."

"Fort bien fort bien, la tâche n'est pas trop dure?" Dit-il en appuyant ses coudes sur le bureau.

"Ca se passe bien, merci. Que vouliez-vous donc ?"

"Simplement lire, les romans historiques m’intéressent beaucoup vous savez?"

"Sans nul doutes. Je vais simplement remplir le tableau habituel, vous savez?"

"Bien sur. Kalgar tillat, 9 rue des ailes pourpres, roman historiques."

"Je vous remercie, et vous souhaite une bonne lecture. Si vous avez besoin..."

"Merci à vous jeune homme, et bon courage"

Il s'éloigne, n'ayant pas grand chose à faire, je regarde les parchemins devant moi, et y vois consigné une sorte d'archive. Il s'agit d'un répertoire, qui contient les livres et manuscrits récemment acquis. Je comprend rapidement lesquels sont déjà répertoriés, et ceux qui ne le sont pas encore. Je jette un œil derrière moi, et ne vois que le lecteur amateur d'histoire.

"Après tout, quitte à le remplacer, autant le remplacer jusqu'au bout!"

Je m'atèle donc à la tâche, en reproduisant les lignes précédente, et j'enchaîne ainsi quelques ajouts au répertoire. Je me prend à la tâche et ne vois pas le temps passer. EN relevant la tête, je vois que le soleil décline. Je regarde derrière moi et vois le lecteur passionné. Pas de Kardan ni de Mhyly. Je me remet au travail, en vérifiant ne pas me tromper. Cette fois, lorsque je lève la tête, le soleil est presque couché. Je cherche si il existe une fiche d’horaire, et la trouve. J'ai bien fais, car la bibliothèque doit fermer dans quelques minutes.
Je me lève, m'étire, et commence à me diriger vers le visiteur.

"Monsieur, je suis au regret de vous annoncer la proche fermeture de la bibliothèque."

Il lève la tête, et met un temps à émerger.

"Pfiou, passionnant se roman!" Dit-il en me montrant la couverture de cuir.

"Peut-être le lirais-je, à l'occasion."

Je lui souris, il se lève et range le livre. Je le raccompagne à la porte et lui souhaite une bonne soirée.

"A vous aussi, je reviendrais demain, j'espère que nous pourrons discuter."

"Se sera avec grand plaisir monsieur."

Je m'atèle ensuite à la fermeture des grandes porte, qui s'avère être tâche aisée, les gonds étant bien huilés. Je retourne ensuite derrière le bureau et range le plan de travail.

"Aaah quel plaisir d'être dans son élément! C'es bien la seule chose que je regrettais de Naora."

Je sens subitement une présence à quelques pas de moi. Je me retourne, et vois Mhyly, accompagnée de Kardan, qui me regardent en souriant. Je sursaute et me lève rapidement, en époussetant mon ample tunique.

"Pardon, je craint de ne pas vous avoir entendu."

"Nul mal, jeune Morzan. Viens donc avec nous, je vois que tu as respecté les horaires, je t'en remercie."

"Je vous en prie."

Mhyly me sourit, s'approche de moi et me prend par le bras.

"Viens donc, j'ai de bonnes nouvelles pour toi!"

"Non ma chère, je vais parler à Morzan seul à seul, si tu veux bien."

Elle me lâche et part lire à l'écart. Quand à moi je suis Kardan, qui se rend dans une pièce adjacente à la grande salle de lecture.


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Dernière édition par Morzan le Jeu 7 Aoû 2014 02:35, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mar 29 Juil 2014 14:14 
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Morzan suivait Kardan de près. Ils entrèrent dans un pièce moyenne meublée d'une table basse, de trois fauteuils, de plusieurs bibliothèques, puis au fond, d'un bureau. Le tout est éclairé par un chandelier, posé actuellement sur la table basse. La lumière est faible, mais me permet de lire les tranches des livres soigneusement rangés. Il s'agit de traités de magie de tout les éléments, concernant l'histoire de la magie ou des répertoires de sorts. Il y a d'autres livres, que je ne peux reconnaître au vu des langages inconnus.

"Assieds-toi, Morzan."Me dit-il en faisant de même."Mhyly m'a vaguement parlé de ton histoire, mais rien ne vaut la version du concerné."

Je l'imite, et m’apprête à parler, lorsqu'il sort deux verres et leur carafe assortie, remplie d'un liquide entre jaune et transparent. Il en verse dans les deux contenants et m'en tend un.

"Je me nomme Morzan Vadras, et suis Sindel. Mes parents sont de riches Sindels et je porte le nom de ma mère." Je porte le verre à ma bouche et bois une lampée. C'est un alcool à n'en pas douter, fruité et sucré. Il s'agit surement de vin blanc, bien que je ne peux me fier a mes connaissances œnologiques. "Je suis né et ai vécu à Xaoranh, ville du savoir, de la connaissance et de la magie. Les érudits m'ont orientés vers la magie de feu, décelant en moi le fluide des flammes. Je tendais à une vie de moine jusqu'à il y a un mois. A l'aube de mes 85 ans, j'ai pris conscience de ce qui m'attendait. La cérémonie du passage à l'âge adulte. Je me suis alors rendu compte que l'on m'avait depuis toujours dérobé ma liberté, et je ne souhaitait pas que cela perdure. Un soir j'ai décidé de prendre la fuite. De quitter Naora pour toujours. Pour rien au monde je ne souhaitais perdre mon temps pour un pays qui privilégie ses effectifs au dépend de la libre pensée. Je suis un chercheur dans l'âme. Pas un servile pion qui remplit l'armée Sindel. Ma vie, pour moi, se doit de m'appartenir complètement, et je vise l'alimentation constante de mes connaissances. Comprenez?" Je marque une pause et en profite pour boire à nouveau. Cette boisson s'avère être douce et se consume rapidement. "Naora ne pouvais me nourrir sans m’asservir. La connaissance se doit d’être objective sinon elle en devient corruptive. Ce n'est pas la définition qui me convient, et elle ne devrait convenir à personne. J'ai donc embarqué clandestinement sur un navire marchand, et rejoint Kendra kâr. Lorsque je suis arrivé en ville, j'ai du courir pour semer les marins en colère, puis c'est dans les rues que j'ai rencontré Mhyly. J'ai chus lorsqu'un homme m'est rentré dedans de plein fouet, et c'est la que j'ai pris conscience de la dure réalité qui s'offrait avec joie devant moi. Je me suis ainsi rendu compte de ma solitude, puisque je ne voyais aucun Sindel, et que j'étais seul, parfaitement seul. C'est à ce moment que Mhyly est arrivée. Elle m'a dit de la suivre. Et je l'ai suivis. Me voilà, auprès de ce qu'elle a jugé bon pour moi. Et elle avait raison, car c'est ici que je peux m'épanouir." Je bu à nouveau et finissais mon verre.

"Ma foi, je pense que ta vie commence pas une grande aventure, ton avenir promet d'être mouvementé jeune homme!"Il tendit la main, et je compris qu'il souhaitait mon verre. Je lui donne afin qu'il le remplisse à nouveau, ce qu'il fait."Ce vin, comme tu as du le constater, un un des vins les plus fruité du continent. On ressent le raisin a chaque gorgée avalée, je trouve que c'est ainsi qu'il est le mieux, non?"

"En effet, j'apprécie beaucoup, et c'est bien meilleurs qu'un verre d'hydromel bien trop sucré pour y retourner."

"Ah ah! Je suis bien d'accord jeune homme! Tu me semble vif et conscient de beaucoup de chose, Morzan. Les jeune comme toi m’intéresse, et c'est avec eux que j'aime à bavarder!"

"C'est un plaisir maître."

"Pourquoi me nomme tu maître?"

"Je juge ce titre respectueux, et désignant le savant et l'homme digne d'enseigner."

"Ah nous y voila jeune sindel!" Il se relève rapidement sur son fauteuil, et me pointe du doigt."Je sais ce que tu viens chercher ici, Morzan. Le savoir et la force. En effet je peux te les offrir pour quelle raison le ferais-je, hum?"

"Je ne vous ai jamais caché ce besoin, au contraire je le vante..."J'attrape le verre tendu et bois."Je suis jeune et je veux clairement devenir un homme comme vous Kadran. Je veux le savoir, et savoir le donner. Je veux me connaître, ou plutôt savoir me connaître, car la tâche est longue, et savoir à connaître les autres. Je me sais apte à apprendre mais nul autre que vous ici m'offrirais l'apprentissage. Qui plus est, je peux travailler pour vous, car j'y prendrais plaisir. Je ne puis me vendre à vous car mes principes m'en empêchent, mais sachez que je tirerais beaucoup de vous côtoyer. Enfin, je suis là pour ça." Je pointe le doigt vers les tomes magiques.

Sans se retourner, le vieux savant sourit, et bois.

"Tout cela me sied jeune Sindel. Mais tu as conscience du danger que tu traîne dans ton sillage n'est-ce-pas?"

"Plus que quiconque. S'il advient qu'un Sindel rancunier passe cette porte, je partirais et les dévierais de cotre domaine."

"Je t'offre l'asile Morzan." Il se lève et avance de quelques pas vers ses livres."Tu travailleras en effet pour moi, comme il fut décidé tout à l'heure. Je te protégerais des dangers urbains, mais lorsque ta nation décidera de te ramener, je ne serais plus en rien responsable de toi, entends tu?" Il frôle les livres du bout des doigts, et en tire un, puis le pose sur la table basse."Je t'enseignerais un sort de feu pour te garantir quelques année de survie à l'extérieur de ma bibliothèque. En échange de ça et d’autres savoirs sur Nirtim, tu travailleras pour moi. Pour l'instant, Mhyly et toi vous dormirez ensemble au premier étage. Une chambre sert de remise, demain tu commenceras à la nettoyer et lorsque tu en aura terminé, tu pourras y dormir. Cela te convient-il Morzan?"

Je sens à nouveau la joie m'envahir, et décide de fermer les yeux le temps de me calmer.

"C'est un honneur, et le plus grand des plaisirs qui ne m'ai jamais été offert Kardan!"

"Alors profite en, car il sera de courte durée.Vas donc rejoindre Mhyly, elle est aux anges de pouvoir t'accueillir ! Et remercie la, car elle y est pour beaucoup! Quand à moi je vais aller me coucher, je suppose que tu as avancé mon registre, et que je peux dormir sur mes feux oreilles?"

Je me sens rougir et me lève, en me dirigeant vers la porte.

"Sur vos deux oreilles Kardan. Merci infiniment. Je ne vous décevrais pas."

J'ouvre la porte et sors, en refermant derrière moi. Je vois Mhyly, debout dans la salle, un
grand sourire aux lèvres, et les mains jointes devant sa poitrine.

"Morzan!! Viens vite, je te fais visiter nos quartiers!"

Elle me court dessus et me tire vers un escalier proche.

"Tes yeux!"

"Il ne les a pas vu, t'en fais pas!"

C'est ainsi que je la suis, en grimpant les marches deux par deux.


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Dernière édition par Morzan le Jeu 7 Aoû 2014 02:36, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 30 Juil 2014 02:26 
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Les escaliers sont en chêne massif selon mes connaissances, et sont d'une brillance étonnante. Au bout de quelques marches, on arrive sur un couloir étroit, donnant sur quatre portes fermées. aucune fenêtre n'éclaire la pièce, seulement quelques bougies murales, que Mhyly souffle sur son passage. elle me tire toujours par le bras, attrape une bougie, et entre dans la deuxième pièce à gauche.

"Entre, c'est ma chambre!"

Elle ferme la porte derrière elle et éclaire la pièce. Un lit est disposé au fond, il est simple, mais semble confortable. Elle me tend la bougie, que je prend, et va fouiller dans une armoire en bois sur la gauche. A l'intérieur, j’aperçois des vêtements, de la literie, et quelques objets. en bas est rangé un sac à dos. Je vois à côté de moi un petit bureau, recouvert de papiers, sur lequel est posé un plateau de bois , contenant une assiette des couvert et un verre. Le tout vide. Devant, une chaise en bois, avec, accroché sur le dossier, une pèlerine de bonne qualité. Il y a aussi un petit fauteuil en cuir sombre, et un tapis de peau.

"Assied toi, je sors juste un oreiller, et je me change."

Elle sort de l'armoire un oreiller, ainsi que des habits légers. Je tourne la tête, par pudeur, et vais m’asseoir sur le fauteuil. je regarde par la petite fenêtre, et vois la ville, à peine éclairée, qui semble fantôme, tellement elle est peu peuplée ce soir. je m'approche donc et observe, cet agglutinement de maisons et bâtiments en tout genre. Bientôt, je devrais quitter la ville, mais en réalité je ne regretterais pas, je n'ai rien ici, pas plus qu'ailleurs, et une vie de nomade se profile devant moi. Mhyly, qui me prend par l'épaule, me tire de mes pensées.

"On devrait dormir, demain il va falloir travailler mon ptit!"

Elle porte une sorte de nuisette légère, qui laisse apparaître sa fine silhouette."

"Je ... j'ai pas de quoi me changer moi."

Elle me regarde la tête aux pieds, et va dans son armoire. Elle en ressort une sorte de pantalon court, qu"elle me tend.

"Voila , j'ai que ça !"

J'enlève mon ample tunique et la pose sur le fauteuil, puis enfile le pantalon, qui apparemment ne me va pas, puisque Mhyly rigole en me voyant.

"Ça ira pour cette nuit va!"

Elle tire les couvertures, et se couche. Je me couche à côté d'elle, et regarde le plafond.

"Tu t'inquiète pour demain? Tu vas voir, le vieux est sympa!"

"Je n'en doute pas, c'est plutôt pour après que je m'inquiète..."

"Ça va bien se passer, et puis peut-être que personne viendra te chercher tu sais"

Sur ce, elle me prend dans ses bras, et son souffle, à mes oreilles, s'alourdit de plus en plus. Elle dort, et je l'imite. Demain sera une belle journée.

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Dernière édition par Morzan le Mer 30 Juil 2014 14:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 30 Juil 2014 14:50 
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J'ouvre les yeux. Les bras De Mhyly sont toujours autours de moi. La lumière de l'aube est passée à travers la fenêtre, et éclaire faiblement la pièce. Je me glisse discrètement hors du lit, attrape mes habits et sors de la chambre, en veillant à refermer doucement la porte. Au hasard, je me dirige vers la porte en face, en espérant que cette pièce est bien la salle de bain. J'ouvre doucement la porte, et passe la tête dans l’entrebâillement. Je vois des meubles, des livres, qui jonchent le sol, et un lit... Il n'y a personne dedans, par chance! Je referme, et me dirige doucement vers l'autre porte. je frappe deux petits coups, mais personne n'y répond, donc j'entre. La salle de bain est petite et à peine meublée. un miroir, avec devant une vasque en pierre, quelques tapis, et un grand cuvier en bois. Actuellement il est vide, mais pas l'évier. j'attrape une serviette dans un petit meuble et commence ma toilette, puis j'enfile mes habits et plis le pantalon, que je pose sur le meuble. Je sors, et descend les escaliers. J'avance dans la grande pièce et m'approches des livres, que j'observe, pour comprendre le classement appliqué. Je constate qu'une autre salle adjacente est meublée de fauteuils et de tables, toujours encerclée de livres, bien sûr. Elle est vide, donc je continue à observer les livres, et vois encore une autre salle, dans une autre aile de la bibliothèque. Celle-ci ne contient pas de livres, mais sur ses murs sont accrochées des tableaux ou œuvres en tout genre. En entrant je m'approche des peintures, et passe quelques minutes à les regarder, en suivant la circonférence de la salle. Des œuvres, certes, intéressante, mais elle ne sont pas toutes à mon goût. Surtout les œuvres religieuses, qui ne me parlent pas vraiment. On m'a imposé un dieu, Meno, mais je n'ai jamais été bon croyant, et je me demande si je le serais un jour. A l'occasion, je pourrais passer à son temple...
Je sors, et retourne dans la salle principale. Je m'approche du bureau, et constate que les registres n'ont pas bougés. Je sors donc sur le perron, et profite de la lumière du soleil matinal, et de la légère brise. Au bout de quelques minutes, j'aperçois Kardan, qui s'approche de la bibliothèque avec dans sa main un panier. En s'approchant, il me dit:

"Bonjour Morzan, je ne m'attendais pas à ce que tu sois si matinal! J'ai apporté de quoi déjeuner, avant l'ouverture, nous en profiteront pour parler tout les deux, tu veux ?"

Il entre, et je le suis, en refermant les portes derrière moi.

"Avec plaisir, en plus j'ai faim, je me rend compte qu'hier je n'ai pas mangé de la journée !"

"Mince, c'est vrai qu'hier nous n'avons pas dîné, ça arrive ici, ou oublis parfois les choses les plus importantes! Excuse moi, de ne pas y avoir pensé."

"Ce n'est pas grave, ça m'arrive régulièrement, disons que j'y suis habitué!"

Il se dirige dans la salle du fond, celle qui contient les livres magiques, et ouvre la porte fermée à clef. Une fois à l'intérieur, il pose le panier sur la table, et en sort une bonne miche de pain, du beurre et de la confiture. IL va fouiller dans son bureau et en sort un couteau, qu'il utilise pour couper des tranches de pain.

"J'ai remarqué qu'il n'y avait pas de cuisine ici ?"

"En effet, il n'y en a pas, quand j'ai faim, ou Mhyly, on achète de quoi manger. On ne stocke pas de nourriture dans cette bibliothèque, c'est une habitude en réalité, donc je m'y plait. Mange, je vais t'expliquer ce que tu vas faire."

"D'accord", dis-je en attrapant la tranche de pain chaud qu'il me tend. J'aime son odeur, et ca fait plaisir d'avaler quelque chose!

"Bien, alors toi, tu vas continuer le registre, et accueillir les lecteurs, et ranger les livres selon le classement en vigueur, que je t'expliquerais."

La bouche pleine, je lui répond :

"Je le connais déjà, le classement, j'ai pu l'étudier ce matin."

"Ah, ça m'aurait étonné après tout! Tant mieux alors, tu vas pouvoir t'y mettre de suite! Ce soir Mhyly t'aidera à faire de la place dans la remise, et chaque soir, après mangé, je t'enseignerais durant une heure, pas plus pas moins, la magie de feu que tu souhaites apprendre. Cela te convient-il?"

Je sens mes yeux s'embraser, alors je les ferme et répond.

"Bien sûr! J'ai hâte, d'ailleurs je m'y attaque de suite !"

Et je me lève, pour quitter la salle.

"Et bien, tu es bien plus motivé que je n'imaginais! Finis donc de manger avant de partir"

"C'est bon" Dis-je la bouche pleine. "J'ai finis, je commence!"

Puis je sors. Je me dirige vers les grandes portes que j'ouvre, et m'avance sur le perron.

"Aaaah, une bien belle journée!"

Je m'étire et retourne au comptoir. Avant de commencer, je décide d'y mettre un peu d'ordre. Au bout d'un certain temps, quelqu'un entre.

"Salutation, entrez je vous prie, puis-je vous..."

C'est Mhyly, je ne l'avais même pas vu sortir...

"Tu vas bien ? Je ne t'avais pas vu partir!"

"Ah ah! C'est pas étonnant, tu était plongé dans ton boulot! Ça fait plaisir de te voir sourire! Tu y arrives?"

"Je range, à croire que Kardan est là depuis des siècles!"

"Ben... ça doit être le cas!"

Elle vient à côté de moi, et prend un livre, qu'elle regarde et pose sur la mauvaise pile.

"Eh!! ça va faire deux heures que j'organise mon espace de travail!!" Mes yeux s'embrasent, ce qui fait rire Mhyly, qui part en trottinant. J'attrape un bouchon d'encrier et le lui lance, mais je rate ma cible, ce qui la fait se retourner et me tirer la langue.

"Eh eh, tu croyais quand même pas toucher Mhyly, si ?"

Puis elle part à l'étage. Je ramasse le bouchon et retourne à ma tâche. Il est midi passé quand je finis de ranger le bureau, et déjà quelques personnes sont entrés, personne que j'ai bien évidement noté dans le tableau. J'attaque donc à répertorier les nouveaux arrivages, et j'alterne avec les rangements des livres en rayon. La journée passe, très rapidement, et les gens aiment prendre du temps pour discuter avec moi, faire ma connaissance, et me demander des renseignements desquels je n'ai souvent pas la réponse. En ce cas, j’appelle Kardan, qui prend la relève et s'avère être un très bon conseiller. Le soir, je ferme les portes, et il en profite pour venir contrôler mon travail.

"Il y a une ou deux erreurs, mais je vais les corriger. Va donc rejoindre Mhyly, elle doit t'attendre pour ranger la remise."

Ainsi je monte, en jetant un dernier coup d'oeil au bureau.

"Ne t'inquiète pas, je ne dérangerais pas ton espace Morzan!" Me dit-il sans même se retourner.

Je souris, et monte les marches. Arrivé devant la chambre de Mhyly, je frappe, et étant donné que je n'ai pas de réponse, j'entre. Il n'y a personne, donc je m'assois sur le rebord de la fenêtre et attend, en regardant la ville s'éteindre petit à petit, sous le couché du soleil. La porte s'ouvre, et la jeune femme entre dans la pièce.

"J'ai quelque chose à t'apprendre,Morzan. Une mauvaise nouvelle. Assied toi."

Elle s'installe sur le lit, les jambes croisées, pose son arc et son carquois, et me regarde quelques secondes avant de parler.

"J'ai ouïe dire que deux Sindels avaient envoyés des soldat à la recherche de leur fils, sûrement capturés et emmené quelque part. Il seront sans doute à Kendra Kâr d'ici une semaine, deux si la chance est de ton côté. Je ne te l'ai pas dis tout à l'heure, je voulais d'abord en parler à Kardan."

Elle baisse les yeux, et attend ma réponse sans mot dire. Je retourne à la fenêtre, et regarde la mer se déployer au loin, vers ce qui fut autrefois ma terre, Naora.

"Je croyais que tu voulais m'apprendre une mauvaise nouvelle. Ce n'en est pas une, ce n'est pas pas une nouvelle, alors de là à dire qu'elle est mauvaise... Je le savais, ça. Et toi aussi. Même Kardan le savait. Ce qui est fait est fait, et parfois on sait que des faits se produiront indéniablement. Celui-ci en fait partie."

Je me tourne vers elle en souriant, mais vois sa mine attristé. Je vais m'asseoir à ses côté et lui prend la main.

"Tu savais bien que ça arriverait, non ? Je partirais avant même qu'il ne posent le pied sur le seuil de la bibliothèque, vous ferez comme si vous ne m'aviez pas vu, comme si vous ne me connaissez pas, et tout sera comme avant. Hum ?"

Je n'avais jamais vu la tristesse dans les yeux de Mhyly. Et je la sentais sincère.

"Viens, on va ranger la remise..."

"On va pas ranger une pièce pour une semaine, Morzan. Ca t'ennuis de dormir avec moi ?"

"Non, bien sur que non. Et si on allait se promener ?"


"Je pense que Kardan t'attend pour ta leçon."

"Tu as raison, mais ça peut attendre demain ! Allez viens, tu me montreras la ville sous le couché du soleil, ça peut valoir le coup non ?"

"J'en ai pas très envie tout de suite... Excuse moi, je vais allez prendre un bain."

Je la regarde s'éloigner, un air triste gravé sur le visage.


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MessagePosté: Mer 30 Juil 2014 16:37 
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J'attends qu'elle parte et ferme la porte de la salle de bain, et je fouille dans les meubles et tiroirs. Il n'y a rien de particulier, à part le fameux sac rangé dans l'armoire. Dedans, des provisions impérissables, une tente et des affaires de rechange, des couvertures, bref un sac de voyage prêt à être embarqué pour fuir... Quand au pourquoi, je n'en sais rien... Je ferme et sors de la chambre, pour rejoindre Kadran au rez-de-chaussé. Je me rend dans la petite pièce, il est assis et feuillette un livre. Lorsque j'entre, il lève la tête et me sourit.

"Mhyly t'a dit, je suppose, c'était prévu, ne reste qu'à profiter du temps qu'il reste. Viens donc t'asseoir."

"Ça se voit tant que ça ..."

Je m'assois, et attrape les verres et la carafe. Je rempli deux verres et en pose un devant Kadran.

"A notre séjour partagé!" Puis je bois d'un trait le verre de vin.

Il prend le siens, le lève à hauteur d'yeux, et en avale le contenu.

"Maintenant, travaillons jeune mage. Et ne t'embête pas à cacher tes yeux, tu sais je ne suis pas sot!"

"... j'avais peur que vous me craigniez..."

"Je sais que tu n'est pas un mage violent, ton domaine est plutôt la défense, alors je ne crains pas tes flammes."

"Vraiment? Alors quels sorts vais-je pouvoir apprendre?"

"Hum... j'ai réfléchis et te conseille celui-ci."

Il me tend le grimoire à la page d'un sort nommé Mur de feu. Il me permettrait de créer un mur de feu, qui peut être traversé aux risques de subir la brûlure des flammes. Intéressant, sans être ravageur, mais me permet de fuir, de ralentir l'adversaire, de me cacher. Ça me correspond, Kardan m'a bien jugé...

"En effet, c'est pas mal, je pense que tu me connais mieux que moi-même!"

"C'est normal, je suis vieux et je sais reconnaître un mage de défense."

"Je suis prêt, nous pourrions commencer!"

Ainsi, il commence par m'expliquer comment fonctionne la matérialisation du fluide pour les sorts de défense. Il me décrit comment diriger mon fluide à l'extérieur de mon enveloppe charnel de sorte que son but soit de défendre.

"Tu vois, le fluide se dompte Morzan. S'il est défensif, alors tu dois lui apprendre à défendre, et s'il est offensif, à attaquer. Si cette étape est réussie, alors ton fluide sera plus apte à se matérialiser en sort de défense -ou d'attaque. Concentrons-nous sur ton cas. Tu dois faire comprendre à ton fluide qu'il doit défendre. Plusieurs manières s'offrent à toi. Soit tu lui impose, en le forçant à rester autours de toi, prés à réagir au moindre ordre de ta part. C'est une manière brusque, mais efficace. cependant si il advient que ton fluide le supporte mal, il peut devenir tangible et donc offensif et tu perdrais surement tes facilités défensives. L'autre possibilité est de contrôler chaque parcelle de ton corps, dans lesquels passent ton fluide. C'est un travail de longue haleine, mais il te permettra de maîtriser ton fluide, et de le former a l'attaque, plus tard. Concrètement, soit tu contraint ton fluide à t'obéir, soit tu le lui demande."

"Je préfère prendre le temps de le contrôler . Et puis si je comprends bien, ainsi je serais en mesure de le matérialiser n'importe où sur mon corps. Par exemple aux mains, dans le dos, à l'extrémité de mes pieds, etc... Je suppose que ce moyen nécessite un temps de méditation important, ?"

"Exactement. Tu dois parvenir à lui dicter ton souhait de défendre. Dans la douceur et la compréhension. Cependant j'ai une bonne nouvelle pour toi. Actuellement ton fluide est faible, puisque tu es jeune et que tu n'as avalé aucune fiole de fluide. De fait, il sera facile à dompter. Le faire le plus tôt possible est une bonne solution, car c'est plus simple. Tu devrais y arriver s'ici cinq jours, en t’entraînant tout les jours. Un endroit calme est préférable, et la méditation t'apportera beaucoup quotidiennement. Je vais d'abord t'enseigner les base de l'anatomie spirituelle. C'est le domaine qui t'apprendras à connaître les conducteurs de fluide de ton corps. Comprends-tu ?" J’acquiesce. Il part chercher un livre dans la bibliothèque et revient. il tourne les pages et m'en montre une en particulier.

Image


"Tu vois, ton fluide est conduit dans des sortes de vaisseaux, et ne cesse de bouger. Si un fluide est bloqué, c'est parce qu’il a été avalé par un guerrier, ou plus généralement une classe physique, et engendre ainsi des maux différents selon le fluide. Tu me suis? Toi, tu dois apprendre cette anatomie, et la ressentir, pour communiquer avec ton fluide de flamme."

Ainsi l'heure passa rapidement, tandis que Kardan m'apprenais à connaître les vaisseaux conducteurs de mon corps.

"Bien, il est temps d'aller manger, on pourrait aller dîner à la taverne ce soir, qu'ne dis-tu? vas donc chercher Mhyly. Demain je finirais de t'enseigner l'anatomie spirituelle, et ensuite nous méditerons. Après se sera seul que tu devras le faire. Quand tu maîtriseras ton fluide, il te seras plus simple d'apprendre un sort. Et se sera la troisième étape."

"Bien! Je suis impatient! Je vais chercher Mhyly."

Je cours et grimpe les escaliers, me rend à la salle de bain et finis ma course par terre, en glissant sur l'eau qui jonche le sol. A peine je m'en rend compte, Mhyly rit déjà aux éclats.

"Et bien, pourquoi est-tu si pressé?!"

Elle rit si fort que je ne peux lui répondre. Je me relève, et remet mes habits, en attendant qu'elle ait terminé son fou-rire.

"Je me suis fais mal aux fesses."

Elle rit de plus belle, et m'éclabousse.

"Mhylyyyy! On va manger, habille-toi!"

Tout en faisant la moue, je lui tend une serviette, qu'elle attrape tout en riant. Larme à l’œil elle me répond:

"J'arrive j'arrive, donne moi 5 minutes"

Ainsi je sors et descend. je les attends dehors, devant la bibliothèque, et repense à ce que je viens d'apprendre...


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Dernière édition par Morzan le Jeu 7 Aoû 2014 02:37, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 6 Aoû 2014 18:06 
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Kardan ouvrit les grandes portes en bois sombre et entra, suivit par Mhyly, me tenant la main, et moi-même. Il traverse la grande salle remplie de livre et s’arrête, en bas des escaliers, et se tourne vers nous.

"Demain Morzan, tu me rejoindras des l'aube dans notre salle de leçon, hum ? Nous apprendrons la journée entière. Et ne tardez pas, la journée sera remplie."

"Très bien Kardan, je serais à l'heure. Et merci pour cette soirée."

"Je t'en prie, à demain."

Il monte et nous en faisons de même. Arrivée dans la chambre, Mhyly se déshabille et se couche, je la rejoins, et comme à mon habitude, regarde la plafond en pensant. Je pense fortement aux Sindels rancuniers, à mes parents possessifs, et à leur proche vengeance. Ils seront là d'ici la fin de la semaine, même si mes amis ne veulent pas me l'avouer... Je me tourne vers Mhyly.

"Quand seront-ils l..."

Sans autre considérations pour mes mots, elle m'attrape le visage et m'embrasse. Ses yeux sont fermés, et ses paupières tremblent. Je ferme les yeux à mon tour et ressent par vagues successives des décharges indescriptibles. Ses lèvres sont douces et charnues. Sont souffle est chaud et calme. Ses mains sont légères et caressent ma nuque. Nos deux visages s’effleurent. Nos bouches se rencontrent et s’unissent tendrement l’une à l’autre. Les yeux sont fermés, les âmes s’abandonnent et se dilatent dans l’infinie volupté. C’est la grâce mystérieuse et sublime du baiser que je vis pour la première fois... Et je l'aime cette jeune femme qui me tient. Rien ne compte, rien ne s'entend, l'espace lui-même est restreint, dans le rayon de nos bouches. Ce moment qui dure des minutes se grave dans ma mémoire, et se termine. Mhyly se retire et pose sa tête sur l'oreiller. Elle me regarde tendrement.

"Il est temps de dormir."

Elle ferme les yeux, et se rapproche de moi. Je l'enlace et ferme les yeux.
La lumière de l'aube perce la fenêtre restée ouverte, et le chant subtil des oiseaux matinaux me réveille doucement. Personne d'autre que moi n'est présent dans la chambre. je me lève, attrape mes affaires et me rend dans la salle d'eau. Le cuvier est remplit d'eau chaude, alors je me glisse dedans. Le bain est apaisant, et je profite aussi du soleil qui chauffe à travers la fenêtre. Au bout d'une dizaine de minutes, la porte s'ouvre. Mhyly entre, et, gêné, je ne dis rien. Elle s'approche, se baisse, et m'embrasse.

"Le déjeuné est prêt, et Kardan t'attend, tu devrais descendre, tu sais?"

Je sors, me sèche et m'habille sous le regard amusé de la jeune fille.

"Quoi?"

"Tu n'as aucune pudeur toi, hein ?" Dit-elle en riant.

Je sors avec elle, en la tenant par la main. Arrivés en bas des escaliers, nous nous embrassons et elle part vers le bureau de la salle principale. Quand à moi, je rejoins Kardan dans la petite salle. Il est assit sur son fauteuil et mâche, en tenant un croissant dans une main, et un verre de jus de fruit dans l'autre.

"Sers toi Morzan, aujourd'hui sera une longue journée pour toi, et tu devrais te remplir l'estomac dès maintenant, tu sais?"

Je m'assois en face de lui et mange.

"Je continue à t'expliquer le principe de l'anatomie spirituelle, puis ensuite tu méditeras jusqu'au contrôle de ton fluide. Si tu réussis, alors tu apprendras le mur de feu. Hum?"

"Bien, la journée sera longue, alors commençons si tu le veux bien !"

C'est en terminant notre petit déjeuné qu'il reprend les explications où il les avait laissé. Après une heure environ, j'ai tout appris et connais mon corps et les vaisseaux conducteurs de fluide qui le parcourt.

"Bien, ce fût moins long que je n'imaginais! Maintenant suis-loi veux-tu?"

Il sort et se dirige vers les escaliers. Je le suis, et nous arrivons à la porte du fond. Je ne sais toujours pas ce qu'il y a derrière, et suis excité à l'idée d'enfin savoir. Il ouvre, et une lumière aveuglante envahit le couloir sombre. Après quelques clignements d'yeux, je vois devant moi un paysage idyllique.

"Voici mon jardin Morzan."

En effet, derrière la fameuse porte, il y a un jardin. Environ cent mètres carrés de verdure, Dans lesquels coule un ruisseau d'eau claire et propre. Quelques nénuphars se sont installés, et les grenouille s sautent par-ci par-là. Il y a de nombreux buissons, certains fleuris, d'autres juste verts. Aucune feuille morte, ni branche cassée. Des arbres grands et verts entourent le tout, cachant les bâtiments peu esthétiques de Kendra Kâr. Il descend les marches en pierre couvertes de lierre, et s'avance au milieu du patio, où je le suis.

"Tu t'assieds là, en tailleur, et tu cherches. Tu fouilles au plus profond de toi même, jusqu'à trouver ton fluide et le suivre dans les canaux spirituels. Lorsque tu te sens lui et que tu le sens toi, demande lui de te protéger, et ce jusqu'à ce qu'il t'enveloppe de sa protection. Hum ?"

Je m'assois en tailleur et acquiesce.

"A ce soir Kardan."

Sur ces mots, il se retourne et grimpe une à une les marches, ouvre la porte, me regarde et entre. Je lève les yeux, et regarde passer les nuages lentement, au gré du doux vents. Le ciel est assez dégagé et les quelques nuages ne cachent pas le soleil assez chaud. Je dégage mon torse de mon ample habit, et place mes paumes face au soleil. Je ferme les yeux et inspire profondément. Je suis, de mon esprit, les vaisseaux magiques de mon corps. Après plusieurs minutes, j'attrape enfin une bribe de fluide, que je tente de tenir et de suivre . Il s'enfuit et je le poursuis. Après acharnement, Je le retrouve. Mes yeux se plissent sous l'effort, et une goutte de sueur perle sur mon visage, pour tomber sur ma main. C'est justement là que mon esprit se trouve, d'après mon estimation. je tiens mon fluide, et il se déplace à une allure frénétique dans mon corps. D'un coup, une brûlure affecte tout mes membres. Ça y est, Je n'ai plus à forcer. Je vais aussi vite que lui. Je suis lui, il est moi. Je lâche prise, et me laisse entraîner à travers les méandres spirituels. Il vogue, sans s'arrêter, et j'entend mon esprit prononcer:

"Protège moi."

Subitement, Je me retrouve hors de moi, comme si je me recouvrais entièrement. Mes yeux s'ouvrent en grand, et je halète. Je vois mon fluide me recouvrir de la tête aux pieds,c'est une aura rougeoyante, à peine visible, mais elle est présente. Je me lève, marche quelques mètres difficilement, après avoir passé tout ce temps assis. Le soleil s'est couché, et la lune le remplace petit à petit. je m'allonge et respire profondément. Je reste ainsi quelques minutes, puis me relève et cours vers la salle de Kardan. Lorsque j'y arrive, J'y vois mon professeur, assoupit sur son fauteuil.

"Je savais que tu réussirais..." Chuchote-il encore endormit.

J'attrape le livre ouvert posé sur la table basse, et sors sur la pointe des pieds, en attrapant au passage un croissant un peu dur. Je me rend alors dans le jardin, et m'assois au même endroit que tout à l'heure. Je commence à lire le le chapitre sur le mur de feu, en dévorant mon croissant. Après trois lectures intensives, je me lève, me place à côté du grimoire et commence la pratique. Je pose mes deux mains sur le sol, y dépose mon fluide, et l'étire vers le haut. Un rideau de fluide rougeoyant apparaît, puis disparaît quelques secondes plus tard. Je réitère, sans beaucoup plus de succès. En effet, après quelques heures d'essais, le rideau est devenu un mur, large de quelques mètres,épais de plusieurs centimètres, mais nul flamme n'est visible...
Je mm'assois, épuisé et essoufflé, et m'assoupis .

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Dernière édition par Morzan le Mer 6 Aoû 2014 18:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Mer 6 Aoû 2014 18:43 
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Lorsque j'ouvre les yeux, le soleil a déjà entamé sa course journalière. Je m'assied, et émerge doucement du sommeil. J'ai bien dormis, malgré le fait que j'ai dormis dehors, à la pleine étoile. L'herbe est tendre et moelleuse, et avec les arbres, le soleil ne m'a pas agressé. Kardan est assis sur les marche, et mange un fruit. Il me regarde et lorsqu'il me voit me réveiller, il s'approche.

"Heureusement qu'il n'a pas plu, hum?" Dit-il en ramassant le livre à côté de moi. "Je vois que tu n'as pas chaumé hier. Je suppose donc que tu maîtrise ton fluide, montre moi où tu en es je t'en prie."

Je me lève, et constate que mon fluide m'entoure toujours. Ouf... Je m'étire, et pose mes mains sur le sol. J'étire au maximum mon fluide et crée un mur de ... fluide. Toujours pas de flamme.

"Voila, je n'arrive pas à l’enflammer, Kardan." Je baille.

"Attrape Morzan!"

Je me tourne vers les escaliers, et reçois une pomme en plein visage! Je perd l'équilibre et tombe, tandis que Mhyly et Kardan rit aux abois.

"Ça m'aurait étonné tiens! Bon appétit, et bravo pour les progrès!"

Elle fait demi tour et rentre dans le bâtiment. Je ramasse la pomme et la croque. Quand à Kardan, il rit toujours, puis essuie la larme qui coule de son oeil gauche.

"Allez, tu y es presque Morzan. Ton fluide est un fluide de feu, il n'en fait aucun doute, hum ? Alors il va s'enflammer, mais pour ça, il te faut répéter ce geste encore et encore, sans arrêt, jusqu'à le maîtriser totalement. Tu as jusqu'à ce midi, après tu retourne à l’accueil, hum?"

Je passe ainsi la matinée à créer des murs et des murs, sans arrêt. Vers midi, Le pied du mur s'embrase, et les flammes grimpent le long de la paroi! Sous la chaleur je m'écarte, et regarde les flammes augmenter, jusqu'à ce que la paroi de fluide s’enflamme totalement!

"Un mur de feu ! Des flammes, des flammes Kardan !! Viens voir vite!!!"

J'entend au loin la voix de mon maître.

"J'arrive, j'arrive!!"

Il passe la porte, et apparaît sur les marches.

"Bravo Morzan ! Bravo! je savais que tu y arriverais, je savais !! Il te reste encore un peu de temps, alors entraîne toi, et va prendre un bain bon sang!" Dit-il en riant.

Il semble réellement heureux, un grand sourire parcourt son visage d'une oreille à l'autre. Mhyly arrive juste derrière lui et applaudit en riant elle aussi.

"Bravo Morzan, bravo ! Je suis fière de toi !!"

Suite à cette réussite, je recommence, encore et encore, et à force d'essais, je me vide complètement de tout mon fluide. L'herbe du jardin a brûlée à plusieurs endroits, et je transpire intensément. Après une longue pause, je remonte les marches et me rend dans la salle de bain. Je lave mes habits et les étends à la fenêtre, au soleil. Je plonge dans l'eau chaude, et me laisse couler jusqu'à m'immerger dans le liquide régénérant. Après quelques secondes, je constate que l'eau s'est légèrement évaporée, et que mon corps est brûlant.

"J'ai surement du trop faire travailler mon fluide..."

Je sors de l'eau, me sèche, et récupère mes vêtements secs. Je m'habille et sors de la pièce. En descendant, je vois Mhyly devant l'entrée, qui parle avec un homme. Je la rejoins, salue d'homme inconnu, et me rend derrière le bureau. Je m'affaire à répertorier les nouveaux arrivages, quand ma vision s'obscurcit d'un coup.

"Lâchez-moi, lâchez-moi !!!"

Je me débat et me libère de l'étreinte, et constate que Mhyly est derrière moi, écarquillant ses yeux.

"Ça va, Morzan, ce n'est que moi... Je voulais te faire une farce, pardon..."

Elle s'approche et me prend dans ses bras. Je me calme et reprend ma respiration.

"Désolé j'ai cru que... enfin tu sais ce que j'ai cru..."

"Oui, pardonne-moi j'ai été bête. Je te laisse travailler..."

Elle dépose un baiser sur mes lèvres, et s'éloigne tranquillement. Je me calme et retourne au travail. J’accueille quelques personnes,et la journée passe assez vite. Le soir, nous nous retrouvons tout les trois pour dîner, dans la salle des fauteuils. A la fin du repas, Kardan nous sert un verre de vin, et nous discutons de tout et de rien, jusqu'à ce que Mhyly quitte la pièce.

"Bon Morzan, j'ai fais ce que j'ai pu pour t'aider, et tu me l'a bien rendu. D'ici peu, les Sindels arriveront, et tu devras partir, tu sais ... Sache que tu seras toujours le bienvenu chez moi, et que j'attendrais ton retour avec impatience. Quand à Mhyly... Je ne sais pas ce qu'elle a décidée."

"Tu penses qu'elle veut m'accompagner? Si c'est le cas, dissuades-la s'il te plaît. C'est dangereux et elle n'a pas à me suivre dans ma fuite."

"Cependant, ce n'est pas à moi de choisir pour elle, tu sais... Elle nous dira le moment venu. Va donc te coucher, tu dois être fatigué. Demain tu continueras à travailler, de toute façon ton entraînement est terminé pour l'instant, tu devras pratiquer en situation réelle pour t'améliorer, et je crois que ça ne va pas tarder..."

Nous continuons de discuter quelques minutes, et je monte dans la chambre. Mhyly n'y est pas, alors je me couche et m'endors instantanément.


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Dernière édition par Morzan le Jeu 7 Aoû 2014 02:37, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Jeu 7 Aoû 2014 01:18 
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Je me réveille tôt, et ce matin Mhyly est à mes côtés. Je l'embrasse doucement et sors du lit. Un tour dans la salle de bain, et je descend directement dans la bibliothèque. Kardan n'est pas là, alors j'ouvre les grandes portes et me place derrière le bureau. Quelques passionnés de lecture sont entrés et ont été noté dans le registre. L'homme amateur d'histoire est venu me parler durant au moins trente minutes. Il était content de me voir et m'a prêté un de ses romans historique. Il est fervent adorateur de ce type de romans et arrive à me convaincre d'essayer.

"C'est un bon moyen de connaître l'histoire de notre monde pour un passionné de lecture comme toi!"

Je le laisse ensuite à sa lecture et je retourne au bureau, à noter les nouveaux exemplaires. Une femme entre, et aussi vite, ressort. Je vais vers la porte discrètement, et regarde la rue peuplée. La jeune femme rejoint deux hommes en armure légère se tenant côte à côte sur la droite. Ils portent des casques coniques et une pièce de tissus cache le bas de leur visages. Ils tendent une bourse à la femme, qui la prend, regarde en arrière et s'en va en trottinant.

Kardan arrive de la ruelle et entre. Il arrive tout prés de moi.

"Morzan tu ne devrais pas..."

"Rester là? Ils savent que je suis ici. Regarde moi ces mercenaires ridicules. regarde leur dégaine et juge un peu leurs compétences. S'en est vexant. Ils ne m'ont pas vu je crois."

D'un geste de la tête, je montre à Kardan la ruelle de gauche.

"Un mercenaire Sindel sans aucun doutes."

Sa peau est grise, ses yeux perçants et violets, ses cheveux noirs intense. Il porte sous sont bras un heaume.

"Je te crois. Rentre, ne les tente pas s'il te plaît. Agis comme un citoyen normal, et tout se passera bien."

Je rentre dans la bibliothèque,et retourne au bureau. Kardan voulait rester, mais a été appelé pour réponde à une question. Après quelques minutes, un des deux soldats entre.

"Bonjour monsi..."

"Salut gamin. Tu vas venir et suivre l'escorte Sindel qui t'attend sur le port. Ne te met pas en danger plus que tu ne l'est déjà."

"Tu ... Tu n'est pas un Sindel, alors part, et ne te mêle pas de conflits qui en rien ne te concernent." Je chuchote les mots suivants. "Tu mourrais, piètre mercenaire. Tu ne sais pas qui je suis, alors pars, pars pendant que la malédiction ne te touche pas. Pars tant que mon courroux ne s'est pas abattu sur ta famille."

A priori ma phrase le percute, puisqu'il recule en chancelant.

"Tes yeux, démon!"

Il sort son arme. Une épée bâtarde légèrement émoussée.

"Si tu me tues, tu te feras tuer par un Sindel rancunier, mercenaire."

"Tu ne m’effraies pas gamin. Je te frapperais assez pour que tu tombe, c'es tout!'

'Ne tente pas le diable lorsqu'il est devant toi!"

Il s'approche lentement et s'apprête à contourner le bureau lorsque Kardan pose sa main sur son épaule.

"La Grande Bibliothèque n'accepte pas de voir des armes et encore moins du sang, mon ami. Range cette épée et quitte mon établissement. Nul crime ne peut avoir lieu ou être pensé en ce lieu."

Le soldat range son arme, me regarde méchamment et siffle.

"Je t'aurais moi-même, Sindel. Je t'aurais moi-même."

Il quitte la salle, et Kardan d'approche de moi. Je fond en larmes.

"Ça va aller Morzan. Ils ne reviendront pas d'ici demain."

La lumière de la porte s'obscurcie légèrement. Le guerrier Sindel est là, arme à la main.

"Morzan Vadras, fils de Haliani Vadras et de Ganalynn Gothren, vous devez vous rendre, et nous suivre à Naora, où vous devrez passer la cérémonie de passage comme les coutumes obligent. Votre délit serait abrogé et vous reprendrez le cours de votre vie de citoyen Sindel. Suivez-nous, et nul combat n'aura lieu."

Il jete un regard noir à Kardan, qui s'oppose et rétorque.

"Ici, vous n'avez nul droit de menacer un enfant qui.."

"Je ne reçois pas mes droits d'un fonctionnaire de Kendra Kâr, vieil homme. Et je ne subis pas votre autorité. Partez, ou votre tête tombera."

Il lève sa lame, tout en me regardant. Ni une ni deux, je condense mon fluide dans mes mains, et incante une brûlure sournoise. La garde de son arme rougie, et, surpris et blessé, le soldat Sindel lâche son arme, en criant. De la fumée s'échappe de son gant de cuir, et il me fusille du regard. Kardan en profite, et jette l'épée loin du guerrier. Il se retourne et court vers moi, m'attrape par le bras et crie.

"Mhyly!"

Soudain une flèche se plante à quelques centimètres du pied du guerrier, qui recule. Une autre, puis une autre. il se retrouve ainsi sur le perron de la bibliothèque, tandis que Kardan, me tenant fermement par le bras, me mène à l'étage. il file dans sa chambre et revient avec un sac à dos.

"Prend ça et fuis Morzan. Mhyly te guidera, je me charge d'occuper le garde Sindel, ne t'en fais pas pour moi!"

"Mais enfin Kardan, tout est ma faute, je ne me le pardonnerais pas!"

"Pars, cette situation est mon choix, et je n'en démordrais pas ! Mhyly! Tu es prête ?"

"Je suis là."

Elle porte une pèlerine, et m'en tend une autre. Sur son dos, le sac à dos qui était rangé dans son armoire, dans sa main son arc.

"Il est temps Morzan. Met ça et partons."

Elle ouvre la porte du fond, jette un œil et avance sur les marches. Quand à moi, je suis complètement chamboulé, et je ne réalise pas tout à fait la situation. Kardan me met la pèlerine et le sac à dos.

"Il y a là dedans une fiole de fluide, quelques yus, et de la nourriture, ainsi que le nécessaire de voyage. Je t'offre ça et te remercie d'être venu ici."

Il me prend dans ses bras, alors que je sens de chaudes larmes couler sur mes joues.

"A bientôt petit. Je compte sur toi pour revenir. Va, Mhyly t'attend. J’espère qu'elle te suivra. Je vous souhaite le meilleur à vous deux. Deviens fort et savant, qui sait, un jour tu seras peut-être à ma place?"

Il me sourit. ses yeux sont mouillés, et lorsque Mhyly rentre dans le couloir, les larmes coulent abondamment sur son visage, comme sur celui de la jeune fille.

"Merci pour tout Kardan. Je reviendrais lorsque Morzan sera en sécurité, je me dois de le protéger, tu sais..."

"Bien sûr mon enfant Et je t'en remercie. Si j'avais pu faire de même, je l'aurais fais aussi. Revenez, revenez vite mes enfants."

Mhyly embrasse le vieux Kardan, je fais de même, et nous partons. Elle court au fond du jardin, et entre dans les buissons. Nous nous retournons, et Kardan nous sourît. il nous salut d'un geste de la min, et ferme la porte. Mes larmes ne cessent de couler, et je ne court que parce que ma jeune amie me tient. Nous traversons les buissons et arbres, et arrivons au dessus d'un mur de'environ deux mètres. Mhyly me stoppe, regarde à droite et à gauche, et saute. Elle me tend les bras, dans lesquels je saute, et reprend sa course effrénée. je la suis dans les rues de Kendra Kâr.

Vers Dans les rues de Kendra Kâr, direction les Grandes Portes de la ville

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Dim 1 Fév 2015 03:22 
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Juger d'une ville à sa bibliothèque n'est pas dénué de sens. Un peuple qui s'ouvre à la culture et cherche constamment à la développer est un peuple qui a dépassé les soucis purement pragmatiques de logement et de pitance et montre ainsi une bonne santé financière et logistique. Une civilisation qui ne sait considérer la connaissance comme nourriture essentielle au bien-être de ses habitants est une civilisation destinée à péricliter.
Partant de ce constat élémentaire, Itsvara se dirigea donc à grandes enjambées entre le palais et le temple de Gaïa pour parcourir les rayonnages de la bâtisse. Elle passa les deux premières heures à seulement déambuler parmi ces étagères qui s'étiraient du sol au plafond. Cet aménagement, si semblable à celui de Cyniar, la plongeait dans une atmosphère rassérénante et elle laissait ses yeux glisser sur la tranche des ouvrages, sans oser les effleurer du bout des doigts.

(Ce lieu est aussi reposant et inspirant qu'un temple à Gaïa. Nul doute qu'elle en ait été l'instigatrice.)

"Madame, puis-je vous aider dans vos recherches ?"

L'homme avait une voix grave mais feutrée, Itsvara se retourna, surprise par ce silence hiératique ainsi brisé, et observa son interlocuteur. Un humain à l'âge assez avancé pour porter la barbe et les cheveux blancs, ses yeux perçants bien que fatigués la fixaient.
Elle s'avança pour parler à voix basse.

"Je me ressource entre vos rayonnages. Je viens de Cyniar."

Le vieillard esquissa un sourire. Ce qui n'échappa pas à l'observation d'Itsvara.

"J'y ai passé mes presque trois siècles là-bas. Les livres, protégés par ma mère, m'ont bercée et éduquée. Et, lorsque je rejoins une nouvelle cité, j'aime parcourir son temple culturel."
(Je sais à quoi tu penses ! Tu le manipules !)
(Non ! Ce que je dis n'est que stricte vérité.)
"C'est un plaisir de vous recevoir dans notre bibliothèque. J'espère que vous y trouverez ce que vous y cherchez."

Ils s'inclinèrent et le vieil homme repartit silencieusement, faisant à peine grincer les planches du parquet, comme s'il connaissait chacune d'elles sur le bout des orteils.
La Sindel resta pensive un moment. Elle avait, en effet, une idée en tête en se présentant de cette manière. Sa bourse se vidait et il devenait nécessaire de répondre à des besoins basiques : manger, dormir convenablement, se vêtir. Elle hésitait sur la marche à suivre. Devait-elle retourner voir le vieil homme qui, à défaut d'être le bibliothécaire en chef, pouvait surement être un habitué et lui proposer directement ses services ? Ou devait-elle s'arranger pour que les responsables proposent d'eux-mêmes un travail ? La paie serait probablement bien meilleure dans ce second cas.

(Je serais toi, j'irai dans la zone consacrée aux études des civilisations et à l'Histoire…)
(Pourquoi donc ?)
(Vas y, tu verras par toi-même.)

Plus intriguée qu'exaspérée par cet apparent mystère, la jeune femme rejoignit l'allée centrale et se dirigea vers la bonne zone. Rien n'attira son attention. Tout semblait normal. Des rayonnages chargés de manuscrits, des tables faiblement éclairées par les lanterne lourdement ancrées aux tables pour éviter les incendies par maladresse, des érudits plongés dans leurs études.

(Et ensuite ?)
(Cherche donc.)

Itsvara fronça les sourcils, quelle était cette nouvelle lubie d'Acknarav ?! Elle s'approcha un peu plus attentivement des étagères et commença à lire chaque titre visible sur les tranches. "Étude sur l'implantation humaine sur Nirtim", "Étude sur l'implantation humaine sur Imiftil", "Tulorim et Kendra Kâr, les cités de Gaïa", "Les Ermansi, entre les Dieux et les Yuimiens", "Aniathy, cynores et aynores".

(Tout ce que je vois, pour le moment, c'est que leur classement est tout à fait particulier. Ce qui est étonnant pour une bibliothèque de cet acabit.)
(Continue donc de regarder attentivement.)
(Dites-moi au moins ce que je dois ce que je dois chercher. Cette bibliothèque n'est, certes, pas aussi vaste que celle de Cyniar, mais elle est tout de même d'une dimension tout à fait honorable.)

"Chronologie détaillée de Yuimen", "Implantation des colonies humaines", "La supériorité des Humains sur les Elfes".

"Pardon ?!"

La surprise la fit s'exclamer à haute voix et les quelques personnes présentes autour levèrent la tête d'un même mouvement pour la regarder avec désapprobation.
Elle leur fit un petit geste pour s'excuser et s'empara de l'ouvrage avant de rejoindre une table. L'index du livre la laissa pantoise :
"Partie I : Étude chronologique de l'ère des elfes et de l'ère des humains ou comment les humains ont surclassé les elfes.
Partie II : Étude technologique et culturelle des elfes et des humains ou comment les humains ont su s'adapter et inventer.
Partie III : Étude géopolitique des elfes et des humains ou comment les humains ont su se développer et contrôler."


(Qui a écrit ce chiffon ?!)
Elle murmura : "G.d.ry". Le nom lui semblait familier, sans pour autant mettre le doigt sur cette connaissance.
(Oui, tu as déjà vu ce nom. Lors de tes recherches sur ton mari.)

Elle prit quelques notes, notamment le nom de l'auteur, le titre du livre et le plan développé en son sein, puis le rangea et chercha le bibliothécaire.

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 Sujet du message: Re: La grande Bibliothèque
MessagePosté: Dim 1 Fév 2015 20:42 
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Trouver le vieil homme, qui s'avéra bien être le bibliothécaire en chef, ne posa que peu de difficultés. Il trônait en bout de l'allée centrale, des piles de livres et de rouleaux bordaient son bureau.
Il était enchanté de la voir revenir à lui et se leva pour l'accueillir de nouveau.

"Ce temple de la connaissance n'est-il pas merveilleux ? Avez-vous vu la partie musée ?"
"Je dois admettre que vous avez là une bien belle bibliothèque. D'ailleurs, je suppose que vous avez quelques copistes. Serait-il possible, et à quel prix, de me copier ce livre ?"

Elle lui tend ses notes.

"Et j'aimerais également avoir quelques renseignements sur son auteur."

Il eût un sourire amusé en lisant le titre mais redevint grave sitôt l'auteur connu.

"Où avez-vous trouvé ce manuscrit ?"
"Dans les études des civilisations. D'ailleurs, si je peux me permettre, le rangement y est assez anarchique. Voir des ouvrages consacrés à l'étude des humains jouxtant ceux sur les elfes, je vous avoue que j'ai été… étonnée."
"J'ai un nouvel assistant qui n'est pas aussi méticuleux que je le voudrais. Enfin… quant au travail de copie, oui, nous en avons bien évidemment un. Mais, ce livre a été écrit par, il baisse momentanément le son de sa voix, un des treize, alors je vous avoue être surpris de le voir encore en rayon. Ce genre d'ouvrages, nous les gardons en réserve."

Itsvara fronça les sourcils, comment un écrit d'un des Lieutenants avait pu se trouver dans cette bibliothèque ? Et pourquoi, d'ailleurs, avait-il rédigé un essai aussi grotesque ?! Elle hausse légèrement les épaules et insista.

"Combien cela me coûtera-t-il ?"
"Je n'ai que quatre assistants actuellement, tous très demandés. Et, tout dépend de la masse de travail à réaliser. En général, je facture le service à trois yus par page."
"Et, si je propose mes services en plus ? M'accorderez-vous l'opportunité de copier en dehors de mon temps de travail ?"

Le bibliothécaire hausse les sourcils et reprit sa place au bureau.

"C’est-à-dire que je ne suis pas seul décisionnaire ici. Et, nous faisons principalement appel aux habitants, vous comprenez bien ce choix."
"Je conçois bien, en effet. Si jamais vous changez d'avis et désirez requérir à mes services, je vous laisse mon nom et celui de l'auberge où je suis actuellement. Au plaisir de vous revoir, monsieur."


Elle lui laissa tous ses renseignements sur un morceau de papier qui traînait là, le salua poliment et se dirigea vers la sortie. Les allées lui donnaient l'impression de lui faire une haie d'honneur, comme lorsqu'elle était enfant et qu'elle rêvait de la cour de Tahelta.

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