L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 76 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Dim 17 Jan 2016 13:36 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Dirigé pour Vohl Del’Yant


    Alors que Vohl dénude la jeune femme pour la spolier de ses vêtements, son cœur cède et elle s’enfonce dans la mort, maculant les draps de son sang. Il peut s’en rendre compte lorsqu’il la retourne, peut-être les mouvements supplémentaires que son déshabillage a exigé ont fait jouer les os brisés par l’assaut de l’assassin et ont réclamé leur dû sur la geisha.

    Lorsque Vohl sort de la pièce, il pose le pied sur le parquet rossignol qui fait un son bien plus imposant que le pas délicat de la geisha habituée à fouler ce sol. Il se réverbère dans la nuit, amplifié par son silence.

    Il peut voir l’escalier à l’autre bout du couloir, menant vers les étages supérieurs. Celui de la Mère est deux étages plus haut, il le sait. Tout le long du couloir se trouve le même parquet rossignol et de part et d’autres se trouvent des meubles, des décorations et des bibelots. Vohl entend vaguement des bruits de pas sur l’étage du dessus, mais ne peut en être absolument certain. Le couloir part également de l’autre côté, formant un carré autour de la tour et d’une pièce centrale.


[Je voulais te faire un plan, mais Paint a failli me faire vomir, donc il faudra attendre mercredi si tu en veux un, que je retrouve Illustrator.]


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Ven 22 Jan 2016 14:24 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Pendant qu’il ôte les vêtements de la prostituée, la blessure fait son œuvre : l’absence de soins la condamne. Lorsque le voleur la retourne pour faciliter son déshabillage, une odeur pestilentielle se fait sentir. La décontraction des muscles ajoutée au stress que la malheureuse a subi ces derniers temps aura eu raison de l’apparence noble qu’elle avait conservée jusque maintenant. La flatulence n’émet aucun bruit, mais c’est tout juste si le voleur est forcé de respirer avec la bouche pour ne pas sentir l’infâme remugle. Avec vivacité, il défait le bas de la tenue en premier lieu : il faut éviter qu’une telle odeur l’accompagne dans sillage, et il sait que les selles ne tarderont pas à suivre ce premier coup de semonce olfactif.

Une fois vêtu du tissu souple et fin de la tenue, Vohl sort de la pièce, camouflant sous le lit les affaires qu’il ne peut emmener. Un couloir s’ouvre devant lui – celui doté du parquet rossignol. La chambre dans laquelle il était est située dans un angle du couloir. A sa gauche, le couloir continue pour virer à nouveau en angle droit autour de ce qui semble être une pièce centrale. Droit devant lui, le couloir se termine là ou commence un escalier. Le long du couloir sont situé des meubles, des décorations et ornements, fixés au mur. Un faste affiché qui, non content de clamer la vénalité de l’établissement, ruine aussi ses efforts afin d’empêcher les intrus de s’introduire subrepticement dans l’ancienne tour de garde.

Vohl avance sur le parquet de bois, tâchant de se faire le plus léger et le plus délicat possible. Sans résultat : un trille jaillit du bois, et le voleur grimace en interrompant son geste. Il tend l’oreille. Des bruits semblent provenir de l’étage supérieur… mais impossible de dire s’il s’agit de pas, ou des craquements de la structure du bâtiment. Le voleur lève les yeux vers l’origine suspectée des sons. De toute façon, il est évident qu’il y aura du monde sur son chemin. Les entendre par avance ne changera rien. Maintenant qu’il est paré de l’habit réglementaire de ces mercenaires, il se doit de jouer le jeu.

Mais jouer le jeu ne veut pas forcément dire s’imposer. Débarouler au milieu des deux gardes, selon ce qu’a dit la jeune péripatéticienne, ne sera pas forcément la meilleure option, même déguisé. Mais ce pourrait bien être la seule. La situation ne commencera à véritablement être sous contrôle que lorsque le conseiller sera libre et l’assassin à ses côtés. Pour l’aider, celui-ci. Mais il ne faut pas rêver, Vohl en a bien conscience : les gardes ne le laisseront probablement pas entrer s’il ne fait que présenter un message. Mais il peut renverser la vapeur. Retourner la préparation des adversaires contre eux-mêmes : ils se sentent surement si bien préparés qu’ils n’ont peut-être pas prévu de véritable dernière porte de sortie. Alors que se passera-t-il si la milice parvient à entrer ? Si rien n’a été prévu, ils auront deux choix, vraisemblablement !

Prendre leurs propres initiatives, ou prévenir leur maître. Dans les deux cas, ils seront obligés de s’écarter de l’assassin infiltré. Et tourner le dos à un assassin n’est jamais une bonne idée. Vohl espère pouvoir se débarrasser des gardes avant d’aider le conseiller. Mais se pose la question du temps ! Doit-il attendre que les gardes soient là ? Il doit secourir le conseiller au plus vite ! Et même sans l’appui des gardes, il pense avoir une chance de réussir…moins grande, certes, mais cela vaut mieux que de parvenir à sauver un cadavre qui pourrait avoir déjà donné les informations voulues aux soldats d’Oaxaca. Ce plan murit dans son esprit en même temps qu’il grimpe sur le premier meuble, chose aisée. Il ne veut pas se faire repérer tout de suite. Il veut qu’il n’y ait devant lui plus qu’un minimum de mercenaires ; il lui faut donc passer le couloir chanteur en silence.

Vohl ne doute pas un instant de l’intégrité du conseiller. Mais chaque être humain a ses limites, et il ignore quelles sont celles de Daïgo Genkishi. Il privilégiera l’action à l’attente. Mais sa contrainte reste la même : il ne faut pas que ce qui se passe hors de la salle de torture alerte le bourreau. Vohl espère de tout cœur qu’il arrivera à temps : il lui reste trois étages à monter avant d’atteindre la pièce nommée par la servante de la Maison Rouge. Ces trois étages seront pourvus de gardes, très probablement : pour avoir déplacé le conseiller du troisième jusqu’au dernier étage, il fallait avoir la mainmise sur l’ensemble du bâtiment. L’ampleur de l’organisation traitresse donne des sueurs froides au voleur.

Le meuble oscille un peu tandis que le voleur se met à genoux sur le haut de celui-ci. Les prises le long du mur ne manquent pas, du fait des décorations très ouvragées qui ornent le couloir, mais certaines mériteraient d’être refixées…plusieurs fois, le voleur manque de faire tomber des décorations murales, et un buffet laqué aux pieds manifestement quelque peu inégaux ! Au bout de ce qui lui semble une éternité, il se repose à quatre pattes sur un meuble. Il est bientôt arrivé ! Un bouclier rond lui permettrait de monter dur la rambarde de l’escalier. Les bruits semblent moins indistincts, sans que pour autant Vohl puisse dire si quelqu’un s’approche ou non.

Il commence à prendre appui sur le bouclier lorsque celui-ci pivote sur son socle mural. De surprise, Vohl se rétracte immédiatement sur sa prise précédente, une armoire exposant de quelconques articles, valant probablement une fortune.

Le voleur s’étend de nouveau, pour soulever le bouclier et le poser à côté de lui : il dénude ainsi le bout de bois sur lequel il pose un pied. La prise est solide –après tout, elle doit supporter un bouclier- et lui permet de s’affranchir du dernier mètre du couloir pour se poser sur la surface plane de la rambarde de l’escalier. Il ne peut s’empêcher de soupirer doucement. Un soupir de soulagement, mais aussi de lassitude, comme si expirer ce sentiment pouvait lui faire quitter ses muscles tendus par une fatigue rémanente à ses dernières activités.

Il commence à monter l’escalier, exercice bien plus reposant, même s’il tente de ne pas toucher les marches, qu’il soupçonne de pouvoir grincer au moindre excès de poids. Qui plus est, en progressant ainsi plaqué au mur et à la rambarde, il évite que sa silhouette ne se découpe parfaitement –pour un individu capable de voir dans le noir- sur l’escalier. Tout en progressant, il vérifie que personne ne passe devant l’escalier, et tente d’entendre si les bruits qu’il captait tout à l’heure se confirment, et s’il doit se presser ou non pour éviter de tomber nez à nez avec un des mercenaires.

La Prostituée

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Jeu 19 Juil 2018 17:51, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Dim 24 Jan 2016 12:47 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Dirigé pour Vohl Del’Yant


Alors qu’il montait les marches de l’escalier, Vohl mit le pied sur quelque chose de mou, du même brun sombre que les planches de bois. Lorsqu’il releva le pied, il put constater qu’il s’agissait d’une crotte de relative petite taille, sans doute appartenant à un chat ou à un petit chien. A sa réaction physique de s’étaler sur l’ensemble du dessous de la chaussure, elle semblait être relativement fraîche.

Vohl, arrivé à l’étage, ne vit aucun garde, cependant il pouvait entendre le plancher rossignol chanter délicatement sous le pas d’une personne avançant subrepticement dans le couloir. Au son, il semblait patrouiller dans le couloir, mais aucun autre son n’était perceptible, pas même une respiration. Vohl savait que son objectif était à l’étage du dessus et que l’escalier menant à l’étage supérieur était de l’autre côté du couloir carré.



Carte d'un étage
Violet : portes. Gris : délimitation des pièces. Noir : escaliers. Hachures marron : zones avec un plancher rossignol.


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Ven 29 Jan 2016 14:32 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Au milieu de l’escalier, son pied écrase une matière molle. Surpris, le jeune homme soulève le pied pour se rendre compte qu’il vient d’étaler une défécation sous sa semelle. D’un petit chien, ou d’un chat, très probablement. Elle semble fraiche, ce qui ne manque pas de le surprendre, mais il ne s’attarde pas sur ce détail : le parquet rossignol de l’étage qu’il vient d’atteindre pousse des pépiements à intervalles réguliers, comme si quelqu’un avançait sur les planches. Il fait aussitôt le rapprochement de ce fait avec les bruits qu’il croyait entendre depuis l’étage du dessous : l’individu est probablement en train de patrouiller.

Il est dangereux de le laisser vivre : il peut assurer différents rôles, y compris celui de messager entre le chef et les sous-fifres qui attendent, quelque part sur les toits. Il semble être seul, d’après les bruits de pas : le voleur devrait pouvoir en venir à bout, s’il garde comme référence les oaxciens qu’il a croisé jusque lors.

Vohl pose le pied sur le parquet de l’étage, marchant sur une seule latte à la fois pour éviter de faire pression sur celles qui constituent le parquet rossignol. Il avance dans la même direction que les pas qu’il entend. Vêtu de son déguisement et plongé dans un noir presque complet, il ne devrait avoir aucun mal à faire illusion. Il préfigure ce qu’il va dire à celui qu’il va croiser.

(« Arme-toi. Des renforts sont appelés en bas : une colonne de miliciens arrive des rues. Ces imbéciles les ont laissés passer. Je savais qu’ils ne feraient pas le poids. »)

Une dose de provocation ne fait jamais de mal. En disant cela, si l’homme ne joint pas, il peut l’accuser de tirer au flanc ou d’être faible. Vohl se tient prêt, cependant : s’il existe un code, il n’en n’a pas connaissance, car ni alliés ni ennemis soumis ne le lui ont dit. En ce cas, il doit être prêt à parer une riposte immédiate.

Faire compliqué

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Jeu 19 Juil 2018 17:48, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Sam 30 Jan 2016 17:36 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Dirigé pour Vohl Del’Yant

Ninja : réussite.

L’homme se retourne aux paroles de Vohl et se met tout de suite en garde, ne s’attendant manifestement pas à être alpagué de la sorte. Il plisse les yeux en s’approchant légèrement de Vohl, quoi qu’avec méfiance.

- Hé, mais tu n’es pas… commence-t-il à dire, avant de se mettre à hurler : UN INTRUS !

Sur ce, il se jette sur Vohl, arme au poing, et parvient à le blesser au bras, déchirant son vêtement au niveau de son biceps. La blessure n’est pas très profonde, mais elle peut s’avérer gênante pour la suite.


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Sam 30 Jan 2016 19:09 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Vohl s’avance vers l’homme et, sans attendre, l’interpelle d’un ton pressé. Se retournant aussitôt l’arme au clair, le garde s’approche avec méfiance du jeune ynorien déguisé. Dans les ténèbres ambiantes, il plisse les yeux.

Instantanément, tandis que Vohl s’élance vers lui, la surprise lui fait bégayer quelques mots avant qu’il ne se prenne à hurler afin d’ameuter ses collègues. Qu’il hurle ainsi prouve bien assez que tout individu vivant dans cette tour, hormis le conseiller, est un allié. Pendant qu’il hurle, le garde se fend d’une attaque vers la tête du jeune homme. Ce dernier parvient à esquiver sans trop de mal le coup rendu maladroit par l’obscurité, et sa dague cherche le chemin pour perforer l’aine du serviteur de la dame noire.

Ce n’est qu’après avoir porté ce coup que l’assassin sent un filet chaud lui couler le long du bras : manifestement, son esquive n’a pas suffi, et la résistance du tissu n’est guère suffisante pour retenir ne serait-ce qu’une petite lame.

Il est sans doute trop tard pour tenter encore de passer inaperçu : mais même dans ce cas, neutraliser les adversaires les uns après les autres reste le meilleur plan possible. Sa lame remonte vers le point faible de son adversaire.

Le Cadeau du Chat


------------------------------------------------------------
(((HRP : Utilisation :
Attaque traître : Capacité à aller derrière son adversaire pour l'attaquer : les dégâts sont doublés sur la première attaque. (Coup à init/2, -init/2 pour le tour prochain)
Lame furtive (lvl5) : L'assassin, attaquant en premier, se glisse derrière sa cible pour lui infliger une attaque meurtrière (For+1,5/lvl ). La cible ne doit pas voir venir l'attaque, ou posséder moins de la moitié en esquive SA par rapport à la maîtrise SA de l'attaquant.

Tour suivant, attaque normale si besoin.)))


_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Jeu 19 Juil 2018 17:41, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Dim 31 Jan 2016 17:47 
Hors ligne
Admin
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 6059
Dirigé pour Vohl Del’Yant


Vohl parvient à neutraliser sans trop de mal son nouvel assaillant, mais il entend des bruits provenir des étages inférieurs, comme si des personnes étaient en train de monter. Cependant, à ce même moment, un brouhaha se fait entendre à l’extérieur. Rien de très fort, mais comme si les ruelles au pied de la Maison Rouge étaient agitées par la présence de nombreux hommes. Vohl ne peut rien voir d’où il est car nulle fenêtre ne donne sur l’extérieur, cependant il peut entendre les bruits des pas dans sa direction refluer et partir dans l’autre sens.

Il est alors libre de monter à l’étage, qu’il trouvera sensiblement semblable aux deux étages précédents, à l’exception d’une pièce, devant le parquet rossignol, avec une porte bien plus grande et plus ouvragée qu’ailleurs, fermée. Elle est faite d’un bois sombre sur lequel sont dépeint des scènes de chasses forestière. Cependant, au travers de l’ouverture de la serrure, il peut y voir de la lumière et entendre l’aboiement d’un petit chien.

Soudain, un bruit mate, comme celle de la chair qui rencontrerait de la chair, et un petit cri, étouffé.


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Sam 12 Nov 2016 01:35 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 27 Oct 2010 20:28
Messages: 6658
Localisation: :DDD
- Oh ?

La figure sauvage d'Heartless, lascivement affalée le long d'un beau fauteuil en tissu, comme il était coutume d'en trouver dans les suites privées de la plus grande maison d'Oranan, s'était ornée de surprise suite aux paroles de son ami.

- Tu peux pas être sérieux, Mazhui, "cette" confrérie ? C'était qu'un nom...
- Mais maintenant elle est bien réelle, Sirius.


Le vagabond qui se sentait à l'aise sur terre comme en mer, resta figé, et écouta attentivement les propos de son vieil ami ynorien, qu'il venait à peine de retrouver après un an et demi de séparation. Puis, après que le poids de la révélation soit tombé, il se leva, lentement, et marcha lentement vers les rideaux en étoffe qui séparaient la douce chaleur de la lampe unique qui éclairait la pièce de la froideur de la nuit.

- Donc, si j'ai bien compris, mon idée d'une "confrérie" a finalement pris forme grâce aux efforts d'une poignée d'inconnus et d'amis qui n'ont pas vu mon visage depuis plus d'un an, et j'en suis le chef officiel ?

Mazhui amena sa tasse de thé à ses lèvres, suça délicatement sa saveur amère, puis clarifia froidement.

- Officiellement, oui. Tu es le maître de la confrérie. Mais étant donné que tu étais absent tout le long de son existence, l'homme qui tire véritablement les ficelles... serait Gallion Thunderhead.

Un éclair parcourut l'échine du pirate, et ses cheveux semblèrent se hérisser comme ceux d'un lion. Ceci ne dura qu'un instant, et l'homme reprit bien vite sa contenance.

- ... Je vois le tableau. J'imagine que la raison pour laquelle t'es resté si longtemps à Oranan, c'était pour trouver une solution pratique à tout le merdier que ça engendrait.

Mazhui se leva lentement, remuant quelque peu ses amples vêtements de notable ynorien, puis se mit à lentement faire les cent pas autour de la petite table au centre de la salle. Il parla, doucement et clairement, et Heartless l'écoutait avec attention. Il faisait preuve avec lui de bien plus de patience, de calme et d'intelligence qu'avec n'importe qui d'autre. Sur cette terre, ils étaient deux hommes qui semblait se comprendre parfaitement.

- Exactement. Il y a longtemps, toi et moi, lorsque nous évoquions les nombreux futurs possibles pour cette "confrérie" encore abstraite... nous n'étions pas arrivés à nous mettre d'accord sur la manière dont nous allions la concrétiser. Faire des alliances avec des marchands, ou même des états, ou simplement piller à outrance, voire même se consacrer au mercenariat... Nous étions bloqués. Toutes ces options semblaient en opposition totale avec notre véritable plan...
- Un pont pour les ambitieux. Pour les gens comme nous, qui ne soutiennent ni le joug d'Oaxaca ni le laxisme des royaumes alliés. Une opportunité.
- Oui... mais tu as l'air hésitant maintenant.


Heartless se tourna vers Mazhui, la tête baissée, les mains sur les hanches. Le regard dans le vide comme si il tentait de revivre ce qu'il avait déjà vu.

- ... J'ai rencontré Oaxaca. J'ai vu de quoi elle était capable. Si tu veux mon avis, ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle prenne le contrôle de Yuimen tout entier.
- Vraiment ? Dans ce cas... comptes-tu te ranger du côté de...
- Personne. Je dis juste que... qu'on ne pourra pas rester en dehors de ça éternellement. Elle ne se contente pas juste de Yuimen. Il y a de nombreux mondes, bien plus qu'on ne peut l'imaginer, qu'elle cherche à posséder, ou qu'elle possède déjà. C'est naïf de penser qu'on pourra se faire notre petit bassin tranquille et ne jamais nous impliquer dans ses affaires.
- Alors, qu'est-ce que tu comptes faire ?


Sirius regarda le plafond, et poussa un soupir qui semblait à la fois paresseux et exaspéré.

- Penser plus gros, d'une. Ce n'est plus d'un simple rassemblement de pirates dont on a besoin, ce serait littéralement d'un pays. Un pays qui serait capable de tenir tête aux oaxiens comme aux kendrans et qui ne dépendrait d'aucun des deux.
- ... tout en ayant des relations avec chacun des deux blocs, je présume ?
- Voilà, c'est ça. Mais sans chercher à s'affirmer. Un pays invisible. Et je préfère le dire d'emblée. Ni moi, ni Thunderhead, n'avons les épaules pour diriger un truc de cette envergure. Du moins j'suis pas encore prêt pour ça.


Le pirate montra ensuite sa main à l'ynorien, puis il ferma lentement cette dernière, jusqu'à en faire un poing serré.

- Ce sera ça, la base de la confrérie.

Un sourire s'afficha sur les lèvres de Sirius, et Mazhui lui répondit par le même. Puis, l'homme à la longue barbe noire se rendit compte que le dos d'Heartless était... lumineux. Sirius, intrigué par son expression, se retourna et souleva le rideau qui se trouvait derrière lui.

- Qu'est ce...

Le ciel nocturne était éclairé par une lumière bien plus vive que celle de lune. La ville entière semblait avoir été recouverte d'un long voile lumineux. Une aurore boréale, du genre qui n'apparaissait que sur les plus hauts sommets du pôle nord de Yuimen, était apparue en sur les côtes du Nirtim...

_________________
Image


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Ven 6 Juil 2018 01:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Tandis que le garde glisse au sol, Vohl entend les réponses à l'alerte monter des premiers étages. Il n'est plus temps d'attendre la bonne occasion. L'organisation félonne dispose peut-être d'un geste d'identification ou d'un code, mais tarder ne lui apportera plus de meilleure opportunité.

Alors qu'il se résout à rejoindre l'étage supérieur en toute hâte, une rumeur se fait entendre. Elle vient des rues qui encerclent le majestueux bâtiment. Vohl s'immobilise. Envoyer les domestiques d'une maison noble avertir les gardes de la tentative d'assassinat du Conseiller semble avoir été un succès. Une chance, parce qu'il ne partait pas gagnant, en réveillant une maisonnée à de telles heures de la nuit ! Vohl espère que la garde est venue en nombre suffisant pour accaparer chaque crapule des niveaux inférieurs, mais pas plus. Lui aussi est coincé dans la Maison Rouge. Et sa désertion le rend presque aussi coupable que les assassins de tous bords... S'il se fait attraper ici, avant d'avoir pu secourir le Conseiller, aucun doute sur la décision que rendra la justice. Et elle le rangerait rapidement dans le camp des malfaiteurs, sans doute poussée subtilement dans cette décision par Talabre. L'assassin de son père, devenu capitaine, ne manquerait pas de sauter sur l'occasion. Non décidément, Vohl ne pouvait se laisser prendre ici.

La course contre la montre continue...simplement, l'enjeu n'est plus le même. Le Conseiller est sauvé, ou presque, et les assassins seront soumis à la question. Maintenant, il doit interrompre -avant que la garde n'arrive à cet étage- la torture que subit Daïgo Genkishi pour sauver sa propre peau. Deux sentiments se mêlent : la crainte pour sa vie et la joie d'avoir conçu un plan portant ses fruits.

Sa joie ne semble pas partagée par les assassins, dont le bruit de la montée dans l'escalier s'éteint avec quelques hésitations. Puis le bruit des pas décroit, écho de leur descente. Ses pensées pour la garde oranienne invoquent en lui le tendre souvenir de sa soeur, entrée dans l'armée pour suivre ses pas. Il espère qu'elle ne fait pas partie de la garde, ce soir, malgré son envie de la revoir.

Assez de distractions. Il doit déterminer sa feuille de route pour la suite. S'il laisse les gardes arriver jusqu'ici, il est probable que l'interrogateur tue Daigo Genkishi puis prenne la fuite, conformément au parchemin dérobé. Les gardes ne doivent ici servir que de diversion, et ils tombent à point nommé ! Il doit rapidement atteindre l'étage supérieur pour délivrer le conseiller. Malgré son déguisement, le complice oaxien l'a reconnu comme un intrus. Peu probable qu'il puisse tromper celui qui se charge de l'interrogatoire à l'étage du dessus, s'il porte de l'intérêt à ses sbires. A tout le moins, cela lui offrira peut-être un avantage de surprise. Se barbouillant la gorge du sang s'épanche de l'aine transpercée du mort, il gravit les degrés.

Le décor est semblable aux autres étages, mais la lumière filtre de la serrure d'une porte de bois sombre. Le fameux bureau? Vohl mise que oui. Le battant massif et les riches décorations murales, le travail du ciseleur sur un bois que l'on devine dur et imputrescible : tout indique les sommes colossales dépensées dans cette unique pièce. Vohl ne peut s'empêcher de penser qu'une telle somme aurait pu avoir bien d'autres usages. Il possède la clef de ce bureau...mais aucune raison de l'avoir, en particulier aux yeux de celui qu'il devra tromper. Entrer naturellement après avoir mis la clef dans la serrure convaincrait le tortionnaire de réagir vite face à un ennemi. L'aboiement aigu d'un chien, de l'autre côté de la porte, le surprend. Le bruit d'un homme en frappant un autre, moins. C'est bon signe. Les morts ne donnent pas de réponse aux coups.

Encore faut-il atteindre la porte sans alerter le tortionnaire. Vohl a connaissance de la nature du parquet chantant...et aucune idée sur la façon d'éviter des notes qui sonneraient le glas de son plan d'action. Voilà trop longtemps qu'il dépasse ses capacités. Ses muscles sont soumis à rude épreuve depuis maintenant trop longtemps. Par ailleurs, il a bien conscience que sa blessure au bras droit le diminue. Il n'a pas le choix. La subtilité avant la force, c'est la seule option dont il dispose. Il opte pour un plan à contre-pied de la discrétion voulue.

D'un pas claudicant, n'essayant ni d'atténuer sa présence ni de l'alourdir sur le parquet rossignol, il percute sans douceur le lourd battant devant lui. Il n'a aucun mal à mimer l'épuisement d'un âpre combat, avec sa fatigue! Vohl souffle d'une voix rauque et tendue, suffisamment fort pour que ses propos traversent l'épaisse porte :

«Patron... patron... !! » C'est en ces termes que les hommes de main, sur les toits oranniens, désignaient celui qui est censé se trouver derrière cette porte.

Si l'homme interrompt son interrogatoire pour venir lui ouvrir, Vohl se tient prêt à choir lamentablement, face contre terre, dans l'embrasure de la porte, non sans prendre connaissance de la situation d'un coup d’œil aussi rapide que possible pendant sa chute.

Dans le cas contraire, il insistera, répétant inlassablement les mêmes mots, quoi que de façon plus faible, rejoignant un râle. Si l'homme lui fait répéter plus de deux fois, il tombera à genoux et frappera du poing sur la porte en une parodie de supplique, laissant une phrase incohérente et intrigante en suspens.

«Patron... patron... Vous devriez... la maitresse...!! »

Simple mais, il l'espère, efficace et appelant une réaction instinctive. Dans les deux cas, il tient prêtes ses armes afin de bloquer la porte dès le moindre entrebâillement, si possible en tranchant une main au passage. En appuyant de tout son poids, et misant sur un bon coup d'épaule, il espère pouvoir forcer l'ouverture de la porte.

Découvert

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Jeu 19 Juil 2018 17:39, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Mer 11 Juil 2018 02:52 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 7 Sep 2009 04:57
Messages: 13066
Intervention gmique pour Val'Ombre


Après le deuxième appel, la porte s'ouvre enfin, un mercenaire t'ouvre la porte un couteau ensanglanté à la main. Si tu jettes un rapide coup d'oeil, tu verras le petit chien étendu au sol, mort.

"Que me veux-tu ? " Te demanda-t-il tout en t'observant attentivement commençant à douter de ton identité.

_________________
Image

À votre service, pour le plaisir de rp !


Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Mer 11 Juil 2018 16:22 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Au second râle, la porte s’ouvre sur un homme fortement bâti. Presque deux mètres d’une ossature et musculature aussi développée que les plus gros gabarits de l’ancienne division militaire de Vohl.

(Impressionnant...je suppose que ça aide à faire craquer les torturés.)

Conformément à ce qu’il avait planifié, Vohl s’effondre tandis que l’homme pose une question bien inspirée.

« Que me veux-tu ? »

Tandis qu’il s’effondre, il profite que sa tête soit baissée pour balayer la pièce du regard. Le petit chien, mort, git dans une flaque de sang. On dirait que Vohl arrive trop tard pour sauver le deuxième otage.

« La…mi… »

Son regard effleure le couteau effilé dans la main de l’homme, Daigo Genkishi ligoté à une chaise de très bonne facture, les lumières tremblotantes tirées de bougies bien entamées, fixées à un chandelier ouvragé, sur le bureau. Quelques bougies manquent. D’une voix rauque, il reprend :

« Daigo… Double.»

Vohl se réceptionne, le genou et la main gauche au sol, tel un chevalier humble. L’homme est sur ses gardes. Il a fait un mouvement de recul tandis que Vohl tombait : cela l’a surpris. Le jeune homme laisse passer une demi-seconde. Assez pour que l’homme se remette de sa surprise, pas assez pour que sa confusion passagère à propos de la situation se dissipe.

Il se redresse d’un coup, propulsé par son appui sur le genou droit. Sa main gauche se fend en avant, dans une frappe verticale de bas en haut. L’objectif : son aine. S’il recule, sa jambe suffira.

Le Patron


------------------------------------------------------------
(((HRP : Tentative d'apprentissage - Coup ciblé
Tentative d'apprentissage - Feinte
)))


_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Jeu 19 Juil 2018 17:34, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Jeu 12 Juil 2018 00:14 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Sa lame remonte à toute vitesse. Les sentiments de Vohl sont exaltés, teintés de l'espoir de voir le combat se finir si vite. Mais il lit dans le regard de son adversaire la même force, la même détermination. Il ne prend aucun plaisir au combat. Il s'agit chez lui d'un aspect corollaire à son métier. Une force de caractère liée au respect total et inébranlable de la hiérarchie. Un frisson parcourt Vohl face à une absence d'émotion.

Le tortionnaire dévie la lame d'un coup brutal de son couteau, avant de se servir du rebond pour renvoyer sa propre arme vers le visage de Vohl. Celui-ci, en train de se relever, expose un flanc particulièrement vulnérable. Il doit refermer sa garde.

Le bras armé de la griffe revient contre sa cage thoracique en un éclair afin de parer ce contre vicieux. La lame courte ricoche contre la triple lame prolongée, pendant que Vohl pivote le buste, ouvrant la garde de son adversaire. Le jeune hors-la-loi dégaine de la main droite un court wakizashi oranien, relique d'un combat contre la milice civile. Une arme qu'il s'est entrainé à manier pendant sa courte carrière militaire. Le tranchant s'élève dans un mouvement souple, parodie de danse aux éclats mortels.

Mais le tortionnaire est vif. Il pivote sur son pied d'appui, mimant la rotation de Vohl, tel un miroir perverti. La lame de l'infiltré mord la cuisse du colosse, déchirant l'étoffe rêche qui couvre sa jambe. Une longue estafilade qui se gorge rapidement de sang. Une blessure de moindre intérêt pour un vétéran du combat rapproché. Ce dernier poursuit sa rotation ; sa jambe blessée vient s'écraser avec force contre la partie non tranchante de la griffe.

«Huff !!»

Bien qu'il essaie d'amortir le choc, Vohl a le souffle coupé. Il est projeté par la force de l'impact de quelques pas vers l'extérieur de la pièce. Il crochète le chambranle de porte de sa main valide afin de ne pas quitter la pièce. Tandis que le bois grince et que le parquet égrène quelques notes aux accents funestes, le tortionnaire s'avance afin de porter un nouveau coup.

Echange bref de regards. L'homme veut en finir vite. Pour lui, il s'agit d'un contre-temps professionnel, rien de plus.

(Il ne me considère pas comme un danger. Au mieux, une gêne.)

Le bourreau ne s'embarrasse pas de subtilité, pas plus qu'il n'attend que Vohl retrouve complètement son équilibre. Il envoie un coup direct vers la poitrine du jeune assassin. Ce dernier n'a que le temps d'esquiver : il se jette en avant toutes lames dehors, mimant une attaque brutale et irréfléchie, s'apprêtant à parer le coup du gauche qui ne manquera pas de venir.

Pour Vohl, l'objectif est de protéger Daigo, quoi qu'il advienne. C'est pour cette raison qu'il s'est retenu à la porte plutôt que de profiter d'un élan de désengagement. C'est aussi pour cela qu'il s'expose à une riposte plus qu'évidente. L'objectif est de se placer entre l'homme et sa cible. Le reste est de moindre importance. Si ce conseiller meurt, il faudra des années pour voir un Conseiller du calibre de Daigo se présenter.

Pendant qu'il passe au niveau de l’exécuteur, Vohl jauge le degré de conscience de Daigo. Une cible inconsciente est de faible intérêt pour un interrogatoire...Et un allié, dans ce combat, ne serait pas de trop.

Dernier Bluff

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Mar 31 Juil 2018 11:20, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Jeu 12 Juil 2018 23:14 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Les yeux du conseiller sont ouverts. Et même écarquillés : il n'a rien manqué de ce qui s'est passé.

(En revanche, pour l'allié utile...c'est râpé.)

En effet, Daigo est ligoté de bas en haut, plaqué contre le fauteuil rembourré. Un confort déplacé qui allume une étincelle d'amusement dans le coeur de Vohl, vite étouffée par le sérieux du combat. A sa décharge, l'image des riches vêtements sur lesquels passent une corde en lin de la plus faible qualité, saucissonnant le politique embarrassé mais non moins digne...dans toute autre situation, cela aurait prêté à l'hilarité.

Tandis qu'il s'éjecte vers le conseiller en passant devant son bourreau, sa main gauche armée de la griffe vient se placer contre ses côtes, l'ensemble formant un damier de protection de ses organes. Il est bien inspiré. Le criminel ne manque pas cette occasion pour tenter de lui asséner un coup vertical, qui l'aurait sans doute éventré. Vohl déplace sa griffe, l'amenant violemment à la rencontre de la lame courte pour dévier le choc.

Une partie, en tout cas. Vohl l'effort mis dans le contre de la lame était encore insuffisant, sa position de course le déséquilibrant. Vohl prend de nouveau le contrecoup de la force du colosse, qui l'envoie valser contre les pieds du fauteuil. Une nouvelle fois, les poumons du jeune justicier se vident. Le bourreau semble assez fort pour briser un crâne à main nues.

(C'est un monstre!)

Une terreur primale se fait une petite place dans le subconscient de Vohl. Il a à peine le temps de se remettre debout que le bourreau s'est déjà élancé vers lui. La tête tournant encore du manque d'oxygène et de la dépression crânienne sanguine, il peine à évaluer la distance -et le temps - qui le sépare de la charge bovine dont il fait les frais immédiatement. La lame courte du vétéran ne fait qu'accrocher la pièce ventrale de son vêtement, pour finalement lui infliger une large coupure au niveau du flanc droit.

Vohl serre les dents pour contenir un cri de douleur. L'adversaire, en extension, est exposé. Enveloppant presque le jeune homme dans ses bras, son ombre est autant de points vitaux à découvert.

L'homme est une brute, et il le sait. Un corps à corps, contre le gabarit seulement correct de Vohl, lui serait largement profitable. Le wakizashi de Vohl siffle dans un travers meurtrier. Entrainé par son élan, la masse peine à se freiner, et échappe de justesse à un égorgement. Le sang de Vohl se mêle à celui qui gicle du torse et de la mâchoire de l'homme. Une longue estafilade superficielle décore désormais le tronc de l'homme, de la hanche gauche jusqu'au pectoral droit, et reprenant de façon plus profonde à deux pouces de la gorge jusqu'à la lèvre.

Le blessé titube de quelques pas vers l'arrière. Vohl en profite pour reprendre sa respiration. La blessure aux côtes le lance à chaque inspiration.

Le torse du bourreau se couvre rapidement de sang alors que les deux protagonistes reprennent une position de garde. Une observation qu'aucun des deux n'a envie de prolonger. Ce face à face a déjà trop duré. Vohl passe à l'attaque en premier, désireux d'écarter le combat de Daïgo. Sa main droite se fend d'un mouvement serpentin, passant par trois points vitaux.

Une attaque à laquelle le bourreau s'attendait, manifestement : son épée courte pare l’enchaînement avant de faire route vers le visage encore intact de l'assassin. Une flexion du buste vers l'arrière laisse la lame trancher l'air, tandis que sa main gauche profite de l'élan procuré par ce mouvement pour s'enfoncer dans la jambe déjà entaillée du tortionnaire. Trois nouvelles blessures viennent sculpter profondément la partie supérieure de la cuisse, cherchant l'artère fémorale sans la trouver.

« RHAAAAA ! » Le silence qui entourait leurs échanges explose. D'un mouvement rageur, le tortionnaire envoie son coude dans le buste de Vohl dans un mouvement fluide mais rendu imprécis par sa rage momentanée. Le mouvement de retrait de sa jambe scarifiée prive le coup d'une partie de sa puissance, heureusement pour Vohl...qui sent un gout de bile et de fer sur la langue. Même diminué, les chocs sont d'une violence extraordinaire.

« Gwaarrgl !! » Le coup le soulève de terre, et l'envoi percuter le dossier du fauteuil qui bascule sous le choc, tandis que Vohl poursuit sa course, tel un pantin aux fils tranchés. Il heurte la cloison donnant sur la nuit froide et le pan de toit qui constitue le balcon du bureau. Un filet de sang coule de sa bouche. « Ha ! Haaa...! »

L'assassin, sonné, redresse la tête. Le bourreau enroule un pan déchiré de sa tunique autour de sa blessure, qui devient vite luisante de sang. Tandis que Vohl reprend ses esprits et se redresse, l'humain monstrueux entreprend en de claudiquer le plus vite possible vers le fauteuil et d'en faire le tour.

Il veut assassiner le conseiller avant d'en perdre la possibilité. Vohl rugit en s'élançant de contre le mur, frappant en biais. L'objectif : détourner la lame du bourreau de la trajectoire qui visera bientôt le coeur du conseiller.

« JAMAIS !! »

Sa lame ne percute pas l'acier près du coeur, mais près de la gorge. Une erreur de calcul qu'il ne voit que trop tard. Une faute qu'il ne pouvait pas éviter : il n'avait pas eu d'autre choix que d'estimer la distance - et le temps - de la frappe alors que la tête lui tournait encore. Impuissant, il voit la lame du vétéran entrer dans la chair du Conseiller avant que la sienne ne vienne l'en déloger. Le conseiller en sera quitte pour une cicatrice fine, comme tracée à la règle. La lame honnie finit sa course dans le parquet dans un bruit mat. L'issue aurait pu être terriblement pire.

L'homme se redresse en arrachant littéralement une latte du parquet ciré pour récupérer sa lame, qui forme désormais une sorte de marteau.

(Il fait passer le devoir avant tout, sauf sa vie. Je ne fais pas le poids question endurance, et je suis déjà bien entamé. Il faut en finir au plus vite, avant que la garde ne rapplique!)

Vohl a conscience que, quand bien même le Daïgo Genkishi de ses souvenirs semblait juste et droit, une désertion de l'armée, aussi justifiée soit-elle, ne s'efface pas d'un claquement de doigts. Si les miliciens le trouvent ici... mieux vaut ne pas y penser. Surtout que pour l'instant, les gens qui lui veulent du mal le croient mort, englouti par les eaux froides du port. Il se rue en avant, pressé d'en finir. Le criminel le surpasse en force, en endurance. Seul une technique supérieure lui permettra de sortir vivant de cet affrontement. Il doit risquer le tout pour le tout.

Le Bureau de la Mère


------------------------------------------------------------
(((HRP : Utilisation :
Instinct sauvage (level 7)
Sacrifice (level 7)
)))


_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Mar 31 Juil 2018 11:27, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Jeu 19 Juil 2018 13:18 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Vohl s’élance vers le colosse toutes lames dehors. Le titan se prépare à décocher un énorme coup, en anticipant la trajectoire rectiligne de l’assassin.

(Son sang goutte de sa jambe bandée.)

Une interception trop facile, une garde trop ouverte. Voilà ce que reflète l’attaque brutale et irréfléchie de Vohl. Comme depuis le début du combat. Le jeune assassin est un adepte de la prise de risque, mais également un tacticien en devenir. C’est en tout cas ainsi qu’il aime à se définir. Les premiers coups du combats étaient brutaux, mais l’objectif plus complexe qu’il n’y paraissait. L’objectif est atteint, pour Vohl. Car c’est là tout le sel des affrontements : comprendre les réactions de l’adversaire en lui laissant entrevoir le moins possible de sa propre volonté. Le tromper. Le duper. Lui faire entrevoir la possibilité d’un contre facile, alors qu’il vous pense incapable de subtilité. Puis triompher. Le surprendre.

(Car c’est ainsi que les duels se soldent !)

Vohl se jette au sol dans un tacle meurtrier. Son pied vise la jambe valide de son opposant, sa griffe vise l’entrejambe. Son déguisement glisse à la perfection sur le parquet lustré : au niveau du bourreau, sa griffe s’élève tandis que l’homme perd son seul appui. Les tiges de fer s’enfoncent dans l’aine, crevant le cuir et ricochant sur l’os. Un nouveau cri rageur vient accompagner pour un instant les halètements et les bruits du combat.

La riposte de l’homme, prévue pour être un coup fatal à la tête, fouette le vent, avant que le colosse ne tombe sur Vohl de tout son poids. Le titan a toutefois le temps d’armer une nouvelle frappe : sa puissance décuplée par sa chute, son poing heurte l’épaule blessée de Vohl. La douleur est terrible, et l’assassin pousse un cri de surprise et de douleur. Les deux combattants sont au sol. Le Conseiller est hors du champ de vision de Vohl. L’assassin se redresse avec précaution, en évitant de faire appel à son épaule blessée : il a l’impression qu’un marteau s’est abattu sur son articulation. Il se rapproche du fauteuil classieux. L’autre peine à se relever : sa jambe droite ne porte désormais plus rien.

L’assassin, tout en se préoccupant du conseiller, ne lâche pas son adversaire du regard. Les yeux du bourreau ont changé : la rage et la douleur sont venues remplacer le professionnalisme et le mépris. L’épaule de Vohl le fait souffrir. En cherchant à contourner le fauteuil, son coude heurte brièvement l’accoudoir. Un instant de douleur qui le paralyse un bref instant. C’est suffisant. Le bœuf humanoïde est presque sur lui, se servant de sa jambe inerte comme d’une béquille.

(Mais quelle douleur est-il capable de supporter, ce monstre ?! )

L’assassin a tout juste le temps de se protéger avant que le poing du colosse ne le heurte. Vohl est projeté. Il réduit en miette le fauteuil déjà bien fatigué par ses mésaventures précédentes, et heurte la cloison donnant sur le toit courbe. Les carreaux tremblent un peu sous l’impact, singeant les carillons d’une porte d’entrée.

Brièvement stoppé, le char vivant reprend sa route dès que le fauteuil a fini de s’écrouler. Arrivé devant Vohl, il arme un point vengeur. L’assassin n’a pas la force de parer le choc. Il s’accroche à son opposant, et bascule vers l’arrière. Leurs poids combinés font céder le portique donnant vers le balcon. Dans les débris de bois fin et les éclats de verre, les deux corps plongent dans la nuit.

La chute sur le toit glissant les amène sur la partie plus horizontale du toit. Les deux hommes laissent quelques secondes s’écouler…ils sont au bout de leurs forces. L’un, presque vidé de son sang ; l’autre ayant pris tellement de coups, que ses articulations le font souffrir à chaque mouvement. Mais seul l’un d’eux est désormais condamné. L’autre a encore une chance. Vohl rampe sur les lames de bois parsemées de billes d’eau, chatouillées par le vent de la déesse qu’il adore. Quelques mots de grâces s’échappent de ses lèvres lorsqu’il arrive à hauteur du taureau à terre.

« Que Rana bénisse ma vie…qu’elle en fasse son instrument, et que la roue tourne, par la force de son vent… »

Ses paumes s’abattent sur les tempes de son adversaire, qui tentait, les yeux clos, d’endiguer la douleur. Assommé, son cerveau prend le relais, et recommence à respirer plus librement, sa douleur ne heurtant plus son souffle. Vohl reste assis, à côté. Il est vidé. Il tourne juste la tête vers l’embrasure défoncée de l’appartement.

« Aidez-moi… » Son souffle est court, et sa détresse réelle. Il n’espère même pas réussir à grimper le toit incliné. Pas sans aide. Il regarde en bas, afin de déterminer comment avancent les choses. Puis son regard revient sur les volets détruits. Si personne ne vient l’aider, alors il rampera vers les pans de toits qui le cacheront des miliciens. Il doit rester caché. Et surtout, il doit rester mort pour Talabre.

Enfin sauvé?



------------------------------------------------------------
(((HRP : Tentative d'apprentissage - Feinte
Tentative d'apprentissage - Coup ciblé
)))


_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Dernière édition par ValdOmbre le Mar 31 Juil 2018 11:32, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La maison rouge
MessagePosté: Mer 25 Juil 2018 17:43 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 1 Nov 2014 22:20
Messages: 5151
Localisation: Oranan - Quartier Maison Rouge
Par le regard qu’il jette dans la cour, Vohl ne voit personne. La rumeur s’est tue. Le cerveau fatigué du jeune homme peine à en tirer des conclusions : le manque de sommeil et son dernier combat ont galvanisé ses réactions primales, pas son intellect.

(Quelle qu’en soit la raison, un camp a gagné.)

Sa tête tourne. Les rayons de la lune explosent sur les gouttes de sueur, éparpillés sur son visage et ses bras. Un vent frais le fait frissonner, et l’horripilation le secoue un bref instant : mélange d’extase, de peur et de joie. Le ciel ne s’est pas éclairci. Peu de temps a passé depuis que Vohl s’est lancé dans la course folle afin de protéger le Conseiller oranien.

Alors qu’il parcourt la voute céleste des yeux, haletant encore, un bruit sourd le fait se retourner. Une corde est posée sur le toit, à côté de lui. Un bout de corde, pour être précis. L’autre bout se trouve amarrée à la fenêtre cassée du bureau de la Mère, et le conseiller est en train de descendre en un rappel maladroit le long du toit.
Arrivé à la hauteur de Vohl, le conseiller prend la parole. Sa voix évoque de vagues souvenirs à l’assassin, perdus dans la brume de son enfance et de son ancienne existence. Son ton a quelque chose de chaleureux, dissimulé derrière un masque d’ironie toute professionnelle, dont même un tête à tête avec un tortionnaire ne semble pas l’avoir privé.

« Je me suis dit que vous auriez peut-être apprécié un thé chaud. Ah ! Quel idiot, je l’ai oublié là-haut : il va falloir que vous remettiez votre fascination cosmique à plus tard…sinon il va refroidir. Et j’ai horreur du gâchis ! »

L’intellect du jeune oranien fait certes l’économie du subtil, mais il n’est pas encore assez amoindri pour ne pas reconnaitre une invitation légèrement forcée. Il se relève, péniblement.

« Honneur aux enfants ! »

(Comment peut-il être jovial au sortir d’une séance de torture ?)

Vohl saisit la corde qui plaquait il y a peu le conseiller à son luxueux fauteuil. Puis, prenant conscience de l’absurdité de cette remarque, fixe le conseiller avec incompréhension. Du sang séché orne sa mâchoire et son nez, ainsi qu’une de ses pommettes. Le ton de l’homme change lorsqu’il lui assène une troisième réplique. Plus de sérieux, plus d’abnégation au devoir, à sa patrie.

« Rien ne sert de se morfondre une fois l’épreuve passée. Il faut en tirer les leçons, et ne pas cesser d’avancer. »

Au travers de ces quelques mots, Vohl sent toute la souffrance d'un homme qui vient de perdre un compagnon de vie qui git encore dans le bureau...et une courtisane dont il doit se douter du sort, même s'il doit se tromper sur la raison de sa mort. Tout cela, le Conseiller semble le mettre de côté, attendant une période plus propice au deuil... Le coeur de Vohl se serre. Il n'ose pas imaginer les pleurs et le chagrin de cet homme fier lorsque la réalité plantera ses griffes dans son cerveau.

« En parlant de ça, allons-y ! A la vue de votre accoutrement, je suppose que vous n’avez pas grande envie de faire connaissance avec la garde. »

Vohl tressaille légèrement. Le Conseiller le pousse dans le dos afin d’aider le jeune homme à bout de force à rejoindre le haut du toit. Une fois arrivé dans la pièce, Vohl constate que la porte est fermée.

« J’ai besoin de m’assoir… »
« Sans doute pas autant que votre adversaire, de ce que j’ai pu voir ! »

Le ton légèrement débonnaire du conseiller trentenaire est revenu.

« Il ne faut pas… que la garde… »
« Oh, je l’ai bien compris ! Mais qu’est-ce qui vous a fait trahir les vôtres ? Les oaxiens ne sont pas tendres avec les traitres ! »

(Il croit que j’appartiens au groupe qui projetait sa mort !)

« Les oraniens… non plus… »


Le souffle court, la voix de Vohl s’éteint avant d’avoir pu atteindre le conseiller.

« Pardon ? »
« Je suis… oranien. Je vis pour… ma patrie. Je suis… comme vous… j’ai juste pris…une voie différente… par la force des choses. »
« Ton accoutrement laisse penser autrement, une tendance moins avouable. »

La respiration de Vohl commence à s’apaiser, même si les vagues de douleur et la fatigue musculaire lui interdisent toujours de se lancer dans oratoire passionné. A son tour de se montrer caustique.

« On s’infiltre rarement pour démanteler l’organisation d’un meurtre avec trompettes et cors de chasse ! »
« Je vois… »

Des pas se font entendre dans l’escalier. La panique se lit dans les yeux du jeune ynorien. Le Conseiller la perçoit clairement et d’un pas mal assuré mais néanmoins rapide, vient couvrir Vohl d’une tapisserie qu’il décroche du mur en pesant de tout son poids sur le tissu. Avant d'être recouvert, Vohl capte la ligne sanglante sur la gorge du Conseiller. Le sang semble avoir séché.

« Conseiller Daïgo Genkishi ! Garde Oranienne ! Vous nous entendez ? Où êtes-vous ? »

La voix, forte, retentit dans la pièce voisine alors que le chant du parquet rossignol semble faire parler une nuée d’oiseau entière.

(Encore heureux que je sois arrivé en premier. Il serait mort au moment où son tortionnaire aurait entendu parler de la milice !)

« Je suis ici. Il n’y a pas de problème ! »
« Pardon, Conseiller, mais on nous a rapporté de graves rumeurs, et nous avons rencontré des espions au pied du bâtiment. Nous devons nous assurer que tout va bien ! »
« Me croyez-vous impotent ? »
« Conseiller, je me doit d’insister ! Un serviteur de la maison Eginara est venu nous prévenir d’un complot contre vous ! Ouvrez-nous ! »
« Je suis navré que vous ayez perdu votre temps, messieurs : il n’y a plus de problème ! »

Une autre voix prend soudain la parole : cette voix est plus grave et plus autoritaire.

« Conseiller, je suis Capitaine de la Garde. Si vous n’ouvrez pas cette porte, nous l’enfoncerons pour nous assurer de votre santé. »

Vohl devine dans le silence qui suit que les yeux du Conseiller se lèvent au ciel.

« Pas la peine de maltraiter cette porte, Capitaine. Je vous ouvre. »

Le souffle de Vohl se bloque. Il tâche de relâcher doucement la pression, mais son cœur bat la chamade ! Un bruit de serrure se fait entendre tandis que le Conseiller lève le verrou. La porte s’ouvre sans bruit, et aussitôt de nombreuses paires de bottes entrent dans la pièce. Puis marquent toutes un arrêt devant le spectacle du bureau dévasté et des tâches de sang.

« Veuillez nous suivre, Conseiller. Nous allons vous mettre en sécurité avant d’inspecter cette zone. »
« Capitaine, sauf votre respect…je ne bougerai pas d’ici. J’ai des affaires plus qu’urgentes à consigner. »
« A votre allure et à celle de la pièce, il est facile de comprendre que vous n’avez pas pu vous en sortir sans problèmes. Et vu que je ne vois pas le coupable ici, je suppose qu’il s’est enfuit. Tant qu’il sera libre, vous ne serez pas en sécurité. Venez avec nous. »
« Votre coupable est assommé sur le toit. Une corde y descend encore, si cela peut vous être utile. »

Le Conseiller reprend après une courte pause.

« Si vous voulez bien me laisser, après cela ? Je suis vivant, quoi qu’éprouvé. Je passerai faire ma déposition et remettre un rapport sur ce que j’ai compris de la situation dès que mon cœur sera revenu à un rythme décent. »

Quelques pas plus tard, le premier soldat reprend la parole.

« Il y a bien quelqu’un ici. Capitaine, nous devrions l’interroger avant qu’il ne meure. Il a l’air en piteux état ! »

Un silence tendu plus tard, le capitaine semble acquiescer.

« Nous nous mettrons dans la pièce d’à côté pour l’interroger. Je laisserai quelques hommes avec vous par précaution. »
« Oh, bien sur. Cependant, comme je n’ai ni manuels guerriers ni manequins de combats, je doute que ma compagnie les enchante. Je ne veux pas les forcer : ils monteront la garde devant la porte, cela devrait suffire ! »
« Bien. S’il se passe la moindre chose, appelez-nous. Et ne verrouillez plus cette porte ! Non, ne la fermez même pas, tout compte fait. »
« Cela risque de nuire à ma concentration, il serait préférable… »
« Conseiller ! Au vu de la situation, je vous déconseille de jouer au plus fin. Cette porte reste ouverte, ou je vous emmène de force à la caserne. Pour votre propre bien ! »
« Entendu, capitaine. Mais que l’on ne me dérange pas ! »
«Hum. Xhuan, Mosth, Acab’ : allez chercher l’intrus. Les autres, avec moi. Formez les équipes classiques et sécurisez les étages. Je reste ici avec l’équipe de réserve. »

Les bottes s’affairent pendant quelques minutes avant que les trois soldats nommés ne remontent du toit, essouflés, trainant selon toute probabilité le poids d’un bœuf. D’autres pas s’éloignent en direction des étages.

« Capitaine, pouvez-vous simplement déplacer mon bureau à sa place initiale, je vous prie ? »
« Je suis militaire, pas déménageur, Conseiller Genkishi. Débrouillez-vous. »
« En ce cas, nous avions convenu que je resterai seul. La porte s’ouvre vers l’intérieur : servez-vous de cette information comme bon vous semble. »

Un grognement se fait entendre, puis le bruit des dernières bottes se font ténues.
Le Conseiller vient s’assoir au niveau de la tenture qui cache Vohl aux yeux des militaires.

« Toujours là ? »

Un ton moqueur, suffisemment bas pour que seul le jeune assassin l’entende.

« Je meurs de chaud… »
« On m’a dit que le pire était l’inverse ! »
« J’ai bien peur que vos traits d’esprits rafraichissants ne suffissent pas pour cela. »
« Tu as un accent et une façon de parler qui ne colle pas avec les rues… qui es-tu ? »
« Me protégerez-vous ? »
« Tu m’as sauvé la vie. Je te suis redevable. Je ferai ce qui est en mon possible. Donc, au vu de mon rang, tu dois savoir que je peux faire un certain nombre de choses. Les oraniens sont des hommes et des femmes d’honneur. »

Un petit silence suit cette déclaration.

« Ou du moins, ils le devraient. »

Un murmure qui en dit long : sur les méandres de la politique oranienne, mais également sur l’honnêteté du Conseiller.

« Alors je ne vous dirai pas mon nom… vous n’aurez pas sur la conscience d’avoir protégé un hors-la-loi. »
« Ne soyez pas si stupidement bienfaisant. Croyez-vous que je suis blanc comme neige ? »
« Peu m’importe. Je suis ce que je suis. Je ne dévoierai pas mes valeurs. »
« Ta voix m’est très légèrement familière…te connais-je ? »
« Nous nous sommes déjà croisés, oui… Ne m’en demandez pas plus, je vous en prie ! »
« Si je ne peux pas avoir ton nom de ta bouche, je chercherai, sois en sûr. Si tu es oranien, il n’y a nul crime que sauver un conseiller ne peut alléger. »
« Conseiller ? Vous parlez à quelqu’un ? »

Vohl se tend. Des bruits de bottes s’approchent et semblent s’arrêter à l’entrée.

« Mais évidemment ! Les meubles sont toujours d’excellents compagnons de philosophie, voyez-vous ? »

Nouveau grognement, et le bruit de pas s’éloigne.

« Bien. Si tu veux préserver ton identité, je ne te l’arracherai pas. Je la trouverai, toutefois. J’ai toujours excellé aux énigmes et jeux de réflexions. »
« Je sais. »

Cette réponse s’est échappée des lèvres de Vohl avant qu’il n’ait pu la retenir. Les mots du conseiller ont évoqué d’anciens souvenirs : les parties de Gô qu’il disputait avec son oncle lors de soirées bien arrosées, et même un jeu particulièrement stratégique – le Shogi.

« Tu ... sais ? »
« Votre stratégie est connue de tous. »
« Bon… même si tu ne veux pas parler, je dois quand même te remercier. Quand je quitterai la pièce, je fermerai à clef. Tu iras vers le placard à côté de ce qu’il reste des volets. Ne l’ouvre pas. Enfonce la clé dans la serrure du meuble. Ensuite, ouvre le volet de gauche, tire le plateau central. Ouvre ensuite le panneau de droite. Ta récompense sera là. Voilà qui devrait…te faire partir plus léger. J’ai suffisamment de moyens. Je te laisse aussi ceci. Je pense que tu en feras bon usage. Enfin, sache que je réside le plus souvent dans mes appartements au Conseil d'Ynorie. Je doute de fréquenter cet établissement avant un moment... »

Des larmes refoulées. Si cela pouvait s'entendre, elles auraient ce son.

« J'aimerais que nous ayons une discussion plus avancée...ce qui vient de se passer cache quelque chose de plus grave, j'en ai la certitude. Je voudrais que tu m'aide à savoir quoi. »
« Mais… »
« Et pour finir… si un jour, tu as besoin d’aide, n’hésite pas à venir me trouver. Un oranien fidèle devrait pouvoir compter sur des soutiens. Tu me diras ces mots : ‘’ Le dragon déliant le lotus. ‘’»

(Il pense déjà savoir qui je suis...c'est certain.)

« Je… »
« Ne me fais pas répéter. A bientôt j’espère, jeune hors-la-loi courageux. Oranan est heureuse de t’avoir. »

Sans attendre de réaction, le Conseiller se lève et interpelle ses gardiens.

« Capitaine ! J’ai fini, nous pouvons y aller. Et navré de vous avoir un peu chahuté, mes nerfs étaient un peu à vif. »
« Je ne vous en tient pas rigueur, Conseiller. Allons-y. »

Les pas s’éloignent sans que Vohl ne puisse réagir. Il laisse passer de longues minutes avant de bouger. Mieux vaut l’inconfort que la mort.
Enfin, l’assassin écarte la tenture incommodante. La bourse volumineuse laissée par Daïgo sur le tissu roule en cliquetant sur le parquet. Vohl s’en saisit, puis se dirige lentement, étourdi par la fatigue et les blessures, vers l’armoire désignée par le conseiller. Il suit les directives de Genkishi à la lettre. Enfin, il ouvre le panneau de droite.

Lorsqu'il l'ouvre, l'incompréhension s'empare de lui. Il saisit tout de même ce qui se trouve devant lui, avant de descendre avec précaution vers l'étage et la chambre où il a laissé le corps dévêtu et meurtri de la courtisane, ainsi que ses affaires. Sa main va chercher la décoction réparatrice, dont il finit la fiole. Vidé, il s'affale sur le lit. Le sommeil le surprend presque immédiatement. L'assassin n'a que le temps de passer sous le lit avant de succomber. Il ne peut plus faire un pas, et de toutes façons, il n'a nulle part où aller. Les égouts, et Sombre, ne l'acceuilleront plus...plus depuis qu'Aliep est mort. Vohl éclate en sanglots, ses larmes coulant sur son visage puis sur la courtisane transpercée. Les pleurs le vident du reste de sa force...les visages d'Aliep, de Sombre, de sa soeur, Helianor, et de la dame de compagnie du Conseiller se superposent. Tout ce qu'il a du sacrifier, tout ce qu'il a perdu, tout ce qu'il a gagné, puis reperdu...son coeur est transpercé par un millier d'aiguilles. Ses émotions jaillissent de ses yeux. Longtemps, il pleure, s'accrochant au corps sans vie comme à une bouée. Il finit par s'endormir, alors que le ciel pâlit et jette une lumière macabre sur Oranan, ville ignorante qui a évité le pire sans s'en douter.


Rideau de nuit

_________________
"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 76 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016