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En passant les lourdes portes richement décorées de la maison royale des dépôts, je me remémorais ma mésentente passée avec le vieux bouc en charge de cette banque. Après quelques piques de sa part, j’avais fini par entrer dans une colère noire et j’étais parti avec en poche les économies que je voulais déposer en sécurité.
(Cette fois, il va falloir garder ton orgueil pour toi. C’est le seul endroit ou tu peux déposer en sécurité tout ce que tu veux et surtout où l’on pourra mettre en place ton assurance-vie avec cette lettre qui sortira en cas de mort.) (D’ailleurs, si je meurs pendant mes aventures, ça retombera sur Sidfreid ? Ce n’est pas juste…) (De la pitié pour celui qui a voulu te tuer ?) (Un peu… Même s’il a fauté, il se plie à mes règles et s’il est accusé alors que le responsable est un sbire d’Oaxaca, ce n’est pas bien…) (Bah, ne t’inquiète pas. Il n’est pas idiot et a très bien compris cette possibilité. Je suis sûre qu’il va se préparer à parer une telle éventualité… mais au moins ça lui mets assez de bâtons dans les roues pour qu’il n’ose rien tenter.)
La logique de ma faera me dépassait parfois, mais je lui faisais suffisamment confiance pour croire ses suppositions. J’avançais donc vers le comptoir du vieux marchand pour garder ma lettre à l’abri.
« Bonjour, je voudrais faire un dépôt. »
« Vous avez déjà un compte ici ? Votre tête me dit quelque chose. »
Je rougis sous son regard inquisiteur et sévère. Balbutiant, je répondis à la hâte pour qu’il arrête au plus tôt de se triturer la mémoire.
« J’étais passé me renseigner il y a longtemps, mais je n’avais finalement rien laissé dans votre dépôt. J’ai ici un pli que je désirerais mettre à l’abri dans vos coffres. »
M’approchant encore d’un pas pour rejoindre le bureau, je sortis de mon sac la lettre cachetée pour lui montrer. C’était une lettre que j’avais écrite le matin même, expliquant le message de Sidfreid ainsi que les circonstances dans lesquelles je l’avais récupéré et demandant aux instances de justice d’enquêter dans ce sens. Pour compléter, j’avais glissé l’original du message de Sidfreid aux mercenaires, preuve l’incriminant, ainsi qu’un bon donnant les caisses du royaume comme légataire de mes biens. Aoniën examina un instant le billet, puis sorti un parchemin ressemblant fort à un formulaire. Sans attendre, je transmettais les instructions que Kristal m’avait soufflées.
« Le compte est au nom de Lillith Orin et je voudrais que le contenu de cette lettre soit adressée au trésor royal dans le cas de décès avéré ou de disparition à deux anniversaires d’absence. Elle contient entre autre chose un testament pour confier mes biens au royaume. »
Le vieux trésorier parut surpris par ma demande, tant par la rareté du procédé bureaucratique que par l’exactitude des termes employés. Je devais cette précision dans le jargon notarial seulement aux connaissances de Kristal, qui m’en avait expliqué les tenants et aboutissants. L’héritage pour le roi était l’assurance que la lettre sur Sidfreid donne des suites derrière. Un décès avéré serait une mort évidente, non pas raconté par un éclaireur, mais avec mon corps identifiable comme preuve. Pour une mort supposée, il y avait la clause de disparition à deux anniversaires d’absences. Au moins une fois par an, je devrais aller au dépôt pour me signaler. Si je ne passe pendant deux ans d’affilé, je suis considéré disparu et mort. Cela me permettra de vadrouiller sur les terres glacées de Nosvéris quelques temps sans risque qu’on me considère mort. Attendant que le vieil homme réagisse en me questionnant et en se montrant curieux, je fus surpris de le voir un petit sourire aux lèvres, tandis qu’il grattait de sa plume son parchemin.
« Une demande inhabituelle, mais c’est une généreuse décision et vous avez l’air de savoir ce que vous faites. Vous faites d’autres dépôts ? Une somme de base est apprécié dans ces cas là, ne serait-ce que pour gérer les frais de gestion pour retrouver vos biens dans le cas malheureux de votre décès.»
(Profites-en pour te délester de quelques affaires que tu ressortiras du coffre en cas de besoin.)
J’acquiesçais, autant pour répondre à mon interlocuteur que confirmer à Kristal que je l’approuvais. Farfouillant dans mon sac, je sortis un petit tas de bricoles qui trainaient depuis trop longtemps dans mon sac ou que je comptais garder en sureté, ainsi qu’une belle somme rondelette de ma bourse.
« Voilà quelques affaires à conserver avec la lettre. »
Parmi elles, j’avais déposé le médaillon de ma mère, le précieux sifflet magique stoppant le temps, le baume d’invisibilité qui était peu pratique tant que je ne trouvais pas un moyen de l’utiliser en portant arme et armure, ainsi que le terrible et légendaire orbe d’Amok, que je ne voulais pas abandonné, mais avec lequel je m’imaginais mal me balader dans les rues.
(((15 000 yus, - Sifflet d'arrêt: Ce sifflet permet d'arrêter le temps durant un temps très court (1D6 secondes) [E=1] -Cristal des Expériences Passées (Initiative +1 ; 1/3 d’annuler toute attaque AJ) [E=1] - Baume d'invisibilité [E=1] (1 utilisations possibles pour tout le corps, ou 3 utilisations pour des membres uniquement. Bien sûr, ça ne rend pas invisible les vêtements portés) - L’orbe d’amok : cette orbe aux reflets fuligineux appartenait à un prêtre de phaistos, fou et dangereux cet homme avait conçu une arme à la hauteur de son fanatisme. Elle te permet en la touchant et en te concentrant d’entrer en transe et d’emprisonner une âme d’un level 5 ou inférieur afin de prendre possession de son corps (-2Pv par heure passé dans l’avatar, pour le tuer il t’en coutera 20 Pv) Tu es vulnérable à toute attaque physique pendant l’opération. [E=3])))
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* Lillith, humain, Aurion et Cryomancien nv23 * En mission pour les Amants de la Rose SombreFeu Ellana : morte dans les flammes du Purgatoir, hantant les lieux à jamais et arborant ses tendancieux 6969 messages dans les archives de Yuimen
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