Un elfe noir, un elfe blanc, un lutin ailé, une femme voilée, sans m’oublier, petite lutine aux pieds dénudés, voilà de quoi était constituée notre petite troupe improvisée. Bien que très différents physiquement, tous semblaient s’entendre sur la nécessité de demeurer groupé.
À ma proposition de passer cette mystérieuse porte qui un peu plus tôt avait aveuglé le désormais défunt Eiko, Léandre eut l’honnêteté d’avouer qu’il ne désirait pas toucher cette porte de peur qu’un piège l’assaille. Fronçant les sourcils, je le regardai attentivement, me demandant comment une personne de si grande taille pouvait être aussi peureuse. Puis, il nous expliqua la mésaventure qu’il avait vécue un peu plus tôt où une porte similaire lui avait explosé au visage. Je détendis alors mes traits et lui sourit, sa crainte était plus que justifiée. Avant même que je lui réponde que je me portais volontaire, la femme voilée, silencieusement, s’était avancée, avait abaissée la poignée, ouvert la porte toute grande dévoilant ainsi ce qui se trouvait derrière.
Respectant son silence, je la remerciai par un petit hochement de tête, avant de m’étirer le cou pour observer l’intérieur de la nouvelle pièce.
Trop petite et trop encombrée de portes, cette pièce carrée n’aurait pu nous contenir tous les cinq si deux d’entre nous n’avaient été de petite taille. Et puis, heureusement que la porte venait d’être ouverte de l'extérieur, nous laissant un peu plus de place à l’intérieur.
L’elfe aux magnifiques yeux turquoise nous révéla que la meurtrière à moitié folle connaissait l’existence de cette minuscule pièce et de ses portes. Fait assez troublant, je me devais de l’avouer. Et bien que je ne fis aucun commentaire, je pensais comme Maelan, cette dame froide et mystérieuse, n’était pas une prisonnière comme nous, elle en savait beaucoup plus. Me voulant rassurante malgré tout, je pris la parole :
« Ne pensons plus à elle et entrons dans cette pièce afin de mieux examiner ces portes. »Maelan ne se faisant pas prier pour s’exécuter, nous pénétrâmes dans cette ridicule pièce qui aurait dû faire office de placard. Je regardai d’abord à gauche, puis devant moi, puis à droite et enfin de nouveau à gauche avant de déclarer.
« Ces portes semblent toutes identiques, ne pouvant deviner ce qu’elles cachent, je propose que l’on commence par celle de gauche. »Ce disant, je glissai doucement sur le bras de Maelan, puis effectua un petit saut sur la poignée qui s’abaissa. Je regardai ensuite l'elfe au visage tatoué, espérant qu’il s’approche suffisamment pour que je puisse faire le chemin inverse et retourner m’asseoir bien confortablement sur ses épaules.
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