L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 96 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Jeu 2 Juin 2011 18:19 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 10 Avr 2010 23:59
Messages: 721
Localisation: Kendra-Kâr
[:attention:] Message pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes lecteurs.


La situation était folle et sous le coup d'une senteur, d'une pulsion, Oryash était prête à donner à un homme qu'elle ne connaissait pas, tout pouvoir sur son corps. C'était complètement fou, mais rien que d'y penser, elle commençait à visualiser la chose et cela lui plaisait au délà de toute espérance. De toute façon cela ne serait pas la première fois, seulement d'ordinaire c'est elle qui choisissait son partenaire, pas l'inverse. Aussi quand Salymïa vint à la bousculer afin d'enfourcher sans ménagement le sindel Oryash émit un grognement, signe que ce geste ne lui avait pas plus.

Sentir frémir le corps de Cromax sous sa caresse ne fit qu'accentuer son désir de lui. Oryash malgré l'odeur enivrante parvenait à avoir quelques moments de lucidité et les provocations de l'elfette concernant ses intentions étaient des plus clairs. Oryash n'aimait pas la tournure que prenait cet entretien. D'ici peu l'une et l'autre se retrouveraient vautrées dans ce lit se livrant à la débauches et Oryash n'aimait pas partager. L'une d'elle était de trop dans ce lit.

Pourtant bien vite cette pensée fut balayée quand elle sentit la main de Cromax se poser sur sa nuque et l'attirer à lui pour se prolonger dans un baiser empli de passion et d'envie. Un baiser conquérant et doux à la fois. Un baiser ou la peau blanche se laissa aller ne réfrénant aucune de ses ardeurs.

Il se dégageait de Cromax une telle force, un tel magnétisme qu'elle ne pouvait s'y soustraire. De plus la beauté dont il était pourvu ne laissait pas Oryash insensible à ses charmes. Son visage était si doux malgré ses prunelles sombres qu'il était bien difficile de résister à son charisme ravageur. Si elle même n'avait pas été pourvu de cette beauté qui la caractérisait, elle n'aurait pas pu comprendre qu'on puisse se laisser envouter de la sorte et aussi aisément.

Tout en échangeant ce torride baiser avec lui, un frisson naquit sur sa peau blanche, tandis qu'elle fermait les yeux un instant. Elle se rapprocha de lui jusqu'à s'entendre à ses côtés bousculant par la même occasion celle qui enfourchait le Syndel et qui se trouvait déjà nue. Peut importait Oryash n'en avait que faire. Elle se colla contre le flan de Cromax et une main vint délicatement se poser sur la joue de l'homme avant qu'elle ne lui murmure au creux de l'oreille en un souffle....

"Vous êtes envoutant Cromax...."

Puis sa main caressa délicatement la peau argenté avant qu'elle ne glisse plus bas et ne vienne griffer le torse de l'elfe. Elle sentit la peau céder et se déchirer et cela décupla son plaisir si bien qu'elle fondit à nouveau sur la bouche de l'elfe l'embrassant avec beaucoup plus de fougue, lui mordant la lèvre dans ce baiser. Un baiser conquérant qui prenait et ne donnait rien sauf de la douleur. Une douleur qui n'avait pour but que d'attiser la flamme qu'il avait d'elle et qu'elle avait de lui.

Oryash était devenue en l'espace de quelques minutes quelqu'un de totalement différent. Elle qui était si froide et si distante s'était peu à peu échauffée au contact de Cromax, et paraissait maintenant brûlante de désir alors qu'elle se trouvait tout contre lui. Elle se laissait emporter par ce qu'elle ressentait comme en un rêve envoutant. Comment en si peu de temps avait-il réussit à faire totalement perdre pied à Oryash et à envahir la totalité de son esprit? Elle semblait n'être plus qu'un jouet soumis aux désirs du sindel.

Oryash n'était plus elle même en cet instant. Ou peut-être l'était-elle alors pleinement. Toujours est-il que son esprit enflammé par le désir brûlant qu'elle ressentait pour Cromax ne s'attardait pas à de telles pensées. Elle n'avait plus la force de résister à son charme et quand bien même l'aurait-elle eue, elle n'en aurait pas eu envie. Plus rien n'existait que lui et elle, et cette étreinte que de nouveaux amants partagent avec passion, lovés l'un contre l'autre. Tout ce qu'elle désirait était de se délecter de cet instant avec lui, qui l'espérait-elle durerait une éternité, s'abandonnant une fois encore à la douceur de ses lèvres humides, à son souffle suave et à sa langue qui caressait délicatement les parois de sa bouche.

Pourtant allez donc savoir pourquoi un contact féminin vint briser cet instant et la peau blanche retrouva l'espace d'un bref moment toute sa lucidité.

"Non...";souffla-t-elle " Pas ça, pas avec elle..."

Et Oryash tenta à la force de sa volonté d'échapper à l'emprise du parfum suave qui emplissait la pièce. Y parviendrait-elle? Ou plus exactement parviendrait-elle à échapper à Cromax?

_________________
Image


Dernière édition par Oryash le Ven 10 Juin 2011 21:45, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Jeu 2 Juin 2011 21:04 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2954
Localisation: Elysian
[:attention:] Message pouvant choquer la sensibilité des plus jeunes lecteurs.

Torride. Tel est le mot à employer pour décrire le baiser que la Phalange de Fenris et moi-même partageons. Après un grognement dont je ne comprends pas la portée, elle se laisse aller complètement à mes lèvres, et la chaleur de nos corps se mêlent à la pointe de notre langue. Le désir continue à monter en moi, tel un volcan se préparant lentement à l’éruption de lave destructrice et dangereuse. Sauf qu’à la place de danger et de destruction, c’est bien le plaisir qui jaillira de nos corps mêlés.

Mais je ne me projette pas plus loin, dans cette situation, que le présent que je vis intensément. Des soucis quotidiens, des missions pour le Temple, de mes devoirs de Gardien, de mes récentes épreuves, je ne me soucie pas. C’est comme si, dans l’espace restreint de cette chambre rouge, tous mes soucis s’envolent en de fines goutes de passion. Aucun tracas ne me martèle les tempes. Pas même les suppliques de Lysis me pressant pour telle ou telle chose, ou me prévenant d’un danger prochain.

Deux femmes contre mon corps à moitié nu est une situation me montant à la tête autant que l’enivrement d’une bouteille de vin de miel, tant par la douceur du moment que par le caractère fort de l’alcool, comparable à l’intensité de cet instant. Un murmure d’Oryash contre mon oreille, un souffle tiède m’arrachant un nouveau frisson, une caresse à mon esprit ronronnant, titillant mon égo. Envoutant, voilà le mot qu’elle emploie pour me désigner. Et sans doute n’est-ce pas totalement une erreur. Envoutée par le poison que j’exhale. Enivrée par la senteur de rose produite par ma broche, elle-même directement reliée à mon désir. Ainsi, même si je ne m’en rends qu’à moitié compte, ce n’est que le reflet de mon propre désir que je perçois chez elles. Et étrangement, ça me pose presque problème. Le jeu de la séduction n’est plus aussi croustillant si l’on y use de subterfuges détournés. Tout ça manque de sincérité, comme si le délice de ce moment n’était qu’un artifice qui, tel une rose, se fanerait sitôt consommé.

(Cromax ! Profite bon sang ! Tu ne dois pas avoir ces réticences. Tu l’as dit toi-même, cette broche fait partie de toi. C’est toi. Et c’est ton pouvoir que de séduire, non de manière détournée, mais par la magie rouge qui t’habite. Une magie non-élémentaire. Une magie aussi chaude que celle du feu, aussi douce que celle de la lumière, aussi fluide que celle de l’eau. Une magie sociale. La beauté, la grâce, le charme, voilà tes armes lorsque tu es sans lame. Et comme de toutes les épées, sabres et lances, tu en es le maître incontesté.)

Je me laisse bercer par les pensées positives que me transmet Lysis. Je m’abandonne au moment en abandonnant tout sens de l’éthique. Je lui donne raison, comme toujours. Son emprise sur moi est telle que je ne peux me soustraire à ce qu’elle me dit, puisqu’aussitôt, c’est comme si je le pense également.

Sur mon torse, les lèvres de Salymïa s’agitent, et sa langue sur mon poitrail. Une main toujours dans le cou de la femme des monts enneigés, que j’embrasse à nouveau avec une vigueur retrouvée, l’autre saisie par l’elfe blanche pour la plaquer contre sa poitrine ferme, que je sens durcir à travers sa robe.

Mais bientôt de la robe, je ne sens plus rien : elle passe mes doigts sous sa robe, le long de sa cuisse gracile et douce, et la remonte jusqu’à son sein en passant par la chaleur de son ventre écumant d’envies charnelles. Et très vite, ce pan de tissu qu’était sa robe se défit de son corps pour le laisser à nu, sur moi. Frêle et fragile, et pourtant présente intensément, de par sa chaleur puissante, je la sens se plaquer contre mon torse nu, et ma respiration s’accélère sous le coup de la pression sanguine qui monte en moi. Je sens la menotte de l’elfette chercher ma virilité, et la saisir pour lui octroyer de douces caresses. Je m’y abandonne avec délectation…

Mais soudain, comme une soudaine prise de conscience, Oryash a un vif mouvement de recul. Elle ne veut pas. Pas avec elle. Pas avec son ennemie… Pas avec celle qu’elle considère comme son inférieure, visiblement. Et pourtant son désir semblait intact, envers moi. À cause de ce parfum exhalé passionnément de ma broche. Ce parfum à l’effet inaltérable, et imparable. Un parfum à l’effet incontrôlable, tant par moi que par mes victimes involontaires…

Des victimes… Des victimes et non des amantes. À nouveau, cette culpabilité m’envahit, et avant de me faire rabrouer une fois de plus par Lysis, dont la conscience est embrouillée par le délice du moment, j’écarte doucement Salymïa de mon corps, la portant pour l’allonger à mon côté en me soustrayant à ses caresses. Je regarde la Phalange tout en me levant de mon lit, torse nu, simplement vêtu d’un pantalon de lin noir ample. Je place une main contre sa joue, délicatement, mais ma mine est plus grave.

« Vous avez raison. Nous ne pouvons pas. Pas ici, pas comme ça. »

Je jette un regard plein de regret et d’excuses vers l’elfe blanche, allongée nue sur ma literie écarlate. Et si le désir est toujours si fort, si le parfum est toujours exhalé avec la même intensité, me rendant indéniablement irrésistible auprès de ces deux magnifiques créatures, je me dois de me soustraire à elle, et de les laisser dans cet état d’attente et d’excitation puissante.

(Vois, en les abandonnant tu les réduiras à la frustration de n’avoir pas pu consumer ta chair. Et tu seras tout aussi frustré de n’en avoir pas profité.)

Même si je sais qu’elle a raison, ma décision est prise, et il est trop tard pour revenir en arrière. Je recule vers la porte de ma chambre, et ouvre celle-ci sans quitter les deux demoiselles des yeux.

« Nous nous retrouverons plus tard. Je suis… désolé. »

Et sitôt ce dernier mot prononcé, je quitte la pièce en laissant la porte se refermer derrière moi. Mes pas pressés, sans être une course, me font longer le long couloir de pierre pour m’amener au plus vite au bout de celui-ci, dans la salle où j’ai combattu vainement la faera de la Prêtresse de la Rose.

Un rond noir de cendre marque toujours l’emplacement du brasier, et l’autel est toujours pourvu de toutes mes affaires. Je soupire en les regardant. Rien ne manque… Mais du coin de l’œil, j’avise un bassinet d’eau laissé là. Sans doute a-t-il servi pour éteindre totalement les dernières braises flamboyantes de mon combat. Je me laisse aller vers lui pour m’y pencher, et y plonger les mains pour m’éclabousser le visage et me mouiller la nuque. Je laisse les gouttes glaciales glisser sur mon torse, rafraichissant l’ardeur bouillante en moi.

Je respire profondément, les yeux fermés, un instant…

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Jeu 2 Juin 2011 22:57 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 28 Juil 2010 16:33
Messages: 5005
Localisation: Aux alentours d'Oranan
Post précédent

La respiration du Sindel s’accéléra lorsque je vins me plaquer contre son torse nu tandis que ma main allait caresser sa virilité. La peau blanche me poussa et je me retrouvais sur un flanc de Cromax pendant qu'elle s'étendait de l'autre côté. Mon esprit toujours ailleurs ne s'en rendit même pas compte et je continuais sur ma lancée jusqu'à ce que je sente ce sentiment de rejet vis à vis de moi. Ma présence semblait rappeler à Oryash à quel point elle me haïssait et elle eut un mouvement de recul. À partir de cet instant tout commença à s'embrouiller dans ma tête. Incapable de discerner la réalité du rêve, je regardai le visage du Sindel et pus y voir clairement de la culpabilité. Je sentis qu'il me poussait délicatement pour m'allonger sur le lit.

"...après ça se sera toi et moi. Rien d'autre....

Non !

...après ça se sera toi et moi. Rien d'autre...

Qui ?... Où suis-je ?"


Tout en revenant petit à petit à moi, je perçus de loin la voix de Cromax qui disait que nous ne pouvions pas continuer ainsi ici et de cette façon. Que voulait-il dire ? Je ne comprenais rien. Je le fixai du regard espérant qu'il revienne mais son regard était empli d'excuses et je ne voyais pas pourquoi. Je ne voulais qu'une chose, qu'il revienne, ressentir de nouveau son corps contre le mien, pourquoi s'éloignait-il l'âme visiblement si tourmentée ? Nous n'étions pas en train de commettre un crime, alors pourquoi ? Ce mot revenait en boucle dans mon esprit et j'eus même envie de lui demander de revenir mais je ne sais pourquoi, je me ravisais. L'excitation était arrivée à son paroxysme lorsqu'il prit congé de nous deux nous disant que l'on se reverrait plus tard et il ajouta un « je suis désolé » sincère et qui me déchira le cœur.

À ce mot la porte se referma sur l'image de cet être quasi irréel. Le parfum se dissipa et le brouillard qui empêchait ma raison de fonctionner disparut progressivement. Ce fut à ce moment que je réalisai que j'étais nue. Je poussai un cri et saisit ma robe tombée au pied du lit et me rhabillai aussi vite qu'il n'en avait fallut pour qu'elle tombe sans doute. Je ne me souvenais de rien. Oryash était toujours là. Je la regardai les yeux grand ouvert mais vide de toutes expressions.

"Non... !"

Je compris que j'avais perdu pied et que j'avais commis ce que je m'était promis de ne pas faire... La seule chose qui me rassura c'est que je n'avais pas été la seule mais la peau blanche s'était ressaisie à temps. C'était d'elle qu'était venue l'onde de mépris que j'avais cru percevoir plus tôt. Je me retournai, pris mon bâton et sans un mot pour l'humaine, sortis de cette pièce en ramassant un morceau de tissu. Ainsi il était comme ça ? Un manipulateur qui nous enivrait d'un parfum irrésistible pour nous laisser tomber par la suite ? Pourtant j'avais senti sa culpabilité ? Je voulais avoir le fin mot de l'histoire et mettre les choses au clair.

"...après ça se sera toi et moi. Rien d'autre..."

Amhalak ! Je me raccrochai à son souvenir, à sa gentillesse, son amour vrai pour retenir mes larmes qui me menaçaient. Une fois de plus je m'étais faite avoir. Était-il de mèche avec Oryash ? Je commençais à devenir parano alors que je progressai lentement dans le couloir que j'arpentais dans la continuité de tout à l'heure. Il déboucha sur une salle où je retrouvai le Sindel qui se versait de l'eau froide. L'eau ruissela sur son torse nu alors qu'il avait les yeux fermés comme pour reprendre ses esprits lui aussi.

Je m'avançai vers lui en sortant le morceau de tissu ramassé dans la pièce où l'ambiance avait été torride et je le plaçai devant mon visage pour ne pas ressentir de nouveau l'odeur envoutante. Ni une ni deux je lui lançai.

"Alors c'était ça ton plan ? Tu abuses de tout le monde avec ta broche ? Je te dirais bien d'aller en enfer mais je pense que tu y es déjà et ce depuis longtemps..."

Je me montrai très dure car j''étais en colère. Pas parce qu'il avait fuit, mais contre moi-même pour ne pas avoir su me maîtriser. Après tout la peau blanche, elle, avait réussi mais moi j'étais toujours faible. J'avais décidé d'attaquer avant que se ne soit l'inverse. Je repris donc mon calme avant de continuer.

"Je ne te connais pas et toi non plus tu ne me connais pas ! Ne vas pas croire que je suis une faible comme le prétend Oryash ! lui lançai-je d'un ton neutre. Tu es maudit, cette broche fait partit de toi, je l'ai compris.... Mais elle pourrit tous tes désirs de recherche de ce qui est vrai, sincère, dans ce monde sinon tu ne te serais pas sentis coupable et tu aurais profité de nous jusqu'au bout..."

Je marquai une pause car des images de ce qui venait de se produire me revenaient en masse. Même si tout n'était pas entièrement ma faute, j'appliquai ce que m'avait jadis apprit mon père, s'excuser.

"Je suis désolée moi aussi...J'aurais dû sentir ton mal-être...J'aurais dû..., dis-je en réprimant mes larmes de tel façon que le Sindel ne put percevoir aucune marque de tristesse dans ma voix. Saches que ma proposition tient toujours. Si un jour tu en as marre de ce manque de vrai, de sincérité dans tes rapports avec les autres, je te guérirai ! Je serais là si tu as besoin. Ou à défaut de l'ôter, contrôle là, tu n'as pas besoin de cette broche!" lui affirmais-je avec de la joie et de la détermination dans la voie.

D'où venait-elle ? Peut-être du fait que j'arrivais à me contrôler. Le tissu y était sans doute pour beaucoup mais cela n'avait guère d'importance. Sur ce je tournai le dos à Cromax si bien que je ne pus, car je ne le voulais pas, voir sa réaction.

"Tu es sans doute quelqu'un de bien mais tu es torturé, que tu en ai conscience ou non, ça se sent... Je le suis aussi sauf que moi je montre tout, je ne me cache pas... Je serais dans la cour, j'ai besoin d'air. À plus tard pour les explications de la prêtresse." lui lançai-je par dessus mon épaule en me retournant et ôtant le voile pour lui lancer un sourire sincère mais purement amical.

Puis je sortis, traversant le couloir à une vitesse folle car j'étouffais dans ses couloirs malgré la fraîcheur qui pouvait y régner. Une fois dehors je me plaquai contre l'un des murs pour faire le point et retenir la leçon de ce qui venait de se passer. En fouillant dans mon paquetage ma main tomba sur une fiole de fluide de lumière. Sur la petite bouteille se trouvait un mot de mon amour.

"Pour que tu te rétablisses vite et, je me suis douté que tu en aurais acheté un. N'oublis pas, même loin, je suis avec toi. Tu as tout mon amour.
Amhalak."


Je souris en voyant ce cadeau inattendut dans mon sac. J'absorbais le fluide de lumière que je sentis couler en moi me rendant un peu plus forte.

"Merci mon cœur..."

Après cela je m'avançai dans la cour où j'allai restée à l'air libre en attendant Cromax, Oryash et la grande prêtresse. Être un peu seule allait me faire le plus grand bien...

_________________
Image



Dernière édition par Salymïa le Ven 10 Juin 2011 09:01, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Jeu 2 Juin 2011 23:46 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 10 Avr 2010 23:59
Messages: 721
Localisation: Kendra-Kâr
Oryash... tout était venue d'elle ou plutôt de son moment de lucidité où l'espace d'un instant le parfum n'avait plus eu d'emprise sur elle. Et là subitement tout avait basculé. En quelques minutes le charme avait été rompu et le sindel comme échaudé par le refus de céder de la peau blanche avait repris lui aussi ses esprits.

Alors il apparut sous un nouveau jour à Oryash. Elle le perçut comme un prédateur qui rodait sournoisement autour de ses futures victimes avant de les soumettre à son désir grâce aux effluves qu'il répandait.
Mais voilà en lui résistant elle avait fait naître en lui un sentiment de culpabilité qu'elle avait parfaitement lu dans son regard au moment ou il avait quitté la couche qui les avait accueillit tous trois.

Oryash avait ressentit un sentiment d'abandon vite dissipé par le fait qu'elle aurait pu commettre l'irréparable en s'abandonnant aux bras du Sindel mais aussi à ceux de Salymïa et cette pensée la dégoutta.
L'idée que cette femme puisse poser les mains sur elle et la caresser, la révulsa et elle eut un frisson de dégoût alors que l'elfe en question poussait un cri.

Mais alors qu'elle ne s'y attendait pas du tout, Cromax posa une main contre sa joue et lui dit qu'elle avait raison que cela ne devait pas se passer ainsi et elle acquiesça d'un battement de cils, restant silencieuse.

Oryash se sentait étrangement vide, comme si l'arrêt soudain de leur petit échange amoureux l'avait laissé sur sa faim. Une faim qu'elle ressentait encore à l'égard de Cromax et qu'elle avait du mal à contenir. Elle sentait encore en elle le désir qu'elle avait de lui. Un désir incontrôlé qu'elle ne parvenait pas à annihiler tant le parfum qu'il dégageait était envoûtant.

Le sindel quitta la chambre et Oryash se retrouva seule avec Salymïa qui ne tarda pas à comprendre ce qui s'était ou avait été sur le point de se passer et chercha à l'interroger du regard avant de quitter elle aussi la pièce, visiblement choquée.

Seule, Oryash se laissa choir sur le lit, passant les mains derrières la tête, fixant le plafond en essayant de comprendre comment la situation avait pu basculer de la sorte. Elle se torturait l'esprit , tournant et retournant la question sans cesse mais ne parvenait pas à trouver une explication logique à tout ça.
Puis elle repensa aux paroles de Cromax....

"Nous nous retrouverons plus tard... je suis désolé".

Oui, mais désolé de quoi?
Un élément majeur lui manquait restait à savoir lequel. Cet homme était un mystère à lui seul et elle entendait bien le mettre à jour.

Elle soupira longuement, se tourna sur le ventre et sentit l'odeur du sindel sur les draps. Une odeur moins captivante à présent qu'il avait quitté la pièce mais toujours aussi subtile et douce.

Attendre, elle n'avait plus que ça à faire. Sa partenaire devait être quelque part à se morfondre en pleurnichant comme à son habitude et Cromax et bien elle ne savait pas et ne voulait pas savoir. De toute façon, tout ou tard il referait surface.

Aussi prit-elle son mal en patience en pensant au woger qui devait être quelque part à l'extérieur de ces murs. A tiens d'ailleurs, elle avait oublié de les prévenir pour l'animal. Mais après tout quand aurait-elle pu le faire vu la tournure des évènements?
Elle haussa les épaules en soupirant à nouveau avant de s'endormir. De toute évidence elle n'avait pas encore récupéré de son périple nocturne.

_________________
Image


Dernière édition par Oryash le Ven 10 Juin 2011 21:49, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Ven 3 Juin 2011 17:14 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2954
Localisation: Elysian
Alors que je m’asperge d’eau pour refroidir mes ardeurs, sentant l’eau couler contre mon dos et mon torse, sur mes cheveux, gardant les yeux fermés, je sens une présence apparaître dans la pièce. Des pas feutrés, mais décidés, arrivent vers moi. Je reconnais là la légèreté d’une elfe, et je n’ai que peu de doute sur l’identité de celle qui vient ainsi me retrouver. Soit il s’agit de la prêtresse, qui n’a, je crois, rien de particulier à me dire, soit c’est plutôt Salymïa, rhabillée, qui vient… qui vient me parler. Je prône avec raison cette seconde solution, et elle m’est confirmée l’instant d’après, lorsque l’elfe blanche commence à parler d’une voix pleine de ressentiment.

Elle m’accuse d’avoir volontairement abusé de leur corps en usant du pouvoir de ma broche. Je soupire de lassitude en rouvrant les yeux, observant mon propre reflet mouvant dans l’eau du bac sur lequel je suis penché. J’ai envie de répondre que je ne contrôle absolument pas cette caractéristique, mais ce serait inutile. Elle semble bien trop énervée pour entendre raison. D’ailleurs, je n’ai le temps de rien dire, puisqu’elle poursuit, toujours aussi vive dans ses propos. Elle me condamne à l’Enfer, précisant même que je dois m’y trouver depuis longtemps. Sans qu’elle le voie, puisque je suis de dos, je roule des yeux. Si elle savait… J’en viens, des Enfers. Et j’en suis sorti en écrasant le Champion de Phaïtos, avec d’autres compagnons. Je doute qu’elle ait cette connaissance du monde du dessous, ce monde de mort et de souffrance. De violence et de peur. Cela n’est à envier pour personne, pas même pour son pire ennemi. Mais je sais qu’elle l’ignore, aussi préféré-je me taire une fois encore, la laissant poursuivre d’elle-même dans son monologue accusateur.

Étonnamment, la suite est plus calme dans le ton. Elle m’affirme ne pas être faible, répondant après coup aux provocations de la Phalange de Fenris, comme pour se justifier d’un éventuel jugement que j’aurais pu porter sur elle. Le seul jugement que j’ai à son propos en ce moment découle de ses propres mots : elle manque de confiance en elle, et a besoin du regard de personnes comme moi pour vivre pleinement. Dans une illusion, alors qu’elle a toutes les cartes en main pour vivre d’elle-même. S’en suit un discours sur la malédiction que m’accorde ma broche, et une proposition surprenante de l’ôter de ma chair.

Comme si elle avait voulu me blesser, je porte ma main à mon bijou, caressant de mes doigts la cicatrice le contournant. Oui, cette broche fait partie de moi. Et il est hors de question que je m’en sépare, pour rien au monde, et jamais. Cependant, elle offre une autre piste à laquelle je n’avais encore jamais pensé : contrôler le pouvoir de cette rose métallo-organique. C’est sûrement possible, même si je dois pour ça apprendre premièrement à contrôler mes propres désirs. Je ne prête presque aucune attention aux remords dont elle fait preuve à mon égard. Je n’en ai cure, elle n’a à s’excuser de rien. Elle était, pendant tout ce temps, sous le contrôle des phéromones. Elle semble affectée, et se dérobe aussi abruptement qu’elle est arrivée, prétextant un besoin d’air. Je la laisse partir sans la retenir. Je n’ai pas prononcé la moindre parole, mais j’imagine qu’elle s’est présentée plus pour vider son sac que pour avoir une vraie conversation.

Une fois partie, je me relève enfin. Les gouttes sur ma peau ont déjà presque séché, même si ma chevelure est toujours humide. Je passe une main dedans, pour les recoiffer autours de mon visage. En vain, puisque quelques mèches plus courtes retombent de toute façon devant mes yeux. Toujours torse-nu, je décide d’aller me rhabiller avant d’être à nouveau interrompu. Je m’approche donc de l’autel où sont toujours restées mes affaires, intactes. Même si en plus, au-dessus d’elles, la Lame Buveuse d’Âmes débarrassée de sa malédiction est posée. Elle semble, rien qu’à l’œil, moins sombre qu’elle n’était auparavant, et je m’en réjouis. Je la prends par la garde et l’inspecte en la faisant tourner dans ma main. Aucun changement de moral, aucun affect spécifique. Elle semble vraiment réparée…

Heureux, je la glisse dans son étui, et attache celui-ci à ma taille. De l’autre côté, je glisse le fourreau de mon arme métamorphe sous sa forme la plus petite, celle d’une dague fine, de l’autre côté, accroché aussi à ma ceinture. J’enfile alors ma fine cotte de Mythril, ce métal nain si léger et résistant, qui n’est pas plus encombrant qu’une simple chemise. Par-dessus, je passe une veste noire et longue de tissu solide, et termine l’habillement par ma cape. Celle dont les capacités m’étaient occultées par la malédiction de l’arme. Puis, j’accroche solidement ma bourse à ma ceinture, et enfile mes bottes et mes jambières blanches. Autour de mes avant-bras, je place mes brassards kendran, par-dessous mon habit. Je m’empare de mes bijoux, ma bague et mon pendentif dorés, et je les arbore également, avant de poser dans mes cheveux mon fin diadème d’argent clair. Ma besace vide accrochée sous ma cape, et me revoilà tel que je suis arrivé ici.

Je ne ressens presque plus aucune séquelle de mon rude combat, et j’en suis heureux. Je suis conscient d’avoir encore besoin de repos, mais du moment que je n’embarque pas dès aujourd’hui dans un long et pénible voyage, tout va bien. Je m’étire les muscles un instant avant de me décider de rejoindre Salymïa dans la cours. Mais avant, je décide de repasser par ma chambre…

Ainsi, je prends le chemin inverse, dans le couloir de pierre, et entre doucement dans ma chambre. Sittôt, je remarque qu’Oryash n’a pas quitté ma couche. Elle semble dormir, yeux clos et visage paisible, posée sur la couverture rouge. Sa vision me rappelle sans mal ses ongles déchirant la chair de mon dos par passion. Et ses dents appuyant sur mes lèvres avec une douleur délicieuse. Elle semble désormais si sereine… Je décide de ne pas déranger son somme, et je marche juste jusqu’à elle pour la regarder un instant. D’une main aérienne, je replace une mèche blanche de ses cheveux hors de son visage, tout en souriant. Qui dirait que cet ange endormi peut s’avérer une amante fougueuse, une tigresse en chasse.

Je fais demi-tour et quitte les lieux sans plus m’attarder. Sans me presser, je rejoins la cours centrale du château en ruine en parcourant le reste du couloir. Je pousse la lourde porte de bois et sors en constatant que le jour est déclinant, et que le ciel teint d’orange sombre est strié de nuages abricot plus clairs que la teinte de fond. Je repère aussitôt deux vigiles, postés sur les tours, armés d’arcs, et en livrée rouge. Salymïa, elle, seule au milieu de la cour, semblait pensive. Je m’approche silencieusement par derrière, lentement, et arrivant à proximité, je ne trouve rien à dire d’autre que :

« Superbe ciel, n’est-ce pas ? »

En effet, les couleurs sont belles, et prêtent à la contemplation, mais ce n’est sans doute pas ce qu’elle attendait… Qu’importe, je n’ai plus envie de revenir sur ce qui s’est passé pour l’instant. Droit et fier, je me poste à côté d’elle, regardant les cieux de mes yeux sombres.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Ven 3 Juin 2011 23:10 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 28 Juil 2010 16:33
Messages: 5005
Localisation: Aux alentours d'Oranan
Post précédent

L'air frais du crépuscule arrivant sur la cour m'éclaircit les idées mais je ne trouvais pas pour autant de réponses à mes soucis personnels. En cet instant, seule au milieu des tentes, je n'avais envie que d'une chose, être avec Amhalak. Avec lui je pouvais parler, j'étais libre de m'exprimer et de me laisser aller sans avoir l'impression que l'on me jugeait. J'aimais être avec des gens mais depuis quelques temps je n'étais qu'avec des personnes qui n'exprimaient rien et cela renforçait mon sentiment de solitude. À quoi bon me forcer à rester avec eux ?

Ni Cromax ni Oryash n'était sorti de ce couloir. Peut-être avaient-ils repris là où nous nous étions arrêtés ? Cette pensée ne procura aucune réaction en moi. Je n'eus pas envie d'aller voir. Qu'ils fassent ce qu'ils voulaient, ce n'était pas mon affaire. De plus je ne savais pas quelle attitude adopter face à ces deux personnes qui étaient armée jusqu'aux dents pour l'une, et musclé comme un dieu pour l'autre, sans doute signe de nombreux combats livrés. J'avais été protégée toute ma vie par des parents aimant, surtout mon père. Je ne connaissais pas leur monde mais, la différence c'est qu'eux vivaient ainsi depuis toujours. Dans mon cas, tout m'était tombé dessus d'un seul coup ! Comment voulaient-ils que mon caractère change après quatre-vingt-onze passés ainsi ? Je changerai, mais à mon rythme. Cependant les choses s’accéléraient tellement que je me sentais pressée par tous.

Mon regard était plongé dans les flammes du gigantesque feu de la cour. Voilà ce qui m'arrivait. Tel un brasier, ma vie s'était enflammée d'un seul coup et je ne trouvais pas d'eau pour l'éteindre sauf lorsque je me retrouvais dans les bras de mon amour. Authentique et vrai, sa sincérité me portait mais, loin de moi, le manque était trop fort. Je relus à plusieurs reprise le simple petit mot qui accompagnait le fluide de lumière que je venais d'absorber. Lui au moins me soutenait et je savais que quoi qu'il se passe, il serait toujours là pour moi.

Alors que j'étais plongée dans mes pensées, je sentis une présence derrière moi. La grande prêtresse ? Oryash ? Cromax ? Je ne voulais pas le savoir sauf si l'elfe à la chevelure si particulière venait à moi. Je levai mon regard au ciel pour essayer en vain d'échapper à ma réalité et pour revenir à l'époque bénite de mon enfance lorsque je jouais sur les genoux de mon père. La personne avança lentement et un frisson parcourut le long de mes bras lorsque le Sindel prit la parole pour faire une simple remarque sur la beauté du ciel. Il avait raison, ce ciel était beau et apaisant. Tel le vent et les nuages, je laissais filer mes idées noires. À mon grand soulagement il ne parla pas de ce qui s'était produit ni de ce j'avais pu lui dire quelques minutes au par avant et surtout, la peau blanche n'était pas là. Fier, il se campa à mes côtés et demeura silencieux.

"C'est surtout apaisant je trouve...", dis-je en repsirant profondément l'air frais amené par une légère brise.

Je n'osais pas trop parler de peur de le froisser ou tout simplement parce que ce que je trouvais à dire n'était pas intéressant... Ce fut seulement après de longues minutes de silence que je me tournai vers lui. Il était vêtu tel un prince, un pantalon noir, des équipements de protections, des armes à foison, des bijoux et le diadème posé sur son front qui attira immédiatement mon attention. Il était magnifique, il ressemblait à l'une de ses personnes que l'on voit sur les tableaux. Nos capes respectives volaient au vent et encore une fois mon esprit sembla faire une pause. Je fixai Cromax mais ce n'était pas lui que je voyais.

"..toi et moi...rien d'autre..."

Je souris et secouai ma tête comme si j'avais des feuilles prises dans mes longs cheveux. Autour du feu se trouvaient des troncs d'arbres qui devaient être là pour s'assoir.

"Ça te dis que l'on se pose près du feu ?"

Sans attendre de réponse de sa part, je m'assis et m'étirai car mes muscles étaient endoloris. Je glissai le mot de mon homme au niveau de ma poitrine comme pour symboliser un bouclier qui me protègerait de la souffrance. Après cela je ramenai mon esprit dans cette cour et à l'instant présent. Aussi, engageai-je la conversation.

"Alors Cromax, d'où viens-tu ? Comment as-tu rejoint le Temple ?...Tu es quand même très...mystérieux."

En le regardant je lui souris amicalement, l'invitant à parler. J'étais de ces personnes qui pensait que le passé d'une personne était des plus fascinant. Cela pouvait expliquer bien des choses sur son comportement. Curieuse j'attendis une réponse tout en redoutant l'arrivée d'Oryash...

_________________
Image



Dernière édition par Salymïa le Ven 10 Juin 2011 09:14, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Ven 3 Juin 2011 23:50 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 10 Avr 2010 23:59
Messages: 721
Localisation: Kendra-Kâr
précédemment: Quand tout bascule



Le sommeil de Oryash fut agité. A mainte reprise elle se revit sur Nosveris, dans son clan à subir les brimades et les méchancetés des membres de la meute. Il fallait se battre, se battre pour exister, se battre pour manger, se battre pour être reconnue comme membre de la meute, se battre pour sa survie.

A mainte reprise elle avait voulu abandonner et se laisser bouffer mais cela aurait été leur donner raison. Depuis sa naissance tous disait qu'elle ne survivrait pas et elle avait survécu.
Elle n'avait pas enduré toutes ses souffrances pour renoncer à présent.

Tout ça avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui, une femme dénuée de sentiments ou plus exactement une femme qui les cachait derrière une apparence glaciale.
Qui en effet pouvait se rendre compte que derrière ce joli minois à la beauté angélique se cachait une âme torturée? Une âme errante qui hurlait de douleur intérieurement d'avoir dû quitter les siens pour sa propre survie. Personne.

Oryash était exigeante avec les autres mais encore plus avec elle-même. Elle ne supportait pas l'échec et mettait tout en oeuvre pour que cela n'arrive pas. Un échec était la pire des choses, aussi ne s'encombrait-elle pas de sentiments qui pouvaient mener une mission à sa perte. Une hésitation quelle qu'elle soit et cela pouvait signer son arrêt de mort. C'est pourquoi elle préférait opérer seule afin d'être le plus efficace et la plus performante possible et jusqu'alors cela lui avait plutôt réussi .

Seulement maintenant qu'elle faisait partie des amants de la rose sombre tout avait été remis en question et faire équipe avec quelqu'un se révélait être un vrai supplice. Pourtant il allait falloir qu'elle apprenne à travailler en équipe et surtout à accorder sa confiance.

Oryash dormait paisiblement quand elle sentit comme une présence dans la chambre. Machinalement son instinct de survie prie le dessus, gardant les yeux clos elle demeura immobile. Si quelqu'un en voulait à sa vie, il s'approcherait.
Des pas se firent entendre, et quelqu'un approcha doucement de la couche où elle reposait. Seulement le coup qu'elle attendait ne vint pas. Non. Ce fut bien plus doux que ça, une légère caresse sur son visage afin d'ôter une mèche de cheveux. Elle perçut un souffle léger et une odeur infime qui lui indiqua aussitôt qui se trouvait près d'elle, Cromax.

Puis les pas partirent en sens inverse et la porte s'ouvrit à nouveau avant de se refermer. Oryash ouvrit alors les yeux et porta une main à sa joue avant de réaliser qu'elle était toujours dans la chambre du Sindel. Elle s'y était endormie sans même s'en rendre compte.
Elle se redressa sur le lit, s'étira longuement, bombant la poitrine, creusant les reins et poussa un petit gémissement de bien-être. Elle passa une main dans ses cheveux et retira le lien qui les nattait. Elle secoua la tête légèrement et ses longs cheveux cascadèrent dans son dos.

Il était temps pour elle de sortir de cette chambre avant qu'elle ne décide d'en faire ses quartiers. Elle bondit du lit, remis de l'ordre dans sa tenue, ajusta ses griffes à sa ceinture et prit la direction de la cour.
Elle traversa le couloir et gagna l'extérieur. La première chose qu'elle remarqua était le soleil couchant qui offrait à sa vue une multitude de couleurs chatoyantes. Elle contemplait ce spectacle quand quelque chose bondit par-dessus sa tête avant d'atterrir à deux mettre d'elle. Le woger...

Apercevant l'animal, la Phalange de Fenris afficha un sourire avant que ce dernier ne fonce sur elle et ne la renverse au sol.
Une joute ou plutôt un jeu s'instaura entre eux. La jeune femme éprouvait un réel plaisir à s'amuser de la sorte avec le woger. Cependant le danger était réel, si l'animal venait à perdre le contrôle Oryash risquait d'en payer le prix fort. Au mieux elle serait défigurée, au pire elle perdrait la vie. Mais pour le moment cela n'avait pas l'air de l'inquiéter outre mesure puisqu'elle se roulait dans la poussière avec le Woger, s'amusant comme une petite folle. A force de roulades, ils finirent par arriver près du feu de camps où Salymïa et Cromax discutaient.

L'animal débarbouillait la jeune femme de sa langue, visiblement content de la retrouver. Oryash riait et tentait de se soustraire aux pattes et aux coups de langue de l'animal. Mais allez donc vous débarrasser d'un woger qui mesure un mètre de long et pèse dans les 50 kg. La chose n'est pas aisée.
Oryash retrouvait une joie de vivre qu'elle n'avait pas éprouvée depuis des années.Enfant, elle se rappela avoir fait de même avec les loups qui vivaient au sein de la meute et cela avait donné lieux à bien des rires.

Puis soudain le Woger stoppa net ses facéties et se mit à grogner, prenant sans doute conscience que des étrangers se tenaient près de lui et de Oryash. La peau blanche réalisa alors qu'elle n'était pas seule dans la cour . Elle souffla sur les mèches de ses cheveux qui lui masquaient le visage, avant de les rejeter en arrière d'un geste rapide et suave à la fois.
Voyant qui se trouvaient là, elle se mordit la lèvre inférieure comme une enfant prise en faute, fixant Cromax de ses grands yeux rubis avant de partir dans un rire magistrale tout en caressant le flanc du Woger pour l'apaiser.
Elle n'avait que faire d'être couverte de poussière sous l'oeil étonné des deux amants.

_________________
Image


Dernière édition par Oryash le Ven 10 Juin 2011 21:52, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Sam 4 Juin 2011 15:13 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2954
Localisation: Elysian
Apaisant. Salymïa a raison. Cet orange profond et sombre est apaisant, rassérénant. J’inspire l’air crépusculaire profondément, imitant l’elfe blanche, et soupire d’aise, content qu’elle n’ait pas eu l’idée de me rejeter violemment, ou de me questionner sur ce que j’ai pensé de son petit laïus à mon égard. Non, elle préfère visiblement ne rien dire, et observer le ciel. Je ne sais pas s’il y a un malaise entre nous, mais si tel est le cas, je ne le ressens pas. Après tout, nous n’avons rien fait de mal… Rien fait du tout, même, au final.

Nous restons plantés là un moment, avant qu’elle ne brise la monotonie silencieuse qui s’était enclenchée, sans que rien ne soit nécessaire. Juste l’admiration du ciel, le profit de ce début de soirée, la sensation d’être vivant, libre, et en bonne santé. Libéré de cette entrave psychique que formait la malédiction de mon arme. Elle me propose de m’asseoir près du feu, et je hoche la tête pour approuver son idée. Elle me précède sans attendre de réponse, et je me contente de la suivre, m’installant à son côté sur le tronçon de bois sec posé là tout à côté en guise de banquette. Et là, elle se fait curieuse à mon égard. Apparemment, le temps des histoires dont j’ai parlé tout à l’heure est arrivé, et en souriant malicieusement, je réponds à sa question, les yeux plongés dans les flammes sans fumée.

« Je viens de partout et de nulle part à la fois. Je n’ai guère de racines, car j’ai énormément voyagé. J’imagine que je suis issu du Naora, mais je n’en ai aucun souvenir. Mes premiers souvenirs sont à Tulorim… Mais j’ai visité de nombreux endroits, depuis. »

Puis, elle pose une question sur le temple. Comment l’ai-je rejoint ? Je ne sais pas si la formulation est tout à fait exacte, me concernant.

« C’est plutôt le temple qui m’a rejoint que l’inverse, je crois. Ensuite, Pulinn n’a eu qu’à se montrer convaincante pour que j’adhère à ce qui s’y passe. Elle est douée, pour ça. Tu dois l’avoir remarqué… »

Mystérieux… je ne crois pas l’être. Pas intentionnellement, en tout cas. Mais j’ai beaucoup de vécu riche en expérience, et chacune de ses expériences peut se lire sur mon corps, sur mon maintien, mon expression. Et bien que rien ne ressorte de mes yeux, je sais que je peux en imposer. Avec nostalgie, je me souviens de l’effet bluffant que j’ai fait à Léonid Archevent, le soir où je l’ai rencontré. Il a eu peur de ma prestance…

Mais je n’ai le temps d’y penser plus profondément que la porte derrière nous s’ouvre pour laisser apparaître Oryash, éveillée, et qui ne semble pas prendre conscience de notre présence. Au lieu de ça, je remarque aussi un animal ressemblant à un loup, mais plus imposant, se dresser sur la rune d’un mur d’enceinte et bondir sur la Phalange. Mes yeux s’arrondissent de crainte pour elle, et je m’exclame :

« Que… ! »

Mais très vite, il s’avère qu’elle connait cet animal, et un jeu complice s’installe entre eux. Je l’entends rire alors qu’elle roule dans un simulacre de combat avec son compagnon animal, et je me détends quant à son sort, regardant Salymïa d’un air amusé.

« J’ignorais qu’elle était liée à une bête ! »

Et le jeu l’amène assez rapidement à rouler vers nous… Et l’animal s’en rend compte. Visiblement peu domestiqué, il s’arrête brusquement et grogne contre nous. Prudent, je mets une main sur mon arme métamorphe, sans la dégainer pour autant, mais paré au cas où. Mon visage tente de rester le plus paisible possible. Je n’ai aucune envie de tuer ce gros loup qui semble si complice avec Oryash. Elle prend d’ailleurs seulement conscience de notre présence, et, l’air coupable, part dans un rire clair et sincère. Je lève un sourcil, surpris de cette réaction, et commence à rire moi aussi, pris dans sa traînée.

« Eh bien, quelles autres surprises me réservez-vous donc ? Etes-vous dotée de pouvoirs magiques, Oryash ? »

J’ai déjà entendu des légendes selon lesquelles des êtres possédant les faveurs de Yuimen se liaient à des animaux, et pouvaient partager certaines caractéristiques avec, et même discuter. Mais jamais je n’en ai aperçu…

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Sam 4 Juin 2011 23:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 28 Juil 2010 16:33
Messages: 5005
Localisation: Aux alentours d'Oranan
Post précédent

Cromax ne tarda pas à me rejoindre sur le tronc près du feu n'émettant curieusement aucune fumée. Je l'observais avec attention alors qu'il répondait à ma première question, le regard plongé dans les flammes. Pourquoi refusait-il de me regarder ? Avait-il honte de quelque chose ? Par rapport à ce qui s'était passé ? Si tel était le cas, je ne m'en étais pas rendue compte lorsqu’il m'avait rejoint dans la cour et je ne comptais pas redéballer ça ici. Il me répondit sans vraiment que je puisse savoir si il était content de son sort ou au contraire si il le maudissait. Je cru compendre qu'il ne se souvenait de rien, ni sur son enfance ou sur ses parents. Ou alors il faisait semblant de ne pas se souvenir ne voulant pas déballer son passé à une inconnue ce qui était parfaitement compréhensible.

À l'entendre il était comme un aventurier qui avait visité un très grands nombres d'endroits. Une partie de moi le plaignit. J'avais eu la chance d'être élevée avec beaucoup d'amour et de sincérité, je n'aurais pu rêver meilleure enfance. La seule tâche sur ce tableau ydillique de mon enfance avait été l'assassinat de mon père mais à part ça, j'avais toujours été gâtée, tout le monde devrait avoir cette chance, mais la vie fait que ça ne se produit pas pour tous. Il était proche d'Oryash en ce sens. Ne semblant avoir aucune attache, voyageant à la recherche de je ne sais quoi. Pour eux la vie n'avait pas été paisible loin de là, contrairement à la mienne. Mais que fallait-il que je fasse ? Que je m'excuse ? Que pouvais-je faire de toute façon ? Rien.

D'un autre côté, je l'enviai. Être dès l'enfance forcé de lutter pour sa survie lui conférait une assurance, une confiance en lui que je n'avais pas. Il était parfaitement capable de se débrouiller seul alors que moi, une fois seule, la panique m'envahissait et rien ne l'arrêtait. C'était cela que me reprochait si durement la peau blanche. Une fois de plus je ne savais que dire. Tout ce que je savais c'était que l'éducation dans ce cocon m'avait protégé mais aujourd'hui je n'avais pas la force nécessaire pour faire face à tous les évènements qui me submergeaient. Je poussai un soupir de fatalisme. Peut-être ne changerais-je jamais ? Peut-être serais-je toujours faible ? Un nouveau soupir. Penser cela n'allait pas m'aider, mais les deux personnes dans ce monde pouvaient apaiser ce tiraillement. Le premier était mort lorsque j'avais quinze ans et le deuxième se trouvait je ne sais où dans le monde...

Je ne dis rien de mes pensées à Cromax, je préférais les taire... Pour ce qui concernait le Temple, c'était plus ce dernier qui était venu le trouver que l'inverse, mais une fois de plus cela n'était pas une certitude pour le Sindel. Il parla aussi de la force de persuasion de Pulinn soulignant que j'avais dû le remarquer. Dans mon cas, pas du tout.

"Pour moi ce fut l'inverse. Je pense plus l'avoir persuader de m'aider à trouver la vérité que l'inverse..., dis-je en souriant à l'elfe gris toujours aussi magnifique. Je trouve ça triste que tu ne te rappelles de rien... N'est-ce pas une source de questionnement pour toi et puis... ?"

Je n'eus pas le temps de finir car j'entendis la lourde porte en bois s'ouvrir et vit Cromax se tourner pour regarder qui venait de sortir. Ne sentant aucune magie, à part celle du feu, j'en déduisis qu'il s'agissait d'Oryash. Je restai dos tourné repoussant le moment de voir la méchanceté destinée à ma personne sur son magnifique visage à la peau écarlate. Essayant de calmer mon angoisse, je n'entendis pas que Cromax venait de parler mais après quelques secondes il me regarda d'un air amusé. Toujours assise je me retournai pour aperçevoir un spectacle des plus insolite.

La Phalange jouait avec un animal qui ressemblait à un loup mais en beaucoup plus gros. Ce ne fut pas la taille de l'animal qui m'interpella en premier, non. Ce fut la joie sincère, vraie que manifestait Oryash en jouant ainsi avec ce compagnon. Ce fut la première fois qu'elle montrait des sentiments. En cet instant précis rien n'était fein chez elle et cela me laissa perplexe. J'étais entourée de deux êtres radicalement différents de moi et pourtant si semblables... Je souris et me mis également à rire en voyant cette scène que je trouvais touchante. Cromax me dit qu'il ignorait qu'elle était liée à un animal. Je ne compris pas tout de suite mais en y réflichissant j'avais entendu parler de personnes capables de se lier avec des animaux mais il fallait pour cela être capable de maîtriser la magie et à ma connaissance, Oryash ne possédait aucun fluides magiques en elle. Du moins je ne sentais rien.

"Moi aussi je l'ignorais...", dis-je tout en y réfléchissant.

Mais je n'eus pas le temps d'y penser bien longtemps car les deux complices arrivèrent en roulade à nos pieds. À ce moment l'animal émit un grognement tellement semblable à ceux de la Phalange que j'eus un rire incontrôlé tandis que le Sindel avait déjà mit une main sur son arme au cas où. J'esquissai un mouvement pour lui signaler qu'à mon avis il n'y avait pas de danger mais Oryash s'en chargea elle même en se laissant aller à un rire franc, suivit de près par Cromax et moi même. La situation prenait une curieuse tournure mais je ne voulais pas me prendre la tête. Comme pour confirmer mes pensées précédentes Cromax demanda à la peau blanche si cette dernière possédait des pouvoirs magiques.

Moi, je ne m'attardai pas sur cette question, préférant prendre la parole.

"On dirait que tu as trouvé un compagnon à ton image Oryash, lui dis-je avec dans la voix, une joie infinie pour elle. Vient-il de ton pays ? Si tel est le cas tu dois aimé l'avoir à tes côtés, il doit te rappeller ta contrée... Oh ! Attends..."

Je me mis à fouiller activement dans mon sac et en sortis deux morceaux de viande crue que j'avais achetés sur la route me menant dans les Duchés. Sans pour autant bouger de ma place je lançai les morceaux de viande à l'animal.

"Peut-être a-t-il faim ? Je n'en ai pas l'utilité, mieux vaut qu'il se restaure.", dis-je à Oryash en souriant.

Même si mon sourire l'énervait, je pensais avant tout à l'animal. Puis me tournant vers Cromax.

"Et bien, il me semble que nous sommes quatre à présent !", exprimai-je ravie.

Cependant, une question restait en suspent. Comment allait réagir Oryash face à ce que je venais de faire...

_________________
Image



Dernière édition par Salymïa le Ven 10 Juin 2011 09:38, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 00:27 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 10 Avr 2010 23:59
Messages: 721
Localisation: Kendra-Kâr
Oryash riait à plein poumons devant l'absurde de la situation mais elle n'en demeurait pas moins attentive. Elle remarqua la main de Cromax sur l'arme, prêt à s'en servir si nécessaire, aussi se redressa-t-elle d'un bond. Elle épousseta sa tenue avant de s'adresser personnellement au Sindel, ignorant la présence de Salymïa pour le moment.

" Il ne sera pas utile d'en faire usage. Je pense qu'il a été tout aussi surpris que vous."

L'intensité du regard d'Oryash n'avait pas perdu de sa superbe et son allure non plus. Même couverte de poussière, elle demeurait toujours aussi belle.
Le woger, poils hérissés grognait toujours. La peau blanche vint-elle à grogner plus fort que lui, histoire de lui faire comprendre, du moins d'essayer, qu'il n'y avait pas de danger.
L'animal eut un mouvement de tête sur le côté, fixant Oryash étrangement. Elle ne broncha pas et ne baissa pas les yeux. Si l'un d'eux devait plier ça serait le woger et non la Phalange de Fenris. Après quelques minutes de confrontation l'animal sauvage céda et s'assit près d'elle. Oryash lui caressa le haut du crane et lui gratouilla le cou.

"C'est un brave Woger, ça."

Durant ce laps de temps Cromax lui demanda si elle était dotée de pouvoirs magiques et si elle comptait encore le surprendre. Elle revint alors à lui, une lueur étrange dans les yeux.

"Des pouvoirs? Non, pas que je sache. Cependant certains membres de mon clan en possédaient. Alors qui sait, peut-être ai-je ce don. Si tel est le cas, il ne s'est pas encore révélé. Quand à vous surprendre et bien..."

Oryash laissa sa phrase en suspend avant de le gratifier d'un sourire qui en disait long. Puis elle tendit une main en direction du visage de Cromax avant d'effleurer ses lèvres.

"J'espère que ça ne vous fait pas trop mal."

Elle venait de faire allusion à la morsure qu'elle lui avait infligé un peu plus tôt. Mais alors qu'elle retirait sa main du visage du Sindel Salymïa prit la parole.
La première phrase que prononça l'elfette fut perçue comme une insulte par Oryash, si bien qu'elle braqua son regard rouge sur cette dernière . L'être froid et glacial qu'elle avait toujours été réapparu aussitôt. Une Phalange de Fenris dans toute sa splendeur

"A mon image!" souffla Oryash."Ce n'est pas parce que j'ai vécu dans une meute que je suis un animal. Et que t'importe de savoir s'il vient de ma contrée ou non! La seule chose importante à mes yeux c'est qu'il puisse un jour retrouver les terres gelées de Noveris."

Puis la peau blanche vit Salymïa fouiller dans sa besace, en sortir deux morceaux de viande et les jeter en direction du Woger. Ce dernier méfiant les renifla longuement avant de les engloutir rapidement. Oryash qui n'appréciait pas particulièrement Salymïa, la trouvant trop faible fit une chose qui allait en surprendre plus d'un.

"Merci pour lui, tu n'étais pas obligé de faire ça."

Elle venait de remercier l'elfe avant de prendre place sur la souche d'arbre qui faisait office de banc, se tenant à une certaine distance du feu. Le woger fit de même et vint s'allonger aux pieds de Oryash.

"Alors on fait quoi maintenant?";demanda-t-elle tout en caressant son compagnon de route

Un instant son regard se perdit dans les flammes comme si de lointains souvenirs lui revenaient avant qu'elle ne fixe à nouveau Salymïa et Cromax.

_________________
Image


Dernière édition par Oryash le Ven 10 Juin 2011 21:55, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 15:57 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2954
Localisation: Elysian
Salymïa semble me plaindre de ma non connaissance de mon passé, mais je n’ai guère le temps de répondre que cela m’importe peu, au final, au vu de la vie pleine et bien remplie que j’ai menée, puisqu’elle recommence aussitôt à parler avec Oryash, précisant qu’elle ignore aussi ce lien avec cette créature. Elle restaure l’animal de morceaux de viande, et je sens mon ventre gargouiller… non pas que j’ai envie de cette viande crue ayant macéré dans la besace de l’elfe, mais j’ai faim. Tout simplement.

Un Woger, tel est le nom de cette créature que je n’ai jamais croisée. Oryash dément toute source de pouvoir en elle, précisant toutefois que certains membres de son ancienne tribu en possédaient. Et en guise de conclusion, à propos d’une éventuelles nouvelle surprise, elle me demande si elle ne m’a pas fait mal en me mordant la lèvre, lors de son fougueux baiser. Je m’empresse de répondre avec un sourire gêné, montant ma main jusqu’à mes lèvres.

« Oh… non non. Aucun mal… »

Si, la douleur était bien là, mais dans le feu du moment, elle est passée sans que je m’en rende compte. Je laisse un peu les deux demoiselles se chicaner une fois de plus, sans intervenir, et je réponds à la dernière question d’Oryash, sur nos activités prochaines.

« Je mangerais bien un bout, moi… de le voir manger m’a ouvert l’appétit ! Je n’ai plus rien avalé depuis hier soir ! »

Je désigne le gros loup qui se lèche les babines de son repas protéiné. C’est alors qu’une voix retentit juste derrière nous : celle du jeune archer roux à la livrée rouge.

« Ça tombe bien, la Prêtresse m’en vient vous quérir. Elle vous invite à sa table, ce soir. Tous les trois… »

Il jette un regard confus vers l’animal, qui n’a certainement pas sa place à l’intérieur. Je ne m’en rends même pas compte, et me lève aussitôt, ragaillardi par cette idée.

« Ah, bien bien ! Nous vous suivons ! »

Je force un peu la main à mes compagnes, qui, j’imagine, n’auraient pas eu l’audace de décliner cette généreuse proposition. De toute façon, moi, j’y vais. Et plutôt deux fois qu’une. L’archer me fait un signe de la tête, et m’emmène dans une nouvelle porte, menant sur un nouveau couloir de pierres. Cette fois, moins de portes à l’intérieur de celui-ci : une à gauche, donnant sur la salle à manger où nous nous rendons, une à droite, donnant sur les cuisines, et d’où sortent plusieurs effluves appétissants, et une tout droit, donnant sur ce qui semble être, de loin, un salon confortable. Arrivé à la salle à manger, l’archer me laisse sa place, et je pénètre le premier dans la pièce, saluant de la main mon hôte qui est déjà assise à table.

« Bonsoir ! Merci de cette invitation, elle tombe à point nommé ! »

Je lui lance un grand sourire, et elle me le rend en inclinant la tête.

« Installez-vous, je vous en prie. »

Je m’exécute, m’asseyant face à la prêtresse et laissant donc les deux places restantes, face à face, aux deux amantes qui m’accompagnent.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 16:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 28 Juil 2010 16:33
Messages: 5005
Localisation: Aux alentours d'Oranan
Post précédent

Dans un premier temps la Phalange de Fenris m'ignora totalement répondant avec une légère provocation à la question de Cromax. Elle ne manqua pas de me répondre avec véhémence lorsque je lui eus dit qu'elle avait trouvé un compagnon à son image. Elle s'énerva légèrement me rétorquant qu'elle n'était pas un animal. J'eus un rire intérieur mais comme toujours ses attaques me restèrent en travers de la gorge. Que lui avais-je fait pour mériter un traitement si dur !? Je me sentais comme une pestiférée qui n'avait pas sa place parmi eux. Tout cela me fatiguait et m'énervait. Même si elle me remercia pour la viande donné à son woger, ma colère, ma haine, mon désespoir d'être si seule, ne diminuèrent pas.

"Un woger ?... Qu'est ce que c'est que ça encore !"

Oryash vint s'assoir et demanda ce que l'on faisait maintenant. Le Sindel répondit directement qu'il mangereait bien, qu'avoir vu le Woger manger lui avait ouvert l'appétit et comme pour répondre à ses attentes, l'un des archers vint nous trouver pour nous signaler que la grande prêtresse nous conviait à partager son repas mais l'animal devait resté dehors car il insista sur le chiffre "trois" de sa phrase sans quitter l'animal des yeux. L'elfe gris n'hésita pas une seconde et parla au nom de tous en disant que nous allions suivre l'homme en livrée rouge. Il est vrai que manger me ferait du bien. Je suivis donc Cromax et l'archer sans me soucier de la peau blanche, toujours énervée par ses remarques qui me mettaient les nerfs à fleur de peau.

Il nous mena à une autre porte et à un autre couloir où il y avait moins de porte et nous mena à une salle à manger. La grande prêtresse était déjà assise à la table richement décorée de plats en tout genre. Le rouge était toujours de mise dans cette pièce, nape, serviette, assiettes... Les seuls vrais contrastes étaient les couverts, qui étaient en argent et les verres en cristal. L'elfe gris entra en premier, moi sur ses talons et salua notre hôte agréablement vêtue d'une robe rouge assortie à ses cheveux. Il souligna que le repas tombait bien et alla se placer en face de la grande prêtresse. Je m'assis à ses côtés et à mon plus grand désarois, Oryash serait placée en face de moi. Voir sa tête allait me couper l'appétit. Je pris place et commençait à me servir. Dans mes gestes on pouvait sentir tous les sentiments qui m'animaient. Pour évacuer je lançais à la Phalange de Fenris :

"J'ai voulu me montrer sympa tout à l'heure mais visiblement tu ne connais pas ! Quand tu ramèneras cet animal chez toi, restes-y ! Les bêtes dans ton genre, car tu en es une Oryash, rien que ta façon de grogner le prouve, n'ont pas leur place dans la civilisation. Tu n'es qu'un déchêt qui vient perturber la vie de ceux qui veulent vivre paisiblement !"

Et sur ce venin, qui sortit de ma bouche et de mon cœur, un mal horrible s'empara de ma tête. Mon souffle se fit court alors que la douleur ne cessait de s'accroitre me donnant l'impression que ma tête allait exploser ou plutôt s'écarteller en deux parties distinctes l'une de l'autre. Mais que se passait-il ? Je tombai à genoux, les mains sur la tête essayant veinement de calmer cette douleur lanscinante. Mes yeux étaient fixés sur le sol alors que je continuai de lutter de toutes mes forces car je sentais que l'évanouissement n'était pas loin et je ne voulais pas, je ne voulais plus donner des prétextes à la Phalange pour se moquer de moi.

"Ma... Ma tête...Je..."

Ce fut tout ce que j'arrivais à prononcer avant que l'inévitable ne se produise, avant que je ne perde connaissance. Je sentis ma tête heurter l'épaule de l'elfe gris assis à mes côtés.. Curieusement je me sentais détendue et sereine. J'avais l'impression de me trouver sur un nuage et je ne voulais pas en partir. Je me souvenais des propos que je venais de tenir envers la Phalange et sa réaction risquait d'être pour le moins violente. Voilà pourquoi je refusais de revenir à moi. J'étais bien, dans le noir, mais bien et cela ne m'était pas arrivé depuis longtemps et je comptais bien en profiter. Mais, au milieu des ténèbres qui m'entouraient, une petite lumière brillait et se faisait de plus en plus proche.

(Qu'est-ce que...?)

Une petite fée se tenait devant moi. Ses cheveux noirs étaient placés en deux petites couettes, son regard était malicieux. Elle volait dans une agréable lumière qui oscillait entre le bleu et le vert. J'avais le sentiment de la connaître mais elle était une étrangère pour moi. Pourtant on aurait dit qu'elle personnifiait cette part de malice que je cachais au fond de moi. Qui était-elle ? Un songe ? Une illusion ?

(Ni l'un ni l'autre. Je réponds seulement à ton appel.)
(Mon appel ? Mais... Je n'ai appelé personne...)
(Ton cœur et ton âme l'ont fait pour toi. Nomme moi et tu ne seras plus jamais seule.)
(Plus jamais seule ? Qu'es-tu?)
(Une faera. Je viens à toi aujourd'hui pour combler le vide présent dans ton cœur, pour combler ce sentiment d'être une paria aux yeux de ces deux là et particulièrment à ceux de l'humaine.)

Je ne comprenais rien à ce qui se passait mais tout de suite, dès qu'elle m'était apparue, le désir qu'elle reste et qu'elle ne me quitte pas était né en moi. Mais je restais méfiante.

(Qui me dit que tu ne vas pas me juger toi aussi.)
(Ce n'est pas mon rôle. Je suis là pour t'épauler, t'aider. Je serai toujours de ton côté.)

Je sentais qu'elle était sincère. Aucuns mensonges ne perçaient dans sa voix. Si j'avais été consciente, on m'aurait vu pleurer de joie et de soulagement. Un autre soutient infaillible venait à moi. Qui pouvait dire non à ce soutient indéfectible ? D'une « voix » pleine d'amitié et d'amour, je repris notre conversation mentale.

(Laïdè.)
(C'est ainsi que tu me nommes ? J'aime bien.)
(Tu en es sûre?)
(Oui ! Et il faut que tu aies plus confiance en toi. Ne t'en fais pas, je t'aiderai. Il temps de t'éveiller...?)
(Salymïa.)
(Il faut revenir au présent Salymïa et tu lui as très bien répondu à cette Phalange! Je serai là tu n'as pas à t'inquiéter.)

Je sentis peu à peu la réalité reprendre sa place. J'ouvris les yeux et vis le plafond de la salle à manger. Ma tête me faisait un mal de chien.

(C'est comme si nous étions deux dans ta tête. Tu t'y habitueras sinon je m'en irai)
(Non!!)
(Alors tu t'y feras.)

Je remarquai que des larmes coulaient le long de mes joues. Elle ne m'avait pas menti, elle était là. Que s'était-il passé... Difficilement je me relevai et interrogeais Cromax.

"Qu'est-ce... Qu'est-ce qui m'est arrivé ?"

J'attendis complètement interloquée une réponse de lui ou de la grande prêtresse...

_________________
Image



Dernière édition par Salymïa le Ven 10 Juin 2011 10:05, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 17:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 10 Avr 2010 23:59
Messages: 721
Localisation: Kendra-Kâr
précédemment: Jeux et discussion


Tous trois conversaient dans la cour quand un archer vint leur signaler que la Prêtresse les attendait pour dîner. Oryash se redressa mourant tout autant de faim que le Sindel, affichant une légère moue quand elle se rendit compte que le Woger n'était pas convié à les suivre. L'animal sur les talons, Oryash s'arrêta à la porte qui menait au couloir. Elle le caressa avant ajouter d'un air désolé...

" Je reviens et après nous irons chasser"

Puis elle entra sans perdre de temps suivant le reste de la troupe, remarquant une cuisine ou s' afférait mainte personne pour la préparation du repas, un salon et la salle à manger où ils étaient conviés.
L'archer en costume rouge s’effaça afin de permettre à Cromax d’entrer le premier suivit de près par Salymïa et Oryash ferma la marche. Elle salua leur hôte d'un bref signe de tête et s'attabla en face de Salymïa n'ayant d'autre choix, étrangement silencieuse.

Dîner en face de cette elfe lui donnait la nausée mais elle devait faire contre mauvaise fortune bon coeur. Et puis cela ne durait qu'un dîner, elle pouvait faire l'effort de le supporter.
Comme partout ailleurs, le rouge dominait dans la pièce et bien que cela soit magnifique et richement meublé Oryash semblait indifférente à ce qui l'entourait, comme absente. Ce furent des mots qui la firent revenir et tout dérapa....

La suite des évènements tourna malheureusement court quand Salymïa vint à l'attaquer verbalement et de façon plus virulente que les fois dernières, chose qu'elle n'avait jamais osé faire. L'elfe déversait tout le ressentiment qu'elle ressentait envers la peau blanche et ce fut la goutte d'eau qui vint faire déborder le vase.
Déjà que Oryash n'aimait pas particulière l'elfe, son trop plein de bons sentiments et de pleurnicheries, il n'en fut pas plus pour la mettre hors d'elle. Elle ne remarqua même pas le changement d'attitude de l'amante tant une hargne féroce déferlait en elle.

Elle émit un féroce grognement montrant les dents, avant de balayer d'un geste rageur tout ce qui se trouvait devant elle sur la table. La vaisselle vola en éclat sous ce geste brutal, tandis qu’elle repoussait dans le même temps sa chaise avec violence, prête à en découdre une bonne fois avec cette péronnelle.
Elle se munit de ses griffes d'acier et toisant férocement Salymïa lui cracha toute la colère qu'elle ressentait pour elle. Ses lames d'acier luisant à la lueur des torches....

"Cette fois s'en est trop! Non seulement tu m'insultes mais en plus tu insultes mon peuple! Tu vas payer Salymïa!"

Sitôt cette menace prononcée les torches se mirent à vaciller comme si un courant d'air venait d’entrer dans la pièce alors que quelque seconde plus tôt tout était parfaitement normal. Qu'allait-il donc se passer?

Soudain au dehors, le Woger hurla à la mort avant qu'une brume violacée et bleutée vienne à se répandre à leur pieds, rampant tout autour d'eux, qu'elle ne se dédouble ,s'élève et se dirige droit sur Oryash qui bondissait en direction de Salymïa.
La Phalange de Fenris était dans une telle colère qu’elle faisait abstraction de tout ce qui se passait autour d’elle, restant fixée sur un seul objectif se débarrasser une fois pour toute de cette oreilles pointues.

Alors qu'elle s'apprêtait à attaquer, la brume prit de la vitesse et vint la frapper avec violence, si bien la peau blanche fut projetée quelques mètres en arrière. Et BANNNG.... ,elle percuta le sol avec rudesse.
Encore consciente, Oryash alpaga le tapis qui recouvrait le sol, tentant de se défaire de cette force qui l'écrasait au sol, en vain.

Par Fenris que....?

Puis elle se sentit soulevé de terre par une force invisible jusqu'à léviter à un mettre du sol. Cette brume la tenait en lévitation comme une vulgaire feuille malmenée par le vent. Puis avec horreur, la peau blanche vit un filet de brume s'engouffrer en elle telle une brise glaciale par ses narines et par sa bouche et donc pénétrer en elle devant les regards médusés de Cromax et de la Prêtresse. Puis une vive douleur à la poitrine lui indiqua que les choses n'allaient pas en rester là.

Elle sentit un souffle de haine, de souffrance, de violence et de désespoir l'investir. Le souffle coupé, elle commença à suffoquer tel un poisson hors de l'eau, à chercher de l'air qui lui permettrait de vivre quelques secondes de plus. Cet instant paru interminable. C'était comme si une main invisible voulait en finir avec elle ou lui ouvrir les yeux quand à sa vraie nature.
Soudain les yeux de la Phalange de Fenris virèrent au blanc alors qu'elle sentait une présence funeste l'invertir, avant qu'elle ne vienne à s'exprimer à haute voix par la bouche de Oryash....

"Mon essence tu la porte en toi!De la magie du chaos, je t' investie. Mais ne t'avise jamais de côtoyer les sommets grâce à elle, car il ne peut n'y avoir qu'un seul maître en ce domaine."

Puis tout redevint calme, avant que Oryash ne retombe lourdement, la brume s'évanouissant tout aussi vite qu'elle était apparue, laissant la jeune femme inerte sur le sol, un mince filet de sang à la commissure des lèvres.

La magie venait de se révéler à elle d'une façon quelque peu douloureuse et brutale....

_________________
Image


Dernière édition par Oryash le Ven 10 Juin 2011 22:00, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 20:37 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2954
Localisation: Elysian
Mes deux compagnes du moment arrivent à ma suite, et je les accueille avec un grand sourire, heureux à l’idée que je vais bientôt savourer un repas succulent, ce dont je ne doute à aucun instant. Je suis tellement affamé que je m’empare sans m’en rendre compte d’une fourchette et d’un couteau en argent, les tenant fermement dans mes mains en attendant l’arrivée de notre repas. Je me demande quelles sont les spécialités du Clan… Après le « tout à la pomme » de la veille, à Akinos, j’ai hâte de voir ce que ce coin ci des Duchés a à offrir en qualité gastronomique.

Hélas, mes plans se voient bien vite mis à bas… par toute une série d’événement dont j’ai du mal à suivre le cours, tant ils sont imprévisibles et étranges. Ça commence par une vive remarque de l’elfe blanche, qui attaque avec virulence la Phalange, la traitant de bête sauvage et de déchet sans la moindre considération. À ces mots, mes yeux s’arrondissent de surprise et de consternation. Que s’est-il donc passé entre ces deux demoiselles pour qu’une telle haine se répande ici, et maintenant, dans un cadre qui ne s’y prête absolument pas, alors qu’elles sont les invitées d’une éminente personnalité, au sein même d'un Clan mystérieux dont elles ne connaissent sans doute pas plus que moi.

Mais ça ne s’arrête pas là. Alors que je m’apprête à intervenir oralement pour départager cette puérile dispute, voilà que Salymïa se met à être victime d’une migraine foudroyante, qui la cloue littéralement sur place. La douleur est telle que l’hinionne me tombe dessus, avant de s’affaler par terre, sur le sol de pierre. Je me lève aussitôt de ma chaise pour lui porter secours.

« Qu’est-ce que c’est que cette… »

Mais quelque chose me met la puce à l’oreille. Inconsciemment, je perçois une présence nouvelle. Une présence qui répond à mes questions, et qui m’est transmise via l’intermédiaire de Lysis. D’un regard vers la prêtresse, qui est toujours attablée dans le plus grand calme, je sais qu’elle est également au courant : une faera vient d’entrer en contact avec Salymïa, et elles se sont liées à l’instant.

(C’est curieux, je ne me rappelle pas avoir souffert autant !)

(Oh mais c’est parce que je ne suis que douceur pour toi, mon amour…)

Imparable… même si ça n’explique en rien mon incompréhension. Et puis, je n’ai plus l’occasion de m’étaler longuement sur de vaines considérations : Oryash vient de faire voler toute la vaisselle présente sur la table, qui s’en va se briser au sol dans un grand fracas. Visiblement, cette impulsive humaine a mal pris les remarques de l’elfe… Et à raison. Elle l’a vraiment traitée comme… comme… comme une chienne. Et le terme est bien trouvé.

Mais l’expression de sa colère ne s’arrête pas là : elle menace ouvertement Salymïa, au nom de son peuple, tout en arborant ses griffes de manière belliqueuse. Ça ne présage rien de bon. Mais alors, vraiment pas. Surtout que cette menace est accompagnée d’un curieux, et sans doute venu d’un hasard immense, courant d’air qui vient remuer les flammes des torches de la salle. Mais ce hasard est moins évident lorsqu’une brume violacée vient ramper autour de nous.

« Cessez tout de suite ! »

Ma supplique n’est pas entendue, les demoiselles en présence n’ont cure de ce que je peux raconter. L’une est dans les vapes, et l’autre est dans une telle rage meurtrière que rien ne semble pouvoir l’arrêter. Et en plus, j’ignore complètement d’où vient ce satané brouillard mauve. La prêtresse, elle, ne semble aucunement s’en soucier, adossée sur sa chaise avec un air curieux. Je ne comprends pas son manque de réaction. Est-ce elle la maîtresse de toutes ces folies ?

Quoi qu’il en soit, mon calvaire ne finit pas là : alors qu’Oryash se précipite vers la dépouille de Salymïa pour la lacérer, elle est stoppée net dans son élan, et projetée en arrière, comme si elle venait de foncer dans un écran solide. Elle ne comprend pas ce qui se passe, apparemment. Une réaction de protection magique de la part de Salymïa ? Je n’y comprends rien moi-même, n’étant absolument pas formé pour les dons de magie. J’ignore si tout ce que je vis est possible, ou si c’est une manipulation mentale, une hallucination. Parce que ça devient complètement paranormal ! La Phalange se met à léviter au-dessus du sol, pendant que l’elfe reprend lentement connaissance, se demandant ce qui s’est passé. Je sens une colère noire monter en moi… Même dépourvu de malédiction, je n’en reste pas moins un être pensant doté d’émotions et de sentiments…

(Laisse-la venir, laisse-la s’imposer à toi.)

Une voix retentit dans la salle, semblant sortir de la bouche d’Oryash, sans que ce soit sa voix. Et puis, l’humaine retombe comme une bouse sur le sol, et tout redevient normal. Enfin normal, si ce n’est que les deux demoiselles sont écroulées, l’une inconsciente et blessée, et l’autre sortant d’un rêve avec une faera dans la cervelle. C’est le moment que choisit la prêtresse pour commenter la scène, nonchalante :

« Vous êtes curieux, vous, les citadins. Est-ce donc ainsi que chaque repas se passe, en ville ? »

Ma rage éclate aussitôt, alors que je dégaine mes deux armes : ma lame buveuse d ‘âmes, et mon arme métamorphe, qui prend ici la forme d’une immense masse métallique bardée de piques et de pointes acérées.

« Ça suffit ! Si tout ne redevient pas normal dans la minute, je sens que je vais faire un malheur !! »

Trop fantasque, cette scène m’a presque transposé dans une réalité parallèle, si bien que je doute même être revenu dans le monde que je connaissais avant. Il me semble que tant de folies n’existaient pas, avant mon départ pour Gramenou. Pas aussi condensées, en tout cas.

Et je croise le regard étonné de la prêtresse, qui joue avec son doigt dans ses cheveux écarlates. Soudain, je me sens très bête d’avoir crié ainsi sous l’effet de la colère, et je me justifie tout aussi bêtement, sentant la gêne monter en moi.

« C’est vrai quoi, j’ai faim, moi… »

Et je regarde la table d’un air déconfit… Le repas est gâché, ça, c’est clair.

Heureusement, la prêtresse prend les choses en main et se dirige vers la guérisseuse.

« Tu sais mieux que nous ce qui s’est passé, Salymïa. Puis-je te demander une nouvelle faveur en te demandant de voir ce que tu peux faire à l’aide de ta magie curatrice sur ton amie inconsciente ? »

Terrible… Je suis complètement abattu. Elle a dit vrai, tout à l’heure, j’ai besoin de repos, sans aucun doute.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le Clan des Roses (Guilde des Amants de la Rose Sombre)
MessagePosté: Dim 5 Juin 2011 22:32 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 28 Juil 2010 16:33
Messages: 5005
Localisation: Aux alentours d'Oranan
Post précédent

En perdant connaissance, je m'étais retrouvée au sol. En reprenant petit à petit conscience de la réalité, je vis Cromax au dessus de moi qui semblait interloqué par quelque chose alors que la prêtresse était restée parfaitement calme. Un frisson me parcourut l'échine en sentant que la magie avait envahie la pièce mais pas n'importe quelle magie, de la magie noire. Je levai les yeux et poussai un cri de stupéfaction. Oryash lévitait et une voix semblant venir d’outre-tombe sortit de sa bouche. Elle venait d'être pénétrée par la magie noire à l'état pur. Elle retomba sur le sol, du sang coulant de sa bouche. Ma tête me faisait toujours aussi mal et ni le Sindel ni la prêtresse n'avait eu le temps de me répondre.

Peu à peu la magie noire se dissipa me permettant de respirer plus facilement. Un silence de plomb régnait dans la salle à manger. Je remarquai que la table avait été massacrée, toutes les assiettes avaient volé. Était-ce moi qui, dans ma chute avait tout fait basculer ? Cela aurait été surprenant mais possible. Ce fut l'elfe à la chevelure rouge vif qui brisa le silence sur un ton léger en nous faisant remarquer que nous autres citadins étions bien étranges et demanda si tous les repas se déroulaient ainsi. Ma migraine me faisant perdre la tête je lui aurais volontiers répondu que non et que tout était de la faute de la peau blanche étendue, vulnérable sur le sol.

(Tais toi!)

Ce petit ordre m'aida à reprendre un peu à remettre mes idées en place alors que l'autre personne présente dans la pièce semblait au contraire perdre la tête. Ses deux armes sorties, Cromax nous hurla de cesser tout de suite, nous menaçant de faire un véritable massacre. Immédiatement je me relevai en titubant et m'éloignai de lui. Il me fit une peur terrible. Un échange de regard avec la prêtresse sembla le ramener à la réalité et il ne trouva rien d'autre à dire pour sa défense qu'il avait faim. Seulement, sur la table, plus rien n'était comestible.

"Comment est-ce que la table a pu se retrouver dans un état pareil ? Est-ce ma faute ?...", dis-je en espérant que non.

À ce moment là notre hôte, envers laquelle je me sentais confuse, se leva et se dirigea vers moi. Elle me fit une réponse surprenante. Selon elle je savais mieux qu'eux ce qui s'était passé. En ce qui me concernait en effet, mais pour ce qui était de la Phalange de Fenris je n'en avais aucune idée. Puis elle m'adressa une nouvelle requête, me demandant de mettre ma magie curative au service d'Oryash, toujours inconsciente et toujours en train de se vider lentement de son sang.

(Non!)
(Tu n'as pas le choix. Réfléchis aux conséquences que cela aura si tu la laisses mourir...)

Laïdè a raison. Et ce n'est pas dans ma nature de laisser les gens mourir. Je ne suis pas comme elle. Et puis malgré nos disputes continuelles, je n'imaginais pas réaliser la mission aux côtés de Cromax en la sachant morte. Je m'avançai vers elle et m'agenouillai. Si cela était possible, elle était encore plus blanche que d’ordinaire, de ma manche j'essuyai le sang qui coulait de sa bouche, il gâchait sa beauté. Je savais que plus je tardaisi à la soigner plus elle courait le risque de mourir, aussi m'emparai-je promptement de mon bâton pour prier la déesse Gaïa. Je dus redoubler mes efforts car ma magie blanche était réticente à soigner quelqu'un infecté par la magie noir.

(Calme-toi ! Tu vas y arriver.)

Les encouragements de ma nouvelle amie m'allèrent droit au cœur et ce fut la force mentale qu'elle m'apporta qui me permit, au bout de quelques minutes, de réussir le sort. Comme pour Cromax, une boule lumineuse sortit de mon bâton et vint envelopper Oryash. Tout en restant agenouillée, je reculai d'un petit mètre de peur que son instinct sauvage reprenne rapidement le dessus et qu'elle décide de me donner un coup de griffe. Je n'avais pas oublié ce que je lui avais dit. Je murmurai à l'intention de la peau blanche :

"Je suis désolée...", le remord se lisant sur mon visage.

Bien qu'aucune larmes ne s'échappèrent de mes yeux, j'étais sincère mais le lui faire entendre raison aurait été impossible. J'attrapai mon sac qui était resté au pied de la table, là où je l'avais posé avant que le massacre n'aie lieu. Fouillant dedans j'en sortis une poche remplie de trois pommes que je lançai à Cromax.

"Désolée pour le repas gâché... Je pense que nous avons tous les esprits échauffés et ce mal de tête... Enfin bref, tu peux les manger même si c'est loin d'être suffisant, c'est tout ce que j'ai et puis nous devrions tous aller nous coucher, chacun dans sa chambre pour nous calmer. Tu as besoin de repos Cromax et l'après midi n'y a pas été propice..."

J'étais restée calme tout en tentant d'être pragmatique. Je marquai une pause et jetai un regard sur la Phalange qui malgré mes soins était toujours plus blanche que blanche. Cela m'inquiéta.

"Serait-il possible de la conduire dans sa chambre. Je vais restée près d'elle cette nuit. Elle est possédée par la magie noire et ma magie ne peut la guérir en une seule fois, il me faut la surveiller. Si vous n'avez pas confiance, ce que je comprendrais parfaitement, vous pouvez poster un garde dans la chambre mais pas toi Cromax. Tu dois dormir."

J'attendis une réponse plus de la part de la prêtresse que de la part de Cromax. Pour moi il n'avait pas le choix.

(Tu es quelqu'un de bien. Tu dois rester fidèle à toi-même.)

Quelqu'un de bien ? En regardant Oryash j'en doutais... En tout cas je me garderai bien de lui dire qu'elle me devait la vie...

_________________
Image



Dernière édition par Salymïa le Ven 10 Juin 2011 10:18, édité 4 fois.

Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 96 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016