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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Jeu 21 Juil 2011 18:27 
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Une fois retournée dans la rue, Lilie fut contrainte de patienter. Devant elle défilait un peloton peu organisé mais rigide de soldats armés et carapacés de métal. Ils semblaient extrêmement pressés et la jeune elfe verte songea qu’ils partaient sans doute en guerre, à la frontière assiégée d’Eniod, dans la forêt dense. Un vent de haine balaya à nouveau la Shaman, qui imaginait ces personnes périr au combat sous les coups des horribles Shaakts. En son cœur, elle ressentait une douleur qu’elle s’interdisait d’exprimer sous peine de faire faiblir la détermination de ces miliciens courageux. Un jour prochain elle savait que ses pas allaient la mener à combattre à leur côté et rien ni personne ne serait en droit de vouloir la détourner de son but, par quelque moyen que ce soit. Elle s’obligeait donc à respecter le choix de ces hommes qui avaient un jour choisi de s’engager dans la milice pour servir le pays et le protéger. Ceci, même au prix de leur vie, si la situation, dramatique, l’exigeait.

Se glissant furtivement à l’arrière du peloton, elle adressa la parole à l’un des militaires, d’une voix faible presque totalement recouverte par le cliquetis aigu des armures argentées.

« Avez-vous des nouvelles du front ? Comment les choses évoluent-elles ? »

Lilie ne savait pas si elle avait droit de se trouver là et d’adresser les paroles à ces individus, mais le besoin d’avoir des nouvelles de l’évolution du combat lui était presque viscéral. Un long silence suivit ses questions, mais le voisin de celui à qui elle s’était adressée lui murmura ces quelques mots en retour :

« Ce n’est que le début. On essaye de maintenir tant bien que mal la position de nos frontières, mais les Shaakts gagnent chaque heure quelques centimètres de terrain en plus… »

Sa voix trahissait son angoisse et Lilie regretta instantanément d’être venus importuner ces hommes d’armes à l’allure pourtant si sûre et impassible. Désolée, elle n’insista pas plus et préféra ne pas être la responsable des idées noires que ce soldat avait probablement en tête. Elle se réinséra donc dans la foule de clients qui se massait dans la rue commerçante et se mit en quête d’un endroit où l’on vendait des produits magiques. Elle en avait déjà croisé quelques-uns et décida donc de remonter la rue pavée qu’elle avait descendue quelques minutes auparavant. Le temps ne lui permettait plus de poursuivre son chemin et elle devait presser le pas malgré la fatigue.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Ven 22 Juil 2011 13:43 
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De retour dans les rues, Lilie fut ravie de voir que des torches avaient été allumées dans les rues et qu’il lui était donc encore possible d’avancer sans se prendre les pieds dans les pavés. Ses yeux étaient certes capables de voir dans la pénombre, mais il leur était impossible de se concentrer avec une telle fatigue du corps et de l’esprit. La Shaman avait eu une journée extrêmement bien remplie et elle ne rêvait plus à présent que d’une bonne nuit de méditation pour regagner de l'énergie.

Comptant mentalement les minutes qu’il lui restait avant de rejoindre le temple en traînant des pieds, Lilie s’arrêta à plusieurs reprises pour déposer quelques instants son sac immensément lourd. Elle s'essouflait vite et remonter le rue commerçante n'était pas un moment des plus agréables.

(On ne m’y reprendra plus à aller faire des courses en si grande quantité !), eut-elle encore la force de penser, en s’approchant des portes de la ville assombries par le soleil disparu. Lilie craignait par-dessus tout qu’on la stoppât pour contrôler les marchandises avec lesquelles elle s’apprêtait à sortir. C’est donc à contre cœur qu’elle s’approcha de ses dernières, espérant que le garde de tout à l’heure n’allait pas l’importuner trop longtemps. La Taurion n’était plus en mesure de converser et si le cas devait se présenter, son silence religieux et son air lasse le lui ferait bien comprendre.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 7 Sep 2011 19:07 
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Une nouvelle journée commençait pour moi. Toujours aucunes nouvelles de mon papa et ma maman qui ne souriait plus. Je ne comprenais plus vraiment ce qui se passait et refusais de croire en quelque chose de dramatique. J'étais sortie, comme à mon habitude pour rejoindre les Anciens, et parler de toutes les belles choses qui nous entourent. Seulement, aujourd'hui, je n'avais pas envie ... pour la première fois, suite à ce que les Anciens m'avaient raconté sur les risques de l'océan, je ne voulais plus y aller. Alors, je traînais sur le chemin quand soudainement, je me retrouvais dans une situation inconnue. Je ne sais pas comment j'avais bien pu atterrir ici, mais j'y était et j'étais complètement perdue. Les réflexions intenses sur ma situation actuelle m'avaient menées dans une ruelle sombre et inquiétante. Maintenant que j'étais là, je n'avais pas le choix ... Je frappais à une porte, personne ne m'ouvrit. Une seconde, et ce fut le même phénomène. Soudain, dans un petit recoins de la ruelle, j'aperçu un homme assez grand, qui ne me paraissait pas si méchant. Je l'approchais doucement.

" Bonjour Monsieur, excuse moi, je suis complètement perdu et je ne sais pas où je me trouve exactement. Vous pouvez m'indiquer la rue principale du port s'il vous plait ? "

L'Homme ne me répondit pas et me prit soudainement dans ses bras. Il me serrait si fort que je ne pouvait presque plus respirer. L'homme me demanda de lui donner mon argent. Malheureusement pour moi, je n'avais rien. Je repensais à ma maman qui m'avait interdit d'aller dans ces ruelles, à mon papa que je voulais revoir, mais là j'étais seule, seule avec un inconnu qui me voulait du mal. Alors je commençais à me débattre et lui donner des coups de pieds dans tous les sens. Il fini par me lâcher, je pense qu'il avait compris qu'il n'aurait rien d'un enfant de mon âge. Je me mis alors à courir le plus vite possible. Je ne regardais plus que devant moi, et fermé les yeux un pas sur deux de peur qu'il ne m'arrive autre chose.


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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Lun 20 Mai 2013 14:57 
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I.1-Retour à Eniod

La chaleur du Soleil aidant, les rues étaient bondées de passants. On y voyait de tout, des familles, des clients marchandant le moindre yus avec les commerçants, des miliciens surveillant le secteur en quête de voleur ou de mendiant à déloger, des familles riches arborant leurs dernières parurent, des pauvres arborant leurs dernières trouvailles dans les poubelles et des carrosses. Dans le doute, Jorus préféra s’écarter du chemin de cette voiture de riche. La dernière fois il dut quitter Eniod pour trois ans, cette fois-ci il se ferait petit.

Jorus passait presque inaperçu, habillé comme un gentilhomme ni trop riche, ni trop pauvre. Il avait copié l’habitude de prendre les vêtements des pirates, au capitaine Lorik. Une chemise blanche avec une sorte de froufrou au niveau du col, un veston rouge avec des touches marron et des boutons couleurs or, des collants blancs, un pantalon coupé au-dessus des genoux et maintenu avec un élastique et des bottes marron. Rien à voir avec le petit voleur de poulet d’il y a trois ans.

Marchant dans les rues, il finit dans le quartier du marché remplissant l’air d’odeurs aussi alléchantes les une que les autres. Ici un stand où l’on faisait cuir quelques morceaux de viandes, un autre avec tout un étalage de fromage, là un vendeur de légume et un peu plus loin un tailleur avec quelques exemplaire de son magasin. Tout ici était fait pour donner envie et attirer les clients à revenir dans leur boutique. Jorus n’y échappa pas. Il ne cessait pas de regarder les étalages avec envie se disant que s’il voulait une pomme il pouvait se l’acheter, s’il voulait une dinde il pouvait se l’acheter, s’il avait même envie de son propre cheval il pouvait… bon peut être pas avec sa petite bourse, pas encore. Mais il préféra garder son argent, ses amis pourraient en avoir besoin.

Sa promenade dans le dédale des passants, commença à durer et en passant devant la taverne du Dragonnet d'Or, la soif fit son apparition. Il y entra manquant de voir plus loin de vielles affiches de recherche pour un jeune homme accusé de tentative de meurtre et magie noire.


I.3-Une tournée pour mon ami

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Ven 31 Mai 2013 15:44 
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I.3- Une tournée pour mon ami

La ruelle derrière la taverne était vide. Pour ceux qui en avaient connaissance, ce genre de ruelle était utilisé pour les rares jours de tempêtes et pour se rendre d’un point à un autre de la ville discrètement. Les artistes qui jouaient il y a quelques minutes ont eu largement le temps de partir et personne d’autre ici ne semblait l’avoir emprunté récemment. Dans cette partie étroite de la ville, Jorus déambulait seul, l’air hagard. Il était venu avec de nombreux souvenirs à partager avec ses amis. Il espérait que leur retrouvailles n’aurait à souffrir de son voyage, mais avec son passé ressurgissant, cette journée promettait encore de mauvaise surprise. De temps en temps, par pur instinct de l’époque où il se trouvait à fuir la milice, il se plaquait contre le mur attendant que les passants s’en aillent.
Tandis qu’il passait un nouveau carrefour sombre, son combat contre Garvesh refit surface dans son esprit. Il avait été dominé tout le long sans porter de réels coups à son adversaire. Même si ce dernier portait une armure, il était persuadé que sans, le résultat aurait été similaire. Sa force et la vivacité de ses coups lui étaient nettement supérieures et malgré les nombreuses bagarres de taverne qu’il avait connu, Jorus n’avait rien pu faire. Désormais au service de l’homme responsable de sa fuite d’Eniod et de la mort de ses parents, Garvesh n’était plus l’ami qu’il avait connu. Etait-ce du aux supplices qu’il avait endurés, ou à la mort d’Ysolde. Que s’est il passé à l’époque quand Jorus quitta ses amis pour la mer ? Que leur est-il arrivé pour en aboutir à cette situation ?
Sans s’en apercevoir, il avait emprunté le même chemin qu’à l’époque où avec ses amis, il fuyait Durza. Et tout comme à l’époque, il arriva au seuil de leur ancien squat.


I.5- Plus qu'un lieu, une demeure

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 26 Juin 2013 17:30 
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Suspendu à l'appui de fenêtre, l'earion se laissa tomber pour atterrir dans la ruelle. Cela n'avait posé aucun problème du fait, qu'à Eniod, les habitations étaient toutes des plain pieds. Même un thorking désespéré ne pourrait mettre fin à ces jours en se défenestrant.
Les rues de la ville dégageaient un sentiment d'oppression dans la nuit. Les murs des différents bâtiments semblaient vouloir se coller l'un contre l'autre, écrasent tout obstacles sur leur passage. De plus, la majorité des chemins en pavé se trouvaient en mauvais état. De jour cela ne posait aucun problème mais, une fois que l'obscurité masquait l'astre de feu de son voile ténébreux, il semblait presque impossible de voir ces anomalies avant de poser le pied dedans. Ce qui pouvait nous faire trébucher dangereusement.

"On a trouvé quelque chose d'intéressant ?"

La voix venait de paralyser Ciryon sur place. Elle s'adressait sans aucun doute à lui, ce qui voulait dire qu'on l'avait repéré. Et cela ne prévoyait que des ennuis. Reprenant son calme, le voleur se retourna pour voir son interlocuteur. Celui-ci était un humain de petite taille, surement un Varrockien, au long cheveux brun. Il portait une tunique noir et, un masque blanc recouvrait son visage.
Voyant que l'elfe bleu ne répondait pas, l'humain enchaîna :

"Pratiquant moi-même l'art du cambriolage il serait mal-venu de me part de te juger pour ça mais, ce qui me dérange, c'est que tu le fasse sur mon territoire et celui de mes associés. Je te laisse donc plusieurs choix :
Soit tu arrêtes toutes actions illégal, soit tu rejoins mon groupe. Tu as toute la nuit pour décider. Rejoins moi demain à l'auberge du Sang Fantôme ou fuis la ville.
Au revoir Ciryon."


Suite à ce discourt un hululement se fit entendre et l'earion eu le mauvais réflexe de tourner de la tête. L'inconnu avait profité de ce moment d'inatention pour disparaitre dans la nuit.
Demain Ciryon allait devoir se rendre au repère de ce bandit, il n'avait pas le choix. Car celui-ci connaissait même son prénom. Le mystère devait être éclairci.

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Dernière édition par Ciryon le Mer 9 Oct 2013 00:43, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mar 16 Juil 2013 16:06 
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La nuit est claire et douce. Un léger vent apporte l'odeur iodée de l'océan, et la lune, dans son premier quartier, éclaire délicatement la ville. Les ruelles sont silencieuses ; on peut juste entendre, au loin, le bruit du ressac, ou, au gré des rondes, le bruit de pas des miliciens.

La marche me fait du bien, et ma colère recule peu à peu, à chaque pas. Elle est toujours là, mais reste nichée au fond de mon ventre.

Pourquoi ?

Je ne sais pas. Je n'ai pas pu ; je n'aurais pas dû être là, à ce moment. Le père n'a pas à être présent pour la naissance de ses enfants. Certains des plus puissants parmi Sang Pourpre tuent eux-même leur fille, comme signe de détermination. Mais j'aurais pu simplement quitter le village, et oublier tout ça... Personne ne m'en aurais voulu.
Pourquoi ?

Les échos d'une conversation se font entendre, non loin, dans l'artère vers laquelle mène la ruelle que je remonte. Je n'ai rien à me reprocher, mais croiser une patrouille ne me parait pas une perspective réjouissante. Tentant d'étouffer le bruit de mes pas, je m'engouffre dans une minuscule ruelle à ma gauche, m'enfonce dans l'obscurité, puis attend, tendant l'oreille.
Ils ne viennent pas par ici...

Doucement, je repars. Les toits des maisons se rejoignent au-dessus de moi, et je dois avancer à l'aveugle, une main sur le mur. J'aboutis finalement sur une véritable rue, et choisis une direction au hasard.

Le passé est le passé ; la question du pourquoi importe peu, à présent. Ou plutôt, elle n'importe pas encore. Ma situation n'est pas assez bonne pour me laisser le loisir de réfléchir à cela. Non, ce qu'il faut que je sache, c'est ce que je vais faire, maintenant. Tuer ma fille ? A quoi bon ? Cela ne rachètera pas ma place parmi les Sang Pourpre. L'abandonner, elle et sa mère ? L'idée tourne un temps dans mon esprit, séduisante, mais n'arrive pas à me convaincre. Sans vraiment que je ne m'en aperçoive, une autre idée s'infiltre en moi : si je fuis maintenant, j'aurais tout perdu, pour rien. Et puis... Que faire sinon les protéger ? Si ce n'est pas mon but, qu'est-ce que je ferais ?
La peur de l'inconnu m'envahit soudain. Qu'est-ce que je fais dans cette ville ? Ce n'est pas là où je dois être. Je suis un Sang Pourpre, destiné à l'océan. J'ai déjà vu des villes, bien entendu ; il nous faut bien négocier notre butin, se ravitailler. Mais vivre ici ?

La fatigue m'embrouille, embrume mon esprit. Mes pensées deviennent indistinctes, succession de crainte et d'incertitude, mêlées de quelques souvenirs. Finalement, quand mes jambes finissent par m'amener au port, je ne sais même plus à quoi je pense.


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Dernière édition par Asgeir le Mar 30 Juil 2013 14:19, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mar 23 Juil 2013 09:48 
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Les rues se remplissent peu à peu, les Eniodais s'affairant avant que le soleil n'atteigne le zénith, et que la chaleur ne devienne insupportable. Dans mon dos, je sens quelques regards, quelques murmures. J'essaye de rester dans de petites rues, espérant profiter de l'ombre et esquiver la foule, mais la ville s'est transformée en véritable fourmilière, et je ne peux m'empêcher d'entendre les chuchotements sur mon passage. Mais comment cacher ma peau bleu ou ma chevelure écarlate ? Même mes vêtements, grossiers et usés, semblent me séparer des Eniodais.

Je me dirige vers le centre de la ville, cherchant plus à fuir la réprobation qui m'entoure qu'à véritablement m'orienter. Je ne sais même pas où se trouve les bâtiments de la milice, de toutes façons. Car c'est l'idée qui m'est venue pendant la nuit : la seule chose que je sais faire, le seul moyen que j'ai pour récupérer rapidement de l'argent : me battre. Pourtant, l'idée m'inquiète. Je ne crains pas les ennemis que je pourrais avoir à affronter, non. Me battre sur terre me semble étrange, mais un coup de hache reste un coup de hache. Non, c'est l'idée même qui me semble absurde, contre-nature. Un Sang Pourpre, défendant une ville ? Eniod, qui plus est ; une des cibles préférée de mon peuple. L'or a toujours attiré les pirates ; les Sang Pourpre plus que tout autre. Enfin... Ce n'est pas comme si j'avais le choix.


Avisant une patrouille de milicien dans une ruelle attenante, j'inspire profondément, et force le pas afin de les rattraper.

" Excusez-moi ! "

Les trois soldats s'arrêtent, se tournent vers moi. Celui qui doit être le chef a une quarantaine d'année, les cheveux courts et le visage glabre ; les deux autres sont plus jeunes, ils ne doivent avoir que quelques années de plus que moi. Ils arborent tous deux une courte queue de cheval et une une barbe de trois jours, mais leurs carrures diffèrent totalement : l'un est dans la moyenne Eniodaise, et semble plus bourgeois que guerrier ; mais l'autre, s'il ne m'arrive qu'a l'épaule, semble fort et vif. Son regard, perçant, lui donne un air redoutable.


Indécis, je m'immobilise. Face à ces hommes en armes et armures, je me sens faible, chose qui ne m'est pas arrivé de puis longtemps. Quand le silence commence à se faire long, le plus âgé prend la parole :

" Eh bien ? Que veux-tu ?

- Hum... Je cherche... Pourriez-vous m'indiquez où se trouve la milice d'Eniod ?

- A trois rues d'ici, vers la gauche, non loin du marché...

Il accompagne son explication de quelques gestes, mimant le chemin.

- ... Ensuite, tu remontes la rue jusqu'à la place, et tu y es. Mais, dis-moi, pourquoi veux-tu te rendre là-bas ?

Est-ce qu'il a remarqué que je n'ai quasiment rien compris à ses explications, ou est-ce que l'idée d'un Sang Pourpre souhaitant trouver sans contrainte la milice lui semble étrange, je ne saurais le dire.

- Eh bien, je souhaiterais m'engager dans la milice... J'ignore comment cela fonctionne, mais je crois que c'est possible.

Devançant son supérieur, c'est le bourgeois qui reprend la parole :

- Vous, devenir un milicien ? Ridicule. La milice est là pour protéger la ville, pas pour la piller !

Avant que je ne puisse réagir, le premier milicien intervient.

- Silence, Gawain !

Puis, se tournant vers moi :

- Excuses-le, il est un peu trop impulsif. Pourquoi ne viendrais-tu pas avec nous ? Nous allions rentrer de patrouille, et j'aimerais te poser quelques questions.

Je sens ma gorge s'assécher. Je n'aime pas du tout l'idée de suivre ces miliciens... Pendant toute la conversation, le dernier homme est resté silencieux, me fixant, semblant prêt à me sauter dessus, l'arme à la main, si j'avais eut la mauvaise idée de vouloir partir ; et le dénommé Gawain ne m'inspire pas confiance. Mais je n'ai pas vraiment le choix. J'emboîte le pas à la patrouille, et me retrouve rapidement aux côtés de leur chef, alors que les deux autres se place derrière moi.

- Au fait, je me nomme Carsel. Enchanté.

Il me fixe un instant avant que je réagisse.

- Asgeir. ... De même.

- Dis-moi, jeune homme... Pourquoi souhaites-tu rejoindre la milice de cette ville ?

J'aurais dû y penser avant... Plutôt que de m'inquiéter de ma place parmi la milice, j'aurais dû me demander pourquoi eux m'accepteraient !

- Euh... Il me faut de l'argent. J'arrive à peine dans cette ville, et je n'ai presque plus de yus.

- Que faisais-tu, avant ?

Qu'est-ce qu'il veut que je lui dise ? Que je pillais des bateaux, tuant sans remords ?

- Avant... Je n'ai pas envie d'en parler. Je me suis enfui, et j'ai envie de tout recommencer, de laisser mon passé derrière moi.

Il me fixe, semblant vouloir lire dans mes pensées. Je tente de me détendre, mais je sens bien que je n'ai pas l'air à l'aise. La chaleur m'indispose, je ne sais quoi faire de mes bras. Comment fait-il pour rester ainsi, calme, serein, sous son armure ? Elle est légère, certes, en cuir ; mais par cette chaleur...

- Et dis moi, pourquoi la milice te ferait-elle confiance ? Gawain n'a pas tort, les Sang Pourpre sont plus connus pour leurs pillages que pour leur désir de protéger des villes...

Je secoue la tête, répondant autant à sa phrase qu'a mes propres pensées.

- Je ne sais pas... Je ne demande pas grand chose. Confiez moi un travail ingrat, sous la surveillance d'un autre ; je suis un bon guerrier. Je pourrais être utile à la ville, j'en suis sûr ; et après tout, je ne serais pas plus dangereux à votre service que libre. Si vous vous méfiez, ainsi, vous pourrez garder un oeil sur moi. Pourquoi ne pas essayer ? Ce n'est peut-être pas un noble but, mais j'ai besoin d'argent ; et quand on me confie un travail, je le fais. "

Carsel semble vouloir répondre, mais il se détourne finalement, saluant un autre milicien. Nous sommes arrivés devant les bâtiments de la milice : l'ensemble n'est pas majestueux, mais la présence de deux étages rend le lieu imposant, surplombant les maisons alentours. Le blason de la ville brille fièrement au soleil, au-dessus d'une double porte, ouverte. Deux miliciens gardent l'entrée, un peu en retrait afin de profiter de l'ombre.

Sans attendre, Carsel entre, me faisant signe de le suivre.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 14 Aoû 2013 14:11 
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Les rues de la ville sont bien plus mouvementées que la forêt et la compagne précédemment traversées. Partout, des marchands, des passants, des femmes, des enfants, des forgerons, des cavaliers se bousculent, crient à tout va. Je ne sais où porter mon regard, tant ce joyeux raffut me fascine. J’ai envie de m’arrêter devant chaque échoppe, chaque étale, pour en admirer les produits et les marchandises. Et cette vie ! Ce mouvement ! J’en oublierais presque mes malheurs récents. J’observe, j’hume, je touche, j’écoute, je découvre. Devant moi, un ménestrel chantonne. Plus loin, un saltimbanque jongle avec les œufs d’une marchande, faisant rire un attroupement d’enfants autour de lui.

Je papillonne d’une rue à l’autre, sans trop savoir quelle direction prendre. Il faut que je me calme, que je recouvre mon esprit pratique, pour savoir que faire durant les prochaines heures. Je ne sais même pas si la ville est recommandée durant la nuit, où s’il vaut mieux ne pas trop y trainer une fois le soleil couché.

À une marchande Varrokienne, j’achète un morceau de viande séchée, ainsi que du pain et des fruits. La vie renait en moi, je la sens monter joyeusement, comme un arbre sentirait la sève s’élever des racines jusqu’à sa cime.

Dans une ruelle plus calme, je m’assieds sur les marches d’un porche, heureuse de mon festin. Je n’ai plus eu de réel repas depuis bien trop longtemps. Les fruits éclatent dans ma bouche, révélant leur saveur sucrée, tandis que la viande me dévoile son goût salé. Le pain adoucit l’ensemble et me mène rapidement au point de satiété. Je n’ai pas tout mangé, je garderai le reste pour plus tard.

Que faire, maintenant ? Est-ce que je me mets en quête d’une chambre pour la nuit ? Ce ne serait qu’une solution temporaire, louer une chambre me coûterait atrocement cher. La solution serait plutôt de proposer mon aide à une famille ou un artisan, en échange d’un salaire qui me permettrait de vivre ici. Mais il faut se rendre à l’évidence… Je n’ai aucune capacité précise. Je sais me servir de mes mains, mais j’aurais tout à apprendre. Qui voudrait d’une apprentie telle que moi ? Sans connaissance, n’ayant jamais vécu en ville et au passé tellement lourd qu’il se lit aisément sur son visage. Et surtout, surtout !, à moitié Shaakt ! J’ai senti leurs regards, dans la rue principale tout à l’heure. Il ne faut pas que je me leurre. Ce n’est ni mon accoutrement en lambeaux, ni le maquillage qui couvre une partie de mon visage qui les ont attirés. Non. Je sais qu’il s’agit de ma couleur de peau, de mes origines. Ce n’est pas pour rien que mes parents ont toujours vécus cachés dans la forêt.

Je soupire. Une vie à Eniod ne serait pas si simple que cela, finalement. Je ne pense pas avoir la force d’affronter tous ces regards en permanence posés sur moi. En rangeant le reste de ma nourriture, une voix forte attire mon attention. Je me lève et rejoins la petite place sur laquelle débouche la ruelle dans laquelle j’étais assise. Là, un homme, perché sur une fontaine de taille non négligeable, nous délivre un message qui semble de la plus haute importance. Un petit attroupement se forme autour de lui et, rapidement, je me joins à eux pour écouter ce qu’il a nous dire.

- « Braves gens ! Écoutez-moi ! Oranan a besoin de vous ! Oranan engage ! Oranan recherche activement des aventuriers de tous horizons pour une cause encore non dévoilée ! Pour les intéressés, sachez que les voyages en cynore et eynore sont totalement remboursés par la ville ! Audacieux voyageurs, Oranan vous attend ! »

Sitôt son discours terminé, un brouhaha s’élève sur la place, chacun allant bon train sur les raisons pouvant pousser Oranan à quémander des aventuriers. J’entends de multiples spéculations : Oaxaca va attaquer Oranan et il faut défendre la ville, la fin du monde approche, toutes les troupes d’Oranan sont en conquête et la ville veut renforcer sa propre défense… Quoi qu’il en soit, d’après les rumeurs, la mission semble liée à de la défense, de la protection…

Oranan. Je ne sais même pas où cela se trouve ! Mais ce voyage pourrait être une solution pour moi. Je ne sais pas où aller, je ne sais que faire de mon avenir. Je ne suis sans doute pas la meilleure archère qu’il puisse exister, mais j’ai l’arc aérien avec moi. Et je suis prête à progresser. Je suis certaine qu’avec lui à mes côtés, je pourrai rapidement devenir excellente. Et puis… Défendre une ville, n’est-ce pas apporter un peu de justice dans ce monde ?

Décidée à me rendre à Oranan, je m’informe auprès d’un homme barbu situé non loin de moi, qui lui aussi, avait écouté le discours du crieur. Contrairement à moi, il s’en était assez vite détourné, exécutant de la main droite un geste de la main, comme s’il cherchait à chasser les paroles du crieur. J’imagine qu’il ne comptait pas partir, lui.

- « Excusez-moi… Oranan… Où est-ce ? »

L’homme me dévisage longuement. Je ne sens pas de l’inquiétude dans son regard, mais plutôt une sorte de dégoût et d’incompréhension. Il se détourne de moi en haussant les épaules et en marmonnant.

- « J’parle pas aux étrangères à la peau bizarre moi. »

(Quel accueil ! T’as déjà vu ta tête à toi ? Une peau bizarre ! Non mais ! Je crois que je fais bien de quitter cette ville ! )

Je sens la colère monter en moi, mais, tant bien que mal, je me contrôle et la maîtrise. Pas la peine d’attirer davantage l’attention. Si ce gars-là ne me répond pas, autant m’adresse directement au crieur. Il doit savoir, lui.

- « Bonjour, crieur. Ton message suscite en moi de l’intérêt. Peux-tu me dire où se trouve Oranan ? Et comment s’y rendre ? »

Le sourcil droit du crieur s’arqua sur le haut de son front. Ma question est-elle si idiote que cela ? Mais le jeune garçon, car il ne devait pas avoir plus de 15 ans, eut néanmoins la courtoise de me répondre.

- « Je vois que vous êtes intéressée ! Oranan se situe sur le continent de Nirtim, au nord. Normalement, le trajet pour l’atteindre est long, et astreignant, à moins d’être riche. Ici, comme je le disais, la ville d’Oranan offre les trajets en cynore et eynore à toute personne prête à s’engager pour elle. Autrement dit, en une dizaine d’heures, vous parviendrez à la ville. Techniquement parlant, vous devez embarquer à bord d’un cynore vers Tulorim, au nord d’Imiftil. La zone d’embarcation est un peu dehors de la ville, vous trouverez rapidement. Une fois à Tulorim, vous prenez un eynore vers Kendra Khâr, la ville blanche de Nirtim. A Kendra Khâr, vous pourrez emprunter un cynore qui vous mènera à Oranan. Une dizaine d’heures, je vous dis, c’est vraiment rapide. »

D’un hochement de tête, je remercie le jeune garçon qui se déplaçait déjà un peu plus loin, prêt à annoncer une nouvelle fois son message appris par cœur. Je ne voulais pas sembler plus idiote auprès de lui, mais… Cynore ? Eynore ? Je n’ai pas la moindre idée de ce dont il s’agit. Des bateaux, je suppose. Je le découvrirai bien assez rapidement.

Bien. Qu’a-t-il dit déjà ? La zone d’embarcation en dehors de la ville… Tulorim… Kendra Kâr… Oranan. Je pense que c’est ça. De toute façon, je trouverai bien d’autres personnes pour me renseigner. J’imagine qu’elles ne sont pas toutes comme l’homme barbu.
Avec toutes ces étapes, je suppose que j’ai le temps d’arriver dans d’autres villes avant les derniers vols. Il n’est pas encore midi. Je pars donc à la recherche de cette zone d’embarcation, aux véhicules si mystérieux pour moi.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mar 27 Aoû 2013 14:21 
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En sortant d'une toute petite auberge ou j'avais fait escale, je me rends compte que la nuit est tombée. Une nuit glaciale ou seule une pluie torride traverse l'obscurité. Baissant la tête et rabaissant dessus une capuche en pauvre état, je me met à marcher, là ou me guide mes pas.

Voilà presque six mois que je suis sorti des souterrains obscurs et morbides où s'était achevée ma quête de vengeance. Depuis, je vis en errance, allant là où vont mes pas, ne m'arrêtant quelque part que pour manger, boire, dormir ou encore apprécier la beauté de la nature en certains endroits. Cette vie d'aventure à modifié mes traits, physiques et mentaux. Je suis devenu plus grand, plus fort, mes sens se sont affutés et j'ai écopé de plusieurs cicatrices en divers endroits incongrus, résultats de rencontres avec divers malandrins et brigands.
Je suis arrivé il y a trois jours à Eniod. J'ai beaucoup aimé cette ville, cependant il est temps pour moi de repartir. Nulle part depuis mon départ je n'ai trouvé homme à demander de l'aide et je cherche désespérément quelqu'un -ou quelque chose- à qui confier mes services. Oui, sur le plan moral, j'ai aussi changé. Jene suis plus en quête uniquement d'aventure -bien que le gout de cette vie soit plus fort que jamais-mais aussi de rétribution. Proposer mes services, d'accord. Les offrir, pas sans une bonne raison. Je vis pour mon compte autant que pour celui des autre car j'ai compris que vouloir être au plus altruiste et prétendre n'avr besoin de rien est aussi une preuve d'égoïsme.


Je marche dans le noir, la tête basse, les idées hautes, quand quelqu'un, quelque chose me percute.



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Dernière édition par Alyster le Mar 27 Aoû 2013 15:19, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mar 27 Aoû 2013 15:16 
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Je relève la tête et vois une silhouette qui s'enfuit. Par habitude et par précaution, je vérifie que ma bourse est toujours là, accrochée à ma ceinture... Elle n'y est plus.
Il a tourné dans une ruelle mal éclairée. Je le suit en courant. Avec un peu de chance, je pourrais le rattraper... J'y suis presque... Il tourne encore.
Sous la pluie battante, je cours à en perdre haleine. La chose, que j'identifie comme une personne très volumineuse sur une chaise avec deux roues, se déplace vite, tournant sans cesse, changeant de direction, freinant brusquement pour repartir dans l'autre sens. Je commence à fatiguer, malgré ma bonne endurance. Tentant le tout pour le tout, j'accélère d'un coup, me rapproche de lui... Je ne pourrai pas tenir très longtemps... J'y suis presque... Plus que trois mètres... Je n'en peux plus... Deux... Mes jambes vont lâcher... Un... Mon souffle me brûle la gorge comme un feu qui ne réchauffe pas... Je tends la main vers lui, je vais enfin pouvoir l'attraper...


*BAM!!!!!!!!!*


Je me retrouve par terre. Mon pied a heurté un pavé qui dépassait traîtreusement du sol, provoquant une chute qui a duré sur quelques mètres. Je suis tout ankylosé, seul, sous la pluie et ma bourse vient de s'enfuir sur des roues... Mauvaise journée.

Alors que je me remets tant bien que mal en marche, j'entends un rire lugubre, sonore... Et j'ignore pourquoi et comment mais je sais qu'il m'est adressé.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 3 Sep 2014 19:20 
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Partie 1 : Un retour à la vie.

Il était allongé, son dos contre un sommier dur reposant à même le sol. Ses yeux balayèrent lentement l’espace clos dans lequel il se trouvait. Son corps en léthargie refusa de se mouvoir mis à part sa tête qu’il pouvait tourner dans tous les sens sans craindre de douleur musculaire ou lombaire. Il était torse à nu, seules des bandelettes couvraient une partie de son épiderme, en particulier sur son bras gauche, dont il sentit que quelqu’un avait appliqué de la pommade, et au niveau de ses côtes, lui barrant le ventre et le bas du dos.

Quatre murs en pierre d’une couleur terne soutenaient la maisonnette éclairée par la lucarne de la porte en chêne massive. Au plafond, des poutres vermoulues soutenaient la charpente composée d’un alliage de tuiles et d’ardoises. Des brides de souvenir refirent surface dont sa fuite devant une meute de traqueurs obscurs. Il entendit des bruits de pas et se força à lever la tête pour fixer des yeux la porte en bois massif qui s’ouvrit lentement, les gonds grinçant. Un vieil homme entra le dévisageant longuement, puis ferma la porte aussitôt, atténuant les bruits de foule en dehors de la bâtisse. La foule semblait s’accroître au vu du nombre de voix qui s’élevaient en guise de protestations. Les affres de la guerre n’allaient pas disparaître avant un bon siècle, les humains ayant la mémoire courte, contrairement aux elfes. Le vieillard s’approcha de son patient, il possédait une barbe blanche taillée à la serpe et des yeux d’un blanc laiteux qui accentuait l’effet saisissant de son visage ridé. Une besace pendait à son cou maigrelet remplie d’instruments médicaux ou de torture selon les intentions qui animaient l’ancien. Il chercha à se lever, forçant son buste à se redresser, mais il était encore bien faible pour se tenir le dos bien droit et ainsi faire face à l’étranger. Celui-ci posa sa besace par terre, se mettant à son hauteur pour un instant et ses yeux vides semblèrent soudain s’animer. L’homme se présenta comme étant un mestre en médecine.

« Pourquoi m’aidez-vous ? Si c’est bien ce pourquoi vous êtes venu faire évidemment...

« Je pratique la médecine et vous étiez gravement blessé, je n’ai pas à me justifier d’avoir pris soin de vous. Un tendon endommagé au niveau du coude, une clavicule fêlée par une arme tranchante et des lacérations au niveau des côtes, énuméra-t-il en bon spécialiste. Si vous n’aviez pas été un elfe, de telles blessures vous auraient handicapé. Votre corps se régénère rapidement et c’est une chance que l’arme ait ricoché contre vos os au moment de l’impact et a terminé sa course uniquement dans de la chair. Votre bras devrait de nouveau fonctionner correctement d’ici deux jours et j’ai refermé vos plaies.

La porte s’ouvrit à nouveau laissant entrer le paysan qu’il avait sauvé. Affichant une mine aussi pâle qu’un mort, il attendit que le médecin s’en aille avant de parler.

« Les gardes ont retrouvé les corps, annonça-t-il la larme à l’œil.

Comment lui faire comprendre que la mort des villageois ne l’émouvait aucunement ? Quelques morts étaient nécessaires à la vie de quelques uns, ainsi fonctionnait le monde selon Endar. Un monde où l’équilibre régnait en maître. Les souvenirs des jeux de Valshabarath lui revinrent en mémoire. Une souffrance et une horreur indescriptibles s’y étaient déroulées et de fugaces images de cadavres putrides et décharnés lui donnaient soudainement la nausée. Tremblant, il était sorti de cette arène plusieurs fois de suite, le corps maculé du sang de ses ennemis. Il ferma un instant les yeux, se débattant face à toutes ces images défilantes qui l’assaillaient qu’il avait cherchées à oublier.

« Tu souilles la terre de ta présence...

Il ouvrit les paupières rapidement en entendant cette voix caverneuse retentir dans la masure et il regarda Rupert mais à sa place se tenait son double, la même apparition ténébreuse qu’il avait rencontré dans ses cauchemars. Il se plaqua contre le mur, sa mâchoire serrée et les yeux luisant de peur.

« Nous allons bien nous amuser toi et moi ! J’ai encore envie de voir ce regard satisfait lorsque tu les éviscères, s’exclama son double en s’approchant de lui, accentuant l’effroi que l’apparition jetait. Un effroi qui semblait aspirer toutes traces de joie et de vie dans la pièce.

« Endar ? Est-ce que ça va ? demanda Rupert, un poil inquiet.

L’apparition avait disparu et il n’avait plus ses yeux grands ouverts par la peur qu’il avait ressentie. Cependant, son corps était encore secoué par des spasmes, seul vestige de son dégoût et de la crainte de sa propre personne.

« Tout...Tout va bien Rupert, bégaya le mage. Que viens-tu faire ici ?

« Je venais te rapporter de nouveaux pansements comme me l’a demandé le médecin.

S’agenouillant près de lui, il retira sans aucune délicatesse propre aux paysans le pansement imbibé de sang qui lui entourait la taille pour le remplacer par le nouveau. Endar avait eu tout le loisir d’admirer les stries que lui avaient laissées les griffes de ces monstres.

« Mon loup est-il dans un endroit sûr ?

« Oui, après avoir appelé un médecin, je me suis occupé de ta bête et je l’ai mise dans l’écurie de la ville.

« Je te rembourserai soit sans crainte. Rupert... J’ai besoin d’informations à propos des traqueurs obscurs.

« Tu ne comptes pas retourner dans cette forêt maudite, tout de même ! Pas dans cet état surtout !

Sa voix était empreinte de pitié et cela lui donna envie de vomir. Il n’allait pas s’abaisser à recevoir les complaintes d’un humain tout de même. Il était un shaakt, un être à l’âme aussi noire que leur peau, perfide et guerrier sanguinaire. La pitié était la dernière chose qu’il désirait recevoir. Ses yeux vairons brûlaient d’une haine intense envers tous ces faibles qui priaient leurs dieux et éprouvaient une quelconque compassion envers leur semblable, mais il dut se calmer, car il n’avait pas oublié qu’il avait un rôle à jouer. Aucun des deux protagonistes ne s’était mis à discuter, mais finalement le paysan roux joufflu et bedonnant ne put tenir bien longtemps dans ce silence pesant.

« Les traqueurs obscurs ne se rassemblent pas en meute en règle générale, expliqua le roux.

« Une preuve supplémentaire que la famine ne touche pas seulement les humains d’Eniod s’ils se regroupent momentanément pour chasser.

« Sans doute. Je l’ignore en fait. Ce qui est sûr c’est que ce sont des créatures farouches et coriaces. Tant qu’elles n’ont pas tué leur proie, elles continuent de la chasser et de la torturer psychologiquement.

« Je suis toujours leur cible donc, pensa le mage à haute voix. Cela me permettra de les trouver plus rapidement au moins !

« Endar, c’est insensé...

« Silence ! siffla-t-il se redressant en s’aidant de ses coudes. Il est impératif de libérer les routes commerciales et certaines d’entre elles coupent à travers la forêt ! Cela me permettra peut-être aussi de trouver la source des mauvaises récoltes qui sévissent à Eniod.

Rupert ne pipa mot se contentant d’hocher la tête d’un air peu convaincu, effrayé par la soudaine mauvaise humeur du shaakt. Ce n’était sans doute pas ainsi que le jeune homme prévoyait de partir à l’aventure mais le mage n’eut cure des espérances du cultivateur en la matière, tout ce qu’il l’intéressait en cet instant c’était de faire payer à ces monstres les blessures qu’il lui avait été infligées.

« J’aimerais que tu m’apportes des vêtements convenables demain matin puisque je vais demander une audience auprès des marchands dirigeant cette ville, exigea-t-il. A présent vas-y, il me faut me reposer avant...

Le paysan s’en alla sans faire d’histoires, semblant déçu par les réactions disproportionnées de l’elfe noir et claqua la porte. Soulagé d’être enfin seul, il s’allongea et tenta de méditer, posant ses mains sur son torse et cherchant une position adéquate, chose ô combien difficile lorsqu’on dormait par terre. Finalement, il arriva à entrer dans une méditation totale lorsqu’il se retrouva au centre d’un cercle de magie, des pics terrestres formant une symétrie parfaite autour de lui. Il sentait la magie affluer dans son corps, se mêlant à sa circulation sanguine, irriguant ses muscles et son cœur. Cette sensation l’apaisait, même si tout cela n’était rien de plus que le fruit d’un rêve, un cocon protecteur face à la sombre réalité où se côtoyaient souffrance et les sans-magies. Son fluide couleur terre semblait danser dans les airs autour de son corps. Des images de prairie et de forêt défilaient devant ses yeux à demi-fermés.

« Es-tu digne de contrôler la terre ?

Dans sa méditation, le mage se retourna pour faire face à une pierre qui prit son apparence, une statue de pierre aussi finement sculptée dans la roche que même le meilleur sculpteur ne pouvait façonner. La voix qui s’échappait de la bouche de pierre était rocailleuse au premier abord mais le ton était calme.

« Je ne vis pas, je ne peux que survivre, répondit-il en guise d’explication sachant pertinemment ce qui lui était reproché.

« Ainsi justifies-tu le sang que tu verses et tes mensonges ? Au nom de ta survie ?

« Pas au nom de ma survie mais à celui de ma liberté... Je n’ai jamais eu de maîtres et je ne compte pas en avoir, qu’il soit de ce monde ou qu’il soit un dieu.

- L’or et les complots sont tes maîtres pourtant.

- Non, ce ne sont que des outils à mon service pour atteindre le chemin de la liberté. Ma liberté et non pas celle de tout le monde, car chacun doit lutter pour sa liberté, pour soi-même. La fin justifie toujours les moyens...

- Un jour, tu pourrais être surpris de voir que tu t’aveugles en parcourant le chemin du pouvoir au lieu de l’adoration des dieux qui autorisent les vôtres à utiliser les fluides...

Il se réveilla avant d’avoir pu lui donner une réponse qui s’avérait être des plus cinglantes et cyniques. Il n’était pas un fanatique, mais un mage, un être se gorgeant de l’histoire des peuples de Yuimen et du savoir magique laissé par leurs ancêtres, les tous premiers mages. De sa main droite, il se frotta les yeux restant toujours sensible à la lumière malgré son accoutumance journalière. Ces intrusions dans ses rêves ne l’aidaient vraiment pas à se reposer correctement, même si un elfe n’avait pas besoin de beaucoup d’heures de sommeil pour récupérer ses forces.

L’ennui le guettait et il n’avait plus sommeil si bien qu’il reluquait plusieurs fois les murs ternes pour s’occuper, mais cette distraction ne le satisfaisait d’aucune manière. Il avait envie d’aller prendre un bain au bord de la mer mais il craignait d’être la proie de racistes, un racisme concernant autant la couleur de sa peau et son langage que de ses compétences en magie qui rendaient vert de jalousie les sans-magies. Après tout, il n’avait aucune envie d’en croiser à nouveau, même s’il savait qu’il en verrait demain. Endar avait toujours été fier de pratiquer la magie bien que celle-ci ne lui ait causé d’irréparables torts. La magie avait tué aussi sûrement feu son ami Maeli que les prêtresses l’avaient corrompu jusqu’à la moelle. Ces derniers temps, le mage qu’il était avait senti des fluctuations au sein des différents fluides alimentant Yuimen et de tels pics d’activités magiques ne présageaient rien de bon, cette famine en était la preuve selon lui. Quelqu’un toqua à la porte. Nul paysan ou être humain de basse naissance ne toquait pour annoncer son arrivée.

« Entrez, déclara-t-il d’une voix rendue rauque par l’atmosphère pesante d’Eniod surtout à cause de la chaleur empreinte d’un fort taux d’humidité à l’opposé de sa cité natale.

Un homme de taille moyenne habillé chichement pénétra en ces lieux les bras chargés d’un pourpoint couleur azur, d’une paire de braies et d’une paire de chausses de la même teinte. Ses yeux bruns fixaient le sol tandis qu’il posa un genou à terre. Le varrockien était sans aucun doute un serviteur du conseil des marchands qui gouvernait d’une main sûre la cité à en juger par son tablard représentant le symbole d’Eniod : des colonnes de yus sur fond bleu.

« Mes maîtres ont bien reçu vos demandes et sont disposés à vous écouter. Ils souhaiteraient par ailleurs vérifier de votre bouche les dires de l’eniodien à propos de la découverte d’une mine d’or inondée. Ils apprécieraient cependant que vous ne restiez pas trop longtemps en ces lieux, la population s’agite et en ces temps sombres, la présence d’un elfe noir n’est pas appréciée.

Le visage poupin de l’humain, signe de sa jeunesse et d’une « servitude » ayant traversée les générations au sein de la famille, ne trahissait au premier abord aucune marque de haine ou d’un simple rejet à son endroit, mais le discret hochement de tête lorsqu’il fit son rapport contredisait cette mine neutre. Il ne prit cependant pas ombrage de ses remarques et hocha simplement la tête en guise de soumission, même si au fond de lui il savait que les grandes familles marchandes n’allaient pas réussir à le faire quitter Eniod et il était déjà certain qu’il puisse obtenir une autorisation pour y vivre et y passer sans crainte de dormir en prison ou pire...

« Remercie tes maîtres de m’accorder audience malgré les troubles qui agitent la cité, fit-il remarquer sournoisement avant d’ajouter : je suis cependant là en tant qu’envoyé de Yuimen pour juguler les pénuries alimentaires et restaurer la sécurité le long des routes commerciales.

« Mes maîtres le savent, répondit le page du tac au tac ce qui confirma sa pensée selon laquelle les commerçants prévoyaient de l’utiliser pour faire fructifier leur marché avant de l’abandonner quand il ne sera plus d’aucune utilité. A présent, je me dois de retourner auprès d’eux et je vous souhaite de leur part un agréable séjour dans notre belle cité côtière et minière. Des gardes vous escorteront jusqu’au rendez-vous...

Le serviteur déposa à ses côtés les atours et se dirigea vers la sortie, la tête toujours baissée et reculant pour éviter de lui offrir son dos, une marque de respect tout autant que de défiance à l’égard du shaakt.

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 3 Sep 2014 19:26 
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• Partie 2 : Manipulateurs et manipulés.

Lorsque la porte s’ouvrit, ses paupières se levèrent et ses yeux fixèrent les deux nouveaux arrivants portant une tunique à la gloire de leur cité, une épée à une main dans leur fourreau pendait, exhibant un avertissement à peine voilé. Il se leva en ayant revêtu ses habits fraîchement donnés et suivit ses gardes à travers Eniod. La populace circulant à travers les ruelles pavées le regardait avec haine mais il soutint leur regard, les défiant presque de s’interposer et d’attaquer sa garde personnelle qui n’allait sans doute pas le protéger au péril de leurs vies. Finalement, au bout d’une vingtaine de minutes, ils arrivaient sans incident devant la demeure du conseil des marchands. Une habitation en pierre et au toit en ardoise trônait à côté de plusieurs autres maisons richement décorées, si l’intérieur était austère, l’extérieur quant à lui relevait du même luxe que les bâtiments alentours : plafond de verre, sol en marbre, escalier en gré et rambarde en or fin.

A cette même rambarde se tenaient quatre hommes à la stature voûtée et une femme qui avait été un jour belle, enfin belle pour un humain. Les deux factionnaires se retirèrent en claquant la lourde porte en chêne et les dirigeants d’Eniod descendirent les marches jusqu’à se placer devant lui. Selon son point de vue, tous les humains finissaient par se ressembler plus ou moins passé un certain âge et ces cinq là ne faisaient pas exception à la règle. Un visage osseux, un dos voûté et un regard de marchand voilà l’image du fameux conseil. Si cette apparence frêle éveillait en l’elfe noir des sentiments de déception et du mépris, il lui aurait été malaisé de les afficher en leur présence, surtout maintenant qu’il était presque devenu un renégat à Khonfas, même si, selon lui, c’était entièrement de la faute des prêtresses et des autres shaakts femelles qui oppressaient la cité souterraine. Il courba donc l’échine jouant de l’étiquette pour être respectueux envers le conseil, puis se redressa en leur faisant face.

- Je ne saurais être ici sans vous dédommager et je vous prie d’accepter mes plus plates excuses du désagrément que vous cause mon séjour à Eniod.

La mégère s’avança vers lui pointant son doigt osseux sur lui et lui répliqua avec véhémence :

- En plus de nous faire la guerre, vous venez vous m’occuper de nous, citoyens d’Eniod et du Conseil ! La justice serait de vous pendre haut et court en place publique pour vos crimes sur notre population et...

- Taisez-vous donc Miranda ! beugla l’un des quatre conseillers qui ressemblait presque à un nain, si bien qu’Endar se demanda s’il n’était pas un bâtard. Lorsqu’on ne connaît rien à la politique et au marché, il vaut mieux se taire ! Néanmoins, Miranda a raison sur une chose, arrêtez de nous narguer et contez-nous les raisons de votre venue dans notre ville commerciale florissante.

Le mage y concéda et finit par leur raconter sa rencontre avec la troupe de paysans et de chasseurs, puis il narra avec circonspection la découverte de la mine et l’attaque des traqueurs obscurs sans oublier de préciser l’aide qu’il avait apporté au défunt groupe.

Le quasi-nain chauve aux yeux vitreux n’était guère impressionné par de menus exploits contrairement à ses trois autres collègues qui n’en perdaient pas une miette.

- Excusez mon détachement mage shaakt mais je remarque surtout que vous n’êtes pas là pour conter fleurette. Je vais me faire plus précis pour faire preuve d’autant de courtoisie que vous nous avez montrée. Que voulez-vous du Conseil en échange de la mine sous-marine que vous avez découverte ?

Les yeux perçants du shaakt fusillèrent le mi-nain mi-homme et il se dit qu’il avait bien fait de ne pas s’être fié à sa première impression car le Conseil avait encore des membres dangereux parmi ses rangs. Le vieillard doutait sérieusement d’une part de la véracité du titre d’émissaire de Yuimen et d’autre part de ses bonnes intentions à l’égard d’Eniod. Si seulement il savait, songea-t-il.

- Est-ce ainsi que vous remerciez l’elfe qui a sauvé l’un de vos « citoyens » ? Les shaakts sont une menace bien moindre par rapport à la réelle menace que représentent les mauvaises récoltes, la famine et les pillages.

- Faute à qui, intervint Miranda de sa voix de crécelle.

Le mage se retourna et surplomba la vieille femme de toute sa stature, s’avançant vers elle d’un pas menaçant avant de s’arrêter pour observer le nain chauve.

- Les shaakts n’ont rien à voir avec les multiples exactions qui se passent dans vos fermes depuis plusieurs jours, nous sommes des guerriers non des voleurs, veuillez ne pas nous insulter... Je vous propose mon aide malgré tous vos jugements moraux, car des rumeurs inquiétantes courent à propos d’une famine à grande ampleur au niveau de notre continent. Voilà le marché l’ancien, laissez-moi résider ici de manière permanente et je protégerai votre cité minière tout en éliminant, si j’en ai les moyens, l’origine d’une telle décrépitude des champs de blés, de céréales et de légumes...

Assuré de gagner avant d’avoir franchi le seuil de la masure, le doute s’emparait de lui à présent lorsqu’il attendait la décision des membres du Conseil qui se regardaient avec anxiété et chuchotaient bruyamment. Hochant la tête, les maîtres marchands s’apprêtaient à rendre leur décision. Sans surprise, Miranda refusa net sa proposition, le contraire l’aurait étonné. Deux des cinq acceptèrent de suite, il ne restait plus que le bâtard nain et son collège à la longue barbe poivre et sel. Les deux finirent par accepter de mauvaise grâce et lui souhaitèrent la bienvenue en leur ville du bout des lèvres. Le page qui lui avait remis les vêtements était à présent chargé de transmettre la décision des chefs des grandes familles marchandes à travers toute la cité d’Eniod. Il notait scrupuleusement chaque mot prononcé par le mi-nain d’une main vigoureuse propre au jeune âge.

- Je vous remercie de la confiance dont vous m’honorez, je ferais tout en mon pouvoir pour m’en montrer digne soyons-en assurés, leur confia-t-il en s’inclinant avant de partir.

Ses gardes le raccompagnèrent à la modeste bicoque où il logeait pour l’instant, puisqu’il allait devoir attendre que le jeune homme transmette l’annonce officielle dans tout Eniod ainsi que dans les villages et hameaux alentours. Heureusement, Endar avait besoin de temps aussi pour s’équiper correctement afin d’aller à la chasse aux monstres. En effet, sans armes et sans protection et ne possédant qu’un sort, il n’allait pas pouvoir lutter contre une meute entière de traqueurs obscurs aussi silencieux que des ombres en pleine forêt. En apparence, il était seul dans la pièce dénuée de meuble, pourtant il sentit qu’on l’épiait de très près.

- Ghil olath darthien dro... (Là où les elfes noirs vivent...) déclara calmement une voix dans la pièce sans qu’Endar ne puisse déterminer où se cachait l’assassin.

- Er'griff harl l'olath sssiks ! (...seulement sous le soleil noir) termina le mage sans hésiter une seule seconde, ses yeux balayant toujours la pièce.
Un homme tout de rouge vêtu apparut soudainement en face de lui, ses vêtements en tissu portant la marque de la famille Vrinn : un soleil noir au niveau du torse.

- Que me veux le clan Vrinn de la cité souterraine de Khonfas ?

Sa voix était posée, contrastant totalement avec les battements de son cœur qui s’étaient accélérés au moment il avait senti la présence de l’assassin utilisateur d’illusions. En réalité, en posant cette question, il en avait posé plusieurs autres implicitement, songeant qu’un meurtrier de cette trempe n’était pas envoyé ici comme un simple messager. L’homme habillé de la tête aux pieds seulement découvert au niveau de ses yeux violets, de sa bouche révélant une partie de peau de couleur améthyste et au niveau des cheveux laissant des mèches blanches retomber sur son front, ne semblait guère loquace.

- Le chef officieux de la famille Vrinn est plutôt inquiet de votre fuite vers Eniod, surtout après les cadavres que vous avez laissés derrière vous. Je lui ai recommandé de m’envoyer vous refroidir, étrangement il a refusé mon idée...

Un rictus anima la bouche d’Endar partagé entre la colère qu’une telle idée ait pu naître chez ses employeurs et la joie de continuer à exister.

- Il n’y a nullement à craindre de mon séjour au sein de cette ville marchande, les dirigeants du clan Vrinn, eux, ont plus à risquer en restant à Khonfas. Quand vous les verrez, envoyez- leur ce message : quittez Khonfas et faîtes profil bas chez les humains.

- Ce serait plus une perte qu’un gain que de quitter notre cité natale... Les matrones peuvent ainsi s’emparer encore plus facilement du pouvoir dans la maison de mes maîtres et les appauvrir corrélativement.

- Assassin, laissez l’intellect à ceux qui s’en servent, vous n’êtes sans doute pas le meilleur stratège shaakt, parce qu’une fois morts, les femelles elfes noires vont encore plus facilement s’accaparer le maigre pouvoir que se disputent les mâles ! Néanmoins, vos maîtres m’ont employé en espérant faire de moi un agent compétent et un mage assez puissant pour détruire ce nid de cafard ! D’autres choses ou je peux méditer en toute tranquillité ?

Le mage était terriblement agacé par le comportement pseudo-leadeur du tueur à gages qui devrait mieux obéir aux ordres plutôt que de dicter sa conduite.

- Mes maîtres sont cependant ravis de savoir que vous avez infiltré Eniod et espèrent comme vous l’aviez promis avant votre arrestation de nouvelles rentrées d’esclaves dans nos mines notamment. Je vous ai espionné à la demande de mes maîtres et vous avez réussi à vous faire accepter par le Conseil comme exigé. La maison Vrinn vous demande simplement de faire dévier une cargaison d’or en direction de la lisière de la forêt.

- Je suis certain qu’ils n’ont pas précisé comment je suis sensé produire un tel miracle sans griller ma couverture. Soit, qu’ils considèrent ceci comme déjà fait... Le jour où ils recevront la livraison en main propre, nous parlerons augmentation et titre.

L’assassin hocha simplement la tête avant de disparaître instantanément de la pièce comme par magie, cela l’était d’ailleurs selon lui. La maison noble des Vrinn était constituée de deux frères jumeaux qui s’étaient étrangement toujours bien entendus, refusant le chaos intrafamilial généré par leur mère et leurs quatre sœurs. Tous les deux étaient des guerriers, envoyés en première ligne à chaque guerre par ordre des prêtresses. Il ne fallait pas posséder une grande intelligence pour voir qu’ils étaient considérés comme nuisibles, cependant contrairement aux autres castes de la société shaakt, les nobles devaient être tués en secret. Il servait donc depuis quelques années déjà ces deux frères voulant à tout prix, tout comme lui, acquérir le pouvoir au sein de leur peuple. Une société secrète surnommée le Soleil Noir avait alors été créé pour aider les vrais dirigeants de cette maison. Un nid d’espions auquel il avait offert ses talents.

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MessagePosté: Mer 3 Sep 2014 19:32 
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Partie 3 : La découverte d’un nouveau fluide.

Dehors, il faisait nuit noire, seules quelques lanternes accrochées à des poteaux éclairaient les rues d’Eniod vidées de ses innombrables commerçants, marins et autres badauds. Une pluie subite et un vent violent semblaient intimer l’ordre aux miliciens patrouillant les ruelles de se replier dans leur demeure. Le pas lourd des factionnaires surveillant l’entrée de l’habitation où il résidait, séant, devinrent un écho lointain et un appel à la collecte d’informations. La clef en fer qui ouvrait la porte était toujours dans le trou de la serrure, car les marchands le recevaient ici en tant qu’invité non en tant que prisonnier. Dans ce contexte, il aurait été malaisé et surtout impoli de transformer cette maison en une prison. Se retrouvant dehors sous une pluie battante, il ferma la porte à clef et martela les pavés en direction du port, évitant la milice autant que possible en se faufilant à travers les zones d’ombre. Il sut rapidement qu’il n’était pas loin de l’embarcadère lorsqu’il sentit les effluves nauséabondes du fruit de la pêche en haute-mer, tandis que l’air salin venait fouetter son visage couleur olive. Longeant les murs, il s’arrêta un moment avant de traverser la grande place plus éclairée manquant de se faire serrer par des gardes qui ne se faisaient que passer. Accroupis, l’eau ruisselant sur son corps d’une finesse attestant sa race, il surveilla les marins en train de décharger leurs cargaisons, des intendants se chargeant d’en vérifier le contenu, cela lui permit également de jeter un coup d’œil par-dessus la pile de bois lui servant de cachette. Essentiellement, on y trouvait du poisson et quelques boissons qu’il supposa être de l’alcool fort, c’était donc une cargaison des plus habiles. D’autres cargaisons sortirent des calles des catamarans amarrés aussi solidement que possible à l’embarcadère. Au début, c’était de nouveau une cargaison des plus classiques comprenant principalement des victuailles, parfois de l’or et de l’argent, ce qui attisa son avarice, mais lorsqu’un marin faillit laisser tomber la dernière caisse, l’intendant en chef qui supervisait l’opération lui intima l’ordre de faire attention, son visage figé par la peur que le mage shaakt vit aisément malgré les ténèbres.

Curieux, il suivit le convoi qui transportait la caisse mystère, le bruit de ses pas couverts par les à-coups des essieux de la charrette et l’averse qui ne cessait de battre le pavé. Le convoi s’arrêta devant une boutique de magie et il supputa que la caisse contenait toutes sortes d’ingrédients et de fioles aussi précieuses que potentiellement explosives. Un homme de taille moyenne apparut sur le seuil de la porte, ses vêtements ne payaient pas de mine contrairement aux atours raffinés des maîtres marchands rencontrés, cependant il sentait la magie qui émanait de lui. C’est au moment où les miliciens entrèrent dans la boutique avec leur lourde cargaison que l’assassin des Vrinn surgit de nulle part. Manquant de faire une crise cardiaque, Endar bouscula le tonneau derrière lequel il était caché dans la ruelle adjacente du même coup et bien vite les pas de l’intendant en charge de cette caisse se rapprochèrent dangereusement. Heureusement, des rats sortis d’une caisse sortirent de la ruelle où il se trouvait, provoquant la déroute de l’homme courageux mais pas téméraire pour un sous. Ses yeux noirs rencontrèrent ceux couleur améthyste du shaakt en noir lui signifiant toute sa colère en attendant de pouvoir l’exprimer verbalement. Une fois que les gardes finirent de décharger et de dépasser la ruelle, il prit précautionneusement la parole.

- As-tu décidé de désobéir à tes maîtres en voulant me faire pendre haut et court pour espionnage ?

- C’est tentant... Qu’as-tu appris ?

- Tu me suivais au lieu de transmettre le message que je t’avais confié, alors tu dois savoir ce que je sais, non ?

Après quelques minutes d’un silence pesant et d’une bataille de regards méprisants, l’assassin finit par y mettre fin.

- J’ai transmis ton message à mes maîtres hier soir après notre rencontre et je ne t’ai aperçu qu’il y a dix minutes... Transmets-moi ton nouveau message à présent !

Le ton cinglant énervait toujours autant le mage shaakt, néanmoins, il se devait de donner toutes les informations à ses employeurs.

- Une cargaison est venue par voie maritime. Huit caisses au total. Quatre caisses de poissons, deux d’alcool, une d’or et d’argent et une autre, celle que j’ai suivi jusqu’ici, contenant sans doute ingrédients alchimiques et fioles soit d’une grande valeur soit de nature explosive. A présent, j’aimerais...

Le messager était déjà parti, sans même un remerciement.

- Qu’il aille se faire voir !

Il leva la tête et observa à travers les carreaux de la vitre du magasin, le vieil homme en train d’ouvrir la précieuse cargaison à l’aide d’un pied-de-biche. L’intérieur de la boutique ressemblait à n’importe quel magasin de magie, supposa-t-il puisque l’elfe noir ne connaissait aucun endroit comme celui-ci à Khonfas. Les étagères étaient couvertes de poussières tout comme les tranches des livres qu’elles contenaient. Des erlenmeyers et d’autres flacons reposaient sur le comptoir en chêne. A sa droite, au fond de la pièce, Endar y voyait des mannequins en bois portant chapeaux, chausses et tuniques, mais pour l’instant, ce qui l’intéressait le plus se trouvait dans les mains du propriétaire. L’homme alluma une lanterne pour contempler les nouvelles fioles. Du feu, de la terre, de la glace et de l’eau étaient contenus dans ces dernières. En tant que jeune mage et n’ayant appris la magie que par lui-même, il ne savait pas du tout si on devait les boire, les jeter contre l’ennemi et ne connaissait pas du tout leur fonction en réalité, mais une petite voix lui disait que le pouvoir qu’il cherchait se trouvait dans ces flacons...

Empruntant le chemin du retour, il vit au coin de rue principale, ses deux gardes du corps reprendre leur poste à l’aube sans s’être doutés une seule seconde qu’il était dehors en train de les regarder à une table à l’extérieur d’une auberge savourant avec délice une bonne chope de bière au col bien mousseux. Si les clients lui lançaient des regards malveillants de l’intérieur de l’auberge, le propriétaire lui servit néanmoins ce qu’il désirait à la seule condition de rester à l’extérieur de son établissement. Seule la serveuse lui rendait visite à sa tablée, une jeune varockienne plutôt jolie comparée aux autres membres de sa race jusqu’ici rencontré pendant son périple. Blonde, un haut front dégarni, symbole de sa race, un visage aux pommettes saillantes. Ses habits miséreux de serveuse gâchaient cependant un corps ni trop fin comme les elfes ni trop épais comme les nains. Ses yeux bleus au premier abord ternes semblaient scintiller lorsqu’elle lui demanda s’il voulait quelque chose à manger pour accompagner sa bière.

- Je te remercie jeune fille mais parler à un elfe noir n’est pas des plus conseillés sur Yuimen et spécialement ici à Eniod.

Sa voix était posée, douce, contrastant avec la conversation entamée avec l’autre shaakt il y a à peine quatre heures de cela.

- Oh, vous savez j’ai toujours aimé le danger, il ne se passe jamais rien à Eniod, mis à part les batailles entre des ivrognes, quelques mercenaires et il y a quelques semaines maintenant des corps mis en lambeaux au village de Valihar. Certains portaient même des marques sur le corps, certains racontaient même que c’était des marques sacrificielles.

Endar but tranquillement sa chope et la posa presque brutalement contre la table lorsqu’il entendit les derniers mots de la serveuse.

- C’était un acte isolé. Un fou ou un meurtrier imitant les rituels de magie noire sans doute... lui répond-t-il voulant la rassurer.

(Encore un mage noir en pleine nature, pensa-t-il avec colère. Cependant, cela ne me concerne pas, chasser les mages noirs revient en principe aux mages de lumière et si ces deux entités pouvaient se détruire mutuellement cela m’arrangerait.)

Endar était un jeune de la magie, certes, néanmoins, il respectait son code et possédait une opinion tranchée quant à l’utilisation de la magie, celle-ci devait être neutre. La magie n’était qu’une force de la nature que seuls les élus pouvaient manier sans risque, la ferveur envers les différents dieux ne faisait qu’aveugler les magiciens.

- En effet, ce ne serait pas la première fois, en convint la serveuse. Au fait je m’appelle Julie, minauda-t-elle

- Endar, enchanté. Dîtes-moi Julie... Y-a-t-il un moyen de se faire de l’argent dans le coin ?

- Oui bien sûr ! Vous pouvez toujours demander un boulot à la milice, leur bâtiment se trouve dans la ruelle adjacente au Grand Conseil, sinon nous avons un tableau devant l’auberge si vous aimez chasser du monstre pour quelques bourses de yus. Mmm... peut-être aurais-je du temps libre à vous consacrer pour vous faire découvrir de magnifiques lieux...

Le shaakt la remercia et paya son dû lui assurant qu’il serait ravi de faire un tour un jour. L’amour et le plaisir charnel étaient délaissés selon les rites des matriarches au profit du pouvoir et de la manipulation. Dans un réflexe devenu naturel, le mage se demandait s’il n’était pas en proie à une illusion et qu’il se trouvait toujours encore à Khonfas dans cette prison humide devenue le garde-manger préféré des araignées. Autour de lui, les gens s’écartèrent lorsqu’il traversa l’artère principale en direction du magasin du mage Frô. Dans la foule, il y vit une mère tenant ses deux enfants de chaque côté et tous les trois semblaient parfaitement heureux. A cette vue, son front se plissa et sans le vouloir, il serra ses poings pris au piège de sa colère, puis il se décrispa et continua non sans se dire à lui-même à voix basse :

« L’amour est pitoyable ! »

Si sa colère commençait à s’amenuiser, sa souffrance l’étreignait inexorablement et sa jalousie envers ces enfants qui aimeront leur mère et réciproquement, alors que sa mère l’avait renié dès sa plus jeune enfance mais malheureusement pas assez tôt pour ne pas s’en souvenir.

Sans même se rendre compte, il était devant la boutique de magie. Sa mère ne l’aimait pas, son père était mort certes, mais il était le genre d’individus qui se renforçaient grâce à la souffrance.

>> boutique du mage Frô

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 Sujet du message: Re: Les Ruelles d'Eniod
MessagePosté: Mer 14 Jan 2015 21:40 
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Partie 3: Un retour pour un départ

Se dirigeant vers le centre névralgique de la cité, il fit arrêter sa monture et la libéra de ses liens.

- Peuple d’Eniod, cria-t-il, allez vous laisser des brigands vous voler encore longtemps vos victuailles ? Venez vous ravitailler, reprenez ici ce qui vous appartient de droit ! Les brigands qui vous ont volé ne sont plus et je vous ai ramené votre nourriture et vos boissons, lâcha-t-il avant d’enlever la bâche pour dévoiler l’amoncellement de légumes frais, de pains sous toute leur forme ; ovale, allongé et d'alcools frelatés.

Une foule s’était à présent précipitée sur les cargaisons si bien qu’il dut en repousser quelques uns, son loup se montrant vindicatif lorsque pauvres et moins pauvres essayaient de pousser le shaakt pour s’approprier plus de nourriture qu’il n’en fallait. Cette agitation alerta la milice qui écarta sans plus de ménagements la foule.

- Que signifie ce vacarme, s’insurgea un sergent qui devait avoir la quarantaine et avait une coupe au carré, ce qui accentuait son côté austère avec ce long cou et sa figure allongée.

- Vous devriez les laisser prendre de quoi se nourrir, cela vous éviterait de déclencher une plus grosse émeute encore, conseilla-t-il au sergent, et sans plus autre forme de procès, il chevaucha son loup et partit sans se retourner, sa bête libérant le chemin.

Endar s’était cru en sécurité à Eniod, il s’était pourtant trompé au vu des derniers événements. Le contrôle des émotions d’un humanoïde ne lui rappelait que trop bien la magie qu’usait une des prêtresses qu’il avait tuée pendant sa folie. Il devait se cacher autre part ou du moins être recruté dans un autre pays, un autre continent, un autre monde et il ne crut si bien dire en lisant l’annonce accrochée aux portes de la ville. Avant de partir en mission, il comptait s’équiper un minimum et il savait exactement où se rendre.

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