L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Lun 16 Jan 2012 16:19 
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Apparemment, Cromax semblait avoir réponse à toutes mes questions, connaissant bien notre ennemi. Au moins, j’avais des certitudes sur la résistance qui allait nous être opposé une fois dans la demeure de Grantier. Ses soldats lui seraient fidèles jusque dans la mort ou bien ils se transformeraient en mercenaires et chercheraient quand même à nous passer par le fil de l’épée.

Il ajouta ensuite concernant le fait d’envoyer des troupes à l’extérieur qu’il réussirait peut être à convaincre Grantier d’en être à la tête et d’en envoyer peu. Excellent plan, mais encore une fois nous étions sur une brèche qui pouvait tomber à tout moment. La surprise était notre principal allié dans ce plan de bataille, nous devions jouer dessus de manière à facilement tuer les troupes qui sortiraient de la protection des murs de la demeure de style ynorien.

Me rassurant, il expliqua que nous étions les seuls à connaître son pouvoir de métamorphose et qu’il n’existait aucun code entre Herlor et Grantier car Mathis l’aurait prévenu. Et même s’il y en avait un, il faudrait faire avec, c’était un des aléas inhérents à notre programme.

Il termina son propos en disant que les personnes qui entreront en premier, Duncan, lui et moi serions des éclaireurs pour évaluer la situation. Que lui s’occuperait de la diplomatie pendant que moi, je ferais ce que j’aime le plus : l’infiltration et le renseignement, mes spécialité dans l’armée sindel. Nous devions préparer le terrain pour les troupes qui resteront à l’extérieur et ensuite une fois notre mission terminée, sortir de la propriété en vie, dans l’autre cas, nous devrions sauver notre peau.

(Je n’aime pas ça…)
(Qu’est-ce qu’il y a ?)
(Il y a encore trop de zones d’ombres dans ce plan, je n’aime pas entrer dans un endroit et ne pas savoir ce qui m’attend. En plus, je serais dans le sac de Cromax/Herlor, donc encore moins de chance de voir ce qu’il se passe.)
(Cromax semble savoir ce qu’il fait, il faut lui faire confiance.)
(J’espère qu’il ne nous envoie pas au casse-pipe tout de même.)
(Tu regarderas dans ton sac de cheval tout à l’heure, il y a deux trois trucs qui devraient t’être utile.)
(Quoi ? Comment ça ?)
(Ehemdim.)

Ainsi donc il m’avait laissé des objets dans mes sacoches de cheval et je ne les avais pas vu. Brillant de sa part et sans Crystallia, je ne le saurais pas non plus. Revenant au cours de la conversation, j’entendis alors la voix de Lilith qui intervint sur le problème du « prisonnier ». Il fallait selon lui que ce soit Duncan car il était connu des troupes de Grantier et de Grantier lui-même. Il proposa alors qu’Oryash prenne la place de Duncan, chose à laquelle je n’avais pas pensé et qui serait compliqué pour moi. Il y avait comme un problème sous-jacent entre nous deux, nos fluides opposés n’aidaient pas à démêler la situation.

Cette dernière prenant la parole à la suite du cryomancien semblait contre l’idée de prendre la place de Duncan. Elle pensa aussitôt que cette vision de Lilith venait du fait qu’elle était une phalange de Fenris et de par leur réputation, elle serait encline à la violence. Je n’aimais pas trop cela, je ne pourrais pas la soigner si jamais ça tournait mal pour elle. J’avais moyennement envie d’expérimenter ce que Salymïa avait vécu durant la nuit ou elle avait veillé la peau blanche. Elle termina en disant qu’elle avait un allié de choix à ses côtés, faisait-elle référence à ses pouvoirs de l’ombre ? Sans doute, je ne saurais le dire avec certitude.

Puis Mathis éleva la voix pour nous dire qu’il se pliait à notre plan de bataille en restant en retrait au début avec Lilith, Oryash et Salymïa. Cette dernière d’ailleurs se réveilla en prenant enfin la parole pour nous dire qu’elle avait en sa possession une clé qui pouvait ouvrir n’importe quelle porte mais que cet objet avait une utilisation unique. Cela pourrait être utile si je n’arrivais pas à ouvrir la porte de la cellule de Duncan.

(Tu n’as qu’à lui demander gentiment. Elle ne te refusera pas cela.)
(Il vaut mieux qu’elle la garde, on ne sait jamais si le groupe se trouve bloqué à cause d’une porte fermée à clé. Je pourrais m’en sortir sans, du moins je l’espère.)

Cromax mit un terme à ce tour de parole ou tout le monde avait exprimé son point de vue sur la manière d’entrer dans cette demeure. Il nous fallait donc nous mettre à nos postes respectifs. Je me dirigeais donc vers Duncan qui était resté fort silencieux durant la préparation de notre plan d’entrée.

- « Duncan, si tu veux être armé, je dois te prendre ton arme. Je vais l'attacher à mon sac et tu pourras la récupérer par la suite. »

Je lui pris son arme avec délicatesse, ne connaissant pas trop la manière de l’utiliser, je pourrais toujours le demander à Ehemdim lorsqu’il sera de nouveau lui-même. Puis me dirigeant vers ma monture, j’ouvris les sacoches de mon cheval et y trouvait une gourde, une fiole avec un liquide brunâtre, une autre avec un liquide jaune-orange, une gemme topaze et une fiole avec une potion de sommeil – selon ce que disait l’étiquette. Je pris la gourde et la potion de sommeil avec moi, j'attachai l’arme de Duncan à mon sac, donnai une pomme à Célestion, lui flattai l’encolure peut être pour la dernière fois et me mis à la hauteur de Cromax, prête à prendre ma taille de lutine.

- « Lorsque tu seras prêt Cromax, fais-moi signe et je prendrais ma taille de lutine afin de t’accompagner. »


(((HRP : Cromax, je te laisse le soin dans ton prochain RP de me prendre dans ton sac avec ma taille de lutine.)))

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Mer 18 Jan 2012 17:10 
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Ma proposition ne remporta pas un franc succès, autant auprès de la phalange que du reste du groupe. Alors qu’Oryash me questionnait sur mes arguments tout en montrant qu’elle n’était pas le bon appât, je me confondis en excuses bredouillées à la va-vite.

« Je suis désolé, mon esprit s’est égaré et j’avais juste imaginé la crédibilité d’une prisonnière hargneuse envers son état de captivité, sans penser aux aspects stratégiques bien plus importants. »

(Peut-être que l’idée de la voir en femme soumise et ligotée titille un fantasme caché dans les bas-fonds de ma conscience…)

Je fus tout de même interloqué par la dernière réplique par notre alliée à la peau blanche sous-entendant qu’elle avait un allié et je ne fus pas le seul. Cromax tiqua à cette évocation et ne tarda pas à interroger Oryash sur ce sujet. Ma curiosité s’éveillant, j’attendais la réponse de celle-ci, l’examinant du regard.

(Elle m’avait parlé d’un woger qui la suivait, mais c’est une bête sauvage. Pour peu qu’elle soit suffisamment domestiqué pour « aider » Oryash, je doute qu’il puisse être utile dans une infiltration de château.)

Alors que la Phalange de Fenris tardait à répondre, la stratégie finissait par prendre sa forme définitive, laissant de coté les artifices magiques de chacun de coté comme atouts dans la manche à sortir en cas d’urgence. Le plan maintenant fixé, il allait entrer rapidement en action. Le groupe s’infiltrant dans le palais, mené par Cromax sous l’apparence d’Herlor et composé d’un Duncan désarmé et d’une Aenaria lutine cachée dans le sac de notre chef, partait dès maintenant. Le reste d’entre nous allions attendre ici l’envoi d’une troupe ennemi pour faire une escarmouche propre et discrète et prendre leurs tenues et identités pour entrer dans le château.

Lorsque Cromax se leva, je l’imitai aussitôt, sans réfléchir. Sa sentence finale, offrant le temps de s’exprimer une dernière fois si on le voulait, me paraissait aussi irrévocable qu’un adieu et j’en blêmis.

( C’est maintenant ou jamais… On entend presque l’écho du glas dans ses mots.)

Comme pour justifier mon geste, je pris la parole, même si ce fut pour une demande qui me semblait allait de soi vu la possibilité de télépathie de Cromax.

« Les lanceurs de sorts peuvent souvent donner l’avantage à leurs alliés grâce à leur magie. Il faudra penser à repérer si Grantier en aura près de lui lors de l’assaut. Et ce serait bien si vous pouviez nous prévenir si la troupe sortant du palais en comportera, pour que l’on se concentre sur eux avant qu’ils n’agissent. »

Mes paroles sonnaient creux et toutes mes pensées ne se dirigeaient que vers une seule chose, regarder mon amant. Il avait repris son apparence normale depuis un moment et je me délectais de ses traits, gravant chacun d’eux dans mon esprit. Une vague de peur et d’amour se fracassa contre ma volonté et je lâchais quelques mots, ignorant le groupe autour de moi, comme si seul Cromax était là, puisque seul lui comptait.

« Tu y arriveras. Je le sais… »

Alors que je finissais ma phrase, je me rappelai soudainement d’où venaient ces mots précisément. C’est ce que je lui avais dit la dernière fois qu’il avait du partir en mission périlleuse, pour s’introduire en pleine nuit dans le camp d’un ennemi mortel. Je ne croyais pas en mes propres paroles la dernière fois et j’avais du mal à espérer cette fois-ci, mais l’exploit réalisé la dernière fois me passait un peu de baume au cœur.

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* Lillith, humain, Aurion et Cryomancien nv23 *
En mission pour les Amants de la Rose Sombre


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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Mer 18 Jan 2012 21:48 
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Précédemment: Oryash, une prisonnière potentielle,moi?



Certes l'idée de servir de prisonnière n'enchantait pas Oryash plus que ça, mais si on lui avait demandé elle n'aurait pas dis non, au contraire.
Aussi lorsque Lillith s'excusa de l'avoir ainsi froissé elle ne lui en tint pas rigueur, car après tout un prisonnier hargneux était beaucoup plus crédible qu'un calme. Seulement il aurait fallu un sacré pretexte pour justifier de sa présence auprès de Cromax sans éveiller les soupçon d'un piège.

"Ne t'en fait pas Lillith, après tout il était tout à fait humain de penser une telle chose. Je ne t'en veux pas."

Elle laissa courir son regard rubis sur lui, appréciant ce qu'elle voyait. Cela faisait pas mal de temps à présent qu'ils n'avaient plus conversé. Elle pensa que peut-être durant leur veillée nocturne l'occasion se présenterait.

Par contre la peau blanche fut ravie du petit effet produit sur Cromax, si elle en jugeait les paroles qu'il venait de prononcer. Il était évident que son allié, comme Oryash venait de le mentionner, venait d'attiser la curiosité de leur chef. Aussi lui posa-t-il la question de but en blanc, histoire de savoir de quoi il retournait exactement. Elle tiqua cependant quand le Sindel affirma qu'il préférait garder Duncan comme premier choix pour jouer le rôle du prisonnier.

"On dirait que tu ne me juges pas apte à tenir ce rôle! Que cela ne tienne, j'en prends bonne note et tôt ou tard, je te prouverais que tu as eu tord."

Oryash était tout simplement vexée qu'on ne lui accorde pas confiance pour une telle mission.
Elle fixa alors Cromax froidement avant de répondre à sa question première.

" Il s'avère mon cher Cromax que depuis notre escapade dans les duchés des montagnes, j'ai comme qui dirait acquis un pouvoir dont je me serais volontiers passé. Mais puisqu'il est là....
Je suppose que tu te souviens de l'épisode du dîner et de ce qu'il en a résulté. Depuis ce fameux soir, la magie d'obscurité s'est révélée à moi et coule dans mes veines. J'ai comme qui dirais attirer l'attention de Thimoros et ce dernier m'a fait don de certains pouvoirs.
Certes ce n'est qu'un début, mais pour l'heure, je peux étrangler un adversaire à distance et créer un bouclier de protection en utilisant les ombres qui m'entourent. Plus il y a d'ombres et plus mon bouclier résistera. Je gage que d'ici peu, il me gratifiera d'un autre pouvoir. Après tout, s'il m'a choisi ce n'est pas sans raisons. Je suis désormais une chevalière du chaos , n'en déplaise à certaines."


Aussitôt la Phalange de Fenris se fixa sur Salymïa et sur Aenaria, qui toutes deux maîtrisaient la lumière.

" Maintenant si cela pose un problème autant le dire de suite, que je sache à quoi m'en tenir sur chacun de vous."

Comme toujours Oryash allait droit au but, même si cela pouvait froisser quelques orgueils mal placés.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Jeu 19 Jan 2012 04:38 
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Notre conversation tirait à sa fin. Le plan était échafaudé et assez simple, ce qui selon moi, était une bonne chose. En fait, sous l’apparence de Herlor, Cromax se rendrait au château détenant Duncan comme prisonnier pour annoncer au traitre Grantier, sa propre mort. Pendant ce temps, Aenaria, réduite à la taille d’un farfadet, se terrait dans le sac du chef des Amants. Je choisis de demeurer silencieux jugeant que j’avais plus à gagner à écouter les autres que de me lancer dans de longs discours de tactiques militaires. Au grand dam de mon père, j’avais toujours préféré danser et charmer les jolies dames plutôt que d’écouter les soldats discuter de stratégie.

Il n’y avait plus de temps à perdre puisque les amants désiraient exécuter leur plan le plus tôt possible. Aenaria qui devait se faire toute petite fit ses derniers préparatifs sans oublier de ramasser l’arme de Duncan, qui étant prisonnier devait se présenter au château sans défense. Il était courageux, voire même suicidaire de sa part de se porter volontaire. Il était de loin le moins expérimenté de tous. À mon avis, Oryash se serait avérée plus utile si un problème avait surgi. D’un autre côté, Duncan, malgré sa pauvre expérience, était prêt, lui, à sacrifier sa vie pour son chef, et cela j’en avais été témoin pendant la bataille contre les minables gobelins. Je gardai cependant mon opinion pour moi, me contentant encore une fois d’observer mes nouveaux compagnons. Lilith pour sa part avait exprimé tout haut sa pensée qui ressemblait légèrement à la mienne et la réaction de la belle tigresse aux yeux rouges le fit sentir coupable à tel point qu’il se sentit obligé de s’excuser. Mais comme je l’avais observé depuis le début, ce colosse bénéficiait de l’admiration de Oryash qui semblait toute douce lorsqu’elle s’adressait à lui. Pour Cromax cependant, elle fut un peu plus agressive, mais consentit tout de même à répondre à la question de ce dernier, dévoilant qu’elle bénéficiait depuis quelque temps de l’aide de Thimoros, par l’intermédiaire de pouvoir magique qu’il lui aurait transmis.

Pour ma part, je n’avais pas eu l’occasion de parler à Aenaria depuis la nuit dernière, je n’avais donc pu la remercier pour la guérison qu’elle m’avait prodiguée. Je cherchai donc son regard et lorsqu’elle me vit, je lui souris, lui pointa mon ancienne blessure au torse et la remercia d’un simple merci que je ponctuai par une petite inclinaison de la tête.
Cette nuit s’annonçait longue, mais j’avais l’intention d’en profiter pour faire de plus ample connaissance avec les trois amants qui me tiendraient compagnie.

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Dernière édition par Mathis le Dim 22 Jan 2012 00:16, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Jeu 19 Jan 2012 20:25 
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Pas un mot, rien, pas le moindre geste signifiant ma présence. Depuis la discussion avec Dame Aenaria et Messire Cromax, je suis le groupe comme un fantôme. Je suis là, sans être là, perdu dans mes pensées comme jamais auparavant. Totalement imperméable à tout ce qui se dit et se passe autour de moi. Les retrouvailles avec Dame Salymia, l'elfe précédemment décedée de notre groupe, l'arrivée devant la demeure de Grantier, rien de tout ça ne me fais réagir. Pourquoi ? Je ne le sais pas moi même. Est-ce le retour sur les terres de ma patire qui me fait un tel effet ? Est-ce la peur de ce qui va suivre ? Sans aucun doute. Pourtant, tout cela aurait dû attiser la flamme de ma curiosité. Une femme qui reçoit la faveur des dieux et a qui on permet de revenir du royaume de Phaïtos pour fouler de nouveau la terre des vivants, ce n'est pas quelque chose que l'on voit tous les jours. Une demeure aussi imposante que celle du terrible Rewolf Grantier, prise d'assaut par une poignée de personne n'est pas un évènement annodin, surtout quand on est l'un des fous s'apprêtant à mettre sa vie en jeu dans cette attaque.

Rien, vraiment rien. Je ne suis plus vraiment là. Pourtant, j'entends tout ce qui se dit, je l'assimile, mais je ne ressens pas le besoin de réagir, de débattre, je suis perdu. Bien sûr, le plan qui se prépare est acceptable, et le rôle qui m'est confié tout à fait logique, mais, je n'ai pas eu envie d'y mettre mon grain de sel étrangement. Sans un mot, j'ai confié mon arme, le bien le plus précieux que je possède à Dame Aenaria et je me suis approché de Sire Cromax. Mais petit à petit, je retrouve mes esprits, une contenance et je m'investi pleinement du rôle qui sera le mien. Qui mieux que moi peux jouer le prisonnier, sachant que Grantier est effectivement à ma recherche. Qui mieux que moi peu apporter la crédibilité nécessaire à toute cette manigance. Près de Cromax, je joins mes mains et les tend a mon capitaine.

"Qui mieux qu'un homme réellement recherché par Grantier pour jouer le rôle de votre prisonnier en effet. D'ailleurs...euh, Messire Cromax; Si jamais..comment dire...euh, si Grantier exige ma mise à mort, ce qui..euh, est ...fort probable...vous..vous..vous ne devez pas hésiter une seule seconde...Il en ira probablement de la ré-ré-réussite de la mission."
Tournant légèrement la tête vers Dame Aenaria.

"Da-Dame Aenaria, prenez...soin de mon arme, je vous...en p-prie. Elle est..mon bi-bien le plus...p-précieux"
Je m'agenouille ensuite et commence à prier intérieurement, les yeux fermés.

"Juste une petite minute, s'il vous plait."
Mon bégaiment est de retour, mais je m'en rend à peine compte. Une page importante de mon destin va se tourner dans les heures qui viennent. Et pas seulement le mien, celui de Grantier, des hommes de ce dernier et de tous les Amants. Combien de vie vont s'éteindre ? Combien de livre vont se fermer ? Rana et Zewen seuls le savent.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Ven 20 Jan 2012 10:45 
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Le plan s’est dessiné au fur et à mesure et au final il ne fallut pas si longtemps à tout le petit groupe pour dessiner de la stratégie à adopter et de celle qui serait la meilleure. L’angoisse commença à monter en moi lorsque je vis Aenaria se préparer à se transformer en petite lutine. Ça y est, on y est ! Le moment fatidique est arrivé.

(Calme-toi Saly… Tout va bien se passer !)
(Laïdè, tu peux refaire ton petit tour ? Juste au cas où…)
(Bien sûr et je le ferais dès que je sentirais que tu flanches.)
(Merci mon amie.)

Je sens immédiatement la confiance m’envahir et mon esprit se calme petit à petit et je la confiance s’empare alors de moi. Je me sens mieux et je me lève en saisissant mon bâton et m’approche de mon amie. Je pose une main sur son épaule et la force à me regarder. Je tiens à la rassurer. Je ne vais pas mourir une fois de plus et elle ne retraversera pas l’épreuve qu’elle a traversée.

"Bonne chance à toi mon amie ! On se retrouve à l’intérieur et l’on rentrera ensemble à Kendra Kâr, je t’en fais la promesse !"

Je la regarde avec insistance pour qu’elle ne doute pas de ma détermination et qu’elle ne se fasse pas de crainte.

"Concentre-toi sur ta part de la mission, je vais en faire de même et tout se finira bien !"

Je ne sais si c’est l’effet du sort de ma faera, mais ma détermination est remontée d’un cran et dans mon fort intérieur je pense que ma mère n’a qu’à bien se tenir ! Je vais la tuer, venger mon père et vivre ma vie avec Amhalak à jamais. Oui, tout ce passera ainsi et tout finira pour le mieux.

Je rejoins le groupe composé de Lillith, Oryash et Mathis. Je me tourne alors vers le mage de glace qui, jusque là, est resté silencieux et ne m’a pas adressé la parole en privé. Je me dis alors qu’il peut douter de mon identité. J’entends Oryash dire à ce dernier qu’elle va s’entraîner sur ses sorts. La peau blanche aussi doute de mon identité, mais je sais exactement quoi dire pour la faire changer d’avis. Je m’adresse alors aux deux hommes du groupe.

"Je possède les deux fluides je ne serais pas trop affectée, mais faites attention à vous messieurs, Oryash est très fougueuse, la première fois que je l’ai rencontré à Tulorim, elle avait arraché les attributs masculins de l’une de ses proies pour faire ses preuves."

Je la regarde d’un air amusé en me souvenant de cette histoire. À l’époque je ne savais pas que cet épisode allait me lier à la peau blanche pour un temps bien trop long. Je repose toute mon attention sur Lillith.

"Au fait, je tiens à te remercier pour le sort. Peut-être pourras-tu m’en apprendre un nouveau."

Je me tourne vers la forteresse.

"Espérons que tout se passe bien…"

Je n’y crois pas vraiment et pour me conforter une brise de vent frais vient fouetter mon visage. L’heure est venue.

*Attends-moi bien sagement maman, je vais venir te donner la leçon que tu mérites…*

Et comme pour prouver ma détermination, mes longs cheveux blonds, sous la colère, deviennent bruns.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Sam 21 Jan 2012 16:53 
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Comme je m’y attendais, les remarques fusent, positives ou non, avant ce grand commencement. L’assaut final de notre périple, le but de notre mission. Aenaria, elle, a suffisamment contribué à l’élaboration du plan pour y mettre un holà de dernière minute. Elle se contente d’acquiescer mes propos en précisant sa volonté d’en découdre. Lillith ne se fait pas moins optimiste et encourageant. Il donne un dernier conseil, concernant les lanceurs de sorts alliés et ennemis, et les avantages majeurs qu’ils peuvent apporter en combat. Bien que je me sois toujours débrouillé sans cette magie, en m’en sortant plutôt bien, je ne peux qu’être d’accord avec ses paroles. Je revois la manière dont lui et Bogast nous avaient sauvé la vie, sur les pentes dangereuses de ce volcan en éruption. Sans eux, je ne serais plus qu’une vieille croute carbonisée sur le flan d’une montagne de feu vomissant lave, cendres, et coulées incandescentes. Personnellement, toutefois, je ne peux que penser aux avantages que procure sa magie dans des moments bien plus intimes et privés. Quelle douce caresse que celle d’un glaçon qui vous parcoure l’échine en arrachant à votre âme mille frissons de plaisir…

Mais je m’égare dans des considérations qui ne sont que trop éloignées de notre but actuel, à mon grand dam. J’ai toujours respecté mes devoirs, parce que ceux-ci allaient dans le sens de mes aspirations et de mes désirs. Mais là, l’envie la plus pressante qui me prend est d’embrasser mon amant langoureusement, et surtout de ne pas le laisser loin de moi. Pourtant, je sais que je dois accomplir ma mission, pour ma vie, pour celle des Amants, et pour le confort de tous mes compagnons. Sans ce meurtre, la vie de chacun pourrait être un cauchemar. Car désormais, tous sont impliqués. Mon glaçon affirme sa confiance en mes capacités, d’une voix qui susurre… Et pour toute réponse, je lui envoie un sourire confiant, même si intérieurement, je sais que les risques sont grands.

Il y a aussi Mathis et Salymïa, qui préfèrent garder le silence pour l’instant, ne commentant plus le plan, ou toute autre remarque que j’ai pu faire. Et puis, il y a Oryash la contestataire, qui daigne tout de même répondre à ma question, après avoir exprimé sa frustration de n’avoir pas été choisie pour jouer la prisonnière, rôle qui demande avant tout du sang froid, ce qu’elle n’a vraisemblablement pas. Aenaria a peut-être raison, finalement. Les humains ont beau avoir une progression mentale bien plus rapide, celle-ci est peut-être plus parsemée de défauts divers, comme le manque de maturité face à certaines décisions raisonnées. Et puis, je me rappelle que moi aussi, à de nombreux moments de mon existence, j’ai fait preuve de réactions spontanées plutôt vives et pas forcément réfléchies. Des réactions sur le vif, manquant de sang-froid. Je ne suis pas empli de sagesse, car elle est pour moi synonyme d’ennui.

Le pouvoir de la Phalange s’avère être celui des ombres, la magie qui l’a accaparée dans la salle de banquet du Clan, dans les Duchés des Montagnes. Elle semble s’inquiéter du fait qu’on la repousse pour ce pouvoir noir. Alors que Duncan répète les raisons du choix de lui-même pour être notre prisonnier, je lance un sourire entendu à cette peau pâle au charme sauvage et certain, avant de répondre à mon tour :

« Tu es apte à tenir ce rôle, Oryash, comme chacun ici, qui avez ma confiance. Duncan est cependant plus indiqué pour ce rôle, passé toute considération sur vos pouvoirs personnels. Grantier connait Duncan. Il recherche son prisonnier, et rien n’égalera la satisfaction de le revoir arriver avec l’annonc de ma mort. Toi, il ne te connait pas encore, et nous pouvons tirer de ça bien d’autres avantages. Quant à tes pouvoirs, quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent, ils sont les bienvenus… Si tant est que tu n’en uses que contre nos ennemis ! »

Un petit clin d’œil sur cette dispute couvant entre elle et Salymïa depuis de nombreux jours, maintenant. J’espère secrètement qu’elle attendra la fin de tout ceci pour éclater à nouveau… Car elle éclatera encore, j’en ai la certitude.

Et enfin, il y a Duncan, qui une fois encore affirme vouloir laisser son honneur surpasser sa vie. Rentrant dans mon rôle de Herlor tout en en prenant l’apparence, je m’exclame :

« Silence, prisonnier, cela n’arrivera pas ! Un otage mort n’a plus aucune valeur. »

Ma métamorphose est complète. À vrai dire, et je m’en surprends, même mon armure prend l’apparence de celle que portait mon meurtrier, le chef d’assaut du Clan des Roses. Pour compléter le tout, mon arme prend elle aussi l’apparence de celle de Herlor, sa grande lame à deux mains, que j’attache dans mon dos, toute encombrante qu’elle est. Les deux groupes se forment rapidement pendant ce temps. Oryash, Lillith, Mathis, Salymïa et Halkmir restent ensemble, alors que Duncan prie, un peu à l’écart. Aenaria, elle, active son pouvoir minimisant et je la fais entrer dans ma besace de cuir, où elle doit être, malgré tout, un peu à l’étroit. Sur le ton de la plaisanterie, et sans pouvoir m’en empêcher, je plaisante :

« Allez, c’est dans la poche ! »

Et avec un sourire confiant, je me saisis des mains de Ducan pour les maintenir fermement dans son dos, sans ménagement. Autant que mon rôle ait l’air réaliste dès le début. Il ne doit s’attendre à aucune tendresse, avec Grantier. Il le sait mieux que quiconque. Alors autant le mettre dans le bain directement, même si ma poigne ne peut se résoudre à lui faire mal. Au moins c’en a l’apparence.

Car ça y est, l’expédition est lancée pour de bon !

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Sam 21 Jan 2012 17:34 
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À trois, nous quittons l’abri de nos fourrés, de notre bosquet, pour aller au-devant de notre destinée. J’ai laissé Lune derrière moi, car Herlor n’avait pas de monture, lorsqu’il a attaqué le Clan. Il paraitrait étrange qu’il en ait une, maintenant. Même si j’avoue avoir imaginé l’image d’un fier capitaine rentrer chez son maître en trainant derrière lui un prisonnier exténué, plein d’horions et aux habits en loques. Il n’en est rien, pourtant, et de Duncan, je maintiens les mains dans le dos alors que je marche vers le Palais de Grantier, qu’il me faut contourner pour en voir l’entrée. Je décide de le faire sans trop m’approcher des murs, n’ayant aucune envie d’une volée de flèches par manque de réflexion par les gardes à leur poste sur l’invisible chemin de ronde intérieur de la forteresse. Autant mettre le plus de chance de notre côté, et ne pas faire avorter cette équipée si près du but.

En marchant, je prends garde à ne donner aucun coup, et à ne pas trop remuer ma besace, ce qui me donne un peu l’allure rigide d’un homme blessé à la jambe. Ce léger boitillement ne fera qu’augmenter ma crédibilité auprès des hommes de Grantier. Après tout, je suis censé revenir d’un combat sans merci visant à l’exécution d’un guerrier plutôt doué. Certes, Grantier a cruellement sous-estimé mes capacités, ou surestimé celles de Herlor, mais il n’en reste pas moins que tout vainqueur qu’il est censé être, ce bon Herlor dont j’ai les traits n’a pas chômé, ces derniers temps.

Assez vite, cependant, nous arrivons en vue de l’entrée du Palais. Je sais qu’il faut faire vite, car la transformation de la sindel dans mon sac n’est pas définitive. Loin de là, même. La porte du lieu est immense, toute de bois robuste et épais, bardé de longues barres de métal noir orné de pointes signifiant toute l’hospitalité du propriétaire des lieux. Ce portail est surmonté d’un petit toit de tuiles rouges, comme tout le reste de la résidence, et semble donner sur l’extérieur, et non l’intérieur. Une cour intérieur à l’enceinte, sans doute.

Ce toit est encadré par deux petites tours, à peine plus hautes que la porte elle-même, surmontée chacun d’un garde vêtu de noir, arbalète au poing, et épée au fourreau. À notre arrivée, celui de droite s’exclame avec vigueur :

« Holà, qui va là ? Qui que vous soyez, vous n’êtes pas les bienvenus ! »

Quel accueil ! D’une voix qui ne souffre pas de la moindre hésitation, je décide de jouer mon rôle à fond, et je lui réponds sur un ton mêlant effrontément bourru et fierté ostensible.

« Ferme-la et viens m’ouvrir. C’est Herlor. Je rapporte de bonnes nouvelles à Grantier, et il apprécierait pas de savoir que tu nous as fait attendre ! »

Le garde comprend alors sa méprise, et nous finissons d’approcher de la porte sans encombre, alors que je perçois ses traits se tordre de confusion, juste avant de le voir disparaitre, vraisemblablement sur une échelle, pour venir nous ouvrir. Pendant ce temps, son collègue de gauche nous voyant plus précisément, s’écrie à son tour :

« Hé, mais c’est pas l’prisonnier de Bouhen, qu’tu ramènes là ? »

J’opine vigoureusement du chef, alors que l’un des battants de la lourde porte s’ouvre, laissant apparaitre le premier garde, qui répond à ma place :

« Mais ouais, c’est bien lui ! Ahah, tu vas r’gretter t’être enfui, raclure ! C’est mon pote Jon qui était de garde, ce jour-là, et Grantier l’a tué en apprenant ton évasion. J’me ferai un plaisir de te torturer moi-même pour honorer sa mémoire ! »

J’interromps son discours vengeur, de peur que Duncan ne soit trop malaisé par ses mots inquiétants.

« Je le mènerai moi-même à Grantier, et il décidera qu’en faire ! Laisse-nous entrer. »

Sans un mot, il se pousse finalement sur le côté pour me laisser le passage, et j’entre dans la forteresse sans encombre, finalement.

(Ouf… Première partie du plan réussie avec brio. Mais rien n’est gagné pour autant. Transmets à la faera de Salymïa que nous avons passé les portes, qui cachent une cour intérieure cerclée d’un chemin de garde.)

(Ça roule, patron !)

Car effectivement, la cour intérieure, carrée, mène droit sur un double escalier de pierres blanches qui mène à l’entrée du Palais proprement dit. Cette petite cour est entourée d’un chemin de garde couvert d’un toit, et sur lequel une demi-douzaine d’arbalétriers vêtus de noir sont en poste. J’englobe le tout d’un coup d’œil rapide, histoire de ne pas attirer l’attention plus que de mesure… mais à peine le garde a le temps de fermer la porte et de replacer la poutre de bois la maintenant fermée qu’il empoigne Duncan, me forçant à le lâcher de peur de lui casser un bras par torsion, et le houspille de nouvelles paroles haineuses.

« Pas envie qu’tu crèves avant qu’j’ai appris comment tu t’étais échappé du manoir à Bouhen, enflure ! Et comme Grantier risque de t’tuer sitôt qu’il te verra, t’as plutôt intérêt à lâcher le morceau tout de suite si tu veux pas t’retrouver rampant dans ton sang face au marquis ! »

(Marquis ? Grantier a un titre de noblesse ?)

(Apparemment… mais ça n’est peut-être qu’un surnom.)

Je ne peux répondre à la place de Duncan, cette fois. Néanmoins, j’espère au fond de moi qu’il ne jouera pas les héros, et qu’il inventera vite un mensonge plausible pour contenter au plus vite ce garde rancunier. Je n’ai aucune envie qu’Aenaria retrouve sa taille originale au milieu de cette cour.

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MessagePosté: Sam 21 Jan 2012 18:57 
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Alors que Cromax m’écoutait attentivement, son visage se para d’un regard ferme et ardent, si bien que mon désir crût en moi et je ressentis l’urgence de me jeter sur lui pour embrasser fougueusement ses lèvres délicates alors qu’il les étirait en un sourire charmeur qui me faisait fondre à chaque fois. Mais je n’en fis rien, craignant y perdre ma volonté et de finir par le supplier de ne pas y aller. Je détournai mon attention du bel elfe pour chasser toutes les pensées qui s’emmêlaient confusément dans mon esprit et fis face à la phalange de Fenris qui attendait le jugement de ses pairs par rapport à sa révélation sur ses récents pouvoirs des ténèbres. Certes, j’étais loin de porter le dieu de la dévastation en tout genre dans mon cœur, mais Oryash n’était pas non plus sa descendante. Il lui offrait des pouvoirs, cela n’en faisait pas pour autant notre ennemi. J’ai pu voir par le passé que la magie de lumière pouvait être aisément souillée pour apporter douleur et mort. J’adressai à la peau blanche un sourire bienveillant.

« Ca ne change pas mon opinion sur toi, ne t’inquiètes pas. Ce sont nos choix, Oryash, qui montre qui nous sommes réellement, bien plus que nos capacités. »

Mais ma tolérance était loin d’être communicative dans le groupe et Salymia montra aussitôt une suspicion qu’elle possédait depuis longtemps, citant une anecdote plutôt gore du passé de la phalange à propos d’attributs arrachés. Je fus troublé par cet acte de sauvagerie qui montrait le coté sombre de celle-ci, ne sachant comment le considérer.

(C’est de la barbarie… un geste sadique… Mais en même temps, je ne sais rien d’elle, ni de la situation… J’ai aussi dans mon passé des taches dont je ne suis pas fier…)

Ne sachant comment vraiment réagir, je profitai des remerciements de Salymia pour mon petit cours de magie du premier jour. Ce souvenir me ramena à une constatation : c’est bel et bien notre compagnonne qui a fait son retour parmi nous. Je lui souris et lui fis une petite tape sur l’épaule.

« Je t’en pries. C’est un plaisir de partagé les dons que Yuia m’a confié et je serais ravi de t’en apprendre des nouveaux, lorsque nous serons plus au calme que ces derniers jours. »

Je me retournai brutalement lorsque j’entendis à nouveau la voix rauque d’Herlor. Cromax avait repris l’apparence du sbire de Grantier et semblait déjà rentrer dans la peau du personnage, tonnant envers Duncan des imprécations sèches.

(Pauvre homme… son rôle est vraiment le plus dur de toute cette mascarade.)

Aenaria était déjà dans le sac mon amant et les trois éclaireurs partaient vers le palais, dans la nuit sombre. Cromax tenait Duncan les mains dans le dos pour simuler sa captivité et le menr d’une marche rapide et assuré en direction de la forteresse. Sans un mot, je les fixais, jusqu’à que les formes grises de leurs mouvements ne pussent plus se détacher du paysage des plaines ynoriennes ternies par les ténèbres envahissantes, car le clair de lune lui-même ne pouvait plus rien à une certaine distance. Aussi violente qu’une masse de troll abattu sur mon crâne, l’inquiétude m’écrasa aussitôt, m’étreignant le cœur.

(Et maintenant, l’attente commence…)

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Dim 22 Jan 2012 13:54 
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Le petit groupe dans lequel je me trouve n’a plus qu’à attendre. Cromax se pare du costume de l’homme qui nous avait attaqué au Clan des Roses, place soigneusement mon amie dans son sac et empoigne Duncan avec force. Sans doute pour plus de crédibilité, après tout le moment tant attendu est arrivé et il nous faut être crédible si nous voulons que le plan fonctionne comme prévu.

Lillith me parle enfin et me dit que se fut un plaisir de partager ses dons avec moi et qu’il serait ravi de le refaire une fois que la bataille sera passée.

"Je te remercie Lillith."

Cependant, je vois que le visage du mage de glace commence à porter le masque de l’inquiétude. Il est vrai que nos amis se dirigent vers l’entrée de ce palais et nous, nous ne pouvons rien faire pour le moment. Nous ne pouvons qu’attendre soit que Cromax nous appelle soit que l’on nous envoie des troupes si ça se passe mal à l’intérieur.

Je me tiens prête, bâton en main, à jeter un sort dès que quelqu’un se montrera. Je n’aime pas rester dans l’angoisse, mais je n’ai pas le choix. Après tout, c’est moi qui ai stipulé que je ne voulais pas entrer et prendre le risque de mourir. En y réfléchissant, je risque de mourir quel que soit le poste que j’occupe. Je m’en rends compte maintenant et une pointe de regret me pique, mais je ne peux plus faire marche arrière.

(Saly, j’ai des nouvelles !)
(Parle vite Laïdè, je suis morte d’inquiétude.)
(Pour le moment tout se passe bien, ils sont entrés sans faire de vagues. Cromax t’informe qu’ils se trouvent dans une cour carré entourée par un chemin de garde sur lequel se trouvent six gardes.)
(Merci.)

Elle se réfugie dans le fin fond de mon esprit et l’angoisse s’empare de moi. Aenaria, Cromax, Duncan, par Gaïa, faites qu’il ne leur arrive rien. Je prie en silence et sans rien montrer aux autres. Mon regard est fixé sur la place que nous devons prendre à tout prix et rapidement, l’image de ma mère s’impose dans mon esprit.

*Profite bien de cette dernière nuit mère, car tu ne verras pas le soleil se lever, j’en fais le serment !*

Puis je me tourne vers mes compagnons pour les rassurer. Un climat de légère tension s’est installé depuis le départ de nos amis et je me dois de les rassurer grâce aux informations que Cromax a chargé à sa faera de me transmettre.

"Ils sont entrés sans problème, pour le moment tout ce passe comme prévu. Cromax m’a informé que derrière les portes se trouve une cour carrée, encerclée par un chemin de garde occupé par six hommes."

Le nombre de garde est énorme à mes yeux. Seuls ils n’ont aucune chance d’arriver à tous les neutraliser. Nous sommes tous silencieux. Je décide donc d’envoyer un message à Cromax pour le rassurer sur notre sort, qu’il ait l’esprit tranquille.

(Laïdè ?)
(Je transmets immédiatement que pour le moment, il n’y a pas de garde à l’extérieur ?)
(Exactement ma chère !)
(Je fonce.)

Aussitôt, je ne ressens plus la présence de ma compagne mentale. Je suis seule et en proie à mes angoisses, à ma colère, à mes envies de meurtre…

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Dim 22 Jan 2012 14:26 
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A l’affut, je restais figé, regardant vers la maudite citadelle avec obstination. J’avais l’impression que malgré le voile obscure de la nuit, malgré les murs épais de pierre ocre, malgré les centaines de mètres que me séparaient de Cromax, je devais veiller pour voir le moindre signe. Seules les paroles de Salymia me sortirent de ce poste de guet que je tenais fiévreusement. La télépathie elfique avait permis à notre chef de transmettre des informations à la guérisseuse qui s’empressa de les partager. Ainsi, la mascarade fonctionnait jusqu’à présent et ils étaient entrés. Le soulagement éleva mon esprit dans un apaisement sans pareil. Je notai les informations stratégiques au passage, mais je les calai dans un coin de ma tête, ne me préoccupant pas pour l’instant du nombre de gardes ou de la disposition des lieux. Je souris un instant, acquiesçant silencieusement vers Salymia.

(Ils sont toujours saufs, et c’est ce qui compte.)

Mais ma quiétude s’évanouit bien rapidement. Maintenant, ils se dirigeaient sûrement vers Grantier et la situation allait être encore plus périlleuse pour eux. Mon esprit retomba froidement au sol, l’inquiétude le retenant par les chevilles. Je me rendis compte alors à quel point j’étais inefficace. Je ne me souciais que de leur vie, alors que je ne pouvais rien changer à la donne actuelle, sans me focaliser sur ce qui pourrait être capitale par la suite.

(Je ne peux rien pour eux maintenant, mais ils auront besoin de moi après… Je dois être prêt)

Je me rappelai alors que j’avais rempli mon sac de babioles du shaman segtek, sans vraiment regarder ce qu’il en était. Dedans se trouvait peut-être quelque objet qui allait permettre de sortir un membre du groupe d’une situation délicate lors de l’assaut final. Lâchant enfin le palais du regard, je retournai vers mes affaires et m’assis en tailleur pour commencer à fouiller mon sac.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Dim 22 Jan 2012 16:12 
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Précédemment: sombres révélations


Le plan était enfin décidé et Duncan serait donc le prisonnier que Cromax, sous l'apparence d'Herlor conduirait à la forteresse de Grantier. Bien vite chacun prit la place qu'était la sienne, Aenaria réduite à la taille d'une lutine, entra dans le sac de Cromax et Duncan qui depuis bien longtemps était demeuré silencieux prit enfin la parole.
Et curieusement la peau blanche remarqua qu'il bredouillait à nouveau comme leur de leur première conversation avant que cela ne lui passe en conversant avec Oryash.
Mais après ce que tous venaient de vivre lors de l'attaque des Orcs, des séquelles demeuraient et ce nouveau bégaiement devait être leurs d'elles parmi tant d'autres.
Oryash aurait aimé prendre la place de Duncan comme prisonnière, mais Cromax avait raison en un point. Grantier recherchait l'humain et voir une autre personne en compagnie d'Helor aurait parut suspect.

Tour à tour chacun prit une fois de plus la parole ou presque et Oryash adressa un signe de tête reconnaissant aux paroles que Lillith venait de lui adresser et un regard noir à Salymïa pour sa remarque concernant ce qu'elle avait fait à Tulorim.
Cette garce ne perdait rien pour attendre. Oryash lui rappela à son tour un petit détail ne manquerait pas de faire tiquer l'elfe blanche.

"Ta mémoire te fait défaut Salymïa car le paquet en question contenait aussi le coeur de ma victime. Il me semble aussi que le corps d'une fillette gisait à tes pieds dans cette fameuse maison de Tulorim. Une gamine morte par ta faute aux dires qu'un certain amant dont je tairais le nom. Tu as été incapable de mener la mission qu'était la tienne si bien que cet amant à juger bon de m'associer à toi pour y parvenir.
Ton incompétences et tes pleurnicheries étaient pitoyables."


Oryash ne mâchait pas ses mots et même si ceux là devaient faire mal, elle s'en moquait. On ne s'attaquait pas à elle impunément sans en payer un certain prix. Puis comme si l'elfe devenait invisible à ses yeux, elle porta son attention sur Duncan. La rôle qu'il allait jouer n'était pas enviable et Oryash craignait que cette fois Grantier n'en finisse une bonne fois avec lui, mais c'était sans compter sur la présence de Cromax et d'Aenaria. Aussi avait-il une chance de s'en sortir. Aussi avaient-ils une chance de tous s'en sortir.

Le petit groupe se mit donc en marche et bientôt la nuit les enveloppa de son manteau noir et ils devinrent invisible aux yeux des amants, restés dans le bosquet.
Une longue attente allait commencer, une attente qu'Oryash n'allait pas apprécié. Elle se dirigea vers sa monture, ouvrit ses sacoches, semblant chercher quelque chose de précis. Une fois qu'elle mit la main dessus, elle sortit de ses fontes une petite fiole dont elle but le contenu. Le flacon contenait des fluides d'ombre et le moment était venu de s'en servir.
Le goût était âpre et tout aussi dégouttant que les précédents qu'elle avait ingurgité à Kendra-Kar. Elle ne s'y ferait jamais.

Le temps s'écoulait lentement pour ceux qui attendaient et alors que la peau blanche fixait la lune, Salymïa vint à leur dire que le groupe était parvenu sans encombre à la forteresse et que tous étaient entrés. Les premières informations leurs parvinrent donc. Une cours carrée, surmontée d'un chemin de ronde sur lequel patrouillaient six gardes.

"Six gardes, et bien on peut dire qu'il se protège le Grantier. Six gardes en pleine nuit alors le jour n'en parlons même pas! Puisse Fenris les protéger."

Oryash eut un léger soupir d'ennui, attendre n'était pas son fort. La lune était suffisamment brillante et pour s'occuper en attendant l'action, la peau blanche s'amusa à jouer de ses mains en projetant des ombres sur le sol. On s'occupe comme on peut me direz-vous.

Seulement voilà, Oryash n'avait pas prévu ce qui allait suivre. Elle jouait d' ombre sur le sol et sur le bosquet quand elle sentit une étrange sensation l'envahir. Une sensation qui lui donna le frisson. Une présence. Une présence s'imposait à elle, Thimoros.

"Oryash, il est temps pour toi de découvrir le pouvoir des ombres! Regarde, apprend et possède."

"Hein!"

Elle ne comprit pas la signification du dernier mot et fronça un sourcil. Que diable voulait-il dire pas là?

La Phalange de Fenris crut être alors la victime d'une hallucination et ouvrit de grands yeux stupéfaits quand elle vit l' ombre qu'elle projetait se mouvoir seule sans qu'elle bouge ne serait-ce le petit doigt. L' ombre se mit à danser follement et à se déployer autour d'elle. Avançant sournoisement sur le sol comme si elle cherchait une proie.
Une proie qu'elle ne tarda pas à choisir en la personne de Lillitth qui se tenait à quelques enjambées d'Oryash.

"Non! Pas lui!" ; protesta-t-elle mentalement.

Elle voulut se lever d'un bond mais son corps refusa de lui obéir comme si une force mystérieuse l'en empêchait. Elle voulut avertir Lillith, mais aucun un son ne sortit de sa gorge. Elle était impuissante face à la puissance de Thimoros. Elle ne pouvait qu'assister à ce qui se passait.
L' ombre glissait sur le sol et sur le bosquet comme un léger courant d'air et personne ne semblait remarquer ce qui se passait. Tous étant en proie à l'inquiétude vis à vis de leurs camarades, entrés dans la forteresse.
Sournoise et silencieuse l' ombre maléfique prenait de plus en plus d'ampleur à mesure de sa progression. Absorbant les ombres environnantes pour grandir et grandir encore. Bientôt elle atteignit Lillith et fondit sur lui comme un aigle sur sa proie. Elle le dévora peu à peu sans bruit jusqu'à le couvrir complètement et là, la magie opéra.

Oryash ressentit alors une décharge d'énergie fulgurante comme si l' ombre lui transmettait la force de vie de son compagnon de route. L' ombre absorbait la force vitale du mage et Oryash en prenait possession sans qu'elle le veuille.
Elle tenta de briser le lien qui la retenait à cette ombre, mais rien n'y fit. La volonté de Thimoros était-elle que la peau blanche ne pouvait que plier devant son seigneur .

"Ne lutte pas Oryash! Laisse toi envahir par ce pouvoir ! Accepte ce cadeau ma belle sauvageonne!"

"Non, pas à ce prix!"

Les protestations de la peau blanche n'existèrent bientôt plus et à mesure que l' ombre s'abreuvait de la force vitale de Lillith, Oryash perdit pied et se laissa envahir par ce nouveau pouvoir. Ses prunelles rouges prirent une curieuse teinte noire. Elle acceptait le cadeau de Thimoros et comprenait à présent toute la signification de ses paroles.
De ce fait son immobilité ne fut alors plus qu'un souvenir lointain et Oryash tendit la main gauche en avant. Un flux mauve se matérialisa. Un flux d'énergie démoniaque partant de Lillith et se dirigeant vers Oryash.
Une ombre vampirique, voilà ce qu'elle était. Une ombre sombre et sournoise qui volait la vie d'autrui.
Plus l' ombre vampirisait le mage et plus Oryash sentait ce pouvoir la griser. Il était si simple de prendre une vie de la sorte.

Une vie.... Soudain, elle sembla prenne conscience de ce qui se passait et au prix d'un effort terrible, brisa le sort.
Elle haletait, frissonnante, le coeur battant, sentant encore la force vitale de Lillith couler en elle comme une source inépuisable.
Pourquoi? Pourquoi avait-il fallu que ce pouvoir ce révèle à elle maintenant? Pourquoi avait-il fallu qu'il s'attaque précisément à lui? Pourquoi?
Peut-être que Thimoros voyait là, un intérêt certain, mais lequel?

Oryash, elle ne voyait que ce qu'elle venait de faire, s'attaquer à un des membres du groupe sans qu'elle ne puisse rien faire pour l'empêcher.
Ses prunelles reprirent leur teinte rubis au moment même ou le regard de Lillith se posait sur elle. Dans les yeux de la peau blanche le fait évident qu'elle ne comprenait pas plus que lui ce qui venait de se passer.

"Lillith, je..."; bredouilla-t-elle, navrée.

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Dernière édition par Oryash le Lun 23 Jan 2012 08:20, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Dim 22 Jan 2012 20:42 
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C’était un véritable fatras dans mon sac et la toile de jute se tendait sous le poids des affaires fraichement arrachées aux étagères du segtek. Une série de petits pots en terre cuite avait des symboles gravés dessus, ne laissant rien paraitre sur leurs contenus. J’en ouvris un au hasard, découvrant à l’intérieur ce qui ressemblait à des griffes d’animal, peut-être de loup.

(Etrange ? Des ingrédients pour faire des potions sûrement.)

Je ne savais si cela pouvait m’être réellement utile et dans le doute, je pris un autre pot pour regarder à l’intérieur. En sentant l’odeur forte d’urine qui émanait du liquide ambré que contenait le pot, j’eux un hoquet nauséeux et je jetai au loin l’infâme composant magique. Après une seconde de réflexion, je décidai de me débarrasser de tous les pots, n’étant de toute façon intéressé dans l’alchimie. Je continuai ma fouille et trouvai trois fioles de verre soigneusement emballées dans du coton non filé. Les liquides présents dedans avaient des couleurs peu naturelles qui me laissaient songeur. L’ocre de l’une d’elle pouvait s’apparenter à un alcool, mais le bleu vif et le vert sombre s’associaient directement dans mon esprit à la magie. Des inscriptions sur les bouchons de liège devaient indiquer leurs propriétés, mais les mots étaient incompréhensibles.

(Krafnir… Merdok, Arflana… Ce doit être un dialecte segtek.)

Piqué dans ma curiosité, je reposai les fioles dans mon sac, jugeant préférable de les faire examiner par un expert avant de décider quoi en faire. L’objet suivant était un petit médaillon fait d’os de volailles reliés entre eux par du chanvre pour former un symbole ésotérique. Une forte odeur de bouc s’en dégageait et je réalisai que ce n’était pas du chanvre, mais des poils, ou une crinière animal.

(Sûrement un objet maléfique pour les adorateurs de Thimoros.)

Ecrasant le talisman fait de breloques, je lâchai dédaigneusement plus loin dans l’herbe, ne voulant pas conserver ce genre d’objet. Les minutes défilaient et la nuit se faisait de plus en plus présente. Il commençait à faire froid et mon échine fut parcourue par un frisson agréable. Je sortis la dernière trouvaille que j’avais récupérée dans l’antichambre du shaman. C’était une longue fiole faite dans un verre épais et dont le relief laissé suggérer les imperfections du gel. On aurait dit une stalagmite de glace, comme j’en avais tant lancé auparavant. Interloqué par un tel objet, je l’examinai avec d’autant plus d’attention, cherchant son origine. Le dessous du flacon avait un intitulé gravé dessus, dans la langue humaine.

« Larmes de gel… »

Ce nom était énigmatique, mais il m’indiquait au moins que ce n’était une création douteuse du segtek, mais le fruit d’un pillage sur des gens voyageant dans la forêt. Je frissonnai à la pensée d’un prêtre de Yuia attaqué par ces lâches et dirigeai mes prières vers ma déesse et son pauvre serviteur. Je sentis alors une présence m’enveloppant.

(Yuia ? Voudrais-tu me faire passer un message ?)

Prenant cette curieuse sensation de contact froid pour une confirmation, je fermai les yeux, me concentrant sur cette union. Mais il devint sec, agressif. Je mis un instant à comprendre que ce n’était pas un froid physique comme je manipule à longueur de temps, mais une caresse austère s’attaquant à mon âme et mon énergie vitale plus qu’à ma chaleur corporelle.

« Qu’est-ce que… »

La douleur survint alors. La présence m’entourant semblait m’étreindre, m’enserrer dans un étau, et ce fut comme une lame chauffée à blanc qui s’enfonçait en moi. Effrayé, je regardai vers le talisman brisé.

(Etait-il maudit ? Que vais-je devenir ?)

Mais aussi soudainement qu’elle était arrivée, la présence s’évanouit. Sans son manteau m’écrasant, la douleur fut d’un coup bien plus supportable, presque superficielle.

(Que s’est-il passé ? Pourquoi ça s’est arrêté soudainement… A moins que ce ne soit autre chose, que le médaillon n’y soit pour rien.)

Je tournai la tête pour repérer où se trouvait la phalange. Elle maniait la magie de l’ombre et ça y ressemblait fortement. Ca pouvait être juste une coïncidence, mais je devais m’en assurer. J’aperçus alors la magnifique sauvageonne un peu plus loin, qui me regardait comme si elle était dépassée par la situation. Elle m’appela, mais ne finit pas sa phrase, comme si elle était plongée dans un grand désarroi.

Je reposai la fiole et mon sac et me relevai pour lui faire face, le tout dans des mouvements approximatifs qui montraient que j’étais encore sous le choc de ce qui m’était arrivé.

« C’est toi ? Oryash, c’est toi qui as fait… ça ? »

J’essayai de garder un ton neutre, mais un reproche perçait par moment dans ma voix. Je ne comprenais pas le pourquoi de son geste et en voyant son regard, j’avais la douloureuse impression qu’elle aussi était perdue. Ses yeux rouges reflétaient le doute, et non la rage qui pouvait l’habiter face à l’ennemi.

(Peu importe ce qui s’est passé, ce n’est pas un acte de traitrise… Inutile d’alarmer les autres)

Je m’étais approché d’Oryash en parlant, essayant de garder l’incident et notre discussion privés pour le moment.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Dim 22 Jan 2012 22:11 
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précédemment: L'ombre vampirique se manifeste


Oryash ne réalisait pas encore la portée de son nouveau pouvoir, mais elle avait compris qu'il pouvait se révéler meurtrier si elle restait longtemps concentrée sur une même personne. L'ombre vampirique se nourrissait de l'énergie vitale et l'aspirait comme une sangsue aspire le sang.
Seulement voilà, la personne atteinte n'aurait jamais du l'être. Son geste la perturbait et la déstabilisait bien plus qu'elle ne voulait le laisser paraitre.
Aussi quand Lillith réalisa ce qui venait de se produire, il se tourna vers elle, lui posant une question franche et directe. Elle perçut un net reproche dans sa voix, bien qu'il ne semblait pas vouloir l'accabler plus qu'elle ne l'était déjà. Cependant les faits étaient là, la magie d'ombre dont elle venait d'être investie par Thimoros s'était attaqué à Lillith et ça, elle ne l'acceptait pas.

Il se tenait là, au dessus d'elle la fixant tout comme elle le fixait et Oryash lui fit signe de s'assoir, ne semblant pas vouloir attirer l'attention sur eux. Elle s'adressa à lui à voix basse.

"Je ne faisais que m'occuper en dessinant des ombres sous le clair de lune et ..."

Oryash ne supporta pas le poids des prunelles noires de Lillith sur elle et chercha à fuir son regard.

"Soudain tout à basculer. Je n'ai plus rien contrôlé. L'ombre s'est mise à se mouvoir seule sans que je ne puisse intervenir. J'ai bien essayé de te prévenir mais rien. Pas un son ne pouvait sortir de ma bouche et je ne pouvait plus bouger. Thimoros à bloquer tout mes moyens. Je ne voulais pas ça Lillith, crois-moi.
Loin de moi, l'idée de te faire du mal. Pourtant c'est ce que j'ai fait et quand la magie d'ombre t'a touché. J'ai senti son pouvoir m'investir et j'ai décroché de la réalité, ne pensant plus qu'à une chose, vampiriser ton énergie. L'ombre exerçait un tel pouvoir que je ne pouvais me détacher du flux d'énergie qu'elle menait à moi. J'ai senti toute la force qu'il y avait en toi m'envahir et j'avoue que cela m' a plu à un tel point que j'ai tendu la main. Je ressentais ta souffrance, alors que ton énergie te quittait et cela n'a fait qu'accroitre mon envie d'en vouloir encore plus.


Elle le regarda à nouveau, encore sous le choc de ce qui venait de se produire.

"Si je n'avais pas réalisé ce que j'étais en train de faire, je t'aurais sans doute vider de toute ton énergie vitale."

Oryash compris tout à coup qu'elle pouvait être bien plus dangereuse qu'elle ne l'était déjà. Elle ne maitrisait pas ses pouvoirs et les conséquences pouvaient être désastreuses. Fort heureusement, elle s'était reprise à temps, évitant ainsi le pire. Mais que se serait-il advenue de ses compagnons si elle n'avait pu le faire? Les auraient-elle tous vampirisé comme l'ombre semblait avoir voulu le faire avec Lillith.
Pourquoi Thimoros l'avait-il choisi elle plutôt qu'une autre?

"Si Thimoros vient à m'investir d'un autre pouvoir, seul Fenris sait ce qu'il peut advenir de nous. Je suis un danger pour vous tous, Lillith."

La constatation était-elle qu' Oryash vint à émettre un grognement de frustration. Elle m'était plus maitre d'elle même et Thimoros exerçait sur elle une telle emprise lorsqu'il l'investissait d'un pouvoir ,qu'elle ne pouvait rien faire pour lutter contre ça. Il lui fallait trouver une solution pour maitriser tout ça avant qu'un malheur ne survienne. Mais laquelle?

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Lun 23 Jan 2012 00:29 
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Alors que j’ouvre les yeux, le cœur partiellement serein, je me lève et m’approche de Sire Cromax, qui ne tarde pas à prendre l’apparence du dénommée Herlor et à jouer son rôle, de fort belle manière. Certes, il est un peu brusque, mais il est loin, bien loin de l’attitude des vrais hommes de Grantier. La première fois que j’ai été fait prisonnier, je n’ai pas été aussi bien traité, loin de là. Cette fois, point de sac sur ma tête, point de passage à tabac, point de douleur insoutenable. Juste une forte pression, c’est dire si je n’en veux pas le moins du monde à Messire Cromax de faire montre d’autant de « réalisme ». Mais cela sera-t-il suffisant ? Probablement. A dire vrai, sans doute que oui. En fait, de ce point de vue, le combat contre les sektegs est une véritable bénédiction. J’ai failli y laisser la vie dans cette bataille, je n’en suis pas ressorti indemne loin de là, exactement comme si j’avais eu à faire aux hommes de Grantier.

Mais alors que nous approchons des immenses portes de l’impressionnant château de Rewolf, mon cœur se serre, malgré mes prières, malgré ma confiance en Sire Cromax, je ne peux m’empêcher de craindre ce qui va m’arriver, de me remémorer les terribles moments passés dans la demeure de Rewolf Grantier à Bouhen. J’ai échappé à la mort in extremis, et je m’apprête à replonger dans la gueule du loup, mais cette fois, je sais pourquoi. Je sais où je vais, plus ou moins et j’ai une idée de ce qui m’attend. Rien de bien joyeux bien sûr, mais je suis prêt à l’affronter, pour le bien de Messire Cromax et des Amants qui m’ont tant apporté, qui m’ont sauvé. Oui, le refrain est toujours le même, mais…Il en va de mon honneur.

Alors que l’histoire poursuit son cour, quelques mots viennent frapper mes tympans : « Le prisonnier de Bouhen ». Il ne leur aura pas fallu longtemps pour me reconnaitre, et encore moins de temps pour faire preuve de leur cruauté coutumière. Les choses sérieuses commencent. L’histoire des Amants de la Rose sombre, le Grand livre de Grantier, Chapitre premier : Duncan le Prisonnier.

Impassible, je me prépare à recevoir quelques coups, mais pourtant, rien ne vient, non, rien. Je suis juste tiré violemment par l’un des gardes qui, bien que prévoyant ma mort prochaine comme je m’y attendais, ne me frappe pas. Non, il ne fait que me questionner sur mon évasion de Bouhen, arguant le fait qu’il veuille « honorer » la mémoire de l’homme qui était censé me surveiller. Il n’y a rien d’honorables dans leur comportement, et leur mémoire ne mérite que peu de considération. Il n’ont rien à voir avec les gens honorables, comme les guerriers Ynoriens, non, ils ne font que souiller la terre qui m’a vu grandir par leur présence, mais puis-je vraiment lui dire tout ceci sans risquer de me faire tuer séance tenante et compromettant ainsi le plan établi ? Je ne crois pas, c’est pour cette raison que je décide de dire la vérité, pure et dure, en omettant juste quelques menus détails.

« Je ne le sais pas moi-même. Je me s-s-suis en-endormi, et en me réveillant, la p-p-porte était ouverte et le couloir v-vide. Mais est-ce vraiment imp-important ? Le destin à v-voulu que j-je sois de n-nouveau entre vos m-mains. »

Je n’ai dit qui avait ouvert la porte, et encore, je ne le sais pas vraiment moi-même. Je suis encore moins capable de lui expliquer comment. Toujours est-il que maintenant, je ne peux qu’attendre…La douleur…Celle qui va inévitablement venir, probablement dans les secondes à venir, et probablement, un peu plus tard…La mort. Froide et cruelle. Exécuté comme un misérable, loin, très loin de la mort honorable que je m’étais imaginée. Je ne suis plus maître de rien à partir de maintenant. La Roue du destin est en marche, Rana et Zewen décident de mon sort…

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